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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
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La vie des communautés religieuses /, 1959-01, Collections de BAnQ.

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Communautés Religieuses MONTREAL Vol.17 n.1 Janvier 1959 A 1 occasion du CENTENAIRE DES APPARITIONS DE LOURDES Hommage filial a La Vierge Immaculée des Communautés Religieuses du Canada AVEC LA PERMISSION DES SUPERIEURS ECCLESIASTIQUES Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.959, RUE CÔTÉ — MONTRÉAL 1 CANADA PROGRÈS D6 LA V.C.R.?Des changements ont-ils eu lieu à La Vie des Communautés Religieuses ?Oui ! Mais peut-être pas ceux que vous attendiez.Sans doute vous avez entendu des propos affirmant que La V.C.R.devenait publication officielle de la C.R.C.et vous en êtes encore à vous demander ce qu’il peut bien y avoir de vrai en tout cela.Votre légitime curiosité mérite des renseignements certains puisés dans le dossier d’une soixantaine de pages sur ce projet.Une lettre du 27 mars m’annonçait qu’à sa réunion du 29 janvier précédent le conseil de direction avait institué une commission spéciale chargée d’étudier le projet d’une revue de la C.R.C., qu’il avait désigné le R.P.Réal Lebel, S.J., comme président, le R.P.H.Charbonneau, O.M.I., comme secrétaire, un Basilien de Toronto, un Frère et moi-même comme membres.Cette commission tint sa première réunion au siège social de La V.C.R.et les deux autres au scolasticat de l’Immaculée-Conception, Montréal.N’entrons pas dans le détail des délibérations.Retenons les points principaux.La question fut nettement posée de céder La V.C.R.à la C.R.C.Le supérieur provincial des Franciscains, le T.R.P.Fulgence Boisvert de qui actuellement relève La V.C.R., saisi du projet, formula les propositions suivantes: Il consent à céder La V.C.R.à la C.R.C.; il consent aussi à libérer le directeur actuel et à lui assigner une résidence nouvelle au cas où il serait appelé à diriger la nouvelle revue; enfin la compensation requise se réduirait à quelques abonnements de faveur à la nouvelle revue.Dans une lettre du 15 juillet, le R.P.M.Charbonneau, O.M.I.écrivait: (( Nul doute que les membres de la Conférence Religieuse Canadienne apprécieront vivement la générosité de votre Ordre qui s’est si généreusement dépensé pour créer et maintenir une revue au service de la vie religieuse au Canada, et qui consentirait maintenant à ce que cette revue devienne la revue de la C.R.C.Il est sûr que vous nous ouvrez bien largement les voies de telle sorte que désormais nous pouvons entrevoir un succès possible à nos démarches ».En fait, le travail de la commission prit belle allure: nouveau format, nouveau titre, texte bilingue, assistant-directeur de langue anglaise, conseil bilingue de 6 membres: 2 Religieuses, 2 Frères, 2 Pères.Tout est approuvé à l’unanimité par les membres de la commission.On peut croire que l’affaire est pratiquement décidée; aussi suis-je soulagé des travaux qui pourraient exiger ma présence à Montréal. \ PROGRÈS DE LA V.C.R.3 Cependant le R.P.Secrétaire rédige son rapport qui est soumis au conseil de direction de la C.R.C., le 24 septembre 1958.Celui-ci n’approuve pas le projet d’une revue officielle de la C.R.C.; il fondera une commission des publications ainsi qu’il donnera un appui plus ferme et plus concret a La V.C.R.Ces décisions sont commentées dans des sens bien divers.Il reste assez difficile de porter un jugement puisque les raisons n’ont pas été publiées.Répondant à une lettre on m’a promis le 15 novembre dernier que dès que le texte en sera rédigé les décisions me seront communiquées; jusqu’ici rien n’est encore venu.De Rome des lettres ont signifié leur satisfaction de cette conclusion.La V.C.R.continue de paraître et c’est de ce côté-là que doit se manifester le progrès.Les délibérations de la commission ont permis des constatations, des échanges de vues, des exposés, des contrôles enrichissants qui seront largement exploités.Sans exagérer la valeur des témoignages reçus de chez nous, de l’étranger et même de Rome, nous entretenons la conviction que La V.C.R.est restée fidèle à la mission tracée par S.Em.le cardinal Villeneuve et S.E.Mgr le Délégué Apostolique: documents pontificaux, directives pratiques, exposé des engagements religieux, exigences de la fidélité.Mais la maniéré de remplir ce programme peut recevoir des améliorations; nous les accomplirons graduellement au cours de cette nouvelle année.Puis S.E.Mgr G.Panico, dans son allocution du 5 novembre 1958, à la C.R.C.trace un magnifique programme qui nous inspirera continuellement.Pendant cette année centenaire de Lourdes, il convient que le monde religieux du Canada témoigne sa reconnaissance à la Vierge Immaculée.En lui présentant notre modeste hommage nous la prions de protéger N.S.père le pape Jean XXIII et son représentant au Canada, d’assister la Hiérarchie Catholique du Canada, de guider les supérieurs de nos communautés religieuses et de récompenser ceux et celles qui contribuent au maintien, à la diffusion et au progrès de notre revue inspirée par une seule ambition: collaborer au perfectionnement du corps mystique du Christ.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M. un TRAIT imPORTAnT DU m€SSAG€ D€ LOURD6S Avec l’autorisation spéciale de l’A.et de l’Éditeur, nous reproduisons ces quelques pages du volume Sens de Lourdes de René Laurentin, édité chez P.Lethielleux, Paris, 1955.Il s’agit des pp.94-97, du chapitre III, § 3 Lourdes et les valeurs de signe.C’est un fait que depuis les origines du christianisme, les signes, de siècle en siècle, ont tendance à se restreindre, voire à s’étriquer.Le repas eucharistique, repas complet à l’origine, s’est réduit peu à peu à la manducation d’une hostie dont la dimension matérielle est parfois réduite à la plus simple expression.L’immersion baptismale — qui traduisait de façon si saisissante notre ensevelissement dans la mort du Christ — est devenue l’infusion de quelques gouttes d’eau.Nombre de ces restrictions atteignent surtout les fidèles.Ainsi le prêtre a gardé la communion sous les deux espèces, et la prière bras étendus, tandis que les simples chrétiens communient sous une seule espèce et prient les mains jointes.Il a gardé parfois la prostration, alors que les fidèles ne connaissent que l’agenouillement.Gardons-nous de dramatiser cet amincissement des valeurs de signe.Il n’a jamais été jusqu’à atteindre l'essentiel.L’Eglise a toujours veillé à ce que les gestes sacramentels ne descendent pas en deçà du seuil nécessaire «à la validité des sacrements.Bien plus, les restrictions ont été parfois liées à des progrès d’un autre ordre.L’évolution du repas eucharistique primitif au rite de la messe répond pour l’essentiel à un phénomène de spiritualisation.Mais il faut reconnaître que la réduction des gestes culturels a aussi été favorisée par la paresse, l’économie d’effort que crée l’habitude, et cet affaiblissement du sens des signes qui sévit à partir de la Renaissance (lorsque les facultés d’expression et les ressources de l’art se tournèrent à exprimer non plus Dieu, mais l’homme).Le renouveau liturgique d’aujourd’hui, encouragé et dirigé par la hiérarchie, remédie à cette atrophie.Tâche d’autant plus utile que les hommes de notre temps, matérialisés par la civilisation industrielle, blasés dans leur sensibilité par les violences du romantisme, puis du cinéma et de toutes les propagandes, ressentent trop souvent devant le culte chrétien une sensation de vide.Ils s’ennuient à l’église.Ils y trouvent trop peu à voir et à.faire.Les signes qu’on leur propose ne suffisent pas à capter leur attention; et la distraction submerge leur désir d’engager leur foi.Bref le culte visible ne réalise qu’imparfaitement pour eux la triple fonction pédagogique dont parle saint Thomas UN TRAJT IMPORTANT DU MESSAGE DE LOURDES 5 S.T.3, g.61, a.1 : assouvir l’homme en la dimension corporelle de sa nature, concurrencer sur le terrain sensible les appels du péché, engager activement tout notre être dans les voies du salut.A défaut de cette méthode active, ajoute saint Thomas, l’homme affamé de choses sensibles risque de chercher son assouvissement en des pratiques superstitieuses.^Le message de Lourdes répond à ce besoin de réalités sensibles et d’exercices corporels que le Docteur angélique nous a rappelé avec sagesse.La Vierge de Massabielle vient nous redonner le goût des signes, signes accomplis a fond et sans restriction.Lourdes est un lieu de culte où l’on ne fait pas les gestes à moitié.On y boit largement aux sources abondantes du rocher.On s’y baigne dans l’eau glacée qui transit, puis réchauffe.Et toutes les pratiques de dévotion qui se sont développées dans le pèlerinage sont entrées dans cette voie d ampleur et d épanouissement.Le chemin de Croix n’est pas comprimé dans les limites étroites d’un sanctuaire.Il se déploie en plein air.On gravit la colline avec le Christ et l’on redescend pour la sépulture.Les cierges de la procession ne sont pas réservés au cierge et aux acolytes, mais tous les portent, et marchent, et chantent (sauf le groupe des curieux, inévitable vermine de tout pèlerinage).Il y a dans cet exercice corporel et collectif quelque chose de profondément « salubre » qui soulage les gens dont le tempérament expansif et démonstratif s’asphyxie dans l’étroitesse des signes habituels.Par*s René Laurentin Hamman Adalbert, O.F.M., La Philosophie passe au Christ, Justin.Paris, Éditions de Paris, coll.Ichtus, littératures chrétiennes, t.3, 7 x 5 ,367pp.APrès une introduction qui en 27 pages présente S.Justin, le’plus grand des apolo-pstes du second siècle, l’A.reproduit intégralement le texte traduit en français et illustré des deux apologies et du Dialogue du S.Justin, philosophe et martyr, avec le juif Tryphon; ce texte remplit plus de trois cent vingt pages.Puis des notes critiques et deux tables.Par cette précieuse collection, l’A.livre au grand public et restitue au temps présent le journal d une Église en marche depuis les Pères Apostoliques jusqu’à nos jours.Il fournit aux Communautés Religieuses une excellente occasion de posséder et de connaître les témoins authentiques et irrécusables de l’insertion du christianisme dans la vie du monde.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M. LE JOYAU DU CENTENAIRE DE LOURDES L’6GLIS€ SRinT-Pie X Il y a cent ans, la Providence jetait en terre de Bigorre une semence de grâce et de sainteté dont la fécondité n’a cessé de croître et dont les fruits ont germé avec abondance dans tous les pays du monde.En cette année anniversaire, une nouvelle semence est tombée de l’arbre marial dans cette même terre lourdaise des sanctuaires.Si la première fut un don du Ciel transmis par les mains de la Vierge et de Bernadette, la seconde est la réponse de la foi et du génie des hommes.A demi enfouie dans le sol, la nouvelle église de Saint-Pie X apparaissait au jour de sa consécration solennelle, le 25 mars, comme un grain de blé semé dans le sillon; sous l’enveloppe lisse et dure le peuple rassemblé autour des évêques et du cardinal, en formait la substance; et au cœur, sur l’autel, le Christ en était le germe.On en avait tant parlé depuis de longs mois, comme d’un rêve ou d’un miracle, comme d’une aventure ou d’une conquête ! Le premier contact ne pouvait être qu’une déception ou un ravissement.Ce fut un saisissement et tel qu’on ne pouvait le prévoir, tel que les descriptions préfiguratives et surtout les maquettes ne pouvaient le faire soupçonner.Passé cette première et tumultueuse révélation, on s’efforce d’ordonner son sentiment.Et le vieil hylémorphisme nous murmure sa fulgurante intuition: voici l’accord puissant et harmonieux de la forme et de la matière, la première dominant souverainement la seconde à un degré et par des moyens inégalés en matière d’architecture.Puisque nous évoquons Aristote, conseillons au visiteur de la nouvelle église d’appuyer sa première impression, selon la méthode péri-patéticienne, — ô larges espaces ! •— sur une analyse consciencieuse du pourquoi et du comment.Qu’il aille, de la synthèse initiale offerte par un premier regard, à l’étude patiente des raisons et des méthodes qui s’inscrivent au principe de l’œuvre et le long de sa gestion.Renvoyons le lecteur à la plaquette éditée par l’œuvre de la Grotte sous le titre: « L’Église Saint Pie X ».Une plume fidèle conduite par un auteur à l’œil perspicace, y retrace minutieusement, avec la sûreté d’un enthousiasme contenu, la longue série des études et des travaux, des tâtonnements, des élans, des à-coups et des reprises qui, de septembre 1951 à mars 1958, ont conduit à l’achèvement de l’entreprise.On assiste littéralement à la conception et à la réalisation, mois par mois.On voit se poser le problème et ses données clmplexes, se chercher et se rassembler les éléments de solution, s’épurer l’ébauche confuse, se dégager, puis s’incarner « l’idée »; dans des plans d’abord, à travers allées et venues, consultations et discussions; puis dans l’exécution avec, à chaque pas, des difficultés d’ordre technique qui s’accumulent, en raison d’exi gences contraires à concilier.On a voulu un vaste édifice, capable d’abriter une foule considérable, qui n’altère pas le site des sanctuaires, qui.ne l’encombre pas, qui n’en soit pas éloigné.L’emplacement est choisi et ce sera une église mi souterraine, en béton armé; mais il y a le Gave et les eaux qui filtrent.Sans rien sacrifier des principes, chaque obstacle est surmonté par une technique appropriée.« L’idée » prend corps, semaine après semaine; sur le sol creusé, les arcs sont jetés un par un.Chaque pièce s’ajoute; elle se complètent, à une cadence que le temps ne favorise guère, avec une minutie dans l’exécution que JOYAU du centenaire: l’église saint-pie X 7 réclament la précision des calculs, la har-disse des procédés et l’importance des dimensions.Dans ce formidable jeu de patience, de force et d’adresse, la partie est gagnée jour après jour.Longue de 670 pieds, large de 270> haute de 33 pieds, la terre remuée, les aciers mis en place, le béton coulé par centaines de tonnes.Tout cela qui est si impressionnant, ne relève encore que de la quantité.Vous n’aurez qu’à suivre le guide indiqué plus haut, pour ne rien perdre de ce puissant tableau et pour en calculer l’échelle grandiose.Par instant, au delà des chiffres, vous devinerez la passion des constructeurs et l’ardeur des ouvriers qui, un jour mémorable, en vingt heures, sans souffler, coulent l’arc No 8 tout entier, avec ses trois cents tonnes.Mais après avoir suivi, pas à pas, du côté des inspirateurs, des architectes, des techniciens et des ouvriers, cette longue aventure menée avec une maîtrise sans défaut, quand vous aurez assisté à cette gestation et percé dans son déroulement détaillé les secrets de la conception et de l’exécution, faites comme le maître d’œuvre, une fois le travail terminé: déblayez de votre pensée tous ces échafaudages, effacez de votre esprit les ébauches et les étapes; après avoir fréquenté le chantier bruyant et confus, préparez-vous à contempler le chef-d’œuvre, après le devenir brutal et heurté voici le calme resplendissement de l’être.Ce que l’on cherchait est trouvé.Parvenus à ce point, sans rien oublier de notre itinéraire, mais sans plus y penser, livrons-nous à la contemplation platonicienne.Notre regard embrasse le spectacle intérieur et une allégresse sacrée nous saisit.Nous voici aux deux tiers, à peu très du grand axe et près de la périphérie.L’ovale majestueux se dessine, à nos yeux tout entier et sur sa merveilleuse et lisse et pleine unité, les lignes courent et se rejoignent, nerveuses et racées, sans molesse ni dureté, souples et fortes.L’arc central, d’une prodigieuse hardiesse, rassemble et lie les arcs latéraux comme la nervure principale d’une immense feuille d’arbre; mais tout s’ordonne sur le centre, sans qu’apparaissent en quelque point que ce soit les arêtes banales d’un angle droit.L’immense voûte repose, ou plutôt retombe, vers le sol sans coupure trop brusque, et vient s’appuyer sur la vaste rangée ovoïde des courts piliers en forme de V dont la base, évidée en lame de couteau, s’articule sur des socles bas.Et l’on se demande: comment cela tient-il ?Par quel miracle d’équilibre ?Car au delà de cette colonnade robuste et légère, s’étend jusqu’au mur extérieur une sorte de large couloir circulaire — le déambulatoire — ; et l’on voit bien que la voûte ne repose pas sur le mur extrême qui s’arrête avant de l’atteindre, mais uniquement sur les arêtes vives des piliers presque à ras du sol.Nous le comprendrons tout à l’heure.Mais au jeu subtil des lignes supérieures, se marie celui des lignes basses: les rampes du déambulatoire montent et descendent et leurs courbes préludent à la lente déclivité du sol de l’église qui, de la couronne de piliers s’incline doucement, de tous côtés, vers le centre de l’édifice.Vers ce cœur de l’église, en son point le plus central et le plus profond, toutes les lignes — et on les voit d’un seul regard — convergent: au creux de cet écrin gigantesque que domine le ballet immobile des fortes nervures, et qu’encercle la ligne concentrique des rampes, voici sur un large podium l’autel, la grande et belle pierre massive d’un blanc légèrement ocre.Et voilà la merveille: tout est réduit à l’essentiel, à une simplicité presque accablante: ici encore, mais cette fois hors du temps l’être et le mouvement, 8 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES l’un et le multiple, se concilient.Tout est pour l’autel et son service autour du bloc de pierre immobile se meuvent les lignes harmonieuses et il les attire toutes à lui.Ce triomphe de l’ordre fortement rythmé, cet équilibre dynamique des proportions est si indépendant des dimensions que l’on n’en est pas écrasé; l’ampleur de l’édifice est maîtrisée, mise à sa place, comme un élément pour ainsi dire secondaire, sur le plan esthétique, de l’ordre général.La grandeur est apprivoisée et désarmée.C’est une grandeur ramassée et comme recueillie; la voûte avec ses dix mètres de haut domine l’homme assez largement pour ne pas peser sur lui; mais, sacrifiant l’envol à l’ampleur, son orbe basse s’accorde au mystère du lieu dont elle accentue la densité au point s’étreindre l’âme irrésistiblement.C’est une grandiose et envoûtante crypte, ample comme une arche, secrète comme une catacombe.Ce qui accentue l’impression de puissance et d’équilibre, c’est le secret de la construction: la pierre des cathédrales apportait sa noblesse, mais imposait ses lois.Ici, le matériau n’impose plus rien: il est devenu comme vivant entre les mains des architectes.Les arcs ne peuvent enjamber de telles distances que parce qu’ils sont tendus intérieurement — au sein même du béton — par des câbles d’acier soumis à de puissantes tensions qui s’équilibrent.Tout un réseau de forces internes maintient l’édifice, comme les muscles tiennent le corps et le double de cette sorte de palpitation cachée dont la vie mystérieuse est une victoire continue sur les forces de désagrégation.Quelqu’un a parlé de « nudité )) et « d’humilité ».C’est sans doute par opposition au luxe ou à l’ostentation aux mensonges vaniteux des fausses architectures.Mais il est une somptueuse nudité; il est une glorieuse humilité, celle de la forme pure — pour revenir à l’image du début — qui a tellement maîtrisé la matière, qu’elle ne la prend que comme le vêtement indispensable; mais si transparent, si dépouillé, si réduit à son rôle modeste qu’elle resplendit seule, à ses risques et périls, sans concession et pour sa gloire si elle le mérite.Voici donc un exemple d’art moderne.Il est sacré, non pas sans l’avoir voulu, mais à la fois par essence et par destination.Si cet art a commis ailleurs des faux pas — sans compter les tâtonnements — il remporte ici une victoire qui ne sera pas aisément contestée et dont le retentissement contribuera à éliminer bien des contreverses.La discussion résiste difficilement au succès: et par le rayonnement exceptionnel qu’elle est appelée à avoir cette église, en célébrant Dieu, éduquera un peuple chrétien encore bien mal éveillé aux formes nouvelles, mal réveillé des imitations et contrefaçons des formes anciennes.Quelle belle image de l’Église de notre temps que cette église qui contribue si puissamment selon le vœu de Pie XII à baptiser la technique moderne ! Bien enracinée dans la terre, cette terre à sauver; maternelle pour tous ses fils rassemblés dans l’unité visible; largement ouverte sur l’extérieur, comme elle respire profondément par ses vastes accès ! ouverte à tous ceux qui passent et qui cherchent, son déambulatoire majestueux et une invitation à voir dedans; ancrée solidement et frémissante de mouvement ordonné; ramassée autour de l’autel de Dieu et offerte aux hommes.L’anniversaire des Apparitions, en dehors de ses autres prestiges, a trouvé son Mémorial durable.L’Évêque de Lourdes qui l’a voulu, en acquiert le droit d’être fier d’avoir été, avec intrépidité, l’âme de cette entreprise.Ce qui fut une aventure spirituelle et technique, dans le meilleur sens du terme, ajoute à la beauté naturelle de la Grotte, cette autre beauté JOYAU DU centenaire: l’église saint-pie X 9 faite de main d’homme, mais digne de la première.La fidélité à l’esprit de Lourdes vaut enfin au Sanctuaire centenaire le joyau architectural qu’il méritait.Quand on approche de l’édifice par le sud, on aperçoit la statue de sainte Bernadette.Cette petite fille y est pour quelque chose sans doute.Dans les yeux de la voyante se reflète la splendeur invisible de Marie Immaculée.Et 1 on comprend enfin, en entrant, que tout le mystère de Lourdes converge vers la grande présence qui l’habite, vers la pierre carrée de l’autel, où descend le Christ-Dieu celui à qui revient « toute puissance, honneur et gloire, dans les siècles des siècles ».St.C.© Queen of the Universe : An Anthology on the Assumption and Queenship of Mary.Edited by Stanley G.Mathews, S.M., St.Meinrad, Indiana; Grail Publications- 1957.Pp.XIV-258.To keep abreast of the living magisterium of the Church is a desire and duty for religious.The Holy Spirit in guiding Pope and Bishops in their teaching does so for the spiritual growth of souls.A helpful compilation for this purpose is Queen of the Universe.The item of greatest importance in the book is Pope Pius XII’s Munificentissimus Deus defining the dogma of the Assumption.That Apostolic Constitution is here given in Msgr Knox’s very readable translation, making it available for prolonged and repeated meditation.There are six other documents or prayers from the pen of Pius XII.The rest of the representative selection, which in all contains 28 pieces, is made up of discourses or writings of United States bishops and of theologians from different countries, with one or two literary items.The anthology includes a paper on the Assumption in the liturgy, by Father Clement Morin, S.S.P., which was read at the 1948 Canadian congress on the Assumption.Montréal Walter Bedard, O.F.M Fernessole, Pierre., En face du laïcisme contemporain, Sa Sainteté Pie XII et IEducation de la jeunesse.Paris.Lethielleux, 1955, 192pp.7 x 5.Le contenu du petit volume déborde un peu le titre, car l’introduction contient en une trentaine de pages les enseignements sur l’éducation chrétienne des cinq papes qui ont précédé Pie XII.Les enseignements de Pie XII avec commentaires couvrent cinquante pages.La deuxieme partie, une centaine de pages, montre les agissements du laïcisme en France s’opposant avec énergie, ténacité et fanatisme aux droits de 1 Eglise en matière d éducation.Chez les laïcistes contemporains, les méthodes de combat pas plus que les principes et l’esprit général n’ont changé; elles ont même intensifié et étendu leurs applications.Espérons que les changements survenus en France tout récemment vont améliorer la situation officielle des écoles libres si admirables.Le petit volume de Fernessole écrit avec sérénité fait voir un aspect de la lutte éternelle entre les forces du bien et celles du mal.Ces pages intéresseront les éducateurs imbus de 1 importance de leur belle mission de diffuser la vérité.Mon‘ré“l Fr.M.-Cvrille, É.C. HOMMAGE A S.S.JEAN XXIII ORGflmsflT€URS du conGRès mflRIOLOGIQUe mflRIflL D€ LOURD6S A l’occasion de la fête de l’immaculée Conception, Sa Sainteté Jean XXIII a reçu, le huit décembre, une délégation du congrès mariologique et marial tenu à Lourdes du 10 au 17 septembre dernier, sous la présidence du légat pontifical, Son Em.le cardinal Eugène Tisserant et clôturé par un radiomessage de Pie XII de vénérée mémoire.La délégation était guidée par l’organisateur même du congrès et président de l’Académie mariale internationale, le R.P.Charles Balic, o.f.m.Ce dernier a offert à Sa Sainteté le trésor spirituel que l’Académie mariale internationale, en collaboration avec les Soeurs Franciscaines Missionnaires de Marie, a constitué durant l’année du centenaire des apparitions mariales de Lourdes, selon les dispositions de la lettre encyclique Le Pèlerinage de Lourdes du 2 juillet 1957.Avec ce tribut de prières, l’organisateur du congrès a présenté au Saint-Père les « vœux )) proposés et approuvés durant le congrès marial de Lourdes: promouvoir la béatification du Pape de l’Immaculation Conception, Pie IX; extension à l’Eglise universelle de la fête liturgique de sainte Bernadette Soubirous; diffusion de la pieuse pratique de l’Angelus Domini.Le Saint-Père a bien voulu adresser aux personnes présentes quelques paroles paternelles.Après avoir remercié le R.P.Balic pour ses expressions d’hommage, Sa Sainteté a insisté sur l’amour que l’on doit nourrir pour Ja mère de Dieu; nous sommes nombreux ici et tous pleins de ferveur et de dévotion pour Marie Immaculée, comme deux cœurs et un seul battement.Avec la Vierge, c’est un peu comme lorsqu’on se sert du téléphone: on appelle et Elle répond ! Parlant de Lourdes aux congressistes, Jean XXIII a tenu à évoquer des souvenirs personnels concernant ce sanctuaire, en soulignant qu’il s’était rendu au moins dix fois à la Grotte de Massabielle.La première fois, c’était en qualité de secrétaire de l’évêque si dévoué de Bergame, Mgr Radini-Tedeschi.Toute la trajectoire de sa vie partie de cette Grotte, s’est développée dans cette lumière.La dernière fois qu’il s’est rendu-à Lourdes, le 25 mars de cette année, il a eu le privilège de consacrer la grande basilique dédiée à saint Pie X, qui permet d’accueillir une plus vaste affluence de fidèles.Le Pape a ensuite parlé aux différents groupes, dont quelques-uns lui sont bien connus.Bien qu’il ait eu la vocation pour le clergé HOMMAGE AU PAPE DES CONGRESSISTES DE LOURDES 11 séculier — déclara-t-il — il n’en a pas moins conservé un esprit ouvert qui lui permettait de comprendre toutes les vocations qu’il voyait en ce moment autour de lui.Le Saint-Père eut également des paroles de considération particulière pour les Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie, qui furent autrefois ses collaboratrices efficaces dans l’organisation de l’exposition missionnaire mondiale si bien réussie, durant l’Année sainte 1925; ainsi que pour les autres religieuses présentes.Après avoir invité à prier la Vierge Immaculée pour qu’Elle veuille bien l’assister dans sa mission de Pasteur universel des âmes, Jean XXIII conclut en donnant aux personnes présentes la Bénédiction apostolique.Rome, le 11 déc.1958 L’osservatore Romano Constructions a bon marché a Nazareth M.l’abbé Paul Gastheir, prêtre français originaire de Dijon, qui était venu s’installer il y a deux ans parmi les Arabes de Nazareth, vient de créer une coopérative de constructions à bon marché pour loger les ouvriers arabes.M.l’abbé Gastheir, qui vit dans une baraque à Nazareth, est devenu une « personnalité )) marquante de Galilée, par la pauvreté dans laquelle il vit.Ayant appris l’hébreu et l’arabe, ce prêtre entretient des relations excellentes aussi bien avec les ouvriers arabes qu’avec les membres du village collectiviste juif (Kibboutz) voisin de Nazareth.L’Église Saint-Pie X de Lourdes: Basilique mineure Répondant à la demande qui lui avait été transmise, la Congrégation des Rites a fait savoir que le titre de Basilique mineure est accordé à l’église Saint Pie X de Lourdes.Annonçant cette nouvelle, Son Exc.Mgr Théas, évêque de Tarbes et Lourdes a déclaré: « Remercions le Saint-Siège et le Saint-Père personnellement de cette faveur exceptionnelle, si rapidement obtenue, dont le diocèse et les pèlerins mesurent tout le prix.Que ce nouveau lustre qui augmente la gloire de Lourdes serve à la gloire de Dieu et de Notre Dame, ainsi qu’au rayonnement spirituel de notre sanctuaire ». LOURD6S AU CflnflDfl D’un long article où l’A.épanche sa piété filiale sur le thème de LOURDES AU CANADA, nous extrayons ces quelques paragraphes pour le meilleur profit des lecteurs et lectrices.Notre-Dame de Lourdes a Québec Propriété des Pères Oblats de M.I., la chapelle publique de Notre-Dame de Lourdes est dans le quartier ouvrier par excellence de Québec, ce qu’on appelle le grand Sauveur, à la population dense et pauvre.Au sommet d’une flèche élancée, la Madone de Lourdes, brillante comme de l’or, veille sur son peuple, celui du Sacré-Cœur, celui de ses Oblats aussi.Il faut être aveugle pour ne pas l’apercevoir; il faut être froid ou indifférent à l’extrême pour ne pas l’aimer.Pendant le jour, elle se détache dans l’azur; pendant la nuit, elle est plus belle que la lune, car un phare, adroitement dissimulé l’illumine.Je dis qu’elle domine le quartier; ce n’est pas assez dire, car des hauteurs du faubourg Saint-Jean, si vous vous engagez sur Salaberry ou Sherbrooke, vous la découvrez bientôt; malgré que vous la voyiez dans le dos, puisqu’elle regarde au nord, vous sentez au dedans de vous-même qu’elle vous sourit et vous bénit.Vous l’entendez vous prêcher la prière et la pénitence.Qui sait, si cette apparition constante n’a pas suscité des millions d’Ave, d’actes d’amour, sans doute aussi de contrition ?N’a-t-elle pas empêché telle démarche en un tel soir, dans un endroit où son Fils eût été offensé et où elle-même eût pleuré sur un crime de plus ?Chose certaine, c’est que tous ceux qui ont vu Notre-Dame de Lourdes sur ce trône aérien l’ont aimée; le contraire est impossible.Tous ceux qui ont pénétré dans cet attrayant sanctuaire qui porte le poids des ans, ont éprouvé un bonheur voisin de celui des pèlerins de Lourdes.La chapelle était réservée par la jeunesse masculine en ce 11 février 1958.En plus des prières privées ou individuelles qui se sont faites là en ce jour mémorable, voilà qu’à onze heures a.m., la chapelle s’emplit à pleine capacité et, nos jeunes gens entendent une messe des plus liturgiquement organisée, reçoivent le Pain des Anges après une fervente préparation, écoutent un vibrant sermon à la louange de Notre-Dame de Lourdes et se consacrent totalement à la gloire et au service de l’immaculée.En ce même jour, les églises et les chapelles des institutions scolaires, tant de filles que de garçons, voyaient nos jeunes se succéder et faire l’intercession perpétuelle aux pieds du tabernacle et de l’autel de Marie. LOURDES AU CANADA 13 A Saint-Michel de Bellechasse En une paroisse de Bellechasse, dédiée au Prince des Anges, on voit à la sortie est du village, une chapelle consacrée à Notre-Dame de Lourdes.Pourquoi cette chapelle ?Sans doute, pour les exercices du mois de Marie, pour la neuvaine de l’Assomption ?Mais la tradition veut que le reposoir de la Fête-Dieu se fasse à Notre-Dame de Lourdes; on chante l’Eucharistie chez Maman-Marie.Mont-Joli Telle église, celle de Mont-Joli pour une, présente Lourdes à tous les passants, paroissiens ou étrangers.Entrez ou non à l’église, vous avez vu Lourdes, à moins d’être aveugle.Touristes qui vous engagez dans la vallée de Matapédia, votre première station est à Notre-Dame de Lourdes.Voyez cette façade au-dessus d’un roc solide, cette grotte naturelle aménagée pour les besoins de la cause: Notre-Dame de Lourdes tout près de cet autel où se célèbrent selon le cas la messe ou la bénédiction du Très Saint Sacrement.Même si la piete vous faisait defaut, il me semble que le goût du pittoresque et de l’élégant vous invite à arrêter quelques instants, à sortir au moins votre caméra, peut être.Lac Bouchette Les fils de saint François ont hérité d’une dévotion immémoriale à l’immaculée, surtout depuis le triomphe de Duns Scot, dont ils sont saintement fiers.On ne peut pas les blâmer d’aimer le bon saint Antoine, quand on voit comment ils adorent et imitent le Dieu pauvre et souffrant, et de quelle façon ils honorent la Vierge Immaculée.Ce qui confirme bien cette opinion que l’on se fait des Frères Mineurs, c’est le populaire pèlerinage du Lac Bouchette, près de Roberval.La paroisse est dédiée à saint Antoine de Padoue.On y projette une vaste basilique.Mais auparavant, on implante au Lac Bouchette une grande dévotion à Notre-Dame de Lourdes.On va d’abord assurer à l’immaculée une chapelle aussi artistique qu’originale, spacieuse aussi.On attirera les foules aux pieds de Marie, et la basilique Saint-Antoine, ça viendra, et sans inquiétude aucune.Très bon calcul, bons Pères, dignes fils de saint François ! Encore ici, Lac Bouchette équivaut à Lourdes chez nous, notre Lourdes sague-néen.Il y a là, messes, communions, prédications, récollections. 14 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES Lourdes chez nous, mais il faudrait faire le tour du pays, visiter tous nos sanctuaires ou nos monuments dédiés à Notre-Dame de Lourdes et relater dans un énorme bouquin toutes les manifestations de la piété de nos gens envers l’immaculée.Nul n’ignore chez nous, qu’au Cap-de-la-Madeleine, le transept du côté de l’Evangile dans l’église paroissiale est consacré à Notre-Dame de Lourdes.Tout y est artistiquement représenté: site Pyrénéen, basilique, grotte, la Blanche Vision et sa candide voyante.Il y a toujours des orants aux pieds de Notre-Dame de Lourdes à Notre-Dame du Cap.Québec Frère Marie-Maximin, F.E.C.Desjardins-Versailles, Germaine, Je suis Marie ou Celle qui vient.Poèmes.Préface de Roger Brien, de l’Académie canadienne-française.Nicolet, Centre Marial Canadien, 1952.19.5cm.166pp.La page-titre indique au lecteur que ce recueil de poèmes est une publication du Centre Marial Canadien.Il n’en faut pas davantage pour situer l’anthologie dans sa véritable atmosphère, comme dans son cadre géographique et historique.Trois pages de la somptueuse .prose de Roger Brien, président du Centre Marial Canadien, nous présente ces poèmes consacrés à la Vierge et dédiés au Saint Père.Cette fois encore, Brien ne cache pas sa mauvaise humeur à l’égard de notre pauvre XXe siècle.Mais il oublie aussitôt sa hargne et devient vite d’un optimisme exubérant, dès qu’il fait allusion à la limpide poésie de Madame Germaine Desjardins-Versailles.Cette poésie est faite des résonnances sensibles que provoquent, chez la fervente chrétienne, de simples regards sur les mystères de la Vierge.L’A.ne veut nullement spéculer sur les dogmes de la Mariologie, encore moins se perdre dans la contemplation de la synthèse christologique du monde; son propos, c’est de s’arrêter aux mystères de Marie que l’Église présente à la dévotion du peuple fidèle.La qualité maîtresse de ces poèmes réside dans la simplicité et la limpidité de l’expression poétique.Cette spontanéité, c’est tout le cœur de la poésie de Madame Germaine Desjardins-Versailles.En lisant ces poèmes d’une maman canadienne, l’on songe volontiers à cette autre mère française, Henriette Charasson (Madame René Johannet), qui nous a conté comment, chez elle, les travaux d’écriture étaient souvent interrompus par les exigences de la petite famille.Au Canada, la liste va toujours s’allpngeant de ces mères de famille qui ont cru devoir livrer leur propre message poétique, message qu’elles jugeaient ne pouvoir être remplacé, et dont rien ne pouvait les dispenser.Longueuil Florent Sylvestre, O.F.M. PRésence D€ lourdcs Dons L'ARCHIDIOC€S€ D’OTTAWfl C’est en rapport avec la cathédrale d’Ottawa qu’on trouve la première mention de LOURDES dans l’histoire de l’archidiocèse.Mgr Guigues, o.m.i., profita de son voyage au concile œcuménique du Vatican pour se rendre à Lourdes dont la renommée s’affirmait déjà en Canada comme une terre de miracles.De retour en octobre 1870, un de ses premiers soins fut de dédier une chapelle à la Vierge des Pyrénées dans la crypte de sa cathédrale.La paroisse ne tarda pas à s’en faire un lieu de pèlerinage.Le 3 novembre 1873, les Sœurs Grises y venaient entendre la messe du prélat, terminant ainsi une neuvaine pour la guérison de leur fondatrice.Trois mois plus tard, le 12 février 1874, le premier évêque d’Ottawa, décédé quatre jours plus tôt, venait dormir son dernier sommeil dans sa chapelle de Lourdes, ainsi qu’il en avait exprimé le désir.Au début de 1877, Mgr Duhamel fit élever un mausolée en marbre blanc sur le tombeau de son héroïque prédécesseur.La modeste chapelle de 1871 fut alors transformée en un élégant sanctuaire, tout de marbre blanc comme le mausolée.La bénédiction de l’ensemble, hommage du clergé diocésain, eut lieu le 3 mai.Ce petit sanctuaire, un des plus beaux en Canada, serait aussi le premier en Amérique dédié à Notre-Dame de Lourdes.C’est ce qu’affirme M.l’abbé Casimir Guillaume dans une lettre qu’il adressait à l’évêque de Tarbes, Te 24 avril 1874.En même temps qu’il érigeait la chapelle de la cathédrale, Mgr Guigues secondait les pieux desseins de M.Cyprien Triolle, un compatriote des Hautes-Alpes, professeur au Collège d’Ottawa depuis quelques années.Se faisant quêteur de Notre-Dame, M.Triolle ramasse assez d’argent pour couvrir l’érection, à Cyrville, d’une chapelle publique qui serait un lieu de pèlerinage pour les catholiques.d’Ottawa et des environs.Un maraîcher donne la plus belle partie du plateau qu’il cultive.Hommes, femmes et enfants font l'hommage de leur cœur et de leurs bras en corvées bénévoles.Le 15 septembre 1872, Mgr Guigues coRsacre à notre-dame de lourdes son premier véritable sanctuaire en terre canadienne, sinon en terre américaine.Les pèlerinages commencent aussitôt. 16 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Il faut une belle statue de l’immaculée.On la fait venir de France.M.Triolle recommence ses quêtes.L'Ottawa Daily Citizen, lundi, 1 juin 1874, donne le compte rendu de la procession qui, la veille, avait escorté la statue depuis la cathédrale jusqu’à Cyrville, un parcours de quatre à cinq milles.Un char attelé de 4 chevaux, avec canopé rose et blanc le ciel fournissait le bleu, 6 hérauts à cheval, 4 fanfares, 6 corps de pompiers, 9 bannières, 3,000 marcheurs, 150 voitures bien remplies.Au sanctuaire, sermons en français et en anglais, chants et acclamations, bénédiction du Très Saint-Sacrement.Tel fut le premier cortège de Notre-Dame dans Ottawa, digne antécédent des glorieuses processions du congrès marial de 1947.La longueur du trajet paralysait nécessairement le pèlerinage de Cyrville.En 1887, Mgr Duhamel décida de l’annexer à l’église en pierre qu’il venait de faire construire sur le Chemin de Montréal, aux portes d’Ottawa.Il confia l’une et l’autre aux Pères Mont-fortains.Pendant vingt-trois ans, c’est dans l’église notre-dame-de-lourdes d’Eastview que se rendent les dévots de la Sainte Vierge.Depuis 1911, la Grotte est le lieu préféré du rendez-vous.Nous laissons au R.P.Lemire, s.m.m., de nous en raconter l’histoire.La Grotte de Lourdes à Eastview est, sans contredit, le centre de la dévotion à Notre-Dame de Lourdes dans Farchidiocèse d'Ottawa.En 1907, c'est une grotte de glace, construction de séminaristes qui s'amusent pieusement.Deux ans plus tard, c'est une solide grotte de pierres des champs, assez spacieuse pour contenir un autel, mais uniquement destinée aux pieuses visites des scolastiques.En 1910, F archevêché demande qu elle soit ouverte au public.Le 6 mai 1911, la sainte messe y est célébrée pour la première fois.Ce fut dès lors une croissance rapide, ininterrompue.Plus que ses développements matériels, les progrès de son influence spirituelle doivent être soulignés.En 1895, quatre grands pèlerinages.L'année suivante, le nombre a doublé.Les centaines des premières années sont maintenant des milliers qui viennent annuellement d’Ottawa et des villes environnantes, de Montréal et même de plus loin.On a estimé à 55,000 le nombre des pèlerins de la Grotte en 1954.Depuis quelques années, les compagnies touristiques ont inséré le nom du sanctuaire de la Grotte dans la liste des endroits qu elles font visiter à leurs clients, de sorte que c’est par pleins autobus que les visiteurs envahissent le terrain pendant la belle saison.Les quarante-huit années d’existence de la Grotte ont été autant d’années de culte rendu à Notre-Dame de Lourdes, autant d'années de grâces et de faveurs qu’on serait souvent porté à appeler miraculeuses.Le 13 novembre 1907, le pape saint Pie X instituait la fête de Y Apparition de la Bienheureuse Vierge Marie; il en fixait la célébration au 11 février.Il accordait en même temps la faveur d’un jubilé commémoratif du cinquantenaire des célèbres apparitions de Lourdes.Le 30 décembre, Mgr Duhamel, portant les heureuses nouvelles à son LOURDES DANS L’ARCHIDIOCÈSE D’OTTAWA 17 clergé, précisait le but de ces solennités: l’extension de la dévotion à la Vierge Immaculée, la conversion des pécheurs et le triomphe du Christ dans le monde entier.Le 11 février 1908, sur les 166 autels de l’archidiocèse, y compris les 65 chapelles des maisons religieuses, la messe Vidi civitatem sanctam était célébrée avec toute la solennité possible.Vingt-cinq ans plus tard, soit le 8 décembre 1933, la confidente de l’immaculée devient sainte Bernadette Soubirous.L’événement ne passe pas inaperçu.La sainte a son église à elle dédiée dans Hull, Qué.depuis 1938.En outre, la canonisation suscite une éclosion de Grottes de Lourdes, témoins tangibles de la dévotion populaire à l’immaculée Conception.Grâce à des contributions hautement appréciées, nous avons en main des notes précises sur 34 de ces Grottes.L’ensemble de ces pages constitue une intéressante documentation pour l’histoire mariale de l’archidiocèse.Chacune de ces Massabielles a son histoire qui n’est pas celle des autres.L’archidiocèse a l’honneur de posséder deux Grottes de Lourdes épiscopales.En 1924, le Délégué Apostolique, S.E.Mgr Pietro Di Maria voulut avoir sa Notre-Dame sur le terrain de la Délégation (520 Driveway).Ainsi fut commencée la Grotte que son successeur, S.E.Mgr Andrea Cassulo, acheva en un monument de beauté.Le Congrès Marial de 1947 terminé, S.E.Mgr Alexandre Vachon voulut en avoir un prolongement au chalet épiscopal.Ce fut une joie pour lui d’assister à l’érection d’une grotte de Lourdes sur le bord du lac où s’élève le chalet.Pour l’inauguration, en la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel, S.E.Mgr P.Bernier composa un cantique nouveau sur l’air de Y Ave Maria de Lourdes.Les quatre Grottes « paroissiales )) de l’archidiocèse méritent aussi une place d’honneur.Celle de Y église Saint-François dé Assise d'Ottawa est la plus ancienne.Les Pères Capucins l’érigèrent en 1916.Ce fut saint Antoine de Padoue qui conduisit les fidèles à la Vierge de Lourdes.Les dévotions des mardis terminées, les gens descendaient au sous-sol pour visiter et prier Notre-Dame au creux de son rocher.Une petite pierre de la vraie Grotte y était enchâssée; un minuscule Gave reproduisait la source miraculeuse.La reconnaissance des paroissiens se traduisit par de nombreux ex-votos suspendus aux murs près de la grotte où des lampions brûlaient jour et nuit.En 1950, elle fut sacrifiée au besoin de mettre l’église à l’épreuve du feu.Les ex-votos demeurent. 18 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Par les soins de M.le Chanoine J.-A.Lombard et le concours des dames de 1 Action Catholique, la paroisse de Masson possède une magnifique grotte appelée Grotte de la Victoire.Son érection en 1943 rappelle la grande campagne de prières demandée par S.S.Pie XII pour hâter le triomphe de la justice et de la paix dans le monde entier.Cette grotte, centre de piété paroissiale et d’un ralliement régional annuel le 15 août, est un acte de foi en l’intercession de Celle qui est terrible comme une armée rangée en bataille.Dans la grotte de la paroisse Saint-Rédempteur, Hull, Qué., le cure, M.Je chanoine J.-A.Carrière, a voulu commémorer; 1) le congres marial d’Ottawa; 2) le centenaire de l’érection du diocèse d’Ottawa; 3) le sacrifice des paroissiens.tombés aux champs de bataille de la deuxième guerre mondiale.Les hommes qui firent les travaux assumèrent le coût des matériaux.Un d’entre eux, grand dévot a Marie, offrit les statues de la Vierge et de Bernadette en marbre blanc d Italie.En octobre 1948, consécration de l’autel par Mgr L.Beaudoin.Le 13 octobre 1953, grand ralliement du clergé et des laïques hullois à l’occasion de la visite de S.Em.le cardinal Paul-Emile Léger.^ C’est d’une estrade improvisée près de la grotte que ce Prince de l’Église adressa à la foule une homélie sur La famille, cellule de vie religieuse et de vie sociale.La benjamine des grottes paroissiales, érigée à Pointe-Gatineau en 1953, sur le terrain de l’école Bruyère, est une réalisation du curé, M.Antoine Lalonde, et de la commission scolaire de l’arrondissement.Aux futures generations, elle rappellera le centenaire de la proclamation du dogme de l’immaculée Conception par le pape Pie IX.Fait à noter: beau temps mauvais temps, les Légionnaires de Marie y viennent, le soir, réciter ensemble le chapelet.Les scolastiques Oblats d’Ottawa-Est ont une Grotte de Lourdes à leur maison de campagne au lac McGregor, dans les Laurentides.Elle fut bénite le 15 août 1923 par le R.P.Rodrigue Villeneuve, futur cardinal-archevêque de Québec.Centre de la dévotion mariale des etudiants en vacances, elle se transforme en veritable sanctuaire agreste pour la célébration de l’Assomption, à laquelle participent les gens d alentours: messe solennelle; procession par les avenues du domaine; le soir, grande illumination à la grotte.Depuis 1927, Notre-Dame de Lourdes assiste aux jeux des élèves de Saint-Alexandre, collège tenu par les Pères du Saint-Esprit à Limbour sur la Gatineau.Les énormes blocs de granit qui constituent la grotte furent enleves au lit de la riviere par les collégiens eux— LOURDES DANS l’aRCHIDIOCESE d’ûTTAWA 19 mêmes et roulés, à l’aide de grosses chaînes, vers l’emplacement désigné.Le petit ruisseau, venu de (( Back Farm », coule devant la grotte.En mai, c’est, le samedi soir, procession aux flambeaux de toute la communauté, courte allocution, chants et prière du soir devant la statue de l’immaculée.Au Juniorat du Sacré-Cœur d'Ottawa, une imposante grotte s’élève sous les ormes sexagénaires de la cour des jeunes aspirants à la Congrégation des Oblats de Marie-Immaculée.Bénite en juin 1935 par S.E.Mgr Joseph Guy, o.m.i., la grotte connaît une vie intense.En juin, c’est ici qu’a lieu la cérémonie du départ des jeunes missionnaires Oblats, présidée par un évêque missionnaire.C’est 1 occation du ralliement annuel des centaines d’associés missionnaires des régions d’Ottawa et de Hull.Le Petit Séminaire d'Ottawa, érigé en pleine campagne aux confins de la ville, fut bénit par S.E.Mgr M.-J.Lemieux, o.p., en septembre 1955.Les élèves n’ont pas tardé à gratifier leur vaste Campus d’une grotte de Lourdes qui se déploie, toute blanche et bleue, dans un vert bocage de cèdres.Rien du traditionnel amas de pierres.Un autel couvert du monogramme; une niche abritant la statue de 1 Immaculée sculptée par un des professeurs; entre les deux, une flèche triangulaire, plus haute que les cèdres et qui, pardessus leurs têtes, montre le ciel, le Ciel par Marie.L’ensemble des lignes est un heureux symbole de ce que doit être la dévotion à la Sainte Vierge: un épanouissement et une ascension.23 grottes bien comptées, érigéès par les religieuses de l’archi-diocèse ! Ce nombre est probablement inférieur à la réalité.Pour des âmes de femmes, de jeunes filles et d’enfants, c’est si accueillant une grotte avec une image blanche qui regarde le ciel, et celle d’une bergerette à genoux, récitant à la belle Dame ses Ave d’amour extatique; parfois aussi avec un petit* (( Gave » qui chantonne sur les cailloux pendant que les oiseaux viennent s’y désaltérer.Vu le nombre considérable de ces grottes et l’espace restreint de notre article, nous ne pouvons faire plus que mentionner chacune d’elles avec la date d’érection et une note spéciale, s’il y a lieu.Chez les sœurs grises de la croix: A leur maison-mère, 1938.Une pierre du rocher de Lourdes est fixée au pied de la statue de l’immaculée.Illumination le soir et la nuit à longueur d’année.Au Foyer de l'Enfance, Ottawa, 1898.« Massabielle » aussi vieille que la maison de (( Rideau Terrace ».A l'École Normale de St-Joseph, 20 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Hull, 1909.Petite grotte qui fait la joie des normaliennes pendant 25 ans.En 1940, une belle réplique de la grotte de Lourdes, que l’incendie de 1950 respecte.Depuis 1953, c’est presque un oratoire de route.A Y Hôpital Saint-Vincent, 1934.Grotte très émouvante.Ici comme à Lourdes, ce sont des incurables qui viennent sourire à la Santé des Infirmes et lui demander l’assistance corporelle et spirituelle dont ils ont besoin.Statue de l’immaculée, heute de cinq pieds, sculptée dans du Carrare, œuvre de l’artiste Antonio Balderi, d’après le modèle du donateur Oscar Banchini.A YHôpital Saint-Michel, Buckingham, 1937.Reconstruite en 1955 en granit rose des carrières de La Lièvre.A Clarence Creek, Ont.1947.Grotte modeste, fleurie par les élèves.A Limoges, Ont.1938.Pas d’ouvrier pour faire la Grotte.Une messe en l’honneur de saint Joseph en amène deux au couvent le même matin.Travail et matériaux gratis pro Maria.Ouverte au public.A Y Académie Saint-Laurent, Buckingham, 1939.Reconstruite en 1953 sur la terrasse de la nouvelle académie: ex-voto d’un papa pour la complète guérison de sa fillette, déclarée incurable.Au Sanatorium Saint-Laurent, Hull, 1940.Belle illumination chaque soir.Endroit de pèlerinage pour les tuberculeux qui peuvent circuler; les voisins y viennent réciter le chapelet.A Rockland, Ont., 1941.Les élèves y récitent l’Angelus en groupe le midi quand la température le permet.A l'Orignal, Ont., 1949.Les élèves apportent des centaines de pierres qu’une religieuse maçonne en une jolie grotte pour remercier la Sainte Vierge de sa guérison.A H Académie Sainte-Marie, Hull, 1955.Consécration solennelle des élèves à Notre-Dame des Ecoles.Rosaire Vivant en 1956.A Clarence Creek, Ont., 1958.On brave les froids de l’hiver afin d’avoir la Grotte pour le 11 février.Chez les filles de la sagesse, Eastview, Ont.Leur établissement est une véritable petite terre mariale où fleurit le culte de Notre-Dame de Lourdes depuis 1892.Patronne et vocable de la maison provinciale, du noviciat et du pensionnat.Depuis 1914, une statue de l’immaculée, en fonte, haute de plus de cinq pieds, domine l’entrée du pensionnat.La grotte érigée à l’intérieur de la maison en 1929, fut plus tard transportée à l’extérieur.Chez les sœurs du bon-pasteur.1949.Grotte érigée au centre de l’enclos de leur propriété.Statues en ciment pesant 600 et 250 livres respectivement.Chez les servantes de jésus-marie, Hull.1904.Grotte dans le jardin du monastère.Transportée à l’intérieur en 1954. LOURDES DANS l’aRCHIDIOCESE D’OTTAWA 21 Chez les sœurs de sainte-marie, 1934, à leur couvent de Vankleek Hill; assidûment fréquentée par les dames et les demoiselles en retraites fermées.1944, dans le jardin privé de la maison provinciale, Ottawa; 1945, à Masson; 1948, à Sainte-Rose de Lima, Qué.; 1953, à Saint-Eugène, Ont., grotte ouverte au public.Chez les sœurs de l’institut jeanne-d’arc, Ottawa.1947, grotte miniature à l’occasion du congrès marial d’Ottawa.Chez les franciscaines missionnaires de marie, à Overbrook, Ont.1958.Petite Massabielle sur le vaste terrain de la maison des Retraites Fermées, don des anciennes retraitantes et des amis de l’Oeuvre.Par tout l’archidiocèse, 1958 sera une PRÉSENCE CONTINUELLE DE LOURDES.Dans son communiqué du 5 février dernier, S.E.Mgr l’archevêque invite les prêtres et spécialement les curés, à célébrer et à faire célébrer les fêtes de la Sainte Vierge d’une façon particulièrement solennelle.Il demande aux fidèles de profiter de ces occasions pour se réformer eux-mêmes et travailler au salut de leurs frères, et d’implorer du ciel une grâce particulière d’épuration dans les âmes et dans la société.S.E.demande aussi la tenue de journées mariales à l’occasion des fêtes des 11 et 18 février, récitation publique du rosaire, messe du soir et sermons sur les leçons du message de la Vierge Marie à Lourdes.Et alors, comme l’écrivait si joliment le R.P.Paul Gay, c.s.sp., dans sa notice sur la Grotte du Collège Saint-Alexandre: « De ce petit coin de terre qui est une grotte (une église, une chapelle), s’élèvent les Ave et encore les Ave qui s’en cont rejoindre les Ave et envore les Ave de la grotte (église ou chapelle) voisine jusqu’à Lourdes où ils forment une immense gerbe de louanges en l’honneur de l’immaculée.« Voici que toutes les nations de la terre m’appelleront bienheureuse )).N.D.L.R.— (Nous avons vainement cherché des travaux sur LOURDES provenant d’écrivains, de compositeurs et d’artistes appartenant à I’archidiocèse d’Ottawa.) Ottawa Sœur Paul-Emile, S.G.C. L'HOT€LL€RI€ R€Ginfl munDI Les Pères Trinitaires, grâce à la bienveillance de S.E.Mgr Arthur Douville, évêque de Saint-Hyacinthe, viennent d’établir une quatrième maison de leur Ordre au Canada.Le nouveau monastère s’élève au centre d’un développement domiciliaire moderne, connu sous le nom de Montplaisant et patronné par la Compagnie Avery et Robert Limitée de Granby, P.Q.Le plan général comprend un noviciat de clercs et de convers où se forment les jeunes gens qui veulent embrasser la vie religieuse trinitaire, une chapelle qui sert d’église à la paroisse de la Très-Sainte-Trinité, érigée le 8 décembre 1957, puis une hôtellerie qui porte le nom de Regina Mundi en souvenir de l’Année mariale 1954, au cours de laquelle le projet fut élaboré.Au nombre de leurs œuvres de charité, les Pères Trinitaires conservent la coutume d’avoir dans leurs couvents une hôtellerie où l’on peut loger des clercs et même des laïcs de bonne réputation (Cf.Cons.O.SS.T.No 178).Chaque samedi de l’année, sur le tableau des offices de la semaine, on nomme un prêtre pro hospitibus recipiendis qui doit recevoir les hôtes, les instruire de l’horaire de la maison et leur procurer les bienfaits qu’ils viennent chercher à l’auberge du bon Dieu.Centre de rayonnement trinitaire, de vie liturgique Chaque couvent, selon la consigne du Révérendissime Père Ignace du T.-S.-Sacrement, ministre général actuel de l’Ordre, doit être comme une station de diffusion et de transmission toujours en opération pour tout ce qui peut favoriser et augmenter le culte, la dévotion et Tamour envers la Très Sainte Trinité.L’hôtellerie annexée à un couvent a donc pour but d’opérer cette diffusion et cette transmission de la spiritualité trinitaire en donnant aux hôtes l’occasion de s’abreuver longuement à la source vive de la charité.Les hôtes voient se dérouler constamment sous leurs yeux le spectacle saisissant de la louange offerte à la Trinité par d’humbles religieux au cours de cérémonies liturgiques, de la psalmodie de l’office divin, selon les coutumes antiques et pleines de saveur d’un Ordre dont les origines remontent au moyen âge.En ces occasions les visiteurs peuvent facilement prendre un contact enrichissant avec l’Archiconfrérie, l’Adoration Perpétuelle et le Tiers-Ordre de la Très-Sainte-Trinité.Ces œuvres expliquées en détail dans les livres publiés par les Éditions Trinitas ont pout but l’hôtellerie REGINA MUNDI 23 de mettre à la portée de tous les fidèles la dévotion au mystère primordial de notre foi ainsi que d’accorder les nombreux privilèges concédés par les Souverains Pontifes à l’Ordre trinitaire.Cette substantielle nourriture est à même d’attirer les âmes qui veulent accroître leurs forces spirituelles.Centre de vie sacerdotale et religieuse Aux prêtres, aux religieux l’hôtellerie présente l’avantage d’un lieu de prière, de réconfort, de consultations afin de pouvoir saisir toujours de plus en plus la grandeur du son de soi et de se mieux disposer au devoir impérieux de l’apostolat.Aux prêtres âgés elle offre en plus une maison de retraite où il fait bon se retirer pour vivre ses derniers jours au milieu des joies et des labeurs d’une famille religieuse.Centre d’orientation, de vie intellectuelle Des jeunes gens, au moment de s’orienter dans la vie, sentent le besoin de recourir à ces auberges d’Ordres religieux, où dans la prière et la solitude, ils mesurent leurs forces en face des appels divins qui feront d’eux, soit de braves citoyens dans les différentes carrières du monde, soit des prêtres, des religieux, des missionnaires pour la grande moisson des âmes.Des hommes de tout âge, de toute condition, trouvent eux aussi à l’hôtellerie les bienfaits d’une halte sur le grand chemin de la vie pour prendre le temps de réfléchir, de penser à Dieu en sondant les mystères de l’au-delà.Des professionnels, des intellectuels, des étudiants universitaires profitent de leur séjour à l’hôtellerie pour approfondir leurs connaissances religieuses, compléter quelques travaux, préparer des examens, avec l’avantage de documentations et de clnsultations sur place.Centre de rédemption, de charité Que dire des possibilités de rédemption qu’offre un tel asile de prière, de paix, de charité ! Ou bien c’est une âme esclave de ses passions qui dans la retraite bienfaisante aspire à sa libération définitive; ou bien l’esclave de sa situation sociale qui cherche un secours dans les conseils du prêtre afin de mieux supporter le joug de l’asservissement et entrevoir son affranchissement par la puissance libé- 24 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES ratrice de la foi; ou encore c’est l’esclave de la misère qui frappe à la porte du couvent pour demander le secours de la charité.D’après l’esprit de l’Ordre trinitaire Trinitas — Redemptio il ne s’agit donc pas de n’importe quel acceuil, mais d’un contact tout imprégné de charité dont l’onction pénétrante rappelle la vie intime de la Trinité elle-même.Selon cette formule, il ne peut s’agit de retraites collectives ou même de retraites individuelles organisées systématiquement, mais d’une halte occasionnelle, voulue par un jeune homme, un adulte, un religieux, un prêtre, dans un milieu propice au recueillement, à l’étude, au repos.En face de la marée montante du matérialisme et de l’irréligion de la société moderne, l’influence d’un Ordre religieux, voué à l’adoration du plus grand des mystères de nos croyances, a toujours sa place dans l’Eglise et les Trinitaires d’aujourd’hui, comme ceux des sept siècles passés, sont appelés à prêcher les vérités de la foi, à rappeler aux errants de la terre, aux assoiffés de bonheur et de plaisir, d’ambition et de haine, (( quel foyer chaud et lumineux set celui du Dieu vivant, de la Trinité, quel idéal de communauté parfaite est l’intimité de Dieu Un et Trois )) (R.P.Menessier, O.P., Paris, 1948.).Pour informations s’adresser aux RR.PP.Trinitaires, Hôtellerie Regina Mundi, Montplaisant, Granby, P.Q.Tél.: FRontenac 2-5125.Montréal P.Pierre de la Nativité, O.SS.T.Q Six mille tziganes a Lourdes Six mille gitans et tziganes vont se rendre pour la seconde fois en pèlerinage à Lourdes du 31 septembre.Son Exc.Mgr Théas, évêque de Lourdes, présidera ce rassemblement, qui sera marqué par des baptêmes, des confirmations, des mariages et des retours à l’Église catholique.Trop souvent, par une injustice généralisée, gitans et tziganes sont ravalés dans l’opinion publique au rang de parias.Leur aumônier de France, le R.P.Fleury, demande a tous les catholiques sédentaires de l’aider à promouvoir leur reclassement social et leur prise en charge spirituelle. BIBLIOGRAPHIE CR€PUSCUL€ D€S mYSTIQU€S * Dans 1 avant-propos, l’A.déclare que l’idée d’écrire ces pages lui est venue en parcourant le livre de M.R.Schmittlein, L'aspect politique du différend Bossuet-Fénelon (Bade, 1954).Ce dernier ouvrage aurait eu tendance à limiter le sujet aux seules rivalités personnelles et politiques (5).Le présent ouvrage, lui, entend prouver que les luttes personnelles, engagées dans ce conflit, sont au fond l’expression de profondes divergences doctrinales.Les antagonistes, eux-mêmes, ont pu ne pas être conscients des idées qui les opposaient; il reste que l’historien doit découvrir, au-delà des engagements individuels, (( le choc de deux mentalités, que commande tout un substrat intellectuel et parfois social » (5).Il s’agit de savoir si le conflit Fénelon-Bossuet se résume aux intrigues de Mme de Maintenon, ou bien s’il est responsable du discrédit jeté pour quelque deux siècles sur l’oraison passive (6).(( Tel quel, cet essai devrait rendre clairement apparente les idées qui furent mises en jeu par les antagonistes, et ainsi retracer la courbe intellectuelle et spirituelle de la controverse )) (7).Le titre du livre Crépuscule des mystiques dit à lui seul le gauchissement que l’A.veut faire prendre au sous-titre Le conflit Fénelon-Bossuet.Le présent volume s’arrête au moment où Fénelon va publier les Maximes des Saints, transportant le combat sur un nouveau terrain, celui de l’opinion publique; c’est donc l’épisode du conflit qui a été jusqu’ici le moins étudié (7).Après un avant-propos de quatre pages, où l’A.précise son dessein, suit un chapitre qui fixe les antécédents du conflit, Le mysticisme français au XVIIe siècle.Les trois chapitres du centre sont consacrés aux protagonistes: Mme Guyon d’abord, puis Fénelon, Bossuet enfin.La dernière partie comprend les chapitres V et VI, qui marquent deux étapes de l’affaire: Issy et Rupture.La théorie du pur amour est l’aboutissement d’une longue tradition et le produit d’un milieu dont il faut d’abord retracer l’histoire (11).Le cas de Mme Guyon, consultée par Fénelon, vénérée par les Beauviller et les Chevreuse, n’est qu’une incidence, sans rien de tellement exceptionnel (13).Us furent nombreux les * Cognet L., Crépuscule des mystiques.Le conflit Fénelon-Bossuet.Tournai, Desclée et Cie, 1958, 19 cm.397 pp. 26 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES spirituels qui ont admis les thèses les plus hardies des théologiens du Nord, et qui ont pensé qu’au sommet l’âme rejoint l’unité absolue de l’essence divine (18).Mais qu’est-ce au fond que le quiétisme ?Nous aimons en trouver la définition sous la plume de Fénelon: « C’est un état d’amour si purifié qu’il n’admet plus que la conformité à la chose aimée, en sorte que l’âme ne s’occupe plus volontairement ni du goût qu’elle y peut trouver, ni de la peine qu’elle souffrirait si elle cessait d’aimer, ni de la récompense attachée à l’amour, ni de son amour même, mais uniquement de son bien-aimé )) (230).Après avoir brossé le tableau de la spiritualité française au XVIIe siècle, où les origines espagnoles et les influences flammandes ne sont pas absentes, où l’on mentionne les Alumbrados et les cas de possessions diaboliques, où figurent les noms de Condren, de Bérulle et de Saint-Cyran, où les termes de pur amour et de contemplation du Verbe incarné passent souvent, voici la conclusion de l’auteur: Ces quelques pages, on le voit, ne constituent nullement un tableau complet du mysticisme et de F antimysticisme au XVIIe siècle en France.Elles cherchent seulement à définir quels étaient, vers 1680, les principaux linéaments d'une situation où déjà se laissent discerner les premiers signes d’un crépuscule des mystiques: le décor du drame est prêt lorsqu avec l'entrée en scène de Mme Guyon va s'ouvrir le premier acte [SS).Au début de l’ouvrage, l’A.signale que plusieurs des problèmes qui concernent Mme Guyon ne sont traités ici que d’une manière sommaire et provisoire.Il espère consacrer quelque jour à ce personnage la monographie qu’il mérite (7).Au long de tout le volume, l’on devine que les sympathies de l’A.vont à Fénelon.La charge est souvent écrasante pour ses adversaires.La volte-face de Bossuet prend un singulier relief.Après la lecture de l’autobiographie de Mme Guyon, Bossuet aurait écrit à Chevreuse (( qu’il y trouvait une onction qu’il ne trouvait point ailleurs, qu’il avait été trois jours en la lisant sans perdre la présence de Dieu )) (168).Peu après, le même Bossuet écrira: « Les nouveaux spirituels se font un jargon que je n’entends pas.Ils parlent de passivité.» (179-180).La relation des propos de Mme Guyon sur Bossuet n’est pas à la décharge du maître doctrinal de Louis XIV: « Les difficultés qu’il (Bossuet) me faisait ne venaient, comme je le crois, que du peu d’expérience qu’il avait des auteurs mystiques, qu’il avouait n’avoir jamais lus, et du peu d’expérience qu’il avait des voies intérieures » (188).Et encore: « Il est impossible de répondre à un homme qui CRÉPUSCULE DES MYSTIQUES 27 vous terrasse, qui ne vous entend pas et qui écrase incessamment )> (273).Bien sûr l’ontologisme de Bossuet ne pouvait faire grand cas des jeux d’une trop fine psychologie.De son côté, Bossuet n’était pas à court de réponses: « Je me retirai, étonné de voir un si bel esprit (il s’agit de Fénelon) dans l’admiration d’une femme dont les lumières étaient si courtes, le mérite si léger, les illusions si palpables, et qui faisait la prophé-tesse )) (190).Dans un si beau combat, Mme de Maintenon va écraser Mme Guyon, après l’avoir protégée.Les manœuvres souterraines de Mme de Maintenon vont consister à impliquer Fénelon lui-même, dans un examen qui d’abord ne devait porter que sur les seuls écrits spirituels de Mme Guyon (219).Tout le monde s’entend pour trouver inattaquable la position doctrinale de Bossuet; mais il se trompait, quand il voulait résoudre la question à priori et par les seules données théologiques (289-290).La réconciliation eut lieu cependant.Après les accords d’Issy, chacun demeurait sur ses positions et, inconsciemment, infligeait au texte une exégèse suffisamment énergique pour y retrouver ses propres idées (306).Voici que Bossuet vient de recevoir le privilège royal pour la publication de son Instruction; d’un autre côté, les Maximes des Saints sont déjà lues par les amis de Fénelon.Les amis de jadis étaient devenus deux ennemis et se retrouvaient face à face comme des lutteurs qui cherchent à assurer leur prise.Le conflit entre les deux prélats n'était plus seulement une menace lointaine, grondant aux horizons de la France religieuse et politique.C'était à présent une réalité imminente, inévitable: la guerre aurait lieu (396).C’est la finale du présent ouvrage.Un prochain travail aura pour objet le deuxième Episode du drame (7).Appuyé sur une documentation qu’il cite abondamment et qui est empruntée en bonne partie à la littérature épistolaire de l’époque, l’A.réussit à prouver que le Quiétisme n’est pas un fait isolé dans l’histoire de la spiritualité, qu’il se rattache à une longue et vénérable tradition.Toujours, l’A.laisse entendre que la défaite de Fénelon fut fatale pour la mystique tout court.Dans sa sympathie pour Fénelon, l’A.ne retient guère les coups de griffes au grand Bossuet (290).L’ouvrage est fortement charpenté; la matière y est clairement disposée: l’analyse des faits se termine toujours par un tableau de 28 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES synthèse, où aucun texte n’est sollicité, — même quand Fénelon n’en retire pas tout le mérite.Le style soigné ajoute un appoint à ce livre de fort agréable lecture.La couverture sobre, où se détachent en beau relief titre et sous-titre, est un attrait de plus pour ce volume.La clarté de la typographie et l’abondance des blancs sont les qualités de toutes les publications éditées chez Desclée.Est-il impertinent de mentionner deux graphies discutables: entr autres (15), que blâme l’Académie; cest à dire (16,298), que d’aucuns trouveront bien insolite.Ce sont là détails qui soulignent en somme la correction d’une écriture qui peut bien défier l’épreuve de la loupe.Longueuil, Florent Sylvestre, O.F.M.Q Perras, M.-Gabriel, O.P., Le P.Eugène Prévost (1860-1946) et sa cause.Préface de Mgr Albert Tessier.Cap-de-la-Madeleine (Canada), Éditions de l’Art Graphique.19cm.269pp.L’A.a recueilli une somme de documents sur le P.Eugène Prévost et sa cause; il nous les présente, clairement disposés et bien organisés, dans un volume qu’il consacre a 1 une des gloires de l’Eglise du Canada, le fondateur des Congrégations de la Fraternité Sacerdotale et des Oblates de Béthanie.Le volume s’ouvre sur un sommaire détaillé, et se termine par de nombreuses pages de références et trois tables détaillées.L A.a fait de son livre un instrument de travail au maniement facile et, ce qui plus est, un livre de consultation sûr et complet.Une première partie, centrée sur la prière pour la glorification du P.Prévost, développe les trois thèmes suivants: l’amant de l’hostie, le prêtre pour les prêtres, le crucifié avec Jésus.C’est dire les débuts dans la Congrégation du T.S.Sacrement, les deux fondations dont il a le crédit, enfin la mystique de l’écrivain et du meneur d’hommes.Dans une seconde partie, FA., promoteur de la foi à la cause de Mère Marie-Léonie, situe la cause du P.Prévost parmi les vingt-quatre autres causes canadiennes.Il décrit avec précision et maîtrise les étapes qui conduisent à la glorification d’un serviteur de Dieu.Les Éditions de 1 Art Graphique ont publié un livre où rien n’a été négligé pour piquer la curiosité, retenir l’attention et capter l’intérêt du lecteur: dessin de la couverture, qualité du papier et des caractères de typographie, disposition du texte, tout est soigné et de belle classe.Longueuil Florent Sylvestre, O.F.M. couRonnemenT De la vieRGe D€ RIGAUD S.S.Pie XII, dans sa condescendance paternelle, a daigné exaucer la prière des gardiens du sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes de Rigaud et des autorités diocésaines, en accordant l’incomparable privilège du couronnement liturgique de Notre-Dame à l’occasion du pèlerinage diocésain de Valleyfield qui amène aux pieds de la Madone une foule de pèlerins.Le dimanche, 17 août, à 4 heures de l’après-midi, à la suite d’une messe pontificale célébrée à la grotte, S.Em.le cardinal Léger déposa sur le front virginal de Notre-Dame de Lourdes une couronne d’or et de pierreries, symbole de la piété, de la reconnaissance et de la confiance des fidèles de notre diocèse et de toute la région circonvoisine.Après une légère collation, la fête du couronnement se continue; la foule des pèlerins est invitée à faire monter vers l’immaculée l’hommage enthousiaste du chapelet du cardinal.« Faisant nôtres les intentions du Souverain Pontife en la présente année jubilaire, nous souhaitons que le message confié jadis à sainte Bernadette soit de mieux en mieux connu et pratiqué; que l’esprit de pénitence pénètre les âmes de nos fidèles et contrebalance le penchant qui incline les mœurs modernes vers un naturalisme amateur de jouissance et de sensualité; que la foi ravivée chez les fidèles rayonne aux yeux des peuples encore dans les brumes du paganisme et assure la croissance du Corps Mystique de Jésus-Christ; que notre chère patrie soit de plus en plus le royaume de Marie; que l’Ave Maria de Lourdes, comme un refrain souvent répété, nous maintienne sans cesse en contact, cette année et pour l’avenir, avec les innombrables et heureux pèlerins qui auront le bonheur d’aller s’agenouiller avec sainte Bernadette au bord du Gave et devant la grotte de Rigaud sous la protection maternelle de Notre-Dame couronnée ».Ces intentions sont soulignées dans une lettre de S.E.Mgr J.-A.Langlois, évêque de Valleyfield, au clergé diocésain.Le 17 août 1958 a donné lieu à une fête splendide, unique encore sur la colline de Rigaud, providentiellement devenue, peu après les apparitions de Notre-Dame à Bernadette, le centre régional d’incessants pèlerinages dont on ne saurait compter tous les bienfaits.Burgard, Ch., Collection « Bible et Vie Chrétienne », 14,5 x 21 cm., 200 pages.La Bible dans la Liturgie, Éditions Casterman.Le retour à la Bible est devenu le signe des préoccupations de notre temps-La Bible dans la liturgie invite les croyants à pousser jusqu’au bout ce retour aux sources du mystère chrétien en s’unissant à la parole liturgique, prière vraiment catholique, celle du Christ vivant dans son Église.L’ouvrage de Charles Burgard aide à entrer réellement au cœur des choses divines.Écrit dans un style d’une clarté et d’une élégance rares, il suscite l’intérêt du lecteur par le relief des images et par le choix heureux des citations. eriTR€R Dflns L€ COURflriT D€ GRÂŒS La Conférence catholique canadienne attire l’attention des fidèles sur deux faits qui marqueront la trie de l’Église au cours de l’année : le centenaire des Apparitions de la Très Sainte Vierge à Lourdes et le tricentenaire de la fondation du Sanctuaire de Ste-Anne-de-Beauprê.Voici le texte de la déclaration de l’Épiscopat canadien: Le christianisme est une doctrine.Mais cette doctrine est fondée sur un fait qui a modifié la marche de l’Histoire.Si le monde vit aujourd’hui sous le signe numérique 1958, c’est parce que le Christ-Jésus a vécu un jour sur la terre, et qu’il a accepté toute la condition humaine.Sa prédication est le fondement des vérités à croire, sa vie et sa mort sur la croix, la source de toute sainteté.L’Église, cependant, a toujours proposé comme des modèles à imiter les personnages qui ont vécu dans l’entourage immédiat du Christ-Jésus.Ceci nous amène à attirer l’attention des fidèles sur deux faits qui marqueront la vie de l’Église durant cette année.L’Église universelle nous invite à tourner nos regards vers Lourdes où l’immaculée apparut il y a cent ans, tandis que l’Église canadienne célébrera le tricentenaire de la fondation du Sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré.Le pèlerinage de Lourdes est devenu une tradition approuvée par le Siège Apostolique.A l’occasion du centenaire des Apparitions à Bernadette aux roches de Massabielle, une Année Jubilaire a été décrétée par le Pape Pie XII.Nous ne pourrons propablement pas tous entreprendre ce pèlerinage mais les Archevêques et Évêques du Canada incitent prêtres et fidèles à entrer dans ce courant de grâces.Le fait de Lourdes a été au milieu du 19e siècle la réponse de Dieu à l’homme orgueilleux et impie, qui avait fixé à l’univers des frontières que Dieu ne devait pas franchir.Lourdes apporte un éclatant démenti à ces prétentions sacrilèges.Dieu était toujours le Maître des âmes et des corps.Sa puissance éclate dans les miracles qui se multiplient sur les rives du Gave.Sa miséricorde bouleverse les cœurs et les pécheurs retrouvent par Marie la paix du cœur.Tous ces biens sont encore présents à l’Église qui veut les distribuer aux fidèles en cette année centenaire.Le sanctuaire de Sainte-Anne sur la côte de Beaupré est l’un des lieux les plus augustes de notre Église canadienne.Les premiers colons qui débarquaient sur les côtes du fleuve St-Laurent portaient dans leur cœur une fo} ardente et profonde.C’est pour répondre à cette foi que depuis 3 siècles l’aïeule de Notre-Seigneur n’a cessé de veiller sur notre petite patrie.Les fidèles qui se rendront à Sainte-Anne durant cette année y recevront de grandes grâces.Mais de son sanctuaire la Thaumaturge étendra à tous les foyers canadiens sa maternelle protection et elle continuera de veiller sur nous.Ottawa La C.C.C. consuuflTions 1.Quand doit entrer en vigueur l'instruction sur la liturgie du 3 septembre 1958?L’Instruction sur la musique sacrée et la liturgie n’entre en vigueur, comme les autres documents Pontificaux, que trois mois après sa publication dans les Acta Apostolicæ Sedis, et donc seulement le 22 décembre prochain.Rome Moïse Roy, S.S.S.2.A la messe conventuelle est-il permis de lire en français /’épître et l'évangile pendant que le célébrant les lit à voix basse en latin ?A ceci, je répondrai tout d’abord que la chose n’est certainement pas permise en France où par concession du St-Siège le célébrant (pas un autre) peut lire l.’épître et l’évangile en langue vulgaire après l’avoir d’abord lu en latin.Dans les pays qui n’ont pas obtenu cette concession, il ne serait pas permis au célébrant de s’arrêter après l’épître pour la relire en français, bien qu’il puisse le faire après l’évangile pour le texte évangélique.Par suite, comme le célébrant ne doit pas lire lui même ce texte en langue vulgaire après l’avoir fait en latin, il semble que la défense soit ici moins sévère.Cependant cela va tout-à-fait contre la norme de l’Instruction qui demande explicitement de ne jamais couvrir la voix du célébrant, quand il doit lire des textes, qui, comme l’épître et l’évangile, doivent être récités à voix haute: il ne convient donc pas qu’il baisse la voix pour laisser entendre celle d’un autre.Le commentateur ou le moniteur doit alors se contenter au début d’une simple indication brève, donnant le sens général, les assistants écoutent alors le prêtre, en lisant eux-mêmes la traduction du texte dans leur propre missel.Cette règle vaut surtout pour une messe conventuelle qui doit davantage se conformer aux nouvelles instructions, d’autant plus que les religieux ou les religieuses assistant à une messe conventuelle ont ordinairement assez de culture pour être capables de lire eux-mêmes la traduction du texte sacré, sans qu’il soit nécessaire d’avoir un lecteur pour le leur faire connaître.Rome Moïse Roy, S.S.S.3.Je lis dans Informations catholiques internationales, n.82, p.5, 15 oct.1958, que la bénédiction du S.Sacrement compte parmi les pieux exercices.Est-ce exact ?C’est certainement inexact: lecture rapide ou lapsus peuvent expliquer ce mot inexact.Montréal Adrien M.Malo, O.F.M.4.Dans La V.C.R.16(1958)291, les 2 dernières lignes du texte du P.Larraona cité par S.E.Mgr le Délégué Apostolique sont incompréhensibles; comment faut-il en obtenir le sens ?M.le chanoine G.Panneton suggère d’ajouter sans avant le mot dommage et tout devient clair.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.5.Est-ce ! instruction du 3 septembre 1958 qui introduit la défense faite au commentateur de substituer sa voix à celle du célébrant ? Certainement non.La hiérarchie des personnes et des actions accomplies imposait déjà cette loi énoncée au n.96e) de l’instruction sur la liturgie du 3 septembre 1958;-voir La V.C.R.16(1958)304.Voici la traduction française de cet article: « Là où le Saint-Siège permet la lecture en langue vulgaire de l’épjtre et de l’évangile après que le texte latin en a été chanté, le commentateur ne peut pas pour le proclamation de ces textes substituer sa voix à celle du célébrant, du diacre ou du sous-diacre ».Dans son livre La liturgie du geste, Casterman, 1956, Hélène Lubienska de Lenval écrit à la p.45: « Quand le prêtre doit élever la voix, le peuple se tait.Jamais le peuple ne doit doubler la voix du prêtre: ce n’est pas respectueux ».Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.Lfl VIE D€S communfluîés r€Ligi€us€s ARTICLES Progrès de La V.C.R., par le R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.2 Un trait important du message de Lourdes, par René Laurentin.4 Le joyau du centenaire, l’église Saint-Pie X, par St-V.6 Hommage à S.S.Jean XXIII des organisateurs des congrès de Lourdes.10 Lourdes au Canada, par le R.F.Marie-Maximin, F.E.C.12 Présence de Lourdes dans l’archidiocèse d’Ottawa, par la R.S.Paul-Emile, S.G.C.15 L’Hôtellerie Regina mundi, par le R.P.Pierre de la Nativité, O.Ss.T.22 Crépuscule des mystiques, par le R.P.Florent Sylvestre, O.F.M.25 COMMUNICATIONS Couronnement de la Vierge de Ri gaud.29 Entrer darts le courant de grâces, déclaration de la C.C.C.30 CONSULTATIONS 1.Quand doit entrer en vigueur l’instruction sur la liturgie du 3 septembre 1958 ?.31 2.A la messe conventuelle est-il permis de lire en français l’épître et l’évangile pendant que le célébrant les lit à voix basse en latin ?.31 3.La bénédiction du S.Sacrement compte-t-elle parmi les exercices pieux ?.31 4.Pourriez vous expliquer le texte du P.Larraona cité par S.E.Mgr le Délégué ?31 5.Est-ce l’instruction du 3 septembre 1958 qui introduit la défense de doubler la voix du célébrant ?.31
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