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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
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La vie des communautés religieuses /, 1952-01, Collections de BAnQ.

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Communautés Religieuses Vol.10, n.1 MONTRÉAL, Janvier 1952 SOMMAIRE DOCUMENT PONTIFICAL Pi# XII Exhortation aux professeurs de O.C.D.:.1 COMMUNAUTÉ DE CHEZ NOUS François Jacq, S.M.Société de Marie.6 SPIRITUALITÉ Bruno Hagspiel Jésus parmi les hommes.12 EXERCICES SPIRITUELS G.Panneton La lecture Spirituelle.20 COMMUNIQUÉS — CONSULTATIONS — COMPTES RENDUS ^J98^uStTrU^ORCiSt^^^ONTREAL^5 CANADA LA VIE des COMMUNAUTES RELIGIEUSES publiée par les RR.PP.Franciscains du Canada paraît le 15 de chaque mois, excepté juillet et août en fascicule de 32 pages.Abonnement : $ 2.00 par année © Directeur : R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.Conseil de direction : S.E.Mgr J.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr J.-H.CHARTRAND, vicaire-général d'Ottawa.M.le Chanoine Cyrille LABRECQUE, directeur de la Semaine Religieuse de Québec.Secrétariat : 1980 ouest, rue Dorchester, Montréal 25, P.Q., Canada.Téléphone : Wllbank 7498, de 2h.à 5h.de l'après-midi tous les jours, excepté le samedi et les fêtes.Imprimeurs et expéditeurs : Les Frères des Écoles Chrétiennes, 959, rue Côté, Montréal 1, P.Q., Canada.e Nihil obstat : Imprimatur : Hadrianus-M.MALO, O.F.M.*1* PAUL-EMILE, censor ad hoc Archevêque de Montréal.Marianopoli die 3a Januarii 19 5 2 © Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes Ottawa IMPRIMÉ AO CANADA PRINTED EN CANADA CsagigsaC 41 la VIE Des commurmuTés ReLiGieuses Vol.10, No 1 Montréal Janvier 1952 DOCUMENT PONTIFICAL aux PROFesseuRS Des CARmes DécHAux Le 23 septembre 1951, Pie XII recevait en audience la Curie Génêralice, de nombreux provinciaux, des professeurs de la faculté de théologie et de scolasticats de l'Ordre des Carmes Déchaux.Il leur adressa une exhortation dont la portée dépasse son auditoire immédiat.Pour cette raison, nous en reproduisons le texte français tiré de La Documentation Catholique, 21 octobre 1951.Mieux que ce matin d’un automne qui commence, c’est, vous, chers Fils, qui venez Nous voir ici, qui Nous apportez un rayon de joie.Car vous brillez, vous-mêmes, comme une couronne d’hommes distingués, fleur des Carmes Déchaux, par votre zèle de la religion, l’honneur de votre piété, votre volonté de promouvoir le bien; vous brillez encore de cet éclat particulier qui est propre à votre Ordre illustre.Qui ne lève les yeux pleins d’étonnement vers sainte Thérèse de Jésus et saint Jean de la Croix, astres des plus resplendissants, et ces autres hommes et femmes qui brillent par leur exemple dans la vie ascétique et mystique dont s’est enrichie votre famille religieuse au cours des siècles, depuis ses ancêtres et législateurs jusqu’à Thérèse de l’Enfant-Jésus ?Le Saint-Esprit a, par leurs travaux, fourni à l’Église universelle un si grand trésor de doctrine, trésor que vous portez et dont vous tirez avec éclat la science de la conduite.Vous tenez vos présentes assises, venus de toutes les provinces, afin de veiller, après avoir mis en commun vos projets et vos avis, à instruire et former de votre mieux ceux qui rentrent dans votre Ordre.Vous célébrez ainsi le cours heureux des vingt-cinq années qui se sont écoulées depuis que le collège international des Carmes Déchaux a été fondé à Rome.Vous avez mis votre plus grand soin et vos espérances en ce qu’en acquérant ainsi de nouvelles forces, votre Institut religieux, s’adaptant aux nécessités d’une époque nouvelle, puisse exercer, avec le secours de la miséricorde de Dieu, le plus efficacement possible sa charge apostolique.Comme toute cette entreprise est grandement appréciée par Nous, Nous louons beaucoup, à tous les points de vue, certains thèmes que vous avez voulu 2 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES traiter.La science et l’art pédagogiques recherchent, de nos jours, avec le plus grand soin, règle et méthode, pour que l’âme de l’homme s’affermisse et reste inébranlable dans le bien et la vertu, quelle que soit sa condition.Vous voulez examiner attentivement et avec soin comment naît et persiste dans l’homme cette fermeté qu’il faut estimer par-dessus tout, comment se forment et se développent ces vertus naturelles, comme on les appelle.Il Nous semble qu’en agissant ainsi vous avez été bien inspirés.S’il est vrai, certes, — et c’est même très vrai — que la nature est perfectionnée par la grâce surnaturelle et non pas abolie, l’édifice de la perfection évangélique doit se construire sur les vertus naturelles elles-mêmes.En attendant que le jeune religieux devienne un membre d’un brillant exemple, qu’il cherche à devenir un homme parfait dans les choses ordinaires et quotidiennes.On ne peut gravir la cime des monts si on ne peut marcher d’un pas aisé dans la plaine.Qu’il apprenne donc et montre par ses mœurs quelle est la beauté qu’il convient de faire partager à la nature humaine; qu’il apporte de la décence dans sa physionomie et son extérieur; qu’il soit fidèle et sincère; qu’il tienne ses promesses; qu’il soit maître de ses actes et de ses paroles; qu’il ait du respect pour tous, ne trouble pas le droit d’autrui; qu’il soit patient, prévenant, et, par-dessus tout, qu’il obéisse aux lois de Dieu.Comme vous le savez bien, l’ensemble et l’ordonnance des vertus naturelles, com- me on les appelle, sont élevés à la dignité de la vie surnaturelle, surtout quand on les pratique et qu’on les cultive dans le but de se montrer un bon chrétien ou un héraut méritant et un coopérateur du Christ.Et cela suggère autre chose.La maison religieuse diffère de la vie commune où s’abrite la famille; elle n’est pas telle et ne prétend pas l’être, attendu que dans ses murs le zèle de se dévouer et de se renoncer par amour du Christ et les coutumes sévères de la pénitence comportent plus ou moins de choses désagréables et pénibles.Cependant, dans la mesure où cela se peut faire, qu’elle s’efforce de devenir pour chacun de ses membres religieux une aimable demeure familiale.Et cela se réalisera plus facilement, sans aucun doute, si tous ont en honneur l’ensemble des vertus naturelles qui, souvent, à la vérité, sont la preuve d’une grande richesse et vigueur surnaturelle.Vous voudrez bien, maintenant recueillir de Nos lèvres quelques points qui ont trait à la profession des vœux de religion et à la formation convenable de vos novices.Dans le programme des matières à traiter, Nous lisons ce sujet proposé: (( Formation à l’obéissance religieuse: exercice de l’autorité et respect envers la personnalité du sujet ».Certainement, il faut à tout prix que l’obéissance surnaturelle, qu’entretient l’ardeur de la charité envers Dieu, fleurisse et soit développée dans les maisons religieuses fermement et assidûment, et d’un cœur bien disposé, conformément aux règles des lois établies.N’est-ce pas là que se EXHORTATION AUX PROFESSEURS DE O.C.D.3 trouve la base solide de la discipline et de la vie religieuse ?N’est-U pas vrai que les grandes entreprises qu’ont menées à bien les religieux et qu’ils réaliseront, ont eu et auront leurs résultats heureux uniquement grâce à l’union des forces dans l’obéissance ?Reconnaissez donc, et respectez et acceptez volontiers, comme la charge des hommes courageux, le joug salutaire de l’obéissance.Cependant, de nos jours, alors que partout les machines commandent, que la technique envahit tout, imprègne tout et façonne tout à son image, que ceux qui commandent veillent à ne pas traiter ceux qui obtempèrent à leur volonté comme des marchandises ou comme les pièces d’une machine, et qu’on respecte toujours en eux la personnalité humaine.Que dirons-Nous encore de la chasteté ?Il y aurait à exposer longuement les questions qui y ont trait; elles sont sérieuses et ont une grande importance.Il convient que Nous en abordions au moins quelques-unes, sinon toutes, sans insister et brièvement.Les anciens, Grecs et Romains, lorsqu’ils parlaient des choses ayant trait à la chasteté, se servaient d’un terme particulier; ils disaient: (( cdâtna-veren-«da pour marquer qu’on doit traiter ce sujet d’une manière et d’un ton respectueux.Mais cette réserve ne doit pas être entendue de telle sorte qu’on fasse un silence perpétuel sur ce sujet et que dans l’enseignement de la morale on n’en dise jamais un mot avec sobriété et prudence.Il faut donner, sur cette matière, aux adolescents, l’instruction ap- propriée et qu’il leur soit permis de s’ouvrir, de poser sans hésiter des questions et d’en recevoir la réponse: une réponse sûre, claire et suffisamment explicite leur donnera lumière et confiance.Il ne faut pas, non plus, que celui qui a résolu de garder la virginité mésestime ou méprise le mariage.Le mariage est une bonne chose, mais la virginité est meilleure; l’état du mariage est honorable; plus relevé, au témoignage de l’Évangile, est celui de la virginité qu’on embrasse par amour du Christ et que féconde le fruit de la charité.La virginité perpétuelle surtout est la pure offrande à Dieu, une victime sainte, et, pour l’Église, la fleur de son honneur et de sa joie, sa, grande réserve de forces, que l’Eglise ne peut elle-même abandonner ou négliger.Mais lorsqu’on doit expliquer et former la virginité, il faut encore, dès le début, que tous soient bien persuadés que la chasteté acceptée d’une façon totale, même la chasteté conjugale, ne peut être gardée avec constance sans le secours de la grâce de Dieu, et ce secours céleste est encore bien plus nécessaire quand il s’agit de garder la chasteté jusqu’au dernier souffle de la vie; et c’est pourquoi celui qui voue à Dieu une intégrité liliale doit lutter par la prière et le souci de la pénitence, comme Jacob avec l’ange, pour remporter cette céleste victoire.Disons maintenant quelque chose de la pauvreté évangélique.Qu’elle soit observée sans cesse, qu’il s’agisse de la vie de chaque religieux ou de la communauté, d’après les règles fixées dans 4 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES votre Institut.Or, les œuvres les plus diverses de l’apostolat, comme le ministère des âmes, la décoration des temples, la construction convenable des écoles et leur organisation, les Missions, les progrès de la science, et, de plus, l’acquittement des justes salaires dus aux serviteurs, justifient certaine largesse louable et tout à fait convenable aux temps nouveaux.Pourtant, que les ressources correspondent aux œuvres et qu’on ne les recherche pas outre mesure.Si il y a du surplus, qu’il soit employé avec une émulation fraternelle à secourir les misères de toutes sortes: ce ne sont pas les prévoyances humaines dans l’incertain, mais la confiance dans la miséricorde et le secours de Dieu et cette large bonté qui l’accompagne, qui leur donneront, ainsi qu’à leurs.entreprises, le véritable accroissement et procureront la considération sociale.Combien Nous Nous réjouissons de ce que vous voulez, vous-mêmes inculquer à vos jeunes religieux plus largement une culture humaniste ! Celle-ci est des plus propres à former les esprits qui s’éveillent pour que règne un ordre clair dans la pensée et son expression et éviter un vain flux de paroles, et pour acquérir d’autres qualités remarquables d’une intelligence bien formée.Dans ces études nous déplorons que survienne quelque chose de triste.Hélas ! le nombre et la ferveur des amateurs de la langue latine, gloire du sacerdoce, vont baissant de plus en plus.Qu’est-ce qui honore dignement cette langue impériale /SatriXiw^n 7 \ucaa aient les Grecs — qui n’énonce pas la vérité mais la sculpte, qui brille par la gravité dans les édits et les sen tences qui, dans l’Église latine, jouit de l’usage liturgique; qui, enfin, pour l’Eglise catholique, est un lien d’un grand prix ?Qu’il n’y ait aucun prêtre qui nesa che la lire facilement et aisément ! Plaise à Dieu, en outre, que se lèvent parmi vous des hommes remarquables et nombreux, capables de l’écrire d’une manière sobre et élégante ! Car la langue latine, de même que la langue grecque, qui reçut en dépôt tant d’écrits ecclésiastiques dès les premiers temps du christianisme, est un trésor d’une supériorité incomparable.Aussi, le ministre sacré qui l’ignore ne peut que passer pour être affligé d’un manque de culture intellectuelle lamentable.Enfin, Nous louons votre plan de régler vos études de philosophie et de théologie en prenant, pour jalonner sûrement votre route, les directives de Notre récente Encyclique Humani Generis.Ce n’est pas sans une douloureuse surprise que Nous avons appris que certains ont pris assez en mauvaise part un document de ce genre, comme si Nous avions ainsi voulu arrêter le progrès des sciences et interdire les opinions particulières que dans les écoles de philosophie et de théologie on a pu discuter jusqu’ici sans danger pour la foi.Ceux-là se sont trompés ou ils se trompent.Il n’était pas en Notre esprit le dessein de restreindre cette liberté.Ce que Nous avons assurément voulu en vertu de Notre charge apostolique, ç’a été de séparer de la EXHORTATION AUX PROFESSEURS DE O.C.D.5 vérité catholique des doctrines contemporaines erronées ou excessives.Notre tâche est, en effet, et demeure de garder et de défendre cette vérité, commun patrimoine de l’Église, qui transcende toutes les époques et toutes les formes de la civilisation et de la culture.Allons, chers Fils, appliquez-vous avec une grande joie (Cf.Luc, xxiv, 52) à vos travaux, vos débats, vos résolutions à prendre: et cette œuvre que vous vous êtes déjà préparés à mener à bonne fin ne sera pas vaine.Entreprenez-la courageusement, vous appuyant sur la Providence et la grâce de Dieu.Pour Nous, élevant humblement Nos mains vers le ciel, mû par un sentiment de charité pater- Citê du Vatican nelle, Nous vous confions, vous et ce qui est vôtre, à votre céleste patronne, la Mère de Dieu du Mont-Carmel, et aux saints que cet Institut a produits si grands et si nombreux; et comme gage du secours divin Nous vous accordons bien affectueusement la Bénédiction apostolique, à vous qui êtes ici présents, à cette jeunesse studieuse, objet d’une telle espérance de votre part, et à toute votre famille religieuse.Sous les auspices de Notre Bénédiction, que la gloire du Carmel resplendisse de fruits nouveaux et brillants de doctrine remarquable et de vertu de toute sorte qui, dans les troubles de notre époque, apportant force et confiance à l’Eglise.Que ce qui est maintenant une espérance devienne la réalité.Amen.Pie XII.COMPTE RENDU Porter, Fernand, O.F.M., L'Enseignement secondaire au Canada tables générales des années 1941 à 1951.Québec 1951, 143 pp.Si je lis bien la presentation au lecteur, je comprends que les Franciscains ont rédigé les tables des 36 premières années de l'Enseignement secondaire au Canada.Quand on comprend le rôle des tables pour la mise en valeur d’une revue, on peut mesurer l’éminent service qu’ils ont rendu aux collèges et aux séminaires de chez nous et aussi d’ailleurs.Qu’ils en soient remerciés et félicités.Il est naturel qu’après avoir travaillé aussi généreusement, les Franciscains restent profondément attachés à une cause qui a provoqué l’effort et la collaboration de 233 prêtres diocésains, 250 religieux et religieuses, de 201 laïcs.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.COMPTE RENDU Albert Saint-Yves, C.S.C., Cours de dactylographie.Montréal, 1950, 54 pp.?1.50.Ce Cours de Dactylographie est sûrement le meilleur manuel bilingue canadien en dactylographie, en correspondance commerciale et en routine de bureau.Je souhaite qu’il se répande rapidement dans les écoles supérieures et dans les institutions secondaires bilingues.C est le manuel idéal pour les prêtres, les religieux et les religieuses.Le manuel et les deux diplômes de vitesse et de compétence s’obtiennent chez les Frères de Sainte-Croix, 3755, chemin Reine-Marie, Montréal.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M. COMMUNAUTÉ DE CHEZ NOUS SOCI6T6 D€ (TlflRI€ fTlarianistcs La Société de Marie, Marianistes, a été fondée à Bordeaux, France, le 2 octobre 1817 par le Père Guillaume Joseph Chaminade.Elle se compose de religieux prêtres et de religieux laïques, tous sociétaires au même titre.Elle se dévoué principalement a 1 education de la jeunesse et aux œuvres du saint ministère.La Société compte actuellement 12 provinces et possède des œuvres à travers les 5 parties du monde employant environ 2,600 religieux.Le fondateur Né à Périgueux en 1761, Guillaume Joseph Chaminade fut prévenu de la grâce d’une façon singulière et il sut y correspondre avec une rare générosité.La Vierge qui avait des vues sur lui l’entoura d’une protection toute maternelle et parfois quasi miraculeuse.Son âme éprise de perfection et d’apostolat s’orienta d’instinct vers le sacerdoce où trois de ses freres 1 avaient déjà precede.Il fit ses études théologiques à Bordeaux et alla les achever au Séminaire St-Sulpice de Paris où il conquit le grade de Docteur et se nourrit avec délices de la doctrine des Condren, des Olier et des Berulle qui avaient déjà formé Grignion de Montfort.Jeune prêtre, au moment de la Révolution française, il exerça son ministère à Bordeaux sous les déguisements les plus divers, n’échappant à la guillottine que par l’intervention de Marie.Appel de la Vierge En 1797, une reprise du régime de la terreur l’obligea à prendre le chemin de l’exil.Il se réfugia près du sanctuaire de Notre-Dame del Pilar, à Saragosse, Espagne.C’est là que la Vierge « l’appelle, l’équipe et le bénit pour les combats qu’il devait entreprendre sous sa conduite et pour lesquels elle le chargeait de lever une milice ».Un plan d’action Dès 1800 il rentre en France avec un plan de combat bien arrêté, véritable ébauche d’Action Catholique.Pour assurer l’avenir il est convaincu qu’il faut conquérir ceux qui ont chance d’y réussir, les jeunes ; pour rendre solide la foi de ces jeunes il est persuadé, d’autre part, qu’il faut donner un but à leurs efforts et donc les lancer dans les entreprises de zèle ; pour correspondre enfin à la position nouvelle de la Société, il sent que l’élite croyante doit se recruter dans tous SOCIÉTÉ DE MARIE 7 les milieux sociaux.La Congrégation renouvelée, voilà son instrument, car le R.P.Chaminade avec l’Eglise croit à la mission de la Vierge : « A Marie, Dieu a confié la mission de détruire les hérésies du monde entier, à elle de sauver la foi du naufrage dont elle est menacee parmi nous.Les nouvelles Congrégations ne sont pas seulement des associations en 1 honneur de la Très Sainte Vierge : ce sont une milice qui s’avance au nom de Marie ».L’Archevêque de Bordeaux mit a sa disposition la chapelle de la Madeleine, proche de l’église cathédrale.C’est là que durant cinquante ans, le Père Chaminade déploiera son zèle apostolique dans les œuvres les plus diverses qui feront, à cette époque, de la Congrégation de Bordeaux un centre d’Action Catholique de premier plan.« Qu’on remonte à l’origine de toutes nos œuvres, déclare plus tard le Cardinal Donnet, le nom de M.Chaminade est inscrit en tête de chacune d’elles.On l’a appelé avec raison le Vincent de Paul bordelais, le précurseur d’Ozanam et d’Albert de Mun.Fondateur d’Ordres religieux De la Congrégation mariale de Bordeaux, si fervente, devaient sortir, comme la fleur de sa tige, en 1816 l’Institut des Filles de Marie, aujourd’hui répandu en France, en Corse, en Espagne, en Italie, aux Etats-Unis et au Japon ; et en 1817 l’œuvre maîtresse du Fondateur, la Société de Marie, Marianistes.Fin d’une vie pleine Ce grand apôtre de Marie s’éteignit à Bordeaux le 22 janvier 1850.Sa tombe devint très vite le rendez-vous des fidèles.Le 8 mai 1918, S.S.Benoît XV signait le décret d’introduction de sa Cause de Béatification et de Canonisation.Constitution de la Société Dans la constitution de sa Société, le Père Chaminade s’inspire à l’avance de ce qui deviendra l’idée fondamentale de l’Action Catholique actuelle : l’apostolat des laïques sous la direction de la hiérarchie.Dans la Société de Marie, l’union entre religieux prêtres et religieux laïques en vue d’un meilleur rendement apostolique, les associe dans la pratique des mêmes vœux et d’une même Règle.A l’exception des fonctions exclésiastiques et de certaines charges reservees au sacerdoce, il y a entre tous les religieux marianistes communauté parfaite de vie et d’action. 8 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Esprit Marial caractérisé Le Père Chaminade estimait que, de par la volonté de Dieu, c’est la Vierge Marie qui doit ramener le monde moderne à l’Evangile.Mais pour cette tâche il lui faut des apôtres bien a elle.Aussi ce qui caractérise nettement la Société de Marie c est son appartenance totale à Notre-Dame, signifiée par un vœu special, approuve par l’Église, vœu par lequel chaque religieux est constitué dans l’état de serviteur de Marie.Prononcé au moment de la profession perpétuelle, ce vœu de stabilité essentiellement marial, s accompagne d’un signe sensible : un anneau d or a la main droite du profes.La profession mariale du religieux marianiste retentit profondément dans sa vie intérieure.Son idéal, c’est Jésus, fils de Marie.Pour son action apostolique, elle lui a donné sa devise : Maria Duce, sous les ordres de Notre-Dame! Oeuvres Les Marianistes se livrent spécialement à l’œuvre fondamentale de l’éducation chrétienne dans les écoles de tout ordre : primaires, morales, professionnelles, écoles d’agriculture, collèges classiques, universités.Ils s’adonnent aussi aux travaux du saint ministère et aux œuvres sociales.En principe, aucun genre d apostolat n est exclu, selon le mot de Marie aux serviteurs de Cana : « Faites tout ce qu’il vous dira )).La collaboration fraternelle entre pretres et laïques favorise considérablement la fécondité comme aussi la variété des œuvres.Les écoles du Père Chaminade se développèrent rapidement à travers la France d’abord.Bientôt on pénétra en Suisse, puis en Belgique ; un peu plus tard en Espagne, en Italie, en Autriche, en Allemagne.En 1854, la Société est appelée à prendre, à Paris, la direction du Collège Stanislas en pleine crise.Sous 1 impulsion de trois directeurs remarquables, ce collège prit un essor extraordinaire et avant la fin du siècle s’imposa comme le premier collège catholique de France.Avant la mort du Fondateur, un premier essaim de religieux franchit l’Océan pour jeter a Dayton, Ohio, les bases de ce qui devait devenir en 1920 l’Université de la Ville.Missions « Il faudra aller jusqu’au bout du monde si Dieu vous y appelle », disait le Père Chaminade à ses disciples.Le Saint Siège fit appel aux SOCIÉTÉ DE MARIE 9 Marianistes pour l’œuvre de l’éducation dans les missions ; ils acceptèrent.« Vous avez choisi la meilleure part, leur disait le Cardinal Préfet de la Propagande.On trouve plus facilement des missionnaires prédicateurs que des missionnaires éducateurs ; aussi comptez sur toute notre bienveillance».En 1881, les Marianistes apportaient leur concours aux Franciscains à Tripoli, en Afrique.En 1882, ils essaimaient en Tunisie.En 1883, les Marianistes américains abordaient aux Iles Hawaï.Détail touchant, la messe d’action de grâces pour leur arrivée fut célébrée par le Père Damien, l’héroïque apôtre des lépreux.Le Collège Saint Louis de Honolulu, abrite plus de 1 600 élèves.L’école Saint-Antoine de Wailuku fut fondée peu après, suivie de l’école Sainte-Marie de Hilo.C’est en 1887 que Mgr Osouf, de Tokyo, appela la Société de Marie au Japon, estimant qu’une Congrégation vouée spécialement au ministère de l’éducation, et se présentant avec un minimum d’extérieur monastique, convenait bien au milieu si spécial et alors si ombrageux de ce pays.Les Marianistes y ont créé des œuvres dont la portée considérable s’est imposée à l’attention et a déterminé un mouvement universel de sympathie.Le Collège de l’Étoile du Matin, à Tokyo, compte 1 500 élèves ; l’Étoile de la Mer, à Nagasaki, 750 ; l’Étoile Brillante, à Osaka, 800.D’autres écoles suivirent, allant du sud au nord du pays.Le gouvernement fit appel aux Marianistes pour des chaires à l’université impériale de Tokyo, à l’École des Nobles et à l’École de Guerre, alors que dans leurs collèges, ils voyaient affluer les fils de la haute société japonaise.Une pénétration chrétienne, lente mais efficace, s’accomplit dans ces populations en majorité païennes.C’est ce que proclamait à Paris en 1919 le premier élève baptisé à l’Étoile du Matin, l’Amiral Yamamoto : (( J’ai passé, disait-il, quatre ans dans un collège des Marianistes, à Tokyo.C’est là que je fus baptisé il y a vingt-cinq ans.C’est la vie d’abnégation, de sacrifice et de dévouement que mènent ces religieux, qui a poussé ma curiosité à étudier cette religion étrangère : c’est l’origine de ma conversion ».Les Marianistes comprirent la nécessité pour le progrès de l’apostolat japonais d’avoir des collaborateurs indigènes.Dès 1907 10 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES ils ouvrirent l’École Apostolique d’Urakami pour le recrutement et la formation de prêtres, religieux et catéchistes.Sa fécondité fut extraordinaire.Elle fournit au clergé séculier ses premiers sujets et aux Marianistes eux-mêmes de nombreux religieux.Aussi dès avant la Grande Guerre 1939, l’œuvre des Marianistes constituait une Province autonome dont plus de la moitié des religieux étaient indigènes et toute la direction.En 1915, la province d’Espagne fondait une œuvre au Maroc, en 1932, elle essaimait en Argentine et un peu plus tard au Chili.En 1930, la Province de Cincinnati (É.-U.), fondait une mission à Porto-Rico, aux Antilles.En 1933, les Pères Franciscains faisaient appel aux Marianistes en Chine.En 1938, la province de Saint-Louis (E.-U.) ouvrait un grand Collège à Lima (Pérou) suivi bientôt d une école populaire à Callao.Peu après, le gouvernement faisait appel à nos religieux pour la fondation d’une école normale à Chupaca, en pleine montagne, pour la formation d’instituteurs ruraux.En 1945, la Province de Paris, répondant à l’appel des Pères du Saint-Esprit, ouvrait une mission en pays noir, à Brazzaville, au Congo français.Entre-temps, la maison généralice qui longtemps fut installée dans les dépendances du Collège Stanislas, à Paris, s’est définitivement fixée à Rome, 22 Via Latina.r Entrée au Canada C’est de la Province de Saint-Louis (É.-U.) que les Marianistes furent appelés à accepter des œuvres dans l’Ouest canadien.Ils s’établirent d’abord à Winnipeg, Man., puis à Saint-Boniface, où ils prirent la direction de l’Académie Provencher qu’ils dirigent encore.Arrivée dans la Province de Québec Ce n’est qu’un 1938 qu’ils pénétrèrent dans la Province de Québec sur le conseil pressant de Mgr Yelle et avec l’acceptation de S.E.le Cardinal Villeneuve.Ils prirent la direction de l’école modèle de St-Anselme, Dorchester, à quelque 18 milles au sud de Québec.En 1940, ils y ouvrirent un Postulat, qui vit immédiatement accourir des sujets.Aussi est-ce dans la même localité que les Supérieurs décidèrent de construire en 1947—48 un établissement des plus 11 SOCIETE DE MARIE modernes destiné à servir de Maison-Mère à la future Province du Canada.Postulat, et Scolasticat-École Normale s’y installèrent à l’automne 1948.Un Noviciat a été ouvert près de Lévis, 1 rue Gravel, le long de la route conduisant à Saint-Romuald.Déjà l’œuvre du Québec dont le recrutement est régulier a pu envoyer quelques religieux en renfort aux œuvres de l’Ouest.D’autres font leurs études théologiques dans le Séminaire de la Congrégation, à Fribourg, en Suisse.Une école paroissiale a été acceptée à Montréal pour l’année scolaire 1952-53.Précieux hommage Il est de Mgr Salotti, Secrétaire de la Propagande, Noël, 1930 : « .La Société de Marie, une des plus belles et plus géniales créations et qui, aujourd’hui, sur tant de points du monde, porte très haut l’étendard du Christ, révèle le sens exquis et l’intuition exacte que le Père Chaminade eut des besoins de l’apostolat moderne, et du rôle que le laïcat est appelé à jouer dans la diffusion de la culture chrétienne )).Puisse notre céleste patronne susciter de nombreux volontaires pour venir renforcer sa milice privilégiée et les conduire à la victoire pour le triomphe de son divin Fils ! St-Anselme, P.Q.François Jacq, prêtre S.M.neCROLOGI€ S.E.Mgr Joseph Guy, O.M.I.— R.P.Armand Champagne, C.S.V.— R.P.O.La-couture, S.J.— R.Mère Marie Philomène Amaryllis Morency, O.S.A.— Rév.S.Angéline Leblanc, A.S.V.— Rév.S.Thérèse Leclair, A.S.V.— Rév.S.Irène Beausé-jour, S.C.— R.S.Florida Lanctôt, S.C.— R.S.Marie-Claire-Loiselle, S.C.— R.S.Gisèle Longpré, S.C.— R.S.Marie Blandine Lavallée, F.C.S.P.— R.S.Sophie La-douceur, S.G.M.— R.S.Berthe Marchessault, S.G.M.— R.S.Xavérine Perreault-Ste-Catherine, S.G.M.— R.S.Donalda Lanthier, S.S.A.— R.S.Victoria Pineault, S.S.A.— R.S.Lucille Gendron, S.S.N.N.M.— R.S.Marie-Anne Champagne, S.G.S.H.(20 décembre 1951) SPIRITUALITÉ Jésus PflRmt L€S Hommes Parmi les anciens philosophes païens, Pythagore jouissait d’une singulière considération.Selon ce que nous savons tous de lui, il a dû être une personne admirable qui a travaillé à acquérir la perfection par les mêmes moyens que nous employons dans l’examen particulier méthodique, la méditation et les autres exercices spirituels.Evidemment, il était fort estimé de ses élèves et quand il y avait entre eux divergence d’opinion, si l’un ou l’autre pouvait appuyer son point de vue en disant: Ipse dixit, c'est ce qu'a dit Pythagore, la question était immédiatement tenue comme réglée.Naturellement, c’était dépendre de façon exagérée d’un jugement humain.Il est de la nature de l’homme de se tromper.C’est seulement quand nous regardons l’Homme-Dieu que nous trouvons une différence essentielle.Quand nous nous rapportons à ses paroles et à ses exemples, — ainsi qu’il l’a dit, il a conseillé ce qu’il pratiquait, — notre dépendance n’est jamais déraisonnable ni exagérée.Au contraire, elle exprime la plus pratique et la plus sublime philosophie de la vie.C’est pour cela que le Père céleste nous l’a proposé et qu’il nous a commis à son enseignement avec des paroles d’autorité: « C’est mon Fils bien-aimé, écoutez-le )).Nous devons le regarder comme notre modèle et conformer notre vie à la sienne.A cause de cela, nous aussi pouvons, dans des moments d’exaltation, lui crier avec joie, comme saint Pierre: « Seigneur, à qui irions-nous _ ?Vous avez les paroles de la vie éternelle », S.Jean 6, 69.Nous devons nous attacher à ces paroles, en dépendre absolument; en toutes choses, le Christ sera notre conseiller et notre modèle.Il est bon de nous le rappeler au commencement de notre méditation, quotidienne, laquelle est ordinairement basée sur quelque phase de la vie ou de l’enseignement de Notre-Seigneur.Cette lumière donne un sens ^nouveau à ces paroles de l’Évangile: « Celui qui est fidèle dans les petites choses l’est aussi dans les plus grandes, et celui qui est infidèle dans les petites l’est aussi dans les plus grandes », S.Luc 16, 10.Cela aurait-il été dit par un autre, nous pourrions le regarder comme une ingénieuse mise au point, sans toutefois y attacher une importance spéciale.Mais puisque ces mots ont été prononcés par celui qui ne se trompe jamais, qui n’exagère jamais, par celui qui est pour moi l’exemplaire de toute perfection, qui me jugera selon son Évangile, ces mots deviennent extrêmement significatifs, dignes de toute estime et de tout amour.Par conséquent, je dois, autant qu’il m’est possible, travailler à y conformer ma vie.Il en est de même de toutes les autres paroles du Sauveur, comme par exemple: (( Bienheureux serez-vous quand les hommes vous mépriseront et vous persécuteront.», S.Matth 5, 11.(( Mais malheur à vous quand les hommes vous loueront, car leurs JÉSUS PARMI LES HOMMES 13 pères ont fait de même à l’égard desrfaux prophètes », S.Luc 6, 26.L’Evangile nous avertit de plus, S.Matth 6, 15, que si nous ne pardonnons pas aux hommes, nos' frères, du fond du coeur, le Père céleste ne nous pardonnera pas non plus.Le Christ ardit ces choses; elles sont mon Évangile et elles demeureront à jamais, même quand le ciel et la terre auront disparu.Nul portrait authentique du Sauveur ne nous a été donné, depuis les jours de sa vie terrestre.Les images du Christ, que nous possédons maintenant sont le produit de la pieuse imagination d’une époque postérieure.Si grand que soit notre désir d’avoir une vraie image du plus beau des enfants des hommes, il nous faudra attendre cette joie jusqu’au jour où nous le verrons face à face dans la patrie céleste.En attendant nous avons une ample compensation dans les descriptions de l’Evangile, lesquelles le montrent dans tout le charme de ses rapports avec les hommes, lorsqu’il vivait au milieu d’eux et s’associait familièrement à eux.Nous devons garder cette image dans notre esprit pour nous ennoblir et nous faire tressaillir de joie.Nous ne nous fatiguerons jamais de l’aimable courtoisie qui caractérisait chaque détail de sa conduite, transfigurait son être physique et lui attirait tous les cœurs.Lui-même nous dit les vertus qui ont caractérisé ses relations avec les hommes et qu’il veut nous enseigner: (( Apprenez de moi, parce que je suis doux et humble de cœur ».La courtoisie et la bonté dans nos relations avec les autres sont des aspects de la douceur et de l’humilité qu’il veut nous voir apprendre de lui.Pour cela, nous avons besoin de son secours, et notre premier mouvement peut bien être de lui adresser ces mots des litanies: (( Jésus, très aimable, Jésus modèle de toutes les vertus, ayez pitié de nous ! » Nous pouvons mieux étudier le Christ en le considérant d’abord dans la société de ses Apôtres.Il avait choisi douze pêcheurs pour être les compagnons de ses travaux et voyages.Ils avaient bon cœur, mais avant le miracle de la Pentecôte, ils étaient des hommes sans instruction, sans culture, totalement ignorants des politesses de la vie.Ils avaient toutes les faiblesses de caractère que nous expérimentons constamment en nous-mêmes et dans les autres.Le Sauveur les dépassait infiniment.A cause de cette indicible différence en tout point, son commerce avec eux lui fournissait sans doute de nombreuses et grandes occasions de patience.En dépit de cela, il n’eut jamais honte d’eux et ne s’en sépara jamais.Si nous scrutons de plus près sa conduite envers eux, nous distinguons trois vertus qui peuvent d’une façon spéciale nous servir d’exemple dans nos relations avec les membres de notre Communauté ou de notre maison.En premier lieu, Notre-Seigneur était toujours courtois.Naturellement, quelqu’un peut être poli pour des motifs de vanité, de calcul ou de ruse; dans ces cas, la politesse cesse d’être une vertu.On peut cependant être courtois par un véritable respect envers un homme, son compagnon, parce 14 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES qu’il est enfant de Dieu.La politesse alors devient une grande vertu, un bel épanouissement de la charité chrétienne.C’est de cette façon que Notre-Seigneur l’a pratiquée et il est également impossible de nous imaginer le Christ se laissant aller à des familiarités inconvenantes, que de nous le représenter comme un maussade et un tapageur.A cause de l’esprit obtus des Apôtres pour les choses spirituelles, il y eut des occasions où il fut forcé d’user d’expressions fortes (S.Matth.16, 8 et suiv.; S.Marc 7, 18); mais il demeurait toujours poli, réalisant ainsi les mots du prophète (Is.42, 2 et suiv.): (( Il ne criera pas, il n’aura pas égard aux personnes.Il ne sera pas triste, ni importun.Il ne contestera pas, ne criera pas; personne n’entendra sa voix dans les rues ».En plus d’être courtois, il était toujours attentif à servir et obliger les autres, comme il l’a dit lui-même: (( Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir (S.Matth.20, 28).«Je suis au milieu de vous comme celui qui sert )), (S.Luc 22, 27).Si Notre-Seigneur pouvait dire cela ouvertement à ses Apôtres, nous pouvons être sûrs qu’en vivant avec eux, il était toujours attentif et ne manquait aucune occasion de leur rendre un service ou d’avoir pour eux de petites attentions qui leur rendaient agréable la vie en commun.Et sans doute, ce sont les biens chers enfants de son Père céleste qu’il entendait entourer ainsi de procédés délicats; en même temps, il agissait ainsi pour son Père lui-même qui est honoré dans ses enfants, (S.Matth.10, 40).La parfaite patience est la troisième qualité que le Christ a manifestée envers ses Apôtres.Il savait que, selon la volonté de Dieu, notre société ici-bas ne serait pas avec des anges, mais avec des mortels qui auraient chaque jour à porter nos fardeaux et qui, par suite, auraient droit d’attendre que nous portions les leurs, pas à contre cœur ou avec des cœurs aigris, mais plutôt avec patience et en esprit de bienveillance (Gai.6, 2).Ces trois qualités saillantes dans le commerce de Notre-Seigneur avec ses Apôtres ont atteint leur perfection du fait qu’il ne les a pas pratiquées par boutades, mais fidèlement et avec persévérance.Il n’était pas chagrin comme ces êtres qui ont occasionnellement quelques jours de bonne humeur et s’enfoncent ensuite dans la tristesse pour des semaines.Au contraire, les Apôtres étaient assurés de le trouver toujours le même quand ils venaient à lui, la nuit comme le jour.Sa courtoisie, sa bienveillance à secourir et sa patience étaient inépuisables.Ces douces manières qui caractérisaient le Sauveur nous aident à comprendre l’empressement des Apôtres à répondre à sa voix, quand il leur demande de quitter toutes choses et de le suivre.(S.Matth.4, 19-21; S.Jean, 1, 37 et suiv.) On pourrait être tenté de trouver qu’ils ont agi à la légère, si on oubliait quelle personnalité était le Christ, ce qui explique complètement la situation.Après 70 ans, S.Jean n’avait pu oublier l’heure où il JÉSUS PARMI LES HOMMES 15 vit le Sauveur pour la première fois.(S.Jean, 1, 37 et suiv.) Des multitudes le suivaient dans le désert et oubliaient même le boire et le manger.Rien d’éton-nant, alors, que l’amabilité du Christ ait de tout temps attiré les cœurs les plus nobles, les ait remplis d’enthousiasme et leur ait donné la force et le courage d’aspirer à l’idéal le plus élevé.Cette amabilité de la part du Christ n’avait une puissance si irrésistible que parce qu’elle était tempérée par une dignité jamais en défaut et un évident esprit de modestie dans les moindres détails de sa personne et de sa conduite.(( Où est le Christ, là est la modestie ».C’est pour cette raison que les saints, ses fidèles disciples, s’efforçaient si constamment de conformer strictement leur conduite extérieure à celle de leur divin exemplaire.Ils savaient combien ce décorum convient à la vertu du chrétien et sert d’exemple aux autres.Ils étaient persuadés qu’il favorise le recueillement intérieur qui est le meilleur gardien de la grâce de Dieu et de nos bonnes résolutions.Les hommes d’expérience ont toujours vu dans la tenue des prêtres et des religieux un signe certain que leur première ferveur n’a pas diminué, et qu’ils sont animés du vrai esprit de leur vocation.C’est ce qui a inspiré la haute louange accordée aux moines de Clairvaux à l’occasion de la visite du Pape Innocent II à leur monastère.Les moines vinrent en procession recevoir le Saint-Père et les dignitaires qui l’accompagnaient; ils approchèrent tenant les yeux baissés, montrant par là qu’ils étaient devenus complètement maîtres de la curiosité naturelle qu’un tel événement ne pouvait manquer d’éveiller.D’autre part, une démarche fière et empressée, un œil inquiet qui regarde curieusement tout ce qui tombe sous sa vue, une tête qui tourne constamment: toutes ces choses sont des signes évidents d’une vie intérieure déréglée.C’est précisément cette sorte de conduite que saint Basile et saint Grégoire de Naziance trouvaient désagréable en Julien l’Apostat, pendant qu’ils étaient ses compagnons d’études à Athènes et qui les fit prédire pour lui un avenir tragique.Notre-Seigneur doit donc être le modèle de vos relations avec ceux de votre maison et avec tous ceux avec qui vous êtes en contact quotidien, qu’ils soient élèves, patients, apprentis ou serviteurs, chrétiens, incroyants ou encore païens.Le plus grand nombre de ces personnes ont rarement l’avantage, à part de ce qu’ils remarquent en vous, de voir quelque chose qui leur représente le Sauveur tel que ses contemporains l’ont vu.Ils peuvent avoir des images et des livres pieux; mais ces choses sont mortes et font peu d’impression, à moins d’être associées à un vivant alter Chris tus, autre Christ qui non seulement transmet en théorie le joyeux message du Rédempteur, mais qui, par sa conduite extérieure, devient un digne reflet du Maître lui-même.Nous croyons toujours plus volontiers ce que nous pouvons voir que ce que nous pouvons seulement entendre.Dans ce fait se trouve une sérieuse exhortation.Vous ne devez pas, par 16 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES votre conduite puérile, immorti-fiée et mondaine, être une contradiction au Christ et à la dignité de votre vocation.Ne vous trompez pas vous-mêmes, éprouvez souvent votre conduite, et essayez de vous rendre compte si, habituellement, elle reflète ou non celle de votre Maître.C’est dans les relations de Notre-Seigneur avec les gens du monde que nous voyons mieux encore sa modestie et sa réserve.Jusqu’à l’âge de trente ans, sa vie reste cachée au cœur de la Sainte Famille, et durant la majeure partie de sa vie, la petite demeure de Marie à Nazareth et la boutique de Joseph étaient pour lui les limites du monde.Quand il commença sa vie publique, il ne rechercha pas son propre bonheur ni quelque vague ambition, mais il se maintint sous l’obéissance qui lui avait imposé ce contact avec le monde, comme une vie de travail à laquelle il avait le devoir de se consacrer.En regard des œuvres multiples de cette vie publique, nous voyons son esprit de recueillement, la réserve et la prudence de sa conduite extérieure se manifester de deux façons spéciales.Dans l’urgence du travail et au milieu des nombreuses sollicitations dont il était l’objet, il trouvait toujours du temps pour la prière, non seulement de courtes éjaculations, mais de longues heures d’entretien intime avec le Père céleste.Souvent, et surtout avant quelque entreprise plus importante pour le bien des âmes ou après quelque redoutable explosion de louanges de la part des foules, quand elles voulaient le faire roi, il s’esquivait et dans la solitude de la nuit, son humanité demeurait prosternée devant la divinité pendant de longues heures d’une prière ininterrompue.Humainement parlant, cela donne l’impression qu’il craignait de s’appauvrir intérieurement, de se vider de grâce et de vie spirituelle, à moins de puiser chaque jour dans les trésors de la prière, pour compenser ce qu’il dépensait de lui-même dans le commerce avec les hommes.Ceux qui sont engagés dans les labeurs apostoliques d’un genre ou de l’autre ne peuvent être pressés avec assez d’insistance d’observer et d’imiter cette sauvegarde à laquelle le Sauveur avait constamment recours.Toute omission ou réduction des prières obligatoires ou coutumières, par motif de surcroît de travail, doit être regardée comme suspecte.L’activité extérieure, quelque louable qu’en soit la cause, ne peut remplacer le recueillement intérieur de l’esprit, lequel est la source cachée où l’activité extérieure puise sa fraîcheur et sa puissance.Toutes choses, — et non seulement un certain nombre — dépendent de la bénédiction de Dieu, et Dieu, d’ordinaire, donne sa bénédiction en autant que nous la demandons et dans la mesure de notre union avec Lui.La récréation et même le sommeil devraient donc être abrégés plutôt que la prière, sinon la source des bénédictions s’épuise.Ou du moins, la réduction de la prière dans les cas de nécessité devrait être une exception si rare qu’elle fortifie plutôt la règle au lieu d’amener le danger de la rompre. JÉSUS PARMI LES HOMMES 17 La seconde façon dont le Christ a montré la prudence et la réserve de sa conduite extérieure fut sa coutume, en presque toutes occasions, de demeurer sous les yeux de quelques-uns de ses disciples, même durant ses plus intimes rencontres avec les hommes.Ses disciples étaient les gardiens et les témoins de sa réputation sans tache.Une fois, il arriva que les Apôtres le trouvèrent parlant seul avec une femme, mais c’était en plein midi, à la sixième heure, et dans une place publique, le puits de Jacob.(S.Jean 4, 6.) En cette occasion, le Christ avait un motif spécial de rencontrer la femme seul à seule: elle devait faire la confession de ses péchés et recevoir la réprimande de sa vie coupable sans la présence embarrassante des Apôtres.Ces derniers, néanmoins furent étonnés, tant cela arrivait rarement.Ici encore, nous trouvons une leçon expressive pour ceux qui sont voués à l’œuvre du Sauveur.Nous ne pouvons toujours suivre à la lettre l’exemple du Maître (un Pierre, Jacques ou Jean n’est pas toujours à notre portée pour assister à nos entretiens avec les gens du monde); c’est pourquoi nous devons être très soigneux d’observer l’esprit de ce que le Christ veut nous enseigner par son exemple.Cet esprit consiste en ce que nous devons éviter comme la peste toutes sortes de rencontres solitaires suspectes délibérément cherchées.Dans de telles rencontres, le démon est toujours le troisième parti; nous pouvons en être certains.Il devient donc impérieux de toujours vous conduire avec les gens du monde de telle sorte que vous n’ayez jamais à rougir, si votre supérieur ou un membre de votre communauté ou quelque autre personne respectable devait assister à l’entrevue ou écouter votre conversation.Si la tentation vous vient de rechercher une rencontre secrète, renoncez à cette rencontre, si elle n’est pas absolument nécessaire, ou au moins faites-vous violence à vous-même en ayant un compagnon, sous quelque prétexte, comme le gardien de votre bonne réputation, ou laissez la porte entr’ou-verte, comme saint Augustin continuait de le faire, même dans un âge avancé, selon ce que rapporte Possidius, son secrétaire, Vita S.Augustini, c.26.Votre ennemi ne dort pas et il est sûr de lui, dès qu’il voit que vous cherchez la solitude et fuyez la pleine lumière du jour.Avant même que vous vous en aperceviez, il vous a attaché à une chaîne qu’il est difficile de disjoindre; le désordre s’établit dans votre conscience et le scandale peut rarement être évité.Ne vous fiez jamais à votre propre nature.Dans de telles circonstances, elle est aussi peu clairvoyante et même aussi follement aveugle que votre ennemi est rusé.Dans son commerce avec les hommes, le Sauveur n’observait pas seulement les lois nécessaires de la prudence, il était l’amabilité même.C’est spécialement vrai de ses relations avec les pauvres et les enfants.C’est la raison pour laquelle ceux qui ne lui étaient pas hostiles éprouvaient tant de bien-être en sa présence, tout comme on jouit d’un endroit 18 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES chaud et ensoleillé, au milieu de l’hiver.Cela s’explique surtout par le fait que les gens sentaient instinctivement que le Christ ne se recherchait pas lui-même, mais que toute son intention et tout son amour étaient dirigés vers le bon plaisir de Dieu et le salut des âmes.La recherche de soi, même si elle prend la forme seulement d’une légère vanité ou sensualité qui désire se satisfaire par certaines relations, agit imperceptiblement à la façon d’une gelée meurtrière et rend impossible la fructification de la divine grâce dans l’âme.Que pensez-vous du Christ tel que vu sous l’aspect que nous avons considéré ?C’est la questions autour de laquelle gravite la vie spirituelle de tout être humain.Quelle opinion avez-vous de sa courtoisie, de sa prudence, de son désintéressement ?Il ne serait pas difficile de lui rendre le témoignage, avec un cœur plein de gratitude, qu’il a bien fait toutes choses et son exemple mérite la plus fidèle imitation.Peut-être cependant y a-t-il danger de sousestimer ces vertus du Sauveur, à cause de leur simplicité et parce qu’elles semblent rarement mériter l’attention des esprits qui ont un idéal élevé.Nous devons prendre un soin extrême de ne pas tomber dans ce travers, ou nous nous trouverons dans la triste situation de ne pouvoir montrer une trace de ressemblance ou d’air de famille avec le Sauveur.Nous pourrions à peine imiter ses sublimes vertus, son zèle pour l’honneur de Dieu, sa manière de prier, sa profonde humilité, son héroïque patience et son abnégation, parce que nous les considérons comme trop difficiles.Les plus petites vertus, les moins apparentes, tel que la courtoisie, la bienveillance à rendre service, la cordialité dans nos relations avec les personnes de notre entourage, nous ne voulons pas les pratiquer parce qu’elles sont trop insignifiantes.A la fin, nous n’avons rien qui ressemble au Christ ou qui puisse nous donner des titres à son amour.En outre, ce ne serait pas bien de regarder comme indigne d’attention une vertu quelconque que Notre-Seigneur a trouvée assez estimable pour la pratiquer et la recommander, ou que le Saint-Esprit a honorée au point de la prédire du Sauveur, par la bouche des prophètes.Une seconde question se pose, comme conséquence de la première: quel degré de ressemblance ou air de famille avec le Christ montrez-vous actuellement, dans vos relations avec les autres ?Votre entourage immédiat peut-il généralement rendre témoignage de votre courtoisie, de votre disposition à rendre service, de votre patience ?Avez-vous montré à ceux qui vous entourent votre prudence et votre désintéressement ?Si oui, ce serait une belle preuve que la grâce a déjà commencé un bon travail de formation du Christ dans votre âme.En continuant la pratique de ces modestes petites vertus, l’âme croîtra en force et méritera pour elle-même la grâce de s’élever graduellement jusqu’aux plus sublimes vertus du Sacré Cœur de Jésus.En considérant une fois encore le Sauveur, quand il passait au JESUS PARMI LES HOMMES 19 milieu des hommes et s’entretenait avec eux, nous nous tournons naturellement vers Marie en qui sa divinité s’est unie à notre nature humaine.Elle est celle que le petit Agneau de Dieu suivait comme un enfant.Sup-pliez-la de vous prendre aussi sous sa tutelle et de vous former à l’image de son divin Fils.Si vos pas sont trop hésitants pour suivre toute la longueur du chemin qu’il a parcouru, si vous êtes trop faibles pour atteindre les héroïques sommets de ses subli- Granby mes vertus; alors, vivez tranquilles sous la protection de sa bienheureuse Mère, et tous ses tendre soins, soyez parfaits, en essayant de plaire à Dieu en toutes choses.Marchez avec amour dans la voie simple d’une conduite extérieure vertueuse, selon les lois de la politesse religieuse.Par votre fidélité à ces vertus plus faciles, à l’heure voulue de Dieu, vous deviendrez assez forts pour suivre le divin Maître dans la pratique plus difficile des plus sublimes vertus.Bruno Hagspiel, S.V.D.COMPTE RENDU Chanoine Ch.Cordonnier, Aux jeunes filles à la page.Que sera demain ?.Ce que vous le fierez.Paris, Éd.Lethielleux, 1951, 208 pp.19 cm.— 350 fr.Sous forme d’entretiens simples, naturels et illustrés d’exemples vécus, l’auteur met en garde les jeunes filles modernes contre les écueils et les préjugés susceptibles de troubler, en les faussant, les idées sur le mariage chrétien.Il décrit, par ailleurs, avec non moins de délicatesse, surtout dans la dernière partie du volume, les qualités d’une jeune fille sérieuse qui ambitionne de devenir une femme « dépareillée ».L’auteur fait en même temps l’apologie de la vie de famille que le monde actuel par ses exigences et ses conventions a tellement ébranlée et diminuée et il en revendique ses droits au nom de la raison et de la conscience, de la morale et du cœur.Les jeunes filles comme les mamans trouveront dans ces vingt-deux chapitres des conseils pratiques présentés sous une forme très agréable et inspirés par une connaissance profonde de leurs problèmes en présence du mystère de l’avenir.Montréal Fulgence Boisvert, O.F.M.COLLABORATION MISSIONNAIRE Pour la propagation de la foi, l’instruction de la jeunesse indigène et d’autres œuvres du même genre, n’hésitez pas à appeler à partager vos travaux des religieux ou des missionnaires qui ne seraient pas de votre institut qu’ils soient religieux clercs ou laïques.Pie XII citant Pie XI, encyclique Evangelii praecones 21 juin 1951.NÉCESSITÉ DE LA JUSTICE La charité peut en partie remédier à bien des injustices d’ordre social, mais c’est insuffisant ; il faut d’abord que la justice s’affirme, s’impose et soit mise en pratique.Pie XII, encyclique Evangelii praecones 21 juin 1951. EXERCICES SPIRITUELS LA L€CTUR€ SPIRITU€LL€ Parmi les exercices de la vie spirituelle, la lecture se présente comme un secours extérieur qui sert à nourrir notre âme, et qui lui fournit des moyens de progrès dans la perfection.Division.Dans cette étude, nous examinerons Futilité de la lecture, le choix des auteurs, les conditions et les dispositions qui rendent la lecture profitable.Autrement dit, demandons-nous : Pourquoi lire ?Quoi lire ?Comment lire ?I — Pourquoi lire ?Parce que la lecture spirituelle est toujours utile à notre âme et souvent nécessaire à notre perfection : il faut nous éclairer, nous instruire.Voilà pourquoi, dans les Constitutions de tous les Instituts religieux, il y a toujours un chapitre De la lecture spirituelle, qui en fait un exercice de règle.Par ex.la règle très sage de S.Benoît prescrit aux moines, chaque jour, la lectio divina, la lecture spirituelle qui conduit à Dieu.Ces directives sont bien dans la tradition de l’Eglise.S.Paul écrivait aux Romains 10, 17 : Fides ex auditu, La foi vient de ce qu on entend.Or, la lecture complétera la prédication : Fides ex lectione.S.Augustin disait : (( Dans l’oraison, nous parlons à Dieu ; dans la lecture spirituelle, c’est Dieu qui nous parle et nous instruit )).Aussi S.Alphonse de Liguori affirme-t-il que « la lecture des livres de spiritualité n’est pas moins utile à la vie spirituelle que l’oraison )).La parole de Dieu nous est donnée, parlée ou écrite.Parlée : dans les sermons, catéchismes, conférences, en direction.Mais, dit le P.Bouchage, « les prédicateurs ne disent pas la moitié de ce dont nous avons besoin pour avancer : ils s’adressent d’ordinaire aux plus relâchés, afin de les convertir ; le confesseur n’a pas souvent le temps de nous instruire.Il n’y a donc que les livres de piété qui suppléent à ce défaut inévitable.Voilà pourquoi vous devez lire et relire beaucoup ces livres bénis » (1).Le Catéchisme dit : « Dieu nous a créés pour le connaître, l’aimer et le servir ».Ainsi, il faut d’abord connaître Dieu et tout ce qui se rapporte à Dieu ; et la connaissance conduit à aimer et à servir Dieu.La volonté suit l’intelligence : comment pratiquer ce qu’on ne connaît pas ?— C’est donc un devoir de s’instruire en religion ; on ne le fera jamais assez : devoir pour les fidèles, et davantage pour les 1.P.BOUCHAGE, c.ss.r., Pratique des vertus, vol.III, p.408. LA LECTURE SPIRITUELLE 21 religieux et religieuses, afin de connaître dogmes, devoirs, vertus, exemples des Saints, vie et histoire de l’Eglise, moyens d’apostolat.pour connaître aussi la vie ascétique et mystique, les trois voies de la vie spirituelle (2).Panorama immense à explorer.Toute une vie n’y saurait suffire.Sur terre, nous ne faisons qu’entrevoir ce domaine merveilleux du monde surnaturel.Au ciel, pendant toute l’éternité, nous ferons notre bonheur à contempler ces beautés spirituelles : et plus nous aurons acquis de connaissances en ce domaine sur la terre, pour connaître et aimer Dieu davantage, plus nous aurons au ciel de lumière, de bonheur et de gloire.Pour nous stimuler à avancer dans cette science divine, l’Église exalte et canonise les Docteurs en théologie et spiritualité ; et Dieu lui-même, au ciel, les couronne d’une auréole spéciale, Vauréole des Docteurs.Il est vrai que l’Église n’a jamais voulu nommer des femmes parmi ses Docteurs ; c’est que S.Paul a défendu aux femmes d’enseigner officiellement dans le temple : Taceat mulier in ecclesia I Cor 14, 34.Mais elles peuvent enseigner privément la spiritualité par la parole et par la plume, comme l’ont fait Ste Thérèse d’Avila, Ste Catherine de Sienne, Ste Gertrude, Ste Thérèse de Lisieux, etc.Elles peuvent aussi enseigner le catéchisme, comme le font avec tant de mérite nos éducatrices religieuses.Les plus éminentes d’entre elles pourront sans doute recevoir, au ciel, une auréole de doctoresses ; pourquoi pas ?Tous les chrétiens doivent s’instruire en religion.Hélas ! dans nos familles, on délaisse l’ancienne coutume de faire des lectures pieuses dans la Bible, la vie des Saints, les auteurs de spiritualité ; heureux quand on garde encore la lecture des annales.Cette tradition était souvent une semence de vocations religieuses, Ex.Ste Thérèse d’Avila et Ste Thérèse de Lisieux.(( L’âme privée de lectures spirituelles, dit le P.Bouchage, est un fouillis bien propre à donner les plus légitimes inquiétudes )).Cette âme sera désarmée devant la propagande des matérialistes, des hérétiques, des impies : c’est ainsi que nous avons vu de bonnes familles entraînées par les Témoins de Jéhovah.(( Tandis que l’esprit 2.Voir P.GARRIGOU-LAGRANGE, o.p.Les trois âges de la vie intérieure, vol.I, p.337, ch.XVI, « La Lecture spirituelle ». 22 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES adonné aux fortes lectures de la vie ascétique, est rempli de saintes pensées ; cet esprit ressemble au firmament où brillent des millions d’étoiles » (3).Dans les communautés religieuses, on doit s’y appliquer bien plus que chez les simples fidèles.Les personnes consacrées à Dieu sont davantage appelées à la sainteté, à la contemplation.L’Église leur fait un devoir strict de travailler à leur perfection (Code can.c.593) ; la lecture spirituelle leur est recommandée comme un moyen efficace d’y parvenir.Tous les religieux auront donc l’ambition de se développer dans la science de la spiritualité, avec le secours de l’Esprit-Saint ; et cela, sans exception.Ceux et celles qui sont employés aux travaux manuels doivent aussi s’instruire dans la vie spirituelle ; ayant fait moins d’études, ils n’ont qu’à s’appliquer à la lecture et à prier l’Esprit-Saint de les éclairer.Ne l’a-t-il pas fait singulièrement pour Ste Catherine de Sienne, Ste Jeanne d’Arc, S.Joseph de Cupertino, et tant d’autres qui savaient à peine lire, et qui, par la grâce et les lumières de Dieu, pouvaient bientôt parler admirablement des choses spirituelles.Je crois utile de réfuter ici des préjugés par lesquels certains s’excusent de négliger la lecture spirituelle, et demeurent dans une ignorance dommageable.Par fausse humilité, on prône le devoir d'ignorance, comme un auteur a écrit le devoir d'imprévoyance : paradoxe propre à détourner de la vertu les consciences non averties (4).On cherche à couvrir la paresse intellectuelle par cette excuse : (( les ignorants aiment et servent Dieu mieux que les savants ! )) Et Y on cherche chez les Saints des modèles d’ignorance-vertu, par ex.le S.Curé d’Ars, Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus, etc.Pourtant le S.Curé d’Ars était loin d’être un ignorant.On n’a qu’à lire sa vie et étudier ses catéchismes pour avoir la preuve qu’il a beaucoup étudié, et qu’il a fait fructifier magnifiquement le peu de talent que Dieu lui avait donné.3.P.BOUCHAGE, idem, vol.III, p.408.4.Enseigner le « devoir d’imprévoyance », c’est déprécier la vertu de prudence ; il aurait été si simple et si vrai de parler du devoir d'abandon à la Providence, puisque c’est cela que l’auteur explique tout le long du volume, d’ailleurs très bienfaisant. LA LECTURE SPIRITUELLE 23 Et Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus : on prétend qu’elle se contentait d’aimer le bon Dieu, sans avoir besoin de l’apprendre dans les livres.Au contraire, les documents attestent qu’elle a fait beaucoup de lectures spirituelles au foyer paternel, au pensionnat des Bénédictines, puis au Carmel ; il est vrai qu’à la fin de sa vie, le Saint Évangile lui suffisait (5).On rappelle enfin la charmante histoire d’un Frère convers franciscain à qui S.Bonaventure avait dit qu’il pouvait, dans son ignorance, aimer le bon Dieu autant que les théologiens.Grande joie chez le petit Frère.Encouragement aussi pour tous les travailleurs manuels.Notez bien : Il aimait Dieu, non pas à cause de son ignorance, mais malgré son ignorance et à cause de sa bonne volonté.Il faut comprendre que le S.Esprit peut suppléer, par des dons spéciaux, la science impossible à certaines âmes de bonne volonté ; mais c’est à condition que chacun fasse son possible pour s’instruire en religion selon sa capacité, afin de développer les talents reçus de Dieu.C’est le lieu de rappeler la Parabole des Talents Mt 25, 14, où les pièces d’argent (talents) représentent très bien les talents intellectuels.A la fin, le Maître dit à celui qui n’a pas fait fructifier son talent : (( Serviteur méchant et paresseux ! )) et il ordonne qu’il soit jeté dans les ténèbres extérieures.Cherchons plutôt dans la Vie des Saints des modèles de diligence dans la lecture spirituelle : il y en a en quantité.Citons l’exemple classique de S.Ignace, qui y trouva sa conversion et sa vocation apostolique.Plus près de nous, voyez Lucie de Fatima : dans sa 2e Apparition, la Ste Vierge lui recommande de se faire instruire ; son évêque l’envoie à l’école des RR.SS.de Ste Dorothée.Par la suite, grâce à son instruction, elle put accomplir sa mission : faire connaître les apparitions et les messages de Notre-Dame, répandre 5.Thérèse Martin soutenait sa vie spirituelle par la lecture de T Imitation de J.-C.« C’était (dit-elle) le seul livre qui me fît du bien, car je n’avais pas encore découvert les trésors cachés dans le S.Évangile ».A son entrée au Carmel, elle le savait par cœur, où à peu près.Elle goûtait aussi les conférences de l’abbé Arminjon sur « la fin du monde présent et les mystères de la vie future ».(Histoire d’une âme, ch.V, pp.76 à 79).Cf.P.PHILIPON, o.p.Ste Thérèse de Lisieux, p.24 ; et ABBÉ ANDRÉ COMBES, Introduction à la spiritualité de Ste Thérèse de IEnfant-Jésus, pp.133-139 : « Les sources littéraires » de la spiritualité thérésienne.Le R.P.PETITOT, o.p.dans Une renaissance spirituelle, pp.68-76, au chap.« Les livres spirituels de Sœur Thérèse », nomme Ste Thérèse d’Avila et S.Jean de la Croix, qu’elle lisait dès l’âge de 17 ans ; Mgr de Ségur et le Père Surin.6.Cf.CHANOINE BARTHAS, Fatima, merveille inouïe, pp.51 et 184. 24 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES la dévotion au S.Rosaire et au Cœur Immaculé de Marie.Chez elle, pas de fausse humilité (6).Pour exalter l’ignorance, on s’appuie encore sur une confusion.On confond la bonne science des Saints, avec la science orgueilleuse des Scribes et des Pharisiens (anciens et modernes).Oui, avec /’Imitation de J.-C., il faut condamner « la vaine science » (Imit.I, 2, et III, 43), que réprouve aussi S.Paul : Scientia infiat ; caritas vero aedificat, I Cor 8, 1.La science orgueilleuse enfle l’esprit, tandis que la science humble, nourrie de charité, édifie le prochain.S.Bernard aussi condamne les savants orgueilleux, dans une sentence fameuse, où il stigmatise ceux qui étudient par ogueil, intérêt, ou ambition.A ces savants orgueilleux, il est facile d’opposer tous les savants canonisés : apôtres comme S.Paul, docteurs comme S.Thomas et S.Bonaventure, vierges comme Ste Catherine d’Alexandrie, moniales comme Ste Thérèse d’Avila.tous les Saints qui ont étudié pour glorifier Dieu, pour le mieux connaître afin de l’aimer davantage, pour répandre la lumière des divins enseignements, jusqu’aux derniers Pontifes, le bienheureux Pie X, Pie XI et Pie XII, dont la science a émerveillé le monde et rehaussé le prestige de l’Eglise.Si nous regardons hors de la phalange des saints, il est encore inexact de dire que les savants en général restent éloignés de Dieu (7).7.Dans un Supplément au Catéchisme de Spirago (édition canadienne, 1950) page 11, nous avons donné une liste assez détaillée de savants catholiques, dans les sciences physiques, la médecine, la géographie, les lettres et les beaux arts ; aussi une liste de membres du clergé et de religieux, qui ont enrichi la science de découvertes importantes.Le P.EYMIEU, dans son ouvrage La part des croyants dans les progrès de la science au XIXe siècley a dressé la liste de 432 savants de marque ; mettant de côté les 34 dont les sentiments religieux sont inconnus, il partage ainsi les autres : 16 athées, 15 agnostiques, et 367 croyants.(Cf.CONWAY-MALO, Lq.Boite aux questions, p.112.) JACQUES D’ARNOUX, dans son beau livre Les sept colonnes de l’héroïsme, p.207, écrit : « La prétendue incrédulité des rois de la science est une légende hypocrite accréditée par les ennemis de la Vérité.On peut voir, par les statistiques, que chez eux la proportion des croyants est de 32 sur 35.Et encore, ces rares incrédules sont presque toujours des savants de second ordre.Les grands initiateurs, les génies les plus vastes et les plus inventifs, non seulement ne furent pas incrédules, mais ont été plus croyants que la moyenne de leurs contemporains.Cauchy, Ampère, Faraday, Chevreul, Cuvier, Bichat, Laënnec, Pasteur et tant d’autres, qui furent des catholiques fervents, ont prouvé la justesse du mot de Roger Bacon : « Si un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup de science y ramène.)) (Cf.Dictionnaire apologétique, article « Science et Religion », P.D’Alès.) Voir enfin P.BESSIÈRES, s.j., La destinée humaine devant la science : retour à l’Église de trois grands savants contemporains : Alexis Carrel, Pierre Lecomte du Nouy, Charles Nicolle.(Édit.Spes, Paris, 1951.) LA LECTURE SPIRITUELLE 25 Surtout, en principe, il faut se garder de faire croire qu’il y a opposition entre la Science et la Foi : ce sophisme fournirait des armes aux ennemis de l’Église.Il y a bien assez qu’en France, des francs-maçons ont persécuté les Religieux en les appelant, par mépris, « ignorantins, obscurantistes, éteignoirs )).Au contraire, nous savons que les Ordres religieux ont toujours tenu bien haut le flambeau de la Science, en même temps que celui de la Foi.Ce n’est pas en vain que les Papes, à maintes reprises, ont exhorté le clergé et les religieux à fréquenter les Universités romaines pour s’instruire toujours davantage dans toutes les sciences religieuses.N’oublions pas l’appel de Benoît XV : « Faisons lever la lumière dans les intelligences ; car l’ignorance est le pire obstacle au salut des âmes : elle favorise l’œuvre du démon ».En effet, l'Esprit des ténèbres répand dans les esprits les ténèbres de l’ignorance, pour y semer l’ivraie de l’erreur.Avantages communautaires des lectures spirituelles.Une communauté qui a une bibliothèque bien choisie, et que les religieux savent utiliser avec intelligence et diligence, en même temps qu’avec esprit surnaturel, pourra avancer rapidement dans la pratique des vertus, étant mieux éclairée sur l’ascétique et la mystique.De plus, elle pourra rendre toutes sortes de services à l’Église, à l’exemple des Bénédictins qui ont tant fait pour établir la civilisation chrétienne en Occident, grâce à leur haut savoir (8).Des religieux instruits dans les choses spirituelles, profiteront mieux de la prédication et de la lecture des Pères de l’Église, des Docteurs, des Maîtres de la vie spirituelle, quand même ils ne laisseraient pas à la postérité d’œuvres remarquables.Un religieux, une religieuse plus cultivés rendront de grands services dans les charges ou l’administration de la communauté.Leurs conversations seront toujours instructives et bienfaisantes ; ils pourront éclairer et édifier leurs Frères ou leurs Sœurs.Dans une communauté cultivée spirituellement, on aura toujours, en récréation, des conversations intéressantes, et il sera plus facile d’éviter les mondanités, les médisances, les critiques.Avantages personnels.Résumons avec le P.Bouchage : (( La lecture spirituelle anime autant la volonté qu’elle éclaire l’intelligence.En nous exposant les motifs de la vertu, elle nous décide à la rechercher.En nous rappelant les exemples des saints, elle stimule notre 8.Voir DOM GUÉRANGER, Année liturgique, fête de S.Benoît, abbé, 21 mars. 26 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES paresse et provoque nos élans.Par les avantages du bien, elle nous attire à la sainteté ; par les désavantages du mal, elle nous retire du péché, non pas directement, mais en nous faisant désirer le bien et prier Dieu de nous aider à l’opérer.Enfin, par la finesse de certaines études, elle nous éclaire sur les questions les plus embrouillées : — telle la délicatesse avec laquelle il faut, dans l’interprétation du devoir, éviter tout ensemble le jansénisme et le laxisme, pour se tenir au juste milieu d’une conscience à la fois savante et timorée ».(( Quel saint a jamais négligé la lecture spirituelle ?S.Benoît Labre voulut ne rien posséder en ce monde, mais il avait ses livres de piété.S.Thomas d’Aquin lisait et relisait l’Écriture Sainte, les conférences de Cassien et les écrits des saints Docteurs ; cela, non pour se rendre la vie agréable, mais pour se nourrir de la parole de Dieu (9) ».On pourrait multiplier les exemples des saints sur ce sujet.Il faut nous arrêter, en terminant, aux exemples de Jésus et de Marie, nos souverains modèles.Dans la scène de l’Annonciation, la tradition représente, en présence de l’Archange Gabriel, la Sainte Vierge tenant un livre dans ses mains.Tout le temps qu’elle ne travaillait pas au ménage, Marie devait s’occuper à l’oraison et à la lecture des Saintes Écritures.Elle l’a bien montré dans la composition du Magnificat, qui est rempli de réminiscences des Psaumes et des Prophètes (10).Et voyez Jésus.Dans la Sainte Famille, il lit fidèlement l’Écriture.A la Synagogue de Nazareth, il va l’entendre commenter, comme, plus tard, il la commentera lui-même.Puis, à 12 ans, il va au Temple de Jérusalem.« Au bout de trois jours, nous dit S.Luc, Marie et Joseph le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ».Et quand ils lui disent leur étonnement, Jésus répond : « Ne le saviez-vous pas ?Il faut que je sois aux choses de mon Père ! » Luc 2, 46.Comme Marie, faisons nos délices de l’Écriture Sainte.Comme Jésus, fréquentons les docteurs et les prophètes.Interrogeons aussi les évangélistes, les saints, tous les écrivains que l’Église recommande ; comme lui, mettons-nous humblement à leur école, puisque la Sagesse incarnée a bien voulu nous en donner l’exemple.Trois-Rivières G.Panneton, pretre.9.P.BOUCHAGE, idem, vol.III, p.409.10.CHANOINE CRISTIANI, La Vierge Marie et les Évangiles, p.133 (Édit.Apostolat de l’Évangile, Lyon, 1934). consuLTflTions 1.Ilya plus de 15 ans que je vis de mon mieux dans une communauté hospitalière.Je me débats continuellement avec le désir plus impérieux que jamais de passer dans une communauté contemplative.A vrai dire, ce désir date de mon noviciat ; il m’a inspiré de réelles hésitations au moment de ma profession ; il a entretenu chez moi une certaine nostalgie de la vie monastique ; il renaît actuellement a la faveur d'un désaccord prolongé avec ma supérieure ; il s’affirme avec d'autant plus de force que les obstacles qui se sont opposés à mon entrée dans une communauté contemplative sont aujourd'hui disparus.Croyez-vous que ce désir indique un appel à une communauté contemplative ?Puis-je raisonnablement entreprendre les démarches requises pour passer dans une communauté contemplative ?Le texte de cette consultation résume 3 ou 4 lettres envoyées au service des consultations sur le même sujet.Pour répondre convenablement, il faut envisager successivement l’aspect canonique, théologique et psychologique de la question.L’aspect canonique est exprimé dans le Code de Droit Canonique aux canons 632 à 636.Les canonistes remarquent que selon le nouveau code le passage à une autre religion n’entraîne pas la sortie de l’état religieux.Avant le Code, le profès des vœux simples se faisait tout d’abord dispenser de ses vœux, puis entrait au noviciat de la communauté de son choix ; s’il lui arrivait de quitter cette nouvelle religion, il se trouvait complètement en dehors de l’état religieux.Aujourd’hui les obligations et les droits de la religion que le religieux quitte sont momentanément en suspens jusqu’à l’engagement définitif dans la nouvelle religion ; ainsi si avant ce moment le profès abandonne la religion à laquelle il désirait passer, immédiatement ces obligations et ces droits reprennent leur vigueur et le profès doit retourner à la communauté de sa profession.De même, les canonistes remarquent qu’avant le Code la permission du Siège Apostolique n’était pas requise pour tous les religieux qui passaient à une autre religion.Aujourd’hui le texte du canon 632 ne mentionne aucune exception ; sans révoquer les privilèges concédés à certains supérieurs généraux, il exige pour passer à une religion même plus stricte l’autorisation du Siège Apostolique.Au point de vue canonique, vous pourriez donc demander l’autorisation du Siège Apostolique et si vous l’obtenez passer à une religion contemplative.Avez-vous des raisons suffisantes pour faire ces démarches ?C’est la théologie qui va vous aider à répondre.La théologie enseigne que Dieu manifeste sa volonté par les événements.Si au moment d’entrer en religion des obstacles réels et objectifs vous ont empêché d’entrer dans une religion contemplative, c’est que Dieu ne vous appelait pas à une religion contemplative.C’est là une règle générale que les théologiens vous rappelleront et appliqueront à votre cas.Il peut sans doute se présenter des cas exceptionnels.Régulièrement, c’est de cette façon que Dieu fait connaître sa volonté.Voilà pour les obstacles dont vous parlez.La théologie enseigne aussi que la contemplation est dans une certaine mesure nécessaire à tous les chrétiens, à plus forte raison à toutes les religieuses même non contemplatives.C’est sans doute ce besoin que vous ressentez d’une manière permanente.Il faut vous en réjouir car ce sentiment produit d’heureux effets ; il facilite la fidélité aux exercices de piété et à l’oraison ; le maintien de la vie active dans les justes limites ; la liberté du cœur devant les séductions des biens passagers ; la pratique de la vie intérieure.Toute vie religieuse bien ordonnée comporte ce désir permanent de contemplation et d’union plus intime avec Dieu, Dans ce que vous ressentez, y 28 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES a-t-il quelque chose de plus que ce désir normal ?Pour répondre oui, il faudrait posséder des arguments graves, solides et sérieux ; surtout gardez-vous bien de confondre désir normal de contemplation avec appel à une religion contemplative.Vous le comprenez, ce n’est pas du tout la même chose.Si dans une mesure variée tous les chrétiens sans excepter les simples fidèles sont appelés à la contemplation, tous ne sont pas appelés à la vie contemplative, encore moins à une religion contemplative.La vocation à une religion contemplative suppose des dispositions d’esprit et de cœur bien précises.Voilà pour votre désir de contemplation.La théologie a donc réduit la valeur des raisons qui dans votre appréciation semblaient justifier le passage à une religion contemplative.Consultons maintenant la psychologie.Vous y apprendrez deux choses.C’est que parvenus à un certain âge, nous ne changeons pas facilement de genre de vie ; les habitudes qui facilitent l’action nous attachent à une forme de vie que nous menons depuis un certain nombre d’années et rend pénible, quelquefois même impossible, le passage à une autre vie.De plus, après un certain âge nous ne possédons plus la souplesse requise pour nous plier à des nouveaux règlements.C’est cette vérité qui a dicté à des communautés des limites d’âge pour l’admission des sujets.Une personne qui approche de 40 ans sentira les difficultés de vivre pendant au moins une année avec des personnes qui dépassent à peine 20 ans.Pour ces raisons, je doute fort qu’un directeur expérimenté vous approuve de quitter une communauté où vous vivez depuis plus de 15 ans pour vous diriger vers une autre communauté d’un genre de vie assez différent et où vous devrez vous soumettre à la discipline astreignante d’un nouveau noviciat.Si le droit canonique vous enseigne la possibilité de passer à une autre communauté pourvu que vous ayez des raisons sérieuses, la théologie vous montre la fragilité des raisons que vous apportez et surtout la psychologie, en soulevant les difficultés d’adaptation à une vie nouvelle, vous dissuade d’entreprendre cette démarche.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.2.Quand Fordo indique une oraison ad libitum à dire à la messe, est-il permis de prendre, p.e.le 26 avril, celle de la messe de Notre-Dame du Bon Conseil ; le 23 octobre, celle de la fête du T.St Rédempteur ; le 13 novembre, celle de la messe de St Stanislas de Kostka ?Ces messes se trouvent aux offices et messes propres à certains lieux, et la Communauté suit Fordo diocésain.Des auteurs de liturgie que nous avons pu consulter, deux Stercky et Brem, affirment qu’il est permis de choisir comme oraison libre toutes les oraisons des messes qu’il est permis de dire comme votives dans l’endroit où la messe est célébrée.Un troisième, Hébert, pose la même affirmation sous une forme négative : Il n’est pas permis de choisir comme oraison libre celle d’une messe qu’il n’est pas permis de dire dans l’endroit où la messe est célébrée.Si maintenant nous faisons l’application de ce principe à votre cas, nous répondons ceci : Voyez si dans l’ordo de votre diocèse les messes que vous nommez sont mentionnées comme permises dans votre diocèse ; si elles le sont, le célébrant peut en dire l’oraison toutes les fois que l’ordo lui laisse le choix de la 3e oraison.Dans le cas où l’ordo ne dit pas que ces messes sont permises dans votre diocèse, le célébrant ne peut pas choisir l’oraison de ces messes spéciales comme 3e oraison facultative.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M. CONSULTATIONS 29 3.Des fidèles ne peuvent voir la sainte Hostie et le Calice au moment de T Elévation; une colonne les en empêche.Peuvent-ils gagner quand même les indulgences s'ils récitent pieusement au moment de l'Élévation l'oraison jaculatoire Mon Seigneur et mon Dieu ?La collection authentique des indulgences publiées par l’Imprimerie Polyglotte Vaticane le 30 janvier 1950 sous le titre de Enchiridion Indulgentiarum va fournir la réponse.Au no 133 nous lisons un texte latin dont voici la fidèle traduction : « Aux fidèles qui au moment de l’élévation de la très sainte hostie pendant le sacrifice de la messe ou pendant que l’hostie demeure exposée solennellement récitent avec foi, piété et amour l’oraison jaculatoire : Mon Seigneur et mon Dieu !, il est concédé : •une indulgence de 7 ans, • une indulgence plénière une fois la semaine si cette pieuse pratique a été faite chaque jour et qu’on a soin d’ajouter la confession sacramentelle, la sainte communion et une prière aux intentions du Souverain Pontife )).Comme vous l’avez constaté, ce texte ne requiert pas le regard de l’hostie ; l’impossibilité de regarder l’hostie ne saurait priver des indulgences concédées à cette pieuse pratique.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.4.Y a-t-il lieu de faire /’inclination ou le signe de la Croix quand, après la communion en dehors de la messe, le prêtre bénit avec le ciboire ?après l'exercice du Chemin de la Croix, quand il bénit avec la Croix, et avant la reposition de la relique de la Vraie Croix quand il bénit les fidèles avec cette Relique ?Le Manuel de liturgie de Stercky, t.1, page 127, no 129, 4, me laisse indécise.La consultation soumet trois cas différents : bénédiction avec le ciboire après la communion donnée en dehors de la messe, bénédiction avec la croix après l’exercice public du chemin de la croix, bénédiction avec la relique de la vraie croix avant la reposition de cette relique.Tels que les pose cette consultation, ces cas ne se rencontrent pas expressément chez les auteurs de liturgie.La référence au Manuel de Liturgie de Stercky ne s’applique que de très loin aux cas mentionnés.En s’appuyant sur les principes généraux exposés par les liturgistes on peut répondre ceci : les fidèles pour les trois cas doivent : 1 — être à genoux, 2 — faire une inclination médiocre, 3 — en signe d’adoration.Il n’est nullement question de faire le signe de la croix parce que le prêtre qui accomplit ces rites ne prononce aucune parole de bénédiction.L’adoration se comprend bien dans le cas de la bénédiction avec le ciboire ; dans le cas de la relique de la vraie croix, l’adoration s’adresse à Jésus crucifié ; l’adoration de la simple croix après l’exercice du chemin de la croix ressemble à celle qui se fait le vendredi saint pendant l’adoration de la croix par les fidèles avant la messe des présanctifiés.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.5.Plusieurs membres d’une communauté récitent ensemble la prière : Me voici, o bon et très doux Jésus, dans une salle où un crucifix est suspendu au mur.Quelques membres de la communauté cependant ont le dos tourné au crucifix et ne regardent aucune autre image de Jésus crucifié.Gagnent-ils les indulgences ?La même collection authentique citée à la consultation no 3 présente la réponse.Au no 201, elle reproduit en latin la prière : Me voici, ô bon et très doux Jésus ; puis elle ajoute la concession suivante : « Aux fidèles qui récitent pieusement la prière 30 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES reproduite ci-dessus en présence (en latin coram) d’une image de Jésus-Christ crucifié, il est concédé : • une indulgence de dix ans, • une indulgence plénière si en plus ils ont fait la confession sacramentelle, la com- munion, et prié aux intentions du Souverain Pontife ».Ici encore le regard de Jésus crucifié n’est pas requis.Sauf avis plus autorisé ou décision contraire de l’autorité compétente, l’absence du regard de Jésus crucifié chez quelques membres de votre communauté ne les prive pas du gain des indulgences.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.6.Je lis dans le Manuel de Liturgie de Stcrcky, t.II, page 352, no 7 « Tous ceux qui sont tenus au bréviaire, et qui n'assistent pas à la procession, doivent réciter les litanies en leur particulier, et régulièrement après laudes.On ne peut pas les réciter la veille ».La Communauté est tenue à la récitation du bréviaire au chœur et psalmodie laudes dans la soirée ; peut-elle devancer aussi la récitation des litanies avec cette heure telle que l'indique le bréviaire quand elle est empêchée de faire la procession des Rogations ?Dans ce cas les litanies sont nécessairement récitées la veille.Des deux affirmations de Stercky que reproduit la consultation, celle qui prévaut est que les litanies ne peuvent pas se réciter la veille, comme cela peut facilement se faire pour les matines et les laudes.Quant à la récitation après les laudes, cela doit s’entendre en ce sens que dans le cas de la récitation chorale les litanies se placent le matin immédiatement avant prime, tandis que pour la récitation individuelle une raison suffit pour permettre de les placer au moment qui convient à sa commodité, tout en maintenant que les litanies ne se récitent pas la veille.Appliquant ces données au cas soumis par la consultation, la communauté tenue à la récitation du bréviaire et empêchée de faire la procession des rogations devra réciter les litanies, non pas la veille après les laudes psalmodiées, mais le matin immédiatement avant l’heure de prime.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.7.Des laïcs peuvent-ils entretenir et même augmenter leur provision d'eau bénite en ajoutant de l’eau ordinaire ?Veillant toujours à ce que leau ajoutée soit en plus petite quantité que Ieau bénite, cette addition peut-elle se faire indéfiniment ?Non si l’on veut faire cette addition en respectant les intentions de l’Église.Sur cette matière l’Église a déjà formulé ses intentions.Dans le Code de Droit Canonique, en parlant de l’eau baptismale et de l’huile sainte de l’extrême onction, elle demande aux canons 757 § 2 et 734 § 2 que, si elles viennent à diminuer de manière à devoir manquer bientôt, on ajoute à l’eau baptismale bénite une quantité moindre d’autre eau non bénite ; à l’huile sainte bénite une quantité moindre d’autre huile non bénite ; elle ajoute que cette addition peut se répéter.La raison de ces prescriptions, c’est que l’Église ne voudrait pas priver ses fidèles du sacrement de l’extrême onction ni de la solennité du baptême.Dans ces cas, l’eau et l’huile ajoutées sont bénites par contact avec l’eau et l’huile bénites.Semblablement pour ne pas priver les fidèles des heureux effets de l’eau bénite, jl est permis d’ajouter à celle qui diminue au point de devoir bientôt manquer une CONSULTATIONS 31 quantité moindre d’eau non bénite ; cette eau devient bénite par contact avec l’eau bénite.Pour des fidèles qui se trouvent dans des conditions telles qu’il leur est très difficile de se procurer de l’eau bénite, cette addition peut être répétée.Comme on le voit, ces prescriptions énoncent non pas une manière normale et régulière de se procurer de l’eau bénite mais une précaution maternelle de l’Église, désireuse de pourvoir largement ses enfants de ses bienfaits spirituels.En prendre prétexte pour négliger de s’approvisionner convenablement d’eau bénite qu’on peut facilement obtenir dans les églises paroissiales, c’est outrepasser indûment les intentions de l’Église.C’est pourquoi, si en répondant non à la question posée je n’ose pas soutenir que l’eau non bénite ajoutée indéfiniment en quantité moindre à l’eau bénite ne serait pas bénite indéfiniment, j’affirme clairement et nettement que cela va à l’encontre des intentions de la sainte Église.Cela devrait suffire pour que cette addition ne soit pas adoptée comme un principe de provision ordinaire d’eau bénite.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.8.Pour rendre service à nos nombreuses maisons dispersées dans les paroisses rurales, nous avons fondé à Montréal une procure qui reçoit et remplit les commandes envoyées par les différentes maisons.Sans tenir de commerce, cette procure tient en réserve une certaine quantité des articles les plus usuels ; de plus elle demande un certain montant d'argent pour récompenser ses services et assurer son fonctionnement régulier.Peut-on soutenir que cette procure va contre le décret prohibant commerce et négoce ?On ne peut certainement pas soutenir avec raison que cette procure viole le décret du 22 mars 1950 interdisant commerce et négoce et publié dans V.C.R.8 (1950) pp.201-203.Si vous lisez le bref et substantiel commentaire qui accompagne le texte de ce décret, vous placerez spontanément votre procure et ses opérations sous les actions qui n’entrent pas sous l’interdiction formulée au canon 142 : achat d’objets destinés à son usage ou à celui des siens.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.9.Notre cérémonial nous demande de chanter laudes du 25 décembre immédiatement après la messe de minuit.Or depuis plusieurs années nous avons 3 messes pendant la nuit de Noël.Après avoir chanté la messe de minuit, nous chantons laudes pendant la le messe qui se poursuit à l'autel.Est-ce liturgique de chanter ainsi une heure du bréviaire pendant la messe ?En temps ordinaire, il ne serait pas liturgique de chanter une heure du bréviaire pendant que la messe se célèbre au maître-autel.L’inconvénient serait moins grand si l’autel principal était assez distant du chœur, ou encore si le chœur possédait un autel particulier, comme cela se voit dans les Ordres d’hommes.Noël présente un cas unique : cette fête a 3 messes conventuelles : la première après les matines à minuit ; la deuxième de bon matin après l’heure de prime ; la troisième après l’heure de tierce.Le fait que le célébrant célèbre ses 3 messes de suite à minuit, crée un embarras pour la récitation des laudes.Je connais plusieurs communautés tenues au grand office qui psalmodient les laudes immédiatement après la messe de minuit et par conséquent pendant les 15 premières minutes de la deuxième messe du célébrant.En effet si on ne place pas la récitation des laudes à ce moment, il faudra ou attendre que le célébrant ait terminé ses 3 messes, ce qui prolonge outre 32 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES mesure la veille de la communauté ou attendre le matin et faire précéder la récitation de prime de celle des laudes, ce qui va contre votre cérémonial.Enfin les laudes expriment des sentiments qu’une âme unie à Dieu et pénétrée de sens liturgique peut facilement faire converger vers la messe qui se célèbre.Pour toutes ces raisons, je crois qu’en la nuit de Noël vous pouvez psalmodier les laudes pendant la première partie de la deuxième messe d’un célébrant qui dit ses 3 messes de suite à minuit.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.10.J'ai lu votre article sur F usage du tabac à fumer, paru dans votre revue La Vie des Communautés Religieuses.J’ai goûté votre commentaire jusqu’à la fin.Toutefois la dernière phrase m'a semblé affaiblir ce qui précédait, car plusieurs s'y appuieront pour s’excuser de fumer sans trop de raison.Qu'en pensez-vous, révérend Père ?La tentation de fumer est fréquente chez nos religieux et l'exemple d'un peu partout mine les volontés.Je ne veux pas cependant une doctrine plus sévère que la vérité.Il s’agit de la lettre circulaire adressée aux supérieurs suprêmes par la S.Congrégation des Religieux le 10 janvier 1950 sur l’usage du tabac dans les états de perfection.Le texte en a paru dans la V.C.R.9 (1951) pp.238-244.La dernière phrase se lit comme suit : « Des raisons d’amitié, de charité peuvent en passant rendre l’usage du tabac non seulement permis mais aussi méritoire ».Prise en elle-même, cette phrase affirme que l’action de fumer n’est pas absolument mauvaise.Il est certain que l’on peut jouer sur les mots, supprimer les raisons de charité et d’amitié, fumer sans raison, non pas en passant mais régulièrement ou assez souvent.Pour convaincre un religieux qui raisonne de la sorte, il faut d’autre chose que des textes.Replacée dans son contexte, cette phrase se rapporte à l’aspect ascétique de l’usage du tabac ; mais il y a au paragraphe précédent l’aspect moral et la mention des lois ou préceptes qui peuvent prohiber l’usage du tabac.Dans le cas d'une loi ou d’un précepte, un religieux ne peut s'autoriser lui-même à fumer même en passant sous prétexte de charité.Comme il y a danger d’illusion, de mauvais exemple donné aux confrères et de tort causé à la discipline, le supérieur a le droit de se réserver la permission à donner selon les cas.Le grand tort de la phrase citée, c’est d’être la dernière de l’article.Si elle était suivie d’un paragraphe résumant la doctrine du commentaire, elle ne laisserait pas cette impression défavorable dont parle la consultation.Ce paragraphe synthétique aurait-il enlevé aux partisans du tabac en quête d’arguments la tentation de citer ces paroles ?Je ne le sais ; mais il reste que ceux qui veulent lire objectivement trouveront dans mon article sur le document romain un commentaire ni relâché ni exagéré, mais conforme à la vérité et au juste milieu.Je remercie mon correspondant de m’avoir communiqué ces remarques.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.DOCTRINE SOCIALE DE L’ÉGLISE Il faut absolument faire passer dans la pratique avec zèle, ardeur et énergie, les vrais principes qu’enseigne l’Eglise en matière sociale.Pie XII, encyclique Evangelii praecones 21 juin 1951. CONSULTATIONS 1.Le passage d’une vie active à une communauté contemplative, Adrien-M.Malo, O.F.M.27 2.Choix de l’oraison « ad libitum », Adrien-M.Malo, O.F.M.28 3.Indulgence de l’oraison jaculatoire : Mon Seigneur et mon Dieu, Adrien-M.Malo, O.F.M.29 4.Signe de la croix à faire en certaines circonstances, Adrien-M.Malo, O.F.M.29 5.Indulgence de la prière : Me voici ô bon et très doux Jésus, Adrien-M.Malo, O.F.M.29 6.Anticipation des litanies, Adrien-M.Malo, O.F.M.30 7.Addition de l’eau non bénite à l’eau bénite, Adrien-M.Malo, O.F.M.30 8.Procure et commerce défendu, Adrien-M.Malo, O.F.M.31 9.Chant des laudes pendant la 2e messe de Noël, Adrien-M.Malo, O.F.M .31 10.Fumer par charité, Adrien-M.Malo, O.F.M.32 L€S LIVRÉS ACCUSÉ DE RÉCEPTION Aime-moi, oublie-toi, méditation pour F âme pieuse qui aspire à la perfection.Montréal, Éd.Chantecler, 1950, 13 pp.ill.13.5 cm.100 copies pour $6.50.Bastien, Dom Pierre, O.S.B., Directoire Canonique à F usage des Congrégations à vœux simples.Bruges, Beyaert, 5e éd.1951, 591 pp.23.5 cm.Blanchet, L.-J.-N., Une vie illustrée de Calixa Lavallée, auteur de O Canada.Montréal 1951, 66 pp.21.5 cm.Catholicisme, Hier, Aujourd’hui, Demain, Dieu-Dufour.Paris, Letouzey et Ané, cc.769-1152.De Coninck, Charles, Quelques précisions de doctrine sur la Sobriété.Québec 1951, 63 pp.20.5 cm.Digeste Marial.Montréal 1951, 50 pp.10 cm.$1.50 l’abonnement.Germain, abbé Victorin, Retour à Dieu.Québec 1949, 270 pp.23.5 cm.$2.00.Hoornaert, Rodolphe, Sainte Thérèse, sa vie et ce qu’il faut avoir lu de ses écrits.Bruges, Beyaert, 1951, 368 pp.22.cm.130 francs belges.Laçasse, Carmel, pretre, Terre d'Attente, randonnée missionnaire au détroit d’Hudson.Montréal, Fides, 1951, 224 pp.ill.20 cm.$1.75.Lippert, P., Cœurs Inquiets.Bruges, Beyaert 1951, 2e éd.212 pp.20 cm.68 francs.Mère Marie du Saint-Esprit, fondatrice du premier institut missionnaire d'origine canadienne.Montréal, 109 pp.23 cm.Péloquin, R.P.Bonaventure, O.F.M., L'Aumône.Montréal 1951, 30 pp.Tardif, R.P.Hilaire-M., O.F.M., Religion et religions.Montréal, 1951, 32 pp. La Vie des Communautés Religieuses recommande : SAINTETÉ LAÏQUE par S.E.Mgr Norbert Robichaud 162pp.18.5 cm.% 0.75 © MÈRE MARIE DU STTSPRIT Fondatrice du 1er institut missionnaire d’origine canadienne 107/)/>.ill.23 cm.RR.SS.Miss, de ri.-C.UN HOMME SORTIT pour SEMER par Eugène Nadeau, O.M.I.Fides, 1952.19Spp.20 cm.?1.50 LACORDAIRE par Jean Bousquet, O.P.Montréal 1951, 143pp.19 cm.
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