La vie des communautés religieuses /, 1 février 1958, Février
Vd.16, n.2 MONTRÉAL Février 1958 SOMMAIRE ADAPTATION L’Osservatore Romano Enseignements de Pie XII au 2e congrès mondial des Religieux 34 LOURDES Pie XII Indulgence du centenaire PRIMO EXACTO.43 LITURGIE Card.G.Pizzardo , Formation musicale des séminaristes.48 SPIRITUALITÉ Valentin-M.Breton Les distractions dans la prière.52 COMMUNISME C.Balic L'Église du Silence.57 COMMUNICATIONS — CONSULTATIONS BIBLIOGRAPHIES AVEC LA PERMISSION DES SUPERIEURS ecclesiastiques Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.959, RUE COTE — MONTREAL 1 CANADA WÊÊÊÊÊÊm wmmm mmmv LA VIE des COMMUNAUTES RELIGIEUSES publiée par les RR.PP.Franciscains du Canada paraît le 15 de chaque mois, excepté juillet et août, en fascicule de 32 pages N.B.Les abonnements commencent en JANVIER.Prix de l’abonnement : $2.75 Toute demande de changement d'adresse est accompagnée de la somme de 25 cents.Directeur : R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.5750, boul.Rosemont, Montréal 36.Tel.: CL.9-6911 Conseil de direction : S.E.Mgr J.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr J.-H.CHARTRAND, vicaire général d'Ottawa.M.le Chanoine Cyrille LABRECQUE, directeur de la Semaine Religieuse de Québec.Éditeurs responsables : Les Frères des Écoles Chrétiennes.Secrétariat : 959, rue Côté, Montréal 1.P.Q., Canada.Téléphone : UN.1-5431*, (local 30) de 2 h.à 5 h.de l'après-midi tous les jours, excepté le samedi et les fêtes.% Chrétiens en Israël M.le Dr Chaim Vardi, d.th., conseiller du Ministère de la Religion d’Israël dans les relations avec le monde chrétien, prononcera le 27 janvier en la salle académique de l’université d’Ottawa, une conférence sur (( La Religion en Israël ».Le jeune Etat d’Israël, qui célébrera le 15 avril prochain son 10e anniversaire est établi sur une « Terre Sainte » pour trois religions, qui se partagent presque la moitié du monde.Il ne pouvait, dès sa création, pour des raisons à la fois de sécurité et de conscience morale, ignorer ce problème.Actuellement 45,000 chrétiens vivent en Israël répartis en 200 églises, dirigées par 600 ministres.La minorité catholique romaine n’est pas l’une des moins importantes puisqu’elle compte approximativement 6,000 membres, établis surtout en Galilée, à Nazareth, à Haïfa et à Jaffa.On peut aussi dénombrer 2,500 maronites, 16,000 Grecs orthodoxes, 1,000 coptes (dont tout le clergé est égyptien) et 1,500 protestants de la communauté épiscopale qui se rattache à l’église anglicane.La plupart des catholiques sont des Arabes, des Grecs, des Italiens, des Français et des Espagnols.Il n’y a en revanche que 2,000 Juifs qui ont reçu le baptême catholique.Est-il possible, en Israël d’être juif et chrétien tout ensemble ?Le droit l’affirme, du fait que l’Etat est religieusement neutre.De la part de l’Etat, un Juif qui passe au christianisme ne subit aucun traitement ségrégatoire.Mais la théorie et la pratique sont deux choses différentes.Le Juif qui passe au christianisme est méprisé par ses anciens corréligionnaires.Si parmi les Juifs, on ne compte que 20 p.c.qui pratiquent leur religion, il y en a en outre au moins autant, qui sont farouchement attachés à leur orthodoxie.C’est pourquoi les conversions sont si difficiles. la VIE Des communouTés ReuGieuses Vol.16, n.2 MONTRÉAL Février 1958 ARTICLES Enseignements de Pie XII au 2e congrès mondial des Religieux.34 Indulgence du centenaire de Lourdes, constitution primo exacto de Pie XII.43 Formation musicale des séminaristes, lettre de S.Em.le Card.G.Pizzardo.48 Les distractions par le R.P.Valentin-M.Breton, O.F.M.52 L’Église du Silence par Adrien-M.Malo, O.F.M.57 CONSULTATIONS 3.Réparation d’un scandale donné avant l’entrée en religion.60 4.Mention de la naissance illégitime d’une religieuse.60 5.Conditions requises pour céder sa part d’héritage.61 6.Utilisation des dots pour l’extinction d’une dette.61 7.Comment expliquer le problème du salut des personnes non baptisées ?.62 8.Traduction française des Acta Apostolicœ Sedis.63 9.Prière du matin et du soir selon l’Eglise.64 COMMUNICATIONS Chrétiens en Israël.c.2 Félicitations de Pie XII au P.Gemelli, O.F.M.c.3 Sport, école de volonté.,.53 Augmentation des catholiques en Angleterre.56 BIBLIOGRAPHIE Sens de Lourdes par R.Lauren tin.42 Consécration à Fieu et présence au monde, les Instituts séculiers par J.-M.Perrin 51 ADAPTATION enseiGnemenTs De pie xn au 2€ conGRes monoiAL Des ReuGieux Celui qui, pendant le Congrès, est entré dans la salle des (( Cent Jours » au palais de la Chancellerie, a pu admirer, au fond de cette salle où la vie religieuse dans le monde était présentée par des graphiques, des livres et des dessins, un grand portrait du Souverain Pontife régnant.La figure du Saint-Père s’est ainsi trouvée même matériellement au centre du Congrès, mais elle l’a été bien davantage spirituellement par son haut magistère de vérité.Les thèmes spéciaux du Congrès étaient trois documents, publiés par le Saint-Père Pie XII durant cette dernière décade: la Constitution Provida Mater (2 février 1947); la Constitution Sponsa Christi (21 novembre 1950); et la Constitution Sedes Sa-pientiae (31 mai 1956).Au début du Congrès, le Saint-Père, accédant aux vœux des congressistes, les reçut en audience et leur adressa un de ces discours magistraux, qui sont habituellement comme des phares éclatants pour la science et pour la vie chrétienne.Ce n'est pas sans un dessein providentiel si ce discours, au lieu de clôturer les travaux du Congrès, fut comme l’aube de celui-ci.En effet, bien que sa publication ait été retardée jusqu’au 12 décembre, il fut prononcé au cours de la solennelle audience accordée aux congressistes le matin du lundi 9 décembre, si bien que ceux-ci ont pu en faire l’objet de leurs méditations, réflexions et orientations durant tout le Congrès.Et celui qui, ces jours-là, a pu circuler dans les salles de la Chancellerie, en suivant les diverses séances, générales ou par groupes, a pu facilement s’en rendre compte, en entendant répéter si souvent les termes des directives pontificales qui constituaient pour le Congrès ce que sont à une partition musicale ses motifs d’inspiration.L’expression: « Congrès des états de perfection ».Perfection et « Etats de perfection ».Pour quiconque n’a pas une certaine expérience du droit des religieux, ce titre avait quelque chose d’étrange et d’original.Il y a encore des gens qui voient avec un sentiment d’étonnement mortifié l’usurpation par les (( consacrés à Dieu » du terme d’état ENSEIGNEMENTS DU PAPE AU CONGRES DES RELIGIEUX 35 de perfection, comme si celui-ci était un monopole de caste et comme s’il n’adressait pas à tous les fidèles l’invitation evangelique: (( Soyez parfaits comme est parfait votre Père qui est dans les deux ».Le Saint-Père a bien voulu, en traçant un tableau panoramique lumineux en la matière, expliquer les profondes raisons de la terminologie, employée par la S.Congrégation des Religieux à la suite de la Provida Mater et désormais consacrée dans l’Annuaire Pontifical (année 1957, pp.966 et suiv.).(( Il importe d’abord, faisait observer le Saint-Père, de rappeler que le concept de perfection au sens strict ne s’identifie pas avec celui d’état de perfection et qu’il le déborde même largement.On peut en effet rencontrer la perfection chrétienne héroïque, celle de l’Évangile et de la Croix du Christ, en dehors de tout (( état de perfection.».« .chaque chrétien est invité à y tendre de toutes ses forces, mais il se réalise d’une manière plus complète et plus sûre dans les trois états de perfection selon le mode décrit par le Droit Canon et les Constitutions Apostoliques.en particulier la Constitution Provida Mater du 2 février 1947, sur les Instituts séculiers.Dans le cadre général de l’Église, le Saint-Père indique ainsi quels sont la place et le rôle des états de perfection.L’appel à la vertu et à la perfection chrétienne s’adresse à tous; mais il n’est pas dit que tous doivent la réaliser de la même façon et aient la même facilité de la réaliser dans les conditions de lieu et de milieu dans lesquelles ils peuvent se trouver.Les états de perfection, si vénérables qu’ils soient, ne monopolisent certainement pas la perfection, qui peut exister en dehors de tout état de perfection, mais ils la facilitent énormément; ils constituent le cadre le plus favorable pour la pratiquer, avec l’aide de la règle, le bon exemple mutuel et les secours naturels et surnaturels que l’on trouve dans les ordres, congrégations et instituts approuvés par l’Eglise.Les fleurs croissent partout.On trouve parfois dans les rochers dénudés des montagnes ou dans les fonds boisés des vallées ou au milieu de touffes de buissons, des fleurs si belles, si parfumées que l’on se demande d’où a pu venir la semence et comment elles ont pu trouver l’humus dans des lieux si insolites.Mais il est hors de doute que dans les plates-bandes, activement cultivées par le jardinier, ces fleurs peuvent se trouver par dizaines 36 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES et par centaines, grâce à l’œuvre assidue du cultivateur et aux méthodes de culture.Il en est un peu de même de la perfection chrétienne: elle peut s’épanouir également dans le champ rocailleux ou touffu du monde, mais elle fleurit d’une manière plus large et intense dans les jardins choisis et cultivés.Le Congrès avait parmi les points de son programme la commémoration de la Constitution Apostolique Provida Mater, dont c’était le dixième anniversaire; on se référa également aux deux autres Constitutions comme sources de référence pour de nouveaux développements.Le Pape eut une phrase, qui doit rendre fiers les milliers de membres des instituts séculiers.Cette constitution, a dit le Saint-Père, « ouvre l’accès des états de perfection au plus grand nombre possible des âmes, qui, aujourd’hui, aspirent ardemment à une vie plus parfaite )).Nous sommes à dix ans de la Provida Mater et ceux qui appartiennent à ces tout jeunes instituts peuvent dire avec Tertullien au monde et aux nations au milieu desquels ils vivent: «Nous sommes d’hier, mais nous avons déjà rempli vos villes )).C’est pour eux que la jurisprudence a dû créer le terme « états de perfection », parce que n’étant pas religieux ils ne peuvent se dire établis dans l’« état religieux »; cependant, par leur consécration à Dieu, ils sont établis dans un état de perfection.A la lumière de ces résultats, il convient de se représenter combien le Pape avait déjà profondément compris, il y a dix ans, les exigences de l’âme moderne, modifiant même quelque peu le droit ecclésiastique pour pouvoir reconnaître officiellement cette tendance de spiritualité spécifique, qui se manifeste dans les Instituts Séculiers.Le Pape disait à propos de ces Instituts: « Mener en tout temps et en tout lieu une réelle vie de perfection.rechristianiser intensément les familles, les professions, la société civile par le contact immédiat et quotidien d’une vie parfaitement et entièrement consacrée a sa sanctification.toutes choses dont on peut facilement charger ces Instituts» (A.A.S., 39 1947, 118).Ici il ne s’agit pas seulement d’une plus grande participation à la vie de l’Eglise comme apostolat, mais aussi d’une plus grande exigence de sanctification dans son propre milieu, sur son propre terrain de travail. ENSEIGNEMENTS DU PAPE AU CONGRES DES RELIGIEUX 37 Problème de (( l’adaptation », mais respect de ce qui est ESSENTIEL DANS LES CONSTITUTIONS ET DE l’eSPRIT DU FONDATEUR.Le Congrès devait aussi s’occuper (( de Y adaptation ».Le terme a, pour les membres de toute la série d’organismes fédératifs surgis depuis quelques années seulement au sein des familles religieuses, une signification bien précise, mais qui n’est pas toujours bien comprise non seulement par les étrangers, mais par les membres mêmes des instituts de perfection.Qu’y a-t-il à mettre au point, à adapter ?se demande-t-on.Saint Benoît, saint Dominique, saint François n’auraient-ils donc pas bien fait les choses ou l’essence de la perfection serait-elle changée ?Tl y a une adaptation que l’on peut dire extérieure et qui se fonde sur une sorte de bien commun qui intéresse tous les instituts des états de perfection.A ce propos, le Pape fait observer: (( tout en conservant les distinctions qui existent, et doivent exister, entre les communautés, il faut tendre avec sincérité et bienveillance à l’union et à la collaboration ».Il existe en effet une sorte de (( bien commun » des communautés, qui suppose que chacune est prête à tenir compte des autres et à s’adapter aux exigences d’une coordination qui comporte nécessairement même quelque renoncement en vue du bien général.Cette collaboration s’encadre dans la vision du corps mystique de l’Église, qui a son chef dans le Fils unique de Dieu, le Verbe incarné.Nous savons qu’une unité parfaite et une étroite solidarité lient tous les membres de ce corps, conséquence directe de la charité que le Chef leur infuse.C’est en vertu de cette unité que les états de perfection doivent collaborer entre eux dans l’activité extérieure.Il y a aussi une adaptation que l’on peut dire intérieure, propre à chaque institut.A ce propos, le Pape remarque: (( Il est clair que la perfection chrétienne dans les éléments essentiels de sa définition et de sa réalisation ne prête à aucune rénovation ou adaptation.Mais, puisque les conditions de la vie moderne subissent de profonds changements, la manière de s’y appliquer demandera de son côté des modifications ». 38 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Les Constitutions des Instituts méritent également tout le respect d’une vénérable tradition, mais aux membres (( il n’est pas interdit de penser à la rénovation et à l’adaptation des moyens.sans manquer toutefois au respect dû à la tradition et sans déroger aux prescriptions que les Constitutions considèrent comme inviolables ».Le meilleur moyen pour accomplir la rénovation est de revivre l’esprit du Fondateur et de réaliser ce que le Fondateur, selon son esprit, aurait réalisé, s’il avait vécu en notre siècle.(( Lorsque le Supérieur, dit le Pape, propose aux membres de sa communauté l’esprit véritable du fondateur, il exerce son droit et les inférieurs doivent, en conscience, lui obéir ».Le concept traditionnel et véritable de l’obéissance.Et le Pape insiste sur le concept de l’obéissance.C’est du reste un concept fondamental pour la vie religieuse.On sait que, selon la Règle de saint Benoît, un seul vœu est exprimé explicitement: celui de l’obéissance, les deux autres étant pour ainsi dire inclus dans celui-ci.C’est un vœu particulièrement visé aujourd’hui.Le souffle de démocratie, plus ou moins authentique, qui traverse le monde; la conception de la dignité et de l’autonomie personnelle semblent parfois et pour certains avoir bouleversé l’idée traditionnelle de l’obéissance, comme soumission pure et simple à l’autorité, représentante de Dieu.Celui qui a suivi ces dernières années avec attention le magistère de Pie XII a pu noter qu’une de ses préoccupations constantes au cours de ces années a été d’inculquer le devoir de l’obéissance.Dans la Menti Nostrae, exactement dans la première partie de l’exhortation, le Pape, parlant aux prêtres de l’esprit de soumission qui doit les animer, toujours mais surtout en notre époque, affirme: (( Illius humilitatis studium, quæ fidei luce collustretur hominem ad quamdam voluntatis immolationem per debitam oboedientiam compellit » {A.A.S., 42, 1950, 662).« Cet esprit d’humilité, illu- miné par la foi, dispose l’âme à l’immolation de la volonté par l’obéissance exigée ».La volonté personnelle, libre de se mouvoir en tout sens, se sacrifie pour plaire à Dieu.Et cela n’est aucunement en contradiction avec la finalité de la vie.On manifeste ainsi que l’on aime Dieu par dessus toute chose et que l’on accepte le renoncement à un bien temporaire ou contingent pour un fruit supérieur et immortel. ENSEIGNEMENTS DU PAPE AU CONGRES DES RELIGIEUX 39 Dans l’allocution adressée aux Religieux le 8 décembre 1950 à l’occasion du premier Congrès général des états de perfection, le Pape déplorait la fausse conception qui s’est créée, surtout ces derniers temps, au sujet de la vocation de la jeunesse moderne à l’état religieux.Le nombre a diminué — disait le Pape — parce que l’« on estime trop dur de se dépouiller de sa propre volonté et de renoncer à sa propre liberté, ce qu’impose de par sa nature le vœu d’obéissance » (Atti e discorsi, 1950, vol.XII, p.401).Et il stigmatise un certain courant qui exalte comme forme sublime de perfection morale non pas le renoncement à la liberté pour l’amour du Christ, mais la plus grande réduction possible de ce renoncement.Dans cette tendance, on ignore les conséquences du conseil évangélique, que certes tous ne sont pas appelés à suivre, mais que doivent pratiquer ceux qui ont reçu un appel spécial du Seigneur.Et ce conseil évangélique — dit le Pape — exige le renoncement à la libre disposition de sa propre volonté (Atti e discorsi, 1950, vol.XII, p.402).C’est Jésus, le Verbe Incarné, le premier de tous les hommes qui s’est humilié lui-même en se faisant obéissant jusqu’à la mort (Phil.1, 8).Du reste, il l’avait déjà gravé dans l’Evangile comme principe ascétique fondamental: « Qui vult venire post me, abneget semetip-sum » (Mt.16, 24).Et ce renoncement peut s’étendre, non seulement à la liberté} mais à toutes les valeurs de la vie.Cependant on ne comprendra la portée de ce principe que lorsqu’on estimera, avec la théologie ascétique, que la perfection chrétienne est d’un ordre bien supérieur et d’un tout autre genre.Aussi peut-on lui immoler les plus beaux dons de l’homme.L’ascétique chrétienne n’est pas contre l’homme, mais en faveur d.e l’homme.L’abnégation n’a pas un sens de négation à priori de la valeur humaine, mais de perfection positive.Pour le chrétien, les diverses formes de mortification ne sont pas une fin, mais un simple moyen.Et c’est en cela que l’ascétique chrétienne s’oppose aux autres formes d’ascèse, par exemple les formes pharisaïques, pour lesquelles l’unique but de l’ascèse est de sévir contre les désirs de la chair ou, en général, de la nature humaine corrompue. 40 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES En disant aux chrétiens: (( ayez en vous les mêmes sentiments qu eut Jesus-Christ )) on exige du chrétien de reproduire en lui, dans la mesure ou c’est possible à l’homme, l’état d’esprit même du Rédempteur et en particulier l’abnégation de soi selon les préceptes de l’Évangile (.Atti e discorsi, 1950, vol.XII, p.245).Par conséquent, si la voix de Dieu appelle quelqu’un par un signe certain au sommet de la perfection évangélique, dans le but de réaliser ce dessein sublime, la libre immolation de la liberté réclamée par le vœu d’obéissance s’impose à lui {ibid.p.402).Pensée déjà exprimée en d’autres termes par saint Thomas (in II.II q.81 a.I ad 5; et q.184 a.5 et q.186, a.I): la vie religieuse est essentiellement une vie d’holocauste où l’homme offre ce qu’il a et tout ce qu’il est à Dieu et ne garde rien pour lui.Préoccupé paternellement par les fausses théories qui circulent jusque dans des milieux catholiques et religieux, le Pape est revenu dans son discours du 9 décembre sur ces conceptions.Nous citons les paroles mêmes de Sa Sainteté: (( Pour en venir aux difficultés actuelles de l’obéissance religieuse, on remarque que le mouvement d’adaptation a provoqué en ce domaine une certaine tension; non que fasse défaut un désir sincère de tendre à la perfection au moyen de l’obéissance, mais parce qu’on en accentue aujourd’hui certains traits, que même des religieux sérieux et de conscience délicate voudraient voir disparaître.On 1 accuse en particulier de mettre en péril la dignité humaine du religieux, d’entraver la maturation de sa personnalité, de fausser son orientation vers Dieu seul )).Pour répondre à ces difficultés dont bien souvent on découvre l’origine dans des complexes personnels ou d’autres, le Pape, après avoir rappelé l’invitation de Jésus à se charger de son joug doux et suave, fait observer:
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