La vie des communautés religieuses /, 1 avril 1949, Avril
¦Oil E i COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Vol.1, n.4 MONTRÉAL Avril 1949 SOMMAIRE PIÉTÉ MARIALE Lendemains des Journées Adrien-M.Malo d'Études Mariales.97 SPIRITUALITÉ La vertu chrétienne de tempé- Albert Saint-Pierre rance dans la vie religieuse.101 RECRUTEMENT La VCR aux rencontres sacer- A.-M.Plé dotales de Paris.110 DROIT DES RELIGIEUX Raymond Charland Obéissance religieuse.112 ESTHÉTIQUE Propos d'un bâtisseur du bon Julien Déziel Dieu.114 HISTOIRE Un congrès bibliologique LaCroix international.117 BIBLE Jacques Leclerc Le psautier de S.S.Pie XII.120 COMMUNAUTÉ DE CHEZ NOUS J.Besnard, S.M.M.Les Pères Montfortains.122 CONSULTATIONS COMPTES RENDUS COMMUNIQUÉS ADMINISTRATION•• C.P.1515 (PL.D’ARMES) - REDACTION: 3113 AVE.GUYARD MONTRÉAL LA VIE des COMMUNAUTES RELIGIEUSES Publication des RR.PP.Franciscains du Canada Paraît le 15 de chaque mois, de janvier à décembre, en fascicule de 32 pages.Abonnement : $ 2.00 par année.Cette revue est imprimée en vertu du certificat No 164 de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre.___Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, ministère des postes, Ottawa.- Rédaction : 3113, avenue GTuyard, Montréal 26 Administration : C.P.1515, Place d'Armes, Montréal 1 Directeur : R.P.Adrien-M.Mate; • 0:F.M.Conseil de direction : S.E.Mgr J.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les communautés religieuses.* ' : 'r ¦ -S.’jîî'JL.’I T.v/lÿrir.Ï.W Mgr.J.-H CHARTRAND vicaire général: Secrétaire : R.P.-Juvénal Daoust, O.F.M.•; Administrateur-gérant: M.J.-Charles DUMONT.Imprimeurs et expéditeurs : Les Frères des Ecoles chrétiennes.Nihil obstat : Imprimatur : Hadrianus MALO, O.F.M.Albert VALOIS, V.G.Censor ad hoc.Marianopoli die 3a aprilis Les FRÈRES des É.C 959, rue Côté.Montréal IMPRIMÉ AU CAMllOu PRINTED IN CANADA LFi VI6 D6S communouTés r€ligi€us€s Vol.7, No 4 Montréal Avril 1949 PIÉTÉ MARIALE Lendemain des Journées d*€tudes fDariales.Nos journées d’études mariales du 12 au 15 août 1948 ont déjà eu d’heureux lendemains.Parmi tant d’autres, il convient de mentionner la publication du volume Vers le Dogme de l'Assomption.Ce volume a rencontré partout un accueil supérieur à nos espérances.L' Osservatore Romano, organe officieux du Vatican, du 21 janvier 1949, porte ces mots : « Les mérites de cette publication sont nombreux ; en ce qui nous concerne, deux nous intéressent particulièrement : la nette prise de position des théologiens, puis la variété et la profondeur des études présentées.Il n’y a pas de doute que cet ouvrage peut largement contribuer à une juste compréhension des progrès de la science théologique au Canada ».La Croix de Paris publie le 26 janvier 1949, sous le nom de F.Cayré, A.A., une présentation dont voici quelques lignes : (( Le splendide ouvrage qui relate.les journées d’études mariales tenues à Montréal en août 1948 est de nature à stimuler les espérances des partisans de la définition, et à dissiper les craintes des hésitants.La piété canadienne s’est affirmée là avec un enthousiasme bien digne de la foi traditionnelle dans les provinces françaises de ce pays, et en particulier en cette ville de Montréal qui se fait gloire de son premier nom de Ville-Marie.Les Pères Franciscains de Montréal en furent les animateurs et se montrèrent de vrais fils de Duns Scot, avec largeur de vue d’ailleurs et sous le haut patronage de l’Archevêque de Montréal, Mgr Charbonneau, qui suivit de très près et fit vraiment du congrès marial sa chose ».S.E.Mgr A.Vachon, archevêque d’Ottawa, écrit le 1 décembre 1948 : (( Vers le Dogme de /’Assomption m’est parvenu il y a quelques jours.En l’apercevant, tout de suite j’ai pensé et c’est là le sentiment général, que cet ouvrage est destiné à 98 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES rendre d’appréciables services aux étudiants en mariologie.Je vous remercie sincèrement de me l’avoir communiqué et je suis convaincu qu’il occupera une place prépondérante dans la bibliographie préparatoire à la définition du dogme de l’Assomption ».Le T.R.P.J.-M.Vosté, O.P., secrétaire de la Commission Biblique Pontificale, dans une lettre du 13 janvier 1949 adressée au R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M., s’exprime en ces termes : « Merci du magnifique hommage.Les Canadiens font grandement les choses surtout à Montréal en l’honneur de la glorieuse Mère de Dieu.J’ai parcouru le volume et me suis arrêté naturellement à mon département.Votre travail est sérieux et serein ; j’en dis autant de celui du cher P.Léandre Poirier : si vous aviez dit le contraire, vous n’auriez convaincu personne ».Au jugement de M.Edouard Gagnon, P.S.S., exprimé dans Le Séminaire 13 (1948) n.6, « le présent ouvrage.invite à une étude immédiate.Plus qu’un monument du passé, il est, son titre l’indique, un pas vers l’avenir.Il traite d’un sujet qui doit intéresser tous les chrétiens.Ses auteurs ont joint au souci de la science le désir de la clarté et de l’édification.Et ses éditeurs n’ont rien épargné pour offrir une œuvre d’une tenue irréprochable et attrayante ».M.l’abbé Ernest Lemieux, supérieur du Grand Séminaire de Québec, publie dans Culture 10 (1949), pp.93-94 une sérieuse étude qu’il termine par ces mots : « Cet ouvrage mérite la plus large diffusion et on devrait, à tout le moins, le trouver dans toutes les bibliothèques de nos institutions tant ecclésiastiques que religieuses ».Dans la Revue d'Histoire de /’Amérique Française 2 (1949), pp.603-604, le R.P.Thomas Charland, O.P., commence sa recension par ces mots : (( La tenue de ces journées d’études peut être comptée parmi les événements marquants de notre histoire religieuse, ne serait-ce que comme indice de l’avancement des études théologiques en notre pays.Et la publication du compte rendu des manifestations et du texte des travaux à moins de trois mois d’intervalle, et dans un volume de luxe d’une toilette typographique impeccable est aussi un événement dans l’histoire de l’édition canadienne-française ». LENDEMAINS DES JOURNEES D’ÉTUDES MARIALES 99 Le R.P.André Lemay, S.S.S., termine ainsi sa recension dans la Revue Eucharistique du Clergé 52 (1949), pp.191-192 : « Vers le Dogme de VAssomption est donc un livre intéressant, qui permettra à tous ceux qui n’eurent pas la chance d’assister à ces « inoubliables journées )) d’en ressentir quand même l’influence bienfaisante.Lire ce livre ne peut que nous faire pénétrer plus profondément dans le mystère glorieux de Marie.Mieux connaître Marie, c’est l’aimer davantage ».Ces quelques témoignages choisis entre tant d’autres, manifestent clairement que la publication de Vers le Dogme de T Assomption marque un des beaux lendemains des journées d’études mariales ; il en est un autre vers lequel nous aspirons tous, c’est celui de la définition solennelle de la vérité de l’Assomption glorieuse de Marie.C’est pour hâter ce jour que les journées d’études mariales ont été tenues.Il ne nous reste plus qu’à prier pour que Dieu fasse connaître au Souverain Pontife le dessein de sa bonté toujours adorable.A cette fin, nous nous permettons de communiquer trois suggestions : 1 — consacrer les exercices du prochain mois de Marie à l’inten- tion particulière de la définition solennelle de la vérité de l’Assomption ; 2 — réciter chaque jour du mois de Marie une prière à cette même intention ; voici celle que les RR.MM.de la Congrégation Notre-Dame ont généreusement distribuée durant les journées d’études mariales : « Très auguste Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je crois fermement, selon l’enseignement de la sainte Eglise, que vous avez glorifié la Très Sainte Vierge Marie par son Assomption en âme et en corps au ciel.Daignez agréer mon humble prière afin que cette vérité soit solennellement proclamée dogme de notre sainte foi, par le Souverain Pontife et qu’ainsi resplendisse d’un plus grand éclat la gloire de l’immaculée Vierge Mère de Dieu.Par les mérites de Jésus-Christ Notre-Seigneur.Ainsi soit-il.Notre-Dame de l’Assomption, Reine du ciel et de la terre par la grâce du Christ-Roi votre divin Fils, priez pour nous, secourez-nous et sauvez-nous ». 100 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES 3 — apprendre, méditer et propager la doctrine de la glorieuse Assomption de Marie ; pour rendre possible cette troisième suggestion nous pouvons, grâce à la bonté maternelle de Marie, vous offrir le volume Vers le Dogme de VAssomption pour la modique somme de $2.50.Adressez vos demandes au R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M., 3113, rue Guyard, Montréal 26, Canada.Quelle religieuse, quel religieux ne se sent pas au cœur assez d’amour filial pour apporter sa part au mouvement mondial qui ambitionne de poser sur le front immaculé de Marie la royale couronne de sa glorieuse Assomption ?Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.COMPTE RENDU Associations religieuses et instituts séculiers Pie XII, Actes Pontificaux, n.24.Montréal, Ecole Sociale Populaire.19.5cm.32pp.$ 0.20.Cette brochure contient le texte traduit en français de quatre documents de S.S.Pie XII : Allocution aux Tertiaires franciscains de l’Italie, lettre au Général de la Compagnie de Jésus sur l’Apostolat de la Prière, constitution apostolique sur les Congrégations mariales, constitution apostolique et motu proprio sur les Instituts séculiers.Textes importants que la collection Actes Pontificaux a le mérite de mettre à la portée de tous dans des brochurettes accessibles et dans des traductions intelligibles.Plus que les autres, ce fascicule s’impose aux communautés qui ont tant besoin de connaître sur ces sujets la pensée pontificale.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.neCROLOGI€ R.S.Sainte-Philomène, A.S.V.— RR.SS.Marie de la Compassion, Marie de Sainte-Alice-de-la-Croix, C.S.C.— R.S.Sainte-Solange-Marie, C.N.D.— RR.SS.Bénédicte, Jacques le Mineur, F.C.S.P.— R.S.Thérèse-du-Carmel, M.I.C.— R.S.Marie-Roch, P.F.M.— R.S.Marie Roland.— R.S.Sainte-Angé-lina, P.S.S.F.— RR.SS.Albertine Chicoine, Élodie Payette, R.H.S.J.— R.S.Maria Gagné, S.G.M.— RR.SS.Marie-Élisabeth-de-Jésus, Marie-Gatienne, S.S.A.— RR.SS.Marie-Adèle, Marie-Héribert, SS.NN.J.M. SPIRITUALITÉ La vertu chrétienne de tempérance dans la vie religieuse.Le religieux, en raison de son état qui est de tendre à la perfection de la charité par la perfection du sacrifice, est-il tenu de s’abstenir de toute consolation ou délectation sensible en dehors de celles qui accompagnent nécessairement les actions strictement ordonnées à la conservation de sa vie individuelle ?La question ainsi posée répond, je crois, à l’anxiété qui harcelle un grand nombre de consciences religieuses droites et sincères.Et comme les delectations sensibles, et plus particulièrement celles qui accompagnent le goût et le toucher, constituent l’objet propre de la vertu de tempérance (1), nous voudrions traiter de la pratique de cette vertu dans la vie religieuse.Nous n’avons pas l’intention d’étudier le problème sous tous ses aspects, ni de relever les opinions divergentes des théologiens qui en ont écrit jusqu’à maintenant (2), encore moins d’appuyer une opinion plutôt qu’une autre.Nous comprenons que le poids à peu près égal des témoignages invoqués et des arguments produits n’entraîne pas l’unanimité.Il s agit plutôt pour nous de présenter la question sous un mode très concret qui puisse offrir à toutes les âmes religieuses des normes certaines, immédiatement pratiques pour chacune des actions de leurs journées auxquelles il leur serait difficile pour plusieurs raisons d’appliquer les spéculations des théologiens.Bornons-nous dans le présent article à expliquer de façon rapide le premier élément du problème en cause : la vertu de tempérance.C est une vertu cardinale qui, avec ses trois compagnes, la prudence, la justice et la force, a pour rôle de soumettre toute l’activité humaine, intérieure et extérieure, aux lois de la vie surnaturelle connues aux lumières de la Révélation.1.Sum.Theol.II-II, Q.CXLI, A.III, c.2.On pourra trouver des exposes complets de la question aboutissant à des conclusions différentes dans Études et Recherches publiées par le Collège dominicain d’Ottawa ; cahiers IV-V, 1944, p.227-374 ; article du P.Gonzalez, O.P.De imperfectione morali, et dans le livre de M.l’abbé Paul Lacouline : Imperfection et peche véniel, Université Laval, Québec, 1945.Ces deux ouvrages contiennent également à peu près toutes les références sur le sujet. 102 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Bien que souvent les théologiens l’envisagent sous cet aspect très général de puissance modératrice de toute l’activité humaine, elle se distingue par son objet qui est de rendre conformes à la volonté divine diversement exprimée, les plaisirs sensibles qui accompagnent les actions nécessaires à la conservation de la vie individuelle comme manger et boire et ceux qui accompagnent les actions nécessaires à la vie collective, a la propagation de l’espèce humaine comme jouir des privilèges que confère aux époux le saint état du mariage.De même que le rôle de la vertu de force consiste à modérer les craintes et les audaces en présence des périls de mort et par extension en présence de tous les autres périls, de même le rôle de la vertu de tempérance consiste à modérer les plaisirs sensibles les plus vifs et par extension tous les autres : c’est en ce sens que l’on peut la considérer comme une vertu modératrice de toute l’activité humaine.Beaucoup de fidèles qui vivent dans le monde s’imaginent que la vertu de tempérance ne regarde que l’usage des boissons enivrantes.Ils considèrent comme tempérant l’homme qui s’abstient totalement de ces boissons ou n’en boit jamais au point de s’exposer à compromettre le salut de son âme, la santé de son corps ou le bonheur des siens.Non, cet homme-là est sobre, il n’est pas nécessairement tempérant.La tempérance inclut la sobriété, mais la sobriété ne dit pas toute la tempérance, puisqu’il reste d’autres délectations sensibles à modérer à part celles du goût dans les boissons.Pour nous faire une idée exacte de la vertu chrétienne de tempérance, considérons-la successivement aux seules lumières naturelles de la raison, puis aux lumières surnaturelles de la Révélation.I Les lumières naturelles de la raison nous enseignent que l’homme est un animal raisonnable ; sous son aspect générique d’animal, il partage avec les autres animaux toutes les nécessités qui tiennent aux conditions du corps comme boire, manger, dormir, en vue de la conservation de la vie individuelle et s’unir aux animaux de l’autre sexe en vue de la conservation de la vie collective.Et comme ces différentes actions sont absolument nécessaires à la conservation de la vie sous ce double rapport, LA VERTU CHRÉTIENNE DE TEMPERANCE 103 l’auteur de la nature a voulu qu’elles soient accompagnées d’un plaisir extrêmement vif afin d’en assurer l’accomplissement en les rendant plus faciles et plus agréables.D’où la vertu de tempérance se divise-t-elle en autant de parties qui portent differents noms selon les différentes sortes de plaisirs qu’elle a pour rôle de soumettre aux lois.S’il s’agit de la modération des plaisirs du goût dans l’absorption des aliments, elle se nomme frugalité, abstinence ou jeûne ; de la modération des plaisirs du goût dans l’absorbtion des boissons, elle se nomme sobriété ; de la modération des plaisirs du toucher dans l’usage des sens ordonnés à la génération humaine, elle se nomme chasteté ou continence, etc.Souvent, dans le langage courant, ces différentes appellations sont prises l’une pour l’autre, bien que rigoureusement, elles désignent des choses différentes.Seulement jamais l’auteur de la nature n’a pu vouloir, et nous trouvons l’indice de ceci chez les animaux sans raison, non domestiqués, que le plaisir qui accompagne les actions du corps en soit le but unique, la fin exclusive et souveraine.Ainsi l’animal sans raison, une fois sa faim et sa soif apaisées, n’est plus porté à manger ou à boire, quelle que soit l’attirance des aliments ou des boissons qu’on pourra lui présenter.De même aussi, il ne sera pas porté à s’unir aux animaux de l’autre sexe en vue de la propagation des animaux de son espèce, en dehors des époques déterminées par la nature, et s’il s’unit, ce sera toujours d’une façon directement et rigoureusement ordonnée à la propagation de son espèce.On voit par là que selon la première intention de nature qui régit tous les vivants sensibles et: doit être respectée en toute circonstance, le plaisir qui accompagne les actions ordonnées à la conservation de la vie individuelle et collective ne peut être voulu pour lui-même, mais toujours en vue d’une fin qui lui est supérieure et à laquelle il doit être ordonné.Mais lorsqu’il s’agit de l’activité humaine, cette première intention de nature ne suffit pas parce qu’elle ne tient aucun compte de l’élément spécifique de l’homme qui est la raison et d’où découlent pour lui une foule de nécessités et conditions étrangères à la vie des animaux sans raison.Ainsi, selon la première intention de nature, il n’est pas nécessaire de s’asseoir à la table d’un banquet pour conserver sa vie individuelle, mais 104 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES cela devient très convenable pour l’homme, en vertu d’un raisonnement tout à fait élémentaire que les théologiens ont convenu de nommer la seconde intention de nature, pour célébrer un anniversaire, entretenir, réchauffer ou agrémenter la vie familiale ou sociale propre à l’homme.De même il n’est pas nécessaire de jouir des privilèges que confère aux époux le saint état du mariage pour propager l’espèce humaine, lorsque l’âge ou les conditions physiques des époux ne leur permettent plus d’ordonner ces jouissances à la procréation des enfants, cependant une fin proprement humaine, l’amour réciproque des époux, rend l’usage de ces privilèges légitime, honnête et vertueux, dès qu’il ne viole pas la loi naturelle ou ne s’oppose pas à l’accomplissement d’un autre devoir supérieur.Restent maintenant d’autres plaisirs propres à l’homme et qui sont plutôt ordonnés au repos légitime de l’âme et du corps, au bien-être individuel, familial et social qu’à la conservation de la vie individuelle et collective, comme jouer aux cartes, manger un bonbon en société, voir une représentation cinématographique, faire une lecture ou un voyage d’agrément, etc.Dans quelle mesure ces plaisirs seront-ils conformes à la vertu de tempérance ou, selon que s’exprime certains théologiens, dans quelle mesure pourra-t-on se les permettre pour l’amour de Dieu ?Dans la mesure où ils ne deviendront pas l’unique but et l’unique occupation de la vie, comme si la richesse et le confort étaient le seul idéal de l’homme ; dans la mesure où ils n’occasionneront pas de dépenses au delà de ses moyens ; dans la mesure où ils ne deviendront pas pour soi ou pour les autres des occasions de pécher ; dans la mesure où on ne les substituera pas aux premiers devoirs de la vie.Les seules lumières de la raison, lorsqu’elles ne sont pas obscurcies par l’intérêt ou les passions, comme elles l’ont été chez le plus grand nombre des païens, nous livrent cet enseignement.Mais elles ne nous parlent ni du jeûne ni de l’abstinence sous toutes ses formes, et pourtant le jeûne et l’abstinence sont des parties de la tempérance chrétienne.II Que nous disent maintenant les lumières surnaturelles de la Révélation ? LA VERTU CHRÉTIENNE DE TEMPÉRANCE 105 Bornons-nous aux enseignements du Nouveau Testament.Annonçant la naissance de Jean-Baptiste, l’ange dit à son père Zacharie : (( Il sera grand devant Le Seigneur, il ne boira ni vin ni rien qui enivre, et il sera rempli de l’Esprit-Saint dès le sein de sa mère )) (3).Du Précurseur et de lui-même, le Christ dit: « Jean en effet est venu, ne mangeant ni ne buvant, et ils disent : Il est possédé du démon.Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et ils disent : C’est un mangeur et un buveur de vin, un ami des publicains et des pécheurs.Et la Sagesse a été reconnue juste par ses œuvres )) (4).A ses apôtres et à ses disciples, il donne ce commandement : (( Prenez garde à vous-mêmes, de peur que vos cœurs ne s’alourdissent dans les excès de table, l’ivrognerie et les soucis de la vie )) (5).En une autre circonstance, il les prévient « qu’il y a des eunuques qui sont venus tels du sein de leur mère ; qu’il y a aussi des eunuques qui le sont devenus par le fait des hommes ; qu’il y a des eunuques qui se sont faits eunuques eux-mêmes à cause du royaume des cieux.Que celui qui peut comprendre, comprenne ! )) (6).De ces quelques textes, nous voyons que manger et boire est parfaitement honnête de par l’exemple de notre Sauveur.Nous voyons aussi qu’il peut être fort louable de s’en abstenir, de par son enseignement et l’exemole de Jean-Baptiste, et cela, nous ne pouvons le découvrir aux seules lumières naturelles de la raison.Celles-ci nous disent encore qu’il est naturel et légitime pour l’homme de jouir des privilèges de l’union des époux; c’est même un précepte donné aux hommes à l’origine du monde : « Croissez et multipliez-vous » (7).Et cependant le Christ approuve ceux qui s’en abstiennent pour le royaume des cieux.L’Apôtre saint Paul, de son ccté, nous dit « qu’il traite durement son corps et le tient en servitude, de peur qu’après avoir prêché aux autres, il ne soit lui-même réprouvé » (8).Aux Ga-lates, il écrit : (( Marchez selon l’esprit ; et vous n’accomplirez pas les convoitises de la chair.Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’esprit, et l’esprit en a de contraires à ceux de la chair ; ils sont opposés l’un à l’autre, de telle sorte que vous ne faites pas ce que vous voulez » (9).3.Le 1, 15.4.Mt 11, 18-19.7.Gen.1, 22.5.Le 21, 34.8.I Cor.II, 27.6.Mt 19, 12.9.Gai 5, 16-17. 106 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES La raison de cet enseignement, nous la découvrons aux lumières surnaturelles de la Révélation.C’est que la nature humaine a été affreusement corrompue par le péché originel et que même après le baptême, l’âme chrétienne en subit encore les douloureuses conséquences.Mieux que personne l’Apôtre a décrit le combat qui en résulte : « Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle ; mais moi, je suis charnel, vendu au péché.Car je ne sais pas ce que je fais : je ne fais pas ce que je veux, et je fais ce que je hais.Or, si je fais ce que je ne voudrais pas, je reconnais par là que la Loi est bonne.Mais alors ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi.Car je sais que le bien n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair ; le vouloir est à ma portée, mais non le pouvoir de l’accomplir.Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas.Or, si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi.Je trouve donc cette loi en moi : quand je veux faire le bien, le mal est près de moi.Car je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l’homme intérieur ; mais je vois dans mes membres une autre loi qui lutte contre la loi de ma raison, et qui me rend captif de la loi du péché qui est dans mes membres.Malheureux que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de mort ?» (10) Il suit de là que si nous accordions à nos corps tous les plaisirs sensibles que permettrait la tempérance considérée aux seules lumières de la raison, si nous ne les privions jamais d’aucune délectation permise, étant donné le désordre introduit dans nos puissances par les suites du péché, ils ne tarderaient pas à exiger les délectations et les plaisirs qui ne sont pas permis.Plusieurs Pères de l’Église ont exposé et commenté longuement cette doctrine.Traitant du jeûne, l’une des principales formes de la tempérance chrétienne, saint Augustin écrit : « Si vous montiez une bête de somme, un cheval qui vous inspirerait la crainte fondée d’une chute malheureuse ; pour vous donner plus de garantie et de tranquillité, ne sauriez-vous pas lui retrancher la nourriture et dompter par la faim celui que vous n’auriez pu dompter par le frein ?Mon corps est ma bête de somme; je voyage vers la Jérusalem céleste et souvent cette monture 10.Rom 8, 14-24. LA VERTU CHRÉTIENNE DE TEMPERANCE 107 m’entraîne et cherche à me faire sortir de ma voie qui est Jésus-Christ.Ne dois-je donc pas recourir à la faim pour dompter ses emportements ?» (11) C’est là la première raison de la pénitence qu’il faut introduire dans la notion de tempérance chrétienne.La seconde, c’est l’économie de la rédemption, le moyen pris par le Christ pour satisfaire à la justice divine pour le péché en faveur des hommes, la passion douloureuse et la mort en croix.Dieu, dans sa sagesse, aurait pu opérer le salut de l’homme d’une foule d’autres manières.Il a choisi les souffrances et la mort de son divin Fils pour engager les hommes à mieux apprécier le bienfait de la rédemption, mieux comprendre la gravité du péché et la profondeur de l’amour divin.Il va sans dire dès lors que l’homme ne peut collaborer à son propre salut en prenant un autre moyen que celui qui a été choisi pour le racheter.Nous comprenons ainsi pourquoi l’Apôtre saint Paul revient avec tant d’insistance sur cette doctrine ; pourquoi il est plein de joie dans les souffrances, parce que ce qui manque à la passion du Christ, il l’achève en sa propre chair pour son corps qui est l’Église (12) ; pourquoi il porte sur son corps les stigmates de Jésus (13) ; pourquoi il ne veut connaître autre chose que Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié (14) ; pourquoi il ne veut se glorifier que dans la croix de Jésus-Christ, par qui le monde a été crucifié comme il l’est lui-même pour le monde (15) ; pourquoi il enseigne que ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises (16).Il ne suffit donc pas pour pratiquer la vertu chrétienne de tempérance de soumettre les plaisirs des sens aux lois de la nature et de la raison, il faut de plus les soumettre aux lois de l’Evangile, ce qui implique la pénitence et le renoncement.Reste maintenant à répondre à une question que se posent fréquemment un grand nombre de fidèles au sujet des tentations contre la vertu de tempérance sous ses diverses formes et plus particulièrement en ce qui regarde les plaisirs qui accompagnent l’usage des sens ordonnés à la génération.Pourquoi, disent-ils 11.De Vutilité du jeûne, c.3, no.3.12.Col 1, 24.13.Gai 6, 17.14.I Cor.11, 2.15.Gai 6, 14.16.I!?id., 5, 24. 108 LA VERTU CHRÉTIENNE DE TEMPERANCE les tentations contre cette vertu sont-elles si nombreuses et si puissantes, pourquoi les occasions d’y manquer sont-elles si fréquentes ?à tel point qu’un certain nombre en vient à se demander s’il est bien vrai que l’auteur de la nature ait défendu ces sortes de plaisirs, et s’il l’a fait, dans quel but ?La première raison, c’est que nous portons toujours avec nous notre corps, celui dont l’Apôtre saint Paul souhaitait d’être délivré et que saint François d’Assise nommait son frère âne.Les autres occasions de pécher peuvent être plus ou moins prochaines, plus ou moins lointaines, celles que fait naître le corps sont toujours très prochaines et comme d’autre part, le démon n’a d’emprise sur les facultés intellectuelles que par l’intermédiaire des puissances sensibles, il commence toujours par ces dernières, sachant bien qu’en raison de l’intime union de l’âme et du corps, l’excitation des puissances sensibles aura grand’chance d’émouvoir les facultés intellectuelles.La deuxième raison, c’est que Dieu a voulu que les actions immédiatement ordonnées à la conservation de la vie individuelle et collective soient accompagnées d’un plaisir très vif afin d’en assurer l’accomplissement.Si les actions de manger, de boire, de jouir des privilèges que confère aux époux le saint état du mariage ne comportaient pas des plaisirs de cette sorte, l’homme s’exposerait à compromettre sa vie individuelle en omettant de manger et de boire, et la vie collective en omettant de contracter mariage, par crainte des sacrifices que comporte cet état (17).Enfin la dernière raison, c’est que nos facultés sensibles ont été corrompues beaucoup plus profondément par le péché originel que nos facultés intellectuelles.L’expérience la plus commune nous en donne chaque jour la preuve.Nous discernons assez facilement le bien et le mal ; nous voulons faire le bien et éviter le mal, mais le poids de nos appétits sensibles dépravés nous entraîne sans cesse à faire ce que nous ne voulons pas et à ne pas faire ce que nous voulons, selon le langage de l’Apôtre.Si nous résumons maintenant ces premiers éléments de doctrine, nous pouvons dire qu’envisagé aux seules lumières de la raison, le plaisir sensible qui accompagne les actions ordonnées 17.Sum.Theol.II-II, Q.I a.IV, c. LA VERTU CHRETIENNE DE TEMPERANCE 109 à la conservation de la vie individuelle et collective est bon en lui-même, puisqu’il est voulu par l’auteur de la nature.Seulement, jamais l’auteur de la nature n’a pu vouloir que le plaisir qui accompagne ces actions en soit la fin exclusive.Si nous considérons l’homme sous son aspect générique, la fin de ces actions sera comme chez les animaux sans raison la conservation de la vie individuelle et collective ; si nous le considérons sous son aspect spécifique d’animal raisonnable, il pourra donner à ces actions, en plus de la fin première, des fins proprement humaines comme le repos légitime de l’âme et du corps, les exigences et les convenances de la vie humaine individuelle, familiale et sociale.Si l’homme vivait sur la terre tel que sorti des mains de son créateur, ces principes seraient suffisants pour l’engager à soumettre tous ses plaisirs sensibles à la volonté de Dieu ; mais nous savons, aux lumières surnaturelles de la Révélation, que le péché a corrompu la nature de l’homme à l’origine et que par suite du désordre qui en est résulté dans ses puissances, il doit priver celles-ci de plaisirs permis afin de pouvoir leur interdire ceux qui ne le sont pas.Nous savons aussi que le renoncement et le sacrifice sont les moyens choisis par Dieu pour opérer le rachat de l’humanité.Il s’ensuit que la pratique de la vertu chrétienne de tempérance inclut la pratique de la pénitence.C’est une loi universelle et nécessaire pour tous les hommes qui ont péché personnellement.« A moins que vous ne fassiez pénitence, vous périrez tous )) (18).« Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive (19) ».Dans l’article suivant, nous exposerons comment il faut entendre la vie religieuse comme état, et des deux données du problème ainsi exposées surgiront les points de rencontre qui inquiètent bien des consciences religieuses et risquent souvent de leur ouvrir la voie au scrupule ou au laxisme.Ottawa A, Saint-Pierre, O.P.18.Le 13, 5.19.Mt 16, 24. RECRUTEMENT La V.C.R.aux rencontres sacerdotales de Paris Au mois de janvier de cette année, nous avons publié une communication du R.P.Loret, rédemptoriste, sur les Rencontres sacerdotales de Paris.La session annuelle pour cette année a été fixée dans la banlieue de Paris pour les 3, 4 et 5 juillet prochains.Le sujet à l’étude est le discernement des vocations de religieuses ; il est partagé en 14 rapports dont voici les titres : j l'appel à la perfection commun à tout baptisé et celui de la vocation religieuse, la vocation religieuse, ses éléments de discernement, nature de l'obligation de la vocation, principes de direction dans la maturation d'une vocation, les empêchements canoniques, les critères négatifs de vocation, attraits d'origine névrotique motivant des fausses vocations, psychasténies et vocation, principes de discernement d'une vocation contemplative, conclusions à l'enquête menée auprès des maîtresses de novices, de l'usage de la psychologie et des procédés psycho-techniques dans le discernement des vocations, la morpho-psychologie et la graphologie au service des maîtresses des novices, Vorientation professionnelle, adaptation de ces méthodes au discernement des vocations de religieuses.Déjà le T.R.P.A.-M.Plé, O.P.avait exprimé le désir d’obtenir la participation de La Vie des Communautés Religieuses, comme il avait déjà obtenu la participation de la Belgique, de l’Italie, de l’Allemagne, de l’Espagne.Cette année, il fait un pas de plus : non seulement il nous invite mais il nous propose de présenter un rapport.Mis au courant de ces relations, notre Père Provincial a jugé qu’il convient d’accepter l’invitation et de préparer le rapport en question.Les Communautés Religieuses du Canada seront donc représentées aux rencontres sacerdotales de Paris.L’importance de cette démarche n’échappe à personne ; en plus des contacts précieux avec les représentants de plusieurs pays, des échanges LA V.C.R.AUX RENCONTRES SACERDOTALES DE PARIS 111 de vues, elle permettra la connaissance de la situation des communautés françaises et des relations profitables.Sans doute, en raison du pays et surtout de la dernière guerre, on peut supposer sans crainte d’erreur que la situation des communautés françaises et canadiennes est différente et que ce qui s’impose là-bas n’est pas du tout opportun ici.Mais il reste toujours que l’étude d’une situation impose le rappel de principes dont l’examen et l’étude ne peut que profiter à tous.Nous recommandons le succès de cette démarche à vos ferventes prières.S’il plaisait aux RR.MM.Supérieures ainsi qu’aux Mères Maîtresses des novices d’envoyer au Directeur de la V.C.R.des suggestions pratiques, elles ont déjà l’assurance qu’elles seront reçues avec reconnaissance et utilisées selon leurs directives et avec profit.Nous aurons l’occasion de vous communiquer d’autres nouvelles concernant cette organisation et surtout de vous faire part des expériences qu’il nous sera donné de faire pendant notre séjour en Europe.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.COMPTE RENDU Meyer, P.Wendelin, O.F.M., A l'École du Docteur Séraphique, conférences aux religieuses, traduit par l’abbé L.Brevet.Paris 1948.19cm.302pp.Saint Bonaventure a écrit une lettre sur les principes de la vie spirituelle.Après avoir rappelé les circonstances de publication, il propose immédiatement la nécessité du détachement de tous les soucis inutiles du monde, invoque Jésus, stimule le lecteur au désir de l’entrée dans le royaume de la paix et à la reconnaissance.La lettre elle-même se divise naturellement en deux sections.Huit principes généraux d’ascèse remplissent la première ; vingt-cinq maximes la seconde.Chacune de ces maximes a fourni à l’A.une conférence et un examen de conscience pour la récollection mensuelle des religieuses.Ce sont ces conférences que contient ce volume traduit de l’allemand et déjà traduit en anglais.Elles indiquent comme les vingt-cinq pas qui conduisent du cœur de l’homme au cœur de Dieu.Il n’y a pas de doute que ce volume connaîtra en français le succès considérable qu’il a remporté dans les pays de langue allemande et anglaise.Nous le recommandons vivement à toutes les communautés.Adrien-M.Malo, O.F.M.Montréal DROIT DES RELIGIEUX OB6ISSflnC€ R€LIGI€US€ Lacceptation des charges en chapitre ou en dehors du chapitre relève-t-elle d3 la vertu ou du voeu d'obéissance Le vœu d’obéissance, prononcé en religion, consiste dans la promesse faite à Dieu d’obéir aux Supérieurs légitimes de la religion, dans tout ce qui se rapporte directement ou indirectement à l’observance religieuse et comme il est prévu dans la Règle et les Constitutions particulières.C’est dire que l’objet propre du vœu d’obéissance comprend tous les ordres et préceptes du Supérieur qui sont conformes, directement ou indirectement, à la Règle et aux Constitutions.Dans la formule de Profession, en effet, on promet obéissance aux Supérieurs conformément à la Règle et aux Constitutions.Nous ferons remarquer cependant qu’il n’est pas toujours nécessaire, pour qu’une chose puisse être l’objet d’un commandement du Supérieur, qu’elle soit contenue explicitement dans la Règle et les Constitutions ; il suffit qu’elle le soit implicitement, en ce sens que, si elle n’est pas un moyen direct d’atteindre le but de la vie religieuse ou le but propre de chaque institut, elle tend toutefois, au moins indirectement, à ces mêmes buts.De plus, le vœu d’obéissance, dont l’objet se réfère à l’objet même de la vertu d’obéissance, admet des degrés dans la manière dont il oblige, de telle sorte que la gravité du péché contraire au vœu dépendra de la gravité du précepte, et la transgression sera grave ou légère selon que la chose commandée est elle-même grave ou légère.Or on reconnaît dans la pratique qu’un ordre du Supérieur doit être considéré comme donné sous peine de péché mortel ou non, a la façon dont il est donné.Ainsi par exemple, quand un Supérieur dit qu’il commande quelque chose in virtute Spiritus Sancti et sanctae obedientiae, en vertu de l’Esprit-Saint et de la sainte obéissance, ou bien sub praecepto formali, sous précepte formel, il montre clairement par ces expressions qu’il entend obliger sous peine de péché mortel.En ce qui concerne l’acceptation des charges assignées en chapitre ou en dehors du chapitre, nous pouvons dire en général OBÉISSANCE RELIGIEUSE 113 qu’elle relève du vœu d’obéissance.D’ailleurs les charges sont souvent imposées sub praecepto formali.Elles se rapportent directement à l’observance religieuse.© Un religieux avertit son Provincial qu'il est fatigué de remplir une fonction difficile et qu'il va la quitter pour se rendre à la maison provinciale.Le Provincial laisse entendre qu'il peut employer un ordre pour forcer le sujet à rester au poste.Le religieux quitte quand même son poste et arrivé à la maison provinciale y rencontre le Provincial plusieurs fois dans les trois semaines qui suivent.Celui-ci ne dit ni ne fait rien.Ce religieux a-t-il commis une faute, peut-il se croire autorisé par le silence du Provincial à rester à la maison provinciale ?Que lui conseillez-vous de faire ?Pour apprécier à son mérite ou démérite la conduite de ce religieux, il faut tenir compte des circonstances qui entourent sa manière d’agir.Le religieux fatigué de remplir une fonction difficile, doit soumettre son cas à l’autorité compétente, à savoir à son Provincial.Il semble l’avoir fait par lettre, en même temps qu’il l’avertit qu’il se rend à la maison provinciale.Dans sa réponse le Provincial ne semble pas vouloir obtempérer aux désirs de son sujet, lui laisse même entendre qu’il peut employer un ordre pour le forcer à rester à son poste.Le religieux quitte quand même son poste.S’il se rend légitimement à la maison provinciale pour rencontrer son Provincial et lui exposer de vive voix sa situation, il n’est pas à blâmer, puisqu’on peut toujours mieux s’entendre de vive voix et donner des explications qui aident à une meilleure solution d’un cas difficile.S’il quitte son poste dans l’espérance de forcer son Provincial à le décharger d’une fonction qu’il ne se croit plus capable de remplir et le mettre devant un fait accompli, il a tort et il est à blâmer.L’inaction et le silence du Provincial ne signifient pas nécessairement qu’il accepte la démission demandée.Peut-être espère-t-il, en temporisant, que le sujet fera de lui-même sa soumission humble et entière.En tout cas nous conseillons à ce religieux d’avoir une entrevue avec son Provincial, et d’accepter d’avance sa décision.Ottawa Raymond Charland, O.P. ESTHÉTIQUE PROPOS D*un BÂTISS6UR DU BOn DI€U « Propos d’un bâtisseur du Bon Dieu » (1) est l’édition posthume d’une série de conférences données à Montréal, il y a quinze ans, par l’éminent architecte, Dom Paul Bellot, bénédictin.On pourrait aussi bien intituler cet ensemble (( les bases d’une esthétique chrétienne ».Ce petit livre est présenté par le R.P.P.-H.Bergeron, C.S.C.et les conférences, par Henri Charlier.Ceux que préoccupe l’art religieux chez nous attendaient impatiemment cette publication annoncée en 1942 avec le premier numéro des Cahiers d’art Area.C’est regrettable que ces manuscrits aient dû dormir quinze ans avant d’être divulgés.Nos temps de vitesse font que certains paragraphes sentent déjà l’ancien.Cependant l’ensemble est un important rappel des grandes vérités qui s’oblitèrent toujours, même quand on les a un jour bien comprises.De ce petit livre, combien d’idées sont à méditer par le clergé autant que par les architectes.Chez un maître comme Dom Bellot, quelle prudence admirable et en même temps quelle hardiesse ! Quel respect pour la tradition, mais aussi quelle défiance contre l’esprit de tradition qui s’illusionne en créant du déjà fait.Nos admirateurs naïfs des styles passés y trouveront pour leur compte.Il est vraiment excellent que la leçon vienne d’un architecte qui fut en même temps un moine théologien.Elle a la chance d’être entendue par les deux classes de gens concernées dans le problème de l’art religieux.A l’adresse des architectes, l’auteur dit carrément son avis sur Le Corbusier (pp.30-31) dont l’œuvre a été qualifiée (et Dom Bellot admet l’expression) (( le Cheval de Troie du Bolchévisme ».En mains endroits, il apprécie les sages principes de Viollet-le-Duc, et cependant il met en garde contre les dangers qu’impose à l’esprit la fréquentation assidue des grandes œuvres du passé.« Je sais par expérience cette tyrannie qui peut résulter d’une trop grande habitude de l’architecture classique », (p.43).A l’adresse de tous les usagers de l’art religieux, et c’est nous tous, chrétiens, prêtres, religieux et religieuses, il montre 1.Dom Paul Bellot, O.S.B., Propos d'un bâtisseur du Bon Dieu, Montréal, Fides, Cahier d’art Area, IV.1949, 128 pages, 16 hors-textes en hélio. PROPOS D’UN BATISSEUR DU BON DIEU 115 que le problème artistique est un problème de pensée et de vie spirituelle qu’on ne devrait pas opposer, mais tâcher de concilier avec ceux de la construction et des charges financières.On veut faire vite et payer vite.Il y a du bon à cela sans doute, l’unité de l’œuvre peut en profiter.mais faut-il absolument que la valeur artistique en souffre ?Le chantier est vite fermé, la dette est vite amortie, mais l’œuvre reste et puis, comme on l’a dit de certaines horreurs vitement conçues et vitement bâties, leur plus grand défaut est d’être à l’épreuve du feu ! En art, et en art religieux surtout, il s’agit d’une expression de pensée.Dom Bellot reprend une allégation judicieuse de Charlier : (( L’art est une parabole » où la petite histoire, la matière de l’art, doit obéir et suivre le chemin tracé par la pensée qui, grande ou vulgaire, donne à l’œuvre son caractère.Quelle pauvreté de pensée chrétienne aurait donc présidé à la construction de la plupart de nos églises prétentieuses et aussi bien à certaines décorations récentes qui sont d’une vulgarité révoltante ?Mais la faute n’est certainement pas plus aux artistes qu’au clergé et aux principaux représentants de la société.Les historiens savent que la grandeur du moyen âge en ce sens s’explique par l’union étroite des architectes et des clercs, et que ces derniers furent les inspirateurs théologiques des « maîtres d’œuvre ».L’architecte pouvait se saisir d’une pensée riche et féconde pour laquelle il se chargeait de trouver la forme appropriée.Aujourd’hui, et le mal existe en Europe comme chez nous, les spécialisations mal entendues ont réduit chacun à se retirer dans son coin, d’où le manque de collaboration qui a fait la force des grands siècles chrétiens.La foi et la pratique religieuse ne sont pas tout pour produire un art religieux qui vaille.C’est peu même que les rubriques du droit canonique soient observées.Il faut que les splendeurs du dogme et de la liturgie soient mises par les chefs spirituels en rapports plus étroits avec la vie concrète religieuse dont l’art est un des aspects les plus nobles.L’art religieux moderne, comme l’art moderne en général, n’est pas tel uniquement par l’usage d’un matériau nouveau, le croire serait donner dans le pur matérialisme.Quelqu’un, Péguy, je crois, a dit que « la réforme sociale sera morale ou ne sera pas ».De même, professe avec raison Dom Bellot, le relèvement de l’art religieux ne dépend pas des éléments matériels de l’existence, 116 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES il tient à la vie de l’esprit.« Un style est le résultat d’une impulsion commune, d’un accord spirituel, d’une foi religieuse )), (P- 49).Dom Bellot termine sa dernière conférence sur une note d’espoir dans une phrase qui est une invitation au réveil.« Il est urgent, disait-il (c’était en 1934 et l’urgence n’est pas moindre en 1949), que tous, clients et bâtisseurs, comprennent leur rôle afin que le Canada devienne une pépinière d’artistes et possède un art qui le reflète fidèlement », (p.128).Montréal Julien Déziel, O.F.M.COMPTE RENDU Lamontagne, Onesime, O.F.M., Voici le bon Père Frédéric.Trois-Rivières Éd itions B.P.F., n.4, 30pp., 19cm.ill.Cette élégante brochure comprend deux parties : Souvenirs Crypte-Musée et Paroles sur la sainteté : la première reproduit en photographies nettes et claires les différents objets qui ont servi au P.Frédéric ; la deuxième présente un sermon développant cette idée : Il faut plus de sainteté pour se sauver dans le monde.Le tout est précédé d’une présentation de l’A.et d’un mot de S.E.Mgr G.-L.Pelletier, évêque des Trois-Rivières.Par ses attraits, cette brochure ne manquera pas de multiplier les amis et les grands amis du R.P.Frédéric.C’est le vœu que nous formons.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.COMMUNIQUÉ Modification du C.1099 Par un motu.proprio, en date du 1er août 1948, Sa Sainteté Pie XII a abrogé la dernière partie du paragraphe 2 du Canon 1099.Vous devrez donc rayer dans votre Code, ces mots du paragraphe 2 du Canon 1099, item ab acatholicis nati, etsi in Ecclesia catholica baptizati, qui ab infantili aetate in haeresi vel schismate aut infidelitate vel sina ulla religione adole-verunt, quoties cum parte acatholica contraxerint.Cette abrogation est en vigueur depuis le 1er janvier 1949; désormais toute personne baptisée dans l’Eglise catholique même si elle a été élevée et instruite en dehors de l’Église catholique, est tenue d’observer la loi canonique pour se marier validement même avec un non-catholique, c’est-à-dire que le mariage de toute partie baptisée validement dans l’Église catholique, même si l’autre partie n’est pas catholique, doit se faire devant le Curé de la paroisse ou devant 1 Ordinaire du diocese, ou devant un prêtre délégué spécialement par eux, et devant deux témoins.Canons 1094-1099. HISTOIRE Un Co ngrès bibliologique franciscain international En organisant ce Congrès, les Franciscains ont battu la diane pour toute la chrétienté.Cardinal PIZZARDO Le premier Congrès, bibliologique franciscain international, s’est tenu à Rome, du 20 au 27 février, à l’Athénée pontifical Antonianum.Des délégués de 27 nations y prirent part.Plusieurs personnalités ecclésiastiques et laïques honorèrent ces assises de leur présence : les cardinaux Tisserant, Pizzardo, Micara et Lavitrano, des membres du corps diplomatique, des prélats de la Curie romaine, des représentants des principaux Ordres et Congrégations religieuses, ainsi que plusieurs personnalités du monde de la science et de la culture.Le livre et l’apostolat Le Congrès avait pour tâche d’éclairer les rapports entre le livre, d’une part, et, de l’autre, la culture et l’apostolat modernes.Les nombreuses relations furent toutes tenues par des spécialistes en la matière, ecclésiastiques et laïques : archivistes, bibliothécaires, éditeurs.Plusieurs leçons avaient été confiées à des fonctionnaires de la Bibliothèque vaticane.A l’issue du Congrès, le R.P.Charles Balié, O.F.M., recteur de Y Antonianum, donna lecture des vœux du Congrès.Les uns, de caractère général, concernent la reconstitution des bibliothèques endommagées ou détruites par la guerre, la constitution de catalogues uniques pour certains groupes de bibliothèques, le développement des études bibliologiques, l’emploi des abréviations dans les éditions critiques, l’état des bibliothèques religieuses sécularisées, enfin, l’abolition des barrières douanières dans le commerce libraire.La seconde série de vœux a trait à l’Ordre franciscain : constitution d’une bibliographie franciscaine générale, formation, dans l’Ordre de bibliothécaires, moyennant l’institution de cours spéciaux à l'Antonianum et dans chaque province, et l’envoi d’élèves à l’Ecole pontificale de paléographie et de diplomatique et à l’Ecole vaticane de bibliothéconomie, la publication d’un vade-mecum du bibliothécaire et de l’archiviste, 118 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES la fondation de bibliothèques franciscaines ouvertes aux laïques» et en particulier aux étudiants, et, enfin, la création de bibliothèques circulantes dans les milieux ouvriers.S.Em.le cardinal Pizzardo, préfet de la Sacrée Congrégation des Séminaires et Universités, prononça le discours de clôture.On NÉGLIGE TROP LE LIVRE Le livre et la bibliothèque catholiques sont aujourd’hui des moyens d’apostolat plus nécessaires que jamais.De tout temps, la parole a servi aux maîtres et aux chefs pour secouer, mobiliser et conduire les hommes.Les prophètes de l’Ancien Testament et les apôtres du Nouveau ont remué le monde par la parole.Depuis, la découverte de l’imprimerie a encore accru la puissance de la parole dans le monde.Le livre agit puissamment sur la société contemporaine.Il renferme la destinée des individus et des peuples ; il prépare le règne de Dieu ou celui de Satan.L’Eglise ne craint pas le livre : elle l’a encouragé et propagé cum priuilegio, dès ses origines.La force de l’Eglise est et doit être surtout dans le livre.Dans le livre, et non dans le journal, qui s’adresse particulièrement à ceux qui n’ont pas le loisir d’étudier et de réfléchir.Fasciné par le vient de paraître, le monde moderne, dans sa légèreté, néglige trop le livre solide.Revenons aux bibliothèques, à ces trésors de richesses intellectuelles que nous ont transmises les générations passées.Dans les bibliothèques vit la tradition.Plus que les autres, les fidèles et les prêtres doivent lui rester fidèles.Ils commettraient une faute impardonnable si, comme les enfants du siècle, ils se laissaient dissiper et étourdir par les contingences fugaces.Le depo-situm custodi de l’apôtre s’applique également au dépôt que le passé nous a transmis.Chez tous les peuples de l’antiquité, les prêtres faisaient aussi fonction d’archivistes et de bibliothécaires.Ce fait est significatif.Si vis pacem — a-t-on dit récemment — para librnm.Si tu veux la paix, prépare le livre.L’U.N.E.S.C.O.pense éloigner le spectre de la guerre en multipliant les échanges culturels entre les peuples.Si on pense cela du livre en général, que dire du livre catholique ? UN CONGRES BIBLIOLOGI QUE FRANCISCAIN INTERNATIONAL 119 Bibliothèque et église Dans nos maisons religieuses, dans nos monastères et couvents, la bibliothèque doit être le sanctuaire de l’intelligence, la forge où œuvrent les apôtres, les théologiens, les exégètes, les philosophes, les apologistes, les historiens, les narrateurs, les critiques, les catéchistes et les prédicateurs.Rendons aux bibliothèques l’importance et la dignité qu’elles avaient dans les antiques monastères et couvents, dans les écoles capitulaires.Que la bibliothèque se dresse à côté de l’église, de la chapelle ou de l’oratoire, non comme un local obscur et abandonné, mais comme un centre propulseur d’étude et d’apostolat.Conscients de l’incommensurable richesse de la tradition franciscaine, le Ministre général des Frères Mineurs et le recteur de l’Anlonianum, en convoquant ces assises bibliologiques franciscaines internationales, ont battu la diane, non seulement pour leurs religieux, mais pour toute la chrétienté.Encore une fois, conclut le cardinal Pizzardo, saint François, image du Christ, héraut du grand Roi, a donné au monde une leçon.Avec lui nous retrouverons dans le culte de nos bibliothèques l’expérience du passé et la clé de l’avenir.Paris Lacroix COMPTE RENDU Bettez, R.P.Norbert-Marie, O.F.M., LAlcoolisme méjaits et remèdes.Montréal, Éditions Franciscaines 1948.20cm.246pp.Le volume compte à part l’introduction trois parties distinctes déjà indiquées dans le titre.La première est consacrée à l’alcoolisme, la deuxième aux méfaits sur le corps, dans la conscience, la famille et la société, la troisième aux remèdes.Les aspects spécialisés du problème sont confiés à trois médecins compétents.Le Dr J.-M.Roussel, médecin légiste, expose l’alcoolisme chronique ; le Dr Roma Amyot l’aspect neuropsychiatrique, le Dr J.-C.Miller l’hé-rédo-alcoolisme.Les hors-texte produisent une bienfaisante impression.Comme le remarque Mgr Albert Valois dans la préface, le volume « traite d’un sujet de première importance ».En le répandant, les Communautés Religieuses feront œuvre morale, patriotique et sociale ; il est si facile d en faire cadeau aux bienfaiteurs, de le mettre sur la liste des volumes a donner en prix scolaire.Rien ne réalise mieux les récentes directives de notre Episcopat sur la prédication de la vertu de tempérance.Avec Mgr Valois nous souhaitons a ce volume un franc succès.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M. BIBLE Le Psautier de S.S.Pie XII Cette enquête avait été demandée par le T.R.P.Jacques-Marie Vosté, O.P., secrétaire de la Commission Pontificale Biblique.Les journaux apportent la douloureuse nouvelle de sa mort survenue à Rome, le 24 février dernier.Sa sincère admiration pour le Canada nous fait un devoir de recommander le repos éternel de sa belle âme aux prières des Communautés religieuses.Dans son encyclique (( Divino Afflante Spiritu » de 1944, S.S.Pie XII laissait entrevoir la nécessité d’une traduction améliorée des Psaumes.Le P.Béa nous révèle que dès 1941 le Souverain Pontife avait chargé l’Institut Biblique Pontifical de Rome d’entreprendre cette traduction.En 1945, le Vicaire du Christ présentait le nouveau psautier par le Motu Proprio « In cotidianis precibus )) qui nous indique la méthode et le but: (( Xous avons ordonne que l’on fit une nouvelle version latine des Psaumes qui tout a la fois fut une interpretation des textes originaux et tînt compte autant que possible de la vénérable Vulgate et des autres versions anciennes dont les diverses leçons devront être passées au crible d’une saine critique )).Cette nouvelle traduction ne sera retouchée qu’en 1950 ou 1951.D’ici là, on peut l’employer dans la récitation du bréviaire en particulier ou en public, dans toutes les prières liturgiques ou extra-liturgiques, mais sous la condition qu’il s’agisse de la récitation ou du chant de psaumes entiers et en dehors de la messe.Résultat de /’enquête Sur les 175 envois, nous avons reçu 58 réponses.La plupart des réponses viennent des scolasticats, des grands séminaires, de^ colleges, des noviciats et des maisons religieuses.Dans la récitation publique du bréviaire, un scolasticat et un noviciat utilisent le nouveau psautier pour l’office choral complet, quatre scolasticats pour differentes heures.Dans la plupart des maisons, plusieurs prêtres emploient le nouveau bréviaire pour la récitation privée d une façon habituelle, quelques-uns d’une façon passagère.L’emploi dans les études est presque généralisé dans les scolasticats et les grands séminaires.D’autres s’en servent pour la lecture spirituelle, le cours de religion, la prédication, etc.Attitudes On remarque que plusieurs attendent une décision des auto-lités provinciales ou générales; que plusieurs utiliseraient le LE PSAUTIER DE S.S.PIE XII 121 nouveau psautier s’ils avaient des livres; que plusieurs reculent devant cette dépense; que plusieurs trouvent embarrassant d’avoir deux bréviaires.Un autre obstacle est l’absence du propre de chaque congrégation.Cependant en général, les nouveaux prêtres ne veulent que des nouveaux psautiers.Commentaires On trouve dans le livre du P.Béa une excellente défense et une belle introduction.
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