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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Octobre-Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • En son nom
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La vie des communautés religieuses /, 1958-10, Collections de BAnQ.

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Vol.16, nos 8-9 MONTREAL Octobre-Novembre 1958 Actes du deuxième Congrès Canadien des Préposés aux Oeuvres de Vocations SACERDOTALES — RELIGIEUSES — MISSIONNAIRES organisé avec la bienveillante coopération de l'ÉPISCOPAT du Québec par la FÉDÉRATION des FRÈRES ENSEIGNANTS et sous les auspices de LA CONFÉRENCE RELIGIEUSE CANADIENNE (C.R.C.) les 16 et 17 août 1958 à la Cité Universitaire de Québec AVEC LA PERMISSION DES SUPERIEURS ECCLESIASTIQUES Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.959, RUE CÔTÉ — MONTRÉAL 1 CANADA LA VIE des COMMUNAUTES RELIGIEUSES publiée par les RR.PP.Franciscains du Canada paraît le 15 de chaque mois, excepté juillet et août, en fascicule de 32 pages N.B.Les abonnements commencent en JANVIER.Prix de l’abonnement: $2.75 Toute demande de changement d'adresse est accompagnée de la somme de 25 cents.Directeur : R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.5750, boul.Rosemont, Montréal 36.Tel.: CL.9-6911 Conseil de direction : S.E.Mgr J.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr J.-H.CHARTRAND, vicaire général d'Ottawa.M.le Chanoine Cyrille LABRECQUE, directeur de la Semaine Religieuse de Québec.Éditeurs responsables : Les Frères des Écoles Chrétiennes.Secrétariat : 959, rue Côté, Montréal 1.P.Q., Canada.Téléphone : UN.1-543 1*, (local 30) de 2 h.à 5 h.de l'après-midi tou les jours, excepté le samedi et les fêtes.DIR6CTOIR6 inT6RDIOC€Sflin POUR Lfi UTURGI6 €fl B6LGIQU6 Le directoire pour la pastorale de la messe, donné par Son Ém.le cardinal van Roey et par LL.EE.NN.SS.les évêques de Liège et de Bruges à l’usage de leur diocèse respectif, est un acte hiérarchique de toute première importance qui vise à transformer profondément la tonalité religieuse et la conscience chrétienne des célébrations eucharistiques, spécialement le dimanche.Le directoire veut, par une participation active et fraternelle à la Sainte Messe, augmenter la foi et la charité des chrétiens unis dans le Sacrifice du Christ, unis dans l’acte de charité totale du Christ sur la croix, unis dans son action de grâces à Dieu son Père.Dès le début de la messe nous nous assemblons comme des frères dans la famille de Dieu, nous groupant les uns près des autres.Le directoire prévoit un commentateur, un prêtre ou un laïc, se tenant à l’ambon.Sa fonction n’est pas tant d’expliquer ce qui se fait à l’autel, que d’entraîner l’assemblée à s’unir au célébrant et à rencontrer ainsi Dieu notre Père, par Jésus-Christ, avec Lui et en Lui.Le commentateur suscite les réponses de l’assemblée et entraîne les fidèles dans la récitation collective du Gloria, du Credo, du Sanctus et de l’Agnus Dei.Il donne une courte introduction à la messe, à l’offertoire et à la communion.Avant chaque prière sacerdotale, après l’Oremus (« Prions ») du célébrant, il invite les fidèles {Suite couv.4) Lfl VIE D€S communflUTés r€ligi€US€S Vol.16, nos 8-9 MONTRÉAL Octobre-Novembre 1958 TABLE DES MATIÈRES Pages Bienvenue du Fr.M.-Cyrille, é.c.226 Le thème du congrès par Son Ex.Mgr Marius Paré.228 Données de la théologie et de l’expérience dans le choix des candidats au sacerdoce et à la vie religieuse par M.Arthur Delorme, p.s.s.234 Le procès des méthodes de recrutement par les RR.FF.Léo et Valère, s.c.254 Le fonctionnement d’une Oeuvre diocésaine de Vocations par M.le Chanoine Laurent Gaudet.266 L’examen de conscience des « recruteurs » par le R.F.Zéphirin, f.c.,.277 La rôle des Conseillers en Orientation professionnelle dans le choix des vocations par M.Adrien Laurendeau.282 Allocutions de NN.SS.Audet et Paré.286 Vœux du Congrès.287 Bienvenue par F.M.-Cyrille, ê.c.C’est au simple titre de maître de cérémonies et de promoteur de ce congrès que je prends la parole pour vous souhaiter la BIENVENUE, faire un brin d’historique et donner quelques indications pratiques.BIENVENUE à Son Ex.Mgr Marius Paré, évêque auxiliaire à Chicoutimi, qui sera à notre tête pendant ces jours.En le désignant comme Président, l’Épiscopat s’est rendu à un désir très cher de tous ceux qui sont déjà entrés en contact avec Son Excellence, et en particulier les membres du Premier Congrès des vocations tenu à Charlesbourg, en avril 1955.Qu’il me suffise de signaler que les prières et sacrifices de Son Excellence, pendant les Grands Exercices de saint Ignace qu’Elle vient de suivre à Sherbrooke, ont dû attirer bien des grâces de Dieu sur nos assises.Bienvenue aux conférenciers officiels dont nous avons hâte de goûter la parole chaude, riche d’expérience et de sagesse.Bienvenue à la Conférence Religieuse Canadienne représentée par le R.P.G.Goulet, s.j., provincial et président, et le R.P.H.Char-bonneau, o.m.i., secrétaire adjoint.Bienvenue aux membres des clergés séculier et régulier et aux Frères venus ici dans le but de chercher les meileurs moyens de travailler à la gloire de Dieu et au bien des âmes dans la charité, la compréhension et l’union de tous les ouvriers de la vigne.Nous avons ici des délégués officiels des trois catégories et aussi des auditeurs libres qu’intéresse grandement le progrès des œuvres de vocations.Bienvenue aux uns et aux autres ! Ce congrès des préposés aux Oeuvres de Vocations sacerdotales et religieuses est le second du genre au Canada; le premier, tenu chez les RR.PP.Eudistes de Charlesbourg, groupait 36 prêtres et 62 frères, sous la présidence de Son Ex.Mgr Lionel Audet dont la sagesse, la doctrine, la sympathie, le dévouement firent notre admiration.Et si lui-même n’est pas à notre tête, en ce moment, c’est qu’il a suggéré le nom de Son Ex.Mgr Marius Paré; cependant l’Épiscopat l’a invité à suivre notre congrès.N’est-il pas (( Y Évêque des Frères )) ?Le R.P.Adrien Malo, o.f.m., et M.Arthur Delorme, p.s.s., furent alors nos principaux docteurs.Nous sommes heureux BIENVENUE 227 de revoir le nom de M.Delorme sur la liste des conférenciers et de saluer la présence du R.P.Malo, invité d’honneur, que nous avons cru, un moment, devoir être en Europe pendant nos assises.La « Vie des Communautés religieuses », dans un numéro spécial (mai 1955), a donné un compte rendu assez complet de nos premières assises qui ont produit les plus heureux résultats: directives bienveillantes des évêques — création ou coordination d’œuvres de vocations — accueil plus cordial encore de MM.les Curés — harmonie plus grande entre recruteurs —• contacts enrichissants entre les envoyés du Seigneur, etc.Votre présence ici est la réalisation du 6e Vœu de 1955 qu’il amplifie même, vu que, cette fois, nous avons parmi nous les représentants du clergé régulier.Il est à propos de rendre tout de suite hommage à ceux qui ont contribué à l’organisation actuelle.1.La Sacrée Congrégation des Religieux, qui a autorisé la Conférence Religieuse Canadienne à procéder, et à confier la réalisation de ce congrès à la Fédération des Frères enseignants.La C.R.C.s’est chargé de l’invitation aux RR.Pères.2.L'Assemblée épiscopale du Québec, qui a bien voulu non seulement donner son assentiment au projet, mais inviter elle-même les membres du clergé séculier, sans oublier la participation personnelle de plusieurs membres de l’Episcopat.3.Les Provinciaux des Frères enseignants, qui ont tout de suite accepté de patronner le projet et qui nous ont envoyés de nombreux délégués et auditeurs libres.4.Enfin le Comité d'organisation, et en particulier le R.F.Marie-Edmond, s.c., son actif secrétaire-trésorier, et son équipe de FF.du Sacré-Cœur, ainsi que le F.Marie-Philibert, avec son contingent de FF.des Ecoles chrétiennes, y compris les autorités de la Faculté de Commerce qui nous reçoivent dans leur magnifique pavillon.Merci et Bienvenue ! L€ THème du conGRès par Son Ex.Mgr Marius PARE, président Je considère comme une grâce du bon Dieu de pouvoir ainsi participer à ces assises.Le bon Dieu a voulu, dans le passé, que j’aie à m’occuper beaucoup de vocations.J’y ai reçu tellement de faveurs à l’occasion de ce travail, que je suis toujours très heureux de le continuer.Il me semble qu’il y a là un ensemble de grâces qui aident à notre sanctification, à la mienne tout particulièrement, et même quand on a eu l’occasion de réparer les fissures que les ans et les négligences ont accumulées, il reste encore de l’ouvrage à faire, puisque notre travail ne se termine qu’avec la vie.Je vous remercie en même temps de cette cordialité que vous voulez bien avoir, de la place que vous me donnez, qui me confond parfois, et tout de même qui m’aide à me maintenir dans des circonstances si favorables.Nous ferons certainement du bon travail, si tous nous nous inspirons ainsi du grand but que nous devons poursuivre et que je voudrais rappeler ce matin.Nous travaillons pour le gloire du bon Dieu et le bien des âmes.Et si cela est très clair dans nos esprits, il n’y a pas l’ombre d’un doute que nous ferons un beau travail.Et nous pourrons repartir avec un plan plus clair et plus précis, mieux disposés, et par là même, nous nous trouverons dans des dispositions pour profiter de la grâce que Dieu accorde toujours en abondance, ce qui nous permettra de bien faire l’œuvre qu’il nous confie et que l’Église nous demande.I Ce congrès se tient sous le signe de l’unité.Le Christ a voulu qu’elle soit une des qualités dominantes de la communauté apostolique d’abord, puis de son Église.(( Ut sint unum )> répétait-il au cours de la prière qu’il adressait à son Père après la Cène.Voilà donc indiqué très clairement dans quel esprit le congrès qui vient de s’ouvrir devra travailler, et quel esprit il devra contribuer à établir chez ceux qui, de près ou de loin, travaillent à rechercher, à protéger et à soutenir les jeunes que le Maître appelle à se consacrer à Lui dans la vie religieuse ou sacerdotale ou dans les deux réunies.L’on me confie la tâche de mettre en lumière cette orientation du travail que nous accomplirons durant ces deux jours.Je le ferai en rappelant d’abord la volonté très claire de Notre-Seigneur de nous voir vivre et travailler dans la plus parfaite union, puis la façon LE THÈME DU CONGRES 229 dont ses disciples ont accueilli et suivi cette volonté sainte à travers les siècles et le cas que nous en faisons nous-mêmes.Nous trouverons là de quoi préciser la conduite à tenir dans notre vie et notre apostolat.Tout au long de sa vie publique, Notre-Seigneur a prêché la charité, la compréhension mutuelle, l’unité.Son sermon sur la montagne, ses entretiens avec ses disciples, ses enseignements publics sont remplis de recommandations à ce sujet.Parvenu au terme de sa mission rédemptrice, après avoir institué la sainte Eucharistie, avant d’aller au sacrifice, il insiste encore et apporte de nouvelles précisions: « Je vous donne un commandement nouveau: que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés.» (Jean XIII, 34) Pour lui, c’est le signe qui distinguera ses disciples des autres humains.« Aimez-vous les uns les autres, c’est à ce signe qu’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples ».(Jean XIII, 35) Il en fait son commandement: « Mon commandement, c’est que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés.» (Jean XV) Mais rien ne surpasse la prière qu’il adresse à Son Père en la même circonstance solennelle.Nous ne la méditerons jamais trop.« Père, ce n’est pas seulement pour ceux-ci que je vous prie.Mais encore pour ceux qui croiront en moi en ajoutant foi à leurs paroles, afin que tous soient un comme vous, Père, vous êtes en moi et moi en vous, afin qu’eux aussi soient en nous et que le monde croie que vous m’avez envoyé.Je leur ai donné la gloire que vous m’avez donnée afin qu’ils soient un comme nous sommes un.Moi en eux et vous en moi, afin qu’ils soient parfaitement un et que le monde connaisse que c’est vous qui m’avez envoyé et que vous les avez aimés comme vous m’avez aimé.» (Jean XVII, 20-24) Rien ne peut être plus clair ni plus engageant.II Après la Pentecôte, la première intervention de Pierre près de la foule convertit plusieurs milliers d’auditeurs à la foi nouvelle.L’Eglise est née; elle se développe rapidement; chez elle règne, en ces premiers temps, la plus belle charité.(( L’assemblée des croyants, disent les Actes des Apôtres, n’avait qu’un cœur et qu’une âme, et personne ne disait sien ce qui lui appartenait, mais tout était en commun entre eux.» (( Voyez comme ils s’aiment, » disait-on.(Ter-tulien.) 230 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES Les premiers chrétiens, dont plusieurs avaient connu le Sauveur personnellement, vivaient encore avec lui.Ils se réunissaient pour parler de lui; ils percevaient les battements de son Cœur; ils scrutaient ses enseignements et y adaptaient leur vie.Notre-Seigneur les avait aimés jusqu’à la croix, ils ne pouvaient se croire dispensés de tout lui donner en retour.Pourquoi faut-il que, dans la suite, surtout à partir de l’édit de Milan qui donnait la liberté à l’Eglise, les chrétiens aient fait tant de concessions à la nature et au monde ?C’est alors, en effet, que se multiplient dans la grande famille du Christ ces divisions qui lui feront tant de mal et paralyseront son apostolat sauveur.Sans doute nous retrouverons partout les splendeurs de la vertu que le Cœur tout-puissant et tout-aimant de Jésus fait constamment passer dans le cœur des fidèles qui répondent à ses avances, mais la faiblesse, l’attachement à l’esprit propre, aux biens et au bonheur d’ici-bas, feront naître et grandir dans le sein de l’Eglise des divisions de toutes sortes qui souvent iront jusqu’à l’hérésie et au schisme.On ne peut penser sans une douleur profonde aux hérésies d’Arius, de Nestorius, de Pélage, de Luther et de Calvin, pour n’en citer que quelques-unes, aux schismes de Photius, de Michel Cérulaire, d’Henri VIII et de tant d’autres, qui ont fait un mal incalculable à l’Eglise et ont empêché la conversion générale du monde.Et encore que de divisions qui, sans aller jusqu’à l’hérésie et au schisme, n’en ont pas moins paralysé l’action de la grâce! Que de rivalités qui ont éloigné ses enfants les uns des autres! Que de querelles les ont opposés les uns aux autres.Ceci doit nous éclairer, car il est remarquable que chaque fois que les catholiques se sont écartés de l’esprit du Christ et de son Eglise, chaque fois qu’ils n’ont plus eu en vue la gloire de Dieu et le salut des âmes, et se sont adonnés plus ou moins immédiatement au service de leurs intérêts personnels, même les plus respectables en eux-mêmes, ils en sont arrivés à ces écarts.Ce n’est que la vérification de la parole de Notre-Seigneur: (( Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là produira beaucoup de fruit )).(Jean XV, 5) Demeurer en Notre-Seigneur et l’avoir en soi à demeure, c’est lui abandonner son intelligence, son cœur, sa volonté et tous ses biens, pour suivre sans réserve les intérêts divins.Cela seulement produit les fruits dont parle Notre-Seigneur, qui sont les seuls vrais et durables, comme nous pouvons le constater chez les saints. LE THEME DU CONGRES 231 III Les catholiques sont-ils encore divisés à l’heure présente ?A ce point de vue, l’Eglise a connu des années plus critiques.A notre •époque; et son autorité est vigilante et active comme elle l’a été rarement au cours de l’histoire.Mais l’homme est toujours là.Il est toujours difficile de s’oublier, même en étant au service de Dieu et des âmes.Sur les problèmes que pose l’intégration de la vie chrétienne dans la vie temporelle, les catholiques ont très souvent des opinions et des attitudes différentes, qu’il leur arrive de maintenir avec ténacité.Si bien que souvent, au lieu de faire front commun devant l’ennemi ou la tâche à accomplir, ils s’opposent les uns aux autres, occasionnant des pertes de temps et d’énergie considérables, compromettant les intérêts de Dieu.Au moins nous qui avons embrassé la vie sacerdotale et religieuse, nous qui sommes des consacrés, qui sommes moins engagés dans la vie temporelle, qui avons plus de lumière, qui nous entraînons à une vertu toujours plus parfaite, et qui devons tous nous donner entièrement, sommes-nous unis dans le service de Dieu et des âmes ?Evidemment nous ne sommes pas en guerre.Mais sommes-nous unis comme Notre-Seigneur le souhaitait quand il disait à ses Apôtres: « C’est à ce signe qu’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples » ou ¦qu’il priait son Père (( pour que nous soyons un comme son Père et Lui sont un » ?Nous le sommes d’intention et de dispositions, mais le sommes-nous dans la pratique et en toutes circonstances ?Personne encore ne contestera que nous travaillons ensemble et dans une belle coopération, mais ne nous arrive-t-il pas par ailleurs de nous isoler les uns des autres pour mieux servir des intérêts privés ou de groupe ?Ne nous arrive-t-il pas de nous opposer et parfois de nous supplanter les uns les autres par des agissements plus ou moins apparents ?Et est-il exagéré d’affirmer que dans l’ensemble, même si nous reconnaissons qu’il y a un progrès appréciable, nous sommes encore trop loin les uns des autres pour nous réclamer du titre de parfaits disciples de Notre-Seigneur comme les premiers chrétiens dont personne ne réclamait comme sien ce qui lui appartenait?Bien plus, dans l’idée que nous nous faisons de la place que nous occupons dans l’Eglise et du rôle que nous y jouons comme individus ou comme groupe, ne nous arrive-t-il pas, au nom d’une saine ambition et émulation, de jouer des coudes pour en augmenter l’importance ou l’étendue et de nous mettre en opposition avec nos frères ? 232 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES Je vais très loin, n’est-ce pas ?je m’en rends compte et pourtant je ne recule pas, parce qu’il me semble que nous sommes tous capables d’accepter la vérité dénudée.Il faut nous le redire jusqu’à ce quf nous le reconnaissions vraiment et y conformions notre conduite: il n’y a qu’une chose qui importe dès que nous affirmons notre foi en Dieu (( et en Celui qu’il a envoyé, Jésus-Christ )): la gloire de Dieu et le salut des âmes.Notre-Seigneur ne nous a pas présenté d’autre but et ne nous a pas donné d’autre exemple; son Eglise, notre Eglise non plus.IV N Mais alors comment décrire notre conduite ?Notre-Seigneur a fondé une Eglise à laquelle nous appartenons; c’est son Eglise et il a promis d’être avec elle «jusqu’à la consommation des siècles».Il en est toujours le chef; c’est lui qui dirige et commande, avec l’Esprit Saint, comme il nous l’a enseigné au cours de sa vie publique notamment après sa résurrection, et démontré à la Pentecôte.Notre-Seigneur n’a jamais eu d’autres préoccupations que de faire la volonté de son Père.« Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé.» (Jean IV, 34) Il n’agit pas autrement aujourd’hui quand il dirige son Eglise et nous dirige.Et nous-mêmes nous n’aurons d’attitude vraie que lorsque nous le suivrons parfaitement.Tout s’unifie là en Dieu.« Père, je prie afin que tous soient un comme vous, Père, vous êtes en moi et moi en vous, afin qu’eux aussi soient en vous.Je leur ai donné la gloire que vous m’avez donnée afin qu’ils soient un comme nous sommes un, moi en eux et vous en moi, afin qu’ils soient parfaitement un.» Nous parviendrons à cette splendide unité si non seulement nous acceptons dans notre esprit, mais dans la pratique, de faire, comme Notre-Seigneur, « la volonté de son Père ».En d’autres termes, nous ne parviendrons à l’unité, nous ne réaliserons le souhait de Notre-Seigneur « ut sint unum », que si nous acceptons de faire l’œuvre de Dieu et non pas la nôtre, et si nous nous laissons conduire par Notre-Seigneur et l’Esprit Saint.Tout ceci est bien plus clair et précis qu’on ne le croit généralement.En effet, nous nous réclamons tous de Dieu; nous faisons remonter à Notre-Seigneur le sacerdoce et la vie religieuse; nous voulons que Notre-Seigneur et l’Esprit Saint aient inspiré les règles de vie qui encadrent et régissent les prêtres diocésains et la fondation, le développement et l’évolution de nos communautés religieuses; et LE THEME DU CONGRES 233 nous avons raison.Il reste à aller jusqu’au bout, en laissant Notre-Seigneur et l’Esprit Saint nous conduire dans notre activité spirituelle et apostolique par des moyens qu’ils ont choisis et que nous connaissons pour une bonne part.Il faut absolument que cela soit dans le travail que nous faisons en vue de recruter des ouvriers pour la vigne du Seigneur; sans quoi nous en arriverons à prendre des attitudes fausses qui suscitent des complications dont profite l’ennemi de Dieu et des âmes.Point n’est besoin de faire de longues démonstrations.Nous le constatons tous.Si nous reconnaissons que Dieu veut des prêtres et des religieux revêtus du sacerdoce ou non; si nous reconnaissons que c’est Lui qui les choisit, « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis, » si nous reconnaissons qu’il est le maître et que nous sommes ses serviteurs, ses instruments, et qu’il a voulu le ministère que nous exerçons dans l’Eglise, nous n’aurons plus d’intelligence, de volonté et de cœur que pour faire sa sainte volonté et pour nous y soumettre entièrement, sans égard pour les vues et les ambitions trop humaines qui tendent à percer en nous, ou pour les succès que nous aurions remportés en suivant une autre ligne de conduite.Il nous suffira de faire l’œuvre de Dieu; et Dieu qui est toutpuissant donnera à chacun ce dont il a besoin à cette fin.Il y aura des prêtres séculiers, des religieux de toutes nuances, selon qu’il en désirera pour sa gloire et le salut des âmes.Nous serons dans l’émerveillement devant l’œuvre qu’il accomplira par nous, comme il arrive à ceux qui s’abandonnent à Lui complètement avec des motifs purs.CONCLUSION En résumé, c’est en vain que nous recherchons l’unité souhaitée, voulue par Notre-Seigneur, unité pourtant nécessaire à notre vie, à notre ministère et à notre vrai bonheur, si nous ne respectons pas le plan de Dieu qui nous enveloppe tous et si nous ne le voyons pas constamment dans notre activité.Tout est là.Voilà donc dans quel optique nous devons étudier le problème du recrutement des vocations au cours de ce congrès.L’étude ainsi faite ne nous donnera peut-être pas une entière satisfaction naturelle, du moins immédiatement, car Dieu nous a prévenu: « Vos voies ne sont pas mes voies )).(Isaïe 55-8) Mais elle a les promesses de l’avenir, comme tout ce qui est selon la volonté de Dieu.Et pour nous, n’est-ce pas encourageant ?Qu’il nous suffise donc de vivre pour Dieu et de faire son œuvre: Il se chargera lui-même du reste. Do nn€€$ de la théologie et de Texpérience dans le choix des candidats au sacerdoce et à la vie religieuse.par M.Arthur Delorme, p.s.s.« Doivent être attentifs tous ceux qui s'appliquent à recruter et examiner les vocations.Ils ne doivent jamais forcer personne, de quelque façon que ce soit, à Vétat sacerdotal ou religieux, ni y attirer ou y admettre quelqu'un qui ne donnerait pas réellement de vrais signes de vocation divine, ni promouvoir pareillement au ministère clérical quelqu'un qui ferait preuve de n'avoir reçu divinement que la vocation religieuse; et pour ceux qui auraient reçu également ce don de Dieu, ils ne doivent pas les pousser ou les égarer vers le clergé séculier.Ils ne doivent enfin écarter personne de l'état sacerdotal, s'il est reconnu par des signes certains qu'il s'agit d'un appel de Dieu.)) Ces lumineuses et énergiques recommandations de Pie XII, dans sa constitution Se des Sapientiœ du 31 mai 1956, nous introduisent avec leurs divisions précises dans le sujet de conférence qu’on a eu la bonté de me confier et que vous annonçait le programme du présent congrès: 1 0 Quels candidats diriger vers les études classiques en vue du sacerdoce ou de la vie religieuse, et 2° comment faire la première orientation: sacerdoce ou vie religieuse ?— I — Les invités à ces assises sont délibérément les préposés aux Oeuvres des Vocations sacerdotales et religieuses pour le clergé séculier, le clergé régulier et les frères éducateurs; cette composition de l’auditoire marque avec assez d’évidence le ton de ces délibérations et oriente le sens des expériences et des conseils.Il ne s’agira donc pas de faire le procès ou le plaidoyer de nos maisons de formation, d’étudier le rôle des professeurs de séminaire ou des directeurs spirituels; nous n’avons pas à préciser l’ultime discernement des vocations au moment de l’entrée au Noviciat ou au Grand Séminaire.Nous ne sommes pas chargés de dresser le tableau des exigences intellectuelles, morales et disciplinaires de nos collèges pour leurs élèves en général.Nous sommes avant tout des recruteurs dont la principale activité va s’exercer sur des jeunes de 10 à 14 ans, pour une première orientation vers les études classiques; quelques-uns continueront un peu à jouer une influence discrète tout le long des humanités jusqu’à l’heure de la décision; enfin quelques conférenciers et prédicateurs parmi nous auront occasionnellement à donner des conseils avisés et surnaturels dans une rencontre de direction. LA THÉOLOGIE ET LE CHOIX DES CANDIDATS 235 Ne perdons pas de vue non plus tout cet éventail des maisons où se dispense aujourd’hui le cours classique et où nos conseils judicieux doivent orienter ceux chez qui nous avons discerné les premiers indices de vocations; elles seront les serres à qui nous confierons ces jeunes plants et dont nous espérerons une floraison et une fructification magnifiques pour la gloire de Dieu et le bien des âmes.1 ° Nos collèges traditionnels dont la formule approuvée par l’Eglise a remplacé jusqu’ici, chez nous, les Petits Séminaires; ils sont actuellement en période de maturation, d’examen loyal et de projets d’adaptation qui nous invitent à prier l’Esprit-Saint pour qu’ils trouvent sans imprudence et sans présomption la meilleure méthode de préparer notre jeunesse aux tâches de la société et aux vocations d’Eglise.Le compagnonnage d’élèves n’ayant jamais songé ou ne pensant plus au sacerdoce ou à la vie religieuse, peut s’avérer un danger évident de perte d’altitude pour les autres, comme ce pourrait être aussi un avantage de liberté, d’influence apostolique ou de première élimination.2° Nos communautés religieuses ont ouvert depuis plus ou moins longtemps des juvénats, qui, à travers mille vicissitudes, sont reconnus comme d’authentiques séminaires, pépinières de vocations; ils adoptent de plus en plus les programmes des Universités qui leur donnent l’affiliation, et, tout en espérant ou en recevant déjà de légitimes octrois gouvernementaux, ne veulent pas d’autant perdre leur but premier de cultiver en leurs élèves les germes de vocation religieuse, spécialement pour le noviciat de leur communauté.3° Ces récentes années ont vu surgir de nouvelles institutions qui donnent régulièrement les humanités classiques: les Frères Enseignants dispensent maintenant à leurs juvénistes le cours intégral, les menant aux brevets universitaires en lettres et philosophie.Nous voici donc en présence d’authentiques séminaires où les Frères Educateurs préparent leurs candidats à la profession religieuse.4° Enfin les Commissions Scolaires inaugurent un peu partout des sections secondaires classiques où gratuitement des élèves, triés sur le volet pour leurs capacités intellectuelles, reçoivent la formation par les humanités latines.Les prêtres, se raréfiant, y laisseront les postes de professeurs aux laïques et aux religieux enseignants; il faut prévoir avant longtemps le jour où ces maisons auront le couronnement normal qu’elles souhaitent pour les Belles-Lettres et la Philosophie. 236 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Voici donc pour nous, recruteurs, la situation bien concrète des endroits où nous pouvons et devons orienter nos découvertes.Les Séminaires de Pères et les Juvénats de Frères sont des jardins clos, avec recrutement et formule de culture spécialisés, éliminant habituellement en cours de route les sujets manifestement inaptes à la vie religieuse, et inclinant suavement les autres à songer au noviciat; donc deux zones où les recruteurs que nous sommes, après avoir introduit les jeunes recrues, n’ont pratiquement plus rien à voir: les juvénistes, confiés à des mains compétentes, normalement s’orientent vers la profession religieuse.Nos collèges sont en général restés assez ouverts pour qu’on puisse, à peu près à tous les échelons, proposer des conférences sur la vie sacerdotale, religieuse et missionnaire.Les sections classiques des Commissions scolaires, sous le bienveillant patronage de l’Eglise et de l’Etat, seront de nouveaux champs où exercer notre zèle vigilant.Je me permets de signaler bien fraternellement que si toutes nos œuvres de Vocations, et sacerdotales et religieuses, ne se fédèrent pas un jour prochain en un organisme supérieur commun, sous la paternelle autorité de l’Épiscopat, de qui relève tout recrutement dans l’Église du Christ, nos activités dans ces deux derniers milieux signalés, sans entente préalable, à un rythme accéléré où l’on pourrait voir compétition ou rivalité, finiront par irriter les supérieurs ou directeurs des collèges et durcir les meilleures volontés qui prétexteront la multiplicité des demandes de conférences sur les vocations pour les refuser toutes, ou les filtrer selon les intérêts et les sympathies.Cette Fédération de tout le recrutement ne serait certes pas une entrave, un contrôle, mais apporterait l’entente, l’harmonie, se préoccupant de dispenser les notions orthodoxes, de convoquer des congrès périodiques, de frapper aux bonnes portes pour dirimer les conflits inévitables, d’amortir les injustices, les indélicatesses, les gavages, les refus systématiques.Puisque les mêmes études aboutiront désormais au Grand Séminaire et au Noviciat des Frères, les directeurs de conscience et les prédicateurs de retraite de décision ne devront-ils pas poser le problème de l’option de la vie religieuse à l’état pur (frère enseignant, hors cléricature), qui n’est pas une condition de repli pour les craintifs ou les refoulés, ni une voie de garage par opposition à la voie royale du sacerdoce, ni une vocation de remplacement ou une consécration de déchéance, mais, comme le dit le Père Bonduelle, o.p., (( bel et bien un poste pour des hommes forts, militants des engagements LA THÉOLOGIE ET LE CHOIX DES CANDIDATS 237 spirituels et vaillants marcheurs vers les citadelles à assiéger et les villes à prendre )), un état de vie le plus parfait en christianisme, pour lequel nous devrons inspirer à nos finissants estime et admiration, par une prédication précise, profonde et si sympathique, qu’un de nos philosophes de collège ne se croira pas déclassé en choisissant de rejoindre d’autres philosophes dans les rangs des religieux éducateurs, comme on va maintenant avec fierté au professorat laïque.(( Que personne ne déprécie les membres de ces sociétés religieuses, écrivait le 31 mai 1954, S.S.Pie XII au Cardinal Valeri, sous prétexte quils ne sont pas élevés au sacerdoce, ni ne mésestime la fécondité de leur apostolat.C'est pourquoi les Congrégation religieuses qui ont mérité d’être louées par Nous et par toute l'Eglise, se sont acquis la reconnaissance des évêques et de tout le clergé, en travaillant non seulement à la bonne éducation des enfants, mais encore en suscitant de nouvelles vocations sacerdotales avec le secours de la grâce divine.)> J’ajoute comme elle serait funeste la vision du prêtre et du frère qui se jalouseraient, se critiqueraient, se défieraient l’un de l’autre, et paraîtraient travailler chacun de son côté.Après avoir rappelé notre noble rôle de recruteurs sous toutes ses modalités, après avoir reconnu les champs anciens et nouveaux où se déploient nos activités apostoliques, après avoir examiné les institutions ecclésiastiques et civiles où nous aurons à aiguiller nos jeunes protégés, notre sujet étant circonscrit et merveilleusement éclairé, nous pouvons étudier les qualités requises pour orienter prudemment vers les cours classiques en vue du sacerdoce ou de la vie religieuse.Ces vocations, nous savons trop bien qu’il ne faut plus les attendre, mais bien les rechercher activement.Dans (( Menti Nostrce )), Pie XII ne disait-il pas: (( Nous demandons une attention toute particulière des Ordinaires et de tous ceux qui ont charge d’âmes sur ce très important problème qui est intimement lié à l’avenir de l’Église.)) Il faudra d’abord s’arrêter à la légitimité de la naissance du candidat, car depuis quelques années les adoptions légales se sont multipliées.Avant d’engager des démarches et d esquisser des promesses d’où on a peine à se dégager, il est prudent dès les débuts de se rassurer sur ce fait, afin d’envisager les possibilités d’aboutissement ou la persistance de l’empêchement canonique pour certaines familles religieuses. 238 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES Il est souhaitable et quasi-indispensable de connaître de visu le milieu familial.Je crois sincèrement que c’est ce contact régulièrement engagé après la première acceptation qui assure le merveilleux recrutement de certains juvénats.La difficulté ou même l’impossibilité de connaître la valeur du climat naturel où baigne nécessairement le collégien, explique peut-être les risques et les fortes éliminations coûteuses de nos Oeuvres des \ocations, surtout en milieu urbain.Certains foyers stériliseront fatalement les germes les plus authentiques de vocation; pourquoi commencer à y cultiver des plants qui avorteront et produiront les fruits de 1 amertume et de la deception ?Certains problèmes de l’adolescence se comprendront et se régleront uniquement avec la connaissance du milieu de famille et après entente avec les parents qui tâtonnent ou démissionnent devant une situation qui les dépassent.Je n’insiste pas sur l’héredite normale de la famille, sur son esprit religieux, sur sa compréhension du travail, de 1 économie, de l’éducation, bref sur son sens chrétien; ce serait redites inutiles que ces observations élémentaires.Qu on me permette de mettre en garde contre une instinctive sympathie pour le petit gars intelligent, même brillant, moralement excellent, mais vivant en un milieu miséreux, lamentablement pauvre, prive du necessaire.L histoire nous prouve que ce n’est pas là que l’Église va faire son recrutement.L’avenir révélera presque toujours des tares psychologiques.Le clergé et les communautés connaissent trop de ces sujets qu on a totalement soutenus, les arrachant a un berceau de misere, et qui restent des insatiables inassouvis et exigeants.A moins de qualités exceptionnelles de compensation, n’allons pas, par un paternalisme apitoyé, chercher nos recrues dans ces niveaux inferieurs.Ce sera plutôt dans nos bonnes familles ouvrières ou agricoles qu’il faudra jeter les yeux, là où un salaire régulier apporte le pain quotidien, impose des privations vertueuses, cultive l’esprit de sacrifice en refusant les caprices et les extravagances.Mais justement ces sortes de familles seront incapables de défrayer le coût de longues études, se privant en outre de la perspective d’un revenu légitime qu’aurait apporté ce membre aux charges communes.Et précisément lorsque les Commissions Scolaires offrent gratuitement les mêmes études, est-il si vrai que le sauvetage ou la culture intégrale d’une vocation exige un séjour coûteux au collège, au séminaire et au juvénat ?D’ou le délicat problème des bourses et subventions. LA THEOLOGIE ET LE CHOIX DES CANDIDATS 239 Avec leurs habitudes de renoncement joyeux et d’austérité de vie, d’économie et de travail collectif, les communautés seraient plus en mesure d’assumer la charge totale de leurs recrues.C’est impensable pour nos collèges, et quasi impraticable pour nos œuvres diocésaines des vocations.Faudra-t-il donc demain que les seules familles que Dieu honore d’un appel privilégié soient obligées de payer le climat favorable à l’éclosion harmonieuse de la vocation ?L’expérience me fait croire qu’il faille toujours exiger au moins l’allocation familiale, comme preuve d’esprit de sacrifice et moyen de collaboration ainsi que d’intérêt nécessaire pour mener à terme une affaire si importante.Regardons comme compromis un arrangement d’où les parents sortiraient avantageusement débarrassés des frais qu’entraînerait la simple présence de leurs fils au foyer; et d ailleurs on constate qu’habituellement ces ristournes alimentent les caprices de collégiens aux heures de parloirs ou de congés; faisons comprendre la beauté et l’efficacité du sacrifice qui assure avec la grâce la réussite d’une vocation.Pour protéger et orienter prudemment un candidat au sacerdoce et à la vie religieuse, il faut avoir vraiment découvert, et non seulement suppose, les signes de l’idonéité, i.e.selon la commission cardinalice de 1912, « des qualités telles qu’on puisse concevoir l’espérance fondée que le sujet s’acquittera convenablement des fonctions de sa vocation et en observera sagement toutes les obligations )).Il faut donc choisir des garçons qui donnent des espoirs fondés de réussite, i.e.ceux qui déjà ont un regard de sympathie pour le sacerdoce et la vie religieuse objectivement connus, sont fondamentalement bons, possèdent déjà en germe les vertus ecclésiastiques les plus essentielles, telles que la piété, la pureté, le zèle, la docilité, la capacité et la volonté d’étudier.Gardons-nous d’insuffler prématurément un désir d’être prêtre, père ou frère à des sujets qui n’auraient pas les capacités intellectuelles ou morales; quoi de plus pénible ensuite que de dissuader et d’éloigner ces incapables qui souffrent de soutanomanie ?Erronée la méthode de recrutement qui prétend faire entrer indistinctement tout le monde qui veuille simplement faire l’essai, et qu’ensuite les directeurs compétents discerneront sur place et élimineront.Ce mode jette le discrédit sur une maison de formation à l’heure des entrées en fournées, et la couvre de ridicule devant le chapelet des sorties en série.Dans cette enquête sérieuse des signes de vocations, dans cette intervention du début, on doit se placer sur le plan de l’éducation 240 LA VIE DEF COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES selon les normes de la prudence chrétienne, pour voir, juger et agir, autorisant certaines audaces surnaturelles, mais refreinant des initiatives intempestives.Ces qualités naturelles et surnaturelles se manifestent sur tout un registre plus ou moins évident, selon l’éloignement ou la proximité des engagements finals: elles seront en germe chez un enfant de 13 ans, en herbe dans nos rhétoriciens, en tige pour un philosophe, et enfin en épi dans un novice ou un grand séminariste.Mais dès la première orientation on doit déjà les découvrir, et non pas s’imaginer que le soin apporté à un bon sillon fera mécaniquement lever plus tard les germes qu’on ne trouve pas encore, ou même étouffera d’actuelles contre-indications.Dans les documents pontificaux, on est étonné, devant le crise actuelle du recrutement, de constater la persévérante sévérité prônée par le Vicaire du Christ.Pie XII disait, le 11 février 1958, aux Supérieurs généraux des Ordres et autres Instituts religieux: « Pour que vos Instituts répondent toujours aux vœux du Pape, il vous appartient de n admettre dans les rangs que des jeunes gens bien disposés en tout point, ce qui signifie quils doivent être choisis en raison de leur vertu, et autant qu’il le faut, de leur intelligence et des autres qualités.Gardez-vous d’un trop grand zèle pour réunir une foule de membres dont il y aurait à craindre qu’ils ne se montrent un jour indignes de votre haute vocation; car ils seraient pour l'Église non un honneur et un profit, mais un dommage et une honte.Au contraire, si, fidèles aux règles proposées jusqu’ici par l'Église, vous ne vous adjoignez que des sujets vraiment dignes, c est P)ieu qui prendra soin de susciter de telles vocations et l’honneur qui vous en reviendra parmi les hommes préparera en beaucoup d’âmes le chemin de la grace divine.Confiez-vous en Pieu: si vous le servez aussi dignement que possible, c'est lui qui prendra soin de vous et de vos Instituts pour les garder et assurer leur prospérité.» Au point de vue capacités intellectuelles pour aborder les études classiques, je souscris des deux mains à la conclusion que proclamait l’Ceuvre des Vocations Sacerdotales de Montréal dans une plaquette publiée à l’occasion de son 15ème anniversaire de fondation: « Voici les signes de candidats supérieurs pour qui on peut engager des sommes sous forme de bourses: a) sujet qui se place dans le premier quart de sa classe, en lème année; b) bulletin et certificat de 75% ou plus (strict minimum); c) tests d’aptitudes intellectuelles donnant un quotient minimum de 115, LA THÉOLOGIE ET LE CHOIX DES CANDIDATS 241 Ces trois lignes, qu'il a coûté $1 15,112.80 pour connaître par expérience, pourraient valoir leur pesant d'or pour l'avenir, si elles étaient acceptées par tous les artisans du recrutement sacerdotal.)) Les parents peuvent risquer leur argent pour fournir un vernis d’humanités à leur fils moins doué, qui bifurquera bientôt.Mais les communautés religieuses et les Oeuvres de Vocations n’ont pas le droit de risquer le fonds de la charité chrétienne ou du travail commun pour refaire de pareilles expériences.Il vaudrait mieux fermer boutique que de recruter dans les boîtes à déchets ! Qu’on me permette ici avec franchise, sans pourtant refuser la discussion amicale en forum, de signaler aux recruteurs trois risques auxquels sont parfois exposées nos recrues dans leur ascension vers la réalisation ultime.Ces cas sont contrôlés par l’expérience et basés sur des documents accessibles à tous au bureau de l’Oeuvre des Vocations de Montréal.L’Oeuvre, par les bourses qu’elle assure à ses pupilles, conserve par un accord tacite, au nom même de l’église diocésaine, un droit de regard et de collaboration, sans ingérance dans les affaires des collèges que fréquentent ses protégés.a) Si l’on croyait vraiment jusqu’à la douleur, au manque de nouveaux prêtres chez nous, on choisirait toujours sans discussion, par souci de sécurité, le chemin le plus sûr pour les candidats au sacerdoce.Or l’orientation des premiers de la 6ème année (excepté pour les jardins d’enfants) vers les éléments latins ou l’escamotage d’un palier normal par la syntaxe spéciale dans un collège comportant les six classes régulières du classique, ajoutent un risque non nécessaire sur le chemin du sacerdoce.La logique le dit puisque ceux qui doivent constituer la deuxième moitié de cette section, et qu’on a pris parmi les meilleurs élèves des classes inférieures, psychologiquement se découragent de nager désormais en fin de liste, et blessés aborderont la section supérieure.Les faits compilés depuis des années à Montréal le prouvent, si bien que la direction ne veut plus protéger lorsque la famille prend la responsabilité d’accepter pareille voie.Il ne s’agit pas ici de torpiller un système pédagogique, en discutant le pourcentage plus ou moins grand du risque encouru, ni de s’ingérer dans la régie intérieure des Collèges.Il faut assurer la persévérance dans la vocation, au nom de l’Eglise.b) Il est, surtout dans les grands diocèses, des institutions où, pour des raisons qu’il serait long ou oiseux de discuter, les autorités 242 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES elles-mêmes sont peinées de ne plus voir éclore de vocations sacerdotales.Les statistiques prouvent que même les candidats que l’Oeuvre leur avait confiés, se sont quasi tous orientés définitivement vers le monde.Que sont devenus les premiers germes ?anémiés ?étouffés ?morts ?Quel risque alors de laisser la liberté aux familles qui ignorent ces résultats, de leur confier encore les boursiers de l’Oeuvre ?Donc il faut en arriver, après entente avec l’autorité épiscopale, pour faire œuvre pie et prudente, à détourner de ces maisons, sans insulter par là qui que ce soit, les jeunes recrues, afin de les concentrer en de véritables jardins qui donnent des fruits.c) La période des vacances constitue, au désespoir des éducateurs, un autre grand risque et péril pour nos collégiens, qui, sous prétexte de gagner leur sel, travaillent avec les adultes, comme les adultes.Alors aussi comme les adultes, ils veulent sortir, s’amuser, s’habiller, jouer à l’amour, voler de leurs ailes.Pourquoi, au lieu de gémir, les communautés, les collèges et les œuvres ne conjugueraient-ils pas leurs efforts pour diminuer ou enrayer ces dangers de perdition ou d’amoindrissement de valeur ?Pourquoi ne pas s’entendre, soit pour trouver d’avance en faveur de nos grands chez qui l’on devine des rêves de vocations, des besognes, des travaux rémunérés à allure sociale ou apostolique, comme les postes de moniteurs de terrains de jeux, soit encore pour payer un salaire compensateur en retour de services dans les camps de scouts ou de collèges ou d’enfants ?Cet apprentissage de l’altruisme développe merveilleusement bien les premiers élans de l’âme, toujours un peu chimériques et abstraits.* Jusqu’ici nous avons vu et exigé, pour l’orientation, l’idonéité chez le candidat; mais la possession de ces aptitudes n’est pas preuve suffisante d’appel de Dieu; ils ne sont même pas présomption, mais simple éventualité d’appel, symptôme de l’affleurement d’une possibilité de vocation; ils restent signes qui permettent de dire que rien ne s’oppose à ce que Dieu appelle; c’est la vocabilité: le sujet est appellable si Dieu le juge bon, sous forme d’inspiration intérieure qui suscite le désir personnel et surnaturel ou l’intention droite.Il faut se garder d’enseigner la vocation-chose, i.e.une réalité que donnerait Dieu une fois pour toutes, à la manière d’une pierre précieuse qu’il faudrait enfermer soigneusement en quelque coffret mystérieux; elle est une chose vivante, s’identifiant avec toute la personnalité hu- LA THEOLOGIE ET LE CHOIX DES CANDIDATS 243 maine et surnaturelle du jeune homme, se développant avec lui, s’affermissant.Et en cette croissance vitale, la grâce de Dieu, les intermédiaires humains et la liberté de l’intéressé concourent à créer une (( ferme et droite volonté )).Au sens psychologique, c’est essentiellement un acte de foi, s’épanouissant en vie de piété, en mentalité religieuse, joint à un acte de générosité, pétri de délicatesse de conscience, de courage, de dévouement, du sens des autres.Je dis qu’il serait téméraire, imprudent et nocif d’envoyer au juvénat ou au séminaire, et de protéger financièrement dans les collèges, des jeunes qui ne manifestent aucun désir de sacerdoce ou de vie religieuse.U ne s’agit pas tant d’enrichir le dossier d’un propagandiste que, dans les conjonctures bien concrètes, de pacifier pour demain une conscience qui aura besoin pour elle-même de cette première perception, afin de se légitimer l’acceptation du climat particulier du juvénat ou d’une bourse de protection.Autrement, dans l’entourage paisible de confrères en route vers l’idéal proposé, ou encore en présence de certains formulaires, éclatera une crise de responsabilités morales.Cn doit bien faire comprendre au jeune qu’il ne s’agit pas de donner des pronostics d’avenir, ni de présenter une décision finale qui viendra à son temps, avec la volonté divine, mais bien pour son âge de sentir un bon vouloir sincère de devenir prêtre, père ou frère, sans engager pour autant le futur, mais simplement pour pouvoir utiliser sans conflit des avantages qui sont offerts à ceux qui présentent un désir de vocation.Remarquons enfin que les enquêtes menées au pays et en Europe, (voir les Informations Catholiques du 15 juill.1958) révèlent que la presque totalité des prêtres et des religieux ont pensé à la vocation entre 10 et 13 ans, sous la forme bien concrète et fort adaptée à leur âge, d’un consacré à Dieu et aux hommes parfaitement personnifié.Ne nous étonnons pas si nos jeunes nous avouent: (( Je désire devenir prêtre, père ou frère comme vous, ou comme Un Tel ! )) ou encore ils désireront reproduire un geste bien particularisé d’une fonction: faire la classe, prêcher, baptiser les nègres, dire la messe.Ce ne sera que beaucoup plus tard, à l’âge de l’adolescence, qu’ayant des idées plus générales, ils retrouveront leurs rêves d’enfant, éclipsés pour une certaine période, maintenant sous des aspects plus abstraits de service, de dévouement, de consécration.C’est donc dire qu’il faille suggérer ou découvrir un désir personnel de vocation pour orienter, 244 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES surtout dans les maisons de formation religieuse, les jeunes que le Providence met sur nos routes, et ne pas trop se contenter d’un vague souhait d’études supérieures ou de préparation à l’avenir.— II — Après avoir distingué les aspirants au sacerdoce et à la vie religieuse qu’il nous faut diriger vers le cours classique, abordons la partie la plus délicate et certes la plus ardue, qui alimentera le forum subséquent: quels sont les indices réels qui permettent de baser la première orientation, prêtrise ou vie religieuse ?Je me propose, pour ne pas introduire de sentimentalisme en cet exposé, de vous convier à une étude théologique sincère de la vocation, et à la méditation féconde de documents pontificaux qui, depuis huit ans, jettent un éclairage lumineux sur ce point névralgique de l’ecclé-siologie.Approfondissez de plus en plus la saine théologie de la vocation pour éviter les erreurs, les difficultés inutiles, les échecs; pour démolir la sotte et dangereuse confusion qui attise l’antagonisme par de peu charitables comparaisons horizontales sur la sublimité, la sécurité, la générosité et le mérite des deux états; pour stigmatiser les manœuvres frauduleuses et criminelles ou les idées simplistes de l’attentisme, de l’abstentéisme ou du fatalisme jusqu’aux procédés de prophétisme, de substitutionnisme ou de despotisme.Nous touchons le problème compliqué et si mystérieux des rapports de la grâce et de la liberté, où il faut tenir compte, avec nos myopies, du rôle de Dieu, de l’Eglise, des causes secondes exerçant influences bienfaisantes ou néfastes, surtout du rôle de l’appelé, s’enchevêtrant, pas uniquement sur le registre personnel de l’idonéité et de l’intention droite, mais aussi sur le registre social des milieux familial, collégial et paroissial.Avec humilité et calme, entrons dans le dogme de la prédestination, en soulignant aussi la morale de la vocation, i.e.l’obligation personnaliste et le comportement de l’appelé, des parents, et aussi des recruteurs et des directeurs spirituels.Je demande avec vous à l’Esprit Saint de guider nos pas, sollicitant de votre fraternelle charité le soin de compléter en forum cette partie si importante.La vocation, du côté de Dieu, est un acte de son adorable Providence, de l’intelligence divine qui conçoit l’admirable plan de la création et la plus admirable économie de la rédemption dans leurs LA THEOLOGIE ET LE CHOIX DES CANDIDATS 245 moindres détails: réseau de sagesse et d’amour qui enveloppe toutes choses de suavité et de fermeté.Acte de la volonté divine, décrétant la minutieuse exécution, dans le temps, de ce vaste plan; elle ordonne, prépare, conduit et dirige tout, pas uniquement les effets, mais même les causes, en respectant la nature de chacune.C’est en cet acte vital que se situe la vocation sacerdotale par laquelle Dieu destine de toute éternité un être aux fonctions ministérielles de la distribution des fruits de la Rédemption, et lui remet les âmes particulières qui sont attachées à cette mission de grâce.(On oublie trop cette terrible frustration et responsabilité des âmes quand on perd, refuse, gaspille ou détourne une vocation sacerdotale, toute orientée et structurée pour le salut des autres: l’individu pourra en somme trouver un état qui lui assurera son éternité; mais que deviendront les âmes que la Providence plaçait sur son chemin ?Dieu, dans sa miséricorde, a-t-il en ces conjonctures un plan de substitution ?Si oui, pourquoi l’univers ne serait-il pas encore converti ?) Selon le dessein de la Providence, la vocation religieuse est avant tout une mise de côté spéciale d’une âme pour Dieu.Ainsi, en leur essence, sacerdoce est-il une fonction rédemptrice, et vie religieuse, une oblation.Voyons maintenant les effets de cet appel, qui seront les signes de la vocation, du côté de l'élu privilégié.1 ° - Les circonstances providentielles qui sont les résultats de l’action divine, l’ambiance où se manifeste la volonté de Dieu invitant vers tel état de vie; elles favorisent plutôt l’un que l’autre, selon les différents cadres où évoluent le travail, l’éducation, la vie elle-même; cette volonté de Dieu qui emploie les causes secondes pour arriver infailliblement à ses fins, peut être directe, quand elle utilise tout le réseau des activités créées, dans leur déterminisme aveugle ou leur liberté souveraine; elle sera indirecte et permissive, lorsque le Seigneur se sert du mal physique (épreuves, maladie, échecs) ou après coup fait sortir le bien du mal moral dont il permet l’apparition et les conséquences.Notons en passant que parfois Dieu permet certains obstacles à la réalisation d’une vocation, pas nécessairement pour manifester une autre voie à suivre, mais pour vouloir qu’on contourne ou domine la difficulté et en sortir plus vaillant et plus humble.Par exemple un scandale de prêtre servira à orienter un collégien vers la vie religieuse ou le mariage; le fait d’avoir fait ses études chez tels sortes d’éducateurs deviendra entre les doigts de Dieu circonstances providentielles d’entrer chez eux.Et vous pouvez 246 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES imaginer ici tout le clavier des influences que joue Dieu dans le réseau des causes secondes.2° - Un ensemble de qualités humaines et surnaturelles chez l’élu.C’est Dieu lui-même qui orne de grâces et de dons pour la fonction ou le mode de vie auquel il prédestine.Pour le sacerdoce, cette idonéité est détaillée par le Code de Droit Canonique qui énumère les empêchement et les qualités positives.« Quiconque, écrit Pie XI dans son encyclique sur la prêtrise aspire au sacerdoce uniquement pour le motif de se consacrer au service de Dieu et au salut des âmes, et en même temps possède, ou du moins s’efforce d’acquérir, une solide piété, une chasteté éprouvée, une science suffisante, est manifestement appelé par Dieu à l’état sacerdotal.)> Pour la vie religieuse, Dieu donnera et l’Eglise exigera toute une gamme de virtualités bien précises selon les formes actives ou contemplatives, le travail d’enseignement, de charité ou d’hospitalité.Chaque communauté connaît bien les exigences pour l’admission de ceux qui frappent à leurs portes.Mais la disposition commune qui prévaut pour l’accession à ce qui fait le cœur de la vie religieuse, restera la capacité réaliste de se donner complètement à Dieu par les vœux, à travers la vie religieuse elle-même, qui est une consécration de tout l’être et de toute la vie au Service du Seigneur, un service exclusif et filial de l’Eglise, une vie communautaire de renoncement, même dans l’apostolat.Celui qui n’aurait pas déjà l’indice positif de cette disponibilité généreuse prouverait qu’il n’est pas appelé encore à la vie religieuse.Mais remarquons bien que ces capacités sont des dispositions prérequises, jouant uniquement le rôle de signes; elles ne sont pas la vocation elle-même.Quand manquent ces qualités, il ne peut y avoir de vocation, faute de vocabilité; mais quand elles sont présentes et évidentes, on ne peut conclure de là à une vocation authentique.Or c’est sur ce terrain que s’exercent nos enquêtes, nos tests, nos orientations professionnelles, nos analyses caractériologiques, nos disciplines méthodologiques et pédagogiques.Concluons tout de suite que tout cet attirail devra garder sa valeur d’adjuvant, d’auxiliaire précieux, sans prétendre tout régler.Que nos mesurages psychométriques, nos procédés pédagogiques, nos statistiques socio-logiques, nos prévisions d’actuaites ne constituent pas d’arrogantes LA THEOLOGIE ET LE CHOIX DES CANDIDATS 247 mises en demeure au Saint Esprit de semer les appels selon nos psychologies des profondeurs.Que les dernières condamnations ou rectifications de Rome nous gardent dans une humble position de respect et de prière devant l’auguste mystère du dialogue de la vocation engagé entre Dieu et l’homme en des régions et selon des modes inaccessibles à nos investigations.C’est pour avoir voulu insérer sa psychologie des actes humains dans la morale de la responsabilité et le dogme de la confession, que Marc Oraison a vu condamner son volume de « Spiritualité chrétienne et problèmes de sexualité )); c’est à cause d’infiltration de sociologie marxiste dans la notion du sacerdoce chrétien, que les prêtres ouvriers ont été condamnés par le pape lui-même; c’est à la suite d’une pédagogie de la catéchèse que Rome a mis en garde contre les initiatives du catéchisme progressif; et tout récemment, la Congrégation des Séminaires et Universités reprenait sévèrement la méthodologie de l’Introduction à la Bible en matière exégé-tique.(c.f.Nulle Revue Théol.p.284.) 3) L'appel intérieur: C’est dans l’âme l’action subtile de la grâce de Dieu, le travail du Saint-Esprit qui fait penser, fait désirer, fait vibrer, qui adapte, qui harmonise l’âme avec sa voie.Cette motion surnaturelle peut être continue, subite ou intermittente; elle est plus claire ou plus voilée, parfois même plus comprise de l’extérieur par les confidents que de l’élu; elle peut être saisie avec certitude et calme ou recherchée avec angoisse.Elle est l’effet de l’amour de Dieu qui choisit et prédestine; elle ne repose pas sur les qualités naturelles et humaines; c’est le fruit d’un élection toute gratuite et prévenante de Dieu qui ne le donne pas nécessairement à tous ceux qui auraient l’idonéité.Etant de for interne, elle est d’abord du domaine de la direction spirituelle.Ce n’est pas évidemment le résultat, ni le choix d’un test; cette action surnaturelle défie tout mesurage humain, tout pronostic de la sociologie religieuse, déborde les lignes des statistiques, déroute nos formules de rendement philosophique et nos supputations de succès.Nous sommes en présence du secret du Grand Roi, secret impénétrable, incommensurable, ineffable: c’est le cœur, l’élément formel de la vocation, qu’il faut accepter, respecter, sans chercher d’explication.4) Enfin l’action de Dieu s’étend aussi à l’Eglise, aux supérieurs, passant par eux pour consacrer et déterminer à l’extérieur dans la société ecclésiastique la place de chacun; pour la prêtrise, ce sera 248 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES l’appel de l’évêque, et pour la vocation religieuse, l’acceptation des supérieurs; cet appel peut être considéré comme final, ne constituant pas cependant la vocation, mais la sous-entendant, la consacrant canoniquement et extérieurement dans l’Eglise.Donc outre les aptitudes pré-requises, la théologie demande comme élément constitutif un appel de Dieu à une réalité bien spécifique que le sujet va percevoir, vaguement au début, clairement au moment de la décision.Pour savoir la nature de ces réalités proposées par Dieu et désirées par l’appelé, selon toute une gamme de perceptions surnaturelles, voyons des documents pontificaux, qui étudient les trois vocations.1) Discours de Pie XII, 8 décembre 1950: (( Avant tout, nous désirons parler de la place qu occupent dans l'Eglise les Ordres et Congrégations religieuses.Vous savez parfaitement que le Rédempteur a fondé une Eglise de nature hiérarchique.Entre les Apôtres et leurs successeurs d'une part, à qui il faut ajouter ceux qui les aident dans leurs fonctions propres, et les simples fidèles d'autre part, il a établi une distinction nette: c'est donc de ce double groupement que se compose sur terre la structure du Royaume de Dieu.Ainsi le droit divin lui-même a voulu les clercs distincts des laïques.C'est entre ces deux degrés que se place l'état de vie religieuse : d'origine ecclésiastique, il doit précisément son existence et sa valeur au fait qu'il se rattache étroitement à la fin propre de l'Eglise, qui est de conduire les hommes à la sainteté.Bien que tout chrétien doive tendre à cette cime sacrée sous la conduite de l'Eglise, le religieux cependant s'y dirige par un chemin qui lui est propre et des moyens d'une nature élevée.» Donc l’Eglise reconnaît trois catégories de personnes: laïques, clercs, religieux.Mais ces trois catégories ne sont pas à comprendre du même point de vue.L’état chrétien et l’état clérical concernent la structure même du Royaume de Dieu ici-bas.On devient laïque chrétien par le Baptême et la Confirmation; on devient clerc par le sacrement de l’Ordre.L’état religieux, lui, concerne le but de l’Eglise qui est la sanctification des âmes.Parmi les chemins que l’Eglise propose à tous ses enfants pour parvenir à la même et unique sainteté, elle en a reconnu officiellement un qui est un chemin plus court et qui comporte des moyens plus directs: la viencommune stable pour l’observance des trois conseils évangéliques; ceux qui s’y engagent sont établis par le fait même dans l’état religieux.Comme conséquence importante, il est impossible d’établir une comparaison directe entre l’état sacerdotal et l’état religieux qui sont des réalités d’ordre différent. LA THEOLOGIE ET LE CHOIX DES CANDIDATS 249 2) Revenons au texte pontifical: « En outre, l'état religieux n'est nullement réservé à l'un ou à l'autre des deux groupes qui, de droit divin, existent dans F Eglise, puisque les clercs comme les laïques peuvent être également religieux et que, d'autre part, l'accès à la dignité cléricale est ouvert soit aux religieux, soit à ceux qui ne le sont pas.Il se trompe donc au sujet des vrais fondements que le Christ a mis à la base de son Eglise, celui qui pense que F état particulier du clergé séculier en tant que séculier, aurait été établi et sanctionné par le divin Rédempteur, tandis que l'état particulier du clergé régulier, bien qu'on doive le tenir pour bon en lui-même et approuvé, serait d'ordre accessoire et auxiliaire, puisqu'il dérive du premier.Aussi pour qui fixe les yeux sur l'ordre des choses établi par le Christ, ni l'une ni l'autre des deux formes particulières de clergé ne détient la prérogative de droit divin, puisque ce même droit ne met point l'un avant l'autre, ni n'exclut l'un ou l'autre.Quant à leur différence, leurs mutuels rapports, le labeur à confier à chacun dans l'œuvre du salut, tout cela le Christ en a laissé la determination aux besoins des diverses époques ou, pour définir plus expressément Notre pensée, il en a confié la décision au jugement de F Eglise.)) Concluons : ce qui distingue spécifiquement les deux clergés, c’est une réalité d’un autre ordre que le sacerdoce, bien qu’il soit loin d’être sans relation avec lui: le prêtre religieux est un prêtre qui fait profession publique de perfection évangélique.Si c’est une réalité d’un autre ordre, c’est donc que l’état clérical comme tel, l’état de vie créé par le sacerdoce lui-même, si saint qu’il soit, et si exigeant de perfection qu’il soit, ne peut pas s’appeler un état de perfection évangélique.Cela est réservé à l’état religieux.C’est donc bien quelque chose de nouveau par rapport au sacerdoce et à l’apostolat officiel, qu’un prêtre prétend acquérir quand il demande à être prêtre régulier; vous comprenez sans peine combien il est important de saisir ceci pour savoir s’il faut orienter ou non tel sujet vers la vie religieuse.Si le prêtre religieux veut réaliser en sa vie la charité obligatoire à tous, par le dépouillement effectif d’une manière fixe et définitive, en un statut juridique déterminé, par l’insertion dans une communauté organisée et par la pratique d’une règle et des trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, est-il exagéré de demander au jeune candidat qu’on dirige vers le juvénat ou le séminaire religieux, à côté des qualités qui le rendent propre aux œuvres de la communauté, d’avoir perçu le désir de l’oblation généreuse à réaliser dans le cadre de la vie qu’il embrasse ? 250 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES Est-il prudent de croire qu’un égoïste sans esprit de sacrifice à treize ans se métamorphosera au juvénat ?Donc indice initial de grande générosité dans le devoir d’état, qui est la façon présente de se donner à la volonté divine.3) Revenons aux magistrals enseignements du pape: (( Il est contraire à la vérité d'affirmer que Vétat clérical, en tant que tel, et selon quil procède du droit divin, réclame de ses membres, en vertu de sa nature, ou au moins en raison d'un certain postulat de cette nature, Vobservance des conseils évangéliques, et qu'il doive en conséquence ou puisse s'appeler un état de perfection évangélique.Ainsi le clerc n'est pas obligé, en vertu du droit divin, aux conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, et surtout il n'y est pas obligé dans la mesure et de la manière dont cette obligation découle des vœux publics pour qui s'engage dans l'état religieux.Quant aux clercs réguliers, ce n'est pas en tant que clercs, mais en tant que religieux, qu'ils professent l'état de perfection évangélique.)) Concluons : ici le pape désapprouve l’attitude du directeur ou du recruteur qui, en face d’indices de vocation sacerdotale, oriente vers la vie religieuse sous prétexte de sécurité, de mérite, considérant le clergé séculier comme un pis-aller que tolère l’Eglise.Donc même pour une orientation initiale vers le juvénat, on devrait exiger plus qu’un désir de dire la messe, de réciter le bréviaire, simples velléités des fonctions sacerdotales; il faut un vouloir initial de consécration.4) Citons une lettre du 13 juillet 1957 de la Congrégation des Affaires Extraordinaires à propos de l’allocution Annus Sacer, du 8 décembre 1950: « Lorsqu'on dit qu'un prêtre qui veut tendre à la perfection doit se faire religieux ou tout au moins devenir membre d'un institut séculier; et si à un jeune homme qui hésite entre le sacerdoce séculier et l'entrée en religion, on répond que c est une question de générosité; lorsqu'on assure que celui qui se décide pour le clergé séculier prouve qu'il n'est pas assez généreux pour se donner entièrement au service de Dieu; si, à un jeune homme qui hésite de la sorte, on pense ne pas pouvoir conseiller d'entrer au séminaire plutôt qu'en religion; si certains vont jusqu à dire que l'Eglise tolère le clergé séculier comme un pis-aller, mais que l'idéal serait que tous les prêtres soient religieux; — c'est là une fausse intelligence et une application erronée de l'allocution du Saint-Père.Les évêques font usage de leur droit, s'ils s'opposent à une propagande de recrutement de sociétés religieuses qui ait des fondements théoriques inexacts et susceptibles d'induire en erreur, qui, LA THEOLOGIE ET LE CHOIX DES CANDIDATS 251 dans la pratique, soit pour le moins peu loyale, et s'ils lui tracent par décision administrative de justes et fermes limites.» La conclusion est pour tous évidente d’une notion exacte de la vocation, afin de suivre la prescription que j’ai citée en exergue de cette conférence et que je reprends ici pour que vous en saisissiez toute l’importance: « On ne doit jamais forcer personne, de quelque façon que ce soit, à l'état clérical ou religieux, ni y attirer ou y admettre quelqu'un qui ne donnerait pas réellement de vrais signes de vocation divine, ni promouvoir pareillement au ministère clérical quelqu'un qui ferait preuve de n'avoir reçu divinement que la vocation religieuse; et pour ceux qui auraient reçu également ce don de Dieu, on ne doit pas les pousser ou les égarer vers le clergé séculier.On ne doit enfin écarter personne de l'état sacerdotal, s'il est reconnu par des signes certains qu'il s'agit d'un appel de Dieu.)) (Pie XII, 31 mai 1956).5) Pie XII, dans son encyclique Menti nostrce, lance cette invitation: « Nous engageons tous les prêtres, qu’ils soient membres du clergé diocésain ou des Ordres et Congrégations religieuses, à rester unis par les liens de la charité fraternelle et à tendre courageusement dans l’union de leurs forces et de leur volontés vers le but commun qui est le bien de l’Église ».6) N’oublions pas enfin la vocation spécifique des religieux éducateurs.Pie XII, dans sa lettre du 31 mars 1954 au Cardinal Valéri, disait explicitement: (( Cette famille religieuse, quoique composée presque uniquement de membres qui, suivant un appel spécial de Dieu, ont renoncé à la dignité sacerdotale et aux consolations dont elle est la source, est cependant en grand honneur dans l'Église et aide puissamment les ministres de Dieu dans l'éducation de la jeunesse.Si l'Eglise a conféré même à des laïques cette charge, cela signifie clairement que les deux milices sacrées peuvent très utilement travailler à leur salut et à celui du prochain, en s'appuyant sur les règles et les lois canoniques particulières qui régissent l'une et l'autre.C'est pourquoi que personne ne déprécie les membres de ces sociétés religieuses, sous le prétexte qu'ils ne sont pas élevés au sacerdoce, ni ne mésestime la fécondité de leur apostolat.» « Le don total de vous-mêmes, disait Pie XII aux Frères des Écoles chrétiennes, le 23 mai 1956, dans une abnégation pleine d'amour, dans une fidélité profonde à la Règle, dans une application conscien- 252 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES cieuse et intelligente au devoir d'état, doit demeurer le point essentiel de la vie religieuse.)) La vie religieuse, ai-je dit, ne comporte pas référence nécessaire au sacerdoce; la vie religieuse, qui de fait « a renoncé au sacerdoce », comme dit le pape, n’est ni tronquée, ni diminuée.La théologie et l’histoire prouvent que la vie religieuse et le sacerdoce sont deux choses fort distinctes qui ne s’appellent pas nécessairement.La vie religieuse, en son essence, est un effort pour vivre en perfection les engagements du Baptême; c’est « une préférence inconditionnée de Dieu et le rejet de tout ce qui pourrait s’opposer au caractère absolu de cette option ».Cette vocation peut se rencontrer sans un appel au sacerdoce, même chez des hommes qui auraient par ailleurs les aptitudes humaines capables de les faire aspirer à la prêtrise.Il est bon, profitable et admirable que certains représentent et perpétuent ces formes de l’oblation en son état pur, et rappellent, chez les hommes comme chez les femmes, que la vie religieuse, en soi, demeure chose distincte de la vie sacerdotale, et qu’on puisse tendre à l’authentique sainteté sans les grâces du sacerdoce.Nous avons maintenant toutes les notions théologiques pour répondre sûrement à notre question: quels sont les indices pour une première orientation ?L’examen des aptitudes selon les exigences des trois vocations, avec leurs modalités concrètes de vie, est un prérequis qu’il faut faire avec soin et humilité.Quand il n’y a pas d’espoir d’acquisition de ces qualités ou de disparition des contre-indications dans le laps de temps avant les engagements, le candidat n’est certainement pas appelé, parce que pas appelable.Quand il possède toutes ces capacités, il faut qu’il présente quelque chose de plus, qui est d’ordre surnaturel interne, repérable en direction spirituelle: l’intention droite ou désir surnaturel, motive et persévérant, d’une réalité plus ou moins explicite selon l’âge, mais en relation spécifique avec le sens de l’une des trois vocations.Je proposerais donc: 1 ° — pour le sacerdoce, le désir de la fonction sacerdotale, tel que dire la messe, confesser, prêcher, sauver les âmes.2° — l’oblation religieuse avec la prêtrise comporterait en outre un désir initial de consécration et d’oblation en communauté. LA THEOLOGIE ET LE CHOIX DES CANDIDATS 253 3° — pour la vie religieuse à l’état pur, un sens particulier de piété, de docilité, allié à une très grande générosité capable d’accepter joyeusement les renoncements proposés.Evidemment, il serait outrecuidant d’obliger l’Esprit Saint à se prononcer sur une âme de 13 ans.Voilà pourquoi si nos maisons de formation conservent un climat d’entière liberté, permettent et même proposent, à l’heure de l’adolescence, de reprendre à fond le problème de la vocation sans tenir un compte strict des premières orientations, sans menace de tentation ou de manque de générosité, avec facilité de bifurcation acceptée partout loyalement et joyeusement, on pourrait attendre plus tard l’apparition plus prononcée des indices mentionnés.Mais un recruteur se doit en conscience de manifester sincèrement le climat et le style de la maison pour laquelle il recrute, sans guet-apens.Tous nos collèges devraient adopter un plan selon les Exercices de Saint-Ignace: a) fermeté indiscutable sur la fin, i.e.le service de Dieu; b) indifférence sur les moyens, en attendant la manifestation divine, en s’appliquant entre temps avec dévotion au devoir d’état, comme préparation et garantie de la condition de vie de demain.N’est-ce pas, au contraire, parce qu’on a trop prêché d’une part, et trop retenu d’autre part d’excellents moyens, forme sacerdotale ou religieuse à atteindre, qu’on lâche la fin qui est de servir Dieu, quand le moyen ardemment rêvé vient à manquer.Donc don de soi à Dieu plus qu’utilisation d'une discipline ou style de vie.Nos maisons, en insistant sur cet aspect, deviendraient des centres ardents d’un apostolat exigé par la vie chrétienne tout court, et ménageraient les transferts harmonieux à l’heure des décisions, sans déception, amertume ou morgue vaniteuse, pour servir Dieu à fond, soit dans le monde, le clergé ou la communauté.La fin reste inébranlablement la même pour chacun, seule diffère la modalité.Que Marie, Notre-Dame de Bon-Secours, bénisse et féconde nos efforts de collaboration pour procurer, à tous les échelons, de dignes ouvriers du Seigneur, nous permettant avec respect et humilité d’aider nos jeunes à mieux comprendre et suivre le mystérieux appel de Dieu à des fonctions sublimes et à de généreuses oblations. L€ proœs Des méTHODes oe RecRUïemenT par les RR.FF.Léo et Valère Comme le programme l’indique, nous essaierons de passer en revue les principaux procédés que nous employons dans notre travail de culture des vocations.Dans le but de les améliorer, nous tâcherons de découvrir ce qu’ils ont d’excellent et de bon, sans fermer les yeux sur ce qu’ils peuvent cacher de médiocre ou de mauvais, puisque nous sommes tous faillibles et que l’erreur peut se glisser d’autant plus facilement que nous sommes à étudier un domaine où les résultats sont souvent imperceptibles.Nous tenterons donc un effort loyal, en vue déjuger nos procédés dans le recrutement des vocations sacerdotales, religieuses et missionnaires.Si vous le voulez bien, envisageons d’abord le problème dans son ensemble; ensuite, nous passerons aux points plus particuliers.Frère Valère, vous qui cultivez les vocations depuis nombre d’années, pensez-vous que nos procédés, dans ce domaine, sont actuellement à point ?F.Valère: Sans être trop optimiste, je crois pouvoir affirmer, en général, que nos procédés actuels sont meilleurs que ceux d’il y a une vingtaine d’années; mais je m’empresse d’ajouter qu’ils sont encore susceptibles d’amélioration.Us font évidemment partie du domaine des perfectibles.J’ose même dire que, dans le secteur des écoles secondaires ou supérieures, le travail de recrutement des vocations sacerdotales, religieuses et missionnaires en est encore à ses débuts.Je crois que les procédés qu’on y emploie sont très imparfaits, à en juger par les minces résultats.F.Léo: Je partage entièrement votre avis en ce qui concerne les écoles secondaires; mais je tiens à souligner qu’il ne s’applique aucunement aux collèges classiques dirigés par des prêtres, car dans tous nos Séminaires, on trouve une véritable pépinière de vocations sacerdotales.Quant aux écoles supérieures ou secondaires, comme on les appelle aujourd’hui, croyez-vous qu’il soit possible d’obtenir de meilleurs résultats, dans ce secteur, en améliorant nos procédés ?(Suite page 259) pnRTiciPflnTS au Deuxième conGRès de$ préposés aux oeuvRes De vocATions Tenu à QU6B6C les 16 et 17 AOÛT 1958 LL.EE.NN.SS.: Marius PARÉ, président, évêque auxiliaire à Chicoutimi.Lionel AUDET, vice-président, évêque auxiliaire à Québec.J.-N.LA BRIE, conférencier.PRÉLATS et CHANOINES: Mgr Laurent PRESSEAULT, V.G.à St-Jérôme.Mgr Roger MARIEN, 1105 Boul E., Montréal.Mgr J.-Armand BROUILLARD, Sup.du Séminaire de St-Hyacinthe.Mgr Paul JONCAS, V.G.à Gaspé.Chan.Laurent GAUDET, sup.au séminaire de Nicolet, conférencier.Chan.Eugène DUMONTIER, 54 N.Place Bourget, Joliette.Chan.Robert ROUSSEAU, Collège de Ste-Anne de la Pocatière.RR.PÈRES: Gérard GOULET, s.j., Provincial et Président de la C.R.C., 3215 Chemin Ste-Catherine, Mtl.M.Arthur DELORME, p.s.s., conférencier, 116 O.Notre-Dame, Mtl.Adrien MALO, o.f.m., directeur de la « Vie des Communautés Religieuses ».animateur des forums, 5750 Boul.Rosemont, Mtl.L.-J.BONDY, o.s.b., Séminaire St-Basile, Toronto.Sylvio DUCHARME, o.m.i., provincial, 3456 avenue Ontario, Mtl.H.CHARBONNEAU, o.m.i., sec.adjoint de la C.R.C., 1 Stewart, Ottawa.Jacques-Marie LANGLAIS, c.s.c., 2955 Chemin Ste-Catherine, Mtl.Roland M.-JALBERT, c.s.c., 2955 Chemin Ste-Catherine, Mtl.X.LANGEVIN, c.ss.r.Ste-Anne-de-Beaupré.André VIGNEAULT, c.s.sp., 3136 Boul.Westmount, Mtl.Paul BOURQUE, o.f.m., 3113 Guyard, Mtl.Marcel MERCIER, o.m.i., Maison Jésus-Ouvrier, Québec.Benoît BRETON, o.p., Couvent des Dominicains, St-Hyacinthe.Louis GAUTHIER, c.s.v., 4535 Charleroi, Mtl N.Alphonse ARSENEAULT, o.c.a.o., Rogersville N., N.B.GUY, o.f.m.cap., 938 St-Maurice, Mtl.Ferdinand COITEUX, o.f.m., 2080 O.Dorchester, Mtl.Alphonse GALARNEAU, c.s.v., Maison Provinciale, Joliette.Luc-Emile FOISY, c.s.v., Rawdon.J.BELLEHUMEUR, c.s.v., La Ferme, Abitibi.MM.les ABBÉS: Alain BOUCHER, conférencier, Séminaire St-Victor de Beauce.Marc L.GAUTHIER, Fort-Coulonge (Pembroke) CLOUARD, dir.O.V., Évêché de Hauterive (Saguenay) Charles A.DEMERS, Sup.Petit Séminaire, Chemin Carson, R.R.1 Ottawa Gérard LEMAY, Séminaire St-Jean de Québec.Maurice AUDET, Haileybury, Ont. 256 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES Pierre BERGEVIN, 473, rue Fournier, St-Jérôme Roland CAMPEAU, Séminaire St-Joseph, Mont-Laurier Réjean BOUCHARD, Séminaire Ste-Marie, Shawinigan Samuel LEMOINE, Séminaire de St-Hyacinthe Marcel DUBOIS, 1105 est, Boul Gouin, Mtl.Marc ROY, 1105 est, Blvd Gouin, Mtl.André DROLET, 1105 est, Blvd Gouin, Mtl.Lionel PINEAU, Séminaire de Rimouski Marcel TURCOTTE, p.m.é., Séminaire des Missions Étrangères, Pont-Viau Robert MICHAUD, Dir.spi., Grand Sém.de Rimouski André DUCHESNE, 47, des Ramparts, Québec Marcel CARON, Ste-Anne-de-la-Pocatière Gérard BARON, p.m.é., Dir.spi., 2186, Chemin Ste-Foy, Québec Frères des Écoles chrétiennes FF: M-CYRILLE Sec.des Frères Ens., 949 Côté, Montréal MARC-MARIE, Provincial, 2360 Chemin Ste-Foy, Québec ARNOULD, Assistant provincial, 2360 Chemin Ste-Foy, Québec Marie-Philibert, Académie de Québec Barthélémy, 2360 Chemin Ste-Foy, Québec Herman, 2360 Chemin Ste-Foy, Québec Daniel, 744 du Collège, Mtl Clément, Mont-Saint-Louis, 244 E, Sherbrooke, Montréal Justinien, Willow Bunch, Saskatchewan Quintilien, 373 Sussex, Ottawa Bernard, 373 Sussex, Ottawa Maurice, 373, Sussex, Ottawa SYLVAIN, Provincial, 1 Charlotte, Longueuil Marie-Dominique, 1 Charlotte, Longueuil Marc-Philippe, 744 du Collège, Mtl.OMER, Provincial, Ste-Angèle-de-Laval Armand, Ste-Angèle-de-Laval Jacques, 373, Sussex, Ottawa ARSÈNE, Provincial, 138 Daly, Ottawa 2 Rénéus-Bernard, 138 Daly, Ottawa 2 Raymund Lewis, 373 Sussex, Ottawa 2 Yves, 4 Primrose Crescent, Ottawa 2 Maxens-Jacques, 373 Sussex, Ottawa 2 Médéric-Omer, 373 Sussex, Ottawa 2 Edmond, Longueuil Marcel, St-Joseph de Sorel Conrad, 2343, Pie IX, Montréal Marie-Liguori, É.S.Piché, Lachine Laurent, LaSalle High School, Kagoshima, Japon Hector, École S.St-Jérôme Emilien, 2343, Pie IX, Montréal » PHOTOSOUVENIR DU DEUX AUX OEUVRES DE VOCI RELIGIEUSES EtI tenu à la Cité Universitaire de Qi Cette photo est prise devant le pavillon de la F1 Au centre : LL.EE.NN.SS.J.-N.LA BRIE, conférencier;! et Lionel AUDET, auxil Aux premiers rangs, nous distinguons les Directeurs d’Oeuvres diocés| quelques-uns des Conférenciers.À l'extrême gauche, le F.MARIE-principaux organisateurs de l'imposante réunion.A la gauche de la 2s ' I *.EME CONGRÈS DES PRÉPOSÉS Etions sacerdotales MISSIONNAIRES peC'Ste-Foy, les 16 et 17 août 1958.ULTÉ de COMMERCE où se tinrent les assises.(Courtoisie de la Photo Moderne de Québec) larius PARE, eveque auxiliaire a Chicoutimi, Président, ire à Québec, conseiller.nés de Vocations, plusieurs Provinciaux des Frères Enseignants, )MOND, s.c., et à l'extrême droite, le F.M.-CYRILLE, é.c., les deux angée, le Secrétaire général de l'Institut séculier Saint-Pie X. PARTICIPANTS AU DEUXIEME CONGRES 257 Clercs de Saint-Viateur PF : Philippe Champagne, Sainte-Luce-sur-Mer J.-A.Gagnon, 1145 ouest St-Viateur, Outremont Bernier, Maison Provinciale, La Ferme, Abitibi Malouin, Maison Provinciale, La Ferme, Abitibi Pierre Harpin, Collège Louis Querbes, Berthierville Paul Lefebvre, Maison Provinciale, Joliette Frères du Sacré-Cœur FF : BRUNO, Provincial, Champigny Louis-Gérard, St-Fidèle, Québec Marie-Edmond, Champigny • Borromée, École St-Esprit, Québec Jean-Donat, École l’Assomption, Cap-de-la-Madeleine Donald, École l’Assomption, Cap-de-la-Madeleine LÉO, Sherbrooke, conférencier Claudien, École Notre-Dame, Ancienne-Lorette Ephrem, École St-Michel Jonquière Valmore, École St-Michel, Jonquière VALERE, conférencier, Arthabaska Prosper, Arthabaska GEORGES, Provincial, École Secondaire Langevin, Rimouski Charles-Edouard, Petit-Rocher, N.B.Henri-Bertrand, Val Sacré-Cœur, Amqui Lévis, Val Sacré-Cœur, Amqui Longin, Val Sacré-Cœur, Amqui Elie, R R No 1, Cornwall, Ont.Hubert, École St-Laurent, Jonquière Célestin, 31 Fairmont, Ottawa Libert, Rosemère Gustave, Mont-Sacré-Cœur, Granby Gilbert, École Casavant, St-Hyacinthe Théofred, Mont-Sacré-Cœur, Granby Alphérie, Mont Sacré-Cœur, Granby Jean-Edouard, Rosemère Frères de Saint-Gabriel FF: JOSEPH, Provincial, 1655 est Blvd Gouin, Mtl.Grégoire, 1655, est Blvd Gouin, Mtl.Célestin, St-Guillaume, (Yamaska) PASCAL, Provincial, Champlain Thomas, Champlain. 258 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES Frères de VInstruction chrétienne FF: Auguste Bourassa, LaMennais (Lapraitie) Léopold-Auguste, Maison Provinciale, La Pointe-du-Lac Henri-François, Maison Provinciale, Dolbeau Stanislas-Étienne, Maison Provinciale, La Pointe-du-Lac Charles-Henri, Maison Provinciale, Dolbeau Victor, St-Romuald Gérald-Joseph Boismenu, Ass.Provincial, Oka.Norbert-Marie Parisien, Maison Provinciale, Oka.BERTRAND-MARIE, Provincial, Pointe-du-Lac Mar is tes: FF: Claude-Albert, Maison Provinciale, Lévis Paul-Michel, Desbiens (Lac St-Jean.) Alfred-Benoît, Académie Commerciale, Chicoutimi Joseph-Angélicus, Juvénat du Sacré-Cœur, Beauceville-Ouest Onésime-Gérard, Juvénat Champagnat, RR no 1, Sherbrooke Régis-Armand, Mont-St-Joseph, St-Vincent-de-Paul Frères de S te -Croix: FF: Christophe-O.Gouin, St-Césaire (Rouville) Raymond Gagnon, Collège St-André, St-Césaire Frères de la Charité: FF: ZÉPHIRIN, conférencier, 1245 Redpath Crescent, Montréal 25 THOMAS, Provincial, 1245 Redpath-Crescent, Montréal 25 Frères de N.-D.-de-la-Misêricorde: F.ALCIDE, Provincial, St-Denis-sur-Richelieu Frères Hospitaliers: F.Cléophas Bourboin, 555 ouest Blvd Gouin, Mtl 12 Marianistes : F.Dollard Beaudoin, St-Anselme (Dorchester), Qué. LE PROCÈS DES METHODES DE RECRUTEMENT 259 F.Valère: J’en suis bien convaincu, car je constate avec regret que, jusqu’à maintenant, on ne s’est pas mis suffisamment à la tâche.On se cantonnait trop facilement ou plutôt trop confortablement derrière cette fausse idée que les grands sont déjà orientés, au point de vue vocationnel, et qu’il est pratiquement impossible de changer cette première détermination.F.Léo: En effet, je crois que des efforts sérieux n’ont pas encore été tentés, de la part des responsables de l’orientation vocationnelle des grands: les Directeurs d’école, les Aumôniers et les Professeurs.Il faudrait que tous se concertent pour faire un travail d’ensemble, et pour répartir les tâches.S’ils unissaient toutes leurs ressources en une parfaite collaboration, je suis persuadé que nous arriverions à des résultats tangibles.F.Valère: Je suis parfaitement de cet avis.F.Léo.: Mais je crois que notre entretien ne doit pas porter surtout sur notre travail de recrutement auprès des grands.Il semble que la principale source de recrutement, tant pour le clergé que pour les communautés religieuses, demeurera toujours celle des élèves qui terminent le cours élémentaire.Toutefois, je suis d’avis que nous devrions à tout prix exploiter l’autre filon, qui n’est certes pas à dédaigner, mais sans diminuer nos efforts chez les plus jeunes.L’expérience des Etats-Unis est très encourageante, dans le domaine des vocations chez les grands étudiants.Examinons donc quelques points particuliers, concernant nos méthodes auprès des jeunes; et dans le forum qui suivra, je souhaiterais que tous ceux qui ont de l’expérience auprès des élèves avancés nous donnent leur avis sur ce problème que nous venons d’effleurer.Us nous rendraient un service inappréciable en nous éclairant sur les méthodes à employer auprès des grands.Frère Valère, pourriez-vous nous faire part de vos principales observations, dans la VISITE DES ECOLES, en vue de semer des vocations ?F.Valère: J’ai d’abord remarqué que les écoles importantes ont plusieurs visiteurs, tandis que les petites écoles retirées dans le fond des rangs en reçoivent très rarement, et certaines, jamais, au dire des institutrices concernées.Il me semble que c’est une lacune sérieuse, car j’ai souvent découvert des aspirants prometteurs dans des lieux très reculés. 260 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES On s’abstient parfois de visiter ces écoles, sous prétexte que les élèves qui les fréquentent sont trop peu avancés dans leurs études.Pourtant, je suis d’avis qu’il faut semer dans le cœur des jeunes, dès les premières années scolaires, si nous voulons préparer des vocations nombreuses et solides.Qu’en pensez-vous, F.Léo ?F.Léo: Vos observations me semblent bien fondées.Vous me permettrez quelques suggestions, en vue d’éviter cet inconvénient que j’ai constaté, moi aussi, au cours de mes visites dans les petites écoles.1 — D’abord, chaque petite école devrait recevoir au moins deux visiteurs chaque année (l’un à l’automne et l’autre au printemps) en vue d’attirer l’attention des jeunes sur le problème de leur vocation.2 — Je suggérerais que les écoles dirigées par des Religieux-Frères soient visitées chaque année par deux Religieux-Pères de différentes communautés, en plus des visites régulières, si possible hebdomadaires, du clergé paroissial.3 — Quant aux écoles de ville, dirigées par des laïcs, elles devraient être visitées chaque année par au moins un Père et un Frère, en plus des visites régulières du clergé paroissial.4 — Dans les écoles des paroisses où le ministère est assumé par des Pères, les élèves devraient recevoir la visite d’un prêtre diocésain et d’un Frère, en plus des visites régulières des Religieux-Prêtres de la paroisse.F.Valère: Si les visites étaient organisées de cette manière, il me semble que le Saint-Esprit pourrait souffler où il veut.En tout cas, les enfants auraient certainement l’avantage de connaître les différents genres de vocations supérieures, et les différents besoins de l’Eglise.F.Léo: Je crois que c’est un point important, car si nous voulons que le Maître de la moisson bénisse cette semence et la fasse produire cent pour un, il est bien évident qu’elle doit être CATHOLIQUE et SURNATURELLE; catholique en invitant les cœurs généreux à se consacrer à Dieu dans le genre de vocation religieuse ou sacerdotale que leur suggérera le Saint Esprit; surnaturelle, en comptant beaucoup plus sur la grâce de Dieu que sur les pauvres artifices humains. LE PROCES DES METHODES DE RECRUTEMENT 261 F.Valère: Croyez-vous que ces causeries doivent être longues, dans les petites écoles de campagne ?F.Léo: Au contraire, j’estime que c’est bien préférable que nos visites dans ces écoles soient brèves: une vingtaine de minutes environ.L’attention des jeunes ne peut être soutenue et captivée pendant de longues périodes.D’ailleurs, nos visites doivent être brèves, afin que personne, de bonne foi, ne puisse se plaindre qu’elles dérangent le programme scolaire.F.Valère: Je crois que vos observations, surtout les deux précédentes, sont bien opportunes; nous devons les appliquer également à toute littérature sur la vocation.Dans ce domaine, j’aurais quelques constatations à signaler: 1) D’abord, en ce qui concerne la vocation du Religieux-Frère, il me semble que nous devons déplorer une abstention ou une timidité inexpliquable pour en décrire la beauté, la nécessité et les nombreux autres aspects qui pourraient être exploités.Certains auteurs, dans leurs écrits ou leurs discours, suggèrent la vocation de Religieux-Frère uniquement à ceux qui n’ont pas un talent suffisant pour franchir le cycle des études classiques; ils considèrent comme une perte — et parfois s’efforcent de l’éviter par un détournement — les élèves brillants qui aspirent à la vocation de religieux-éducateurs dans une communauté de Frères enseignants.D’autres emploient, encore de nos jours, la formule suivante qui ignore complètement les Religieux-Frères, en résumant ainsi les diverses vocations supérieures:
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