La vie des communautés religieuses /, 1 décembre 1954, Décembre
Vol.12, n.10 MONTRÉAL Décembre 1954 SOMMAIRE ENCYCLIQUE Pie XII Royauté de Marie et institution de sa fête.290 MARIOLOGIE P.-E.Cardinal Léger Reine parce que Mère !.302 SPIRITUALITÉ A.Saint-Pierre Excellence de l'oraison mentale.307 ÉDUCATION Fernand Porter L'Art des arts: éduquer un enfant.312 TABLES GÉNÉRALES DE L'ANNÉE 1954.314 COMPTES RENDUS — INFORMATION AVEC LA PERMISSION DES SUPERIEURS ECCLESIASTIQUES Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.959, RUE CÔTÉ MONTRÉAL 1 CANADA LA VIE D€S communAUTés r€ligi€us€s Vol.12, n.10 MONTRÉAL Décembre 1954 ARTICLES PIE XII.— Encyclique sur la royauté de Marie et l’institution de sa fête.290 P.-E.CARDINAL LÉGER — Reine parce que Mère !.302 A.SAINT-PIERRE.— Excellence de l’oraison mentale.307 FERNAND PORTER.— L’art des arts: éduquer un enfant 312 LIVRES Marie et l'Eucharistie, Notre-Dame du T.S.Sacrement.301 Formation doctrinale des religieuses.306 Directoire des prêtres chargés de religieuses.311 • TABLES Index analytique des auteurs.314 Index alphabétique des matières.318 ENCYCLIQUE LA ROYAUTÉ D€ fTlARI€ €T L’inSTITUTIOn D€ SA f€T€ AD CA6LI RéGUIAIT) Le texte latin de F Encyclique (( De Regali Beatae Marie Virginis Dignitate ejusque festo instituendo » a paru dans (( L’Osservatore Romano » du 24 octobre; en voici la traduction française, préparée par la Typographie polyglotte Vaticane et transmise par le Service d'information de la Conférence catholique canadienne: Les notes au nombre de 63 se lisent dans le texte officiel des AAS.A nos Vênêrables Frères les Patriarches, Primats, Archevêques, Evêques et autres Ordinaires locaux en paix et communion avec le Siège Apostolique, PIE XII PAPE Vênêrables Frères, salut et bénédiction apostolique.Depuis les premiers temps de l’Église Catholique, le peuple chrétien a adressé à la Reine du Ciel des supplications et des chants de louange et d’amour dans les circonstances heureuses, et surtout dans les périodes de graves difficultés; et jamais l’espérance mise en la Mère du Divin Roi Jésus-Christ ne fut déçue, jamais ne s’affaiblit la foi dont Nous avons appris que la Vierge Marie Mère de Dieu règne sur l’univers entier avec un cœur maternel, tout comme elle est couronnée d’une royale couronne de gloire dans la béatitude céleste.Or, après les calamités qui jusque sous Nos yeux ont couvert de ruines des villes florissantes et des villages en grand nombre, Nous voyons avec douleur les débordements dangereux de tant de misères morales, Nous voyons les bases même de la justice sapées parfois, les plaisirs corrupteurs triomphant un peu partout et, dans cette situation menaçante et incertaine, Nous éprouvons la plus profonde angoisse; aussi recourons-Nous avec confiance à Marie Notre Reine, lui faisant connaître non seulement Notre amour mais aussi celui de quiconque se glorifie du nom de chrétien.Nous aimons à rappeler que le 1er novembre de l’Année Sainte 1950, en présence d’une multitude de Cardinaux, d’Évêques, de prêtres et de fidèles accourus du monde entier, Nous avons défini le dogme de l’Assomption de la Très Sainte Vierge au ciel, où en corps et en âme elle règne avec son Fils unique parmi les chœurs des Anges et LA ROYAUTÉ DE MARIE ET INSTITUTION DE SA FÊTE 291 des Saints.En outre, à l’occasion du centenaire de la définition du dogme de l’immaculée Conception par Pie IX, Notre prédécesseur d’immortelle mémoire, Nous avons proclamé l’Année Mariale actuellement en cours, et Nous voyons maintenant avec grande consolation que non seulement à Rome, surtout à Sainte Marie Majeure où des multitudes viennent témoigner de leur confiance et de leur grand amour envers leur Mère du ciel, mais aussi dans toutes les régions du monde la piété envers la Vierge Mère de Dieu refleurit de plus en plus et que les principaux sanctuaires de Marie ont reçu et reçoivent encore de très nombreux pèlerinages de fidèles en prière.Et tous savent que toutes les fois que Nous en eûmes l’occasion, dans les allocutions d’audience ou les radiomessages adressés au loin, Nous avons exhorté tous les fidèles à aimer de tout leur cœur, comme il convient à des fils, leur Mère très bonne et très puissante.A ce sujet, il Nous plaît de rappeler le message radiophonique adressé au peuple portugais à l’occasion du couronnement de la statue miraculeuse de Fatima, et que Nous avons appelé Nous-même le message de la (( Royauté )> de Marie.Or donc, pour mettre en quelque sorte le comble à ces marques de Notre piété envers la Mère de Dieu que le peuple chrétien a accueillies avec tant d’ardeur, pour conclure heureusement l’Année Mariale qui approche désormais de sa fin et pour accéder aux demandes instantes qui Nous parviennent à ce sujet de toutes les parties du monde, Nous avons décidé d’instituer la fête liturgique de La Sainte Vierge Marie Reine.Nous ne voulons pas proposer par là au peuple chrétien une nouvelle vérité à croire, car le titre même et les arguments qui justifient la dignité royale de Marie ont déjà de tout temps été abondamment formulés et se trouvent dans les documents anciens de l’Église et dans les livres liturgiques.Nous entendons seulement les rappeler par cette Encyclique, pour renouveler les louanges de Notre Mère du ciel, pour ranimer dans tous les esprits une piété plus ardente envers elle, et contribuer ainsi à leur bien spirituel.I.— Enseignement des Pères de l’Église et des Souverains Pontifes Le peuple chrétien, même dans les siècles passés, croyait avec raison que celle dont est né le Fils du Très-Haut, qui « régnera à 292 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES jamais dans la maison de Jacob », « Prince de la paix », (( Roi des rois et Seigneur des Seigneurs », avait reçu plus que toute autre créature des grâces et privilèges uniques; considérant aussi les relations étroites qui unissaient la mère au fils, il a reconnu sans peine l’excellence royale de la Mère de Dieu au-dessus de tout.C’est pourquoi il n’est pas étonnant que les anciens écrivains ecclésiastiques, forts de la parole de l’Archange saint Gabriel, prédisant que le Fils de Marie régnerait éternellement, et de celles d’Elisabeth, qui en la saluant avec respect l’appelait (( la Mère de mon Seigneur », montrant clairement qu’en vertu de la dignité royale de son Fils elle possédait une grandeur et une excellence à part.Aussi S.Ephrem, dans l’ardeur de son inspiration poétique, la fait-il parler de la sorte: « Que le ciel me soutienne de son étreinte, car j’ai été honorée plus que lui.En effet, le ciel ne fut pas ta mère, mais tu en as fait ton trône.Combien la Mère du Roi est-elle plus honorable et plus vénérable que son trône! » Et ailleurs il la prie en ces termes: « .noble jeune fille et patronne, Reine, Maîtresse, garde-moi, protège-moi, de peur que Satan auteur de tout mal ne se réjouisse à mon sujet et que le criminel adversaire ne triomphe de moi ».Saint Grégoire de Nazianze appelle Marie « Mère du Roi de tout l’univers », (( Mère Vierge, (qui) a enfanté le Roi du monde entier ».Piudence déclare que cette mère s’étonne d’avoir engendré Dieu comme homme et même comme Roi suprême ».Cette dignité royale de la Bienheureuse Vierge Marie est clairement et nettement signifiée par ceux qui l’appellent (( Souveraine », « Dominatrice », « Reine ».Déjà dans une homélie attribuée à Origène, Marie est appelée par Elisabeth non seulement (( Mère de mon Seigneur », mais (( Ma Souveraine ».La même idée ressort du passage suivant de saint Jérôme dans lequel, parmi les différentes interprétations du nom de Marie, il met en dernier lieu celle-ci: « Il faut savoir qu’en syriaque Marie signifie Souveraine ».Après lui saint Pierre Chrysologue formule la même pensée d’une manière encore plus affirmative: (( Le mot hébreu Marie se traduit en latin Souveraine: l’Ange l’appelle Souveraine pour qu’elle cesse de trembler comme une servante, elle à qui l’autorité même de son Fils a obtenu de naître et d’être appelée Souveraine ».Épiphane, évêque de Constantinople, écrivant au Souverain Pontife Hormisdas, dit qu’il faut prier pour que l’unité de l’Eglise soit con- LA ROYAUTE DE MARIE ET L’iNSTITUTION DE SA FETE 293 servée (( par la grâce de la sainte et consubstantielle Trinité et par l’intercession de notre Sainte Souveraine, la glorieuse Vierge Marie Mère de Dieu ».Un auteur de la même époque salue en ces termes solennels la Sainte Vierge assise à la droite de Dieu pour lui demander de prier pour nous: (( Souveraine des mortels, très sainte Mère de Dieu ».Saint André de Crète attribue plusieurs fois à la Vierge Marie la dignité de Reine; il écrit par exemple: (( (Jésus) transporte aujourd’hui hors de sa demeure terrestre la Reine du genre humain, sa Mère toujours Vierge dans le sein de laquelle, sans cesser d’être Dieu, il a pris la forme humaine ».Et ailleurs: (( Reine de tout le genre humain, fidèle en réalité au sens de ton nom et qui, Dieu seul excepté, dépasse toute chose ».Saint Germain salue en ces termes l’humble Vierge: (( Assieds-toi, ô Souveraine, il convient en effet que tu sièges en haut lieu puisque tu es Reine et plus glorieuse que tous les rois ».Il l’appelle aussi: (( Souveraine de tous les habitants de la terre ».Saint Jean Damascène lui donne le nom de ; en outre, Marie est proclamée La couronne que Marie porte à son front a été conquise dans la souffrance, car son cœur maternel possède, à cause de la limpidité REINE PARCE QUE MERE 305 de cristal de son Immaculée Conception, une capacité de douleurs presque illimitée.Les voyants des différentes apparitions dont nous soulignions l’importance il y a un instant, ont tous discerné, dans la beauté incomparable de la Dame céleste, la détresse de la Mère envers les enfants prodigues.Oui, Reine universelle du monde, parce que Mère douloureuse de tous les hommes! Les temps sont mauvais.Saint Paul le rappelait aux chrétiens de la primitive Église (Ép.V-16).Ce mur de l’athéisme, plus dur que le béton, doit être troué et démoli, non pas par les détonations spectaculaires des engins nucléaires, mais par l’action patiente des coeurs qui iront porter jusqu’au sein des masses populaires le message que Marie reçut la première des lèvres de l’ange: (( Ce qui naîtra de toi sera saint (Le 1-35); tu donneras naissance au Fils de Dieu (id.); son Règne sera sans fin (id., 33); ne crains pas, car à Dieu rien n’est impossible )) (id., 37).Ce message de foi et de confiance, il faudrait l’annoncer au monde moderne avec la conviction des martyrs et la paix rayonnante de la vraie sainteté.Les martyrs, nos frères, sont toujours dans les prisons.Mais Dieu nous fasse la grâce d’être présents aux fêtes qui marqueront la libération des évêques qui portent aujourd’hui le poids des chaînes! Car Marie viendra les visiter et avec Elle, le salut entrera dans les cachots (Le 1-45).Entendez-vous la clameur des « Magnificat )) qui ébranleront les cathédrales qui ouvriront leurs portes devant ces Pontifes dont le sang aura marqué leurs vêtements de la pourpre royale! En attendant, nous veillerons dans la prière et nous essaierons par nos exemples de rendre le monde plus conforme à l’image du Christ Jésus, puisque telle est la vocation du chrétien (Rom.VIII-24).Le murmure des « Ave )) précédera le chant des « Magnificat )).Les croisés du Rosaire monteront la garde aux frontières du royaume de Dieu, attaqué de toutes parts par les forces du mal.Le « Salve Regina )) sera chanté dans la vallée de larmes, aux intentions des pauvres aveugles qui essaient de terminer l’œuvre inachevée par leurs devanciers sur la montagne de Babel (Gen.X, 1-9).Car, hélas! leur projet est voué comme l’autre à un échec, et la confusion règne dans la place.Mais comme les fils de la promesse, nous devons regarder du côté du ciel, car le salut vient d’En-haut (Le XXI-28).L’Étoile est levée.Marie règne.Le nautonier de l’Église vient de fixer la barque dans le sillon d’argent que trace sa lumière! Confiance, croisés du XXième siècle! 306 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES Celui qui combat sous les étendards de Marie ne connaît pas la fatigue et si, un jour, il doit tomber en combattant pour sa Reine, son dernier chant sera un cri de victoire: Ave Maris Stella! Au Calvaire, Jésus avait dit à l’Eglise présente dans la personne de Jean: (( Voici votre Mère )) (Jean XIX-27).Aujourd’hui Jésus, toujours présent dans son Eglise (Matt.XXVIII-20), nous dit: « Voici votre Reine )).La marche de l’Eglise vers la Patrie est pénible, puisque l’heure du triomphe définitif n’a pas encore sonné.Mais les phalanges qui s’avancent, serrent les rangs et, comme autrefois les rayons du soleil enflammaient les boucliers des soldats de l’armée de Dieu et aveuglaient les yeux des ennemis (I Mac.VI-39), ainsi la lumière fulgurante de la couronne de Marie (Fulgens Corona) sera le signe de ralliement pour les batailles de Dieu et l’annonce de la victoire du bien sur le mal.Montréal ¦J* Paul-Émile Cardinal Léger, Archevêque de Montréal.Formation doctrinale des religieuses.Paris, coll.Problèmes de la religieuse d’aujourd’hui, les Éd.du Cerf, 1954, 22.5 cm.296 pp.585 francs.La promotion de la femme au rôle actif dans la vie professionnelle, sociale, pose la question de la formation doctrinale des religieuses.Pour répondre à ce besoin, il ne suffit pas de suivre tel quel le programme des études conçu par et pour des hommes.Une adaptation est exigée par l’intelligence et la psychologie féminine.Ce problème est considéré en 12 chapitres groupés sous trois chefs: Position du problème, Ce qui se fait, Vers de nouvelles réalisations.Ce volume s’impose à tous ceux qui de près ou de loin se dépensent à la formation doctrinale des religieuses en conformité avec les sages directives de S.S.Pie XII.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.LE CHEF DU SECRETARIAT DE LA C.R.C.Le R.P.André Guay, O.M.I., a été nommé chef du Secrétariat de la Conférence religieuse canadienne, organisme fondé le 31 juillet dernier par les supérieurs majeurs de toutes les congrégations d’hommes et de femmes du Canada, tant de langue anglaise que de langue française.Le Secrétariat .de la Conférence se trouvera au Centre catholique de l’Université d’Ottawa (1, rue Stewart), dont le R.P.Guay est le directeur.La première tâche du R.P.Guay consistera à organiser le Secrétariat et à publier les actes du Congrès religieux canadien, tenu à Ville-Saint-Laurent du 26 au 30 juillet. SPIRITUALITÉ 6XŒLLenC€ D€ L’ORfllSOII m€riTflL€* L’excellence de l’oraison mentale se déduit d’une vérité familière aux philosophes et qui ne sort pas non plus du champ de l’expérience la plus commune, savoir que l’âme se transforme peu à peu en ce qui fait l’objet habituel de ses pensées.On parle souvent de la déformation professionnelle.On entend désigner par là certaines habitudes inhérentes à la profession ou au métier et qui sont passées partiellement à l’état de manies.Ces habitudes ne témoignent pas toujours d’une déformation: elles peuvent être aussi le signe d’une fidélité sans lassitude dans l’accomplissement du devoir d’état.On dit que les yeux du marin finissent par prendre la couleur de la mer et que lui-même continue de marcher sur la terre ferme comme s’il était encore sur un navire.S’il parle, il parlera de ses aventures de navigateur, des mers qu’il a traversées, des tempêtes qu’il a essuyées, des navires sur lesquels il s’est embarqué, des pays qu’il a visités.S’il demeure trop longtemps sans reprendre la mer, il se sentira pris de nostalgie: bref, on peut dire que la navigation a imprimé toute sa vie.Considérons l’agriculteur habituellement penché sur la terre pour en tirer sa subsistance et celle de sa famille.On a l’impression que la couleur de son visage, de ses mains, de ses vêtements a fini par se changer en celle de la terre.Toutes ses pensées, tous ses désirs, tous ses projets relèvent de la culture du sol.Le climat, les saisons, le cours des astres sont toujours considérés par lui en fonction de la terre.C’est la terre si longuement et si fréquemment contemplée qui a fini par imprimer toute sa vie.On peut faire la même observation chez le professionnel: médecin, avocat, ingénieur; aussi chez le professeur, le soldat, l’étudiant, l’ouvrier d’usine.L’âme se transforme peu à peu en ce qui fait l’objet habituel de ses pensées.Mais alors si l’on fait fréquemment de Dieu l’objet de ses pensées, on se transformera nécessairement en Dieu et toute sa vie deviendra conforme à la volonté de Dieu; ce sera le véritable progrès dans la vie intérieure.Il est raconté dans la Sainte Écriture, au Livre de l’Exode 24, 26, que, quand Moïse descendit de la Montagne du Sinaï où il s’était entretenu avec le Seigneur, la peau de son visage était devenue (*) La Vie des Communautés religieuses 12 (1954) 273. 308 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES si rayonnante que les enfants d’Israël craignirent de s’approcher de lui parce qu’il ne pouvait supporter l’éclat qui enveloppait son visage.Ils le contraignirent à se couvrir la figure d’un voile afin de pouvoir lui parler.Et Cajétan, un célèbre commentateur de saint Thomas d’Aquin, nous dit que comme les miroirs qu’on expose directement au soleil en réfléchissent si vivement les rayons qu’on les prendrait eux-mêmes pour d’autres soleils, ainsi l’âme qui s’expose aux rayons de la divinité par l’oraison devient si pénétrée de sa gloire qu’elle est toute transformée en l’image de Dieu.Nous nous transformons peu à peu en ce qui fait l’objet habituel de nos pensées.Cette vérité a été admirablement mise en lumière par un écrivain français contemporain, Alphonse de Châteaubriant, dans un ouvrage célèbre intitulé La Réponse du Seigneur et publié aux environs de 1936.L’auteur met en scène un étudiant qui décide d’occuper ses vacances à parcourir en amateur les routes de la Bretagne.Le roman est mystique, c’est-à-dire que sous le couvert d’une effabulation profane se cachent de profondes vérités surnaturelles.Tout à fait par hasard, le jeune homme devient l’hôte d’un vieux châtelain, personnage original qui entreprend de l’initier au mystère de la contemplation en lui laissant croire tout d’abord, pour faire naître et entretenir son intérêt, qu’il s’agit d’une jeune fille.Un jour qu’il le rencontre près de la chapelle gothique, au centre de l’immense parc qui environne son château, il lui pose cette question: Etes-vous pieux ?L’étudiant qui a perdu la foi lui répond de façon négative et s’empresse, comme le font malheureusement bon nombre d’étudiants pour excuser leur propre lâcheté, d’en rejeter la faute sur ses maîtres.« Vous ne l’êtes pas, mais vous le deviendrez, reprend son hôte: la prière est la première des fonctions de l’homme.Ah ! vous croyez encore que j’exagère.Depuis si longtemps, n’est-ce pas, qu’il y a des hommes qui se mettent à genoux et se relèvent les mêmes.La nature est muette et, de son côté, le Seigneur ne répond pas )).
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