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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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La vie des communautés religieuses /, 1965-01, Collections de BAnQ.

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C/5 QJ C/5 1 La vie religieuse se situe au coeur du mystère de l'Eglise 2 a £ 2 o Ü C/5 4> « •I JANVIER 1965 La VIE des communautés religieuses • Revue publiée par les RR.PP.Franciscains de la Province St-Joseph au Canada; paraît le 15 de chaque mois, excepté juillet et août, par fascicules de 32 pages; • La Direction est assurée par le R.P.Alonzo-M.HAMELIN, assisté d'un groupe de professeurs au cléricat théologique de Rosemont (Montréal); ® On souscrit à la revue directement, sans l'intermédiaire des librairies ni des agences.En joignant une étiquette à toute correspondance administrative, vous facilitez notre travail; • Tout ce qui concerne la Revue (envoi de manuscrits, consultations, service bibliographique, administration) doit être adressé à : LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES 5750, Boulevard Rosemont Montréal 36 — Tel.259-6911 PRIX DE L'ABONNEMENT : $2.75 (pour tout pays) Chaque auteur porte la responsabilité de ses articles Le Ministère des Postes à Ottawa a autorisé l'affranchissement en numéraire et l'envoi comme objet de deuxième classe de la présente publication La VIE des communautés religieuses JANVIER 1965 vol.23, n° 1 R.VlNET, p.m.é.Psychologie contemporaine et obéissance religieuse 2 L’auteur analyse quatre traits de la psychologie contemporaine plus susceptibles d’affecter l’obéissance religieuse.Il expose ensuite leur justification et leurs dangers, pour dire enfin comment ü lui paraît que les supérieurs et les inférieurs doivent tenir compte de cette psychologie.L.Boisvert, o.f.m.Le mystère de l’Eglise 13 L’Eglise n’est pas quelque chose en face de nous; nous sommes l’Eglise.Sa croissance dans l’amour concerne chacun de nous personnellement ; si bien que cette croissance ne sera pas ce qu’elle devrait être, si nous sommes infidèles à la grâce de Dieu, si nous refusons de communier à son amour.De même, si nous approfondissons le mystère de l’Eglise, qui est en somme notre mystère, nous pouvons être, pour ceux qui cherchent, une lumière qui leur montrera le chemin conduisant à l’amour du Père et des hommes dans le Christ.Vos questions .Dialogue Les livres . 2 PSYCHOLOGIE PSYCHOLOGIE CONTEMPORAINE ET OBÉISSANCE RELIGIEUSE Les Assemblées plénières de la Conférence religieuse canadienne de 1960 étudièrent le thème : « Obéissance religieuse et exercice de l’autorité».Les échanges de vue qui firent suite à la conférence du P.Marcel Bélanger, o.m.i., arrivèrent, entre autres conclusions, à la suivante : « Ce qui importe particulièrement, c ’est que le supérieur reconnaisse bien les obstacles que la mentalité contemporaine pose à l’obéissance dans l’esprit des jeunes.Comprendre les jeunes et leur parler de façon qu’ils comprennent, à travers leurs préoccupations de personnalité, de liberté, etc., tout en insistant aussi sur l’approche surnaturelle de l’obéissance».par Robert Vinet, p.m.é Prof, de Droit canonique 60, rue Desnoyers, Pont-Viau.Cette orientation me paraît d’importance fondamentale, et ces lignes se proposent d’y donner suite, en faisant ressortir davantage quelques traits de la psychologie contemporaine susceptibles d’affecter l’obéissance religieuse.Etablissons tout d’abord ee fait que la pratique de l’obéissance autant que l’exercice de l’autorité sont dépendants de l’évolution psychologique des individus.Certains peuvent résister aux mouvements sociologiques, mais il est des courants de pensée qui, à force d’être répétés, pénètrent, souvent insensible- VIE RELIGIEUSE 3 ment, et en viennent à créer une psychologie nouvelle, des modes de réaction, qu ’il serait puéril de prétendre ignorer.Pour un agir efficace, on devra en tenir compte, surtout quand il s’agit du domaine délicat des relations entre supérieurs et inférieurs, même au sein de la vie religieuse.Dans une première partie, j’essayerai d’analyser quatre traits de la psychologie contemporaine plus susceptibles d’affecter l’obéissance religieuse.Puis j’exposerai brièvement leur justification et leurs dangers.En troisième lieu, je montrerai comment il me paraît que les supérieurs et les inférieurs doivent tenir compte de cette psychologie.I - QUATRE TRAITS DE LA PSYCHOLOGIE CONTEMPORAINE SUSCEPTIBLE D'AFFECTER L'OBÉISSANCE RELIGIEUSE 1° Ardent désir d’épanouissement de la personnalité L’homme moderne est jaloux de sa personnalité.Il est féru de personnalisme.Il réclame le développement harmonieux de toutes les valeurs humaines et surnaturelles de sa personne, dans sa consécration au bien commun, et à Dieu.La génération montante entend donc trouver au noviciat ou au séminaire, au lieu du « palais du saint renoncement», celui du «saint épanouissement» ! Le plus grand rêve des jeunes et des moins jeunes est d’acquérir une personnalité intellectuelle, morale et spirituelle, qui les rende aptes à se gouverner eux-mêmes.L’auto-détermination est en pleine vogue.Ils désirent aussi trouver des supérieurs à vie intérieure profonde et rayonnante, enthousiasmés pour le Christ, et cela sans diminution de leur personnalité.En conséquence, l’homme moderne se raidit à la pensée que l’obéissance religieuse ne laisserait pas de place au développement de la personnalité.Il peste contre la formation en série, et ne peut se résigner à disparaître dans un tout anonyme.Il a peur de perdre tout sens des responsabilités, tout esprit d’initiative.Il craint que 4 PSYCHOLOGIE l’obéissance ne mène à l’infantilisme.Bref il veut une obéissance PERSONNALISANTE.Nous comprenons maintenant plus facilement que l’homme contemporain veut souvent savoir pourquoi il obéit, exige des initiatives, et réclame si instamment le dialogue avec l’autorité.2° Une aspiration intense, souvent fébrile, de bien connaître le monde moderne, et de le transformer L’homme moderne est angoissé de l’injustice sociale et de la misère dans le monde.Il veut travailler à l’édification de ce monde meilleur dont parlait Pie XII.L’appel du Concile que l’Eglise devienne l’Eglise des pauvres, trouve en lui un écho spontané.Il est sensible aux exigences de l’Eglise «en état de mission» (Sue-nens).Les hommes d’aujourd’hui s’efforcent d’être aux écoutes du monde, de le bien connaître afin de le mieux transformer.Les jeunes ressentent cette même angoisse, qui devient trop facilement peut-être de l’emballement.Ils sont aussi lucides, mais surtout plus sensibilisés.Ils nourrissent cette conviction d’avoir leur part à jouer, et désirent donner leur pleine mesure.Facilement critiques trop absolus, ils se questionnent sur l’action de l’Eglise dans le passé.Ils souhaitent une revision des méthode d’apostolat et de formation.Initiés aux nouvelles perspectives d’une pastorale d’ensemble plus efficace, ils croient pouvoir fournir un rendement apostolique décuplé.Souvent même la génération actuelle trépigne d’impatience, et a peine à remettre sa participation active à plus tard.Elle admet mal des années de formation où elle soit coupée du monde moderne, qui a pourtant si grand besoin d’elle.J’ai constaté inoi-même cet état d’esprit chez plusieurs au Grand Séminaire de Pont-Viau.Il y a quelques jours à peine, 'l’un d’entre eux, qui avait pris un contact plus vécu avec la classe ouvrière pauvre durant les vacances, me confiait sincèrement : « M.le Supérieur, j’en suis encore tout bouleversé ! Il faut faire quelque chose ! On ne peut pas rester indifférent ! On ne peut pas attendre ! Il faut continuer les contacts avec ces gens.Il faut continuer de les aider ».Avouons ici que cette impatience de la jeune génération n’est pas facile à analyser, et encore moins à contrôler ! VIE RELIGIEUSE 5 3° Répugnance pour le formalisme et désir de voir se moderniser la vie religieuse Est-il besoin de démontrer que la jeune génération ressent une répugnance instinctive à tout ce qu’elle appelle formalisme, conformisme, intégrisme ?Plusieurs nous parleront même ouvertement de leur défiance à l’égard de ce qui paraît vieillot, croulant, démodé, dépassé, 78 tours,.Ce n’est pas le moment d’analyser l’origine de ce phénomène ; mais il nous faut au moins reconnaître qu’il exprime la mentalité moyenne de la jeune génération, surtout de ceux qui sont passés dans les collèges qui ont fait un effort de renouvellement, ou qui ont fait de l’Action Catholique.Les jeunes contemporains sont globalement « antiformalistes », et ils réclament des adaptations des Règles, constitutions, prescriptions, qu’ils jugent si facilement comme d’un autre âge.Qui ne se rend compte que cette attitude n’entraîne de sérieuses conséquences dans leur comportement d’obéissance, surtout quand on sait que cette mentalité entre en ébullition par l’impatience de leur jeunesse ?Un séminariste me demandait l’an dernier: «Pourquoi faut-il donc qu’il faille tant de temps pour faire des réformes pourtant nécessaires ?» Et je sentais un sanglot étouffé dans sa gorge.4° Soif de liberté et répugnance pour l’autoritarisme Nous vivons à une époque de tendances démocratiques très poussées, où l’opinion publique joue un grand rôle.Le foyer a cultivé depuis l’enfance les libertés chez les enfants.La jeunesse contemporaine est donc avide de liberté.Ecoutez quelques extraits d’une lettre que je recevais il y a quelques semaines d’une jeune-fille de 17 ans, partie travailler à l’extérieur: «Ce que j’apprécie ici le plus, c’est ma liberté.Je ne comprends le mot liberté que lorsque je suis responsable de mes faits et gestes.Ici, c’est la seule-place où je me trouve seule responsable.Je fais ma petite vie à moi, n’ayant pour seuls soucis que mon travail, mon entourage et ma petite personne ! » Comme conséquence logique de cette réaction quasi maladive d’indépendance, le mot « obéissance » est devenu suspect chez nos contemporains.Par ailleurs, s’il est vrai de dire que les jeunes ont du mal à 6 PSYCHOLOGIE accepter l’autorité eu tant qu’autorité, ce qui est surtout caractéristique de leur psychologie, c’est leur aversion pour toute forme d’autoritarisme, même chez ceux qui respectent l’autorité.Ils ne pourront plus supporter une autorité despote, dominatrice.Toute manifestation d’autoritarisme chez le supérieur les tient à distance.Ils sentent au contraire le besoin d’un guide, d’un conseiller, d’un appui, qui se place vis-à-vis d’eux sur un plan d’égalité, ou en tout cas qui ne leur parle pas « tanquam auctoritatem habens ».Ils veulent leur supérieur accueillant, disponible avant tout, prêt à les écouter, à s’intéresser à leurs problèmes.Alors seulement ils donnent leur confiance.Cette répugnance à l’autoritarisme peut facilement devenir une sérieuse menace pour l’obéissance religieuse.Il-JUSTIFICATION ET DANGERS DE CETTE PSYCHOLOGIE FACE À L'OBÉISSANCE RELIGIEUSE Et maintenant, de sérieuses questions se posent : ces traits de la psychologie contemporaine sont-ils légitimes ?Devrons-nous travailler à les éliminer comme des obstacles à l’obéissance ?Devrons-nous plutôt les considérer comme justifiables, remplis de promesses, tout en faisant face aux dangers inhérents à cette psychologie ?Je reste personnellement convaincu que cette seconde position est la seule bonne.1.— Tout d’abord un mot du premier trait.«Il n’y a pas de doute, dit fort bien le P.Gordon George, s.j., que l’épanouissement de la personnalité est de capitale importance.Il est correct d’affirmer que l’homme a été créé en vue du développement de sa personne.La personne humaine doit s’acheminer vers la perfection naturelle et surnaturelle de son être, sous les dictées conscientes d’une volonté libre soutenue par la grâce.De cette façon, elle contribuera à la gloire de Dieu et elle accomplira tout le dessein de sa création ».De fait, tout le dynamisme de la personne est impliqué ici, et cela, même dans les perspectives de l’obéissance religieuse, doit être VIE RELIGIEUSE 7 respecté.Et c’est avec raison que le P.Georges conclut: «Nous ne pouvons donc écarter comme inopportunes ou impertinentes les inquiétudes de ceux qui redoutent une menace pour la personnalité sous la forme classique de l’obéissance religieuse ».Sans doute, des dangers sont possibles : entre autres celui que la jeunesse ne place l’épanouissement de la personnalité naturelle au-dessus de celui de la personnalité surnaturelle.Ou encore cet autre danger que parfois elle n ’accepte pas des renoncements particuliers pour l’avantage du bien commun.2.— Par leur désir de transformer le monde, que font les jeunes sinon vouloir répondre aux appels pressants du Christ: «Allez dans le monde entier proclamer l’Evangile à toute créature» (Mc 16, 15) ; «Je suis venu apporter le feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fût allumé » (Le 12, 49) ?La pierre d’achoppement sera ici, comme vous le voyez, la précipitation, l’impatience, et la tentation de vouloir y consacrer trop de temps, au détriment de la formation intellectuelle ou de la vie intérieure; au détriment même de l’obéissance.3.— En troisième lieu, le désir de moderniser la vie religieuse n’est-il pas des plus légitimes ?— L’Eglise, et spécialement Pie XII, ont continuellement donné des directives précises sur les adaptations nécessaires à opérer avec courage.Nous y reviendrons d’ailleurs plus longuement.Les dangers sont trop évidents.D’abord celui de vouloir tout jeter par-dessus bord, sans distinguer le secondaire de l’essentiel à respecter.Ensuite celui de croire que toute obéissance conduit nécessairement au formalisme.4.— Enfin le quatrième trait psychologique est plus facile à justifier qu’à maintenir dans de justes limites: la liberté.S’il est un mot cher au chrétien, c’est bien celui de liberté.Les jeunes ont raison de vouloir agir comme des êtres libres et non comme des robots.On ne peut leur reprocher de défendre les valeurs imprescriptibles de la personne humaine, notamment de la liberté.Ensuite, pourrait-on blâmer la génération contemporaine de désirer trouver d’abord chez leurs supérieurs « l’autorité-service », qui est tout à fait évangélique ?La figure de Jean XXIII a marqué 8 PSYCHOLOGIE profondément l’homme moderne, et à juste titre.Cependant il reste que cette exigence de liberté peut être néfaste à de nombreux jeunes.Elle pourrait même conduire au refus d’obéir, mais le danger menace surtout de ne pas saisir en profondeur que l’obéissance, bien loin de faire perdre la liberté, est au contraire source de liberté beaucoup plus entière, celle-là même par laquelle le Christ nous a rendus libres.Ill- CONSÉQUENCES PRATIQUES Les conséquences pratiques de tout ce qui a été dit jusqu’ici pourraient évidemment être très nombreuses, élaborées et même discutées.Je me contenterai d’en signaler quelques-unes chez celui qui doit obéir et chez celui qui doit commander.1 — Attitudes chez celui qui doit obéir Le subordonné devra s’efforcer de devenir de plus en plus lucide et conscient des influences qui jouent sur sa psychologie et sur son comportement d’obéissance.Il devra s’appliquer en particulier à reconnaître la défaveur actuelle de l’obéissance qu’on veut opposer à la personnalité, sa propre tendance à fuir l’obligation d’obéir à une règle qu’il croit périmée, son inclination à marcher à pas d’obéissance raisonneuse et parfois passionnée.En résumé, comme l’a bien dit Mgr Garrone, « il devra éviter une fausse solution qui consisterait à prétendre inventer une nouvelle obéissance, en tournant autour pour la vider de son contenu».Au contraire, les jeunes contemporains devront s’attaquer courageusement à surpasser chacun des dangers à l’obéissance que nous avons signalés dans la deuxième partie, et pour y arriver: réduire certaines influences qui les empêcheraient de voir avec objectivité le bien fondé d’un ordre reçu; admettre au départ qu’on ne lui donne pas toujours les motifs d’un commandement; obéir pour des motifs de plus en plus surnaturels ; acquérir une conviction vécue que l’autorité vient de Dieu ; s’efforcer d’atteindre à une obéissance adulte dans le Christ (Liégé). VIE RELIGIEUSE 9 Serait-il incongru d’ajouter ici, avec un sourire, qu’il ne lui nuirait pas de pénétrer la psychologie des supérieurs qui passe, elle aussi, dans leur façon d’exercer l’autorité ?2 — Attitudes chez celui qui doit exercer U autorité Commençons pas esquisser un comportement général.Le supérieur doit tout d’abord éviter cette fausse solution d’ignorer les particularités de la psychologie contemporaine, et de faire comme si l’homme moderne abordait la vie religieuse avec le même esprit que ses devanciers.Ce lui serait néfaste, ainsi qu’à ses sujets ! Il devra au contraire faire preuve de grande sagacité psychologique, çt entrer dans la mentalité de chacun pour mieux adapter son agir.En second lieu, on ne conseillera jamais assez le calme.A la Conférence religieuse canadienne de 1960, les supérieurs majeurs de langue anglaise étaient d’avis qu’il n’y avait pas actuellement à proprement parler une crise d’obéissance, si on entend par crise une répugnance radicale à obéir.Ne nous laissons pas prendre de panique; imitons l’optimisme de Jean XXIII.Dans la lumière de l’Esprit-Saint, et aux écoutes de l’Eglise, que les supérieurs s’appliquent constamment à démêler le bon du mauvais, à mettre les nuances qui s’imposent; à mettre, pour leur part, le plus d’objectivité possible.Précisons maintenant quelque peu les attitudes des supérieurs par rapport à chacun des quatre traits de la psychologie contemporaine dégagés plus haut.Premièrement, établissons solidement le principe général que la véritable obéissance ne s’oppose pas à l’épanouissement de la personnalité.En conséquence, l’éducation de la personnalité doit se faire par l’obéissance, sous la direction de l’autorité.Cela implique que les supérieurs doivent mettre tout en oeuvre à cette fin : créer un climat, exploiter les talents, s’intéresser aux besoins, en vue toujours d’un bien surnaturel.Et ici, j’ose exprimer un souhait: que toutes les personnes constituées en autorité prennent connaissance du formidable chapitre IX du splendide volume du P.Germain Lesage, o.m.i.: Jeunesse d’aujourd’hui et vie religieuse.Il reste évident que, dans certains cas, l’obéissance religieuse exigera, en vue du bien commun, que quelques aspects secondaires 10 PSYCHOLOGIE de la personnalité restent moins développés, ou même sacrifiés (ce qui d’ailleurs n’est pas spécial à la vocation religieuse).Le supérieur s’efforcera donc de comprendre et de faire comprendre que la vraie personnalité ne se juge pas nécessairement à l’importance extérieure des oeuvres entreprises; elle se mesure à l’incarnation des valeurs religieuses dans un type d’homme, au sein du Corps mystique.C’est le rôle propre du religieux.Il s’agit de produire une maturité plus accomplie : une personnalité de type évangélique.Logiquement, le supérieur aura moins de peine à juger dans quels cas il faut donner les motifs de ses ordres, dans quelle mesure favoriser les initiatives, et jusqu’où laisser se poursuivre le dialogue.Et il saura mieux éviter un double écueil: d’une part que ne soit favorisé le culte immodéré de la personne, et d’autre part que ce ne soit implantée une obéissance « dépersonnalisante ».Quant au désir de transformer le monde, les supérieurs ne devraient jamais perdre de vue, sauf exception, la bonne foi indubitable des jeunes contemporains, et leur générosité non moins incontestable.En autant que cela est possible, ils ne devraient pas se refuser à exploiter ce noble désir justifié plus haut, employant à cette fin goûts et aptitudes individuels.Sans doute faudra-t-il redouter l’illusion des premières années ! Sans doute faudra-t-il mettre en garde contre l’activisme ! Sans doute faudra-t-il prévenir les jeunes en période de formation des dangers de l’emballement, de l’importance, et de l’injustice contre le passé ! Mais on n’a pas tout solutionné ainsi ! Et il reste qu’ici doit se poser, se discuter, s’étudier le problème difficile de l’ouverture de nos maisons de formation aux urgents besoins du monde moderne.Quoi qu’il en soit, je reste personnellement convaincu qu’il faudra aux supérieurs le courage d’expliquer à leurs sujets qu’en refusant on en limitant les expériences apostoliques, leur but n’est pas de bloquer leurs initiatives par caprice, ni de les empêcher de produire, mais bien de les aider à se centrer sur l’essentiel de leur formation, à éviter l’éparpillement.De plus, ils n’auront pas peur d’avouer franchement qu’ils maintiennent cette attitude dans le but de rester fidèles aux directives de l’Eglise en ce problème délicat.Face à « l’antiformalisme », ne serait-ce point manquer de sagesse que de s’opposer à priori à tout changement ?Surtout quand les vues de l’Eglise à ce sujet ont été authentiquement expri- VIE RELIGIEUSE 11 mées.Il faut donc remplacer les usages périmés par des manières d’agir qui, tout en incarnant une même spiritualité, conviennent davantage au rythme du monde moderne.A une situation nouvelle doit correspondre la recherche de moyens nouveaux.En conséquence, les supérieurs devront expliquer sans relâche la nécessaire lenteur des adaptations, mais résister à la tentation de démissionner, et entreprendre progressivement ces adaptations.Pour résumer, quel sera l’objet de ces adaptations, je cite le P.Germain Lesage, o.m.i.: « La rénovation légitime ne porte ni sur les fins propres de la communauté, ni sur son esprit spécifique, ni sur ses pratiques essentielles, mais bien sur tous les usages d’ordre secondaire qui nuisent à l’épanouissement de sujets ou au progrès des oeuvres».Il ne m’appartient pas de préciser davantage.Cependant, qui ne se rend compte que cette difficile et nécessaire adaptation exigera un effort sincère et universel ?J’indiquerai encore ici un double écueil : un conservatisme suranné, et une dangereuse manie de nouveauté.Cependant, entre ces deux excès, il reste place pour plusieurs réalisations qui concilient la hardiesse et la prudence.Enfin, question encore plus angoissante: quelle sera l’attitude des supérieurs en face de la soif de liberté et de l’anticonformisme de leurs sujets ?Tout d’abord, ils doivent évidemment ne jamais se démettre d’un grand respect de la liberté de leurs sujets.Puis ils s’efforceront constamment de revaloriser l’obéissance religieuse, n’épargnant aucune occasion de les élever au plan surnaturel, et de montrer que l’obéissance religieuse conduit à la perfection de la véritable liberté.Cette tâche, reeonnaissons-le, ne sera pas aisée et demandera persévérance.En second lieu, les supérieurs s’appliqueront à pratiquer l’autorité selon l’esprit (Charmot) qui est avant tout une autorité de service.Se gardant bien de tomber dans le paternalisme, ils exerceront une véritable paternité spirituelle à l’égard de leurs sujets, leur réservant un accueil sympathique, même aux heures de lassitude, ainsi qu’une attention soutenue à leurs intérêts.Cependant devant cette ivresse de liberté, la tentation la plus grave à laquelle ils devront résister sera de se dispenser de commander, sous le fallacieux prétexte de ne pas aller contre la psychologie contemporaine. 12 PSYCHOLOGIE Bref: les supérieurs s’efforceront de commander avec prudence et modestie, avec douceur et mansuétude, mais ils devront savoir commander comme des personnes qui auront à rendre compte à Dieu.îjc ^ Concluons en disant, après avoir considéré les tendances de la psychologie contemporaine, que les modifications requises sont spirituelles plutôt que matérielles, et cela surtout chez celui qui doit obéir.Quant à celui qui doit commander, qu’il vise à parvenir à un JUSTE MILIEU : entre une condamnation en bloc et une transformation en bloc; entre la démangeaison du changement et le culte aveugle du passé; entre le paternalisme et l’autoritarisme.Qu’il garde vivace à l’esprit cette pensée du Dr Gilbert Robin: «En éducation, on a parfois le droit de s’inquiéter, de s’indigner; on n’a jamais le droit de désespérer.Le pessimisme n’a pas cours ».NÉCROLOGIE — Les Frères des Ecoles Chrétiennes : Fr.Malachie Hubert (Charles-Adrien Labrosse).— Les Soeurs de la Providence : Sr Edmond (Elisabeth Bellerose), Sr Mary Agnella (Aurore Thibodeau), Sr Théonille (M.-Anne Loranger), Sr Théonas (Blandine Bonin), Sr M.Eugénia (Lauriane Joly), Sr Rosalie de Païenne (M.Anne Séguin), Sr Louisa (M.Anne Beaudry), Sr Vincent de l’Eucharistie (Flora Joséphine Pichette), Sr Olive Racine.— Les Servantes du Coeur Immaculé de Marie : Sr M.du Sauveur (M.Malvina Gingras), Sr S.Coeur de Marie (Albertine Côté), Sr M.de S.Arthur (Zélia Bérubé).— Les Soeurs des SS.N N.de Jésus et de Marie : Sr M.Ludmille (Albertine Lajeunesse), Sr Georges M.(Délia Perrier), Sr M.Electa du S.C.(Joséphine Townsend).— Les Soeurs de la Charité de Québec : Sr S.Jean du Carmel (M.Anna Cassista), Sr S.Juvénal (Clara Bernier), Sr Ste Primitive (M.Clara Papillon).— Les Soeurs de la Charité de S.Hyacinthe : Sr Sylvia Plante, Sr S.Alexandre (Berthe Rousseau), Sr Witty (Alice La-brecque).— Les Adoratrices du T.Précieux Sang : Sr S.Jean de Dieu (Eugénie Champoux).— Les Religieuses du Bon Pasteur: Sr M.de Ste Marcelle (Bernadette Beauvais).— Les Soeurs de l’Assomption de la S.V.: Sr S.Théophane (Fabiola Pelletier).Les Petites Soeurs de la Ste Famille : Sr Ste Maximilienne (Euplirosine Fleury). THÉOLOGIE 13 LE MYSTÈRE DE L’ÉGLISE ! .par Lorenzo Boisvert, o.f.m.Prof, de Théol.dogmatique 5750, Boni.Rosemont, Montréal.Un chrétien pourrait se désintéresser des révolutions stellaires, des ultimes découvertes atomiques, sans que sa vie intérieure en soit profondément modifiée.Mais il ne pourrait se désintéresser du mystère de l’Eglise sans que sa vie spirituelle en soit diminuée.C’est que depuis son baptême, il est un membre de l’Eglise, i.e.un membre du Christ, puisque l’Eglise est le Corps du Christ, et désormais il ne pourra avoir une vie spirituelle solide que s’il tend, de toute son âme, à vivre comme un membre de l’Eglise.Encore faut-il qu’il acquière une certaine connaissance de cette Eglise; et une connaissance qui n’a pas pour but unique de meubler son grenier intellectuel, mais d’éclairer sa route, de guider sa marche vers Dieu.En d’autres mots, la connaissance du mystère de l’Eglise a pour but d’aider le chrétien à se faire une foi plus adulte, plus éclairée, afin que la réalité de sa foi ne lui apparaisse pas comme de la bagatelle pour les enfants qui n’ont pas de dents, incapables d’absorber une nourriture solide, mais comme la réalité suprême, qui seule mérite d’engager toute sa.vie, en comparaison de laquelle les autres réalités sont peu de choses.11 ne faudrait pas croire toutefois que la 14 THÉOLOGIE connaissance du mystère de l’Eglise ira toute seule; qu’elle entrera dans le système, sans effort, à la manière d’une injection de sérum.Pour goûter le suc de la réalité profonde de l’Eglise, il faudra passer par d’arides opérations d’épluchage ou de décortication.Le fruit juteux ne vous viendra dans la main et aux lèvres que si vous avez le courage d’aller jusqu’au bout et même, encore, de beaucoup réfléchir.— N’allez pas croire cependant que' l’Eglise, étant un mystère, ne peut être connue d’aucune façon; ce serait avoir, au départ, une notion très inexacte du «mystère».Si l’Eglise est un mystère, ce n’est pas dans le sens d’insondable, mais dans le sens d’inépuisable; le mystère, ce n’est pas une réalité dans laquelle la raison ne peut entrer, mais une réalité dans laquelle la raison n’aura jamais fini d’entrer.«Le mystère n’est pas un mur; il est un océan.On vient buter sur un mur, et cela est sans intérêt.Mais on entre dans un océan», et on n’a jamais fini d’y entrer, tellement il est vaste et profond.«En d’autres mots, le mystère n’est pas comparable à l’obscurité de la nuit, mais à la clarté» du jour, au soleil qu’on ne peut envisager parce qu’il éblouit, mais qui illumine tout.Dans cet article, nous verrons premièrement que l’Eglise a une double dimension, i.e.qu’elle est en même temps communion d’amour (de charité), et «moyen» de communion d’amour; et deuxièmement que notre connaissance de l’Eglise est réelle quoique limitée.1.DOUBLE DIMENSION DE L'ÉGLISE a) L’Eglise, communauté d’amour: L’aspect le plus profond, le plus important, de l’Eglise, c’est l’union d’amour réalisée entre le Père et les hommes dans le Christ.Le premier temps de cette union s’effectue au baptême, qui nous fait membres du Christ, et par là membres les uns des autres ; qui fait de nous des êtres consacrés, c’est-à-dire totalement voués au service et à la gloire de Dieu.— On peut noter ici, puisque l’occasion s’en présente, qu’il « ne faut pas voir la différence entre religieux et simples fidèles comme une différence entre consacrés et non-consacrés.Cette opposition existe, certes, mais elle doit être mise entre l’Eglise et le monde, entre peuple de Dieu et non-peuple, entre chrétiens et non-chrétiens.Dans le peuple de Dieu comme tel, dans le Corps du Christ, tout est sacré.Les fidèles sont consacrés, toute leur vie de chrétiens est, comme telle, sacrée, non profane » (Y.M.-J.Congar, ÉGLISE 15 Les leçons de la théologie, dans Le rôle de la religieuse dans l’Eglise, Paris 1960, p.35).La différence entre religieux et laïcs chrétiens réside dans la manière propre à chaque groupe de vivre sa consécration baptismale.Si le baptême unit les hommes au Christ au point qu’ils ne forment avec lui qu’un seul corps, c’est afin que les chrétiens communient à l’amour du Christ, et qu’ils ne soient ensemble qu’une seule communauté d’amour; donc que leur vie se résume dans l’accomplissement des deux premiers commandements: aimer Dieu de tout son coeur et les autres comme soi-même.Il va sans dire qüë cet amour, pour être vrai, devra se traduire par le don extérieur, le pardon, le service; qu’il supposera la mort à soi-même, la disponibilité; qu’il s’accompagnera normalement de joie et de paix.Cet amour mutuel que les chrétiens se porteront les uns aux autres sera le signe par excellence des disciples du Christ : « c’est à ce signe, dit Jésus, qu’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples, si vous vous aimez les uns les autres ».Et de fait, ce qui étonnait les païens au début de l’Eglise, c’était l’amour qui existait entre les chrétiens; ce qui leur arrachait ce cri d’admiration: voyez donc comme ils s’aiment ! Ceux qui nous entourent actuellement, et qui nous regardent vivre, peuvent-ils nous rendre ce témoignage, que nous formons une communauté d’amour; une communauté où chacun aime son frère, non en paroles seulement, mais en actes ; une communauté qui est, en face du monde, le signe de l’amour de Dieu pour lui ?L’Eglise en tant qu’elle est communauté d’amour a une valeur éternelle.Les prophéties, nous dit saint Paul, disparaîtront ; les langues, elles se tairont ; la science, elle disparaîtra ; mais la charité ne passe pas (I Cor 13, 8).L’Eglise, en tant que communauté d’amour, n’est pas seulement une étape vers l’Eglise du ciel, mais c’est déjà l’Eglise du ciel présente, réalisée, sur la terre, bien que d’une manière imparfaite.L’Eglise du ciel ne sera pas autre chose que cette communion d’amour entre Dieu et les hommes dans le Christ : ce qui est la dimension la plus profonde de l’Eglise d’ici-bas.Sauf que sur terre, cette communion d’amour n’est pas encore définitive; qu’elle est susceptible de perfectionnement.Et ce perfectionnement peut être quantitatif par la rentrée des hommes à l’intérieur de cette communion; il n’atteindra son point maximum que le jour où tous les peuples de la terre appartiendront à l’Eglise.Ce perfec- 16 THÉOLOGIE tionnement peut être aussi qualitatif, par la croissance spirituelle de ceux qui sont déjà dans cette communion.Tant que l’amour de Dieu est possédé par nous d’une manière imparfaite et précaire, tant que la communion dans cet amour se réalise entre des hommes pécheurs, ignorants, trop tentés de n’agir que selon leurs petites vues à eux, il y a et il y aura toujours place pour beaucoup de perfectionnement dans l’amour de Dieu et du prochain.Qui pourrait se vanter d’avoir atteint le point maximum de l’amour surnaturel, quand nous entendons un saint François s’écrier à la fin de sa vie, alors qu’il avait déjà reçu dans son corps les stigmates du Christ: mes frères, jusqu’ici nous n’avons rien fait; commençons donc à servir le Seigneur.Il était sans doute plus conscient que nous de la sainteté infinie de Dieu, et du caractère très limité de la sienne en comparaison de celle de Dieu.L’Eglise, dans son aspect «communion d’amour», ne connaît pas d’autre hiérarchie que celle de la charité, de l’amour surnaturel : celui-là est le plus grand qui aime davantage.A ce niveau, c’est la Vierge qui occupe la première place, car elle a réalisé en perfection les grandeurs de sainteté.Elle n’a jamais reçu les pouvoirs d’ordre et de juridiction qui l’auraient fait membre de cette hiérarchie d’ordre et de juridiction.Et voilà pourquoi l’autorité de l’Eglise a toujours condamné les images qui la représentent en vêtements sacerdotaux : cette représentation implique une erreur théologique.b) L'Eglise «moyen» de communion d’amour: S’il est vrai que l’aspect «communion d’amour» dans l’Eglise est le plus important, il n’est pas moins vrai que sur terre, l’Eglise a un deuxième aspect, qui entre dans sa constitution intime, à savoir son aspect visible, sacramentel, hiérarchique; c’est l’Eglise en tant qu’elle est «moyen» de communion d’amour, en tant qu’institution.Envisagée sous cet angle, l’Eglise nous apparaît comme une vaste société faite d’hommes, et par conséquent visible.A l’intérieur de cette société on distingue très nettement deux groupes de membres : les uns ont les pouvoirs reçus au baptême, sans plus ; les autres ont des pouvoirs spéciaux qui leur viennent en définitive du Christ et qui ont pour but d’aider les chrétiens à se sanctifier et à s’aimer, à intensifier leur communion d’amour avec le Christ et les autres membres de son corps.Ceux qui détiennent ces pouvoirs, qu’on' ÉGLISE 17 nomme pouvoirs d’ordre et de juridiction, forment la hiérarchie visible de l’Eglise.Appartiennent à la hiérarchie d’ordre, les évêques, les prêtres et les diacres; appartiennent à la hiérarchie de juridiction le pape et les évêques.Ce qui distingue l’évêque du laïc, ce 11’est pas d’abord ses vêtements spéciaux, aux couleurs plus ou moins voyantes, les instruments de ses célébrations, crosse, mitre, gants, etc., mais ses pouvoirs d’ordre et de juridiction, que le laïc ne possède pas.Tous ses insignes pourraient changer ou même disparaître, que cela ne modifierait en rien la distinction entre l’évêque et le laïc.Les marques distinctives extérieures veulent être une simple expression des pouvoirs spéciaux que l’évêque a reçus du Christ.Ces marques peuvent être adaptées au cours des siècles; c’est même normal qu’elles le soient, puisque les mêmes signes peuvent être compris à une époque et ne plus l’être à l’époque suivante.— On pourrait en dire autant du prêtre par rapport aux chrétiens laïcs.Il faut remarquer aussi que les cardinaux 11e sont pas d’institution divine, mais ont été créés par l’autorité de l’Eglise.Ce qui implique que le Pape pourrait les supprimer ; alors que le pape ne peut supprimer les évêques ou les prêtres, parce qu’ils ont été institués par le Christ.— Le pape pourrait supprimer également la Curie romaine, ou la modifier : elle relève de son autorité.Si le pape ne le fait pas, c’est qn’il a grand besoin de collaboration dans sa tâche immense qui consiste surtout à gouverner et à enseigner l’Eglise entière.— En un mot, le pape pourrait supprimer ou modifier tout ce qui, dans l’Eglise, 11’est pas d’institution divine.Il ne pourrait jamais supprimer les pouvoirs d’ordre et de juridiction, ni l’organisme sacramentaire, car ils viennent du Christ.Les pouvoirs spéciaux que possèdent certains membres, de même que les sacrements et l’Eucharistie, sont nécessaires à l’Eglise pour continuer l’oeuvre du Christ sur la terre, qui est de sauver les hommes, de les unir tous dans une même communion d’amour.Le Christ aurait pu faire cela directement, sans l’intermédiaire des hommes.Il a voulu les associer à son oeuvre de salut.Il ne dépend pas de nous qu ’il en soit ainsi ou autrement : cela relève du libre vouloir du Christ.Et puisque le Christ, en tant que Dieu, est sagesse suprême, nous pouvons supposer que cette disposition reflète la sagesse de Dieu, même si nous ne parvenons pas à saisir toutes les raisons qui l’ont déterminée. 18 THÉOLOGIE La conséquence de cette disposition divine, c’est que le salut nous parvient par des médiateurs, i.e.des membres de l’Eglise qui ont reçu le pouvoir de nous enseigner la Bonne Nouvelle, l’Evangile, de nous engendrer à la vie surnaturelle par le baptême ou de nous la redomier par la pénitence, de nous faire croître dans cette vie, qui est amour, par les autres sacrements.Ils ont également reçu du Christ le pouvoir de nous guider, de nous gouverner, ce qui implique l’autorisation de faire des lois et de les faire respecter Tout cela dans le but de rassembler les hommes dans une même communion d’amour, et de les y faire grandir.Les membres de l’Eglise, qui possèdent des pouvoirs spéciaux, ne les ont pas reçus pour eux-mêmes, mais pour les autres ; ces pouvoirs ne sont pas d’abord une dignité, une source d’honneurs et de gloire, mais d’abord une charge, un devoir, une responsabilité, ou mieux un service.Ces pouvoirs ne sont, pour ainsi dire, qu’une manière spéciale de servir à l’intérieur de la communauté chrétienne; ils ne constituent pas une exemption de service, mais un appel à un service différent et plus parfait ; car tous les chrétiens, selon les dons reçus, doivent se mettre au service les uns des autres, à l’exemple de leur Chef et modèle, le Christ, qui a résumé en ces mots l’attitude qu’il a prise au milieu de nous: «je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir».Cette dimension visible de l’Eglise, constituée par son aspect social, par sa hiérarchie de pouvoirs, par ses sacrements, par ses rites liturgiques et ses lois, toute cette dimension ministérielle disparaîtra un jour.C’est une dimension qui est propre à l’Eglise d’ici-bas, et donc transitoire.Quand l’Eglise militante (la nôtre) s’identifiera complètement, à la fin du monde, à l’Eglise glorieuse, l’aspect institutionnel et social de l’Eglise perdra son sens, car il est tout entier orienté vers le premier aspect, à savoir la communion d’amour de tous les hommes dans le Christ.Or cette communion d’amour atteindra alors son état définitif ; elle ne sera plus susceptible de perfectionnement.A quoi servirait alors le «moyen» qui était ordonné à engendrer ou à perfectionner cette communion ?Il aura joué son rôle; il n’aura plus qu’à disparaître.Et c’est ce qui arrivera.Mais tant que l’Eglise sera pérégrinante, qu’elle avancera lourdement vers la Vision béatifique, elle aura besoin de son organi- ÉGLISE 19 sation hiérarchique et de son organisme sacramentaire.Elle pourra même adapter aux besoins du monde beaucoup d’éléments qui'relèvent de son aspect visible, dans le but de faciliter son oeuvre de salut, pourvu qu’elle ne modifie en rien les éléments qui relèvent du Christ, sur lesquels elle ne possède aucun pouvoir.* * * Quand on scrute le mystère de l’Eglise dans sa double dimension, il faut se garder d’une double erreur.La première consisterait à se la représenter comme une société totalement invisible, comme une pure communauté d’amour; la seconde, à la regarder uniquement comme une société visible, bien organisée, avec un laïcat, et une hiérarchie possédant des pouvoirs d’ordre et de juridiction.A l’exemple du Christ, l’Eglise est.formée de réalités invisibles et de réalités visibles: elle est à la fois communauté d’amour et organisation visible.L’Eglise de la terre ressemble aux membres qui la composent.De même que l’homme n’est pas une réalité simple, mais composée d’un corps et d’une âme, ainsi l’Eglise est une réalité composée d’éléments visibles et invisibles.L’union du corps et de l’âme est tellement nécessaire pour former l’être de l’homme, que leur séparation, par la mort, engendre la destruction de cet homme : un cadavre n’est plus un homme, pas plus qu’une âme séparée.Il en va de même pour l’Eglise de la terre: l’union des éléments visibles et des éléments invisibles lui est à ce point nécessaire que la suppression des uns ou des autres implique la destruction de l’Eglise.Si c’est une grave erreur de vouloir réduire l’homme à son corps ou à son âme, ce n’est pas une erreur moins grave de prétendre réduire l’Eglise à son organisation visible, ou à son organisme invisible.De même que dans l’homme, l’âme possède une dignité incomparablement plus grande que le corps, ainsi dans l’Eglise, la communion d’amour l’emporte en dignité sur la société visible.Dans l’homme, ce n’est pas l’âme qui est soumise au corps, mais le corps qui est soumis à l’âme et reçoit d’elle son sens et sa dignité.Il n’en va pas autrement dans l’Eglise: l’organisme sacramentaire et l’organisation hiérarchique tirent leur sens de la communion d’amour qu’ils ont pour but d’engendrer, de rétablir ou de perfectionner. 20 THÉOLOGIE De même que dans l’homme, l’âme est éternelle alors que le corps est voué à la destruction; ainsi dans l’Eglise, la dimension d’amour est éternelle, alors que la dimension visible est appelée à disparaître.2 CONNAISSANCE DE L'ÉGLISE a) La raison seule: Cette réalité mystérieuse de l’Eglise que nous avons tenté de décrire brièvement, dans quelle mesure pouvons-nous la connaître ?Le chrétien qui ferait abstraction de sa foi pour ne porter sur l’Eglise qu’un regard tout naturel, pourrait voir en elle une société fortement organisée.L’Eglise en effet «est visible dans ses membres, visible dans son organisation extérieure, visible dans les rapports entre supérieurs et inférieur.Elle n’est pas moins visible que n’importe quelle autre société humaine» (M.-J.Scheeben, Les mystères du Christianisme, introduction et traduction par A.Kerkvoorde O.S.B., Desclée de Brouwer, 1947, p.541).A preuve cette enquête minutieuse sur l’Eglise catholique menée par un institut américain, spécialisé dans les enquêtes de grosses compagnies, comme l’Imperial Oil.La foi n’entre pas du tout en jeu dans cette enquête.On se base sur ce qu’on voit, sur ce qu’on peut compter, mesurer, calculer.Le résultat ?On considère l’Eglise comme l’une des sociétés les mieux organisées au monde.La conclusion ne dépasse pas le niveau social de l’Eglise.Serait-il exact d’affirmer que les résultats de cette enquête fournissent une connaissance des éléments constitutifs de l’Eglise, i.e.des éléments qui forment son être intime ?Du fait qu’ils se limitent à l’aspect extérieur de l’Eglise, ces résultats sont très incomplets; ils laissent dans l’ombre l’autre aspect de l’Eglise qui est le plus important: sa communion d’amour.Celui qui n’aurait d’autre connaissance de l’Eglise que les résultats de cette enquête ne saisirait vraiment pas son être profond.Pas plus que celui qui aurait de l’homme la connaissance exclusive de l’animalité, n’en connaîtrait l’essence: car l’homme est à la fois corps et âme.Si la connaissance que les incroyants ont de l’Eglise se limite à son aspect extérieur, il ne faut pas trop vite les accuser de mau- ÉGLISE 21 vaise foi, et les en blâmer.La connaissance du mystère de l’Eglise n’est pas plus facile pour l’incroyant actuel, que ne l’était la connaissance de Jésus pour ceux qui vivaient à ses côtés.Les contemporains des Apôtres voyaient et entendaient cet homme dont ils connaissaient le père et la mère, fondateur et chef d’une religion, qui opérait des miracles et se disait le Messie, Mais son caractère d’Homme-Dieu, qui est l’essence véritable du Christ, leur demeurait caché.Ils le connaissaient comme un homme seulement.Pour cela même, ils ignoraient son être profond, qui n’est pas d’être un homme, mais d’être Homme-Dieu.On s’imagine parfois que les contemporains du Christ, séduits par sa parole et ses miracles, adhéraient à lui sans difficulté.Le vrai, c’est le contraire.Et il faudrait s’en rendre compte.« Croire que cet homme était Dieu, mais tout l’A.T.leur avait dit que Dieu ne pouvait pas se représenter; il leur était défendu de faire des images de Dieu.même de prononcer le nom de Yahweh.Et voilà qu’un être de chair et de sang se dit Dieu .c’est un scandale» (R.IIasseveldt, Le mystère de l'Eglise, Paris, Ed.de Ec., 1953).Pour surmonter pareil scandale, il fallait aux contemporains du Christ le secours de la grâce.C’est pourquoi Jésus dit à Pierre qui l’avait confessé Fils de Dieu : ce ne sont pas la chair et le sang qui te l’ont rétélé, mais mon Père qui est dans les cieux (Mt 16, 17).Ne pensons pas qu’il soit plus facile aux incroyants actuels d’accepter le caractère surnaturel de l’Eglise, que ce l’était pour les Juifs de la Palestine d’accepter la divinité du Christ.Dans les dirigeants de l’Eglise ils ne voient que des hommes.Les définitions dogmatiques, c’est pour eux le résultat de longues discussions, pas toujours édifiantes, et de petites manoeuvres de vouloir.L’entente se fait sur un certain nombre de points, on les proclame, et voilà ce que les catholiques acceptent comme vérités définies.Pour les incroyants, il faut les comprendre, c’est une vraie folie de dire infaillibles ces conclusions obtenues parfois de façon si mesquine; et folie également cette acceptation béate des catholiques.Aussi il faut dire que les incroyants, parce qu’ils ne voient dans l’Eglise qu’une société humaine, n’en connaissent pas l’essence.Ils ne la tiennent pas pour une réalité surnaturelle qui, tout en ayant un corps, n’est pas réduite à ce corps, même si ce corps est indispensable à son existence et à son action sur terre, comme 22 THÉOLOGIE Tétait le corps du Christ.En un mot, ils ne connaissent pas le mystère de l’Eglise.b) La raison illuminée par la foi: Si la raison, laissée à elle-même, ne peut connaître l’Eglise dans sa dimension invisible, par contre, lorsqu’elle est illuminée par la foi, elle peut en acquérir une connaissance, très objective, et très fructueuse pour l’agir surnaturel.Le drame de nombreux catholiques, aujourd’hui, c’est qu’ils la considèrent et la jugent trop comme une société naturelle, qu’ils ne la voient pas suffisamment dans un regard de foi.Alors ils se butent à son aspect humain, aux faiblesses de ses membres; ce qui souvent les révolte.Pourquoi?parce que leur foi en l’Eglise n’est pas assez robuste.Pour les catholiques, au contraire, qui possèdent une foi solide en l’Eglise, au lieu d’être une source de scandale ou de révolte, les mesquineries et les petitesses humaines des membres de l’Eglise, leur sont une cause d’admiration.Ils voient que le Christ réalise sa promesse sur son Eglise en dépit de toutes les ambitions, qui devraient normalement la mener à la ruine : je suis avec vous tous les jours.Tout ce que vous lierez sur la terre., peu importe la qualité morale de celui qui accorde le pardon.Regarder en face les vraies misères de certains membres, même éminents, de l’Eglise, et dire quand même en pleine connaissance de cause: je crois à l’Eglise catholique, c’est l’attitude du croyant solide, une attitude qui portera d’autres croyants plus faibles à la réflexion.Ils seront conduits à se demander si tout de même ils ne se tromperaient pas dans leur attitude, puisque d’autres qui font comme eux les mêmes constatations, trouvent dans leur foi l’explication de ce qui les déroute et les scandalise.Le degré de scandale que les catholiques peuvent supporter dans l’Eglise définit le niveau de leur foi à l’Eglise.Sinon, comment expliquer cette bizarrerie « que les plus qualifiés pour se scandaliser des défauts, des déformations, ou même des difformités de l’Eglise visible, je veux dire les saints, soient précisément ceux qui ne s’en plaignent jamais» (Bernados) ?Rappelons-nous l’attitude de saint François à l’égard des pauvres prêtres vivant selon le monde.L’étude sincère et constante de l’Eglise nous introduira davantage dans son mystère, à la condition de ne pas la traiter comme un simple objet de science « sur lequel il faudrait en savoir le plus pos- ÉGLISE 23 sible pour être en mesure de la mieux comprendre » ; à la condition également de ne pas attendre dans la paresse une sorte d’illumination de l’Esprit-Saint.Il faut s’appliquer à l’étude de l’Eglise par la lecture et la réflexion, mais aussi il faut attendre du Saint-Esprit la lumière qui en donne la véritable intelligence.N’oublions jamais la grande leçon que nous donne Saint-Exupéry dans son « Petit Prince » : « On ne voit bien qu’avec son coeur, l’essentiel est invisible pour les yeux».Et le coeur s’attache à une chose et la comprend plus profondément, dans la mesure où il se dépense pour elle.Cette leçon vaut pour le mystère de l’Eglise, Corps mystique du Christ.On ne comprendra vraiment cette réalité surnaturelle qu’avec son coeur, c’est-à-dire en l’aimant.Et on l’aimera dans la mesure où l’on travaillera à la mettre dans sa vie, où l’on s’y engagera tout entier.Il y a quand même une restriction à mettre.Malgré tout l’amour que nous pouvons avoir pour l’Eglise, et l’étude prolongée que nous pouvons en faire, nous n’arriverons jamais à en épuiser le mystère.Comme nous l’affirme le premier concile du Vatican son mystère dépasse tellement l’entendement créé, qu’après avoir été communiqué par la révélation et reçu par la foi, il reste néanmoins couvert du voile de la foi elle-même.tant que nous restons éloignés de Dieu par cette vie mortelle (DB 1796).C’est dire que notre connaissance du mystère de l’Eglise demeurera nécessairement obscure et imparfaite.Jamais nous ne pourrons ramener cette connaissance à des principes naturels qui nous en donneraient l’évidence.Ce caractère d’imperfection que possède la connaissance du mystère de l’Eglise peut nous décevoir au début.Ce n’est pas intéressant pour l’intelligence d’avoir l’impression que l’objet de son étude entre dans l’ombre à mesure qu’elle fait effort pour le saisir; ou mieux de se rendre compte que cet objet est infiniment plus vaste et profond qu’elle l’avait cru, avant d’en aborder l’étude.Une chose demeure évidente: il ne faudrait jamais penser avoir acquis une connaissance exhaustive, complète, de l’Eglise, et pouvoir l’expliquer à la perfection: ce serait le meilleur signe qu’on est dans l’erreur, qu’on a réduit l’Eglise à sa dimension visible et seconde, qu’on en a évacué le mystère. 24 THÉOLOGIE Quand on parle du mystère de l’Eglise, il y a un point qu’il ne faut jamais oublier, et que je vous rappelle en conclusion: c’est que l’Eglise n’est pas quelque chose en face de nous, distincte de nous, seulement.L’Eglise, c’est nous.Nous sommes l’Eglise.La croissance de l’Eglise dans l’amour concerne chacun de nous personnellement; si bien que cette croissance ne sera pas ce qu’elle devrait être, si nous sommes infidèles à la grâce de Dieu, si nous refusons de communier à son amour.De même au plan du témoignage; les catholiques plus faibles ou même les incroyants seront attirés à l’Eglise ou éloignés d’elle, suivant que nous présenterons de cette Eglise un visage d’amour ou de haine, d’union ou de discorde.— Si en outre nous approfondissons le mystère de l’Eglise, qui est en somme notre propre mystère, nous pourrons être, pour ceux qui cherchent, une lumière qui les éclairera, qui leur montrera le chemin conduisant à l’union dn Père et des hommes dans le Christ.• •' ; • • • ; • ‘ i ABONNEMENT On souscrit à la revue directement sans l’intermédiaire des librairies ni des agences.En joignant une étiquette à toute correspondance administrative, vous facilitez notre travail.Nous ne facturons pas les abonnements; le paiement doit accompagner votre commande. VOS QUESTIONS 25 CONSULTATIONS De plus en plus, nous entendons demander autour de nous si les religieux ont encore une place dans l’Eglise.Le Concile ne s’est pratiquement pas arrêté aux questions de vie religieuse; les évêques profitent des instituts religieux, mais semblent peu chercher à les aider; les prêtres en général, et même certains aumôniers, manifestent peu de bienveillance à notre égard.Croyez-vous encore à l’actualité de la vie religieuse dans l’Eglise du Christ ?Disons d’abord que le Concile n’est pas terminé; la question de la vie religieuse sera, à n’en plus douter, reprise à la prochaine session.Mais le coéur du problème soulevé ici est infiniment plus profond.Il s’agit du sens même de la vie religieuse et de sa fonction dans l’Eglise.Noup ne trouvons rien de mieux, pour calmer l’angoisse de nos correspondants, que les quelques réflexions suivantes du R.P.Tillard, o.p.Nous vous les soumettons en toute simplicité.Elles condensent, croyons-nous, les divers articles que le Révérend Père a déjà écrits sur la vie religieuse et qui ont paru ici même dans notre revue.L’Eglise se trouve actuellement à une étape importante de son histoire.Au moment où une civilisation est en train de disparaître sous la poussée d’une nouvelle forme d’incarnation de la vie humaine, elle retourne à l’Evangile afin de déceler ses valeurs essentielles, de les dégager de tout l’accidentel dont les a enrobées son insertion dans les époques passées de l’histoire des hommes, et de leur donner la forme nouvelle qu’exige la percée de l’Evangile du Salut dans le monde qui se construit.Il en va de sa fidélité à la mission que le Christ lui a confiée.Il en va donc aussi de sa destinée surnaturelle.Or.quoique de soi elle n’appartienne pas à la structure hiérarchique de l’Eglise —- qui est bipartite, composée de la hiérarchie et du lai'cat
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