La vie des communautés religieuses /, 1 octobre 1961, Octobre
dans ce numéro formation chrétienne Initiation des jeunes à la Bible M.C.Matura, ofm La piété dans nos collèges L.Labelie, ofm ') j la VIE des communautés religieuses • Revue publiée par les RR.PP.Franciscains de la Province St- Joseph au Canada, paraît le 15 de chaque mois, excepté juillet et août, en fascicule de 32 pages; • La Direction est assurée par un groupe de professeurs au cléricat théologique franciscain de Rosemont (Montréal) : R.P.Alonzo-M.Hamelin, Lecteur en Théologie Morale R.P.M.-Cantius Matura, O.F.M., Lecteur en Écriture Sainte R.P.Lorenzo Boisvert, O.F.M., Lecteur en Théologie Dogmatique.• Tout ce qui concerne la Revue (envoi de manuscrits, consul- tations, service bibliographique, administration) doit être adressé à : La VIE des Communautés Religieuses 5750, Boul.Rosemont Montréal - 36 Tél.: CL 9-6911 PRIX DE L5ABONNEMENT : $2.75 Les abonnements commencent en JANVIER et tout changement d'adresse est accompagné de la somme de 25 cents.Nihil Obstat : R.P.Emmanuel Boisvert, O.F.M.R.P.Hippolyte Baril, O.F.M.15 août 1961 Chaque auteur porte la responsabilité de ses articles Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Poste, Ottawa.: JujTV i / ( " î V ?3 ' '• L ' v V V ) la VIE des communautés religieuses Vol.19, n° 8 Octobre 1961 l'habit religieux La V.C.R.du mois d’octobre s’adresse particulièrement aux éducateurs, mais les thèmes quelle fournit sauront, nous n’en doutons pas, profiter à tous nos lecteurs.Le 12 novembre prochain aura lieu le dimanche de la Bible.Le thème choisi, pour cette année, est Bible et Charité.Il a pour but de mieux nous aider à comprendre, à l’aide de la Bible, que nous sommes « tous frères dans le Christ » ; en même temps, il voudrait être l’occasion d’une résolution à lire plus souvent la Sainte Ecriture pour approfondir notre christianisme.Cette conviction doit transparaître à travers notre activité apostolique.Aussi un premier article veut-il nous renseigner sur la nécessité et la forme d’une initiation des jeunes à la lecture de l’Ecriture Sainte.Le second article approfondit un problème que nous avons déjà présenté dans un précédent numéro de la revue, celui des exercices de piété dans nos collèges, en particulier le problème de Vassistance libre à la messe quotidienne.C’est en scrutant, chacun pour soi, ces données spirituelles, que nous deviendrons de plus en plus de vrais éducateurs chrétiens.* * * Initiation des jeunes à la Bible (M.-Cantius Matura, O.F.M.) .226 La piété dans nos collèges (Lucien Labelle, O.F.M.) .238 Chronique religieuse .251 À votre service.253 Pour vos lectures 254 initiation des jeunes à la bible À moins d’emprunter la porte des Écritures, il est impossible de pénétrer dans le domaine merveilleux de la liturgie où se célèbre la noce du Christ et de l’Église.La liturgie, on le sait, est constituée dans son aspect visible par des éléments matériels, des gestes et des paroles, et ces dernières sont presque exclusivement tirées de la Bible.Lorsqu’il s’agit donc d’acquérir pour soi ou de communiquer aux autres l’intelligence vivante du mystère, il est normal que l’on commence par l’initiation à la Bible.Il y a deux manières d’envisager et de traiter le sujet : se contenter de donner quelques indications pratiques, quelques recettes faciles sur la manière de s’y prendre pour initier les élèves à la Bible, ou bien attaquer le problème de fond et réfléchir sur la place de la Parole de Dieu dans la vie chrétienne, dans la liturgie, et sur la nécessité qu’il y a pour tout chrétien de la connaître.C’est ce dernier parti que l’on a adopté ici.Il a paru, étant donné la situation actuelle de l’enseignement religieux et de la vie liturgique de nos collèges, qu’il fallait réfléchir sur le rôle que la Bible doit y jouer, rôle qui n’est pas une invention du XXème siècle, mais une exigence et de la Parole de Dieu elle-même et de la vie chrétienne.Ces réflexions pourront paraître théoriques, mais si on a la patience de les suivre jusqu’au bout, l’on verra à quel point la vision globale qu’on y présente exige l’engagement et l’action.Du reste, ce travail ne se limite pas aux seules considérations générales; une partie en sera consacrée aux problèmes concrets de l’initiation.Essayons de montrer d’abord ce que la Bible est pour un Chrétien et quelle fonction irremplaçable elle a à jouer dans sa vie, surtout liturgique.La deuxième partie, après avoir exposé la nécessité et les dispositions indispensables pour connaître les Écritures, décrira le processus d’initiation, envisagé d’abord idéalement, puis dans la situation réelle qui est la nôtre.I — La Bible et sa fonction dans la vie chrétienne On ne peut parler sérieusement d’une initiation à la Bible à moins d’avoir déjà une notion exacte et vivante du mystère de la INITIATION DES JEUNES À LA BIBLE 227 Parole de Dieu.Or, il est rare qu’on ait de la Bible une connaissance adéquate qui la fasse apprécier pour ce qu’elle est véritablement.Ce n’est pas que notre notion conceptuelle soit fausse ou incomplète : nous savons tous que la Bible est Parole de Dieu parce que écrite sous son inspiration et que, de ce fait, elle exclut toute erreur.Mais, ainsi que nous le verrons plus loin, nous sommes souvent fort loin de soupçonner l’extraordinaire richesse et vie que la définition essaie tant bien que mal d’exprimer.Ce que la Bible nest pas La Bible ne nous apparaît pas beaucoup sous son aspect personnel de Parole vivante, d’un être vivant qui est Dieu.Trop souvent nous la prenons pour une sorte de Denzinger contenant des sentences ou des définitions dogmatiques, ou encore pour un code de lois morales.Sans doute la Bible est la source de tout cela, mais il sera bien déçu, à moins qu’il ne commette quelques grossières bévues, celui qui prétendrait y trouver un catalogue organisé de thèses dogmatiques.La Bible n’est pas non plus un recueil d’histoires édifiantes pour illustrer ou émailler des sermons; d’abord parce que les histoires quelle raconte ne sont pas toujours édifiantes au sens courant du mot; ensuite parce qu’elle est une histoire continue, épopée merveilleuse qui se refuse à tout fractionnement.Et, finalement, ce n est pas à la Bible d’illustrer ou d’appuyer nos pauvres constructions humaines; ce ne sont pas nos sermons qu’elle doit servir, ce sont nos sermons qui la serviront.La Bible n’a pas non plus pour fonction de mettre de la variété dans notre liturgie ou nos réunions de prière; elle apparaît en ces circonstances non comme un moyen mais comme une donnée centrale : on se réunit pour l’entendre.Elle n’est pas, enfin, un livre de lectures pieuses.Si on s’attend à y trouver un traité classique de vie spirituelle ou des pieuses élévations, on risque de la fermer bien vite ou de n’en utiliser que des pages choisies.Certes la Bible est tout cela; source du dogme et de la morale, récit de la plus merveilleuse des histoires, livre spirituel par excellence, mais en un sens qui dépasse et bouleverse nos catégories habituelles.Parce que, avant d’être cela, et avec quelle autorité et quelle puissance, elle est Parole vivante du Dieu vivant. 228 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES La Bible — Parole vivante du Dieu vivant L’essentiel du mystère de la Bible est exprimé en ces deux mots : Parole de Dieu.Ces termes nous révèlent le caractère éminemment personnel de l’Écriture.Car la parole est toujours et totalement liée à la personne qui la prononce.La Parole n’existe que comme un jaillissement, une manifestation sonore en même temps qu intellectuelle d’une présence spirituelle.Derrière la parole il y a toujours quelqu’un qui la prononce ou qui, du moins, 1 a prononcée dans le passé.La Parole est donc une sorte de prolongement de l’être lui-même, sa nouvelle présence.Ce qui est vrai dans le cas de l’homme, l’est souverainement quand il s’agit de Dieu.Le mystère le plus profond de la Bible, c’est qu’elle est, sous forme de la Parole, quelque chose de Dieu lui-même.Il y a des mots humains, pensés, prononcés, rédigés par des hommes, mais ces mots sont assumés par Dieu ; ils deviennent des paroles de Dieu.À travers eux c est Dieu lui-même qui nous atteint, qui nous devient présent, parce que sa Parole est une présence.La Parole de Dieu écrite et la Parole incarnée c’est, bien que sous des formes différentes, le même Verbe.Origène déjà parlait du Verbe fait chair et du Verbe fait livre.Quoiqu’il en soit de l’explication rationnelle qui est loin d’être achevée et définitive, nous n’insisterons jamais trop sur le lien qui existe entre la parole et celui qui en est l’origine : Dieu.Retenons comme une donnée capitale pour notre propos, cette idée que la Bible est la Parole vivantè, plus vivante que celle de tout homme, du Dieu dont le caractère essentiel est l’être vivant et vrai.La Parole de Dieu, contact et révélation Puisque la Parole de Dieu est un signe de la présence de Dieu, celui qui l’écoute avec foi rencontre à travers elle Dieu lui-même.Ainsi l’audition de la Parole devient une occasion de contact, de rencontre.Quand j’écoute les paroles d’un homme, une relation s’établit entre lui et moi : la parole nous rapproche, nous nous reconnaissons, nous devenons présents l’un à l’autre.La Parole est une sortie de soi à la rencontre de l’autre, un pont jeté entre le Tu et le Je.La fonction essentielle de la Parole de Dieu est la même : la mise en contact de deux êtres, Dieu et l’homme.La Bible n’a donc pas pour but premier de nous donner des idées, de nous apprendre un système de vérités, mais de nous faire rencontrer, à travers les mots, celui de qui ils proviennent, Dieu. INITIATION DES JEUNES À LA BIBLE 229 Mais ce contact est aussi une connaissance.La conversation avec un homme est le moyen le plus parfait pour le connaître; il se révèle par ses paroles.Quand Dieu nous parle, et que nous l’écoutons, il y a une présence, une rencontre, une communion mutuelle; il est devant nous, nous sommes devant lui : un contact vivant s’est établi entre deux êtres.Par ce contact Dieu se révèle à nous.Il nous apprend ce qu’il est, quel est son admirable dessein d’amour et de salut, comment il s’y prend pour l’accomplir.Il nous montre ce que nous sommes devant lui, quel est le sens de l’histoire et du monde.Ainsi la Bible est une révélation.Dieu rencontré à travers la Parole se manifeste à nous, nous dévoile son être et son activité.Ces réflexions permettent d’entrevoir quelque chose du mystère de la Bible.Il n’est pas indifférent pour la vie concrète, voire pour l’initiation technique, de considérer la Bible comme un lieu de rencontre avec le Dieu personnel, plutôt qu’un recueil de textes au sujet de Dieu.La liturgie de l’Église, milieu privilégié de contact et de révélation Une donnée théologique importante doit être maintenant rappelée.La Bible est contact et révélation de Dieu, mais ce contact et cette révélation ne sont pas donnés en premier lieu à l’individu, mais à l’Église.C’est pour l’Église que la Bible est moyen de rencontre; c’est à elle, Épouse et Corps de son Fils que Dieu entend se manifester.L’individu n’a de part à ce contact que dans la mesure de son appartenance à l’Église.La Parole est dite pour l’Église et c’est dans l’Église qu’elle doit être accueillie.Celle-ci est le milieu vital en dehors duquel la Parole n’a aucun sens : en effet, seule l’Épouse peut comprendre les mots d’amour de l’Époux.Mais cette exigence capitale d’accueillir dans l’Église la Parole adressée à l’Église — sous peine de se voir exposé à de graves méprises — connaît une expression privilégiée dans la célébration liturgique.Certes, l’audition et l’accueil de la Parole dans l’Église ne se limitent pas au culte.Il y a bien des occasions où l’Église comme Corps se met à l’écoute de la Parole, la comprend et la propose aux fidèles.Mais nulle part cet accueil n’apparaît mieux que dans l’acte le plus expressif de la vie de l’Église, la célébration eucharistique.C’est là que la Parole de Dieu est solennellement proclamée, écoutée et accueillie. 230 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Pendant des siècles la connaissance de la Bible, de la plupart des fidèles, se limitait à ce qui était proclamé dans la célébration, et même de nos jours en est-il différemment ?Quelles que soient les imperfections de la distribution actuelle des lectures bibliques de la messe, il reste qu’un chrétien, qui connaîtrait parfaitement et en profondeur leur message, posséderait l’essentiel de la parole de Dieu.Certes, pour bien comprendre ce qui est lu dans l’assemblée, une connaissance plus vaste s’impose et c’est là le but de l’initiation dont nous parlons, mais cette initiation vise précisément l’intelligence des lectures liturgiques.Du reste pour tous, même pour les spécialistes, c’est lors de son utilisation liturgique que la Parole de Dieu acquiert le maximum de vie et de puissance.Elle y trouve son milieu naturel : l’assemblée chrétienne groupée autour de ses chefs et constituant de ce fait l’expression la plus parfaite de l’Église, et surtout la présence sacramentelle du Verbe, présence vers laquelle la parole écrite est tendue comme vers sa consommation.On le voit, c’est la lfturgie qui assure au chrétien le contact le plus favorable et le plus fréquent avec la Bible.Le plus favorable, parce que c’est dans la célébration que, du texte mort, la Bible devient une parole vivante, efficace, personnelle; le plus fréquent, parce que chaque fois qu’il prend part au culte, surtout à la messe, il n’entend, à peu d’exceptions près, que des textes bibliques.En effet, même les lectures mises à part, presque tout le propre de la messe est tiré de la Bible et les textes de composition ecclésiastique baignent eux-mêmes dans une atmosphère biblique.A ce seul titre déjà, l’initiation à la Bible s’imposerait; sans elle, en effet, toute la richesse des textes utilisés par la liturgie demeurera un domaine inconnu.II — Connaissance de la Bible : nécessité, initiation Si ce que nous avons essayé de suggérer est vrai, il est évident que tout chrétien doit se mettre à l’écoute de la Parole, et pour cela s’initier au langage que Dieu lui adresse dans l’Église.En ce monde, tant que dure l’entre-temps entre la Résurrection et la Parousie, il n’y a pas d’autre voie d’accès, d’autre possibilité de rencontre avec Dieu que les sacrements et la Parole.Dans les deux, bien que différemment, c’est toujours le même Fils de Dieu que nous rencontrons et par lui le Père dans l’Esprit.Saint François d’Assise INITIATION DES JEUNES À LA BIBLE 231 écrivait : « Je ne vois rien de sensible du Fils de Dieu, en ce monde, sinon son très saint corps et son très saint sang, ainsi que ses paroles écrites» (Testament).De ce que nous avons vu, il apparaît donc qu’une certaine connaissance de la Bible est indispensable : pour le moins, tout chrétien doit être en état d’écouter et de comprendre la Parole annoncée dans l’assemblée culturelle.Et cela veut dire, qu’en plus de dispositions morales telles que le silence, le recueillement, la liberté des soucis, le désir de rencontrer Dieu, il est capable de comprendre le langage de Dieu.Puisque Dieu, pour parler à l’humanité, a adopté un certain langage, un certain genre qui a ses lois particulières et ses difficultés, le devoir du chrétien est de s’initier à ce langage pour le saisir intelligemment.Cela eût pu être différent, Dieu eût pu s’adapter à notre façon actuelle de penser et de parler; mais de fait il a parlé une fois pour toutes et c’est ce langage qui est le sien, pas un autre.Il n’est pas demandé à tous de devenir des spécialistes, mais tous les chrétiens, chacun selon son degré de culture a l’obligation de se rendre familier le langage de Dieu.Je ne parle pas ici de philologie, mais de cette assimilation cordiale du mode de pensée et d’expression biblique, qui malgré les apparences, est en fait connaturel aux vraies structures de l’homme, ainsi que le prouvent les explorations des historiens des religions et de la psychologie moderne.Les chrétiens que l’on forme dans nos collèges doivent être l’élite de notre milieu, et cela non seulement au point de vue intellectuel, mais surtout au point de vue religieux.Il est indispensable que leur saisie du donné chrétien, leur formation religieuse profonde croissent parallèlement à leur maturation humaine et intellectuelle.Voilà pourquoi une initiation adaptée mais solide à la Bible paraît nécessaire; sans elle, en notre siècle, non seulement la vie liturgique mais la vie chrétienne tout court — les deux d’ailleurs se distinguent-elles tellement ?— n’est pas possible chez un adulte cultivé.Initiation à la Bible au cours secondaire Ces considérations ont pu paraître longues et théoriques.Il faut pourtant croire qu’elles étaient nécessaires et que c’est seulement à présent que nous pouvons aborder dans une perspective exacte, la question d'initiation pratique.La Bible étant ce qu’elle est, son rôle 232 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES dans la vie chrétienne, particulièrement dans la liturgie, étant irremplaçable, quoi et comment faire pour qu’elle devienne pour les élèves du classique un livre ouvert, mieux encore, un lieu privilégié où ils vont rencontrer Dieu et établir avec lui un contact personnel qui est l’essence même de la religion chrétienne ?Les réflexions qui suivent se divisent en deux parties.Tout d’abord une présentation de ce qui devrait être idéalement; ensuite un exposé de la situation réelle et de ce qui peut y être accompli.Ne crions pas à l’idéalisme; parlons plutôt de l’idéal.Car si jamais nous voulons améliorer la situation il nous faut concevoir d’abord une condition idéale vers laquelle il faut nous efforcer de tendre pour qu’un jour elle devienne réalité.Vision idéale Supposons que tout notre peuple a été nourri de la Bible, et que sa religion s’y enracine.Dès lors, le foyer lui-même est la première école d’initiation biblique.Les parents racontent aux enfants la grande histoire de Dieu et de son peuple ; les petits grandissent dans un climat qui leur rend familier et les faits et l’atmosphère bibliques, leur religion se construit à même les structures bibliques.L’école primaire continue l’œuvre familiale : l’enseignement de la religion, tout en précisant les notions conceptuelles, se poursuit dans un climat biblique : les sept années de cours ouvrent l’enfant à la dimension de l’histoire biblique et lui font connaître presque tout son déroulement.Il aura entendu et compris la plupart des textes eux-mêmes, surtout ceux que l’Eglise utilise dans sa liturgie; on les lui aura expliqués selon les besoins de son âge et il en aura vécu.Arrivé au secondaire, l’élève est déjà initié; le monde biblique est un monde familier où il a grandi, où il a appris à prier, à regarder Dieu, l’homme et le monde.Comme il croît, devient adolescent puis adulte, il aura des exigences d’approfondissement.On lui montrera donc le sens profond des images et des faits et leur enchaînement qui constitue l’histoire du salut et la révélation de Dieu.Après lui avoir expliqué ce qu’est la Bible — et l’on a vu quelle richesse il y avait là pour la vie chrétienne — on lui exposera les lois des genres littéraires et l’histoire de la composition des livres saints.Avec l’aide des maîtres et des livres, il pourra entreprendre alors une lecture suivie qui ne devrait jamais cesser.La période du secondaire ne serait donc pas une période d’initiation mais d’approfondissement des données connues et vécues. INITIATION DES JEUNES À LA BIBLE 233 Situation réelle Mais il faut couper ici le beau rêve; revenons au réel tel qu’il est dans notre milieu.Peut-être qu’un jour le rêve sera devenu réalité et c’est de tout cœur que nous devons le souhaiter et y travailler.C’est en l’ayant devant les yeux que nous pouvons travailler sans nous décourager, car il faut voir et vouloir grand pour accomplir un peu.Voyons à présent et avec lucidité quelle est la situation réelle dans la plupart de nos institutions secondaires.Seule un diagnostic objectif nous permettra d’entreprendre un effort adapté, et espérons-le, efficace.Or il faut le dire sans ambages, nos jeunes du secondaire, n’ont à peu près aucune connaissance de la Bible.Sans doute, ont-ils dans l’esprit quelques bribes de la vie de Jésus et de l’histoire du Nouveau Testament, mais il ne semble pas que leur familiarité avec l’Ancien aille beaucoup plus loin que le récit de la création et un vague souvenir des quelques personnages plus célèbres.Ce qui est encore plus grave c’est qu ils n’ont pas le sens de l'histoire du salut qui est une manifestation de Dieu et de son amour à l’œuvre dans le peuple d’Israël, dans la vie de Jésus et de son Église.Comme ils n’ont presque pas entendu, ou en tout cas, pas compris les textes bibliques qui leur ont été lus, ils sont à mille lieues de la mentalité biblique.A la lecture d’un psaume le plus pathétique, ils sont prêts à éclater de rire, ou bien à se poser d'invraisemblables problèmes que la moindre connaissance des genres littéraires eût suffi à résoudre.Ils sont si peu familiers avec la Bible, que ce livre saint, cette parole déchirante du Dieu qui cherche à engager le dialogue avec l’homme sa créature, leur apparaît comme un étrange rébus où il n’y a rien à comprendre, bon tout au plus à exercer la sagacité des spécialistes.Leur conception de la religion chrétienne est souvent étrangement loin de la vision biblique : pour beaucoup la foi est un système d’idées à admettre, alors qu’elle est l’adhésion à Dieu vivant et à l’éternelle vérité de son être.De plus, une certaine formation rationalisante, le dessèchement de la pensée intuitive et poétique, l’activisme, l’absence de contact avec la nature, la perte du sens de la réalité matérielle et de sa valeur de signe, dressent de difficiles obstacles à la connaissance de la Bible.Et puis, nos programmes sont assez avares quant au temps alloué à la Bible.Il y a là une anomalie difficile à expliquer : consacrer des années à s’initier aux auteurs païens, alors que le livre qui est la vie du chrétien et aussi la base de la pensée et de la civilisation occidentale n’a qu’une place de cendrillon. 234 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES C’est donc un fait; lorsqu’il s’agit de l’initiation biblique des élèves du secondaire, nous sommes à peu près devant une tabula rasa : il faut partir presque de zéro.Il y a pis encore : nos élèves ont une façon de penser et de voir, même au point devue religieux, qui ne facilite guère les choses.Il y a un certain monde à la fois infantile et rationnaliste dont ils doivent se débarrasser pour se faire à la mentalité biblique qui, nous l’avons déjà dit, est plus naturelle, plus conforme aux modes profonds de vivre et de penser de l’homme véritable, que nous ne le croyons.Entrer dans ce monde, c’est donc en même temps retrouver quelque chose de la vraie humanité que nous avons perdue.Il reste que pour nos élèves, à quelque stage que nous les prenions, il ne peut s’agir d’un approfondissement du déjà connu, mais d’une première découverte.Et heureux ceux qui trouveront un guide qui leur fera dépasser la difficile étape du dépaysement et du scandale ! Comment faire l’initiation Une fois la situation réelle connue, quoi faire et comment s’y prendre pour amener les élèves — et il est déjà tard — à la découverte du mystère de la Parole vivante ?Plutôt que d’indiquer quelques recettes faciles, contentons-nous de distinguer deux aspects d’initiation qui du reste doivent être menés parallèlement : initiation sacrée et initiation technique.La première est la plus importante; c’est l’entrée graduelle dans le mystère dont nous avons parlé, une recherche de la rencontre avec le Dieu vivant à travers la Parole.Elle suppose un climat religieux fait de respect, de sens du sacré, de prière.Elle a lieu soit dans la célébration liturgique, lorsque les élèves écoutent et méditent le texte entendu, soit dans les célébrations de la parole, soit même en classe lorsque dans une atmosphère recueillie, le professeur lit et commente le texte sacré.Elle se fait encore par le chant et la récitation des psaumes et d’autres prières bibliques.Dans ce genre d’initiation, la Parole de Dieu est écoutée et accueillie dans la foi, pour elle-même sans aucune autre préoccupation que le contact avec Dieu qui parle.Certes, pour que cela soit possible, pour que ce sommet soit atteint, il faut une lente et longue préparation.Les élèves ne pourront écouter religieusement la Parole dans la célébration liturgique, si elle ne leur a pas été expliquée, si toutes ses richesses n’ont pas été dégagées auparavant.Et il s’agit là d’une explication religieuse, priante, non d'un commentaire historique ou philologique.Le chant des psaumes INITIATION DES JEUNES À LA BIBLE 235 est une excellente occasion pour faire goûter aux jeunes la Parole de Dieu, mais si on l’introduit sans une sérieuse préparation, on risque de les en dégoûter à tout jamais.Et l’initiation aux psaumes n’est pas chose facile.Puisque les psaumes sont un condensé de tout l’Ancien Testament chanté sur un mode lyrique et priant, ils renferment toute sa richesse, toute sa beauté et aussi toutes ses difficultés.Le goût des psaumes, la possibilité d’en faire sa prière personnelle ne peuvent venir que comme un fruit de la familiarité avec toute la Bible, et ils ne se comprennent parfaitement qu’à la lumière du Nouveau Testament qui leur donne tout leur sens.Si le premier genre, l’initiation sacrée, est essentiellement un acte de foi, un contact avec Dieu, exigeant directement une atmosphère de prière, le second, l’initiation technique, est plus directement scientifique.Il est nécessaire pour satisfaire les exigences normales d’un esprit cultivé qui cherche à voir clair, à faire œuvre solide et synthétique.Il comprend deux aspects : initiation à l’histoire biblique, initiation aux genres littéraires et aux problèmes de composition des livres sacrés.Il faut, en premier lieu, présenter aux élèves un cadre assez détaillé et dynamique de l’histoire du peuple de Dieu depuis Abraham jusqu’aux visions de l’Apocalypse.N’oublions pas l’importance que joue de nos jours la catégorie histoire, et la séduction du marxisme n’est-elle pas dûe à ce que nous, les chrétiens, avons laissé les communistes s’emparer d’un bien qui nous appartient exclusivement et qu’ils ont laïcisé : le sens irréversible du temps et de 1 histoire ?Il importe donc au plus haut point de leur donner le sens de 1 histoire biblique, de cette splendide et irrésistible marche en avant où chacun d’entre nous est engagé et qu’il contribue à avancer ou à retarder.Dans ce cadre global on placera les personnages, les événements, l’évolution de la révélation et la rédaction des livres.Il est honteux qu’un chrétien ignore ces grandes données de son histoire qui est plus importante que celle des nations antiques, voire celle de son pays.L’initiation aux genres littéraires est capitale.Faute d’elle, on patauge en des difficultés insolubles.Il faut savoir distinguer dans la Bible aussi, 1 histoire, l’épopée, la poésie, le droit, les réflexions, les enseignements.Un récit comme celui de la création n’est pas un reportage journalistique mais un poème; le livre de Jonas est une sorte de fiction romanesque quelque peu ironique; et chercher dans 236 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES ces textes un enseignement comme dans un catéchisme serait se tromper lourdement.On doit encore apprendre aux élèves le sens de l’évolution doctrinale de l’Ancien et même du Nouveau Testament, leur faire voir que les livres doivent être lus et compris dans le cadre de leur origine chronologique : que, par exemple, saint Paul est antérieur aux évangélistes et parmi ceux-ci Jean écrit le dernier et donc dans une perspective différente.Dans ce travail de double initiation, quel sera le rôle respectif du professeur de religion et du directeur spirituel ?Au premier sera réservé de préférence l’initiation technique, sans oublier que celle-là doit déboucher dans le contact de foi, sans quoi elle serait complètement stérile.Quant au directeur spirituel, il prendra en main, de concert avec le professeur, l’initiation sacrée.S il est chargé des célébrations et de la prière, il ne manquera pas d’y préparer les élèves par des conférences et des explications et, dans ce domaine, seule la qualité compte, pas la quantité expédiée vaille que vaille.Même dans ses contacts personnels, le directeur spirituel saura donner aux dirigés le goût de la Parole de Dieu.Il n’y a rien de plus contagieux en effet que de voir un homme pris par cette Parole, en vivant, et partant d’elle pour orienter les âmes.* * * Au terme de ces réflexions l’impression doit être que l’initiation des jeunes à la Bible n’est pas facile et que, par ailleurs, plutôt que de donner des solutions pratiques, ce travail soulève de nouveaux problèmes.Comme tout ce qui est grand, important, tout ce qui est à la racine de notre vie humaine et chrétienne, la Bible est difficile.On n’y pénètre pas en un tournemain; c’est une question d assimilation lente, quelquefois pénible, mais combien exaltante.C’est comme la vie elle-même, quelque chose de grave, de sérieux.Donner une autre impression eût été induire en erreur.La Bible, et donc l’initiation à la Bible, demande du temps, de l’effort, de la patience : mais dans cet effort nous ne sommes pas seuls.Est-ce même nous qui cherchons ?N’est-ce pas plutôt Dieu qui nous adresse sa parole, qui cherche à nous atteindre à travers l’opaque enveloppe de notre indifférence ?La connaissance de la Bible suit la loi courante de la vie chrétienne : c’est à travers la difficulté, la peine, la croix, que la splendeur du Dieu vivant se révèle à nous. INITIATION DES JEUNES À LA BIBLE 237 Il est vrai encore que ces réflexions n’ont pas donné beaucoup de recettes pratiques, de trucs aisément applicables.Mais nous savons tous que des recettes ne servent à rien s’il n’y a d’abord un engagement profond, intelligent, durable.L’entrée dans le mystère de la Bible que nous devons désirer pour nous et pour les autres ne nous dispense certes pas des entreprises pratiques; elle leur donne au contraire une impulsion irrésistible.Rien de plus pratique pour un homme que la Parole de Dieu, « vivante, efficace et plus incisive qu’aucun glaive à deux tranchants» (He 4, 11), quand elle a frappé son cœur.Rosemont, Montréal.M.-Cantius Matura, O.F.M.professeur au scolasticat des Pères Franciscains.Le Forum Catholique Celui qui possède en abondance a le devoir de partager.C’est une loi de la solidarité humaine.En un sens particulier cette loi s’applique aux catholiques à qui le Christ a demandé de partager l’inestimable lumière de la vérité.« Que votre lumière brille devant les hommes.» Pour répondre à ce désir du Christ, le Forum Catholique (Inquiry Forum) offre des cours de religion gratuits à tous ceux qui désirent se renseigner sur notre foi.Depuis le 5 septembre les bureaux du Forum Catholique sont ouverts de 10 heures le matin à 10 heures le soir.Ils comprennent une bibliothèque, une salle de lecture, une salle de cours, des bureaux pour consultations privées.Tous les services du Forum Catholique sont gratuits.Pour toute demande d’information, on peut s’adresser à : 1182, rue Bleury 1444, rue Drummond Tél.: UN.6-3482; Tel.: VI.9-2235. [a piété dans nos coilèges Le régime de la piété dans nos collèges se modèle d’assez près encore sur les prescriptions du Droit Canon relatives aux séminaires.Certains exercices quotidiens et hebdomadaires se trouvent imposés, dont l’assistance à la messe.Dans le passé, ça ne semble pas avoir été une tâche inouie de rendre ces exercices profitables aux jeunes d’alors.Depuis une quinzaine d’années, ça ne va plus de soi que les jeunes entrent volontiers dans le programme de piété jugé bon pour eux.Il paraît excéder la « juste mesure » dont parle Pie XII.Or chaque fois, que la question de la messe libre est soulevée dans nos réunions, elle est toujours tranchée par une fin de non-recevoir : « Nous ne pouvons pas, nous sommes des séminaires.» Cette interprétation rigoureuse du canon 1367 est-elle bien conforme à la volonté du législateur ?Après avoir examiné l’aspect canonique de la piété de nos collèges, nous en détaillerons les données pédagogiques : là se trouvent la véritable solution et le véritable problème.1 — Portée du canon 1367 : Notre interprétation se ramène à ceci : nous nous estimons obligés de rendre ces exercices obligatoires au nom même du règlement et partant, de traîner nos élèves à tous les exercices, notamment à la messe.Résumons la pensée de quelques commentateurs.Peut-être conclurons-nous que notre interprétation est un peu étroite, qu’elle renchérit sur les exigences du législateur.On nous fait remarquer d’abord que ce canon ne crée pas directement un précepte, ni pour les élèves, ni même pour l’ordinaire; on lui recommande cependant de veiller à ce que les exercices de piété se fassent au séminaire, « cui tamen commendatur ut curet pietatis exercitia in seminario fieri» (1).D’après Coronata, la façon d’observer ce canon variera selon la nature des exercices.Sont-ce des exercices externes (assistance à l’oraison mentale, à la prière commune, instruction hebdomadaire, etc.), les supérieurs doivent tout mettre en œuvre pour obtenir une (1) Matthaeus Conte a Coronata, Institutiones Juris Canonici, pn.296-297. LA PIÉTÉ DANS NOS COLLEGES 239 exacte exécution (règlement, sanctions).Ces exercices ont-ils rapport au for strictement sacrementel, il faudra user d’une extrême prudence et procéder surtout par des exhortations fréquentes (2).Creusen et Vermeersch apportent d’autres précisions qui nuancent davantage l’interprétation de ce canon.Si dans les collèges mixtes, on ne doit pas exiger la confession hebdomadaire, ni l’oraison quotidienne de tous les élèves, mais seulement des aspirants au sacerdoce, ils ne voient pas pourquoi on n’exigerait pas les autres prescriptions de tous les élèves, puisque, arguent-ils, dans tous les collèges catholiques elles sont observées facilement.Ces commentaires datent de 1922; la 7e édition de 1954 reproduit le même texte (3).En toute vérité, peut-on actuellement tirer une preuve a fortiori de la pratique religieuse de nos collèges catholiques ?Partout, la pratique intense prévue par le canon 1367 s’avère de plus en plus difficile.Ne devrait-on pas, au contraire, nous expliquer pourquoi ces prescriptions conserveraient leur force impérative pour les séminaires et les collèges mixtes, alors que dans tous les autres collèges, elles sont devenues « d’un poids presque insupportable et laissent du dégoût dans les cœurs ».L’éducateur, face à ce problème, ne peut s’empêcher de noter la différence de ton entre le canon 1364 et le canon 1367.D’un côté, exigences impérieuses, semble-t-il, de l’autre, souci marqué d’adaptation aux circonstances de personne et de lieu.Alors même que le Droit Canon prescrit d’accorder la première place à l’instruction religieuse, il recommande qu’elle se fasse « modo singulorum ingenio et ætate accomodato ».De même, après avoir prescrit une étude poussée de la langue latine et de la langue maternelle (art.2), on se contente, au sujet des autres disciplines, d’une norme générale : que l’on se conforme au niveau culturel et au statut des clercs de la région où les futurs prêtres exerceront leur ministère (art.3).« Valde prudenter conscriptus est is canon », s’exclament nos commentateurs.Sans aucun doute, les prescriptions du canon 1367 leur paraissaient: aussi sages.(2) Ibidem, p.296.(3) Vermeersch — Creusen, Epitome Juris Canonici, 2e édition.1925 pp.404-405. 240 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES L’éducateur des années 1960, aux prises avec les conséquences de l’application rigoureuse que nous avons cru devoir faire de ces prescriptions, est-il autorisé à se demander si son action éducative sur le plan religieux est aussi étroitement liée par le canon 1367 ?Si l’instruction religieuse doit tenir compte de l’âge et de la tournure d’esprit du jeune, la pratique religieuse ne doit-elle pas, elle aussi, correspondre au degré de vie spirituelle des individus ?Le législateur, à n’en pas douter, présupposait cette correspondance.Creusen et Vermeersch n’arguaient-ils pas de la facilité généralisée de la pratique pour la légitimer ?Devant l’évidence du contraire, ne dépasse-t-on pas la volonté du législateur à maintenir obligatoire une pratique qui conduit à la désaffection à l’égard de la prière ?Au vrai, dans l’hypothèse même où la volonté du législateur impliquerait que nous rendions ces exercices obligatoires au titre même du règlement, n’aurions-nous pas manqué un peu d’imagination en ne concevant qu’une seule façon de remplir cette obligation, celle qui consiste à traîner nos élèves à tous les exercices ?N’aurions-nous pas souvent déployé plus de zèle à vérifier les présences qu’à rendre la messe vivante ?Ne serait-ce pas cette conception étriquée de l’obligation qui nous inciterait dans le moment à ne voir de solution à nos difficultés que dans une liberté excluant toute contrainte '?Trois paragraphes, extraits d’un article très au point de M.1 abbé Louis Evely sur Vassistance des collégiens à la messe, apporteront une réponse fort pertinente à ces questions : « Surtout, ayons assez d’imagination pour comprendre qu’il n’y a pas qu’une sorte d’obligation, je veux dire, de soutien.L’influence du professeur, la force de l’opinion publique et l’esprit de corps, le désir de donner l’exemple, et même la fierté d’avoir la « messe libre » sont des appuis qu’un éducateur habile substituera insensiblement à l’argument-massue de l’obligation disciplinaire, jusqu’à ce que la conviction personelle suffise, fréquemment ranimée d’ailleurs par des appels privés ou publics ».« Cette obligation comporte d’ailleurs un grave danger, non seulement pour l’élève qui la subit, mais pour l’éducateur qui l’impose.Il risque de se reposer sur elle.Sa chapelle pleine lui fait le sommeil tranquille.Rien de tel, pour l’éveiller, que des essais de liberté qui lui révéleront les résultats de son action» (4).«L’essentiel n’est pas que la messe soit libre ou obligatoire, mais qu’elle soit vivante.Si votre « messe libre » est aussi morne que la messe obligatoire dont vous (4) Lumen Vitae, 1952, p.64. LA PIÉTÉ DANS NOS COLLÈGES 241 avez voulu dispenser vos élèves, ils n’y viendront pas, et il n’y aura rien de gagné, au contraire.Et si votre « messe obligatoire » est vivante, communautaire et recueillie, je ne vous reprocherai pas de la rendre obligatoire» (5).Obligation et liberté ne s’excluent donc pas aussi radicalement qu’on le penserait de prime abord.Elles forment plutôt un couple de facteurs indispensables pour réaliser la fin visée par le canon 1367.Le législateur établit un programme de vie religieuse qui doit devenir l’expression spontanée d’une vie spirituelle arrivée à maturité, après avoir été un moyen conduisant à cette maturité.Parce que le moyen est, en quelque sorte, indispensable, il faut faire place à une certaine obligation.D’autre part, nul ne prétendra que le législateur veuille maintenir le jeune toute sa vie sous l’emprise d’une obligation disciplinaire; il espère et souhaite qu’au terme de sa formation la prière soit devenue un doux besoin du cœur, une activité personnelle.Or, la seule obligation-disciplinaire, par son uniformité sans nuance, risque de provoquer, dans le présent, une sous-alimentation par malnutrition et, dans le futur, une désaffection, parfois totale, à l’égard de la vie de piété pour avoir été trop longtemps subie.Il faut donc aussi faire place à la liberté.Pie XII n’abonde-t-il pas dans le même sens lorsque, dans son allocution sur les risques et bienfaits d’une éducation en commun, il attire 1 attention des éducateurs sur la modération à pratiquer dans les exercices de piété : «.Même les exercices de piété doivent connaître la juste mesure pour qu’ils ne deviennent pas un poids presque insupportable et ne laissent dans le cœur du dégoût.Souvent on a noté le déplorable effet d’un zèle excessif sur ce point.On a vu des élèves de collèges, même catholiques, où l’on ne tenait pas compte de la modération, mais où l’on voulait imposer un genre de pratiques religieuses, peut-être pas même proportionnées à des jeunes clercs, oublier de retour dans la famille, les devoirs les plus élémentaires du chrétien, comme l’assistance dominicale à la sainte messe.On doit certainement aider et exhorter le jeune à prier, mais toujours de telle façon que la prière demeure un doux besoin de l’âme » (6).(5) Ibidem, loc.cit.p.66.(6) La documentation catholique, No 1225, 13 mai 1956, col.585.— Voir aussi la même idée développée dans L’enfant et la formation de son caractère du R.P.Mailloux, L’enseignement secondaire au Canada, 1942, p.152. 242 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Plus haut, Pie XII avait écrit : « Sans aucun doute, la vie en commun, en dehors du milieu naturel, sous l’empire d’un règlement rigide qui ne sait discerner un individu d’un autre, présente ses dangers.Pour peu qu’on se trompe, on aura des élèves tout autre qu’entraînés au sens de la responsabilité personnelle, entraînés comme des inconscients, par le mécanisme des actions, à un pur formalisme, qu’il s’agisse de l’étude ou de la discipline ou de la prière.L’uniformité étroite tend à étouffer l’impulsion personnelle; la vie isolée à restreindre la vaste vision du monde; F urgence inflexible du règlement nourrit parfois l’hypocrisie, ou bien impose un niveau spirituel, qui, pour les uns, sera trop bas, et pour les autres, par contre, impossible à atteindre : trop de sévérité finit par faire des caractères forts, des révoltés, et, des timides, des découragés et des fermés» (7).Ces textes ne nous incitent-ils pas à nous dégager d une observation trop matérielle du canon 1367 ?C’est la fin visée par ce canon qui doit primer : amener progressivement nos jeunes à prier et à s’approcher fréquemment des sacrements par une démarche personnelle, spontanée, sans aucune chiquenaude, ni pression de l’extérieur.Il ne faudrait tout de même pas qu’une prescription d’ordre pédagogique l’emporte sur un précepte directement relié aux commandements de Dieu et de l’Église comme celui de l’assistance à la messe les dimanches et jours de fête.Il pêcherait gravement l’éducateur qui, sans excuse valable, ne conduirait pas à la messe le dimanche les jeunes confiés à sa garde.De quelle faute pourrait-on taxer l’éducateur qui ignorerait plus ou moins les prescriptions du canon 1367 ?Il manquerait à son devoir d’éducateur chrétien dans la mesure où cette négligence entraverait la croissance spirituelle de ses élèves.Sur le plan religieux, trois tâches lui incombent : par la catéchèse révéler aux jeunes ce que Dieu est pour eux et ce qu'ils sont pour lui ; par la fréquentation des sacrements et la vie liturgique, les amener à nourrir suffisamment leur vie spirituelle; par la direction pédagogique les aider à vivre en fils de Dieu.Le canon 1367 attire notre attention sur le deuxième point et, par surcroît, il vise spécifiquement les aspirants au sacerdoce.À miser uniquement sur l’obligation comme à miser uniquement sur la liberté, l’on manquerait la fin visée par le canon.Le problème (7) La documentation catholique, loc.cit.col.584. LA PIÉTÉ DANS NOS COLLÈGES 243 ici est d’ordre pédagogique : comment assurer à nos jeunes un ravitaillement spirituel adéquat et, en même temps, donner l’intelligence, le goût et l’habitude d’une vie de prière et d’une pratique sacrementelle authentiques tout en évitant de les gaver et de les dégoûter à tout jamais ?Au jeu sagement agencé de l’obligation et de la liberté, il faudra adjoindre l’apport indispensable d’une pastorale d’ensemble bien au point et très vigilante.2 — Aspect pédagogique : Comment donc instaurer cette liberté progressive pour qu’en jaillissent les résultats positifs que nous espérons ?Le succès, toujours relatif, d’une telle entreprise dépend de l’action convergente de nombreux facteurs, voire de nombreux acteurs.Essentiellement, un travail d’équipe ! Une équipe d’éducateurs d’abord, dont les membres deviendront les animateurs d’équipes d’élèves.Encore une fois, il s’agit d’aboutir à une adhésion libre par une participation de plus en plus effective des élèves.Un Larigaudie, dans Étoile au Grand Large, nous fixe le but auquel nous aimerions conduire tous nos collégiens : « Il ne faudrait pas qu’il nous vienne à l’esprit de dire : Je vais à la messe demain, mais : Je ne vais pas à la messe demain; parce que cette dernière phrase marque une exception, comme l’absence de repas ou de sommeil.La Communion quotidienne a été pour moi, chaque matin, le bain d’eau vive qui affermit et détend tous les muscles, le repas substantiel avant l’étape, le regard de tendresse qui donne hardiesse et confiance» (8).a) Liberté progressive : Au point de départ, l’obligation prédominera nettement.Les Élémentaires accepteront volontiers d’être conduits à la messe, particulièrement si elle est vivante.Toutefois, même pour eux, il faudra prévoir une possibilité d’assister librement de temps à autre, ne fut-ce que pour raviver leur intérêt.Puis survient une deuxième étape où 1 obligation composera davantage avec la liberté : on ouvrira des « zones de liberté », on offrira une possibilité d assister librement à la messe, possibilité plus ou moins grande selon la situation concrète.Cette possibilité veut être un apprentissage de la liberté dans le domaine de la vie religieuse, un appel, un stimulant à une vie de piété personnelle.Cette deuxième phase répondrait aux aspirations comme aux possibilités des adolescents, soit les syntaxistes, méthodistes et versificateurs.Au terme de Féduca- (8) Etoile au Grand Large, Paris, Editions du Seuil, p.37. 244 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES tion, c’est-à-dire pour l’étape des aînés, les raisons personnelles de croire et de prier viennent relayer les règlements et les habitudes.De plus en plus, si nous avons réussi, la vie sacrementelle et liturgique jaillit des profondeurs de l’âme plutôt que de l’impulsion de 1 habitude.Prêtons l’oreille encore une fois à M.l’Abbé Evely : « Voici éclairés les deux termes de l’éducation : elle commence par l’obligation et se termine par la liberté.Nous considérerions avoir échoué gravement si, en rhétorique, la messe n’était pas libre et n’était pas fréquentée.» «Toute la difficulté est de ménager la transition de l’obligation à la conviction personnelle.L’important, encore une fois, ce n’est pas de rendre la messe libre ou obligatoire, c’est d’employer liberté et obligation à poser le problème de la messe, à y intéresser les élèves, à les amener à s’interroger sur leur attitude à son égard.Enfin, il sera toujours utile de revenir de temps en temps à l’obligation chez les aînés, comme de passer parfois à la liberté chez les plus jeunes.Pour nous, la messe libre est, entre beaucoup d’autres, un moyen d’intéresser à la messe, de stimuler son attention et sa conscience» (9).Dans cette perspective, l’organisation de la vie religieuse de la communauté collégiale s’inspirerait du principe qui prévaut au sein de la communauté paroissiale.Le clergé assure un certain nombre d’exercices communautaires; il incite les fidèles à y venir et fait en sorte de rendre ces exercices attirants.Les associations diverses (tiers-ordre, adoration nocturne, etc.,) favorisent à leur manière un ravitaillement spirituel adapté à chacun.Les plus jeunes sont conduits à l’église par les parents et les maîtres.Mais à mesure qu ils grandissent, le contrôle exercé par les parents s’atténue, sans jamais cesser tout-à-fait.Il y a réussite véritable quand les jeunes gens et jeunes filles assument de plein gré leur vie de piété.La liberté qui en résulterait pour nos collégiens serait moins la permission de ne pas assister que la possibilité d’assister librement, spontanément, la possibilité de s’alimenter chacun selon son niveau spirituel .La majorité de nos élèves désirent-ils vraiment plus que cette possibilité ?(9) Lumen Vitae, loc.cit., pp.64-65. LA PIÉTÉ DANS NOS COLLÈGES 245 b) Climat général du collège : Il serait, évidemment, maladroit de rendre la pratique religieuse libre dans une institution qui accorderait peut-être des « libertés », mais refuserait la liberté.Ce ne serait qu’une liberté de plus à côté de plusieurs autres libertés.Comment des jeunes utiliseraient-ils positivement cette possibilité d’une vie religieuse libre, si jamais, dans d’autres secteurs de la vie collégiale, ils n’ont eu la possibilité d’opter pour quelque chose de bien ou de mieux, sans que l’omission entraîne un manquement au règlement ?La pratique religieuse libre doit donc s’insérer dans un climat général de liberté.Un climat général de liberté n’est possible qu’avec des groupes restreints, psychologiquement homogènes et relativement autonomes.Les groupes englobant de trop nombreux individus tendent à devenir une foule anonyme, grégaire, une masse quoi ! Or la masse n’est pas éducable.On la rend éducable en la fractionnant.Nos anciennes divisions en petits, moyens et grands répondaient déjà à ce besoin.Il faut pousser plus loin le fractionnement.Au-delà de 60, un groupe de jeunes cesse d’être éducatif; en tout cas, son efficacité diminue très rapidement.Par contre, un groupe de jeunes, dont le nombre se situe autour de 60, se transforme assez facilement en une communauté avec son esprit de corps, ses traditions, ses échanges et une solidarité qui soude les individus et les amène à tout mettre en commun, à tout partager.Au sein d’un tel groupe, les activités prennent spontanément une allure communautaire.La messe, action communautaire par excellence, s’y insérera d’elle-même.Qui ne se rappelle le feu de camp, le chemin de croix et la messe des camps scouts ?Selon les possibilités de chaque collège, la vie religieuse prendra donc appui sur des groupes assez restreints et homogènes.Les commentaires et la participation des assistants pourront être ainsi adaptés à l’âge et à la mentalité des élèves.Ce qui stérilise en partie nos offices religieux, c’est qu’ils sont trop souvent plaqués sur des groupes anonymes, agrégat d’individus qui n’y viennent pas pour faire quelque chose ensemble.Groupes restreints veut dire plusieurs messes de groupe chaque matin.Par chance, certains jours, la messe sera naturellement l’action d’une communauté élargie, voire de tout le collège.Ce sera un facteur de variété et un effort vers un sens ecclésial aux dimensions de l’Église.La messe sera vivante en étant d’abord l’action d’un groupe psychologique, d’une communauté. 246 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES c) Contrôle : Introduire la liberté dans la vie religieuse de nos élèves sans prévoir un certain contrôle serait oublier que la liberté en éducation reste toujours un moyen de formation, comme l’autorité d’ailleurs.Le problème réside dans le dosage adéquat de l’intervention de l’adulte.Citons encore M.l’abbé Evely : «.Tout le problème est de régler l’intervention de l’éducateur sur le besoin exact de l’élève.Exagérée, elle écrase, dispense et même dégoûte de vouloir.Insuffisante, la discipline ne soutient plus; la volonté de l’enfant trop tendue se casse; l’excès de responsabilité qu’on lui laisse énerve et affaiblit l’enfant, qu’on voulait libérer.Il est artificiel et inhumain de vouloir faire reposer sur une base si fragile tout l’édifice de l’éducation.Il faut, sans aucun doute, se concilier, par des raisons et un climat de confiance, le consentement moral de l’enfant, mais il faut aussi étayer celui-ci de notre autorité mise à son service, aussi longtemps qu’il en aura besoin.Si vous voulez apprendre à nager à quelqu’un, vous devez veiller à ne pas le suspendre, mais aussi à ne pas le laisser se noyer» (10).À l’étape des aînés, où la liberté dans la pratique religieuse atteindrait normalement son sommet, le contrôle devrait relever de la direction spirituelle et s’effectuer au sein même de la direction.Ce serait restituer au directeur spirituel une de ses attributions : celle d’établir avec ses dirigés le programme de vie sacrementelle et de prière adapté à chacun.J’envisagerais le même mode de contrôle pour les méthodistes et les versificateurs, peut-être aussi les syntaxistes.Ce serait canaliser leur besoin d’être traités différemment des plus jeunes, ce serait d’une certaine façon répondre à leur soif d’indépendance.Ici, le sentiment de la liberté importe souvent plus que la réalité elle-même ; « Les jeunes préparent très tôt leur émancipation : ils aiment agir par eux-mêmes et il faut les y encourager.Une clef du succès en éducation est l’art de leur présenter ce qu’on leur demande.Pour eux, le sentiment de la liberté est tout aussi important que la liberté et, en ce domaine, ils se contentent souvent de l’illusion, sans en être dupes» (11).(10) Ibidem, pp.63-64.(11) H.-M.Oger, O.P., L’assistance à la messe durant la semaine dans nos institutions catholiques dans Lumen Vitae, 1952, pp.641-642. LA PIÉTÉ DANS NOS COLLÈGES 247 Quant aux cadets, dans la mesure où on leur offrira la liberté, le contrôle reviendrait au président du groupe, ou encore au professeur.Tout ceci, évidemment, à titre de suggestion.Chacun devra tenir compte des conditions locales.Quelle que soit l’organisation à laquelle nous nous arrêtions, nous devrons éviter de la considérer comme une solution définitive : « La question de l’assistance des élèves de nos institutions catholiques à la messe durant la semaine reste actuelle; nous dirions même qu’elle doit se poser chaque année pour les directeurs et directrices, car elle dépend des circonstances de temps, de lieu, de personnel et elle est conditionnée par la mentalité des élèves, l’atmosphère de l’établissement, toutes circonstances qui peuvent varier d’une année à l’autre.Tel qui a trouvé une solution ne peut dire que celle-ci vaudra encore dans deux ans.Ainsi la vie nous maintient en haleine» (12).3 — Pastorale d’ensemble : Appliquée à l’action ecclésiale au sein d’un collège, l’expression pastorale d'ensemble peut sembler prétentieuse.Pourtant, lorsqu’on examine de près la situation religieuse, on lui découvre beaucoup de similitude avec celle d’une paroisse; sans délai, il nous faut substituer une « pastorale de 1 innovation » à une « pastorale de persévérance » (13).Nous avons un effort missionnaire à développer même en nos collèges.Ces baptisés, qui ont demandé le baptême par procuration, il nous faut les conduire à assumer le sacrement, qui, dès leur naissance, les a faits fils de Dieu et frères du Christ.Ces chrétiens par éducation doivent le devenir par option personnelle.a) Catéchèse : Cela pose l’urgence d’une catéchèse renouvelée, moins formelle, plus soucieuse des problèmes des jeunes auxquels elle s adresse.Nous nous trouvons déjà devant un effort très prometteur, qui aura une influence à retardement inappréciable sur la vie religieuse de la jeunesse de nos collèges classiques et sur l’élite de demain.Si nos jeunes servent Dieu demain, ils le serviront dans la vérité.Leur adoration ne saurait être que le « bel agenouillement d’un homme libre ».Leur religion revêtira un style biblique.Ils sont plus près du Dieu de la Bible et du Christ de l’Évangile que du Dieu et du Christ d’une certaine théologie et d’une certaine spiritualité.La sincérité prend la forme d’un retour aux sources, impliquant avec plus ou moins de désinvolture un rejet des effloraisons séculaires (12) Oger, loc.cit., pp.631-632.(13) Fernand Dumont, La pastorale des ensembles : une exigence particulière à notre temps dans Cahiers de pastorale, Montréal, 1960, p.25. 248 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES de ces mêmes sources; une sorte de libre examen larvé, quoi ! Il peut en résulter une désaffection exagérée pour toute forme de savoir systématisé, pour la tradition subséquente aux sources auxquelles ils se réfèrent.Néanmoins, cette exigence d’authenticité peut devenir un puissant levier pour leur formation intellectuelle et chrétienne.La catéchèse actuelle, par son retour à la Bible, répond à cette exigence et en canalise les énergies.b) Liturgie : cela implique que nous entrions à plein dans le renouveau liturgique, désormais sorti de la phase des recherches souvent échevelées pour atteindre une ampleur imprévue des initiateurs eux-mêmes.Jamais, on aurait cru Rome capable d une telle jeunesse ! Et nous sommes à la veille d’un concile écuménique.L’expérience relatée dans La VIE des communautés religieuses par M.l’abbé Guy Bélanger nous révèle les implications d’un tel renouveau au sein d’un collège.Il ne peut réussir sans que tous les prêtres collaborent avec une fraîcheur d’âme et une disponibilité à toute épreuve.Il n’y aura de messe vivante qu’à ce prix (14).c) Direction spirituelle : cela pose le problème d’une direction spirituelle bien alerte, vigilante, marquant le pas à la jeunesse dont elle doit diriger la croissance spirituelle au for interne.Déjà, le travail est bien amorcé; la direction spirituelle n’est-elle pas devenue la plus dynamique des fonctions collégiales ?Les directeurs spirituels devront accorder une attention particulière à la pastorale des sacrements, notamment du sacrement de pénitence.Savoir distinguer avec netteté le sentiment de culpabilité de la culpabilité saine, celle de l’homme qui se sait et se reconnaît pécheur devant Dieu.Faire découvrir la véritable portée de l’absolution sacrementelle.À leur insu, nos adolescents peuvent ravaler la puissance purificatrice du rite sacrementel à une sorte de rite magique, ou à l’un de ces détergents qui nettoient si facilement la vaisselle de maman.Veiller à ce que nos jeunes ne tombent pas dans une espèce de sacrementalisme, c’est-à-dire dans une pratique sacramentelle sans aucun rapport avec la vie intérieure de l’individu, sans la recherche sincère du progrès.N’aurions-nous pas dans notre milieu à souffrir de cette carence ! (14) Une heureuse expérience, février 1961, pp.35-41.Voir aussi Cyrille Labrecque, Consultations théologiques, Québec, 1945, pp.209-210.Lisez et comparez vous-même avec les études des abbés Evely et Bélanger et du Père Oger sur le même sujet.Etes pirouettes ne règlent pas des problèmes de pastorale. LA PIÉTÉ DANS NOS COLLÈGES 249 Dans l’organisation de la vie religieuse proposée ci-dessus, le contrôle de la pratique de chacun des collégiens passe du plan disciplinaire au plan de la direction spirituelle.Le directeur avisé saura saisir l’occasion et amener ses jeunes dirigés à réfléchir sur les implications profondes de leur baptême.La fonction s’en trouve valorisée.4 — Mise en marche Enfin, il faudrait soigner la mise en marche de la nouvelle organisation, savoir éviter telle tactique maladroite, telle terminologie ambiguë, afin de ne pas inciter nos jeunes à se sous-alimenter, à prier et à assister à la messe moins souvent qu’ils ne le désirent au fond.J’éviterais de parler de messe libre, surtout de messe facultative, car, dans la tête d’un adolescent ça peut équivaloir à exercice de pure dévotion, donc surérogatoire.Or, ce ne serait conforme ni à la lettre, ni à l’esprit du canon 1367, ni le sens du projet soumis plus haut.Il suggère une nouvelle organisation du régime de la piété dans nos collèges, dans laquelle on fait place à une liberté progressive.Dans le cas de la messe, la décision de ne pas assister doit se prendre la veille, au coucher.Le soir, on est souvent moins veule que le matin, au petit jour, surtout lorsque ceux, qui ne vont pas à la messe, restent au lit.Pour les plus jeunes, mieux vaudrait maintenir le lever à la même heure pour tous.Dans un orphelinat belge, ouvert à des enfants de religions différentes, les garçons, qui n’assistaient pas à la messe, se rendaient à l’étude pour y faire une sorte de lecture spirituelle : vie de saint, biographie d’un grand homme, etc.On n’admettait pas que ces derniers puissent étudier pendant que leurs camarades assistaient à la messe.Bien plus, l’on misait sur cette lecture, faute de messe, pour lancer la journée.L important, 1 essentiel, ce n’est pas tellement qu on prie, mais que la communauté collégiale prie, que chacun prie.La pointe de notre effort doit tendre vers ce but.Alors, chacun s’alimentera suffisamment, tout en développant en soi une habitude personnelle et communautaire de la prière, une habitude lucide qui le suivra dans la vie.Nous avons étudié la question de l’assistance à la messe sur semaine dans nos collèges sous l’angle obligation et liberté, angle sous lequel on l’aborde le plus souvent.Du point de vue canonique, rien ne nous oblige, semble-t-il, à faire de l’assistance à la messe sur semaine une obligation disciplinaire.La seule obligation disciplinaire 250 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES nous conduirait même à manquer la fin visée par le canon 1367.Par ailleurs, nous ne saurions tout miser sur la liberté pure et simple.Il faut chercher la solution dans un dosage, jamais établi une fois pour toutes, d’obligation et de liberté, et plus encore dans une messe vivante, acte communautaire d’une communauté réelle de jeunes chrétiens.Sans une messe communautaire, vécue par tous les assistants (on n’assiste pas à la messe, on y participe), l’assistance à la messe, surtout sur semaine, restera un pensum pour la majorité de nos élèves et ne produira pas les fruits spirituels escomptés.Une messe dominicale, à laquelle on assiste passivement pour satisfaire le précepte, nous donne une chrétienté sociologique, mais non un peuple chrétien, vivant des Mystères chrétiens.Trois-Rivières.Lucien Labelle, O.F.M.Professeur au Séminaire St-Àntoine. chronique religieuse Un cinquantenaire Un évènement religieux de quelque importance ne manque jamais d’appeler l’attention et de susciter l’intérêt au milieu de la fraternelle population de nos communautés diocésaines et environnantes.Un cinquantenaire, c’est un livre qui s’ouvre et qu’on parcourt avec un étonnement progressif.C’est une page d’histoire parfois émouvante, dont toute l’inspiration n’est que la suite d’actes quotidiens sans relief et sans valeur notoire.N’est-ce pas, du reste, le même historial qui s’inscrit chez la plupart des Instituts religieux ?Les plus modestes débuts ont marqué la fondation du Couvent de la Société de Marie Réparatrice, à Montréal.C’était, d’ailleurs, en même temps, la première Maison de la Congrégation qui s’ouvrait au Canada.Deux religieuses, venues de France, arrivaient au pays en 1910, lors du grand Congrès eucharistique de la Cité métropolitaine.Accueillies avec bienveillance par S.E.Mgr Bruchési, elles séjournèrent d’abord chez les Sourdes-Muettes.Puis, à l’automne de 1911, d’autres Réparatrices arrivèrent et elles s’installèrent dans une maison provisoire, rue Mansfield, près de la Cathédrale.C’est là que fut célébrée par S.E.Mgr Bruchési la première messe le 11 octobre 1911.Difficultés de toutes sortes, pauvreté, soucis matériels pour assurer le pain de chaque jour aux jeunes recrues canadiennes que l’esprit marial et l’adoration du St-Sacrement dirigeaient vers le nouveau sanctuaire, voilà un bref et sommaire aperçu de la première étape fournie par nos héroïques fondatrices.Elles étaient les dignes émules de leur Mère, Emilie d’Oultremont, Baronne d’Hooghvorst, en religion la Mère Marie de Jésus.Qu’on nous permette d’esquisser en quelques traits : le but, l’idéal, le pieux objectif et les œuvres de notre communauté réparatrice.Notre but n’est autre que la réparation.Notre idéal : la vie d’union avec Marie.Notre dévotion, notre occupation primordiale, c’est le culte eucharistique par l’adoration du St-Sacrement exposé 252 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES dans notre chapelle.Notre objectif : l’apostolat par des œuvres diverses : retraites fermées, catéchismes, heures saintes, neuvaine de réparation, foyer pour dames et jeunes fdles, bibliothèque circulante, ouvroir pour les enfants pauvres.Les statistiques ne révèlent pas d’ordinaire l’intensité du travail apostolique.Parler de l’éloquence des chiffres ne soulève le voile qu’à moitié.Toutefois, leur affirmation n’est certes pas à contester.Un regard rétrospectif dans nos archives accuse un total impressionnant, fruit d’une persévérance courageuse qui met à l’abri des déceptions toujours possibles.Pendant ce demi-siècle écoulé, 62,930 dames et jeunes filles ont bénéficié des retraites fermées, 76,784 ont fréquenté les récollections mensuelles, 15,442 enfants ou adultes ont reçu l’instruction catéchistique et 359,099 personnes ont participé à notre neuvaine annuelle de réparation.Le 11 octobre 1911, la Société de Marie Réparatrice était le petit grain de sénevé que le Seigneur a fait croître pour la gloire de son nom.Filles de notre Mère, la Sainte Église, nous avons collaboré, autant qu’il nous était possible, par notre vie de prière et d’apostolat à l’œuvre de la réparation.Ce 11 octobre 1961, fête de la Maternité de Marie proclame la fécondité promise au labeur obscur, semblable à celui de la Très Ste Vierge durant les années de sa vie mortelle.Rendons-en grâces à Dieu ! Religieux et religieuses, animés des mêmes sentiments, guidés par la même étoile mariale, poursuivant les mêmes conquêtes, celles des âmes, voudront bien s’unir à nos cantiques et à notre fervente jubilation.Leurs prières stimuleront les efforts conjugés de notre zèle commun et de la fraternité qui nous unit « in Christo Jesu ».M.R. à votre service 23.— Faut-il faire bénir une petite aile, attenante à une maison d’éducation qui a déjà reçu, comme telle, une bénédiction solennelle ?La petite aile vaut à peu près 1/15 de ce qui existe déjà.Ne peut-on pas la considérer comme participant à la bénédiction reçue par la grande maison ?La bénédiction d’une école n’est pas obligatoire.C’est une pratique fort louable, pour attirer la protection de Dieu sur ces lieux et sur les personnes qui y vivent et y étudient.Le Rituel contient deux bénédictions pour les écoles : l’une très brève, avec aspersion d’eau bénite dans tous les locaux, et l’autre très solennelle, avec procession, litanies, chants et concours de toute la paroisse.Cette bénédiction solennelle convient pour l’inauguration d’une nouvelle école paroissiale ou d’un collège.Pour la bénédiction d’une allonge, la cérémonie plus simple sera préférée.Même si l’on peut considérer cette allonge comme participant à la bénédiction de l’édifice principal, il convient d’en faire la bénédiction particulière, avec aspersion d’eau bénite dans chacun des nouveaux locaux.Cette bénédiction peut se faire par un simple prêtre, sans concours de peuple.Rosemont, Montréal.Médard André, O.F.M.24.— Les religieuses qui assistent régulièrement à la messe paroissiale doivent-elles s’abstenir de prendre les attitudes recommandées aux messes communautaires pour suivre le peuple auquel elles s’ajoutent ?Lorsque les religieuses assistent aux messes de la paroisse, elles sont habituellement le point de mire de toute la communauté paroissiale.Elles doivent donc faire en tout leur possible pour observer les attitudes favorables à une participation active à la messe.Elles entraînent ainsi heureusement tous les autres membres de la communauté paroissiale à suivre leurs mouvements, et deviennent, par le fait même, un auxiliaire précieux du clergé qui a le devoir de former le peuple à mieux participer au saint Sacrifice de la Messe.Rosemont, Montréal.A.-M.Hamelin, O.F.M. pour vos lectures La Séparation du monde.Coll.Problèmes de la religieuse d’aujourd’hui.(En collaboration).Les Editions du Cerf, Paris 1961.292pp.22cm.Hors Commerce.La séparation du monde est l’un des traits spécifiques de l’état religieux.Il suffisait à lui seul pour le distinguer du laïcat et du sacerdoce, non seulement dans l’histoire, mais aussi du point de vue de la théologie, de la spiritualité et de l’Institution.Cet élément distinctif de la vie religieuse est cependant aujourd’hui la source de certains problèmes tant chez les moniales que chez les religieuses actives.En effet, si, dans son esprit, la vie religieuse met la consacrée dans la disposition idéale pour être « envoyée », les exigences modernes de l’apostolat semblent la contraindre à « sortir » de plus en plus, à connaître le monde, à participer intimement à son drame.C’est à ce problème que se voue ce nouveau volume de la collection « Problèmes de la Religieuse d’aujourd’hui ».Son but n’est certes pas de donner des recettes infaillibles et universelles et encore moins des directives autorisées.Fidèle à sa méthode, il se contente de rappeler les sources bibliques et historiques, puis les principes canoniques, théologiques, spirituels et psychologiques de la séparation du monde.La V.C.R.ne saurait trop conseiller la lecture de ce volume qui aidera à purifier et à rajeunir cet esprit de séparation du monde, sans lequelle il n’y a pas de vie religieuse.Au seuil de la théologie.Initiation en trois années.Ouvrage en collaboration.T.I : premier degré.Les Edi- tions du Cerf, Paris 1960.448pp.18cm.Relié : 18NF.Voici un ouvrage de théologie destiné à un public cultivé, sans être spécialiste.D’abord conçu en vue des religieuses, il s’est adapté à leur formation et à leur cycle de cours.On y trouvera donc, selon un cycle progressif, les matières qui doivent être enseignées aux religieuses, depuis la Bible, la patristique, la théologie, le catéchisme des vœux, la spiritualité, la signification du témoignage et jusqu’à la psychologie et la pédagogie religieuses.Parmi les collaborateurs signalons : Sœur J.D’Arc, Anne-Marie La Bonnar-dière, Eugène Jarry, Jean Rogues, Jean Juglar, O.S.B., Sr Marie Monique, An-tonin-M.Henry, O.P., Augustin-M.Cocagnac, O.P., M.-Alain Rivière, O.S.B., Marie Fargues.Gleason, Robert W., S.J., Le monde à venir.Les fins dernières.Coll.Théologie pastorale et spiritualité.P.Le-thielleux, éditeur, Paris 1961.192pp.21cm.9,75NF.En 1948, dans une pénétrante étude sur le roman américain, Claude-Edmond Magny notait un commencement d’inquiétude dans l’œuvre d’un Faulkner.Avec lui, l’Amérique s’interrogeait sur le problème du mal, sur le sens de la vie.Comme bribe de réponse, le P.Gleason publie ce livre remarquable sur les fins dernières, la mort, le jugement, le purgatoire, le ciel, l’enfer, la résurrection de la chair.Ces vérités sont de tous les temps, mais encore faut-il les traiter en les affrontant à la problématique d’une époque.L’A.a lu et assimilé les philosophes contemporains, approfondi les théologiens du passé et ceux qui ont l’audience de POUR VOS LECTURES 255 notre temps; mais plus encore, il renouvelle un sujet classique en mettant au centre de chacun de ses exposés Jésus-Christ, centre et fin de l’histoire.C’est en Jésus-Christ en effet que se réconcilie la destinée personnelle de chaque homme et la destinée collective de l’humanité.Jésuites de la Nouvelle-France.Textes choisis et présentés par François Roustang, SJ.Collection Christus, n.6.Desclées de Brouwer, Paris 1961.350pp.21cm.Entre 1625 et 1650, quelques jésuites français furent, au Canada, les héros d’une extraordinaire épopée de l’histoire des missions.Dans un climat particulièrement rude, au milieu de populations primitives, en butte à l’hostilité de tribus qui feront subir à plusieurs d’entre eux des supplices raffinés, ces missionnaires accomplirent un apostolat héroïque, mais surtout peut-être un cheminement spirituel souvent sublime.Lettres, relations, carnets intimes nous font quelque peu connaître leurs travaux apostoliques et leur vie intérieure.Tel est le contenu de cet ouvrage.Hunermann, G., Le rebelle obéissant.Trappiste et missionnaire, le F.François Pfanner, fondateur et abbé de Mariannhill.Traduit par l’abbé Vir-rion.Editions Salvator, Mulhouse, 1960.264 pp.19cm.7,50NF.Ce volume rapporte l’histoire du P.Trappiste François Pfanner, autrichien, fondateur du monastère de Mariannhill dont il fut le chef pendant près de trente années.La congrégation florissante qu’il a fondée continue son action sociale et religieuse dans ce coin de l’Afrique où la politique actuelle de la ségrégation cause tant de mal et provoque tant de troubles sociaux.Cette biographie, qui suit de très près l’histoire contemporaine, suscitera chez ses lecteurs, et surtout chez les jeunes gens, l’enthousiasme et la bravoure qui ont fait jadis de François Pfanner l’apôtre des Noirs et leur défenseur dans des circonstances difficiles, mais toujours en obéissant à la volonté de Dieu.Léger, Card.Paul-Émile, Les Origines de l’homme.Responsabilités actuelles du Laicat.Réflexions pastorales sur notre enseignement.Ed.Fides, Montréal 1961.17cm.Respectivement 32, 16 et 32pp.Toute la presse s’est plu à souligner l’importance de ces trois magistrales conférences de S.Em.le Card.Léger sur des problèmes actuels comme la question des origines de l’homme, les responsabilités du laïcat dans notre milieu et la question de l’enseignement.En termes lucides et vigoureux Son Eminence donnent les principes et indiquent les solutions concrètes à apporter à ces problèmes très actuels.Ces textes sont à lire dans leur entier.A.-M.H.Vandeur, Don Eugène, O.S.B., Sang du Christ, sauvez-nous.Méditations sur les Litanies du Précieux-Sang.Éditions des Moniales Bénédictines du Précieux-Sang, Mont-Laurier, 1961, 22cm.174pp.La Lettre Apostolique Inde a Primis, du 30 juin 1960, expose la grandeur et l’efficacité du Culte du Très Précieux-Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ.S.S.Jean XXIII y fait appel à l’attention des Patriarches, Primats, Archevêques et Évêques sur cette dévotion indissolublement liée à celle du Très Saint Nom de Jésus et à celle du Sacré-Coeur.A cette fin, Sa Sainteté a approuvé les Litanies du Très Ré-cieux-Sang dont une copie harmonisée par Dom Georges Mercure, O.S.B.accompagne l’ouvrage. 256 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Ces méditations, qui ne comportent pas de longueurs, procureront aux âmes pieuses de fructueuses considérations sur chacune des invocations des Litanies et — ce qui est loin d’être négligeable — leur vaudront de développer en elles une profonde dévotion au Très Précieux-Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ.Cette dévotion est d’une importance unique et d’une efficacité sans pareille pour assurer à l’âme chrétienne la purification et la sanctification de sa vie.J.-Hermann Poisson, O.F.M.Auclair, Marcelle, La parole est à Monsieur Vincent.Editions Bonne Presse, Paris 1960.19cm.330pp.broché : 23,50NF.relié : 19,20NF.Au lieu d’écrire une nouvelle biographie, elles sont déjà fort nombreuses, l’A.nous donne un véritable saint Vincent par lui-même.A travers de passionnants documents minutieusement sélectionnés (billets hâtivement rédigés au cours de l’action, lettres expédiées en France et à l’étranger, entretiens), c’est un personnage bien vivant que nous voyons agir, un personnage à la parole pleine de finesse, de bon sens, à l’esprit évangélique.Romancière, biographe de Sainte Thérèse d’Avila, journaliste, confidente par son courrier de Marie-Claire de milliers d’aveux et d’appels au secours, Marcelle Auclair a su renouveler fort heureusement le genre littéraire traditionnel des vies de saints, sans altérer le caractère essentiel de la Sainteté.Delaruelle, Étienne — Perret, Joseph — Roffat, Claude, Saint François de Sales, Maître spirituel.Éditions Spes, Paris 1961.120pp.19cm.4,65NF.Y a-t-il une spiritualité salésienne ?Comment se situe-t-elle à côté des spi- ritualités bénédictine, dominicaine, franciscaine ?Y a-t-il enfin une démarche salésienne caractéristique à l’égard de Dieu et à l’égard du prochain ?Autant de questions auxquelles les trois auteurs de ce présent volume, qui sont trois spécialistes de Saint François de Sales et de son temps, tentent de répondre en analysant les textes et les documents où s’exprime l’esprit du Bienheureux.Piekoszewski, Rev.Dr.Jan, The Religious Problem of Refugees in U.S.A.London, Canada : Veritas, 1960.128pp.21cm.In final analysis, this book pleads that national parishes alone can solve the “religious problem” of refugees in America.The author begins by establishing an historical perspective, then passes to a theological consideration of man’s nature and life.He explains as well the canonical provisions for national parishes and for missions with care of souls.He hopes his statement on the necessity of national parishes is the conclusion of his long argument.The conclusion really comes, however, from emotional committments quite foreign to the premissed considerations.Have many refugees lost the faith after establishing themselves in America ?If so, why ?These are questions of fact; from the information gathered it will become clear what pastoral care they require.An apostolate to the refugees wrill demand much understanding and sympathy; it will require communication in their language.Little in Dr.Piekoszewski’s book throws any light on these matters.Ethelbert Flood, O.F.M. ¦W y te* '\W nécrologie ¦y t Les Religieux du Très Saint Sacrement : R.P.Alphonse Lanoie.j Les Clercs de Saint Viateur : Fr Thomas Pineault.Les Soeurs de Sainte Anne : Sr M.Célina (Rose de Lima Parent), Sr M.Séverin (Emma Gévry), Sr M.Pierre (Elisabeth Laporte), Sr M.Charles Borromée (Rosa Dufresne).Les Soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie : Sr M.Maurille (Alma Croteau), Sr M.Thérèse de S.Augustin (Célina Lefebvre), Sr M.Jean de la Paix (M.Anna McKensie).Les Soeurs de Charité de la Providence de Montréal : Sr Cyr (Léa Quenneville), Sr Ignace de Loyola (Parmélia Racette), Sr Exilia Blais.Les Soeurs de la Charité de l’Hôpital de Montréal : Sr Ste Eugénie (Elisabeth Girard), Sr Ann Ghisholm, Sr Saloie (Elisabeth Richard), Sr Cécilia Dougherty.Les Petites Soeurs Franciscaines de Marie : Sr M.du Sacré Coeur (Christine Bouffard).Les Petites Soeurs de la Sainte Famille : Sr S.Robert de Cîteaux (Reina Bourdeau), Sr S.Alix (Elise Tourigny).Les Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge : Sr Georges de Jérusalem (Rose Aida Pagé), Sr S.Pierre Nolasque (Emérentienne Lafond).Les Religieuses de la Présentation de Marie : Sr M.Agnès du Bon Pasteur (Imelda Dufresne).Les Soeurs de la Charité de l’Hôtel Dieu de Saint-Hyacinthe : Sr Julie (Georgianna Racine).¦( ,x \ j; ;¦ y.x i' '¦ v' .y , y 1 N i y, Les Petites Soeurs de Notre Dame des Sept Douleurs : Sr Emmanuel (Marguerite Lafollet).Les Religieuses de Notre Dame de Charité du Bon Pasteur : St M.Ange (M.Elisabeth Moisan).Les Soeurs Missionnaires de U Immaculée Conception : Sr Julienne du Saint Sacrement (Béatrice Lareau), conseillère Générale.Les Servantes du Coeur Immaculée de Marie : Sr M.de S.Ambroise (M.Clara Giroux).3. ?( .y - ?/ XXXh.X S' ¦ vC^r'' ^ V / ~S ÿ\- P - n .\ ¦ ' .n ¦ , ¦ ! ' V £* - v- .¦j, y a ¦ ‘V
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