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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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La vie des communautés religieuses /, 1959-06, Collections de BAnQ.

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¦MH HH| mm w&M «HHH Kygcx-ss.'7 ;*• aSS^.¦ ¦ r- ¦.: v'.A., ¦ - ¦ Sf-:.Vol.17, n.6 MONTRÉAL Juin 1959 GLOIRE à la première marguerite plantée et épanouie en terre canadienne ‘&ie*tAeu>ieuée “TfC&ie eCtyouoiCCe béatifiée le 3 mai 1959 à S.Pierre de Rome par S.S.JEAN XXIII AVEC LA PERMISSION DES SUPERIEURS ECCLESIASTIQUES Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.959, RUE CÔTÉ — MONTRÉAL 1 CANADA LA VIE des COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES publiée par les RR.PP.Franciscains du Canada paraît le 15 de chaque mois, excepté juillet et août, en fascicule de 32 pages N.B.Les abonnements commencent en JANVIER, PRIX DE L’ABONNEMENT: $2.75 Tout changement d'adresse est accompagné de la somme de 25 cents.Directeur : R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.5750, boul.Rosemont, Montréal 36.Tél.: CL 9-6911 Conseil de direction : S.E.Mgr J.-C.CHAUMONT.Mgr I.-H.CHARTRAND, vicaire général d'Ottawa.M.le Chanoine Cyrille LABRECQUE.Éditeurs responsables : Les Frères des Écoles Chrétiennes.Secrétariat : 959, rue Côté, Montréal 1, P.Q., Canada.Téléphone : Fr.Bertrand, é.c., UN.1-5431*, (local 1) de 2 h.à 5 h.de l'après-midi tous les jours, excepté le samedi et les fêtes.PRIÈRE O Père Éternel, Fils Éternel, Esprit Saint Éternel, Dieu tout-puissant, délivrez-moi du mal qui m’afflige, guérissez-moi subitement, opérez un miracle par l’intercession de votre très fidèle Servante, la Bienheureuse Marguerite d’Youville.Glorifiez encore sur la terre celle qui, pour votre amour, se fit mère des pauvres, des malades et des enfants abandonnés.O Marie, Salut des infirmes, priez pour moi ! O Bienheureuse Mère d’Youville, toi qui pratiquas une si grande dévotion envers le Père Eternel, toi qui aimas si ardemment Jésus au Saint-Sacrement, toi qui suivis avec une fidélité héroïque les inspirations de l’Esprit-Saint, prie et intercède pour moi.Ainsi soit-il.Trois Pater, Ave et Gloria.Quiconque, en récitant cette prière, obtiendra des grâces signalées ou des guérisons miraculeuses, est vivement prié d’en donner une relation détaillée à la Supérieure de F Hôpital Général des Sœurs Grises, 1190, rue Guy, Montréal 25, P.Qué-, Canada. la VIE Des communRUTés ReuGieuses Vol.17, n.6 MONTRÉAL Juin 1959 ARTICLES LETTRES APOSTOLIQUES S.Em.le card.Tardini Décret de Béatification.162 REPORTAGE A.Dado Les cérémonies de la Béatification.168 PANÉGYRIQUE DE LA BSE Adrien-M.Malo, O.F.M.Au lieu de la joie qui lui est proposée, elle choisit la croix.174 AUDIENCE SOLENNELLE S.S.Jean XXIII Votre patrie doit beaucoup à cette femme admirable.183 STATISTIQUES R.Sr Estelle Mitchell Les Soeurs de la Charité aujourd'hui.187 LA TV Adrien-M.Malo, O.F.M.Hommage à la Bienheureuse.190 LIVRES J.Van Agt, Jeûne eucharistique, jeûne et abstinence, Ed.Salvator, Mulhouse.c.3 J.Bonsirven, S.J., Vocabulaire Biblique, Lethielleux.c.3 Mgr.Gurry, L'Eglise et la communauté des peuples.Paris, Bonne Presse.c.3 LETTRES APOSTOLIQUES1 DE SA SAINTETÉ JEAN XXIII DÉCLARANT BIENHEUREUSE LA VÉNÉRABLE SERVANTE DE DIEU Marie Marguerite Dufrost de Lajemmerais, veuve d’Youville FONDATRICE ET PREMIÈRE SUPÉRIEURE GÉNÉRALE DE LA CONGRÉGATION DES SŒURS DE LA CHARITÉ JEAN XXIII pape POUR MÉMOIRE PERPÉTUELLE Glorifier la charité a toujours été dans la pratique de l’Église, elle dont le Divin Fondateur a proclamé le souverain précepte de l’amour, synthèse de la vie chrétienne; et ceux qui se sont signalés dans la pratique de cette vertu, elle se plaît à les glorifier et à les proposer à l’imitation des fidèles.Or voici qu’au Canada il s’est rencontré une âme d’élite qui a singulièrement rehaussé la gloire de cette Église du Christ par l’exercice d’une charité aux aspects les plus variés: charité qui, comme s’exprime Saint Augustin, « s’abaisse vers les uns, s’élève vers les autres; aimable envers ceux-ci, sévère envers ceux-là, jamais ennemie de personne et maternelle pour tous »2.C’est cette première fleur de sainteté épanouie en terre Canadienne que Nous avons la joie d’inscrire aujourd’hui au Catalogue des Bienheureux, dans la splendeur de cette Basilique de Saint-Pierre, citadelle et centre de la foi catholique.1.Traduction du décret de Béatification lu, le 3 mai 1959, dans la Basilique S.Pierre, Rome.2.De cat.rud., 15 ; P.L., 40, 328. DECRET DE BEATIFICATION 163 Née de Christophe Dufrost de Lajemmerais, capitaine des troupes françaises dans cette colonie du Canada, et de Marie Renée Gaultier, l’un et l’autre de famille et de condition distinguées, mais plus illustres encore par la vertu chrétienne, elle vint au monde le 15 octobre 1701, à Varennes, et reçut le nom de Marguerite.La vie semblait lui sourire, mais bientôt Dieu permit qu’elle connût la souffrance; car dès l’âge de sept ans elle perdit son père et sa famille ressentit tellement le contre-coup de cette infortune qu’à peine eut-elle encore les moyens de subsister.Mais l’enfant, candide et travailleuse comme elle l’était, fut d’un grand réconfort pour sa mère en deuil.Placée au Collège des Ursu-lines de Québec, pour y recevoir une éducation convenable, elle y fit sa première Communion et y reçut le sacrement de Confirmation, y puisant des forces pour suivre avec une ardeur accrue l’étendard de Jésus-Christ.Sortie du Collège, elle aida sa mère dans l’œuvre d’éducation de ses autres enfants, ses frères et sœurs à elle.Sa mère s’étant remariée, l’enfant supporta patiemment la mauvaise humeur de son beau-père, faisant voir dès lors avec quelle vertu elle était capable d’affronter les difficultés de la vie.A dix-huit ans elle épousa François d’Youville, qui d’une humble condition s’était élevé à une situation avantageuse.Elle eut beaucoup d’enfants, mais se vit affligée pendant longtemps de bien des croix; son mari en effet, homme léger et négligent, dissipa ses biens et par sa conduite causa à son excellente épouse de cuisantes douleurs.Son mari étant mort, Marguerite, avec ses deux enfants — les seuls qui lui restassent sur huit qu’elle mit au monde, — tomba dans une situation extrêmement critique, réduite à la misère.Néanmoins confiante au Père céleste, elle ne perdit pas courage et s’efforça de réaliser le programme tracé par saint Paul aux personnes de sa condition: « Que celle qui est vraiment veuve et reste seule, espère en Dieu et persévère dans les supplications et les prières jour et nuit »3.Menant une vie retirée, elle exerça un petit commerce pour pouvoir suffire aux besoins de sa famille et subvenir encore à l’indigence d’autrui.Pleine de compassion et de charité, elle venait en 3.I Tim., 5, 5. 164 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES aide à tous ceux qui souffraient.Pieuse dès son enfance, eîie s’adonna alors plus assidûment aux exercices de la dévotion et se donna toute à Dieu, qui lui infusa particulièrement cet « esprit d’adoption filiale, qui nous fait crier: Abba, Père ! ».Toutes ses pensées, toutes ses affections, elle les tourna donc vers ce Père tout aimant du ciel et vers ses enfants pauvres et infirmes de la terre.Bien que dans la gêne, elle se vit cependant enrichie d’un grand trésor, le plus riche qu’une mère chrétienne puisse ambitionner: celui de ses deux fils appelés par Dieu à l’honneur du sacerdoce.Libérée ainsi de tout souci familial — son mari était mort tandis qu’elle avait vingt-neuf ans — elle consacra toutes ses forces aux soins des pauvres et des autres infortunés.Inspirée par l’auteur de tout bien, elle recueillit chez elle quelques indigents, pour leur procurer secours matériel et réconfort spirituel.La première à bénéficier de cette hospitalité charitable fut une pauvre aveugle que par amour pour Dieu elle soigna et secourut de toutes façons.Pour pouvoir suffire à ces charitables offices, elle réunit quelques jeunes filles désireuses de se dévouer au soin des pauvres.Le petit troupeau se développa et devint par la suite une Famille nombreuse et riche en œuvres diverses: celle des Sœurs de la Charité.La populace d’abord les appela par dérision les Sœurs « grises », c’est-à-dire ivres, à la manière dont les Apôtres, remplis des dons du Saint-Esprit, furent raillés comme « remplis de vin »4.La Servante de Dieu, après avoir occupé avec ses compagnes diverses Maisons louées, prit enfin possession de l’Hôpital de Montréal, qui se trouvait alors dans une situation désespérée; en ayant pris en main l’administration, surmontant avec son grand courage et sa patience d’incroyables difficultés, elle lui donna enfin une organisation remarquable.Avec l’approbation de l’Archevêque de Montréal, en 1755, elle prit l’habit religieux en même temps que sa petite Famille, et de la sorte l’Église du Canada se vit enrichie d’une nouvelle Société de Vierges consacrées.Sa Maison était ouverte à tous ceux qui souffraient de pauvreté, de maladie ou d’autres nécessités sans faire de différence 4.Act., 2.13. DÉCRET DE BEATIFICATION 165 d’âge, de nationalité, de sexe ou de religion; car Marguerite n’entendait mettre aucune limite à sa charité.Alors que la guerre sévit dans le pays, redoublant de dévoûment, elle recueillit chez elle les soldats blessés, leur procurant tous les soulagements possibles; elle ouvrit sa porte aux fuyards, traqués par la faim et la misère, les nourrissant parfois d’une manière qui tenait du prodige; aux enfants trouvés, dont le nombre s’était considérablement accru, elle se montra une mère pleine de bonté.Déversant sur tous les trésors d’un amour tout surnaturel, elle mérita d’être appelée « la Mère à la charité universelle ».Quant à la Famille religieuse dont elle fut la Fondatrice et la Maîtresse, elle la dirigea avec prudence, la développa et la fortifia dans la vertu; Congrégation qui ne se répandit pas seulement au Canada, mais essaima en d’autres pays.Très unie à Dieu et, par l’amour de la Croix, se dominant elle-même, en vraie femme forte elle supporta avec courage toute sorte d’épreuves.La maladie, la guerre, les calomnies, les persécutions, d’autres maux encore ne purent triompher de sa force d’âme; à tel point qu’un jour où l’incendie détruisit son Hôpital de Montréal, entourée de ses Sœurs et des malheureux hospitalisés, s’approchant des ruines fumantes de sa demeure, elle fit chanter le Te Deum.Des vertus si éminentes et des œuvres si éclatantes accomplies par elle, elle était redevable à Dieu le Père Tout-Puissant, à qui elle rendait un culte d’adoration très fervente.Elle honorait aussi d’une piété intense le Sacré-Cœur de Jésus, la Bienheureuse Vierge Marie et son Époux saint Joseph.Fille obéissante de l’Église, elle fut en outre ornée de dons surnaturels, surtout du don de prophétie.Mais déjà cette infatigable pourvoyeuse de tous les malheureux était digne de recevoir la récompense que Notre-Seigntur a promise à ceux qui le servent dans la personne du plus humble de leurs frères.Ayant exhorté ses Filles à la concorde, à l’obéissance, au support joyeux de toutes les épreuves avec l’aide de la grâce, succombant au choc de la maladie et munie des Sacrements de l’Église, le 23 décembre 1771, à Montréal, elle échangea les ténèbres de la vie présente contre les splendeurs de la lumière éternelle.Sa dépouille morteUe fut ensevelie dans la Chapelle de son Hôpital, afin 166 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES qu’elle, qui toute sa vie s’était dévouée à ceux qui souffraient n’en fût pas séparée même après sa mort.La renommée croissante de sa sainteté parut recevoir la confirmation des signes divins.Aussi entreprit-on la Cause de sa Béatification.Après le Procès de l’Ordinaire, fut signée par Léon XIII, notre Prédécesseur d’immortelle mémoire, la Commission d’introduction de la Cause auprès de la Sacrée Congrégation des Rites.Le Procès Apostolique ayant été mené à terme, on discuta sur les vertus théologales et cardinales de la Vénérable Marie-Marguerite Dufrost de Lajemmerais, veuve d’Youville; toutes choses examinées et pesées, Pie XII Notre prédécesseur, par Décret du 3 Mai 1955, déclara qu’elle les avait pratiquées d’une manière héroïque.On passa alors à l’examen des miracles, opérés, à ce qu’on disait, à la prière de la Servante de Dieu, et le 11 Mars de cette année Nous avons déclaré qu’il consiste de deux miracles opérés de la sorte.Restait la dernière question à discuter: à savoir, si l’on pouvait procéder sûrement à la Béatification de la Servante de Dieu.Ce point fut acquis par l’assentiment unanime des Cardinaux préposés aux Rites ainsi que des autres Prélats et Consulteurs de cette Sacrée Congrégation.Nous cependant, vue l’importance de la chose, Nous avons différé de dire Notre pensée, en vue d’obtenir de Dieu par de ferventes prières une aide d’en haut plus abondante.Enfin le dix-neuf Avril de cette année Nous avons déclaré qu’on pouvait procéder sûrement à la Béatification de la Vénérable Servante de Dieu Marie Marguerite Dufrost de Lajemmerais, veuve d’Youville.Aussi, répondant aux vœux des Sœurs de la Charité et d’autres fidèles, en vertu de ces Lettres et de Notre autorité Apostolique, Nous accordons la faculté d’appeler à l’avenir du nom de Bienheureuse cette même Vénérable Servante de Dieu Marie Marguerite Dufrost de Lajemmerais, veuve d’Youville, et d’offrir à la vénération des fidèles, mais non en procession solennelle, son corps et ses reliques, ainsi que d’orner de rayons l’image de la Bienheureuse.En outre, de cette même autorité, Nous accordons que chaque année on en récite l’Office, du Commun des Vierges, avec les leçons propres approuvées par Nous, et qu’on en célèbre la Messe, du même Commun, avec les oraisons DECRET DE BEATIFICATION 167 propres pareillement approuvées, selon les rubriques du Missel et du Bréviaire Romain.Cependant Nous n’accordons la récitation de cet Office et la célébration de cette Messe que dans l’archidiocèse de Montréal, dans les anciennes limites duquel est née et est morte la Bienheureuse, et dans le diocèse de Saint-Jean-de-Québec, auquel appartient aujourd’hui le lieu de sa naissance, ainsi que dans les églises et les Chapelles du monde entier dont se sert la Congrégation des Sœurs de la Charité, pour tous les fidèles qui sont tenus de réciter les Heures Canoniales et, en ce qui regarde la Messe, pour tous les prêtres qui se rendent aux églises et aux Chapelles où se célèbre la fête de la Bienheureuse.Enfin Nous accordons que l’on puisse célébrer les Solennités de la Béatification de la Vénérable Marie Marguerite Dufrost de Lajemmerais, veuve d’Youville, selon les normes à observer, dans les églises et Chapelles susdites, aux jours à fixer par l’autorité légitime, au cours de l’année qui suivra la même Solennité dans la Basilique Patriarcale du Vatican.Nonobstant toutes Constitutions et Ordonnances Apostoliques ou Décrets de non-culte et autres dispositions quelconques contraires.Et Nous voulons qu’on accorde aux copies de ces Lettres, même imprimées, pourvu qu’elles soient signées de la main du Secrétaire de la Sacrée Congrégation des Rites et munies du sceau de cette même Congrégation, fut-ce dans les discussions judiciaires, la même foi qu’on accorderait à l’expression de Notre volonté à la vue de ces Lettres.Donné à Rome, près Saint-Pierre, sous l’anneau du Pêcheur, le 3 Mai, en la fête de l’Invention de la Sainte Croix, l’an 1959, de Notre Pontificat le premier.Dominique Card.Tardini Secrétaire d'État Vous êtes religieusement priés de bien vouloir répondre sans délai aux questions posées au mois d’avril, couv.p.4.Le rapport de l’enquête sur l’Angélus au Canada est commencé et si vous désirez que votre communauté y soit mentionnée ne tardez pas à nous envoyer les informations qui vous concernent. REPORTAGE L6S C€R€momeS D€ Lfl BéflTIfICfiTIOn Selon le cérémonial historique des béatifications des remarquables serviteurs de Dieu, le pape a la coutume de sanctionner ce qui a été décrété dans le bref apostolique qui est lu le matin par une visite à la basilique vaticane pour vénérer celui qui par lui a été honoré de la gloire sublime des autels.C’est ce qui est arrivé pour la bienheureuse Marguerite Dufrost de la Jemmerais, veuve d’Youville.Immédiatement après, s’étant empressé de rendre hommage aux vénérables dépouilles de S.Jean Bosco dans le temple magnifique qui lui est érigé à Rome, S.S.Jean XXIII eut une idée anticipée du discours solennel qu’il devait prononcer le lendemain en l’honneur de la nouvelle Bienheureuse, étoile brillante de l’Eglise catholique du Canada; il la proclame sainte très grande et modèle héroïque des vertus qui ont fleuri sur la croix du Christ et qui ornent pour toujours l’Église de Dieu.CÉRÉMONIE DU MATIN Une foule considérable assistait le matin dans la basilique du Vatican à la proclamation solennelle de la Bienheureuse Marie-Marguerite Dufrost de Lajemmerais, veuve d’Youville, fondatrice de la congrégation des Sœurs de la Charité, dites Sœurs Grises.A dix heures, le chapitre du Vatican accompagnant S.Em.le cardinal Frédéric Tedeschini, archiprêtre de la basilique, s’est rendu en procession dans l’abside pour prendre place à gauche de l’autel; sur la banquette de droite, couverte de riches tapisseries, se trouvaient les éminentissimes cardinaux membres de la S.C.des Rites: Aloisi Masella, Mimmi, Gaétan Cicognani, Valeri, Giobbe et Jullien.Les consulteurs, les prélats et les officiels se retiraient à l’endroit qui leur était réservé.Étaient aussi présents de nombreux archevêques et évêques en commençant par une représentation choisie et remarquable de l’Épiscopat canadien dirigée par l’archevêque de Québec, S.E.Mgr Maurice Roy et accompagnée de deux délégués apostoliques, LL.EE.NN.SS.Panico et Biaggio.Lorsque le clergé eut pris place dans l’abside, le Postulateur de la cause, Mgr Emidio Frédéric, accompagné de S.E.Mgr Henri Dante, pro-secrétaire de la S.C.des Rites, s’approcha de S.Em.le cardinal Gaétan Cicognani, préfet de la même congrégation, pour Jui remettre la lettre apostolique en forme de bref &t le supplier de bien vouloir en LES CÉRÉMONIES DE LA BÉATIFICATION 169 ordonner la lecture.Celui-ci le renvoya à l’éminentissime seigneur cardinal Frédéric Tedeschini, archiprêtre de la basilique pour demander comme on dit dans le langage traditionnel la venta, la permission de lire le document dans sa basilique.La permission obtenue, Mgr Barbetta, chanoine du Vatican, d’une petite tribune faisait la lecture du bref dans lequel, après avoir tracé un résumé de la vie et des vertus héroïques de la vénérable, S.S.Jean XXIII déclarait l’inscrire au catalogue des bienheureux.Le bref se termine par la signature de S.Em.le cardinal Dominique Tardini, secrétaire d’Etat.Après la lecture du document papal, tous se lèvent et pendant que l’éminentissime seigneur cardinal Paul-Emile Léger, archevêque de Montréal, entonne le Te Beum, au milieu de l’enthousiasme ému et pieux et les vibrantes acclamations des fidèles présents au rite sacré, est enlevé le voile recouvrant la gloire du Bernin qui encercle de rayons dorés et lumineux le tableau de la nouvelle bienheureuse le visage auréolé s’élevant vers les cieux et est exposée sur l’autel où va être à l’instant célébrée la messe la relique de la bienheureuse.Au son festival des orgues accompagnant les chantres fameux de la basilique vaticane le chant du Te Beum se poursuit jusqu’au verset Priez pour nous, bienheureuse Marguerite d'Youville et l’oraison, suivis de l’encensement de la relique et du tableau d’une trentaine de pieds qui rayonne dans la gloire du Bernin.Un autre tableau apparaît sur la bannière suspendue à la loggia; tandis que deux immenses portraits de chaque côté du maître-autel rappellent les deux miracles acceptés pour la béatification: Sr Desrosiers guérie subitement de la tuberculose et Sr Jean-Marie, aveugle, qui recouvra la vue.S.Ém.le cardinal Léger dépose la chape, revêt les ornements de la messe pontificale qu’il commence assisté des chanoines du Vatican: Mgr Guerri, prêtre assistant, Mgr Stœckle et Gracia, diacre et sous-diacre, NN.SS.Fammilume, Coletti, Vinci et Vorlicek, cérémoniaires.En même temps est distribuée par les soins de la Postulation la vie de la Bienheureuse, composée par G.della Cioppa et traduite en français sous le titre La Bienheureuse Marguerite d'Youville, fondatrice de la congrégation des Sœurs de la Charité de Montréal (Sœurs Grises), 1701-1771.Milan et Pise, 1959, 16.5cm.64pp.La couverture en couleurs porte à l’arrière plan le clocher de la maison-mère actuelle, au premier plan la bienheureuse mère entourée des malades, des infirmes, des orphelins, des pauvres, des indiens, des aveugles, 170 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES des mères nécessiteuses.Tout ce tableau est surmontée d’une croix lumineuse et rayonnante.C’est bien la Mère de la charité universelle.A l’intérieur de cette brochure se trouve en couleurs l’image traditionnelle de la bienheureuse, les mains posées sur un livre ouvert et portant l’inscription Universalis charitatis mater, mère de la charité universelle.Pour cette distribution, le Postulateur avait retenu les services de Sulpiciens, de Pères du S.Sacrement, de Servîtes de Marie, d’Oblats de Marie Immaculée et des étudiants canadiens au collège de la Propagation de la foi.CÉRÉMONIE DE l’aPRES-MIDI A 16h.50 le pape Jean XXIII, en mozette avec l’étole rouge, est descendu dans la basilique, accompagné des monseigneurs majordome, maître du palais, aumônier secret, sacriste et des autres dignitaires de l’antichambre.Il est accueilli par le chapitre du Vatican, dirigé par S.Em.le cardinal archiprêtre Frédéric Tedeschini qui offrit l’eau bénite à Sa Sainteté.Dans la chapelle de la Piétà, où il est attendu par dix-huit cardinaux: Pizzardo, Masella, Tedeschini, Mimmi, Fumasoni Biondi, Agagianian, Cicognani Gaétan, Léger, Giobbe, Cento, Cicognani Amleto Giovanni, Tardini, Canali, Otta-viani, Di Jorio, Bracci, Roberti, Jullien, le cortège se forme dans l’ordre habituel précédé de la croix.De très chaleureuses acclamations saluent l’apparition du Pasteur suprême, porté sur la sedia gestatoria et bénissant avec paternelle effusion la multitude des fidèles.Descendu de la sedia gestatoria devant l’autel de la Chaire, il s’agenouille au faldistoire.Pendant le chant de YAdoro te par la chorale Giulia, le S.Sacrement est exposé.L’éminentissime seigneur cardinal Agagianian, faisant fonction de premier de l’ordre des prêtres présente l’encensoir au Souverain Pontife qui encense l’Hostie sainte; puis vient le chant de l’hymne Fortem virili pectore avec le verset et l’oraison propre de la Bienheureuse; enfin le Tantum ergo suivi de la triple bénédiction avec l’ostensoir donnée par S.E.Mgr Maurice Roy, archevêque de Québec.A l’issue de la cérémonie sacrée, le postulateur de la cause, Mgr Emidio Frédéric, accompagné de S.Em.le cardinal Léger, S.E.Mgr Maurice Roy, du T.R.P.Moïse Roy, S.S.S., procureur général des Pères du T.-S.-Sacrement, de quelques Sulpiciens et d’autres LES CÉRÉMONIES DE LA BÉATIFICATION 171 personnages canadiens, font l’offrande au saint Père du reliquaire artistique, des images et des biographies ainsi que du traditionnel bouquet de fleurs.Oeuvre de la maison Nicola Calabresi, le reliquaire consiste en une statue d’argent posée sur une base de malachite qui porte sur les faces latérales le blason du Pape et des Sœurs de la Charité et sur la face centrale un écrin d’or orné de brillants, de perles et de diamants contenant une relique de la Bienheureuse.En recevant ces dons, le saint Pere a des paroles de bienveillance et de gratitude paternelle.La vie et les images sont aussi distribuées aux éminentissimes cardinaux, aux archevêques et évêques présents, aux prélats présents, aux corps diplomatiques, aux dignitaires laïcs de la cour pontificale et aux autres personnalités.Après une très fervente prière, le Pape remonte sur la sedia gesta-toria, le cortège se reforme, parcourt la nef centrale pendant que la foule renouvelle l’éloquente manifestation d’amour filial à un Père très aimé.PERFECTION DES SERVICES ET DE LA MUSIQUE Les cérémonies se sont accomplies dans la perfection sous la direction du collège des maîtres de cérémonies pontificales dirigé par Mgr Enrico Dante, préfet, et les Mgr Calderari, Cocchetti, Fat-tinnanzi, Carretta, Gemmiti et Di Pasquale.Le service d’honneur et d’ordre a été assuré par les camériers de cape et d’épée, les busso-lanti, les membres du cercle S.Pierre et les corps armés pontificaux.La chorale Giulia, dirigée par le maître Antonelli, a exécuté avec une remarquable perfection les pièces suivantes.Le matin, Te Beum d’Antonelli, la messe in honorem Sanctce Marice visitationis pauperum de Bonaventure Somma, Flores apparuerunt de Somma; l’après-midi Adoro te de Boezi, l’hymne Fortem virili pectore d’Antonelli, le Tantum ergo de Boezi et l’hymne papal de Gounod.La messe du maître Bonaventure Somma, à voix inégales, présente une structure technique de forme traditionnelle; elle développe un phrasé quelque peu lyrique au service d’une rythmique plutôt ina-coutumé dans un tel genre de musique.A certains moments, spécialement durant le Gloria et le Credo domine un mouvement syncopé qui donne à la contexture du texte un mouvement vibrant, presque violent, accompagné à l’orgue de rythmes et de développements harmoniques, nouveaux dans la musique sacrée mais très souvent 172 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES employés dans la musique légère.Cette musique s’écoute avec charme, s’exécute sans arrêt, sauf pour quelques moments comme à YIncarnatus est où ]a fougue se calme pour faire place à une reposante prière.PERSONNES PRÉSENTES Dans des tribunes réservées se trouvaient les prélats de la Se-crétairerie d’Etat, les parents de Sa Sainteté, le corps diplomatique: plus de quarante présidents, la prélature romaine, les dignitaires de la cour pontificale et des hautes fonctions de la Cité du Vatican, les délégations des ordres souverains des chevaliers de Malte et du Saint-Sépulcre, le patriciat et la noblesse romaine, l’Académie Pontificale des Sciences, l’Action Catholique, l’Action Catholique des ouvriers italiens, la Société Perche-Canada qui a ses quartiers à l’hctel de ville de Mortagne où après se rendra une délégation canadienne au retour de Rome.Deux délégués apostoliques, LL.EE.NN.SS.G.Panico et Baggio ont participé aux cérémonies.L’Épiscopat canadien comptait une importante délégation A S.Em.le cardinal Léger et à S.E.Mgr Maurice Roy, archevêques de Montréal et de Québec, formaient une couronne d’honneur LL.EE.NN.SS.les archevêques Baudoux de S.-Boniface, Duke de Vancouver, O’Neil de Régina, Lemieux d’Ottawa, Parent de Rimouski, Pocock de Winnipeg, Robichaud de Moncton; les évêques Brodeur d’Alexandrie, Coderre de S -Jean en Québec, Cody de London, Klein de Saskatoon, Limoges de Mont-Laurier, MacDonald d’Antigonish, MacEachren de Charlottetown, Smith de Pembroke, Fallaize, Lacroix, Labrie, Lajeunesse.La délégation laïque n’est pas indigne d’une telle représentation, grâce à la qualité des membres du pèlerinage national dont le nombre, vu les circonstances, est réellement consolant.Parmi les autorités civiles du Canada officiellement représentées se trouvaient LL.EE.Arthur Leclerc, ministre de la Santé, Antonio Elie, ministre sans portefeuille, Albini Paquette, ex-ministre, tous du gouvernement provincial du Québec.A eux s’ajoutaient S E l’ambassadeur Léon Mayrand, l’honorable J.-O.Asselin, représentant Montréal, Paradis, maire de Trois-Rivières, Loranger et Prévost, maires de Varennes, ville et campagne, M.Nicolas Massue de LES CÉRÉMONIES DE LA BÉATIFICATION 173 Varennes, les RR.PP.Saint-Cyr et Caniblé, S.S.S., le juge Fontaine, les RR.PP.Barabé et Juneau, O.M.I., M.Aurèle Allard, P.S.S.De la congrégation des Sœurs de la Charité il y avait les supérieures générales Béatrice St-Louis de Montréal, Lachapelle de St-Hyacinthe, St-Paul d’Ottawa, Marie-Ange de Québec, Hélène de Pembroke, Mary Ida de Philadelphie, toutes les supérieures provinciales et la R.S.Jean-Marie des Neiges de Blois, miraculeusement guérie par l’intercession de la Bienheureuse.Rome A.Dado.O L’enseignant a presque la grace du sacerdoce Recevant en audience des professeurs des écoles secondaires d’Italie, Jean XXIII leur a déclaré: « Quand un enseignant qui a passé toute sa vie au service du ministère sacré de l’enseignement arrive au paradis, les portes du ciel s’ouvrent toutes grandes devant lui.C’est presque la grâce du sacerdoce chrétien qui est réservée aux enseignants ».Le Souverain Pontife a poursuivi en disant qu’il se plaisait souvent à imaginer un hémisphère spirituel avec trois étoiles particulièrement resplendissantes: le sacerdoce, le magistère, la médecine.Ces trois missions sont étroitement liées entre elles en vue du perfectionnement intégral de l’homme qui est une unité composée à la fois d’un corps et d’une âme.« S’occuper de ses frères, a ajouté le Pape, c’est interpréter les désirs du Seigneur, comme l’affirment les Saintes Ecritures.Le frère qui est aidé par son frère constitue une force certaine.C’est pourquoi tout homme sent l’importance de l’école dans sa formation.» Après avoir rappelé ses premières expériences scolaires et les souvenirs que lui ont laissés ses éducateurs, le Pape a conclu en souhaitant de se rencontrer encore avec les enseignants, auxquels il a promis d’offrir pour eux ses prières du soir, « car si tous doivent prier pour le Pape, le Pape doit prier pour tous.».Le Saint-Père a reçu en audience les instituts masculins et féminins dirigés par les curies épiscopales, par des religieux et par des sœurs, réunis ces jours-ci à Rome pour traiter des problèmes communs de l’apostolat catholique de l’éducation: problèmes intéressant 620 écoles supérieures et 1,615 écoles secondaires avec plusd’un demi-million d’élèves; 2,200 écoles élémentaires et 11,000 écoles maternelles, avec environ 1,200,000 enfants, au total près de deux millions d’élèves.Le compte rendu de l’audience a été publié par « l’Osservatore Romano » dans son numéro du 31 décembre.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M. PANEGYRIQUE nu Lieu De lr joie qui lui esï PROPOsée eLLe choisit lh croix Héb.12, 2.Le 3 mai 1959, dans la chapelle de l’Hôpital Maisonneuve, le 10 mai dans l’église conventuelle franciscaine de Rosemont, le 17 mai à la réunion mensuelle des tertiaires de S.Edouard, Montréal, ce texte a été présenté avec les adaptations nécessaires.Dans la basilique de S.-Pierre à Rome vient de se produire un événement qui fera époque dans notre histoire: Marie-Marguerite Dufrost de Lajemmerais, veuve d’Youville, fondatrice des Sœurs de la Charité de Montréal, dites Sœurs Grises, a été proclamée bienheureuse.Depuis surtout la dernière guerre, le Canada est promu à la dignité de puissance internationale: ses richesses naturelles, le progrès de son industrie, le rythme de son développement et surtout la compréhension de la communauté humaine l’ont imposé à l’attention des peuples et lui ont mérité cet honneur.Il restait un domaine à conquérir: celui des honneurs de la sainteté.Sans doute il s’y trouvait réellement présent par le bienheureux André Grasset, né à Montréal et martyrisé en France, les saints Martyrs Canadiens, tous nés en France et martyrisés au Canada et la bienheureuse Marguerite Bourgeoys, fondatrice de la Congrégation Notre-Dame, née en France et épanouie en terre canadienne.Malgré ces faits, on ne cessait de nous répéter que nous ne comptions pas de saint véritablement à nous puisque surtout dans les deux derniers cas si les honneurs des autels furent concédés pour des vertus pratiquées au Canada, ces personnes devaient reconnaître dans la France le pays de leur berceau, de leur formation et de leur développement chrétien.Mais avec la bienheureuse Marguerite d’Youville, le Canada est le seul à pouvoir revendiquer la vie entière de la bienheureuse, née sur notre sol, développée en notre pays et épanouie sous le soleil canadien.Le Canada avec elle prend donc place dans le monde de la sainteté; aussi convient-il de nous réjouir doublement parce que dans le catalogue de la sainteté le Canada apparaît pour la première fois, et aussi parce que cette servante de Dieu qui nous vaut cet AU LIEU DE LA JOIE, ELLE CHOISIT LA CROIX 175 honneur insigne est largement comblée des dons de la nature et de la grâce.Pour alimenter notre reconnaissance envers Dieu et le profit spirituel de nos âmes, évoquons les principales dates d’une vie merveilleuse et montrons comment le cheminement mystérieux de la grâce transforme des faits en apparence ordinaires en autant de pas vers une sainteté authentique.1.La vie de Marie-Marguerite Dufrost de Lajemmerais En 1701 le Canada ressent un enthousiasme bien justifié: trente-huit nations autochtones conduites par les Iroquois promettent de vivre en paix avec les nouveaux colons; dans un déploiement fastueux ils signent un traité qui présente toutes les garanties de sécurité.Encore sous l’émotion de l’effroi crée par le récent massacre de La-chine, Montréal se prend à respirer.Le fort de Verchères où vient de s’illustrer la vaillante Madeleine renaît à l’espoir; la seigneurie de Varennes pourrait ajouter à l’allégresse générale des motifs particuliers de joie: Le sieur Christophe de Lajemmerais et sa jeune épouse Marie-Renée Gaultier accueillent le 15 oct.1701 le premier de leurs six enfants, Marie-Marguerite.Si la petite demoiselle porte dans ses veines le plus riche sang de la Nouvelle-France qui la fait parente de toute la noblesse du temps, elle reçoit dès ses premières années l’empreinte du signe rédempteur qui l’accompagnera toute sa vie et finira par la caractériser fortement.Elle a pour première compagne la pauvreté, son père ne recevant pour revenu que sa maigre solde d’officier, ce qui suffit tout juste pour ne pas laisser sa famille mourir de faim.Devenue orpheline de père à l’âge de sept ans, elle sent la pauvreté augmenter jusqu’à un état voisin de la mendicité.Le marquis de Vaudreuil se charge d’importuner le ministre de la marine en faveur de la veuve.(( Par la grande connaissance que nous avons de sa misère, écrit-il, la dame de Lajemmerais est entièrement dénuée de tout et chargée de six enfants )).La réponse ne viendra que six ans plus tard et apportera un soulagement fort mince à cet état de privation.C’est grâce à la présence de tantes chez les Ursulines de Québec que Marguerite âgée de onze ans pourra bénéficier pendant deux ans de l’excellente formation donnée par les éducatrices réputées de Québec. 176 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES C’est là qu’elle fera sa première communion et qu’elle s’initie au sens de la souffrance humaine dans l’ouvrage Les Saintes voies de la croix de l’abbé Henri-Marie Boudon.Laissant le souvenir d’une élève intelligente et appliquée, elle retourne à douze ans à Varennes et aide sa mère dans les travaux du foyer.Auprès de ses frères et sœurs, elle acquiert vite le sens des responsabilités et les vertus qui lui resteront d’un si précieux secours tout le long de sa vie.A l’âge de dix-huit ans, elle attire l’attention d’un jeune homme qui gagne son cœur et obtient sa main, mais avant que se présente le moment du mariage, sa mère convole en secondes noces avec un individu assez équivoque, du nom de Timothy Sullivan, alias Sylvain.Ce geste malheureux ajoute à la pauvreté du foyer Lajemmerais la déconsidération sociale.Aussi le prétendant de Marguerite se défile-t-il habilement, affront que celle-ci accepte courageusement pour le meilleur intérêt des siens.Deux ans plus tard, Marguerite suit sa famille qui vient s’établir à Montréal.Dans le Montréal d’alors on mène grande vie.Marguerite capte l’intérêt de François Madeleine You, fils du rochelois Pierre You, qui pour avoir participé aux voyages de Cavelier de la Salle, se décore facilement et pompeusement du titre de sieur de la Découverte.Le 12 août 1722, dans l’église de Villemarie, l’union est définitivement scellée.François apporte au foyer qu’il fonde sa part de richesses: séduisant, beau parleur, ami et protégé du marquis de Vaudreuil, il pourrait avec Marguerite atteindre le bonheur.Mais se donnant au commerce illicite des fourrures et de l’eau-de-vie avec les autochtones, il ne fait que de rares apparitions au foyer, apparitions trop courtes pour subir l’influence bienfaisante désireuse de le convertir à tout prix surtout par la douceur et l’affection.Elle lui donnera six enfants.En 1723 une fille, en 1724 un garçon, en 1725 une fille, en 1726 une fille, en 1729 un garçon, sept mois après le décès de François une fille.Les quatre filles ne vivront guère, les deux garçons deviendront prêtres.Quand le 5 juillet 1730, emporté en moins d’une semaine par la maladie, François meurt au bout de huit ans de mariage, il est sincèrement pleuré par Marguerite.En réalité, il lui laisse un sombre bilan: Deux enfants à éduquer, une dette de dix mille livres et surtout la rancune des marchands de Montréal, à qui François a fait la nique, grâce à la protection du marquis de Vaudreuil, décédé lui aussi.Ce dernier détail explique AU LIEU DE LA JOIE, ELLE CHOISIT LA CROIX 177 la douloureuse opposition qui se dresse d’une manière inattendue contre ses généreuses entreprises.Voici comment se présentent les faits.A Montréal une œuvre estimée de bienfaisance publique menace ruine; il s’agit de l’Hôpital Général, fondé en 1692, par François Charon de la Barre, assisté de Jean Fredin et de deux frères de la recluse Jeanne Le Ber.A cette première fondation, il en ajoute d’autres, surtout les Frères Hospitaliers de la Croix et de S.-Joseph.Sollicité par trop d’œuvres à la fois, mal soutenu par ses associés, faiblement aidé par le clergé parcimonieux de soins pour la formation des frères, contredit par les autorités métropolitaines opposées à la fondation de toute nouvelle communauté, le fondateur accumule les fautes: acceptation de sujets sans discernement, administration peu éclairée, emprunts exorbitants, accumulation d’œuvres disparates dans un hôpital d’abord destiné aux pauvres et aux infirmes devenant coup sur coup hôpital-collège, école élémentaire, école technique, foyer de recrutement pour les frères enseignants.En 1719, le fondateur meurt inopinément; son successeur s’enfuit aux Antilles, les saisies, les procès s’abattent sur la jeune communauté dont les membres se dispersent.La ruine devient immi nente; bientôt les derniers survivants des Frères Hospitaliers sup plieront Mgr de Pontbriand de bien vouloir accepter leur démission en les dégageant de toute responsabilité.C’est à ce moment providentiel que commence la vie réelle de Marguerite d’Youville.Deux clairvoyants Sulpiciens, M.le Pappe de Lescôat et M.Louis Normant de Faradon, l’un après l’autre curé de Notre-Dame et directeurs spirituels de la jeune veuve, travaillent déjà à assurer la relève.Le premier lui dit au lendemain de son deuil: (( Consolez-vous, ma fille.Dieu vous destine à une grande œuvre: vous relèverez une maison sur son déclin )).Sous cette direction, Marguerite commence un apostolat concret: elle visite les pauvres à domicile, assiste les malades et les prisonniers et quête pour les condamnés à mort.A l’Hôpital Général elle soigne les vieillards et prépare leur linge.Quand François, son fils, part pour le séminaire de Québec, elle recueille dans sa maison une vieille aveugle, des femmes impotentes, invalides et souffrantes.En vue de participer à cette œuvre naissante, trois personnes, Louise Thaumur-Lasource, les demoiselles Demers et Cusson, s’unissent à elle; le 31 décembre 1737, toutes les quatre promettent à Dieu de se dévouer au service des miséreux. 178 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES Pour répondre aux besoins croissants, Marguerite loue la maison Leverrier, beaucoup plus vaste; le déménagement se fait sans bruit; dans l’intimité, Marguerite et ses trois collaboratrices, agenouillées devant une petite statue de la Ste Vierge, le 30 octobre 1738 renouvellent leur consécration d’elles-mêmes pour servir jusqu’à la fin les membres les plus délaissés de son divin Fils.Pendant qu’une telle coopération de bien s’organise au rythme des œuvres voulues par Dieu, dans l’ombre se trament des complots assez mystérieux.Depuis longtemps, les Sulpiciens interdisent aux Frères de recruter de nouveaux membres.Cette défense répétée fait naître le soupçon de l’extinction prochaine d’une œuvre encore chère au public; les créanciers entrevoient déjà la disparition de leurs débiteurs; certains commerçants épousent la cause de François Charon et de Pierre Le Per et adressent une lettre à Mgr le comte de Maurepas, secrétaire d’Etat pour solliciter instamment le maintien de l’Hôpital Général.A cette pétition dirigée contre Marguerite, s’ajoutent les épreuves de toutes sortes: manifestation publique d’hostilité, maladie de six ans de 1738 à 1744, mort de la demoiselle Cusson en 1741, incendie le 31 janvier 1745.Rien ne peut briser sa décision; au plus fort de la tempête, elle décèle en son âme des ressources plus grandes de générosité.Alors qu’elle est appelée grise, au sens d’ivrognesse, elle relève l’insulte pour la convertir en stimulant pour l’apostolat; alors qu’elle est dépouillée, elle s’engage le 2 février 1745 à la mise de tout en commun, au renoncement total en faveur des pauvres.Par cette attitude, elle s’achemine aux victoires de la vertu.Elle est d’abord reconnue directrice provisoire de l’Hôpital Général; elle consent un moment à disparaître pour permettre à l’Hôpital Général de Québec d’absorber celui de Montréal.Bientôt le roi de France manifeste sa confiance en Marguerite, il octroie l’existence légale en limitant à douze le nombre des sujets à sa communauté des Sœurs de la Charité, dites Sœurs Grises, le 3 juin 1753, il permet ainsi la reconnaissance canonique du 25 août 1755 par Mgr de Pontbriand.Cet acte est bientôt suivi du choix d’un costume et de la première prise d’habit.Alors commence sur un rythme accéléré le travail d’organisation et de stabilisation.Inutile de décrire la rapide ascension de Sœur Marguerite où tour à tour prennent le relief sa confiance en Dieu le Père, ses talents de pourvoyeuse et d’administratrice et l’élan invincible de ses authentiques vertus.Signalons deux moments principaux.L’incendie de 1765 qui réduit en cendres le fruit précieux de ses labeurs; seuls un petit tableau du Père Eternel et une petite statue AU LIEU DE LAJOIE, ELLE CHOISIT LA CROIX 179 de la Ste Vierge restent intacts dans les décombres.Puis la guerre qui amene la cession du Canada à l’Angleterre multiplie les victimes qui ne sont dépassées que par le dévouement infatigable de la communauté.Apres 1 amenagement de la seigneurie de Châteauguay et de la maison de la Pointe-St-Charles, arrive en 1771 la dernière maladie: frappee le 9 décembre, elle succombe le 23 a 8 h.30 du soir non sans que le Ciel dessine sur le firmament une immense croix lumineuse indiquant aux citoyens, la source d’une si merveilleuse fécondité.Actuellement elle compte une postérité de plus de sept mille religieuses réparties en six groupes autonomes qui se dépensent aux soins de tous les malheureux: aveugles, vieillards, enfants abandonnés, orphelins, malades, filles tombées, aliénés, sous tous les cieux: les glaces polaires, les jungles de 1 Afrique, au Japon, en Haiti, aux Antilles, au Brésil.2.La sainteté de Mère Marguerite d’Youville C’est dans un tel tissu d’événements que se discerne la sainteté de notre Bienheureuse.Un peu plus de cent ans après sa mort, Leon XIII permet 1 introduction a Rome du procès de canonisation.Victorieusement la nouvelle vénérable en franchira les difficiles étapes.Le 3 mai 1955, elle mérite le décret d’héroicité des vertus; Rome reconnaît qu’à un degré héroïque elle a pratiqué les vertus théologales de la foi, de l’espérance et de la charité, ainsi que les vertus morales de la prudence, de la force, de la justice et de la tempérance.Cette constatation prouvée pose la condition indispensable de toute cause normale de béatification; la question des miracles n’est abordée qu’après que cette héroïcité a été fermement établie.Dans un cas semblable, Pie XII qui désirait si cordialement la béatification de Pie X, a dû pour un moment suspendre la marche du procès: les vertus de prudence et de tempérance ne lui semblaient pas suffisamment démontrées contre les objections séduisantes de l’avocat du diable.La place laissée vacante par cette suspension des travaux permit à Marguerite Bourgeoys dont la cause était prête de recevoir pendant le grand jubilé de 1950 les honneurs de la béatification.Le 10 avril 1957, deux guérisons obtenues par l’intercession de la vénérable sont soumises à l’examen du collège médical: le recouvrement de la vue, le 8 février 1927, par la Sœur Jean-Marie, encore vivante aujourd'hui et la disparition totale de la tuberculose che2 Sœur Desrosiers.Après discussions, les médecins affirment que ces 180 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES deux guérisons ne peuvent pas s’expliquer par les seules forces naturelles.Le 27 mai 1958, la congrégation préparatoire étudient ces guérisons et y discernent l’intervention de Dieu pour établir la sainteté de la vénérable; l’étude est reprise en congrégation générale, le 10 février 1959.La conclusion affirme le caractère miraculeux de ces faits et leur valeur de preuve en ce qui concerne la manifestation divine de la sainteté de Sœur Marguerite.L’heureuse issue du procès illumine d’une manière fort singulière et opportune la vraie sainteté catholique.Souvent les profanes cèdent à la tentation de réduire la sainteté à la tranquillité d’une vie d’union à Dieu passée dans l’enceinte protégée des couvents en totale séparation du monde surpris et même scandalisé que la sainteté puisse consister en une espèce d’inertie stérile et même égoïste.La vie de notre Bienheureuse donne le coup de grâce à une erreur aussi pernicieuse; sa sainteté se manifeste dans une bienfaisance illimitée; rien n’échappe à son zèle et au rayonnement de ses vertus.Le monde qui l’entoure en est soulagé et transformé.C’est à juste titre que Pie XII en promulguant le décret d’héroïcité des vertus décerna à la vénérable Marguerite d’Youville le titre de Mère de la charité universelle.Dans des époques troublées comme la nôtre, la valeur des énergies rédemptrice contenue dans l’authentique sainteté catholique doit être prise en considération.Sans doute les ressources de toutes sortes doivent être utilisées dans un but sauveur, mais au-dessus de toutes les sources de relèvement tant social qu’individuel, il convient de réserver une place et non la moindre au rayonnement fécond de la sainteté qui n’est qu'un reflet de la bonté secourable de Dieu.S’il est défendu de négliger la mise en œuvre de tous les moyens, il n’est pas davantage permis d’ignorer la puissance supérieure des vertus chrétiennes.C’est l’occasion de répéter cette affirmation de Montesquieu, souvent citée par Léon XIII: La religion qui semble ne s’intéresser qu’aux biens du ciel reste encore la source de la plus grande somme de bonheur dès ici-bas.Demoiselle, femme du monde, épouse, mère de famille, veuve, religieuse, notre Bienheureuse met en relief un autre aspect de la sainteté catholique: elle convient à tous les états de vie et peut s’épanouir en n’importe quelle condition humaine.Combien dans le passé et combien encore aujourd’hui entretiennent ce préjugé aussi funeste qu’erronné que la vie vertueuse se présente comme le privilège de quelques genres de vie, comme la profession religieuse et l’engagement AU LIEU DE LA JOIE, ELLE CHOISIT LA CROIX 181 sacerdotal ! Commentant l’appellation de saints décernée par S.Paul à tous les chrétiens sans distinction, les Pères de l’Église ont affirmé et démontré que la grâce du baptême oblige à la sainteté, que Je plein épanouissement des germes déposés dans l’âme baptisée ne se trouve que dans la sainteté et que la vocation de tout chrétien ne tend à rien moins qu’à la sainteté.Les théologiens de la scolastique ont repris cet enseignement important et dans leur admirable synthèse lui ont accordé une place de choix.Les papes contemporains et en particulier Pie XI dans ses encycliques Casti connubii et Studiorum ducem se sont efforcé de remettre en honneur cette doctrine vitale du christianisme.Par une inclination inconsciente, d’où la suggestion du Malin ne se montre pas absente, les chrétiens admirent les saints, en chantent la beauté, recourent à leur efficace intercession, acceptent même d’imiter tel détail concret, mais se gardent bien de penser et de se convaincre que là réside la raison d’être fondamentale de leur vie.La vie manquée signifie la vie sans aucune sainteté, tandis que la vie réussie signifie la vie chrétienne poussée jusqu’aux c'mes de la sainteté.Les dons de Dieu sont disposés en un ordre sage et suivi et quand il appelle à la foi et à la grâce du baptême, il appelle aussi à la sainteté; parce qu’ils participent à sa nature, les fidèles doivent aussi participer à la sainteté de Dieu.Notre Bienheureuse est entrée dans le repos du Seigneur, d’où elle ne cesse pas de faire sentir son influence bienfaisante non seulement dans ses familles religieuses mais aussi dans les œuvres qu’elle fait jaillir de sa charité.Puisse-t-elle marteler dans l’esprit et cheviller dans l’âme ces enrichissantes convictions que la sainteté diffuse le bien concret des individus comme des sociétés et que cette sainteté place devant les yeux de tous les chrétiens le but indiscutable de la vie humaine.• Voilà terminé le propos que nous avions décidé de vous expliquer sur la vie de Marie-Marguerite Dufrost de Lajemmerais et sur sa sainteté rayonnante et conquérante.Nous ne voulons pas terminer sans féhciter les Sœurs de la Charité de Montréal qui offrent à notre patrie canadienne un don aussi pur et aussi bienfaisant; aux félicitations s’unissent spontanément les remerciements de tout un peuple.Comptons si nous le pouvons les malades et les malheureux de toutes sortes secourus par la charité de ses filles depuis que la congrégation 182 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES des Sœurs Grises s’engagent à soulager toutes les misères humaines; et nous pourrions aussi nous demander ce que seraient devenus tant d’enfants abandonnés, d’infirmes, d’orphelins si, dès les débuts de notre histoire, cette bienfaisante communauté n’avait pas commencé pour ne jamais cesser à se sacrifier pour le bonheur de notre pays.Varennes a élevé un monument à la plus illustre de ses filles; ce monument témoigne de la gratitude non seulement de cette paroisse mais de tout notre Canada.Au moment où la Mère d’Youville vers 1738 connut les huées de la population égarée, elle se présenta un jour dans la chapelle des Récollets, aujourd’hui les Franciscains, pour y recevoir les sacrements.Les historiens consciencieux affirment que les Récollets refusèrent les sacrements à la religieuse et à ses compagnes.C’était la traiter comme une pécheresse publique.Il semble assez difficile de découvrir le mobile des religieux franciscains.Puisqu’il m’est donné en cette occasion de sa béatification de prendre la parole en vue d’exalter les vertus, je tiens à lui présenter une amende honorable et réparation.Je sais que la Bienheureuse a depuis longtemps oublié ce que peut comporter de blâmable une pareille conduite placée dans les circonstances historiques du moment.Avec notre pontife bien-aimé Jean XXIII et l’Église toute entière invoquons le secours de notre Bienheureuse, chantons ses louanges et rendons gloire à Dieu admirable dans ses saints.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.Basilique de l’Annonciation Le Vatican a approuvé les plans d’une église coûtant $2,000,000 qui sera construite sur le lieu de l’Annonciation où l’ange Gabriel annonça à la Vierge Marie qu’elle ¦concevrait un fils qui serait appelé Jésus.La nouvelle église de l’Annonciation aura 160 pieds de hauteur, ce qui en fera la plus grande en Terre Sainte et l’un des plus grands temples du Moyen-Orient.La crypte comprendra une petite chapelle et une grotte contenant le pilier sur lequel, suivant la tradition, l’ange Gabriel se tenait lorsqu’il prononça son message.Les milieux ecclésiastiques laissent savoir que la construction de la nouvelle basilique commencera prochainement.Une église du 18e siècle, qui se trouvait sur le lieu de l’Annonce faite à Marie, a été démolie il y a cinq ans. AWDIENCE VOTR6 PRTRI6 DOIT B6RUCOUP R C€TT€ femme RDmiRRBLe Sa Sainteté le Pape Jean XXIII a reçu en audience spéciale, en la salle Clémentine, Je quatre mai, les pèlerins canadiens qui avaient assisté la veille à la béatification de Marie-Marguerite Dufrost de Lajemmerais, veuve d’Youville, fondatrice des Sœurs de la Charité.Les pèlerins ont été présentés à Sa Sainteté par S.Ém.le cardinal Paul-Emile Léger, archevêque de Montréal, en présence de S.E.Mgr Maurice Roy, archevêque de Québec et primat du Canada ainsi que des autres membres de l’épiscopat canadien qui ont assisté au Vatican, aux cérémonies de la béatification de Mère d’Youville.LE CARDINAL LEGER S.Em.le cardinal Paul-Émile Léger, en présentant les pèlerins canadiens au Saint-Père, a prononcé l’allocution suivante.Très Saint-Père, Le premier évêque de Québec affirmait qu’il était prêt à verser son sang pour demeurer en communion avec le Vicaire de Jésus-Christ.Cet esprit, j’ose l’affirmer, Très Saint-Père, anime encore, aujourd hui, toute la Hiérarchie du Canada si largement représentée a ces fetes de la glorification de Mere d 'ï ouville.Cette note caractéristique de notre Église est pour nous une fierté et une responsabilité.Dans un monde en désarroi nous comprenons que le Vicaire de Jesus-Christ sur la terre est la lumière qui éclaire la route, mais il est aussi la porte qui permet d’entrer sur la route.L’humble femme que Votre Sainteté a placé sur les autels a sanctifie tous les états de vie et elle est une synthèse vivante de la fidélité de 1 ame, qui s’attache à son Dieu.Elle est la première fille, née sur notre sol nord américain, que l’Église honore et cet événement est pour nous un présage et une espérance.La sainteté est un don que le Père accorde aux âmes sincères, mais toute sainteté arrive à nous par l’Église que le Seigneur a établie dans l’exercice de la puissance que le Père Lui avait donnée.Aussi pour définir la vraie sainteté devons-nous faire appel à Celui qui a reçu le pouvoir de lier et de délier sur la terre et dans les cieux.Vous avez exercé cette puissance en notre faveur, Très Saint- 184 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES Père, et nous voulons Vous exprimer toute notre reconnaissance.Les filles de la Bienheureuse Mère d’Youville sont groupées autour de nous en ce moment et leur âme est encore remplies des vibrations surnaturelles que le Te Deum a déclanchées en elles hier dans la Basilique de Saint-Pierre.LhMchevêque de Montréal a le privilège de conserver dans son diocèse les restes glorieux de cette admirable, mais les dons de Dieu sont immenses, et presque tous les évêques du Canada possèdent sur leurs territoires des œuvres qui sont dirigées par les filles de Mère d Youville et dans lesquelles son esprit est toujours vivant.Que Votre Bénédiction paternelle donne à toute cette richesse spirituelle une valeur accrue afin que cette glorification de notre chère Mère d’Youville soit une occasion pour nous tous de renouveler notre esprit de dévouement à Votre personne auguste.Le Saint-Père a prononcé en français à l’intention des pèlerins canadiens un discours publié par L'Osservatore Romano, livraison du six mai.Après avoir reçu l’hommage des sommités présentes, le Pape se rendait à la salle du Consistoire où les RR.SS.de la Charité avaient disposé plusieurs ornements d’église et vêtements sacerdotaux que le Souverain Pontife a fait ensuite parvenir aux églises pauvres et aux missions.Le Saint-Père a exprimé sa vive reconnaissance à la R.M.Béatrice Saint-Louis, supérieure générale des Sœurs de la Charité de Montréal.jean xxiii.— Voici le texte du discours de S.S.Jean XXIII.Nous sommes heureux de vous accueillir, chers fils du Canada venus à Rome pour la solennelle Béatification de la Mère Marie-Marguerite d’Youville, et, parmi vous, Nous saluons très particulièrement les chères (( Sœurs Grises » tout à la joie de la glorification de leur Fondatrice.Malgré la distance, vous êtes accourus nombreux pour cette fête de l’Eglise, qui est aussi — à un titre tout spécial — une fête de votre patrie, puisque c’est la première fois qu’une fleur de sainteté éclose sur le sol même du Canada s’épanouit sous les voûtes de St-Pierre.Nous Nous en réjouissons avec vous; Nous en félicitons vos Evêques ici présents, héritiers et continuateurs d’une lignée de prélats et d’apôtres qui, à la suite de Monseigneur de Montmorency Laval, ont implanté profondément la foi chrétienne sur les rives du Saint-Laurent et dans tout le pays.Nous tenons en particulier à dire Notre affection à Notre Fils très aimé le Cardinal Archevêque de VOTRE PATRIE DOIT BEAUCOUP À CETTE FEMME 185 Montréal, ainsi qu’au très cher Archevêque de Québec dont le siège — devenu aujourd’hui primatial — étendait alors sa juridiction jusqu a l'ancienne Ville-Marie où vécut la Bienheureuse.De grand cœur, chers pèlerins, Nous vous proposons en exemple cette ville de votre peuple, que Nous venons d’élever à l’honneur des autels.De la famille Dufrost de Lajemmerais, qui lui donna le jour, elle avait reçu le précieux héritage d’une foi profonde, et deux de ses freres furent pretres.Dans son propre foyer, douloureusement éprouvé hélas, elle fut une épouse vertueuse dans le malheur, une veuve pleine de dignité et de courage, une mère exemplaire qui eut la consolation de voir monter a 1 autel les deux fils qui survécurent des six enfants nés de son union avec François d’Youville.Votre patrie doit beaucoup à ces femmes admirables qui ont fait au Canada la force de la famille chrétienne, pépinière de vocations sacerdotales et religieuses.Que les épouses et les mères de chez vous trouvent donc aujourd hui, dans la glorification de 1 une d’entre elles, un motif de fierté et d’allégresse, un encouragement aussi à persévérer dans la voie du devoir! Lorsque, en 1737, Madame d’Youville, guidée par de saints prêtres de la Compagnie de Saint-Sulpice, jeta les premiers fondements de son œuvre de charité, elle ne pouvait prévoir par quelle longue suite d’épreuves matérielles, de souffrances physiques, de contradictions humaines, le Seigneur la ferait passer, afin d’asseoir solidement l’institution nouvelle sur le roc de la foi et de l’humilité.Si aujourd’hui quelque 7,000 religieuses, groupées en six rameaux indépendants, s’honorent de vivre dans l’esprit de la Bienheureuse, n’oublions pas que les fruits admirables de bien, produits depuis deux siècles, proviennent de l’humble semence jetée en terre canadienne par cette femme intrépide et qui, comme toutes les grandes œuvres de Dieu, y germa longuement dans la souffrance.L’amour surnaturel des pauvres, des malades, des déshérités, fut le ressort secret qui anima cette grande âme.Etre bon, être simple, plein de respect et de délicatesse pour ceux qui souffrent, qui sont humiliés par leur condition physique ou morale; répandre parmi eux le sourire et le réconfort de l’amitié; faire rayonner sur ditation du Cœur du Christ: voilà n’est-ce pas, chers fils et chères filles, la grande leçon que vous emporterez de la glorification par l'Eglise de la Bienheureuse Marie-Marguerite d’Youville.Nous invoquons, en terminant, sur le si digne et si cher cardinal Léger, sur les autres membres de la Hiérarchie canadienne venus à 186 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Rome pour cette circonstance, sur vous tous, chers pèlerins, et d’une façon très particulière sur les Sœurs de la Charité de Montréal, une large effusion de grâces par l’intercession de la nouvelle Bienheureuse; et Nous vous accordons de grand cœur à tous Notre paternelle Bénédiction apostolique.9 Problèmes des diacres La revue « Le Missioni Cattoliche », organe de l’Institut des Missions-Etrangères de Milan souhaite que la question de la formation de diacres qui pourraient être mariés et pères de familles, soit évoquée au prochain Concile œcuménique.La revue souligne l’importance de ce problème pour l’Église, les diacres, formés dans des instituts spéciaux, pouvant remplacer les prêtres dans différents actes du ministère sacerdotal.Ces diacres pourraient en effet administrer le sacrement du baptême, distribuer la communion, prêcher et se consacrer à toutes les activités charitables et sociales.Leur utilité serait très grande dans les pays où se fait sentir la pénurie de prêtres.• Eglise en l’honneur de l’Apôtre de l’Europe Une église dédiée à saint Jean Capistran, « l’Apôtre de l’Europe », est actuellement en construction à Munich (Parkstadt Bogenhausen).Ce sanctuaire sera l’un des plus particuliers de la capitale bavaroise; c’est une construction circulaire, édifiée en briques sans aucun revêtement, et qui n’aura aucune fenêtre.Le toit plat sera surmonté d’une coupole de verre, de façon que tout l’éclairage viendra d’en-haut.La paroi devant laquelle se trouvera l’autel, sera munie d’ouvertures donnant accès à la tribune où prendra place le chœur et la sacristie.L’église aura un diamètre de 100 pieds et une hauteur de 40 pieds.On parviendra à l’intérieur du sanctuaire en passant par un campanile, et toute l’architecture de l’église correspond parfaitement aux exigences liturgiques modernes.Les plans du sanctuaire sont l’œuvre de M.Joseph Ruf, président de l’Académie de Munich.La cure et un certain nombre de salles de réunion, de même qu’une grande salle, prolongeront la construction.Cette église sera la première dédiée à saint Jean Capistran, qui sera construite en Bavière, après le jubilé du 5e centenaire de la victoire de Belgrade (1456-1956), à laquelle ce saint prit une part prépondérante.• Vulgarité d’un illustré sur la Bible L’Osservatore Romano a publié le 28 février, la brève note suivante, sous ce titre: « Pauvreté de notre époque ».Le conseil rabbinique italien et les communautés israélites ont protesté publiquement, ces jours derniers, contre l’initiative, déjà en cours de réalisation, de la publication de la Bible en «illustrés populaires»: nous employons cette définition, faute de quelque autre meilleure.Les protestations sont vigoureuses.A vrai dire, nous aussi, en jetant un coup d’œil sur les premiers fascicules de cette publication périodique, qui traduit le Livre de l’humanité par excellence en un langage aussi plat que \ ulgaire, malheureusement entré dans les usages de notre époque, nous avons éprouvé une sensation de profond malaise. STATISTIQUES L€S S06URS D€ LA CHRRITÇ AUJOURD’HUI Y compris les groupements autonomes issus de l’Institut fondé à Montréal en 1737 par la vénérable Marguerite d’Youville (St-Hyacinthe, Ottawa, Québec, Philadelphie et Pembroke), au 31 décembre 1958.Écoles: Maternelles.Primaires (& orphelinats).Secondaires & supérieures Normales.Commerciales.Collèges universitaires.Instituts familiaux.Spécialisées.Hôpitaux: Généraux.Spécialisées Nombre Nombre .d'élèves ¦ 22 .1,085 • 317 .73,128 • 147 .11,277 • 10 851 • 12 579 • 4 864 • 9 524 1 Institut pour aveugles: école primaire & secondaire.140 école de musique.63 école normale.7 1 école pour enfants épileptiques.>.44 1 école ménagère agricole.70 Capacité totale 76 .12,511 2 pour maladies chroniques.2 pour maladies contagieuses.?7,775 5 pour maladies mentales.1 pour alcooliques.997 Sanatoria.Cliniques externes 5 46 188 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Écoles d’infirmières 29 .Nombre d'élèves .3,534 Écoles d’Auxiliaires en Nursing 15 .448 Écoles d’archives médicales.5 .47 Collèges pour Infirmières 2 .483 Écoles de puériculture 2 .136 Écoles de technilogie médicale (laboratoire, Ravon-X) 12 .145 Foyer: Pour vieillards 58 .Capacité totale .5,303 Pour aveugles 1 .138 Pour jeunes filles 2 .241 Pour anormaux 2 .50 Centres de service social bénévole:.17 Maisons de retraites fermées:.2 Autres æuires: Service domestique dans un collège missionnaire Service de prévention auprès des délinquants Visites des prisonnières Camps d’été pour enfants.3 Crèches.2 725 Centres catéchistiques.40 13 religieuses enseignent dans 3 « High Schools )>.Personnel Religieuses vivantes (professes).7,011 Religieuses depuis le début.11,759 (1) Nombre total d’établissements.340 Nombre de diocèses où s’exercent les œuvres.75 Nombres de vicariats où s’exercent les œuvres.9 Pays où s’exercent les œuvres: CANADA, ÉTATS-UNIS, ALASKA, BRÉSIL, HAITI, BASUTOLAND, NYASA-LAND, JAPON, SAINT-DOMINGUE.1.NOTE: La différence entre le nombre d’établissements et celui des œuvres provient de ce que bon nombre de nos maisons sont appliquées à des œuvres multiples. STATISTIQUES DES SŒURS DE LA CHARITE 189 STATISTIQUES DES SOŒURS GRISES DE MONTRÉAL Ecoles maternelles.2 Pensionnats: ecoles primaires.29 dont 12 pour indigènes écoles supérieures.15 dont 8 pour indigènes Externats: ecoles primaires.31 dont 14 pour indigènes , ecoles supérieures.18 dont 6 pour indigènes Ecoles Normales.2 Instituts familiaux.2 Ecole de musique pour aveugles.1 Ecole pour épileptiques.1 Ecoles catéchistiques.2 Hôpitaux: généraux.incurables.contagieux.Sanatorium.Cliniques externes.Ecoles d’infirmières.Ecoles Auxiliaires en Nursing.Ecole archives médicales.Collège pour infirmières.Ecoles technologie Rayon-X & Lab.Ecole de puériculture.Foyers pour Vieillards.Maison de retraite.Crèche.30 dont 10 pour indigènes 1 1 1 18 12 5 1 1 11 1 20 dont 1 pour aveugles 1 1 Personnel religieux Religieuses professes vivantes.1984 Religieuses depuis le début.3545 Établissements Nombre total.86 Noviciats.4 Diocèses.25 Vicariats apostoliques.3 HOMMAGE DE LA TV LA PLUS B6LL6 D€ ŒAflS Le soir du 3 mai 1959, la TV canadienne, réseau français, dans le but avoué de rendre hommage à notre première bienheureuse, consacrait le téléthéâtre a une composition intitulée La plus belle de céans.Les téléspectateurs réagirent d’une manière inattendue au moins pour les artistes et les directeurs de la TV.Voici quelques textes.HORS d’œuvre INDÉCENT A l'occasion de la béatification de Mère d'Youville, Radio-Canada a télévisé dimanche une pièce composée spécialement pour cette circonstance.On a dépensé énormément d'argent pour aboutir à un fiasco.Beaucoup de personnages, beaucoup d’éclat, mise en scène grandiose et fort dispendieuse.On avait sans doute épuisé l'arsenal des toilettes du grand siècle; on a exposé à la vue des spectateurs beaucoup de chair et chargé à souhait le tableau des mœurs du temps.Malgré tout cet apparat, on n’a pu dissimuler ce squelette de pièce.Ce téléthéâtre avait le caractère de bien d’autres dont la note dominante semble celle-ci chez les auteurs et les acteurs: cultiver au maximum le « sex appeal ».Même si l’histoire avait été respectée dans l'ensemble, la condensation des événements d’une huitaine d’années en une pièce de 90 minutes sans une perception suffisante des césures du temps, en faisait un spectacle touff u, invraisemblable, une série de fêtes et de bals où la jalousie, la cupidité, l’intempérance, le disputaient à la luxure.A vrai dire, tous les péchés capitaux étaient là, sauf la paresse.Quelle lamentable fin de journée au cours de laquelle on avait entendu tant de choses édifiantes! Ce programme dénotait un manque de goût total, une atrophie du sens des convenances.À peine Marguerite d’Youville se distinguait-elle de ces femmes de vie que nous avons vues évoluer autour d’elle.Sous prétexte de réalisme, on n'a pas le droit, au soir d’une béatification, de nous présenter ainsi et uniquement le coté méprisable d'une époque et d'isoler de son contexte la phase troublée d'une vie.Et pour ne citer qu’un exemple, quelle nécessité y avait-il d’amorcer ainsi une scène d'alcôve ?Des communautés ont veillé pour voir ce télétheatre dont elles attendaient tant! Déception et scandale dont plusieurs nous ont fait part en protestant avec indignation.Et de nombreux spectateurs nous ont fait part de sentiments analogues.C’est la première fois qu'un programme de télévision nous attire d’aussi véhémentes protestations.Le responsable du choix des programmes n'aurait jamais dû accepter cette pièce, car il l’a sans doute lue et vue avant la grande finale.Nos critiques s'adressent à lui aussi bien qu’à l’auteur et au réalisateur qui ont faussé l’optique d’une tranche d'histoire.En cette circonstance, Radio-Canada a démérité.Tout cela eut-il été intentionnel, un seul qualificatif conviendrait: diabolique ! Nous croyons qu'il s'agit plutôt d un manque collectif de jugement.Québec Louis-Philippe Rov LA PLUS BELLE DE CEANS 191 L‘€PISCOPAT DU QU6B6C L Assemblée épiscopale de la Province civile de Québec a fait parvenir en date du 19 mai courant, une lettre signée de S.E.Mgr Charles-Omer Garant, évêque auxiliaire à Québec, secrétaire de T Assemblée épiscopale de la Province de Québec, à l'adresse de M.Gérard Lamarche, directeur du réseau français, à Radio-Canada.Cette lettre fait part des inquietudes de l Assemblée épiscopale du Québec au sujet d'émissions télévisées au réseau français et qui « battent en brèche, comme de propos délibéré, les plus hautes valeurs de la foi et de la morale chrétiennes.» La lettre de l'épiscopat du Québec souhaite que Radio-Canada fasse « le sérieux redressement qui s'impose ».Voici le texte intégral de cette lettre.Monsieur le Directeur, L Episcopat de la Province civile de Québec, réuni à Québec en assemblée régulière, croit de son devoir de vous signaler ses très graves inquietudes en presence de nombreux programmes de la Télévision (secteur français) qui battent en brèche, comme de propos délibéré, les plus hautes valeurs de la foi et de la morale chrétiennes.Nous n avons pas manque de saluer avec satisfaction les programmes qui, en plus d une circonstance, Nous ont paru contribuer a elever le sens moral du peuple, à favoriser son sens civique, à ajouter à sa culture et à son information.Mais, par ailleurs, d autres émissions — le programme télévisé le 3 mai courant, qui a soulevé partout une si profonde indignation, n’en est que le plus flagrant exemple — semblent vouloir saper à leur base les traditions spirituelles et religieuses qui tiennent un si haut rang dans l’héritage de notre peuple, et que, comme Evêques, nous avons l’impérieux devoir de protéger et de défendre.C’est donc en notre qualité de pasteurs d’âmes, de gardiens de la foi et de la morale, que nous élevons la présente protestation.Nous avons confiance, M.le Directeur, que les autorités supérieures de Radio-Canada sauront opérer le sérieux redressement qui s’impose.Nous osons espérer que tous les responsables des programmes de radio et de télévision, directeurs, auteurs, réalisateurs et participants, se montreront désormais plus respectueux des principes chrétiens et des convictions religieuses dont notre peuple est si justement fier, et qu’il estime à bon droit essentiels à la société, inséparables de notre civilisation et de notre culture. 192 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES Assurés de l’attention bienveillante que vous voudrez bien donner à ces représentations, nous nous souscrivons, en tout respect et considération, M.le Directeur, bien sincèrement dans le Seigneur.Pour l’Assemblée épiscopale de la Province civile de Québec.(signé) ‘f Charles-Omer Garant, Évêque-Auxiliaire à Québec, Secrétaire de TAssemblée épiscopale de la Province.EXCUSES DE LA TV Dans une lettre à la Très Révérende Mère Clarilda Fortin, supérieure provinciale des Soeurs Grises de Montréal, le directeur des programmes du réseau français de Radio-Canada, M.Roger Rolland, déclare que Radio-Canada est consternée et que le Société ne cherche pas à se départir de ses responsabilités.Il y dit sans ambages que « la production a fait fausse route par suite d’une recherche maladroite de l’originalité')').M.Rolland en profite pour exprimer F espoir que l’émission que Radio-Canada doit consacrer à Mère d’Youville, le jeudi soir, 14 mai prochain, a 9h.30, (( seia plus significative et signalera tel qu il se doit la mémoire de l illustre fondatrice de votre congf egation.» À Radio-Canada, on nous informe que l’émission du 14 mai consistera en grande partie en films tournés à Rome par une équipé de Radio-Canada au cours des diverses cérémonies qui ont marqué la béatification de Mere d Youville.Voici le texte intégral de la lettre que M.Rolland a fait parvenir a la supérieure provinciale des Sœurs Grises et dont copie nous a été transmise pour publication: Le 14 MAI A LA TV M.Marcel Trudel, professeur d’kistoire à l’Université Laval?reconstitue le milieu; M.Lionel Groulx raconte la vie de la bienheureuse; Sr Estelle Mitchell, S.G.M.informe à même les archives de sa communauté; Explication en actes des œuvres des Sœurs de la Charité: une aveugle devenue organiste; Un film montre les cérémonies romaines de la béatification.C’est une émission instructive, bienfaisante, vraie et émouvante.Montréal.Adrien-M.Malo, O.F.M. LIVRÉS J.-Van Agit, Jeûne eucharistique, jeûne et abstinence.Mulhouse, éd.Salvator, 1958, 18.5 cm.80 pp.300 f.Clair et pratique, conforme aux plus récents décrets, ce volume se divise en deux parties.La première qui va de la p.11 à 28 explique le jeûne eucharistique: origines, motifs, évolution, loi nouvelle, exemption et dispense, esprit, tableau récapitulatif.La deuxième, p.31 à 77 expose l’histoire, la législation nouvelle, la valeur spirituelle et les bienfaits dans l’ordre physique du jeûne et de l’abstinence.Ce volume adapte à la législation actuelle un volume publié en 1920 par le même auteur et qui a connu plusieurs éditions.De consultation facile, dégagé de toute discussion oiseuse, ce volume rendra de précieux services à toutes les communautés.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.Joseph Bonsirven, S.J., Vocabulaire Biblique.Paris, Lethielleux, coll.Théologie, Pastorale et spiritualité, recherches et synthèses III, 1958, 20 cm.xviii-186 pp.960 f.Dans la lecture de la Bible, des mots, des expressions, des formules se présentent dont le sens profond et même parfois le sens obvie nécessitent le recours aux biblistes professionnels.C’est à leur intention qu’un maître contemporain, hélas récemment décédé, a rédigé ce vocabulaire enrichi de son Commerce assidu avec la Bible, de sa solide compétence et de son expérience longuement mûrie.La maison d’éditions Lethielleux a eu la très heureuse idée de publier ce manuscrit précieux.Sur papier blanc, dans une agréable disposition, les articles précis, pleins et suggestifs communiquent la force et la vie de la Bible.Prenez et lisez! Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M.Mgr Guerry, L'Église et la communauté des peuples.Paris, Bonne Presse, 1958, 19 cm.347 pp.925 f.Ceux qui connaissant l’A.ont deviné le sous-titre: La Doctrine de l’Église sur les relations internationales: L’enseignement de Pie XII.Dans son précédent ouvrage La Doctrine sociale de T Eglise, l’A.enseigne que pour aider les hommes désireux de chercher des solutions positives l’Église offre une conception de l’homme, de l’économie sociale et de la communauté humaine.C’est l’exposé du dernier point qui fait l’objet du présent volume.Le fondement de la communauté des peuples, l’ordre public international, droits et devoirs des Etats, l’Eglise et la communauté des peuples fournissent la matière de 4 chapitres.Précédé d’une préface, suivi de tables analytiques, bibliographiques et synthétiques, ce volume porte les qualités distinctives del’A.: clarté, méthode, rattachement précis aux documents pontificaux.Il mérite le rôle de guide pour tous.Montréal Adrien-M.Malo, O.F.M. BIENHEUREUSE MÈRE D’YOUVILLE, MÈRE DE LA CHARITÉ UNIVERSELLE, inculquez-nous votre amour du prochain ! par Serge de La Rochelle L’Église universelle compte un membre de plus au sein de la légion des Bienheureux.Et cette âme, admise solennellement à jouir de la béatitude éternelle, c’est le Canada qui l’a vue s’épanouir sous les rayons d’une grâce ardente.Désormais, Marguerite Dufrost de la Jemmerais sera connue sous le nom de Bienheureuse Mère d’Youville, titre de gloire qui remplace celui de « Vénérable )) qui lui avait été donné il y a 69 ans, soit le 28 avril 1890, et qui s’ajoute à celui de « Mère de la Charité universelle » que lui conférait Pie XII en 1955.Dans les nombreuses maisons des Sœurs Grises, les filles spirituelles de cette femme extraordinaire, on célèbre dans la prière cet événement qu’on espérait.Au Canada, comme dans les pays de mission, les novices, les religieuses et leurs protégés adresseront au Ciel une commune prière d’action de grâce.Lorsque le Vicaire du Christ s’agenouille devant le Bernin, l’Église tout entière rend hommage à la foi et au zèle de cette Canadienne qui, un jour, consacra sa vie aux pauvres et aux malheureux.Pour les novices au sein des quatre communautés de Sœurs Grises, la béatification de Mère d’Youville prend une signification toute particulière: le dialogue avec celle dont elles ont décidé de suivre les traces, s’en trouve facilité.La Bienheureuse Mère d’Youville sera aussi une nouvelle source d’inspiration pour ces religieuses qui, depuis 1737, poursuivent l’œuvre de la sainte femme.Pour tous ces pauvres, ces malades, ces vieillards et ces orphelins au-dessus desquels se penchent avec amour les Sœurs Grises, ce sera Mère d’Youville elle-même qui consolera l’enfant désemparé, qui soutiendra le vieillard hésitant, qui encouragera le malade désespéré et qui réconfortera le pauvre éprouvé.Bienheureuse Mère d’Youville, Mère de la Charité universelle, inculquez-nous votre amour du prochain.
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