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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
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  • En son nom
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La vie des communautés religieuses /, 1966-06, Collections de BAnQ.

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la Vie des communautés religieuses 6 Le religieux signe, ici et aujourd'hui JUIN 1966 La VIE des communautés religieuses • Revue publiée par les RR.PP.Franciscains de la Province St-Joseph au Canada; paraît le 15 de chaque mois, excepté juillet et août, par fascicules de 32 pages; • La Direction est assurée par le R.P.Léonce HAMELIN, assisté d'un groupe de professeurs au cléricat théologique de Rosemont (Montréal); • On souscrit à la revue directement, sans l'intermédiaire des librairies ni des agences.En joignant une étiquette à toute correspondance administrative, vous facilitez notre travail; • Tout ce qui concerne la Revue (envoi de manuscrits, consultations, service bibliographique, administration) doit être adressé à : LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES 5750, Boulevard Rosemont Montréal 36 — Tel.259-6911 PRIX DE L'ABONNEMENT: $2.75 (pour tout pays) Chaque auteur porte la responsabilité de ses articles Le Ministère des Postes à Ottawa a autorisé l'affranchissement en numéraire et l'envoi comme objet de deuxième classe de la présente publication La VIE des communautés religieuses JUIN 1966 Vol.24, n° 6 Léonce Hamelln, o.f.m.Au carrefour 162 La Vie des Communautés religieuses a assisté, en ces dernières armées, à un réveil des forces vives de la vie consacrée.Un intérêt marqué s’est manifesté dans certaines valeurs de la vie religieuse ; la revue a voulu se faire le lieu de rencontre des idées et des réflexions.Laurent Boisvert, o.f.m.La vie religieuse, signe du mystère 165 La vie religieuse possède-t-elle un caractère spécifique qui la distingue des autres formes de vie?L’auteur répond à cette question en montrant qu’elle est signe du mystère du Christ, du mystère de l’Eglise et du Royaume céleste.Sr Marthe Gagnon, Le témoignage de la religieuse r.s.r.étudiante .178 Consultations .De quel œil les étudiantes voient-elles les religierises prendre place pi'ès d’elles sur les bancs de l’école?A quelles conditions les acceptent-elles?A la suite d’une enquête, restreinte il est vrai, mais fort significative, l’auteur nous fait part des réponses qu’elle a reçues.187 Les livres 162 VIE RELIGIEUSE A U CARREFOUR Léonce Hamixin, o.f.m.Directeur 5750.Bcrul.Rosemont, Montréal 36.Avec sa prochaine livraison La Vie des Communautés religieuses entrera dans sa 25e année.Le numéro de septembre 1942, en effet, marquait les débuts d’une revue qui se présentait comme « spécialement consacrée aux intérêts des communautés de chez nous ».A-t-elle vraiment répondu aux attentes de ses lecteurs ?A vous de le dire, mais le maintien du nombre de ses abonnés, malgré la quantité surprenante de maisons religieuses qui ferment leur porte, nous paraît être la meilleure appréciation.Depuis les six années qu’il est à la tête de la revue, le Directeur n’a pas beaucoup écrit; il n’a pas compris son rôle en ce sens.Mais il a assisté à une évolution sensible dans le sentiment religieux.Un intérêt marqué s’est manifesté pour comprendre les forces vives de la vie religieuse.La revue a voulu se faire le lieu de rencontre des idées et des réflexions ; même si elle n’a pas été la cause de cet éveil, elle en a été le témoin.La théologie de la vie religieuse d’abord a, été l’objet d’une étude particulièrement soutenue.L’ensemble des religieux veulent pouvoir se définir dans le peuple de Dieu.Ils sentent de l’aversion pour une pieuse mystique qui a pour effet d’endormir la personnalité religieuse sous un fatras de dévotions sans liens intimes avec la vie.Cette forme de mystique eut sa valeur dans le passé; aujourd’hui les religieux désirent une nourriture plus substantielle.On ne conteste certes pas la valeur de la contemplation : elle est encore une des premières valeurs de la vie religieuse.Mais on n’admet plus que, pour arriver à cette contemplation, il faille s’éloigner de la fonction d’Eglise dévolue à tous les membres du Corps mystique.Durant ces dernières années, nous avons encore assisté à un réveil du sens de la fraternité, notion apparemment nouvelle qu’on CARREFOUR 163 place en face de celle de communauté, en les opposant la plupart du temps.Tandis que le terme communauté apparaît comme une réalité extérieure basée sur des institutions fermement établies, celui de fraternité est une réalité intérieure qui s’épanouit évidemment dans des attitudes externes.D’où provient cet intérêt particulier pour la fraternité?Sans doute tous les hommes d’aujourd’hui sont pris par un désir toujours plus grand de fraternité humaine.Contre l’individualisme des âges précédents le monde moderne a découvert la dimension sociale.Les hommes veulent se rencontrer, se connaître, prenant conscience de la solidarité qui les unit.Les religieux non seulement sont embarqués dans le mouvement, ils en sont présentement les inspirateurs.Aux écoutes de VEsprit-Saint, ils veulent vivre intensément selon les directives du Concile Vatican II que nous venons de terminer.Mous voudrions enfin signaler le travail de rénovation qui s’est réalisé chez les frères, en particulier les frères enseignants.Ils ont manifesté un effort remarquable pour se redéfinir, se resituer dans le peuple de Dieu.Pourquoi des frères enseignants en 1966?Il y eut une remise en question de la vocation du frère au plan de sa justification sociale spécifique.Tous les théologiens qui se sont penchés sur la question sont arrivés à une conclusion identique: la nécessité de la fonction du frère enseignant à l’intérieur du Corps mystique.Si cette fonction n’existait pas encore, il faudrait la créer de toute pièce et sans retard.Un conférencier qui pose aujourd’hui la question de l’existence du frère enseignant peut obtenir encore beaucoup d’effet oratoire, mais sa question porte à faux: la réponse est déjà acquise et ne fait aucun doute.Les modalités de son insertion donnent beaucoup plus d’inquiétudes.Sur ce point nous en sommes encore à l’état de recherche.Tout ce travail positif ne s’est, malheureusement pas réalisé sans heurts; il a souvent été accompagné d’actions aux tendances naturalistes marquées.Le concept de fraternité est trop souvent identifié à la notion d'équipe, telle que présentée par les dynamiques de groupes aux préoccupations exclusivement psychologiques.Par ailleurs, l’esprit critique s’est développé au point qu’on le favorise parfois aux dépens de l’esprit de foi.Assurément il est normal que, au cours de la formation religieuse, se posent des problèmes et que les difficultés soient soulevées.Mais une éducation saine et réaliste 164 VIE RELIGIEUSE les intègre dans un enseignement complet, positif et ferme.De la sorte la vision totale de la réalité est facilitée, la vérité de la réponse aux problèmes traités est mieux perçue.La frénésie dans U emploi des méthodes audio-visuelles et des méthodes dites actives laisse-t-elle suffisamment de place à la force surnaturelle de la foi que porte en elle la prédication de l’Evangile?A force d’insister sur les activités purement humaines, que reste-t-il de l’action invisible de Dieu?Que reste-t-il des réalités spirituelles qu’il s’agit d’inculquer aux jeunes religieux?A force d’insister sur l’exaltation de la personne sans marquer la place des purifications indispensables et de la réparation, que reste-t-il de la Passion du Christ?L'aggiornamento de la Croix sera toujours une gageure, il faut le dire nettement.Il est certain qu’on oublie trop souvent quelle est la fonction propre de la vie religieuse.Le rôle du religieux, comme tel, n’est pas d’abord d’ordre incarnationel, mais d’ordre esohatologique.Relisons la Constitution de Vatican II sur l’Eglise : « Le peuple de Dieu n’a pas ici-bas de cité permanente ; il est en quête de la cité future.Or l’état religieux, qui assure aux siens une liberté plus grande à l’égard des charges terrestres, manifeste aussi davantage aux yeux de tous les croyants les biens célestes déjà présents en ce temps.Il atteste l’existence d’une vie nouvelle et éternelle acquise par la rédemption du Christ.Il annonce enfin la résurrection à venir et la gloire du royaume des deux » (Lumen Gentium, ch.VI, n.44).Il nous semble clairement indiqué ici que les religieux n’ont pas à s’engager autant que d’autres dans la transformation du monde puisque, par vocation, ils ont justement à témoigner de la transcendance du Christ sur le monde.Ce qui ne veut pas dire par ailleurs que, « par leur consécration, les religieux deviennent étrangers aux hommes, ou inutiles dans la cité terrestre » (Ibid., n.46).C’est dans ces dernières perspectives que nous vous offrons la présente livraison de la V.C.R.Elle aidera, nous l’espérons, à préparer votre retraite annuelle en même temps que le 5e congrès de spiritualité qui doit avoir lieu à Nicolet du 23 au 26 août prochain. SIGNE AUJOURD’HUI 165 LA VIE RELIGIEUSE, SIGNE DU MYSTÈRE Laurent Boisvert, Collèpe franciscain de théol.5750, Boni.Rosemont, Montréal.L’Eglise a pour mission de « rassembler toute l’humanité avec tous ses biens, sous la Tête qu’est le Christ, dans l’unité de son Esprit» (Lumen Gentium 13b), de faire en sorte «que la plénitude du monde entier passe dans le Peuple de Dieu, le Corps du Seigneur, le Temple du Saint-Esprit, et que dans le Christ, chef de tous, soit rendu au Créateur et Père de l’univers tout honneur et toute gloire» (17).La responsabilité de cette mission incombe à tous les fidèles, qui s’en acquittent de manière différente suivant leur état, par l’exercice des fonctions sacerdotale, prophétique et royale.De même qu’il y a dans l’Eglise un sacerdoce spirituel commun à tous les baptisés, mais variable dans ses modes d’expression d’après les personnes et les états de vie, ainsi existe-t-il un prophétisme commun à tous les membres du peuple de Dieu, qui rayonne le mystère de multiples façons, suivant les dons reçus et les formes de vie dans lesquelles ils s’épanouissent.Chaque fidèle, participant à la fonction prophétique du Christ et de l’Eglise, révèle par sa parole et sa conduite la réalité mystérieuse à laquelle il adhère dans la foi, et devient ainsi lumière du monde.Mais son caractère de signe prend une orientation et une physionomie particulière du fait qu’il n’est pas seulement un croyant, mais un croyant engagé dans un état spécial.Les époux sont l’un pour l’autre, et ensemble pour leurs enfants, signes de Dieu ; leur vie familiale tout entière rayonne le Mystère.Les prêtres témoignent du Christ devant les hommes par la proclamation de la Parole, l’administration des sacrements, la conduite du peuple de Dieu.Ce caractère particulier de signe, attenant à leur sacerdoce hiérarchique, ne les soustrait pas au devoir, commun à tous les fidèles, de vivre et de professer leur foi. 166 VIE RE LI El EU SE Les religieux exereent-ils dans l’Eglise une fonction prophétique particulière?La vie religieuse possède-t-elle un caractère spécifique de signe, qui la distingue des autres formes de vie?Nous tenterons de jeter quelque lumière sur ce problème du témoignage des religieux, ou de la vie religieuse considérée comme signe.Nous diviserons notre exposé en trois points: la vie religieuse signe du mystère du Christ, signe du mystère de l’Eglise, signe du Royaume céleste.1.SIGNE DU MYSTÈRE DU CHRIST A plusieurs reprises la constitution Lumen Gentium nous présente la vie religieuse comme une imitation particulière du Christ et une manifestation de son mystère.L’Eglise, dit-elle, «se réjouit de trouver en son sein beaucoup d’hommes et de femmes qui suivent de plus près et montrent de façon plus éclatante l’abaissement du Sauveur, embrassant la pauvreté dans la liberté des fils de Dieu, et renoncent à leur volonté propre» (42d).Au chapitre VI, il est affirmé: « l’état religieux imite de plus près (pressius) et représente perpétuellement dans l’Eglise la forme de vie que le Fils de Dieu a prise en entrant dans le monde pour faire la volonté du Père, et qu’il a proposée aux disciples qui le suivaient» (44c).Et encore: les conseils évangéliques « peuvent conformer davantage l’homme chrétien à ce genre de vie virginale et pauvre que le Christ Seigneur a choisi pour lui-même, et que la Vierge sa Mère a embrassé » (46b).Ces textes établissent un rapport intime entre l’imitation du Christ, jusque dans sa forme de vie, et le caractère particulier de signe, propre à la vie religieuse.Considérant l’imitation du Christ, il faut se garder de toute discrimination blessante, de tout langage qui laisserait aux autres fidèles l’impression que seuls les religieux se donnent totalement à Dieu, qu’ils monopolisent l’aspiration intégrale à la sainteté.La Constitution déclare, au chapitre V, que tous les fidèles, « qu’ils appartiennent à la hiérarchie ou qu’ils soient conduits par elle, sont appelés à la sainteté, selon le mot de saint Paul: La volonté de Dieu, c’est votre sanctification» (39).Il est donc normal de rencontrer, dans tous les états de vie, des fidèles qui tendent de tout leur être à la plénitude de la vie Chrétienne, à la perfection de la charité.Les religieux ne peuvent donc pas se SIGNE AUJOURD'HUI 167 caractériser par la seule intensité de leur aspiration à la sainteté, comme si elle leur était propre, mais par l'actualisation dans une forme particulière de vie du don total et immédiat à Dieu.Inconséquents avec leur profession, par laquelle ils font de tout leur être une offrande au Seigneur et s’obligent à vivre entièrement pour Lui, des religieux peuvent mener de fait une existence égoïste.Il reste cependant qu’envisagés comme groupes particuliers, les religieux constituent dans l’Eglise, en raison même de leur forme de vie, un signe du don et de l’union totale à Dieu.Si la valeur d’un tel signe est affaiblie par la médiocrité humaine, elle ne saurait disparaître totalement, vu que l’Esprit, principe animateur de l’Eglise, suscite en elle, à toutes les époques, des religieux d’une générosité entière.D’ajprès les textes cités plus haut, la vie religieuse, constituée par la profession des conseils évangéliques de pauvreté, chasteté et obéissance, imite de plus près la forme de vie du Christ et en est le signe en tout temps.Par la chasteté, qui est le fondement effectif de la vie consacrée, le religieux se donne à Dieu et au Christ, sans la médiation d’une autre personne, comme c’est le cas dans le mariage.Chaque conjoint en effet est pour l’autre le médiateur de son union au Christ et à Dieu; chacun se donne au Christ par l’intermédiaire de l’autre, perçoit le Christ à travers l’autre et le sert dans la personne de l’autre.«La fidélité conjugale implique un amour du Christ par personne interposée » (G.Martelet, Sainteté de l’Eglise et vie religieuse, Toulouse 1964, p.35).Dans la vie de chasteté par contre le religieux entre en rapport immédiat avec Dieu, sans l’intermédiaire d’un conjoint.Il veut en cela imiter le Christ, qui n’a certes pas gardé la virginité uniquement pour être plus disponible dans l’accomplissement de sa mission divine, mais d’abord parce qu’il était uni hypostatiquement à la personne du Verbe de Dieu, devenant ainsi médiateur parfait entre Dieu et tous les hommes.Réalisant en lui-même cette union parfaite et immédiate de l’humanité et de la divinité, pourquoi y aurait-il ajouté une union médiate avec Dieu à travers la personne d’un conjoint?Etant médiateur parfait et universel, aurait-il pu, sans voiler l’universalité de sa médiation, signifier par sa vie matrimoniale une médiation particulière?Le religieux, qui par le vœu de chasteté renonce au mariage, tend à reproduire et à manifester dans sa vie 168 VIE RELIGIEUSE cette union immédiate du Christ avec Dieu, et le caractère universel de sa médiation.Par son vœu à'obéissance le religieux imite le Christ totalement à l’écoute de son Père et lui obéissant avec amour.L’obéissance du religieux se concrétise d’abord dans le soin particulier qu’il apporte à l’audition de la Parole de Dieu que lui présentent l’Ecriture et l’enseignement actuel de l’Eglise, et dans la promptitude qu’il met à conformer sa volonté à cette Parole, reçue comme un don, et qui germe en lui dans le silence, la prière et la contemplation.Cette obéissance exige également de lui qu’il prête une continuelle attention à la voix de l’Esprit qui l’habite et qui ne cesse d’illuminer son âme et de lui révéler le sens profond des événements.De même que le Christ, malgré son union immédiate avec la divinité, a dû se soumettre à l’autorité humaine établie par Dieu, comme moyen d’actualisation de son obéissance à son Père, ainsi le religieux ne fonde pas son obéissance sur la seule union immédiate qu’il a avec Dieu, mais la base également sur ses rapports avec la hiérarchie dans laquelle la foi lui fait percevoir une présence spéciale du Christ.Voulant être plus parfaitement encore à l’écoute de la Parole, le religieux se soumet à des supérieurs même non 'hiérarchiques, qui l’aident dans sa vie quotidienne à discerner la vraie Parole de Dieu de ces paroles que l’égoïsme et l’intérêt immédiat prononcent en lui de façon si douce parfois et si convaincante.Dans la mesure donc où le religieux se met à l’écoute de la Parole divine, lui parvenant par divers intermédiaires, et qu’il s’efforce de l’incarner dans son existence quotidienne, dans cette même mesure sa vie devient signe du Christ, qui pour nous s’est fait obéissant jusqu’à la mort de la croix.Quant à la pauvreté, elle ne doit pas être pour le religieux une simple voie d’ascèse ordonnée à la libération intérieure, ou un style de vie qu’on peut ranger au nombre des différents types de pauvreté extérieure.Plus profondément, elle est une participation à l’anéantissement volontaire du Christ, qui s’est livré tout entier pour accomplir la volonté de son Père, qui ne s’est pas prévalu de ses droits divins pour être servi, mais qui est venu servir, se faire l’esclave de tous.Le religieux doit prendre conscience que devant Dieu il n’a aucun droit, que « tout lui est donné à titre gracieux comme une aumône à un pauvre » ; il doit vivre totalement désapproprié SIGNE AUJOURD'HUI 169 de lui-même, de sa science, de sa volonté propre, de sa vertu, des biens matériels et spirituels.Celui-là n’est pas vraiment pauvre qui « est plus désemparé par la perte d’une charge qu’il le serait par la perte de l’emploi de laver les pieds de ses frères » (s.François) ; qui s’irrite du péché d’un autre, manifestant ainsi qu’il se croit meilleur que lui ; qui se scandalise et se trouble pour « un mot qui lui semble un affront ou pour une chose qu’on lui enlève » (s.François) ; qui se glorifie du bien que Dieu opère en lui et par lui.La véritable pauvreté, imitation et signe de la pauvreté du Christ, pénètre le religieux tout entier ; elle est à la fois une désappropriation totale de lui-même et un abandon illimité à Dieu.Elle implique donc renoncement à tout ce qui procure au religieux sécurité et refuge ; elle consiste à vivre « sine proprio », sans rien à soi, pas même soi-même.Les religieux témoignent du Christ non seulement par la chasteté, l’obéissance et la pauvreté, mais aussi par la physionomie particulière de l’Institut auquel ils appartiennent.Il existe donc, en plus d’une signification commune à tous les religieux, résultant de la pratique des trois conseils évangéliques, une signification spéciale qui découle de l’orientation spécifique des diverses familles religieuses.« Que les religieux, affirme la Constitution Lumen Gentium, veillent avec soin à ce que par eux l’Eglise montre vraiment, chaque jour, mieux aux fidèles et aux infidèles le Christ, contemplant sur la montagne, ou annonçant aux foules le Royaume de Dieu, ou guérissant les malades et les blessés, et convertissant les pécheurs à une vie meilleure, ou bénissant les enfants et faisant du bien à tous, mais toujours obéissant à la volonté du Père qui l’a envoyé» (46a).Chaque Institut religieux a donc la mission particulière de signifier aux fidèles et aux infidèles tel ou tel aspect du mystère du Christ, d’exprimer l’une au l’autre des multiples incarnations de sa charité envers Dieu et envers les hommes.Il manquerait quelque chose à la manifestation de cette charité, si les diverses familles religieuses perdaient leur identité propre, si elles se fusionnaient dans quelques gigantesques Instituts.Cette manifestation par contre sera d’autant plus parfaite que les familles religieuses retrouveront ou conserveront la pureté de leur physionomie particulière, celle qui correspond au charisme spécial qui les a suscitées.Le mystère du Christ recèle une telle richesse, qu’il y 170 VIE RELIGIEUSE aura toujours place dans l’Eglise pour un grand nombre de familles religieuses, anciennes ou nouvelles, qui chercheront à la manifester.2.SIGNE DU MYSTÈRE DE L'ÉGLISE L’Eglise, à l’instar de son divin Fondateur, est «constituée d’un élément humain et d’un élément divin » (L.Gentium, 8a) ; elle est à la fois assemblée visible et communauté spirituelle.Ce serait une erreur de réduire au niveau de l’accidentel la dimension visible de l’Eglise, comme si les éléments qui entrent dans cette dimension ne servaient qu’à manifester la véritable Eglise, tout entière située dans l’invisible.D’après la doctrine catholique, l’élément visible de l’Eglise pérégrinante fait partie essentielle de sa constitution, à l’exemple du corps dans le composé humain ; il est toutefois subordonné à l’élément invisible; et c’est à travers lui que la réalité invisible du mystère de l’Eglise se manifeste aux hommes et leur devient perceptible.Ainsi en est il par exemple de la sainteté de l’Eglise.Cette sainteté, affirme la Constitution Lumen Gentium, « se manifeste et doit se manifester sans cesse dans les fruits de grâce que l’Esprit produit dans les fidèles; elle s’exprime de bien des façons chez tous ceux qui, dans la vie qui est la leur, parviennent, à la perfection de la charité, et par là édifient les autres ; mais elle apparaît d’une façon plus particulière dans la pratique des conseils, qu’on appelle communément évangéliques.Cette pratique des conseils, choisie sous l’impulsion du Saint-Esprit par certains chrétiens, soit en privé, soit dans une condition ou un état sanctionné par l’Eglise, peut et doit porter dans le monde un témoignage et un exemple éclatants (præclarum) de sainteté » (39).Pour saisir en quel sens la vie religieuse signifie la sainteté de l’Eglise, il est indispensable de rappeler que cette sainteté inclut deux aspects essentiels.Le premier est la sainteté même de Dieu en tant que force de transformation, puissance de divinisation, agissant dans l’humanité par l’intermédiaire de la parole, des sacrements, de l’Eucharistie, en un mot de l’organisme ecclésial visible.Elle comprend donc, outre la présence indéfectible du Christ et de l’Esprit dans l’Eglise, la réalité de la grâce et du salut acquis par Jésus-Christ, ainsi que la réalité des moyens de grâce.Cette sainteté objective ne dépend pas de la correspondance des chré- SIGNE A U JO ÜRD 7/ UI 171 tiens à la grâce, mais uniquement de l’institution divine.Le deuxième aspect de la sainteté de l’Eglise est la sainteté des chrétiens, en tant qu’ils se sont laissés transformer par la puissance sanctificatrice de Dieu, imprégner par sa charité.Elle est comme l’incarnation de la sainteté objective, son effet et sa manifestation.C’est au niveau de cette manifestation que se situe la vie religieuse, considérée comme signe du mystère de l’Eglise.Elle témoigne de 1a.sainteté de celle-ci dans la mesure où elle se présente au monde comme une authentique communauté de charité (une koi-nônia), à l’instar de la première communauté chrétienne dont les membres n’avaient qu’un coeur et qu’une âme.Ce témoignage ne se limite pas à la seule sincérité individuelle, mais revêt un caractère social, puisque la vie religieuse constitue un mode particulier de vie, qui répond le plus possible aux exigences de l’Evangile.La communauté religieuse, en effet, « groupée autour de la fraction du pain, imprégnée de prière et.entièrement fraternisée », proclame le bouleversement du monde par cet amour divin qui unifie les esprits et les cœurs, et qui suscite la « mise en commun » en vue d’un partage plus équitable des biens.Elle révèle, jusque dans son cadre social, l’action de l’Esprit, qui groupe des hommes dans une seule fraternité évangélique ; elle est signe de cette communion d’amour et de sainteté, qui constitue l’aspect le plus fondamental du mystère de l’Eglise.Le rassemblement des religieux en fraternité ne se fonde pas sur la loi de la chair et du sang, sur l’appel du désir naturel s’enracinant dans l’amour humain, mais sur la charité qui transcende les divergences et même les antipathies personnelles, et découvre en chacun un frère dans le Christ, un fils adoptif de Dieu.La chasteté, qui permet ce rassemblement fraternel, n’a donc pas pour seule fin de libérer le cœur du religieux de liens que le péché rend facilement égoïstes, mais de dilater ses puissances affectives et de faire fleurir son amour en charité fraternelle.Dans la vie religieuse en effet on ne choisit pas ses frères pour les aimer, mais on aime tous ceux que Dieu nous donne pour frères.Un tel amour, qui ne saurait exister au seul niveau de la nature, a besoin pour être authentique et universel de mourir à ses inclinations égoïstes et de ressusciter en charité.C’est en tant qu’animée par cette charité que la vie religieuse « rend visible pour tous les croyants la présence, 172 VIE RELIGIEUSE déjà dans ce siècle, des biens célestes » ; qu ’elle « témoigne de la vie nouvelle et éternelle acquise par la rédemption du Christ » ; qu ’elle manifeste « de façon particulière l’élévation du Royaume de Dieu au-dessus de toutes les choses terrestres, et ses nécessités supérieures» (L.Gentium, 44c).Seule la foi des religieux en la présence actuelle des biens célestes dans l’Eglise et en la supériorité du Royaume de Dieu, sur celui de la terre, les incite à renoncer à certaines valeurs passagères, si grandes soient-elles, pour communier plus profondément à celles du Royaume et en témoigner devant les hommes.Leur choix ne signifie pas mépris des valeurs naturelles, mais reconnaissance de leurs limites, et supériorité des valeurs surnaturelles.C’est en traduisant ce choix dans un mode particulier de vie que les religieux deviennent signe communautaire de la présence de ces biens dans l’Eglise et de leur grandeur exceptionnelle.Par la pauvreté les religieux témoignent non seulement du Christ qui « a réalisé son oeuvre de rédemption dans la pauvreté et la persécution», mais aussi de l’Eglise, qui «est appelée à entrer dans la même voie, pour communiquer aux hommes les fruits du salut.Bien que pour remplir sa mission elle ait besoin de ressources humaines, elle ne se dresse pas pour chercher la gloire terrestre, mais pour faire connaître, par son exemple aussi, l’humilité et l’abnégation » (L.Gentium, 8c).«Les religieux, par leur état, rendent ce témoignage éclatant et hors pair que le monde ne peut être transfiguré et offert à Dieu sans l’esprit des Béatitudes» (31b).Marqués par la faute originelle, les hommes et les réalités terrestres ont besoin d’être rachetés et sauvés.Ce n’est pas en piétinant sacrilègement les valeurs humaines et les richesses naturelles qu’on les insérera dans le dessein rédempteur de Dieu, mais en les libérant des attaches qui les recroquevillent sur elles-mêmes, en les introduisant dans le dur mystère de la mort purificatrice.Les valeurs naturelles toutefois ne seront affranchies de l’esclavage du péché que par l’intermédiaire de l’homme, et dans la mesure où celui-ci acceptera de mourir à lui-même, pour vivre dans le Christ.En assumant une vie de pauvreté, les religieux tendent à se dépouiller de cet instinct de propriété et de sécurité matérielle, en conséquence du péché, et de se rendre totalement disponibles à l’agir divin en eux et par eux.Cette pauvreté radicale, âme des béatitudes évangéliques, loin d’entraver leur collaboration au dessein ré- SIGNE AUJOURD’HUI 173 dempteur de Dieu, la favorise singulièrement puisqu’elle permet à la Toute-Puissance divine d’agir librement dans leur cœur et mé-diatement dans le monde.Vécue en commun, cette pauvreté manifeste aux hommes la seule voie de leur transformation véritable, celle que le Christ a suivie pour nous racheter et que l’Eglise utilise pour parfaire cette rédemption, la voie du dépouillement libérateur, de la dépossession enrichissante, de la mort pascale.Rejetant l’esprit possessif, se reconnaissant toute pauvre devant Dieu et en totale dépendance de Lui, l’Eglise devient servante du Christ.Sa tâche n’est pas de s’imposer, de se communiquer, mais de servir son Maître, de répandre sa Lumière, et d’amener les hommes à sa communion.Elle doit pour cela se tenir constamment à l’écoute du Christ pour percevoir et accomplir sa volonté, qui s’exprime non seulement à travers les Ecritures, mais aussi dans le vouloir des médiateurs autorisés, les aspirations des hommes et les multiples événements de la vie.Cette foi de l’Eglise dans l’action de Dieu opérant en elle, et dans la manifestation de ses desseins à travers des médiations temporelles, voilà l’aspect de son mystère que manifeste l’obéissance religieuse.Ceux qui la vouent désirent en effet communier pleinement à la réalisation du propos divin dans leur vie et dans le monde.Mais ce propos ne leur étant pas révélé directement, ils se soumettent à des médiateurs autorisés, dont Dieu se servira pour leur signifier ses vouloirs et les préparer à remplir le rôle particulier qu’il leur assigne dans l’œuvre du salut.Cette soumission totale et libre de leur vie ne peut se comprendre que dans une foi profonde à la Providence, qui sait tirer le bien du mal et qui ordonne tout en vue de la croissance spirituelle des hommes, à la condition toutefois qu’ils s’abandonnent à elle dans une entière confiance.L’obéissance religieuse apparaît ainsi comme un signe et une réalisation particulière du mystère d’obéissance de l’Eglise, servante et pauvre, face à Jésus-Christ.Au chapitre VI, la Constitution Lumen Gentium affirme également que l’état religieux « démontre aussi la grandeur suréminente de la vertu du Christ régnant, et la puissance infinie de l’Esprit-Saint, qui agit merveilleusement dans l’Eglise» (44c).La vie religieuse en effet, avant d’être réponse de l’homme, est don du Christ et de l’Esprit; avant d’être signe de la générosité humai- 174 VIE RELIGIEUSE ne, elle est une manifestation de l’amour et de la puissance infinie de Dieu.Les religieux, qui portent sur leur propre vie un regard lucide, se rendent vite compte qu’ils sont pécheurs, que ce n’est pas leur petite sainteté personnelle qui leur a valu la grâce de la vocation religieuse.Leur soif du Seigneur n’est pas nécessairement plus grande que celle des autres chrétiens; il n’y a même pas à s’étonner quand on rencontre plus de générosité chez des laïcs que chez des religieux.Là n’est pas l’enracinement premier et le sens ecclésial de la vocation religieuse.Tout pécheurs qu’ils soient, les religieux demeurent eu recherche de perfection, et leurs faiblesses elles-mêmes, vite perçues par ceux qui les entourent, peuvent et doivent laisser transparaître la puissance du Christ et de l’Esprit, suivant les mots de saint Paul: la puissance de Dieu se déploie dans la faiblesse de l’homme ; « lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort» (II Cor 12, 9-10).L’important pour les religieux n’est donc pas d’abord d’étaler une vie libre de toute misère morale, de qualité spirituelle supérieure, mais de se livrer tout entier à l’action de la vertu divine ; de se placer, grâce aux vœux, dans un état de totale disponibilité en face du Seigneur ; de laisser l’amour de Dieu transparaître dans leur vie.Si l’état religieux ne supprime pas la pauvreté pécheresse de ses membres, ne change pas leur condition de pécheurs, elle donne à la puissance divine prise totale sur eux, puissance qui les transforme peu à peu à l’imitation du Christ et en fait des signes vivants de l’action et de la puissance divines.Les religieux sont ainsi « dans l’Eglise et dans le monde, avec tout le réalisme de leur condition pécheresse, les témoins par excellence de ce que Dieu veut faire dans le cœur des hommes et par ce cœur des hommes, lorsque ceux-ci se livrent intégralement à l’action de sa puissance.En d’autres termes, à travers leur pauvreté radicale.ils permettent à la puissance divine de se révéler aujourd’hui dans le monde des hommes» (J.M.R.Tillard, La vie religieuse, sacrement de la puissance de Dieu, dans VCR, XXII, 1964, p.169).3 SIGNE DU ROYAUME CÉLESTE L’état religieux, dit la Constitution sur l’Eglise, «annonce la, résurrection future et la gloire céleste» (44e).Il rend donc visible en quelque sorte la Cité Sainte où se chante l’éternel Amen, SIGNE A U JO TIED 7/77 175 Alleluia.Ce caractère eschatologique, commun à tout le peuple de Dieu, en marche vers la Patrie, la tradition l’attribue de façon spéciale à la vie religieuse en la qualifiant de « vie angélique» (bios angelikos).Ce thème est parfaitement valable à la condition d’éviter certaines erreurs de présentation.La vie religieuse ne doit jamais être conçue comme une illusoire évasion hors du temps, un refus d’assumer les exigences élémentaires de l’incarnation.Mais «qu’on envisage la vie religieuse sous l’aspect de la virginité, ou sous celui des épousailles spirituelles, qui lui est foncièrement identique, ou sous l’aspect de la louange perpétuelle de Dieu, ou sous celui de l’anticipation, autant que faire se peut, de la vie céleste, d’une vie en présence de Dieu, voire même dans les détails ascétiques tels que les veilles et le jeûne, le thème de la vie angélique est authentique » (Y.M.-J.Congar, Les leçons de la théologie, dans Le rôle de la religieuse dans l’Eglise, Paris 1960, p.44).«La vie religieuse est, dans l’Eglise, l’approximation maxima de la Cité de Dieu.Elle est, au niveau des réalisations collectives, la partie la plus attenante au fruit de sainteté qui demeurera, la plus apparentée à l’Eglise comme communion des saints et réalité eschatologi-que » (ibid., p.41).Elle est une anticipation aussi complète que possible de la vie des bienheureux, de cet état définitif de communion totale au Seigneur, qui est la vie même de l’Eglise triomphante.L’Ecriture n’affirme-t-elle pas : «les enfants de ce monde-ci prennent femme ou mari; mais ceux qui auront été jugés dignes d’avoir part à l’autre monde ne prennent ni femme ni mari; aussi bien ne peuvent-ils non plus mourir, car ils sont pareils aux anges, et ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection » (Le 20, 32-34).Il serait gravement injuste de donner à ce texte scripturaire un sens discriminatoire qui dévaloriserait l’état du mariage.Il s’agit plutôt d’une vocation particulière au célibat, résultant d’un don spécial et gratuit de Dieu, comme le prouve l’affirmation de Jésus sur les eunuques volontaires : « il y a des eunuques qui sont nés ainsi du sein de leur mère.Il y a des eunuques qui le sont devenus par l’action des hommes, et il y a des eunuques qui se sont eux-mêmes rendus tels en vue du Royaume des Cieux » (Mt 19, 12).Certains, par vocation, gardent le célibat, non pour faire de leur vie une épreuve de force, une exhibition volontariste, mais pour être dans l’Eglise un signe de ce que nous serons tous à la fin des temps, 176 VIE RELIGIEUSE puisque « lors de la résurrection, on ne prend ni femme ni mari » (Mt 22, 30).Le célibat volontaire traduit donc une certaine anticipation de l’esprit et des conditions de vie céleste, du fait qu’il inaugure déjà sur terre la spiritualisation de la chair, qu’il oriente toutes les puissances d’amour vers le Seigneur, facilitant ainsi cette union contemplative qui fait la joie des bienheureux.Le mystère du Royaume céleste se manifeste surtout par la charité fraternelle qui se traduit, dans la vie religieuse, par la mise en commun de tous les biens, matériels et spirituels, de sorte que chaque membre ne possède rien qui n’appartienne également à ses frères.Cette communion de vie, cette fraternité évangélique, révèle aux hommes la réalité mystérieuse de l’Eglise pérégrinante, qui est déjà, bien qu’imparfaitement, communion d’amour, et annonce l’Eglise triomphante où se réalisera en plénitude la communauté de charité.On peut également affirmer que la vie religieuse est une préparation et un signe de l’au-delà en ce qu’elle promeut à la fois le dépouillement et l’épanouissement personnels de ses membres.Les renoncements, inclus au cœur même de l’obéissance et de la pauvreté, trouvent leur pleine justification dans leur référence à la vie éternelle, déjà présente dans le cœur des fidèles, et que les religieux cherchent à intensifier par la pratique des conseils évangéliques, afin de se rapprocher le plus possible de cette parfaite communion de vie avec Dieu.Ils se dépouillent de tout ce qui peut alourdir l’âme et entraver sa marche vers le Seigneur, conscients des recommandations de saint Paul sur la précarité du monde: « le temps se fait court; que ceux qui ont femme vivent comme s’ils n ’en avaient pas ; ceux qui pleurent, comme s’ils ne pleuraient pas ; ceux qui sont dans la joie, comme s’ils n’étaient pas dans la joie; ceux qui achètent, comme s’ils ne possédaient pas; ceux qui usent de ce monde, comme s’ils n’en usaient pas véritablement.Car elle passe la figure de ce monde » (I Cor 7, 29-31).L’abnégation particulière, inhérente à la vie religieuse, n’a donc de sens que si elle est ordonnée à la recherche positive de Dieu, à la possession de plus en plus parfaite du Royaume.Elle fait grandir chez les religieux l’attente du Seigneur et l’espérance de sa venue définitive.Considérer la vie religieuse dans sa dimension eschatologique, soutenir qu’elle est signe particulier du Royaume céleste, ne signi- SIGNE AUJOURD’HUI 177 fie donc pas que ses membres vivent dans un angélisme oublieux des conditions terrestres, mais qu’ils orientent leur être et leur agir dans le sens d’un perpétuel dépassement; qu’ils ne s’arrêtent jamais dans leur marche, mais que tendus vers la vie éternelle, ils manifestent au monde que la terre n’est qu’un passage, et que seules comptent définitivement les valeurs qui existent au-delà du voile, ou les valeurs terrestres qui sont transformées et sauvées par l’esprit des béatitudes.La dimension eschatologique de la vie religieuse, signifiée par la pratique des vœux et la vie commune, aide les chrétiens, qui font leur tâche d’hommes et travaillent au perfectionnement des réalités terrestres, à ne pas limiter leur horizon à cette terre, mais à rechercher la Cité future où ils régneront avec le Christ ressuscité, à attendre dans la foi la « bienheureuse espérance et l’avènement glorieux de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ» (Tit 2, 13), qui «transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire » (Ph 3, 21).* # Bergson disait: les saints n’ont pas à crier, ils n’ont qu’à exister: leur existence est un appel.Ainsi les religieux n’ont pas d’abord comme mission de proclamer officiellement l’existence du mystère, mais de le vivre ; et de le vivre de telle façon qu ’ils le rendent croyable.Invisible et suprarationnel dans sa dimension la plus profonde, le mystère du Christ, de l’Eglise pérégrinante et du Royaume céleste se manifeste à travers des signes, personnes et choses.Les personnes cependant, il faut bien le noter, ont une puissance révélatrice que ne possèdent pas les signes matériels, en sorte que leur vie, plus que leurs paroles, incite les hommes à accepter la réalité du mystère et à s’y insérer plus profondément.C’est donc en laissant les richesses invisibles du mystère imprégner et transformer leur vie que les religieux les rendent visibles ; c ’est en adoptant un style et une forme de vie qui parlent à leur contemporains immédiats, qu’ils les rendront lisibles.Ce faisant, ils rempliront l’une de leurs missions essentielles dans l’Eglise: témoigner, être signe du mystère. 178 RELIGIEUSE ETUDIANTE LE TÉMOIGNAGE DE LA RELIGIEUSE ÉTUDIANTE ( enquête) Sr Marthe Gaoiwn.r.s.r.Maison Mère Soeurs N.-D.du Rosaire Rimouski Présentation Cette compilation est le résultat d'une enquête menée à la fin du mois de mars 1966.Les participants ont accepté librement de donner en toute simplicité leur opinion sur la religieuse étudiante.Trois milieux ont répondu à l’enquête ; Montréal, avec 26 élèves du niveau Ecole normale et collégial ; Rimouski, avec 19 élèves de niveau Ecole normale et Institut familial ; Saint-Pascal (Kamouraska), avec 27 élèves de niveau Ecole normale.Au total 72 élèves ont bien voulu nous fournir leur opinion.Nous vous les transmettons ici en toute franchise.Quand plus d’une personne a émis une idée, le nombre est indiqué entre parenthèses.Réponses au questionnaire I — UN PEU PARTOUT DANS LES ÉCOLES OU LES COLLÈGES ON RENCONTRE DES RELIGIEUSES ÉTUDIANTES.a) ÊTES-VOUS INDIFFÉRENTE À LEUR PRÉSENCE! —-Non (36) 50%.— Oui (29) 40%. TEMOIGNAGE 179 — Biles sont étudiantes au même titre que les filles (3), même si elles sont d’agréables compagnes.— Elles ont droit autant aue nous à poursuivre leurs études (2).— Leur présence n’intimide pas, ne modifie pas notre attitude (2).— Je les considère comme femmes et non comme religieuses.— Elles ne participent à rien à part les cours et c’est mieux ainsi parce qu’elles n’ont pas les mêmes intérêts que nous et ne peuvent pas comprendre les problèmes des filles.— Elles font leurs affaires et nous les nôtres.— Je ne leur apporte rien et elles de même; je n’ai jamais dialogué avec elles.— Il y a belle entente au plan professionnel ; je ne me soucie pas de leur vie particulière.— Ça dépend des personnes (4) 5%.— Elles sont sympathiques ou pas selon leur personnalité.— Plus ou moins (4) 5%.— Elles ne m’incommodent pas, sont gentilles et se mêlent de ce qui les regarde.— J’y suis moins envers les jeunes qu’envers les plus âgées qui ont des années d’expérience dans renseignement et qui désa-prouvent nos conduites.— On se sent plus à l’aise quand elles n’y sont pas, mais elles ne me dérangent pas gros.b) PRÉFÉRERIEZ-VOUS LEUR ABSENCE ?— Non (64) 89%.— Quelques fois (3) 4%.— Ça passe un peu inaperçu (1).— Ça ne me fait rien (1).— Oui (1).c) ÊTES-VOUS CONTENTE DE LEUR MODE DE PRÉSENCE ?— Oui (34) 47%.— Elles sont bien intégrées au groupe, au milieu (11).— Elles apportent leur expérience enrichissante (9) par un dialogue amical.— Elles permettent une meilleure connaissance de la vie religieuse et font tomber ainsi les préjugés (8).—• Elles ont une présence discrète (6); elles savent nous laisser certains moments d’intimité entre filles.— Elles participent aux discussions (5).—'Elles sont souriantes (4) et joyeuses. 180 RELIGIEUSE ETUDIANTE — Biles sont toujours prêtes à rendre service (4).— Elles apportent un élément de variété dans le groupe (3).—'Ce sont des personnes habituellement capables de dialoguer de façon intéressante (3).— Elles se montrent étudiantes comme nous (3); elles ne cherchent pas à se montrer supérieures.— Elles ont un contact plus facile qu’avec les professeurs (3).— Elles ne s’imposent pas à nous (2).— Elles nous sont un exemple d’attention particulière aux cours (2).— Elles sont sympathiques (2).— Je les considère comme personnes humaines, l’habit ne change rien.— Elles savent se montrer à la fois femmes et religieuses.— Elles savent plaisanter avec nous.— Elles se montrent jeunes.— Elles aiment nous parler, nous acceptent, se tiennent au courant de ce qui regarde la jeunesse et y sont très ouvertes.— Elles participent à la bonne atmosphère de la classe.—• Elles partagent nos joies et nos problèmes d’étudiantes.—• Elles nous sont un exemple de travail régulier, soigné, tout en ayant une vie religieuse précise à remplir.— Elles nous permettent de constater que les personnes consacrées au Xst souffrent comme nous et aspirent plus directement à.la sainteté.— Elles demeurent elles-mêmes.— Elles sont souvent témoins de paroles ridicules sur la vie religieuse, je les trouve héroïques de porter le coup.— Oui, avec réserve (19) 26%.— Cela dépend de la personnalité de chacune (6).— Elles ne participent pas assez aux activités (4) ; cela permettrait de renforcer les liens.—-Elles n’expriment pas assez leurs opinions personnelles (2), peut-être par discrétion.— Certaines veulent trop se faire oublier (2).— D’autres cherchent trop à affirmer leurs positions.— Qu’elles ne se montrent pas supérieures à nous.—-Qu’elles montrent clairement si elles sont avec nous ou non.— Certaines se séparent trop du groupe.—• Elles manquent de participation au dynamisme des cours, à l’union et à l’harmonie entre les filles; elles ne sont pas cause de séparation ni facteur d’accord.— Qu’elles aient une conduite conforme à la nôtre, du moins en ce qui concerne les cours.— A condition qu’elles soient près de nous, adaptées à notre milieu et humaines.— Je les désire plus familières : que le tutoiement et le prénom soient permis pour nous et pour elles.— Comme dans tout groupe, les relations humaines sont à améliorer. TEMOIGNAGE 181 — Non (4) 6%.— On les voit seulement aux cours.On devrait les rencontrer en dehors des heures de cours (2).— Elles ne participent pas assez aux activités, donc il n’y a pas d’union.Il faudrait un contact plus personnel.— Elles se sentent souvent de trop et par conséquent elles n’émettent pas leurs opinions.— Elles sont souvent réticentes.— Fraîchement sorties du noviciat, elles sont d’un idéalisme qui ne peut avoir de contact avec la saleté de la vie.— Pas très (1).— Leur présence .nous est agréable quand elles semblent à leur aise.Nous n’aimons pas qu’elles soient toujours réticentes et sur la défensive.Cependant quelques exceptions sont ouvertes et sympathiques.Une élève ajoute: Les religieuses se posent beaucoup plus le problème de leur présence que les filles.2 —LA RELIGIEUSE DOIT-ELLE SE MONTRER SEULEMENT COMME ÉTUDIANTE OU COMME ÉTUDIANTE-RELIGIEUSE ?— Etudiante-religieuse (39) 54%.— Les deux ne se séparent pas (8) si c’est intégré dans la même personne et s’il y a sincérité (2).—'Avant tout comme étudiante (6), mais aussi comme religieuse puisque c’est sa vocation (4) pourquoi ne pas la vivre ?— Comme personne humaine qui sait affirmer ses croyances sur des sujets religieux (3).— Elles doivent se montrer religieuses pleinement étudiantes (2).Il faut sentir dans leur comportement qu’elles sont plus que des étudiantes.— Nous cherchons la vérité et l’unité chez une personne; comment avec un tel état de vie peut-on agir en simple étudiante ?(2).—• Son témoignage de religieuse paraîtra puisque ça fait partie de sa vie (2).—• Déjà son costume et son attitude témoignent de son engagement.— Elle doit rester elle-même tout en se mettant au niveau des élèves, tout en s’intégrant et en se mêlant.— Elle doit nous être un modèle pour notre vie chrétienne.— Elle doit nous communiquer sa vision du monde.— Etudiante (20) 28%.— Il n’y a pas de distinction à faire entre elles et les élèves qui pratiquent (4).—• Si elles se montrent trop religieuses, elles seront plus loin de nous et moins acceptées (3).— Elles doivent se montrer étudiantes durant les heures de corn's. RELIGIEUSE ETUDIANTE — Si étudiante-religieuse signifie privilège, il ne doit pas en être question.— Si étudiante-religieuse veut dire propagande de la communauté, transposition des exercices communautaires dans la classe.— Leur vie religieuse leur appartient en propre.Comme je ne veux pas que les autres s’occupent de la mienne, je pense qu’elles désirent la même chose.Etudiante-religieuse, avec réserve (13) 18%.—'Ça dépend des circonstances et du milieu (4); parfois elle risque d’avoir une présence désagréable.— Elle doit le faire dans une juste mesure sans essayer d’endoctriner.— A condition qu’elle ne se considère pas au-dessus de nous.—-Qu’elle resite elle-même, son attitude sera imprégnée de sa vie sans un effort spécial de sa part.—- Elle doit se montrer d’abord comme femme en recherche sur le plan professionnel.— Elle ne doit pas trop faire la sœur, ce qui arrive trop souvent.— Si elle est acceptée comme personne humaine, elle pourra se faire accepter ensuite comme religieuse.— SI VOUS ATTENDEZ D’ELLE UN TÉMOIGNAGE COMME RELIGIEUSE, QUEL TÉMOIGNAGE ATTENDEZ-VOUS ET COMMENT DOIT-ELLE LE PORTER?— Elle doit se montrer humaine (11) avec ses qualités et ses difficultés, engagée dans un milieu social et professionnel et communiquant aisément avec les jeunes.— Joie (9), sourire (2), bonne humeur.— Elle doit vivre simplement le quotidien (8), être elle-même (2) et savoir pourquoi elle agit ou croit telle chose.— Vie pleinement vécue (5), parce qu’elle en saisit le sens, avec le respect des personnes et de leurs idées, gardant comme valeur importante la rencontre.Non une vie pleine de pratiques superficielles qui ébahissent.— Elle doit entrer pleinement dans sa vie étudiante (5) ; ne pas la considérer comme transitoire.— Personne épanouie (5) et équilibrée qui le prouve par une attitude de respect et d’amour en actes et en paroles, qui annonce la bonne nouvelle à tous et non une personne aigrie.—-Elle doit être «dans le vent» (4) et ouverte (3) pour enlever les préjugés sur les communautés (2).— Témoignage discret (4).— Témoignage plus grand, car elle tend davantage à la sainteté que nous (4).— Authenticité, sincérité (4) par une attitude conforme à.sa vie.— Elle doit être ouverte aux problèmes de ceux qui l’entourent (4) et accepter la vie de la société dont elle fait partie (2) ; elle ne doit pas être une personne renfermée sur le Xst.— Vie de charité dans le milieu étudiant (4) : son amour pour Lieu doit se déverser sur ses compagnes. TEMOIGNAGE 183 —’Elle doit manifester son bonheur d’être donnée (4).—'Elle doit témoigner en exemples, non par des paroles (3).— Témoignage de dialogue (3), non attitude de barrière.Elle doit être amicale.— Elle doit savoir défendre ses convictions (3), dans la charité et l’amour, et en vivre.— Elle ne doit pas se montrer «sainte nitouehe » (3) au visage toujours en méditation ou au cœur loin de Dieu.—’Elle doit participer aux discussions (2) sans préjugés faux.—• D’intégration aux filles et les contacts d’amitié (2) favoriseront une meilleure connaissance de la vie religieuse et une fraternité plus vraie.— Etre très sociable (2).—¦ Elle doit être ouverte au monde et être au courant de ce qui se passe en dehors de son couvent (2).— Personne pleine de compréhension et d’amabilité (2), de douceur, de bonté et de délicatesse.— Qu’elle sache concilier sa vie religieuse et sa vie étudiante (2).— Qu’elle soit capable de conversation qui dévoile comment elle vit son engagement religieux, sa relation avec Dieu et non pas ce que ga devrait être (2).Qu’elle fasse connaître le motif de son choix.— Que ce soit son action intérieure qui se reflète au dehors (2j.— Qu’elle ne cherche pas à nous convertir (2).— Qu’elle ne soit pas moralisatrice (2).— Qu’elle cherche à nous aider (2), non à nous blesser.— D’abord comme chrétienne convaincue (2).Elle doit avoir un regard chrétien sur les événements humains.Avant d’être religieuse, il faut être chrétienne.Ça suppose qu’elle agit pour sauver son âme, mais aussi pour unir l’Eglise, donc ses frères.— Qu’elle témoigne de Dieu, indirectement bien sûr, dans la vie de tous les jours.— Elle devrait collaborer aux autres, participer à leurs activités, même à leurs jeux.—- Chaque action de la religieuse doit témoigner de son appartenance au Corps mystique comme tout baptisé.— Elle devrait montrer que sa vie en communauté lui aide à remplir son rôle de chrétienne.—- Elle devrait avoir des notions plus avancées au point de vue religion et elle devrait savoir les affirmer dans les controverses.— Qu’elle manifeste l’adaptation de la vie religieuse.— En vivant son choix en actes et en paroles, ouvertement et sincèrement.— Qu’elle soit femme.— Qu’elle se présente comme une personne qui a opté pour un service à la communauté des hommes.Elle témoignera dans la mesure de sa compétence professionnelle.— Qu’elle nous soit un exemple de vie calme et régulière.—’Qu’elle apporte le témoignage d’une religion rafraîchie.— Qu’elle ait la franchise de nous faire connaître les difficultés de la vie religieuse et pas seulement les joies. 184 RELIGIEUSE ETUDIANTE —-Qu’elle apporte une note de dignité dans ses relations avec les autres étudiantes.— Que son attitude, ses réflexions, sa personnalité nous apportent le témoignage de sa foi.Cela ne veut pas dire de toujours parler du bon Dieu.— Qu’elle porte un intérêt pour les faits de sa vie étudiante et sociale; qu’elle ne soit pas seulement attentive à sa communauté.— Qu’elle sache accepter ses compagnes laïques telles qu’elles sont, compte tenu des différences individuelles.— Qu’elle se montre près de Dieu par sa confiance et son amour dans les situations critiques.—-Qu’elle sache rectifier nos idées fausses d’une façon amicale.— Que son témoignage soit proportionné à notre niveau.— Témoignage d’une vie étudiante donnée à Dieu.—¦ Qu’elle nous prouve que la vie religieuse n’est pas une prison, mais une vocation.—• Qu’elle montre que son choix est une réponse à un appel de Dieu.—• Qu’elle ne se considère pas plus élevée que nous.—-Qu’elle évite la propagande en faveur de la vie religieuse, mais qu’elle soit prête à répondre à toutes questions posées à ce sujet.— Qu’elle ne se formalise pas de l’attitude religieuse des jeunes qui passent souvent une crise.— Qu’elle ne se scandalise pas de tout et de rien.— Qu’elle soit fidèle à son règlement sans essayer de nous imposer ses principes.— Qu’elle ne cherche pas à faire de la catéchèse.Deux élèves affirment : — Je ne comprends pas qu’une fille de vingt ans puisse s’accommoder à un tel état de vie.Dans les cadres d’une communauté, il est extrêmement difficile de s’épanouir à cause de l’état de dépendance totale.L
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