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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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La vie des communautés religieuses /, 1967-06, Collections de BAnQ.

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A 6 JUIN 1967 la VM© des communautés religieuses ADMINISTRATION La Vie des Communautés religieuses est publiée par les Franciscains de la Province Saint-Joseph au Canada.La Direction est assurée par le R.P.Léonce Hamhlin, o.f.m., assisté d’une équipe de théologiens de diverses communautés religieuses.Secrétaire: R.F.Réal Prévost, o.f.m.Administrateur: M.Réal Gag nier.On souscrit directement à la revue, sans l’intermédiaire des librairies ni des agences.En joignant une étiquette à toute correspondance administrative, vous facilitez notre travail.Tout ce qui concerne la revue (envoi de manuscrits, consultations, service bibliographique, administration) doit être adressé à: La Vie des Communautés Religieuses 5750, boul.Rosemont — Montréal 36 Québec, Canada Tél.259-6911 Souscription : $3.00 Chaque auteur porte la responsabilité de ses articles La oouverture est de Béal Psétost, o.f.m. La VIE des communautés religieuses JUIN 1967 Vol.25, no S J- M.R.T il lard, Les impératifs actuels de la réflexion o.p.sur la foi_______________________________162 Le P.Tillard dit aux religieux que la théologie n’est pas un luxe, ni une petite discipline auxiliaire.Sur elle repose le passage dans l’Eglise de cette grâce de renouveau que le Concile a voulu semer.Il est personnellement convaincu que si la théologie ne s’attelle pas avec courage à la rude tâche de son ag-giornamento, elle trahit l’Esprit-Saint et manque gravement à sa vocation.Suzanne Manseau, Place de la religieuse dans le monde s.a.d'aujourd'hui___________________________ 176 Situer la religieuse dans le monde actuel, c’est un peu faire un examen de conscience.L’auteur n’hésite pas à poser le problème en toute franchise et, dans un style direct, découvre les jalons d’un dialogue entre la religieuse et le monde d’aujourd’hui, en particulier la femme d’aujourd’hui.Ce dialogue, elle doit pouvoir l’assumer dans la joie de s’être donnée totalement à Dieu.Religieux en situation ____________________________________ 188 Les livres LES IMPÉRATIFS ACTUELS DE LA RÉFLEXION SUR LA FOI La théologie n’est plus le monopole des Religieux Prêtres.Un nombre toujours de plus en plus considérable de Frères et de Religieuses s’engage présentement dans des études théologiques.On me demande de leur dire ce que je pense de la théologie actuelle.Je suis heureux de reprendre pour eux les réflexions que je faisais à l’inauguration de l’année académique de l’Institut Supérieur des Sciences religieuses de l’université de Montréal, en septembre 1966 (i).La théologie s’est rarement trouvée en face d'une tâche aussi délicate que celle que lui impose la situation actuelle de l’Eglise.Et cette tâche est à ce point importante que, sans nul doute, l’avenir de l’évangélisation du monde dépend en grande partie de la façon dont les théologiens sauront s’acquitter de leur vocation au service de la Parole de Dieu.Cela à cause surtout de deux faits que nous allons aujourd’hui essayer d’envisager ensemble bien en face: l’Après-Concile, la prise de conscience aiguë de ce que l’on appelle le processus de « sécularisation » de l’humanité.Ces deux faits — qui se compénètrent l’un l’autre — nous imposent à nous, théologiens, un réaliste examen de conscience et une conversion.* * * Parlons d’abord de l’Après-Concile.Il est clair que le Concile ne servirait à rien s’il ne s’achevait pas dans une relancée de la vie chrétienne, une plus authentique pénétration de l’Evangile dans les structures et l’esprit du monde contemporain: c’était son but principal.Beaucoup de précédents historiques nous obligent (1) Ces réflexions sont reprises avec la gracieuse autorisation de M.Richard Brosseau, p.s.s., Directeur de l’Institut.162 ici à prendre garde et à ne pas nous satisfaire trop aisément de textes conciliaires ouverts qu’il suffirait pour les théologiens d’interpréter.En d’autres termes, une théologie post-conciliaire ne peut pas se borner à une fonction interprétative et exégétique de l’œuvre conciliaire; elle doit surtout viser à l’incarnation de celle-ci dans le réel de la vie des hommes.Et il ne faudrait pas que l’ouverture de certains textes promulgués la pousse à une certaine paresse.Je m’explique.Il est clair que pour une très grande partie des théologiens le contenu doctrinal et pratique des documents de Vatican II est chose depuis longtemps entrevue, voire approfondie.On eut même désiré sur certains points plus d’audace.Pourtant, pour l’ensemble du Peuple chrétien — pasteurs et fidèles — l’œuvre du Concile représente un énorme problème qu’on ne sait pas par quel bout aborder.D’une part des idées nouvelles et des perspectives qui semblent révolutionnaires y voisinent avec des réaffirmations et des rappels énergiques de « ce qui a toujours été ».D’autre part, selon les tempéraments du lecteur, les points essentiels apparaissent ou comme un coup d’épée dans l’eau parce qu’ils ne vont pas jusqu’au fond réel des vraies questions, ou au contraire comme des ruptures trop violentes et trop chirurgicales avec la façon traditionnelle de faire et de penser « qui n’a pas été si mauvaise qu’on l’a dit».Si bien que l’on se sent pris de vertige face aux Décrets.Il arrive alors que l’on opte pour l’une ou l’autre des deux solutions suivantes: ne pas bouger ou bouger au-delà et en dehors des décisions conciliaires.Dans l’un et l’autre cas on empêche le Concile de produire son fruit ou — ce qui est peut-être encore pire — on crée un nouveau ritualisme et un nouveau juridisme aussi inutiles et dangereux que ceux qui les ont précédés : le mouvement liturgique est peut-être en train d’évoluer sous nos yeux dans ce sens.Lorsque l’on observe attentivement ce qui, depuis la dernière session, s’est accompli dans les diverses églises locales on ne peut éviter de se poser la question : « le Concile parviendra-t-il vraiment à marquer dans son plus profond la vie de l’Eglise?N’aura-t-il été qu’un époussetage des structures ou un replâtrage?» C’est précisément ici que la théologie se trouve compromise.Il lui revient en effet, comme tâche propre, de rendre le Peuple de Dieu tout entier perméable à l’esprit, et à l’œuvre de Vatican II et de faire les décisions de celui-ci opérer une mue réelle dans la 163 façon de penser et d’agir de l’Eglise.Ce qui exige qu'elle se redéfinisse et retrouve sa véritable finalité.Il en va beaucoup plus que d’un changement de méthode, de l’instauration de nouveaux programmes ou de la mise en place de secteurs nouveaux.Il s’agit essentiellement d’une question d’esprit et de ton.Sans perdre pour autant sa valeur scientifique et sa dimension de recherche technique, la théologie doit, oserais-je dire, descendre dans la rue.C’est peut-être là, d’ailleurs, qu’elle retrouvera sa vocation.Les théologiens ont évidemment été jusqu’ici tous d’accord sur le fait que leur science était un service d’Eglise, et que celui-ci gravitait entièrement autour du mystère de la Parole de Dieu.Depuis quelques années on a même précisé plus exactement sa place à l’intérieur de ce tout très large qu ’on désigne par « service de la Parole ».On a nettement distingué entre annonce du kérygme, catéchèse, didascalie, homélie, réflexion théologique.On est parfois allé plus loin, en discernant plusieurs formes de théologie.A l’ancienne division qui tranchait trop abruptement entre dogme et morale on a préféré une division plus souple, basée moins sur le contenu que sur la démarche elle-même.Ainsi sont apparues les théologies spéculative, biblique, patristique, kérygmatique.Toutes ont ceci de commun qu’elles cherchent à approfondir et à ordonner dans sa logique interne le donné révélé.L’effort des vingt dernières années a d’ailleurs été surtout marqué par ce retour au donné.Alors que durant plusieurs siècles, après le grand élan donné par les penseurs médiévaux (qui, hâtons-nous de le dire, étaient de vrais penseurs et de vrais théologiens), après aussi l’effort, de redressement ébauché par Luther (qui fut lui aussi un vrai théologien) la pensée chrétienne s’était peu à peu enlisée dans une « métaphysique sacrée » et un jeu de pirouettes syllogistiques, on a de nouveau affirmé qu’en théologie le donné avait priorité sur la raison qui cherchait à l’approfondir.On a même compris que là où existait un conflit entre donné et raison philosophante, la raison devait simplement se taire.Ce sont cette théologie de retour au donné et cette conviction pratique de la supériorité du donné sur toute forme de réflexion portant sur lui qui ont de fait marqué l’œuvre doctrinale et théologique de ce Concile.Celui-ci est né de cette conversion de la pensée théologique, et il n’est aucun de ces documents qui n’en porte profondément l’empreinte.Depuis Va- 164 tican II l’effort théologique de retour au donné et à sa pureté, la distinction nette entre apport de la Parole de Dieu et apport de la réflexion humaine (même ecclésiale) sur elle sont devenus le bien commun de l’Eglise.Je vais sans doute vous surprendre.Mais il me semble nécessaire d’affirmer que tout cela n’a été qu’une étape, que celle-ci doit être maintenant largement dépassée, que ce dépassement s’impose de façon nécessaire, et qu’il en va de l’avenir de l'Evangile.La fructification du Concile, sa grâce de passage de Dieu en son Peuple dépendent en grande partie de ce dépassement.Car les textes conciliaires ne suffisent pas.Il faut découvrir et faire percevoir, puis traduire en des formes d’action concrètes, le lien entre le mystère chrétien qu’ils entendent présenter {de façon neuve) et la vie réelle.Ce lien, c’est à la théologie de le trouver, et voilà le sens précis dans lequel doit s’opérer le dépassement dont je parlais à l’instant.La théologie ne doit pas s’enrouler dans les recherches sur le donné: elle doit chercher l’actualité de ce donné dans le destin de l’homme d’aujourd’hui.Ne nous empressons pas de dire: il ne s’agit là que d’opportunisme, ou d’une confusion entre pastorale et théologie, confusion qu’un peu de scolastique suffirait à dissiper.Il s’agit — dans ma pensée — de la nature même de la théologie.Nous avons redécouvert qu’en elle le donné avait priorité absolue.Mais qu’est-ce que ce donné révélé?Voilà la question.Nous n’avons eu jusqu’ici de ce donné qu’une conception que j’appellerai descendante.Nous affirmons qu’il n’est autre que la Parole de Dieu lue dans ses témoins et dans la compréhension que l'Eglise en a eue tout au long de sa Tradition vivante.Définition qui est juste et qu’il serait vain de mettre en cause.Mais que nous explicitons d’une façon par trop unilatérale.Nous oublions de nous interroger — et en profondeur — sur le terme principal de cette définition: «qu’est-ce que la Parole de Dieu?» ou plutôt « qu’exige le fait qu’il y ait une Parole de Dieu?» Nous découvririons alors que la Parole de Dieu n’a de sens que si face à Dieu qui parle existe un interlocuteur.Si, en effet, au sein de sa vie personnelle, Dieu se parle à lui-même (d’une façon fort mystérieuse dont nous savons peu), dans ses relations avec l’en-dehors de lui-même il ne peut parler qu’à quelqu’un d’autre.Souvenons- 165 nous que pour l’Ecriture ce que nous désignons par l’expression «Parole de Dieu» recouvre comme deux plans: l’événement, la sortie de Dieu hors de lui-même pour manifester sa bienveillance, et la lecture, la compréhension, l’expression en mots et en paroles de cette intervention par le Peuple qui porte la puissance de l’Esprit.Ces deux plans, le plan événementiel et le plan compréhension de l’événement, sont tous deux nécessaires pour qu ’il y ait Parole de Dieu en plénitude.Quand Dieu parle à l’homme il fait donc de celui-ci son interlocuteur.Et qui dit «s’adresser à un interlocuteur» affirme par le fait même que la compréhension, l’accueil de cet interlocuteur entrent eux aussi dans le mystère de la parole : si je parle à quelqu’un c’est pour qu’il me comprenne, et cette compréhension entre dans ma façon même de parler puisque je vais employer les mots que cet autre connaît, les images qu’il peut saisir.Je parlerai différemment à un philosophe et à un gamin de dix ans.Bref, ma parole dépend tout autant de celui qui m’écoute et auquel elle est destinée que de moi-même ; elle est la rencontre de deux mouvements, l’un (descendant) qui va de mon esprit à celui qui m’écoute, l’autre qui va de ce dernier à moi.Donc dans le mystère de la Parole de Dieu — cœur du donné révélé — deux éléments entrent nécessairement : l’intervention (événement, sortie hors de lui-même) de Dieu et sa réception par l’homme.Et ces deux éléments sont autant nécessaires l’un que l’autre.Si personne n’avait accueilli et compris cette Parole de Dieu par excellence qu’est la Pâque de Jésus, le Mystère du Salut n’eut pas existé, Jésus ne serait pas le Sauveur.Ce point est important : notre foi actuelle est tout entière construite sur la rencontre d’un Evénement sortant de Dieu et de la compréhension qu’un noyau d’hommes a eu de cet Evénement et qu’il a transmise- Je ne sais pas si je suis assez clair, mais j’insiste, car nous sommes ici au cœur de notre sujet.Dans le donné révélé — au service duquel se trouve la théologie — le côté accueil, « compréhension » par l'homme, est tout autant nécessaire que le côté intervention de Dieu, bien que (évidemment) ce dernier ait dans ce couple la priorité absolue.Et puisque la Parole de Dieu qui nous est transmise dans le donné est une Parole qui doit être encore actuelle aujourd’hui, hic et nunc, il s’en suit que la dimension de «compréhension», de « saisie » de cette Parole ne peut pas être limitée à la « compréhen- 166 sion » qu’en ont eue ses premiers témoins; elle doit s’étendre à la « compréhension » que l’homme d’aujourd’hui peut avoir de l’Evénement.Cette «compréhension» de l’homme d’aujourd’hui entre dans le mystère de la Parole de Dieu, de ce que Dieu veut dire à ses interlocuteurs hic et nunc.Et voilà pourquoi à l’étape — essentielle, je le répète — de retour à l’étude du contenu authentique du donné et du vrai sens des définitions de la Tradition doit venir se greffer une étape de réincarnation de ce donné dans les conditions actuelles de l’homme d’aujourd’hui.Approfondir ce que Dieu dit AUJOURD’HUI au monde.Si nous refusons cet effort nous empêchons le Concile de produire son fruit principal: la jonction entre l’Evangile et le réalisme de la vie; nous continuons à faire du donné de foi une supra-structure sans racines dans le réel de l’existence humaine, une sorte de monde ouaté et vaporeux dans lequel on essaie de se faufiler lorsque l’on accomplit «les actes de la religion».Il ne suffit pas de faire l’exégèse des textes révélés (quoique cela soit absolument nécessaire), ni de faire l’étude des décrets des Conciles de Nicée à Vatican II (quoique cela soit absolument nécessaire), ni de chercher à organiser à l’intérieur de lui-même ce donné (quoique cela soit absolument nécessaire).Il faut également (et c’est tout autant nécessaire), dans l’élan de cette recherche, montrer leur sens pour aujourd’hui, les traduire en Far oie de Dieu DITE aujourd’hui et FOUR aujourd’hui.Alors seulement on sert en plénitude la Parole: on lit l’Evénement dans la langue et dans l’expérience vitale de l’aujourd’hui du dessein de Salut.Qu’on ne croie pas qu’affirmant cela je confondrais la théologie avec l’apologétique, ou que je prônerais la destruction de la dimension spéculative de la théologie en me maintenant simplement à un niveau de réflexion pastorale.Je m’fen tiens au contraire au strict domaine de la théologie définie comme effort de réflexion sur le donné révélé afin d’en saisir le sens et mlettre en ordre son contenu.Mais je demande tout simplement que l’on ne réduise pas ce donné à une de ses dimensions (l’Evénement) au risque d’oublier sa valeur de Parole pour l’homme d’aujourd’hui.Plus haut je rappelais qu’il existait comme deux plans dans le mystère de la Parole de Dieu: le plan événementiel et le plan interprétation, lecture, traduction, explication, compréhension de cet Evénement pour 167 l’homme.L’homme qui historiquement a été témoin de l’Evénement, mais aussi l’homme qui aujourd ’hui doit lui aussi percevoir la grâce de cet Evénement, recevoir par lui la bienveillance du Père.L’exégèse et la théologie historique cherchent ce que l’auteur inspiré ou les Pères conciliaires ont vraiment voulu dire, dans leur temps, dans leur contexte, dans l’expérience de leur Peuple ou de leur siècle.Sous ces mots marqués par leur situation historique se trouve l’Evénement qu’ils voulaient faire connaître, révéler.Une fois saisi ce qu’est cet Evénement, il faut chercher à en faire passer le contenu dans le contexte humain d’aujourd’hui.N’est-il pas Parole pour aujourd’hui?Ceci exige de nous, théologiens, deux choses.I) ’abord, un effort sérieux et courageux de discernement entre l’essentiel du donné de foi et l’accidentel.Ce qui, je m’empresse de le préciser, ne signifie pas que l’accidentel serait inutile.Car il nous faut, si nous voulons vraiment donner aux hommes de notre temps la Parole que, dans le donné révélé, Dieu leur adresse, bien dégager de ce donné la valeur transcendante, éternelle, sur laquelle tout s’appuie, sans laquelle tout le christianisme croule, et la valeur contingente, historique dans laquelle les hommes ont, en fonction de leur temps, enrobé cette valeur transcendante et essentielle afin de pouvoir se l’assimiler et en vivre.Même — et peut-être surtout — si ces hommes sont les auteurs des grands textes bibliques.Jugement de clivage, à faire non pas à la légère et dans le but de sacrifier à la mode du temps, mais dans le but de découvrir ce que Dieu a vraiment voulu faire et dire, et ce que les hommes d’une époque ont dit et fait pour traduire concrètement dans leur comportement cette intention divine.Ce que Dieu a vraiment voulu faire et dire demeure intouchable, toujours valable.Ce que les hommes ont dit et fait peut être fort accidentel et sujet à changement.Je signale que si ce jugement de clivage avait été amorcé sérieusement avant le Concile, celui-ci serait sans doute allé plus loin en certains domaines où les Pères sont demeurés hésitants parce qu’ils ne savaient pas si tel point touchait ou non l’essentiel.Tâche délicate.Jusqu’ici, en effet, à cause du terreau d’incarnation de notre foi, qui a toujours été un terreau profondément religieux, on a eu tendance à niveler les divers aspects du donné, à tout mettre sur le même pied parce que cela appartenait à ce tout assez indistinct que l’on 168 appelait « la religion chrétienne ».Songeons par exemple aux dogmes définis: les dogmes mariaux y sont très souvent mis sur le même pied que les dogmes vraiment clés de la foi, et on oublie de distinguer entre l’Evénement central et le corollaire de cet Evénement.Il se peut, de plus, que cet essentiel lui-même nous soit parvenu à nous, hommes du vingtième siècle, à travers un enrobement, une expression, qui soient ceux d’une certaine époque mais deviennent pour nous de moins en moins intelligibles parce que le progrès des sciences les a à tout, jamais dépassés.Et évidemment cet enrobement est toujours, lui, accidentel, bien que le noyau qu’il recouvre ne le soit pas.Prenons le cas de la doctrine chrétienne de l’amour humain.Il est clair qu’un lien profond existe entre la vie de charité surnaturelle et l’expression sensible, charnelle, de l’amour du chrétien et de la chrétienne, porteurs de la grâce du sacrement de mariage.Mais il est fort probable — sinon certain — que jusqu’ici ce lien nous a été transmis à travers une certaine anthropologie et une certaine conception des réalités sexuelles marquées par des idées que la science d’aujourd’hui n’accepte plus.De même au plan dogmatique.Dans notre conception de l’union hypostatique, par exemple, bien des éléments nous sont venus du contexte culturel et philosophique du concile de Chalcédoine, et il se peut fort bien que plusieurs de ces éléments ne répondent plus exactement à la conception actuelle que nous nous faisons par exemple du mystère de la personne.Nous trahirions aujourd’hui la vérité de la Parole de Dieu si nous ne montrions pas avec le plus de clarté possible ce qui, dans le contenu traditionnel qui nous est parvenu sous la conduite de l’Esprit, est le noyau essentiel et ce qui n’a fait que servir de moyen d’expression humaine à l’époque de la rédaction du texe sacré ou de la définition dogmatique, donc ce qui doit changer lorsque l’expression humaine jusque-là employée n’est plus audible pour les gens de notre époque.Et cette démarche est impérative.Si nous ne cherchons pas soigneusement et sérieusement à faire cette dictinction dont je parle, entre l’essentiel auquel tout s’accroche et le reste qui est accidentel, les hommes de notre génération mais surtout ceux des générations à venir ne pourront plus croire, parce que le donné de foi, présenté tout d’un bloc, leur paraîtra une doctrine entièrement ésotérique.169 Voulant tout sauver, l’essentiel comme l’accidentel, l’historique comme le mythique, l’événementiel comme la traduction usée de celui-ci, nous aurons de fait tout perdu.C’est ce que l’intégrisme ne comprend pas! Pour garder l’intégrité du donné (i.e.l’Evénement, plus son expression ancienne) il ruine de fait l’essentiel.A cette démarche de clivage doit évidemment faire suite une seconde démarche, plus difficile.Celle de la découverte des formes actuelles, audibles pour l’homme d’aujourd’hui, et dans lesquelles doit dorénavant s’exprimer le donné s’il veut être Parole de Dieu dite à l’homme d’aujourd’hui.Et voilà que nous est demandé un intense effort que je qualifierai de philosophique.Car il s’agit d’expliciter, d’approfondir, d’exprimer le point essentiel du donné dans un langage répondant le mieux possible à ce que la psychologie, la sociologie, l’anthropologie, dans leurs conclusions les plus sûres nous ont appris de la vraie nature de l’homme et surtout de sa vraie situation dans le monde.Je ne donnerai qu’un exemple, celui de notre théologie du péché.La psychologie nous a montré que ce que nous appelons « responsabilité personnelle » est souvent compromis par des déterminismes profonds échappant à la volonté de l’individu ; la sociologie nous a dit que ce qui peut sembler une faute personnelle est souvent la simple conséquence d’égoïsme collectif.L’accent jusqu ’ici mis surtout sur la « materia peccatis » doit donc se déplacer vers l’entier consentement.Et alors on s’aperçoit que la distinction entre péché grave et péché véniel n’est pas si tranchée qu’on le pense.Et on découvre, avec effarement, que, précisément par manque de réincarnation du donné essentiel dans les découvertes actuelles des sciences de l’homme, on écarte du pain de vie ceux qui peut-être en auraient le plus besoin et qui, de plus, y ont droit si leur responsabilité n’est pas totalement engagée.Mais cet effort est exigeant.D’une part on ne peut l’accomplir sans avoir au préalable profondément étudié le donné traditionnel, car autrement on fait du bricolage et on perd son temps.D’autre part les théologiens ne peuvent pas l’accomplir seuls.Ils ont besoin de travailler en dialogue avec les pasteurs, les vrais pasteurs, ceux qui aiment et connaissent les hommes, pas les fonctionnaires des registres paroissiaux.Ils ont aussi besoin des spécialistes du mystère de l’homme, fussent-ils incroyants.Et c’est peut-être la forme future de l’entrée de l’Evangile dans le monde de la science.170 Il ne s’agit pas, bien sûr, de faire démissionner la foi devant la science- Il s’agit simplement, mais c’est dur, de faire la Parole de Dieu être vraiment une Parole pour aujourd’hui, donc être vraiment Parole.Non pas simplement la Parole qui fut dite à l’homme d’hier, mais celle que Dieu dit à l’homme hic et nunc.Je me permets de noter que le mouvement liturgique actuel est peut-être entré sur ce point dans une impasse.On a traduit en français les textes liturgiques; on veut revenir aux rites antiques et authentiques.C’est fort bien; il faut s’en réjouir.Mais on peut se demander ce que ces textes peuvent dire aux hommes de la nouvelle génération.Peut-être a-t-on trop cherché à répéter la Parole dite autrefois au lieu de surtout chercher la Parole qu’il fallait dire aujourd’hui.J’ajoute une nouvelle remarque.Je m’adresse, dans cette conférence, simultanément au groupe des professeurs et des étudiants.C’est évidemment aux premiers surtout que revient la dure tâche d’opérer cette incarnation dont je parle, de jeter dans l’esprit des étudiants une inquiétude à ce sujet, de mettre ceux-ci en état de sensibilisation à l’aujourd’hui de la Parole.Il me semble que l’étudiant, s’il veut être capable de mener, une fois fini le cycle officiel de ses études, une vie vraiment théologique, doit, lui, d’abord et surtout s’appliquer à inventorier le vrai contenu du donné, donc au premier temps de la démarche théologique telle que je l’expose ici.Il lui faut découvrir ce que Dieu veut vraiment dire aux hommes avant de chercher la forme selon laquelle Dieu veut le dire aujourd’hui.Mais toutefois avec un esprit critique, en ayant toujours vive à son esprit la préoccupation de l’homme d’aujourd’hui.Et surtout en ayant sans cesse soin d’opérer le clivage dont je parlais tout à l’heure: clivage entre l’essentiel du donné et le secondaire, entre le donné lui-même et la forme historique dans laquelle il est transmis.C’est là — me semble-t-il — le point précis sur lequel doit se cristalliser l’effort de l’étudiant en théologie, dans le contexte actuel.Effort loyal, scientifique, sérieux, de saisie du vrai contenu de la Parole de Dieu en son essence (d’où l’importance des disciplines positives telles que l’exégèse et l’histoire des Conciles), donc effort pour saisir — au-delà des formes historiques contingentes qui lui ont servi de véhicule — ce que Dieu veut dire et non ce que les hommes ont fait dire à Dieu.Tout en gardant l’inquiétude 171 de l’homme d’aujourd’hui.C’est surtout aux étudiants en théologie pastorale (ce qui est une forme authentique de théologie) qu’il appartient — mais une fois accompli ce premier effort de compréhension du donné — de chercher sa traduction la plus adéquate possible dans les concepts et les schèmes actuels : cela suffit pour vous montrer que la théologie pastorale est aussi scientifique que l’autre et ne se confond pas avec un catalogue de petites recettes.Il nous faut nous convaincre du fait que ce domaine exige lui aussi une réelle compétence et appartient au cœur même de la démarche théologique globale conçue comme service de la Parole de Dieu pour aujourd’hui.De fait toute théologie ne peut qu’être pastorale en son point d’aboutissement.Voilà pourquoi, à cause du contexte humain actuel, deux points surtout doivent à mon avis cristalliser l’effort théologique à la fois de recherche et d’initiation.D’abord (et peut-être surtout) le problème de Dieu.Et je ne crains pas d’affirmer que ce problème est très grave, que s’il n’est pas envisagé de front l’avenir de l’Evangile sera mis en cause.Nous sommes en effet entrés dans un processus de « sécularisation » qui est irréversible, parce qu’il se trouve inscrit dans la trame même de l’évolution de l’humanité.Les hommes nous disent qu’ils découvrent subitement que plusieurs des valeurs religieuses sur lesquelles ils avaient construit le plan le plus profond de leur vie d’homme étaient «des valeurs de suppléance, en ce sens que le progrès de la technique humaine rend inutiles certains recours à Dieu ».Ils disent apprendre peu à peu que par le passé « on a demandé naïvement à Dieu d’accomplir ce que, de fait, l’homme lui-même avait pouvoir et mission d’accomplir».L’homme est le roi de l’univers, celui dans lequel le Créateur a comme déposé sa puissance royale sur le monde créé.N’est-il donc pas logique, se demandent donc plusieurs de nos contemporains, reprenant une phrase de BOENHOFEER d’ailleurs tirée de son contexte, de vivre comme si Dieu n’existait pas?N’est-ce pas, en semblant à première vue le nier, respecter au contraire son dessein sur l’homme?Certes le croyant est gêné par cette question; il sait que l’Evénement qui est au cœur de sa foi postule nécessairement une présence active de Dieu en son propre destin d’homme.Donc qu’à son tour il doit avoir avec ce Dieu une relation.Mais quelle 172 relation?Jusqu’ici on répondait en se cantonnant dans le plan de la « religion » : il suffit de bénir Dieu, de l’adorer, de le prier, de le servir par un culte; et certains, renouveaux de la théologie eucharistique par exemple se sont cantonnés unilatéralement dans cette sphère du culte, de la bénédiction.Le monde actuel nous montre que cette réponse est insuffisante, incomplète, qu’elle évacue un aspect essentiel du problème.Lequel?Et voici la théologie jetée dans un nouveau problème.Car pour répondre à la question ainsi posée il faut d’abord scruter en profondeur le mystère de Dieu lui-même.Il est remarquable qu’au cœur des inquiétudes actuelles il y ait ce mystère de Dieu.Et ces inquiétudes, posées avec franchise et lucidité par la pensée protestante, nous font nous demander si nous ne sommes pas trop rivés aux « images » bibliques et aux concepts exprimés à partir de ces images et dans lesquels nous exprimons notre foi en Dieu.Peut-être — pour reprendre l’expression d’un théologien protestant très orthodoxe, MICHAELI — faisons-nous trop de Dieu un Dieu « à l’image de l’homme ».Vous savez combien S.Thomas lui-mêine a été angoissé par cette question.La conception anthropomorphique de Dieu répondait fort bien à une certaine étape de la pensée humaine ; mais cette étape est précisément en train de disparaître sous nos yeux, si ce n’est, déjà fait.Il nous faut donc chercher loyalement, scientifiquement, techniquement, le vrai visage de Dieu porté par les mots, les images, l’Histoire de la Révélation.Moins un Dieu en soi qu’un Dieu-pour-l’homme.Ensuite, et c’est, le second point sur lequel doit porter notre effort, de recherche, il nous faut montrer clairement, le plus lumineusement possible, ce que la foi en Dieu (le Dieu de Jésus-Christ, évidemment) peut, apporter au destin humain.C’est, là le gros problème.L’homme d’aujourd’hui ne sent plus le besoin de Dieu.Il faut lui montrer que par tout son être il appelle pourtant ce Dieu.Que son destin humain n’a de sens que lorsqu’il débouche en Dieu.Ce point rejoint d’ailleurs le précédent.Je crois que la plaque tournante de tout le renouveau de la théologie de Dieu réside là: ne pas présenter un Dieu « in se » mais un Dieu-pour-l’hom-me, ce qui me paraît de plus en plus être le vrai sens de la révélation biblique sur Dieu.Nous avons jusqu’ici trop tranché entre notre présentation de Dieu (De Deo TJno ou De Deo Trino, pour 173 reprendre cette fausse distinction) et notre recherche de la foi.Nous avons oublié — je le redis encore une fois — que la Révélation s’ouvrait toujours sur le mystère de l’homme, intégrait toujours celui-ci.Il nous faut maintenant découvrir combien mystère de l’homme et mystère de Dieu s’harmonisent en ce sens précis que Dieu est comme le « lieu » où s’achève l’homme.Avouons que l’entreprise est colossale.Nous ne pouvons même plus nous servir de l’exemple du kérygme biblique, soit aux Juifs soit aux Païens.En effet, dans le kérygme aux Juifs il s’agissait de montrer que Jésus était celui qu’attendait et préparait Israël: on s’inscrivait simplement à l’intérieur d’une foi dont on faisait reconnaître en Jésus l’accomplissement.Dans le kérygme aux Païens il s’agissait de dire: vous cherchez un dieu, voici le seul vrai Dieu: on s’inscrivait à l’intérieur du fait religieux.Aujourd’hui les hommes n’attendent plus le Messie, et d’autre part ils sont de plus en plus imperméables à la dimension « religion », puisqu’ils ne sentent plus spontanément le besoin de Dieu.Le contexte a donc changé du tout au tout.Il me semble — mais c ’est là une opinion personnelle que je sais fort discutable — que la voie la plus sûre et la seule que le mouvement de sécularisation ne puisse obstruer est de montrer comment la situation de l’homme, en état de rupture avec lui-même et avec les autres, appelle un dépassement dont les traces sont déjà inscrites en filigrane dans son être, et que ce dépassement postule Dieu, le Dieu de l’Evangile, révélé en Jésus-Christ.Bref, montrer que la foi n’est pas seulement une mise de fonds pour l’au-delà, une assurance pour l’éternité, mais que déjà lvic et nunc elle change le destin humain, et cela parce que seul Dieu peut (dans le Christ) recréer l’homme.* * * Je ne sais si ce que je viens de présenter à larges traits répond à ce qu’on me demandait.J’espère au moins vous avoir montré que la théologie n’était pas un luxe, ni une petite discipline auxiliaire.Sur elle repose le passage dans l’Eglise de cette grâce de renouveau que le Concile a voulu semer.Et je suis personnellement 174 convaincu — j’arrête sur cette affirmation — que si la théologie ne s’attelle pas avec courage à la rude tâche de son aggiornamento, elle trahit l’Esprit-Saint, manque gravement à sa vocation- J.M.R.Tillard, o,p, Collège Dominicain de Théologie, 96 Empress.Ottawa, Ont.« NOUVELLE ATTENDUE Nous sommes heureux de vous annoncer enfin la réédition des articles du P.Jean-M.R.Tillard, o.p.Tous les articles parus dans notre revue, comme ceux parus dans la Nouvelle Revue Théologique et autres, sont réunis dans un seul volume portant le titre : Les religieux ou cœur de l'Eglise.Ce volume est une collaboration avec les Cahiers de Communauté Chrétienne des Pères Dominicains de l’Ecole de Pastorale de Mon-réal.Si vous désirez votre exemplaire avant les vacances, retenez-le dès aujourd’hui ; il vous sera expédié sans retard.Prière de ne pas envoyer d’argent : une facture sera jointe à l’expédition.Une remise est assurée pour les achats en nombre important.Adressez votre commande À: La Vie des Communautés Religieuses 5750, boni.Rosemont — Montréal 36 Tél.: 259-6911 175 PLACE DE LA RELIGIEUSE* DANS LE MONDE FÉMININ D’AUJOURD'HUI Je vous avouerai d’abord que je me sens en face d’une tâche qui me dépasse.Etudier la place de la religieuse dans le monde féminin d aujourd ’hui, c ’est un peu une invitation à un examen de conscience, et c’est justement ce que je ne voudrais pas faire.Je voudrais simplement situer le problème, poser des jalons pour une recherche en commun, en nous aidant de tout ce qui, depuis le Concile, a été si bien écrit, pensé sur le sujet, avec une compétence indiscutable.Car, pour les religieuses aussi, le Concile a marqué l’heure de ce «nouveau printemps» que souhaitait Jean XXIII.L'Eglise cependant ne précise pas elle-même, les formes pratiques de ce renouveau.On a l’impression que c’est à nous, religieuses, de les « inventer » en quelque sorte.Ecoutons plutôt Karl Rahner dans une récente publication (La femme et le nouveau depart de l’Eglise) : «Autrefois il était, facile de monnayer les lois générales de 1 Eglise en des consignes pratiques sans passer par le relai d’intermédiaires.On savait donc toujours ce qu’il fallait faire, la question était seulement de savoir si on aurait le courage de le faire.Mais aujourd’hui il y a loin des normes de l’Eglise à l’action concrète, et il faut un idéal vécu pour combler cet écart.Or c’est à la femme elle-même d’inventer cet idéal».Et plus loin, parlant des formes de la vie religieuse d’autrefois, il dit: «Soyons certains que l’Esprit peut, aujourd’hui encore, susciter un large éventail de formes de vie chrétienne dans l’Eglise, mais la situation nouvelle de l’Eglise, par rapport aux structures du monde, oblige la femme à s’interroger sur elle-même: La FEMME est devenue le PROBLEME de la FEMME.Il vaut * Nous publions le texte d’une conférence prononcée par Sr.Suzanne Manseau, s.a.Nous avons conservé à la conférence son style parlé.176 done mieux attendre avec patience qu’elle le résolve, plutôt que d’en donner des solutions hâtives et prématurées.Faisons ce que nous pouvons pour nous comprendre, et rappelons-nous que Dieu est toujours plus grand que notre cœur ou que notre action ».Donc, nous voici avec toute la force de l’approbation ecclésiastique, lancées à la recherche! Le cardinal Suenens, dans son livre devenu célèbre, Promotion apostolique de la religieuse, écrit que, tout comme le prêtre doit pouvoir dire : « Le monde entier est ma paroisse », la religieuse devrait pouvoir dire : « Le monde entier est mon couvent! » — Quel monde?Le monde actuel bien sûr, mais aussi le monde de DEMAIN ! La religieuse de l’An 2000, est-ce si lointain?Dans seulement 33 ans, on y sera! Le romancier, Louis Pawels, l’auteur du Matin des Magiciens, familier des mondes de demain, nous dit comment il entrevoit le rôle de la femme dans cet univers fantastique: il croit que ce monde super-matérialisé exigera forcément, comme contre-poids, des vertus qui appartiennent en propre à la femme, comme l’oubli de soi, l’amour désintéressé.«Pour que les constructions des hommes ne s’écroulent pas, dit-il, il s agira de faire redescendre jusqu’à nous, de grandes réalités idéales et d’obtenir quelque chose de notre SUB-nature! » On a l’impression ainsi qu’après l’excès des efforts scientifiques, qui aboutiront à une matérialisation à outrance, il y aura comme un retournement vers l’intérieur, un effort de spiritualisation; et c’est ici qu’interviendra le rôle de la Femme.Selon ce qu’en dit aussi d’ailleurs le Chanoine Dondayne dans son livre: La Foi écoute le Monde, tout comme au foyer c’est à la femme à former l’enfant pour qu’il devienne pleinement homme, explique-t-il, ainsi, c’est elle qui sera appelée à « humaniser » le monde des hommes qui, sans cela, risquerait de manquer d’âme.Où en sommes-nous dans tout cela, de la RELIGIEUSE?Très proche assurément, puisque, avant tout autre chose, la religieuse, c’est d’abord une femme.On l’oublie trop souvent.Qu’elle l’ait elle-même trop oublié d’ailleurs, c’est un point que nous discuterons plus loin.En 1960, en visitant la Cathédrale de Chartres, tant chantée par Péguy, ce qui m’avait le plus impressionnée, c’était l’un des portails à gauche, l’arche au-dessus de la porte, où le sculpteur médiéval avait dépeint en vignettes successives la vie de la fem- 177 me de son temps, tour à tour, filant sa quenouille, balayant sa maison, s’occupant de sa famille; puis il la montre à la fin de sa vie.En parallèle, de l’autre côté de l’arche, il dépeint la vie de la moniale dans son couvent, récitant son office, balayant le cloître, et la dernière image la montre également arrivant à la fin de sa vie.Mais ce qui est le trait de génie dans toute la scène, c’est le fait que la pierre d’angle au sommet de l’arche, et qui réunit les deux côtés, est faite en forme de couronne, et que c’est cette même couronne qui se pose à la fois sur les deux têtes: celle de la religieuse et celle de la laïque, comme pour signifier qu’il n’y a pour les deux qu’un seul et même idéal, qu’un seul et même appel à la sainteté ! La religieuse a donc, par rapport à sa sœur du monde laïc, un rôle très positif a jouer : elles sont appelées à travailler ensemble à la même réussite du Royaume de Dieu ici-bas, et elles doivent s’entraider et s’enrichir l’une par l’autre.Le cardinal Suenens attire notre attention sur le fait que jusqu’ici la religieuse a semblé représenter dans le monde une force quasi inutilisée, qui ne rejoint pas tout son objectif.Il y a actuellement environ un million de religieuses dans le monde et elles s’emploient, dit-il, soit auprès de la jeunesse, soit auprès des vieillards, soit auprès des infirmes, tous des individus qui ne sont malgré tout pas engagés à part entière à construire le monde d’aujourd’hui, tandis qu’auprès de la femme adulte, de celle qui aide « à bâtir la cité », la religieuse est remarquablement absente ! On peut se demander POURQUOI il en est ainsi.L’une des raisons, c’est qu’en général, elle n’a pas été préparée pour le dialogue avec elle ; elle a vécu en marge, elle ne sait pas parler le même langage.Pour nous, religieuses, ayons le courage de le dire, notre plus grande lacune, c’est souvent de savoir si peu nous comporter en femmes ! D’où nous vient cette lacune ?C ’est peut-être que dans la formation, bien souvent, celles qui possèdent une réelle compétence au plan intellectuel et peuvent avoir tous les diplômes académiques ont reçu lien peu au point de vue de tout ce qui est nécessaire à l’épanouissement de la personne.Et ceci fait qu’en général, nous ne sommes pas acceptées de la femme moderne.Il y a entre elle et nous un mur, et chacune reste soigneusement de son côté.Une jeune femme en difficulté me confiait, un jour : « Je serais 178 bien allée parler de mes problèmes avec telle religieuse de mes anciens professeurs.mais A QUOI BON ?Je sais d’avance ce qu’elle va me dire: «Ma petite fille, ça c’est la volonté de Dieu ! » Eh bien ! ça, moi aussi je le sais; alors, à quoi sert d’y aller?Qu’est-ce que j’en rapporterais?» N’avait-elle pas un peu raison?De la part de la religieuse en question, est-ee que ceci ne représente pas une lacune très réelle?Une sorte de paresse spirituelle, et un singulier manque d’imagination — pour savoir se METTRE DANS LA PEAU de T autre, et trouver au fond de son coeur à soi les MOTS nécessaires pour aider à faire face à cette «volonté de Dieu».Il faut encore chercher comment la faire accepter, suivant la natrue de l’interlocutrice, ses circonstances de vie, etc., tout comme on le ferait s’il s agissait de sa propre petite sœur à soi! Voyons! est-ce qu’on lui répondrait comme cela, en phrases toutes faites, derrière lesquelles on cherche davantage à s’abriter soi-même bien souvent, comme derrière un paravenf qui nous protège?Jamais de la vie ! «On ne connaît bien qu’avec le cœur » est-il dit au Petit Prince.C est cette connaissance du cœur que la religieuse doit viser a atteindre.Et pour cela, il lui faudra s’informer de tout ce qui concerne les personnes avec lesquelles elle est appelée à entrer en dialogue.Il y a aujourd’hui un effort en ce sens, heureusement, mais avouons que trop souvent, dans le passé, l’information disponible à la religieuse était déficiente, infantile ou incomplète: une sorte d’évasion du temporel, quoi ! Mais, présentement, le décret «Perfectae caritatis » sur la vie religieuse nous dit expressément: «Les Instituts doivent promouvoir chez leurs membres une suffisante information de la condition humaine à leur époque et des besoins de l’Eglise, de sorte que, discernant avec sagesse, à la lumière de la foi, les traits particuliers du monde d aujourd hui, ils soient à même de porter aux hommes un secours plus efficace.» Voilà qui devrait tranquilliser toutes les craintes: l’information est pour le motif apostolique de mieux aider, de mieux évangéliser, en somme, car rapprocher de Dieu, c’est toujours évangéliser, annoncer la « Bonne Nouvelle ».Les temps sont révolus, dit le Cardinal Suenens, où la religieuse devait rechercher sa propre perfection dans l’évasion du monde et des choses temporelles.L’Eglise a officiellement banni la crainte qu’un travail apostolique soit un danger pour la vie intérieure.Et il ajoute : « comme 179 si le rayonnement d'une lumière ou la chaleur d’un feu.pouvaient en compromettre l’existence ! » Le Cardinal Léger lui-même s’est élevé, au Concile, contre l ’objection qu’une plus grande ouverture apostolique pouvait être nuisible à la ferveur.Il est bien entendu que tout travail apostolique, pour porter fruit, devra jaillir d’une âme nourrie par la prière et la réflexion sur l’Evangile.Il y a eu une belle expérience apostolique faite avec des religieuses à Santiago, au Chili, lors de la Grande Mission, il y a quelques années: le Cardinal Silva avait décidé de faire appel à toutes celles de son archidiocèse pour préparer la Mission : elles devaient se faire remplacer pour l’enseignement dans les collèges et les pensionnats élégants des villes durant deux années, et se former en petites équipes pour visiter tous les foyers des villages les plus reculés des montagnes autour de Santiago.L’équipe elle-même était composée de cinq personnes : deux sœurs, deux hommes laïcs et un séminariste ou un frère.Pas de prêtre dans l’équipe! Le résultat a été inespéré! J ai eu l’occasion de rencontrer, par la suite, un père Oblat (le P.Laurin), qui avait fait partie d’une de ces équipes comme séminariste, et il disait qu’ils avaient avec eux une religieuse de 70 ans et qu’elle était la plus zélée du groupe.Même à 11 heures du soir, après une journée de marche, elle ne permettait a personne d’aller se reposer avant d avoir revu ensemble toutes les listes des baptêmes, mariages, etc., à préparer.Dans les familles, les hommes les plus endurcis, les « desperados », faisaient leur confession à la Sœur, en attendant d’accepter de la faire à l’église! Bref, la grande Mission du Chili a été un véritable triomphe qui a donné lieu, par la suite, au magnifique plan de Pastorale d ensemble qu’a le Chili aujourd’hui! La religieuse a révélé sa valeur de collaboratice ! Le Père Lombardi, qui prêchait cette grande Mission, a dit que le Saint-Père Jean XXIII, à ce moment-là, espérait bien voir le jour où toutes les religieuses de la terre sauraient se faire plus disponibles à leurs frères.DISPONIBLES, c’est le grand mot! Il signalait qu’aujour-d hui, dans la plupart des villes modernes, beaucoup de jeunes filles de la classe travaillante viennent de la campagne et n’ont pas leur famille dans la ville.Tout ce qu’elles y possèdent c’est une chambre louée et une poignée d’amis ou de connaissances et si, un beau jour, il y a quelque chose qui ne va pas parmi ces 180 derniers, et qu’elle cherche un conseil sûr, c’est souvent à la porte du couvent qu’elle ira frapper.Et, forcément, c’est après ses heures de travail qu’elle ira: donc, vers 6 heures du soir.Or, dans les couvents, à cette heure-là d’autre part, on lui répondra fatalement que les Sœurs ne reçoivent pas! Même chose aux périodes de vacances, quand les jeunes sont plus exposées et qu elles veulent trouver la Sœur pour être aidées : ou elle est partie en études, ou elle est en retraite, ou encore elle est en vacances ! De toute façon, il n’y a PERSONNE au moment ou il faudrait QUELQU’UN! Bien sûr que retraite, études et vacances sont nécessaires, mais n’y aurait-il pas QUELQUE CHOSE à REPENSER?Un roulement à organiser?Le Cardinal Suenens nous rappelle, fort à propos, que c’est au berger (ou à la bergère) à se mettre au pas du troupeau et non l’inverse.Il faudrait adapter l’horaire d’une maison aux possibilités de contact, et ne pas vivre à un autre rythme que celui des gens que l’on veut atteindre ! A moins que l’on ne soit des cloîtrées.alors, c’est différent.Ceci, au fond, c ’est ce que toutes désirent : nous sentons bien que si nous nous sommes faites religieuses, c ’est pour donner Dieu au monde, ce n’est pas pour être infirmières ou institutrices ou autre chose.Et pour pouvoir donner Dieu au monde, il ne faut pas être soi-même, en DEHORS DU MONDE : le LEVAIN ne se met pas à côté de la pâte, il se met dedans! Et si l’on veut faire lever la masse d’aujourd’hui, qui est particulièrement alourdie et matérialisée, eh bien! il faut prendre le RISQUE — car, évidemment, c’en est un ! — d’être dedans, tout en prenant garde, comme nous le dit l’Ecriture, qu’en tendant la main a 1 autre, on ne glisse soi-même avec lui dans le fossé.Or, que se passe-t-il aujourd’hui, en 19G7?Est-on, oui ou non, dans la pâte?Une jeune travailleuse de la JOC disait à une religieuse: « Quand on vous connaît personnellement, ma Sœur, on SAIT que vous êtes de «notre bord», mais quand on vous regarde en groupe, on en doute bien fort ».Faut-il conclure de là que seules des unités y sont ?Et qu’en tant de groupe, on oscille encore passablement avec un pied dedans et un pied dehors: situation éminemment inconfortable ! La religieuse qui avait été appelée comme observatrice au Concile, Sister Mary Luke, des Sœurs de Lorretto aux Etats-Unis, que j’ai eu l’occasion d’entendre là, a nn congrès, disait de toutes ces craintes et ces hésitations : « This 181 is undoubtebly part of our growing up ».Dans les communautés, comme partout ailleurs, il y a généralement une tendance « de droite » et une tendance qui est nettement » de gauche » et qui voudrait tout balayer! Chaque élément, il va sans dire, a besoin du contre-poids de 1 autre, et c ’est heureux que nous ne soyons pas toutes pareilles ! A ce sujet, Sister Mary Luke disait encore : « You must CULTIVATE the differences ! » Elle voulait dire que non seulement c’en était fait dans les Communautés d’essayer de copier un modèle stéréotypé d’avance, comme un DECALQUE de la parfaite religieuse de son Ordre, mais que même on devait aller plus loin : on devait regarder ees différences entre nous comme un grand enrichissement pour l’ensemble et qu’en conséquence, il fallait plutôt cultiver ces différences ! Les valoriser.Ceci peut paraître assez révolutionnaire.En guise d’explication, elle comparait toute communauté à un milieu familial et disait: «A community must be a place that is SAFE for conflict ! » C ’est-a-dire un endroit où 1 ’on puisse différer d’opinion, entrer en conflit même, tout en sachant bien que, pour autant, on ne cessera pas d’être aimé.En résumé, ce qui manque le plus à chacune de nous, religieuses, c’est d’avoir appris à être SOI, à rester soi, sans ses défauts, si possible, mais même avec quelques-uns, inévitables, qui font qu ’on est soi et que l’on sera, un jour, la sainte particulière que Dieu veut que l’on soit, et non le décalque plus ou moins réussi de celle que l’on estime être le modèle-type de sa congrégation ! Bien sûr, à cause de notre état religieux, il arrive que nos vies soient plus collectives que personnelles.Ceci est un premier fait.D’autre part, par suite de notre formation professionnelle et du travail que nous sommes appelées à faire, il arrive que pour nous, religieuses, c’est la tête qui fonctionne plus volontiers que le cœur ! Or, ceci est tout à fait à l’opposé de la féminité ! C’est, essentiellement la manière d’agir masculine ! Faut-il s’étonner, après cela, que la religieuse ne sache pas parler le même langage que sa sœur laïque ?qui, elle, a su rester femme au moins ! L’idée maîtresse dans le livre du Père Laplace, « La Femme et la vie consacrée », c’est qu’avant tout, la vie religieuse chez la femme ne peut être vécue sans tenir compte de la nature féminine.On n’en a évidemment pas toujours suffisamment tenu compte dans le passé.Peut-être se prévalait-on de la grande réforma- 182 trice, Thérèse d’Avila, qui, paraît-il, répétait à ses filles: «Soyez viriles ! » Elle ne voulait certainement pas dire : « Soyez masculines ! » Elle était trop intelligente et trop femme elle-même pour cela ! Elle voulait plutôt dire : Allons, secouez-vous un peu ! Ne soyez pas languissantes ! Nous-mêmes, d’aileurs, avons-nous toujours eu en suffisante estime les valeurs positives de la féminité ?Ces précieuses qualités de discrétion, de miséricorde, de patience ?N’avons-nous pas plus souvent estimé les valeurs agressives ?Comme si c’était un honneur pour une femme de vivre au service d’une IDEE et de se durcir pour y parvenir ! Ceci est encore la manière masculine, qui va bien à l’homme, qui nous va mal à.nous ! Dans les questions d’ordre, n’avons-nous pas fort souvent présenté l’image du « justicier », qui nous convient aussi très mal ! Il suffit d’entendre ce qu’en disent les enfants.Et dans le domaine du pratique, ne cédons-nous pas bien souvent à la tentation de remplacer l’amour par l’efficience ?« Efficiency experts », comme disent les Anglais.Par exemple, dans nos grandes institutions où il faut, bien sûr, que les choses marchent.Mais il n’empêche que l’on y subit, à moins d’y prendre garde, une terrible déformation professionnelle.Même la vie collective, la régimentation nous déforment, c’est entendu: tout faire de la même manière, au même moment, coupe un peu les ailes.A certains points de vue, cela est inévitable ; mais est-ce qu’on ne pourrait pas, dans l’optique du « renouveau », s’efforcer de rechercher des modes de vie collective et communautaire qui ne déforment pas autant ?Par exemple, des systèmes où l’accent serait moins exclusivement mis sur la discipline, et plus sur la bienveillance mutuelle (qui peut aussi être une forme de discipline), sur l’ouverture aux autres dans un climat de fraternel respect pour « les différences », et surtout sur le sens de la responsabilité de chacune par rapport à l’ensemble.Dans ces échanges communautaires qui se font plus volontiers aujourd’hui en communauté, peut-être ces points pourraient-ils s’étudier ?On serait peut-être obligé alors de changer d’optique et de renoncer à tout diriger « tambour battant » chacune dans sa petite sphère d’activité, comme on le faisait.Et ainsi, on réapprendrait peu a peu, si on les a oubliées, « les manières du cœur », qui sait dis- 183 crètement et patiemment obtenir les résultats, au moyen de la délicatesse et de la courtoisie envers les personnes.Vertus essentiellement chrétiennes, et qui ne nous déshonorent certainement pas ! C ’est Léon Bloy qui dit : « Plus une femme est FEMME, plus elle est SAINTE ».On ne peut se figurer la Sainte Vierge autrement que femme, et très femme, dans toute la beauté du terme.Pour nous donc, après avoir opéré cette révolution dans notre comportement, nous aurions au moins commencé à combler le fossé qui nous sépare de la femme d’aujourd’hui.Mais ceci ne serait encore qu’un premier pas, un conditionnement préalable à l’échange.Il nous resterait encore a nous faire accepter ! Qui nous aidera a trouver comment il faut s’y prendre pour engager avec elle le dialogue ! Il faut se défier, sans doute, de ce que bien des dialogues ne sont, en réalité, que de simples monologues, où nous faisons nous-mêmes les questions et les réponses, tandis que l’interlocutrice, trop polie — ou trop prudente — pour nous contredire, acquiescera à tout, simplement pour avoir la PAIX ! Il n’y aura pas vraiment eu d’échange.Ceci, spécialement dans les pays du tiers-monde où la femme est plus réticente et plus repliée sur elle-même.Ecoutons ce que nous dit là-dessus « Ecelesiam suam », décrivant la tache apostolique: « Il faut, avant de parler, écouter la voix et plus encore le cœur de l’homme, le comprendre et autant que possible le respecter ; et là où il le mérite, ALLER DANS SON SENS.Le climat du dialogue, c’est l’amitié, bien mieux, le service.Tout cela, nous devons nous le rappeler et nous efforcer de le pratiquer selon l’exemple et le précepte que le Christ nous en a laissés.» Il faut donc, d abord, savoir ecouter le cœur de l’homme, de la 1 emme aussi.Comment cela ?Eh bien ! qu’on me permette de donner en terminant un exemple qui m’a beaucoup frappée moi-meme d une religieuse qui a su amorcer le dialogue dans des circonstances très difficiles, tout simplement comme cela, en écoutant le cœur des gens.Cette Sœur, qui est maintenant en Mission, était directrice du Nursing dans un hôpital de petite ville, où les infirmières venaient de la campagne et se trouvaient tout à coup en face d’une nouvelle indépendance, loin de chez elles et, de ce fait, cherchaient a se debarrasser de toutes les contraintes, à commencer par celles des Sœurs ! Ces jeunes filles se faisaient gloire d’arriver à sortir avec l’un ou l’autre des médecins de l’hôpital, 184 même s’il était marié, et menaient en somme une vie assez libre.La religieuse s’en rendait compte, mais au lieu de s’insurger et de provoquer pire, elle écoutait, observait et attendait une occasion de rendre quelque petit service à ces pauvres filles.Par exemple, si elle en voyait l’une ou l’autre plus fatiguée, elle lui disait: «Bon, je vais te remplacer pour que tu puisses aller te reposer un peu ».Ou bien, si cela lui était impossible, elle disait simplement: «Je vais t’aider un peu à plier le linge ou à ranger cela, ça ira plus vite ! » Et c'est ainsi que, peu a peu, elle gagnait la confiance de chacune.Et puis, le jour où il y avait quelque drame dans la vie sentimentale de la fille, c’est à la Sœur si compréhensive qu’elle venait tout naturellement se confier ! Alors, celle-ci en profitait pour lui demander : « Est-ce que dans ton village, là-bas, tu n’as pas laissé un garçon qui t’aimait bien et qui serait triste s’il savait comment tu te conduis ici ?» Et, naturellement, la fille disait que oui, et pleurait, et promettait de se reprendre.Un soir, vers 9h.30 (heure du Grand Silence dans les Communautés, comme tout le monde sait), cette religieuse reçoit un appel téléphonique de la Résidence des infirmières: «Ma Sœur, venez, j’ai besoin de vous ! » Et il y avait une note inquiétante dans la voix.Que fallait-il faire ?Dilemme pour la Sœur : fallait-il sortir pour se rendre à la bâtisse voisine, contre les règlements usuels à cette heure-là, et s’exposer à être trouvée en faute ?Ou bien, valait-il mieux sauvegarder sa propre sécurité et ne pas avoir d’ennuis avec les autorités, quitte a laisser la pauvre malheureuse se débrouiller toute seule ?Heureusement, cette fois encore, elle sut « écouter le cœur », celui qui appelait, et aussi le sien propre qui lui disait: Allons-y ! Elle trouve la fille en train de se mettre au lit, et qui lui raconte que l’un des médecins influents de l’hôpital, avec lequel elle a passé l’après-midi, lui a dit qu’il reviendrait frapper à sa porte cette nuit.Et la pauvre enfant en était bouleversée.« Ma Sœur, je ne veux pas qu’il vienne, mais je ne sais plus comment faire maintenant ! Je ne veux pas l’insulter ! Je ne veux pas qu’il me fasse mettre dehors ! Qu’est-ce que je vais faire ?» La Sœur lui répond doucement : « Tu vas tout simplement fermer ta porte à clé et te coucher tranquillement, Et moi, je me charge du reste ! Je vais aller dire au gardien, en bas, de ne laisser monter absolument personne à ta chambre, que tu es grippée et que tu as besoin de dormir.C ’est.tout ! » Et ce fut.tout, en effet ; mais, grâce à qui ?( eci n est qu un exemple de soutien que la religieuse, plus libre de certaines « contingences », peut jouer auprès de la femme engagée dans le monde d’aujourd’hui.Quand bien meme ce ne serait que le soutien moral qu’elle lui apporterait, c’est déjà beaucoup ! Pensons à ce que cela peut signifier, par exemple, dans le cas où il s’agit d’aider à accepter une nouvelle naissance dans des circonstances déjà difficiles.Récemment, une jeune maman disait a une religieuse: «Bien sûr, ma Sœur, les religieuses sont là pour nous aider dans l’éducation de nos enfants ; mais nous avons réfléchi, mon mari et moi, et nous pensons que vous avez aussi bien autre chose à faire : vous avez à nous aider.NOUS, à vivre chrétiennement notre mariage, pour qu’il soit ce que Dieu veut qu’il soit ! » Cette simple phrase nous situe à notre véritable place à côté des familles.Il y aurait beaucoup à dire sur cette aide spirituelle et fraternelle que les foyers sont en droit d’attendre de nous; les aidant a « mainteninr le cap » sur l’idéal qu ’ils ont promis au Seigneur, dans un continuel dépassement de soi-même.C’est ce dépassement qui est si difficile a la nature humaine ; la religieuse le sait bien : cette aspiration au don sans retour, à l’amour sans réticences qui est ce vers quoi tend sans cesse l’amour humain, n ’est-ce pas aussi la direction où tendent tous les efforts de l’épouse du Christ ?Nous, religieuses, serons donc ainsi, grâce au dynamisme des familles, mieux accordées aux dynamismes de la vie et de notre vocation qui, sans cesse, nous relance à la poursuite de Dieu ! * * * Terminons sur cette pensée déjà si bien exprimée par d’autres, que le bonheur de la religieuse ne devrait absolument rien avoir à envier au bonheur de la femme mariée.Nous avons les mêmes raisons d’être heureuses et d’être épanouies dans la tâche qui nous est confiée par 1 Eglise.Mais la religieuse, pour pouvoir être pleinement elle-même et assumer sans peur son rôle auprès de ses sœurs du monde laïc, doit aussi se SAVOIR aimée, tendre- ment aimée de Dieu; sûre de Lui, au point d en être aussi exultante et rayonnante que l’est une épouse tellement assurée de l’amour de son mari, qu’elle ne peut s’empêcher de vouloir répandre autour d’elle cette JOIE intérieure dont elle vit ! C’est, CELA le secret de la réussite ! Suzanne Manseau, s.a.LjCs Sœurs Auxiliaires, b055, Ave Papineau.Montréal, 2b.NÉCROLOGIE —- Los Frères ties Ecoles Chrétiennes : Fr.Narceau-M.(Jean-Baptiste Boussugues) ; Fr.Théophilus (Honoré Mailly).— l.es Frères Mariâtes : Fr.Pierre (Engelmer-Elie Fournier).— Les Frères de Ste-Croix : Fr.Vianney Bouchard — Les Franciscains : Fr.Juniper (Denis Lawlro).— Les Sœurs de Ste-Anne : Sr M.-Léonard (Bernadette Poirier), Sr M.-Immaculata (Blanche Duquette), Sr M-Abigail (Catherine McIntyre), Sr M.-Cécile Thérèse (Cécile Lefebvre), Sr M.-Raphaéla (Maria Mireault), Sr M.-Anne-Rita (Laurette Malo).— Les Sœurs de la Charité de Montréal: Sr Séraphin (Madeleine Bélec), Sr Demetrius (Eglantine Nolin), Sr St-Martial (M.-Caroline Tardif), Sr Amélia Lamontagne.— Les Petites Franciscaines de Marie : Sr M.-de-Lourdes (Elisabeth Paré), Sr M.-Rita-de-Jésus (Marie Paradis), Sr M.-Joseph-Calasanz (Lucia Rhéaume).— Les Petites Sœurs de la Sainte-Famille : Sr M.-de-la-Rédemption (M.-Rose Thibault), Sr Saint-Jules (Ernestine Descormiers), Sr Saint-Romain (Elise Landry).— Les Sœurs de la Providence : Sr Jean-Yves (M-Bertre Bock), Sr M.-Blanche (M.-Rose Le-vac), Sr Agnès-de-Sienne (Maria Robillard).— Les Sœurs de l’Assomption S.V.: Sr Imelda-du-Saint-Sacrement (M.-Flore Béliveau), Sr Aimée-du-Sauveur (Jeannette Carignan).— Les Sœurs des SS.NNT.de J.M.: Sr M.-Henri-des-Anges (Alice Champagne).Sr M.-Claire-de-la-Passion (Beatrice Laganière).— Les Servantes du Cœur Immaculé de Marie : Sr M.-de-Sainte-Francine (Yvette Beaudoin), Sr M.-de-Saint-Clément (Francine Beaudoin), Sr M-de-Sainte-Angéline (Béatrice Moisan).— Les Sœurs de la Charité de Saint-Louis : Sr M.-Lucienne (M.-Ange Belle-garde).— Les Sœurs Dominicaines : Sr André-du-Cénacle (Lucille Tur-mel).— Les Sœurs de N.-D.-du-Bon-Conseil : Sr Anne-de-Jésus (M.Pelletier).— Les Sieurs de N.-D.-du-Saint-Rosaire : Sr M.-de-Sainte-Alice-de-Jésus (Rita Belzile).— Les Sœurs de N.-D.-du-Perpétuel-Se-eours: Sr M.-de-la-Garde (Violette Kelly)- — Les Sœurs de Sainte-Jeanne-d’Arc : Sr Pauline-du-S.-C.(Emélie Bernier).— Les Filles de Marie-de-1’Assomption : Sr M.-de-Sainte-Philomène (Joséphine Savoie).187 RELIGIEUX EN SITUATION Vobéissance religieuse t dernier article que nous avons publié, en avril dernier, sur 1 obéissance religieuse a soulevé nombre de commentaires.Il s’agissait de I observation et de la réflexion de neuf personnes, prêtres, religieux et religieuses, parmi lesquels se trouvaient deux supérieurs.Ce travail avait pour but d aider l’ensemble des religieux à vivre en plus grande liberté et en plus belle plénitude, l’un des vœux qui exprime leur consécration à Dieu, en l’Eglise.Nous n avons pas 1 habitude de faire de polémique autour des articles que nous publions.Les auteurs de ces commentaires nous excuseront donc de ne pas publier leur texte.Par ailleurs, plusieurs anonymes nous sont parvenues.Nous nous étonnons toujours de constater que des religieux craignent encore d’identifier leurs écrits.L’on nous écrit : « L’équipe examine bien la conscience des supérieurs; elle revise les permissions ou les refus décernés dans diverses circonstances.Reviser la conscience des sujets serait plus utile; mais c est plus difficile.» Cette affirmation est pour le moins étrange L équipé prend soin, dès Je début de ses réflexions, d’apporter des faits Posittfs et négatifs, dont les uns louent l’attitude des supérieurs et d autres blâment l’attitude de certains sujets.Est-ce manque d’attention ?Il ne nous appartient pas de défendre « l’équipe »; nous aimerions, cependant, qu’on lise son texte avec objectivité.Par ailleurs, 1 article a provoqué de profondes réflexions qui nous incitent a percevoir la grandeur de l’obéissance religieuse : « Notre-Seigneur, lumière du monde, nous dit: Qui veut sauver son âme la perdra.Qui veut perdre son âme la sauvera.C’est la lumière divine ! Lui-même a abîmé sa personnalité sur la croix, toujours scandale et folie; il l’abîme encore sous l’apparence du pain.Sa personnalité, il l’a retrouvée dans sa Résurrection, son Ascension, la Pentecôte et sa Parousie.François d’Assise et tous les fondateurs, nos pères et nos meres dans le Christ-Jésus, ont sacrifié leur personnalité et ils ont pourvu 1 Eglise d une nouvelle famille religieuse.» Le (chapitre communautaire Il nous est souvent demandé si la maîtresse des novices devrait assister au chapitre de sa communauté.A notre avis, oui ! Les Constitutions devraient prévoir sa présence comme capitulante de droit.188 Le rôle de la maîtresse des novices est sûrement primordial dans une communauté; on exige énormément d’elle, et avec raison.On nous transmettait, dernièrement, les reflexions suivantes a ce sujet; nous les faisons nôtres.« Tout d’abord avant leur nomination, le choix se fait avec grande prudence et vous savez le grand nombre de qualités intellectuelles et morales qu’on exige de celle qui sera nommée.Après la nomination, on voudrait qu’elle prépare une relève merveilleuse à tous points de vue.La candidate éventuelle a-t-elle perdu, après sa nomination, la maturité, l’expérience des âmes et de la vie, la prudence, la charité, les notions de psychologie humaine qui l’ont fait nommer à cette charge si importante ?N’est-ce pas la personne a qui les supérieures majeures font le plus confiance ?Pourquoi l’oublierait-on à 1 occasion des chapitres, alors qu’elle pourrait rendre de si précieux services ?La maîtresse des novices est mère de famille, maîtresse de vie consacrée, éducatrice et directrice spirituelle, en fonction vingt-quatre heures par jour et continuellement « dérangeable ».Dans notre adaptation, il ne faudrait pas perdre de vue que les valeurs vraies demeurent et que l’égalité entre les sujets ne peut exister sans préjudices au respect de ces mêmes valeurs.» Peut-être quelques religieuses ne seront pas d’accord avec ce que nous venons de lire ; nous aimerions savoir pourquoi.Il est bien évident que dans les temps actuels tout le poids des responsabilités ne doit pas s’appesantir sur les seules épaules de la maîtresse des novices.Elle n’en demeure pas moins le principe d’unité de la formation religieuse.La ferveur d’un institut dépend de la formation de ses membres; cette formation doit être à la fois « religieuse et apostolique, doctrinale et technique » et « par une fusion harmonieuse de ces éléments, elle doit se faire de telle sorte qu’elle aboutisse chez les religieux à l’unité de vie » (Perf.Caritatis, 18).L’éducation des Sœurs comporte donc la formation à la vie religieuse et la formation au travail.La formation religieuse est presque la même pour toutes les Sœurs, pourvu qu’elle soit accommodée à la culture et à la capacité de chacune sans, pour autant, introduire de distinction selon la variété des charges et des offices.Par contre, la formation au travail, formation tant théorique que pratique, a en vue les charges diverses que peuvent remplir les Sœurs.La formation à la vie religieuse tient la première place dans la Communauté des Sœurs.Cette formation sera réalisée autant par l’expérience pratique de la vie concrète que par des commentaires opportuns.Ainsi, par l’humilité de la foi et le désir d’apprendre, les Sœurs seront imprégnées de la connaissance et de 1 amour du Saint Evangile et, en même temps, elles parviendront au sens fraternel de la responsabilité, du courage dans le travail, de la disponibilité.De même encore, ouvertes de cœur et d’intelligence aux conditions de la vie 189 d’aujourd’hui, elles pourront juger les choses à la lumière de la foi, selon l’Evangile et l’Eglise (cf.Perf.Car., 18, 26).La formation au travail comprend toutes les études relatives aux divers travaux que les Sœurs sont susceptibles de remplir.Or, Dieu a donné à chacune des aptitudes qu’il ne leur est pas permis de cacher (cf.Mt 25, 25).Ces aptitudes elles doivent diligemment les développer comme un germe qu’il faut faire fructifier pour le service du prochain.Cette formation, bien qu’elle s’accomplisse sous un double aspect, avec des éléments variés et par des personnes multiples, doit toujours se réaliser de façon harmonieuse dans l’unité de vie.D’où le rôle prédominant de la maîtresse de formation.On comprend aussi, dès lors, le rôle très important qu’elle aura à jouer au moment du chapitre de sa communauté.* * * La question épistolaire soulève encore nombre de controverses.On ne comprend peut-être pas suffisamment les raisons qui ont amené le Droit canonique à donner aux supérieurs le droit de contrôler la correspondance.Par ailleurs, bien des supérieurs ne comprennent pas exactement la façon de remplir leur fonction à cet effet.Nous avons il’intention de revenir bientôt sur le sujet.Nous vous donnons rendez-vous à notre prochain numéro.Léonce Hamelin, o.fm.Directeur STAGE DE FORMATION SPIRITUELLE du 26 juillet' au 12 août 1967 LES PERES CARMES — NiCOLET Ce Stage s’adresse aux religieux et aux religieuses ; il veut se tenir au plan de la vie, revitaliser les énergies spirituelles et donner un nouvel élan à la ferveur religieuse ; il tient avantageusement lieu de retraite annuelle.La vie d’équipe entretenant un climat de charité fraternelle ; un cadre de prière liturgique sobre et soignée, l’oraison personnelle des con-férances sur des sujets vitaux sont les principaux moyens mis en oeuvre.Principaux responsables : 1.Le R.P.Dominique-de-St-Joseph, o.c.d., Prieur des Carmes, Nicolet.2.Le R.P.Carpentier, s.j., docteur en théologie, (Bruxelles).3.Le R.P.Francis-de-la-Croix, o.c.d., Ex-Prieur du Noviciat (France).4.Le R.P.André-Maurice, o.c.d.Pour tout renseignement s’adresser à : M.l’abbé Paul-Emile Dubois, Secrétaire du Stage, Hôpital Ste-Croix Drummondville.(Tél.; 478-1381) 190 LES LIVRES Renard, Mgr.A.C., L’esprit du Concile et l’ouverture de l’Eglise au monde.Coll.Le Concile dans la Vie.Edit.Salvator, Mulhouse 1967.10pp.L’Eglise et les religions non chrétiennes.Présentation, traduction et commentaire de la Déclaration conciliaire par J.P.Lichtenberg, o.p., Coll.Le Concile dans la Vie.Edit.Salvator, Mulhouse 1967.112pp.Renard, Mgr A.C., Mariage, amotir, enfants dans l’enseignement du Concile.Coll.Le Concile dans la Vie.Edit.Salvator, Mulhouse 1967.56pp.Cette collection poursuit à un rythme accéléré la présentation des textes conciliaires, et offre un précieux commentaire.Simples et directs, ces volumes intéresseront vivement tous nos lecteurs.Von Balthasar, Urs, Qui est chrétien ?Coll.Perspectives.Edit.Salvator, Mulhouse 1967.130pp.Qui est Chrétien ?L’A., avec des images parfois dures, provocantes, mais toujours justes, nous répond.Ce n’est pas celui qui a « Dieu derrrière soi », donc qui d’avance croit tout savoir, qui juge et condamne tout.Mais celui qui, sans se laisser berner par les engouements pour la Bible, la Liturgie, l’Oecuménisme, le Monde temporel, se remet à la recherche de Dieu chaque fois qu’il croit l’avoir trouvé.Est chrétien qui a « Dieu devant soi » pour percevoir à tout moment et d’une manière toujours nouvelle l’appel et les signes divins.Guardini, Romano, Christianisme et culture.Préface de Jeanne Ancelet-Hustache.Edit.Caster-man, Paris-Tournai, 1967.264pp.Les écrits qui composent ce volume, bien qu’œuvres de philosophe, ne sont pas intemporels, il n’en faut de beaucoup.Ils tournent autour de deux pôles parfaitement définis : celui de la liberté humaine et celui de la culture, et s’insèrent dans des circonstances historiques précises limitées par les années de la montée du national-socialisme.Ils ont donc non seulement valeur d’histoire, mais prennent un intérêt pathétique passionnant.Tout l’effort de Guardini sera de sauver les droits de la personne et de la liberté contre toutes les menaces, chaque jour plus redoutables, que fait peser sur elles deux le sens donné par les nazis aux mots Communauté et Culture.Guardini apparaît avant tout, dans ce livre, comme le merveilleux éducateur de toute une génération chrétienne.Richomme, Agnès, «Je vous ai dit.» Réflexions sur les paroles du Christ.Coll.Action féconde.Edit.Fleurus, Paris 1966.112pp.Plusieurs âmes religieuses s’efforcent de remonter aux sources pour pouvoir « rencontrer » le Christ.Ce qu’elles cherchent : c’est une intimité personnelle avec le Seigneur.Cette intimité, où la puiser sinon dans l’Evangile même, 191 à travers les mots qu’il a prononcés pendant sa vie humaine.Ecrit en un style simple et direct, parlant ici et là des menus faits quotidiens pour leur donner sens à la lumière de la Parole de Dieu; ce livre cherche à établir un dialogue, à faciliter l’intimité avec le Seigneur, il aide à approfondir, à méditer cette Parole.Stéphane, Georges, Quand la joie éclate.Le Fr.Eugène de l’Abbaye d’Orval (1885-1957).Coll.Témoignages.Edit.Salvator, Mulhouse 1967.120pp.Eugène Degives, issu d’une humble famille du Namurois, eut très tôt le sentiment d’être appelé par Dieu.Sa santé cependant le contraignit à abandonner de brillantes études.Il se dévoua alors à sa famille et au monde ouvrier qui commençait à s’organiser.Ce n’est qu’à l’âge de 48 ans qu’il put enfin réaliser son désir de vie religieuse.Une biographie toute simple.Un rayonnement exceptionnel de joie.Josmy, Gabrielle, Derrière les Grilles, Souvenirs d’une visiteuse de prison.Coll.Expériences pastorales, 5.Edit.Fleurus Paris 1966.128pp.Ce témoignage peut aider les chrétiens à connaître leurs devoirs envers les prisonniers; ce récit simple, profondément chrétien, en montrant le drame de la solitude, du remords et quelquefois du désespoir de ces hommes, de ces femmes qui ne savent plus sur qui s’appuyer pour continuer leur route, puisse-t-il susciter des vocations de visiteurs de prison.D’autre part, les prêtres en quelque ministère qu’ils soient pourront trouver dans ce livre une information à des problèmes de vie trop méconnus par eux jusqu’à ce jour.En postface, réflexion pastorale d’un aumônier de prison.Rahner, Karl, Homélies Bibliques.Coll.l’Assemblée chrétienne et l’Année liturgique.Edit.Salvator, Mulhouse 1967.212pp.Théologien de renom international, Karl Rahner est aussi un prédicateur de talent, soucieux d’expliquer à ses auditeurs, à la lumière de la Sainte Ecriture, les mystères de la foi et les normes de la vie chrétienne.Dix ans durant, Karl Rahner a prêché, dimanche après dimanche, dans l’église de l’Université d’Innsbruck.Ces 45 homélies sont disposées dans l’ordre des Livres bibliques.Elles seront pour le prédicateur un stimulant précieux et donnent à tout chrétien une orientation précise et concrète d’une authentique vie de foi.Guide du servant de Messe.Coll.Prière et Joie, Edit.Fleurus, Paris 1966.32pp.Ce petit volume tient compte des récentes modifications liturgiques des cérémonies de la messe.La traduction française des textes de l’ordinaire est celle qui a été approuvée par l’Episcopat français.Le Magnificat.Commenté par Martin Luther.Coll.Approches Oecuméniques.Préfaces du Card.Martin, arch, de Rouen, et du Fr.Roger Schütz, prieur de Tai-sé.Edit.Salvator, Mulhouse 1967.128pp.La piété mariale a connu des excroissances au cours des siècles et une purification est indispensable en vue du dialogue œcuménique .Le texte qui suit ne présente que des extraits du « Commentaires sur le Magnificat»,.ceux qui sont les plus aptes à diriger une méditation œcuménique, dans lesquels orthodoxes, catholiques et protestants devraient se retrouver.192 Volumes récents aux Editions Hans Kung Liberté du chrétien Coll.Méditations théologiques, 1.230pp.Loin d'être un cas d’exception, la liberté est le signe même de toute vie chrétienne.La liberté, c’est la tâche par excellence des hommes qui se disent au service de Dieu.Exégèse et Dogmatique Coll.Textes et Etudes théologiques.215pp.Volume en collaboration dont les articles portent sur la « Parole de Dieu » et le Dogme.On y trouve les noms de K.Rahner, A.Vogthe, E.-H.Schilleberckx, T.Schnackenburg, et autres.Karl Rahner Science.Evolution et Pensée chrétienne Les rapports de la science et de la religion sont dominés par les questions essentielles qui se posent à toute conscience humaine s la question de Dieu, de l’âme, du monde, de l’humanité .En repensant les représentations traditionnelles des rapports de la matière et de l’esprit, VA.élucide le sens du projet humain de maîtrise du monde par la technique et celui de Vhominisation de la nature.Jacques Durandeaux Question vivante à un Dieu mort Y a-t-il un problème de Dieu ?Pour autant qu’elle nous traque encore dans notre vie, la question de Dieu est décidément EXCENTRIQUE au discours théologique comme à la philosophie.Comment peut-elle être encore posée ?C'est à quoi ce livre essaie de répondre.Gustave Martelet Les idées maîtresses de Vatican II Introduction à l’esprit du Concile.Ce livre est un portique : il ouvre sur le Concile et veut en indiquer l’esprit à partir de ses idées maîtresses.Ces idées, d’après l’A., les voici : résurgence des sources, union paradoxale des contraires et renouveau spirituel des signes.DESOLEE DE BROUWER - PARIS ta VM© des communautés religieuses 5750, boulevard ROSEMONT MONTRÉAL 36, Qué., Canada FRAIS DE RETCIUR GARANTIS PC3RT PAYÉ À BEAUCEVILLE SOEUHS DE STE-ANNE COLLEGE STE-ANNE I2 S 0 ST-JOSEPH LACHINE M — I7 LE M.N.STÈRE DES POSTES À DTTAWA A AUTORISÉ L’AFFRANCHISSEMENT ET L’ENVOI COMME OBJET DE LA DEUXIÈME CLASSE DE LA PRÉSENTE EN NUMÉRAIRE PUBLICATION
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