La vie des communautés religieuses /, 1 avril 1955, Avril
COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES' Vol.13, n.4 MONTRÉAL Avril 1955 SOMMAIRE ADAPTATION A.G., C.M.F.La Pensée du Pape sur l'habit des religieuses.110 SPIRITUALITÉ Paul-Emile cardinal Rendre la vie religieuse plus Léger efficace.116 Lorenzo Boisvert La Souffrance.120 MARIOLOGIE Jean-Joseph Deguire Le Titulaire de la première chapelle de Québec.127 LIEUX SAINTS Proche-Orient Le Statut de Jérusalem.135 BIBLE Léandre Poirier Théologie de l'Ancien Testament.138 LITURGIE C.C.C.Session liturgique à Brigham.140 BIOGRAPHIE Florent Sylvestre, Pourquoi pas le cadeau de l'insti- O.F.M.tutrice à l'élève « choyée » .142 CONSULTATIONS — COMPTES RENDUS AVEC LA PERMISSIOH DES SUPEMEUKS ECCLESIASTIQUES Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.CANADA LA VIE des COMMUNAUTES RELIGIEUSES publiée par les RR.PP.Franciscains du Canada paraît le 15 de chaque mois, excepté juillet et août, en fascicule de 36 pages.N.B.Les abonnements commencent en JANVIER.Prix de l’abonnement : $2.75 Toute demande de changement d'adresse est accompagnée de la somme de 25 cents.Directeur: R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.5750, boul.Rosemont, Montréal 36.Tél.: TU.6 911 Conseil de direction : S.E.Mgr J.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr J.-H.CHARTRAND, vicaire général d'Ottawa.M.le Chanoine Cyrille LABRECQUE, directeur de la Semaine Religieuse de Québec.Éditeurs responsables : Les Frères des Écoles Chrétiennes Secrétariat: 959, rue Coté, Montréal 1.P.Q., Canada.Téléphone : PLateau 9066*, (local 30) de 2 h.à 5 h.de l'après-midi tous les jours, excepté le samedi et les fêtes.• L€S LIVRES Fernessole, Pierre, Saint Pie X, sa vie, son œuvre.Paris, Lethielleux, 1951-1955, 20 cm.256 et 564 pp.L’A., professeur à l’Institut Catholique de Paris, y occupe la chaire d’histoire de la Papauté.Il a publié une étude remarquable et remarquée sur saint Pie X.Le tome premier a paru en 1951, le tome deuxième en 1953.En cette année, il vient d’ajouter un supplément à ces deux tomes: il porte le titre suivant: Bans la splendeur des saints, saint Pie X.La première partie décrit les étapes d’une ascension prodigieuse et les grandes lignes du futur pontificat.La deuxième partie examine successivement les actes du gouvernement pontifical, la physionomie spirituelle du saint et les étapes canoniques de sa béatification.Dans cet examen approfondi, ne sont pas omis les faits douloureux qui en France ont remué si vivement l’opinion publique: La séparation de l’Église et de l’État, le Modernisme, le Sillon, l’Action Française.L’exposé à la fin de cette deuxième partie des sources et de la bibliographie montre la richesse des documents privés, officiels et même inédits dont dispose l’A.et l’étendue de son information.Le supplément raconte les deux miracles rituels, les cérémonies de la canonisation; pour terminer, l’A.reproduit les discours de Pie XII et une table chronologique des principales dates du nouveau saint.Cet ensemble imposant semble le récit le plus complet paru jusqu’à date sur la vie de saint Pie X.De plus, il se recommande par son objectivité et sa solidité.Il a sa place tout indiquée dans les bibliothèques de nos communautés religieuses.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M. la VIE Des communfluïés ReuGieuses Vol.13, n.4 MONTRÉAL Avril 1955 ARTICLES A.G., C.M.F.—La Pensée du Pape sur l’habit des religieuses.110 PAUL-ÉMILE CARDINAL LÉGER Rendre la vie religieuse plus efficace.116 LORENZO BOISVERT, O.F.M.— La Souffrance.120 JEAN-JOSEPH DEGUIRE, O.F.M.— Le Titulaire de la première chapelle de Québec.127 PROCHE-ORIENT.— Le Statut de Jérusalem.135 LÉANDRE POIRIER.— Théologie de l’Ancien Testament 138 C.C.C.—Session de pastorale liturgique à Brigham.140 FLORENT SYLVESTRE, O.F.M.— Pourquoi pas le cadeau de l’institutrice à l’élève (v.supra, n» 2), « .qu’il soit toujours convenable et réponde aux exigences de l’hygiène » (v.supra, n° 3).a) Dans la Sacrée Congrégation des religieux a été récemment introduite la pratique d’exiger une reproduction photographique de l’habit que l’on entend porter.b) L’Église tolère cependant que les Associations de caractère religieux, qui sollicitent l’approbation de l’Église, puissent, à titre d’expérience, porter un habit identique à celui qu’elles entendent porter dans l’état religieux.c) Que les nouvelles Congrégations s’efforcent de se conformer à l’esprit du Pontife romain, et qu’elles aient soin de présenter à la Sacrée Congrégation un habit répondant à cet esprit, afin d’éviter que la Sacrée Congrégation n’y apporte elle-même des modifications.d) Il n’est pas inutile de noter que la Sacrée Congrégation des religieux n’a approuvé aucune Congrégation n’ayant pas uniformément d’habit religieux particulier.e) Enfin, il semble très conforme aussi bien à la pensée du Saint-Siège qu’à la modestie et à l’humilité, quelles que soient finalement la couleur et la forme de l’habit qu’elles portent, que les Sœurs ne sortent pas sans porter un voile noir qui recouvre entièrement leur habit.Ce fut l’ordre que donna le bienheureux Pie X pour la ville de Rome (mesure déjà tombée dans l’oubli); c’est la pratique que suivent presque toutes les religieuses dans certains États, comme l’Espagne.Plus d’une fois, la Sacrée Congrégation a approuvé ou imposé cet usage dans les nouvelles Constitutions.IL — Des changements a apporter dans l’habit.6.a) Il n’est imposé à aucune Congrégation religieuse de changer d’habit.Le Souverain Pontife invite chaque Congrégation LA PENSÉE DU PAPE SUR l’hABIT DES RELIGIEUSES 113 à vouloir bien considérer la question et à proposer au Saint-Siège d’utiles modifications.b) Aucune Congrégation religieuse ne peut introduire de changements sans la permission du Saint-Siège.Cela est expressément formulé, en général, dans les Constitutions; cette défense s’appuie aussi sur une prescription formelle, car il s’agit toujours d’habit approuvé par le Saint-Siège, dans les Constitutions qu’aucune autorité placée en dessous du Saint-Siège ne peut modifier.c) Des changements seront opportunément apportés: 1° Cha- que fois qu’il s’agit d’éléments ayant une origine locale ou purement accidentelle et ne répondant plus à nos temps, mais répondant plutôt aux goûts d’un âge périmé, sans aucune signification spéciale ou aucun symbolisme spirituel..Les Religieux désignés pour cette mission canadienne furent: Les pères Denis Jamet, supérieur, Jean Dolbeau, assistant, Joseph LeCaron, tous trois prêtres, et le frère Pacifique Duplessis.Partis de Honfleur le 24 avril 1615, ils abordèrent à Tadoussac, le 25 mai 1615.Excellente traversée pour l’époque! Québec comptait alors environ quarante personnes.Les catholiques se réjouirent de l’arrivée de ces premiers missionnaires, et la petite colonie salua, avec allégresse, le retour de son sympathique fondateur.Champlain donna des ordres (( tant pour le logement des Pères Religieux, qu’ornements d’églises et construction d’une chapelle, pour y dire et chanter la messe.Le P.Jean Dolbeau, chargé de diriger les travaux, s’en acquitta si bien que le 25 juin 1615, la chapelle fut suffisamment prête pour servir au culte divin.» Mais quel fut le titulaire de cette chapelle de l’Habitation ou du Fort ?Cette question suscite l’intérêt de tous les Canadiens et même de tout le continent Nord-Américain: car c’est la première chapelle, si petite soit-elle, érigée en Amérique du Nord, à part le Mexique et l’Acadie: car les possessions françaises à cette époque s’étendaient de la Baie d’Hudson au nord, jusqu’au golfe du Mexique au sud.Avant de répondre à cette question, il est bon de rappeler le sens liturgique du titulaire et du patron. 128 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES Le titulaire d’une église ou d’un oratoire est le mystère, par exemple la Très Sainte Trinité, la personne divine de Notre-Seigneur, la Très Sainte Vierge ou un Saint canonisé, en l’honneur de qui ce sanctuaire est dédié.Le Patron d’un pays, d’une Province ne peut être qu’un Saint canonisé et non un bienheureux ni un mystère.Ainsi les Récollets (Franciscains) en 1624, ont choisi comme Patron du Canada, Saint Joseph, Époux de la Bienheureuse Vierge Marie.C’est aussi le P.Joseph LeCaron, Récollet, qui a donné son nom au lac Saint-Joseph de Portneuf.L’Église de la Baie-du-Fêvre a reçu comme titulaire Saint-Antoine de Padoue, grâce à l’influence des Récollets qui en furent longtemps desservants.Il faut en dire autant de la Paroisse de Trois-Pistoles, qui porta le nom de Notre-Dame-des-Anges, jusqu’en 1814.De nos jours, le vocable du couvent est parfois distinct du titulaire de l’Église, par exemple, à la rue Dorchester, Montréal, les Franciscains ont le couvent Saint-Joseph, avec l’église Saint-François.Mais autrefois, au XVIIe siècle, chaque couvent était désigné par le nom de son église, par exemple le couvent et l’église de Notre-Dame-des-Anges.Après ce bref exposé sur les titulaires, on comprendra mieux quel fut le titre de la première chapelle construite à Québec, près de l’Habitation ou du Fort Champlain.Les deux Récollets historiographes Gabriel Sagard et Chrétien Leclerc n’en disent rien.C’est sans doute parce que cette chapelle ne pouvait revendiquer le nom d’église conventuelle de l’Ordre Séraphique.Une autre raison pratique est celle-ci: en pays de mission, au début, on pense d’abord au plus nécessaire: un abri pour se loger, un autel pour célébrer.Il importe de relire le récit du premier historiographe des Récollets en Nouvelle-France, le Fr.Gabriel Sagard.(( La première chose que ce bon Père (Dolbeau) fit étant arrivé à Québec, fut de rendre grâces à Dieu, disposer une chapelle, pour y célébrer la sainte messe, et des chambrettes pour se loger, mais au commencement en un pays très pauvre, beaucoup de choses lui manquant, il avait recours à la patience du pauvre Jésus dans la crèche de Bethléem.Il dit la première messe, le 25e de juin de la même année (1615) et nos autres religieux ensuite, avec des contentements d’esprit qui ne se peuvent expliquer, les larmes leur en découlaient des yeux, de joie.)) LE TITULAIRE DE LA PREMIERE CHAPELLE DE QUEBEC 129 Le Chanoine Louis Bertrand de la Tour, affirme à deux reprises, que la chapelle de l’Habitation avait pour titulaire l’immaculée Conception.Plusieurs n’osent accepter son témoignage, parce qu’il n’est pas contemporain.A ce compte combien de faits, l’histoire devrait récuser ?Le Chanoine Scott a écrit: sous le vocable de l’immaculée Conception de Marie.» Comment expliquer que le P.Lefebvre (Histoire chronologique) parle de l’Église de S.Charles ?Le P.Lefebvre suit le rapport écrit en latin du P.Gallemantet le traduit en français.Or celui-ci ne parle pas de l’Église des Récollets à la Rivière S.Charles (1620-21) mais seulement de la chapelle de l’Habitation construite en 1615.Comme l’usage s’était répandu d’appeler la fondation de 1620, couvent de S.Charles, parce qu’il était construit près de cette rivière, les chroniqueurs parlaient de même.Ainsi nous disons à Montréal, le couvent de Rosemont, alors que le titulaire est la Résurrection.Tous les spécialistes en histoire admettent que la certitude historique n’est pas mathématique mais seulement morale, c’est-à-dire appuyée sur le témoignage.Le R.P.Odoric Jouve, O.F.M., historiographe des anciens Recollets, conclut deux articles publiés sur ce sujet par ces mots: (( Le vocable Saint-Charles, créé pour l’école des petits sauvages et six ans après la construction de la chapelle de 1615, n’a rien de commun avec cette chapelle.)> LE TITULAIRE DE LA PREMIERE CHAPELLE DE QUÉBEC 133 « Dès lors et d’après le témoignage, nullement contredit de M.de la Tour, la première chapelle de Québec eut pour titulaire l’immaculée Conception.Le vocable Saint-Charles exclusivement proposé et accepté pour l’école des petits indigènes en 1621 et un an après que le titulaire de l’église et du couvent des Récollets eût été choisi et imposé, fut étendu par l’usage à tout l’établissement de ces missionnaires, ce qui fit confondre ce vocable avec le véritable titulaire, qui fut Notre-Dame-des-Anges.)) Le R.P.Jean-Léon Allie, O.M.I., affirme que les Récollets Franciscains avaient dédié leur chapelle de Québec à l’immaculée Conception .Il continue en parlant de Récollets Franciscains: « N’étaient-ils pas les Frères du plus illustre champion de la Vierge très pure: le bienheureux Duns Scot et ne venaient-ils point de cette Province Franciscaine de Saint-Denys, qui, en l’an 1621, s’engagera par serment à défendre jusqu’à la mort et à propager la doctrine traditionnellement chère aux Fils de Saint François ?)> Le R.P.Georges de Québec, O.F.M.Cap.dans son précis historique et statistique, intitulé (( L’Eglise Catholique au Canada )) écrit:
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