La vie des communautés religieuses /, 1 avril 1962, Avril
Vie des communautés religieuses Le Christ ressuscité, ma Joie! Vie religieuse et enseignement Hyacinthe-M.Robillard, op Pour une meilleure formation des catéchistes Norbert Fournier, csv -—La liturgie, présence de salut M.-Cantius Matura, ofm L’attention dans l’oraison Adolphe Poisson, cssp nj AVRIL 1962 la VIE des communautés religieuses • Revue publiée par les RR.PP.Franciscains de la Province St- Joseph au Canada, paraît le 15 de chaque mois, excepté juillet et août, en fascicule de 32 pages; • La Direction est assurée par un groupe de professeurs au cléricat théologique franciscain de Rosemont (Montréal) : R.P.Alonzo-M.Hamelin, O.F.M., Lecteur en Théologie Morale R.P.M.-Cantius Matura, O.F.M., Lecteur en Écriture Sainte R.P.Lorenzo Boisvert, O.F.M., Lecteur en Théologie Dogmatique.• Tout ce qui concerne la Revue (envoi de manuscrits, consul- tations, service bibliographique, administration) doit être adressé à : La VIE des Communautés Religieuses 5750, Boul.Rosemont Montréal - 36 Tél.: CL 9-6911 PRIX DE L’ABONNEMENT : $2.75 Les abonnements commencent en JANVIER et tout changement d'adresse est accompagné de la somme de 25 cents.Nihil Obstat : R.P.Emmanuel Boisvert, O.F.M.R.P.Hippolyte Baril, O.F.M.15 mars 1962 Chaque auteur porte la responsabilité de ses articles Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa. Avril 1962 la VIE des communautés religieuses Vol.20, n° 4 le christ ressuscité, ma joie! La victoire pascale de F Agneau immolé est un triomphe éclatant de la vie sur la mort, de la lumière sur la nuit, de la joie sur la tristesse.Aussi faut-il la célébrer par une fête qui ne finit pas, et cette fête c’est la vie chrétienne elle-même.La joie qui éclate dans la nuit de Pâques lorsque retentit le triple Alleluia suivi du verset : “Acclamons le Seigneur car il est bon; car éternel est son amour”, ne connaît pas de déclin.La liturgie pascale, tout au long des cinquante jours, déborde d’enthousiasme et d’allégresse.Déjà l’épître de Pâques invite les chrétiens à festoyer et Vacclamation Hæc Dies (Voici le jour qu’a fait le Seigneur, exultons et réjouissons-nous) constitue le refrain obligé de la Semaine pascale.Les prières liturgiques de cette période, épuisant presque tout le vocabulaire de la joie, demandent à Dieu, comme fruit de Pâques, la joie qui dure à jamais.L’évangile du troisième dimanche après Pâques parle de la joie que la vision de Jésus ressuscité apportera aux croyants : “Votre cœur débordera de joie, et cette joie, personne ne pourra vous en priver” (Jn 16, 22).Et tous les psaumes utilisés dans les messes des dimanches de la période pascale sont tous une invitation à la joie (Ps 32,65, 80, 95, 97).Cette invitation est adressée aux hommes d’abord : “Faites entendre un cri de joie, annoncez jusqu’au bout du monde que le Seigneur a libéré son peuple” (Is 48, 20).Mais elle vise l’univers entier qui, lui aussi, doit jubiler, puisque la rédemption s’étend jusqu’à lui.Oui, les solennités pascales sont une proclamation joyeuse de ce fait bouleversant : c’est la joie qui est venue dans le monde comme le fruit de l’arbre de la Croix.Et la vie chrétienne authentique est inconcevable sans fête et sans joie, puisqu’ elle est essentiellement salut, c’est-à-dire victoire de Dieu sur le mal, victoire de l’éternelle allégresse. 106 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Notre vie religieuse est-elle marquée de ce signe de la joie ?Il ne s’agit certes pas de nier la place nécessaire de la croix dans toute vie engagée à la suite du Seigneur : croix de nous-mêmes, de nos limites, de nos péchés; croix qui nous viennent des autres et de la communauté; croix enfin de l’effort sans cesse à reprendre et dont le résultat n’est, au mieux, qu’un demi-échec.Tout cela est vrai, et pourtant le Seigneur a vaincu, et sa religion n’est pas une religion d’ennui et de tristesse, mais la plus extraordinaire explosion de joie que le monde ait jamais connue ! Est-ce que nous donnons aux hommes cette impression ?Est-ce que notre style de vie religieuse, notre visage, notre comportement, sont ceux d’hommes sauvés, festoyant leur victoire dans une joie qui ne finit pas ?Avons-nous oublié qu’il y a dans la révélation, non seulement une promesse mais aussi un commandement de la joie : “Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur, je vous le répète, réjouissez-vous” (Ph 4, 4) ?Que le chant des rachetés, et nous le sommes déjà, soit aussi le nôtre : “Soyons dans l’allégresse et dans la joie, rendons gloire à Dieu, - car voici les noces de VAgneau” (Apoc 19, 7).* * * Vous trouverez dans ce numéro : Vie religieuse et enseignement (Hyacinthe-M.Robillard, O.P.) 108 Face à l’évolution actuelle de la vie moderne, beaucoup de réformes s’amorçent.Il en est qui veulent la sauvegarde de la sainteté jusqu’à T inefficacité pratique de l’enseignement; d’autres veulent sauvegarder Venseignement jusqu’à l’oubli des moyens de sanctification recommandés par l’Église.L’A.tente une conciliation de ces fins au niveau de la vie religieuse mixte.Pour une meilleure formation des catéchistes (Norbert Fournier, C.S.V.).114 Le problème crucial de la catéchèse dans notre milieu consiste actuellement dans la formation des professeurs de religion. LE CHRIST RESSUSCITÉ, MA JOIE ! 107 Pour répondre aux besoins, VInstitut Supérieur des Sciences Religieuses de l’Université de Montréal a ouvert un nouveau département de catéchèse.L’A.nous en parle dans son article.La liturgie, présence de salut (M.-Cantius Matura, O.F.M.).117 Dans la ligne de nos entretiens théologiques, l’article situe la vraie place de la liturgie dans la vie de l’Église.Ignorer cette place conduit à un double excès : soit à un refus systématique d’une réalité que l’on ignore, soit à un dilettantisme liturgique qui nuit à la cause qu’il prétend servir.Le religieux doit prendre conscience de la richesse du plan divin.L’attention dans l’oraison (Adolphe Poisson, C.S.Sp.).125 On distigue, dans l’oraison, trois sortes d’attention : attention imaginative, intellectuelle et affective.A la suite du Vén.Libermann, VA.analyse chacune de ces diverses attentions.* Chronique religieuse.128 A votre service.133 Pour vos lectures.135 vie religieuse et enseignement Quelques religieux et religieuses, membres de communautés enseignantes, ayant réclamé des précisions au sujet de certaines affirmations que j’ai faites, en janvier dernier, dans le premier numéro de la revue Maintenant, je ne demande pas mieux que de m’expliquer à ce sujet(1).1, — Un point de comparaison : nos Constitutions dominicaines La conception de la vie religieuse à laquelle je me référais mentalement, en écrivant ces lignes incriminées, ne représente rien de nouveau dans l’Église : elle s’exprime dans nos Constitutions dominicaines, en première page, dans des textes que je cite ici en français, d’après une traduction qui porte l’approbation de Maître Martin Stanislas Gillet, O.P., ancien général de l’Ordre (Imprimerie polyglotte vaticane, 1933) : On sait que, dès son origine, notre Ordre a été spécialement institué pour la prédication et le salut des âmes.C’est pourquoi notre étude doit être de tendre principalement à nous rendre utiles à l’âme du prochain.À cette fin propre, nous travaillerons tant par la parole que par de nombreux écrits pour l’enseignement et la défense de la foi catholique.(1) Griffe à Droite, p.29 par.1 : “j’ai toujours été choqué de voir qu’une Communauté enseignante faisait passer la sanctification personnelle de ses membres avant sa fin propre.Pourquoi ne pas poser la vraie fin d’abord : l’éducation chrétienne de la jeunesse ; et la sanctification personnel comme moyen, voire comme condition sine qua non à l’obtention de cette fin.C est une œuvre supérieure de charité spirituelle qui est visée là : que veut-on de plus comme moyen de sanctification personnelle ?Pourquoi chercher ailleurs que dans ce devoir d’état la source première et principale de son progrès spirituel, tout le reste préparant et rendant possible l’accomplissement parfait de cette grande œuvre ?” — Au sujet de ce texte, je reconnais dès ce moment : 1.qu’il était très mal rédigé; 2.qu’il présupposait acquise l’idée qu’une communauté enseignante est une communauté de vie mixte : auquel cas seulement la pratique du devoir d’état, parce qu’elle se ramène à l’acte de livrer à autrui le fruit de sa contemplation, ne se conçoit pas sans sainteté acquise et préalable et se fait sanctifiante par soi seule, parce qu’exercice le plus élevé de la charité à l’endroit d’autrui; 3.qu’il semblait recommander une dissociation de Y enseignement et de la sainteté personnelle, alors que, dans mon intention, il visait à montrer qu’ils sont inséparablement unis comme l’acte de luire (sainteté) et l’acte de rayonner (enseignement). VIE RELIGIEUSE ET ENSEIGNEMENT 109 Pour atteindre cette fin, il importe que notre prédication et notre enseignement procèdent de l’abondance et de la plénitude de la contemplation, à l’exemple de notre Père saint Dominique qui ne parlait qu’avec Dieu ou de Dieu, pour le plus grand bien des âmes.Les moyens prescrits par le saint Patriarche pour atteindre notre but sont : outre les trois vœux solennels d’obéissance, de chasteté, et de pauvreté, la vie régulière de l’Office divin et l’étude assidue de la science sacrée.Ces moyens ne peuvent être, chez nous, ni supprimés ni changés substantiellement; toutefois, ils peuvent, sauf les vœux, être dans une certaine mesure tempérés opportunément, selon les exigences des temps et des circonstances, et cela pour devenir plus aptes à mieux atteindre notre but et avoir plus d’efficacité”.Cette page de nos Constitutions datant des origines de l’Ordre, ayant donc le bénéfice de huit siècles d’expérience chrétienne, on peut se reposer, je suppose, sur l’orthodoxie des principes qu’elle implique.Il se peut naturellement que j’exprime mal, pour mon propre compte, l’idéal qu’elle représente: qu’on s’en tienne donc à ce texte et non à ce que j’en dis ou crois en comprendre.Je ne suis pas l’Ordre, ni qualifié pour parler en son nom.En proposant cet idéal, je n’ai aucunement l’intention d’inviter la terre entière à devenir dominicaine.Je n’ai même aucunement l’intention de dicter à aucune communauté ses devoirs.Je crois seulement, étant donné la grande ressemblance et parenté des fins poursuivies, que la comparaison suggérée reste digne d’intérêt.2.— La sainteté fin principale Prenant pour admise l’identification opérée par saint Thomas entre vie religieuse et état de perfection, c’est-à-dire condition de vie dans laquelle on s’engage de façon stable et permanente à poursuivre la perfection de la charité, j’ai cru qu’il y avait pléonasme et non précision à dire que la fin principale d’une communauté religieuse enseignante était la sanctification de ses membres.Personne, je suppose, ne dirait que la fin principale d’une École d’Arts Ménagers est l’enseignement.Puisqu’il s’agit d’école, un lecteur moyen sera plutôt agacé qu’instruit par une telle déclaration.On écrirait plutôt: la fin principale d’une École d’Arts Ménagers est la formation de bonnes ménagères.Je veux bien qu’on subtilise et multiplie ici les distinctions, par exemple entre fin première et secondaire, fin principale, fin spécifique, etc.Je remarque toutefois que nos Constitutions ne se font pas scrupule de dire exactement ce que j’ai dit: “notre étude doit être de tendre 110 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES principalement (ad hoc debet principaliter intendere) à nous rendre utiles à l’âme du prochain”.“Tendre principalement” n’a pas de meilleur équivalent, en thomisme du moins, que: “avoir pour fin principale”.Précisons également que le débat actuellement soulevé dans la Province ne porte pas sur le point de savoir si oui ou non les religieux enseignants (j’emploie le masculin par simplification) doivent être des saints ou des savants, mais bien sur le point de savoir s’ils sont qualifiés pour enseigner dans les écoles de l’État.Dans ces conditions, je me demande s’il leur est utile de proclamer que, d’après la lettre même de leurs Constitutions, l’enseignement n’est pour eux qu’une fin ou activité secondaire?Ne craignent-ils pas qu’on leur réponde: “Alors, sanctifiez-vous (ce qui est certes une occupation de plein-temps), et laissez-nous l’enseignement, auquel nous entendons, nous, consacrer la totalité de nos forces !” 3.— La sainteté, condition sine qua non S’il apparaît en un sens scandaleux que je fasse de la sainteté une condition sine qua non à l’obtention de la fin propre des communautés enseignantes, qui est la formation chrétienne de la jeunesse, il faudra se scandaliser aussi de nos Constitutions qui font pire encore, en la ramenant pratiquement au rang de moyen “en vue du salut des âmes”.C’est bien en effet tout ce qui nous situe dans l’état de perfection, v.g.les vœux, observances monastiques, etc., qu’elles présentent comme moyens prescrits pour atteindre ce but.Autant dire qu’elles ordonnent notre sanctification personnelle à la poursuite de notre fin propre et principale ! Des précisions toutefois s’imposent ici encore.La formule thomiste connue: “contempler et livrer aux autres le fruit de sa contemplation” est difficile à expliquer en trois phrases.Disons que le religieux de vie mixte, tel que le voit saint Thomas, n’est pas l’homme qui fait d’abord sa méditation à l’heure prescrite et court ensuite raconter à d’autres ce qu’il y a appris.Il est plutôt le religieux en acte permanent, si l’on veut, de contemplation et qui est par là même toujours en état de faire rayonner sur d’autres le fruit de sa contemplation.Les deux moments de cette vie mixte sont logiquement séparables, ils ne le sont pas réellement.D’où il suit qu’en pareille condition, sainteté et enseignement ne sont absolument pas dissociables. VIE RELIGIEUSE ET ENSEIGNEMENT 111 À qui nous demande à nous, dominicains, si nous sommes contemplatifs ou actifs, c’est-à-dire si nous mettons notre fin principale dans la contemplation pure et simple, ou dans le don à autrui des fruits de cette contemplation, nous répondons que notre fin principale est le don à autrui, et que ceux qui s’intéressent à la contemplation pure et simple doivent chercher ailleurs que chez nous le genre de vie qui leur convient.Dans ces conditions, la contemplation elle-même, bien que présupposée (on ne donne que ce qu’on a), ne représente pas le terme ultime de notre effort : notre intention (studium nostrum) porte plus loin et ne s’arrête qu’au don à autrui : lequel, dès lors, commande et régit tout le reste.4.— Communautés enseignantes et vie mixte Mais, demandera-t-on, sans aucun doute: les communautés enseignantes sont-elles des communautés de vie mixte ?La réponse n’est pas facile, et il appartient à ces communautés de la donner pour leur propre compte.On peut, en effet, considérer l’enseignement comme une simple instruction, ou même comme une ceuvre d’éducation au plan naturel.Même à ce niveau “enseigner les ignorants” représente une ceuvre de charité spirituelle(2) : l’ignorance est une maladie de l’homme, plus grave encore que les maladies physiques, et c’est faire œuvre de charité que de se vouer à la réduire, comme c’en est une de visiter les prisonniers, les pauvres, etc.Une communauté enseignante peut, dès lors, se considérer comme communauté de vie active, au même titre que les communautés qui se vouent au soin des malades, à la protection des filles tombées, des orphelins, etc.On peut aussi, je le suggère seulement, se donner pour fin la formation chrétienne de la jeunesse et, dans ce cas, la parenté est sûrement grande avec la fin même de mon Ordre qui est la prédication et l’enseignement de la vérité sacrée.À ce compte, comment peut-on donner à autrui ce qu’on n’a pas?Comment est-on dispensé de “contempler” actuellement ce qu’on doit “livrer” à autrui?Comment ne pas voir l’harmonie profonde qui doit exister entre sainteté et enseignement?et la situation privilégiée d’une communauté de vie mixte dans l’exercice de ce ministère?(2) Spirituel s’oppose ici à corporel, en raison de la distinction depuis longtemps établie entre les œuvres de charité corporelle et spirituelle. 112 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Une seule difficulté.L’idéal vaut, me dira-t-on, pour des prédicateurs ou des professeurs de théologie, toujours fixés sur Dieu ou ses mystères, mais vaut-il encore pour les professeurs de mathématique, d’anglais, de géographie, etc., du primaire et du secondaire?Je réponds: “Et nos professeurs de logique?d’hébreu?de philosophie?etc”.Pour qu’un Ordre soit de vie mixte, il n’est pas nécessaire que chaque membre réalise à soi seul la totalité de son idéal; il faut et il suffit que l’Ordre vise dans son ensemble à la réalisation de cet idéal.Le professeur de mathématique sait que le petit chrétien d’aujourd’hui a besoin de connaître les mathématiques, aussi les lui enseigne-t-il de son mieux, parce que peut-être un jour son christianisme se jouera sur cette carte.Non qu’il cherche à tout confondre, à faire de la religion avec les mathématiques ou des mathématiques avec la religion (n’a-t-on pas cédé trop souvent à cette tentation?) mais, possédant une vision d’ensemble du système scolaire, il sait à quel point son œuvre s’insère dans la réalisation de l’idéal total: celui de la formation chrétienne de la jeunesse, et pose sa propre pierre avec soin et minutie à l’endroit attendu.5.— Vie religieuse et enseignement: le sens du débat et son utilité À supposer que ces considérations soient valables, demandera-t-on finalement, de quelle utilité sont-elles dans le contexte québécois actuel ?Je crois qu’elles sont d’importance capitale.Pendant des siècles, des communautés religieuses ouvrirent à leur gré, par simple charité, des écoles en divers pays, qui leur doivent leur culture actuelle.Dans ces écoles, chaque communauté enseignait ce qu’elle voulait, quand elle le voulait, comme elle le voulait.Les religieux enseignants pouvaient chercher leur sainteté d’abord, leur compétence ensuite: les élèves mécontents n’avaient qu’à chercher ailleurs des gens qui voulussent bien les instruire! Ce temps n’est plus, même dans la province de Québec.Enfin conscient de ses responsabilités, l’État moderne entend se charger de l’éducation des citoyens, comme il entend les soigner, protéger les vieillards, les enfants nés hors mariage, etc.Dans ce contexte, l’État québécois veut bien mettre à profit la contribution que lui apportent les religieux enseignants et les payer pour ce service (ce qui n’est que justice).Il a cependant le droit d’exiger qu’étant payés par lui, ils le servent bien et en vue des fins honnêtes qu’il poursuit.Il VIE RELIGIEUSE ET ENSEIGNEMENT 113 faudrait être aveugle ou mal intentionné pour ne pas reconnaître qu’il est d’importance primordiale qu’un éducateur vive bien, c’est-à-dire soit un saint ou un honnête homme, mais il est aussi d’importance capitale qu’il soit hautement compétent dans les disciplines de son ressort.Et comme l'État n’a pas à discuter de la sainteté, il est plus que probable qu’il fera porter son attention principale sur la compétence.D’où la nécessité, pour les communautés enseignantes, devant la nation qui le réclame, d’afficher cette compétence, qui est leur raison d’être sociale et de montrer, contre ceux qui les attaquent, que rien de ce qui les fait saintes ne les empêche d’être totalement vouées à l’enseignement et d’arriver dans ce domaine à la plus haute compétence.Il y a, de plus, que des réformes s’imposent manifestement dans la vie de certaines communautés enseignantes.“Il ne faut pas, rappelait en effet Pie XII, que le religieux enseignant se trouve, par sa condition religieuse, empêché d’arriver à la compétence dont font preuve les professeurs non religieux”.Or l’acceptation même de ces réformes et leur choix judicieux dépendent en partie de l’option faite, au départ, sur les rapports à établir entre sainteté et enseignement.Sur ce point encore nos Constitutions sont claires: “Ces moyens (v.g.voeux, observances monastiques, étude assidue, etc.) ne peuvent être, chez nous, ni supprimés ni changés substantiellement; toutefois, ils peuvent, sauf les vœux, être dans une certaine mesure tempérés opportunément, selon les exigences des temps et des circonstances, et cela pour devenir plus aptes à mieux atteindre notre but et avoir plus d’efficacité”.À l’heure actuelle, face à la situation nouvelle dont j’ai parlé, beaucoup de réformes se font, mais pas toutes dans le même sens.Il en est qui veulent la sauvegarde de la sainteté jusqu’à l’inefficacité pratique de l’enseignement (comment préparer les jeunes à vivre chrétiennement dans un monde avec lequel on est tellement coupé, qu’on n’en comprend plus même les objectifs les plus honnêtes?); il en est qui veulent sauvegarder Y enseignement jusqu’à l’oubli des moyens de sanctification recommandés par la longue expérience de l’Église.La seule vraie solution, à mon avis, est dans la conciliation de ces fins telle que saint Thomas l’envisage au niveau de la vie mixte, — là, précisément, où il se fait le théologien de la conception déjà contenue dans nos Constitutions.Je n’ai rien voulu dire d’autre, et je m’excuse de l’avoir si mal dit.Montréal.Hyacinthe-Marie Robillard, O.P. pour une meilleure formation des catéchistes La majorité des communautés religieuses féminines et masculines s’occupent de catéchèse aux divers niveaux de l’enseignement.Depuis que le renouveau catéchétique s’est implanté chez nous, on voit surgir de tous côtés des efforts en vue d’améliorer l’enseignement religieux.Le problème crucial de la catéchèse dans notre milieu consiste actuellement dans la formation des professeurs de religion.Un nouveau Département de catéchèse à VUniversité de Montréal Depuis septembre 1961, l’Institut Supérieur des Sciences Religieuses s’est enrichi d’un Département de catéchèse où une cinquantaine d’éducateurs suivent, en fin de semaine, des cours de pastorale catéchétique donnés par des spécialistes canadiens auxquels viennent s’adjoindre quelques professeurs européens.Un diplôme en pastorale catéchétique sera décerné par l’Université de Montréal aux étudiants qui, ayant suivi tous les cours, auront réussi les examens, accompli les travaux écrits et fait preuve d’aptitude catéchétique lors des stages d’application.En septembre prochain, ces cours de pastorale catéchétique se poursuivront et pourront recevoir un autre contingent d’étudiants de la région montréalaise.L’enthousiasme suscité jusqu’ici par cet enseignement laisse entrevoir que les demandes d’admission seront nombreuses l’automne prochain.Il serait bon par conséquent que les supérieurs religieux prévoient dès maintenant quels candidats ils désirent inscrire à ces cours.Cours d’été sur la catéchèse Un bon nombre de catéchistes ne peuvent s’inscrire régulièrement aux cours de théologie pastorale catéchétique donnés pendant l’année scolaire.C’est pourquoi, en collaboration avec l’Extension de l’Enseignement de l’Université de Montréal, l’Institut Supérieur de Sciences Religieuses, organise, pour une troisième année, des cours de vacances sur la catéchèse. POUR UNE MEILLEURE FORMATION DES CATÉCHISTES 115 La prochaine session durera un mois, du 3 juillet au 1er août 1962.Elle s’adresse à tous les catéchistes, prêtres, religieux, religieuses et laïques qui enseignent la religion ou qui sont responsables, de quelque façon, de l’enseignement religieux aux cours élémentaire, secondaire et collégial.Une invitation spéciale à suivre cette Session est adressée aux professeurs de méthodologie de la religion dans les écoles normales.L’organisation comportera deux degrés, selon la préparation des candidats.Le premier degré aura pour but de fournir une solide initiation aux principes fondamentaux de la catéchèse.Les cours porteront sur la Bible, la Liturgie et la Pédagogie.Ils seront complétés par des séminars et des conférences.Il nous sera possible d’accepter un maximum de 200 étudiants au premier degré.Quant au second degré, il s’adresse aux candidats qui possèdent déjà une solide initiation catéchétique et une formation suffisante en sciences religieuses.Les cours seront complétés par des travaux de recherches sur quelques aspects de la catéchèse aux enfants et aux adolescents.Le nombre de participants au second degré sera limité à 50.Une attestation d’études sera accordée par l’Institut Supérieur de Sciences Religieuses aux étudiants qui, après avoir suivi les cours et participé aux séminars, auront réussi les examens et rédigé les travaux personnels exigés par les professeurs.L’Office catéchistique provincial de la Province de Québec donne son patronage à cette Session dont les cours seront officiellement reconnus par les organismes suivants : le Département de l’Instruction publique, la Direction des Écoles Normales de la Province de Québec, l’École Normale Secondaire, la Commission des Écoles Catholiques de Montréal, l’Institut Pédagogique (Congrégation de Notre-Dame) et l’Institut Pédagogique Saint-Georges.La prochaine Session d’été sera marquée par la présence de plusieurs professeurs invités : le R.P.Marcel van Caster, S J., du Centre international “Lumen Vitæ”, M.le Chanoine Joseph Bournique, Directeur-adjoint de l’Institut Supérieur catéchétique de Paris, Dom Adrien Nocent, O.S.B.de Maredsous et M.François Coudreau, S.S., Directeur du Catéchuménat des adultes de l’Archidiocèse de Paris. 116 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Une équipe de spécialistes canadiens sera sur place pour donner de l’enseignement et diriger les travaux de recherches.Mentionnons M.Jacques Laforest, ptre, Directeur de l’Institut de catéchèse à l’Université Laval, M.Jean Martucci, ptre, Directeur du Centre de la Bible à Montréal, M.Jean-Guy Myre, directeur spirituel au Séminaire de Valleyfield et le R.P.Bernard-M.Côté, C.S.C., préfet de religion au collège de Saint-Laurent.Le programme des cours sera comme suit : PREMIER DEGRÉ : Initiation aux principes du renouveau catéchétique.Notions générales sur la catéchèse.Histoire de la catéchèse.Initiation biblique en fonction de la catéchèse.Bible et catéchèse.Initiation liturgique en fonction de la catéchèse.Liturgie et catéchèse.Pédagogie et catéchèse.Méthodologie catéchétique.Le catéchiste et l’institution catéchétique.SECOND DEGRÉ : Recherches en théologie pastorale catéchétique.Le contenu de la catéchèse.Liturgie et catéchèse.Psychologie et catéchèse.Pédagogie et catéchèse.Les cours se donneront du lundi matin au vendredi après-midi inclusivement, sauf le lundi, 2 juillet, jour de congé.Il y aura deux cours l’avant-midi et deux l’après-midi.La Session se terminera par l’examen, mercredi le 1er août dans la matinée.Les candidats qui désirent s’inscrire à ces cours doivent demander un formulaire d’inscription au Secrétariat de l’Institut Supérieur de Sciences Religieuses^ Université de Montréal.Montréal.Norbert Fournier, C.S.V., Directeur du Département de catéchèse.Université de Montréal. la liturgie, présence du salut Le mouvement liturgique contemporain que Pie XII a caractérisé comme “le passage du Saint-Esprit dans son Église”, est parvenu à une certaine maturité qui lui permet de prendre conscience de lui-même et de réfléchir sur ce qu’est la liturgie dans 1 ensemble du plan de Dieu sur son Église.Cette réflexion s’impose à tout chrétien qui prend au sérieux sa foi.Car la liturgie n’est pas un a-côté dans la vie chrétienne; comme le dit le P.Bouyer, “elle en est le centre, et en un sens le tout”.Ignorer la vraie place de la liturgie dans la vie de l’Église, conduit immanquablement à un double excès : soit à un refus systématique d’une réalité que l’on ignore, soit à un dilettantisme liturgique qui nuit à la cause qu’il prétend servir.Certes, comme la liturgie est en quelque sorte la synthèse vivante et actuelle de tous les mirabilia Dei, de ce que Dieu a fait dans le passé, de ce qu’il fait aujourd’hui et de ce qu’il fera à l’avenir, en un mot, toute l’histoire du salut concentrée en un point, il n’y a pas d’explication facile du mystère liturgique.Ce qui ne veut pas dire que la réflexion sur la liturgie soit réservée “aux sages et aux habiles”.Il en est comme de tous les mystères de Dieu : ils sont dévoilés “aux tout petits” (Mt 11, 25), fussent-ils illettrés.Un saint François d’Assise qui s’appelle “simplex et idiota” a eu, comme le montrent les études récentes sur ses écrits, une intelligence étonnamment profonde: du donné liturgique.La place de la liturgie dans le dessein de Dieu Pour en avoir une vue d’ensemble cohérente et harmonieuse, situons d’abord la liturgie dans le dessein total de Dieu.Le but ultime de la création, ce sont les noces de Dieu et de l’humanité réunie en Jésus-Christ.Déjà l’essentiel de ce plan est accompli.Jésus Ressuscité est le noyau du monde nouveau autour duquel se fait depuis la Pentecôte l’agrégation de tous les éléments spirituels et matériels destinés au salut.En d’autres mots, le Ressuscité désormais au-dessus de l’histoire, continue à exercer son oeuvre de salut sur les hommes de tous les temps et de tous les lieux : il les entraîne dans son passage 118 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES à travers la souffrance et la mort vers la vie glorieuse dans le sein du Père.En effet, nous ne devons pas nous imaginer notre insertion dans le Christ comme l’adjonction d’un bloc de pierre à une statue immobile : saint Paul nous enseigne que nous sommes plongés dans la mort et la résurrection du Christ (Rm 6, 6), c’est-à-dire dans l’action vivante par laquelle il nous a sauvés jadis.Le dessein du salut conçu par Dieu dans l’éternité — inauguré par la Croix et la Résurrection — se poursuit sans cesse.Tout homme sans exception, s’il veut être sauvé, doit entrer en contact avec l’acte sauveur de Dieu s’exerçant dans le Christ.Cet acte sauveur de Dieu, culmine, nous venons de le dire, dans ce que l’on appelle “le Mystère Pascal” : Mort et Résurrection du Christ.C’est là qu’aboutit toute la préparation de l’A.T.; c’est de là que découle ce que nous attendons encore, la glorieuse Parousie du Seigneur.C’est un “passage” : le Seigneur Jésus “passe de ce monde au Père” (Jn 13, 1); il meurt douloureusement à l’existence terrestre pour entrer, corps et âme, dans la vie céleste.L’Église, en chacun de ses membres, doit emprunter la même voie pour arriver à la vie : comme le Christ, avec lui et en lui, s’engouffrant dans “sa bienheureuse passion”, elle espère, bien plus, elle pénètre de fait dans la vie ressuscitée.A chaque instant de l’histoire, l’humanité doit s’unir à la Pâque du Christ pour la faire avec lui.Mais cela suppose que cette Pâque salvatrice du Seigneur n’est pas un pur souvenir, un événement accompli il y a deux mille ans et disparu de la scène de l’histoire, que nous nous contentons d’évoquer pieusement pour notre édification et encouragement.Si notre salut est participation au passage du Christ, si le baptême nous plonge dans sa mort et sa résurrection, si, en mangeant son corps et en buvant son sang, nous annonçons la mort du Seigneur jusqu’à son retour, si l’Église croit que la Messe et le Calvaire ne sont qu’un seul et même sacrifice, l’acte sauveur du Seigneur doit être présent et actuel de quelque façon.En effet, on ne prend part qu’à ce qui existe.Concevoir notre salut comme un acte fait par nous à l’exemple et avec l’aide du Christ imaginée comme une énergie impersonnelle qui nous serait communiquée, serait enlever au christianisme son caractère de relation personnelle avec un être vivant.Nous ne pouvons mourir au péché ni renaître à la vie qu’à l’intérieur de la mort et de la résurrection de notre Seigneur.Le salut qui nous parvient dans le temps n’est pas LA LITURGIE, PRÉSENCE DU SALUT 119 détaché de son foyer comme la lumière de ces étoiles depuis longtemps éteintes; l’acte qui nous sauve est actuel et il rayonne toujours depuis sa source même, le Seigneur ressuscité.Mais comment moi, homme du XXe siècle, pourrai-je être inséré dans cette Pâque du Seigneur qui seule me sauvera ?Serait-ce par un désir intérieur, par un simple acte de foi, par mon effort et au moment même où je le fais ?Nous savons que le salut vient de l’initiative de Dieu.Dieu seul nous sauve, au moment et par les moyens qu’il veut.Or le moyen que Dieu a fixé pour faire entrer chacun de nous dans le mystère de salut, est un acte de l’Église du Christ.C’est l’Église qui saisira chacun de nous, et par des actes communautaires et sensibles, c’est-à-dire engagés dans la matière et dans le temps, nous associera à la Pâque du Christ.Ces actes de l’Église qu’on peut voir, décrire et dater parce qu’ils sont matériels et donc sensibles, qui sont toujours des actes de tout le corps du Christ et non d’un individu, c’est la liturgie : l’œuvre du peuple de Dieu : (laos, peuple; ergon, œuvre).Notre entrée dans le mystère qui nous sauve se fait donc par la liturgie.On voit maintenant la place que celle-ci tient dans la vie de l’Église.Elle est pour le Christ et pour son Corps le moyen par excellence d’empoigner ce monde passager, pécheur, encore sous le pouvoir de Satan, de l’arracher à l’esclavage et de l’introduire dans la gloire du monde nouveau.Dieu n’est certes pas lié par les moyens qu’il a institués, mais si dans l’état actuel la liturgie disparaissait, c’est du coup l’Église qui disparaîtrait, car la liturgie est à l’Église ce que la circulation du sang est au corps humain.Les célébrations liturgiques — ensemble complexe de paroles, de gestes, d’éléments matériels — ne sont donc pas une pompe extérieure pour intéresser les esthètes et pour rendre attrayantes des réunions pieuses; elles sont l’épiphanie visible de ce monde nouveau qui existe déjà et qui, sous le voile des symboles, travaille à conquérir le siècle présent.La Liturgie, acte de l’Église et réalité sensible Cette perspective nous fait voir le cœur même du mystère liturgique : la présence du salut.Mais cette présence n’est pas donnée n’importe quand et n’importe comment : elle ne se réalise que dans l’Église, lorsque celle-ci pose ce que nous appelons des actes liturgiques. 120 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Il nous faut nous arrêter ici à considérer quelques traits importants de ces actes sans lesquels nous n’aurions aucun accès au mystère du salut.Tout acte liturgique, on l’a dit, est nécessairement un acte de l’Église, donc un acte communautaire; il est également un acte sensible.Acte communautaire Dans le plan divin, le salut nous parvient toujours par le Christ et par son Corps qui est l’Église.Lorsque Dieu décide de nous sauver, de nous transformer, il agit par son Christ total.Ce Christ total — l’Église — pose alors des actes qui la parachèvent en même temps qu’ils sanctifient l’individu qui en est l’objet.Ainsi, lorsque la messe est célébrée, c’est l’Église entière qui est chaque fois plus profondément engagée dans la mort et la résurrection du Christ — donc plus sanctifiée — mais c’est aussi tout chrétien individuel qui se joint à l’acte sacrificiel du Christ et de l’Église.Tout acte liturgique est donc essentiellement communautaire, c’est-à-dire qu’il est acte de tout le Corps ecclésial comme tel : Tête et membres.Participation au salut, il crée l’Église : l’acte liturgique la cimente autour de son Chef et la fait entrer par ce qu’elle a de plus profond dans la vie nouvelle.En même temps qu’il l’édifie, il manifeste au dehors son mystère.Nulle part, l’Église n’apparaît davantage Corps du Christ et son Épouse, que lorsqu’elle célèbre les mystères du culte.La liturgie est une épiphanie de l’Église, moment privilégié où transparaît, aux yeux de la foi, quelque chose de son être véritable.Mais cette réalité théologique cherche à s’exprimer concrètement.Parce que tout acte liturgique est nécessairement acte de l’Église, les célébrations liturgiques sont par nature communautaires : elles sont ou devraient toujours être exécutées en présence et avec le concours de l’assemblée.Car un acte de communauté est celui où la communauté est présente et où normalement, elle est appelée à agir.La participation active aux actes liturgiques est donc une exigence théologique : puisque c’est un acte de l’Église, moi qui en suis le membre, je ne puis y assister en simple spectateur.Quand le corps agit, tous les membres, chacun à sa place et selon son rôle respectif, agissent eux aussi.Mais s’il y a participation, elle n’est pas égalitaire mais hiérarchique.L’Église n’est pas, en effet, une masse uniforme, mais un organisme structuré où chaque membre a un rôle particulier.Il y a LA LITURGIE, PRÉSENCE DU SALUT 121 la tête, il y a des membres éminents, il y en a d’autres dont l’activité est plus discrète.Dans l’acte liturgique, la hiérarchie sacrée : évêque avec le collège presbytéral et les diacres, a un rôle d’initiative et de direction : les laïques, peuple de Dieu, agissent surtout par mode d’assentiment et de communion.On voit que la participation active à la messe et en général, à tous les actes culturels, n’est pas une invention de notre siècle, mais qu’elle découle comme une conséquence nécessaire de la saisie exacte du mystère de l’Église et de la liturgie.Certes les chrétiens de nos jours ont un long chemin à parcourir, pour retrouver l’authentique esprit communautaire, sans quoi il n’y a pas de vie liturgique.Acte sensible Nous connaissons le grand fait de l’Incarnation.Dieu s’est fait chair : il s est manifesté à nous à travers le corps humain du Christ, et désormais, nous ne pouvons rejoindre Dieu qu’en passant par ce corps.Le christianisme est une religion de l’Incarnation : manifestation de la divinité dans la matière et assomption de la matière dans la gloire divine.Impossible à un chrétien de mépriser la matière que Dieu créa bonne, dont lui-même est pétri et que la Résurrection du Christ a fait s’asseoir à la droite de Dieu.C’est en vertu de cette loi de l’Incarnation que la liturgie, comme l’Église elle-même, est sensible.Elle est faite de paroles, de gestes et de choses.Et ce n’est pas là une concession divine à la grossièreté de l’homme incapable de s’élever à une religion de pur esprit; l’esprit et la matière sont étroitement liés; les deux sont créés à l’image de Dieu, les deux ont été sauvés.L’Église ne peut pas pratiquer une religion purement spirituelle, car elle doit se donner à Dieu dans sa totalité : esprit et matière.Du reste, depuis “que nous avons connu Dieu visiblement”, Dieu ne se donne pas non plus à l’humanité directement mais par l’intermédiaire des symboles matériels.La liturgie ne peut donc pas se défaire du sensible qui est essentiel à son existence.En l’utilisant, elle nous apprend la valeur divine de la matière, du temps et de l’espace, elle nous invite à les respecter et en eux-mêmes et comme porteurs des réalités divines.Et puisque la liturgie opère ce que signifient les symboles employés par elle, on voit combien il est important de n’admettre au service du culte que ce qui est vrai, pur, abondant; ensuite, de réapprendre à 122 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES écouter, à regarder, à connaître la valeur profonde des choses.Authenticité des choses, vérité des gestes, dignité de la parole et beauté du chant, ce sont là des exigences non seulement esthétiques mais théologiques.Le mystère du salut qui s’exprime et se communique à travers ces réalités sensibles, exige qu’elles soient dignes de lui.Les structures concrètes du mystère liturgique Jusqu’ici, nous avons envisagé la liturgie d’une façon globale sans nous arrêter aux formes concrètes où s’incarnait le mystère du salut pour être communiqué aux hommes.Venons-en maintenant à cet aspect et nous verrons mieux à la fois l’immense richesse de la liturgie qu’un seul acte ne réussit pas à exprimer et la parfaite adaptation du mystère à l’homme dans les différentes étapes de sa croissance spirituelle.Centre de la liturgie Le cœur de la liturgie c’est le sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, sacrifice et aliment de l’Église.C’est là que la présence du salut atteint son plus haut degré de réalité, car l’Eucharistie contient en toute vérité le Seigneur Mort et Ressuscité dans l’acte même de sa Pâque glorieuse.Comme le fait de la Mort-Réssurrection est au centre du dessein de Dieu, ainsi l’Eucharistie —Mémorial plein d’actualité — est le moment culminant de la vie de l’Église.“Chaque fois que ce sacrifice est célébré, l’œuvre de notre salut est de nouveau exercé”.Accomplissant la Pâque avec le Seigneur, purifiée de toute vétusté, l’Église devient dans le Christ créature nouvelle.Et puisque le sacrifice de son Seigneur est rendu présent, elle se l’assimile par la manducation du Corps et du Sang immolés et ainsi, en fait son sacrifice.Les autres sacrements n’ont de sens qu’en référence à ce mystère central; ils y conduisent ou en découlent.Les sacrements d’initiation Pour qu’il y ait Eucharistie, il est nécessaire que l’Église renouvelle la Cène, selon l’ordre du Seigneur : “Faites ceci en mémoire de moi”.Mais comme l’Église est un corps organisé et hiérarchique, seuls des hommes envoyés par le Christ et participant à ses pouvoirs, pourront accomplir cet ordre au nom du Seigneur et de son Église.Le LA LITURGIE, PRÉSENCE DU SALUT 123 sacrement de VOrdre les habilite à cette fonction.Les ordinations ont donc pour but principal l’existence de l’Eucharistie.Ne peut participer à la Pâque du Seigneur que celui qui fait partie du peuple de Dieu.Et comme les hommes naissent citoyens de ce monde mauvais, il faut que la foi et le Baptême les y arrachent pour les insérer dans le Corps du Christ et leur permettre ainsi de prendre part à sa vie.Le Baptême et son parachèvement, la Confirmation qui fait un chrétien complet et adulte, nous introduisent donc dans le Corps du Christ, en donnant à ce mot sa double acception : corps ecclésial et corps sacramentel.On peut joindre au Baptême la Pénitence et tous les autres rites de réconciliation qui sont comme un second baptême pour les chrétiens retombés dans le péché.La Pénitence restaure la brisure de l’unité si elle vient à se produire et permet ainsi de vivre du corps du Christ.Les sacrements de bénédiction Prendre part à la Pâque du Seigneur n’est pas seulement mourir, mais aussi ressusciter avec lui et jouir des biens du monde nouveau instauré à la résurrection.La célébration eucharistique n’est pas seulement l’entrée dans le mystère de la mort, mais encore l’anticipation de la gloire qui, un jour, doit se répandre sur toute créature.C’est dans cette perspective qu’il convient d’envisager les sacrements du Mariage, de l’Onction des malades ainsi que les diverses bénédictions des personnes ou des choses.La gloire de Dieu, la vie nouvelle que contient le mystère eucharistique se communiquent à la vie humaine dans ce qu’elle a de plus important : l’amour : — soit dans sa forme charnelle et figurative par le sacrement du Mariage — soit dans sa forme spirituelle et définitive par la consécration des Vierges ou les rites de profession religieuse ; la maladie et la mort — par le sacrement de YOnction des malades et les rites de recommandation de l’âme et de la sépulture.Par ces sacrements et ces rites auxquels il faudrait adjoindre la Dédicace des églises et les innombrables bénédictions, la création entière est fécondée par le fleuve de vie céleste jailli sous le pressoir de la Croix.L’extension du mystère au temps Non seulement les êtres eux-mêmes sont sanstifiés par la puissance du mystère de salut, mais aussi le temps qui est comme un réceptacle de leur existence.Tous les cycles qui composent la durée : — le cycle 124 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES journalier, succession du jour et de la nuit avec le matin, le midi et le soir; le cycle hebdomadaire avec sa relation à la lune et le cycle annuel basé sur l’évolution de la terre autour du soleil, tout cela qui est tellement lié à la vie de l’homme et à sa psychologie — même si l’homme moderne, pour son détriment, n’en tient pas compte — est assumé par l’Église dans le mystère du salut.Les heures de la prière nocturne et diurne étendent le rayonnement du sacrifice eucharistique aux diverses phases de la durée quotidienne.La louange des psaumes et la lecture de la parole sanctifient le temps et en font une image de la liturgie des esprits célestes.Le cycle hebdomadaire, avec son rythme du travail et du repos, rappelle l’œuvre de la création et nous oriente vers le repos définitif de Dieu que la Résurrection du Christ nous a ouvert et vers lequel nous nous acheminons.L’année liturgique enfin, en célébrant les diverses étapes de l’œuvre du Christ, déploie pour nous la richesse du plan divin qu’une seule célébration ne peut pas exprimer, et nous fait revivre efficacement les phases du mystère qu’elle commémore et rend présent.Elle sanctifie ainsi et l’année cosmique et la vie du chrétien qui, mûrissant d’année en année, s’avance vers la Pâque de sa mort qui mettra un terme à sa vie terrestre et le fera entrer dans la vraie vie que depuis le Baptême il a vécu dans la foi.* * * Tel est le mystère du salut que la liturgie de l’Église rend présent.C’est une grâce pour nous que de vivre en un siècle où l’Esprit fait redécouvrir à l’Église la source inépuisable dont elle vit.Certes, même aux siècles de la plus grande décadence, l’Église n’a pas cessé de vivre de la liturgie.Mais de nos jours, l’Esprit veut que les chrétiens deviennent conscients de cette richesse et qu’ils s’en abreuvent plus abondamment pour les grands combats qui les attendent.Ne pas s’ouvrir au renouveau liturgique serait se soustraire “au passage du Saint-Esprit dans son Église.” Rosemont, Montréal.M.-Cantius Matura, O.F.M. l'attention dans l'oraison ( suite) On peut distinguer dans l’oraison trois sortes d’attentions : l’attention de l’imagination, celle de l’intelligence, et celle du cœur; l’imaginative, l’intellectuelle et l’affective.A vrai dire, ces trois puissances de l’âme sont peut-être entrées en action dans la phase préliminaire, et avec succès, au point qu’un directeur, et avec raison, dira de s’en tenir à l’union ainsi créée, sans pousser les efforts indiqués dans la méthode.Mais nous discourons dans l’abstrait, pour le plus grand nombre de cas ordinaires.Suivons donc notre plan.1.L’attention imaginative Des trois attentions, l’imaginative est à coup sûr la moins noble, puisqu’elle met en œuvre une faculté inférieure; il ne s’ensuit pas qu’elle soit négligeable, étant donné son rôle important dans notre nature sensible.Elle s’impose même souvent, le bon Dieu, dans sa miséricordieuse sagesse, nous prenant où nous sommes pour nous élever à lui, nous spiritualiser.Le vénérable Libermann étudie cette attention : “L’imagination est pour notre âme comme une main pour rapprocher les objets absents et les lui présenter comme dans un miroir.De là, une âme qui n’est pas établie dans une parfaite oraison — lisons : dans la contemplation — peut et doit employer l’imagination pour se représenter Dieu d’une certaine façon” (E.S.,218).Notre directeur nous avertit qu’elle n’est qu’une servante, et qu’une fois les puissances supérieures de l’âme unies à Dieu, il faut l’arrêter, l’appliquer seulement de temps à autre, selon l’utilité qu’elles peuvent en tirer” (E.S.,219).Ce serait, en effet, un danger de s’attacher trop fortement et de s’en tenir à cette attention, aurait-elle pour objet le spectacle d’une action de Notre Seigneur, d’un mystère de sa vie.Parce qu’alors, dit encore notre guide, “on s’échauffe la tête, on se représente vivement les choses., l’imagination est embrassée ; et dans le cœur — c’est-à-dire au centre de l’âme — il n’y a qu’un petit feu de paille qui cesse presqu’à l’instant.Cette exaltation de l’imagination fait qu’on se croit très vertueux parce qu’on est turbulent; une fois l’exaltation passée, on ne peut faire le moindre acte de vertu (D.XIII,694).S’en tenir à l’imagination, c’est se bercer d’illusions; le but de l’oraison n’est pas atteint, qui est l’union avec Notre Seigneur et la transformation réelle de notre vie.L’imagination n’est qu’une servante, mais elle l’est, et puissante.Elle arrête et fixe notre âme sur un tableau d’images pieuses qui sert de tremplin à son élan.Souvent notre imagination s’appuiera sur les sens extérieurs, surtout la vue.Ainsi Sainte Thérèse avertit ses filles : “une chose qui pourra vous être d’un grand secours, c’est d’avoir avec vous une image, un portrait de Notre Seigneur qui soit à votre convenance.Mais ayez-le pour vous entretenir avec lui” (Chem, de la Perf.,162). 126 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Concluons avec Libermann : “Il faut se servir de 1 imagination, mais que ce soit pratiquement.Quand l’imagination s’élève et tracasse, on passe légèrement dessus; on fait comme si elle n’existait pas” (D.VI, 218).2.L’attention intellectuelle L’attention intellectuelle nous met en face des “considérations”, prises de connaissance, réflexions, comparaisons, jugements, tous actes de 1 intelligence dont le vénérable Libermann exprime ainsi le but : “Ces considérations doivent d’abord nous convaincre de la vérité en cause.Elles doivent nous porter à la pratique de la vertu ou à la fuite du vice, qui fait le sujet de notre méditation, par la conviction qu’elles produisent dans notre ame.C’est ainsi que 1 on apprend peu à peu à se donner tout à Dieu.On s’encourage, on se fortifie par la grâce de Dieu qui produit en nous cette conviction intime, moyennant l’application de notre esprit à ces vérités” (L.I., 225).Nous sommes ici en face des idées, plus ou moins basées sur les imaginations correspondantes et épaulées par elles.Voir Dieu et les choses de Dieu à la lumière d’une foi de plus en plus vivante, le bonheur de notre vie terrestre et future en dépend.Ce sera, pour des âmes avancées dans l’oraison, une “vue” immédiate ou du moins aisée à obtenir et à conserver; pour d’autres encore inadaptées au contact divin, la nécessité d’un véritable travail de pensée.(C’est pour ces dernières, surtout, que nous parlons.) Réfléchir est une nécessité dans les débuts de la vie intérieure, où il est important de renforcer en soi les véritees surnaturelles.L’attention aux raisonnements s’impose, et elle ne peut être supprimée par le seul désir d’une oraison plus parfaite mais moins adaptée.Sainte Thérèse disait : “L’effort qu’on s’impose pour ne pas penser fera peut-être penser davantage.Il faut méditer jusqu’à ce que Dieu élevant l’âme à une oraison plus haute, la tienne unie à lui par l’amour” (Ste Thérèse, Vie, chap.XII).Pensée que reprend Libermann : “Si l’on est dans l’état de méditation, on doit y rester jusqu’à ce qu’il plaise à Dieu de nous en tirer” (Sup., 91).L’important, c’est l’adaptation à l’état de l’âme.Il faut envisager le sujet “par le côté qui fait le plus d’impression sur l’esprit”, donc favoriser l’attention, tout en évitant “les raisonnements recherchés ou trop spéculatifs ou trop nombreux, les raisons banales, la curiosité naturelle et l’implacable logique” (E.S., 130).Libermann en veut à ceux “qui font provision de lumières pour l’intelligence ne croyant pas en avoir jamais assez.” Pour lui, comme l’attention imaginative, l’intellectuelle n’est qu’un moyen, auquel on ne doit pas s’arrêter.Et il donne cet exemple : “On s’imagine avoir beaucoup fait pour acquérir l’humilité lorsqu’on a encadré et presque encombré cette vertu dans un torrent d’argumentations.Mais, aussitôt que le travail de tête sera cessé, toute la machine croulera.Le Saint-Esprit ne peut avoir d’action sur une âme ainsi disposée” (D.XIII, 693).Donc, pas d’excès dans cette attention intellectuelle.“Si vous n’avez qu’un recueillement de pensée, ce sera peu de chose et vous ne vous y soutiendrez que par la contention” (L.III, 157).Et dans la contention, Libermann reconnaît et dénonce l’effort d’esprit plein de raideur et de fièvre, l’ennemi de cette paix, où il l’attention dans l’oraison 127 voit le climat favorable à l’esprit d’oraison.Il faut “éviter de faire consister l’oraison dans une présence de Dieu à la pensée et par la pensée” (L.IV, 77), dit-il ailleurs.L’attention intellectuelle ne sera vraiment ’hommage de notre esprit à l’action de l’Esprit-Saint, que si notre âme, paisiblement, accepte la vérité et s’en sert comme un moyen d’union à Dieu.3.L’attention affective Et nous voici à l’amour.C’est l’attention affective.Le centre de l’âme est en cause, la partie principale, le cœur.Aux commençants qui s’efforcent de comprendre la méditation et d’en tirer parti, Libermann dit : “Convaincre l’esprit ne suffit pas; il faut émouvoir la volonté.Pour cela on entremêle les raisonnements d’affections.Ces affections sont des actes de la volonté qui s’épanche en Dieu par suite du sentiment que produit en elle pensée ou réflexion” (E.S., 133).Ainsi, dans les affections, la personne centralise son attention sur ses rapports avec ce Dieu que l’imagination lui montre et que l’intelligence lui fait connaître.C’est en cela surtout que l’attention devient méritoire et efficace; méritoire, parce que les affections obligent l’âme à se jeter aux pieds de Dieu dans le regret, la reconnaissance, la supplication, l’amour, l’offrande; et cela réclame une somme de plus en plus grande d’oubli de soi, de renoncement, de sacrifice; efficace, parce que dans ce travail, la vie de Dieu et non seulement sa connaissance la pénètre et la rend heureuse.Comment se comporte l’âme, et à quoi la conduit cette attention ?Écoutons Libermann : “Elle considère, par exemple, l’humiliation de Jésus et en est profondément touchée : “Comment le Roi du ciel a-t-il pu se soumettre à cette profonde humiliation de la part de ses créatures, et qui sont si misérables ?” Elle est encore plus vivement impressionnée à la pensée que c’est pour elle qu’il a daigné souffrir cette humiliation.Elle entre dans l’indignation contre elle-même quand elle songe que c’est son orgueil qui est cause de l’humiliation de son divin Sauveur.” (E.S., 523).Au début, pour beaucoup, cette attention affective est laborieuse.Notre Vénérable nous fait part de son expérience des âmes : “Il est important d’entrecouper les réflexions d’affections, bien que dans cet état on n’ait pas grande force d’affection dans le cœur.Lorsqu’on est froid dans son oraison, et qu’on a de la peine à produire ces affections, il ne faut pas laisser de les produire; on peut même, dans cette circonstance, prononcer quelques paroles enflammées et s’arrêter après les affections.On peut se servir pour les affections de quelques paroles qu'on aurait apprises, comme “Mon Dieu et mon Tout”, et d’autres semblables; mais il vaut mieux les produire de son propre fonds que de les emprunter : notre cœur les savoure bien davantage (E.S., 134).On dira que certaines âmes se dirigent comme d’instinct vers l’affection.C’est vrai : la méditation avec ses raisonnements leur serre la tête et ne produit rien.Heureuses sont ces âmes si quelque directeur avisé devine le remède et les lance au large.Encore ne faut-il pas oublier que l’effet de cette attention affective ne doit pas s’arrêter au seul sentiment, mais au comportement extérieur où l’amour devra se prouver.Ste Scolastique.Adolphe Poisson, C.S.Sp. chronique religieuse Congrès des Religieuses enseignantes L’association des religieuses enseignantes du Québec tenait récem-ïnent d’importantes assises à l’Institut Jésus-Marie d’Outremont, Montréal.Les 12,186 membres étaient représentés par 205 supérieures majeures de 40 communautés religieuses.Cette rencontre de trois jours a été organisée dans le but de réfléchir sur le problème de l’adaptation des religieuses enseignantes à la vie sociale d’aujourd’hui et sur la modalité de l’enseignement chrétien à donner dans la province de Québec.Face à des perspectives d’avenir, dans une optique de lucidité, de franche liberté et de sérénité, se posèrent les questions les plus réalistes.Afin d’éclairer davantage les questions à l’étude, l’Association avait invité certains clercs et laïcs qui, à cause de leurs fonctions, ont pu recueillir les témoignages nombreux et variés de l’opinion : l’abbé J.P.Charbonneau, le R.P.G.Morissette, O.M.I., l’abbé L.O’Neil, le P.R.Dumas, O.P., le P.P.Angers, S.J., Mme M.-P.Vinay et M.Claude Ryan.Des vœux ont été émis en vue de structurer davantage les sections régionales de l’Association des religieuses enseignantes du Québec; une résolution a été adoptée à l’effet d’étudier l’opportunité de faire des modifications susceptibles d’assurer à la religieuse et à ses élèves l’épanouissement intégral de la personnalité.On a demandé en plus la création de Commissions d’études spécialisées pour étudier les problèmes particuliers des Écoles Normales; les relations personnelles à établir avec les élèves, les laïcs, les professeurs et les parents des élèves; l’utilisation des moyens audio-visuels; la planification régionale ou le regroupement des Institutions selon un milieu sociologique donné.L’information s’est montrée assez avare de détails au sujet de ces assises.Tel qu’il s’est présenté, le congrès semble avoir pris Failure d’une prise de conscience des besoins actuels de notre province dans le domaine de l’éducation; le choix des conférenciers, les vœux et les résolutions, définissent assez nettement cette attitude.Il reste à savoir maintenant comment chaque communauté enseignante va adapter ses CHRONIQUE RELIGIEUSE 129 formules pour répondre à ces besoins.Sans doute, des rapports subséquents laisseront à chacune des religieuses la possibilité de méditer sur les modalités concrètes proposées.De toute façon, nous avons été heureux de constater que, dans son allocution, S.Éminence le Cardinal Léger, ne s’en est pas tenu à de pieuses généralités; il est descendu aux exigences de la vie religieuse enseignante et ses affirmations, à elles seules, offriraient matière suffisante à de nouvelles rencontres.De ce discours nous relevons trois points particuliers.1.La religieuse enseignante doit chercher à s’adapter aux conditions modernes de vie : ‘'La chrétienne, qui a choisi de vivre son baptême en se faisant religieuse et qui a reçu la mission de vivre sa consécration, en devenant collaboratrice de l’Evêque dans son enseignement, ne peut pas faire autrement que chercher par tous les moyens comment réaliser les oeuvres d’éducation que lui commande son insertion dans l’Eglise.Ses préoccupations seront celles de l’Eglise”.2.Pour réaliser ce but, les religieuses doivent recevoir une formation adéquate, tant sur le plan professionnel que religieux : “Une spiritualité qui ne s’attache qu’aux détails et se confond pratiquement avec une observance matérielle du règlement, manque de fondement solide et risque de tromper celles qui la reçoivent.Pour épanouir toutes les vertus naturelles et chrétiennes et pour former à la pratique des vertus spécifiques de la vie religieuse, le noviciat doit inviter à une réflexion sérieuse et profonde, en faisant connaître le christianisme dans ce qu’il a de plus vigoureux et de plus authentique.Les noviciats ont tout intérêt à acquérir pour leurs bibliothèques des livres qui s’alimentent aux sources bibliques et liturgiques de toute vraie spiritualité chrétienne.Le renouveau biblique et liturgique doit être, d’ailleurs, un facteur de grande importance dans la formation spirituelle des novices.C’est par sa compétence professionnelle que la Religieuse enseignante est appelée à faire rayonner le Christ dans le monde.On ne doit pas hésiter, quand elles en ont la capacité, d’envoyer des Religieuses aux études dans les Universités.Il faut même permettre aux religieuses, qui ont étudié il y a plus longtemps, de refaire leurs forces intellectuelles en leur ménageant une année de liberté.Les bibliothèques des maisons de formation académique doivent être dotées des outils les plus modernes.Les meilleurs instruments de travail, les livres les plus récents et les revues les plus autorisées doivent y figurer et y être accessibles à toutes.” 130 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES 3.La formation professionnelle doit être édifiée en fonction de la vie religieuse et des vœux de religion.“Pour être vécus dans l’esprit des grâces baptismales, dont ils sont le prolongement, les trois vœux de la vie religieuse doivent être compris comme un service d’Eglise, orienté vers la construction du Corps du Christ, dans des perspectives communautaires et eschatologiques.Un vœu de chasteté, n’a pas pour but de comprimer l’amour humain, mais de faire jaillir ses forces vives à un niveau supérieur et pour un rayonnement universel.La prudence et le détachement n’empêchent nullement de se mettre à l’écoute et au service des autres.Cette présence au monde l’Eglise l’attend de vous.La religieuse, par une obéissance qui va au-delà du strict nécessaire, veut être dans le monde une incarnation et un témoin de l’Eglise qui se soumet au Christ.Celles qui commandent au nom du Christ ne peuvent exercer l’autorité d’une façon abusive.Si elles manquent de solidarité avec leurs sœurs, si elles se mettent en marge de l’effort commun, oublient les conditions humaines de l’action et ne tiennent pas compte de la personnalité de leurs inférieures, elles identifient faussement l’autorité avec l’autoritarisme, le respect avec les distances.Par contre celles qui obéissent peuvent, dans leur mode de soumission à l’autorité, abuser de leur obéissance.Se soustraire à ses responsabilités, renoncer à son initiative personnelle, laisser aux autorités tout le souci des décisions sans jamais les éclairer, se réfugier dans une obéissance servile, se contenter d être une exécutante timide et pusillanime, tout cela est parfaitement étranger à l’esprit chrétien de l’obéissance.La vraie pauvreté ne permet pas qu’on s’attache outre mesure aux quelques biens dont on a l’usage et, encore moins, d’en augmenter indûment l’extension sous prétexte qu’au fond on n’en a pas la propriété.Les supérieures ne doivent pas se laisser accaparer par la seule administration, au risque d’orienter la communauté toute entière vers la conservation de ce qui ne peut être qu’un moyen en vue d’une fin plus haute.L’esprit du vœu de pauvreté exige alors que soit consacré au service des pauvres et à la création d’œuvres plus difficiles, le surplus des biens que la pauvreté des individus a pu procurer à l’ensemble.La religieuse enseignante doit manifester un infini respect pour la sincérité d’autrui, même lorsque cette sincérité n’est pas en accord avec ce qu’elle pense ou écrit.Son rôle d’éducatrice sera de mettre cette sincérité sur le chemin de la vérité.Et la meilleure façon de le faire sera de donner un témoignage sincère et honnête de sa vie de chrétienne et de religieuse, vécue dans la vérité du Christ”. CHRONIQUE RELIGIEUSE 131 Érection canonique des Oblates missionnaires Mgr Georges-Léon Pelletier a érigé canoniquement en institut séculier de droit diocésain l’association de perfection des oblates missionnaires de Marie Immaculée.L’évêque de Trois-Rivières avait reçu auparavant de la Sacrée Congrégation des religieux, l’autorisation de décréter l’érection canonique dans les soixante diocèses des 14 pays différents où les Oblates exercent leur zèle et leur dévouement.En marge du Concile Parmi les questions examinées par la Commission Centrale préparatoire au Concile nous aimons signaler celles qui concernent particulièrement les Congrégations religieuses laïques, les Instituts séculiers et les Vocations religieuses.Un des signes les plus évidents de la vitalité permanente de l’Église est l’épanouissement continu de nouvelles formes de vie religieuse qui correspondent à des exigences spécifiques de personnes et de temps.L’importance particulière des Congrégations Religieuses qui s’occupent de l’instruction et de l’éducation de la jeunesse a été soulignée par la Commission.Il s’agit d’une vocation spéciale de Dieu, qui doit être cultivée et favorisée avec toutes les précautions, dans laquelle on se consacre entièrement à l’enseignement non pas tant des sciences profanes mais plutôt de la doctrine chrétienne.Si l’on pense seulement à la signification et à la valeur de l’école, où se forgent les consciences et où se prépare l’avenir, on comprend le mérite de celui qui se voue à la mission de former à la foi et à la morale chrétienne les jeunes qui représentent toutes les espérances de l’Église, comme de toute société civile.Et c’est précisément parce que la mission des Religieux Laïcs éducateurs est difficile et délicate qu’ils doivent s’y préparer également par des études théologiques telles qu’elles les mettent à la hauteur d’un enseignement toujours clair, profond et complet, concernant les vérités à croire et les vertus à pratiquer.A côté de ces Congrégations prennent place, encore plus souples dans leurs formes de vie, les Instituts Séculiers.Ayant leur caractère propre, ils sont régis de même par leurs propres règles et statuts; et leur physionomie a quelque chose d’original, parce qu’elle est l’expression d’un moment social et historique particulier, et par conséquent 132 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES correspondant mieux, non seulement à la façon de penser des hommes de notre époque, mais aussi à leurs besoins spirituels et moraux.Les finalités pour lesquelles sont nés les Instituts Séculiers sont des plus variées, mais toujours inhérentes aux exigences d’un apostolat moderne; leur but est unique : faire resplendir dans le monde paga-nisant d’aujourd’hui, l’idéal d’une perfection qui a dans l’Évangile son code immuable.Le problème des vocations religieuses rencontre actuellement de graves difficultés.La vie moderne, d’une part si troublée et tumultueuse et d’autre part si riche en promesses et en tentations, ne favorise malheureusement pas la naissance et l’épanouissement des vocations religieuses.De toute façon, il est certain que Dieu continue, aujourd’hui comme hier, à appeler de nombreuses âmes à son service; et c’est certainement la grâce de Dieu qui donne, à de nombreux jeunes gens, également en notre époque, la force de renoncer à tout pour une vie d’obéissance, de pauvreté et de chasteté, dans la solitude des couvents ou dans la ferveur des œuvres d’apostolat.D’autres discussions ont porté sur les problèmes inhérents à la vie religieuse, sur son importance au sein de l’Église et dans le cadre même de la société civile, sur l’opportunité et la nécessité de la maintenir toujours à un haut niveau de spiritualité correspondant à l’idéal de la perfection évangélique, sur les possibilités éventuelles de reviser les Constitutions des Ordres et les Congrégations les plus anciennes pour les adapter à des exigences imposées par de nouveaux moyens et de nouvelles techniques.Le moment que nous vivons impose à tous ceux qui s’honorent du nom de chrétien et, par conséquent, tout spécialement à ceux qui sont engagés sur la voie de la perfection, d’être cohérents avec les principes de leur foi ; d’où la nécessité pour les religieux de renouveler quotidiennement dans la ferveur de leur vie intérieure, dans l’exercice de toutes les vertus morales, dans l’esprit de sacrifice et de mortification, dans la pratique aussi parfaite que possible de l’obéissance, de la chasteté, de la pauvreté individuelle et collective, dans le détachement du monde.Tout ce qui incite à la routine, à la tranquillité de l’existence, à la tiédeur et à la médiocrité, doit être repoussé par le cœur de chacun des religieux et éloigné des Monastères, Couvents, Instituts de tous Ordres et Congrégations. à votre service 8.— Notre chapelain est enfantin dans son ministère.Il faut un acte presque héroïque pour se présenter au confessionnal toutes les semaines.Une jeune sœur a abandonné la confession depuis deux ans.Nous concédons encore une fois les difficultés qu’ont les religieux, les religieuses en particulier, de se présenter à un aumônier qui n’a pas l’air de prendre suffisamment au sérieux son ministère, à plus forte raison à un aumônier franchement opposé aux religieux ou détestant les religieuses.Et malheureusement la chose se voit.Nous avons dit précédemment quel était le devoir de la supérieure dans ces cas (voir notre numéro de juin 1961).Nous lui recommandons encore, malgré les difficultés de l’intervention, de faire face à sa responsabilité, même s’il devait lui en coûter quelques inconvénients.Une vocation religieuse est tout de même plus importante que ces inconvénients matériels.Pour les religieux de la communauté, cependant, il n’y a pas là de véritable raison d’abandonner la confession.Le prêtre, au confessionnal, est le représentant du Christ, représentant hélas souvent très inférieur à sa tâche.L’acte de foi, exigé en cette occasion, permettra de surmonter bien des dégoûts, sachant que celui qui nous juge c’est le Christ, et que le jugement du prêtre n’a en somme qu’une importance relative.L’acte de courage supplémentaire demandé pour se présenter à un confesseur qui ne semble pas à la hauteur de son rôle, est très grand, nous le savons; pourquoi ne pas l’offrir pour son amandement ?Rosemont, Montréal.Alonzo-M.Hamelin, O.F.M.9.—Je vais occasionnellement dire la messe hebdomadaire dans de petites communautés religieuses et je suis toujours étonné de constater qu’on fait consacrer beaucoup d’hosties à la fois : parfois une centaine pour une dizaine de religieuses.N’est-ce pas contraire aux prescriptions de üÉglise ?Qui a le devoir d’intervenir pour abolir ces abus ?Le canon 1272 indique la réponse à vos deux questions.Les hosties doivent être récentes et fréquemment renouvelées, selon les instructions de l’Ordinaire du lieu.Le Synode de Montréal (1953) charge le curé ou le recteur d’une chapelle de voir à la parfaite observance des lois liturgiques (art.160 et 315).Puisque vous n’êtes qu’un célébrant occasionnel, ce n’est pas à vous d’intervenir, sinon d’une façon très discrète.Les religieuses sacristines devraient connaître les prescriptions diocésaines concernant la rénovation des hosties, prescriptions locales adaptées au climat local. 134 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Au commentaire de l’article 156 du Synode de Montreal, nous lisons : “Il faut renouveler la sainte Réserve et l’hostie de la lunule souvent, c’est-à-dire chaque semaine ou au moins tous les quinzes jours; consacrer des hosties de confection récente (3 ou 4 semaines) et ne consacrer que le nombre exigé par la nécessité”.Ces normes sont fondées sur de nombreux décrets de la S.Cong.des Rites et sur la doctrine des théologiens.D’ailleurs, pourquoi le canon 1265 prescrit-il la célébration hebdomadaire de la messe dans toutes les chapelles où l’on garde le Saint Sacrement, sinon pour assurer la rénovation hebdomadaire des Saintes Espèces ?Dans l’encyclique Mediator Dei (n.119), Pie XII rappelle les paroles de Benoît XIV (mort en 1758) : “Ils sont dignes de louange ceux qui, assistant à la messe, communient à des hosties consacrées à cette même messe”.C’est un moyen de manifester l’unité vivante du Corps Mystique autour de l’autel.“L’Eglise réprouverait les prêtres qui, par faute ou par négligence, priveraient les fidèles de cette participation” (n.117).Qu’il nous soit permis de tirer deux conclusions : 1— Que tous ceux qui assistent à la messe tâchent de communier à des hosties consacrées à cette même messe.2— Qu’on ne garde au tabernacle que les hosties nécessaires pour le culte envers le Saint Sacrement (2 ou 3 petites hosties ou la lunule), ou pour les communions légitimes en dehors des messes.Qu’on renouvelle ces hosties chaque semaine, autant que possible, le prêtre consommant les anciennes.Montréal.Médard André, O.F.M.10.—Je suis sacristain d’une petite chapelle; nous avons la messe une fois par semaine et nous gardons habituellement la sainte Réserve.Pour la messe, je revêts le tabernacle de la couleur du jour.Le lendemain, je remets le voile blanc, jusqu’à la nouvelle messe.Suis-je dans le tort ?Oui, vous avez partiellement tort, en ce sens qu’il faut préférer la couleur liturgique du jour pour le voile du tabernacle (voir le numéro de janvier, p.38).Le noir est défendu et remplacé par le violet.Le voile blanc reste toujours permis, mais il faut préférer la couleur du jour.Si l’on célèbre une messe votive, le voile doit correspondre à la couleur prescrite pour cette messe (C.R.n.117.) Pour le salut solennel du T.S.Sacrement, le blanc est prescrit.La S.Cong.des Rites a émis de nombreux décrets sur le voile du tabernacle et en particulier sur ses couleurs, mais aucun décret ne limite ces couleurs à la célébration de la messe ou de l’office divin.Prier devant l’autel orné de la couleur liturgique du jour devrait stimuler votre piété à s’unir à l’esprit de l’Église, qui sait varier sa prière.Puissions-nous voir davantage, non plus de petites courtines avares devant la porte du tabernacle, mais de vrais conopées, ou petites tentes, enrobant tout le tabernacle “pour le protéger de la poussière et pour indiquer la présence du Christ parmi nous, sous sa tente”.Montréal.Médard André, O.F.M. pour vos lectures Hostie, Raymond, S.J., Le discernement des vocations.Bibliothèque d’études psycho-religieuses.Desclée de Brouwer, Bruges 1962.170pp.22cm.(En vente à Montréal, 2715 Place Darlington, Appt 208).L’ouvrage du P.Hostie, que nous sommes heureux de présenter au lecteur, répond à une véritable nécessité.Le progrès des sciences médicales et psychologiques, n’a pas seulement attiré l’attention sur les nombreuses implications biopsychiques plus ou moins inconscientes dans le choix d’une vocation.Il a, en outre, permis de préciser les divers aspects essentiels de la maturation de la personnalité, condition plus que jamais indispensable chez le candidat au sacerdoce ou à la vie religieuse.A plusieurs reprises, d’autre part, l’autorité suprême de l’Église a demandé avec insistance aux supérieurs responsables d’apporter toute l’attention possible aux aspects psychologiques dans le discernement des vocations et la préparation des candidats.Plus que jamais, en effet, en raison des conditions sociologiques actuelles, il faut que la liberté et l’intention droite des candidats au sacerdoce ou à la vie religieuse soient examinées avec attention et compétence.Dans ces conditions, une étude des différents aspects du discernement des vocations devenait nécessaire et possible.La personnalité de l’A., formé dans les disciplines théologiques et psychologiques et ayant acquis une réelle compétence dans ce domaine grâce à son expérience d’aide et de conseil auprès d’un grand nombre de supérieurs, de directeurs de conscience ou de candidats, garantit la valeur de cette introduction aux problèmes du discernement des vocations.Les aspects de la tradition théologiques aussi bien que les données des sciences récentes y trouvent la place qui leur revient.Nous souhaitons sincèrement que cette première étude puisse être suivie d’autres travaux dans lesquels les divers aspects soient approfondis sur le plan théorique aussi bien que sur le plan pratique.P.Anciaux.Larivière, Jean-Jacques, C.S.V., Connaissances catéchistiques et contrôle objectif.Édit.Saint-Viateur, Joliette 1961.167pp.20cm.C’est dans la perspective de la vraie place que doivent occuper les connaissances dans l’ensemble de la formation religieuse des enfants, que le P.Larivière a mené son enquête expérimentale.Celle-ci vise deux objectifs : d’abord construire un instrument permettant de mesurer objectivement les connaissances religieuses des élèves qui sont arrivés au terme de la scolarité primaire; ensuite, analyser les lacunes les plus fréquentes de nos enfants dans le domaine de leur savoir religieux.Telle est la partie proprement expérimentale de son travail.Avant de l’aborder, l’A.a cru utile de présenter un court aperçu historique sur l’enseignement religieux et aussi de bien préciser, à la lumière surtout des enseignements de la Hiérarchie, la fin du cours de catéchisme.Cette étude sera certainement utile à la cause primordiale de l’enseignement religieux aux enfants. 136 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Garrone, Mgr G., Foi et Pédagogie.Coll.Pastorale et Catéchèse.Des-clée and Co., Tournai 1961.190pp.20cm.Les controverses qui continuent de se multiplier autour de l’École chrétienne appellent de graves réflexions.Aux yeux de beaucoup, Dieu est évidemment devenu un intrus à l’école.L’A.cherche à y justifier en profondeur le caractère normal, si Foi il y a, d’un enseignement pénétré de la Foi.Il montre ensuite ce que doit être, en vue d’un tel enseignement, la préparation du maître et de quelle manière la Foi peut l’imprégner sans le dénaturer.Ces vues sont de nature à permettre aux esprits droits et aux âmes de bonne volonté une meilleure intelligence de l’attitude de l’Église, quand elle s’obstine à revendiquer absolument le principe et les moyens d’un enseignement auquel la Foi ne soit pas étrangère mais intime.Un livre que tout éducateur se doit de lire.Roy, Paul-Émile, C.S.C., L’engagement chrétien.Coll.Foi et Liberté.Édit.Fides, Montréal 1961.212pp.20cm.$2.50 Ce volume veut éclairer les démarches de l’homme d’action, exprimer les coordonnées de sa pensée.Le sujet n’est pas développé progressivement, avec la logique imperturbable de certains traités.L’A.a cru préférable de cerner le sujet, de le circonscrire, de repenser la même intuition sous des angles divers : Engagement dans la lumière, engagement communautaire, engagement et liberté, et vocation, et histoire, fonction apostolique de l’engagement, une pensée engagée, engagement et humanisme, le refus d’engagement, etc.Un ouvrage lumineux, très dense, d’une lecture tonifiante.La Vieillesse, problème d’aujourd’hui.En collaboration.Coll.Convergences.Éditions Spes, Paris 1961.344pp.20cm.10,50NF.Si l’homme âgé était, autrefois, respecté des jeunes puisqu’il siégeait au Conseil des Anciens, de nos jours il n’est plus dans la plupart des cas qu’un pensionnaire des “Petites Sœurs des Pauvres”.Ce problème a fait l’objet des derniers travaux du Groupe Lyonnais d’Études Médicales, Philosophiques et Biologiques, que l’on trouvera rassemblés dans ce volume.La qualité de la documentation donne à ce livre une tenue qui correspond au souci d’objectivité scientifique.Michée, Sophonie, Joël, Nahoum, Habaqqouq.Texte français de Jean Steinmann.Introduction et commentaires par l’abbé Hanon.Coll.Connaître la Bible.Desclées de Brouwer, 2715 Place Darlington, Montréal 1962.120pp.20cm.43 ill.69FB.Ce nouveau volume de la collection “Connaître la Bible” présente les écrits de cinq petits prophètes.Le commentaire situe leur œuvre dans le contexte biblique et historique.Un questionnaire, une table des matières analytique, un tableau synoptique, la table des oracles et une biographie complètent ce volume.Leclerc, Félix, Le Calepin
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