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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • En son nom
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La vie des communautés religieuses /, 1951-12, Collections de BAnQ.

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XVIE A COMMUNAUTÉS7 RELIGIEUSES' Vol.9, n.10 MONTREAL Décembre 1951 SOMMAIRE DOCUMENT ÉPISCOPAL C.C.C.Communiqué de l'Épiscopat Canadien.289 GOUVERNEMENT Adrien-M.Malo Guide du bon supérieur.291 SPIRITUALITÉ Nérée-M.Beaudet Les trois voies.; 300 HISTOIRE Agnès de Segesser S.Nicolas de Flüe.:.: 304 SPIRITUALITÉ F.C.S.P.Le sommeil durant l'oraison.; 307 Une Clarisse L'espérance—ses objets secondaires 309 La Rédaction Tables de Tannée 1951.314 COMMUNIQUÉS — CONSULTATIONS — COMPTES RENDUS ^198^UEST^U^ORCiStE^^^ONTREMj^5 CANADA LA VIE des COMMUNAUTES RELIGIEUSES publiée par les RR.PP.Franciscains du Canada paraît le 15 de chaque mois, excepté juillet et août en fascicule de 32 pages.Abonnement : $ 2.00 par année Directeur : R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.Conseil de direction : S.E.Mgr J.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr J.-H.CHARTRAND, vicaire général d'Ottawa.M.le Chanoine Cyrille LABRECQUE, directeur de la Semaine Religieuse de Québec.Secrétariat : 1980 ouest, rue Dorchester, Montréal 25, P.Q., Canada.Téléphone : Wllbank 7498, de 2h.à 5h.de l'après-midi tous les jours, excepté le samedi et les fêtes.Imprimeurs et expéditeurs : Les Frères des Écoles Chrétiennes, 959, rue Coté, Montréal 1, P.Q., Canada.© Imprimatur : Nihil obstat : Hadrianus-M.MALO, O.F.M.censor ad hoc t PAUL-ÉMILE, Archevêque de Montréal.Marianopoli die 3a decembri 19 5 1 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes Ottawa IMPRIMÉ AO CANADA PRINTED IN CANADA NSSH 41 LA VIE D€S communnutés ReuGieuses Vol.9, No 10 Montréal Décembre 19 51 DOCUMENT ÉPISCOPAL communiQué D€ ucpiscopat CAnADien Les Archevêques et Evêques du Canada réunis à Ottawa en conven-vention annuelle ont pris connaissance à regret de la marée de matérialisme qui balaie tout le pays.Les manifestations de cet esprit sont nombreuses mais la hiérarchie canadienne désire attirer F attention des fidèles et aussi celle des autorités sur les points suivants: Propagande des idées Les moyens de propagande moderne tels que la radio, la télévision, le théâtre et les revues ne doivent pas devenir des véhicules d'idées subversives, dont les conséquences pratiques ne peuvent pas être évaluées.Les évêques canadiens rappellent à F esprit de tous les hommes sincères qui veulent conserver les gloires de notre civilisation chrétienne qu'il est dangereux de permettre la circulation dans la presse et sur les ondes radiophoniques d'idées qui tendent à détruire les fondations même de la religion et de la moralité dans l'esprit des lecteurs et des auditeurs.Vie selon l’évangile Dans un monde qui est plongé dans l'anxiété et en présence des persécutions qui affligent l'Eglise, les Archevêques et Evêques rappellent aux fidèles qu'ils doivent chercher et suivre un mode de vie qui est plus en accord avec l'esprit de F Evangile.Un sécularisme qui rejette pratiquement Dieu de la vie quotidienne semble être la cause de ces malaises sociaux.C'est par la pratique d'une vie chrétienne exemplaire et par la fréquentation des sacrements que les hommes doivent lutter contre les fléaux de l'alcoolisme et du sensualisme qui menacent la vie familiale et sociale de notre peuple. 290 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES Nécessité de la prière Les Archevêques et Evêques du Canada demandent aux fidèles d'intensifier leurs prières et de conformer leur vies aux directives du Souverain Pontife en confiant à la Reine du Ciel, Notre-Dame du Saint-Rosaire, les idéals élevés de /’Eglise, qui sont toujours paix sur la terre et paix entre les classes sociales.Cette pais sociale doit être fondée sur les vertus surnaturelles de Justice et de Charité et aussi sur l'action prudente, humble et persévérante de tous ceux qui acceptent de coopérer avec la grâce de Dieu.Ottawa C.C.C.LES FONDATEURS SE SONT ADAPTES A LEUR TEMPS La plupart du temps les législateurs des instituts religieux ont conçu leur œuvre, alors nouvelle, pour répondre à des besoins ou rendre des services qui naissaient dans l’Eglise et ne souffraient aucun retard : c’est à leur temps par conséquent qu’ils adaptaient leurs entreprises.Que si vous voulez suivre l’exemple de vos pères faites, vous vous aussi, comme ils ont fait.Pie XII, discours au congrès des religieux, 8 déc.1950 OBLIGATION DE S’ADAPTER Il y a des circonstances, et elles sont nombreuses, où vous pouvez et devez vous conformer au caractère et aux besoins des hommes et des temps.Ce travail d’adaptation d’ailleurs est déjà en grande partie chose faite, et maintenant, après la mise en commun de vos idées et de vos résolutions, il est pleinement et abondamment préparé.Pie XII, discours au congrès des religieux, 8 déc.1950 CE QUI NE DOIT PAS CHANGER DANS L’ÉTAT RELIGIEUX Il existe un patrimoine de l’Église, conservé intact dès ses origines, demeuré inviolable au cours des siècles, toujours parfaitement adapté aux besoins et aux vœux du genre humain .L’état religieux dans ses visées essentielles fait partie de ce patrimoine.Vous devez le réaliser avec le plus grand zèle pour vous sanctifier grâce aux secours et aux moyens qu’il vous offre, pour sanctifier aussi les autres par votre activité directe ou indirecte, afin que ceux-ci, toujours plus abondamment munis de la grâce divine, vivent et meurent pieusement.Pie XII, discours au congrès des religieux, 8 déc.1950 BUTS DE l’ÉTAT RELIGIEUX Les buts qui resplendissent devant vous ., ce sont la perfection chrétienne et le salut du genre humain.Votre part à vous, c’est d’user des moyens les plus efficaces, savoir des conseils évangéliques ., pour vaincre dans une guerre assidue la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie, I Jo 2,16, grandir ainsi de plus en plus en sainteté et devenir d’ardents auxiliaires de Dieu pour sauver la famille humaine.Pie XII, discours au congrès des religieux, 8 déc.1950 GOUVERNEMENT GUID6 DU BOn SUP6RI6UR Répondant à la pressante invitation des lecteurs de La Vie des Communautés Religieuses, nous leur présentons une traduction nouvelle de l’opuscule de saint Bonaventure intitulé Les Six Ailes du Séraphin, Guide du bon supérieur.1 2 Bien que cette demande suppose déjà la connaissance et l’estime du saint docteur et de son œuvre, il nous paraît indispensable de les entretenir quelque peu de sa vie, du présent écrit et de notre traduction.i Sa vie Le R.P.Ephrem Longpré, O.F.M., a publié dans le Dictionnaire d’Histoire et de Géographie ecclésiastiques2 une magistrale étude sur la vie de saint Bonaventure.Autant pour rendre hommage à la compétence indiscutable de ce savant du Canada que pour offrir à nos lecteurs une information de première valeur, nous croyons agir sagement en reproduisant ici la substance de cette riche documentation.C’est en 1221, dans une petite ville d’Italie, appelée Bagnorea et située à mi-chemin entre Viterbe et Orvieto, qu’aux époux Jean de Fidanza, médecin de profession, et Maria Titella naît un fils.Il reçoit au baptême le nom de Jean.Atteint dès son enfance d’une grave maladie, il est voué à saint François d’Assise qui lui conserve la vie.Il garde de cette intervention une reconnaissance si profonde qu’après ses études à la faculté des arts de Paris de 1236 à 1242, il entre, vers l’âge de vingt-deux ans, dans l’ordre de saint François et y prend le nom de Bonaventure.Comme tous les saints il doit soutenir des luttes très vives.L’aveu qu’il en fait a échappé à ses biographes.Il étudie à Paris la théologie sous Alexandre de Haies qui jouissait alors d’une autorité sans rivale et dont il subit fortement l’ascendant.Plus que les scolastiques et les philosophes, il fréquente l’Ecriture sainte et les Pères, en particulier saint Augustin.En 1248, il débute dans l’enseignement à Paris en qualité de bachelier biblique.Il y reçoit la maîtrise en théologie, vers 1253, et joue un rôle important dans la défense des ordres mendiants.1.En vente $1.00 aux Éditions Franciscaines, 2080 ouest, rue Dorchester Montréal, 25.Canada.2.T.9.colonne 741 à 788.Paris, 1937. 292 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES A l’âge de 36 ans, il est élu à Rome ministre général de son ordre.Pendant dix-huit ans, il déploie une rare activité et parcourt la plus grande partie de l’Europe.Il codifie la législation antérieure de son ordre et en fortifie l’organisation : ces travaux lui ont valu le titre de second fondateur de l’ordre franciscain.Il jouit des faveurs d’Alexandre IV, qui comble son ordre de privilèges spirituels; il prend part au mouvement eucharistique qui marque les derniers mois d’Urbain IV ; il est nommé par Clément IV, le 24 novembre 1265, archevêque d’York en Angleterre, et croit devoir refuser cet honneur par amour de la pauvreté et de l’humilité.Il ne perd aucune occasion de promouvoir dans son ordre le culte marial.Promu cardinal le 23 mai 1273, il est sacré évêque d’Albano le 11 ou 12 novembre suivant par le pape Grégoire X.Il remplit un rôle de premier plan au second concile œcuménique de Lyon, dont la première séance a lieu le 7 mai.Le 28 juin suivant, l’union de l’Eglise grecque est scellée.Au cours de la messe papale, le cardinal Bona-venture prononce le sermon.C’est son dernier acte.Bientôt il tombe malade et le 15 juillet, après avoir reçu miraculeusement le viatique, il s’éteint à l’âge de 53 ans.Ses funérailles ont lieu le dimanche dans l’église franciscaine de Lyon.Le pape Grégoire X y assiste escorté de tous les prélats présents au concile et de la curie.L’oraison funèbre est prononcée par le dominicain Pierre de Tarentaise, archevêque d’Ostie; il choisit comme texte les paroles de David : Je pleure sur toi, Jonathas mon frère.Le chroniqueur du deuxième concile œcuménique de Lyon affirme que cette oraison funèbre fut réellement interrompue par les pleurs3.Le même chroniqueur décrit saint Bonaventure en ces termes : (( Homme de science et d’éloquence éminentes, remarquable par sa sainteté, sa vie, sa sympathie, ses manières excellentes, bon, affable, pieux, indulgent, riche en vertus, aimé de Dieu et des hommes.Dieu lui avait accordé cette grâce que tous ceux qui le voyaient étaient immédiatement pris d’affection pour lui )).Au cours de la cinquième session du concile, le pape Grégoire X rappelle avec douleur la mort du frère Bonaventure ; et — fait unique dans l’histoire ecclésiastique — il ordonne à tous les prêtres du monde entier de célébrer une messe pour l’âme de l’éminent défunt.3.Voir Mansi, Concilia, ed.regia, t.28, p.526. GUIDE DU BON SUPERIEUR 293 Il est canonisé le 14 avril 1482 et proclamé docteur de l’Église le 14 mars 1588.LES SIX AILES DU SERAPHIN Au milieu de ses voyages et de ses prédications, saint Bonaven-ture ne cesse pas de rédiger des écrits.Il laisse en mourant une imposante production littéraire.Comme il domine toute la mystique franciscaine, de nombreux et importants ouvrages se sont couverts de son nom.Ses œuvres ont fait l’objet d’une admirable édition critique, établie par les franciscains de Quaracchi ; elles remplissent 11 volumes publiés de 1883 à 1902 et intitulés : Doctoris Seraphici S.Bonaventurce S.R.E.Episcopi Cardinalis Opera omnia.L’opuscule Les Six Ailes du Séraphin y apparaît à côté de La Triple voie, de Y Itinéraire de Lame à Dieu, du Soliloque, parmi les œuvres mystiques au t.8 p.131 à 151.Comme tous les écrits mystiques, il date du généralat de saint Bonaventure.Cet opuscule appartient certainement à saint Bonaventure.Trois témoignages franciscains d’une valeur exceptionnelle en font foi : celui de Guillaume de Rubione, ministre provincial d’Aragone ; celui de Barthélemy de Pise ; celui de Guillaume de Vorilong.Ces deux derniers remontent au XIVe siècle.Le premier dans son Commentaire sur les Sentences, approuvé par le ministre général Guiral Ot en 1333, attribue expressément à saint Bonaventure Les Six Ailes du Séraphin.Le catalogue d’Oudin, l’édition de Venise et le compilateur Sbaralea, reproduisent comme irrécusables ces preuves d’authenticité.A plus d’un, le titre de l’ouvrage semblera étrange.Pour l’expliquer, nous citons quelques paragraphes du prologue de Y Itinéraire de Lame à Dieu.(( A l’exemple de notre Père saint François, moi son indigne successeur et le septième ministre général de son ordre, tout pécheur que je suis, je soupirais ardemment après cette paix de l’âme, lorsque Dieu m’accorda le bonheur, la trente-troisième année après la mort du bienheureux Père, et vers l’anniversaire de son trépas, de me retirer sur le mont Alverne, comme en un lieu de repos et avec le désir de goûter la paix du cœur.Là, tandis que je méditais sur les ascensions de notre âme vers Dieu, le souvenir du miracle accompli sur cette montagne, en faveur du bienheureux François : la vision du Séraphin ailé et crucifié, se présenta à mon esprit.Il me sembla aussitôt que cette vision représentait le ravissement du bienheureux Père et indiquait la voie qu’on devait suivre pour y arriver. 294 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES (( En effet, les six ailes du Séraphin peuvent très bien désigner six élévations différentes par lesquelles Tame comme par autant de degrés et de voies se dispose à la possession de la paix par le moyen des ravissements extatiques de la sagesse chrétienne.Mais la voie qui conduit à la paix n’est autre que l’amour très ardent du Crucifié.C’est cet amour ardent qui, après avoir ravi saint Paul au troisième ciel, le transforma tellement en Jésus-Christ, qu’il s’écriait : « Je suis crucifié avec Jésus-Christ.Je vis, mais ce n’est plus moi qui vis, c’est Jésus-Christ qui vit en moi ))4.C’est cet amour qui pénétra si vivement l’âme de François qu’il laissa son empreinte dans sa chair en y gravant, deux ans avant sa mort, les stigmates sacrés de la Passion.« Les six ailes du Séraphin représentent donc six illuminations progressives qui, partant du monde sensible, nous conduisent à Dieu dans la contemplation duquel personne ne peut entrer que par Jésus crucifié ».Dans le présent opuscule, les six ailes représentent les six principales vertus nécessaires au supérieur : les deux qui s’élèvent au-dessus de sa tête signifient le zèle pour la justice et la pitié ; les deux qui couvrent son corps et ses pieds symbolisent la patience et la vie exemplaire ; les deux qui soutiennent le vol parlent de prudence et de dévotion.Il ne faudrait pas conclure que les supérieurs soient les destinataires exclusifs de l’ouvrage.A la fin de l’épilogue, saint Bonaventure indique clairement que chaque religieux ayant à diriger sa propre conduite devra se soutenir et s’élever par de semblables vertus.Trois points particuliers de l’ouvrage frappent le lecteur : les citations bibliques, la connaissance de l’âme humaine et la doctrine sur l’autorité.Les citations bibliques portent la marque de leur temps.Elles sont prises dans la Vulgate qui vient alors d’être divisée en chapitres en 1204 par Etienne Langton et qui ne connaît pas encore l’indication des versets introduite seulement en 1548.Elles se présentent avec une abondance qui surprend.C’est que la Bible occupe une place importante non seulement au moyen âge mais tout particulièrement dans la vie de saint Bonaventure.A Paris, il débute dans l’enseignement à titre de bachelier biblique.Il 4, Galates 2, 20, GUIDE DU BON SUPERIEUR 295 commente l’Évangile selon saint Luc, le livre de l’Ecclésiaste, de la Sagesse, l’Evangile selon saint Jean.En plus de ces commentaires dont le texte est parvenu jusqu’à nous, il en a écrit d’autres, encore inconnus aujourd’hui, sur le Cantique des cantiques, le livre des Proverbes, l’Apocalypse, les épitres Catholiques, le livre de Job, les épitres de saint Paul.Puis parlant de l’usage des sciences en théologie saint Bonaventure écrit : (( Il ne faut pas mêler une si grande quantité d’eau de la philosophie au vin de la théologie »5.Enfin il consacre sept de ses Conférences sur l'Hexaméron, dernier monument de son génie, à la description des lumières qui viennent des saintes Ecritures.Ces considérations expliquent que, dans le présent écrit comme dans tous les autres de saint Bonaventure, les textes bibliques soient cités à profusion.Ils y jouent les rôles les plus variés depuis la simple association de mots jusqu’à la preuve rigoureuse.Un deuxième objet d’étonnement réside dans le caractère psychologique de l’opuscule.Saint Bonaventure manifeste une connaissance peu ordinaire de l’âme humaine, de ses plis et replis, de ses mobiles et de ses réactions.Par la richesse des analyses, la distinction des attitudes et la délicatesse de ses interprétations, il se révèle un fin psychologue.En guise de confirmation qu’on lise l’un ou l’autre des passages suivants : les quatre sortes d'hommes qu'on appelle bons c.2 ; les maladies corporelles et spirituelles c.3 ; les sentiments d'un supérieur en face des lents progrès spirituels de ses sujets c.4,n.3 ; les tentations des supérieurs c.4,n.9 ; c.6,n,18 et 19 ; l'obligation pour un supérieur d'être égal avec tous ses sujets c.5,n.7 ; la correction des délinquants c.6,n.8 et 9.Malgré cette pénétrante observation, il entretient au sujet de ses semblables la plus réconfortante humanité.Ses développements sur les soins à donner aux malades c.3, la nécessité de pourvoir aux besoins corporels c.4,n.2, l’affabilité du supérieur c.5,n.4, l’adaptation des observances religieuses aux forces de chacun c.6,n.4, démontrent une inépuisable sympathie.Il a certainement puisé cette remarquable mansuétude au cœur de Jésus qui (( sachant ce qu’il y a dans l’homme ))6 a cependant voulu répandre à pleines mains les marques de sa divine condescendance.Le dernier point d’étonnement du présent opuscule se trouve dans la doctrine de saint Bonaventure sur l’autorité.Inutile d’éta- 5.Opera omnia t.5,p.422.6.Jean 2,25. 296 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES blir que pour lui les charges constituent moins des honneurs et des sources de privilèges que des postes de service et un état de dévouement.Saint Bonaventure l’enseigne expressément en citant au chapitre 5,no 3, le texte classique de saint Luc 22,26-27.Mais surtout il enjoint avec insistance aux supérieurs de se faire aimer et de favoriser une obéissance qui procède de l’amour.Pour obtenir l’obéissance, l’autorité peut s’appuyer sur trois motifs distincts.Le premier, emprunté à la justice sociale, reconnaît que profiter des avantages d’une vie en commun, c’est accepter de faire sa part pour le bien-être de la communauté.Il s’agit alors de l’obéissance commune que tout chef légitime peut exiger de ses sujets.Le deuxième dérive de la volontaire profession du vœu d’obéissance et reçoit son impulsion de la vertu de religion.Il s’agit alors de la soumission que tout supérieur religieux peut imposer à ceux qui se sont donnés à Dieu par les vœux de religion.Le troisième commande d’obéir aux hommes qui gouvernent au nom de Dieu, non pas tant parce que Dieu est le souverain seigneur, que parce qu’il mérite tout amour.Ainsi commandée l’obéissance devient un acte direct d’amour très pur et très parfait.Elle réalise cet aspect de l’amour qui est soumission et abandon à celui qu’on aime.Les trois motifs se complètent et se perfectionnent : ils possèdent chacun leur propre efficacité.Le premier peut ébranler une psychologie surnaturelle encore frustre et grossière ; le deuxième appartient spécialement à tous ceux qui se sont engagés par vœu à la pratique des conseils évangéliques ; le dernier, celui de l’amour, convient mieux à des sentiments délicats et affinés en même temps qu’il s’avère le mobile le plus parfait et le plus puissant.Dans la salutation des vertus, saint François d’Assise rapproche l’obéissance de l’amour.(( Salut, écrit-il, dame sainte Charité, que Dieu te sauve avec ta sœur sainte Obéissance ! » Saint Bonaventure a soigneusement appris la leçon.Pour être complet, il faudrait mentionner la solide spititualité de l’opuscule et surtout les nombreuses pensées frappées à l’emporte-pièce qui en émaillent les chapitres et mériteraient d’enrichir les anthologies.NOTRE TRADUCTION La haute personnalité morale de l’auteur contenait une recommandation pour tous ses ouvrages.Elle était admirée dans toute GUIDE DU BON SUPÉRIEUR 297 l’Église de Dieu depuis que dans la bulle Summo Pastori du 24 novembre 1264 Clément IV avait écrit de saint Bonaventure : « Nous admirons en vous l’austérité de la religion, l’éclat de la vie, la pureté de la conduite, l’éminence de la science, la circonspection de la prévoyance, le maintien de la gravité.De plus nous admirons que vous ayez gouverné tout votre ordre si longtemps et si heureusement en y portant fidèlement et en y exerçant salutairement la charge de ministre général pour le grand honneur et progrès du même ordre ; que vous vous soyez appliqué continuellement à vivre sans faute dans l’observance régulière ; que toujours protégé par la grâce divine vous vous soyez partout et presque pour tous rendu aimable et bienveillant »7.Dans notre cas, l’œuvre ajoute sa valeur réelle.« Du commencement à la fin, écrit Bonelli, saint Bonaventure manifeste une très grande connaissance des divines Ecritures et un véhément désir d’aider sujets et supérieurs.Par l’exposé lui-même, on peut clairement démontrer avec quelle intégrité, piété, modération, prudence, sagesse et sainteté il gouverna l’ordre franciscain ; car on ne peut douter qu’il n’ait appliqué le premier à la perfection les règles très salutaires de gouvernement spirituel qu’il explique dans son opuscule.Plût à Dieu que sujets et supérieurs feuillettent cet opuscule jour et nuit pour y apprendre la règle très sainte de l’obéissance pour les uns, du commandement pour les autres ! Quiconque s’y conformera se sanctifiera au contact d’un saint ))8.Deux écrivains de la Compagnie de Jésus ont prononcé sur l’opuscule un jugement qu’il convient de souligner.(( Saint Bonaventure, écrit le jésuite italien Jules Nigronio, a laissé à la postérité un petit livre d’or, qui a pour titre Les Six Ailes du Séraphin.Il contient les règles du gouvernement religieux.Parce que cet écrit est conforme à notre esprit et à la manière de procéder en usage dans la Compagnie, le P.N.Claude Aquaviva en a ordonné l’impression et la distribution dans toutes les provinces afin de permettre surtout à nos supérieurs de le lire et de mettre en pratique la doctrine d’un si grand homme )).De son côté, le jésuite espagnol Jean-Paul Foncio corrobore ce fait.(( Dans la Compagnie de Jésus, dit-il, qui en matière de livres est tenue par un vœu, nous tenons en très haute estime le traité Les Six Ailes du Séraphin ; aussi dans nos bibliothèques occupe-t-il presque la même place que les livres de notre institut »9.7.Opera omnia t.l0,p.57.8.Ibid., t.8,p.LX.9.Ibid. 298 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Ces éloges mérités ont contribué à la multiplication des éditions, après la première publication de l’opuscule faite à Strasbourg en 1465.Pour la même raison l’ouvrage fut traduit en plusieurs langues.La première traduction française semble dater de 1648, alors que le frère mineur Barthélemy d’Astroy publia Bréviaire des Prélats et Supérieurs ou Traité des six aisles des Séraphins par le docteur séraphique sainct Bonaventure, traduit et dédié à Jésus-Christ et à tous les prélats pour étrenne de Tan 1648, par un Récollet de Liège.En 1650, le jésuite Jean Cornuty de la province de France publiait Le prélat accompli par le Docteur Séraphique sainct Bonaventure, ou traité des six ailes des Séraphins, mis en français.En 1860 un autre jésuite français publiait Les six ailes du Séraphin, ou traité sur les principales vertus nécessaires à un bon supérieur, par saint Bonaventure , traduit par le R.P.Possoz, S.J.Au Canada, l’œuvre est connue grâce à la retraite prêchée aux supérieures de plusieurs communautés par S.E.Mgr Colomban-Marie Dreyer, O.F.M.délégué apostolique en Indochine, alors qu’il était chez nous provincial des Franciscains.Ces instructions basées principalement sur saint Bonaventure furent réunies en volume sous le titre de Conseils aux supérieures, par les soins de la T.R.M.Praxède Filiatrault, supérieure générale des Sœurs Grises de Montréal.Appelé à examiner le texte, M.Charles Lecoq, supérieur de Saint-Sulpice, formule son jugement en ces termes : « C’est de l’or pur, vénérée Mère.Veuillez faire imprimer sans changement )).La supérieure générale ajoute : (( Ce livret est à l’usage de la supérieure de chaque maison ; il ne devra en aucun temps être transféré d’une maison à une autre, ni d’une personne à une autre.Je prie nos chères supérieures locales de le tenir bien près d’elles et de s’en nourir souvent ».10 Il était tout naturel qu’on sentît chez nous le désir de posséder le texte intégral de saint Bonaventure.La demande nous en fut exprimée quand en 1942 nous lancions la revue mensuelle La Vie des Communautés Religieuses.De mars 1944 à mars 1945 nous en avons publié une traduction dont de nombreux lecteurs bienveillants nous 10.L’exemplaire que nous avons entre les mains appartient aux archives de la province fransciscaine du Canada.Il compte 32 pages de 5% x 3J^pouces et porte la date suivante : Retraite annuelle, 1908, Nous savons qu’il existe d’autres éditions de ces instructions, GUIDE DU BON SUPERIEUR 299 ont prié de faire un volume.Le voici.Il dira clairement notre unique ambition : Rendre avec la plus exacte fidélité la riche doctrine surnaturelle de saint Bonaventure, franciscain, cardinal et docteur de la sainte Eglise.Pour obtenir cette fidélité nous disposons d’une* ressource que ne possédaient pas les traducteurs précédents.La grande et définitive édition des Fransciscains de Quaracchi nous présente un texte d’une réelle valeur critique dont nous sommes heureux de faire notre guide.Au début de l’année 1952 qui marque le Xe anniversaire de La Vie des Communautés Religieuses, ce volume veut exprimer notre reconnaissance à Dieu, auteur de tout bien ; à Jésus, le religieux par excellence du Père éternel ; à Marie, qui dans son assomption glorieuse reçoit l’ineffable récompense d’une vie consumée au service du Seigneur ; à Pie XII, le supérieur suprême et le docteur providentiel de tous les religieux ; à S.E.Mgr Udebrando Antoniutti, délégué apostolique du Canada et protecteur insigne de notre œuvre ; à NN.SS.les Archevêques et Évêques du Canada qui ont permis la publication et favorisé l’expansion de notre revue ; au Rme P.Augustin Sepinski, O.F.M., successeur de saint Bonaventure dans la charge de ministre général et soutien paternel de nos labeurs.aux dévoués collaborateurs qui ont soutenu nos efforts par une collaboration généreuse et désintéressée ; à tous les supérieurs des admirables communautés de chez nous qui nous ont témoigné leur précieuse confiance ; aux RR.FF.des Écoles Chrétiennes, imprimeurs clairvoyants et expéditeurs avisés de notre revue ; enfin aux religieuses et aux religieux qui gravissent courageusement les sommets de la perfection chrétienne.A tous nos lecteurs nous transmettons le souhait de l’auteur : « Qu’en toutes choses Dieu les protège, les dirige, les fasse croître et enfin les fasse s’envoler vers les cieux.Daigne Jésus-Christ nous accorder cette faveur.Ainsi soit-il )).Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M. SPIRITUALITE L€S TROIS VOI6S D€ Lfl Vl€ SPIRITU6LL61 Il s’agit de l’opuscule du Docteur Séraphique, saint Bonaventure, connu encore sous le titre d'Incendie d'Amour.Le R.P.J-Fr.Bonnefoy, O.F.M.en présente une traduction nouvelle sous le même titre que cet article.Les trois voies classiques : purgative, illuminative et unitive, s’entendent différemment selon les auteurs.Les uns identifient les trois voies avec les trois étapes de la vie spirituelle : commençants, progressants et parfaits.Il faut se défaire de cette conception, si l’on veut comprendre le traité des trois voies de saint Bonaventure.Selon lui, chaque voie a ses degrés par lesquels on s'élève des profondeurs de la misère jusqu' au sommet de la perfection.Cette doctrine est facile à comprendre, si l’on s’est fait une notion exacte de ce qu’il appelle les voies.SENS DU MOT « VOIE » Le bonheur du ciel est fait de trois éléments : 1) possession éternelle de la paix souveraine ; 2) vision face à face de la vérité souveraine, et 3) pleine jouissance de la bonté ou charité souveraine, ainsi que l’explique saint Bonaventure.Si le bonheur du ciel est paix, vérité et charité, il nous faut, pour mériter d’y être introduits, acquérir ces mêmes dispositions dans toute la mesure où la chose est possible ici-bas.La gloire est en effet non seulement la récompense de la grâce, mais sa continuation, son épanouissement.La vie éternelle commence sur cette terre.Pour se préparer au bonheur du ciel, fait de paix, de lumière et d’amour, il faut donc, dès ici-bas, établir en nous la paix, la vérité et la charité.Mais comment y parvenir ?Pour arriver à la paix, il faut se purifier de ses fautes, s’éloigner du mal.Pour s’établir dans la vérité, il faut la mettre en pratique, la faire, selon l’énergique expression de Notre-Seigneur : (( Celui qui qui fait la vérité arrive à la lumière )).Nous serons (( vrais » dans la mesure où nous serons conformes à Jésus-Christ, modèle de toute perfection.Pour parvenir à la charité parfaite, il faut s’entraîner progressivement à I’union avec dieu, puisque l’amour est par nature une force unitive.1.Volume de 144pp.en vente $0.50 aux Éditions Franciscaines, 2080 ouest rue Dorchester, Montréal. LES TROIS VOIES 301 En résumé, le moyen ou, si Ton veut, la voie pour arriver à la paix est la purification de l’âme, et se nomme de ce fait voie purgative ; la voie pour arriver à la vérité est l’imitation de Jésus-Christ, la vraie lumière : elle est dite voie illuminative ; la voie pour arriver à la charité parfaite est l’union avec Dieu : on l’appelle voie unitive.Ce nom de voie est en définitive synonyme de moyen et désigne l’ensemble des actes par lesquels une âme acquiert l’un des trois éléments constitutifs de la perfection d’ici-bas, à savoir la paix, la vérité et la charité.LES ÉTAPES DE LA VIE SPIRITUELLE Dès la plus haute antiquité on divisait les chrétiens en trois groupes : ceux qui débutent dans le chemin de la perfection, ceux qui sont déjà bien en route et ceux qui approchent du terme de leurs efforts ; ou, pour faire court : les commençants, les progressants et les parfaits.Ce qu’il importe de bien remarquer, c’est que cette division ne s’identifie pas avec celle des trois voies.Que l’on soit encore débutant ou que l’on soit déjà entraîné depuis longtemps, il est toujours nécessaire de fuir le mal, d’imiter le Christ et de chercher Dieu dans la prière.Chaque voie a ses degrés.Saint Bonaventure en indique sept.C’est ici qu’il trace un merveilleux programme de sanctification.Il marque d’une manière réaliste les degrés successifs dans la triple montée vers la paix, la vérité et la charité ; montée simultanée aussi, un pas vers la paix, un pas vers la vérité, etc, pour aboutir en même temps au sommeil à Vombre du Christ.(7e pas vers la paix) ; à une intuition profonde des mystères (7e pas vers la vérité) ; à l'union de l'amour (7e pas vers la charité) : trois expressions différentes, nuancées, pour décrire l’âme en contemplation.LES EXERCICES SPIRITUELS Comment s’entraîner, s’exercer dans ces trois voies ?Par les trois exercices que sont la méditation, la prière et l’oraison.La méditation est un travail de l’esprit sur les vérités surnaturelles tendant à provoquer de bons sentiments et de bonnes résolutions.En vue de guider son lecteur, le Docteur Séraphique propose un choix de sujets de méditation adaptés à chacune des trois voies.La prière.L’expérience enseigne que certains chrétiens se font une conception étriquée de la prière.Ils prient quand le malheur les 302 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES menace ou les visite ; uniquement préoccupés de leurs intérêts matériels, ils oublient de demander pardon ; et quant à remercier des bienfaits quotidiens, c’est le dernier de leurs soucis ! Pour prévenir cet appauvrissement, saint Bonaventure a tracé le programme de la prière complète.L’âme doit d’abord reconnaître sa misère ; elle doit en second lieu implorer la grâce ; et enfin elle doit adorer, louer Dieu et le remercier, et s’élever ainsi jusqu’à l’amour.Quel que soit le but poursuivi (paix, vérité ou charité) la prière doit toujours être complète, comprendre les actes qui viennent d’être sommairement énumérés.Toute prière parfaite doit avoir ces trois parties.Id une d'elles ne suffit pas sans les autres et ne peut conduire au but.Il faut donc toujours les unir.\ L’oraison décrite par tous les Maîtres, est caractérisée par le fait qu’elle s’amorce normalement par la méditation, mais donne la prédominance aux affections.Elle s’appelle, selon le progrès, (( oraison affective » ou (( contemplation )).L’oraison constitue un sujet d’importance capitale en théologie spirituelle, puisqu’elle est l’exercice par excellence de la perfection.A défaut d’un traité qui s’impose mais ne peut trouver place dans cet article, voici, sous une comparaison inspirée de saint Bonaventure, un bon résumé de sa doctrine : Les âmes qui en sont encore à la méditation sont comme en hiver : peu de lumière, car le soleil est bas sur l'horizon, et les journées sont courtes ; et encore moins de chaleur : le soleil de la grâce ne fait qu'effleurer l'âme.Les âmes qui sont élevées jusqu à la contemplation imparfaite, sont comme au printemps : il y a un peu plus de chaleur, mais surtout plus de lumière.Le soleil brille et les jours s'allongent ; déjà il fait bon, mais ce ne sont pas encore les grandes chaleurs.Les âmes que Dieu invite aux joies de la contemplation parfaite sont à la fois en été et en automne.L'été avec sa lumière éblouissante et ses grandes chaleurs représente exactement l'aveuglement des facultés cognitives, aveuglement provoqué par l'excès meme de la lumière, et les ardeurs que celle-ci communique à l'âme; tandis que la douceur des fruits de l'automne symbolise la suavité que goûte l'âme, comme la fin des grands travaux des champs indique le repos qui lui est accordé.C’est ainsi que le traducteur conclut les vingt pages substantielles de son introduction qu’il consacre à I’oraison.Qui désire connaître la doctrine spirituelle du Prince des théologiens mystiques (Mgr Waffelært) doit étudier les Trois Voies.Ses meilleurs disciples sont unanimes à proclamer que tout son enseignement spirituel est résumé dans cet opuscule de haute valeur. LES TROIS VOIES 303 Ce traité mérite une place de choix dans la bibliothèque de tout maître et maîtresse en éducation spirituelle.Guidés par un spécialiste en la matière tel que l’auteur de Le Saint-Esprit et ses dons selon saint Bonaventure ces éducateurs profiteront grandement de cet ouvrage qui est un programme de vie plus quun recueil de méditations.Montréal P.Nérêe-Marie O.F.M © origine de l’état religieux D’origine ecclésiastique l’état religieux doit précisément son existence et sa valeur au fait qu’il se rattache étroitement à la fin propre de l’Église, qui est de conduire les hommes à la sainteté.Bien que tout chrétien doive tendre à cette cime sacrée sous la conduite de l’Église, le religieux cependant s’y dirige par un chemin qui lui est tout à fait propre et par des moyens d’une nature plus élevée.Pie XII, discours au congrès des religieux, 8 déc.1950 CLERGÉ SÉCULIER ET CLERGÉ RÉGULIER Quant à leur différence, leurs mutuels rapports, le labeur à leur confier à chacun dans l’œuvre du salut, tout cela le Christ en a laissé la détermination aux besoins des diverses époques ou, pour définir plus expressément notre pensée, il en a confié la décision au jugement de l’Église.Pie XII, discours au congrès des religieux, 8 déc.1950 NECESSITE DES CONTEMPLATIFS Les Ordres religieux consacrés à la vie contemplative sont en un certain sens nécessaires à l’Église, à qui ils assurent une gloire qui n’a pas diminué et la profusion des grâces célestes.Pie XII, discours au congrès des religieux, 8 déc.1950 necROLOGie RR.FF.Edmond Brière, Joseph-Arthur Lemieux, C.S.V.— R.F.Joseph-Emile Larocque, O.M.I.— RR.SS.Léonille Allaire, Agnès Chamberland, A.S.V.— RR.SS.Marie Henriette Joyce, Marie-Emma Pelletier, C.N.D.— RR.SS.Marie-Emélie Gauthier, Marie-Anna Paillé, Marie-Bernadette Piché, F.C.S.P.— R.S.Normandine Daoust, P.F.S.J.— R.S.Angélina Laroche, P.S.S.F.— R.S.Évélina Lépine, S.C.— R.S.Sophie Ladouceur, S.G.M.— RR.SS.Marie-Léocadie Blain, Imelda Laroche, Blanche Pelletier, S.S.A.— R.S.Emma Gariépy, R.H.— R.S.Évélina Frédette SS.NN.J.M.— R.P.Onésime Lacouture, S.J. HISTOIRE sfiinT mcoLfis De fLüe, Patron de la Paix Le 15 mai 1947, entouré d’une illustre assemblée et au milieu d’une foule émue, Sa Sainteté Pie XII a déclaré dans la Basilique de St.Pierre Nicolas de Flüe comme étant un Saint.Qui était cet homme ?quand vivait-il ?et qu’est-ce qu’il a fait pour mériter cet honneur insigne entre tous ?Le cadre de sa vie c’est la Suisse.Ce petit pays, connu pour sa beauté et sa liberté séculaire, est situé au centre de l’Europe.Elle en est, avec ses hautes montagnes en quelque sorte le pivot géographique et politique, plus que jamais pendant les deux guerres mondiales.Le passé du pays fut bien souvent déchiré par des luttes intestines et le conflit que S.Nicolas réussit à apaiser peut sans exagération être mis en parallèle avec les conflagrations actuelles : une victoire, suivie d’interminables querelles.Car il ne faut jamais oublier le fait historique, qu’autrefois les grands Etats étaient plus petits, et les petits plus importants qu’aujourd’hui.Et nous ne savons que trop bien que les motifs et les mobiles humains ont toujours été les mêmes et le resteront sans doute.Voilà pourquoi l’histoire est nommée à juste titre la grande éducatrice des peuples.En deux mots le scenarium : Les trois cantons primitifs suisses étaient dès 1291 réunis en une Confédération, à laquelle tour à tour se joignirent par pactes et traités d’autres petits états souverains, cités et communes rurales.Ils surent défendre leur indépendance contre les puissants voisins, les ducs d’Autriche et de Bourgogne et ils en triomphèrent en de nombreuses rencontres.Après avoir vaincu le duc de Bourgogne, un butin fort riche provoqua des disputes.D’autre part la prépondérance des cités grandit sans cesse et finit par inquiéter les Communes rurales qui refusèrent pour ce motif l’admission de Fribourg et de Soleure.La dissension devint telle qu’une guerre civile menaçait d’éclater.Elle aurait amené la ruine de la Suisse.Les délégués au congrès de Stans (dit Diète de 1481) étaient sur le point de lever séance en colère et haine.Alors le curé du lieu se rendit en une course nocturne désespérée auprès de l’ermite Nicolas pour lui demander son ultime conseil.De retour il pénétra dans la salle du congrès, y apportant le message et les exhortations du saint anachorète.Et voici que le miracle s’opéra ; on l’écouta ! Les S.NICOLAS DE FLUE 305 esprits se calmèrent et ce qui, humainement parlé avait paru impossible, se réalisa : Une paix véritable et durable fut conclue en moins d’une heure.Dans tout le pays on sonna les cloches pour annoncer l’heureux événement et des feux furent allumés partout.Ce traité de paix a servi de base pour l’édifice de la Confédération suisse jusqu’à nos jours.Nous nous demandons avec étonnement qui donc était ce personnage Nicolas, dont l’ascendant fut si grand pour influencer des hommes durs, des guerriers et des hommes d’état d’une trempe de fer ?Et la réponse n’est pas moins étonnante : ce fut un humble ermite qui vécut au fond d’un ravin sauvage, sans manger ni boire pendant vingt années, uniquement soutenu par le pain eucharistique.Tout cela est authentiquement vrai et attesté par une érudition historique minutieuse.La vie de cet ermite n’est rien moins qu’une merveille de la Providence.Nicolas de Flüe naquit en 1417 au hameau de Flüeli dans le canton d’Obwald.Libre citoyen, paysan aisé, il jouit de l’estime générale.Ses concitoyens lui confièrent les fonctions de juge et de conseiller.Sa modestie lui fit décliner la dignité de Landam-mann, soit de premier magistrat de ce petit état souverain.Sa compagne était digne de lui.Dieu leur donna dix enfants.Si Nicolas est devenu le Saint, le Pacificateur, c’est bien le mérite du sacrifice de son épouse.Elle voyait son mari prier pendant la nuit, elle observait son jeûne sévère et son mysticisme grandissant.Un jour il lui confia sa certitude que Dieu l’appelait à une vie d’ermite.Son confesseur lui expliqua qu’il n’avait pas le droit de quitter sa famille à moins que son épouse y consente librement et qu’elle vive désormais comme veuve.Dorothée aurait pu refuser : nous savons qu’elle n’est arrivée à se plier à la volonté divine qu’après de longues et dures luttes intérieures, car leur vie de famille était des plus heureuses, des plus unies et l’enfant cadet n’avait que seize semaines.Finalement les époux se résignèrent au grand sacrifice.En octobre 1467 Nicolas quitta sa famille.Après de douloureuses pérégrinations que Dieu dirigeait visiblement, il établit sa demeure au milieu des siens, à dix minutes de sa propre maison.Et à partir de là il ne prend plus aucune nourriture ni boisson, fait indéniable que l’Évêque-Coadjuteur de Constance a constaté en une enquête sévère et que le gouvernement a avéré par une étroite surveillance.Alors la solitude du Ranjt devient un lieu de curiosité et.de pèlerinage.Non seulement la masse du peuple, mais des Princes et 306 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Ambassadeurs, savants et prélats viennent prendre conseil auprès du Frère Nicolas.Il ne savait ni lire ni écrire, chose habituelle en ces temps-là, mais sa sagesse était divinement inspirée.La pacification de la Suisse par saint Nicolas était loin d’être un coup de théâtre : les magistrats des divers cantons avaient depuis longtemps soumis au pieux ermite et ancien homme d’état les difficultés grandissantes de ce conflit.Nicolas le jugeait en sage et en saint ; son autorité étrangère à tout intérêt personnel réussit à imposer la solution qui sauva le pays.Depuis sa mort en 1487 son intercession a obtenu d’innombrables grâces, tant temporelles que spirituelles.Le peuple suisse attribue à sa prière la préservation des deux guerres mondiales.Autour de sa châsse dans l’église de Sachseln, il y a parmi les nombreux grands cierges un portant le nom du Vicaire du Christ S.S.Pie XII.L ancien premier ministre de Chine, aujourd’hui Dom Lou Tseng Tsiang, O.S.B., Abbé titulaire de St.Pierre de Gand, n’hésite pas à nommer Nicolas le Patron de la paix politique.Nous avons écrit en 1935 une biographie populaire du Saint, basée sur les données historiques.Cette œuvre a paru en anglais aux États-Unis.Elle a été honorée de la bénédiction spéciale de S.S.Pie XI.Un Saint, Patron de la Paix ! N’est-ce pas justement le patron qu’il nous faut en nos jours, où la paix est de nouveau menacée par ces mêmes démons qui ont tracassé Nicolas de Flüe durant sa vie pieuse.Ayons donc recours à lui, à l’humble pénitent, au témoin du Très-Saint Sacrement, au puissant médiateur pour tous ceux qui l’invoquent et principalement pour les peuples du monde entier qui ont tant besoin d’une paix chrétienne et durable.Lucerne, Suisse Agnes de Segesser 0 — N’oubliez pas de renouveler sans retard votre abonnement.© — Seules les personnes qui auront renouvelé leur abonnement avant le 7 janvier 1952 recevront le numéro de janvier 1952. SPIRITUALITÉ L€ sommeiL duraht uoRAison Vous n’êtes pas la seule à déplorer ce mal du sommeil durant vos oraisons et autres exercices spirituels.Plusieurs âmes en souffrent.Quelques-unes en sont totalement irresponsables, et d’autres en prennent trop facilement leur parti.Pour ma part, j’estime qu’il n’y a pas de plus vilain ennemi de la vie intérieure.Le sommeil est le seul temps pendant lequel la grâce est impuissante à opérer en nous.Les distractions ne sont rien comparées au sommeil ; elles peuvent, si on les combat, nous faire mériter beaucoup.Mais que peut mériter une âme dans un corps endormi ?Je dis donc qu’on ne doit pas traiter cette question à la légère et qu’il faut combattre sans merci un adversaire qui n’est bénin qu’en apparence.Si vous me citez l’exemple de la
de

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