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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
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  • En son nom
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La vie des communautés religieuses /, 1965-10, Collections de BAnQ.

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la VI ® des communautés religieuses 8 Le religieux laïc est à la pointe du laïcat chrétien OCTOBRE 1965 La VIE des communautés religieuses • Revue publiée par les RR.PP.Franciscains de la Province St-Joseph au Canada; paraît le 15 de chaque mois, excepté juillet et août, par fascicules de 32 pages; • La Direction est assurée par le R.P.Alonzo-M.HAMELM, assisté d'un groupe de professeurs au cléricat théologique de Rosemont (Montréal); • On souscrit à la revue directement, sans l'intermédiaire des librairies ni des agences.En joignant une étiquette à toute correspondance administrative, vous facilitez notre travail; • Tout ce qui concerne la Revue (envoi de manuscrits, consultations, service bibliographique, administration) doit être adressé à : LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES 5750, Boulevard Rosemont Montréal 36 — Tel.259-6911 PRIX DE L'ABONNEMENT ; $2.75 (pour tout pays) Chaque auteur porte la responsabilité de ses articles Le Ministère des Postes à Ottawa a autorisé l'affranchissement en numéraire et l'envoi comme objet de deuxième classe de la présente publication La VIE des communautés religieuses OCTOBRE 1965 Vol.23, no 8 Jean-Marie Tillard, Faut-il encore des frères ensei- o.p.gnants ?.226 La vocation de frères n’était-elle pas une fonction de suppléance à une époque où le laïcat n’avait pas encore pris conscience de la profondeur de sa fonction ecclésiale ?Cette question intéresse la destinée de l’Eglise plus sérieusement qu’on semble parfois le penser.L’A.y répond dans une vue proprement ecclésiale et capable de provoquer le dialogue entre théologiens et religieux enseignants.Lorenzo Boisvert, Jeunes religieux et vie religieuse .240 o.f.m.Quelles que soient les tares qui peuvent marquer la civilisation actuelle, il faut reconnaître aux générations d’aujourd’hui des qualités et des exigences qui sont à leur honneur, et qu’elles désirent voir respectées.Si la vie religieuse se présente aux jeunes sous le visage de l’épanouissement personnel, du dépassement, de l’amour et du sens communautaire, elle ne pourra que les attirer.Consultations .252 Les livres .254 Quëlques disques 226 VIE RELIGIEUSE FAUT-IL ENCORE DES FRÈRES ENSEIGNANTS ?« Faut-il encore des frères enseignants ?» On ne cesse de nous poser cette question, soit parmi les membres du clergé, soit chez les laïcs, soit même chez les frères.En plusieurs milieux on devine sur ce point une crise qui risque de devenir grave.Il faut avouer que plusieurs indices poussent à première vue au pessimisme.D’une part on est un peu pris de vertige lorsqu’un supérieur provincial d’un Institut de frères enseignants nous montre la courbe ascendante des sorties survenant après dix ou vingt ans de vie religieuse.D’autre part, à l’heure où l’instruction est offerte à tous les citoyens sans distinction de classe, et où plusieurs pays songent à une prise en charge par l’Etat de tout l’enseignement, on se demande si les communautés de frères rendent encore le service pour lequel elles ont été fondées.Enfin plusieurs s’interrogent : la vocation de frères n’était-elle pas une fonction de suppléance à une époque où le laïcat n’avait pas encore pris conscience de la pro-Par fondeur de sa fonction ecclésiale ?Ne con- jean-M.R.tillard, o.p.viendrait-il donc pas de remettre entre les Prof, de Théol.dogmatique Collège dominicain de Théol.96, avenue Empress, Ottawa.mains de laïcs mariés et formés à l’apostolat la plus grande partie des charges que jus- FRÈRES ENSEIGNANTS 227 qu’iei les frères ont assumées ?Mais alors que reste-t-il pour ceux-ci ?Ces questions sont graves, et elles intéressent la destinée de l’Eglise plus sérieusement qu’on ne semble parfois le penser en certains cercles théologiques où l’on tranche un peu trop abruptement entre vocation au sacerdoce et vocation au mariage.Et au-delà de leur enjeu immédiat elles mettent en cause toute une conception de la vie religieuse.C ’est pourquoi, acquiesçant au désir formellement exprimé par plusieurs supérieurs américains, nous nous permettons d’aborder ici ce problème.Non pas que nous ayons la prétention de le résoudre ! Mais dans le but de provoquer un dialogue, d’aiguiser la recherche théologique.La politique de l’autruche n’a jamais apporté la lumière ; mieux vaut regarder avec franchise les situations.1.LES FRÈRES ENSEIGNANTS ET LA VOCATION DU LAÏCAT Il faut d’abord dissiper une équivoque.Les frères enseignants ne sont pas des clercs.Leur état religieux ne les introduit pas, en effet, dans la sphère hiérarchique.Ils demeurent d’authentiques laïcs, porteurs de la vocation de laïcs.Il serait intéressant d’évoquer ici, mais nous ne le pouvons pas faute de place, les circonstances de la fondation des Frères des Ecoles Chrétiennes par Jean-Baptiste-de-la-Salle.Nous verrions alors clairement comment au point de départ les frères ont été suscités au sein même du laïcat, non pour aller hors de celui-ci ou se situer à mi-chemin entre lui et le clergé, mais dans une perspective relevant essentiellement du sacerdoce baptismal.Leur vie religieuse, avec sa recherche ardente de perfection évangélique et sa soif de don de soi, n’a donc pas pour but de les retirer de la condition laïque.Elle tend, bien au contraire, à les faire la vivre en plénitude.Ce point nous paraît capital.Nous avons instinctivement tendance à l’oublier, et il faut avouer que tout concourt à nous faire considérer le frère comme un semi-prêtre.Il porte une soutane ; il récite chaque jour un office qui ressemble à un semi-bréviaire ; il accomplit parfois à l’église des fonctions le mettant très proche de l’autel (soin des enfants de chœur, direction d’une schola de jeu- 228 VIE RELIGIEUSE nés) ; il semble par sa vie être plus qu’un séminariste mais moins qu’un vicaire : Quel est l’enfant n’ayant pas été surpris un jour de;constater que le frère directeur ne disait pas la messe ?Ce qui est plus grave encore, la formation spirituelle qu’il reçoit n’est très souvent qu’un décalque de la formation d’inspiration Ecole française donnée indistinctement et aux séminaristes et aux religieux.Bref, l’histoire des derniers siècles nous présente du frère un portrait hybride, ni clerc ni laïc, et il arrive que plusieurs frères définissent leur existence en fonction de cette situation mitoyenne.Comment s’étonner alors qu’à l’époque où l’un des éléments de ce composé instable prend de plus en plus de relief — le laïcat — un malaise se fasse sentir, préparant une crise qui risque d’être radicale si on n’envisage pas avec lucidité ses prodromes ?Or le malaise repose entièrement, nous semble-t-il, sur l’équivoque théologique que nous venons de présenter.La vocation du frère est pourtant nette.Elle est une vocation de laïc.A l’intérieur de l’ensemble du laïcat le frère est laïc-religieux, et sa qualité de religieux ne vient pas s’accoler du dehors à son être laïc.Elle l’imprègne, tout au contraire.Car il est, lui, religieux pour vivre et accomplir en plénitude son mystère de laïc chrétien.Nous allons nous expliquer.Inutile de redire ici ce que nous avons longuement développé ailleurs et que tous aujourd’hui acceptent : la vie religieuse éclôt à l’intérieur de la grâce baptismale et pour elle.Le religieux se décrit en effet comme celui qui, conscient de la grandeur de ce don de Dieu que l’on appelle la grâce et désireux de vivre jusque dans ses plus ultimes conséquences l’aventure de la filiation adoptive, décide librement de consacrer toutes ses forces d’homme à répondre totalement aux appels de son baptême.Il ne fait donc pas vœu de pauvreté, obéissance et chasteté pour ajouter une nouvelle dignité ou greffer une nouvelle fonction à ce que l’initiation chrétienne a inscrit au plus profond de lui-même.Son but est simplement — mais cela suffit à mobiliser toutes les énergies et à occuper toute une existence — de permettre à la sève baptismale de parvenir en lui déjà à toute sa floraison.Religieux pour être un baptisé parfait.C’est pourquoi l’état religieux ne vient pas en concurrence avec les divers niveaux qui structurent hiérarchiquement l’Eglise FRÈRES ENSEIGNANTS 229 de Dieu.Chaque baptisé est appelé à jouer pour la construction et la mission du Peuple de Dieu soit un rôle ministériel (évêque, prêtre de second rang, diacre), soit un rôle de laïc engagé.Les ministres se consacrent essentiellement au don de la parole et des sacrements aux baptisés; les laïcs (formés par les clercs) sont au contraire les agents immédiats de la percée de l’Evangile dans le monde, par leur engagement dans la marche du progrès et le témoignage qu’ils rendent à l’Evangile.Ponction ministérielle et fonction laïque représentent donc les deux modes, voulus par le Christ lui-même, de l’activité chrétienne de grâce en cette étape-ci de l’histoire du dessein de Dieu.Ponctions vitales, suscitées et nourries par le dynamisme baptismal lui-même.Car, peut-être l’oublions-nous souvent concrètement, la distinction entre vocation sacerdotale et vocation au laïcat ne vient pas se surajouter à la.vie baptismale; elle se situe au contraire à l’intérieur de cette vie et à son service.La grâce du baptême n’est pas simplement point de départ, étincelle initiale; elle est la réalité ultime sur laquelle se fonde toute la destinée chrétienne.Aussi, la recherche ardente de perfection chrétienne qui caractérise la vie religieuse a-t-elle sa place et dans la vocation ministérielle et dans la vocation laïque.Bien qu ’initialement la vie religieuse semble être apparue dans des milieux laïcs, il reste qu’actuellement on la trouve aussi bien chez les clercs que dans le laïcat, toujours ordonnée à la parfaite* éclosion de la grâce en elle-même et en son rayonnement dynamique selon les fonctions ecclésiales.Le religieux laïc est donc un chrétien cherchant à vivre en plénitude sa vocation de baptisé telle que la dessine pour lui sa.place dans le peuple de Dieu, donc sa place de laïc.Il pourra le* faire de multiples façons, en mettant l’accent sur l’un ou l’autre* des éléments de la complexe réalité chrétienne.Se consacrant surtout à la fonction royale de la contemplation et de l’intercession il sera moine, attentif moins à la mission apostolique de percée* dans le monde qu’au témoignage rendu à la dimension eschatologi-que du mystère de l’Eglise.Désireux de mettre sa compétence-technique au service soit de l’expansion missionnaire soit simplement des besoins de l’Eglise-Institution, il sera coopérateur ou auxiliaire.Voulant communier intensément à l’amour du Christ pour les pauvres, il se fera compagnon de travail de certaines ea- 230 VIE RELIGIEUSE tégories d’hommes plus opprimés par l’injustice afin d’y apporter l’espérance du Christ, et souvent associera cette vie de labeur à une intense contemplation.Pour rendre témoignage au Christ dans l’enseignement, former des hommes pleinement conscients de leur vocation d’homme et de chrétien capables de rendre à leurs frères le service que le Christ attend d’eux, il sera enseignant, selon telle ou telle forme concrète dessinée par les lois de l’Institut auquel il décidera d’appartenir.Le frère enseignant tend donc de toutes ses forces à une perfection chrétienne rayonnant en une activité évangélique plus spécialement centrée sur la tâche ecclésiale de la formation humaine et chrétienne des jeunes baptisés.Il cherche à faire l’Evangile du Salut entrer dans cette dimension si importante et si typique du mystère humain qu’est l’éducation, avec ce qu’elle implique d’éléments spécifiques, le milieu spécial qu’elle fait surgir avec des problèmes propres et des exigences difficiles.En un mot il se consacre à l’évangélisation et à l’animation chrétienne du monde scolaire en tout son réalisme et sa complexité.Nous disions plus haut que le laïcat avait pour tâche d’être l’agent immédiat de la percée de l’Eglise dans le monde, d’opérer activement la présence dynamique de l’Evangile dans la marche du progrès, de faire les structures du monde répondre au dessein de Dieu sur l’humanité et même l’univers.Le frère enseignant choisit un des points les plus essentiels sur lesquels repose concrètement cet ensemble, et cherche à y réaliser en plénitude cette vocation de laïc.Il se met en pointe du laïcat chrétien pour l’accomplissement de la mission de l’Eglise en ce domaine de la formation de l’homme et du chrétien.Il n’y a donc pas dichotomie en lui entre la quête de perfection baptismale vers laquelle tendent ses vœux, ses constitutions, ses exercices religieux, et son engagement actif au service de l’éducation.Tout au contraire.Ce service devant être essentiellement celui d’un baptisé désireux de répondre parfaitement aux appels de la grâce, plus il est enraciné dans sa vie de foi et nourri de charité, plus son action devient vivifiée du dedans et évangéliquement efficace.Il n’est pas religieux et éducateur; il est religieux-éducateur.La nuance nous paraît importante et souvent mise dans l’ombre par les frères eux-mêmes.Chez lui la vie professionnelle ¦—- à première vue identique à celle de tout professeur même non FRÈRES ENSEIGNANTS 231 chrétien — ne vient pas se surajouter à son être-chrétien.Elle représente au contraire la floraison de celui-ci au cœur de la mission de l’Eglise.Aussi, normalement, sa formation religieuse, son style de vie religieuse doivent-ils être tels que tout dans sa vie conflue vers son engagement apostolique.Car il n’est pas un moine qui occuperait ses loisirs en donnant des cours, un peu comme les trappistes qui font du fromage.Il est un enseignant, un laïc engagé dans une ligne spécifique d’action apostolique, cherchant un accomplissement plénier de sa vocation laïque, et puisant dans sa vie religieuse les moyens lui permettant d’y atteindre.Il n’est pas non plus un chrétien avide de perfection personnelle et utilisant le don de lui-même à la tâche ecclésiale de l’enseignement comme moyen d’y parvenir.Il est un membre laïc de l’Eglise de Dieu, attentif à toutes les pulsations en lui de la grâce baptismale, dans ses deux battements, inséparablement liés l’un à l’autre, de recherche d’une union étroite au Christ Seigneur et recherche d’un don de soi à ses frères.Nous avons montré ailleurs comment et pourquoi d’une part on ne pouvait s’unir au Christ sans se donner à ses frères et d’autre part on ne pouvait se donner à ses frères sans une réelle union au Christ.C’est vrai de tout chrétien, spécialement de ceux qui font profession de tendre à la perfection.Il n’est pas nécessaire que cet apostolat s’exerce dans une institution d’enseignement officiellement reconnue comme chrétienne.Souvent même il semble préférable qu’il en soit autrement.Nous sommes habitués, dans les pays chrétiens et dans ceux où l’Eglise a dû pour se préserver créer son propre système d’éducation, à des écoles, des collèges, voire des universités dits confessionnels.En beaucoup de régions la coutume veut encore que chaque communauté soit en charge d’un certain nombre d’écoles dont elle porte collectivement la responsabilité.Faire le procès de cette situation serait puéril.Il faut pourtant admettre que tout n’y est pas parfait.On concentre en effet ces forces vives que représente un groupe de religieux sur un ensemble d’enfants déjà chrétiens et appartenant normalement à des familles soucieuses de leur donner une authentique éducation chrétienne : pourquoi donc, autrement, consentiraient-ils à la charge pécuniaire que nécessite ordinairement cet enseignement ?Voilà donc les apôtres les mieux formés (du moins théoriquement), les chrétiens les mieux irrigués 232 VIE RELIGIEUSE par la vie de la grâce, les laïcs appelés à une vocation de pointe, voués à exercer leur apostolat là où d’autres laïcs chrétiens feraient l’affaire s’ils étaient animés par un petit noyau de militants ou de religieux.N’est-ce pas là un certain gaspillage du dynamisme évangélique ?Pourquoi des frères compétents — et nous avons vu que la compétence était l’une de leurs obligations religieuses — n’iraient-ils pas exercer leur apostolat d’enseignants en dehors du cercle des écoles chrétiennes, se faisant employer par l’Etat sur la base de leur valeur professionnelle ?Inutile qu ’ils y aillent en affichant ostensiblement leur qualité de religieux par un habit quelconque (ils n’y vont pas pour le recrutement de leur Institut).Inutile même qu’ils déclarent officiellement leur christianisme à leur employeur : un laïc professeur ne présente, pour obtenir un emploi, que ses titres professionnels.Leur action, la qualité de leur dévouement, leur conscience dans le travail, leur façon de réagir devront normalement suffire, s’ils sont de vrais et fervents religieux, à montrer leur identité.Il nous semble que, surtout dans la situation actuelle de l’Eglise dont nous reparlerons, là doit être l’idéal même en des pays où l’on ne conteste pas à l’Eglise le droit d’avoir ses écoles propres.Qu’on nous comprenne bien.II ne s’agit pas de supprimer au d’affaiblir les écoles chrétiennes là où elles existent ! Mais nous pensons qu’il suffit, lorsqu’elles dépendent d’instituts religieux, d’y laisser une équipe dynamique capable de jouer parmi les autres maîtres chrétiens, non religieux, un rôle d’animation et peut-être, là où ce sera nécessaire, de prendre en mains la catéchèse.Les autres forces vives doivent être dispersées selon les appels et les besoins là où l’Eglise n’est pas officiellement présente, là même où elle est quelque peu mise à l’écart.Non pas pour y exercer un prosélytisme ridicule et toujours inutile, mais simplement pour y rendre présent et vivant l’Evangile de Dieu.Dans une telle situation, le frère enseignant se sent alors vraiment un laïc portant sur ses épaules, à sa mesure, la responsabilité de l’Evangile, et cela beaucoup plus que dans la solution aujour-d’hui commune où son confinement dans les limites des institutions confessionnelles tend à émousser son sens d’invention apostolique et son intuition évangélique.Plongé dans tout le réalisme de la FRÈRES ENSEIGNANTS 233 pâte humaine, il lui faut être alors témoin de l’Eglise, se mettre en pointe de l’action de celle-ci dans le milieu de l’enseignement.Sa vie religieuse lui fournit l’assise et l’énergie lui permettant de l’être en plénitude.Car, dans un milieu étudiant polyvalent, il a non seulement à rendre personnellement (par sa vie et sa compétence) témoignage au Christ, mais aussi à susciter chez les autres chrétiens un engagement pour l’Evangile, à regrouper les croyants, à inventer, en dialogue avec les aumôniers là où ils existent, des formes neuves de catéchèse.Bref, il devient le ferment du laïcat chrétien, accomplissant une fonction ecclésiale essentielle au service de l’Evangile.Et cela, non pas dans des buts lucratifs, ni pour une gloire humaine, mais uniquement pour l’amour du Christ et des hommes.Inutile donc de vouloir, comme le préconisent plusieurs, limiter alors son enseignement à la catéchèse.Certes, là où on la lui demandera, celle-ci sera son champ privilégié, s’il est compétent : on ne s’improvise pas catéchèse, et la catéchèse exige une longue formation dont on ne fait que mettre sur pieds les bases.Mais il nous paraît nécessaire que le frère enseignant entre normalement dans le milieu scolaire non confessionnel sur la base d’une compétence qui ne soit pas strictement religieuse et qui, au contraire, soit ouverte à un domaine du savoir humain dit profane.Il n’est pas, en effet, semi-aumônier, et s’il conçoit ainsi son engagement apostolique il fait gravement fausse route.Il ne vient pas non plus accomplir une besogne de suppléance là où un enseignement chrétien n’est pas donné.Il est chrétien-laïc, cherchant à exercer en plénitude sa vocation laïque.Or un chrétien-laïc ne peut pas, sous prétexte d’apostolat, limiter son enseignement au champ des sciences religieuses.Et cela non pas pour de simples raisons d’opportunité ou de propagande, mais pour une raison d’ordre théologique.Car le dessein divin sur l’homme embrasse la totalité du mystère humain.Il ne se borne pas à ce que nous appelons le surnaturel; il étreint tout ce qui fait de l’homme ce que son Créateur et Sauveur veut de lui.Depuis la Pâque, Dieu — on semble souvent l’oublier — n’a pas cessé d’être le Créateur, et n’a pas relégué dans les oubliettes du passé son plan concernant la nature.L’épanouissement et l’éducation des valeurs naturelles appartiennent au dessein de Dieu, et elles aussi sont sauvées dans le Christ. 234 VIE RELIGIEUSE C’est cette totalité de l’humain que l’apôtre chrétien doit chercher à réaliser dans le monde, pour le bien des hommes et la gloire de Dieu.Si le frère est essentiellement un laïc engagé pour Dieu dans la ligne spécifique de l’éducation de l’homme, il ne peut pas mettre hors de son champ d’action les disciplines naturelles dites profanes.Une telle vocation est rude ! Mais c’est alors que la vie commune révèle son importance.Elle est le milieu évangélique permettant au frère, engagé en pleine bagarre humaine pour l’Evangile, de reprendre sans cesse contact avec les sources vives de la grâce.Lorsqu’il rentre le soir dans sa communauté il doit normalement y trouver d’une part un climat de prière vraie (non pas une kyrielle de patenôtres) et une nourriture spirituelle pour religieux adulte (non pas l’éternelle répétition des causeries du noviciat), d’autre part une communion fraternelle authentique.Car la communauté religieuse n’est pas simplement le cadre juridique fournissant matière à obéissance et à ascétisme, « une sorte de purgatoire perpétuel préparant aux joies éternelles ».Elle se définit comme une cellule de vie évangélique partagée dans la fraternité.Qui dit vie évangélique dit tout à la fois vie de sainteté personnelle et vie d’engagement ecclésial.Aussi est-ce normalement dans l’amitié de ses frères, le dialogue franc avec eux, la révision de vie commune, que le religieux peut juger son action, affiner son sens apostolique, confronter certaines de ses options avec la lettre de l’Evangile, voir si ses intentions sont toujours désintéressées et ne s’engorgent pas dans des ravins dangereux, mesurer la qualité de son témoignage.Le laïc non religieux n’a pas à son service ce merveilleux instrument de perpétuel ressourcement ! Il ne jouit pas non plus de la libération matérielle et financière que donnent les vœux, libération qui doit précisément servir à la qualité de l’engagement apostolique et non se convertir en une bourgeoise et égoïste quête de confort, car alors elle dégénérerait en vice.Et si cette activité du frère dans un milieu non spécifiquement religieux risque de l’amener à « perdre sa vocation », il faut alors se poser deux questions : d’abord avait-il une authentique vocation religieuse, ensuite vivait-il dans une authentique communauté de charité religieuse ?Il faudra qu’un jour des visites canoniques corn- FRÈRES ENSEIGNANTS 235 mencent à s’intéresser plus à la qualité de charité des frères qu’aux mesquins problèmes d’horaires.2.LES FRÈRES ENSEIGNANTS ET L'ÉGLISE D'AUJOURD'HUI Faut-il encore des frères enseignants ?A la question posée de cette façon directe nous répondons OUI, sans la moindre réticence.Nous ajoutons même qu’il nous semble qu’à cette étape-ci de l’histoire du Peuple de Dieu ils ont un rôle essentiel à jouer, que s’ils disparaissaient l’évangélisation se heurterait à de gros handicaps.Nous nous trouvons en effet à un tournant de la vie de l’Eglise, marqué surtout par une redécouverte profonde de la fonction royale des laïcs.Le mouvement dans ce sens nous apparaît irréversible.Si nous sommes fidèles aux intuitions âe la théologie actuelle et attentifs aux implications des textes du Concile, le laïcat, est appelé à remplir dans l’évangélisation du monde une fonction de premier plan.Il ne s’agit pas là d’une mode passagère, ni d’une idée quelque peu originale née dans le cerveau de théologiens échauffés.Tout nous prouve que dans le mouvement actuel l’Esprit de Dieu est à l’œuvre.L’avenir de l’Eglise dépendra de la qualité apostolique de son laïcat.Par là notre siècle renouera avec la tradition séculaire qui a poussé les moines (des laïcs) à franchir les océans et les monts pour porter l’Evangile.Mais ce laïcat aura besoin d’être animé du dedans d’une façon qui lui soit homogène, par des hommes inscrits au cœur de sa mission.Et de multiples façons.Au plan de la vie de foi en son éducation première et son rayonnement dans les circonstances ordinaires de l’existence, rien ne pourra jamais remplacer le témoignage-de foyers vraiment chrétiens, hantés par le désir de vivre leur mariage comme une vocation d’Eglise.Pour la percée de l’Evangile-dans les divers milieux de vie, on ne pourra guère évincer l’action de militants ardents, communiant vraiment au destin des hommes-, de ces milieux et à toutes leurs responsabilités familiales, syndicales, sociales.Il reste que pour certains objectifs plus précis et plus urgents l’Eglise aura besoin d’apôtres laïcs spécialisés, intégralement disponibles.Là nous retrouvons les frères, qu’il s’agisse des 236 VIE RELIGIEUSE enseignants, des contemplatifs, des hospitaliers, des formes neuves qu’il faudra sans doute inventer.Car la vie religieuse, par ses vœux et le détachement qu’ils opèrent, crée une entière disponibilité apostolique.Il suffit de s’être occupé d’équipes de foyers pour constater combien les charges familiales mobilisent l’essentiel des forces vives des jeunes chrétiens mariés.Et c’est normal, le mariage étant une vocation sacramentelle, déposant dans le cœur des enfants le germe initial d’où généralement le reste dépend : nous savons aujourd’hui quels sont les risques d’une éducation familiale ratée.Il serait monstrueux que des époux détruisent leur foyer pour s’occuper d’autres besognes d’Eglise, bâclent la formation chrétienne de leurs enfants pour mettre sur pieds des plans apostoliques.Tandis qu’un laïc-religieux, en dialogue vrai et continuel avec les autres laïcs, peut, lui, se donner tout entier à un apostolat extra-familial.Sa qualité de religieux apparaît ainsi — et ce point nous paraît essentiel, trop mis dans l’ombre — comme un service rendu aux autres laïcs, un don de son temps et de ses forces pour l’œuvre commune que tous ensemble doivent bâtir, chacun « selon l’appel du Seigneur».N’oublions pas qu’il appartient au laïcat, que donc son activité doit s’inscrire au sein de la mission des laïcs, et que sa recherche de perfection évangélique doit porter là d’abord ses fruits.Nous disons donc : OUI, les frères ont encore leur place.Nous ajoutons cependant ceci : à condition que les communautés actuelles sachent à temps se réformer, voire se re-fonder (ce qui ne veut pas dire se saborder, mais au contraire repartir sur des bases rénovées et repensées en fonction du temps actuel).Il nous semble en effet que les Instituts actuels charrient avec eux trop d’éléments vétustes ne cadrant plus avec les besoins d’aujourd’hui.Il serait faux de croire qu’une congrégation religieuse doit toujours demeurer dans la forme exacte donnée par le fondateur.On tourne alors à la sclérose, et c’est peut-être le cas de plusieurs communautés de frères enseignants qui se sentent guindées dans des législations datant de plusieurs siècles et hésitent à les modifier.Ce qui compte avant tout c’est l’esprit du fondateur, le but qu’il visait, la qualité du service qu’il voulait rendre à l’Eglise.Règles, constitutions, coutumes, ne sont que moyens pour cet esprit, ce FRÈRES ENSEIGNANTS 237 but, cette qualité.Lorsqu’elles y font obstacle, qu’elles ne répondent plus à leur valeur de moyen, il faut les remplacer.On retourne alors à l’esprit du Fondateur et, l’ayant défini avec netteté, on cherche ce qui permet aujourd’hui de le vivre.C’est ce que nous appelons re-fonder une communauté, la relancer, lui faire subir non pas un époussetage, encore moins un replâtrage, mais une véritable mue.Il y faut beaucoup d’audace, beaucoup de prudence (au sens thomiste du terme), mais surtout beaucoup de foi en l’Eglise.D’ordinaire les mesures trop timides ne servent à rien : que l’on compare pour s’en convaincre le sort de la vigoureuse et ferme réforme liturgique du Concile et celui d’autres projets pourtant aussi importants mais dans lesquels on a trop voulu chercher des demi-mesures.Parmi ces points qu’il faut redéfinir, il nous semble que deux surtout sont importante.Du premier nous avons déjà longuement parlé plus haut : la place exacte du religieux-frère au sein du laïcat.Nous croyons d’ordinaire que religieux et sacerdotal sont presque synonymes, et nous concevons la vie du religieux-laïc non sur le type d’une vie laïque mais sur celui d’une vie de religieux-prêtre.Est-ce logique ?N’y a-t-il pas moyen de trouver un style de vie authentiquement religieuse fait pour des laïcs ?Les Instituts séculiers auraient sur ce point beaucoup à nous apprendre si plusieurs d’entre eux ne semblaient pas tentés eux aussi d’adopter des formes quasi monastiques de vie spirituelle pour leurs membres.Il ne s’agit évidemment pas de tout bouleverser a priori, de décréter (comme nous l’avons entendu proposer) que l’oraison n’a pas sa place chez des frères, d’abolir tout ce qui ressemble à une discipline spirituelle.Ce serait de l’enfantillage.Mais il importe pourtant de redonner à la vocation de frère enseignant son incrustation dynamique dans le laïcat.L’autre point que nous voulons souligner est l’organisation interne des Instituts.Influencés par l’exemple de cet efficace corps apostolique clérical qu’est la Compagnie de Jésus, la plupart sont aujourd’hui étroitement centralisés.Tout y est réglé avec minutie par l’autorité suprême, et la moindre infraction à un point quelque peu précis de l’horaire ou de la discipline doit etre signalée en haut lieu.Le supérieur local se voit parfois en face d’uné véritable comptabilité disciplinaire dont il doit rendre compte, souvent en 238 VIE RELIGIEUSE remplissant des formulaires ad hoc.A la maison généralice tout est enregistré fidèlement.On comprend que, dans pareilles conditions, les initiatives apostoliques ne puissent pas fleurir aisément ! Les supérieurs locaux n’ont pas un vrai pouvoir de jugement évangélique sur les besoins du milieu chrétien et le rôle concret que doit y jouer leur communauté ; ils en arrivent à se considérer comme de simples gardiens de la discipline, non plus comme les animateurs de la vie apostolique.Ne conviendrait-il pas, au contraire, que, sous le contrôle de visites canoniques sérieuses et accueillantes aux vrais besoins des frères, chaque petite communauté puisse s’organiser en fonction de son engagement dans le milieu ?Evidemment, lorsque tous les religieux enseignent à la même école on peut facilement établir un rythme de vie standard; il n’en va plus ainsi lorsque tous doivent se disperser en divers lieux pour leur apostolat.Dans ce cas la vie de communauté est trop importante, son apport trop essentiel pour que l’on consente à la rendre esclave de règles stéréotypées ne permettant pas à tous les religieux d’en profiter.Même dans le système actuel nous connaissons des frères habitant dans une petite communauté mais suivant des cours dans une faculté : ils ne peuvent pas vivre la vie de la communauté parce que l’horaire de celle-ci ne peut pas être changé, bien que tous les religieux eussent désiré cette infime modification.# Nous espérons que les lecteurs de ces lignes comprendront que nous les écrivons dans un reel sentiment d’amitié et de communion pour les frères enseignants.Nous croyons fermement en la valeur et en la nécessité de leur vocation.Si nous soulignons parfois d’un trait fort certains aspects qui nous paraissent à réformer, ce n’est pas pour inciter à la critique dissolvante ou pousser des religieux à quitter leur communauté.Loin de là.Lorsque l’on s’est engagé par vœu dans un Institut, librement et consciemment, on ne peut plus se sentir étranger à lui; il est entré dans la chair.On peut souffrir de ses imperfections, souhaiter ardemment un changement, travailler activement à son évolution ; on ne peut plus se résigner FRÈRES ENSEIGNANTS 239 à l’abandonner.Face an Christ, face à l’Eglise, on est tenu de lui être fidèle.Toute fidélité exige la Croix.Les religieux semblent l’oublier trop aisément, et ne donnent pas sur ce point un témoignage toujours évangélique : souvent sévères lorsqu’ils parlent de la fidélité conjugale et admettant avec tout leur milieu chrétien l’indissolubilité du mariage, ils rompent parfois allègrement le lien les unissant à leur communauté religieuse.Ceci nous paraît fort grave, et il faudra que les théologiens s’attaquent de front à ce problème.Répétons que nous n’avons qu’un but, et qu’il est positif : instaurer un dialogue entre théologiens et religieux enseignants pour que dans l’Eglise de Dieu ces derniers puissent continuer l’œuvre merveilleuse qu’ils ont jusqu’ici accomplie.Nous craignons que si la situation actuelle n’est pas envisagée avec réalisme et si des réformes courageuses ne sont pas entreprises l’avenir même des Instituts de frères enseignants soit gravement mis en cause.Dernière remarque : nous n’avons envisagé ici qu’un aspect de la vocation religieuse des frères enseignants, leur engagement actif dans l’Eglise.Est-il nécessaire de noter que nous ne réduisons cependant pas leur vie religieuse à cette activité ?Ils sont d’authentiques religieux, et le «pour Dieu» de leur profession d’une part est la valeur première de leur existence, informant du dedans leur tâche active, d’autre part leur impose ses exigences propres.Ils n’ont pas pour unique raison d’être de servir l’Eglise dans une des lignes maîtresses de son agir évangélique.Ils sont, avant tout, signes de la puissance de l’agapè.Mais nous nous sommes attardés ailleurs sur ces aspects, et c’est pourquoi nous ne voulons pas y revenir ici. 240 VIE RELIGIEUSE JEUNES RELIGIEUX ET VIE RELIGIEUSE par Lorenzo Boisvert, o.f.m.Prof, de Théol.dogmatique Collège franciscain de Théol.5750, bout.Rosemont, Montréal.« L’époque actuelle est en voie de grandes transformations, de bouleversements et de développements qui changent profondément non seulement ses manières extérieures de vivre, mais aussi ses manières de penser.Sa pensée, sa culture, son esprit sont intimement modifiés soit par le progrès scientifique, technique et social, soit par les courants de pensée philosophique qui l’envahissent et la traversent » (Paul VI, Ecclesiam suam, éd.des Filles de S.Paul, p.10).Tout cela, comme des vagues de fond, enveloppe et secoue la vie religieuse elle-même.Quelles que soient les tares qui peuvent marquer la civilisation actuelle, il faut reconnaître aux générations d’aujourd’hui des qualités et des exigences qui sont à leur honneur, et qu’elles désirent voir respectées même dans la vie religieuse.Leurs traits principaux, qui les marquent le plus profondément, peuvent se ramener aux quatre points suivants : le sens du relatif, le sens de l’authentique, le sens de la personne et le sens de la communauté.Si la vie religieuse présente aux jeunes générations un visage sur lequel ces traits principaux sont fortement accentués, elles y seront attirées; sinon, la vie religieuse les éloi- JEUNES RELIGIEUX 241 gnera, car elles auront l’impression nette que la consécration à Dieu implique la négation de ces valeurs, qu’elles jugent, à bon droit, fondamentales; que la vie religieuse entraîne une diminution de la personne.Analysons chacun de ces traits, et les exigences qui en résultent pour la vie religieuse.1.LE SENS DU RELATIF Les religieux, marqués par la civilisation technique actuelle, sont sensibles à la distinction absolu-relatif.Ce n’est pas qu’ils donnent dans le relativisme, qu’ils refusent d’accepter des valeurs absolues.Au contraire.S’ils veulent que l’absolu reste absolu, ils tiennent également à ce que le relatif demeure relatif ; et donc qu’on ne présente pas comme inchangeable, ce qui est sujet aux changements.Le sens aigu de cette distinction leur facilite, par exemple, l'acceptation des nombreuses modifications effectuées dans les rites liturgiques, dans la langue et le chant.Ils comprennent tout de suite que ce qui ne peut changer, ce sont le sacrifice eucharistique et les sept sacrements, parce que d’institution divine.Mais les rites de leur célébration sont soumis aux variations des peuples et des époques.Pourquoi en effet célébrer l’Eucharistie dans une langue inaccessible aux membres de la communauté chrétienne, alors que le sacrifice eucharistique est l’acte même de cette communauté ?N’est-il pas normal que les chrétiens expriment leurs sentiments dans leur propre langage, ce qui facilite leur participation eucharistique ?N’est-ce pas normal que le chant, qui a pour but de susciter et de traduire les sentiments de la communauté chrétienne, soit adapté à la sensibilité religieuse des membres de cette communauté ?Si la langue leur est incompréhensible, si les mélodies sont tellement spécialisées qu’ils n’arrivent plus à les chanter, si elles ne correspondent plus à leur sensibilité musicale, de sorte qu’ils ne parviennent pas à s’exprimer par elles, pourquoi alors s’entêter à les conserver ?Il n’est dit nulle part que le chant grégorien, si beau et si riche qu’on veuille, fasse partie essentielle de la célébration eucharistique.En conséquence il ne faut pas y tenir comme à de l’absolu, puisque c’est du relatif.Il est même normal que le chant et la musique liturgiques soient aussi diversifiés que les peuples.Pourquoi, en effet, les peuples d’Afrique, qui 242 VIE RELIGIEUSE s’expriment au son du tam-tam, ne continueraient-ils pas à traduire leurs sentiments religieux dans cette musique qui est la leur et qu’ils reconnaissent ?Pourquoi la danse elle-même, qui fait partie si intégrante de leur vie, qu’elle leur sert à exprimer leurs joies et leurs peines, ne serait-elle pas incluse dans les rites de la célébration liturgique ?En soi, rien ne s’y oppose.Beaucoup de raisons, au contraire, militent en faveur de cette intégration.Cet exemple peut aider à comprendre que les religieux, marqués par la civilisation actuelle, ont un sens profond du relatif, et que les nombreux changements, opérés au niveau de la liturgie, ne les trouvent pas désemparés.C’est plutôt le refus du changement qui les étonnerait.Appliqué à la vie religieuse actuelle, ce sens du relatif les pousse à se désintéresser de certaines pratiques traditionnelles, qui jadis avaient beaucoup d’attrait, mais qu’ils jugent contingentes et inadaptées.Il ne faudrait pas en conclure trop vite que c’est, chez eux, un manque de générosité ou de fidélité.C’est plutôt un refus de considérer comme essentielles des pratiques qui sont contingentes, et le désir qui en résulte de les modifier quand, à leurs yeux, elles n’ont plus de sens.Malgré un effort sincère, ils n’arrivent pas à les prendre au sérieux.D’où aussi le malaise qu’ils éprouvent devant le refus catégorique de les modifier, surtout quand ce refus ne s’accompagne d’aucune explication justificative, qui tenterait de montrer la raison toujours valable de ces coutumes, si de fait elles restent valables.Le sens du relatif entraîne aussi chez les jeunes religieux une sorte de dévalorisation des formes externes de la vie religieuse.Ils n’y attachent pas la même valeur ni le même respect que jadis.Ils se sentiront même plus coupables d’un manque de charité fraternelle que de la transgression d’une coutume extérieure.Ils iront même jusqu’à enfreindre volontairement une prescription, quand la charité fraternelle semblera l’exiger.C’est ainsi, par exemple, qu’ils estimeront valable et méritoire aux yeux de Dieu de manquer au grand silence, quand un compagnon semblera avoir besoin d’un échange qui le réconforterait.Cette attitude, qui leur paraît des plus logique, se situe pour eux dans le sens même de la docilité et de l’obéissance.Ils seraient profondément attristés si un supérieur interprétait leur conduite comme un manque de fidélité au règle- JEUNES RELIGIEUX 243 ment.Ce supérieur leur paraîtrait attacher trop d’importance à la lettre, aux dépens de l’esprit qui l’anime, faire passer le contingent avant l’essentiel.2.LE SENS DE L'AUTHENTIQUE Vous savez à quel point les jeunes sont heurtés par l’inauthen-tique.Le faux marbre, le faux bois, les imitations de toutes sortes, les font grimacer.Ils veulent que les choses leur soient présentées sous leur vrai visage.Ils préfèrent la vérité crue aux raffinements hypocrites du camouflage, et se sentent littéralement frustrés si, un jour, ils se rendent compte qu’on les a «embobinés», qu’on leur a « joué dans le dos ».Ce sens de l’authentique va susciter chez les jeunes religieux de nombreuses réactions face au mode actuel de leur vie communautaire.Il les inclinera à un style de vie plus sobre et plus simple, en meilleure harmonie avec leur vœu de pauvreté.C ’est ainsi, par exemple, que nos étudiants en théologie ont demandé, il y a deux ans, d’abréger leur séjour d’été à notre camp de repos du Mont-Tremblant.La grande raison qu’ils ont alléguée, c’est la mauvaise conscience qu’ils éprouvaient à passer un mois dans une maison d’été, alors que les gens ordinaires, les ouvriers, ne le pouvaient pas.Cette raison nous a paru si valable et si généreuse que nous avons réduit leurs vacances au lac, d’abord à quinze jours, puis cet été, à dix jours, pour répondre à leur désir.D’autre part cette vie plus sobre des jeunes religieux les incline parfois à une certaine dureté contre les bourgeois, qu’ils les rencontrent dans le monde ou dans les communautés religieuses.Ils sont même pris d’une sainte indignation devant la vie calme et «installée» de certains religieux, surtout si une telle vie s’accompagne d’une observance extérieure exemplaire; c’est pour eux le sommet du formalisme, de l’inauthentique.Par contre ils éprouvent une réelle vénération pour les religieux plus âgés qui font preuve d’un véritable esprit de prière, d’une mentalité religieuse authentique, même si leur fidélité aux exercices manque de constance.Et ce serait pour eux une offense, s’il fallait que le supérieur se rende aux exercices de communauté pour leur donner le bon exemple.Ils s’en moqueraient un peu.Ils préfèrent de beau- 244 VIE RELIGIEUSE coup que le supérieur demeure lui-même, et se manifeste tel qu’il est, sans vouloir leur donner le change dans le but de les édifier.Le sens de l’authentique engendre également chez eux une certaine aversion pour les supérieurs qui « tiennent à leur autorité et à leur prestige », qui rabaissent leur fonction de service jusqu’à en faire une question personnelle, comme si l’autorité qu’ils détiennent ne devait pas les mener à s’oublier eux-mêmes dans un but de meilleur service.Les jeunes ont plus de respect pour l’autorité morale que pour l’autorité canonique.Leur sens de l’authentique les incline à accepter plus facilement les commandements des supérieurs dont la vie est en accord avec ce qu’ils commandent, que les ordres de ceux qui disent mais ne font pas.Ce n’est pas que les jeunes souhaitent des supérieurs indulgents et mous ; mais plutôt des supérieurs authentiques, qui croient si bien à la valeur de ce qu’ils réclament, qu’ils commencent par le pratiquer avant de l’imposer.Ils désirent aussi que leurs commandements ou leurs interdictions aient du sens, et qu’on leur en explique la signification.Ils se refuseraient, intérieurement du moins, à exécuter des ordres qui contrediraient le bon sens, ou qui exigeraient d’eux une obéissance aveugle.C’est une forme d’obéissance qu’ils n’ont pas en particulière estime.Le sens de l’authentique incline aussi les jeunes religieux à désirer la suppression des coutumes anachroniques qui proviennent, non d’un principe religieux, mais de la condition sociologique de l’homme dans les temps passés, de même que l’adaptation des Règles, constitutions et coutumes qu’ils jugent d’un autre âge.Le problème est par eux vite résolu : il faut ou bien suivre les règles établies, ou bien les supprimer, autrement on jette sur elles le discredit, et on s’habitue au mépris de la loi.Mieux vaut quelques prescriptions qu’on observe, que beaucoup de prescriptions qu’on n’observe pas et qui demeurent lettre morte.Il en va de même au niveau des prières.Leur sens de l’authentique ne leur facilite pas la prière dans les formules, surtout quand ces formules sont trop nombreuses et inadaptées.Ils reconnaissent que certaines formes de prière étaient valables il y a vingt-cinq ou cinquante ans, et pouvaient alors engendrer ou soutenir la prière intérieure.Mais ils se rendent compte, d’autre part, JEUNES RELIGIEUX 245 que ces mêmes formes de prière ne s’harmonisent pas avec leur sensibilité religieuse, et peuvent même devenir un obstacle à la vraie prière.Ce n’est donc pas par mauvaise volonté ou frénésie du nouveau que les jeunes religieux réclament des formules de prière adaptées; c’est parce qu’ils désirent prier vraiment lorsqu’ils récitent des formules, qu’ils sollicitent de nouvelles formes de prière.Ils veulent bien respecter ce qu’aimaient leurs aînés, mais ils se refusent à garder par simple traditionnalisme ou conformisme des éléments périmés qui n’auraient d’autre effet que d’entraver leur prière.Ils n’acceptent pas qu’on s’attache aveuglément à des formules pour l’unique raison qu’elles sont anciennes, comme si la seule vétusté leur conférait une valeur spéciale.3.LE SENS DE LA PERSONNE Le sens de la personne et de ses valeurs, qui est l’un des traits caractéristiques de la génération présente, s’explique en partie, je crois, par le phénomène d’urbanisation.Dans la vie rurale en effet, la hiérarchie verticale, la seule existante, constitue l’épine dorsale de la communauté familiale et rurale, alors que dans la vie urbaine viennent s’ajouter «des solidarités horizontales multiples, celles des groupes de travail, des groupes professionnels, idéologiques, des groupes d’amitié ou d’intérêt.Ces nouveaux groupes de solidarité donnent à l’individu l’impression de faire partie de la vaste société, et éveillent en lui la conscience de nouvelles possibilités en ce qui concerne la reconnaissance de sa propre personnalité » (Paul VI, Lettre à la 24e semaine sociale d’Espagne, 11 mai 1965, dans Doc.Cath., LXII, 1965, col.1095).Cette redécouverte des valeurs intégrales de la personne fait que les jeunes religieux portent sur ses composantes, le corps, l’intelligence, l’âme, un regard d’admiration et d’estime, et non ce regard désapprobateur et méprisant que le jansénisme nous a appris à jeter sur le corps et ses fonctions naturelles, sur l’âme et ses tendances au mal.L’alimentation, le sommeil, l’élimination, les rapports conjugaux, la maternité, etc., tout cela apparaît aux jeunes beau et grand.Leur corps a pour eux une telle valeur, qu’ils désirent lui donner ce qu’il requiert d’hygiène et d’exercice pour 246 VIE RELIGIEUSE le maintenir en forme.D’où la vogue du sport chez les jeunes religieux.Par contre ce respect du corps, qu’ils jugent noble et admirable, ne les incline pas à la mortification corporelle, à un style de spiritualité où tiennent la première place les renoncements, les retranchements, les souffrances et les larmes.Ils préfèrent une sainteté qui soit sous le signe de l’épanouissement, et donc du courage, de la générosité, de la joie, de l’amour.Rien ne les rebute tant qu ’une « sainteté renfrognée, aux yeux fermés, à la tête basse et aux mains closes » ; rien par contre ne peut les enthousiasmer comme une spiritualité de conquête, « aux yeux ouverts sur le monde, à la tête haute, aux mains » toujours disposées à donner, une spiritualité de sublimation et non d’annihilation.Le sens de la personne leur fait également concevoir un immense respect, quasi un culte, pour la liberté humaine.Le mot « liberté » est un terme sacré de leur vocabulaire.Conscients de cette valeur imprescriptible de la personne, ils veulent agir comme des êtres libres et non comme des robots.Ils souhaiteraient peut-être que, même dans la vie religieuse, on limitât la liberté dans la seule mesure du nécessaire, qu’on la laissât à elle-même dans toute la mesure du possible.La manifestation, à mon avis, la plus révélatrice de leur sens de la personne réside dans leur conception de l’obéissance et de l’autorité.Ils ont peur d’une obéissance qui étoufferait ou briserait leur personnalité, entraverait sa maturation, mettrait en péril leur dignité humaine.Toute forme d’obéissance qui prend l’allure d’une abdication passive ou le visage de l’infantilisme, leur répugne.Ils désirent un style d’obéissance qui corresponde à des personnes adultes et mûres, qui laisse aux subordonnés beaucoup d’initiative et une plus grande responsabilité envers la communauté tout entière.Ils n’acceptent pas qu’on leur serve, pour stimuler leur obéissance, des formules archaïques comme celles-ci : la volonté des supérieurs, c’est la volonté de Dieu; tout ce que vous demandent les supérieurs, Dieu vous le demande.Ils souhaitent plutôt un dialogue ouvert avec les supérieurs, désirent être écoutés, leurs idées prises en considération et non rejetées pour la simple raison qu’elles diffèrent de celles de leurs aînés, comme si leur seul caractère de nouveauté les rendait sus- JEUNES RELIGIEUX 247 pectes ou fausses.S’ils se sentent accueillis et traités en adultes, s’ils se rendent compte qu’on prête une sérieuse attention à leurs idées, ils admettront assez facilement que les supérieurs puissent prendre des décisions qui ne soient pas toujours conformes à leurs suggestions.Ils reconnaissent en effet qu’ils n’ont pas à imposer leurs opinions aux supérieurs, puisque la communauté religieuse n’est pas une communauté purement démocratique et qu’il serait anormal de refuser d’obéir pour forcer les supérieurs à reconnaître leurs revendications.Dans le but de rendre leur obéissance plus personnelle, les jeunes religieux désirent que les supérieurs leur fournissent les raisons justificatives de leurs commandements ou de leurs interdictions.Ils répugnent à penser qu’une obéissance aveugle soit plus parfaite qu’une obéissance éclairée, motivée.Il leur semble donc anormal que, par principe, un supérieur refuse d’expliquer ses ordres, sous prétexte de rendre leur obéissance plus méritoire.Ils comprennent sans doute qu’il est des cas, exceptionnels toutefois dans le gouvernement ordinaire d’une communauté, où le supérieur ne peut justifier publiquement ses décisions sans mettre en cause des personnes et trahir le secret professionnel.Il leur paraît aussi évident qu’eux-mêmes n’ont pas un droit strict à exiger que les supérieurs leur rendent compte de leur administration, de leur gouvernement, puisque leur autorité ne leur vient pas d’en-bas, mais d’en-haut.Ils pensent toutefois que, pour favoriser la participation des sujets aux responsabilités des supérieurs, il est très utile que ces derniers leur expliquent le pourquoi de leurs décisions, dans la mesure du possible.Une telle attitude sera interprétée comme une marque de confiance, comme un signe de traitement adulte et de respect des personnes.Leur sens de la personne les amène également à désirer des supérieurs qui soient pour eux des guides, des conseillers, un appui dans leurs difficultés.S’il leur arrive de se tromper, d’être faibles dans leur vie religieuse, ils acceptent qu’on soit exigeant à leur égard, sans toutefois être dur.Us supportent mal les reproches blessants, écrasants; ils « tirent plus de profit d’une remarque amicale que d’une punition sévère».Il leur semble tellement plus normal d’être invités au dépassement, que d’y être poussés rudement. 248 VIE RELIGIEUSE 4.LE SENS DE LA COMMUNAUTÉ Le dernier trait, caractéristique de la génération actuelle, est le sens de la communauté.La technique moderne lui rend pour ainsi dire le monde entier présent et lui permet de prendre conscience de la situation réelle de l’humanité.Les jeunes ont donc la conviction de ne former, avec tous les hommes, qu’une seule communauté.Ils parlent des hommes comme de leurs frères, et lorsqu’ils ont prononcé les mots de « fraternité humaine», ils ont tout dit.Les jeunes gens, qui embrassent la vie religieuse, continuent de communier aux angoisses des hommes, à leurs misères.De même qu’ils souffrent des injustices sociales, de voir certains peuples affamés et d’autres gavés, ainsi ils se réjouissent de l’émancipation du monde ouvrier, de la promotion des classes plus faibles.Ils vont même jusqu’à comparer leur propre style de vie avec celui des pauvres, et ils ont mauvaise conscience de leur sécurité matérielle quand ils savent que beaucoup de leurs frères, près d’eux, vivent dans l’insécurité, et parfois dans l’indigence.Laissés à eux-mêmes, ils choisiraient volontiers un petit logement en quartier pauvre, où ils pourraient vraiment adopter le mode de vie des pauvres.Ce serait pour eux une exigence de fraternité humaine, en même temps qu’un signe de réelle sympathie à l’égard des déshérités de la vie.Leur sens de la fraternité humaine ne les incline pas seulement à se tenir à l’écoute des autres pour communier à leur bonheur et à leurs peines, mais aussi à se tenir en contact étroit avec les gens du monde, leurs frères.D’où leur désir de rencontres et de rapprochements.Dans cette optique, la séparation, la fuite du monde, n’est pas loin de leur paraître une faiblesse, pour ne pas dire une lâcheté.Ils ont par contre en particulière admiration les instituts séculiers dont les membres vivent en plein monde, participant ainsi à ses difficultés et à ses risques.Cette forme de vie consacrée leur apparaît plus réelle, plus incarnée, moins méprisante pour ce monde qu’ils ne peuvent considérer comme «pourri», et contre Dieu.Ils portent en eux une immense confiance dans la bonté des hommes, leurs freres, et une grande admiration pour leur style de vie chrétienne.On est certain de gagner leur atten- JEUNES BEL1GIEUX 249 tion en exposant la grandeur de la spiritualité du laïcat et de l’amour conjugal.Ce besoin d’être en contact avec le monde, de ne pas vivre séparés de lui, les pousse à se tenir au courant des problèmes de l’humanité, et pour ce, à utiliser abondamment les moyens modernes de communication.Le cinéma, par exemple, qui pouvait être considéré par les aînés comme une récréation, traduit pour eux toute « une problématique ».Certains films peuvent même les marquer dans leurs engagements religieux beaucoup plus profondément que certaines conférences spirituelles.Il en va de même pour la télévision.Ils y voient surtout un médium de contact avec la communauté humaine, et non d’abord un obstacle possible à l’avancement spirituel.Le refus total d’utiliser ce moyen de communion leur semblerait pour le moins ridicule.Est aussi révélateur de ce besoin de communion le désir qu’ils éprouvent de faire un certain nombre d’expériences, surtout parmi les ouvriers, les malades, les pauvres, les méprisés de la vie.Ils iront même jusqu’à sacrifier leur temps de repos dans une maison d’été, s’il est incompatible avec ces expériences.C’est ainsi, par exemple, que pour répondre au désir pressant de nos étudiants en théologie, nous leur avons permis, cet été même, de faire certaines expériences, à leur choix.De fait, quatre ont travaillé un mois durant dans le milieu noir de Washington; cinq ont donné un mois de leurs vacances pour aider les frères des pauvres auprès des vieillards du quartier Saint-Henri, à Montréal ; cinq autres ont passé le mois d’août au Foyer de charité, où se rencontrent toutes les misères humaines, surtout physiques ; quatre se sont associés à un groupe d’universitaires de Montréal pour assumer la responsabilité de deux camps de vacances, sous la tente, organisés en faveur des familles pauvres de Montréal; dix ont travaillé pendant trois semaines et demie dans une colonie de vacances pour enfants.Ce besoin d’expériences estivales se rencontre dans la plupart des séminaires et scolasticats de la région métropolitaine.Le sens de la communauté chez les jeunes religieux se traduit aussi à l’intérieur de la vie communautaire par le désir d’égalité entre les membres d’une même fraternité.Ils souffrent de la distinction des catégories qui existe dans certaines communautés d’hommes.Ils voudraient que les pères et les frères convers ne 250 VIE RELIGIEUSE forment qu’une seule fraternité, avec une même salle commune, un traitement identique, une même possibilité d’accès aux charges de la communauté, à égalité de compétence il va sans dire.Une autre manifestation du sens communautaire, chez les jeunes religieux, c’est la camaraderie, l’esprit d’équipe et de coopération.D’où la réduction considérable de ces fameuses « amitiés particulières », entendues au sens péjoratif, qui paralysaient parfois la vie communautaire de jadis.Us ont par contre un grand besoin d’amitié vraie qui les stimule à devenir plus eux-mêmes et qui, loin de les séparer du groupe, les aide à s’y intégrer davantage.C’est également un autre signe de leur sens communautaire que cette douleur profonde qu’ils éprouvent au départ d’un confrère.Us communient vraiment à la souffrance de celui qui se retire et peuvent en être affectés des mois durant.Leur sens communautaire se manifeste enfin dans leur sensibilité religieuse qui est moins individualiste et fermée qu’autrefois, qui se sent en parfaite consonance avec les grands mouvements biblique, liturgique et œcuménique.Us préfèrent les célébrations liturgiques, auxquelles participe la communauté entière, aux pratiques dévotionnelles et aux exercices de piété où chacun prie individuellement.Us auraient même la tentation de faire supprimer toutes ces prières individuelles, croyant que les actions liturgiques ou para-liturgiques communautaires les remplaceraient avantageusement.* # # Les communautés religieuses, qui ne tiendraient pas ou pas suffisamment compte des principales caractéristiques de la génération actuelle, risqueraient de dépérir, faute de vocations.S’il arrive que certains jeunes entrent dans ces communautés, ils se sentiront si mal à l’aise, si frustrés dans leurs aspirations profondes, qu’ils ne pourront y demeurer, ou s’ils y demeurent, ils réussiront difficilement à s’épanouir.L’expérience actuelle démontre que dans les communautés fermées, sans aération spirituelle, sans ouverture sur les grands mouvements d’Eglise et sur le monde, le nombre des religieux fatigués, des malades psychologiques, est JEUNES RELIGIEUX 251 très grand, alors que dans les communautés ouvertes, ce nombre est très restreint.Persévérer dans un état de vie, coûte que coûte, alors qu’on le sent en désharmonie et même en contradiction avec les tendances profondes de son être, ne peut qu’engendrer de la fatigue et du déséquilibre.Si la vie religieuse se présente aux jeunes de notre époque sous le visage de l’épanouissement personnel, du dépassement, d’une dilatation des puissances d’amour, d’un perfectionnement de la liberté et du sens communautaire, elle ne pourra que les attirer et ensuite les rendre heureux.POUR LE RENOUVEAU LITURGIQUE Les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique sont heureuses d’annoncer la publication faite par elles de la Messe des Filioli, écrite sur les nouveaux textes français et signée « Myriem ».Cette messe a été approuvée ad expérimentant par la Commission nationale de Liturgie et les experts assurent qu’elle est « d’une incontestable valeur esthétique ».M.Marius Cayouette, Directeur-adjoint de l’Ecole de Musique de l’Université Laval, en a fait l’accompagnement qu’on peut se procurer chez les Soeurs Missionnaires de Notre-Dame d’Afrique, 2071 Ch.St-Louis, Québec 6.Messe : $0.05 l’unité.Accompagnement : $1.00 (remise au cent). 252 VOS QUESTIONS CONSULTATION Durant la période d’été et de retraites religieuses, de nombreuses consultations nous sont parvenues.A tous ceux et celles qui s’étaient identifiés, nous avons répondu personnellement.Comme plusieurs problèmes ont été soulevés, il nous est impossible de répondre à chacun aujourd’hui.Nous les aborderons séparément.Ces réponses, comme nos précédentes, ne visent pas à satisfaire personnellement le consulteur, mais à jeter une lumière, si faible soit-elle, sur le problème en cause.Est-il vrai que le Pape actuel a félicité les Sœurs qui sont encore capables de porter un costume religieux, disant que cela réjouissait son cœur ?Nous aimerions connaître la pensée de l’Eglise sur ce point.Il s’est dit beaucoup de choses sur le costume, et l’on fait souvent dire au Pape ce que l’on veut.Quelle que soit la thèse qu’on favorise, on trouvera toujours des arguments pour la défendre.La pensée actuelle de l’Eglise sur le sujet du costume est condensée dans le schéma sur les religieux, présenté au Concile.Ce schéma, il est vrai, n’a pas encore été complètement voté, mais tous ceux qui ont participé activement à sa rédaction sont convaincus qu’il ne subira que des modifications mineures, et dans sa présentation seulement.Or ce schéma indique à la 13e proposition : « L’habit religieux, signe de consécration, doit être simple, pauvre, adapté aux besoins de la santé, aux temps et aux lieux, aux besoins du ministère.Le Saint-Siège peut exiger des changements ».Ainsi, d’une part, l’Eglise exige un costume distmctif.Elle s’oppose donc à tous ceux qui préconisent la disparition de l’habit religieux, même sous des prétextes apostoliques.Les soldats ont leur habit, signe de leur service à la patrie; les religieux aussi doivent avoir un signe distinctif de leur consécration.Or la consécration du religieux, comme on l’a maintes fois signalé, est constante; le signe de sa consécration doit être aussi continuel.Et c’est précisément lorsqu’il est en public, qu’il a besoin de se distinguer au milieu des autres.Sans doute, sa propre vie doit être le premier signe de sa consécration, mais il n’exclut pas les autres.Il est donc faux de prétendre que le costume religieux soit uniquement un habit de choeur ou pour les offices à l’église.D’autre part, l’Eglise ne veut pas non plus canoniser certaines formes traditionnelles de costume.La soutane du prêtre et du frère, les « robes » des soeurs, peuvent être considérées comme d’un autre âge si l’on veut.Les F0£ QUESTIONS 253 soldats ont abandonné la tunique romaine, ou les bouffants de l’armée de Napoléon ; les zouaves ne sont plus tellement « dans le vent ».Que des religieuses désirent remplacer leurs « jupes », lorsqu’elles ont à circuler sur la rue, leur intention n’est sûrement pas à l’encontre de la pensée do l’Eglise.Le texte ajoute enfin que l’Eglise se réserve le droit d’intervenir si elle le juge nécessaire.Ceci peut s’entendre de plusieurs façons : soit qu’elle demande aux communautés trop conservatrices d’emboîter le pas; soit qu’elle refrène l’action délirante de ceux qui désirent trop ardemment s’identifier aux gens du monde.L’Eglise est donc pour un juste milieu, sans doute encore bien imprécis.Mais pour y arriver, il faut chercher, il faut des échanges de vue, des essais.Et pour que l’adaptation soit efficace, il importe « que tous les membres des communautés religieuses y coopèrent sous la direction de l’autorité» (prop.3).Alonzo-M.Hamejlin, o.f.m., Directeur NÉCROLOGIE — Les Frères des Ecoles Chrétiennes : Fr.Martin Eusède (Ferdinand Gau-dreau).— Les Frères Maristes : Fr.Louis-Armand (Armand Messier).— Les Soeurs de la Providence : Sr Imelda des Anges (M.Blanche Mondor), Sr Blaise (M.Anne Veillet), Sr Isidora (Estella Mondor), Sr Emmélie Gamelin (M.Bernadette Arnault), Sr Louis-Arsène (Augustine Beauvilliers).— Les Soeurs des SS.NN.de Jésus et de Marie : Sr Marie de la Piéta (M.Anne Gagné), Sr M.du Sacré-Coeur (M.Anne Thibodeau), Sr M.François de Gonzague (Louisa Oharlebois), Sr M.Anatoli en (Alexandrina Forest).1 Les Soeurs de la Charité de Montréal : Sr Ste-Brigitte (Ellen Greeden), Sr Hortense Hélie, Sr St-Irénée (Laura Beaumier), Sr S.Désiré (Ida Laberge), Sr Rose Amm Nadeau Routhier — Les Soeurs de la Charité de Québec : Sr Ste-Marcie (Marie Ouellet), Sr S.Jean du Calvaire (M.Antonia Naud).— Les Soeurs de la Charité de S.Hyacinthe : Sr Françoise (Rose Anna Bazinet), Sr Angéline Desalliers.— Les Soeurs de Ste-Anne : Sr M.de l’Incarnation (Eva Durivage), Sr M.Séraphin (Yvonne S.André), Sr M.Louise de France (M.Anna Coulombe), Sr M.Laurent (Emérentienne Laviolette).— Les Servantes du Coeur Imm.de Marie : Sr M.Jean Charles (M.Séraphine Dorion).— Les Religieuses S.Joseph de S.Vallier : Sr S.Pierre (Marie Sarrazin).— L’Union Canadienne de S.Dominique : Sr S.Dominique du Rosaire (Adina Landry).— Les Soeurs Dominicaines du Rosaire : Sr Anne M.(Adélina Comeau).— Les Soeurs de la Présentation : Sr M.Rose Alice (M.Rose Blanchard).— Les Petites Soeurs de la Ste-Famille : Sr Ste-Angele de Mérici (Emelia Lauzon).— Les Soeurs Miss, de 1*1 -C- i Sr M.Stanislas (Cecile Marsan). 254 LES LIVRES LES LIVRES Paul VI et la paroisse.Textes pontificaux présentés par Maurice Ga-reau, prêtre-prédicateur.Coll.La pensée chrétienne.Edit.Fides, Montréal 1965.140 pp.$1.25.Beaucoup parlent et écrivent sur la « paroisse », émettent des jugements et des suggestions qui comportent de grandes responsabilités.Evidemment, il ne faut pas interdire ce domaine à la recherche théologique et pastorale.Mais, comme toute recherche sérieuse, on la voudrait aussi objective que bien informée.Qui donc peut spéculer sur la « paroisse », sans connaître ce qu’en pense le Pape ?C’est pour faire connaître la pensée de l’Eglise sur le sujet que l’A.présente son travail.Ce volume aidera tous ceux qui sont engagés dans l’activité paroissiale à réaliser un précieux ministère dans le sens de l’Eglise.Lettres du vénérable Père Liber-mann.Présentées par L.Vogel, C.S.Sp.Desclêe de Brouwer, 1965.476 pp.$7.95.Il est étonnant et providentiel que, dans le climat actuel de l’Eglise, le vénérable Père Libermann continue d’attirer l’attention.Les ouvrages relatifs à sa personne, à sa vie, à son œuvre, à sa spiritualité se succèdent partout, même au Canada.C’est pourquoi de tous côtés on demande la publication de ses écrits spirituels.Le vénérable Libermann est un maître de la vie spirituelle : à travers sa propre expérience intérieure, il connaît les voies de la grâce que le Seigneur aime à suivre dans les âmes.Il entre directement dans le climat existentiel de chacun de ses correspondants et sa direction est toujours concrète, positive et surtout pacifiante.Le recueil ne présente pas de lettres anonymes : on trouvera sur chacun des correspondants une notice biographique.Les textes en exergue sur chacune des Lettres sont regroupés dans la table des matières et facilitent au lecteur le choix de son sujet.Cahiers de Joséphologie.Vol.XIII, no 1 (janvier-juin 1965).Publiés par le Centre de Recherche et de Documentation, Oratoire S.Joseph, Montréal.Cette récente livraison des Cahiers de Joséphologie nous présente, entre autres, l’excellent article de M.Saint-Joseph Bernard, O.S.U.: Un pèlerinage des Ursulines de Québec dans le domaine de saint Joseph.On sait d’ailleurs que les principaux travaux des membres ou des collaborateurs du Centre de Recherche et de Documentation de l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal sont publiés dans ces Cahiers.On peut aussi se les procurer séparément au centre lui-même.De Charry, Jeanne, Sainte Madeleine-Sophie.Fondatrice de la Société du Sacré-Cœur de Jésus (1779-1865).Edit.Casterman 1965.261 PP.« Si le sel s’affadit, si les flambeaux ne jettent qu’une faible lueur, si les lampes s’éteignent, malheur à vous.Travaillons donc avec plus d’ardeur que jamais.l’Espérance de l’Eglise est dans la jeunesse ».Celle qui clamait aux éducateurs chrétiens cette adjuration de ton prophétique était entrée dans sa quatre-vingt- LES LIVRES 255 deuxième année.C’était en 1861.Durant soixante-cinq ans, Madeleine-Sophie Barat ne cessa de collaborer au grand mouvement apostolique qui soulevait la chrétienté.La présente biographie, publiée à l’occasion du centenaire de sa mort, s’efforce de retracer ce « service d’église », humblement et fidèlement accompli.Son Exc.Mgr Veuillot, qui a bien voulu préfacer ces pages, rappelle le « service » essentiel que l’Eglise attend des éducateurs chrétiens, religieux et laïcs, dont la mission est, au sens strict, un « apostolat ».Et Marie-Noël, petite cousine de la mère Barat, évoque, en quelques mots pleins de finesse, la physionomie de cette fille du terroir bourguignon, saisie par Dieu, et que son effacement héroïque, en vue du « service », conduisit à la plus haute sainteté.Concilium, revue internationale de Théologie, 6e cahier : Problèmes frontières.15 juin 1965.(En vente chez Periodica, 5090, Papineau, Montréal 34.Un an : $13.25; un numéro : $1.65).Ce numéro, consacré aux problèmes-frontières, est tributaire, comme le souligne le texte de présentation, du fond commun théologique sous-jacent au thème conciliaire « l’Eglise et le monde d’aujourd’hui », objet du fameux schéma 13 dont une nouvelle rédaction est actuellement discutée à la quatrième session de Vatican II.Poulat, Emile, Naissance des prêtres-ouvriers.Coll.Religion et Sociétés.Edit.Casterman 1965.544 PP.1943-1947 : en ces cinq années, si riches pour le catholicisme français, s’opère véritablement la naissance des prêtres-ouvriers.Selon un mot du Cardinal Suhard, un « mur de séparation » existe entre l’Eglise et la classe ouvrière.En fait, à cette date, le clergé français se trouvait pris dans l’immense « brassage de la guerre » : nombre des siens connaissent alors la captivité, le camp de déportation, le travail obligatoire, où rien ne les distingue plus de la masse dont il partage la vie.Rien, sinon ce qu’ils découvrent dans cette vie, où le banal peut voisiner chaque jour avec l’extraordinaire.Depuis le début du siècle, nous assistons à la lente transformation de l’image que le prêtre français se fait de son rôle et de sa place dans la société.Et aujourd’hui, dans une Eglise qui se découvre, pressée de tous côtés, au seuil d’une « nouvelle ère missionnaire », l’idée perce de « formes peut-être insoupçonnées » de vie sacerdotale.C’est de cette belle et généreuse histoire que nous parle ce volume.Questions théologiques aujourd’hui, t.II.En collaboration.Coll.Textes et études théologiques.Edit.Desclée de Brouwer 1965.304 pp.$5.15.Ce livre (le deuxième de la série), est un recueil de questions théologiques, les unes posées par des hommes de science au cours de leur recherche et qui leur semblent intéresser tous les chrétiens, chercheurs ou non, parce qu’elles touchent à leur religion, à leurs rapports avec Dieu et avec leurs semblables (nature et grâce, sacrements), ou imposées par les progrès de la recherche scientifiques (origines, eschatologie).Elles sont suscitées par certains courants de la spiritualité et de la vie chrétienne (christologie, mariologie), par le besoin qu’éprouve le catholique d’aujourd’hui d’avoir une notion claire de son Eglise et de sa place en celle-ci (unité de la notion d’E-glise), par la nostalgie de l’unité dans toutes les confessions chrétiennes (l’Eglise et les Eglises).Ce sont donc des questions et non des proclamations ou des définitions, mais des interrogations situées en fonction des appels contemporains, au service des chrétiens d’aujourd’hui.On y retrouve les noms de K.Rahner, A.Müller, E, Schille- 256 LES LIVRES beeckx, V.Yon Balthasar, et quelques autres.Corréard, Jules, D’où es-tu ?Apostolat des Editions, Paris 1965.392pp.$5.20 Il s’agit d’une concordance logique.L’auteur, décédé en 1957, était un esprit à la fois méditatif et scientifique.Il nous présente ici une petite somme dogmatique, morale, spirituelle, bâtie à l’aide des seuls textes évangéliques, cités intégralement.La traduction utilisée, accompagnée de ses notes, est celle du chanoine Osty : choix judicieux.Les biblistes ne prisent guère ces arrangements des écrits inspirés sortis de leur contexte.Mais le simple fidèle désireux d’approfondir sa foi, le catéchiste, le prédicateur, et qui sait ?l’homme qui doute, l’homme qui se cherche un guide valable, peuvent y découvrir une synthèse éclairante.L’A., à notre avis, a trop voulu s’effacer.Au lieu de joindre tous ces extraits par de nouvelles citations évangéliques, il aurait mieux fait tantôt de les situer chronologiquement, tantôt d’en fournir lui-même la pensée de fond.En conséquence, le lecteur, pour mieux saisir le cheminement de l’exposé, ferait bien de se référer constamment à la table des matières où sont inscrits des signes de pistes.Malgré cette déficience, corrigible dans une future édition, D’où es-tu ?mérite d’être diffusé.Connaît-on jamais trop le témoignage rendu à la Vérité par le Fils de Dieu ?(B.Ver-ville, o.f.m.).Légaré, Romain, O.F.M., Un grand serviteur de la Terre Sainte.Editions du Bon P.Frédéric, Trois-Rivières 1965.250pp.$3.00 Critique littéraire des revues Culture et De dures, auteur de plusieurs études appréciées sur la littérature canadienne, auteur de plusieurs ouvrages sur le bon Père Frédéric, le P.Romain Légaré, O.F.M., nous offre un ouvrage de première valeur sur l’activité extraordinaire accomplie pour la Terre Sainte par le P.Frédéric, mort en odeur de sainteté, en 1916, et dont le corps repose à Trois-Rivières.Appuyé sur une documentation abondante, presque exhaustive en dehors des témoignages du procès de béatification actuellement inaccessibles, l’ouvrage raconte en détail les oeuvres multiples du Père Frédéric faites pour les Lieux Saints tant en Egypte, en Palestine qu’au Canada.Dans un style soigné joint à un rigoureux apparat critique, l’A.reconstruit de façon vivante l’époque du serviteur de Dieu.Le lecteur trouvera dans ce volume élégamment présenté, orné de beaux hors-texte, une étude à la fois intéressante, édifiante, sûre, fondée sur les sources.Marie-Yvonne, O.S.B., Edouard Her-riot et Dieu.Edit.Casterman 1965.142pp.La conversion sur son lit de mort du président Herriot a étonné, voire scandalisé, plusieurs de ses amis politiques.Certains n’ont pas hésité à dire que le Président avait cédé, à cause de l’âge et de la maladie, aux pressions du Card.Gerlier.Que ces affirmations soient tout à fait erronées, la Mère Marie-Yvonne nous en apporte la preuve indiscutable.Certes, en 1948 encore, le Président signait un testament dans lequel il exprimait son désir d’être enterré civilement et incinéré; mais d’autres gestes de lui montrent que depuis longtemps il était préoccupé par le problème religieux, avide de tout ce qui, dans l’Eglise, manifeste qu’elle n’est pas seulement humaine.De Locht, Pierre, Harmonie des vocations.Coll.Vivre et croire.Edit.Casterman, 1965.107pp.Toute vie, à des rythmes et sous des formes différentes, est appelée, tôt ou tard, à opter pour les mêmes valeurs.Les plus profondes découvertes humaines et chrétiennes ne sont le monopole d’aucun état de vie : tous nous sommes appelés, dans le cadre de notre état, à entrer en communion de vie avec le Seigneur. LES DISQUES Jéricho, centre du disque chrétien, a déjà édité plusieurs documents susceptibles d’enrichir la pensée chrétienne.Nous sommes heureux de vous présenter aujourd’hui : L'avenir de l'Eglise.Conférence prononcée par le R.P.Yves M.-J.Congar, o.p.à la “Semaine des intellectuels catholiques’’ (Paris, 11 nov.1963).30 JER 20 Le P.Congar explicite une formule qui lui tient à coeur : “Une église qui soit moins DU monde, et qui soit plus AU monde”.Il le fait avec cette profondeur de réflexion qui renouvelle les schémas de pensée qu’on aurait pu croire définitivement assimilés.L'Eglise des pauvres» Interpellation des riches.Conférence de Mgr Ancel à la clôture des Journées d’études organisées par Les Informations Cath.Int., en mai 1964.30 JER 28 Avec le souci de réalisme qu’on lui connaît, Mgr Ancel construit une “charte” de ce qui pourrait être une véritable “Eglise des pauvres” selon l’esprit des Béatitudes, de ce que seraient les chrétiens qui se veulent membres de cette Eglise.Situation de l'Oecuménisme.Conférence prononcée à Paris par le Pasteur Hébert Roux et le P.Yves M.-J.Congar, o.p., dans le cadre de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens en janvier 1964.20 1ER 24 Dexix hommes, l’un et l’autre mêlés de près aux recherches actuelles en vue du dialogue et engagés depuis de longues années, chacun dans son Eglise au service de l’unité, dégagent ici clairement les grandes lignes directrices d’un esprit oecuménique pour tous les chrétiens.Le baptême, nouvelle naissance.Avec les PP.Bro, Chery, Labbê, Louvel et Roguet.L’ensemble vocal Stéphane Caillat et Jacques Sarthou.JBL 3 C’est dans le rituel du baptême des adultes qu’on découvre le sens complet de ce rite d’initiation à la vie chrétienne.Ce disque contribuera à faire découvrir par tous la grandiose réalité qui s’accomplit au nom de la Trinité Sainte “dans l’Eau et par l’Esprit”.Ces disques sont en vente chez ED.ARCHAMBAULT INC.(500 est-, rue Ste-Catherine, Montréal), où vous trouverez le choix le plus complet de musique au Canada.Service pour les défunts.Par un groupe de musiciens sous la direction du P.Jules Martel, O.M.T.A l’Orgue le P.Louis-Ph.Normand, O.M.I.Coll.Chantons en Eglise, n.2 RM- 36522 On retrouvera dans ces compositions l’atmosphère que respire la “messe” grégorienne.Toutefois, l’auditeur sentira que ces mélodies, adaptées au nouveau texte “chantent français”.Un livret avec chants pour la chorale et accompagnement d’orgue est offert avec le disque. B Louis Fèvre Ils seront son peuple (144 pp.$2.40) Cette étude pastorale comporte deux aspects : réflexion sur le rôle du prêtre et réflexion sur le cheminement de la conversion.L’ouvrage aborde la connaissance du monde contemporain et des valeurs auxquelles les hommes sont sensibles.André Ravier, s.j.Dom Augustin Guillerand Un maître spirituel de notre temps (316 pp.$4.75) Tout porte à faire de cette spiritualité, une spiritualité ouverte, pacifiante, libre de toute lisière d’école, accueillante à tout ce qui facilite la vie de la grâce, accessible aux âmes les plus humbles aussi bien qu’aux mystiques de haut vol.R.C.Zaehner Inde Israël, Islam Religions mystiques et révélations prophétiques (336 pp.$6.35) L’A.est le premier orientaliste qui ait osé confronter ENTRE EUX et AVEC LE CHRISTIANISME à la fois les principaux faits religieux relevant du type mystique hindouisme, bouddisme et taoïsme, et ceux relevant du type prophétique : zoroastrisme, judaïsme et islam.Ouvrage de science, certes, mais qui s’impose par sa grande objectivité.H.M.Lassale, s.j.Le Zen Le chemin de l’illumination (160 pp.) Un jésuite allemand qui a longtemps vécu au Japon a voulu, pour mieux comprendre l’âme japonaise, s’initier au Zen.Il retrace ici son expérience et montre l’influence de cette discipline sur sa vie religieuse.Desclée de Brouwer
de

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