La vie des communautés religieuses /, 1 novembre 1952, Novembre
COMMUNAUTES' RELIGIEUSES' Vol.10, n.9 MONTRÉAL Novembre 1952 SOMMAIRE DIRECTIVES PAPALES Pie XII Le triple flambeau du chemin de la vie 257 CONGRÈS DES S.GÉNÉRALES DE D.P.M.Bellasis Formation à l'apostolat dans le monde anglo-saxon.264 BIBLIOGRAPHIE P.-A.Martin Fides.268 LITURGIE M.Roy Procession de la Fête-Dieu dans les chapelles de couvent.271 SPIRITUALITÉ Stéphane Piat Contrefaçons et idéal.275 ACTES Cong.Romaines Avertissement, indulgengôéj^î.278 ENSEIGNEMENT ^ * F.Porter L'ensoi^hemenf secbnfiàire au Canada français .^°.280 CONSULTATIONS — COMPTES RENDUS — COMMUNIQUÉS ^ 208^uSt^U^ORChStE^^MONTOEAL^5 CANADA LA VIE des COMMUNAUTES RELIGIEUSES publiée par les RR.PP.Franciscains du Canada paraît le 15 de chaque mois, excepté juillet et août en fascicule de 32 pages.Abonnement : $ 2.00 par année Directeur : R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.Conseil de direction : S.E.Mgr J.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les com* munautés religieuses.Mgr J.-H.CHARTRAND, vicaire général d'Ottawa.M.le Chanoine Cyrille LABRECQUE, directeur de la Semaine Religieuse de Québec.Secrétariat : 2080 ouest, rue Dorchester, Montréal 25, P.Q.j Canada.Téléphone : Wllbank 7498, de 2h.à 5h.de l'aprèsj midi tous les jours, excepté le samedi et les fêtes.Imprimeurs : Les Frères des Écoles Chrétiennes, 959, rue Côté, Montréal 1, P.Q., Canada.© Nihil obstat : Hadrianus-M.MALO, O.F.M.censor ad hoc Imprimatur : f PAUL-ÉMILE, Archevêque de Montréal.Marianopoli die 3a Novembri 19 5 2 © Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes Ottawa IMPRIMÉ AU CANADA PRINTED IN CANADA la VIE Des commurmuTés ReuGieuses Vol.10, No 9 Montréal Novembre 1952 DIRECTIVES PAPALES L€ TRIPL6 FLAmB€AU DU CHemin D€ LA Vl€ Le dimanche 15 juin 1952, le Souverain Pontife a accordé une audience à F université de Rome.Le Saint-Père a 'prononcé un discours en italien dont nous publions la traduction de FOSSERVATORE ROMANO.Votre présence est vivement agréable à Notre cœur, chers fils du Studium Urbis, qui, sous la conduite de M.le Ministre de l’Instruction Publique, du Recteur Magnifique et d’illustres professeurs du glorieux Athénée, êtes venus à Nous, comme pour conclure par une profession publique de foi et de dévotion au Vicaire du Christ, les travaux de l’année académique, c’est-à-dire un autre pas en avant sur la voie du progrès civil, but poursuivi par votre Université, comme par toutes les autres.Depuis longtemps vous désiriez venir Nous témoigner votre filiale affection; mais les devoirs impérieux de Notre charge pastorale nous ont contraint à renvoyer jusqu’à ce jour cette rencontre désirée.Du reste vous n’ignorez pas la sollicitude assidue avec laquelle Nous suivons la vie universitaire, ses progrès, ses problèmes, ses luttes; de même que vous ne méconnaissez pas les témoignages de Notre prédilection, particulièrement celui que Nous voudrions voir considéré par vous comme un don jailli du plus profond de Notre cœur: la Chapelle Universitaire, que vous avez si vivement désirée et accueillie avec joie, comme centre spirituel et couronnement de la Cité des Études.Et quel meilleur don pouvions-Nous offrir à la Jeunesse universitaire romaine, si ce n’est un temple, qui demeurant un monument éternel de Notre affection, soit en même temps, avec sa salle destinée au culte, avec la crypte dédiée à la pieuse mémoire des 258 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES jeunes Morts de la guerre, avec sa consécration à la Sagesse Éternelle, le sanctuaire où la jeunesse puisse trouver un aliment pour le triple flambeau qui devra indiquer et éclairer le chemin de sa vie: la patrie —• comme extension de la famille — , la science et la religion, qui sont les trois piliers d’une société moderne bien ordonnée ?LE FLAMBEAU DE LA PATRIE Or vous êtes, non point exclusivement, mais de préférence à toute autre catégorie de la jeunesse, l’avenir de votre patrie, parce que ses professions libérales sont parmi les activités civiques celles qui donnent davantage le ton à la vie de la nation et en marquent le cours.La direction de la société de demain repose principalement dans l’esprit et dans le cœur des universitaires d’aujourd’hui.Et puisque vous êtes venus à Nous pour recevoir quelques pensées salutaires, il Nous semble que Nous pouvons vous dire: pénétrez, enracinez, approfondissez en vous la conscience de futurs dirigeants de la nation et, en même temps, les responsabilités particulières envers la patrie dans chacune des professions auxquelles vous vous consacrerez, après avoir heureusement terminé vos études.L’avenir de la patrie parmi les peuples modernes et civilisés dépend donc en premier lieu de sa jeunesse universitaire.Aussi chaque catégorie de citoyens regarde ses équipes avec une timide espérance et, conformément à une antique tradition, a l’habitude de les entourer d’une accueillante sympathie; c’est pour cela que les groupes professionnels des anciens en suivent attentivement les événements; c’est pour cela que les États n’épargnent point les sacrifices pour assurer, dans la mesure du possible, la stabilité et le développement des Athénées.Et la patrie se fie à vous non seulement en des circonstances extraordinaires, par exemple, que Dieu l’en préserve, si elle se trouvait en grave danger, parce qu’elle est déjà accoutumée à compter sur les nobles impulsions de la jeunesse universitaire toujours prête à répondre à un de ses appels et entraînant toutes les autres jeunes âmes; mais également dans le cours anormal de la vie nationale, que vous alimenterez par l’exercice quotidien de votre profession.Un sentiment de tendre émotion se répand dans Notre cœur en vous voyant à présent si jeunes et hardis et en pensant en même temps que, dans quelques années, qui s’écouleront rapidement en réalité, tant de gens ayant besoin de vos conseils, de votre aide et LE TRIPLE FLAMBEAU DU CHEMIN DE LA VIE 259 de votre appui auront recours à vous avec confiance; en pensant que de vos décisions dépendront la vie de tant de malades, la paix de tant de familles, le triomphe de la justice, l’éducation de tant d’enfants, le sort de tant d’ouvriers; que votre capacité déterminera le progrès du pays, l’emploi avisé de ses ressources, le développement des industries, des communications, des routes, de la navigation, des machines, la sécurité contre les calamités, la santé publique, l’économie, le visage extérieur de la nation.Et de quels autres, sinon de vous et de votre intelligence, peut-elle attendre les nouvelles découvertes de la science, les inventions bienfaisantes et utiles, en un mot ce progrès technique et scientifique, qui fait honneur au peuple qui s’en fait le promoteur ?En vérité, vous serez l’intelligence de la patrie, mais surtout vous en serez le cœur, parce que c’est de vous que dépendront si largement le bien-être du peuple, la sainteté des lois, l’honnêteté des mœurs, la droiture politique, la bonne entente avec les peuples voisins, la paix laborieuse.Nous désirions vous rappeler cela, non point pour que flattés dans votre orgueil vous vous sépariez du peuple, comme en une caste privilégiée, mais pour que vous vous pénétriez des graves responsabilités sociales, qui dès à présent doivent être affrontées au moyen d’une préparation appropriée.C’est précisément en ces années de jeunesse, où l’esprit est plus agile et ouvert, où sont moindres les soucis de la vie ordinaire, où le temps est plus facilement libre, que naît le médecin qui ne se trompe pas, le juriste qui ne tâtonne pas, le technicien sûr et précis, le littérateur qui ouvre de nouvelles voies, l’homme d’État prévoyant et sagase.Votre amour de la patrie, vos idéaux scientifiques et professionnels se réalisent par conséquent dès à présent dans l’étude assidue et méthodique qui exige une discipline voulue plus qu’imposée, une austérité de vie, un recueillement constant, une pureté de mœurs qui est l’aide la plus efficace pour un profit réel dans le savoir.LE FLAMBEAU DE LA SCIENCE L’autre flambeau qui illuminera votre chemin sera la science elle-même, dans ses branches multiples, que vous sentirez vous-mêmes le besoin de cultiver incessamment.La maturité des années vous dira combien vous devez être reconnaissants envers Dieu de vous avoir dirigés sur les sentiers de la science, qui en échange des nombreuses peines qu’elle exige sait donner à ceux qui s’y consacrent de 260 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES satisfactions inestimables et des titres d’authentique noblesse, qu’aucun autre travail ne peut accorder à l’exception de l’art.Quel splendide ornement de la personne est la science approfondie, possédée et ensuite utilisée pour le bien d’autrui ! Quelles vives satisfactions, Nous ne voulons pas dire d’amour-propre, mais de la tendance humaine primordiale envers la science et envers ses plus larges visions ! Peu d’autres biens terrestres peuvent l’égaler dans le perfectionnement de l’homme.Toutefois, tout en vous laissant profondément pénétrer par son charme, ne croyez pas qu’elle puisse vous satisfaire entièrement.Un tel espoir non seulement serait une surévaluation erronée de son pouvoir de perfection, mais provoquerait d’amères désillusions le jour où, avec la pleine maturité de l’esprit, surgira en vous la conscience des valeurs humaines plus profondes et totales, car l’homme acquiert par degrés la conscience de tout son être.Ce jour là même la philosophie, qui est l’interprète de la nature et de la conscience naturelle et ainsi en quelque sorte la règle de la vie, ne saura répondre à tous les problèmes et à toutes les difficultés.Il conviendra de remonter à des sources plus hautes, auxquelles conduisent le sincère amour de la vérité et sa sûre possession: Nous voulions dire aux sources religieuses surnaturelles.LE FLAMBEAU DE LA RELIGION Notre exposé Nous a conduit au troisième point que Nous entendons aborder; Nous voulons parler de la foi chrétienne, ce flambeau qui éclaire le chemin de la vie, cette sécurité qui réconforte et encourage en toute circonstance, « cette chère joie — sur laquelle se fonde toute vertu )) (Dante, Par., 24, 89, 90).Infusée par le baptême, la foi a été nourrie en vous et cultivée dès vos jeunes années par la prière et les sacrements par l’enseignement du catéchisme, par l’exemple,— Nous l’espérons—de ceux qui vous entourent.Maintenant que vous êtes adultes et arrivés à l’âge où vous devez de vous-mêmes choisir et vous décider, il faut que vous fassiez devenir comme votre possession personnelle et consciente, que vous compreniez sans cesse plus profondément et que vous viviez toujours plus intensément le trésor de la foi catholique et la richesse de vérité et de grâce que Jésus-Christ vous a donnés par sa rédemption et par son Église, et donc il a posé le germe dans vos âmes dès votre berceau. LE TRIPLE FLAMBEAU DU CHEMIN DE LA VIE 261 C’est là le plus haut devoir de votre vie, dont l’accomplissement exige le concours de l’homme tout entier: l’esprit et le cœur, la conviction intérieure et la force de la volonté.Une première expérience doit vous faire réfléchir: d’où vient-il que tel ou tel compagnon de votre entourage, auparavant croyant et pieux, le seuil de l’université franchi, subit une crise qui petit à petit se résout dans l’indifférence religieuse ou sous une autre forme plus ou moins explicite d’athéisme ?Vous ne pouvez vous attendre, chers fils, à ce que Nous traitions en quelques paroles un problème si délicat.D’autre part, cependant, Nous avons tant à cœur votre avenir et vous-mêmes que Nous ne pouvons Nous dispenser de vous exposer quelques brèves réflexions en la matière.Nous laissons de côté le fait qu’à l’origine de ces crises se rencontrent des difficultés intellectuelles et d’autres circonstances, qui sont à rechercher, plutôt que dans le pur domaine de la raison, parmi les forêts sauvages des passions déréglées et des déviations morales ou peut-être même dans le domaine incertain des concessions que l’on estime devoir faire aux exigences d’une carrière enviée.De toutes manières une chose est certaine: il n’y a point de religion et, par conséquent, de vie religieuse personnelle, sans culte de Dieu.Mais le culte de Dieu n’est pas seulement un simple et froid acte intellectuel; il est la louange de Dieu, le service de Dieu, l’abandon confiant en Dieu avec tout son cœur et toute son âme (cf.Mt 22, 37).De même « croire » est certainement avant tout admettre — et pénétrer dans les limites du possible — les vérités révélées par Jésus-Christ, mais également en tirer généreusement les conséquences qu’elles comportent pour la vie morale.Si donc quelqu’un estimait suffisant pour sa vie religieuse de consacrer au culte de Dieu la petite demi-heure de la Messe du dimanche, comment pourrait-il espérer éviter qu’elle dépérisse et se tarisse ?Considérez en outre que les vérités religieuses vous ont été présentées à l’âge de l’enfance et à l’école sous une forme correspondant à l’intelligence de l’enfant et de l’adolescent.La maturité intellectuelle, qui permet de comprendre des problèmes et des rapports plus profonds, n’est venue qu’avec les années et, maintenant seulement, vient d’être complètement acquise par vous.Si donc, tandis que vous progressez de degré en degré dans les sciences profanes, vous ne fassiez pas de progrès analogues dans les connaissances religieuses et dans la vie de l’esprit, pourriez-vous vous étonner d’en arriver à 262 LE TRIPLE FLAMBEAU DU CHEMIN DE LA VIE être sujets à de telles crises ?Soyez donc conscients de votre responsabilité: perfectionnez sans cesse davantage la compréhension intellectuelle de votre foi et appliquez-vous à vivre selon les lois des grandes vertus chrétiennes.Encore un mot sur la question de la prétendue opposition entre la foi et les sciences naturelles.La conciliation entre elles suppose deux principes.Le premier est que la méthode des sciences n’est valable que dans le domaine où elles sont réellement compétentes, c’est à dire dans celui des sens; le second est que, au delà des connaissances et des réalités physiques, il existe d’autres réalités, les réalités métaphysiques— par exemple la causalité,— qui ne dépendent pas des données des sens, mais des lois ontologiques universelles.Bien loin d’être inférieures en certitude aux lois de la nature sensible, elles sont supérieures à celles-ci, parce qu’elles valent pour tout être en tant que tel.Or elles conduisent avec une force irrésistible à la connaissance naturelle de Dieu.Il est vraiment funeste qu’avec le surprenant développement des sciences ait progressé pour ainsi dire du même pas l’oubli des vérités métaphysiques dans l’esprit d’une partie des savants.Mais non pas de tous, certes; nous trouvons en effet dans chaque branche des sciences des maîtres parmi les plus grands, qui furent en même temps des hommes profondément religieux.Même chez un agnostique comme Darwin, la question de l’existence d’un sage Créateur fut présente à son esprit jusqu’à la fin de sa vie; il admit que cette pensée “ often comes over me with overwhelming force ” (souvent s’abat sur moi avec une force écrasante) et que l’univers n’est pas l’œuvre du hasard (.Francis Darwin, lhe life and letters of Charles Darwin, London 1887, vol.I, (p.316).Nous-même avons cru pouvoir signaler, dans Notre dernier discours à l’Académie des Sciences, que l’on note aujourd’hui parmi les savants un mouvement croissant de retour à l’idée de la création.Nous n’ajouterons à présent plus qu’un mot au sujet de la crise religieuse.Les difficultés concernant la foi ne doivent pas être regardées en elles-mêmes, mais il faut les placer dans l’ensemble du problème de la religion et du monde.Des questions particulières ont déjà eu, ou trouveront un jour, leur solution, soyez-en sûrs; mais parmi les faits qui se présentent à l’esprit devant l’humanité considérée dans son histoire antique et moderne, devant les données de la sociologie spécialement contemporaine, une loi apparaît à notre regard LE TRIPLE FLAMBEAU DU CHEMIN DE LA VIE 263 avec une évidence saisissante: une vie conforme à la dignité de l’homme n’est possible que si les individus, de même que les communautés et les autorités publiques, sont établis sur la base de la religion, s’ils reconnaissent le Dieu personnel, son ordre, ses commandements.Des ® ruasses ® sans bieu ne se laissent contenir, à la longue, qu au moyen de la terreur.Cette loi a toujours été valable; mais aucune génération autant que celle-ci n’a dû en expérimenter aussi tragiquement sur elle-même la valeur.Cela n’est-il donc point pour tout esprit serein un puissant témoignage de l’existence de Dieu ?Avec Dieu dans l’esprit, avec Dieu dans la profession, en vous conformant sans hésitations à sa sage loi et à ses aimables dispositions, parfois mystérieuses, vous pourrez affronter avec un esprit tranquille la difficile traversée qui vous attend.Sans Lui, même les activités professionnelles, et spécialement celles qui ont des rapports plus intimes avec l’esprit humain, avec la philosophie, l’enseignement, la jurisprudence, la médecine, la politique, seraient réduites dans leur vigueur.Soyez certains que le meilleur moyen pour éviter d’inutiles naufrages et conserver resplendissant le flambeau de la foi est d’en pratiquer les préceptes avec la candeur que vous aviez lorsque vous aviez lorsque vous appreniez les commandements divins sur les genoux de vos mères, et pour ainsi dire sous leurs yeux, particulièrement vous qui, loin de vos maisons, vous sentez parfois engloutis et comme devenus anonymes dans la grande ville, et par conséquent d’autant plus exposés aux séductions du mal.Voici, chers fils, comment Nous voudrions la chère jeunesse universitaire: consciente des graves responsabilités sociales, appliquée à s’y préparer, généreuse dans l’aspiration à la perfection, maîtresse dans les sciences, forte dans la foi, dévouée à la patrie, continuatrice des nobles traditions de l’Athénée Romain qui a donné tant d’hommes insignes à l’Église et à l’Italie.Que le Royaume de Dieu, qui est une harmonie de ciel et de terre, d’œuvres humaines et de vertus morales, de sérénité dans le temps et de béatitude éternelle, s’établisse dans vos âmes ! Avec ces vœux, Nous donnons de tout cœur à vous, à vos éminents Professeurs, aux familles dont vous êtes et serez le précieux trésor, pour votre vie présente, pour l’heureux succès de vos études et des examens imminents, et pour votre avenir, Notre paternelle Bénédiction Apostolique.Rome Pie XII. APOSTOLAT FORmflTIOn fl L'flPOSTOLflT Dons L€ monD€ flnGLO-sflxon On m’a demandé de dire un mot sur la formation au travail apostolique que les conditions modernes réclament dans les pays de langue anglaise.Je le ferai très brièvement.Sur beaucoup de points, cette formation est la même dans chaque pays, car la nature humaine est partout à peu près semblable, et l’idéal de la vie religieuse ne varie pas d’un pays à l’autre.Mais selon les conditions qui dominent ici ou là, certains aspects de la formation prendront plus d’importance.Dans chaque pays il y aura des tendances contre lesquelles il faudra réagir, et d’autres qu’il faudra encourager et développer.Un coup d’œil sur les pays de langue anglaise montrera certains caractères communs à presque tous.Tout d’abord, ils sont non catholiques.Or, si nous jetons un regard sur l’histoire, nous voyons que la rupture avec Rome a coïncidé avec le commencement d’une ère de prospérité temporelle pour les Anglais, qui se trouvaient alors enclos dans l’île de la Grande Bretagne, mais qui devaient bientôt se répandre sur la terre.Les historiens non catholiques soulignent avec complaisance le fait que la prospérité temporelle allait de pair avec le protestantisme: dans leur esprit, pas l’ombre d’une idée que la prospérité temporelle puisse être tout autre chose qu’une bénédiction.Quel résultat en trouvons-nous dans les pays de langue anglaise ?En général, une perte de l’appréciation des vraies valeurs.On oublie ce que c’est que se contenter de peu.L’idéal de la pauvreté, pour celles qui entrent en religion est souvent chose tout à fait nouvelle, et doit faire un point spécial du programme de la formation.Au congrès national des religieux tenu récemment aux États-Unis, un rapport a été lu qui portait ce titre suggestif: Commodités et confort modernes dans leurs relations avec l'esprit religieux.Il est vrai que, pour ce qui regarde l’Angleterre, le luxe et le confort sont bien diminués depuis la guerre; c’est pour l’avenir un augure plein d’espoir; néanmoins, habituellement, les circonstances n’imposeront pas une réelle pauvreté matérielle aux personnes qui entrent en religion; nos novices et nos jeunes religieuses doivent FORMATION À l’aPOSTOLAL DANS LE MONDE ANGLO-SAXON 265 apprendre à la pratiquer parce qu’elles le veulent.Il faut un grand esprit de détachement pour user des choses de ce monde comme n’en usant pas.Là où la pauvreté n’est pas imposée, il faut apprendre à vouloir être pauvre, à préférer avoir moins que plus, selon l’esprit de l’Évangile.Avec la prospérité temporelle grandit l’expansion des pays anglo-saxons dans les différentes parties du monde.Les missionnaires protestants et les sociétés bibliques ont grandement profité de ce fait dans le passé.Maintenant que la vraie foi s’affirme de plus en plus parmi eux, c’est au tour de la vraie foi de profiter de cette expansion, si les Catholiques reconnaissent leur responsabilité et travaillent pour l’Église où qu’ils se trouvent, faisant servir les ressources de leur pays à l’extension du Royaume du Christ.Pour exercer une véritable activité missionnaire, ils doivent acquérir et développer en eux-mêmes un esprit de charité universelle, sans acception de race ou de classe, et dans certains pays, cela doit entrer dans la formation religieuse.Bien que les préjugés de classe soient en voie de disparaître presque partout, les préjugés de race sont plus difficiles à déraciner.En outre, les nations anglo-saxonnes furent parmi les premières à développer l’esprit de self-government et à admettre l’émancipation de la femme.L’indépendance leur est chère, et l’obéissance religieuse ne sera pas toujours aisément comprise.Elle n’est pas rendue plus facile par le fait que les familles où l’on oblige les enfants à obéir sont rares de nos jours.Dans la formation des jeunes religieuses, le principe sur lequel repose l’obéissance religieuse doit être clairement exposé, et lorsqu’il- est saisi il faut de temps en temps fournir des occasions de la pratiquer.Elles doivent apprendre à être généreuses dans l’abandon de leur propre volonté et de leur propre opinion quand on leur demande ce sacrifice, et les supérieures ne doivent pas avoir peur de le leur demander.Dans un pays non catholique, le problème toujours présent est la défense et la propagation de la foi parmi les compatriotes.D’abord, sa défense.Ce n’est pas contre la persécution que les catholiques ont à défendre leur foi, mais contre un ennemi bien plus insidieux, l’atmosphère qui les entoure, les livres qu’ils lisent, la presse et les conversations privées: partout on est persuadé qu’une religion dogmatique est une chose périmée.On ne la combat pas, 266 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES on l’écarte comme un mythe des jours d’antan.Pour tenir contre cette influence subtile et pénétrante, la foi d’une catholique a besoin d’être robuste et fondée sur une forte conviction.Des convictions réellement fortes, des convictions raisonnées, ne naissent pas sans étude et sans réflexion, et pour les nations anglo-saxonnes, pratiques par nature et peu portées à la réflexion prolongée, une formation philosophique est nécessaire si elles veulent influencer le monde comme elles le devraient.Nos jeunes religieuses doivent étudier la logique et la métaphysique, apprendre à penser, afin d’enseigner à leurs élèves à penser.Leur foi doit être éclairée, intelligente, capable de rendre compte d’elle-même.Un orateur catholique bien connu disait récemment que le catholique moyen était tout à fait incapable de répondre intelligemment à ceux qui lui demandent la signification du dogme de la Sainte Trinité, parce qu’il lui manque une idée simple, mais claire de la distinction entre personne et nature.Vivant comme ils le font au milieu d’une majorité écrasante de gens qui n’ont aucune foi définie, — car le protestantisme est en train de perdre rapidement toute notion de dogme — nos jeunes catholiques se trouvent fréquemment engagés dans une argumentation, car dans presque toutes les réunions il y a des gens prêts à entamer une discussion sur la religion; et l’on presse les religieuses enseignantes de préparer leurs élèves à ces argumentations.Aussi organise-t-on souvent des classes de discussion pour les grands élèves, filles et garçons, et pour ceux qui ont récemment quitté l’école.Nos religieuses doivent être prêtes à y collaborer.On reconnaît, bien entendu, que la meilleure sauvegarde contre la perte de la foi est de se grouper pour la répandre.Si le jeune catholique, au lieu d’être isolé, est membre d’un groupe, et si le groupe a quelque activité apostolique définie, on peut tout espérer de son avenir.Ce fiat bien connu a conduit récemment en Angleterre à une nouvelle forme d’apostolat pour les religieuses: elles offrent l’hospitalité de leurs maisons pour des Semaines de formation ou des cours de « leadership », comme on les appelle, dans lesquels les jeunes, habituellement des deux sexes, se rencontrent pour des conférences et des discussions, sous la direction d’un ou de deux prêtres, de telle sorte qu’ils retournent à leur travail intérieurement fortifiés et déterminés à ce que leur foi ait une vivante influence autour d’eux.Le rôle des religieuses est de fournir une atmosphère amicale aux FORMATION X L’APOSTOLAT DANS LE MONDE ANGLO-SAXON 267 réunions, d’être présentes en cas de besoin, et par-dessus tout de permettre d’utiliser leur chapelle pour la prière commune et la prière privée.Dans les pays non catholiques, il y a toujours un certain danger que les catholiques, se sentant en minorité, souffrent d’un complexe d’infériorité qui les empêche d’agir énergiquement.Il faut leur donner la conviction qu’ils ont quelque chose de splendide à offrir au monde et que leur religion est digne de toute leur fierté.Les religieuses vouées à l’apostolat, et qui doivent se sanctifier par l’apostolat, ne peuvent rendre un plus grand service à l’Église que d’éveiller cet esprit de conquête apostolique dans les âmes avec lesquelles, soit comme éducatrices, soit de toute autre manière, elles viennent en contact.Rome M.Magdalen Bellasis, O.S.U.COMPTE-RENDU L’Archevèque-Duguay, Jeanne, Épouse et mère avec Marie.Montréal, Fides, 3e éd.1952, 19cm.88pp.$0.75.Inspiré de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, cet opuscule décrit les phases importantes de la vie de jeune fille, d’épouse et de mère chrétienne.Il signale les écueils qui s’y rencontrent et la manière de les surmonter par la prière et l’imitation de Marie.Spiritualité toute simple où les religieuses enseignantes pourront puiser des suggestions pratiques pour l’éducation de leurs élèves.Montrial Adjuen-M.Malo, O.F.M.© Gauthier, Roland, C.S.C., Sens et valeur de la paternité de saint Joseph.Conférence prononcée à la semaine d'étude de Salamanque.Montréal, Fides, 1952, 23cm.24pp.Sous la sage direction de l’Église le culte de saint Joseph progresse.Il est à souhaiter que la théologie catholique pénètre plus avant les rarissimes textes de la révélation pour en extraire une doctrine sûre.Ici l’A.étudie la question de la paternité de S.Joseph; il en admet la réalité, qui découle de la réalité de son mariage avec Marie.Il procède avec prudence et nuance dans un sujet que de regrettables incidents avaient rendue délicate.Souhaitons que le Centre de Documentation qui ne pouvait trouver de siège mieux choisi que l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal s’inspire toujours d’un pareil discernement.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M. 268 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES BIBLIOGRAPHIE flD€S Centre d'édition et de bibliographie au service de l’ordre social chrétien à l’occasion du XVe anniversaire CONSTITUTIONS FI DES a débuté en 1937 avec la publication du bulletin documentaire
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