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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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La vie des communautés religieuses /, 1951-02, Collections de BAnQ.

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JALYE.U Communautés Religieuses MONTRÉAL Février 1951 Vol.9, n.2 SOMMAIRE UNE SEMAINE INTERNATIONALE D’ÉTUDES sur les états de perfection reconnus dans l’Église 26 nov.— 8 déc.1950 LETTRE Pie XII Approbation et directives.DISCOURS D'OUVERTURE Cardinal Piazza Les exigences du temps présent PROGRAMME S.C.des Religieux CLÔTURE Arcadio Larraona Agathange Cardinal Micara AUDIENCE Pie XII CONSTITUTION APOSTOLIQUE Pie XII Sponsa Christi Adaptation aux temps actuels Conclusion.Voeux.Allocution Discours aux congressistes Lfl VIE D€S communRUTés r€ligi€us€s Vol.9, No 2 Montréal Février 1951 LETTRE flPPROBATIOn €T DIR€CT1V€S A Notre Vénérable Frère Clément Cardinal Micara, évêque de Velletri, préfet de la Sacrée Congrégation des Ordres et Sociétés religieuses Notre Vénérable Frère, Salut et Bénédiction apostolique.C’est avec une grande joie que Nous avons appris que votre Sainte Congrégation a convoqué ce Congrès de Rome qui doit réunir, à la fin de cette Année Sainte, les principaux délégués de tous les Ordres religieux, des Congrégations, des Sociétés et Instituts séculiers, qui, avec l’approbation de l’Église, s’adonnent avec ardeur à l’acquisition de la perfection évangélique.Ceux qui prendront part à ce Congrès ne se contenteront pas, pour faire honneur à leur genre de vie, de gagner avec une piété exemplaire la grande indulgence du Jubilé, mais encore, allant au-devant de Nos désirs, ils s’appliqueront dans leurs méditations salutaires à la restauration et à la rénovation du goût des choses divines et du zèle apostolique, et pendant une semaine, se livrant ensemble à des études sérieuses, ils agiteront des questions de tout genre qui intéressent, en ces temps troublés, la vie des communautés religieuses.Nous sommes heureux de donner publiquement à ce pieux dessein Notre approbation èt Nos encouragements les plus chaleureux, étant convaincu que tous ceux qui dans l’Église catholique ont embrassé la vie religieuse, suivront de cœur et d’esprit ces prochaines réunions et adresseront à Dieu de ferventes prières, afin qu’ils en retirent pour eux et leurs Instituts les fruits les meilleurs.Au cours des travaux de cette semaine, on proposera à la méditation des religieux, Nous en sommes déjà informé, des sujets d’études qui nous semblent parfaitement répondre aux besoins les plus actuels de la vie religieuse, en ce qui concerne spécialement la formation des âmes consacrées à Dieu et la poursuite des œuvres d’apostolat.Il faut, en effet, avec le secours de la grâce du Saint-Esprit, ranimer et rénover les esprits et les volontés, de manière à faire face autant que possible aux nouvelles façons de vivre de notre temps et à la détresse spirituelle de notre époque.Cette réforme complète de soi et de ce qu’on a n’est pas du tout l’abdication ou le mépris irréfléchi de tout ce que les aînés ont laborieusement établi, et qui doit être regardé comme la gloire et l’honneur de chaque Institut.Elle consiste plutôt à ne point s’engourdir dans l’inertie, à traduire Voir la V.C.R.8 (1950), p.253. 34 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES dans sa vie les grands exemples des fondateurs, à nourrir intensément la flamme de la piété, à mettre tout en œuvre pour que les saintes lois de chaque Institut ne deviennent pas un assemblage de règles extérieures inutilement imposées dont « la lettre, en l’absence de l’esprit, tue » (cf.Il Cor., m, 6), mais que chaque loi soit réellement un moyen d’acquérir la vertu surnaturelle et que ceux qui sont tenus de se servir de ces moyens puissent concevoir un désir toujours plus grand de la sainteté et employer toute leur activité, à l’exemple de l’apôtre saint Paul, au salut de leurs frères.Mais cette nécessité de s’adapter aux progrès des mœurs actuelles ne signifie nullement pour les âmes consacrées à Dieu qu’elles doivent se prêter, en quelque façon que ce soit, aux exigences du monde et à ses folles séductions et à ses appels.Mais leur devoir est de servir d’exemple à tous par l’intégrité de leur vie, d’utiliser, autant qu’il se peut, tout progrès des sciences ou des arts au profit de la religion.Que les dangers et les épreuves qui accablent aujourd’hui l’humanité apparaissent aux religieux comme des moyens de ramener les âmes des fidèles à la pratique des préceptes de l’Évangile, qu’ils se montrent capables de répondre à la multiplication de leurs besoins et que, comme Nous venons de le dire tout récemment dans Notre Exhortation Menti Nostrae à tout le clergé, qu’ils s’appuient pour s’acquitter de leurs charges, surtout sur les moyens qui leur seront indiqués comme les plus opportuns par leurs évêques et par leurs supérieurs; les plus efficaces et les plus utiles, tant à la sauvegarde de la dignité sacerdotale qu’à l’observation de l’obéissance religieuse.Si ces principes et ces règles, sous le patronage prudent et vigilant de cette Sacrée Congrégation, étaient sincèrement compris par tous les religieux, spécialement par ceux qui prendront part au Congrès, et qui, plus est, s’ils étaient soigneusement mis en pratique, on pourrait déjà présager un accroissement de fruits de salut pour la cause chrétienne.En effet, il faut attendre beaucoup — avec la protection de Dieu, le secours de la très douceMère du Roi éternel et la prière de la foule des saints qui, en suivant les voies de la perfection évangélique, ont brillé sur cette terre comme des étoiles — de la fidèle et généreuse observance des vœux, des œuvres apostoliques auxquelles se donneraient tous les religieux, de leur union absolue avec Nous et avec leurs évêques.En Mère très aimante, l’Église, aujourd’hui encore, comme elle n’a cessé de le faire à toutes les époques, reconnaît publiquement la valeur de la vie religieuse ; elle l’encourage et la développe de tous ses efforts.Ne voit-on pas, en effet, resplendir en elle comme dans un miroir l’image de sa sainteté aux nombreux visages et se manifester d’une certaine façon un vaillant appel à la vertu pour les justes et pour les coupables une douce exhortation à se convertir ?Nous qui savons parfaitement combien ce genre stable de vie commune (cf.canon 487, C.I.C.) est aimé du divin Rédempteur, Nous supplions instamment le Dieu tout-puissant de lui accorder dans l’Église catholique chaque jour plus de vigueur et de prospérité.Enfin, en souhaitant à ce Congrès le plus heureux succès, à vous qui le présidez, et à tous ses membres religieux, Nous accordons de grand cœur, comme gage des célestes lumières et de Notre particulière bienveillance, la Bénédiction apostolique.Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 12 du mois de novembre, de Vannée 1950, la douzième de Notre pontificat.PIE XII, PAPE DISCOURS D’OUVERTURE Les exigences du temps présent Le discours inaugural dont nous donnons avec la conclusion, toute la seconde -partie.Dans une première partie, le cardinal Piazza développait ce qu’il appelle les fondements de l’actualité : a) l’institution divine de la vie religieuse ; b) son insertion dans le Corps mystique du Christc) les développements historiques des états de perfection.Heure décisive de révisions et de rappels On ne peut nier que le temps présent, sous l’aspect religieux et moral, offre un panorama déconcertant de crises en activité qui enveloppe les individus et la société, atteignant même indirectement les personnes et les organisations ecclésiastiques et religieuses.Je m’abstiens de mettre sous vos yeux cette triste vision, qui, du reste, frappe tous ceux qui ont l’habitude de méditer les réalités présentes et de rechercher les causes du bien et du mal.Temps de désordres, de luttes, d’égoïsmes, de dangers et de menaces qui semblent prendre les proportions de catastrophes imminentes.C’est l’époque du communisme athée et de la bombe atomique ! Que sera demain ?Question angoissante, dont la réponse reste le secret de la Providence.Seule, dans le naufrage des idéaux et des rapports pacifiques entre les hommes, se dresse l’Eglise, phare de lumière, de sécurité et de paix.Heureux ceux qui, ancrés dans ce sport, vivent des mêmes idéaux, dans une fraternelle communauté de biens et de travaux.Les institutions religieuses ont, en effet, ce privilège ; mais elles ont aussi le devoir de prendre part, en correspondance avec ce privilège, aux sollicitudes de la Mère commune et à son travail d’apostolat.Pendant que les forces du mal et les serviteurs de Satan travaillent dans un sens contraire aux directives de saint Paul — à savoir pour laïciser et détruire les fils de Dieu, pour restreindre de toutes manières la liberté et l’efficacité du ministère sacré, pour martyriser et supprimer, si c’était possible, le Corps mystique du Christ qui, réellement, est blessé en tant de membres, — les personnes et les institutions religieuses doivent se sentir engagées, à tout prix, à une collaboration apostolique pleine et sans réserve.C’est aussi aux religieux, en vertu de leur consécration même au Christ, que s’adressaient ces recommandations de Pie XII dans la récente Exhortation Menti Nostrae (23 septembre 1950) : « Il faut que nous travaillions de toutes nos forces à ce que la Rédemption opérée par le Christ obtienne la plus efficace application dans toutes les âmes.Considérez attentivement les besoins si graves de notre époque.Il faut faire effort pour ramener aux préceptes du christianisme les frères qui sont ou égarés par l’erreur ou aveuglés par les passions ; pour éclairer les peuples avec la lumière de la doctrine chrétienne, pour les guider conformément aux lois établies par le Christ, pour leur former une conscience profondément pénétrée de leurs obligations chrétiennes, enfin, pour les stimuler tous à lutter avec courage dans les combats pour le triomphe de la vérité et de la justice.Faites le plus grand cas, recommandait le Souverain Pontife, de la grâce du ministère que vous avez reçu ; vivez en sorte que cette grâce prospère en vous et produise les fruits les plus abondants qui contribueront grandement au bien de l’Église et à la conversion de ses ennemis ».On ne dit pas que c’est là le devoir exclusif des évêques et du clergé séculier.Le Saint-Père, après avoir relevé dans la même Encyclique que 36 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES « après les vicissitudes longues et variées de la dernière guerre le nombre des prêtres, dans les pays catholiques comme dans les Missions, s’est avéré bien souvent disproportionné avec des besoins toujours croissants », ajoutait : « Nous engageons donc tous les prêtres, qu’ils soient membres du clergé diocésain ou des Ordres et Congrégations religieuses, à rester unis par les liens de la charité fraternelle et à tendre courageusement dans l’union de leurs forces et de leurs volontés vers le but commun qui est le bien de l’Église, leur propre sanctification et celle du prochain ».Et pour qu’on comprît bien l’universalité et la grandeur de cette obligation, Pie XII ajoutait : « Tous, y compris les religieux qui vivent dans la retraite et le silence, doivent contribuer à l'efficacité de l’apostolat sacerdotal par la prière, par le sacrifice et, tous ceux qui le peuvent, par l’action ».Personne, donc, ne demeure exclus : les moines et les vierges du cloître elles-mêmes sont appelées à collaborer selon les moyens et les formes qui leur sont propres et qui se montrent des plus efficaces pour le succès : la prière et l’immolation personnelles.Ceux, par contre, qui ne sont pas liés par leur législation particulière, doivent joindre la collaboration et la lutte dans la mêlée.L’appel autorisé du Souverain Pontife nous met en face de notre responsabilité à l’heure présente.Or, « les états de perfection », tels qu’ils sont aujourd’hui dans la réalité concrète, se trouvent-ils, tous et chacun, adaptés aux exigences modernes de l’apostolat et de l’assistance sociale ?Telle est précisément la question qui se pose actuellement à ce Congrès d’études.On ne pourra y répondre que par un examen de conscience, une revision des structures et méthodes, peut-être une courageuse réforme.Réformes de structure et d’éducation Les Instituts religieux tirent leur origine et leur esprit caractéristique d’un fondateur ou d’une fondatrice, souvent auréolés de sainteté, qui, à un moment fixé par la Providence, en rapport avec des circonstances et des besoins spéciaux, ont été inspirés de donner le jour à une progéniture spirituelle, à laquelle ils ont laissé en héritage un patrimoine idéal et des richesses spirituelles pour se mettre au service de Dieu, de l’Église et des âmes.L’autorité légitime de l’Église y a apposé le sceau de son approbation et a infusé à cette progéniture la vie du Corps mystique.Tant que l’Institut sera traversé par ces courants de vie, respirera et sera animé de l’esprit du fondateur, réalisera les buts établis et observera ses lois, son existence et son fonctionnement seront assurés, mais si l’un de ces éléments venait à manquer, sa vie déclinerait et le cadran du temps marquerait une catastrophe, à moins que n’intervienne opportunément une réforme.Je veux penser que pour aucun des Instituts existant actuellement n’est écrit sur le mur de l’histoire Mané, Thécel, Phares.Mais si quelqu’un d’eux avait des raisons d’être inquiet, qu’il emploie les remèdes : réformer les structures, renouveler les organes de direction, adapter les moyens au but spécifique et aux nécessités du moment ; le tout avec les autorisations du Saint-Siège.La meilleure réforme demeure ordinairement le retour aux origines, de manière à réchauffer l’esprit paternel ou maternel qui a présidé à la fondation, à faire refleurir les bonnes traditions, à accomplir les préceptes des statuts, avec une scrupuleuse exactitude, à cimenter les liens sociaux dans le respect de l’autorité, dans l’observance de la vie commune, dans la cordialité fraternelle de la vie commune, à alimenter de plus en plus l’enthousiasme de la vocation propre et l’entier dévouement aux œuvres qu’elle comporte.Le dilemme : « Ou se renouveler ou mourir » sera pour certains Instituts l’excitation efficace pour une renaissance. CONGRES INTERNATIONAL DES RELIGIEUX 37 Ce qui doit être la préoccupation principale de tous, en conformité avec les lois canoniques et les dispositions de la Règle et des Constitutions, c’est le choix des candidats et leur formation solide et complète.Les études du Congrès, mettant courageusement le doigt sur la plaie, révéleront peut-être des lacunes et un manque de profondeur dans le secteur de la formation, d’où vient fréquemment l’absence de caractère et de véritable conscience religieuse, au point de provoquer de douloureuses défections, ou encore une inadaptation absolue aux devoirs du ministère et de l’apostolat.Sur ce point fondamental de la vie de discipline religieuse, on ne parlera jamais trop.A propos de réformes, il faut s’en tenir à un critère de prudence et d’équilibre, et, par suite, éviter le double écueil d'un conservatisme suranné ou d’une dangereuse manie de nouveauté en interrogeant surtout la conscience et l’expérience des siècles pour en suivre les suggestions dans l’esprit de Dieu.Dans le champ de l’apostolat Ce qu’il est le plus urgent de mettre au point (accommodata renovatio) — et le Congrès en mettra bien en lumière les exigences et les limites, — c’est certainement le champ de l’apostolat, ordinaire et extraordinaire.« Sortir de la clôture », tel semble être le mot d’ordre du Souverain Pontife pour ceux qui ne sont pas liés par des lois infrangibles de la clôture ou engagés dans d’autres obligations également graves et incompatibles avec le travail apostolique.Lorsque la maison brûle, tous doivent accourir pour éteindre l’incendie : n’en sommes-nous pas à ce point ?Une pareille nécessité pourrait évidemment suggérer et justifier une adaptation des structures accidentelles de la vie intérieure.Dans tous les Instituts religieux, il y a certainement quelque chose d’immuable ; c’est la personnalité juridique, l’essence des vœux, le but spécial et l’esprit caractéristique, en outre des lois communes consacrées par le droit canonique.Mais ce qui ne touche pas à la substance et qui souvent se ressent des injures du temps, peut et doit être un objet de réforme, lorsque celle-ci est imposée par lesûntérêts supérieurs de l’Église et des âmes.L’apostolat, comme toute autre activité humaine, comporte une sage adaptation aux conditions du milieu et aux diverses nécessités du moment.L’étude des méthodes les plus appropriées et des moyens les plus efficaces s’impose aussi aux religieux et aux religieuses, dans le cercle de leur mission : de l’église à l’école, même s’il s’agit d’asile pour les enfants, du collège à l’orphelinat, de la clinique à l’asile d’aliénés, du refuge au bureau d’administration, des pays de vieille civilisation aux endroits les plus reculés des Missions.Une des exigences les plus marquées de notre temps est précisément celle d’une culture adaptée, souvent insuffisante, tant pour le catéchisme que pour la pédagogie ou la technique.Le succès, comme le démontre l’expérience, dépend en grande partie de l’adaptation de la culture aux exigences de la mission.Relativement aux méthodes de l’apostolat proprement dit vaut aussi pour les supérieurs religieux la récente recommandation adressée par Pie XII aux évêques de veiller à « ce que entre le désir si répandu du nouveau et l’attachement exagéré au passé ils usent de la prudence qui est toujours sage et vigilante, même lorsqu’on cherche de nouvelles voies d’activité et de lutte pour le triomphe de la vérité ».(Exh.Menti Nostrae.) Évidemment à de nouvelles maladies, il faut apporter de nouveaux remèdes.« Nous sommes bien loin, dit le Pontife, de croire que l’apostolat ne doive pas s’aligner aux réalités de la vie moderne et qu’on ne doive pas 38 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES promouvoir des initiatives adaptées aux besoins de notre temps.Mais puisque tout l’apostolat que déploie l’Église est essentiellement hiérarchique, qu’on n’introduise pas des nouvelles formes sans le consentement de l’Ordinaire ».(Ibid.) Voici un rappel qui n’est pas déplacé, même pour les religieux qui se croient quelquefois — spécialement ceux qui sont exempts de la juridiction de l’Ordinaire — autonomes et indépendants dans les activités de l’apostolat parmi les fidèles, alors qu’on sait que dans cette matière l’unique chef est l’évêque.Le Saint-Père exhorte opportunément les évêques d’une même région ou d’un même pays à « établir entre eux une entente dans le but de pourvoir aux nécessités de leurs territoires et pour étudier les moyens les plus propres et les plus adaptés à l’apostolat religieux ».Ainsi, continue le Pontife, tout se fera dans l’ordre et dans la discipline et on pourra être assuré de l’efficacité de l’action sacerdotale ».Or, il est bien clair que dans cet harmonieux concert, aucune note dissonante ne devra jamais venir de ceux qui font profession spéciale de sainteté et d’obéissance.« Nous sommes tous persuadés, conclut le Pape, de ceci, qu’il faut suivre la parole de Dieu et non celle du monde, et régler l’activité de l’apostolat selon les directives de la hiérarchie et non selon les opinions personnelles.C’est une vaine illusion de croire pouvoir dissimuler la pauvreté de sa vie intérieure et travailler efficacement à la diffusion du règne du Christ par l’étrangeté des moyens extérieurs».(Id.) J’omets volontiers de faire allusion à certains critères ou méthodes de transformation et de pénétration dans les masses ouvrières, qui ne sont d’aucune utilité pour la cause, mais affaiblissent dans le clergé, séculier et régulier, par des contacts dangereux, l’esprit ecclésiastique.Je veux seulement parler de cette forme d’activité, qui n’est pas encore bien comprise et employée par tous, qu’on appelle VAction catholique ; laquelle — selon Pie XI — ne peut être ni (( remplacée ni supprimée », et qui, elle aussi, fut récemment recommandée par le Pontife régnant dans l’Exhortation à l’épiscopat d’Italie (25 janvier 1950), comme une des forces les plus dignes de considération de la vie moderne.L’Action catholique a, en effet, ce sont les paroles élogieuses et autorisées du Pape, le grand mérite (( de former dans la conscience des fidèles l’idée et la volonté de collaborer avec leurs prêtres, de les avoir organisés en associations nationales et internationales, d’avoir tracé des programmes adaptés aux circonstances, créant ainsi,dans l’unité des buts et dans l’organisation méthodique du travail, une collaboration ordonnée et vigilante du laïcat aux directives que la hiérarchie, assistée du Saint-Esprit, dispense, selon les nécessités des temps, aux fidèles confiés à ses soins ».(Id.) Conclusions et vœux Comme conclusion de ce discours d’ouverture, qu’il me soit permis d’exprimer le vœu que le Congrès atteigne largement ses buts, de telle façon que cet « état de perfection » dont il est question, s’il doit être plongé dans un bain salutaire de « mise au point », revienne comme Dante du Purgatoire, de l’onde très sainte Transformé comme les plantes qui renouvellent leur feuillage, Et pur et prêt à monter aux étoiles.(Purg., S3.) C’est-à-dire à atteindre les cimes de la sainteté de sa profession et les sommets les plus élevés de sa mission.Et résumant mon vœu en une conclusion pratique, je souhaite enfin à tous les Instituts religieux existant à CONGRES INTERNATIONAL DES RELIGIEUX 39 cette heure, un heureux retour à l’esprit héroïque de leurs origines, un élan vigoureux d’ascension et d’adaptation dans la culture telle que le demande leur mission propre, une intelligence réaliste de ce moment historique, une recherche sincère de plus grande unité avec la hiérarchie de l’Église, sous le rapport des formes et des méthodes de l’apostolat extérieur.Ces vœux de succès s’appuient sur deux garanties solides qui brillent particulièrement dans la vie et l’histoire des Ordres et des Congrégations religieuses : une profonde dévotion et une obéissance réelle au Souverain Pontife, auquel tous les religieux sont tenus d’obéir, comme au Supérieur suprême, même en vertu du vœu d’obéissance (can.499, 1er), comme de fait ils obéissent « de grand cœur et avec bonne volonté » ; une profonde et tendre intimité spirituelle avec Marie, que beaucoup d’instituts regardent comme leur Patronne spéciale et Reine, à laquelle tous professent une soumission amoureuse et une confiance illimitée.Ce grand Congrès, célébré dans l’atmosphère électrisante de l’Année Sainte, au lendemain de l’heureuse proclamation du dogme de l’Assomption, semble certainement destiné à marquer une date mémorable, non seulement dans les annales des « États de perfection », mais aussi dans les admirables développements et triomphes du Corps mystique du Christ.PROGRAMME ADAPTATIOfl AUX T€mPS ACTU6LS I — Renouveau et adaptation de la vie et de la discipline des états de perfection.27 NOVEMBRE.Session du matin : 1.— Rapport du R.P.Lombardi, S.J.: Renouvellement et mise au point de la vie de perfection dans ses éléments essentiels et communs.1° Communication du R.P.Garri-gou-Lagrange, O.P.: Rénovation de la vie de perfection dans ses éléments théologiques et ascétiques.2° Communication du Rme P.Dom Basset, Abbé de Ligugé : Rénovation de la vie de perfection par rapport à la vie commune.3° Communication du R.P.Creu-sen, S.J.: Rénovation de la vie de perfection au point de vue de son institution, de son gouvernement et de sa discipline.4° Communication de M.le professeur J.Dossetti : Nécessité de la vie de perfection telle que la comprennent les laïques.Session du soir : Premier sujet : « Rénovation de la vie religieuse des femmes : questions pratiques, par le R.P.Rousseau, O.M.I.Deuxième sujet : « Questions pratiques et canoniques sur la pauvreté », par le R.P.Escudero, C.M.F.28 NOVEMBRE.Session du matin : II.— Rapport par S.Exc.Mg: Tabera, C.M.F., évêque d’Albacète r Rénovation de la vie parfaite dans ses éléments spécifiques.1° Communication de Dom A.Pu-gliese, Salésien : Tableau des diverses formes de profession des conseils évangéliques.2° Communication du R.P.J.Bergh, S.J.: Rénovation appropriée de la législation canonique commune, par rapport à la vie de perfection.3° Communication du R.P.Gam-bari, S.M.I.: Rénovation appropriée des Constitutions et du droit particulier des religieux.4° Communication du R.P.Rega-tillo, S.J.: Relations entre les états canoniques de perfection et les autres états dans l’Église. 40 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES Session du soir : Premier sujet : « Questions canoniques relatives aux biens d’église religieux », par le R.P.A.Gutierrez, C.M.F.Deuxième sujet : « Questions pratiques concernant l’administration des biens », par le Dr E.Gabuffi.29 NOVEMBRE.Session du matin : III.— Rapport du R.P.Agathange a Langasco, O.M.Cap.: Tradition et sens du renouvellement, par rapport aux éléments communs et particuliers de la vie parfaite.1° Communication du R.P.A.Van Biervliet, C.SS.R.: Obligation de tendre à la perfection dans ses diverses formes, présentée au point de vue canonique, moral et ascétique.2° Communication du R.P.Gabriel de Sainte-Marie-Madeleine, O.C.D.: La vie contemplative, la vie active, la vie mixte dans la doctrine et la pratique, dans les états de perfection contemporains.3° Communication du R.P.Plé, O.P.: Exemples pratiques de rénovation harmonieuse sous les principaux aspects de la vie de perfection.4° Communication du R.P.R.Omez, O.P.: La fidélité et la rénovation dans l’emploi ordinaire des moyens spirituels pour acquérir la perfection (comme méditation, examens, prières en communauté, etc.).Session du soir : 1.« Les Instituts séculiers comme état reconnu de perfection », par le R.P.Gutierrez, C.F.M.2.« Constitution, formes diverses, institution, gouvernement, apostolat des Instituts séculiers », par don Alvaro del Portello.30 NOVEMBRE.Session du matin : IV.— Rapport du R.P.Boyer, S.J.: Nature et grâce dans la vie de perfection : purification et élévation de la nature.Critères sûrs et complets pour ce qui regarde l’abnégation, l’humilité, la mortification.1° Communication du Rme P.J.Bozzetti, Supérieur général des Ros-miniens : Personnalité et personnalisme dans la vie parfaite.2° Communication du R.P.Jean-Marie de la Sainte-Famille, Pas-sionniste : Vrai concept de l’obéissance religieuse.3° Communication du R.P.He.Kramer, Supérieur général de la Congrégation du Précieux-Sang : Usage rationnel et pratique dans la vie de perfection des moyens que le progrès actuel fournit soit pour faciliter et parfaire le travail, soit pour les commodités de la vie.4° Communication du R.P.Solano, de Zurich, O.M.Cap.: Les inventions modernes : journaux, radiophonie, cinématographie, téléphone, etc., sont-elles des dangers ou des aides pour la vie de perfection ?Session du soir: 1.« Les formes d’agrégation, d’union, de dépendance entre diverses religions, Sociétés et Instituts séculiers, par le R.P.Wagner, O.F.M.2.Diverses formes et degrés de l’intervention de la Sacrée Congrégation des Religieux dans la vie de chaque religion, Société ou Institut, par le R.P.J.Mandelli, I.M.C.II.— Renouveau et adaptation des états de perfection dans Tinstruction et la formation de leurs membres.1er DÉCEMBRE.Session du matin : V.— Rapport de don D.Corallo, Salésien : Instruction et formation complète des élèves, harmonieuse et adéquate dans les états de perfection.U Communication du R.P.G.Lié-vin, C.SS.R.: Recrutement et choix des vocations.Les « œuvres des vocations religieuses ».2° Communication de M.le professeur G.Nosengo : Psychologie de l’enfant et de l’adolescent, par rapport à la vie de perfection.3° Communication de don Al.Fo-gliasso, Salésien : Rendement de CONGRES INTERNATIONAL DES RELIGIEUX 41 compte de conscience et direction spirituelle dans les états de perfection.4° Rme P.A.Gemelli, O.F.M.: Rapports existant entre l’instruction et l’éducation de l’élève et son évolution physique et psychique.Session du soir : 1.«Par quelles méthodes et par quels moyens peut-on pourvoir à la formation et à l’instruction des directeurs spirituels, des préfets ou maîtres spirituels, et de tous ceux qui dirigent la conduite et l’éducation des élèves », par le R.P.Langlais, O.P.2.« Appel aux diverses sciences pour le choix des vocations, par le R.P.Marcellin de Castelvi, O.F.M.Cap.2 DÉCEMBRE.Session du matin : VI.— Rapport de don C.Leoncio da Silva, Salésien : Critères méthodologiques qui doivent guider l’éducation cléricale, religieuse et apostolique des religieux.1° Communication du R.P.F.Tini-vella, provincial des Frères Mineurs du Piémont : Écoles apostoliques et postulats ; types variés d’écoles et de postulats adoptés ; genre d’éducation qui doit y être employé.2° Communication du R.P.Adéo-DAT DE SaiNTE-ThÉRESE DE l’EnfANT-Jésus, O.C.D.: Instruction et formation à la vie parfaite au noviciat.3° Communication du R.P.Zettl, C.SS.R.: Instruction religieuse, cléricale et apostolique durant la profession et le cours des études.4° Communication du R.P.Albert, O.M.I.: Ordinations et initiation au ministère (formes et types divers de la « troisième probation », du noviciat apostolique et de l’année de perfection).Session du soir : 1.«Les Frères coadjuteurs: fonction, recrutement, choix, instruction religieuse et technique », par le R.P.Marchal, C.SS.R.2.« Les rapports juridiques, disciplinaires, ascétiques et pratiques entre la vie religieuse et le ministère paroissial », par le R.P.Fernandez, Augustin ; « Les mêmes rapports entre la vie religieuse et le ministère en Mission », par le R.P.Pie de Mondreganes, O.F.M.Cap.4 DÉCEMBRE.Session du matin : VII.— Rapport du R.P.V.Mar-cozzi, S.J.: Instruction et éducation intellectuelle et culturelle dans les états de perfection.1° Communication du R.P.Anto-nama, C.M.F.: Caractère public des collèges et des études dans les Ordres, Sociétés et Instituts séculiers.2° Communication du R.P.Zacha-rias de Saint-Maure, O.F.M.Cap.: Régime des études ecclésiastiques : central, moyen, local.3° Communication duTR.P.Arnou, S.J.: Méthode et cours des études ecclésiastiques dans les états de perfection.4° Communication du R.P.Anto-nelli, O.F.M.: Relations entre l’organisation des études dans les états de perfection et celui des études de la société civile.Session du soir : 1.« Les écoles internes et externes des états de perfection dans leurs rapports avec l’autorité civile et l’autorité ecclésiastique », par le R.P.S.Goye-neche, C.F.M., et le Fr.J.Maher, des Irish Christian Brothers.2.« L’apostolat de la science chez les religieux », par don De Luca.Il- — Renouveau et adaptation des états de perfection pour l’apostolat ordinaire et extraordinaire.5 DECEMBRE.Session du soir : VIII.— Rapport du R.P.J.Smith, O.P.: L’apostolat ordinaire des états de perfection.Collaboration des membres non prêtres à ce ministère.1° Communiqué du R.P.Timothée de la Vierge des Douleurs, Passion-niste : Renouvellement approprié de la méthode de prêcher les missions paroissiales.2° Communiqué du R.P.Dom Frachebond, Abbé, O.C.R.: Action 42 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES t fonction de l’apostolat des religions de vie contemplative, surtout en Missions.3° Communiqué du R'.P.de Bigtj, S.J.: Renouvellement et mise au point de la méthode de donner les Exercices spirituels.4° Communiqué de S.Exc.Mgr I.Urbani, archevêque titulaire de Sardes : Coordination et unification de l’action apostolique des deux clergés et des Associations ecclésiastiques.Session du soir : 1.« Action catholique et état de perfection », par le R.P.Toni, S.J.2.« Critères généraux au sujet de la participation des membres des états de perfection à l’action syndicale.Applications particulières à plusieurs nations, par Mgr Pavan.6 DECEMBRE.Session du matin : IX.— Rapport du R.P.d’Ouince, S.J.: Apostolat extraordinaire des états de perfection : méthode, importance, caractère, règles.1° Communiqué du Fr.Léon-Marie, F.S.C.: Apostolat de l’école: mportance, caractère, règles.2° Communiqué du Rme P.I.Al-berione, Supérieur général de la Société de Saint-Paul : Apostolat des éditions et de la presse, du cinéma et de la radio : importance, caractère, règles.3° Communiqué du R.P.Molinari, M.S.: Apostolat de la charité, de l'hospitalité, de l’assistance sociale : importance, caractère, règle.4° Communiqué du R.P.A.Perbal, 0.M.I.: Apostolat ordinaire et extraordinaire des états de perfection dans les Missions étrangères.Session du soir : 1.« Formes diverses de l’apostolat exceptionnel répondant aux nécessités et circonstances actuelles », par le R.P.Magni, C.S.P., et le R.P.V.Roo-TONDI, S.J.2.Tableau statistique des états de perfection, leurs œuvres et leur ministère, par le R.P.J.Sirna, O.F.M.Conv.7 DÉCEMBRE : A 9 heures, brève récapitulation du Congrès et conclusions de la Semaine d’études, par le R.P.A.Larraona, C.M.F., secrétaire de la Congrégation des Religieux.Chaque thème fut confié non seulement à un rapporteur mais aussi à des rédacteurs chargés de f aire parvenir un exposé écrit du sujet à la S.Congrégation des Religieux.Au nombre de ces rédacteurs figurent les Supérieurs Généraux des Dominicains, des Franciscains, des Jésuites, des Salésiens., et aussi les religieux que j’ai mentionnés parmi les participants actifs et qui ne sont pas nommés comme rapporteurs.Les 2 et 3 décembre f urent consacrés au gain du jubilé sous la direction de S.E.le cardinal Micara ; les religieux congressistes en ont profité pour prononcer leur acte de consécration à l’apostolat.En voici la teneur.O Jésus, divin maître, en ce moment qui compte parmi les plus inoubliables de notre vie, nous tous sentons au fond de notre cœur votre appel de prédilection à être dans le monde les confesseurs de votre doctrine non seulement par la parole mais avant tout par l’exemple de notre vie.A votre appel, 6 Jésus, nous avons répondu et nous voulons répondre jusqu’à la mort avec un zèle et une ferveur renouvelés, afin d’être des instruments plus efficaces de votre règne, dociles et obéissants, maintenant plus que jamais, à la voix et aux directives de votre Vicaire sur la terre.Aussi après avoir renouvelé sur le tombeau de l’apôtre Pierre l’acte de foi et notre consécration à Dieu, ici sur le tombeau de l’apôtre Paul, nous émettons l’acte de notre consécration à l’apostolat.Faites, ô divin Sauveur, que dans ce monde toujours plus dévoyé et contaminé par la triple concupiscence, tous ensemble et chacun en particulier, nous sachions être des continuateurs de votre œuvre sur la terre.Ainsi soit-ü. CLOTURE conausion du r.p.LRRRRom Une des préoccupations de la préparation a été de ne négliger aucun apport pour le sujet — afin que le Congrès eût bien la note d’universalité.Les Actes seront publiés et rendront compte des résultats obtenus.Mais ce qui compte le plus est l’attachement et l’union au Pape, Supérieur Suprême des religieux ; celui qui concède aux Instituts religieux le caractère de droit public, l’union de pensée, d’affect et de buts avec la hiérarchie locale dans le développement de leur activité d’ordre local, l’union et la collaboration mutuelle avec le clergé diocésain.Qu’on remarque que l’autonomie de chacune des familles religieuses est nécessaire à leur développement^ leur discipline et à leur rendement, mais l’exception pour les choses externes peut subir des interprétations plus ou moins étroites en rapport avec la tactique du travail.L’Action catholique doit être aidée et soutenue, mais dans les limites de la discipline religieuse.Les religieux doivent faire leur action catholique, selon les directives spéciales et générales du Saint-Siège.Us doivent s’inspirer de ces directives pour les associations caractéristiques.L’adaptation que le Congrès s’est proposée doit partir d’une base solide : le primat des valeurs doctrinales et ascétiques dans l’idéal de la vie religieuse ; primat qui a des pivots fondamentaux : les vœux, autour desquels tourne toute l’ascétique religieuse et la vie commune au sens matériel et formel ; le primat du for interne sur l’externe, les supérieurs comprenant que la confiance ne s’impose pas, mais s’inspire ; le primat de la fin spécifique de chaque famille religieuse, avec comme conséquence, la fidélité à ce qui est essentiel et l’adaptation en ce qui est accidentel, repenser et revivre la fin spécifique à notre époque.L’ajustement de l’apostolat implique nécessairement la coordination avec le clergé séculier et les associations locales.VŒUX PRÉSENTÉS PAR LE P.AGATHANGE, Capucin Le Congrès fait le vœu qu’une croisade soit organisée, pour la prédication du Jubilé étendu au monde entier, et ensuite que soit créé à Rome un centre de coordination entre les différents clergés, puis un centre de formation pour les maîtres spirituels et directeurs spirituels et, enfin, un centre d’études littéraires pour la formation des maîtres pour les écoles des religieux.Pour réaliser ces vœux, on propose des contacts plus fréquents et périodiques entre les Supérieurs et la S.Congrégation des Religieux et encourage la convocation de Congrès particuliers à l’intérieur des familles religieuses.Comme moyen de conserver l’union, le Congrès fait le vœu pour l’institution de la fête liturgique de tous les saints fondateurs.Le Congrès demande qu’une inter-communication plus grande s’établisse entre les religieux et les éléments de droit particulier, tels que les expériences administratives, les pratiques de jurisprudence, etc.Il désire la publication d’autres volumes de la Collectanea S.C.de Reli-giosis.Il annonce l’instruction relative à la formation et à l’organisation des études du religieux.On souhaite la création d’un Institut d’étude de la pratique administrative près de la S.Congrégation des Religieux.Enfin, on demande que le Pape veuille bien publier un document solennel pour condamner les erreurs qui se répandent au sujet de l’état de perfection et donne des directives claires et précises pour l’aménagement souhaité. 44 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES L’ALLOCUTION DE S.ÉM.LE CARDINAL MICARA Le Préfet de la S.Congrégation des Religieux dit dans quelle atmosphère de vie surnaturelle se développa cette Semaine d'études.Il en remercia les organisateurs et nommément le R.P.Larraona, C.M.F., secrétaire de la Congrégation des Religieux, et le R.P.Agathange, F.M.Cap., secrétaire du Congrès, ainsi que la Commission qui en prépara la réussite et les différents orateurs qui y prirent la part active.Mais c’est surtout vers le Saint-Père que montait à ce moment l’hommage du Congrès reconnaissant, pour avoir ménagé, au cours de l’Année Sainte, ces assises qui seront très fécondes.Après avoir commenté les paroles d’action de grâces de la messe : Per ipsum, cum ipso et in ipso, Son Éminence résuma les travaux du Congrès : Notre Congrès a été marqué par une richesse et une variété incomparables de rapports et de discussions qui ont mis surtout en lumière la nécessité d’harmoniser l’indiscutable et indéfectible respect des fondateurs des Instituts de perfection, de leurs Constitutions, de leurs vénérables traditions, en usant d’une prudente accommodata renovatio qui tienne compte des exigences des temps présents ; et cela dans la pensée que tempora mutantur et nos mutamur cum illis.Les familles religieuses ont devant elles une moisson si abondante, un travail si saint et si urgent que la nécessité de rendre la propre tâche de chacun plus prompte et plus efficace se fait sentir chaque jour davantage.Les orateurs se sont tous inspirés de l’amour envers Dieu et envers les âmes ; et leurs résolutions n’ont pas eu d’autre but que celui-là.De plus, quelques-uns n’ont pas manqué de signaler des lacunes et des inconvénients ; ils ont fait remarquer certaines choses, importantes même, qui réclament un remède, à l’occasion énergique ; en un mot, une véritable et propre accommodata renovatio.Ainsi, par exemple, le recrutement des candidats qui devrait se faire en tenant compte de la qualité et non de la quantité ; leur formation, laquelle devrait être l’objet de soins qui ne seront jamais trop vigilants ni trop intenses ; l’observance de la Règle et des Constitutions dans l’esprit de l’Institut, esprit, qui doit informer chaque pensée, chaque acte, chaque parole du religieux ; enfin, l’apostolat qui devra être, toujours et dans toutes ses formes, empreint de la plus parfaite soumission à l’autorité ecclésiastique compétente, et surtout, je tiens à le dire, se signaler par cette charité fraternelle, par ce sincère esprit de collaboration et par cette absence de toute mesquine jalousie, qualités qu’on n’inculquera jamais assez.Et maintenant, je crois être votre fidèle interprète, en priant humblement l’auguste Pontife de nous compter parmi ceux qui sont constamment prêts à le suivre avec enthousiasme et avec un entier dévouement.Et, me référant à la vénérée Encyclique Mirabile illud que le Souverain Pontife, hier même, a daigné adresser à l’épiscopat catholique, dans laquelle il ordonnait des prières publiques pour la paix, je me permettrai également de déposer à ses pieds, en votre nom, nos remerciements filiaux pour sa paternelle sollicitude en même temps que la promesse de vos prières les plus ferventes, afin que le Seigneur exauce l’ardent désir de son cœur.Puis après une brève exhortation à la fidélité aux fondateurs, l’éminent président du Congrès forma un dernier vœu pour que la charité, « base des vœux », se répande et s’accroisse de plus en plus dans les différents Instituts. *.S DE PIE XII COnC€PT D€ Lfi Vl€ R€LIGI€US€ L’Année Sainte qui, sans aucun mérite de Notre part, mais par la miséricorde de Dieu, a été une source de bienfaits, plus abondante qu’on ne pouvait humainement le prévoir, a démontré par une suite de spectacles merveilleux la puissance de la foi et la richesse de vie de l’Église du Christ notre Mère.Parmi ces événements, particulièrement graves et importants, est venu se placer votre Congrès et se manifeste brillamment votre assemblée fraternelle qu’il Nous est très agréable de saluer aujourd’hui affectueusement.Fait inouï dans les annales ecclésiastiques, c’est la première fois que les Sociétés dont les membres ont pris comme but de leur vie la perfection évangélique, se sont réunis en aussi nombreuse assemblée, comme vous venez de le faire ces derniers jours pour discuter ensemble de leurs intérêts communs.A notre avis, le temps était bien venu de le faire.Les circonstances variées dont l’Église doit s’accommoder, certaines opinions nées et propagées même à l’intérieur de l’Église, au sujet même de la constitution et de la nature de la perfection morale, les nécessités pressantes du labeur apostolique que vous entreprenez avec tant de générosité et d’empressement, telles étaient les raisons qui vous poussaient fortement à vous livrer à ces discussions et à ces études.Votre travail touche à sa fin.Il a produit de sages considérations, fait naître de multiples propositions.Nous espérons qu’il ne sera pas moins riche pour le perfectionnement des vertus religieuses.Avec l’aide de vos volontés, la grâce de Dieu les stimulera, cette grâce que vos prières et vos œuvres de religieuse abnégation, jointes surtout à celles de vos sœurs dans le Christ, ont appelée de tous leurs vœux sur la tâche à laquelle vous vous adonnez.Afin d’y trouver un gage de protection et de lumière, et pour parachever et terminer parfaitement votre Congrès, vous sollicitez la paternelle Bénédiction du Vicaire du Christ.Mais avant de vous l’accorder, Nous jugeons utile de vous donner quelques explications nécessaires sur le concept de la vie religieuse qui, bien éclaircies, vous serviront ensuite de règle pour diriger vos pensées et votre conduite.I — Place des religieux dans l’Église D’abord, voyons brièvement quelle est la place des Congrégations et des Ordres dans l’Église.Vous savez parfaitement que notre Rédempteur a fondé une Eglise hiérarchisée.En effet, entre les apôtres et leurs successeurs — auxquels il faut ajouter les auxiliaires de leur charge — et les simples fidèles, il a mis une nette distinction et c’est de la liaison de ces deux corps que se forme le Royaume de Dieu ici-bas.A ce sujet, il a été établi par le droit divin que les clercs sont distincts des laïques (cf.can.107).Entre ces deux rangs de la hiérarchie s’intercale l’état de vie religieuse, qui, tirant son origine de l’Église, doit sa raison d’être et sa valeur, à son étroite cohésion avec le but de l’Église qui est de mener tous les hommes à l’acquisition de la sainteté.Si tout chrétien, en effet, doit, sous la direction de l’Église, se proposer l’ascension de ce sommet sacré, le religieux, lui, y tend par un chemin qui lui est propre et par des moyens d’une nature plus haute.De plus, l’état religieux n’est nullement le privilège exclusif de l’un ou l’autre de ces deux corps qui de droit divin existent dans l’Église, puisque 46 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES les clercs, comme les laïques, peuvent également être religieux et puL d’autre part, soit les religieux, soit ceux qui ne le sont pas, peuvent accéc à la dignité cléricale.C’est donc une erreur dans l’appréciation des baseb sur lesquelles le Christ a fondé son Église, de croire que la condition particulière du clergé séculier, en tant que séculier, a été établie et consacrée par notre divin Rédempteur, et que la condition du clergé régulier, toute bonne et légitime qu’elle soit, étant donné qu’elle découle du clergé séculier, devrait être considérée comme secondaire et auxiliaire.En conséquence, si l’on a devant les yeux l’ordre établi par le Christ, aucune forme du double clergé ne jouit de la prérogative du droit divin, puisque ce droit ne donne la préférence à l’un plutôt qu’à l’autre, et n’exclut ni l’un ni l’autre.Quant à déterminer la différence entre les deux, leurs rapports respectifs, la part à confier à chacun dans la mission de travailler au salut du monde, le Christ a laissé ce soin à la diversité des circonstances et des besoins de chaque moment, ou plutôt, pour définir plus clairement notre pensée, il l’a remis à la décision de l’Église.Sans aucune hésitation, selon le précepte du droit divin, le prêtre, séculier ou religieux, doit exercer son ministère comme collaborateur de l’évêque et sous la direction de l’évêque.C’est d’ailleurs ce que, en conformité avec les coutumes de l’Église, les prescriptions du Code de droit canon (can.626-631 ; 454, 5°), au sujet des curés et Ordinaires locaux, définissent clairement.Et il arrive souvent que dans les territoires de Mission, tout clergé, y compris l’évêque, appartienne à un Ordre régulier.Il ne faudrait pas s’imaginer qu’il y a là une chose extraordinaire et anormale et penser que c’est une situation purement provisoire et que, dès que ce sera possible, on devra confier cette administration sacrée au clergé séculier.Même l’exemption des Ordres religieux n’est pas en opposition avec les principes de la Constitution donnée par Dieu à l’Église ; et elle ne s’oppose nullement à la loi en vertu de laquelle le prêtre doit obéissance à l’évêque.En effet, d’après le droit canonique, les religieux exempts sont sous la dépendance de l’évêque du lieu, autant que le réclament l’accomplissement de la charge épiscopale et la bonne organisation de la charge spirituelle des âmes.Sans parler de cela, dans les discussions qui ont eu lieu ces deux dernières années, au sujet de l’exemption, on n’a pas peut-être fait suffisamment ressortir que les religieux exempts, même en vertu des prescriptions du droit canon, sont soumis partout et toujours au pouvoir du Pontife romain comme à leur suprême supérieur et sont tenus de lui obéir même en vertu du vœu d’obéissance (can.499, § 1).Or, le Souverain Pontife exerce sa juridiction ordinaire et immédiate non seulement sur toute l'Église, mais sur chaque diocèse et sur chacun des fidèles.Par conséquent, il est évident que cette loi fondamentale portée par Dieu, selon laquelle clercs et laïques doivent être soumis à l’évêque, doit être parfaitement suivie, même par les religieux exempts, et qu’enfin la volonté et les ordres du Christ doivent être exécutés par l’un et l’autre clergé, avec un égal empressement.II — Pourquoi le religieux doit-il tendre à la perfection ?A ce que nous venons de dire se rattache une autre question que nous avons à cœur d’expliquer et de mettre au point : c’est celle qui regarde la raison en vertu de laquelle le clerc et le religieux sont tenus de tendre à la perfection de leurs mœurs.Il n’est pas conforme à la vérité d’affirmer que l’état clérical, en tant que tel et parce qu’il procède du droit divin, par sa nature ou du moins en vertu d’un postulat de cette même nature, exige que ses membres professent CONGRÈS INTERNATIONAL DES RELIGIEUX 47 les conseils évangéliques, et, par cette raison, doivent ou puissent revendiquer l’état de perfection évangélique (à poursuivre).Donc le clerc n’est pas astreint en vertu du droit divin aux conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, et surtout n’y est pas astreint de la même façon et pour la même raison pour laquelle cette obligation atteint celui qui prononce publiquement des vœux en embrassant l’état religieux.Cela n’empêche pas d’ailleurs le clerc de prendre ces engagements privément et librement.Et le fait de l’obligation pour les prêtres latins de garder le célibat n’enlève ni ne diminue pour autant la différence qui existe entre l’état clérical et l’état religieux.En effet, ce n’est pas parce qu’il est clerc, mais parce qu’il est religieux, que le clerc régulier professe la condition et l’état de perfection.Si, dans la Constitution apostolique Provida Mater Ecclesia, nous avons établi un genre de vie des Instituts séculiers, qui doit être regardé comme un état de perfection évangélique publiquement reconnu, parce que ses membres sont astreints d’une certaine manière à la pratique des conseils évangéliques, cela ne contredit nullement ce que nous venons d’affirmer.Il n’y a en effet aucune objection à ce que des clercs se réunissent dans des Instituts séculiers pour tendre par le choix de ce genre de vie à l’état de perfection évangélique, mais alors ils sont dans l’état de tendance à la perfection, non en qualité de clercs, mais en qualité de membres d’un Institut séculier.Cet Institut prend comme principe de vie, auquel il s’attache, les Conseils évangéliques qui, étant propres à l’état religieux, y sont pratiqués avec la plus grande perfection, mais il les accomplit sans dépendre d’un état régulier, mais se tient essentiellement dans une forme extérieure de vie qui ne se réfère pas nécessairement à la perfection dont nous venons de parler.III — Raisons d’entrer dans l’état religieux Nous croyons utile de nous arrêter quelques instants à cette question : quelles raisons peut-on avoir d’entrer dans l’état religieux ?Il y en a qui affirment que l’état religieux, par sa nature et par son but, qu’on ne peut qu’approuver, n’est pas autre chose qu’un refuge de salut accordé aux faibles et aux timides, qui, incapables de surmonter les orages de la vie et ne pouvant ou ne voulant en supporter les difficultés, par lâcheté, disent adieu au monde et se réfugient dans le port d’un paisible couvent.C’est pourquoi il faut exciter leur confiance en la grâce de Dieu et en eux-mêmes, afin que ceux qui cherchent cette tranquillité paresseuse rejettent cette prétendue tendance de leur esprit et aient le courage d’affronter les combats de la vie.Cela est-il vrai ?Il ne nous appartient pas de juger maintenant quel est le mouvement qui pousse chacun vers la vie religieuse.Nous voulons cependant faire connaître la raison principale, la vraie, pour laquelle on doit entrer dans l’enceinte de la vie religieuse.Elle diffère certainement de l’opinion rapportée plus haut qui, prise en général, est fausse et injuste.Car qu’il s’agisse d’entrer dans les ordres ou d’embrasser l’état religieux, ce projet et la persévérance dans son accomplissement demandent de grandes âmes et une ardeur généreuse à se dévouer.L’histoire de l’Église, qui rapporte les hauts faits des saints et des fondateurs d’Ordres, qui fait le récit des saintes missions, qui expose les doctrines ascétiques, et l’expérience même des choses démontrent plus clair que le jour qu’il y a eu autant d’hommes d’un courage invincible et généreux dans l’état religieux que dans le monde.D’ailleurs, les religieux et religieuses qui travaillent à étendre le royaume de l’Évangile, qui soignent les malades, élèvent les jeunes gens, se dévouent dans les écoles, 48 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES peut-on dire qu’ils s’éloignent du commerce des hommes et en détournent leur volonté ?Est-ce qu’au contraire la plupart d’entre eux, comme les prêtres séculiers et les auxiliaires laïques, ne luttent pas au premier rang de l’armée pour défendre la cause de l’Église ?Nous ne pouvons ici nous empêcher de faire remarquer une chose qui va tout à fait à l’opposé de l’opinion relatée.Si le nombre de ceux ou de celles, surtout des jeunes filles, qui veulent entrer dans le jardin fermé de la vie religieuse diminue, cela a pour cause qu’on trouve trop dur de se dépouiller de son jugement et d’aliéner sa liberté, ce qui est impliqué par la nature du vœu d’obéissance.Bien plus, certains placent au sommet de la perfection morale, non plus le dépouillement de la liberté pour l’amour du Christ, mais la réduction de cette abnégation.Par conséquent, pour former l’homme juste et saint, on devrait employer cette règle : restreindre la liberté, dans la mesure où cela est indispensable, lâcher les rênes à la liberté, autant que possible.Nous laissons ici de côté la question de savoir si la nouvelle base sur laquelle on essaie de construire la sainteté sera aussi féconde et solide pour soutenir et développer le travail apostolique de l’Église que le fut pendant mille cinq cents ans l’antique règle de l’obéissance acceptée pour l’amour du Christ.Mais encore, il est du plus haut intérêt de scruter à fond cette raison, afin de découvrir ce qu’elle cache.Si on la considère bien, elle refuse de reconnaître la nature du conseil évangélique et, bien plus, elle la tourne d’une certaine façon dans un sens opposé.Personne n’est obligé par devoir à se conformer au conseil de l’obéissance parfaite, dont la base est la règle de vie qui consiste à renoncer à sa volonté propre ; personne, disons-nous, ni les individus, ni les sociétés.On peut, si l’on veut, conformer sa conduite à cette nouvelle règle.Mais les mots doivent être compris et employés selon leur sens.Or, si cette règle est confrontée avec le vœu d’obéissance, elle n’en a pas la suprême valeur et n’est pas conforme à cette parole de la Sainte Écriture et à ce sublime exemple : « Il s’est humilié et s’est fait obéissant jusqu’à la mort.)> (Phil., i, 8.) C’est donc une erreur et une tromperie que de donner cette seule regie et cette opinion à celui qui demande un conseil pour embrasser l’état religieux, en négligeant bien à tort de considérer ses penchants et l’inspiration de la grâce divine.C’est pourquoi si l’appel de la voix de Dieu attire quelqu’un par des signes certains vers le sommet de la perfection, il ne faut aucunement hésiter de lui proposer la libre immolation de sa überté, pour acomplir ce saint projet, comme le demande le vœu d’obéissance, vœu que l’Église, au cours de tant de siècles, a expérimenté, apprécié, défini et approuvé.Que personne ne soit poussé malgré soi à se donner à cette consécration.Mais si quelqu’un le veut, qu’il n’y ait personne pour l’en dissuader, encore moins pour l’en détourner.IV — Les œuvres et la vie intérieure Poursuivons et parlons maintenant des œuvres extérieures et de la vie intérieure.Parmi lès choses qui se rapportent à la vie régulière et généralement à la vie religieuse et qui sont réellement très importantes, il en est peu qui aient été traitées plus abondamment que cette matière.Cependant Nous voulons aussi donner notre pensée sur ce sujet.Ce n’est pas sans raison que notre époque a vu naître et se développer cette philosophie qu’on appelle « existentialisme ».Les hommes, en effet, qui vivent aujourd’hui, lorsque les événements les amènent à résoudre des questions difficiles de métaphysique ou de religion,* volontiers négligent de CONGRÈS INTERNATIONAL DES RELIGIEUX 49 les approfondir et se contentent d’accomplir ce qui s’impose en cette circonstance.Mais celui qui professe la sainte foi refuse de ne s’occuper, selon ces théories, que des moments qui passent et de s’abandonner au courant de la vie.Il sait que les choses invisibles (cf.Heb., xi, 1) doivent être souverainement vraies, qu’elles dureront dans l’avenir et ne périront jamais.Mais, hélas ! malgré les avertissements et les exhortations qui n’ont pas manqué, des hommes d’Église eux-mêmes, des religieux non exceptés, sont assez gravement atteints de cette contagion — et bien que ne niant pas ce qui dépasse les sens de l’homme et l’ordre naturel, ils en ont peu d’estime.Là où il y avait une grave menace et danger imminent, y a-t-il déjà eu une défaite ?Rendons grâces à Dieu, car il est permis d’espérer ; ce que nous voyons déjà et ce que nous révèle l’expérience, nous donnent cette confiance.On peut unir la plus débordante activité avec l’acquisition des richesses de la vie intérieure.Deux astres qui brillent par le culte de la vie régulière le prouvent merveilleusement : saint François Xavier et sainte Thérèse de Jésus.L’ardeur au travail et le soin de la vie intérieure, non seulement doivent aller de pair, mais encore, du moins en ce qui regarde l’intention et la volonté, doivent progresser du même pas et au même degré.Par conséquent, plus on se livre aux œuvres, et plus il convient qu’augmente la ferveur de la foi, des prières, du dévouement à Dieu, de la pureté de conscience, de l’obéissance, de la patience et de la charité vigilante et active envers Dieu et le prochain.Cela ne vaut pas seulement pour chaque religieux en particulier, qui doit l’être de cœur autant que d’habit, mais il s’agit aussi pour toute l’universalité des religieux d’avoir devant Dieu et les hommes une vie religieuse solidement basée et digne de la plus haute estime.Ce que vous demande avec instance l’Église, c’est d’harmoniser votre travail extérieur avec votre vie intérieure et d’établir entre ces deux choses un équilibre constant.Est-ce que tous, clercs et laïques, vous ne professez pas l’état de perfection évangélique ?S’il en est ainsi, produisez-en les fruits, afin que le Corps mystique du Christ, qui est l’Église, puise dans votre force et votre ardeur une plus grande activité.C’est à cause de cela que les Ordres religieux contemplatifs sont d’une certaine façon nécessaires à l’Église, dont ils demeurent la gloire perpétuelle et la fontaine des grâces célestes.On dit partout, comme vous le savez, que la charité envers le prochain perd peu à peu son caractère religieux et se laïcise.Mais la bienfaisance,, qui n’a pas son principe dans la foi, mais qui vient d’ailleurs, n’est pas la charité et ne peut pas être appelée catholique.La charité a une dignité, une inspiration, des moyens que la simple philanthropie, même munie de richesses et de ressources, ne possède pas.Ainsi, les religieuses catholiques qui soignent les malades, comparées à celles qui exercent le même emploi uniquement pour un motif d’humanité ou d’intérêt, ont quelque chose qui les distingue et les rehausse.Elles peuvent parfois être inférieures en ressources techniques, et aujourd’hui même sur ce point nous les engageons à ne point se laisser distancer, bien plus à prendre de l’avance.Cependant, là où travaillent les religieuses qui ont dans leur cœur l’esprit vivant de leur Institut, qui sont prêtes chaque jour à donner leur vie pour l’amour du Christ en faveur des infirmes, il règne une atmosphère dans laquelle la vertu accomplit des merveilles que ni les inventions techniques ni le médecin ne peuvent accomplir. 50 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Par conséquent, que les Ordres et les Congrégations professant la vie active aient devant les yeux et pratiquent tout ce qui peut faire briller dans leur travail les traits divins et allumer dans les secrets de la conscience pure la face du Saint-Esprit.V — Adaptation du zèle des Instituts aux temps nouveaux Fils très aimés, Nous voulons encore vous parler brièvement du désir qu’ont les Instituts religieux de s’ajuster aux changements d’époque et d’unir dans une belle alliance le temps passé et le nouveau.Quand les jeunes entendent « qu’il faut être de notre temps, qu’il faut mettre nos efforts au niveau de notre temps », ils s’enflamment d’une ardeur extraordinaire, et s’ils sont au service d’une milice religieuse, ils désirent ardemment révolutionner toute l’activité religieuse de l’avenir.Il y a en cela quelque chose d’équitable ou de convenable.La plupart du temps, en effet, les fondateurs des Instituts religieux ont conçu leur œuvre nouvelle en fonction des pressantes et urgentes nécessités ou besoins de l’Église.C’est pourquoi ils adaptaient leurs projets aux besoins de leur temps.Si vous voulez marcher sur les traces de vos pères, prenez modèle sur eux et faites comme ils ont fait.Étudiez les opinions, les jugements, les mœurs de vos contemporains, au’milieu desquels vous vivez, et si vous y trouvez quelque chose de bien et de juste, emparez-vous-en ; vous n’avez pas d’autre moyen de les éclairer, de les aider, de les soulager, de les diriger.Mais il y a un patrimoine de l’Église qui, depuis les origines, s’est conservé intact, qui ne change pas dans la suite des siècles et qui reste toujours très adapté aux nécessités et aux désirs de l’humanité.Il est constitué principalement par la foi, que récemment nous venons de défendre contre de nouveaux dangers dans l’Encyclique Humani generis.Cette foi, qui ne connaît aucune tache, gardez-la avec le plus grand soin et soyez bien persuadés qu elle a en elle des forces toutes-puissantes qui suffisent à vivifier n’importe quel siècle.Ensuite, de ce même patrimoine fait partie le but de l’état de perfection vers lequel vous devez tendre de toutes vos forces, afin que, grâce à son concours et par son moyen, vous deveniez des saints et directement ou indirectement vous sanctifiiez le prochain en le faisant participer plus abondamment à la grâce divine, et en lui procurant ainsi une pieuse vie et une bonne mort.Dans ce patrimoine, est encore contenue cette vérité, si haute et si importante, qu’il n’y a qu’un seul chemin pour la perfecton, le renoncement à soi-même pour l’amour du Christ.Cela, les temps qui changent ne le changeront pas.Il y a cependant beaucoup de choses, accessoires, où vous pouvez et où vous devez vous conformer à l’esprit des hommes et aux nécessités de votre temps.D’ailleurs, cela a déjà été fait en grande partie, et maintenant, vos délibérations, discussions et propositions, le complètent parfaitement.Déjà beaucoup de vos activités ont été parfaitement adaptées, comme le prouvent les multiples améliorations de vos écoles, de ce que vous faites soit individuellement, soit par vos Instituts, pour l’éducation de la jeunesse, pour adoucir les souffrances humaines, pour cultiver et faire progresser les sciences.Aussi il faut reconnaître, et personne ne peut protester contre notre affirmation, que déjà s’élève considérable votre contribution à l’œuvre d’adaptation aux temps actuels. CONGRÈS INTERNATIONAL DES RELIGIEUX 51 Cependant, dans cette accommodation, que vous poursuivez, aux nécessités d’une époque transformée, il importe souverainement, croyons-Nous, que vous recherchiez par une enquête intelligente, quelles sont les ressources spirituelles qui se cachent chez vos contemporains, quels sont les désirs secrets qui les animent, quel est la vraie face de leur âme.Nous ne parlons pas de cette face qui exprime des horreurs et des scandales ou qui manifeste les tumultes des passions et la corruption des vices.En tout homme, cependant, considéré comme homme et encore plus considéré comme chrétien, même parmi les erreurs et l'entraînement des fautes, il y a quelque chose de bon, il y a le désir d’un plus grand bien.Vous devez suivre ces mouvements, il faut aller au devant de , ces désirs, en prenant toutefois la précaution de ne pas prendre au monde ce qu’il a de funeste et de mauvais mais au contraire, en lui communiquant ce qui est vôtre : l’honnêteté, la sainteté et ce qui est conforme à ses bons mouvements.Le bien qui pointe chez les autres, en-couragez-le, soutenez-le, faites-le grandir, prenez-y comme des parcelles d’or pour faire un vase précieux, des petits ruisseaux faites une rivière.Plusieurs pensent et peut-être ont-ils raison, qu’il y a trois choses qui répondent le plus au caractère et aux tendances de notre époque : la largeur des pensées et des délibérations, l’unité dans le gouvernement et dans l’organisation, la rapidité dans l’exécution.Ces trois qualités ne conviennent-elles pas également à l’Évangile comme des marques et des notes ; ne sont-elles pas les qualités de ceux qui professent de bouche et de pratique la foi catholique ?Nos pensées peuvent-elles avoir une plus grande largeur que celle que proclame la parole de l’Apôtre : « Tout vous appartient et vous êtes au Christ et le Christ est à Dieu.» (I Cor., iii, 23.) Y a-t-il union plus étroite dans l’intelligence et l’amour que cette simplicité et unité, proclamée dans l’Écriture Sainte : « Dieu tout en tous » (I Cor., xà, 28.) « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit, de toutes tes forces.Tu aimeras ton prochain comme toi-même.» (Marc, xii, 28-34.) S’il s’agit d’être rapides et vifs, sans nous laisser arrêter par aucun souvenir dangereux des choses qui passent, voici l’avertissement : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière, n'est pas propre au royaume de Dieu.» (Luc, ix, 22.) Si vous voulez regarder les modèles de vertu qui ont mérité ce triple éloge, pensez à l’apôtre Paul et à tous ceux qui dans l’Église du Christ ont accompli des merveilles dignes d’un immortel souvenir.En outre, les buts qui brillent sous vos yeux dans la vie de contemplation ou d’action, ceux aussi que tous les enfants de l’Église, prêtres et laïques doivent poursuivre, ce sont la perfection chrétienne et le salut de l’humanité à procurer.Mais cependant il vous appartient d’user des moyens les plus efficaces, c’est-à-dire des conseils évangéliques par la profession des vœux de religion, pour dompter dans une guerre continuelle la convoitise de la chair et des yeux et l’orgueil de la vie (cf.Jean, n, 16), et ainsi vous sanctifier et devenir des ministres de Dieu ardents à procurer le salut de l’humanité.Dirigez vos pensées et vos œuvres vers ces buts sublimes, et « enracinés et bâtis sur la charité » (Éph., ni, 17), affermis par la force de la foi, riches d’humilité, ne laissez passer aucune occasion de ramener les hommes, vos frères, au Créateur, au Rédempteur, comme des brebis errantes à leur pasteur.Sûrs et fidèles comité des modèles, faites qu’en vous les mœurs s’accordent avec le nom, toute la conduite avec la profession.Selon la parole de l’Apôtre des nations : « Préoccupés de conserver l’unité d’esprit dans le lien 52 LA VIE DEa COMMUNAUTES RELIGIEUSES de la paix » (Éph., iv, 3), que la paix règne en vous et entre vous, entre les membres d’un même Institut et d’une même maison, et avec ceux qui font partie d’autres Instituts ; entre vous et tous les autres qui travaillent avec vous et avec qui vous travaillez à gagner des hommes au Christ.Que cessent désormais les disputes et les discordes qui affaiblissent et rendent infécondes les entreprises même pleines d’espérance : l’Église offre au labeur apostolique un champ qui s’étend à l’infini ; il y a du travail et de la fatigue pour tous.Si la foi du religieux est appuyée par les exemples de sa vie, dont toute la trame reflète la fidélité inébranlable aux vœux, si le prêtre ne se laisse arrêter par rien dans son zèle pour le salut des âmes, alors pour eux aussi vaudra aujourd’hui ce que l’Apôtre dit de la parole de Dieu qui est vivante et efficace et phis acérée que toute épée à deux tranchants.(Hébr., iv, 12).Pour prendre un exemple.Récemment, nous avons exhorté les fidèles à bien vouloir, en nos temps misérables où tant de fortunes ruinées et une affreuse misère font un contraste douloureux avec des dépenses somptueuses, restreindre leur train de vie et se montrer généreux envers leurs frères dans le besoin.Courage ! Par votre exemple, soyez en tête de tous les autres dans cette œuvre si urgente de la perfection chrétienne, de la justice et de la charité et poussez-les à imiter le Christ.Enfin, en souhaitant vivement que la grâce secourable de Notre-Seigneur fasse produire à votre Congrès des fruits riches et durables, Nous vous accordons de tout cœur comme gage de Notre bienveillance, à vous ici présents et aux familles religieuses répandues dans tout l’univers, la Bénédiction apostolique.CONSTITUTION APOSTOLIQUE SPOnSfi CHRISTI PIE ÉVÊQUE, Serviteur des serviteurs de Dieu, Pour perpétuelle mémoire.Épouse du Christ, l’Église dès les tout premiers débuts de son histoire, a manifesté par des actes et des témoignages multiples et confirmé par des documents éclatants, les sentiments d’estime et d’amour maternels qu’elle nourrissait à l’égard des vierges consacrées à Dieu.Cela d’ailleurs n’a rien d’étonnant.Les vierges chrétiennes sont en effet « la plus noble partie du troupeau du Christ».Poussées par la charité, repoussant comme indignes toutes les sollicitudes du monde, écartant victorieusement le partage facile, mais très dangereux, du cœur) non seulement elles se vouent tout entières au Christ, comme au véritable Epoux des âmes, mais elles consacrent pour toujours leur vie entière ornée des pierres précieuses de toutes les vertus chrétiennes au service du Christ et de l’Église.Cette appartenance ou aliénation mystique des vierges au Christ et leur donation à l’Église s’accomplissaient aux premiers siècles du christianisme spontanément, plutôt par des actes que par des paroles.Dans la suite, les vierges formèrent non seulement une classe, mais un état de vie déjà défini et un Ordre approuvé par l’Église.Alors la profession de virginité commença à se faire publiquement et à être ainsi garantie par un lien chaque CONGRES INTERNATIONAL DES RELIGIEUX 53 jour plus étroit.Ensuite l’Église, quand elle acceptait le vœu sacré ou 1’engagement de virginité, consacrait la vierge comme une personne vouée inviolablement à Dieu et à l’Église, par une cérémonie solennelle qui, à juste titre, est comptée parmi les plus beaux monuments de l’ancienne liturgie ; l’Église distinguait clairement cette vierge des autres personnes qui ne se vouaient à Dieu que par des vœux ou des engagements privés.La profession de la vie virginale était placée sous la garde d’une ascèse vigilante et rigoureuse ; en même temps elle était nourrie et favorisée par tous les exercices de piété et de la pratique des vertus.La doctrine des anciens Pères, tant grecs et autres orientaux que latins, présente et place sous nos yeux une image fidèle, certes, mais très belle, de la vierge chrétienne.Dans leurs écrits, tout ce qui peut concerner la sainteté virginale et la perfection intérieure et extérieure est décrit avec le plus grand soin, un grand amour, d’une façon expressive et claire.Jusqu’à quel point la vie angélique des vierges chrétiennes a été conforme, en cette première époque de son histoire, aux exhortations et aux descriptions des Pères de l’Église, et de quelles héroïques vertus elle nous paraît richement parée, nous le savons d’une part, directement et par une voie sûre, par les documents et les monuments historiques, et d’autre part, il nous est permis de le conjecturer, bien plus de le déduire, sans aucun doute, d’autres sources authentiques elles aussi.Surtout, après que la paix eut été accordée aux chrétiens, à la suite des ermites et des cénobites, les vierges consacrées à Dieu prirent l’habitude de perfectionner et de fortifier leur état de vie par une profession explicite et sanctionnée des conseils de pauvreté et d’une plus stricte obéissance.Les femmes ayant fait profession de virginité qui déjà auparavant se réunissaient pour mener une vie commune, séparée autant que possible du commerce des hommes, et cela soit par amour de la soütude, soit pour se mettre à l’abri des très graves dangers qui, dans la société romaine corrompue, les menaçaient de toutes parts, suivirent assez tôt l’exemple de l’immense multitude des cénobites ; elles laissèrent en général aux hommes la vie érémitique, elles imitèrent la vie cénobitique et presque toutes s’y adonnèrent.L’Église recommandait en général aux vierges la vie commune entendue dans un sens assez large : pendant longtemps elle ne voulut pas imposer strictement la vie monastique pas même aux vierges consacrées, qu’elle laissa dans le monde, honorées comme il convenait, mais libres cependant.Cependant le nombre de vierges consacrées par les cérémonies liturgiques habitant dans leurs maisons particulières ou menant une vie commune assez large, diminuait de plus en plus ; enfin, elles finirent par disparaître, en plusieurs endroits par décision juridique, partout en fait.Bien plus, en général, elles ne furent pas rétablies, plus récemment elles furent même interdites.En cet état de choses, l’Église tourna sa maternelle sollicitude spécialement vers ces vierges qui, choisissant la meilleure part, abandonnaient complètement le monde, et embrassaient dans sa plénitude, dans les monastères, la vie chrétienne parfaite, ajoutant à la profession de la virginité, la stricte pauvreté et l’obéissance totale.Leur profession ou leur vie cénobitique fut protégée par l’Église extérieurement, selon la prudence, par les lois de jour en jour plus sévères de la clôture.A l’intérieur, elle organisa le genre de vie de ces vierges de façon à former peu à peu, avec netteté et clarté dans sa législation et dans l’ascèse religieuse, le type de la moniale 54 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES (sanctimonialis), toute consacrée, sous la rude discipline de la règle, à la vie contemplative.Vers le début du moyen âge, après la complète disparition du genre de vie des vierges consacrées vivant dans le monde, les moniales, s’étant extraordinairement développées par le nombre, la ferveur, la diversité, furent seules considérées comme les héritières in solidum et les successeurs légitimes des vierges qui les avaient précédées.Elles furent non seulement héritières et successeurs, mais elles administrèrent fidèlement le patrimoine reçu, le firent valoir avec soin, ayant reçu cinq talents, elles en gagnèrent cinq autres.Les monuments liturgiques, les documents canoniques, les témoignages historiques de tout genre, les écrits, les sculptures, les peintures établissent et prouvent cette origine et cette dignité, ces mérites et cette sainteté des moniales.Plusieurs siècles durant et jusqu’à la fin du moyen âge — comme il ressort clairement des Décrétales et même de tout le Corpus du droit canonique, — les moniales furent les seules parmi les femmes à mener avec les Moines et les Chanoines Réguliers l’état de perfection, qui déjà avait été solennellement reçu et pleinement reconnu, afin de lui donner plus parfaitement un caractère officiel.Puis, non sans avoir surmonté de nombreuses et graves difficultés, d’abord tous les Frères, désignés sous le nom de Mendiants, d’Hospitaliers, de Rédempteurs ou par une autre appellation, et, environ trois siècles plus tard, les Clercs dits Réguliers, furent eux aussi comptés parmi les vrais religieux et réguliers, avec les Moines et les Chanoines Réguliers.Mais toutes les Moniales, tant celles qui suivaient la vie monastique ancienne ou la vie canoniale, que celles qui formaient les seconds Ordres des Frères Mendiants, en ce qui concerne le droit canonique, suivaient l’unique, noble et ancienne institution et embrassaient la même forme de vie religieuse.Donne, jusqu’aux premières Congrégations de femmes qui naquirent au xvie ou xvue siècle, étaient seulement considérées, comme Moniales celles qui en fait et en droit professaient légitmement la vie religieuse.Bien plus, après avoir toléré et, avec le temps accordé aux Congrégations une reconnaissance d’abord de fait et ensuite de droit administratif, ce sont les Moniales seules, jusqu’à la promulgation du Code de droit canonique, qu’on admettait, en droit strict, comme véritables religieuses et régulières.Si quelqu’un veut ici tourner un regard vers les secrets de la vie monastique, comment pourra-t-il nombrer et peser les trésors de perfection religieuse cachés dans les monastères ?Les fleurs et les fruits de sainteté que ces jardins fermés ont produit pour le Christ et son Église ; l’influence des prières, les richesses de dévouement, les biens de tout genre enfin par lesquels les Moniales, au prix de beaucoup d’efforts, ont embelli, soutenu, consolé leur Mère la Sainte Église ?Le type austère et bien défini des religieuses Moniales, gravé dans ies textes des lois canoniques et ascétiques, fut facilement et, quant à ses principaux traits, même fidèlement accepté par les innombrables Ordres, monastères, couvents, qui ont toujours existé dans l’Église, et pendant plusieurs siècles il fut maintenu avec ténacité.Cette fidélité commune et cette constance procurèrent à l’institution sacrée des Moniales une unité qui résista toujours avec plus de vigueur que tous les autres Instituts de Réguliers ou de religieux de l’un et l’autre sexe.C’est un mérite que, en de justes limites, on ne doit pas hésiter à lui attribuer. CONGRES INTERNATIONAL DES RELIGIEUX 55 Cette unité des Moniales que nous venons de louer, n’a d’ailleurs pas été un obstacle à ce que, tant en ce qui concerne la vie ascétique que la discipline interne, des formes diverses et des variations fussent admises dès les temps anciens ; admirable dans ses saints, Dieu enrichissait ainsi et embellissait l’Église son Épouse.Ces variétés de Moniales paraissent résulter de la variété de même genre des Ordres et des Religions d’hommes, auxquels les Ordres de Moniales furent en quelque sorte rattachés.En effet, presque tous les moines, les Chanoines Réguliers, principalement les Mendiants, s’efforcèrent de fonder des seconds Ordres qui, en respectant toujours le caractère de Moniales, paraissaient se distinguer les uns des autres comme se distinguaient les premiers Ordres.De la même façon, plusieurs Ordres de Chanoines Réguliers et plusieurs Congrégations d’hommes fondèrent plus récemment des Ordres de Moniales correspondant à leur propre Institut.Les variétés de Moniales dont nous venons de parler, que nous consi dérions soit l’histoire de l’Institution, soit ses changements internes communs, sont tout à fait dignes d’être examinées avec attention.Certainement, tout en sauvegardant la forme générale de la vie contemplative et en maintenant fermement en vigueur les normes principales et les principes de la discipline existante, elles ont apporté à l’antique institution comme une nouvelle énergie pour la sainteté.Aux époques plus récentes, spécialement à la fin du xvie siècle, de nouveaux Ordres de Moniales furent fondés et approuvés peu à peu par l’Église ; par exemple les Instituts de Sainte-Ursule, de Sainte-Angèle, la Congrégation des religieuses de Notre-Dame, l’Ordre de la Visitation, la Société de Notre-Dame, les Moniales de Sainte-Marie de la Charité et plusieurs autres nouvelles fondations, forcées ou moralement obligées d’accepter dès leur origine ou plus tard le droit commun en vigueur pour les Moniales, si elles voulaient professer une véritable vie religieuse, la seule alors reconnue pour les femmes, préparaient de diverses façons un renouvellement du droit lui-même.Ces nouvelles formes de Moniales, même si elles professaient la vie contemplative canonique et avaient enfin accepté, non sans difficulté, mais avec sincérité, la clôture pontificale adaptée à leur genre de vie particulier pour se conformer aux opinions alors courantes, n’acceptèrent pas toutefois, en certains cas, la récitation de l’office divin.Avec un zèle louable, elles-mêmes regardèrent comme des devoirs de leur profession de nombreuses œuvres d’apostolat et de charité qui leur paraissaient convenir à leur sexe et à leur statut juridique.Au cours des années, soit à l’exemple des Ordres nouveaux, soit du fait du développement des Congrégations et des Sociétés qui s’efforçaient d’unir à la vie de perfection la pratique féconde de la charité, de l’assistance, de l’éducation, soit enfin par suite de l’évolution commune en tout genre des choses et des idées, bien des monastères d’un grand nombre d’Ordres, qui institutionnellement suivaient uniquement la vie contemplative, admirent en bien des lieux, avec l’approbation et sous la direction prudente du Saint-Siège, les œuvres d’apostolat.De là, peu à peu, insensiblement, il arriva que l’institution des Moniales dans son ensemble présentait non seulement des Ordres différents par leurs Règles et leurs Constitutions, mais encore qu’une division plus profonde s’y introduisait, à savoir, entre les monastères et les'Ordres qui suivaient seulement la vie contemplative et ceux où l’on joignait à la vie contemplative des œuvres d’apostolat canoniquement approuvées, soit en vertu d’une 56 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES disposition particulière des constitutions, soit du fait des concessions du Saint-Siège obtenues dans la suite.A notre époque, toute l’institution des Moniales, tant dans les Ordres et monastères qui jusque-là avaient mené fidèlement la vie contemplative seulement, que chez ceux surtout qui par décision de l’Église unissaient harmonieusement la vie contemplative avec les œuvres d’apostolat, se ressentit grandement de l’évolution et de la diversité des événements et des circonstances.Assurément, comme ces Ordres s’adonnent à des œuvres similaires d’éducation et de charité qui, du fait des habitudes qui se généralisent ou de l’intervention des pouvoirs publics, s’exercent alors de telle-façon qu’elles en deviennent à peine compatibles ou tout à fait incompatibles avec certaines dispositions classiques de la clôture pontificale, ces règles de la clôture, tout en en maintenant le caractère général, ont dû sagement être mitigées de façon à pouvoir s’harmoniser avec les œuvres.Ainsi semblait le réclamer l’utilité de la Sainte Église et des âmes, puisque si on n’avait point agi de la sorte, ces œuvres n’auraient pu être entreprises ou du moins ne l’auraient pas été de la même façon.Et ce n’est pas seulement à l’égard des Ordres apostoliques, mais encore à l’égard des Ordres purement contemplatifs que les circonstances des temps et la grande pauvreté dont souvent ils souffraient, ont paru exiger et imposer quelquefois des aménagements ou des interprétations plus larges.Aujourd’hui, à titre d’exemple, le sentiment public qu’on appelle social supporterait difficilement une interprétation trop stricte du canon 601, même lorsqu’il s’agit dés Moniales contemplatives.Aussi le Saint-Siège se montre-t-il de plus en plus disposé à pourvoir paternellement à bien des besoins et des nécessités qui autrefois ne paraissaient pas assez graves, d’après l’estimation commune, pour justifier une violation ou une exemption de la clôture pontificale.Du reste, l’inviolabilité et le respect du domicile, qui n’était pas sans doute l’unique raison de la clôture pontificale, mais qui, variant avec les circonstances des époques, s’ajoutait aux autres motifs de l’imposer et de la régler, est aujourd’hui plus respectée et assurée qu’au-trefois.En résumé, après avoir exposé l’origine de la sainte institution des Moniales, Nous estimons utile, à présent, d’en bien distinguer les éléments propres et nécessaires qui affectent directement la vie contemplative des Moniales comme leur fin première et principale.A côté de ces traits originels et essentiels qui dessinent clairement, en droit, la forme canonique des Moniales, s’en ajoutent d’autres d’une assez grande importance qui, sans être indispensables, la complètent cependant, puisqu’ils répondent assez exactement à la fin générale des Moniales et concourent à l’assurer.Certains traits, au contraire, se trouvent dans l’institution des Moniales, qui ne sont pas nécessaires à cette fin et ne la complètent pas, mais ne sont qu’extrinsèques et historiques ; c’est-à-dire qui proviennent, à coup sûr, des circonstances du temps passé ; et celles-ci ont bien changé.Si ces éléments ne servent plus ou s’ils peuvent empêcher un plus grand bien, on ne voit aucune raison spéciale de les maintenir.Aussi, tout en maintenant entièrement les éléments originels et essentiels de la vénérable institution des Moniales, Nous avons décidé, à l’égard des autres éléments qu’on estime externes et adventices, de leur apporter avec sagesse et prudence des ajustements aux circonstances actuelles, qui pourront donner à cette institution non seulement un plus grand éclat, mais encore une efficacité plus complète. CONGRES INTERNATIONAL DES RELIGIEUX 57 Nous sommes entraînés et même contraints à apporter ces ajustements raisonnables à l’institution des Moniales, par les renseignements que Nous recevons de toutes les parties du monde, et qui Nous font connaître avec certitude la grande détresse dans laquelle se trouvent souvent, pour ne pas dire toujours, les Moniales.Oui, il y a de nombreux monastères qui, hélas ! meurent presque de faim, de misère, de privation ; il y en a beaucoup d’autres qui, par suite de difficultés matérielles, mènent une vie pénible et la plupart du temps impossible à supporter.Il y a en outre des monastères qui, sans vivre dans le besoin, cependant, du fait qu’ils sont séparés et isolés de tout autre monastère, souvent dépérissent.De plus, les lois trop strictes de la clôture amènent souvent de grandes difficultés.Enfin, les nécessités de l’Église et des âmes croissent toujours et réclament le concours de tous pour y porter une aide urgente et multiple ; il semble que le moment soit venu de concilier la vie monastique, en général même chez les Moniales consacrées à la contemplation, avec une participation mesurée à l’apostolat.Notre jugement sur ce point a été bien souvent confirmé par les témoignages des Ordinaires des lieux et des Supérieurs religieux, qui Nous sont parvenus de plusieurs pays avec une parfaite unanimité.Parmi les décisions qui sont indiquées ci-après dans les statuts généraux des Moniales, il est bon d’en expliquer quelques-unes, afin que Nous énoncions les règles et les principes qui permettront de comprendre facilement, sûrement et correctement, chacune de ces prescriptions.Et tout d’abord, en ce qui concerne la vie contemplative des Moniales, ceci qui a toujours été en vigueur, suivant l’esprit de l’Église, doit être maintenu ferme et intact : tous les monastères de Moniales doivent toujours et partout professer régulièrement la vie contemplative comme leur première et principale fin.C’est pourquoi, il faut que les travaux et ministères auxquels les Moniales peuvent et doivent se livrer, soient de telle nature et disposés et réglés de telle façon pour le lieu, le temps, la mesure et la manière, que la vie vraiment et sincèrement contemplative de toute la communauté comme de chacune des Moniales soit non seulement sauvegardée, mais encore constamment nourrie et fortifiée.Des prescriptions et concessions ont été données autrefois, sous la pression des circonstances, pour quelques régions, d’après lesquelles les vœux solennels étaient commués en vœux simples.Elles comportent certainement l’octroi d’une dispense « odieuse », et d’autant plus « odieuse » que ce privilège s’oppose à une prérogative principale des Moniales ; car les vœux solennels qui entraînent une consécration à Dieu plus complète et plus étroite que les autres vœux publics, représentent la marque canoniquement indispensable et principale pour les Ordres.C’est pourquoi, comme il est établi par une longue expérience faite en divers pays, que les vœux solennels, soit des Réguliers, soit des Moniales, bien qu’ignorés par le droit civil, peuvent facilement et sans embarras être observés et que la sécurité des autres biens de la communauté peut être convenablement assurée par d’autres moyens, même si la personnalité juridique, comme cela arrive ici ou là, est refusée aux Ordres et aux monastères, la législation et l’action du Saint-Siège s’accordent, depuis déjà de nombreuses années, à restreindre ces exceptions « odieuses » dont Nous venons de parler et, autant que possible, à les supprimer.Et, en effet, les Moniales ne doivent pas être privées de l’honneur, du mérite et de la joie d’émettre des vœux solennels qui leur sont propres.Pour assumer une meilleure garde du vœu solennel de chasteté et de la vie contemplative, et pour maintenir le jardin fermé des Moniales à l’abri de tous les assauts du monde, qu’aucune ruse, aucun attentat ne puisse le 58 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES violer, nul contact séculier ou profane le troubler, mais qu’il demeure le vrai cloître des âmes, dans lequel les Moniales puissent servir Dieu plus librement l’Eglise, dans sa sollicitude sage et vigilante, établit une clôture plus sévère, comme une institution spéciale des Moniales, la régla avec soin et la munit pour toujours de graves sanctions pontificales.Cette vénérable clôture des Moniales qui, du fait de l’autorité suprême d’où elle émane et des sanctions qui la protègent intérieurement et extérieurement, s’appelle pontificale, non seulement Notre présente Constitution, eu égard aux diverses circonstances des monastères qui, jusqu’à maintenant, y sont soumis, la confirme délibérément et solennellement, mais encore l’étend avec prudence à ces monastères qui, jusqu’ici, en vertu de dispenses légitimes, n’y sont pas obligés.f Les monastères qui professent la vie uniquement contemplative, et qui n’admettent pas dans l’enceinte de la maison religieuse des œuvres stables d’éducation, de charité, de récollection, ou d’autres du même genre, conserveront ou institueront la clôture pontificale dont il est question aux canons 600-602 du Code, et qu’on appellera majeure.Pour ces monastères qui, soit par leur règle, soit en vertu des légitimes décisions du Saint-Siège, unissent à la vie contemplative, dans les locaux mêmes du monastère, l’exercice de certains ministères qui s’harmonisent avec elle, la clôture pontificale, tout en gardant ce qui lui est nécessaire et essentiel, est tempérée pour les choses qui ne peuvent que difficilement et à peine être observées.Pour les autres choses qui ne semblent pas tellement indispensables pour la clôture pontificale du Code (can.599, 604, § 2), elle est convenablement complétée.Cette clôture pontificale tempérée et ajustée aux nécessités actuelles, pour la distinguer de l’ancienne, plus sévère, sera appelée mineure ; elle pourra être accordée même aux monastères qui, tout en pratiquant la vie uniquement contemplative, n’ont pas cependant les vœux solennels ou manquent de certaines conditions qui sont requises avec raison par la jurisprudence ou le style usité de la Curie pour la clôture pontificale majeure.Une définition précise de tous ces éléments de la clôture pontificale mineure sera donnée ci-dessous dans les statuts généraux et dans les instructions que la S.Congrégation des religieux fournira en vertu de Notre autorité et en Notre nom.A l’égard de l’autonomie des monastères de Moniales ou de leur liberté mutuelle, Nous jugeons utile de redire ici et d’appliquer aux Moniales ce que Nous avons dit à dessein au sujet des Moines dans l’Homélie prononcée le 18 septembre 1947, dans la basilique patriarcale de Saint-Paul hors les murs, au terme du xive centenaire de la mort de saint Benoît de Norcia.Les circonstances ayant changé, beaucoup de choses conseillent et même souvent demandent une association des monastères de Moniales, afin de faciliter et d’adapter la distribution des charges, la translation temporaire, utile et souvent nécessaire, des religieuses d’un monastère à un autre pour différentes causes, l’aide économique, la coordination des travaux, la protection de la commune observance, et d’autres choses du même genre.Tout cela peut se faire et être obtenu sans dérogation à l’autonomie nécessaire, ni sans dommage quelconque pour la sévérité de la clôture, ni pour le recueillement, ni pour la discipline rigoureuse de la vie monastique.Nous en avons des preuves certaines et sérieuses dans la riche expérience des Congrégations monastiques d’hommes autant que dans les nombreux exemples d’union et de fédérations entre les Moniales qui ont déjà été approuvées.D’ailleurs, l’érection des fédérations et l’approbation des statuts, qui doivent les régir, demeureront réservées au Saint-Siège. CONGRES INTERNATIONAL DES RELIGIEUX 59 Pour le travail manuel ou intellectuel, tous ceux, hommes ou femmes sans exception, qui se livrent à la vie contemplative, y sont obligés non seulement par la loi nature lie, mais encore par un devoir de pénitence et de satisfaction.Le travail, en outre, est généralement le moyen par lequel l’âme est gardée des dangers et s’élève vers les hauteurs ; par lequel, comme il le faut,nous apportons notre collaboration à la divine Providence, tant dans l’ordre naturel que dans l’ordre qui surpasse la nature ; par quoi on exerce les œuvres de charité.Le travail, enfin, est la règle et la loi principale de la vie religieuse, même depuis ses origines, comme il est dit : « Prie et travaille.» Certainement, la discipline de la vie religieuse a reposé toujours en grande partie sur le précepte du travail, son organisation et son accomplissement.Le travail des Moniales, vu sous l’angle de l’éternité, doit être tel que d’abord celle qui l’entreprend le fasse dans une sainte intention, en pensant souvent à la présence de Dieu ; qu’elle l’accepte par obéissance et qu’elle y joigne volontairement sa mortification personnelle.Le travail ainsi accompli sera un exercice constant de toutes les vertus et un gage de la suave et efficace union de la vie contemplative avec la vie active, à l’exemple de la famille de Nazareth.Si l’on juge le travail monastique, par rapport à sa nature ou à sa discipline, d’après les règles, les Constitutions et les coutumes traditionnelles de chaque Ordre, il doit être proportionné avec les forces des Moniales et même ainsi organisé et accompli que, suivant le temps et les circonstances, il puisse fournir aux Moniales l’entretien nécessaire et se montrer utile à l’Église, à la société humaine et aux pauvres.La perfection de la vie chétienne reposant spécialement sur la charité, et la charité, par laquelle nous devons aimer uniquement le Seigneur pardessus toutes choses et tous les autres en lui-même, étant vraiment une et la même, notre Mère l’Église exige de toutes les Moniales qui professent canoniquement la vie contemplative, en même temps que l’amour parfait de Dieu, la charité parfaite envers le prochain ; et en vertu de cette charité et de leur état, les religieux et les religieuses doivent se sentir tout dévoués à l’Église et aux nécessités de tous les pauvres.Par conséquent, toutes les Moniales doivent bien savoir que leur vocation est pleinement et complètement apostolique, sans limites de lieux, de temps ou des choses, qu’elle s’étend partout et toujours à tout ce qui regarde, d’une façon ou d’une autre, l’honneur de leur Époux ou le salut des âmes.Cette vocation universellement apostolique des Moniales n’empêche aucunement les monastères de recommander à Dieu par leurs prières les besoins de toute l’Église et de chacun des hommes.L’apostolat général de toutes les Moniales par lequel elles doivent être jalouses de l’honneur de leur Époux divin et promouvoir le bien de toute l’Église et de tous les fidèles, utilise principalement ces trois moyens : 1° L’exemple de la perfection chrétienne, par leur vie qui, même sans paroles, entraîne les fidèles profondément et constamment vers le Christ et vers la perfection chrétienne et, comme un étendard, encourage et attire les bons soldats du Christ au bon combat et à la victoire.2° La prière, en l’offrant à Dieu, soit publiquement au nom de l’Église solennellement sept fois par jour aux heures canoniques, soit en privé sous toutes ses formes avec persévérance.3° Le zèle pour se dévouer, en ajoutant aux mortifications qui naissent de la vie commune et de la fidèle observance de la règle, d’autres exercices d’abnégation personnelle prescrits par la règle ou embrassés tout à fait 60 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES volontairement afin de compléter ainsi généreusement « ce qui manque aux souffrances du Christ Jésus, pour son corps qui est l’Église ».Après avoir rappelé les faits historiques de l’Institution des Moniales et décrit avec soin dans quelles limites elle peut s’ajuster aux nécessités actuelles de la vie, Nous pensons maintenant à donner des règles générales selon lesquelles cette accommodation doit se réaliser.La S.Congrégation des Religieux appliquera la Constitution et les statuts généraux en ce qui concerne les Fédérations de monastères déjà faites, ou qui sont à faire et pour chaque monastère.S’appuyant sur Notre autorité, elle pourra, par le moyen d’instructions, déclarations, réponses et autres documents du même genre, achever tout ce qui se rapporte à l’application exacte et efficace de la Constitution et à l’obéissance prompte et fidèle aux statuts généraux.Statuts généraux des Moniales Article 1er.§ 1.— Sous le nom de Moniales, dans cette Constitution, conformément au droit (c.488, 7°), sont comprises, outre les religieuses à vœux solennels, également celles qui ont fait les vœux simples, perpétuels ou temporaires, dans des monastères où les vœux solennels sont prononcés actuellement ou devraient l’être en vertu des Constitutions ; à moins que le contexte ou la nature de la chose n’établisse clairement le contraire.§ 2.— Ne s’opposent nullement à l’appellation légitime de Moniales (c.488, 7°) et à l’application de la législation des Moniales : 1° la profession simple émise légitimement dans les monastères (§1) ; 2° la clôture pontificale mineure prescrite aux monastères ou régulièrement concédée ; 3° l’exercice des œuvres d’apostolat qui est joint à la vie contemplative, soit d’après les Constitutions approuvées et confirmées par.le Saint-Siège pour certains Ordres, soit par une prescription légitime du Saint-Siège ou en vertu d’une concession faite à plusieurs monastères.§ 3.— Cette Constitution apostolique ne concerne pas au point de vue juridique : 1° Les Congrégations religieuses (c.488, 2°) et les Sœurs qui en font partie (c.488, 7°) et d’après leurs Constitutions ne prononcent que des vœux simples ; 2° les sociétés de femmes qui vivent en commun à la façon des religieuses et leurs membres (c.673).Article 2.§ 1.— La forme spéciale de vie religieuse monastique que les Moniales doivent fidèlement mener sous une discipline régulière rigoureuse et à laquelle l’Église les destine, c’est la vie contemplative canonique.§ 2.— Sous le nom de vie contemplative canonique, on entend non pas cette vie intérieure et théologale à laquelle toutes les âmes vivant dans les Religions et même dans le monde sont appelées et que chacune peut mener partout en elle-même, mais une profession extérieure de discipline religieuse qui, soit par la clôture, soit par les exercices de piété, d’oraison et de mortification, soit enfin par les travaux auxquels les Moniales doivent vaquer, est ordonnée à la contemplation intérieure de telle sorte que toute la vie et toute l’activité puissent facilement et doivent efficacement être pénétrées de sa recherche.§ 3.— Si la vie contemplative canonique sous la discipline régulière rigoureuse ne peut être habituellement observée, le caractère monastique ne peut être ni concédé, ni conservé au cas où on le possède déjà.Article 3.§ 1.— Les vœux religieux solennels, prononcés par toutes les religieuses du monastère ou du moins par une catégorie d’entre elles, constituent la CONGRES INTERNATIONAL DES RELIGIEUX 81 note principale grâce à laquelle les monastères de femmes sont juridiquement comptés non parmi les Congrégations religieuses, mais parmi les Ordres réguliers (c.488, 2°).Dans ces monastères, toutes les religieuses professes sont, dans le droit, conformément au canon 490, comprises sous la dénomination de Régulières et leur nom propre n’est pas celui de Sœurs, mais de Moniales (c.488, 7°).§ 2.— Tous les monastères dans lesquels on ne prononce que des vœux simples pourront demander la reprise des vœux solennels.Bien plus, à moins qu’il n’y ait de très graves motifs qui s’y opposent, ils auront soin de reprendre de nouveau ces vœux solennels.§ 3.— Les formules anciennes solennelles de consécration des vierges, qui se trouvent dans le pontifical romain, sont réservées aux Moniales.Article 4.§ 1.— La clôture plus rigoureuse, dite pontificale, des Moniales, en lui conservant toujours et pour tous les monastères les caractéristiques qui lui sont comme naturelles, comprendra à l’avenir deux espèces : la clôture majeure et la clôture mineure.§ 2.1° La clôture pontificale majeure, c’est-à-dire celle qui est décrite dans le Code (canons 600-602), Nous la confirmons pleinement par Notre présente Constitution apostolique.La S.Congrégation des religieux agissant en vertu de Notre autorité, indiquera les raisons pour lesquelles la dispense de la clôture majeure peut être accordée, afin que, sauvegardant la nature de la clôture, on puisse cependant l’adapter plus convenablement à la situation de notre temps.2° La clôture pontificale majeure, le paragraphe 3, 3°, étant respecté, doit être, selon la règle, en vigueur dans tous les monastères qui mènent exclusivement la vie contemplative.§ 3.1° La clôture pontificale mineure retiendra de l’ancienne clôture des Moniales et protégera par ses sanctions, tout ce qui est expressément défini comme nécessaire dans les instructions du Saint-Siège en vue de conserver et de protéger la forme naturelle de cette clôture.2° A cette clôture papale mineure sont soumis les monastères de Moniales à vœux solennels qui, soit d’après leurs Constitutions, soit en vertu d’une concession légitime, s’emploient à des occupations mettant en contact avec des personnes étrangères, de telle façon que plusieurs religieuses et une notable partie de la maison s’adonnent habituellement à ces travaux ou fonctions.3° Pareillement, tous et chacun des monastères où, tout en se livrant uniquement à la contemplation, on ne prononce que des vœux simples, doivent être au moins soumis aux prescriptions de cette clôture.§ 4.1° Il faut regarder la clôture pontificale majeure ou mineure comme une condition nécessaire, non seulement pour qu’on puisse émettre des vœux solennels (§2), mais aussi pour que les monastères dans lesquels on émet des vœux simples (§3) puissent être considérés à l’avenir comme de vrais monastères de Moniales conformément au canon 488, 7°.2° Si les règles de la clôture pontificale, au moins de la clôture mineure, ne peuvent être ordinairement observées, on doit supprimer les vœux solennels si on les a dans ce monastère.§ 5.1° La clôture pontificale mineure, surtout en ce qui regarde les notes caractéristiques qui la distingue de la clôture des Congrégations ou des Ordres masculins, doit être observées dans les lieux où les Moniales ne prononcent pas de vœux solennels. 62 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES 2° Si dans un monastère on se rend compte d’une façon certaine que la clôture au moins mineure ne peut pas être habituellement observée, ce monastère devra être transformé en une maison religieuse d’une Congrégation ou d’une Société.Article 5.§ 1.Parmi les femmes consacrées à Dieu, l’Église ne délègue, pour adresser à Dieu, en son nom, soit au chœur (c.610, § 1), soit en particulier (c.610, § 3) la prière publique, que les seules Moniales.Elle les oblige, par une obligation grave, en vertu de la règle conformément à leurs Constitutions, à s’acquitter chaque jour de cette prière par la récitation des heures canoniales.§ 2.Tous les monastères de Moniales et chacune des Moniales professes devœux solennels ou de vœux simples sont partout tenues de réciter l’Office divin au chœur conformément au canon 610, § 1 et à leurs Constitutions.§ 3.D’après le canon 610, § 3, les Moniales, non professes de vœux solennels, qui ont été absentes du chœur, ne sont pas tenues strictement, à moins d’une prescription expresse de leurs Constitutions (c.578, 2°), à la récitation privée des heures canoniales : cependant^ comme nous l’avons dit ci-dessus (art.4), non seulement la pensée de l’Église est que l’on reprenne partout chez les Moniales les vœux solennels, mais encore, si provisoirement cette reprise ne peut se réaliser, que les Moniales professes à vœux simples perpétuels à la place des vœux solennels, s’acquittent fidèlement de la tâche de la récitation de l’office divin.§ 4.Dans tous les monastères, la messe conventuelle correspondant à l’office du jour, doit être, conformément aux rubriques, célébrée autant que faire se peut (c.610, § 2).Article 6.§1.1° Les monastères de Moniales, à la différence des autres maisons religieuses de femmes, sont, en vertu du Code et selon ses dispositions, sui juris (autonomes) (c.488, 8°).2° Les supérieures de chaque monastère de Moniales sont de droit Supérieures majeures et possèdent tous les pouvoirs qui appartiennent aux Supérieurs majeures (c.488, 8°), à moins que de par le contexte ou la nature des choses certains de ces pouvoirs ne concernent que les hommes (c.490).§ 2.1° L’étendue ou le champ de cette condition sui juris ou, comme on l’appelle d’autonomie des monastères de Moniales est fixée par le droit commun et par le droit particulier.2° La tutelle juridique que le droit accorde soit aux Ordinaires des lieux, soit aux Supérieurs réguliers sur chaque monastère ne subit aucune dérogation ni du fait de cette Constitution, ni du fait des Fédérations de monastères permises par la Constitution (art.7) et introduites par son autorité.3° Les rapports juridiques de chaque monastère avec les Ordinaires des lieux ou les supérieurs réguliers continueront à être réglés par les dispositions du droit commun et du droit particulier.§ 3.Par cette Constitution, il n’est nullement indiqué si chaque monastère est sous la dépendance de l’Ordinaire du lieu, ou bien si, dans les limites du droit, il est exempt de cette dépendance et soumis à un Supérieur régulier.Article 7.§ 1.Les monastères de Moniales non seulement sont sui juris ou autonomes (c.488, 8°), mais aussi juridiquement distincts et indépendants les uns des autres ; ils ne sont unis et rattachés entre eux que par des liens spirituels et moraux, même s’ils sont soumis de par le droit au même premier Ordre ou Religion. CONGRÈS INTERNATIONAL DES RELIGIEUX 63 § 2.1° Cette indépendance mutuelle des monastères, plutôt admise en fait qu’imposée par le droit n’est nullement combattue par la constitution des Fédérations de monastères.On ne doit pas considérer ces dernières comme interdites par le droit ou comme moins harmonisées de quelque façon à la nature et aux fins de la vie religieuse des Moniales.2° Aucune règle générale ne prescrit d’établir des Fédérations de monastères.Cependant, ces Fédérations sont très recommandées par le Siège apostolique tant pour prévenir les maux et les inconvénients que la séparation complète peut causer que pour favoriser l’observance régulière et la vie contemplative.§ 3.L’établissement de n’importe quelle forme de Fédération ou de Confédération des monastères de Moniales est réservé au Saint-Siège.§ 4.Toute Fédération ou Confédération de monastères doit nécessairement être organisée et régie par ses lois propres, approuvées par le Saint-Siège.§ 5.1° En sauvegardant les paragraphes 2 et 3 de l’article 6 et l’idée principale d’autonomie ci-dessus définie (§ 1), rien n’empêche que dans l’organisation des Fédérations de monastères, à l’exemple de plusieurs Congrégations monastiques et d’Ordres, soit de chanoines soit de moines, on apporte à cette autonomie d’équitables conditions et adoucissements qui paraissent nécessaires ou plus utiles.2° Cependant les formes de Fédérations qui paraissent contraires à cette autonomie dont nous avons parlé au premier paragraphe de cet article et qui ressembleraient à un genre de gouvernement central, sont spécialement réservées au Saint-Siège et ne peuvent être établies sans une permission expresse de sa part.§ 6.Les Fédérations de monastères, en raison de leur origine et de l’autorité dont elles dépendent directement et par qui elles sont gouvernées, sont de droit pontifical selon les règles du droit canonique.§ 7.Le Saint-Siège pourra exercer sur la Fédération sa surveillance immédiate et son autorité, comme le cas le comporte, par un assistant religieux dont la fonction sera non seulement de représenter le Saint-Siège, mais aussi de favoriser la conservation du véritable esprit particulier à l’Ordre et d’aider les Supérieures par son activité et son conseil à gouverner la Fédération dans la justice et la prudence.§ 8.1° Les statuts de la Fédération doivent s’harmoniser, non seulement avec les règles qui seront établies, en vertu de Notre autorité, par la S.Congrégation des religieux, mais encore avec la nature, les lois, l’esprit, les traditions ascétiques, disciplinaires, juridiques et apostoliques de chaque Ordre.2° Le but principal des Fédérations de monastères est de se prêter mutuellement une aide fraternelle, non seulement pour entretenir ainsi l’esprit religieux et la discipline monastique régulières, mais aussi pour favoriser la situation économique.3° En cas de besoin, on donnera, en approuvant les Statuts, des normes particulières pour réglementer la faculté et l’obligation morale de demander et de se prêter mutuellement les Moniales qui seraient jugées nécessaires, soit pour le gouvernement des monastères, soit pour la formation des novices dans un noviciat commun à établir pour tous les monastères ou pour plusieurs d’entre eux, soit enfin pour pourvoir aux autres besoins matériels ou moraux des monastères ou des Moniales.Article 8.§ 1.Le travail monastique auquel les Moniales de vie contemplative doivent aussi s’adonner, doit être autant que possible conforme à la Règle, aux Constitutions, aux traditions de chaque Ordre. 64 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES § 2.Ce travail doit être organisé de telle sorte que, s’ajoutant aux autres sources de revenus approuvés par l’Église (cc.547-551, 582) et aux secours fournis par la Providence, il assure aux Moniales une subsistance certaine et convenable.§ 3.1° Les Ordinaires des lieux, les Supérieurs réguliers et les Supérieures des monastères et des Fédérations sont tenus d’apporter tout leur soin et leur attention pour que le travail indispensable, convenable et rémunérateur ne manque jamais aux Moniales.2° Les Moniales sont de leur côté tenues par obligation de conscience, non seulement à gagner honnêtement à la sueur de leur front le pain dont elles vivent, selon le conseil de l’Apôtre (II Thess., m, 10), mais encore à se rendre, comme les temps l’exigent, de jour en jour plus aptes ou plus habiles pour les divers travaux.Article 9.Pour que toutes les Moniales soient fidèles à leur divine vocation à l’apostolat, elles ne se contenteront pas seulement d’employer les moyens généraux de l’apostolat monastique, mais elles veilleront en outre à observer ce qui suit : § 1.Les Moniales qui ont des œuvres d’apostolat bien définies dans leurs Constitutions particulières ou par des prescriptions de la Règle, sont tenues de s’y adonner et de s’y consacrer fidèlement conformément à leurs Constitutions ou statuts et à ces prescriptions.§ 2.Les Moniales qui professent la vie exclusivement contemplative (nn.19, 22, 2°) : 1° Si, dans leurs propres traditions, elles admettent ou ont admis une forme spéciale d’apostolat extérieur, tout en sauvegardant toujours leur vie contemplative, qu’elles conservent fidèlement, après l’avoir adaptée aux besoins actuels, cette forme spéciale d’apostolat ; si elles l’ont abandonnée, qu’elles veillent à la reprendre avec soin.S’il y a quelque doute qui demeure au sujet de l’adaptation, il faut consulter le Saint-Siège ; 2° Par contre, dans le cas où la vie purement contemplative n’a jamais été jusqu’ici, ni d’après les Constitutions approuvées, ni d’après les traditions, unie d’une façon fidèle et constante à l’apostolat extérieur, alors, ce ne sera que dans les cas de nécessité et pour un temps limité que ces Moniales pourront ou devront du moins par charité s’occuper de ces formes surtout particulières ou personnelles d’apostolat qui paraissent compatibles, selon les règles à fixer par le Saint-Siège, avec la vie contemplative, comme elle est pratiquée dans l’Ordre.Tous les décrets contenus dans ces lettres, nous voulons et ordonnons qu’ils soient stables, fixes, valables, nonobstant toutes clauses contraires, même dignes d’une mention très spéciale.A toutes les copies ou à tous les extraits, même imprimés, signés cependant de la main d’un notaire public et munis du sceau d’un dignitaire ecclésiastique, nous voulons qu’on accorde la même créance qu’on donnerait aux présentes si elles étaient présentées ou montrées.Qu’il ne soit donc permis à personne d’enfreindre cette page de Notre déclaration et décision ou, par une téméraire audace, d’y contredire.Si quelqu’un avait la présomption d’y attenter, qu’il sache qu’il encourrait l’indignation du Dieu tout-puissant et de ses bienheureux apôtres Pierre et Paul.Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 21 novembre, consacré à la Présentation de la bienheureuse Vierge Marie, Vannée jubilaire 1960, la douzième de Notre Pontificat.PIE XII, PAPE. 'îtyartutuzÿe et SéttécUctfott Message des congressistes Les Ordre s, les Congrégations, les Sociétés, les Instituts et toutes les Familles religieuses réunis en congrès convoqué par la S.Congrégation des Religieux sur leur propre renouvellement remercient immensément Sa Sainteté pour son auguste sollicitude et ses sages commandements, expriment les sentiments d'un complet dévoûment, demandent bénédiction apostolique gage de grâces divines, de labeur fécond et de nobles résolutions.RÉPONSE DE PIE XII U hommage commun des religieux de toute ! Ë~ glise réunis à Rome pour examiner à fond leurs devoirs en face des besoins présents de la chrétienté a très agréablement touché le Souverain Pontife, qui, appuyé sur le joyeux espoir que le congrès animera d'un zèle plus vigoureux pour la sainteté les membres de la vie religieuse, les bénit tous avec l'affection de son cœur paternel afin que par l'aide de la grâce de Dieu le monde catholique en reçoive des accroissements majeurs.
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