La vie des communautés religieuses /, 1 décembre 1961, Décembre
la Vie des communautés religieuses ^Oa-Mere N.Q » „ ' >e3t a™.Gou^ dans ce numéro La vocation temporaire G.-A.Laplante, ofm Dépendance, thème à réflexion L.Boisvert, ofm La Légèreté L.Boismenu, sss DECEMBRE 196 -K*' la VIE des communautés religieuses Revue publiée par les RR.PP.Franciscains de la Province St-Joseph au Canada, paraît le 15 de chaque mois, excepté juillet et août, en fascicule de 32 pages; La Direction est assurée par un groupe de professeurs au cléricat théologique franciscain de Rosemont (Montréal) : R.P.Aionzo-M.Hamelin, O.F.M., Lecteur en Théologie Morale R.P.M.-Cantius Matura, O.F.M., Lecteur en Écriture Sainte R.P.Lorenzo Boisvert, O.F.M., Lecteur en Théologie Dogmatique.Tout ce qui concerne la Revue (envoi de manuscrits, consultations, service bibliographique, administration) doit être adressé à : La VIE des Communautés Religieuses 5750, Boul.Rosemont Montréal - 36 Tél.: CL 9-6911 PRIX DE L’ABONNEMENT : $2.75 - Les abonnements commencent en JANVIER et tout changement d'adresse est accompagné de la somme de 25 cents.V Nihil Obstat : R.P.Emmanuel Boisvert, O.F.M.R.P.Hippolyte Baril, O.F.M.• g >> -r n;y< 15 novembre 1961 Chaque auteur porte la responsabilité de ses articles K ' ' < Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Poste, Ottawa.Ac J< la VIE des communautés religieuses Vol.19, N° 10 Décembre 1961 sommaire La vocation temporaire (Georges-Albert Laplante, O.M.F.).290 La dernière Instruction ( Religiosorum institutio) de la Sacrée Congrégation des Religieux éclaire de nouvelles lumières le problème de la vocation temporaire.Dans un commentaire très judicieux, VA., religieux de grande expérience, dénonce Vorthodoxie plus que problématique d’une conception de vie religieuse imaginée pour calmer les remords d’une conscience troublée.Dépendance, thème à réflexion (Lorenzo Boisvert, O.F.M.).293 Dieu est cause totale et permanente de toute créature; il en est le Souverain Maître.L’intention de VA.n’est pas de prouver à nouveau cette donnée philosophique, mais de la méditer afin d’en tirer certaines implications d’ordre spirituel.La légèreté (Léo Boismenu, S.S.S.).299 Prédicateur dans les communautés religieuses depuis de longues années, le R.P.Boismenu a remarqué qu’une des attitudes les plus nuisibles à la vie religieuse est la légèreté.Réfléchissant sur ce thème, il voudrait convaincre de mettre de plus en plus de sérieux dans sa vie.* * * Échanges de vues 306 Chronique religieuse 309 À votre service 312 Pour vos lectures 313 Tables des matières de l’année 1961 316 la vocation temporaire La profession perpétuelle constitue la forme achevée de la vie religieuse, elle est, en effet, l’étape ultime qui suppose et qui complète tous les éléments essentiels à cet état de vie, Les phases antérieures sont nécessaires mais insuffisantes, tels des relais s’échelonnant le long d’une route au bout de laquelle se dresse le terme.Quand on songe à la dignité des contractants, qui ne sont autres que Dieu, le Verbe incarné lui-même, d’une part, représenté par un délégué, et d’autre part un partenaire qui est un être élevé au sommet de la création terrestre, on comprend qu’une telle union se situe au-dessus de tous les hymens d’ici-bas.L’éminence des contractants doit nous faire supposer l’excellence des échanges.L’homme, pour sa part, présente tout ce qu’il est et tout ce qu’il a.Cette formule est vite prononcée; mais quand on plonge son regard dans l’immensité de son contenu, on se sent pris de vertige comme devant un abîme.Le don par lequel la créature se remet à Dieu dans la profession est si oblatif, qu’aucune remise de soi à un autre homme ne peut en égaler la plénitude, la totalité et la profondeur.Les unions humaines, quelles qu’en soient la sincérité et l’ardeur, ne peuvent atteindre à cet élan, à cette désappropriation de soi-même, à cette fusion spirituelle.En face de l’oblation que l’homme fait de lui-même, Dieu prend une attitude d’acceptation, et cette acceptation donne au contrat sa forme définitive.Mais la réponse de Dieu ne se borne pas à un rôle captateur, il veut offrir à son tour quelque chose, un don si transcendant que, pour l’exprimer adéquatement, il faut emprunter au père du prodigue les tendres paroles qu’il adresse au fils aîné : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi” (Le 15, 31).Cette union ne ressemble pas à la rencontre de deux voyageurs qui font un bout de route ensemble et qui se sépareront à la prochaine bifurcation.C’est une association permanente et infrangible ressemblant, sous ce rapport, à l’indissoluble union matrimoniale, que seule peut rompre la mort d’un conjoint.Dans l’amour humain, qui est une participation à l’amour divin, il y a une totalité qui exclut non seulement le partage et les réserves, mais aussi les limites de temps.Ces LA VOCATION TEMPORAIRE 291 propriétés, communes à tout amour, ont été surélevées et consacrées dans les relations de l’homme avec Dieu.Rien ici de l’union libre, reposant sur un accord provisoire, qu’un retrait de consentement suffit à rompre.La profession perpétuelle, avec la transcendance et sa durée illimitée, suppose dans l’âme élue une nature d’élite et aussi une préparation faite de réflexion et d’entraînement à l’effort et à la constance.C’est la tâche que s’assignent les années de formation.Au moment de l’admission d’abord, le candidat est soumis à un examen destiné à vérifier s’il a les qualités requises ou s’il est susceptible de les acquérir.A ce stage s’opère une sélection qui ne retient que les sujets doués d’aptitudes réelles ou au moins en germe.Les autres sont refusés, et cette élimination doit être faite avec intelligence et fermeté pour le plus grand bien des inaptes qui sont remis dans des conditions de vie proportionnées à leurs ressources, et pour la préservation des sujets acceptés.Les aspirants admis entrent, pour un bon nombre d’années, dans une forme de vie qu’on peut appeler une école et une palestre de perfection, où l’on assure la maturation des jeunes recrues.On poursuit l’expurgation de ceux dont l’idonéité est insuffisante ou douteuse.Car on ne veut pas exposer l’avenir à des impasses ou à des échecs.Ainsi le postulat, le noviciat, le stage des vœux temporaires sont des écoles d’enseignement et d’entraînement religieux, en même temps qu’une sorte d’atelier d’épuration où s’opère un ultime filtrage des vocations.En dépit de la formation à laquelle on soumet la jeunesse religieuse et malgré la sévérité de l’incorporation définitive, des circonstances exceptionnelles se présentent qui semblent conseiller un relâchement des liens perpétuels.Devant cette perspective douloureuse, certaines âmes désemparées cherchent la sécurité dans une théorie dont l’orthodoxie est plus que problèmatique.Cette théorie prétend que, dans certaines circonstances inextricables, les vœux émis pour toute la vie cessent d’être perpétuels.Cette conception, qui a été évidemment imaginée pour calmer les remords d’une conscience troublée, a reçu le nom de “vocation temporaire”.On entend par là une vocation que Dieu concéderait à certains religieux pour un temps déterminé.De telle sorte qu’un religieux profès, quittant sa communauté après les vœux perpétuels, pourrait s’autoriser de cette théorie pour expliquer et justifier 292 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Sans entrer dans tous les détails qui concernent l’abandon de la vie religieuse d’un profès perpétuel, disons d’abord qu’une sortie résultant d’une dispense obtenue régulièrement pour motifs proportionnés, ouvre légitimement les portes de la vie séculière.Le contractant divin, par un représentant autorisé, se désiste alors du droit acquis par l’engagement perpétuel du religieux.La dispense devient alors légale et son usage licite.Et cette concession provient de la bienveillante permission de Dieu, et non, comme le soutient une théorie aventureuse, de l’écoulement du temps alloué par Dieu pour la durée d’une vocation.Cette conception arbitraire et intéressée de la vocation ne se justifie ni par la nature de l’engagement ni par l’enseignement théologique.La profession perpétuelle, le vocable le dit, dure par elle-même toute la vie, et cet élément de durée éternelle ajoute encore à la munificence du don par lequel le profès fait hommage à Dieu de sa personne.Montréal.Georges-Albert Laplante, O.F.M. dépendance, thème à réflexion Le philosophie, partant des êtres finis, prouve que Dieu est cause totale et permanente de toute créature, qu’il en est le Maître souverain.“Tel est 1 ordre unique et éternel.Dieu est cause efficiente de l’ordre créé.Le monde entier est le terme d’un acte divin permanent de conservation; il est, dans la vie surnaturelle plus spécialement encore, l’objet d une activité sanctifiante du Verbe Incarné.C’est de Dieu que vient tout don : l’être, la vie, tout”(l).Et Claude Tresmontant exprime à sa manière cette vérité métaphysique quand il soutient l’existence actuelle de la création.“La création n’est pas loin de nous, reléguée dans un passé inaccessible.Elle continue de se faire aujourd’hui comme aux origines, ou, plus exactement : aujourd’hui est aussi origine.La genèse n’est pas terminée.Elle continue.Nous sommes en genèse.La création, c’est ce à quoi nous assistons à chaque instant dans le monde.Reléguer la création en un point initial de l’histoire, c’est admettre que rien depuis ne se serait créé, que le réel, figé, se répète depuis lors.C’est confondre création et fabrication.”(2).Notre intention n’est pas de prouver à nouveau cette donnée philosophique, mais de la méditer afin d’en tirer certaines implications d’ordre spirituel.Dépendance ontologique.Si Dieu est cause totale de tout, il s’ensuit, dans l’ordre ontologique, une dépendance entière de la créature vis-à-vis de Dieu.Elle aurait beau se rebiffer, cela ne changerait rien : cette dépendance est nécessaire, et même inamissible.“Nous sommes tous créatures de Dieu.Bon gré mal gré, nous dépendons autant de Lui que toutes les autres créatures.Le nier c’est vouloir nous séparer de Dieu, sans lequel nous n’existerions même pas.Refuser de reconnaître notre dépendance de Dieu est aussi ridicule que de refuser de nous soumettre à la loi de la gravité et essayer de marcher dans les airs.Cela n est pas naturel aux créatures ; cela divise les créatures contre elles-mêmes, car elles nient en paroles ce qu’elles sont en réalité, à savoir soumises à la loi de Dieu.Les créatures nient de la sorte leur propre nature” (3).(1) G.Thils, Christianismes et Christianisme, Paris 1951, p.15.(2) G.Tresmontant, Essai sur la pensée hébraïque, (Lectio Divina 12), Paris 1953, p.25.l3) L.Traufler, et V.Michel, O.S.B., Why the Mass?, 4 ed., Minnesota 1937, pp.14-15. 294 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Dépendance psychologique.Puisque la créature dépend radicalement de Dieu, l’homme qui s’en rend compte a l’obligation d’accepter cette dépendance et de la vivre.En d’autres termes, cette dépendance ontologique doit entraîner chez lui une dépendance psychologique; il doit accepter de vivre comme un être qui reçoit tout de l’Absolu, à qui il appartient par nature; il doit ratifier la situation de dépendance qu’il occupe vis-à-vis de Dieu.Plus concrètement, cette dépendance psychologique doit s’exprimer dans une entière disponibilité de son être aux vouloirs divins, dans une réponse complète aux inspirations de l’Esprit, ou plus simplement encore dans F accomplissement intégral de la volonté de Dieu.Et l’amour étant dépendance psychologique, le premier commandement de Jésus d’aimer Dieu de tout son coeur, de toute son âme et de tout son esprit (Mt 22, 37) n’est donc que l’expression, en termes d’amour, de cette dépendance psychologique obligatoire.Foi.Dieu, ayant fixé à l’homme une fin surnaturelle à atteindre, se devait de lui fournir les connaissances requises pour l’obtention libre de cette fin.Voilà pourquoi il a parlé à l’homme, il s’est révélé à lui.Dieu étant par ailleurs Vérité absolue, l’homme a l’obligation d’accepter sa Parole, de se mettre en dépendance de sa Vérité, de sa Lumière.Cette dépendance au plan de la vérité, voilà ce qui constitue la Foi.La prédominance du “vitalisme” sur l’intelligence, en vogue de nos jours, altère souvent la notion même de la foi.Celle-ci “n’est plus l’adhésion de l’esprit à la vérité révélée, mais le don de soi au Christ.On aboutit ainsi, trop souvent, à une sorte de sentimentalisme religieux assez fragile, parce que sans assises fermes et profondes.Le contenu de la foi est amenuisé, parfois dévié”(4).Charité.L’homme, quand il reçoit la lumière, ne doit pas pécher contre elle.Quand il connaît la Volonté divine, il doit vivre en dépendance de cette Volonté, car la vérité d’intelligence est ordonnée à la vérité de vie.Et vivre en totale dépendance de la volonté divine, c’est rendre gloire à Dieu, c’est L’aimer, c’est la sainteté.— Puisque l’homme est ontologiquement dépendant de Dieu, son idéal essentiel sera de vivre conformément à ce qu’il est, et donc de se sanctifier.Renoncer à cet idéal et à l’effort que suppose son obtention, n’est-ce pas la suprême tristesse.“Il n’y a qu’une tristesse, c’est de n’être pas des saints” (Léon Bloy).(4) J.Lefebvre, Rapport doctrinal, Paris 1957, p.40. DÉPENDANCE, THÈME À RÉFLEXION 295 Espérance.La volonté, qui a pour objet spécifique le bien, est attirée, mise en branle par lui.Et cette attirance correspond chez l’homme à son désir de bonheur, qu’il cherche à satisfaire.Dieu se présentant comme le Bien suprême, la source de toute béatitude, l’homme est attiré par lui, et il agit en dépendance de ce Bien suprême.Cette dépendance de l’homme vis-à-vis du Bien souverain qu’est Dieu, voilà l’espérance.Pauvreté.Pour vivre en totale conformité avec les vouloirs divins, il faut que l’homme renonce à son autonomie, à son indépendance.Cette dépossession de soi constitue la véritable pauvreté, celle qui plaît à Dieu.La pauvreté extérieure n’est qu’un moyen pour l’obtention de cette pauvreté radicale.On comprend alors la parole de saint François : la première faute contre la pauvreté, c’est Adam qui l’a commise au paradis terrestre.La signification donnée ici au mot pauvreté, c’est d’après le P.Daniélou, le sens même que lui donne la Bible.“La pauvreté se définit essentiellement dans sa relation à Dieu et non d’abord dans une relation aux biens matériels ou aux autres hommes.Et ceci suffit à marquer la pauvreté biblique de son caractère propre.Elle appartient à un monde de pensée où la relation à Dieu est première et commande tout le reste.Le pauvre est celui qui observe la loi de Dieu.Il est aussi celui qui souffre de ne pas la voir observée dans le monde.Il est dévoré de la faim et de la soif de la justice, c’est-à-dire, ici encore au sens biblique, de l’accomplissement de la volonté de Dieu”(5).Le pauvre est celui qui obéit à la Loi de Dieu jusqu’au mépris de ses intérêts; le riche, celui qui sert ses intérêts jusqu’au mépris de la loi de Dieu.Obéissance.L’obligation essentielle de l’homme est de vivre en dépendance totale de Dieu, en d’autres mots de conformer sa volonté à la volonté divine.Or l’obéissance religieuse constitue le meilleur moyen d’atteindre ce but, de rejoindre cette volonté divine à travers les décisions des supérieurs.Là se trouve sa raison d’être fondamentale.Son aspect ascétique de dépouillement personnel reste subordonné à cette fin première qui est de permettre une constante union de volonté à celle de Dieu, une totale dépendance dans l’ordre des vouloirs.La perfection de l’obéissance n’est donc pas à chercher dans le sens d’une moins-dépendance, mais dans celui d’une dépendance plus étroite.(5) J.Daniélou, Bienheureux les pauvres, dans Études 288 (1956 ) 328. 296 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES L’homme, qui fait vœu d’obéissance et par là renonce à la libre disposition de sa volonté, prend tout simplement au sérieux sa condition de créature.Étant radicalement dépendant de Dieu, il choisit un moyen qui lui permettra de vivre intégralement cette dépendance.Le vœu d’obéissance va donc dans le sens même de l’être humain; il ne le diminue pas, mais le réalise.Humilité.L’homme qui vit intégralement sa dépendance se place vis-à-vis de Dieu dans une attitude de vérité, ce qui constitue l’humilité véritable.Au dire de sainte Thérèse en effet, “l’humilité consiste à marcher selon la vérité”(6).Celui-là n’a donc pas une attitude de vérité, ni par conséquent d’humilité, qui n’admet pas les dons que Dieu lui a faits ; ou encore celui qui souille ces dons en se les appropriant, au lieu de les utiliser conformément aux vouloirs divins.“Et si tu obéissais tout à fait à la loi essentielle de ton être, si tu étais pleinement toi-même, tu vivrais uniquement de ce don qui afflue vers toi — que tu es toi-même — en le restituant avec une fidélité sacrée sans l’avoir souillé en te l’appropriant”(7).Patience.La patience est le critère quasi infaillible qui révèle à l’homme son degré de dépendance psychologique, en d’autres mots son degré d’amour vrai.La charité est patiente, dit saint Paul.Car supporter les adversités en conservant la paix, la tranquilité de l’âme, manifeste un cœur qui ne s’appartient plus, dépossédé de lui-même, un cœur qui vit en totale dépendance d’un Autre.“On le maltraite et Lui se soumet; il n’ouvre pas la bouche, semblable à l’agneau qu’on mène à la boucherie” (Isaïe 53, 7).Gloire de Dieu et bonheur de l’homme.Puisque l’homme est complètement dépendant de Dieu dans l’ordre ontologique, il Lui rendra gloire dans la mesure où librement il acceptera de vivre en sa dépendance.La gloire de Dieu, c’est donc pour l’homme de reconnaître son état de créature, en donnant au mot “reconnaître” son sens plein.Dans la mesure où l’homme vit cette dépendance, il trouve le bonheur, car en agissant de la sorte, il vit comme Dieu le veut, en conformité avec sa propre nature.Il ne ressent pas ce déchirement intérieur de la créature, qui, faite pour la dépendance, essaie de vivre autonome.Il existe alors en elle un désaccord foncier entre son être et son agir, (6) Thérèse de Jésus, Oeuvres complètes, Paris, éd.du Seuil 1949, p.1016.(7) H.U.Von Balthasar, Le Cœur du monde, (Présence chrétienne), Paris 1956, p.22. DÉPENDANCE, THÈME À RÉFLEXION 297 qui lui est source de souffrance.Par contre, l’harmonie entre l’ordre ontologique et l’ordre psychologique engendre la paix, le bonheur.Epanouissement.“Pour savoir ce qu’est le véritable épanouissement, nous ne pouvons pas nous fier à nos propres lumières.Ce qui nous attire comme le moyen de nous enrichir peut être jugé du point de vue divin, donc être dans la réalité des choses, un appauvrissement.Ce qui nous répugne comme devant nous appauvrir, nous diminuer, nous mutiler peut être une condition d’accès à l’être véritable”(8).Vivre en dépendance de Dieu “n’est-ce pas une manière habile de subtiliser 1 homme ?de l’amoindrir ?Point du tout ! En redonnant à l’homme la place qui lui appartient dans l’univers, on le rend plus parfait.Aider l’homme à se situer plus parfaitement dans l’ordre de la création, c’est participer à son perfectionnement, non l’humilier.Qui songerait perfectionner le corps en mettant le cerveau à l’air ?La véritable grandeur ne peut se trouver que dans l’ordre et dans la vérité” (9)."L homme, dit Guardini, n’existe pas par lui-même mais de par Dieu et vers Dieu.Il ne dépend pas de son bon plaisir de réaliser ou non cette relation, comme s’il pouvait rester homme indépendamment d’elle; non, cette relation est pour lui absolument essentielle.Son être humain, en dernière analyse, consiste en cette relation même, et toute décision qu’il prend par rapport à elle en décide.Dans la mesure où l’homme renonce à Dieu, il se perd lui-même; où il perd Dieu de vue, il perd conscience de son propre être.L’homme s’est perdu lui-même et travaille à se retrouver.Il cherche sa dignité.Mais il ne la trouvera que si, d abord, il reconnaît la souveraineté de Dieu et décide de s’y soumettre.Il cherche cette plénitude et cette unité de son être qui se sont si mystérieusement évanouies.Mais il ne les retrouvera qu’à condition de rendre d’abord ce qu’il s’est injustement approprié.”(10).La soumission à Dieu, la reconnaissance de notre dépendance à son égard, ne fait donc qu’exprimer notre nature profonde; elle ne la diminue pas, mais l’accomplit.Puisque nous sommes dépendants de Dieu, nous devons reconnaître cette dépendance.Si nous refusons de le faire, il y a quelque chose qui manque dans notre nature raisonnable.(8) Y.de Montcheuil, SJ., Problèmes de vie spirituelle, Paris 1947, p.97.(9) Thils, o.c., p.16.( 10) R.Guardini, Les sens et la connaissance de Dieu, Paris 1954, pp.10-13. 298 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES La libre reconnaissance de cette dépendance nous situe là où nous sommes déjà au plan ontologique, là où notre nature peut atteindre un développement complet et parfaitement harmonieux, i.e.dans notre relation avec Dieu (11).Liberté.De la dépendance ontologique nécessaire on peut tirer cette autre conclusion.Puisque l’homme, de par sa nature, est tout dépendant de Dieu, il ne pourra s’épanouir que dans l’exacte mesure où il vivra conformément à sa nature.Et puisque cette nature comporte liberté, cette liberté s’épanouira aussi en autant que 1 homme vivra en dépendance.Se soumettre à Dieu, ce n’est donc pas pour 1 homme une diminution, mais un accomplissement de son être total, et donc de sa liberté.C’est la seule vraie réponse à sa vocation.L’homme est d’autant plus libre qu’il se soumet à Dieu : antinomie apparente, vérité fondamentale.La vraie liberté de l’homme n’est donc pas et ne sera jamais dans le sens de l’autonomie, du refus de dépendance, mais dans le sens de son orientation essentielle vers Dieu, dans l’acceptation de sa dépendance radicale.* * * Lucifer et Adam ont refusé de vivre leur dépendance ontologique.Le non serviam des mauvais anges exprime l’attitude erronnée de la créature révoltée qui en a assez de dépendre d’un Autre et se veut autonome.Pour réparer cette indépendance psychologique et nous mériter la grâce qui nous rend de nouveau capables de soumission, le Christ a voulu vivre sur terre dans une dépendance entière à la volonté divine.Il a tout simplement vécu à sa vraie place de créature.Cette vie toute soumise au Souverain Maître a rendu gloire à Dieu et nous a rachetés.Le chrétien doit, comme le Christ, vivre en dépendance totale de Dieu.Il doit redonner librement son être et son avoir à Celui qui les lui a donnés.C’est là sa raison d’être en ce monde, son unique manière aussi de glorifier Dieu.En d’autres mots, le rôle essentiel de l’homme sur la terre, c’est de rendre grâces à Dieu par un engagement personnel et intégral à son service, c’est de vivre sa dépendance ontologique et filiale, de reconnaître ce qu’il est, à savoir “la chose de Dieu”.Rosemont, Montréal.Lorenzo Boisvert, O.F.M.Professeur au scolasticat des Franciscains.(11) Traufler, et Michel, o.c., p.15. la légèreté Parmi les défauts qui contrarient le plus le progrès de l’âme vers la perfection, il y en a un dont on parle peu et qui pourtant mérite notre attention et notre vigilance; je veux parler de la légèreté.Il y a donc grand intérêt à la considérer et à l’étudier, afin d’en reconnaître le péril et de nous en corriger.C’est ce que nous allons essayer d’entreprendre en vous décrivant les principaux caractères de ce défaut, en mettant en relief son opposition avec la vocation religieuse, enfin en vous signalant les meilleurs moyens de le combattre.1 — Définition et caractères de la légèreté Et d’abord qu’est-ce que la légèreté ?On dit qu’un corps est léger quand il ne pèse presque pas, de telle sorte qu’il est facilement entraîné, enlevé de la place qu’il occupe, qu’il est rendu extrêmement mobile.A moins d’être abrité ou retenu, un objet léger, par exemple la feuille arrachée à l’arbre, n’a point de lieu fixe.Tout l’entraîne.Eh bien ! il y a aussi des esprits qui sont légers.On donne par analogie le nom de léger à l’esprit quand il est superficiel, sans profondeur, qu il passe d’une chose à une autre sans réflexion, inconsidérément, sans s’y fixer.L’esprit léger n’est pas posé, il erre au hasard; il n acquiert pas, il dissipe.Le poids d’un esprit, ce sont les idées, la valeur des pensées, la fermeté du jugement.L’esprit est léger quand il n’a pas de poids.Redoutable défaut, car il envahit tout l’individu.La légèreté rend léger l’esprit, léger le cœur, léger le jugement, légère la volonté, légères 1 âme et la vie toute entière.Elle n’a pas d’âge, car on la trouve dans tous les âges.Et si elle n’est pas corrigée par l’éducation et les efforts personnels, elle grandit avec l’âge.Il y a des vieillards légers comme des jeunes personnes légères.Dès lors il est intéressant et pratique de se demander d’où vient ce défaut ?Il vient d’une tendance naturelle à ne point s’appliquer surtout aux devoirs d’état, à ne point peser les choses au poids de leur valeur réelle, à n’envisager les événements que sous l’aspect agrément, intérêt personnel, ou plaisir.Cette mentalité conduit celui qui est léger à prendre des décisions sans tenir compte de la hiérarchie des valeurs, de la primauté de l’essentiel sur l’accessoire, de l’utile sur l’agréable et sur- 300 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES tout le nuisible.Aussi le religieux (ou la religieuse) léger ne connaît véritablement rien.Il préfère souvent l’apparence à la réalité, il fait passer ce qui est sympathique à sa nature avant ce qui favorise sa grâce.Et cela, faute de se donner le temps et la peine d'apprécier les choses.En d’autres termes, il agit trop par impression.Par légèreté, je n’entends pas ici cette légèreté factice, cette gaieté franche qui est l’agrément des récréations, mais cette légèreté de caractère, ce manque de fond qui est une triste lacune morale.Or je dis que si le religieux léger a peu d’idées, c’est qu’il ne prend pas le temps d’en amasser.Il ne cherche pas à augmenter le bagage de ses idées par la lecture, la méditation réfléchie.Il n’approfondit rien : la réflexion est un travail qui l’ennuie.De toute évidence l’esprit léger n’a pas de goût pour l’étude où il puiserait pourtant le poids qu’il n’a pas.Et.ainsi privé de toute idée sérieuse, il a une conversation naturellement frivole et sans intérêt.Je concède qu’il a de la mémoire et de l’imagination ; mais, comme toujours, il n’agit que par impression.Pour une chose il en commence dix.Il promet et il ne tient pas.Nécessairement, ce manque de pondération nuit au jugement.Il est impossible que le religieux léger ait un jugement bien sain, car le jugement est le résultat de la comparaison des idées.Avoir bon jugement est synonyme de bien comparer les idées.Mais le religieux léger n’a guère d’idées, ou bien il ne se donne pas le temps de les comparer.Aussi n’a-t-il pas, même pour les choses les plus importantes, l’estime qu’elles méritent.Ne vous fiez pas à ses paroles; il ne pense pas sa parole; il parle comme cela vient; c’est une suite d’incohérences, d’où il est évident que le jugement est absent.Je ne vous étonnerai pas en vous disant que ce religieux aime tout ce qui l’entraîne hors de lui-même, autrement dit : tout ce qui le dissipe.Aussi est-il très curieux, dans tous les sens que vous voudrez donner à ce mot-là.Avez-vous remarqué combien de fautes, dans les détails de la vie, qui ont la légèreté pour origine ?La légèreté est ordinairement le principe des adorations mal faites par le peu de respect qu’on apporte, des prières faites les yeux en l’air et l’esprit.encore plus loin.C’est la légèreté qui, au sortir de l’adoration, dissipe en quelques instants les grâces précieuses dont la bonté de Notre-Seigneur vous avait enrichies.Le religieux léger est oublieux.Il oublie tout : sa parole, ses promesses, ses résolutions.Il est précipité dans son allure, au sens figuré comme au sens propre. LA LÉGÈRETÉ 301 C est souvent la légèreté qui poussera un religieux à se soustraire à l’obéissance pour s’organiser un programme en dehors de la vie commune.C’est par légèreté qu’un scolastique consacrera des heures et des heures à des lectures d’agrément, à se bourrer la mémoire de choses profanes, au préjudice des matières de classe qui constituent pourtant son devoir d’état.C’est par légèreté qu’un Frère se contentera de faire le plus gros de son emploi pour aller ensuite mener une petite vie de rentier dans sa cellule.Le religieux léger est présomptueux; et lorsque cette présomption l’entraîne sur le terrain glissant de la chasteté, vous pouvez prévoir d’ici à quel mécompte il s’expose.Ne sachant prévoir les dangers, trop volage pour discerner ce qui peut devenir une occasion prochaine de faute, se permettant par irréflexion des libertés, des familiarités pour le moins suspectes et risquées, il descend, descend la pente, et ouvre enfin les yeux, mais, selon son habitude, trop tard.Tandis qu’un peu de sérieux, de prudence, eût pu prévenir tout désastre.Heureux sera-t-il si, sur sa légèreté, ne se dressent pas, comme trop souvent il arrive, l’orgueil, la volonté propre, la suffisance; car alors le léger devient absolument insupportable.2 — Opposition à la vocation religieuse Cette simple description de la légèreté devrait suffire à éclairer notre seconde proposition, à savoir que la légèreté est par elle-même un obstacle radical à la vie religieuse.Un homme léger ne peut être un vrai religieux.Autrement dit, il y a contradiction flagrante entre la légèreté et la vie religieuse.La louange de Dieu, la sanctification de votre âme, n’est-ce pas ce que vous propose d’une façon éminente la vie religieuse ?Votre vocation vous appelle avant tout à connaître, à aimer, à servir le Très-Haut.Pesez ces paroles, et considérez tout le sens qu’elle comportent.Vous êtes appelés à connaître Dieu, c’est-à-dire à orienter vers lui vos pensées, vos préoccupations, tout votre esprit; à aimer Dieu, c’est-à-dire à détourner vos affections des personnes et des choses purement humaines, pour attacher votre cœur au Cœur de Jésus; à servir Dieu, en sacrifiant vos aises, votre confort, et à plus forte raison vos passions mauvaises, à 1 accomplissement de la loi divine et de vos devoirs d’état.Or remarquez bien que ces trois éléments sont corrélatifs et inséparables.Seule une légèreté impardonnable pourrait vous enhardir à faire une brèche à un si noble idéal.Ce ne serait plus être religieux 302 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES sérieux que de se contenter de croire en Dieu, tout en sabotant ses devoirs quotidiens.Ce ne serait plus être religieux sérieux que de réduire sa vie quotidienne à une sorte de mascarade où l’on s’ingénierait à faire le plus de voltige, le plus de pirouettes possible, pour esquiver le devoir, en jouant au plus fin avec Dieu.Voilà à quoi hélas ! peut aboutir la légèreté.De plus, la légèreté implique une opposition toute particulière avec un des principaux devoirs de tout vrai religieux, je veux dire l’oraison.S’il est vrai que la légèreté est la cause première, quoique indirecte, de tous les péchés et de tous les défauts, il faut ajouter que cela est vrai surtout du manque d’esprit de prière, parce qu’elle rend impossible le recueillement pourtant nécessaire à l’oraison.Les adorations mal faites, les oublis de la Divine Présence, les distractions non combattues, le sans-gêne avec Notre-Seigneur, ne viennent que de là.Vous aviez le cœur bien disposé peut-être, mais l’esprit léger a rendu inutile cette bonne disposition : la grâce est venue, et vous n’étiez pas chez vous.C’est d’ailleurs un fait d’observation, que si la piété de nos jours est si languissante, si peu profonde, c’est que l’on s’attache à beaucoup de pratiques accessoires, en négligeant le principal.On échauffe le sentiment, on fait bouillir l’imagination et, par légèreté, on n applique pas assez l’esprit.On ne l’oblige pas assez à réfléchir, à étudier, à approfondir : aussi tombe-t-on dans les piétés de routine.Le cœur et la volonté s’y portent par habitude, par une espèce d’instinct et de besoin qu’on a contracté; mais il n’y a là-dedans ni solidité, ni profondeur, ni grande générosité.Il y manque l’aliment de l’esprit qui fournirait de nouveaux motifs, les renouvellerait sans cesse et, au cours de la méditation, montrerait Dieu plus clairement, ainsi que tout ce que nous lui devons.C’est ainsi que l’esprit léger, par sa mobilité, son manque d’esprit de suite, devient incapable de toute attitude religieuse un peu prolongée, par conséquent de toute pratique d’oraison.Méfiez-vous de ces piétés toutes sentimentales dont la ferveur, comme un baromètre instable, monte ou baisse selon le nombre plus ou moins considérables de lampions ou de cierges allumés sur l’autel.Enfin, la légèreté s’oppose à ce qu’on appelle l’esprit religieux.L’esprit religieux est en effet un esprit sérieux en raison des actions que vous avez à poser.On doit être sérieux en communauté.Si on ne l’est pas, où le sera-t-on ?Est-ce qu’ici tout ne vous prêche pas le sérieux, une solitude relative, le silence, l’habit que vous portez ?Ici, LA LÉGÈRETÉ 303 on médite sans cesse les vérités éternelles, les bienfaits de l’Amour divin ; ici on est tout près de Dieu.Comment oser aborder ces sommets avec légèreté, comment oser demeurer insouciant et négligent dans une telle vie ?On ne conçoit pas qu’un religieux n’ait pas le caractère sérieux, je ne dis pas triste, encore une fois, mais sérieux.Que vient-on faire ici ?On vient y aimer Notre-Seigneur ; se conduire en tout par les enseignements de la foi; s’y détacher de soi par un renoncement de plus en plus formel, enfin y apprendre à se sauver en faisant du bien aux âmes ; toutes choses impossibles à un esprit qui veut rester léger; car nous pouvons, malheureusement, nous habituer à un genre de vie aussi saint, nous borner à en faire matériellement les sanctifiantes pratiques sans y puiser la sève vivifiante, et avoir le triste talent de mener une vie extérieure et personnelle au milieu des grâces de la vie religieuse.Quel malheur ! et quels trésors de mérites perdus ! Avouons-le, la légèreté gâte tout; fût-elle accompagnée des plus belles qualités, celles-ci servent peu.3 — Remèdes à la légèreté Si, à la suite des lumières que vous communique le Saint-Esprit, vous êtes maintenant convaincus qu’il y a en vous un fond de légèreté et de négligence, vous devez éprouver, non pas un sentiment de découragement, mais un grand désir de vous corriger, désir d’autant plus solide et efficace que les moyens ne manquent pas pour opérer cet amendement.Le premier, c’est de réfléchir.Puisque la légèreté prend tout son développement à la faveur du manque de réflexion, le sérieux ne peut que s’accroître avec l’habitude de la réflexion, tant il est vrai qu’une habitude chasse nécessairement une autre habitude.Réfléchir, c’est faire ce que fait le miroir.Le miroir réfléchit l’image des objets, c’est-à-dire qu’il les garde et se les représente.Réfléchissons, nous aussi; retenons notre pensée, ne la laissons pas s’en aller, s’évanouir; gardons-la et regardons-la, comme le miroir garde et regarde l’objet, et ainsi nous deviendrons savants dans l’art du combat spirituel.Car la vertu demande des combats où l’on soit habile et vigilant, sérieux et réfléchi.On a devant soi un ennemi toujours nouveau qui varie ses-attaques à l’infini, et si vous n’avez à lui opposer qu’une piété vague,, pleine de sentiment et vide de réflexion, vous ne saurez déjouer ses ruses, ni l’apercevoir à temps; il vous surprendra mille fois, et vous serez-déjà blessées quand vous songerez à résister. 304 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES D’ailleurs c’est un fait d’expérience prouvé par la vie des saints, la marche de Dieu sur une âme qu’il veut mener à la sainteté est de lui donner avant tout un esprit sérieux; avant même qu’il lui montre sa grâce de choix, Il la fait réfléchir.Au Sinaï, le Seigneur multiplie les prodiges pour frapper l’esprit de ce peuple inconstant qu’est Israël, le plus léger des peuples dans ses résolutions; et quand Jésus-Christ veut faire ses Apôtres, Il les amène au désert avec Lui afin que rien ne puisse les distraire.Celui qui veut faire un réservoir doit creuser la terre pour que l’eau s’y amasse et demeure.Voilà l’image de la réflexion ! Le deuxième moyen, qui complète le premier, c’est la culture des idées sérieuses.Et vous ferez cette culture en vous exerçant à envisager en toutes choses ce que j’appellerais : les points de vue sérieux.Ces points de vue sérieux d’une âme religieuse, ce sont les désirs du mieux, du plus parfait, ce besoin de vivre uni à Notre-Seigneur, la passion du règne de Jésus dans le monde, ou encore quelques maxime décisive qui serve de phare à sa conduite.Quand une âme a pour pensée dominante un de ces points de vue, elle est sauvée de la légèreté; c’est une âme appliquée et qui est parvenue à la maturité.Un troisième et excellent moyen de vaincre la légèreté, c’est l'exactitude et le soin dans tout ce que vous faites; en d’autres termes, c’est l’amour du devoir.En effet, l’âme sérieuse est par-dessus tout une âme de devoir.Elle n’agit pas parce que cela lui plaît, mais parce que son devoir le lui commande et que le devoir est l’expression de la volonté de Dieu.Elle cherche la raison de son devoir et de toutes ses actions pour les faire selon leur esprit.Non pas qu’elle veuille savoir le pourquoi du commandement avant d’obéir; elle obéit de suite, et au premier signal, parce que c’est le devoir.Mais, au lieu de le faire machinalement, elle fixe son esprit sur la gloire que Dieu retirera de cette action, sur le bien qui en reviendra à son Institut et à elle-même.Elle s’applique ainsi à ce qu’elle fait et le fait mieux; elle ne recule jamais devant une difficulté : elle la regarde avec attention, en triomphe ou la tourne.L’âme légère, au contraire, va tant qu’elle sent du goût à la chose, et elle s’arrête devant l’obstacle ou quand son enthousiasme est tombé.“Celui, dit l’Imitation, qui travaille avec zèle profitera davantage, malgré qu’il ait plus de passions à vaincre, que l’homme de bon naturel qui s’applique avec moins de soin au travail des vertus”.Mettez donc tout votre zèle à bien faire chaque chose et, du même coup, vous aurez terrassé cette légèreté qui jusqu’ici rongeait peut-être LA LÉGÈRETÉ 305 toutes vos œuvres en les vidant de leurs mérites.A la fin d’une retraite, le Bx P.Eymard disait à ses religieux : “Mes frères, si ces pieux exercices avaient eu pour effet de faire de vous tous des hommes sérieux, ils constitueraient une excellente retraite”.Heureux mille fois 1 homme de conscience, l’homme sérieux, car il possède la source d’une paix inaltérable, incomparablement plus précieuse que tous les trésors d’ici-bas.Paix avec Dieu, puisque se laisser guider par la voix intime de la conscience, c’est répondre fidèlement aux désirs de son Dieu.Paix avec lui-même, car il entend toujours au plus intime de son âme l’écho plein de charme de cette parole d’Isaïe : Dites au juste que tout est bien”.Paix avec le prochain parce que sa loyauté et sa droiture rencontrent partout une estime profonde et une affectueuse confiance.Montréal.Léo Boismenu, S.S.S.Directeur de la Revue Eucharistique du Clergé. échanges de vues Où en est-on aujourd’hui avec l’obéissance religieuse ?Quelques lecteurs nous ont transmis leurs réflexions : Voici déjà quelques remarques sur le sujet.Est-ce vrai que dans certains cas Vobéissance chrétienne tend à dégénérer en une obéissance propre à la caserne militaire ou à une maison d’affaires administrée sans intelligence ?Je dis “administrée sans intelligence”, parce que les grandes entreprises tiennent compte du facteur “personnalité”, dans l’exercice de l’autorité, bien plus que les groupements de l’Église semblent le faire, s’il faut en croire certains rapports; et les recherches de plus en plus poussées de la science sociale en ce domaine, soutenues par les hommes d’affaires, apportent au tableau un élément d’importance.“Voir le Christ dans le supérieur religieux”, implique une redoutable responsabilité chez les supérieurs, à moins que la visée principale de cette référence ne soit pour le sujet qu’une pure invitation à se renoncer.N’arrive-t-il pas souvent dans nos communautés religieuses que des talents en d’importants secteurs soient sacrifiés parce que le supérieur a besoin d’un professeur pour un cours de comptabilité dans une classe inférieure à la moyenne, ou parce qu’une organisation mineure réclame un administrateur ?Bien des points d’interrogation de cette sorte pourraient se poser.Un Sociologue.Pour les esprits sérieux la crise subie aujourd’hui par toute Vhumanité apparaît comme le fonctionnement désordonné d’un mécanisme faussé, à l’origine du monde, par la désobéissance de nos premiers parents et dont les rouages ont été sans cesse désaxés par la malice des générations humaines.Sans doute, par le moyen de l’Incarnation et de la Rédemption, la gloire du Très-Haut reçoit une compensation suréminente, mais il reste vrai que Dieu juge plus glorieux et plus digne de sa sagesse de ne pas intervenir directement dans ce monde “qui ne l’a pas connu” (Jn, 1, 10).Il laisse agir les causes secondes, abandonnant à leurs courtes vues ceux qui rejettent sa domination.Et n’avons-nous pas actuellement sous les yeux le triste spectacle du génie humain, utilisant sans contrôle les choses créées, destinées à l’aiguiller tout d’abord vers son Créateur : “Tout est à vous, vous êtes au Christ et le Christ est à Dieu” (I Cor 3, 23).Notre solidarité dans le Christ exige particulièrement de nous, âmes religieuses, que nous soyons, à notre époque d’insubordination, ÉCHANGE DE VUES 307 les prolongements de Jésus, par la pratique intégrale de notre vœu et de la vertu d’Obéissance, puisque c’est le remède choisi par Dieu pour guérir les plaies de Vorgueil, de l’indépendance et de l’usage abusif de sa liberté.“Dieu a envoyé son Fils dans le monde, afin que par Vobéissance du second Adam, soit réparée la désobéissance du premier”.D’ailleurs Marie, notre divine Mère, nous offre après le Christ, le plus attachant modèle de la vertu fondamentale de l’état religieux.Toute son existence se résume par ce seul mot : Ancilla, qui équivaut à dépendante, obéissante.Imiter l obéissance de Marie, qu’est-ce à dire ?Ne serait-ce pas tout d abord nous faire de cette vertu une idée de plus en plus haute, de plus en plus dynamique, par des oraisons fréquentes sur cette obligation qui découle du suscipe de notre profession.Adopter ce thème comme sujet d’examen particulier serait encore un excellent moyen d’intensifier chaque jour en nous la conviction que, de Dieu à nos Supérieures, et de nos Supérieures à nous, le lien est ininterrompu et nous livre sans contradiction les détails du plan divin.Quelle étonnante réduction du travail de sa perfection, quand il ne reste plus à une âme, en face d’une ordre, surtout contrariant, qu’à vouloir s’adapter, avec les secours de la grâce, au plan proposé, sans éprouver toutefois le moindre doute sur la provenance divine de la décision émise par une bouche humaine.L’Autorité ordonne, c’est Dieu qui ordonne ! L’obéissance aveugle, au dire de certain, est une diminution de soi.Au contraire, elle nous ouvre des horizons.Elle consiste, non pas à être sans avis, mais à sacrifier le sien propre pour adopter celui de l’Autorité, sans chercher ses raisons d’agir.Les Supérieures, jugeant du point de vue général, ont des conceptions plus larges què contrecarrent nos vues étroites et personnelles.Faisons-leur crédit et exécutons-nous de plein cœur, sans comprendre, à Vexemple de notre divine Mère.Quel beau modèle la Sainte Vierge nous offre de cette obéissance aveugle et joyeuse ! L’Annonciation, la fuite en Egypte, le retour à Nazareth, surtout la Passion et la Mort de Notre-Seigneur, autant d’étapes crucifiantes pour la seule raison humaine de notre Sainte Mère, car, si elle fut éclairée d’En-Haut, les ombres demeurèrent assez épaisses pour exiger d’Elle une obéissance hérdique.On le voit, l’obéissance, pratiquée avec fidélité et constance, est le plus court chemin du saint abandon, jusqu’à son plus haut sommet, l’enfance spirituelle.Et par là même, celui de l’union mystique, terme normal de toute vie chrétienne, à plus forte raison de toute vie religieuse, parce que l’obéissance fait plier sous sa loi, l’être entier.De 308 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES victoire en victoire, elle amène l’âme à se déprendre totalement d’elle-même, de tout ce qui la fait être “soi”, pour s’éprendre de Jésus, en se conformant aux vouloirs de l’Autorité qui lui sert d’instrument.Soyons-en convaincus, Vobéissance nous conduit à la plus haute sainteté; elle fait réaliser le grand idéal chrétien révélé par saint Paul : Hunion au Christ Mort et Ressuscité.On insiste beaucoup sur les renoncements de la vie religieuse et, de fait, c’est une vie d’ensevelissement du “vieil homme” ; mais c’est aussi un enrichissement par l’enfantement progressif de cet être divin, fils de Dieu, frère du Christ, que nous portons en nous et qui s’accroît de chaque anéantissement du “moi humain” jusqu’à ce que le Christ, nous ayant rendues “conformes à son image”, et absorbées ici-bas en l’unité de son Corps Mystique, nous introduise dans la gloire qu’il s’est acquise lui même “en se faisant obéissant jusqu’à la mort et la mort de la croix” (Phil 2, 8).Après cet exemple et celui de Marie, est-il besoin d’autre argument pour démontrer la fécondité merveilleuse de l’obéissance religieuse ?C’est le vœu qui nous consacre en holocauste à Dieu; aussi pouvons-nous dire que la pureté de notre oblation est proportionnée au degré de notre soumission.C’est pourquoi, plus une âme se dégage, plus elle monte, plus elle devient affamée de dépendance.Elle comprend, dans le silence de b oraison, que la docilité doit être comme la respiration de sa vie surnaturelle, puisqu’ elle est la mesure exacte de sa coopération à l’œuvre rédemptrice.Une Pauvre Clarisse.Quelle idée se fait-on de l’obéissance religieuse ?C’est la question que nous posons aujourd’hui.Aux dires de certains observateurs, il semble qu’on ne se fait pas une idée toujours traditionnelle de l’obéissance.Plusieurs religieux veulent des explications avant d’obéir; ils veulent être consultés, “dialoguer” avec le supérieur.Les relations entre supérieurs et sujets semblent plus faciles et plus familiers qu’autrefois, avec cet inconvénient que l’obéissance risque souvent d’être plus naturelle que surnaturelle.On constate également chez les jeunes un malaise à propos des relations entre obéissance et liberté.Plusieurs croient leur liberté entravée, ont l’impression que l’obéissance les bloque, qu’on ne veut pas les laisser produire et trouvent trop restreinte la place laissée à leur initiative.Quelle idée vous faites-vous de l’obéissance religieuse ? chronique religieuse Nouvelles de Rome Le Saint-Père reçoit toujours avec une sollicitude paternelle les membres des familles religieuses qui sont, pour lui, la part choisie de ses fils spirituels.A chacun il adresse des mots de réconfort, témoins de l’attention qu’il leur porte.Nous pouvons pour notre part en faire notre profit.Le 1er septembre, il recevait les membres du chapitre général de la Société de Marie (Pères Maristes).Dans le paternel et aimable salut qu’il adressait aux religieux, le Souverain Pontife, en soulignant l’activité apostolique et missionnaire particulière de l’Institut fondé par le vénérable serviteur de Dieu Jean-Claude Colin, indique un programme de travail très efficace à la lumière de trois qualités fondamentales exprimées par ces mots : simplex, rectus et timens Deum.Le Seigneur, en effet, se plaît à susciter ses admirables entreprises, précisément là où il trouve un fond de simplicité, c’est-à-dire de renoncement à tout calcul humain et de vraie confiante disposition a réaliser ce que la grâce divine inspire et entend mener à bonne fin.Le 25 septembre, le Saint-Père a reçu les provinciaux de l’Ordre des Frères prêcheurs (Dominicains) a l’issue de leur chapitre général qui les avait réunis à Bologne, auprès de la tombe de saint Dominique.Il leur a dit entre autres choses : “Ce chapitre, auquel vous avez participé en si grand nombre, manifeste aux yeux de tous que votre Ordre, de même que les autres qui ornent le jardin de l’Église, reste fidèle à 1 antique héritage qu il a reçu de ses pères, et qu’il répond parfaitement aux nouvelles conditions de notre époque.C’est pourquoi de nouvelles fonctions, de nouveaux services viennent s’insérer harmonieusement dans les anciens.Combien belle est cette cohésion et combien elle correspond fidèlement a ces paroles du divin Rédempteur ! Tout scribe devenu disciple du royaume des cieux est semblable à un propriétaire qui tire de son trésor du neuf et du vieux (Mat 13, 52).Vous aussi, ce que vous tirez de nouveau de votre trésor, vous l’unissez à ce qui est vieux; et par là vous obéissez aussi à ce précepte impérissable donné par saint Paul : Que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait (Rom 12, 2).“Cela signifie tout simplement qu’il faut rapporter aux saintes origines les nouveaux plans et efforts exigés par notre époque, afin de trouver les méthodes qui conviennent le mieux à la diffusion de l’Évan- 310 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES gile; que les activités actuelles doivent s’allier à la sainte ferveur primitive et y puiser le stimulant pour répondre aux besoins nouveaux.Et si quelque lassitude vient à se manifester à la suite des difficultés, il ne fait pas de doute qu’il faille la chasser en méditant sur les vertus d’autrefois”.Sa Sainteté Jean XXIII a reçu également les procureurs provinciaux de la Compagnie de Jésus.Répondant à l’adresse d’hommage du R.P.Janssens, général de la Compagnie, le Saint-Père, après avoir signalé les activités particulières à cette communauté, ajoutait : “Toutes les entreprises apostoliques auxquelles vous êtes appliqués, soutenez-les avec votre zèle coutumier, et entre toutes, la formation des adolescents, les saintes missions et retraites.C’est ainsi que vous prêterez le secours de vos mains à ce qui est le vœu et la sollicitude constante de Notre esprit : faire refleurir la piété véritable partout, faire vivre la moralité intègre et resplendir la sûre vérité”.Le lundi 16 octobre, dans la Salle du Consistoire, le Saint-Père recevait encore en audience spéciale les Provinciaux de la Congrégation des Frères Maristes, réunis pour la première fois à Rome depuis le transfert de la maison généralice de Lyon à la Ville Éternelle.Le Souverain Pontife leur adressa des paroles bienveillantes.De l’invocation du très précieux Sang du Seigneur, il tira un haut motif de nouvelles exhortations pour parvenir, au moyen du dévouement complet à la cause de l’Évangile et de l’abandon absolu à la volonté divine, jusque dans les épreuves et dans les difficultés, à la plénitude du service de Dieu et des âmes.Au services des moniales Le 25 mars 1961, la Sacrée Congrégation des Religieux publiait une Instruction et les statuts nouveaux des religieuses affectées au service extérieur des moniales.En voici l’introduction : “La condition particulière des moniales cloîtrées requiert, pour protéger leur vie de recueillement, l’aide de certaines personnes pour leurs rapports et leurs affaires avec l’extérieur, hors de la clôture du monastère.C’est ainsi qu’il y a toujours eu de pieuses femmes, vivant généralement hors de la clôture, sans obligations religieuses ou liées par des obligations ne pouvant pas être appelées à proprement parler des liens de la vie religieuse, que l’on appelle oblates, mandataires, tou-rières, etc.“Dans le cours des temps, ces pieuses femmes ont exprimé le désir de participer plus intimement à la vie des Sœurs cloîtrées; il leur a même été accordé, en divers lieux, de rester affectées au service extérieur CHRONIQUE RELIGIEUSE 311 du monastère; après avoir prononcé un engagement, une promesse, un serment ou un vœu particulier.Il y a eu des règles, des constitutions ou des statuts particuliers, approuvés par le Saint-Siège, qui ont pour ainsi dire consacré leur volonté de mener une vie religieuse.“Actuellement, le statut des Sœurs à vœux religieux simples est reglémenté juridiquement par le décret Conditio plurium Monasteriorum de la Sacrée Congrégation des Religieux, publié le 16 juillet 1931.Il a été déclaré que les Sœurs “membres de la communauté qu’elles servent, participent aux mêmes biens spirituels que les moniales”.Pour que l’incorporation juridique de ces Sœurs à la communauté ne vienne pas à nuire à la vie contemplative des moniales cloîtrées, il a été déclaré qu’à titre de règle générale elles devraient habiter une partie du monastère située hors de la clôture papale.“Trente années d’expérience ont montré manifestement que certains statuts de 1931 avaient besoin d’être améliorés, soit pour les adapter aux récents documents pontificaux sur les moniales, soit en supprimant certaines prescriptions de droit commun qui sont déjà dans les constitutions des moniales, soit enfin pour les adapter plus étroitement aux règles et constitutions du second ordre auquel appartiennent les Sœurs.C’est pourquoi la Sacrée Congrégation des Religieux a voulu donner une nouvelle rédaction desdits statuts, plus brève bien que complète”.Tout le texte de l’Instruction est paru (en latin) dans les Acta Apostolicæ Sedis, du 1er juillet 1961.L’Instruction commence par les mots Peculiaris Monialium.On en trouvera la traduction française intégrale dans la Documentation Catholique, numéro 1360 du 17 septembre 1961, col.1143-1152.Retraites pour religieuses en 1962 Une retraite pour religieuses hospitalières aura lieu à la Maison Sainte-Thérèse de Nicolet (Qué.) du lundi 18 février après le souper au lundi 26 février dans l’après-midi.Une retraite pour religieuses de diverses communautés aura lieu du lundi 23 juillet après le souper au mercredi 1er août après-midi.Une retraite pour Supérieures de diverses communautés aura lieu du samedi 25 août après le souper au lundi 3 septembre après-midi.Toutes ces retraites sont prêchées par un Père Carme.Le prix de la pension est fixée à $5.00 par jour et par personne.Il est indispensable de s’inscrire à l’avance et de joindre un chèque de $10.00 pour droits de réservation.Cette somme est retournée si l’inscription est annulée plus d’un mois avant l’ouverture de la retraite, autrement elle reste acquise à l’œuvre. à votre service 26.— A qui appartient-il d’interpréter les enseignements de la Sainte Église ?Dans notre communauté, les supérieures se réservent le droit d’interprétation et d’application, mais ne semblent pas s’en faire une obligation, de sorte que nous restons dans Fignorance de beaucoup de choses que les laies et même les protestants étudient pourtant à fond.L’enseignement dans l’Eglise relève d’une fonction spéciale instituée par Jésus-Christ, qui s’appelle le Magistère.Ceux-là ont donc, de droit divin, le pouvoir d’enseigner au nom de l’Église, et par conséquent d’interpréter officiellement son enseignement, qui font partie de ce Magistère, à savoir le pape et les évêques.C’est à eux d’abord qu’il appartient d’interpréter les documents pontificaux, en l’occurence l’encyclique Mater et Magistra.Les autres, curés, supérieurs, théologiens.n’interprètent ces documents au nom de l’Église que s’ils partagent, en vertu d’une juridiction déléguée, le pouvoir d’enseignement que possèdent le pape et les évêques.Quand le pape, autorité suprême dans l’Église en matière d’enseignement, publie une lettre encyclique telle que Mater et Magistra, c’est qu’il désire donner à l’Église entière un enseignement précis.Que cet enseignement porte sur le dogme, la liturgie, la morale, les questions sociales, etc., il est tout à fait dans l’ordre que les fils de l’Église puissent entendre la voix de leur père et recevoir sa doctrine.Aucun membre du Corps Mystique ne devrait se désintéresser de ce qui intéresse le Corps Mystique.Il est donc bien normal que des religieuses manifestent un intérêt particulier pour l’enseignement du Souverain Pontife et souhaitent lire les principaux documents qui le contiennent.Les supérieures ne devraient pas s’en étonner.Bien au contraire, elles devraient plutôt favoriser cette lecture en mettant à la disposition de leurs sujets les principaux documents pontificaux, surtout les encycliques.Une telle lecture fournirait aux religieuses une excellente matière à réflexion, les aiderait à subordonner leurs petits problèmes aux grands problèmes de l’Église, les inciterait à prier davantage pour les besoins de la grande communauté catholique.Montréal.Lorenzo Boisvert, O.F.M.27.— Est-il vrai que le bon Dieu aurait donné la vocation religieuse à certaines âmes pour un certain nombre d’années seulement, soit dix, quinze ou vingt ans ?Ce problème de la vocation temporaire a été plusieurs fois traité dans cette revue.D?abord un premier article a été publié en 1944, pp.86-96, il portait le titre de vocation temporaire; vous trouverez là une doctrine sûre.Le deuxième article, publié en 1945, pp.16-19, fait l’application à un cas concret de la doctrine précédente.En 1959, pp.214-215, une consultation apporte quelques précisions sur le sujet.Nous avons cru bon toutefois d’étudier le sujet à nouveau, d’après les lumières de la nouvelle Instruction de la Sacrée Congrégation des Religieux (Religiosorum institutio).Ce commentaire, publié comme premier article du présent numéro de la revue, éclairera, nous l’espérons, vos doutes actuels.Montréal.A.-M.Hamelin, O.F.M. pour vos lectures Breton, Valentin-M., O.F.M., La Vie religieuse.Les premiers pas.Coll.Vie Intérieure.Paris, Aubier 1961.235pp.20cm.La préface de l’auteur nous introduit dans son intention : “On ne cherchera pas dans ces pages une doctrine complète de la vie religieuse; cette doctrine est dispensée dans beaucoup d’excellents ouvrages.Il est inutile de recommencer .Ce travail n’est donc pas un traité ou une somme où la matière est présentée d’une façon complète et méthodique.C’est un enseignement destiné aux postulants et aux novices, mais qui profiterait aussi aux profès plus capables de pénétrer en profondeur.Aller jusqu’à l’intime de la vie religieuse, au-delà de la périphérie et de l’écorce des pratiques rituelles, dénoncer quelques dangers plus insidieux, tel est le but de cette publication, et ce but commande le choix des questions traitées.En somme, tout en rompant avec la systématisation des manuels canoniques et spirituels, la doctrine n’en reste pas moins substantielle et cohérente.Mais ces conseils ne sont pas débités comme des recettes sèches qu’on aligne sans plus.Ils sont placés dans un cadre où ils s’insèrent avec leurs sources et leurs conséquences, ils sont scrutés par un théologien authentique, déduits par un rigoureux dialecticien, appliqués par un moraliste expérimenté et appuyés sur une exégèse forte, parfois érudite.Le style porte la griffe d’une pensée originale exprimée par un maître de la langue.En lisant cette prose toute personnelle et un peu tendue par souci d’exactitude dans le revêtement de la doctrine, on pense à ce que lui-même a écrit quelque part de saint Paul “à qui la souple et riche langue grecque obéit en s’étonnant”.Certains aspects sont très heureusement présentés : ainsi l’existence simultanée chez le religieux des obligations de la vie chrétienne, de la vie consacrée et de la vie commune ou disciplinaire.Ces vies hiérarchisées se superposent et s’enchaînent dans un ordre qui ne peut être interverti sans ébranler et ruiner les fondements de l’institution religieuse.Dans ce domaine, que d’incompréhensions et de confusions funestes à la perfection.Ces prescriptions disciplinaires, faute du rattachement à leurs conditions de moyens “tendent à usurper une importance prépondérante au détriment de la vie évangélique et jusqu’à faire perdre de vue la vie chrétienne” (p.39).Dans l’exposition des paradoxes de la vie religieuse, surgissent des aperçus extrêmement suggestifs, ceux-ci par exemple : “Ce qu’on n’y vient pas chercher et qu’on y trouve”, et “Ce qu’on y vient chercher et qu’on n’y trouve pas”.Ce que l’auteur attribue à la lettre gardienne de l’esprit : “Il faut tenir à la lettre, il ne faut pas s’en tenir à la lettre”, est un commentaire lumineux de l’adage souvent mal interprété de saint Paul (2 Cor 3 6) : “La lettre tue, l’esprit vivifie”.Il est vrai, la lettre seule est un cadavre, l’esprit seul est un fantôme, mais la lettre et l’esprit sont une réalité vivante, un être complet.Ayant appris la leçon du Christ crucifié, il fait une guerre implacable au naturalisme ainsi qu’au faux mysticisme et au sentimentalisme.Pour démy-thiser les aspirations vaniteuses d’une 314 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES dévote, il se sert à un endroit du procédé sarcastique : “Vous n’aspirez à rien de moins qu’à expirer en beauté sur un calvaire irradié”.Tout en étant exigeant dans la direction des âmes auxquelles il enseigne la science de Jésus crucifié, il ne laisse pas d’être humain, compréhensif; témoin cette constatation indulgente qu’on trouve sous sa plume : “Les lâches sont rares dans la vie religieuse; celles qui le paraissent sont souvent accablées par une épreuve physique ou morale, mal connue, même d’elles-mêmes” (Lettres de direction, aux âmes consacrées, p.110).Si le Valentin répugne à un enseignement doucereux, il ne manque cependant pas de louer la vie religieuse en des termes dépouillés, il est vrai, d’exaltation, mais empreints d’un élan admiratif.Précisément à la fin du volume que nous analysons, on peut lire la page suivante qui illustre son genre : “L’intervention de l’Église au nom de Dieu dans la profession religieuse élève celle-ci au rang des “consécrations”.Elle est à proprement parler une “bénédiction constitutive”, c’est-à-dire qui constitue dans un état permanent le sujet auquel elle est appliquée.L’acceptation extérieure, publique, par l’Église au nom de Dieu, distingue la profession religieuse des “oblations” de la piété individuelle, des consécrations personnelles, que les âmes dévotes accomplissent en leur particulier” (p.223).Ce premier tome et les deux autres qui suivront, chacun cependant se suffisant à lui-même indépendamment des autres, représentent vingt années de labeur.Cette longue maturation explique la qualité de cette étude qui groupe, dans une savoureuse union, la doctrine, l’ascèse et Fonction.Georges-Albert Laplante, O.F.M.Lewis, Jacques, S.J., Le gouvernement spirituel selon saint Ignace de Loyola.Coll.Studia.Éditions Desclée de Brouwer, Bruges 1961.144pp.24.5cm.75FB.Le gouvernement d’une communauté religieuse est à la fois une noble fonction et une tâche délicate.Dans cet ouvrage, l’A.apporte, sur ce sujet, l’enseignement d’un fondateur d’Ordre, saint Ignace de Loyola.Une première partie montre comment saint Ignace remplissait lui-même sa fonction de supérieur général; une deuxième partie expose les principes du gouvernement qu’il inculquait aux siens; enfin, dans la troisième partie, l’A.pénètre dans l’âme du saint pour y déceler la mystique profonde qui était à la source et de cette pratique et de ces principes.Nous recommandons tout particulièrement la lecture de cet ouvrage à tous nos Lecteurs.Peghaire, J.et Poisson, A., Être pauvre, pourquoi et comment ?Essai théorique et pratique sur la pauvreté des Congrégations.Éditions Fides, Montréal 1961.207pp.21cm.$3.00.La pauvreté religieuse est souvent remise en question.L’évolution des mœurs, les exigences de la vie moderne ont obligé à reviser bien des positions.L’exercice du vœu de pauvreté ne peut s’accommoder aujourd’hui des données pratiques du siècle dernier.Les PP.Péghaire et Poisson, théologiens éminents, ont entrepris, il y a plusieurs années, une étude exhaustive du vœu et de la vertu de pauvreté à l’intention de toutes les personnes engagées dans la vie religieuse.C’est un ouvrage fort nourri de philosophie, de théologie, de faits d’expérience, de références aux Pères de l’Église et aux Souverains Pontifes.Nous le recommandons à tous les religieux. POUR VOS LECTURES 315 Wyszynski, Card.Stefan, L'esprit du travail.Trad, par J.Adamkiewicz, professeur de recherches au Centre d’Études Slaves de l’U.M.Éditions du Lévrier, Montréal 1961.230pp.19cm.$2.50.L’esprit du travail est une spiritualité du travail puisée à la source de la Révélation divine et d’une profonde expérience personnelle.C’est un volume écrit dans un langage chaleureux et sensible comme l’âme polonaise.Plusieurs thèmes y sont touchés : le travail humain est une collaboration avec Dieu; le travail est une libération pour l’homme; le travail est une joie; le travail et la conscience des travailleurs.L’esprit du travail est un ouvrage d’actualité en vente dans toutes les librairies catholiques, surtout à la Librairie Dominicaine, 2715 Chemin de la Côte Ste Catherine, Montréal 26.Boutin, Louis-N., O.M.I., La tiare mystique du Très Saint Rosaire.Éditions du Renard, Montréal 1960.188pp.19cm.La tiare mystique du Très Saint Rosaire a pour but de nous faire revivre les mystères du Rosaire dans les cadres de l’Évangile.L’A.jouit d’un don particulier pour nous faire entrer dans le drame de ces mystères.Les méditations qu’il nous offre ne consistent pas en de simples considérations pieuses et édifiantes comme on en trouve tellement dans des ouvrages de ce genre.L’A.s’attache à expliquer d’abord le récit évangélique en s’inspirant des meilleurs exégètes, puis il dégage les considérations théologiques qui doivent alimen- ter notre foi.L’A.est un théologien, mais il est aussi un directeur d’âmes d’une grande expérience.Il a eu pour mission de faire vivre dans ces âmes les vertus de Jésus et de Marie.Il a été témoin de bien des souffrances et des luttes, comme aussi l’artisan de grandes joies et de rudes victoires.C’est pourquoi ses considérations théologiques ne sont pas pures spéculations et jeux de l’esprit.Elles offrent dans un langage simple et clair l’intelligence de la foi nécessaire à la pratique de la vertu.Lorsque nous terminons la méditation d’un mystère, nous sommes tellement entrés dans le drame qu’il nous faut continuer à le vivre dans notre vie quotidienne.M.-G.Bulteau, P.S.S.Boissard, Charles, La vie et le message de Madame Royer (1841-1924).P.Lethielleux, Paris 1961.332pp.21cm.11,50NF.Cette biographie de Madame Royer est l’œuvre d’un prêtre, membre d’une congrégation en formation dans le diocèse de Troyes.Charles Boissard a connu personnellement Madame Royer; il a eu accès à des archives familiales, diocésaines, restées jusqu’à présent inédites.Il peut ainsi traver un portrait plus complet, mieux documenté de celle qui fut la confidente du Sacré-Cœur, et avait reçu du divin Maître mission de fonder une association, qui, après avoir été instituée par l’autorité diocésaine de Dijon, est devenue l’archicon-frérie de prière et de pénitence de Montmartre par décision du Pape Léon XIII. table des matières de l'année 1961 1.Les articles Bédard, Walter, O.F.M., Un document nouveau .Bélanger, Guy, ptre, Une expérience heureuse .Bergeron, Gaston, O.F.M., Deux prières pour F unité .Boismenu, Léo, S.S.S., Exégèse des lieux communs .La légèreté .Boisvert, Lorenzo, O.F.M., Dépendance, thème à réflexions .U opportunité de F Assomption Brosseau, Richard, S.S., La formation doctrinale des Religieux Côté, Gaétan, S.G., Le matériel didactique en catéchèse .Currie, Raymond-François, O.F.M., Le monastère invisible .Flahiff, G.-B., C.S.B., La Conférence Religieuse Canadienne .Fournier, Norbert, C.S.V., Catéchèse et théologie .Gaudreault, Yves, P.B., Message de F Apocalypse .Guay, André, O.M.I., Pour mieux nous aimer, pour mieux nous connaître .Hamelin, Alonzo-M., O.F.M., La direction spirituelle .L’habit religieux .Hébert, Bellarmin, O.F.M., L’obéissance selon saint François Jean xxxiii, Ail.aux Frères des Écoles Chrétiennes .Lettres aux Sœurs Adoratrices du Précieux Sang .Ail.aux Pères Maristes .Ail.aux Frères Prêcheurs .Ail.aux Pères Jésuites .Ail.aux Frères Maristes.Jeanne de S.Marguerite, A.S.V., L’art et la spiritualité .Jetté, Fernand, Le prêtre, directeur de conscience .171 Lefebvre, Marcel, ptre, L’Église catholique et Focuménisme .3 Labelle, Lucien, O.F.M., La piété dans nos collèges .238 Lachance, Eugène, C.J.M., Le religieux enseignant, rôle et adaptation .208 Laplante, Georges-Albert, O.F.M., La vocation temporaire .290 Léger, Jacques, C.S.C., Alerte à notre attitude catholique .9 Lemieux, Mgr Marie-Joseph, O.P., La Commission épiscopale pour F Amérique Latine .58 Martony-Alfred, E.C., Action et Oraison .139 Marie-Cyrille, E.C., Pastorale de la vocation .283 M.du S.Nom de Jésus, P.M., Le cours de religion et les adolescents .«.67 M.Jeanne Louise, C.S.C., Une expérience fructueuse .84 Matura, M.-Cantius, O.F.M., Initiation des Jeunes à la Bible .226 Vie religieuse, vie pascale .97 Melançon, Ovila, C.S.C., Rénovation de l’habit des religieuses 197 Mercure, Dom Georges, O.S.B., Nouvelle Abbaye au Québec .284 M.R., Un cinquantenaire .251 Pagano, S., O.M.L, Tableau chronologique des livres de FA.T.114 Poisson, Adolphe, C.S.Sp., L’at- tention dans F oraison .215, 279 Le Vénérable Libermann .42 Poisson, Joseph-Hermann, O.F.M., L’obéissance du Christ .118 Robert-Bernard, F.M.S., Le Bx Champagnat .183 S.Office, Décret sur la psychanalyse .217 257 35 15 48 299 293 148 131 88 21 23 77 101 32 163 193 270 218 282 309 309 310 310 261 TABLE DES MATIÈRES DE L'ANNÉE 1961 317 2.Les livres Auclair, M., La parole est à Monsieur Vincent .256 Au seuil de la théologie .254 Barthas, Chan.C., Jacinthe, la confidente de Marie et François pastoureau de Fatima .288 Boissard, C., La vie et le message de Madame Royer .315 Bouchard, G., Vénus, via Atlantide .288 Boutin, L.-N., O.M.I., La tiare mystique du Très Saint Rosaire (M.-G.Bulteau, P.S.S.) .315 Bouyer, L., Le sens de la vie sacerdotale (M.Houle, O.F.M.) 30 Breton, V.-M., O.F.M., La Vie religieuse (G.-A.Laplante, O.F.M.) .313 Charbonneau, Mgr P.-E.et Matte, M., La mission du diocèse de S.Jérôme (I, Rainville, O.F.M.) .127 Charmot F., S.J., La Sainte Vierge et la mystique des vœux 31 Chrétien (Le) et la richesse (A.-M.Hamelin, O.F.M.) .159 Coîteux, F., O.F.M., Martyr à à Chefoo (B.Charbonneau, O.F.M.) .63 Crampon, Chan., La Sainte Bible (A.Auger, O.F.M.) .% Daniélou, M., Vous prierez ainsi 31 Delaruelle, E., Perret, J., Rof-fat, C., Saint François de Sales, maître spirituel .256 Delsuc, P., L’île de fer .288 Desbuquois, G., S.J., La charité 160 Donum Dei.Cahiers de la Conférence Religieuse Canadienne n.1, 2, 3 (J.-H.Poisson, O.F.M.) 190 Dussercle, Roger, C.S.Sp., Le Testament d’un Père (F.Sylvestre, O.F.M.) .63 Fuchs, J., S.J., Le Droit Naturel (A.-M.Hamelin, O.F.M.) .159 Fuval, P., Le Parchemin de la reine et Le serpent du petit chanteur.288 Georg, Dr J.E., La pratique de la continence périodique .160 Gerbelaud — Salagnac, L’année de Carillon .288 Guérin, E., Télévision notre amie 287 Gleason, R.W., SJ., Le monde à venir .254 Heer, F., Catholicité d’hier et de demain .287 Hoesl, P., Isabelle de Clermont Tonnerre, Comtesse d’Ursel .160 Hunermann, G., Le rebelle obéis- sant .255 Huyghe, G., Équilibre et adaptation (G.H.) .223 Jedin, H., Brève Histoire des Conciles (A.Auger, O.F.M.) .64 Jésuites de la Nouvelle-France .255 Jeunesse ’60 .224 Jungmann, J.A., S.J., Catéchèse (F.Sylvestre, O.F.M.) .95 Kelly, G.A., Le livre de la famille chrétienne .288 Lavergne, C., C.SS.R., Lucien Rainier.288 Leclerq, J., Vie du Père Lebbe et Lettres du Père Lebbe .191 Saisir la vie à pleines mains (A.-M.Hamelin, O.F.M.) .159 Léger, Card.P.E., Les Origines de Fhommes.Responsabilité actuelles du Lcücat.Réflexions pastorales sur notre enseignement (A.-M.Hamelin, O.F.M.) .255 Le Normand, M-, Une âme religieuse et maternelle, Marie-Célina Pourde (J.Maréchaux, O.H.) .192 Lesage, G., O.M.I., La nature du Droit Canonique (M.André, O.F.M.) .128 318 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES Lewis, J., S.J., Le gouvernement spirituel selon saint Ignace de Loyola .Lips, Dr A.C.M., Une seule chair Livres (Les) catholiques.Catalogue .Louis-Raoul, S.C., Le Catéchiste dans F Église (A.Thibeault, O.F.M.) .Melançon, O., C.S.C., Adolescence et amour .Michel, A., Ave Maria, foi et piété mariales (A.Auger, O.F.M.) .Morisset, G., O.M.I., Pastorale en marche (A.Villeneuve, O.F.M.) .Morrison, M., Les petits ânes de Nazareth .Myriam de G., Encensoirs d’Or (F.Sylvestre, O.F.M.) .Neubert, E., Marie et F éducateur chrétien .Ohm, T., Les principaux faits de l’Histoire des Missions (W.Bedard, O.F.M.) .Paglio, F., Les chevaliers de la vérité .Parente, P., Père Pio (J.-H.Poisson, O.F.M.) .Peghaire J.et Poisson, A., Être pauvre, pourquoi et comment ?Perroy, M., Sous la cendre .Petite Bible du peuple chrétien .Philibert de Sain-Didier, O.F.M.Cap., La vie religieuse (A.-M.Hamelin, O.F.M.) .Pieroszewski, Dr J., The Religious Problem of Refugees in U.S.A.(E.Flood, O.F.M.) .Piault, B., La création et le péché originel.Poisson, A., C.S.Sp., La dévotion au Saint-Esprit (J.-H.Poisson, O.F.M.) .Poisson, J.-H., O.F.M., Rose de l’Assomption (A.-M.Hamelin, O.F.M.) .Ray, R., Le choix de Catherine .288 Renard, Mgr A., Vie spirituelle de la religieuse cFaujourd’hui (J.-H.Poisson, O.F.M.) .160 Rollet, H., Henri Butillard et le féminisme chrétien .64 Saint-Hill, B., Les feux .288 Saint-Pierre, B., O.F.M., Vingt- Cinq Chemins de Croix .63 Sales, L., La perfection religieuse à la lumière du divin amour .224 Séparation (La) du monde .254 Stelzenberger, J., Précis de morale chrétienne (A.-M.Hamelin, O.F.M.) .158 Tante Chantal, Écoute, ma Mie (B.Mailhiot, O.P.) .192 Théologie du péché (A.-M.Hamelin, O.F.M.) .158 Van der Loeff, Dr H.J.S., Pour toi qui te maries .128 Vandeur, Don Eugène, O.S.B., Sang du Christ, sauvez-nous (J.-H.Poisson, O.F.M.) .255 Vocations sacerdotales et religieuses (J.-H.Poisson, O.F.M.) .224 Wyszynski, Card.S., L’esprit du travail .315 3.Index alphabétique Action : — et oraison : 139.Adaptation : — et vie religieuse : 48, 54; — du religieux enseignant : 208.Adolescent : — et cours de religion : 67.Amérique Latine : commission épiscopale : 58.Apocalypse : message : 101.Art : — et spiritualité : 261; œuvre sacrée : 265; — abstrait : 267.Assomption : opportunité : 148.Attention : — dans l’oraison : 215, 279.Aumônier : Consultation : Quelle doit être l’attitude d’une supérieure devant un aumônier qui se comporte en enfant au point de gêner la confession des sœurs ?189.314 128 288 96 128 127 30 192 64 31 190 288 191 315 288 127 287 256 30 190 287 TABLE DES MATIÈRES DE L’ANNÉE 1961 319 Bénédiction : Consultation : Bénédiction d’une aile ajoutée à une construction déjà bénite : 253.Bible : dimanche de la —: 225; tableau chronologique de l’A.T.: 114; initiation des jeunes: 226; fonction dans la vie chrétienne : 226; connaissance de la — : 230.Catéchèse : — et adolescents : 67 ; matériel didactique : 88; — et théologie : 77.Centre Catholique d’Ottawa : 32.Champagnat, Le Bx : 183.Clergé : — et communautés religieuses : 123, 187.Collège : piété dans nos — : 33, 238.Communauté : statistiques : 153.Dominicains : 309.Jésuites : 310.Maristes (Pères) : 309; (Frères) : 310.Adoratrices du Précieux Sang : 282.Bénédictines du Précieux-Sang : 284.Société de Marie Réparatrice : 251.Communion : Consultation : Peut-on communier plusieurs fois par jour ?222.Concile : actes et documents : 221.Conférence Religieuse Canadienne : Assemblée de 1960 : 23.Dépendance : — de Dieu : 293.Direction spirituelle : nature : 163; liberté : 168; importance : 171; qualités du directeur : 174.Dons : Consultations : Attitude d’une supérieure vis-à-vis des dons en argent faits à des profès à vœux simples temporaires : 125; Dons de vieux vêtements aux pauvres : 28; Sous prétexte de charité, une religieuse peut-elle donner à ses sœurs en diverses circonstances des médicaments qu’elle a à son usage ?188.Droit Canonique : canon 1367 : 238.Eau bénite : Consultation : Sens liturgique de l’eau bénite : 286.Église : — et unité : 4, 9, 15.Enseignement : — religieux : 67, 84, 88.Consultation : A qui appartient d’interpréter les enseignements de la Sainte Église ?312.État de grâce : Consultation : Peut-on savoir si on a l’état de grâce ?188.Étude : — et esprit religieux : 129; formation des religieux : 131.Exemption : — des religieux : 220.Fatima : à propos de — : 153.Formalisme : bannir le — : 52.Forum : — catholique : 237.Franchise : Consultation : Que faire en présence d’une supérieure qui manque de franchise ?93.François (s.) : — et obéissance : 270.Frère : adaptation : 208; Frère Untel : 186; vocation de — : 187, 218.Habit : — religieux : 193; — des religieuses : 197.Histoire : Dieu maître de 1’ — : 108.Honoraire : Consultation : A quel part d’honoraire ont droit les religieux chantant des messes dans leur oratoire ?126.Index : Consultation : Que penser des volumes suivants : Couronnée d’épines, Une mystique canadienne, Marie-Marthe Chambon ?93.Institut : Jesus Pastor : 152.Jeûne : Consultation : Médicaments et jeûne eucharistique : 29.Lampe du sanctuaire : Consultation : Y a-t-il faute à ne pas renouveler à temps la lampe du sanctuaire ?157.Légèreté : définition : 299; opposition à la vie religieuse : 301; remèdes : 303. 320 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Libermann, le Vén.: vie d’oraison : 42.Liturgie : initiation : 39; voir aussi : Messe.Consultations : Combien de chandeliers à laisser à l’autel ?156; Luminaire, fleurs, table et nappe de communion, empesage des linges sacrés : 62; Sens liturgique de l’eau bénite : 286.Messe : — dans les collèges : 33, 240.Consultations : Attitude des fidèles à la messe basse : 222; Attitude des religieuses à la messe paroissiale : 253.Notre-Dame : — des écoles : 219.Obéissance : — du Christ : 118; selon s.François : 270; objet : 272; mode : 274; fruits : 274; échanges de vues : 278, 306.Oecuménisme : — et église catholique : 3; monastère invisible : 21.Oraison : — et action : 139; attention dans — : 215, 279.Pâques : — et vie religieuse : 97.Parrainage : Consultation : Une religieuse peut-elle accepter d’être marraine ?29.Pauvreté.Voir : Dons, vœux.Personnalité : développer sa — : 50.Piété : — dans nos collèges : 33, 238; — et liberté : 245.Prédicateur : Consultation : Pour demander un prêtre de prêcher une récollection aux religieuses, faut-il l’autorisation de l’aumônier ?61.Prêtre : directeur spirituel : 163, 171.Profession : don total : 290.Psychanalyse : — et religieux : 217.Religieux : choix et formation : 257 ; habit; 193; enseignant : 208, 269; — et psychanalyse : 217 ; ce que l’Église attend du — : 122; coopération avec le clergé : 123, 187; formation doctrinale : 131; religieuses affectées au service extérieur des moniales cloîtrées : 310.Consultation : Religieuse sacristine surchargée : 126.Sécularisation : — prétextes invoqués : 257.Consultation : Doit-on se rendre à la demande d’une supérieure majeure qui désire nous voir quitter la communauté sans motif justifiable : 155.Signe de la Croix : Consultation : Signe de la croix au moment de la bénédiction avec l’ostensoir : 29.Spiritualité : — et art : 261.Supérieur : Consultations : Que faire en présence d’une supérieure qui manque de franchise ?93 ; Rapports avec la supérieure : 28.Théologie : — et catéchèse : 77.Unité : semaine de—: 1; œcuménisme : 3; position de l’Église : 4; alerte à notre esprit catholique : 9; prières pour — : 15 ; monastère invisible : 21.Vierge : Consultation : Conditions à remplir pour la consécration des vierges : 154.Vie religieuse : adaptation : 48 ; compréhension : 49; formalisme : 52; — vie pascale : 97 ; choix et formation des candidats : 257.Consultation : Est-ce faute de compréhension qu’il y a tant d’âmes consacrées qui abandonnent la vie religieuse ?125.Vocation : problème de — : 186; pastorale de — : 283: — temporaire : 290.Consultation : La vocation temporaire : 312. J ï Les Prêtres de Saint-Sulpice : M.Emile Roy.nécrologie Les Religieuses de S.Joseph de S.Vallier : Sr M.Berchmans (Marie Anna Kobichaud).Les Religieuses Hospitalières de S.Joseph : Sr Irène Poisson.Les Servantes du Cceur Immaculée de Marie : M.de S.Alphonse de Ligori (Marie Elisa Dumont), Sr M.de S.Alexis de Jésus (Marie-Blanche Valiquette).Les Religieuses de Notre Dame de la Charité du Bon Pasteur : Sr M.de S.Augustin (Hortense Nadeau).Les Soeurs de Sainte Anne : Sr M.Monique d'Ostie (Liane Desjardins), Sr M.Hermel (Sylvia Lapointe), Sr M.Joseph Octave (Anne Marie Rouleau).Sr S.Bérénice (Marie Louise Bédard), Sr M.de Sainte Jeanne Les Sœurs de la Charité de Québec Sr Sainte Reine (Marie Blanda Tardif).Les Sœurs de Sainte Croix et des Sept Douleurs de Toulouse (Marguerite Maheu).1 >o Les Sœurs de la Charité de l Hôpital General de Montreal ; Sr Marcelline \ ermette, Sr Rose de Lima Petit, Sr Marie Béliveau, Sr Emérentienne St Germain.Les Sœurs de la Charité de VHôtel Dieu de S.Hyacinthe : Sr Sainte Aurélie (Dorila Larivière), Sr Ernestine Nadeau.Les Petites Sœurs de Notre Dame des Sept Douleurs : Sr Marie Rose (Adé-lina Bouchard).Les Sœurs Missionnaires de Notre Dame des Anges : Sr Sainte Claire d’Assise (Rose Eva Cartier)., Les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie : Sr Mary Michælina (Joséphine Keane).Les Sœurs de Charité de la Providence de Montréal : Sr Georgianna (Edna Beauchamp), Sr Mary Leonilla (Annie Lynch).Les Petites Sœurs de la Sainte Famille : Sr M.Immaculata (Olivine Léger).Les Sœurs de Saint François d’Assise : Sr Marie Berchmans (Marie Ange Drouin).Les Petites Sœurs Franciscaines de Marie : Sr M.Elisabeth (Victoria Viens).Les Sœurs de l’Assomption de la Sainte Vierge : Sr Saint Norbert (Azilda Lemire).RÉABONNEMENT Le réabonnement, année 1962, devrait être acquitté d’ici janvier, excepté pour ceux dont l’abonnement a commencé après janvier.Si vous discontinuez l’abonnement, veuillez s’il vous plaît nous avertir également avant la fin de la présente année.En cas de doute ou d’erreur correspondez immédiatement avec l’administration. 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