La vie des communautés religieuses /, 1 mai 1946, Mai
^VIE COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Vol.IV, n.9 SOMMAIRE Mai 1946 DOCUMENT PONTIFICAL Pie XII S.Antoine de Padoue docteur de l'Eglise.257 HISTOIRE Les Pères du St-Esprit Province canadienne.263 DROIT DES RELIGIEUX O.McNicoll Le Curé et les religieux.264 R.Charland Renvoi avant les voeux perpétuels.268 A.Malo Les sorties le soir.270 CATÉCHÉTIQUE Sr M.de St-Albert le Grand Catéchisme et vie chrétienne .274 MORALE M.Roy La pratigue du jeûne eu- charistigue.283 CONSULTATIONS (voir au verso) COMPTES RENDUS ADMINISTRATION•• C.P.1515 (PL D'ARMES) - RÉDACTION: 3113 AVE.GUYARD MONTRÉAL CONSULTATIONS 47.L’intention ne change pas la nature des œuvres serviles.(J.Massé).286 48.Pour un pape docteur, O Doctor ou Dum esset summus ?(J.Massé).286 49.Moment de se mettre à genoux au Sanctus.(J.Massé).287 50.Inclination à la communion du prêtre.(J.Massé).000 51.Encensement au Magnificat.(R.Charland).000 52.Élévation d’une messe à un autel latéral.(R.Charland).000 La VIE des COMMUNAUTES RELIGIEUSES Publication des RR.PP.Franciscains du Canada Paraît le 15 de chaque mois, de septembre à juin, en fascicule de 32 pages.Abonnement : $ 1.25 par année.Cette revue est imprimée en vertu du certificat No 164 de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre.Enregistrée au Canada comme matière postale de seconde classe.Rédaction : 3113, avenue Guyard, Montréal.— 26 Administration : C.P.1515, Place d'Armes, Montréal.— 1 Directeur : R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.Conseil de direction : S.E.Mgr J.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr Ulric PERRON, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr J.-H.CHARTRAND, vicaire général.Secrétaire : R.P.Jogues MASSÉ, O.F.M.Administrateur-gérant : M.J.-Charles DUMONT.Imprimeurs et expéditeurs : Les Frères des Écoles chrétiennes Nihil obstat : Imprimatur : Hadrianus MALO, O.F.M., f Josephus CHARBONNEAU Censor ad hoc.Arch.Marianopolitanus.Marianopoli, die 8a Mail. DOCUMENT PONTIFICAL L€TTR6 flPOSTOLIQU€1 par laquelle S.Antoine de Padoue est déclaré Docteur de l’Église universelle pie xii pflpe pour mémoire perpétuelle Exulte, heureux Portugal ; ô heureuse Padoue, réjouis-toi ; vous avez engendré à la terre et au ciel un homme extraordinaire comparable à un soieil éclatant.Tout rayonnant de l’éclat dont le parent non seulement la sainteté de sa vie et l’immense renommée de ses miracles, mais encore la splendeur que répand sa science sacrée, il a illuminé le monde entier et continue de l’éclairer d’une lumière éblouissante.Antoine naquit à Lisbonne, capitale du Portugal, de parents chrétiens, illustres par la noblesse.Presque à l’aube de sa vie, on put facilement reconnaître à un grand nombre de signes indubitables que le Tout-Puissant avait déposé à profusion en lui les germes de l’innocence et de la sagesse.Encore jeune homme, revêtu de l’humble livrée des Chanoines Réguliers de S.Augustin, il mit tous ses efforts pendant onze ans à orner son âme des vertus religieuses et à enrichir son esprit des trésors de la science sacrée.Heureusement promu au sacerdoce, par la grâce du Très-Haut, il recherchait encore un genre de vie plus parfaite, lorsque les cinq premiers martyrs des Frères Mineurs, dans leurs missions du Maroc, empourprèrent de leur sang les commencements vermeils de l’Ordre Séraphique.Tout réjoui de ce glorieux triomphe de la foi chrétienne, Antoine s’enflamma d’un ardent désir du martyre.[Entré dans l’Ordre franciscain,] il s’embarque plein de joie sur un navire à destination du Maroc et atteint sans encombres les lointains rivages de l’Afrique.Mais peu après, frappé d’une grave majadie, il doit se rembarquer pour sa patrie.Or voici qu’une violente tempête s’élève.Balloté sur les eaux par la force des vents, Antoine, par un dessein de la Providence, est jeté à l’extrême pointe des côtes de l’Italie.Là, inconnu de tous et ne connaissant 1.Cette traduction a été faite par les RR.PP.Conrad Morin, Édouard Parent et Emmanuel Boisvert, O.F.M. 258 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES lui-même personne, il décide de se rendre à Assise, où s’étaient réunis récemment de nombreux frères et maîtres de son Ordre.A son arrivée, il fit, avec une joie extrême, la connaissance de son Père François, dont l’extérieur tout de bonté l’enveloppa d’un charme si puissant que l’ardente flamme de l’esprit séraphique embrasa son âme.La renommée de la science céleste d’Antoine se répandit au loin, et parvint jusqu’au Séraphique Patriarche, qui décida de lui confier le soin d’instruire les Frères.Il lui écrivit en ces termes pleins de suavité : « A Antoine, mon évêque, frère François, Saiut.Il me plaît que tu enseignes aux frères la sainte théologie, pourvu qu’en de telles études tu n’éteignes pas l’esprit de la sainte oraison et de la dévotion, ainsi qu’il est contenu dans la Règle ».Devenu ainsi le premier des Lecteurs de l’Ordre Séraphique, Antoine remplit à la perfection cette charge de maître.Il enseigna d’abord dans la ville de Bologne, centre d’études de premier rang ; puis à Toulouse et enfin à Montpellier, deux foyers intellectuels hautement réputés à Rome.L’enseignement d’Antoine à ses frères produisit des fruits très abondants, sans détriment pour l’oraison, selon la recommandation du Patriarche Séraphique.Bien plus, il prit soin d’instruire ses disciples non seulement par les paroles de son enseignement, mais encore par l’exemple d’une vie très sainte, cultivant surtout la fleur toute blanche de la pureté.Combien cette conduite était agréable à l’Agneau sans tache, Dieu ne manqua point de le manifester à plusieurs reprises à notre Saint.Souvent, en effet, pendant que seul dans le silence de sa cellule Antoine se tenait en prière, les yeux et l’esprit suavement fixés au ciel, soudain l’Enfant Jésus, rayonnant d’une éclatante iumière, enserra de ses petits bras le cou de notre jeune franciscain et avec un doux sourire le comblait de caresses enfantines.Alors celui-ci, ravi hors de ses sens et d’homme devenu ange, paît parmi les lis (Cant 2, 16) avec les anges et l’Agneau.Ses contemporains et les modernes attestent d’un commun accord quelle grande lumière répandit la science d’Antoine et, tout autant, sa prédication de la parole divine.Ils comblent d’éloges sa sagesse et portent aux nues la puissance divine de sa parole.Mais a qui lira avec attention ses (( Sermons )), Antoine apparaîtra un esprit extrêmement versé dans les Saintes Lettres ; un théologien excellent dans l’approfondissement des dogmes ; un docteur LETTRE APOSTOLIQUE 259 et un maître remarquable dans l’exposé des doctrines ascétiques et mystiques.Toutes ces richesses, vrai trésor de l’éloquence sacrée, ne manquent pas de fournir un secours appréciable surtout aux hérauts de l’Évangile ; elles constituent aussi comme un tiésor public surabondant où les orateurs sacrés tout particulièrement peuvent puiser en abondance les plus forts arguments pour défendre la vérité, réfuter les erreurs, extirper les hérésies, ramener dans la voie droite les âmes des pécheurs.Comme Antoine a fait un usage extrêmement fréquent des témoignages et des paroles de l’Évangile, il apparaît à bon droit et avec raison digne du titre de « Docteur Évangélique ».En lui, en effet, comme à une source intarissable d’eau vive, de nombreux maîtres théologiens et prédicateurs du verbe divin ont toujours puisé et puisent encore aujourd’hui copieusement, parce que, de fait, ils considèrent Antoine comme un maître et le regardent comme un Docteur de la Sainte Église.En réalité, l’expression de ce jugement fut garantie et guidée par les Pontifes Romains eux-mêmes, qui ouvrirent la voie par leur propre exemple.En effet, Sixte IV, dans sa lettre apostolique Immensa, du 12 mars 1472, écrivait : « Le Bienheureux Antoine brilla comme l’astre éclatant qui se lève au firmament, lui qui, par les prérogatives extraordinaires que lui confèrent ses mérites et ses vertus, par la profondeur de sa sagesse et de sa science des mystères divins, enfin par ses prédications enflammées, fut, pour la foi véritable, qui est la notre, et pour l’Église Catholique, tout ensemble une lumière, un ornement et un soutien )).De même Sixte V, dans sa bulle du 14 janvier 1586, s’exprime ainsi : « Le Bienheureux Antoine de Lisbonne fut un homme d’une sainteté éminente., tout rempli également de la sagesse divine ».Notre Prédécesseur immédiat, le Pape Pie XI, d’heureuse mémoire, dans sa lettre apostolique Antoniana solcmnia, du 1 mars 1931, à l’occasion du septième centenaire de la mort du Bienheureux Antoine, lettre adressée à Son Excellence Mgr Elia dalla Costa, évêque de Padoue, maintenant cardinal-archevêque de Florence, célèbre cette sagesse divine dont fut tout rempli ce grand apôtre franciscain et par laquelle il s’efforça de restaurer dans son intégrité la sainteté de l’Évangile.De cette même lettre de notre Prédécesseur, nous nous plairons à reproduire ici les paroles suivantes parfaitement appropriées à la circonstance : « Le Thaumaturge de Padoue illumina de sa sagesse chrétienne et pénétra, pour ainsi dire, de 260 L4 VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES la suavité de ses vertus son siècle agité, qu’infectait un peu partout la dissolution des mœurs.(C’est en terre italienne) principalement que se signalèrent sa force et son zèle apostoliques ; là qu’il se dépensa en des travaux épuisants ; ce qu’il fit également en de nombreuses provinces françaises.Car sans faire acception de races ou de nationalités, Antoine embrassait dans son zèle actif tous les hommes : les Portugais, ses compatriotes, les Africains, les Italiens, les Français, tous ceux enfin qu’il voyait malheureusement privés de la vérité catholique.Contre les hérétiques, Albigeois, Cathares et Patarins, qui à cette époque faisaient d’énormes ravages presque partout et s’efforçaient d’éteindre la lumière de la vraie foi dans les âmes chrétiennes, il engagea une lutte si véhémente et si fructueuse qu’il mérita d’êtie surnommé (( le marteau des hérétiques )>.Il ne faut pas omettre non plus, bien au contraire il faut estimer du plus grand poids et de la plus haute valeur, le suprême éloge que décerna au Padouan le Pape Grégoire IX, qui avait entendu prêcher Antoine et avait joui de son admirable intimité : il l’appela « l’Arche du Testament » et « l’Ecrm des Saintes Ecritures )).C’est encore, semble-t-il, un fait également digne de mention que, le 30 mai 1232, jour où le Thaumaturge de Padoue fut inscrit au nombre des Saints, onze mois à peine après sa mort, après la solennelle cérémonie pontificale de la canonisation d’Antoine, Grégoire, dit-cn, entonna à haute voix l’antienne propre aux saints Docteurs de l’Eglise : « O docteur excellent, lumière de la Sainte Eglise, Bienheureux Antoine, si zélé pour la loi divine, implorez pour nous le Fils de Dieu ».Voilà pourquoi dès le début, dans la sainte Liturgie, on commença à rendre au Bienheureux Antoine le culte propre aux saints Docteurs de l’Eglise, en insérant en son honneur la messe des Docteurs dans le Missel « selon la coutume de la Curie Romaine ».Cette messe, même après la réforme du calendrier opérée par saint Pie V en 1570, ne cessa jamais d’être en usage jusqu’à nos jours dans toutes les familles de l’Ordre franciscain et dans le clergé séculier aussi bien que régulier du diocèse de Padoue, de même qu’au Portugal et au Brésil.En outre, comme nous l’apprennent encore les documents précités, il arriva que, les honneurs des saints à peine décernés à Antoine, on commença à peindre et à sulpter son image, afin de proposer au culte des fidèles le grand apôtre franciscain.Ces images le représentent tenant d’une main, ou ayant près de lui, un livre ouvert, signe de LETTRE APOSTOLIQUE 261 sagesse et de science, et de l’autre main tenant un flambeau, symbole de l’ardeur de sa foi.Rien d’étonnant donc que beaucoup d’hommes illustres, non seulement de l’Ordre Séraphique — qui, dans ses chapitres généraux, émit à plusieurs reprises le vœu que le culte de Docteur, rendu pendant des siècles au Thaumaturge de Padoue, fût confirmé et étendu à l’Eglise universelle — mais encore de tous les groupes n’hésitèrent pas à manifester en leur propre nom un tel désir.Ces vœux s’accrurent au dernier point à l’occasion du septième centenaire de la mort d’Antoine et de sa canonisation.L’Ordre des Frères Mineurs supplia instamment notre Prédécesseur immédiat le Pape Pie XI, d’heureuse mémoire, et plus récemment Nous-même, de daigner élever Antoine au rang des saints Docteurs de l’Église.De plus, les Cardinaux de la Sainte Eglise Romaine, les Archevêques et Evêques en grand nombre, les Prélats d’Ordres religieux ou de Congrégations, et d’autres personnages érudits parmi les prêtres ou les laïcs, enfin des Universités, des Instituts et autres sociétés savantes, en joignant leurs propres suffrages, portèrent ces vœux à leur comble.En conséquence, il Nous a paru opportun de saisir, pour avis, d’une affaire si importante, la Sacrée Congrégation des Rites.Celle-ci, selon sa coutume, obtempérant à notre ordre avec promptitude, désigna d’office des hommes compétents pour procéder à l’examen de la question.Leurs suffrages, sollicités et émis séparément, et même imprimés, il ne restait plus qu’à s’enquérir auprès des Cardinaux préÇosés à la Sacrée Congrégation des Rites si, considérant les trois conditions que, depuis Benoît XIV, notre Prédécesseur d’heureuse mémoire, on requiert d’un Docteur de l’Eglise universelle, savoir une sainteté de vie remarquable, une science sacrée éminente et la déclaration du Souverain Pontife, ils étaient d’avis que nous puissions procéder à la déclaration de saint Antoine de Padoue comme Docteur de l’Eglise universelle.Dans la réunion ordinaire tenue le 12 juin 1945 au palais du Vatican, après la lecture du rapport de notre cher Fils Raphaël-Charles Rossi, cardinal-prêtre, secrétaire de la Sacrée Congrégation de la Consistoriale et Ponent de la cause, et après avoir entendu également le Promoteur général de la fci, notre^ cher Fils Salvator Natucci, les Eminentissimes Cardinaux de l’Eglise Romaine, préposés à la Sacrée Congrégation des Rites, rendirent à l’unanimité une sentence affirmative. 262 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Dans ces conditions, acquiesçant librement et avec joie aux requêtes de tous les Franciscains et des autres pétitionnaires, Nous, par la teneur des présentes lettres, de science certaine et après mûre délibération de Notre part, dans la plénitude de l’autorité apostolique, Nous constituons et déclarons le saint confesseur Antoine de Padoue, Docteur de l’Église universelle.Nonobstant toutes constitutions et ordonnances apostoliques ou autres dispositions contraires.En faisant cette proclamation, Nous décidons que les présentes Lettres soient et demeurent fermes, va-jides et efficaces ; qu’elles aient et gardent leurs effets pleins et entiers.Nous voulons qu’on en juge et décide ainsi.Dès maintenant, toute atteinte portée à ces Lettres, par qui que ce soit, de n’importe quelle autorité, sciemment ou par ignorance, est déclarée nulle et sans effet.PIE XII, Pape.Donné à Rome, près Saint-Pierre, sous l'anneau du Pêcheur, en la fête des Protomartyrs franciscains, le 16 janvier 1946, la septième année de Notre Pontificat.COMPTE RENDU Pallachio-Morin, Ernest, Je vous ai tant aimée.Montréal-Ottawa, Les Éditions du Lévrier, 1946.19 cm.208pp.$ 1.25.On présente ce livre comme un essai sur l’amitié, le bonheur et l’amour.En réalité on ne trouve rien d’objectif sur ces beaux sujets.L’auteur parle à Sylvie, une femme de son imagination qui manifeste le désir de connaître l’amitié, le bonheur et l’amour et qu’il conduit dans un monde de rêve.Ce livre s’adresse à un public spécial.néCROLOGI€ R.P.Justin, O.F.M.Cap.— R.F.Lionel Gagné, C.S.C.— RR.SS.Sainte-Jeanne-de-Chantal, Sainte-Marie, Saint-Émile-de-Rome et Sainte-Marie-Eliza, C.N.D.— RR.SS.Jeanne Saquet, Rébecca Demers et Évelina Dicaire, S.G.M.— RR.SS.Marie-Zacharias, Marie-des-Martyrs et Marie-Dolorosa, S.S.A.— RR.SS.M.Hubert de la Croix, Marie-Aimé et Marie-Hildège, SS.NN.de J.et M.— RR.SS.Sainte Henriette et Saint-Edmond, A.S.V.— RR.SS.Denise et Anne-Hélène, F.C.S.P.— RR.SS.Marie-Augustin de Jésus et Marie de Saint-Laurentin, B.P.— R.S.Marie-de-Saint-Jean-Baptiste-de-La-Salle, C.S.C.— R.M.Marie-de-N.-D.de la Visitation, M.R.— R.M.Marie Saint-Édouard, J-M.— R.S.Marie-des-Archanges, P.M.— R.S.Marie-Onésime, P.F.M.— R.S.Saint-Daniel, S.M.R.I.P HISTOIRE L6S PèR6S DU SflinT-eSPRIT DU CFinflDfl €RiG€S en pRovince Par Rescrit de la Sacrée Congrégation des Religieux en date du 6 mars 1946 et acte du Conseil général de la Congrégation du St-Esprit et du Saint Cœur de Marie, les Pères du St-Esprit du Canada ont été érigés en province religieuse.La Congrégation du St-Esprit a été fondée en 1703 par Claude Poullart des Places.Elle dirigeait dans la capitale un Séminaire pour les étudiants sans ressources : beaucoup de ses élèves se consacrèrent aux missions lointaines et un assez grand nombre d'entre eux vinrent en Acadie, en Nouvelle-Écosse et au Canada au cours du XVIIle siècle.Réorganisée en 1848 par le Vénérable François Marie-Paul Libermann, elle s'est spécialement consacrée aux anciennes colonies françaises, à /’évangélisation de la race noire d'Afrique, et plus généralement aux œuvres pour lesquelles il est plus difficile de trouver des prêtres.Son personnel comprend — statistiques de 1939 — 29 évêques, 5 préfets apostoliques, 1831 Pères, 1980 Scolastiques, 915 Frères convers, 2,572 Aspirants.Des Sœurs du St-Esprit lui prêtent leur concours ainsi que des prêtres séculiers dans les diocèses coloniaux.Elle fait de la vie religieuse et de la vie de communauté la base de la vie apostolique.La Maison Mère se trouve à Paris : 30, rue Lhomond.Actuellement, la Congrégation du St-Esprit comprend les provinces de France* Irlande, Allemagne, Portugal, Etats-Unis, Belgique, Hollande, Angleterre, Canada et la vice-province de Pologne.Elle dirige à Paris le Séminaire colonial dit du St-Esprit ; à Rome, le Séminaire Français ; à Pittsburg (P a.), l'Université Duquesne (3,000 étudiants) et au Canada, le Collège Apostolique St-Alexandre de la Gatineau.En pays de missions, elle dessert 33 évêchés, vicariats et préfectures apostoliques.Elle a des collèges à la Trinidad et en Haïti et des paroisses aux États-Unis.Des Pères et des Frères canadiens ont été envoyés en divers pays : Haïti, Martinique, Guadeloupe, Cameroun, Maurice, Rodrigues, Guinée, Brazzaville, Gabon, Loange, Oubangui-Chari.Le supérieur général actuel est Son Excellence Mgr Louis Le Hunsec, archevêque de Marcianopolis, et réside à Paris.La nouvelle province sera bientt ôincorporée par acte du Parlement provincial sous le nom de « La Congrégation missionnaire des Pères du Saint-Esprit ».Son conseil d'administration est ainsi constitué : R.P.Louis Taché, c.s.sp., provincial — les PP.Hilaire Beaulieu et Alexis Riaud, assistants — les Pères Joseph Mamie, Joseph Roy et Julien Peghaire, conseillers.Le supérieur provincial réside au Collège St-Alexandre, Limbour, via Hull, mais la corporation aura son siège social à 3160, chemin Daulac, Montréal, P.Q.Montréal Les Peres du St-Esprit. DROIT DES RELIGIEUX L€ CUR€ €T L6S R€LIGI€UX Je trouve dans le courrier la consultation qui suit.Tous en comprendront la valeur pratique.Comme monsieur l’abbé O.McNicoll, secrétaire de la Faculté de Droit Canonique à l’Université Laval de Québec, venait de parler de la paroisse à l’Heure Dominicale, je lui en ai demandé la solution.Voici la consultation et la réponse.En vertu du Droit Canon, le curé est responsable de chacune des âmes de sa paroisse ; il est tenu de prendre les moyens pour que chacune d'elles puisse opérer son salut.Est-ce que le curé peut exiger que la communauté des frères de sa paroisse ait une conférence spirituelle une fois la semaine ou une fois le mois, et que chacun des frères ait son directeur spirituel?Je vous remercie d'avance pour votre réponse et je suis sûr qu'elle rendra service à plusieurs prêtres.Dans la plupart des cas, les relations entre curés et frères enseignants sont amicales et confiantes.L’esprit de charité est assez puissant pour inspirer une telle conduite.Il arrive cependant qu’une opposition parfois ouverte assombrisse la vie du brave curé et du frère dévoué.L’empiètement dans le domaine de l’autre est la cause la plus commune de ces guerres de sept ans.Toutefois, le tort n’est pas toujours du même côté.Il y a partout des gens mal avisés.Il reste qu’un malentendu est facilement dissipé quand celui qui a commis un impair a l’humilité nécessaire pour accepter son erreur .disposition plutôt rare chez celui qui se croit capable d’inventer tous les jours la dynamite ou qui pense que pour être chef, il n’y a qu’à crier un commandement, sans avoir à se soucier si c’est un ordre, c’est-à-diie, un produit de la prudence.La question posée est précise ; tâchons d’y répondre brièvement.A quoi est tenu un curé dans sa paroisse ?Nous n’avons qu’à traduire le canon 464 du Code de Droit Canonique pour obtenir un aperçu général.Le canon 464 § 1 : « Le curé par son office est tenu d’exercer la cure des âmes de tous ses paroissiens qui ne sont pas légitimement exemptés ».Le même canon § 2 : « L’évêque peut pour une LE CURÉ ET LES RELIGIEUX 265 cause juste et grave soustraire du soin du curé les familles religieuses et les maisons pies qui sont dans le territoire de la paroisse et non exemptes par le droit ».Notre attention doit maintenant se porter sur un point : quelles sont les religions exemptes du curé ?Suivons le partage que fait le canon 514.Au § 1, le code parle des religions cléricales (Canon 488 n.4).La religion cléricale simpliciter exempte n’est pas soumise à l’ordinaire du lieu ; à fortiori est-elle exempte de soumission au curé.Lorsque la religion cléricale n’est pas exempte (canon 488, n.2), elle n’est pas soustraite à la juridiction de l’Ordinaire du lieu ; est-elle soustraite à celle du curé ?Oui.Tout ce qui regarde le soin des âmes est attribué aux Supérieurs.Certes le § 1 du canon 514 ne parle que du Viatique et de l’Extrême-Onction ; mais d’autres canons ôtent chacun une part de ce qui relève de la cure du curé.Ainsi les exercices du culte se font dans l’église ou oratoire public de la religion cléricale qui y a droit (canon 497 § 2).Les funérailles constituent une fonction curiale, mais le canon 1221 donne un droit spécial dérogatoire au droit paroissial.Le curé a bien en vertu des canons 873 § 1 et 881 le pouvoir ordinaire d’absoudre tout membre d’une religion cléricale dans sa paroisse mais il n’a pas l’obligation de le faire et il faut s’en tenir à la prescription du canon 518 qui prévoit la députation de confesseurs réguliers pour chaque maison religieuse cléricale.Il ne reste plus guère que la prédication à considérer ; le canon 1338 § 1 la place sous le contrôle entier des supérieurs et le curé n’a rien à y voir.Le canon 514 § 2 parle des moniales.Quelques-unes sont soumises à des réguliers et par ce fait sont soustraites à l’Ordinaire (canon 615) à plus forte raison au curé.Quant aux autres non soumises aux Réguliers, elles sont sous la juridiction de l’Ordinaire, mais exemptes du curé.La confession ?Le curé n’a aucune juridiction ordinaire pour les entendre (canons 876, 520, 521).La prédication ?Le canon 1338 §§ 2, 3, la soustrait au curé.Le culte ?Si la maison a un oratoire, l’ordinaire du lieu nomme un chapelain a sacris (canon 529).Enfin, une réponse de la Commission d’interprétation du 266 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Code dit équivalemment que toutes les moniales sont exemptes du curé.En effet au canon 1230 § 5, on dit que le chapelain est le ministre des funérailles des religieuses exemptes du curé, et on a posé la question suivante :
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