La vie des communautés religieuses /, 1 mars 1961, Mars
Hl-V c/D V C/D P 2h 5jo y X\ '-f V.x .: „ - \ \ i / x Y \£y?X J v/.,\ - -' ' -O.:,\ X :./ '-V la catéchèse - ' 15 février 1961 > rV y Chaque auteur porte la responsabilité de ses articles Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Poste, Ottawa. la VIE des communautés religieuses Vol.19, n° 3 Mars 19 61 présentation Le mouvement catéchétique est devenu une réalité dans notre milieu canadien-Jrançais.Plusieurs de nos compatriotes ont fréquenté les centres catéchétiques européens et rayonnent maintenant aux quatre coins de notre province.Parmi eux, nous comptons des religieux de presque toutes les communautés.D'autre part, une solide formation doctrinale et pédagogique est fournie de plus en plus aux catéchistes, grâce à des cours et à des sessions spécialisées.Au début de janvier 1961, l'Office catéchistique provincial convoquait à Saint-Jean une cinquantaine de spécialistes dans l'enseignement religieux.Cétait, en somme, le premier congrès catéchistique chez nous.Tous ces efforts et toutes ces réalisations ne peuvent qu améliorer le cours de religion à tous les niveaux.Ce numéro spécial, de la V.C.R., consacré tout entier à la catéchèse, n ambitionne pas d'ouvrir des horizons nouveaux.Il se contente de rendre témoignage et d'exprimer à sa manière les aspirations des catéchistes parmi lesquels nous comptons de nombreux lecteurs.Les divers aspects qui sont traités correspondent à des problèmes qui préoccupent à la fois les professeurs de religion et les responsables de l'enseignement religieux.Le cours de religion aux adolescents, le matériel didactique à utiliser au catéchisme, le manuel mis entre les mains des jeunes, ne constituent-ils pas des questions fréquentes dans les milieux éducatifs ?De même quand il s'agit d'assurer une solide formation des catéchistes, n est-il pas utile, sinon nécessaire, de bien distinguer catéchèse et théologie pour bien orienter les diverses organisations qui se préoccupent de ce problème ? 66 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES Puissent ces pages contribuer à intensifier chez nous le zèle pour l'enseignement de la doctrine chrétienne, de façon à former pour F Eglise des chrétiens authentiques ! Le cours de religion et les adolescents (Sr M.du S.Nom de Jésus, P.M.).’.67 Y a-t-il mission plus noble que celle d'annoncer aux adolescents la parole de Dieu?L'A.propose quelques-unes des conditions requises pour que ces cours portent des fruits abondants de vie éternelle.Catéchèse et théologie (Norbert Fournier, C.S.V.).77 L'A.tente de jeter quelque lumière sur les relations entre la catéchèse et la théologie.L'article ne se présente pas comme définitif; il veut simplement amorcer une heureuse réflexion sur la nature mêrne de la catéchèse.Une expérience fructueuse (Sr M.Jeanne Louise, C.S.C.).84 L'A.de cet article a été F animatrice d'une expérience de F utilisation du Catéchisme biblique dans les écoles bilingues de F Alberta.Pour rassurer ceux qui hésitent à introduire chez nous ce nouveau manuel de religion dans les classes de Sè à lè année du cours élémentaire, nous rapportons cette expérience.Le matériel didactique en catéchèse (Gaétan Coté, S.G.).88 L'article porte sur le matériel didactique dont dispose aujourd'hui le catéchiste et propose une façon de l'utiliser.* * * A votre service.93 Peur vos lectures.95 le cours de religion et les adolescents Le manque d’estime manifesté par bon nombre d’élèves pour l’étude de la religion et la marque peu profonde que cette étude imprime sur leur vie autorisent à croire que l’enseignement de la religion n’atteint pas toujours le but désiré qui est de faire considérer la religion comme la matière qui tient en droit et en fait la place d’honneur.Comment nous expliquer ce fait que des jeunes catholiques paraissent ainsi se désintéresser de la doctrine religieuse et ne semblent pas lui donne la considération qu’elle mérite ?Ne serait-ce pas que le cours de religion donné aux adolescents ne réalise pas assez les conditions qui lui permettent d’être efficace ?Bien des facteurs, nous le savons, contribuent à assurer l’efficacité d’un cours de religion.Nous ne voulons pas ici les analyser tous, encore moins en faire une étude exhaustive.Nous nous proposons de réfléchir sur ce problème important pour voir quelles pourraient être, à notre avis, quelques-unes des conditions requises, du point de vue du professeur, du climat, de la méthode et de la doctrine, pour que le cours de religion donné aux adolescents puisse porter des fruits.1.Le Professeur a) La première qualité que nous voudrions voir en lui, c’est un sens aigu des réalités spirituelles (1).Tout le monde sait que, parmi nos éducateurs catholiques, il s’en trouve qui n’ont pas saisi la nature intime et profonde de notre religion; ils n’en ont vu que l’aspect moralisateur.Pour eux, la religion est avant tout un ensemble de prescriptions qui obligent sous peine de péché.L’essentiel de la vie chrétienne, c’est-à-dire la vie trinitaire, la vocation du baptisé de participer à cette vie par le don de la grâce, le rôle du Christ dans la communication de la grâce, cette vie divine vécue dans la communauté ecclésiale, tout cela reste uniquement du domaine des connaissances purement notionnelles.Alors, chez eux, pas de vie (1) Vieujean, Chan.J., La formation chrétienne de la jeunesse.Montréal 1948, p.24. 68 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES chrétienne réelle, pas de contact profond de l’âme avec les vérités révélées par le Christ et exprimées dans le dogme chrétien.Ces éducateurs peuvent être fidèles à l’observance des commandements, à la pratique de leurs exercices de piété, mais ils manquent de ce sens qui permet de saisir en profondeur le Réel surnaturel et de le communiquer d’une manière vivante.Chez eux « prédominent naturellement l’esprit mathématique, le goût de l’abstraction, l’esprit juridique )) tandis que font défaut « l’esprit de finesse, le goût du concret et des intuitions globales, le sens des valeurs morales et spirituelles )) encore renforcées par les influences déformantes du milieu et de l’éducation.11 va sans dire que de tels professeurs sont mal préparés à donner l’enseignement de la religion.Il leur manque ce sens aigu des valeurs spirituelles qui se perçoivent plus par la fine pointe de l’esprit qu’elles ne se démontrent par des arguments logiquement conduits./ b) A ce sens très vif de Dieu, du Christ, de l’Eglise, des hommes et des valeurs morales et religieuses, le professeur de religion doit joindre une science religieuse solide, voire même théologique.S’il est une matière pour laquelle le professeur doit être préparé, c’est bien la religion.On ne s’improvise pas professeur de littérature, de science ou d’histoire; encore moins professeur de religion.En théologie, ce n’est pas trop d’exiger que le maître ait de Dieu, règle et motif suprême de la conduite chrétienne, autre chose que des connaissances vagues, abstraites, décolorées.La religion, en effet, est pleine de vérités profondes: personne ne s’en rend maître complètement; il faut du temps et de la réflexion pour assimiler le dogme et la morale, et en cette matière, les erreurs sont plus insidieuses et plus dangereuses qu’ailleurs.Rien ne remplace une science approfondie pour distinguer, analyser, éclaircir, hiérarchiser, synthétiser les connaissances: rien ne remplace une doctrine parfaitement maîtrisée pour adapter l’enseignement religieux à l’intelligence des élèves.L’étude s’impose donc à tous les maîtres de catéchisme.C’est le conseil que donnait Sa Sainteté Pie XII: (( Il est absolument nécessaire que celui qui enseigne apprenne sans jamais cesser, se gardant de l’oisiveté et de la négligence ».(2).Et le maître doit être ainsi prêt à répondre aux « exigences des temps actuels, (qui) requièrent 4 (2) Pie XII, Au congrès catéchistique international de Rome, 14 sept.1950. LE COURS DE RELIGION ET LES ADOLESCENTS 69 que même les laïcs et surtout ceux qui aident les prêtres se procurent un trésor de connaissances religieuses non pas maigre et léger, mais riche et solide )) (3).c) Enseigner avec exactitude et clarté est primordial: mais cela ne suffit pas.Pour transmettre la vérité religieuse, il faut la posséder beaucoup plus profondément que toute autre science: il faut la connaître vitalement, en avoir fait soi-même la vie de son esprit et l’amour de son cœur.Il ne s’agit pas, en effet, d’enseigner seulement, mais de faire aimer et de faire vivre.Les adolescents s’éprennent sans doute de l’heureuse structure d’un cours, mais plus encore de la parole vivante, chaude, d’un professeur qui croit à ce qu’il enseigne et qui en vit, qui laisse transparaître l’émotion intérieure qui l’anime en face des vérités surnaturelles qu’il étudie.A force de constater que le Christianisme est pour le professeur le seul nécessaire: à force de sentir la présence intime du Christ chez le maître, l’adolescent voudra l’introniser dans son cœur, dans son esprit et dans sa vie.« Comme le Christ a révélé la vie divine en lui, le professeur, à son tour, doit révéler le secret de Dieu dans sa propre personne, toute proportion gardée, bien entendu » (4).Si le professeur de religion est en même temps professeur d’histoire ou de littérature, les élèves devront sentir, chez lui, un enthousiasme plus grand pour parler du Christ, de la charité, ou de l’Église, que pour leur faire admirer les vies des grands hommes ou goûter les beautés de Racine ou de Bossuet.« On ne doit pas enseigner la religion, écrit Pie XII, comme on enseigne une discipline profane; mais après avoir médité, étudié, prié, on exposera la pensée religieuse .comme émanant d’une profonde conviction .et comme si elle avait été élaborée en communion avec l’Esprit de vérité » (5).d) Celui qui enseigne la religion aux adolescents doit, de plus, connaître la psychologie de cet âge.C'est une tâche très délicate que de transmettre ainsi vitalement la vérité religieuse; il faut pour y réussir une « sensibilité d’antennes )) apte à saisir tous les remous des âmes des adolescents; « une âme analogue à celle de l’adolescent, une âme capable de suivre le courant (3) Pie XII, Encyclique « Sertum Icetitiœ », 1 nov.1939.(4) Vieujean, Chan.J., op.cit., p.26.(5) Pie XII, Au 3è congrès catéchistique de Milan, 7 sept.1949. 70 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES spontané de ses pensées, de comprendre l’infinie mobilité de ses affections, de même que les richesses et les déficiences de son caractère et de sa physiologie )) (6).Un maître compréhensif prend vite figure de chef et les jeunes lui doivent de (2).Il s’agit donc d’une action, celle d’annoncer le Message chrétien.Cet enseignement se trouve concret et familier; il s’adresse, non pas à des incroyants, mais à des sujets, jeunes ou adultes, baptisés ou catéchumènes, qui ont déjà reçu le don de la foi.Faite à des jeunes et dans un cadre plutôt scolaire et didactique, la catéchèse s’appelle plus précisément catéchisme.Dans les deux cas, il s’agit d’un enseignement oral et vivant d’un message de joie, d’une bonne nouvelle, destiné à éduquer la foi vive et à provoquer un engagement total de la personne des catéchisés.Le contenu de la catéchèse doit donc favoriser cet engagement.Si « la fonction spécifique et la fin prochaine du catéchisme est de transmettre le message (1) Liege, P.-A.O.P., Pour une théologie catéchétique, dans Formation doctrinale des religieuses.Paris 1954, p.271.(2) Fournier, N.C.S V., Exigences actuelles de la catéchèse.Montréal I960,, p.30. 78 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES de l’Eglise )) (3) et de communiquer des connaissances, il importe de bien préciser le contenu de ce message.La Parole de Dieu, objet de la catéchèse Quel est, au juste, le contenu, l’objet, de la catéchèse ?N’est-ce pas avant tout Dieu considéré en lui-même et dans son action amoureuse dans le monde ?En somme, c’est la Parole de Dieu.Mais qu’entendons-nous par cette expression ?La Parole de Dieu, transmise dans la catéchèse, ne signifie pas la Révélation au sens strict et technique du mot, comme nous le verrons plus loin, mais elle désigne, dans un sens plus large, l’ensemble des expressions vitales et concrètes du dessein de Dieu.Elle se présente comme (( l’acte de la gloire de Dieu devenant présent par amour dans l’histoire et dans la vie des hommes: un acte prenant forme à la fois d’événement de salut, d’illumination et de dynamisme créateur de vie nouvelle )) (4).Ainsi conçu, le contenu de la catéchèse s’appelle souvent « l’histoire du salut )).Il consiste en un ensemble d’événements qui expriment, chacun à sa façon, la réalité de Dieu et son amour pour les hommes.Sans vouloir traiter ce sujet d’une manière exhaustive, nous allons signaler brièvement les principaux traits de la Parole de Dieu conçue selon cette forme vitale.Tout d’abord, l’action de Dieu s’exprime par des FAITS que nous rapportent la bible et l’histoire.Signalons en particulier l’Alliance, la Loi et la Grâce.Ensuite, Dieu se manifeste dans la PERSONNE du Verbe incarné, devenu le Sauveur du monde.D’autre part, nous voyons Dieu s’exprimer et se rendre présent à un PEUPLE et selon deux temps: le peuple juif annonce et prépare le peuple chrétien, c’est-à-dire l’Eglise.Enfin, une dernière expression vitale de Dieu et de son action salvifique réside dans des SIGNES, dont les principaux sont les sacrements, signes et causes de la grâce, et les formules concrètes et familières utilisées dans le langage humain comme véhicules de la pensée.L’ensemble de ces expressions de la réalité de Dieu s’appelle globalement l’histoire du salut.Nous pouvons illustrer, dans le (3) Communiqué de /’ Épiscopat français, dans La Docum.cath29 (1957) 1271.(4) Liège, loc.cit., p.274. CATÉCHÈSE ET THEOLOGIE 79 tableau suivant, ce qu’est la Parole de Dieu telle qu’elle se présente à nous d’une manière vitale.PAROLE DE DIEU \ FAITS (Bible et histoire, v.g.Alliance, Loi) exprimée vitalement par 1 PERSONNE (Fils de Dieu incarné) 1 1 PEU P LE (nation juive et l’Église) -appelée globalement- ____________i _______ HISTOIRE DU SALUT { SIGNES (sacrements et langage concret) Tel est le contenu précis de la catéchèse.C’est la Parole de Dieu conçue, présentée et transmise d’une manière (10).La distinction que nous avons mise entre
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.