La vie des communautés religieuses /, 1 avril 1958, Avril
.‘•y.WmMmm mammi '&ÊmM MONTRÉAL Vol.16, n.4 Avril 1958 SOMMAIRE DISCOURS PAPAL Pie XII Association des SS.Généraux à la charge apostolique.98 CATECHÉTIQUE M-Cyrille, F.E.C.Renouveau chrétien par le catéchisme.108 HUMANISME A.Gemelli Science et organisation de l'Université .112 FORMATION L’Osservatore R.L'Institut Pontifical de Pastorale 114 La Vie en communion avec Dieu 118 MORALE B.Haring COMMUNIQUES — BIBLIOGRAPHIE — CONSULTATIONS AVEC LA PERMISSION DES SUPERIEURS ECCLESIASTIQUES Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa 959, RUE COTE — MONTREAL 1 CANADA LA VIE des COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES publiée par les RR.PP Franciscains du Canada paraît le 15 de chaque mois, excepté juillet et août, en fascicule de 32 pages N.B.Les abonnements commencent en JANVIER.Prix de l’abonnement : $2.75 Toute demande de changement d’adresse est accompagnée de la somme de 25 cents.Directeur : R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.5750, boul.Rosemont, Montréal 36.Tel.: CL.9-69 11 Conseil de direction : S.E.Mgr I.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr J.-H.CHARTRAND, vicaire général d'Ottawa.M.le Chanoine Cyrille LABRECQUE, directeur de la Semaine Religieuse de Québec.Éditeurs responsables : Les Freres des Ecoles Chrétiennes.Secrétariat : 959, rue Côté, Montréal 1.P.Q., Canada.Téléphone : UN.1-543 1*, (local 30) de 2 h.à 5 h.de l'après-midi tous les jours, excepté le samedi et les fêtes.Catholicisme hier, aujourd’hui, demain 19 Guillaume-Histoire.Paris, Letouzey et Ané, 1958, 28cm.cc.385-768, 1600 f.Cette encyclopédie en 7 volumes publiée sous la direction de G.Jacquemet nous apporte un riche fascicule.La Bible avec Habacuc, Mamurapi, épître aux Hébreux, herméneutique; les Pères avec Hilaire, Hippone; la théologie avec hérésie, hiérarchie; l’histoire avec Hélène, Hérode, Hégésippe; la psychologie avec habitude, hérédité; la morale avec Gurv, Haering, se partagent les colonnes de ce fascicule rempli de renseignements précieux et pratiques et signé de noms, synonymes de garantie.Déjà nous avons recommandé cette encyclopédie aux communautés religieuses; nous la renouvelons parce qu’elle introduit dans une maison une mine précieuse de renseignements.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M. la VIE Des communAUTés ReuGieuses Vol.16, n.4 MONTRÉAL Avril 1958 ARTICLES Association des SS.Généraux à la charge apostolique, discours de S.S.Pie XII, le 11 février 1958.98 Renouveau chrétien par le catéchisme, par le R.F.M.- Cyrille, F.E.C.108 Sciences et organisation de l’Université, par le R.P.A.Gemelli, O.F.M.:.112 L’Institut Pontifical de pastorale, par L'Osservatore Romano.114 Vie en communion avec Dieu, présentation du t.2 de la théologie morale de B.Haring.118 CONSULTATIONS 21.Aux offices liturgiques de la Sem.S., faut-il prendre le nouveau psautier ?121 22.La joie n’est-elle pas un fruit de la charité ?.121 23.Pourquoi recourir à Rome pour changer son testament ?.121 24.La TV est-elle à permettre sans discernement aux religieuses ?.122 25.Une supérieure peut-elle faire une monition canonique à une religieuse ?124 26.Sévérité dans l’admission des sujets.124 27.L’âme de l’Église existe-t-elle ?.125 28.Les païens sont-ils exclus du salut ?.125 29.Mémoire des fériés du carême aux messes chantées.126 30.Les novices-clercs peuvent -ils suivre des études ?.127 31.Appareils de reproduction du son à un salut en plein air.127 32.Que faire pour une novice qui ne peut supporter l’habit ?.127 33.Cession par acte notarié d’une part d’héritage.128 COMMUNIQUÉS La S.C.du Saint-Office et la liturgie.c.4 Égalité devant l’Église.107 La S.C.des Religieux et la C.V.R.111 En faveur du libre accès des Lieux Saints.117 BIBLIOGRAPHIES Catholicisme hier, aujourd’hui, demain.c.2 Ame chinoise et christianisme, par F.Houang.c.3 Les Psaumes, école de spiritualité, par M.Gasnier.c.3 Sur les traces de l’Évangile, par A.Roche.c.3 Pour le Centenaire de Lourdes, par A.Malo, O.F.M.c.4 DISCOURS PAPAL ASSOCIflTIOn D€S SS.GÉnÉRAUX fl Lfl CHARG6 APOSTOLIQU6* Mardi matin, 11 février, le Saint-Père a reçu, dans la Salle du Consistoire, les Supérieurs Généraux des Ordres, Congrégations et Instituts religieux, dont les Curies Génêralices sont à Rome.S.E.le Cardinal Valeri assistait à l'audience, ainsi que S.Exe.Mgr Dell' Acqua.Nous publions la traduction du discours latin de Sa Sainteté : LES SUPÉRIEURS GENERAUX ASSOCIES À LA CHARGE APOSTOLIQUE C’est avec une joie réelle que Nous vous saluons dans le Seigneur, vous tous, très chers fils ici présents, qu’un dessein de la divine Providence a placés à la tête de sociétés tendant vers la perfection évangélique et qui êtes ainsi associés à une part non indifférente de Notre charge apostolique.Comme Nous le rappelions, en effet, en Nous adressant aux membres du 1er Congrès des Etats de perfection, il y a quelques années, un Institut de vie religieuse « tire son existence et sa valeur de ce qu’il se rattache étroitement à la fin propre de l’Église, à savoir de conduire les hommes à la sainteté )) (Acta Ap.Sedis, 1951, p.28).C’est que l’Église, son Épouse, ne répondrait pas pleinement au vœu du Christ Seigneur et les yeux des hommes ne se lèveraient pas vers elle, pleins d’espérance, comme vers le (( signe dressé pour les nations » (Is., 11, 12), si elle ne possédait pas des hommes qui, par l’exemple de leur vie plus encore que par leur parole, reflètent avec un éclat spécial la beauté de l’Évangile.Nous vous avons donc associés, Très chers Fils, à cette partie de Notre charge, soit directement, vous déléguant par le Code de droit canon, quelque chose de Notre suprême juridiction, soit en établissant les bases, dans vos règles et constitutions par Nous approuvées, de votre pouvoir appelé (( de domination ».Aussi Nous importe-t-il particulièrement que vous exerciez cette autorité qui est vôtre, selon Notre esprit et celui de l’Église.Dans Notre exhortation de l’Année Sainte 1950, évoquée ci-dessus, Nous avons amplement exposé les points que vos sujets doivent avant tout garder à notre époque et ceux où il importe * Cette traduction française du texte latin est reproduite de L'Osservatore Romano, édition hebdomadaire en langue française, 21 fév.1958.Les titres et les divisions sont de la rédaction. ASSOCIATION DES SS.GENERAUX A LA CHARGE APOSTOLIQUE 99 d’innover et d’adapter.Nous voulons aujourd’hui, en quelques mots, définir à votre intention de quelle façon précise il vous faut travailler avec Nous au but que Nous poursuivons.1.LE MAINTIEN DES TRADITIONS AUCUNE CONCESSION AUX TENDANCES EXISTENTIALISTES Nous vous disions alors qu’à ceux qui suivent les États de perfection, aucune concession ne doit être accordée, au détriment de la Vérité éternelle, pour les tendances appelées « existentialisme » (1.c.p.32).C’est à qui tient la première place, en effet, qu’il appartient de conduire aussi sûrement que possible, ses sujets jusqu’au terme de la vie éternelle, avec un esprit éclairé, par les sûrs chemis de la vérité, sans s’écarter à droite ni à gauche, par une direction ferme et au besoin énergique.Comme a dit le Patriarche de ceux qui, en Occident, tendent vers la perfection évangélique: « L’Abbé ne doit rien enseigner, instituer ou ordonner qui soit en dehors des préceptes du Seigneur; mais que, aux yeux de ses disciples, son gouvernement et son enseignement apparaissent un reflet de la justice divine )) (Règle de St Benoît, ch.2\ Que les Supérieurs des Etats de perfection puisent sans cesse les principes qui les inspirent, non pas dans ce que dit le plus grand nombre, ou dans ce qui se répand — rejetant les commentaires plus anciens des Pères — comme devant seul maintenant, parce que plus récent, être enseigné et commandé, ou dans ce qui plaît davantage à ceux qui vivent dans le siècle, mais bien à la pure source de la vérité révélée et à la discipline du magistère ecclésiastique.Avec un réel courage, il faut aller à l’encontre des préférences de plusieurs; si le Supérieur n’accepte pas de paraître parfois passé de mode pour certains, comment conservera-t-il intacte la vérité du Christ, toujours nouvelle certes, mais en même temps toujours ancienne ?Dans les principes qui règlent la doctrine de l’ascèse et le genre de vie des états de perfection (comme Nous en donnions l’avertissement sur un sujet plus grave dans la Lettre Encyclique Humani Generis), on rencontre aujourd’hui des esprits qui (( s’attachant plus qu’il ne faut aux nouveautés., s’efforcent de se soustraire à la direction du Magistère et se trouvent à cause de cela, en danger de s’éloigner insensiblement des vérités révélées et d’entraîner aussi les autres dans l’erreur )) {Acta Ap.Sedis, 1950, p.564).Il est moins grave, certes, d’errer dans la discipline des mœurs qu’en matière de foi, mais chacune de 100 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES ces deux erreurs nous conduit par ses voies propres jusqu’à la ruine de la nature et sans aucun doute nous retarde et nous empêche de trouver comme il se doit le Bien suprême.ATTACHEMENT A L’ASCESE TRADITIONNELLE Que les Supérieurs s’attachent solidement, en outre, à la doctrine ascétique solide et équilibrée telle qu’elle leur fut donnée par les premiers Fondateurs et longuement approuvée par l’usage de l’Eglise, et qu’ils ne s’en éloignent pas par quelques nouveautés.La raison d’adhérer à la vérité ne vient pas, en effet, du fait qu’elle emporte avec elle l’adhésion générale des hommes, mais de ce qu’elle est la vérité, placée par Dieu dans la nature ou révélée par lui avec bonté aux hommes.Que certains la dénigrent : est-ce assez pour qu’elle cesse d’être la vérité et le chemin qui mène à Dieu ?LE SUPERIEUR PRUDENT Celui qui veut être un Supérieur prudent sera sage de chercher et d’écouter volontiers de nombreux conseils; il méditera et pèsera avec son prppre avis l’opinion des hommes prudents et des maîtres; jamais il ne se fiera à lui-même, comme si le péril de se tromper ne menaçait pas tout homme ici-bas.Mais qu’ensuite, après avoir entendu d’abord ceux que la Règle elle-même lui a donnés pour conseillers nés, invoqué longuement l’Esprit de Conseil, et mûrement pesé toutes choses, il prenne une décision précise et déterminée; et qu’il l’impose, comme il se doit, avec une paternelle et humble fermeté à ceux qui lui sont soumis, et oriente d’après elle leurs actes et leur vie: « De même que les disciples doivent obéir au maître, ainsi sied-il à ce dernier de disposer toutes choses avec droiture et prévoyance )) (Règle de St Benoît, ch.3).IMPOSER l’obÉISSANCE RELIGIEUSE Quoique puissent prétendre certains, auxquels le joug de l’obéissance religieuse semble trop lourd pour être imposé aux hommes de ce temps, vous ne devez jamais perdre de vue que la charge de Supérieur consiste à diriger, avec certes toute l’humilité et la charité du Christ, mais avec fermeté, ceux qui lui sont soumis, et que le Divin Juge demandera compte des âmes non pas seulement à chacun personnellement, mais à ceux également à qui il les a confiées.« Le nombre de Frères dont le Supérieur sait avoir la responsabilité, qu’il ait pour certain de devoir, au jour du jugement, rendre compte au Seigneur de toutes leurs âmes » (Règle de St Benoît, ch.2). ASSOCIATION DES SS.GENERAUX A LA CHARGE APOSTOLIQUE 101 2.LA SÉPARATION DU MONDE SÉPARER DU MONDE Avec révolution des temps et l’apparition de nouvelles exigences de la part des âmes, l’Église a vu naître, sous la conduite — il est permis de l’espérer — du Saint-Esprit, d’autres formes de vie pour tendre à la perfection.Chacune demande des choses différentes à ses membres: les exigences ne sont pas identiques pour les moines et pour les clercs réguliers; pour les religieux et pour les membres des Instituts séculiers récemment fondés.Une chose est cependant commune à tous et le demeurera; quiconque tend vers la perfection évangélique doit nécessairement se retirer et se séparer du monde: ce sera, pour 1 organisation de sa vie, selon ce que réclame la vocation particulière donnée par Dieu, mais toujours totalement dans ses affections.Nous disons (( de ce monde » à propos duquel Notre-Seigneur et Maître donnait à ses disciples cet avertissement « vous n’êtes pas du monde» (Jo, 15, 19); et le Disciple bien-aimé: « le monde entier est plongé dans le mal » (la Jo, 5, 19); et aussi l’Apôtre des Gentils: « le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde » (Gai.6, 14).VIVRE UNI À DIEU PAR LA GRACE ET UN AMOUR ARDENT Il importe que celui qui veut vivre pour le Seigneur et le servir parfaitement soit, dans ses affections, totalement étranger au monde.Le Seigneur est celui qu’on ne peut servir parfaitement, si ce n’est pas Lui seul que 1 on sert.Quel bien créé, en effet, pourrait être de quelque façon comparé — Nous ne disons pas égalé — à la perfection divine ?Comment celui qui n’a pas purifié son esprit et ne le garde pas vide de l’orgueil du monde et de ses concupiscences multiples, peut-il monter vers Dieu, comme par les ailes d’un libre amour, et vivre uni à Lui ?Uni, en vérité, non seulement par le lien vital de la grâce sanctifiante, mais aussi par cet amour ardent, propre à celui qui tend vers la perfection ?SE LIBÉRER COMPLETEMENT DE TOUTE ATTACHE A moins d’être du nombre des parfaits prévenus par une grâce non commune, quel homme, moralement affaibli par les suites du péché originel, pourra se libérer complètement de toute attache aux choses terrestres, s’il ne se sépare pas réellement de celles-ci jusqu’à un certain point, ayant même le courage de s’en abstenir tout à fait ?Hormis le cas d’une charge assumée dans l’Église par obéissance, 102 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES personne ne peut jouir de toutes les commodités dont ce siècle abonde, s’accorder les divertissements et les joies sensibles, si largement offerts de nos jours à nos contemporains, sans perdre quelque chose de son esprit de foi, de son amour pour Dieu.Bien plus, celui qui aura plus longtemps toléré du relâchement dans sa vie, abandonnera peu à peu ses efforts vers la sainteté et s’exposera au danger de voir la ferveur de sa charité et la lumière même de sa foi baisser au point qu’il déchoira lamentablement de l’état élevé vers lequel il tendait.PUISER LES NORMES DE JUGEMENT À l’ÉgLISE Il faut que, tant pour les points de doctrine et les opinions, que pour les actes à accomplir, vos normes de jugement soient différentes de celles du monde; différente votre règle de conduite; différent aussi le principe par lequel vous vous efforcerez d’avoir une influence sur les autres hommes.Que vos normes de jugement et d’appréciation soient tirées de l’Evangile du Seigneur et de la doctrine de son Eglise; « il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication )) (1 Cor.1, 21); (( en effet, la sagesse de ce monde est folie auprès de Dieu » (1 Cor.3, 19); et vraiment « nous, nous prêchons un Christ crucifié )) (1 Cor.1, 23).Si l’on n’a pas soin, au lieu d’empoisonner son esprit par une fréquentation habituelle des affaires du siècle, de le nourrir assidûment par la lecture et la méditation des choses de Dieu et par la familiarité avec les écrits des auteurs anciens et récents qui ont brillé par la solidité de leur foi et de leur piété, comment donc pourra-t-on goûter ce qui est bien (cfr.collecte de la Messe du Saint-Esprit) ?l’apostolat exige les mêmes règles d’action Mais ce sont ces mêmes règles d’action que doivent suivre ceux qui vous sont soumis.Ils n’ont pas à désirer ce qui plaît, ce qui est agréable, ce qui est commode, mais Dieu seul; et ils ne le trouveront qu’en refrénant sans cesse leurs sens et leur volonté: leur volonté, par l’humilité et par une obéissance soumise; leurs sens, par l’austérité de vie et la mortification de leur corps librement acceptée.Sans ces moyens, recommandés par l’Ancien et le Nouveau Testament et par toute la tradition de l’Église, c’est presque en vain qu’une âme chrétienne se flatte de parvenir à l’amour de Dieu et à celui du prochain par amour pour Dieu. ASSOCIATION DES SS.GENERAUX A LA CHARGE APOSTOLIQUE 103 Est-ce que, de plus, les voies par lesquelles vous pouvez entraîner les hommes vers Dieu, leur fin dernière, ne sont pas différentes de celles que l’intelligence laissée à elle-même aura jugées devoir être efficaces ?L’apostolat dont Nous parlons repose de toute façon sur la nécessité de la grâce prévenante, qui ouvre le cœur et les oreilles de ceux qui entendent; de la grâce adjuvante, sans laquelle personne ne peut faire œuvre bonne conduisant au salut et personne ne peut persévérer dans le bien.Les voies du Seigneur ne sont pas nos voies; ce n’est pas toujours dans Je « langage persuasif de la sagesse humaine )) (1 Cor.2, 4) que se trouve la force capable d’entraîner les esprits vers la foi et les œuvres de salut, mais dans la « manifestation de l’Esprit et de la puissance )) (ibid.), dans cette manifestation pleine de mystère, par où, de la simple sincérité, de la charité, de la force du croyant surgit une merveilleuse possibilité pour persuader les esprits et les mener à Dieu; ce n’est pas par ces idées toutes nouvelles que l’esprit humain produit sans cesse, que les hommes sont entraînés vers le bien, mais par la force invisible de la grâce et des sacrements, surtout la Pénitence et l’Eucharistie.Et à moins, encore une fois, de se séparer du monde pour un temps, et surtout de se recueillir presque chaque jour dans un certain calme, pour méditer en paix ces vérités dans un cœur à cœur avec l’Esprit de Sagesse, ne tombera-t-on pas dans cette fièvre inquiète et souvent stérile de l’« action )), plus brillante qu’efficace ?3.L’OBSERVANCE DE LA RÈGLE OBLIGATION DE LA REGLE OU CONSTITUTION Pour que vos fils puissent vivre dans cette paix et tranquillité de l’âme qui porte si bien à une juste appréciation des choses divines, vos Fondateurs leur ont donné, d’après l’antique tradition de l’Eglise, née chez les Pères du désert selon la vraie sagesse de l’Évangile, ce qu’on appelle une règle ou une constitution.Quoique celle-ci diffère dans les divers Instituts, selon leurs buts variés, elle est cependant obligatoire chez tous.Sa nécessité pour le but que vous vous proposez, naît de la faiblesse de la nature humaine blessée par le péché originel; son efficacité pour la perfection de la vie chrétienne est affirmée par une longue expérience, ancienne et actuelle; sa sainteté est toujours visible dans l’Eglise, tant dans ses paroles que dans ses actes. 104 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES ADAPTER SANS ABAISSER NI ABANDONNER La nature humaine attirée par la facilité a toujours trouvé désagréable la discipline que comporte la vie dans les Etats de perfection, du fait de la règle; et elle apparaît naturellement encore plus désagréable aux hommes de notre temps, habitués qu’ils sont à une vie plus libre avant d’embrasser un Etat de perfection.Même si, sur des points ne touchant pas l’essentiel, vous avez à bon droit adapté la règle et l’adaptez aux possibilités de ceux qui viennent à vous, on ne saurait cependant admettre que vous l’abaissiez et encore moins que vous l’abandonniez.la parole des Proverbes vaut aujourd’hui comme jadis: « Sois fidèle à la discipline, ne l’abandonne pas; garde-la car elle est la vie )) (Prox.4, 13).Ce que l’auteur divinement inspiré affirme au sujet de la discipline que chacun s’impose de bon gré, ne peut-on pas le dire aussi à juste titre de cette discipline particulière, que, par la profession d’une vie plus parfaite, à laquelle on s’oblige soi-même et que l’on promet d’observer ?« Ceux que presse l’amour qui les fait marcher vers la vie éternelle, pour ce motif même s’engagent d’emblée dans la voie étroite;.ne se guidant plus selon leur jugement propre, et n’obéissant pas à leurs convoitises et voluptés, mais allant de l’avant selon le jugement et le commandement d’autrui, tandis qu’ils se trouvent au monastère, ils désirent que l’Abbé les gouverne » (Règle de Saint Benoîty chap.5).AU SUPÉRIEUR d’aider, SOUTENIR, CORRIGER, VEILLER Il entre dans les devoirs de votre charge — agissant en cela avec une fermeté paternelle en exhortant, avertissant, réprimandant et même, s’il faut en arriver là, en punissant — d’aider vos inférieurs à fouler le droit sentier et à les y maintenir selon les Règles de votre Institut propre.Et qu’un sujet soit négligent ou fautif, nul Supérieur n’a le droit de dégager sa responsabilité en disant (( il a l’âge, c’est son affaire )).Ce n’est pas de la sorte que le Seigneur en jugera, quand il vous demandera compte des âmes commises à vos soins: « Voici, je viens aux pasteurs, je redemanderai les brebis de leurs mains » (Ezech.34, 10); celui qui par connivence aura délaissé ses brebis comme errantes et privées de conseils et ne les aura pas, d’une houlette ferme, tenues éloignées des sentiers détournés, le Seigneur lui redemandera le sang des brebis ! L’amour vrai d’un père se témoigne non seulement par les caresses, mais aussi par le commandement et ASSOCIATION DES SS.GENERAUX A LA CHARGE APOSTOLIQUE 105 les corrections.Que jamais cette fermeté ne soit dure, jamais empreinte de colère ou manquant de circonspection; qu’elle soit toujours droite et sereine; qu’elle soit douce et miséricordieuse, prompte à pardonner et à tendre une main de père à un fils qui s’efforce de rejeter l’erreur ou de renoncer à la faute; que, le Supérieur toutefois persiste à veiller et ne se lasse jamais.Et il faut que chez vous le gouvernement et la vigilance s’étendent non seulement à la vie que l’on a coutume d’appeler (( régulière », laquelle se passe dans l’enclos du couvent, mais à toutes les activités des vôtres dans la vigne du père de famille.Selon les normes qui vous ont été fixées par la Hiérarchie ecclésiastique compétente en la matière, il vous revient de surveiller l’activité de vos inférieurs, pour qu’ils n’admettent rien qui tourne au détriment de leur âme ou causerait à l’Église et aux âmes déshonneur ou dommage, mais bien plutôt pour qu’ils rivalisent de zèle à promouvoir leur bien propre et celui du prochain.LE SERVICE UNIQUE DE LA MEME ÉGLISE Votre union même des Supérieurs Généraux qui se constitua naguère de son propre mouvement et qui spontanément encore continue à tenir ses assises, a été approuvée par le Siège Apostolique comme institution permanente et reconnue comme personne morale; cette union postule de vous la volonté bien arrêtée de contribuer à tout ce pour quoi l’Église désire votre concours.En fait vous avez parfaitement compris que vous formez tous une seule armée dans laquelle, les uns comme fantassins, d’autres comme cavaliers ou archers, tous en fin de compte livrent le même bon combat.Alors que l’ennemi du nom du Christ rassemble chaque jour davantage ses forces en un faisceau qu’il espère invincible, vous avez compris combien il est opportun, combien même nécessaire, pour vous et pour tous ceux qui servent Dieu, d’unir vos forces, chacun à son rang et par ses propres armes, en vue de la même victoire.Cette unité, à laquelle s’oppose la diversité des nationalités, des esprits, des coutumes ou d’autres comportements humains, fleurira pourtant merveilleusement, si vos âmes sont profondément imprégnées par la vraie charité du Christ, que l’Esprit-Saint répand sur cette unité même.Que cette charité surnaturelle et infuse nous trouve prompts à répondre à son action, et elle-même déliera sans peine tous les nœuds d’une trop étroite prédilection, justifiée mais trop étroite, pour son propre Institut, qui s’insinue peu à peu du fait de la faiblesse humaines.Certes chacun a le devoir d’aimer l’Institut auquel 106 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES l’a appelé la divine Providence, de modeler son esprit et sa conduite selon les normes de cet Institut, de choisir et d’accomplir jusqu’à un certain point le ministère apostolique selon les lois propres de ce dernier: mais il faut que tous et toujours ordonnent toutes choses au service unique de la même Église, Épouse du même Seigneur et Dieu Sauveur.SE DISTINGUER PAR UNE DEFERENCE ZELEE ENVERS LE PAPE Il s’ensuit que la déférence zélée envers la Chaire de Pierre et le Vicaire du Christ — commune à tous les fidèles — doit être cultivée à un titre tout particulier par vous qui tendez à la perfection.Ce Siège Apostolique sait que vous lui serez plus que les autres dociles; il compte sur vous, hérauts très fidèles de la doctrine de vérité enseignée par cette Chaire; il espère fermement que, plus que quiconque, vous serez les modèles et les défenseurs de la discipline ecclésiastique.Et si parfois — telle est la condition du Règne de Dieu sur terre où les bons sont mêlés aux méchants, le froment à l’ivraie —-, si parfois certaines choses viennent à vaciller en quelque endroit, à s’ébranler, à errer, à se séparer, vous du moins.Fils très chers, étroitement unis à Nous-même, propagez d’une volonté inébranlable le « Règne de justice, d’amour et de paix )) (Préface de la messe du Christ-Roi).Vous pourrez proclamer cela, non point avec la confiance démesurée de soi sous l’action de laquelle jadis Pierre, non encore affermi par l’Esprit-Saint, s’écriait « Quand bien même tous., pas moi, du moins )) (Marc.14, 29), mais avec le même amour, avec une humble confiance et forts de la grâce de votre vocation à l’état de perfection.Et s’il arrive que d’autres oublieux de l’esprit des vrais fils, causent des soucis à ce Siège Apostolique, nous du moins, Dieu aidant, nous nous souviendrons très fidèlement de ces paroles du Seigneur: (( Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église )); (( toi.affermis tes frères )) (Matth.16, 18; Luc.22, 32).n’accepter que les candidats aptes Pour que vos Instituts répondent toujours à ces vœux du Vicaire du Christ, faites en sorte de n’enrôler dans vos rangs que des jeunes gens tout à fait aptes, c’est-à-dire choisis pour leur vertu et, dans la mesure requise, pour leurs dispositions intellectuelles et autres qualités.Loin de vous, le souci excessif de rassembler une foule de sujets pour qui l’on peut craindre qu’ils soient un jour moins dignes ASSOCIATION DES SS.GENERAUX A LA CHARGE APOSTOLIQUE 107 de votre éminente vocation: ils ne seront pour l’Église ni un ornement, ni un bienfait, mais ils lui causeront détriment et tristesse.Si, par contre, fidèles aux normes proposées continuellement par l’Eglise, vous n’accueillez en vos rangs que ceux qui sont vraiment dignes, Dieu prendra soin de susciter des vocations de cette qualité, et l’estime où les hommes tiendront votre état préparera en un grand nombre d’âmes les voies de la grâce divine.Fiez-vous à Dieu: si vous le servez très dignement, lui-même prendra soin de vous ainsi que de vos Instituts qu’il gardera et fera prospérer.• VŒUX DE LUMIÈRE ET d’aRDEUR Fasse Dieu que la lumière et l’ardeur de l’Esprit-Saint descendent en abondance sur cette troupe choisie de ses serviteurs, les plus chers au Seigneur et à Nous-même parmi les autres soldats de la même armée.Et au moment où nous commémorons avec reconnaissance les douces et miraculeuses visions de la Bienheureuse Marie Vierge Immaculée en la grotte de Lourdes, Nous demandons que l’intercession de la Mère de la divine grâce vous obtienne ce don éminant, à vous, ses dévots serviteurs.En gage de cette bienveillance divine et en témoignage de notre amour, à vous, chers Fils, à vos aides dans le gouvernement de nos Instituts, à tous vos sujets qui militent dans le monde entier, à ceux surtout qui sont tourmentés par les ennemis du Nom divin, Nous accordons très affectueusement la Bénédiction Apostolique.Rome Pie XII Égalité devant l’Eglise Les distinctions sociales qui se manifestent par un déploiement extérieur aux cérémonies de mariage et de sépulture sont disparues au diocèse de Toulouse, à l’initiative de Son Exc.Mgr Gabriel Garrone, archevêque de Toulouse.Il a préconisé que chaque paroisse établisse les normes vestimentaires et réglemente l’usage des instruments de musique et le choix des pièces exécutées par la chorale; de même, l’on établira le niveau de l’offrande des fidèles à ces cérémonies liturgiques.Le but de ces dispositions nouvelles est de faire disparaître tout déploiement indu de richesse ou d’avantages sociaux à ces cérémonies, en sorte que les pauvres en bénéficieront également à un degré de dignité et de solennité égal.Mais, cette réforme ne devra diminuer en rien l’atmosphère liturgique propre aux cérémonies de mariage et de sépulture. RELIGION R€nOUV€flU CHR€TI€n PAR L€ CRT€CHISm€ A l’heure actuelle, dans la sainte Eglise, toutes les bonnes volontés cherchent les meilleurs moyens de promouvoir ce (( renouveau du fonde chrétien )) demandé par le Saint-Père comme fruit principal de l’année centenaire de Lourdes.Or les religieux éducateurs n’ont pas besoin de chercher longtemps la formule la plus appropriée pour aider à ce renouveau chrétien; ils connaissent assez l’importance de l’enseignement religieux pour une jeunesse qui vit dans un monde imbu de la technique et noyé dans le matérialisme et la jouissance, pour comprendre que là doivent s’orienter leurs efforts quotidiens.Et tout d’abord il s’agit de rafraîchir leurs connaissances théologiques, scripturaires, historiques, liturgiques, etc., de les étendre, de les mettre au point, de façon à leur faire produire le maximum de rendement auprès des jeunes d’aujourd’hui, qu’ils doivent avant tout comprendre avec sympathie pour leur faire un bien durable.D’ ou le courant actuel très marqué qui pousse les éducateurs vers des études religieuses solides, mais ouvertes aux idées contemporaines et à la psychologie de 1958.La V.C.R.a parlé ici, récemment, de Y Institut Supérieur de Sciences religieuses, déjà très hautement estimé, même à Rome, et que dirige à l’Université de Monttréal M.Richard Brosseau, p.s.s., entouré d’une quarantaine de professeurs triés sur le volet.Parmi les étudiants, vingt-trois Frères sont répartis dans les trois années du cours et y donnent tout leur temps.En la personne du jeune Frère Guy, des Ecoles chrétiennes, l’un de ses premiers diplômés, professeur au Mont-Saint-Louis, l’Institut a déjà son protecteur céleste depuis qu’une mort prématurée est venu le ravir, à la Toussaint dernière.En faveur de ceux qui ne peuvent se vouer tout entier à ces études, vu l’urgence des tâches éducationnelles qui leur sont confiées, des cours de fins de semaines (six heures les vendredi soir et samedi matin) et des cours qui comprendront trois ou quatre vacances d’été permettront d’absorber le programme de la première année; les autres années devant être suivies à plein ou au moins à demi-temps.Mais il est une autre catégorie de professeurs lancés depuis plusieurs années déjà dans le professorat; ils ont maintes fois exprimé le désir de suivre des cours de perfectionnement qui prépareraient RENOUVEAU CHRETIEN PAR LE CATECHISME 109 directement leur enseignement religieux.Ces vœux seront exaucés dès cette année par la tenue, au Manoir La-Salle de Val Morin, d’UNE SESSION INTENSIVE DE QUATRE SEMAINES, et qui prévoit un cycle de trois ans, où l’on approfondira les parties les plus ardues des « Témoins du Christ)), le manuel officiel de religion au cours secondaire du Québec.Cent vingt Frères de neuf Congrégations — le maximum possible — se sont déjà inscrits avec enthousiasme à ces leçons que donneront des professeurs choisis conjointement par la Commission Episcopale d’Enseignement religieux et l’Institut Supérieur de sciences religieuses.On prévoit, vu les demandes d’inscriptions, que des centres nouveaux s’ouvritont dans les années a venir.Un diplôme officiel de T Épiscopat couronnerait ces etudes.Nous savons aussi qu’a Québec, au moins, des pourparlers sont engagés entre les Frères et la Faculté de Théologie pour des cours semblables, et qu’a Sherbrooke se donnent pendant l’année trente cours sur la catéchèse.L ame de toute 1 organisation, et qui vient opportunément rejoindre les désirs exprimés par la Fédération des Frères enseignants, c est la Commission Episcopale de T Enseignement religieux dont S.E.Mgr Coderre est le président, tout comme il dirige YOffice Provincial Catéchistique, dont le siège est à l’évêché de Saint-Jean.Ceci explique pourquoi, du 2 au 5 janvier, le Comité Catéchistique des Religieux, C.C.R.(qu’il ne faut pas confondre avec la C.R.C.), siégeait en journées d’études sous la présidence même de S.E.Mgr Coderre.L’on sait qu’en chaque Congrégation et en chacune des provinces religieuses soit vingt-huit — un Frère spécialement mandaté par ses Supérieurs et par l’Épiscopat a charge d’animateur, de propagandiste dans son secteur.Ces hommes de valeur vinrent donc à St-Jean, à la fois pour exprimer les besoins et les désirs de leurs confrères, pour recevoir les directives de l’Office Provincial Catéchistique, et pour discuter des moyens les plus pratiques de mettre bien à point la future édition canadienne des
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