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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
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  • En son nom
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La vie des communautés religieuses /, 1953-04, Collections de BAnQ.

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VIE 6_ COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Vol.11, n.4 MONTRÉAL Avril 1953 SOMMAIRE CHRONIQUE S.Ém.le Cardinal Un Institut de sciences religieuses.98 Léger SERVICE SOCIAL Sr S.-Jean-Vianney Les Auxiliaires sociaux.108 BIBLIOGRAPHIE Emmanuel Boisvert Une nouvelle édition des Pères de l'Église.116 Sotelo Kato Les Cloches de Nagasaki.117 ART RELIGIEUX Bernard de Brienne La nouvelle querelle des images.119 CONSULTATIONS — COMPTES RENDUS — INFORMATION Nihil obstat: Imprimatur.Hadrianus-M.Malo, O.F.M.*î* Paul-Émile cardinal Léger, Montréal, 2 avril 1953.archevêque de Montréal 2080 OUEST, RUE DORCHESTER^MONTREAL, 25 CANADA la VIE dès communouTés ReuGieuses Vol.11, n.4 MONTRÉAL Avril 1953 ARTICLES S.ÉM.LE CARDINAL LÉGER Un institut de sciences religieuses.98 SR S.-JEAN-VIANNEY, S.M.Le Service Social.108 EMMANUEL BOISVERT Une nouvelle édition des Pères de l’Église.116 SOTELO KATO Les Cloches de Nagasaki.117 BERNARD DE BRIENNE La nouvelle querelle des images.119 INFORMATION « Union des SS.Hospitalières de S.-Joseph.122 CONSULTATIONS 31.Directeur d'un scolasticat école normale relevant du provincial.124 32.Procession du S.Sacrement après la messe du dimanche.125 33.Abstinence imposée par les constitutions religieuses.125 34.Devoir de se présenter au confesseur extraordinaire.126 35.Supérieure locale qui remplace la maîtresse des novices malade.126 36.Une supérieure locale est-elle la représentante de la provinciale .?.126 37.Faut-il en rigueur de droit distinguer l'administration provinciale et locale ?.127 38.Usage des calmants et perfection religieuse.127 39.Liquides permis en des cas spéciaux par la nouvelle discipline du jeûne eucha- ristique .127 40.De quel prêtre est-on tenu d’avoir l’avis prudent pour se servir des cas spéciaux de la nouvelle discipline du jeûne eucharistique ?.127 41.Le confesseur extraordinaire doit-il se présenter à la religieuse malade ?.128 42.Calmants et toxicomanie chez une religieuse.128 LIVRES Comment le Pape gouverne l’Église par Edward L.Heston, C.S.C.115 Les SS.de Ste-Anne, par M.-Jean-de-Patmos.118 Le Psautier romain-français par G.Bailly.121 CHRONIQUE un insïiTUT D€ sciences ReuGieuses À la maison mère de la CONGRÉGATION DE NOTRE-DAME le 25 mars 1953, S.Ëm.le cardinal Léger, a daigné venir clôturer les cours de sciences religieuses commencés le W janvier 1953.Nous sommes heureux de publier l’allocution de M.Yvon Charron, p.s.s.et le discours de S.Éminence; nous devons ces textes à la bienveillante obligeance des RR, SS.de la Congrégation Notre-Dame.M.YVON CHARRON, P.S.S.J’ai l’honneur de vous présenter l’auditoire de nos cours du mercredi.Il est multicolore; il est cosmopolite; il est pluriforme, mais, jusque dans son austérité, il ne laisse pas de présenter un spectacle pittoresque et des plus attrayants! Il évoque, en somme, la catholicité de l’Église, puisqu’il est fait de diversité dans l’unité; c’est un peu comme si l’univers était dans nos murs.Quelque 350 auditrices ont suivi la majorité de nos cours.Elles se sont recrutées dans 26 de nos communautés, plus un institut séculier.Le programme comportait une diversité de matières comme suit: cours d’Écriture Sainte, par le R.P.Adrien Malo, O.F.M.; le R.P.Van Belleghem, S.J.a initié nos religieuses aux problèmes du Droit canon; le R.P.Paul Fontaine, S.J.s’est risqué à faire la psychologie des religieuses; et enfin, il y a eu quelques cours sur le Corps mystique qu’un Sulpicien a donnés et que les religieuses ont supportés patiemment, afin de faire un bon Carême.Nous avons en même temps dans l’auditoire, à peu près toutes les œuvres que l’Église a assumées au cours des âges: l’éducation sous toutes ses formes—l’enseignement proprement dit, primaire et secondaire, les hospitaliers, les services d’assistance sociale et les ordres missionnaires; ceci pour la diversité.Cependant, cette diversité des tempéraments et des origines, n’a nui en rien à /’unité.J’oubliais de dire que l’auditoire, cela va de soi, s’est d’abord recruté dans votre diocèse, Éminence; c’est justice de remarquer que l’on est venu de loin, d’assez loin même, d’Arthabaska, de Victoriaville, d’Ottawa, de Granby, de Saint-Jérôme, de Saint-Jean, de Sherbrooke.Toute cette variété n’a pas empêché qu’on puisse discerner des facteurs d’unité profonde.Ce qui a amené ces religieuses et ces séculières à suivre les cours dont nous parlons, c’est la détermination de prendre de plus en plus conscience de ce qu’elles sont: comme individus, comme chrétiennes, UN INSTITUT DE SCIENCES RELIGIEUSES 99 comme religieuses; elles veulent se rendre plus conscientes de ce qu’elles doivent être devant l’œuvre immense de la jeunesse à éduquer.Un second motif, qui n’est pas le moindre, pour lequel elles sont venues, c’est le mot d’ordre qu’a donné notre très saint Père le Pape, dont vous êtes parmi nous, Eminence, l’incarnation vivante et « glorieuse )).A ce mot d’ordre du Souverain Pontife, ces religieuses, en vraies filles de l’Eglise, n’ont pas pu mieux faire que de répondre, et sans tarder.Il y a aussi, Éminence, cette approbation que, de Rome, en décembre, vous donniez au projet.C’est tout cela qui nous a permis de mettre sur pied notre organisation; de l’amener à une certaine vitalité, d’ailleurs encore un peu tâtonnante.C’est pour toutes ces raisons, que vous nous voyez, non orgueilleux, mais heureux et fiers de vous posséder parmi nous aujourd’hui, de nous sentir compris par vous et enveloppés par votre affection paternelle.Nous sommes heureux aussi de vous présenter ce qui pourrait devenir, avec les années, quelque Institut nouveau genre.Le projet n’est qu’un travail de sondage qui devra aller se précisant, s’il doit mûrir.Nous serions donc heureux, Éminence, que vous nous donniez et vos directives et vos conseils; nous serions plus heureux encore si vous ne quittiez pas la maison sans bénir nos efforts de demain.S.ÉM.LE CARDINAL LÉGER Tout d’abord, je tiens à remercier ceux et celles qui ont eu l’idée de cet institut naissant et à remercier ceux qui ont présidé à sa naissance et qui l’ont nourri de la doctrine pure de l’Eglise.Je félicite toutes celles qui ont quitté leurs devoirs d’état habituels pour venir ici, afin de s’enrichir en puisant plus abondamment aux sources de la lumière et de la grâce.Connaître est une grâce.Nous avons été créés et mis au monde, nous dit le petit catéchisme, pour connaître Dieu; en le connaissant mieux, nous l’aimons davantage, et en l’aimant, nous le servons.Il n’y a pas d’amour sans service et tout service est un amour.D’autre part, nous n’aimerons jamais un objet que nous ne connaissons pas.Pour nous, Dieu, ce n’est pas le sentiment vague d’une présence mystérieuse: c’est la présence d’une institution qui garde sa parole, qui distribue la grâce par les sacrements.Dieu est au cœur de l’É- 100 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES glise; il se donne à nous par l’Église et dans l’Église; c’est pourquoi tout ce qui touche l’Eglise doit nous être cher.Mais nous devons aussi connaître l’Eglise dans sa constitution intime.L’Églisein’est pas une société comme les autres; elle n’est pas composée de membres qui s’unissent pour poursuivre un but commun: elle est composée de membres qui sont unis par les liens mystérieux de la charité qui est vivante, car la charité est répandue dans nos cœurs par l’Esprit-Saint.Nous avons besoin de découvrir cette présence de l’Esprit-Saint dans l’Église: en vous unissant ainsi, vous en êtes un témoignage vivant.Vous êtes venues ici, mues par la charité, le désir de connaître.En vous rencontrant, en vivant ensemble, en vous regardant, vous avez pris conscience de votre force, parce que vous devez vous considérer les unes les autres comme des réceptacles de l’Esprit, vous admirer, chercher à mieux vous connaître, afin de vous entr’aider, et ainsi, de poursuivre, avec plus d’efficacité, le but auquel nous devons tous tendre: l’exaltation de la sainte Église et la glorification de ses œuvres.Vous êtes venues ici également pour contempler des dogmes.Vous avez autrefois appris votre catéchisme; aujourd’hui, vous avez la responsabilité de l’enseigner ou de le faire enseigner.Mais notre esprit doit toujours être en contact avec ces grandes vérités de l’ordre surnaturel.Dans la médiration, dans la lecture spirituelle, on nous parle de ces vérités, ou nous-mêmes nous les contemplons.Cependant, les dogmes qui contiennent des mystères nous sont proposés dans des formules qui sont adaptées à notre intelligence.Les mots ont un sens; l’Église place dans ces mots des vérités.Notre esprit a besoin de briser ces mots, comme on brise l’écorce ou l’enveloppe de la noix afin de rejoindre l’amande.L’étude des dogmes nous invite à aller chercher à l’intérieur de ces propositions la vérité surnaturelle qui doit alimenter notre piété, éclairer notre intelligence, fortifier notre volonté.On vous a initiées aux règles un peu sévères de la législation ecclésiastique.Il vous faut connaître certaines de ces lois, surtout vous qui êtes supérieures et qui avez la charge de la communauté.La loi est une aide qui nous permet d’atteindre le but d’une société.Sans la loi, c’est l’anarchie.Il faut donc qu’il y ait un cadre précis dans lequel puisse passer l’esprit qui anime une communauté; le cadre devient un peu comme le barrage qui maîtrise l’eau; cette eau UN INSTITUT DE SCIENCES RELIGIEUSES 101 autrement se répandrait et deviendrait inutile: le barrage lui permet de capter et d’emmagasiner la force qui peut produire de l’énergie.Ainsi dans une communauté bien disciplinée: toutes les volontés sont unifiées, tous les ralents sont bien exploités, et le but de la société est ainsi obtenu.Vous avez aussi étudié certaines lois de la psychologie.Je crois que la science de la psychologie, qui a fait beaucoup de progrès depuis quelque temps, risque d’absorber d’autres sciences; elle risque surtout d’absorber notre attention.Nous trouvons aujourd’hui des religieuses qui sont un peu en réaction devant les affirmations de la science psychologique et qui croient que la psychologie appliquée va distraire ou faire oublier les principes les plus élémenraires et les plus sûrs de la morale traditionnelle.Cependant, je crois que nous avons besoin de scruter quelques-uns de ces mystères de l’ordre naturel, qui nous sont proposés aujourd’hui.Lorsque vous êtes entrées au noviciat, vous les plus anciennes, et même nous, lorsque nous sommes entrés au séminaire, nous trouvions que la morale et la prière étaient des choses très faciles, des actes simples.Je ne dis pas: faciles à pratiquer, mais simples dans leur exposition et leur explication.En effet, on nous apprenait qu’il y avait une fin à laquelle était ordonnée la vie de l’homme: sa fin dernière; que nous devions travailler en fonction de cette fin dernière, et que nous arrivions ainsi à la béatitude.Évidemment, pour rejoindre notre fin dernière, pour vivre conformément aux exigences de cette fin dernière, il fallait une législation: la loi de Dieu, les commandements, les conseils, les directives de l’Église.Il fallait ensuite que chaque individu puisse conformer sa conduite à tous les principes que l’intelligence pouvait découvrir dans l’étude ou dans la prière.Nous étions donc engagés.Il y avait en nous une responsabilité, parce que notre liberté pouvait se conformer à la loi, ou déroger aux directives données.Notre conscience personnelle était donc une réalité; personne ne niait le lien qui devait exister entre la conscience personnelle de chacun et ces directives qui nous avaient été données par une volonté transcendante, celle de Dieu.Tout cela, nous l’avons appris dans notre catéchisme, dans notre théologie.Au noviciat, alors que l’on vous initiait à une science morale plus élaborée, on vous a expliqué tous ces points de la vie morale.On vous a dit ce que c’était qu’un acte humain, un acte moral, un acte libre, un acte responsable, en ce sens qu’on vous a 102 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES appris que votre conscience était engagée dans la mesure où vous aviez une connaissance d’advertance de la loi.Une science nouvelle est venue bouleverser notre quiétude, justement la science de la psychologie.Ceux qui ne savent pas établir un équilibre en comparant les sciences, iront même jusqu’à détruire maintenant la science morale, la liberté de l’homme, pour nous dire que nous sommes engagés, du matin jusqu’au soir, dans l’accomplissement, non pas d’actes libres, mais d’actes commandés par un déterminisme qui détruit notre liberté.C’est que ceux qui parlent de psychologie, parlent habituellement de psychologie pathologique ou d’états d’âme maladifs, pour essayer de découvrir, dans chaque individu, des tendances qui sont morbides, et on a semblé confondre l’état normal de l’homme avec ses états maladifs.Alors, on ne sait plus au juste, à quel degré de l’évolution on est rendu; ainsi, par exemple, on ne voit plus exactement s’il s’agit de découragement ou de psychose ?comme si l’on était pas capable de faire le discernement entre un état maladif et une tentation.Il y en a alors qui diront que nous ne sommes pas libres, parce que nous sommes toujours dans un état maladif.Nous ne devons pas oublier que l’homme réel est toujours un homme déchu.Tout homme que nous rencontrons a été blessé par le péché originel; il faudra, par conséquent, lorsqu’on abordera les différents problèmes de la morale, de la psychologie, se rappeler qu’il y a dans le fond de cet homme des tendances qui ont besoin d’être rectifiées; ces tendances, au début, peuvent être rectifiées; elles peuvent être détournées de leur but maladif et ramenées à une connaissance plus sûre et plus objective de la loi morale.Ainsi, il ne faudrait pas tomber dans l’exagération de ces éducateurs qui croient que toutes les paresses, les égoïsmes, tous les vols, tous les mensonges s’expliquent par une aliénation mentale, ou un retard de développement.Il est vrai, toutefois, qu’il y a très souvent dans certains enfants de ces états morbides que nous devons discerner, de ces déséquilibres de croissance, une instabilité, — surtout dans notre siècle, — une irrégularité de caractère.Tout cela, nous devons le savoir, mais nous devons espérer aussi en la puissance de la grâce et en la force de la rectitude morale, pour nous dire que tous ces états peuvent être corrigés et que le péché est une réalité.Il ne faudrait pas croire que le péché va engendrer un sentiment de culpabilité qui est morbide, mais que tous, qui que nous soyons nous devons devant le Seigneur, nous considérer comme des pécheurs. UN INSTITUT DE SCIENCES RELIGIEUSES 103 Le péché, c’est le mal de Dieu, mais c’est aussi le mal de l’homme.Ces obscurités que nous découvrons dans les consciences ou dans les intelligences, ces déficiences dans la volonté, dans le caractère, tout cela a besoin d’être expliqué par une absence de la grâce.La conséquence pratique de ces différentes considérations, c’est que nous avons besoin d’une rédemption; nous avons besoin de la grâce, de la présence de Notre-Seigneur.* Si j’ai un conseil à vous donner, avant que vous quittiez ces cours, c’est que vous transformiez toutes les connaissances que vous avez reçues ici en une contemplation.Toute connaissance, quelle qu’elle soit, doit passer chez vous dans l’ordre de l’action, de la volonté, dans l’ordre du désir.Si vous quittez ces cours, emportant avec vous plus de connaissance, vous devez immédiatement essayer de faire passer cette connaissance dans la volonté, dans l’amour, dans le désir d’exécuter ce que vous avez vu.Trop souvent, nous assistons à la vie chrétienne, comme nous assistons à une séance de sport.Ceux qui vont assister à des joutes, au Forum ou ailleurs, connaissent sans doute les lois de jeu; mais quand il y a 25,000, 50,000 spectateurs à un tournoi, il n’y a en définitive que les 30 joueurs qui vont connaître, par une expérience personnelle et vécue, ce qu’il en coûte pour remporter la victoire: les autres seront de simples témoins.Dans la vie chrétienne, il y a le même phénomène: nous connaissons les lois du jeu, mais trop souvent nous nous arrêtons là; nous regardons jouer les autres et nous n’entrons pas nous-mêmes dans le jeu: nous ne faisons qu’assister à la vie chrétienne.Vous êtes venues ici; vous avez étudié, vous avez vu ce qu’il fallait faire: vous connaissez mieux maintenant les lois du jeu, les lois de la prière, les lois de la méditation; vous savez mieux ce qu’il faut faire pour demeurer fidèles aux exigences de la vocation.Vous ne pouvez vous en retourner dans vos couvents, vous asseoir et regarder le jeu: il faut que vous entriez dans le jeu, et il en coûte pour y entrer; c’est pourquoi, ce que je viens de vous dire a son importance.Dans chaque âme d’enfant qui vous est confiée, devant chaque malade qui entre dans vos hôpitaux, devant ces vieillards que vous accueillez à la fin de leur vie, vous devez vous dire qu’il y a un drame, celui du grand jeu de la vie chrétienne.Ces enfants, ces adolescents ou adolescentes, ces hommes, ces femmes connaissent un peu les lois de la vie chrétienne, les lois de la morale; ils savent qu’ils ont une 104 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGlËUSËS certaine responsabilité en face de Dieu, mais très souvent, tout s’arrête à ce stage de la connaissance.Vous enseignez le catéchisme à cet enfant: il faut ensuite que vous constatiez s’il va faire un pas dans la vie chrétienne; il faut que vous surveilliez son intégration — pour employer un mot de la science moderne — son intégration dans le milieu moral, social, familial, dans tous les milieux où il va entrer.Là, nous avons besoin de la grâce; c’est pourquoi la connaissance doit immédiatement se transformer en prière et passer par la volonté pour devenir un désir: le désir de réaliser ce qui vous a été proposé, pendant ces quelque 20 cours, et de mettre en pratique toutes les connaissances que vous avez reçues.Il faut que vous vous placiez devant l’Église et que vous vous demandiez quelle est, devant elle, votre attitude actuelle.Que faites-vous pour être fidèles à l’appel de Dieu, à votre vocation ?Etes-vous vraiment toutes données à l’idéal de vie chrétienne et religieuse que votre institut vous a proposé, lorsque vous êtes entrées en religion ?Pour vous, individuellement, c’est là la première responsabilité.Est-ce que vous vivez véritablement l’appel de la grâce, l’appel à la vie surnaturelle ?Vous constarez peut-être que chez vous il y a des défaillances; vous constatez, vous qui êtes Supérieures, qu’il y en a à côté de vous, autour de vous.Ces défaillances, la psychologie essayera de les expliquer en disant qu’il y a là un certain déterminisme, que les volontés ne sont pas libres, que les intelligences ne sont pas suffisamment éclairées.Tout cela est vrai.Comment allez-vous faire pour faire porter toutes ces énergies latentes jusqu’à la vie, à une expression de vie ?Il faut que vous priiez; il faut que vous entraîniez vos Sœurs à des exercices de vie chrétienne.La vie chrétienne ne s’exprime pas seulement dans un coutumier, dans des formules extérieures, dans une loi bien élaborée, mais dans une charité intérieure, dans un idéal, dans un désir ardent.Il faut que vous deveniez toutes des âmes de désir.Nous avons célébré hier la fête de saint Gabriel.Dans la liturgie du jour, on parlait souvent de Daniel, à qui saint Gabriel était apparu et à qui il avait dit: (( Tous vos désirs ont été accueillis par le Seigneur, toutes vos prières ont été exaucées, parce que vous avez été un homme de désir ».Voilà les conseils que je vous donne.Si ces cours vous ont fait du bien; si, en partant d’ici, vous sentez que vous avez appris quelque chose, alors, pour le bien, le triomphe de la sainte Église, il faut que vous continuiez.Ce désir qu’exprimait Monsieur Charron peut devenir une réalité: ces cours devraient être l’ébauche d’une institu- UN INSTITUT DE SCIENCES RELIGIEUSES 105 tion permanente où toutes les religieuses, de toutes Congrégations, pourraient venir s’initier aux mystères de l’Ecriture Sainte, du dogme, de la psychologie, et connaître d’une manière plus profonde, plus exacte, la législation de la sainte Eglise.Dans l’éducation, il y a une grande évolution qui s’accomplit en ce moment: les laïques, plus libres dans leurs mouvements, vont chercher la science là où vous ne pouvez pas aller la chercher; il arrive alors qu’une certaine compétition se fait entre éléments laïques catholiques et éléments religieux.Il faut que, dans vos écoles, toutes vos institutrices aient la compétence.Il faut que les congrégations religieuses acceptent de faire des sacrifices pour faire étudier leurs sujets.Il faut bien vous dire que la science n’est pas l’ennemie de Dieu, elle n’est pas la rivale de Dieu: elle est, comme le disait le Pape Pie XII, « la petite fille de Dieu )), de même que la foi est fille de Dieu.Tout ce qui est conforme à la vérité n’est pas opposé à la foi, et la recherche de la vérité est une chose très belle.Il faut que, dans nos communautés religieuses, il y ait des sœurs savantes, des sœurs capables d’occuper toutes les chaires que les laïques peuvent occuper.Parce que nous sommes consacrés à Dieu, nous ne devons pas, je ne dirai pas, nous priver nous-mêmes, mais priver la sainte Eglise d’une science plus conforme aux exigences de la société; au contraire, parce que nous sommes religieuses ou religieux, nous devons être les premiers dans l’ordre de la science.Regardez Pie XII recevant en audience les membres de l’Académie des Sciences; il leur fait un discours sur les sciences exactes.Le Pape ne croit pas déroger à sa vocation de chef de l’Eglise et poser un acte contraire au magistère infaillible qu’il représente, en prononçant un discours scientifiique, et tous les savants qui l’écoutent sont dans l’admiration.Ainsi, il faut que nos institutions, nos écoles soient équipées de façon à donner aux élèves tout ce que la jeunesse d’aujourd’hui exige de ses professeurs.Tâche difficile! Tâche immense! C’est la même chose dans l’ordre de l’hospitalisation; les exigences aujourd’hui sont très grandes: il faut que les communautés fassent des sacrifices inouïs pour préparer les sujets à accomplir les tâches qui leur seront demandées par la science médicale.Tout cela, vous devez l’accepter, parce que vous devez être prêtes à accepter la mission que l’Eglise vous confie.Par-dessus tout cela, il y a la science de Dieu, l’initiation aux mystères de Dieu, la science de la prière, de l’oraison, la science de 106 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES la sainteté.Trop souvent, nous avons mis une opposition entre ces différentes obligations.On a cru que trop étudier et trop se livrer à l’action pourrait peut-être nous distraire de la contemplation.Alors, on s’est réfugié dans la prière, qui était souvent de la passivité.Nous devons aspirer à la science; nous devons travailler pour acquérir la compétence requise pour bien accomplir notre tâche; c’est en accomplissant cette tâche, c’est en essayant de découvrir les différentes vérités contenues dans la science, que nous devons nous sanctifier.Remplissons notre devoir d’état sous l’œil de Dieu, en union avec lui, et nous serons fidèles à notre vocation religieuse.* Je vous trouve très heureuses d’être capables d’assister à des cours.Je regrette cette liberté dont je jouissais autrefois et que j’ai perdue.La réception et la communication de la science, naturelle ou surnaturelle, c’est peut-être ce qu’il y a de plus beau au monde.Le professeur qui a le temps de contempler la vérité puis de la donner aux autres, accomplit une tâche sublime.Il n’a pas beaucoup de mérite, car il trouve sa récompense dans l’action même qu’il accomplit.Avant de vous quitter, je me recommande à vos prières.Nous sommes dans l’action, mais une action qui est bien ingrate, car nous n’avons pas même la consolation de voir le bien que nous pouvons faire.Le professeur qui est avec ses élèves, voit les intelligences s’ouvrir et les volontés se raffermir; celle qui est auprès des malades et qui les soigne, constate qu’il y a une évolution dans la maladie; de plus, il y a toujours la satisfaction de rendre service aux autres et de voir que ces services sont reconnus et appréciés.Il y a les prêtres qui travaillent dans le ministère, qui prêchent des retraites; eux aussi constatent qu’ils font du bien: les âmes se convertissent et il s’opère une transformation dans le milieu social où ils sont.Le curé et les vicaires qui entendent des aveux au confessionnal, peuvent toucher du doigt l’action de la grâce.Mais il semble que plus on monte sur les sommets, plus la solitude devient immense et terrible; alors, à un moment donné, on a l’impression d’être seul, en haut, sur la montagne.Peut-être que nous faisons du bien mais nous ne le savons pas; peut-être que l’action que nous accomplissons aura sa répercussion dans les âmes, nous n’en savons rien.Priez pour le Souverain Pontife.Dans la dernière audience qu’il m’accordait, à mon départ de Rome, le Saint-Père communiquant ses angoisses me disait combien il souffrait de voir l’insistance que les UN INSTITUT DE SCIENCES RELIGIEUSES 107 ennemis mettaient dans leurs attaques contre l’Église, dans leur acharnement à s’attaquer à sa personne.A un moment donné, il me fit presque une confidence et avec une grande tristesse: (( Ah! mon cher fils, si vous saviez combien de fois j’ai pensé à imiter saint Célestin V qui a voulu se retirer dans la solitude! )) Je le comprenais.Il est obligé, lui, de subir l’assaut du mal et, très souvent, il ne découvre pas à côté de lui l’assistance du bien, le réconfort de l’amitié; il est seul.Il est bien entouré de quelques prêtres, de quelques évêques qui accomplissent ses volontés pour qu’elles soient transmises au monde, mais il est seul.Il ne sait pas tout le bien qu’il fait, mais il voit tout le mal qui se fait.A un degré moindre, c’est un peu notre état d’âme: nous ne voyons pas le bien que nous faisons, mais nous constatons qu’il y a beaucoup de mal qui se fait.De venir au milieu de vous, cet après-midi, est pour moi une consolation.Vous êtes les auxiliaires les plus fidèles de vos Chefs spirituels.Je tiens à dire ici à toutes les religieuses de Montréal combien je compte sur elles, pour que le bien s’accomplisse dans ce diocèse.Je demande à toutes qu’elles soient bien unies à l’Église.Oh! qu’elles ne soient pas seulement en état de grâce, mais qu’elles soient en état de sainteté.Qu’elles essaient de mettre en pratique les conseils qui leur ont été donnés; surtout, qu’elles soient fidèles à la prière, à l’oraison! Montréal Paul-Émile cardinal Léger, P.S.S.nécROLOGie Rév.F.M.Thomas, M.N.D.de M.— Révde Mère Sainte-Geneviève, S.S.S.C.M., née Jeanne Roche.— Révde Sr Marie-Césaire, S.A., née Jessie Beaudry.— R.S.Marie-Louis-de-la-Croix, S.A., née Alix Marcoux.— R.S.Saint-Fabien, S.C.N.D., née Hélène Saint-Jacques.— R.S.Estelle Soutière, S.C.H.D.— R.S.Éléonore Paquette, S.C.H.D.— R.S.Marie-Antoine, S.A., née Irène Charlevoix.— R.S.Marie-Philippe-de-Néri, S.S., née Corinne Huguet-Latour.— R.S.Saint-Siméon, A.S.V., née Maria Aubry.— R.S.Marie-Alberta, A.S.V., née Emma Ross.— R.S.Sainte-Olive, A.S.V., née Évan-géline Smith.— R.S.Saint-Bernardin-de-Sienne, A.S.V., née Élizabeth Mailhot.— R.S.Saint-Patrice, A.S.V., née Ellen McCaffrey.— R.S.Saint-Ignace-de-Loyola, P.S.S.F., née Éva Mailhot.— R.S.Marie-Saint-Longin, P.M., née Hedwidge Joyal.— R.S.St-Louis-de-France, C.H.G.M., née Zelpha Deshaies.— R.S.Fabiola Provost, C.H.G.M.— R.S.Marie-de-Lourdes, C.H.G.M., née Rose-Alba St-Pierre.R.I.P. SERVICE SOCIAL L€ S6RVIC6 SOCIAL - LCS AUXILIAIR6S SOCIAUX Mlle G.Lavoine, assistante sociale en chef de la Société nationale des Chemins de fer français, portant la parole en août 1949, aux Journées internationales d’Etudes pour Auxiliaires sociaux tenues à Nimègue (Hollande), eut à la fin de l’exposé d’un point, cette vibrante conclusion: (( Notre profession, c’est une profession d’amour! )) (1) Conclusion sentimentale, exaltée et bien féminine pourrait-on dire.Tout de même, nous remarquons le passage suivant, dans une lettre de Victor-S.Yarros, La Jolla California, publiée dans (( Service Social Review )) de juin 1952: “ There is no money in social or Welfare work, and to be attracted by it, and stay in it, are possible only to those who are interested in human beings, who are natural democrats and believers in social justice and in enlightened charity, in St.Paul’s sense of the term (2) La déclaration du bon Américain semble bien rejoindre la conclusion de l’assistante social européenne.Les auxiliaires sociaux cana-diens-français ne la démentiraient certes pas.Le dévouement désintéressé de ceux que nous admirons à l’oeuvre depuis plus de dix ans prouverait mieux que toutes les déclarations verbales ou écrites, la profondeur du sentiment qui les inspire.Si nous refaisons la genèse du Service social, cette profession maintenant organisée et officiellement au service de l’humain, ne devons-nous pas remonter jusqu’au début du christianisme pour en trouver l’inspiration ?La loi d’amour qu’un Dieu incarné vient réapprendre à l’humanité, unira les hommes entre eux— « C’est le seul ciment capable de le faire )) (3) — et les rendra soucieux du prochain comme d’eux-mêmes.Il est bien intéressant de comparer 1.RÉv.G.Poulin, o.f.m.Cours Philosophie et Histoire du Service social sept, oct.nov.1952.2.Victor-S.Yarros, The Social Worker Type, dans Social Service Review juin 1952, p.244.3.Dr Alexis Carrel, Fragments de Journal annexe de Le Voyage de Lourdes Édition 1949, p.114. LE SERVICE SOCIAL— LES AUXILIAIRES SOCIAUX 109 A Social Worker's Creed de Linton B.Swift (4) et cette page du Dr.Francis William (5) qui résume les attitudes que Jésus avait vis-à-vis les hommes, et celles qu’il conseilla aux hommes d’observer entre eux.La profession de foi du travailleur social et la proclamation vécue de l’Homme-Dieu ne rappellent-elles pas le même respect à l’égard de tout être humain, l’incomparable et égale dignité de chacun, la préoccupation d’aide au prochain, fût-ce au dépens de soi-même ?D’après un grand savant, les philantropes, avec leur sentiment pur et simple d’amour du semblable, obéissent à une loi fondamentale dans le monde humain (6).Le chrétien ajoute à ce sentiment naturel la perspective surnaturelle que le Maître lui a enseignée.A travers les siècles, charité chrétienne ou philanthropie animeront donc les œuvres d’aide ou d’entr’aide.On aimera et aidera l’homme, ou parce qu’il est le frère, image de Dieu, appelé à partager sa vie divine, ou à cause de sa dignité d’homme, de son appartenance à la même espèce que soi.Au nom de l’humanisme tout court ou de l’humanisme chrétien, on secourra les moins bien partagés, les affligés, les éprouvés.4.Linton B.Swift, General Director, 1925-1946, Family Service Association of America.A Social Worker’s Creed.“ I respect the dignity of the individual human personality as the basis for all social relationships.I have faith in the ultimate capacity of the common man to advance toward higher goals.I shall base my relations with others on their qualities as individual human beings, without distinction as to race or creed or color or economic or social status.I stand ready to sacrifice my own immediate interests when they conflict with the ultimate good of all.I recognize that my greatest gift to another person may be an opportunity for him to develop and exercise his own capacities.I shall not invade the personal affairs of another individual without his consent, except when in an emergency I must act to prevent injury to him or to others.I believe that an individual's greatest pride, as well as his greatest contribution to society, may lie in the ways in which be is different from me and from others rather than in the ways in which he conforms to the crowd, I shall therefore accept these differences and endeavor to build a useful relationship upon them.I shall always base my opinion of another person on a genuine attempt to understand him — to understand not merely his words, but the man himself and his whole situation and what it means to him.As a first essential to the understanding of others, I shall constantly seek a deeper understanding and control of myself and of my own attitudes and prejudices which may affect my relationships." 5.Dr Francois-Michel Willam, La Vie de Jésus dans le Pays et le Peuple d'Israël, Édition Casterman, 1943, p.222.6.Dr A.Carrel, Fragments de Journal, p.114. 110 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES La bienfaisance s’exprimera sous diverses formes, adoptera différentes méthodes.Nous verrons les Institutions devenir la méthode traditionnelle de l’Église.Les Institutions elles-mêmes évolueront avec les besoins des époques.Un saint Vincent de Paul, au XVIIe siècle, se dévouera à (( la cause sacrée des pauvres » que des conditions économiques défavorables avaient multipliés.Son zèle éclairé proconisera /’organisation de la charité.Aussi, instituera-t-on ce saint patron du Service social, patron des auxiliaires sociaux.Ce patronage indique bien la caractéristique du Service social qui s’incorpore la charité, la philanthropie, l’assistance, mais qui s’en distingue par son caractère scientifique qui est l’organisation technique.Nous verrons tout à l’heure le développement de ces techniques s’accélérer au rythme du développement des sciences de l’homme.En attendant, considérons, en France encore, au XIXe siècle, cet Ozanam entrevoyant la charité dans une perspective sociale.En Angleterre, vers cette époque, des philanthropes, en protestation contre des méthodes d’Assistance publique peu louables, organisent une assistance privée, sur un plan individuel avec un objectif de réhabilitation.Ils se constituent en société “ The London Charity Organization Society ” (1869).Ces personnes charitables recherchent les causes du paupérisme et les croient uniquement individuelles.Leur expérience et leurs recherches élargissent l’horizon de leurs constatations: la nature humaine et la société se révèlent plus complexes qu’ils ne les avaient crues.Les chefs en viennent à dépasser les causes individuelles dans leurs concepts de la pauvreté; les causes économiques commencent d’être l’objet de leurs considérations.Il est à noter que les éléments des principales techniques du Service social personnel se retrouvent dans cette primitive organisation anglaise: fichier pour éviter duplication d’assistance, enquête sur base individuelle, diagnostic, élaboration d’un plan de traitement.Le “ Case Work ”, avec cette ébauche d’assistance individualisée, avait germé en terre anglaise.Les Américains opportunistes, orientés vers la technologie, créent en cette fin de XIXe siècle, des organisations de charité modelées sur l’organisation londonienne.“ These societies strove to organize the charitable impulses and ressources of the community on behalf of each family according to its needs, with endeavor to develop the LE SERVICE SOCIAL— LES AUXILIAIRES SOCIAUX 111 special capacities of each individual ” (7).Le “ Case Work ”, encore bien frêle, vient d’etre transplanté en riche terre américaine.De grandes personnalités, des pionniers en Service social, telle une Mary Richmond— qui doit, du même coup, apprendre à faire son travail et l’exécuter (8) — expérimentent cet art des relations personnelles orientées vers un objectif de réhabilitation, puis codifient les techniques dont une longue et riche expérience en collaboration leur aura prouvé l’efficacité.Le triple concept d’individualisation des cas, de responsabilité personnelle du client, et d’utilisation au maximum des ressources à sa disposition, est formulé tour à tour par divers techniciens dont les expériences personnelles dans la pratique viennent s’enrichir et s’éclairer de tout l’apport du développement de la sociologie, de la psychologie, de l’économique, de la psychiatrie.Les auxiliaires sociaux adaptent leurs méthodes de travail aux nouvelles connaissances révélées par ces sciences de l’homme et de la société.Désireux d’aider la personne humaine de la façon la plus éclairée, ils utilisent toutes les ressources qui peuvent les aider à mieux connaître chaque personnalité et à mieux comprendre les problèmes soumis.Mais de plus (( chaque problème humain doit être considéré dans ses relations avec tous les autres problèmes humains )) (9), (( et il faut que chaque problème soit étudié par des personnes capables de le considérer dans ses rapports avec les autres problèmes de la vie )) (10).« Quelques personnes doivent sortir de la spécialisation pour penser aux problèmes humains )) (11).Qui pourra mieux penser les problèmes humains et les considérer dans leurs rapports les uns avec les autres ?Qui serait en mesure de proposer les meilleures solutions ?“ Do social workers believe that any other profession is better able to speak authoritatively of need for, and methods of, achieving maintenance of normal family life, protection of children, prevention of deliquency, extension of public social services including public health and medical care, creation of social group activities, or im- 7.Linton B.Swift, Family Welfare Societies in Social Work Year Book Russell Sage Foundation, N.Y.1933, pp.167-168.8.Margaret E.Rich, Exc.Director of the S.W.Vocational Bureau, article sur Mary Richmond, dans “Social Case Work” de novembre 1952, p.363.9.Dr Alexis Carrel, ibid., p.100.— 10.Ibid., p.100.— 11.Ibid., p.102. 112 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES provement of housing conditions ?To the extent that the solution of these problems is within the competence of any profession, it is certainly within that of social work ” (12).Aussi lisons-nous au dernier Annuaire de l’École de Service social de l’Université Laval: « Le service social moderne veut saisir dans toute leur ampleur les aspects physiques, économiques, politiques, sociaux, culturels et éducatifs des nouveaux modes de la vie internationale, régionale et communautaire.Il évalue l’action de ces modes de vie sur le bien-être des individus et des groupes, leur apporte les services de toutes les professions et utilise pour leur avantage les forces sociales et les techniques nécessaires à leur progrès.Ainsi le Service social inclut-il l’action des pouvoir publics, des individus et des œuvres privées dans le but de prévenir, de guérir et de soulager, par des moyens scientifiques, les inadaptations des individus et des collectivités.Ce souci, de plus en plus conscient, d’aider les hommes à atteindre, par eux-mêmes et avec l’appui de l’État et des services privés, la plus grande sécurité individuelle et collective, accorde au Service social une fonction unique dans notre monde contemporain )) (13).L’individu.L’univers.Tout l’intermédiaire de l’un à l’autre.Voilà donc les perspectives du Service social.Sa fonction ?Synthétiser, intégrer, coordonner, être l’agent de liaison.Il interprète l’humain, le défend, enrégimente à son service toutes les ressources existantes, les « maximisant ».Au carrefour de rencontre des différentes sciences sociales, riche de tout un constat observationnel de réalités individuelles et collectives, le Service social, non seulement diagnostique, mais est aussi en mesure de formuler des pronostics, à cause de sa connaissance des lois du comportement humain, des relations interindividuelles.“ The old belief that the evolution of human society is a mechanical process determined by fate or natural laws incapable of control has almost passed away.The idea is becoming prevalent that the evolution can be studied and, to some extent, guided ”.(14) Le Service social peut donc collaborer à une meilleure organisation de l’avenir et participer à la réalisation des grands idéaux sociaux.12.E.L.Brown, Social Work as a Profession Russell Sage Foundation, N.Y.1942, pp.186-187.13.Annuaire de F Ecole de Service social de F Université Laval, 1952-53, p.11.14.E.L.Brown, Social Work as a Profession, p.13. LE SERVICE SOCIAL - LES AUXILIAIRES SOCIAUX 113 C’est toujours le service, l’aide à la personne humaine, poursuivi à travers 1* élaboration de plans, de projets de bien-être, que les lumières, les témoignages de l’auxiliaire social viennent éclairer, orienter, guider.Le plan individuel et curatif tst dépassé lorsque nous envisageons le Service social sous cet aspect, Action sociale, à la dominante préventive et constructive.Les maîtres américains en Service social attirent l’attention sur l’importance de l’action sociale.Professor Marion Hathway de l’Université de Pittsburgh écrit: “ Either we accept profession all responsibility in relation to the environment and follow the road to the control of forces which threaten to destroy human personality or we admit that the problems are insoluble.” (15) Marshall E.Dimock dans “ Social Service Review ” points “ the danger that social workers run, because they are so largely concerned with case work, of losing perspective and intimate touch with the larger economic, political, and social problems of which maladjustment of the individual is only a small part, in all probability, the direct effect (16).Et dans Social Work as a Profession, Esther L.Brown a cette conclusion: “When thoughtful observers witness so much energy being expended upon the individual in an effort to make a normal life at all possible for him under bad environmental conditions, some conclude that more emphasis should be placed upon social reform and less upon the welfare of particular persons (17).Ces déclarations n’enlèvent certes rien à la valeur du Service social personnel, “Case Work”, première technique systématisée d’assistance sociale, infiniment précieuse au point de vue du service particulier rendu au cas individuel.Bien précieux aussi le “ Case Work ” considéré dans sa contribution à la documentation vivante, détaillée, variée qui sert à établir des conclusions générales, lesquelles conclusions, révélatrices du passé et du présent, éclairent l’horizon de l’avenir à organiser.“ Case Work ”, Action sociale se rejoignent donc, intégrant “ group work ”, administration, recherche, organisation communau-raire.Ces différentes formes d’activité que la carrière d’auxiliaire 15.Mariok Hathway, Social Action or Inaction: the Challenge in Training for Social Work in the Department of Sociil Science, University of Toronto, 1914-1940, p.35.16.Marshall E.Dimock, dans Social Service Review de décembre 1939 The Inner Substance of a Progressive, p.577.17.Social Work as a Profession, p.184. 114 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES social offre à ceux qui s’y engagent, ne permettent-elles pas de réaliser, sur des plans divers, l’idéal de la profession: cette préoccupation du Bien être humain total ?D’un côté, les auxiliaires sociaux, réorganisent, réhabilitent, rééduquent discrètement les humains particulièrement sujets aux vicissitudes de la vie, ceux que William J.Norton énuméra à la National Conference of Social Work de 1925: “the feebleminded and the mentally ill, the vast numbers of anti-social individuals ranging all the way from those with mild personality difficulties to those who commit the most serious crimes.The aged who find themselves without savings; the orphans, widows with small children, the congenitally handicapped, and wage-earners who are ill or disabled.Those whom capricious natural forces or an unstable economic and social scheme may throw into dependency whenever a catastroph occurs.i.” (18).D’autre part, les auxiliaires sociaux, spécialistes du Bien-Etre, participent à l’organisation de structures favorables à l’épanouissement de l’humain; ils informent les chefs de groupes, les chefs d’Etat sur la portée sociale de telle ou telle législation, de telle ou telle mesure.Les uns et les autres, s’informant mutuellement, se complétant, travaillent à maintenir ou à faire revenir au normal l’homme, le groupe, la collectivité.Profession d’amour, pouvons-nous répéter après cette revision de l’inspiration du Service social, et après avoir considéré l’objet humain de ses préoccupations.Profession délicate, difficile, qui demande d’être abordée avec un esprit de service assez enthousiaste pour rallumer sans cesse l’indispensable flamme et assez réfléchi pour utiliser cette flamme à bon escient et n’en point faire usage intempestif.Profession exigeante qui impose l’impérieuse obligation de maintenir, de hausser toujours son idéal, cette mystique du métier, donne un sens profond à tout geste, à toute attitude, à toute parole, à toute démarche.Cet idéal aiguise le souci de compétence, d’habileté professionnelle; il entraîne à perfectionner sans cesse cet art des relations humaines, à enrichir cette connaissance de la nature humaine 18.William J.Norton, What is Social Work ?dans Proceedings of the National Conference of Social Work, 1925, pp.7-8. LE SERVICE SOCIAL - LES AUXILIAIRES SOCIAUX 115 aux exigences stables en un sens et par ailleurs évoluant avec les époques; il incite à l’information continuelle, à l’étude incessante de cette société complexe, à la figure changeante.En quête de meilleures solutions, l’auxiliaire social cherche sans cesse, repense sans cesse, seul, puis en équipe, mettant en commun avec les confrères de sa profession, ou avec les praticiens d’autres professions, expériences, idées.Il entretient une riche inquiétude, qui ne pourra se résoudre qu’avec un désir sans cesse renouvelé et satisfait d’acquérir davantage pour donner davantage.Pour nous, auxiliaires sociaux catholiques, dont la conception du Bien-être embrassé dans sa totalité, inclut la destinée supra-terrestre de l’homme, ne sommes-nous pas stimulés à repenser les problèmes sociaux à la lumière des enseignements de l’Église, à nous rappeler souvent la souveraine puissance de la grâce, toute l’efficacité des sacrements, le dynamisme de la prière, l’emploi surnaturel de moyens naturels.Ne sommes-nous pas invités à écouter avec ferveur cette recommandation du Vicaire du Christ, rappelant, avec insistance, aux divers groupes de professionnels cette sérieuse obligation pour le chrétien d’exceller dans sa profession, d’être humainement très compétent, pour mieux servir; de mettre au service de la Charité, les découvertes de la Science, les techniques éprouvées.« La charité me presse » pourrions-nous répéter chacun.Elle me presse de me perfectionner moralement, de m’enrichir scientifiquement.Québec Sr St-Jean-Vianney, S.M.COMPTE RENDU Edward L.Heston, C.S.C., Comment le Pape gouverne l'Église.Montréal, Fides, 1950, 21 cm.136 pp.$2.00.L’A.qui possède plusieurs doctorats en sciences ecclésiastiques, remplit la charge de procureur général de sa congrégation à Rome, agit comme commissaire de la S.C.des Sacrements, présente toutes les garanties d’une information sûre.Il explique en un langage clair, dépouillé de toute érudition et accessible à tous que le Pape a ses congrégations, ses tribunaux, ses offices et ses commissions formant la Curie Romaine.La structure de cette organisation atteste la sagesse séculaire de l’Église et assure un rendement bien adapté aux besoins de la plus vaste société qui fut jamais.Ce volume répond à un besoin et nous le recommandons vivement aux communautés religieuses.Adrien-M.Malo, O.F.M.Montréal BIBLIOGRAPHIE Une nouvelle édition des Pères de l'Eglise CORPUS CHRISTIANORUM, Series Latina I: Tertulliani Opera, pars I.Turnhout, éditions Brepols, 1953, 24.5 cm.XL-80pp.80.frs belges.Ce fascicule contenant Y Ad Martyras et Y Ad Nationes de Tertullien ouvre une nouvelle collection complète et critique des Pères de F Eglise, publiée sous la direction des moines de l’abbaye Saint-Pierre de Steenbrugge (Belgique).C’est la meilleure édition désirable.On y trouve le texte le plus sûr, basé sur les éditions précédentes les plus autorisées, complété et corrigé par le recours à des sources manuscrites récemment découvertes et aux travaux de la critique textuelle moderne; une introduction spéciale à chaque auteur, avec une bibliographie scientifique; un apparat critique minutieux; une présentation typographique excellente; un format commode.Pour ajouter encore à tous ces avantages, le texte est accompagné de références précises (tome, page et ligne) aux grandes éditions antérieures: la Patrologie de Migne, les Monumenta Ger-maniae Historica, le Corpus Scriptorum Ecclesiasticorum Latinorum (de Vienne).Bref, c’est l’instrument de travail solide et pratique rêvé par les théologiens, les historiens de l’Église et tous ceux qui s’intéressent à la littérature chrétienne.Toute bibliothèque théologique ou savante un peu importante devra posséder cette nouvelle collection.Les auteurs latins paraîtront les premiers.Les éditeurs espèrent livrer au public environ 10 volumes chaque année.Souhaitons que rien ne vienne entraver cette entreprise de grande envergure et d’une utilité si manifeste.CLAVIS PATRUM LATINORUM (Sacris erudiri III), Steenbrugge, Abbaye Saint- Pierre, 1951, 25 cm.XXIV-462 pp.320 frs belges.Ce troisième volume de la collection savante Sacris erudiri est l’introduction nécessaire et le catalogue détaillé de la nouvelle édition des Pères de l’Église, le Corpus Christianorum, dont le premier fascicule est analysé ci-dessus.La Clavis Patrum Latinorum énumère, dans l’ordre de leur publication, 2,348 ouvrages ou fragments (non compris les diplômes et les inscriptions) qui seront édités dans le nouveau Corpus.Elle indique pour chaque ouvrage la meilleure édition actuelle, les manuscrits non mentionnés dans les grands catalogues, ainsi que divers travaux critiques nécessaires à l’établissement du texte.L’ouvrage est muni d’un triple index fort précieux: un index des noms et des ouvrages; un index mystématique des matières; un index des Initia.La Clavis Patrum Latinorum est due au travail méthodique et minutieux de Dom E.Dekkers, O.S.B., aidé de M.E.Gaar.Elle restera un guide indispensable à la pertinente utilisation de toute la nouvelle collection patristique.Montréal Emmanuel Boisvert, O.F.M., Professeur de patrologie. bibliographie L€S CLOCH6S D€ nflGflSflKI Le premier mai 1951, dans une humble maisonnette de Nagasaki, mourait dans la paix du Seigneur, un grand dévot de la Sainte Vierge et le citoyen qui avait le plus contribué au relèvement moral du Japon de l’après-guerre: le Dr Paul Takashi Nagay.Eminent catholique, physicien de renom et écrivain de talent, le Dr Nagay avait par suite de ses recherches sur les rayons-X contracté la radiodermite qui s’aggrava lors de l’explosion de la deuxième bombe atomique.Malgré cette grave maladie, il continue jusqu’à la fin, de son lit de malade, à étudier sur lui-même les effets de la bombe atomique et les divers traitements contre la leucémie.Ses travaux cependant ne se limitent pas aux maladies du corps.Afin de relever le moral déprimé de ses compatriotes aux prises avec les conséquences désastreuses qu’avait causées la défaite du Japon en 1945, il rédige plusieurs volumes de méditations tout imprégnés de foi et d’espérance.La Chaîne du Rosaire, Les Cloches de Nagasaki et En quittant ses enfants, sont les plus beaux fruits de ses réflexions et de ses recherches.Le volume Les Cloches de Nagasaki (1) est la traduction et l’adaptation française des deux premiers ouvrages mentionnés plus haut: (( le premier par extraits, le second intégral.» Dans un style simple et alerte le Dr Nagay nous fait tout d’abord, en quelques pages le récit de son évolution religieuse.De l’anéantissant système matérialiste où l’avaient conduit ses humanités, il passe au système scientiste qui le déçoit, pour aboutir enfin à la foi catholique qui sera pour lui, au cours de ses longues et douloureuses maladies, un guide consolateur et salutaire.Il s’attarde ensuite, à nous raconter en détail et sous forme de mémoires, les événements qui précédèrent et suivirent la terrible catastrophe qui décida du sort du Japon, à la dernière guerre.Il nous livre aussi ses propres réflexions et les conseils qu’il prodiguait aux personnes en détresse qui venaient lui demander soulagement et lumière dans ces tragiques circonstances.Emaillé de récits personnels et vivants, très souvent pittoresques, et tout embaumé de cette exquise sensibilité, héritée de sa race, le livre a déjà connu dans tous les milieux japonais, un succès éclatant.1.Nagay (Dr) Paul, Les Cloches de Nagasaki, le journal d’une victime de la bombe atomique à Nagasaki; adapté en français par K.et M.Yoshida, M.Suzuki et J.Masson, S.J., Paris, Casterman, 1953, 19.5 cm.198 pp. 118 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES On comprend pourquoi.Le peuple japonais de l’après-guerre, à cause de cette défaite inattendue était en complet désarroi, bien près du désespoir.Un volume qui ne respirait que sérénité, joie, voire résignation reconnaissante, devait produire un effet réconfortant et redonner espoir à ceux qui ne voyaient plus « de raison de vivre )).Tout en conservant le charme de l’original japonais, cette traduction et adaptation française se prête à une lecture facile, compréhensive et agréable.Ecrite tout d’abord pour les Japonais, cette œuvre apporte tout de même aux peuples de l’occident un message discret de paix, de concorde et de fraternité tout évangéliques.Aux âmes religieuses et spécialement missionnaires, qui au moyen de leurs prières, de leurs sacrif.ces et de leurs travaux quotidiens se vouent à la conversion des âmes païennes, mais que l’apparente inanité de leurs efforts découragent parfois, ce livre apportera un doux et réconfortant message d’encouragement.En effet, cet exemple vivant, parmi tant d’autres, semble leur dire voyez comme vos souffrances ne sont pas inutiles; grâces à elles, le bon Dieu a octroyé à cette âme une foi agissante, capable de faire des choses extraordinaires là même où tout semblait perdu .humainement.Après ces simples considérations autour de ce captivant livre, il ne nous reste qu’à inviter les lecteurs à prendre et à lire cette œuvre, et à souhaiter parmi nous une large diffusion aux Cloches de Nagasaki.Fr.Sotelo Kato, O.F.M.03 COMPTE-RENDU Sr Marie-Jean-de-Patmos, S.S.A., Les Sœurs de Sainte-Anne, un siècle d'histoire, t.1, 1850-1900.Lachine 1950, 22cm.641 pp.Un siècle d’histoire fournit une matière abondante capable d’embarrasser un écrivain inexpérimenté.L’A.a réussi à l’organiser avec un rare bonheur.Après un chapitre préliminaire sur la situation scolaire au Canada avant 1850, viennent trois parties.La première raconte en cinq chapitres la fondation de la communauté.La deuxième décrit en cinq chapitres l’expansion de la communauté.La troisième en six chapitres fait assister à l’essor croissant.Après une conclusion, des appendices et les références se présentent la bibliographie et quatre index.Avec M.le chanoine Lionel Groulx qui a dirigé l’élaboration de ce volume, félicitons l’A.de cette œuvre et souhaitons d’assister à la gloire que Dieu réserve à mère Marie-Anne.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M. ART RELIGIEUX LA nOUV€LL€ QU6R€LL€ D€S imAG€S C’est le titre du récent ouvrage de Madeleine Ochsé publié par les Éditions du Centurion (1).Un livre bien fait.Une brève étude historique, quelques conclusions fort modérées et qui jettent une lumière franche sur l’épineux débat de l’art sacré contemporain.Disons en deux mots que tout le problème consiste à concilier d’une part les exigences de l’art vivant, le seul véritable pour une époque donnée, et d’autre part les exigences de la liturgie, le besoin populaire du sacré.Je n’ai rencontré personne possédant à la fois une véritable compétence en art et un sens traditionnel de la liturgie pour qui le problème fût encore obscur.Il est vrai que de telles personnes sont rares.Sortons pour le moment du tumulte des controverses; laissons les discussions philosophiques et essayons à l’aide des seuls documents ecclésiastiques de fixer des normes, des règles certaines, capables de suggérer une attitude pratique, rendue nécessaire, de nos jours, aux gens d’Église.Les quatre principes qui suivent sont concourants et doivent s’entendre d’une manière complétive.1.Un premier point que l’on aurait mauvaise grâce à discuter est celui qui est adopté par l’Épiscopat français, Commission épiscopale de pastorale et de liturgie, 28 avril 1952, 1 °.« Comme tout art, et peut-être plus que tout autre, la Commission reconnaît que l’Art sacré est vivant et qu’il doit correspondre à l’esprit de son époque ainsi qu’à ses techniques et à ses matériaux )).Voilà qui est clair et qui, nous l’espérons, mettra fin à plus d’une indécision.2.Le but de l’Art sacré est double selon l’Instruction du S.Office sur l’Art sacré datée du 30 juin 1952: a) contribuer à la beauté de la maison de Dieu; h) nourrir la piété et la foi des fidèles.Toute œuvre incapable de satisfaire à ces deux fins doit être écartée.3.En conséquence du principe précédent doivent être écartées.a) les œuvres insolites, indécentes ou dogmatiquement fausses- II faut se rappeler toutefois que nouveau n’est pas synonyme d'insolite et que, selon la Commission épiscopale de pastorale et de liturgie * IX: (( Il faut toujours tenir compte qu’un art nouveau (et l’art 1.Madeleine Ochsé, La Nouvelle Querelle des images.Paris, La Bonne Presse, coll.Le Poids du Jour, Éditions du Centurion, 1952, 19 cm.142 pp.ill.La V.C.R.a publié l’Instruction du S.Office.V.C.R., 10 [1952] pp.196-199. 120 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES vivant Test toujours en quelque façon), rompant plus ou moins avec d’anciennes habitudes ne pourra en général être vraiment compris et apprécié qu’avec un certain recul, et qu’une œuvre d’art ne peut être vraiment jugée que sur place, dans son cadre, dans sa lumière, surtout s’il s’agit d’une œuvre décorative ».Cette remarque doit être sérieusement pesée.D’autant plus que plusieurs ne comprennent pas qu’une forme ne peut pas être traitée de la même manière dans un vitrail, sur une fresque, une gravure.b) doivent être également écartées les œuvres mièvres, sans valeur artistique.« Bien entendu, la Commission reconnaît volontiers que toute production de mièvrerie, manquant de vie, de noblesse, doit être de plus en plus écartée de nos sanctuaires dont elle est trop souvent la honte », Commission épiscopale § X.« Selon les normes des canons 485 et 1178, que les Ordinaires veillent à faire enlever des édifices sacrés tout ce qui répugnerait en quelque manière à la sainteté du lieu et au respect cû à la maison de Dieu; qu’ils interdisent sévèrement que des statues nombreuses et des images de peu de valeur, la plupart du temps stéréotypées, soient exposées sans ordre ni goût à la vénération des fidèles, sur les autels eux-mêmes ou sur les murs proches des chapelles », Instruction du S.Office, 30 juin 1952.Ici il faut insister.Il semble même que chez nous on ne veuille pas entendre ces graves avertissements.Précisons.Ces statues stéréotypées, ces images de peu de valeur exposées sans ordre ni goût, ce sont les images et les statues qui ornent presque toutes nos églises.Combien de prêtres ont obéi à ces directives:
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