La vie des communautés religieuses /, 1 février 1955, Février
Vol.13, n.2 MONTRÉAL Février 1955 SOMMAIRE MESSAGE PAPAL Nérée-M.Beaudet Conditions de la paix véritable.38 RECRUTEMENT William C.Bier Conditions pratiques d'un programme pour l'examen psychologique des candidats.42 SPIRITUALITÉ Albert St-Pierre Méthode de l'oraison mentale.58 MORALE J.-B.Desrosiers Faut-il se soumettre aux lois civiles ?.62 HISTOIRE C.C.C.Première réunion de la C.R.C.66 CATÉCHISTIQUE S.C.du S.O.Nouvelles formules du jeûne eucharistique.68 ART Hippolyte Baril Concours et exposition de sculpture.69 CONSULTATIONS — ACCUSÉS DE RÉCEPTION NÉCROLOGIE AVEC LA FEEUISSIOX DES SUPÉXIEUKS ECCLESIASTIQUES Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.CANADA LA VIE des COMMUNAUTES RELIGIEUSES publiée par les RR.PP.Franciscains du Canada paraît le 15 de chaque mois, excepté juillet et août, en fascicule de 36 pages.N.B.Les abonnements commencent en JANVIER.Prix de l'abonnement : .$2.75 Toute demande de changement d'adresse est accompagnée de la somme de 25 cents.Directeur: R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.5750, boul.Rosemont, Montréal 36.Tél.: TU.6911 Conseil de direction : S.E.Mgr J.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr J.-H.CHARTRAND, vicaire général d'Ottawa.M.le Chanoine Cyrille LABRECQUE, directeur de la Semaine Religieuse de Québec.Editeurs responsables : Les Frères des Ecoles Secrétariat : 959, rue Côté, Montréal 1.P.Q., Téléphone : PLateau 9066*, (local 30) de l'après-midi tous les jours, excepté le samedi L€S LIVR6S A.Michei, Enfants morts sans baptême (Coll.Présence du catholicisme).Paris, Téqui, 1954.18.5 cm.122 pp.400 fr.Ce petit volume très dense est une étude complémentaire du livre du même auteur: Les mystères de l'Au-delà.L’A.se propose de (2).Ici, on peut objecter que l’obligation d’une loi dépend de l’intention du législateur et que les législateurs qui n’ont pas la foi n’ont certainement pas l’intention d’obliger en conscience.Cependant, les empereurs romains n’avaient pas la foi et c’est aux Romains que saint Paul écrivait d obéir a leurs lois par motif de conscience.Les théologiens ajoutent qu’un législateur, même s’il est païen, reste le ministre de Dieu.Son intention d’obliger efficacement contient implicitement 1 intention d’obliger en conscience.II-Si ELLES SONT INJUSTES.Cependant, l’Écriture nous présente plusieurs personnages de l’Ancien Testament comme des héros et des saints qui ont été glorifiés par Dieu dès ici-bas pour avoir résisté à certaines lois civiles.Par exemple, Daniel, pour avoir refusé d’obéir à l’édit de Darius, fut jeté dans la fosse aux lions.Il y fut préservé miraculeusement et en sortit glorifie.Tel fut egalement le cas des trois Hébreux qui, dans la fournaise ardente ne furent pas touchés par les flammes et chantaient les louanges du Seigneur.Ils y avaient été précipités pour avoir refusé d’obéir à un édit de Nabuchodonosor.C est qu’une loi qui est en opposition avec le droit divin ne provient certainement pas de l’unique source de tout droit, la loi éternelle.Elle est injuste.Non seulement on n’est pas obligé d’y obéir; on doit y résister.« Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes )), dirent devant le Sanhédrin Pierre et les autres apôtres (3).C’est en vertu de cette loi supérieure que les premiers chrétiens refusaient d obéir aux lois prescrivant d adorer les idoles.C’est pour cela qu’aujourd’hui encore les prisons soviétiques regorgent de rebelles.Ces rebelles sont, pour la plupart, des héros qui refusent d’obéir à des lois iniques, contraires au droit divin.Sans être en opposition si manifeste avec le droit divin lui-même, certaines lois peuvent encore être injustes parce qu’elles sont en opposition évidente et certaine avec le droit naturel.Par exemple, ces lois qui, dans les pays communistes rendent impossible le droit de propriété.Par exemple encore, les lois qui, dans certaines provinces de chez nous, obligent les catholiques à payer pour l’entretien 2.Rom.13, 1-7.3.Act.5, 29. 64 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES des écoles neutres, alors qu’eux-mêmes sont obligés d’entretenir seuls leurs propres écoles.Saint Thomas donne l’exemple des lois selon lesquelles les charges sont réparties inégalement dans la communauté; il dit qu’elles sont injustes, lors même qu’elles seraient faites, en vue du bien commun (4).Évidemment, des lois semblables ne procèdent pas, elles non plus, de l’unique source de tout droit, la loi éternelle; elles sont injustes et n’obligent pas en conscience.Mais il n’est pas toujours légitime de les violer.On est obligé de s’y soumettre si on ne peut les violer sans causer de scandale ou compromettre l’ordre public; par exemple, si on ne peut les violer sans soulever l’opinion publique contre l’Église, ou bien sans faire le jeu des communistes qui comptent sur la division et les tempêtes sociales pour s’infiltrer et faire leur travail occulte.« Des lois de cette sorte, dit le Docteur angélique, sont plutôt des violences que des lois, parce opx'une loi qui ne serait pas juste, ne serait pas une loi, selon le mot de saint Augustin.Aussi de telles lois n’obligent pas au for de la conscience à s’y conformer, sinon peut-être pour éviter le scandale et le désordre.En ce cas, en effet, l’homme est même tenu de renoncer à son droit, selon ces paroles de saint Matthieu: Si quelqu'un te force à faire mille pas, accompagne-le encore deux mille pas; et si quelqu'un t'enlève ta tunique donne-lui aussi ton manteau » (5).Ainsi donc, on doit parfois, même en conscience, se soumettre à une loi contraire, non pas au droit divin, mais simplement au droit humain, si c’est nécessaire pour éviter le scandale ou le désordre public.On y est obligé en conscience, non pas à cause de la loi elle-même qui est injuste, mais à cause d’un bien supérieur auquel on doit sacrifier un droit humain.La justice sociale exige parfois que le droit particulier, même celui d’un groupe, soit sacrifié au bien commun.C’est en vertu de ce principe que parfois l’Église elle-même renonce à certains de ses droits et signe des concordats qui comportent de graves sacrifices.Quant aux lois qui ne procèdent pas de l’autorité compétente, il est encore clair qu’elles n’obligent pas les citoyens.Car seule l’autorité compétente est ministre du Très-Haut auprès des hommes.Ainsi les lois qui émanent d’un usurpateur qui s’est emparé du pouvoir par la révolution ou l’émeute n’obligent pas les citoyens, au moins 4.1-2, 96, 4.5.Mt.5, 40-41; 1-2, 96, 4. FAUT-IL SE SOUMETTRE AUX LOIS CIVILES 65 avant que cet usurpateur n ait établi solidement son pouvoir et n’ait été reconnu officiellement.III —Si ELLES SONT DOUTEUSES.Peut-on dire que pour obliger en conscience une loi civile doit etre certainement 1 expression authentique du droit naturel et que s’il y a doute sur sa justice, elle n’oblige pas ?— Non ! pareille affirmation saperait 1 autorité de toutes les lois civiles, particulièrement dans les domaines où la législation est nouvelle, comme le domaine social.En effet, a peu près toutes les lois civiles, surtout celles du domaine social, sont sujettes à être attaquées comme entachées d’injustice.Attaquées par l’opposition ou par un groupe dont elles ne font pas l’affaire, elles cesseraient d’être certainement justes et d obliger en conscience.Dès lors, on pourrait résister à toutes les lois nouvelles et aussi aux plus anciennes._ L’enseignement unanime des théologiens est tout autre, malgré la similitude des termes: une loi civile cesse d’obliger en conscience lorsqu’elle est certainement injuste.S’il y a doute contre sa justice, elle oblige.Ce n’est pas aux particuliers à en juger.S’il y a doute, (( la présomption, dit Suarez, est en faveur du législateur dont le droit est plus élevé et qui est en possession )) (6).Ouvrir plus large la porte et enseigner que la présomption du doute est en faveur des citoyens, même s’ils sont nombreux, serait pratiquement permettre l’anarchie.Il faut en être bien convaincu, l’anarchie étant incompatible avec le bien commun, la justice sociale exige qu’on obéisse à toute loi qui n’est pas reconnue comme certainement injuste, même si on n’est pas du même parti, ou ce qui revient pratiquement à dire si on n’a pas de sympathie pour le législateur.Le chef légitime d’une société est investi d’un pouvoir qui vient de Dieu.Il faut lui obéir, même si on ne l’aime pas et ne partage pas ses opinions.Montréal J.-B.Desrosiers, P.S.S.PRIÈRES DES RELIGIEUSES CLOITREES Sur requete du Comité de l’Année mariale, la Congrégation des Religieux a demande aux moniales des Couvents cloîtrés de toute l’Église catholique de consacrer la période allant du 1er octobre au 8 décembre 1954 à une instance de prières aux intentions spéciales promulguées par 1 Encyclique
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