La vie des communautés religieuses /, 1 mars 1966, Mars
des communautés religi Tous responsables de l’Eglise jun/orai MARS 1966 Nombre de nos abonnés, en renouvelant leur souscription, nous ont adressé leur satisfaction et nous ont rappelé leur fidélité.Dans l’impossibilité de les remercier individuellement, qu’ils veuillent bien trouver ici l’expression de notre gratitude.Qu’ils sachent combien cette amitié est un encouragement et un soutien pour l’effort de tous ceux qui collaborent à la revue.Le Directeur.La VIE des communautés religieuses • Revue publiée par les RR.PP.Franciscains de la Province St-Joseph au Canada; paraît le 15 de chaque mois, excepté juillet et août, par fascicules de 32 pages; • La Direction est assurée par le R.P.Léonce HAMELIN, assisté d'un groupe de professeurs au cléricat théologique de Rosemont (Montréal); • On souscrit à la revue directement, sans l'intermédiaire des librairies ni des agences.En joignant une étiquette à toute correspondance administrative, vous facilitez notre travail; • Tout ce qui concerne la Revue (envoi de manuscrits, consultations, service bibliographique, administration) doit être adressé à : LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES 5750.Boulevard Rosemont Montréal 36 — Tél.259-6911 PRIX DE L'ABONNEMENT; $2.75 (pour tout pays) Chaque auteur porte la responsabilité de ses articles Le Ministère des Postes à Ottawa a autorisé l'affranchissement en numéraire et l'envoi comme objet de deuxième classe de la présente publication La VIE des communautés religieuses Philippe Delhaye Chanoine Maurice Matte Chanoine [Jn frère enseignant MARS 1966 vol.24, n 3 Eléments de vie religieuse.66 U auteur, expert au Concile Vatican II, fait ressortir les éléments essentiels de la vie religieuse et les présente dans le contexte du Décret Perfectæ caritatis.Les notes historiques qu’il joint à son commentaire aideront sûrement les religieux à tirer parti de la confiance renouvelée et accrue que l’Eglise leur manifeste.Les religieux et la pastorale d’ensemble .83 La vie religieuse vécue repose le problème de l’intégration des religieux clercs et non-clercs dans la pastorale globale de l’Eglise, spécialement de l’Eglise particulière que constitue le diocèse.L’auteur analyse ce problème.Laïcs-religieux ou religieux laïcs .90 Réflexion d’un frère enseignant sur la vocation du frère dans l’Eglise• Les livres Les disques 66 VIE RELIGIEUSE ÉLÉMENTS DE VIE RELIGIEUSE Chan.Philippe Delhaye Professeur de Théologie morale à l’Institut supérieur des Sc.Rel Université de Montréal Le Code de Droit canonique donne cette définition de la vie religieuse : « Etat stable de vie commune dans lequel des fidèles, en plus des préceptes communs, assument les conseils évangéliques par les vœux d’obéissance, de chasteté et de pauvreté» (e.487).Cette notion est certes précieuse et précise, mais on peut se demander, avec le Cardinal Richaud (11-11-1964), si elle s’applique vraiment à toutes les formes de la vie consacrée à Dieu et si elle met vraiment en valeur toutes les richesses de l’état qu ’elle veut décrire.La vie érémitique renaît en Occident, ont fait remarquer plusieurs Pères Peut-on dire que ceux qui la pratiquent ne sont pas religieux parce qu’ils n’ont pas de vie commune ?Les membres des Instituts séculiers peuvent faire profession des trois vœux et, cependant, ils ne se sentent pas des religieux comme les autres.Et ces vœux eux-mêmes ne les présente-t-on pas comme un absolu alors que, d’après la théologie, ils sont avant tout des moyens de pratiquer la charité «en laquelle se noue la perfection» (Col 3, 14).Pour toutes ces raisons, le Décret conciliaire a été rédigé de façon à donner une description plus large de la vie religieuse.Remarquons d’abord comment cette description se présente d’emblée dans l’optique de la charité.û) Charité envers Dieu Le Décret rattache explicitement les vœux à la charité quand il déclare que « par elle est vivifiée et commandée la pratique elle-même des conseils évangéliques » (n.6).Les religieux, comme tous ÉLÉMENTS 67 les fideles, certes, mais aussi d ’une maniéré qui leur est propre, « cherchent Dieu et l’aiment par-dessus tout, Lui qui nous a aimés le premier» (I Jn 4, 10).D’autres expressions pauliniennes sont reprises par le Décret pour montrer comment le Seigneur est le but et 1 objet unique de l’amour vécu dans la vie religieuse : dans cette situation, le chrétien n’est pas partagé entre l’amour profane et l’amour du Christ.Il ne s’occupe que de Lui (I Cor 7, 32).Les religieux sont poussés dans leur vocation par la charité que l’Esprit-Saint répand dans leurs cœurs (Rom 5, 5) ; ils vivent toujours pour le Christ et son corps qui est l’Eglise (Col 1, 24).Sous un certain aspect, vie religieuse et vie de charité peuvent êti e identifiées ; le debut du Decret le montre bien en mettant en evidence les deux mots par lesquels il sera désigné : Perfectce caritatis.Parmi tant de thèmes bibliques que Vatican II a remis au premier plan de la théologie et de la piété chrétienne, celui de Vagape n’est peut-être pas le plus spectaculaire, mais il n’est pas le moins constant et le moins riche.Il est consolant de voir qu’il est aussi devenu le portail qui nous introduit dans l’estime et l’étude de la vie religieuse.b) Charité envers les autres hommes Le second commandement n’est pas inférieur au premier.L amour de Dieu vécu dans la vie religieuse ne serait pas authentique s’il ne se continuait pas dans Yagapè fraternelle.Nous avons déjà vu un texte le rappeler, par le lien qu’il mettait entre l’amour du Christ et l'amour de son Corps (n-1).Il en est d’autres : « II faut que les membres de tout institut religieux, ne cherchant avant tout que Dieu seul, unissent la contemplation par laquelle ils adhèrent à Lui de cœur et d’esprit avec l’amour apostolique qui s’associe à l’œuvre de la Rédemption et s’efforce d’étendre le royaume de Dieu» (n.5).Le Concile voit même dans le souci de la charité fraternelle une des raisons de la multiplicité des formes de la vie religieuse et des instituts.Par cette diversité, en effet, l’Eglise est « apte à toute bonne œuvre» (II Tim 3, 17), prête à «remplir toute activité de bonne œuvre» (II Tim 3, 17), prête à «remplir toute activité de son ministère en vue de l’édification du corps du Christ» (Eph 4, 12) (n.1). 68 VIE RELIGIEUSE En prenant conscience de Uagapè que Dieu a pour eux, les religieux concevront une réponse d’amour qui non seulement portera sur le Seigneur dans la ferveur de leur vie intérieure, mais qui engendrera la dilection du prochain pour le salut du monde et l’édification de l’Eglise» (n.6).La lecture de l’Ecriture Sainte, la participation à la vie liturgique « surtout au mystère de la très sainte Eucharistie » prépareront les religieux à l’exercice eminent de la charité fraternelle (n.6).Etudions donc, avec le Décret Perfectæ caritatis, d’abord les trois vertus de chasteté, de pauvreté et d’obéissance par lesquelles se manifeste d’une manière si caractéristique la charité.Nous aborderons ensuite le sujet de la vie commune.1.LA CHASTETÉ PARFAITE Le schema propositionum de 1964 énumérait les vœux religieux dans cet ordre : obéissance, chasteté, pauvreté.450 Pères ont demandé qu’on se conforme ici à la liste donnée par Lumen Gentium : chasteté, pauvreté, obéissance.La continence occupe donc désormais la première place, comme dans 1 histoire de la vie religieuse où vierges et anachorètes se séparèrent d’abord des autres chrétiens en assumant la chasteté parfaite « propter regnum cœlo-rum » (Mt.19, 12).a) Sens religieux du célibat Ainsi apparaît une fois de plus dans le Décret la volonté de marquer la continuité entre la vie religieuse et la prédication du Seigneur.Dans le texte de Matthieu ainsi rappelé, Notre-Seigneur n’exalte pas la renonciation au mariage comme telle.Il constate même qu’elle peut être le résultat de circonstances fortuites.Ce qu’il demande aux siens, c’est de pratiquer la virginité pour être plus proches de Dieu, mieux disposés à son service, plus libres de le suivre.Saint Paul a compris les choses de la même manière, ainsi que le rappelle et le commente le Décret (n.12).A cette thèse mystico-pastorale s’en ajoute une autre, escha-tologique.Lorsque les scribes ont cru embarrasser Notre-Seigneur en posant le problème de l’homme qui retrouve au ciel les diverses femmes qu’il a successivement épousées sur la terre, il leur répond que dans le siècle futur, les enfants de Dieu seront comme les anges, ÉLÉMENTS 69 neque nubent neque nubentur.Ceux qui professent la continence « à cause du Royaume des cieux » anticipent sur cette situation, ils mettent la condition charnelle entre parenthèses et réalisent d’une certaine manière les conditions du royaume des cieux.Dira-t-on que ces vues sur le célibat aboutissent à déprécier le mariage ?On ne peut nier que, dans les textes de saint Matthieu et de saint Paul ici rappelés, le mariage est, en soi, une condition de vie inférieure à celle du célibat « pour le Royaume des cieux ».Mais il ne s’ensuit pas que les personnes mariées ont nécessairement un mérite moindre que les vierges.A côté de l’aspect objectif des choses, il y en a un autre, personnel.Et alors ce qui compte, c’est la vocation personnelle.« Tous ne comprennent pas », constate Notre-Seigneur dans l’Evangile.Saint Paul souhaiterait que tous les fidèles vivent dans le célibat, mais ce n’est pas un ordre du Seigneur : « Je vous donne un conseil », écrit-il aux Corinthiens.Dans le même esprit, le Décret considère la chasteté parfaite de la vie religieuse comme un charisme, une vocation, un don : « elle doit être regardée comme un grand don de la grâce » (n.12).b) Ascèse du célibat Comme tous les dons de Dieu, la vocation au célibat doit être défendue et cultivée.Comment % Certainement pas dans la mentalité d’un avare angoissé qui garde des pièces d’or dans un coffre-fort.Le Concile propose des vues positives et dynamiques- Enumérons les conseils qu’il donne à ce sujet.Estime du célibat.Les profès comme les novices considéreront la chasteté parfaite avec les yeux de la foi sans se laisser troubler par certaines critiques qui veulent voir dans cette vertu une mutilation de la personnalité humaine.Ceci implique évidemment une information et une formation psychologique, à des degrés très divers selon les besoins et les capacités de chacun.Prudence.Les fautes, grandes ou petites, dans le domaine de la chasteté doivent être combattues dès le moment où leur menace est perçue.Autrefois, les auteurs ascétiques disaient que l’âme est inexpugnable dans sa forteresse et qu’elle peut être attaquée seulement quand elle sort de son donjon par les portes des sens.Cette vue paraît bien courte aujourd’hui; on sait que l’ennemi a des compromissions inconscientes dans la place et qu’il y est parfois plus dangereux qu’au dehors par la fièvre obsidionale qu’il réussit 70 VIE RELIGIEUSE à créer.Il faut multiplier les mesures de prudence au niveau des sens comme à celui de l'esprit.Le Décret parlera donc d ’ « assumer le célibat en l’intégrant au développement de la personnalité», de « maturité psychologique et affective » (n-12) comme de mortification et de garde des sens (n.2).Notre secours est dans le nom du Seigneur J Les Moyens naturels ont aussi leur place dans cette ascèse.Que de fautes ou de pseudo-fautes peuvent être évitées en recourant aux médecins ! Si l’on craint des influences « profanes » qu ’on songe comment certains médecins catholiques sont souvent plus sévères que certains conseillers psychologiques.Grâce à Dieu, des progrès considérables ont été réalisés en fait d’hygiène et de médecine dans les noviciats et les seolasticats.Mais une certaine littérature, dite pieuse, continue à exercer une influence en sens contraire.On y lit, par exemple, que les ascètes de l’Eglise primitive refusaient absolument l’usage des bains.Mais a-t-on songé qu’à cette époque, cette protestation visait les « thermes » antiques ou les « étuves » médiévales qui étaient de véritables maisons de débauche Les soins de propreté n ’avaient rien à voir dans la question comme certains l’ont cru dans la suite par manque d’information historique.Des erreurs semblables se sont parfois manifestées à propos de Vaffectivité.Que de livres tonnent contre l’amitié tout court ! Et, certes, il y a toujours une possibilité de péchés contre nature.Mais ce sont des cas extrêmes et rares au nom desquels on combat le remède précis à ces déviations : la sublimation de l’amitié spirituelle par l’agapè divine- « Tous se rappelleront, surtout les Supérieurs.que cette vertu (de chasteté) se garde plus facilement lorsqu’il y a entre les sujets une véritable charité fraternelle dans la vie commune » (n.12).Préparation adéquate.Il ne s’agit pas de considérer le célibat comme une chose qui va de soi et un état de vie dans lequel on entre plus aisément que dans le mariage.Il y va des « inclinations particulièrement profondes de la nature humaine ».« On ne se contentera pas de prévenir les novices des dangers qui menacent cette vertu mais on les formera ».De quelle manière ?La façon dont le Décret parle de « maturité psychologique et affectivité », d’« intégration à la personnalité» tout autant que de «probation vraiment suffisante » fait penser que désormais les maîtres et maî- ÉLÉMENTS 71 tresses des novices devront posséder une véritable compétence de psychologue à côté d’une valeur spirituelle authentique.Certains Pères conciliaires avaient exprimé le souhait que les maîtres et maîtresses des novices reçoivent une formation technique dans laquelle précisément l’information des choses de la psychologie aurait tenu une place importante.S’il n’a pas semblé possible de prendre en ce sens une décision impérative générale, les besoins n ’en restent pas moins urgents et les moyens de plus en plus faciles à prendre.2 PAUVRETÉ RELIGIEUSE a) Tension entre deux données Au cours des dernières années, on a beaucoup agité le problème de la pauvreté religieuse et on a plus d’une fois eu l’impression qu’il se situait dans la difficile conciliation entre deux impératifs.D’une part, il y a l’idéal de la renonciation évangélique- De l’autre, il y a les nécessités de la vie et de l’apostolat.Les exigences de l’idéal sont celles de l’Evangile.Le Christ s’est dépouillé de toute richesse, de ses prérogatives elles-mêmes, comme le rappelle le Décret (n.13).N’est-ce pas d’ailleurs un thème constant des livres de spiritualité que l’assimilation totale à ce sujet des religieux aux disciples du Christ ?Tous les fidèles ne doivent pas quitter leurs biens comme le montre l’épisode du jeune homme riche — encore qu’ils doivent avoir un dépouillement spirituel radical — mais ceux qui sont plus près de lui doivent quitter leur maison (Le 9, 57 ss), leurs possessions (Mc 10, 29; Le 14, 33), leur gagne-pain (Mc 1, 18, 20; 2, 14; Le 5, 11), pour vivre au jour le jour dans la confiance à la Providence (Mt 6, 19).Lorsque la vie monastique se répand en Occident, on voit les grandes dames romaines, dirigées de saint Jérôme, vendre ou donner leurs palais romains et leurs vastes propriétés provinciales.Les premiers anachorètes, les premiers moines vivent dans le dénuement le plus total.Que l’on songe aux premières « installations » de saint Martin et de ses disciples à Ligugé ou aux environs de Tours.De l’autre côté, les nécessités de la vie ont battu en brèche cette austérité primitive.Les féodaux ont fait don de vastes domaines, quitte d’ailleurs à les reprendre d’une façon détournée en nommant des laïcs abbés des monastères- Pour faire vivre de vastes communautés, pour permettre à toute une partie de la population 72 VIE RELIGIEUSE rurale de cultiver des terres et d’exercer les métiers d’un artisanat sommaire, les abbayes ont dû accepter des fonctions économiques et sociales qui en ont fait des entreprises de production et de répartition des biens.Depuis plusieurs années, les historiens étudient ce phénomène étonnant dans l’évolution économique de l’Europe.L’Ordre cistercien a marqué une première réaction.Il a refusé les dîmes et mis ses membres au travail manuel intensif.Mais, outre que cela impliquait la possession de vastes propriétés, il a fallu donner une extension nouvelle à l’institution des frères con-vers qui vivaient dans des « granges » plus ou moins éloignées du monastère.Saint François a été plus radical et a renoncé non seulement aux propriétés mais aussi aux couvents.Ses religieux sont « mendiants » et vivent d’aumônes.Petit à petit, cependant, le réalisme économique a repris ses droits.Sans doute, en principe, les couvents franciscains appartiennent au Siège apostolique mais, du point de vue de l’utilisation pratique comme de l’impression faite sur l’opinion commune, peu de choses sont changées.Les Congrégations de clercs séculiers fondées au XVIe siècle ont une volonté d’efficacité particulièrement marquée.Si pauvres qu’en soient les membres individuellement, l’Institut ne peut vivre au jour le jour.Il doit mettre à la disposition de ses sujets des moyens d’action parfois coûteux qui sont la condition même du rendement, de la « productivité » dirait-on, pour employer un terme moderne- En pareil cas, la pauvreté implique surtout que le religieux puisse seulement user des biens communs en étroite dépendance de ses supérieurs.On le voit, le problème actuel de la pauvreté religieuse se centre autour de deux difficultés d’adaptation : le dépouillement collectif des communautés elles-mêmes, la pauvreté effective de chacun des sujets.b) Directives générales C’est dans cet esprit que le schéma donne deux sortes de directives.En ce qui concerne la pauvreté des communautés, le Concile demande que les Instituts donnent un « témoignage collectif de pauvreté ».En quel sens ?Comment ?Le texte donne trois exemples (n.13) : 1) Les Instituts éviteront tout luxe, par exemple ÉLÉMENTS 73 dans les constructions.Ils écarteront tout ce qui ferait penser à une activité commerciale basée sur un désir de gain immodéré.Ils n’accumuleront pas les biens et ne deviendront pas des puissances financières ou de grands propriétaires; 2) Ils auront à cœur de donner très largement de leurs biens « pour subvenir aux autres besoins de l’Eglise et pour soutenir les indigents».Certes, les personnes qui sont dans le besoin ont toujours tendance à croire qu’on ne fait pas assez pour elles.Il est tout de même troublant de voir tant de maisons cléricales ou religieuses taxées de dureté de cœur.Bien des historiens l’ont noté, le mauvais souvenir laissé par certaines abbayes disparues avec l’Ancien Régime est fondé avant tout sur des différends financiers; 3) Une première mesure en ce sens concerne l’intercommunication établie entre les ressources de diverses maisons appartenant à un même institut- Dans certaines sociétés religieuses, en effet, des maisons pouvaient être très riches alors que d’autres étaient dans la gêne.Les fidèles comprenaient mal comment on pouvait les solliciter en faveur de ces dernières alors que les premières ne faisaient rien pour elles, au nom même des constitutions.Enfin, toujours au plan collectif, on voit le Décret souhaiter que la pauvreté religieuse «s’exprime sous des formes nouvelles».Que faut-il entendre par là ?Dans les milieux conciliaires, on commente ce texte en l’illustrant de deux exemples concrets.Des petites communautés monastiques, établies dans des régions peu peuplées, les Landes par exemple, peuvent y vivre sans beaucoup de frais, sans les services communs qui ont imposé aux couvents de type classique une allure de richesse.D’autre part, une « fraternité » établie dans un quartier populaire peut adopter un train de vie où les religieux se refuseront de dépasser, en bien-être comme en moyens d’action, le niveau dont jouissent la plupart des personnes qui vivent dans ce milieu sociologique.Parlant des religieux pris séparément, le Décret rencontre la difficulté que nous signalions plus haut en disant : « Il ne suffit pas seulement de dépendre des supérieurs dans l’usage des biens, il faut que les religieux soient pauvres effectivement et en esprit, ayant leur trésor dans le ciel» (Mt 6, 20).Ici encore, des directives concrètes viennent accompagner le principe énoncé (n.13) : 1) L’une concerne l’usage des biens de famille appartenant aux religieux.Jusqu’ici, ils devaient faire l’objet d’une détermination 74 VIE RELIGIEUSE prise avant les vœux sous forme de testament.On considérait comme plus normal qu’ils soient attribués à l’Institut.Maintenant, «les congrégations religieuses peuvent permettre par leurs constitutions que les sujets renoncent à leurs biens patrimoniaux présents ou à venir*.On n’entrera plus en religion avec de l’argent, mais on abandonnera son argent pour entrer en religion.C’est un retour à l’Evangile par-dessus le régime des dots et des héritages.2) Le Concile veut aussi que tous les religieux et les religieuses travaillent : « Que chacun d’eux, dans sa tâche, se sente astreint à la loi commune du travail.Tout en se procurant ainsi le nécessaire pour leur entretien et pour leurs œuvres, ils rejetteront tout souci excessif et se confieront à la Providence du Père céleste » (Mt 6, 25).Il n ’est pas besoin d’être grand prophète pour prévoir que ces lignes susciteront des volumes de commentaires.Avec plus de sobriété, dégageons quelques idées essentielles de ce texte.La première me semble une acceptation de la valeur moderne du travail.Depuis toujours des religieux ont travaillé, et même de leurs mains.Mais les moines l’ont, fait dans un esprit de pénitence et d’humiliation; les convers par nécessité personnelle ou collective- Les religieux n’ont pas pu s’abstraire de la mentalité ancienne pour laquelle «travailler est déroger».L’homme moderne est fier au contraire de travailler, parce qu’il crée ainsi un certain nombre de biens.L’esprit chrétien ne peut que se réjouir de cette manière de voir les choses.Ainsi, selon le commandement de la Genèse, l’homme devient le collaborateur de Dieu dans sa création.Il n’y aura de sacrifié, en tout ceci, qu’un certain esprit bourgeois qui de plus en plus s’éteignait de lui-même.Si le travail crée des biens ou procure des avantages, il est normal que son auteur trouve là sa subsistance et soit le premier bénéficiaire de l’accroissement de valeur.L’idée peut paraître simpliste, elle a mis cependant bien du temps à s’imposer.L’esclave antique et le serf médiéval travaillent pour leur maître et seigneur.Le professeur parisien du début du XIIIe siècle ne peut toucher aucun traitement; il est nommé chanoine d’une cathédrale qu’il ne fréquentera pas et vivra de sa prébende.L’intellectuel des XVIIe et XVIIIe siècles ne tire aucun moyen de subsistance de sa production littéraire, il subsiste des libéralités ou des pensions de quelque personnage important.C’est toute l’explication de certaines dédicaces hyperboliques. ÉLÉMENTS 75 A l’heure actuelle, il est admis que l’homme trouve dans son travail sa subsistance et ses ressources* En ce qui concerne le religieux, il faut donc admettre avec le Concile que la « mendicité » de type médiéval a perdu en partie son sens comme moyen de subsistance.Pourquoi demander à la libéralité des autres ce qu’on peut gagner par son propre travail ?Par contre, elle peut avoir une importance bien plus grande au plan spirituel comme témoignage de la gratuité des dons faits par Dieu et par des hommes au nom de Dieu.« Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10, 8).11 n’en reste pas moins que le travail des religieux aura son caractère propre.Il ne sera pas nécessairement le plus lucratif.L’appel à la Providence que l’on trouve dans le texte fait penser que la « rentabilité » ne sera pas le seul critère à entrer en ligne de compte ou tout au moins qu’il n’occupera pas la première place.Les travaux auxquels on songe dans l’immédiat ne sont d’ailleurs pas parmi les mieux payés : reliure, imprimerie, activités artisanales.Des travaux intellectuels, déjà si peu productifs pour les laïcs, risquent encore plus de ne rien rapporter quand leurs auteurs sont des religieux ou des clercs.A ce point de vue, le texte conciliaire peut paraître décevant dans sa sobriété.A mon sens, il contient bel et bien le germe d’une véritable révolution.Il va permettre une expérience de religieux-ouvriers, analogue à celle des prêtres, admise sous certaines conditions par l’Autorité supérieure.Plus largement encore, il va intégrer la vie religieuse dans une société qui a évolué à une vitesse extraordinaire- Des deux côtés, il rendra possible une présence de l’Esprit du Christ au monde de l’argent.De l’intérieur même de cette jungle éclatera le témoignage du désintéressement foncier du Christ, de la désappropriation, de la confiance au Père céleste.3 L'OBÉISSANCE RELIGIEUSE L’obéissance est une vertu évangélique primordiale et éternelle, commune, en un sens, à tous les chrétiens.Elle n’en est pas moins imprégnée par la mentalité de chaque époque et de chaque groupe.Un Abbé bénédictin dirige sa communauté comme le paterfamilias antique régentait sa maison.Un Prieur dominicain agit comme un magistrat médiéval nanti d’un conseil de la commune.Un Supé- 76 VIE RELIGIEUSE rieur jésuite donne des ordres à la manière d’un gentilhomme de la Renaissance dirigeant sa troupe ou son domaine.Il est donc normal qu’en un temps où les valeurs personnalistes passent au premier plan, les Supérieurs religieux « exercent leur autorité dans un contexte de charité et avec respect de la personne humaine » selon les consignes récentes de Paul VI1.L’enseignement du décret conciliaire à ce sujet (n-14) peut se résumer, semble-t-il, autour de deux thèmes : le fondement religieux de l’obéissance, le point de vue des personnes, qu’il s’agisse des inférieurs ou des supérieurs, dans la pratique de l’obéissance.a) Fondement de l'obéissance L’obéissance est tout d’abord une offrande de soi-même à Dieu.Obéir, c’est aussi imiter le Christ.Ce sacrifice et ce renoncement ne sont pas des valeurs négatives, elles n’ont pas pour but de nier l’homme, de le détruire.Le Décret le rappelle en déclarant que, par l’obéissance, les religieux «tendent à parvenir à la mesure de l’âge de la plénitude du Christ » (Eph 4, 13).Plus loin, il précise : «Loin de diminuer la dignité de la personne humaine, l’obéissance religieuse la conduit à la maturité en faisant grandir la liberté des enfants de Dieu ».Comment ?L’obéissance est un moyen d’arriver à aimer les autres pleinement.En renonçant à ses vues et à ses intérêts, celui qui est consacré à Dieu est parfaitement disponible pour le service de ses frères auquel l’affecteront ses supérieurs.Cette insistance nouvelle sur le lien qui unit les vœux au « commandement nouveau » est, nous l’avons dit, une donnée primordiale de ce schéma.Le texte l’exprime en disant que, soumis à leurs supérieurs, «les religieux sont guidés par eux au service de tous leurs frères dans le Christ, comme le Christ lui-même qui, à cause de sa soumission au Père, s’est fait serviteur de ses frères et a donné sa vie pour la rédemption de la multitude (Mt 20, 28; Jn 10, 14-18) ».b) Pratique de l'obéissance Le point de vue des inférieurs peut donc se résumer en des vues de foi et de charité qui animent et sous-tendent leur disponibilité.Le Décret continue, en effet, en disant : « Que les religieux 1) Allocution aux Pères capitulaires dans Acta Apost.Sedis 56 (1964) 567. ÉLÉMENTS 77 se soumettent avec révérence et humilité à leurs Supérieurs, en esprit de foi et d’amour envers la volonté de Dieu, selon leur règle et leurs constitutions.Qu’ils apportent les forces de leur intelligence et de leur volonté, tous leurs dons de la nature et de la grâce, à l’accomplissement des ordres et à l’accomplissement des tâches qui leur sont confiées.Ils savent qu’ils travaillent ainsi à l’édification du corps du Christ selon le dessein de Dieu» (n.14).Si les directives données aux inférieurs ne pouvaient qu’être classiques, les consignes adressées aux Supérieurs ont un tout autre ton.Sans doute, faut-il y trouver l’écho des fortes paroles prononcées par le R.P.Buckley (11-11-1964).Le Supérieur général des Maristes n’hésitait pas à dire aux Pères conciliaires : « Certains Supérieurs parlent toujours d’une crise d’obéissance.Je pense que la crise est du côté des supérieurs, non du côté des religieux-La vérité est que les jeunes d’aujourd’hui n’avalent pas des formules archaïques comme celle-ci : La volonté des Supérieurs est exactement la même que celle de Dieu.Le schéma ne dit rien de l’obligation pour les Supérieurs de consulter leur conseil, qu’il soit local, provincial ou général.Beaucoup de supérieurs, particulièrement chez les religieuses, mais aussi chez les religieux, ne savent même pas comment se fait une réunion de conseil digne de ce nom et vraiment efficace.Je pense que le renouveau de la vie religieuse est davantage une question de formation et d’efficacité des supérieurs qu’une question de plus grande obéissance chez les religieux ».A la suite de ce discours, 1a.modeste incise qui concernait l’exercice de l’autorité, dans le texe de 1964, s’est développée dans les deux derniers alinéas du n.14.On peut remarquer ces idées : les Supérieurs devront rendre des comptes à Dieu; ils sont au service de la communauté comme tout chef, en contexte chrétien ; ils n’oublieront pas la double dignité, surnaturelle et naturelle, de leurs subordonnés (une application de la liberté spirituelle est immédiatement faite au domaine de la confession) ; l’obéissance demandée sera celle d’adultes responsables, habilités à prendre des initiatives et, pour cela, un dialogue est nécessaire au niveau des personnes comme des institutions.Ensuite, les Supérieurs feront une place dans leur gouvernement aux conseils et aux chapitres, en sorte que « ces organes, chacun à sa manière, expriment la participation et l’intérêt de tous les membres au bien de la communauté ». 78 VIE RELIGIEUSE 4 LA VIE COMMUNE a) Une vie de charité fraternelle Il y aurait eu bien des choses à dire sur la vie commune des religieux, ne serait-ce qu’au point de vue psychologique et socio-logique.Mais une pareille recherche n ’était pas suffisamment mûre, si tant est qu’elle puisse jamais devenir matière conciliaire.Le Décret Perfectœ caritatis a seulement voulu poser des principes et en tirer une conclusion, de poids d’ailleurs, comme on le verra- Le principe peut se résumer en un mot : la charité.La vie commune est une manifestation de charité parce que chacun y a souci de l’autre et accepte de le supporter comme de l’aider.Elle prend son origine dans la charité que l’Esprit-Saint diffuse dans le cœur des chrétiens pour y être la loi de leur vie, le comjmande-ment qui régit leur existence.Elle se manifeste dans une commune prière liturgique et s’alimente dans l’Evangile comme dans la Sainte Eucharistie.Enfin, la charité vécue communautairement est un témoignage frappant pour tous les hommes.Elle leur montre que le souhait de fraternité universelle inclus dans le cœur de tout homme, mais si souvent battu en brèche par l’égoïsme et l’appétit de puissance, peut trouver sa réalisation au plan de la grâce acceptée avec ferveur et assumée dans une volonté de paix.Le premier alinéa de ce paragraphe est peut-être la plus belle page que le Concile aura écrite sur la charité et, « par-dessus tant de critiques qu’on lui adresse, on ne peut refuser de le reconnaître, il a su rendre à cette super-vertu une place primordiale.Il est vraiment en cela le fidèle gardien de l’esprit de Jean XXIII que les Romains, ceux du petit peuple tout au moins, continuent à appeler il papa buono, le pape de la bonté ».Application au cas des convers.Il pourra paraître curieux que le problème des frères convers et des sœurs converses soit traité dans un paragraphe consacré à la vie commune qui, jusque-là, a surtout parlé de charité.Ainsi l’ont voulu près de 500 Pères conciliaires; ils ont pensé que cette manière d’envisager ce problème devait permettre de réformer plus aisément des structures historieo-juridiques.Ne soyons pas injustes pour cette institution des convers- Ils furent autrefois des pénitents (d’où une acception du nom de conversi) venant s’agréger, vaille que vaille, à la vie d’un mo- 79 ÉLÉMENTS nastère2.Plus tard, ils entrèrent au monastère à un âge où l’on ne croyait plus possible de leur apprendre à lire et à écrire.Ils étaient donc impropres à la vie de chœur.Les conversi, alors, étaient des hommes mûrs qui s’opposaient aux ollati, aux enfants offerts par leurs parents et qui faisaient leurs classes à l’école claustrale.Des auxiliaires, des coadjuteurs spécialisés dans les travaux matériels étaient d’une urgente nécessité auprès des religieux qui passaient sept ou huit heures à chanter l’office, qui enseignaient ou qui faisaient de l’apostolat.Et puis, pourquoi le nier, jusqu’à tout récemment l’opinion commune acceptait comme une évidence qu’il y avait deux classes d’hommes, celle des maîtres et des serviteurs.Dans certains ordres, comme celui de saint François par exemple, la distinction était d’ailleurs réduite au minimum.Le pauvre d’Assise aurait d’abord voulu une société de laïcs, et si beaucoup de frères furent tonsurés puis ordonnés, les autres ne furent jamais chez lui des religieux de seconde zone.Les préjugés ont évidemment disparu.La plupart des novices ont reçu une formation poussée.Les discriminations, si estompées qu’elles aient été par la sagesse chrétienne, doivent disparaître progressivement.« Il faut tendre à ce que dans les Instituts féminins, on arrive à une seule catégorie de sœurs » (n.15).Le Droit canon rénové devra bien entériner la disparition du critère qui jouait le plus souvent en pareil cas : la dot.Est-il encore possible aujourd’hui de constituer un patrimoine qui assurerait la subsistance d’une religieuse, sa vie durant, alors que l’argent ne cesse de se dévaluer ?La sensibilité chrétienne d’aujourd’hui accepterait-elle encore que la fortune des parents puisse déterminer une différence entre l’activité et le genre de vie de religieuses ?Chacune de celles-ci ne doit-elle pas travailler ?Dans les communautés masculines, le problème se pose autrement puisque la distinction entre les deux classes de religieux se prend dans la cléricature et pratiquement3 dans le sacerdoce.Mais, 2) Au temps de saint Isidore, ainsi qu’on le voit pat* sa règle et ses autres écrits, le monastère est le seul milieu où un pénitent puisse vivre puisque, même après le temps de la pénitence canonique, celui-ci ne peut plus user du mariage ni exercer une activité profane.3) En principe, tous les religieux clercs doivent être ordonnés prêtres.Il n’en allait pas ainsi autrefois et bien des moines de choeur ne dépassaient pas le sous-diaconat ou le diaconat.Il est possible qu’on revienne à cette discipline, chez les religieux contemplatifs notamment, et qu’ailleurs le rythme des ordinations soit plus lent. 80 VIE RELIGIEUSE précisément, le Décret déclare que ces Instituts pourront « accepter des clercs et des laïcs 4 5 au même titre, avec les mêmes droits et les mêmes obligations, sauf en ce qui découle des ordres sacrés » (n.15).Là où il restera des « convers », le Décret veut que leur association à la vie et aux œuvres de la communauté soit plus intime.b) Formation à la vie religieuse dans un esprit de charité universelle et dynamique Les religieux ont toujours eu le privilège d’être formés longuement et soigneusement à la vie commune et à la pratique des vœux.Le Concile n’a donc pas pensé qu’il devait donner des directives nouvelles pour les noviciats.Il parle rapidement du recrutemente et expose surtout ses requêtes sur l’élargissement de la formation religieuse en plusieurs directions de la charité universelle.Extension dans le temps d’abord.La fin du noviciat ne doit pas marquer une entrée brutale dans l’action apostolique.La formation religieuse, pastorale ou doctrinale doit être continuée d’une manière systématique, puisque le Décret parle même de diplômes à obtenir.Pour les religieux « laïcs », on songera évidemment ici à des études dans un Institut de sciences religieuses, un Institut de catéchétique, etc- Extension quant à l’objet aussi.Le Décret demande une formation «technique» plus poussée.Il s’agit évidemment d’études profanes, littéraires ou scientifiques, qui permettront aux sujets de remplir leurs tâches d’une manière plus efficace.Dans bien des pays, des réalisations très poussées et très vastes ont précédé la formulation de cette directive.Une difficulté apparaît cependant et crée des hésitations chez certains.Pour acquérir cette formation profane, les jeunes religieux et les jeunes religieuses doivent fréquenter des facultés ou de grandes écoles qui, même si elles sont catholiques, représentent 4) Laïcs se dit ici de religieux non-clercs.Dans les religions laïques (formées exclusivement de religieux non-clercs) une évolution inverse se produira puisque certains membres de ces Instituts pourront recevoir les oi*dres sacrés pour le service des communautés.5) Le Décret souhaite que l’on parle plus souvent de la vie religieuse dans la prédication ordinaire (n.25).Il rappelle aux religieux que l’exemple de leur vie est le meilleur moyen de recruter des novices.Quant à la propagande proprement dite, il lui fixe des normes, en tenant compte des protestations suscitées par un zèle mal éclairé (11-11-1964). ÉLÉMENTS 81 pour eux une ouverture sur le monde.Certains esprits chagrins s’en sont émus et ont exploité les inévitables échecs de toute expérience nouvelle Faut-il chercher à donner aux jeunes religieux cette formation profane en milieu fermé ou continuera-t-on à leur procurer ce contact avec la vie profane ?Précisément, le Décret suggère sa solution en montrant l’opportunité de cette ouverture.Ouverture aux choses profanes.Le Décret continue, en effet, en disant que, compte tenu « de la capacité intellectuelle et du caractère personnel », les jeunes religieux et religieuses doivent acquérir « une connaissance suffisante des façons de penser et de sentir dans la vie sociale actuelle ».Extension structurée, enfin.Il ne s’agit pas de former un homme ou une femme à catégories : spiritualité ici, action là, compétence professionnelle ici encore.Cette juxtaposition est un danger très réel qu’une addition de dernière heure entend pallier.« Par une fusion harmonieuse de ces éléments, lit-on, la formation doit se faire de telle sorte qu’elle aboutisse chez le religieux à l’unité de la vie ».Le Concile a voulu éviter que la vie active soit juxtaposée à la vie religieuse proprement dite.Il a ramené la première à la seconde, en rappelant le but ultime vers lequel toutes deux convergeaient et l’inspiration foncière dont elles vivaient : la charité.Il a demandé un effort d’intégration analogue, au plan psychologique, par un développement de la personnalité, à propos du célibat et de l’obéissance par exemple.Ici, on va encore plus loin dans cette voie en demandant que la formation profane ne soit pas un élément extrinsèque de la psychologie d’un bon religieux.On peut adopter cette attitude par une sorte de réaction de défense : certes, dira-t-on, on doit connaître quelque chose du monde pour y exercer une action efficace, mais il faut se garder de toute contamination.Cette attitude serait la seule acceptable s’il fallait identifier le monde et le péché, confondre la nature créée par Dieu avec la nature corrompue par l’homme.Mais, précisément, Vatican II se refuse à ces simplifications, tout autant que la Sainte Ecriture ou saint Thomas d’ailleurs.Il est normal que le religieux intègre à sa vie religieuse des éléments positifs du monde profane et qu’il ne se cantonne pas dans une attitude de refus désapprobateur devant les secteurs de la vie que sa vocation lui interdit.« L’esprit des conseils évangéliques, disait le cardinal Doepfner (11-11-1964), requiert certes une séparation du monde, mais les religieux de- 82 VIE RELIGIEUSE vraient avoir le sentiment de faire partie de ce monde et de ses habitants, ils devraient avoir une vision positive du monde », * * * On le voit assez, le Décret de Vatican II sur la vie religieuse est un texte plein de sagesse et de pondération.Il pose des principes que personne n’aura de difficulté à admettre et il n’empiète pas sur le légitime désir des Instituts de régler eux-mêmes leurs affaires.Il reste aux religieux à tirer parti de la confiance renouvelée et accrue que le Pape et les évêques leur manifestent.Et il reste aux non-religieux de collaborer avec leurs frères et sœurs religieux dans un esprit toujours fraternel *.* Ce texte est une partie de l’article paru dans L’Ami du Clergé 75 (1965) 755-762.L’auteur lui-même a bien voulu reprendre ces pages pour vous.NÉCROLOGIE.— Les Frères des Ecoles Chrétiennes : Frère Marcellin Noël.— Les Soeurs de l’Assomption de la Sainte Vierge : Soeur St-Jean-Baptiste-de-Jésrus (Rachel Beauchemin), Soeur Ste-Marthe (M.-Anne Hébert), Soeur Hercule-M.(M.-Flore Chevalier), Soeur Ste-Gra-ciosa (Aurore Casavant).— Les Soeurs de la Providence : Soeur Odilard (Léda Sylvestre), Soeur Denis d’Alexandrie (M.-Louise Champoux), Soeur Anna Bellavanee, Soeur Antoine-M.(M.-Anne-Amélia Richer).— Les Soeurs de la Charité de Montréal : Soeur M.-de-la-Nativité (Imelda Gé-linas), Soeur Ellen McGuirk, Soeur Juliette Lafontaine, Soeur M.-Antoinette (M.-A.Cyr).— Les Soeurs de Ste-Anne : Soeur M.-Thaïs (Rosalie Vaillancourt), Soeur M.-Colette (Joséphine Spierts), Soeur M.-Grégoire-de-Nysse (Gilberte Grégoire).— Les Servantes du Coeur Immaculé de Marie : Soeur Marie-de-la-Grâce (Hélène Légaré), Soeur M.-de-Sainte-Colette (Régina Dion).— Les Soeurs des SS.NN.de Jésus et de Marie : Soeur M.-François-Isidore (Yvonne Delisle), Soeur M.-Victoire-de-Léon (Alma Beausoleil).— Les Soeurs du Précieux Sang : Soeur Maria del Divio Corazon (Maria Esther Bolivar y Ariza).— Les Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph : Soeur Laura Nault.— Les Franciscaines Missionnaires de Marie : Soeur M.-de-St-Blaise (Rosalie Lachance).— Les Petites Soeurs de la Ste-Famille : Soeur M.-de-la-Résurrection (Félia Trudel). PASTORALE 83 LES RELIGIEUX ET LA PASTORALE D'ENSEMBLE Chan.Maurice Matte Ex-directeur de la Pastorale Diocèse de St-Jérôme Si dans les constitutions, les décrets et les déclarations de Vatican II, il n’est pas explicitement question de pastorale d’ensemble, on sent qu’elle se trouve sous-jacente à nombre d’affirmations, notamment dans la Constitution sur l’Eglise, le décret sur les prêtres, la vie religieuse et l’apostolat laïque.Théologiquement, la collégialité épiscopale et presbytérale, la vie religieuse vécue dans l’Eglise totale reposent le problème de l’intégration des religieux clercs et non-cleres dans la Pastorale globale de l’Eglise.Sociologiquement, l’éclatement des cadres scolaires traditionnels, la remise en question des institutions privées d’action sociale et charitable obligent les religieux à se re-situer à l’intérieur de la mission de l’Eglise, spécialement de l’Eglise particulière que constitue le diocèse.1.LE PRETRE RELIGIEUX Au point de départ, il faut poser la question : pourquoi y eut-il des prêtres-religieux dans l’Eglise ?Hier Raison historique : Les ordres religieux sont nés très tôt dans l’Eglise et furent le fruit de la tradition érémitique.La vie religieuse s’enracine dans l’Evangile et n’est que l’aboutissement d’une évolution et d’une prise de conscience de l’Evangile.Il est à remarquer, cependant, que les moines, au début de l’Eglise, n’étaient prêtres que par exception, en particulier chez les Bénédictins et chez les Augustins- Cependant, la naissance des ordres religieux au Moyen Age s’explique par des raisons historiques contingentes.Sans doute, 84 VIE RELIGIEUSE veulent-ils fondamentalement traduire un idéal évangélique, mais ils veulent aussi venir en aide au clergé diocésain et remplir certaines tâches de suppléance.Les clergés locaux étaient, à cette période, assez pauvres intellectuellement, moralement et même matériellement.C’est ce qui explique l’origine d’ordres, comme ceux de la Compagnie de Jésus avec saint Ignace, et même des ordres franciscains et dominicains.Les communautés religieuses qui sont nées par la suite ont voulu, pour ainsi dire, copier ces grands ordres, jusqu’à un certain point, et ont voulu jouer des rôles de suppléance.Aujourd’hui, le clergé diocésain lui-même s’est donné des congrégations religieuses qui agiraient en son nom, par exemple dans les pays de missions par la Société des Prêtres des Missions étrangères.Aujourd’hui, avec l’organisation locale des diocèses et la structuration de l’Eglise à travers le monde, les ordres religieux et même les congrégations religieuses de prêtres appartiennent davantage à l’Eglise universelle qu’à un ensemble d’Eglises locales et encore moins à une seule Eglise locale.Leur présence dans l’Eglise a une valeur de catholicité, en fonction des requêtes pastorales universelles ou nationales.Raison spirituelle : Le prêtre-religieux se trouvait objectivement situé, par les trois vœux, dans un état de perfection et, par conséquent, injectait une certaine inspiration évangélique et fournissait un idéal au clergé diocésain.La spiritualité sacerdotale, d’allure tridentine et monastique, trouvait ses points d’appui dans une vie religieuse centrée sur la recherche de 1a.perfection personnelle.Raison pastorale : L’exemption — qui date déjà du huitième ou neuvième siècle — donne au clergé régulier une certaine liberté, par rapport aux organisations locales de pastorale.Si, dans le Droit canon, l’exemption se définit de façon quelque peu négative, dans ce sens qu’elle limite les pouvoirs et les droits de l’Evêque, il va sans dire qu’elle possède une valeur positive- De plus, l’esprit de corps d’un ordre ou d’une communauté religieuse permet au prêtre-religieux de s’appuyer sur une institution à sa mesure, en plus de s’appuyer sur l’Eglise comme telle.Le prêtre régulier peut alors prendre charge de certaines œuvres spécialisées, avec une certaine continuité.On confiait ces œuvres à des communautés comme telles qui, elles, se chargeaient de fournir les hommes aptes PASTORALE 85 à réaliser ces œuvres.Evidemment, il y a eu le danger de l’affirmation de l’ordre ou de la communauté, plutôt qu’une priorité donnée à l’œuvre de l’Eglise comme telle.Dans ce sens que le témoignage du prêtre-religieux était trop braqué sur son institution et pas assez sur l’Eglise.Enfin, l’exemption religieuse sera sans doute redéfinie dans le nouveau Droit canon, en tenant compte de l’affirmation de la collégialité épiscopale et de la vie religieuse axée sur le désir de présenter au monde le vrai visage de l’Eglise, dont elle devient un signe.Aujourd'hui Rôle historique : Il semble que le clergé régulier ne peut plus continuer à jouer son rôle d’aide et de suppléance de la même façon qu’il l’a exercé dans le passé, pour les raisons suivantes: -Nous sommes loin du temps où le clergé diocésain était pauvre.Les diocèses, actuellement, mobilisent de plus en plus des prêtres spécialisés et tout un éventail de possibilités se présentent qui n’existaient pas autrefois.Le clergé diocésain autrefois était limité très souvent au ministère paroissial ou à l’administration diocésaine.Le prêtre diocésain n’a plus de complexe d’infériorité face au clergé régulier.-Il est à peu près sûr, « positis ponendis », que l’Ordinaire préfère un prêtre diocésain, plus disponible objectivement, à un prêtre régulier.Il mise davantage sur son propre clergé sans, évidemment, refuser l’aide du clergé régulier.- Il y a actuellement une revalorisation et un renforcement de l’Eglise particulière, en même temps que s’opère une décentralisation.Les ordres et les congrégations religieuses ont profité de la centralisation de l’Eglise.-Le prêtre diocésain semble plus près de la réalité pastorale, parce qu’il y est inséré à la journée longue, et il en prend aujourd’hui une conscience plus vive.On tend même à vouloir remettre au clergé diocésain les retraites paroissiales, réservées jusqu’à maintenant au clergé régulier.- Les prêtres diocésains s’unissent eux-mêmes dans certains types de communautés, par exemple dans des instituts séculiers, dans des équipes sacerdotales, et l’on songe même à des équipes pastorales de secteurs- 86 VIE RELIGIEUSE Dans ce contexte, pour jouer son rôle historique, le clergé régulier devra désormais s’intégrer, à part entière, au diocèse et embrasser l’éventail des possibilités qu’offrent les diocèses: aumô-neries, ministère paroissial, organismes diocésains, etc.Les spécialisations réservées au clergé régulier se font de plus en plus rares et l’Evêque préfère ordinairement une direction diocésaine.Même le secteur privilégié de l’éducation éclate présentement.A ce moment, il va sans dire que le prêtre religieux s’intégre au diocèse comme personne.Pour autant, il ne devient pas un prêtre diocésain par extension, puisqu’il ne peut pas ne pas incarner l’institution à laquelle il appartient aussi à part entière.Rôle spirituel : Le mysticisme qui entourait le prêtre régulier disparaît, à cause du nivellement de la formation cléricale (campus universitaires, commissions de formation pastorale, etc.) ; à cause du recul vis-à-vis les spiritualités particulières; à cause de l’intégration du prêtre régulier au monde (œuvres, costume ecclésiastique, etc.).Le rôle spirituel qu’il a traditionnellement tenu n’est plus aussi percutant aujourd’hui, et son témoignage eschatologique, personnel et institutionnel deviendra de plus en plus relatif au monde d’aujourd’hui.Ce qui importe aujourd’hui, c’est le visage que la vie religieuse offre au monde- Le prêtre régulier inspirera et donnera un idéal au prêtre diocésain, non pas par le prestige, mais par le désintéressement face aux biens matériels et aux postes d’importance, par la pauvreté, par la disponibilité, v.g.l’acceptation de paroisses les plus pauvres, les postes les plus onéreux, etc.Rôle pastoral : La pastorale d’ensemble diocésaine unifie les agents, les tâches et les secteurs pastoraux et donc sent moins le besoin de grands corps de compétences spécialisées.Les divers offices diocésains et supra-diocésains ont leurs spécialistes parmi le clergé séculier.Ensuite, l’Episcopat planifie une pastorale interdiocésaine et se donne des mediums de collaboration, comme les aumôneries nationales, les commissions sacerdotales, les visiteurs ecclésiastiques, et ainsi se donne un clergé supra-diocésain spécialisé tiré du clergé séculier des diocèses.Enfin, les évêques unifient leur action extérieure et les efforts d’expansion de l’Eglise (projet de banque de prêtres diocésains, missions en Amérique latine, etc.).Il semble donc qu’en dehors des grandes œuvres de catholicité qui leur sont confiées par le Saint-Siège, les ordres religieux et les PASTORALE 87 communautés religieuses devront se mettre au service des diocèses à la façon des prêtres diocésains, en assumant soit des secteurs apostoliques, comme les Fils de la Charité, soit des œuvres spécialisées.Et la direction diocésaine devra sentir que l’Eglise locale passe avant l’ordre ou la congrégation.Le prêtre régulier, partie prenante dans un diocèse, ne perd pas pour autant son authenticité, du fait qu’il se retrouve avec ses pairs sur d’autres plans.De plus, le clergé régulier devra intégrer le Meat à son action apostolique, non pas pour en faire des auxiliaires à leurs œuvres, mais pour promouvoir la responsabilité laïque-On a l’impression, dans la province de Québec, que le clergé régulier freine beaucoup plus qu’il n’accélère le mouvement vers une promotion du laïcat.Il n’est pas surprenant alors qu’il se sente placé entre le laïcat et le clergé local dans un diocèse.Enfin, le clergé régulier devrait préférer les diocèses où il y a effort de planification et de pastorale d’ensemble, pour lui permettre de mieux jouer son rôle dans le sens où on l’a défini plus haut.2.LE RELIGIEUX NON-CLERC L’origine et la nécessité des sœurs et des frères dans l’Eglise ne font pas question.On peut reprocher au Décret conciliaire sur la vie religieuse de n’avoir pas toute la vigueur théologique et pastorale qu’on aurait souhaitée, mais les religieuses et les religieux n’ont pas manqué l’occasion de vouloir se re-situer dans la Mission globale de l’Eglise et dans une Pastorale d’ensemble.Le plus simple sera tout simplement de relater une expérience vécue d’intégration à une Pastorale d’ensemble et de dégager de là, quelques réflexions pastorales.Il y a un peu plus de cinq ans, les sœurs et les frères vivaient pratiquement isolés dans leurs couvents et dans leurs institutions.Les seuls problèmes qui les concernaient étaient ceux de la régie interne.Quand les religieuses et les religieux sortaient, c’était pour jouer des rôles de suppléance, comme sacristines, responsables des enfants de chœur, directeurs ou directrices de chorales.Rarement ces tâches extérieures se trouvaient-elles situées dans la ligne de leur mission propre.Déjà les supérieurs et les chefs de services se rencontraient dans des associations spécialisées d’éducation ou d’action hospitalière, mais plus en tant que professionnels que religieux.L’Action catholique, la J.E.C.en particulier, avait créé des 88 VIE RELIGIEUSE échanges inter-communautaires par les assistantes et les assistants, qui se rencontraient dans des camps et des sessions d’études.Période de rodage importante, limitée cependant.Une première étape a consisté à organiser des cadres de pastorale d’ensemble de religieuses et de religieux sur une base démocratique.Ce n’étaient plus les supérieurs qui partageaient les responsabilités.D’eux-mêmes les sœurs et les frères assument un mouvement diocésain, structuré par zones pastorales.Ce mouvement, parti par le bas, devint suffisamment dynamique pour pouvoir aspirer à entrer dans les structures diocésaines de pastorale.Désormais, une sœur et un frère siègent au Conseil diocésain de Pastorale- La troisième étape se franchit présentement, celle d’une insertion dans une pastorale active au plan régional et paroissial, pour aborder avec le clergé et le laïcat adulte des problèmes qui débordent les cadres scolaires et hospitaliers.Sur 195 religieux, 185 favorisent les réunions conjointes de frères et de sœurs; 176 désirent de petites équipes de religieux qui s’intégrent à la vie paroissiale et 145 veulent travailler en collaboration dans des équipes aussi comprises de prêtres et de laïcs.Tous ces engagements présentent des difficultés, en particulier celle de la surcharge des responsables et de l’exécutif du mouvement; la réponse: un ou des permanents religieux de pastorale d’ensemble.De cette expérience se dégagent quelques réflexions pastorales.Tout d’abord, le clergé doit se guérir du péché de suffisance.Il ne peut plus se payer ce luxe dans le monde actuel s’il veut éveiller toutes les forces d’Eglise pour bâtir l’assemblée.Or, les religieuses et les religieux sont normalement les collaborateurs les plus engagés, les plus disponibles et les plus actifs.Ce jugement global ne veut pas ignorer les dévouements exceptionnels de la part des laïcs de plus en plus nombreux.Puis, il faut respecter profondément la personnalité et la vocation de l’état religieux et de chacune des communautés.Les sœurs et les frères ne peuvent plus être des femmes et des hommes à tout faire docilement.Les associer à l’apostolat ecclésial suppose que l’on respecte leur vocation propre, bien plus, leur spiritualité particulière- Il ne s’agit pas de les embarquer dans des aventures ou les noyer dans une surcharge écrasante non plus. PASTORALE 89 Ensuite, il faudra nous défaire de certains préjugés et de certaines attitudes, tout spécialement envers la religieuse.Ça bouge chez les sœurs et les frères, comme chez les prêtres et les laïcs d’ailleurs.Il y a peut-être une certaine ambiguïté dans le: «ce n’est plus comme ça aujourd’hui» (est-ce si certain parfois ?) et le Concile a appris aux religieux, comme aux prêtres et aux laïcs, qu’ils ont un certain retard sur le monde moderne à rattraper.Mais le vent a tourné.C’est tout le Peuple de Dieu qui devra s’attabler pour réfléchir ensemble et trouver une formule convenable d’intégration à une pastorale d’ensemble.Le travail qui s’opère à l’intérieur des Oeuvres de vocations présentement offre un bel exemple: la vocation particulière apparaît de plus en plus concrètement comme une émergence de la vocation de baptisé.Enfin — et cette réflexion pastorale s’impose de façon urgente pour rejoindre l’esprit de notre monde moderne — il faudra travailler à la promotion de la femme.Et la religieuse n’est pas un habit, mais une femme.C’est là l’une des aspirations les plus profondes de notre société actuelle, de la religieuse aussi.Tous, nous devons assumer cette promotion irréversible de la femme dans notre société et dans l’Eglise- Il y a des portes qui ont été timidement ouvertes, mais prêtres, frères, sœurs devront faire vite, si on ne veut pas manquer le train, avec les jeunes surtout.Conclusion Comme le notait le Père Tillard, o.p., dans l’un de ses reportages du Concile, « la promotion du laïcat, la remise en lumière de la vocation apostolique de tous les chrétiens engagés dans les structures du monde est sans doute une des acquisitions les plus capitales de notre siècle, un des apports essentiels de ce Concile à la vie de l’Eglise.Il ne faudrait cependant pas oublier qu’à l’intérieur même du laïcat, il existe une catégorie de fidèles ayant choisi de vivre la vocation baptismale d’une façon spéciale, pour que l’Eglise accomplisse en plénitude sa mission».Ce que les sœurs et les frères sont, comme signe, à l’endroit des laïcs, les prêtres-religieux le sont par rapport au clergé diocésain.Au-delà de ce que les religieux font, leur être même, s’ils sont fidèles à leur appel, est un service d’Eglise, dans la ligne du sacerdoce de sainteté pour les religieux non-clercs, dans la ligne du sacerdoce de mission pour les religieux-clercs. 90 VIE RELIGIEUSE LAÏCS-RELIGIEUX OU RELIGIEUX LAÏCS La revue s’est appliquée depuis plusieurs mois à approfondir la vie religieuse et à essayer de valoriser ou de revaloriser, aux yeux de ses lecteurs, la vie des Frères et des Sœurs voués à l’enseignement.L’effort est remarquable, les vues profondes et les bonnes intentions évidentes.Ceux d’entre nous qui ont cru avoir raison de dire : « On nous a exploités, puis on nous a pris en pitié, mais on ne nous a jamais aimés », en parlant des membres du clergé séculier et régulier et même du peuple chrétien, se sont aperçus que ce n’était pas le cas de tous, du moins de ceux qui ont sérieusement réfléchi sur la vie religieuse.Les articles des RR.PP.Tillard, o.p., Boisvert et Hamelin, o.f.m., entre autres, ont été particulièrement goûtés et ont fait réfléchir longuement.Les responsables de la revue et les auteurs de ces articles méritent des félicitations et la reconnaissance de ceux qu’on oblige ainsi- Quelques-uns d’entre nous, cependant, se demandent si l’on n’est pas en train de semer de la confusion dans la notion de religion laïque lorsque l’on présente les Frères et les Sœurs comme des laïcs, que ce soit à la fine pointe du laïcat chrétien ou non.De fait, ce terme de laïcs-religieux que l’on nous donne cadre-t-il bien avec les notions acquises et surtout avec la récente Constitution dogmatique sur l’Eglise qui, au numéro 31, traitant des laïcs, sous-entend sous ce nom « tous les fidèles, à l’exclusion des membres de l’ordre sacré et de l’état religieux reconnu par l’Eglise » ?Poursuivant sa définition du laïc, la constitution précise : « Le caractère séculier est propre et spécial aux laïcs.En fait, les membres de l’ordre sacré, bien qu’ils puissent s’occuper des choses séculières, cependant, de par leur vocation spéciale, sont destinés principalement et proprement au ministère sacré, tandis que les religieux, dans leur condition, témoignent d’une manière splendide et singulière de ce que le monde ne peut être transfiguré et offert à Dieu sans l’esprit des béatitudes.Etant donné leur vocation propre, c’est le devoir des laïcs de chercher le royaume de Dieu en gérant les choses temporelles et en les orientant vers Dieu ». RELIGIEUX LAÏCS 91 Dans le Décret conciliaire sur la vie religieuse, au numéro 10, il est question de la vie religieuse laïque « qui constitue en soi un état complet de la profession des conseils évangéliques » sans qu’on ait à y ajouter le sacerdoce ou le laïcat chrétien.Qu’on nous appelle des laïcs-religieux me semble très ambigu puisque tous les gens du monde qui ont de la religion « dans le corps » sont des laïcs religieux.Le trait d’union qu’on nous appose en plus me fait penser à la cravate « noire » qu ’on nous a imposée, avant tout dialogue, pour nous distinguer des laïcs.Je me demande que peuvent valoir le trait d’union et la cravate noire pour marquer notre consécration religieuse spéciale, pour signifier notre mission au cœur de l’Eglise et, naturellement, notre séparation du monde aux cravates de couleur moins sombre et notre distinction du clergé au col « romain » sacerdotal.Il faudrait savoir une fois pour toutes quelle est notre place dans l’Eglise de la part des théologiens comme de la part des pasteurs responsables avec le Pape de toute l’Eglise de Dieu, et, par conséquent, de la vie religieuse.Dans son article du mois d’octobre 1965 intitulé : Faut-il encore des Frères enseignants dans l’Eglise, le R.P.Tillard dit avoir pour but d’amorcer le dialogue, d’aiguiser la recherche théologique.Il ne prétend pas résoudre le problème de la vie religieuse chez les Frères.Son affirmation d’une crise grave de vocation chez les religieux enseignants est exacte, quoique cette constatation affligeante ne m’impressionne pas autant, lorsque je songe à la grave crise que traversent aussi les Pères, les prêtres séculiers et les laïcs chrétiens mariés ; lorsque je constate la facilité pour les Frères d’être infidèles à leur promesse avec l’autorisation de Rome et, par contre, à la quasi-impossibilité jusqu’ici pour de nombreux prêtres — le Concile l’a reconnu — de se laïciser ou de se faire laïciser sans apostasier.Mais le mal des uns ne guérit pas le mal des autres.Le point est d’abord de savoir exactement qui nous sommes.D’authentiques laïcs ou des religieux laïcs au sens de la constitution Lumen Gentium ?Des chrétiens « à la fine pointe du laïcat », troupes de choc de l’Eglise dans le monde, des commandos de l’apostolat laïc chrétien, ou des religieux devant être reconnus comme tels ?Héritiers en grande partie de la tradition monastique, vêtus de la tunique des moines avant le clergé séculier, si nous faisons remonter nos origines aux moines laïques, devons-nous abandonner tout signe de consécration spéciale à Dieu dans notre habit et dans nos moyens d’apostolat ?Le problème est posé: appartenons-nous à deux états à la fois, l’état religieux et l’état laïc ?Au sens juridique comme au sens théologique ?Les moyens de réaliser l’amour de Dieu et des hommes sont-ils ceux du religieux ou ceux du laïc ?Bien des Frères ont été emballés à la lecture de l’article sur l’opportunité actuelle ou non des Frères enseignants, opportunité 92 VIE RELIGIEUSE fortement prouvée par le R.P.Tillard si l’on admet son point de vue, admis par un grand nombre et contesté par plusieurs.Les plus religieux autour de moi y ont vu des possibilités infinies et sont prêts aux adaptations ou réadaptations les plus osées.Ils comptent sur tout ce capital humain et chrétien incomparable qu’ils ont décelé chez leurs Frères.Cependant, la déchristianisation du milieu étudiant de leurs propres écoles les inquiète et ils se demandent s’ils ne devraient pas d’abord être plus apostoliques dans leurs institutions auprès de leurs élèves actuels et anciens, auprès des maîtres laïcs, de leurs confrères et des parents de leurs élèves.Ils voudraient se faire davantage la main, essayer d’une façon renouvelée leur action apostolique, se ressourcer à une pastorale adaptée avant d’aller œuvrer au dehors d’une façon anonyme et par le moyen d’un témoignage beaucoup plus exigeant- D’autres, moins religieux ou illusionnés, se sont enthousiasmés aussi et sont prêts à tout chambarder, rejetant la tradition et reconstruisant à neuf, comme si la vie n’était plus faite de tradition et de progrès tout à la fois dans quelque domaine que ce soit.On croirait que ce sont eux qu’un observateur de l’extérieur vise quand il écrit: « Ils désirent courir le monde et passer de plus en plus pour des laïcs ».Après avoir lu les textes de la revue sur U engagement dans U Eglise et avoir réfléchi sur les questions qu’ils soulèvent, après avoir évalué objectivement la situation des congrégations de Frères à l’heure présente, on admet avec le R.P.Tillard que le dialogue s’impose avec les théologiens, les pasteurs et les laïcs intéressés aux Frères; qu’une urgente recherche devrait s’instaurer dans le domaine de la théologie dogmatique, ascétique, pastorale, et de la spiritualité de la vie active; que des essais devraient être tentés et que des risques sont à prendre.Quand les Frères auront « pris conscience de leur finalité propre », sauront-ils mieux quel est leur rôle dans l’Eglise en général et dans l’Eglise diocésaine ou locale; quand ils ne se prendront plus pour les prolétaires de la sainte Eglise — selon l’expression de quelques-uns — ou des eunuques impuissants devant les tâches apostoliques pour lesquelles ils ont été créés, ils pourraient prendre confiance en eux et ne plus se croire voués à une extinction prochaine.Cet élan ecclésial sera-t-il favorisé par la présence dans les congrégations de Frères, de prêtres pris parmi eux et ordonnés pour subvenir aux besoins du ministère sacerdotal à l’intérieur de leurs maisons f Illusion, au dire de certains.Pourquoi, se dit-on, fermer la communauté sur elle-même et ne pas former plutôt des prêtres séculiers — tel que le demande le Décret conciliaire sur les prêtres — à la compréhension de la vie religieuse et à la direction spirituelle des religieux ?A cause de négligence dans le devoir de nommer des aumôniers compétents ou d’en préparer; d’autres fois, à cause de certaines circonstances venant d’une situation générale qui se prolonge, les maisons religieuses ont été trop souvent, RELIGIEUX LAÏCS 93 mal pourvues d’aumôniers compétents.Il devrait être plus facile que jamais de remédier à cet état de choses à moins d’une baisse considérable de vocations sacerdotales, situation qui se produira aussi chez les Frères pour les mêmes raisons.On a d’ailleurs bien peu exploité jusqu’ici les charismes des religieux laïcs.Le supérieur, père-éducateur spirituel, chargé de former ses sujets, de les accepter à la profession et de leur assigner leur obédience, ne devrait-il pas connaître ses Frères et être leur directeur spirituel au « for paternel », les conduisant au besoin au ministre de Dieu dans les cas de sa compétence spéciale ?Bien des communautés ont vécu dans la médiocrité par manque de direction spirituelle et bien des sujets ont dévié de la voie par manque de communion avec leur père spirituel.Les directeurs spirituels de passage ou des aumôniers imprudents, ou naïfs, ou omniscients, sont aussi dangereux pour les vocations que des prêtres de paroisse peu favorables aux Frères.Cela ne béatifie pas les supérieurs non préparés et plus administrateurs que pères.Le manque de formation joue dans les deux cas- Un prêtre pris parmi les Frères sera peut-être mieux formé, mais combien de ses confrères se feront diriger par lui ?Il trouvera plus facilement audience auprès des jeunes en formation si les maîtres l’acceptent.Dans les missions, on rapporte le cas de Sœurs autorisées à distribuer la communion, invitées à prêcher des retraites même.Et pourquoi pas ?Dans les congrégations de Frères, pourquoi quelques Frères ne seraient-ils pas chargés d’aider l’aumônier, lent ou surchargé, à distribuer la communion, par exemple ?Il ne s’agit pas là d’un acte ministériel tout comme il ne s’agit pas de prendre l’entière responsabilité de la parole de Dieu dans la catéchèse, responsabilité réservée aux prêtres au moins à titre de contrôle ou d’animation.Que les Frères soient appelés à aider les jeunes de leurs écoles psychologiquement ou spirituellement, à faire de la catéchèse leur principal souci, ou même à distribuer la communion dans certaines circonstances et dans certains lieux, à un groupe donné de personnes, il ne semble pas y avoir là empiètement sur les fonctions proprement sacerdotales du prêtre.Ce sera souvent un moyen (la direction spirituelle et la catéchèse) de conduire au ministre du sacrement de pénitence et d’eucharistie et aussi une excellente occasion de participer à la pastorale d’ensemble.Il en est de même dans l’animation spirituelle du laïcat chrétien : la collaboration du Frère et du prêtre à une œuvre commune permettra de mieux répondre aux désirs de l’évêque et de participer à sa mission.Si l’on permet aux Frères d’exercer pleinement les virtualités de leur baptême et de leur consécration religieuse, de remplir leur rôle de religieux-éducateurs selon toutes les implications de cette fonction ecclésiale, peut-être seront-ils moins portés à loucher parfois vers le sacerdoce ou à se demander s’ils ne devraient pas devenir « diacres » pour trouver leur utilité et accomplir une tâche valable dans l’Eglise. 94 VIE RELIGIEUSE Après avoir donné à un bon nombre de Frères foi en leur état et confiance dans les responsables de la vie religieuse dans l’Eglise, il restera à donner à tous les moyens de se préparer à réaliser cette exigeante vocation.Ce dernier devoir incombe tout autant, sinon plus, aux supérieurs et aux religieux les plus avertis dans les congrégations de Frères qu’à la hiérarchie ecclésiastique, aux membres du clergé en général et aux laïcs chrétiens.Ne sommes-nous pas tous responsables les uns des autres et de l’Eglise que nous constituons ?Un Frère enseignant Concilium, Revue internationale de Théologie.N.11 : Dogme.Janvier 1966.140 pp.Maintenant que notre temps se caractérise par une sensibilité spéciale pour la façon de penser existentielle, et par suite, à l’intérieur de ce cadre, pour la dimension historique de l’existence humaine, nous voyons que se’st opéré, surtout depuis la seconde guerre mondiale, un changement d’accent caractéristique dans les approches actuelles du mystère du Christ, par rapport aux manuels de Christologie d’autrefois.Dans ce numéro, Concilium veut donner une vision en raccourci de ce changement, établir, en quelque sorte, la situation présente des choses dans la dogmatique catholique. LES LIVRES Le Léan neo, Dr A.M., La vocation religieuse féminine (aspects psycho-pathologiques).Centre d’études Laennec.Lethielleux 1965.140pp.Cet ouvrage est une contribution aux études récentes sur le discernement des vocations.En effet, si les Supérieures sont maintenant convaincues de l’importance d’examens psychologiques pour certaines candidates à la vie religieuse féminine, il convient maintenant d’étudier méthodiquement les contre-indications à la vocation ainsi que leurs valeurs respectives.Le mérite du Dr Le Léannec est d’avoir établi une méthode d’examen adaptée aux religieuses.Partant de l’étude de 200 cas, FA., en se référant aux règles de l’observation psychiatrique, peut ainsi aborder les vrais problèmes qui se posent à une Supérieure.Tour à tour sont examinés : la crise du noviciat, la maturité affective dans la vie religieuse, l’intérêt des tests psychologiques, la sortie de l’état religieux.Dans une seconde partie, ceci à l’intention des Maîtresses des novices, sont dégagées les principales contre-indications à une vocation.Le volume se termine par deux chapitres consacrés à l’opportunité d’un examen systématique des candidates, ainsi qu’au rôle du psychiatre en cette occasion.D’une lecture facile, cette étude, basée sur des observations cliniques, sera d’un grand profit pour tous ceux qui sont appelés à se prononcer sur l’authenticité des vocations religieuses.Roj>é, François, Le miracle dans la controverse moderniste.(Coll.Théologie historique, n.3).Ed.Beauchesne et fils, Paris 1965.288pp.On trouvera dans cette controverse les débats passionnés entre Blondel, le Père Schwalm et Laberthonnière, Gayraud, Loisy et Le Roy.La “Lettre sur l’apologétique” de M.Blondel déclenche la première étape.On trouve deux conceptions du miracle : pour le P.Schwalm et l’abbé Gayraud, représentant la mentalité théologique la plus largement répandue, le miracle n’est qu’un prodige sensible que la science peut constater.Blondel, lui, insiste principalement sur le rôle des dispositions morales dans la perception du miracle comme preuve de la Révélation : “Les preuves de fait ne valent que pour ceux qui sont intimement prêts à les accueillir et à les comprendre”, tout en expliquant que l’intelligence humaine soit capable de comprendre le miracle et comment elle arrive à cette connaissance.L’A.nous expose ensuite la confrontation de Blondel avec Loisy et avec Le Roy.On trouve également dans ce volume les idées de tous les grands apologètes du temps : Card.Dechamps, Louis Maisonneuve, Jules Lebreton.Voilà un volume indispensable en apologétique.Butler, Dom B.C., L’idée de l’Eglise.(Coll.Cahiers de l’actualité religieuse, n.14).Casterman 1965.232pp.La question de l’Eglise, occupe la première place en oecuménisme.Dom Butler, abbé de Downside, aborde la, question d’une façon neuve et personnelle.Avant d’avoir recours au témoignage biblique, il interroge la conscience chrétienne avant les tragédies du schisme d’Orient et de la Réforme.Quelle espèce de réalité est l’Eglise ?Il n’y a que trois réponses possibles : l’Eglise est purement mystique, elle est purement eschatologique ou potentielle et enfin, elle est une communion visible historiquement dans sa réalité et son unité.Où trouver le tribunal dont 96 LES LIVRES la décision vaudra pour tous les chrétiens ?L’accord sur le sens de l’Ecriture n’est pas fait et tout appel à une définition ecclésiastique est exclu a priori.Il ne reste que le tribunal de l’histoire chrétienne.Sous cet aspect, il n’y a pas de doute, l’Eglise est essentiellement une seule comm union visible de baptisés.Si cela est vrai, il faut trouver le moyen de retrouver cette unité visible.Ce livre courageux marquera une étape dans l’oecuménisme.Monden, Louis, S.J., La conscience du péché.(Coll.Bibliothèque d’études psycho-religieuses).Desclée de Brouwer 1965.208pp.Pie XII disait : “Le plus grand péché de notre époque, c’est qu’elle est en train de perdre la notion même de péché”.L’A.montre que ce point de vue s’est modifié.Si la sensibilité morale s’est émoussée en certains secteurs, elle s’est remarquablement affinée en d’autres.“Tout semble indiquer d’ailleurs que cette modification .n’est pas symptôme de décadence, mais étape de maturation de l’humanité”.L’A.veut apporter des réponses à ce qu’on appelle ‘ la morale nouvelle”.Cette synthèse permettra de dégager les normes d’une pastorale renouvelée de l’homme pécheur, adaptée à sa mentalité.Margarita, R.M., L.B.V.M., Mary Ward, Cette femme incomparable.(Coll.Les amis de S.François).Ed.N.-D.de la Trinité, Blois 1965.170pp.“Cette femme incomparable”, c’est le titre reçu de Pie XII par Mary Ward “donnée à l’Eglise par l’Angleterre catholique, dans les temps les plus sombres et les plus sanglants”.Le pape la proposait en 1951 comme exemple et patronne de l’apostolat des laïcs, conjointement à S.Vincent de Paul.Ce n’est pas peu dire.A l’heure des auditrices au Concile, le témoignage porté par cette femme, à la personnalité étonnante et aux réalisations audacieu- ses pour son époque, méritait d’être connu.Trois siècles après sa mort, cette apôtre de la promotion féminine dans l’Eglise peut être saluée avec Pie XII comme une initiatrice des Instituts séculiers.Chauchard, Dr Paul, Notre besoin d’aimer (Pourquoi aimer ?comment aimer ?).Ed.Salvator, Mulhouse 1965.184pp.Ce petit livre envisage tous les aspects de l’amour.La principale technique humaine, celle qui est indispensable au bonheur, c’est d’apprendre à aimer les autres, apprendre à être aimable, comprendre qu’il nous faut avec amour construire un monde aimable.“C’est.du point de vue objectif de la science, mais d’une science complète que nous allons chercher, dit l’A., ce qu’est l’amour et pourquoi il est notre essentiel besoin”.Cette recherche fera saisir que l’essentiel est don de soi et qu’il trouve son expression la plus parfaite chez le chrétien “qui n’oublie pas la dimension céleste de la terre’.Gajlot, J., S.J., L’Eglise et la femme.Ed.Lethielleux, Paris 1965.208pp.“Selon le dessein établi par le Père, il n’y aurait eu, sans la femme, ni Incarnation, ni Eglise; la collaboration féminine était essentielle et le demeure.Actuellement, un pas en avant vient d’être fait dans la reconnaissance de cette coopération de la femme à l’oeuvre de l’Eglise.En admettant des femmes dans l’assemblée conciliaire, le Pape a conformé davantage les agissements de l’autorité de l’Eglise avec ceux de Dieu lui-même”.L’A.étudie la nature de la coopération féminine à l’oeuvre de l’Eglise.Il utilise pour cela les indications de la Constitution dogmatique sur l’Eglise par rapport à la Vierge.Il se sert aussi des affirmations essentielles de l'évangile, de S.Paul et de la Tradition.Il montre que la femme, face au sacerdoce, a une place distincte et complémentaire. Gréa, Dom Adrien, L’Eglise et sa divine constitution.Nouvelle édition.Casterman 1965.520 pp.Préface de Louis Bouyer.Avertissement de Gaston Fontaine, C.R.I.C.On se réjouira de la réédition de ce maître volume sur l’Eglise.L’A.a su montrer “comment la hiérarchie est ce qui permet à l’Eglise, Corps du Christ, d’être une permanente épiphanie du Christ”.A notre époque où l’on déprécie l’institution, la mettre en valeur selon la pensée profonde du Christ n’est pas un mince mérite.Rigaux, Béda, o.f.m., Témoignage de l’évangile de Marc.(Coll.Pour une histoire de Jésus).Desclée de Brouwer 1965.194 pp.Une nouvelle collection vient de paraître qui s’intéresse à l’histoire de Jésus.Il est bien sûr qu’on ne peut bâtir une vie de Jésus à la façon classique avec dates contrôlées, allées et venues précises, événements étalés sur mois et semaines.Jésus fait pourtant partie de l’histoire.Il y a lieu de rechercher tout ce qu’il y a d’historique dans les documents que nous avons sur Lui.Il faut essayer de trouver tout ce qu’il y a de stricte vérité historique sur sa vie, son oeuvre, sa personne.Ce petit livre sur l’évangile de S.Marc, le premier de la série, est né de ce désir de vérité historique.Il est de la plume du grand exégète Béda Rigaux.C’est déjà une haute recommandation.Alzin, Josse, Le carmel de Guadalajara a saigné trois fois.Ed.Marie Médiatrice, Genval (Belgique) et Château-Richer (P.Q.) 1965.170pp.11 s’agit du journal spirituel de trois Carmélites qui racontent par ‘ Action littéraire” leur cheminement d’âme.Mais ce journal a servi si rigoureusement à l’élaboration des trois récits que l’on peut à peine encore parler de Action.Très émouvant récit qui fait parler les martyres de la révolution espagnole.Dieu aujourd’hui (Semaine des Intellectuels catholiques 1965).Coll.‘ Recherches et débats”, n.52.Desclée de Brouwer 1965.262 pp.Un précieux document sur Dieu où prennent la parole croyants et incroyants.A l’heure de l’oecuménisme, peut-on souhaiter un meilleur dialogue sur le sujet le plus important de tous, Dieu ?Van Caster, Marcel, s.j., Dieu nous parle, 2 : Thèmes de catéchèse.Desclée de Brouwer 1965.400 pp.Le premier tome, Structures de la catéchèse, a déjà été annoncé dans cette revue.On sera heureux de la parution du deuxième qui comporte l’analyse de tous les grands thèmes, à partir de Dieu jusqu’à la Rédemption, en passant par les valeurs humaines, le travail, l’amour, la sexualité, etc.Lourdes 64.Une expérience de dialogue dans l’Eglise pour le renouveau de l’art sacré.« Le livre blanc de l’exposition ».Documents présentés par Dom Bernard Billet, moine de Tournay.Préface de Son Exc.Mgr Thêas, évêque de Tarbes et de Lourdes.64 pp.16 planches hors-texte.Ce livre blanc s’adresse à tous ceux qui s’intéressent au renouveau de l’art sacré dans l’Eglise.Chrétien et Apôtre.Série de brochures, paraissant chaque mois, sauf en juillet et août.16 pp.Abonnement annuel : $1.00.Ces brochures contiennent les notes spirituelles efficaces à une vie chrétienne plus intense et à un apostolat plus rayonnant.Les numéros portent sur la liturgie. DISQUES CLASSIQUES IMPORTES DE FRANCE ENREGISTREMENTS DE QUALITÉ À PRIX MODIQUE On hésité souvent a acheter des disques classiques pour mettre entre les mains des jeunes, parce qu’ils sont trop dispendieux.Musidisc vous offre une admirable collection d’enregistrements “haute-fidélité”, présentant toute la richesse classique et cela à prix modéré.Tous ces disques sont vendus sous enveloppe polychrome de présentation très agréable.Dans la collection « Richesse RC 808 Tchaikowsky, Concerto pour piano et orchestre n.1 en si bémol mineur, op.23.Emil Guillels au piano avec l’Orchestre du Bolshoï Théâtre sous la direction de Samuel Samosud.RC 810 Beethoven, Concerto pour violon et Orchestre en ré majeur, op.61.David Oistrakh au violon avec l’Orchestre Philarmonique National de Moscou sous la direction de Alexandre Gauk.RC 814 Dvorak, Symphonie n.5 en mi mineur, op.95, “Du Nouveau Monde”.Orchestre Symphonique des Festivals de Londres sous la direction de Thomas Greene.Classique», retenez: RC 820 Mozart, Symphonie n.I/O et 41.Les Concerts de Vienne sous la direction de Karl Ritter.RC 832 Frank, Symphonie en ré mineur et Variations symphoniques pour piano et orchestre.Orchestre des Festivals de Londres sous la direction de Thomas Greene.Ronald Smith, au piano.RC 846 Bizot, Carmen (suites pour Orchestre) et U Artésienne.Orchestre Symphonique des Festivals de Londres, sous la direction de Thomas Greene.Ces enregistrements sont en vente chez ED.ARCHAMBAULT INC.(500 est, rue Ste-Catherine, Montréal), où vous trouverez le choix le plus complet de musique au Canada.
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