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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • En son nom
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La vie des communautés religieuses /, 1967-11, Collections de BAnQ.

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9 NOVEMBRE 1967 la VI© des communautés religieuses ADMINISTRATION La Vie des Communautés religieuses est publiée par les Franciscains de la Province Saint-Joseph au Canada.La Direction est assurée par le R.P.Laurent Boisvert, o.f.m., assisté d’une équipe de théologiens de diverses communautés religieuses.Secrétaire et administrateur : R.F.Réal Prévost, o.f.m.On souscrit directement à la revue, sans l’intermédiaire des librairies ni des agences.En joignant une étiquette à toute correspondance administrative, vous facilitez notre travail.Tout ce qui concerne la revue (envoi de manuscrits, consultations, service bibliographique, administration) doit être adressé à : La Vie des Communautés Religieuses 5750, boul.Rosemont — Montréal 36 Québec, Canada Tél.259-6911 Souscription : $3.00 Chaque auteur porte la responsabilité de ses articles La couverture est de Réal Prévost, o.f.m. La VIE des communautés religieuses NOVEMBRE 1967 Vol.25 — no 9 Changements .____________________________________ 258 Jacques Lewis, Vers une théologie du supériorat re- s.j.iigieux- 259 Une communauté religieuse est un rassemblement de personnes qui se consacrent au Christ pour être tout entières sous le mouvement de l’Esprit et pour se livrer, secondairement, à une œuvre de service des humains.Le rôle suprême du supérieur est d’exercer un discernement tel, à la faveur du dialogue et de la vision des événements, qu’il amène ses sujets et sa communauté à « faire corps avec le commandement » qu’il lui revient de donner.Fernand Jette, La formation du directeur spirituel _ 270 C’est Dieu d’abord qui forme le directeur spirituel, en vue des personnes qu’il lui enverra; Il se sert de tout pour le former, et ne cesse jamais de le former.Le bon directeur est continuellement en état de formation.Qu’il utilise les techniques humaines, c’est nécessaire; mais que, par-dessus tout, il accepte humblement de se laisser former par Dieu, c’est encore plus nécessaire.Laurent Boisvert, La consécration religieuse____________ 280 o.f.m.L’A.présente deux aspects de la consécration religieuse qui se dégagent de la Constitution dogmatique Lumen Gentium.Il s’agit de la consécration comme réponse personnelle et comme engagement personnel.Les livres CHANGEMENTS Depuis septembre 1960, le P.Léonce Hamelin dirigeait la présente revue avec une remarquable compétence.Il lui a imprimé une solide orientation théologique afin qu ’elle répondît plus adéquatement aux nombreux problèmes posés par la vie religieuse actuelle.Il a considérablement élargi sa diffusion, même sur le plan international, et s’est entouré d’une équipe de collaborateurs excellents.Ses nouvelles fonctions, comme membre du conseil de la faculté théologique transférée sur le campus universitaire de Montréal, comme professeur titulaire à cette même faculté et responsable des étudiants de troisième année, l’empêchent d’assumer dorénavant la direction de la revue.Au nom de tous les lecteurs, qui ont bénéficié de son travail, je le remercie sincèrement et lui souhaite un égal succès dans l’accomplissement de son nouvel apostolat.Au nom des mêmes lecteurs, je remercie également M.Réal Gagnier qui, durant cinq ans, a bénévolement administré la revue avec compétence et grande disponibilité.Il a accompli un travail nécessaire, mais ingrat et souvent ignoré.Je lui exprime la reconnaissance de tous ceux qui, même sans le savoir, ont bénéficié de son dévouement.Comme nouveau directeur de cette revue, je désire lui garder son orientation théologique et, pour ce, je compte beaucoup sur l’aide de tous les collaborateurs réguliers ou occasionnels, de même que sur l’apport de ceux qui aimeraient se joindre à cette équipe.Laurent Boisvert, o.f.m., Directeur 258 VERS UNE THÉOLOGIE DU SUPÉRIORAT RELIGIEUX Les perspectives générales du second Concile du Vatican sont bien connues; point n’est besoin d’en refaire ici l’exposé.Partant de ces données, nous voulons seulement, dans la présente étude, pousser un peu plus avant la recherche « vers » une théologie du supériorat religieux.Nous disons: «vers» une théologie de l’autorité religieuse, d’abord parce qu’il serait ridicule de prétendre tout dire sur le sujet dans un article aussi court, et ensuite parce que la théologie de la vie religieuse en général, et de l’autorité religieuse en particulier, n’en est encore qu’à ses premiers pas.Pour nous situer sur un plan concret, considérons deux faits réels: la fondation d’un institut et l’entrée d’une personne dans l’état religieux.Dans le premier cas, celui de la naissance d’une communauté, il se passe la plupart du temps, pour ne pas dire toujours, quelque chose comme ceci : une personne spirituelle reçoit la grâce d’un idéal de vie, d’une mentalité qu’elle puise dans l’Evangile, tout en saisissant un besoin dans le milieu où elle vit; d’autres personnes se sentent appelées par le même idéal, par le même esprit, par le même besoin ; il se forme un groupe, vivant en toute simplicité dans une amitié commune; une évolution se fait qui va jusqu’à la décision de constituer, sous l’initiatrice, une communauté religieuse, que l’on soumet à l’autorité suprême ou bien à celle d’un évêque.Dans l’autre cas, celui de l’entrée d’un jeune homme (ou d’une jeune fille) dans un institut déjà établi, il se produit que le jeune a perçu un appel à se donner complètement, selon le mode qu ’offre la vie religieuse ; il connaît telle communauté et y demande son admission, sans objectif plus précis que celui de se consacrer totalement au Seigneur et aux humains, suivant toutefois ce qu ’exigera l’institut auquel il se présente, et dans lequel il prononcera des vœux publics, reçus par l’autorité au nom de 259 l’Église hiérarchique.Ce qui frappe, dans un cas comme dans l’autre, c ’est sans doute la nécessaire intervention de la Hiérarchie ; mais c ’est surtout le fait qu ’on se trouve d’abord devant un phénomène charismatique : une inspiration venue directement de l’Esprit, une vocation surgie dans une âme, une initiative partie d’en bas.Cela est significatif, et peut nous instruire sur la nature du supé-riorat, dans la vie d’une communauté religieuse.1.CE QU'EST UNE COMMUNAUTÉ RELIGIEUSE Le supériorat se comprend par rapport à une communauté.¦Qu’est-ce donc qu’une communauté religieuse ?J’esquisse la définition suivante : une communauté religieuse est un rassemblement de personnes qui se consacrent au Christ pour être tout entières sous le mouvement de l’Esprit et pour se livrer, secondairement, à une œuvre de service des humains.Reprenons les termes essentiels de cette définition.Il s’agit de personnes.Or, nous savons quelle idée se fait de la personne le second Concile du Vatican.La personne qui entre €n religion doit, une fois entreprise son incorporation, demeurer une personne et, par conséquent, conserver les traits caractéristiques d’une personne.C’est un être libre, qui doit rester libre et même le devenir toujours davantage dans l’état religieux.C’est un être qui possède une destinée unique, même dans sa communauté; une destinée humaine est nécessairement unique, puisqu’elle est personnelle (ici, il s’impose que l’on distingue unité et uniformité).Enfin, c’est un être portant la responsabilité de son existence.La responsabilité est fondamentale chez un être humain, et elle est inaliénable.Chaque religieux devra répondre de lui-même devant le Roi.Ajoutons que chaque personne reçoit en elle une action divine qui lui est propre.L’Esprit-Saint ne nous inspire pas tous ni ne nous conduit tous de la même façon, fût-ce à l’intérieur d’une même communauté religieuse.Une personne appartenant à l’état religieux ne saurait donc être traitée comme une simple pièce dans un rouage.Aussi, un institut qui dépersonnaliserait ses membres serait mal conçu, soit dans sa forme de gouvernement, soit dans ses constitutions; il ne se conformerait pas à l’Évangile, ni même à la loi naturelle, que l’Évangile ne supprime pas : le Rédempteur ne contredit pas le Créateur.260 Une communauté est un rassemblement de personnes, disons-nous.Elle est une fraternité dans laquelle s’unissent des libertés qui poursuivent un idéal commun.En entrant dans l’état religieux, on s’agrège à une communauté de personnes, ce qui est toute autre chose que d’être absorbé dans une troupe et d’y perdre son identité.L’institution est pour le religieux, et non pas l’inverse, de même que l’État est pour le citoyen, non pas le citoyen pour l’État.Et, d’autre part, la fraternité des membres entraîne une responsabilité de tous dans l’institution.Chaque religieux doit se sentir responsable de la communauté, tant locale que générale.Jadis et naguère, le supérieur voyait à tout; les inférieurs n’avaient qu’à suivre, dans une sécurité aveugle, pour ne pas dire dans un infantilisme, qui ravalait l’obéissance au niveau de la sujétion facilement nocive.On n’a une communauté que si on a des personnes, et la communauté vaut ce que valent les personnes qui la composent.Si les personnes ne sont pas telles, mais constituent un ensemble d’irresponsables, on n’a plus qu’un mécanisme, bien organisé peut-être, mais où les personnes s’éteignent, et l’institut avec elles.La vie religieuse cesse alors d’être épanouissante dans le mystère de l’Église et la liberté des enfants du Père.Il est entendu que liberté n ’est pas licence ; et c ’est pourquoi tout institut comporte nécessairement des lois.Tout groupement humain réclame, pour exister et pour se maintenir, une structure et des réglementations; on ne peut vouloir à la fois vivre en commun et se livrer à la débandade ou au caprice.Cependant, il me semble que les constitutions d’une communauté religieuse devraient offrir beaucoup plus une inspiration que des cadres multiples ; ou, si l’on préfère, un style de vie plutôt qu’un engrenage rigide et détaillé.Etre automate par vertu, est-ce un idéal complètement disparu de nos communautés ?Récemment — en avril 1967 — Monseigneur Huyghe écrivait le paragraphe suivant: Le mot qui définit le mieux l’atmosphère évangélique est celui de liberté.Il faut reconnaître que, de fait, les institutions d’Église, même les plus vénérables, n’ont pas toujours été dans le passé, ni dans le présent, des écoles de liberté.Combien de congrégations religieuses où l’accent a été mis sur l’obéissance à une règle ou à des traditions, au point d’étouffer l’appel à la liberté sous le conformisme des attitudes ou la passivité infantile des sentiments ! La vie religieuse dans l’Église perd alors sa puissance prophétique et se rend inapte à enseigner 261 à l’ensemble des chrétiens que l’obéissance est au service des enfants de Dieu, et qu’elle permet la saisie directe de l’essentiel du message évangélique.(Parole et Mission, n° 37, p.336) N’est-il pas encore un peu vrai que des supérieurs se considèrent avant tout comme des gardiens de la règle et qu’on est réputé bon religieux dans la mesure où l’on est observant ?Le Concile, au fond, ne fait que refléter, à son plan supérieur, ce que recherche notre époque.Le souci, dans notre monde actuel, de la démocratisation, de l’intersubjectivité, du respect de la personne humaine, de la socialisation, de la co-responsabilité n ’exprime-t-il pas une tendance que l’Esprit suscite et que le Concile a prise à son compte 1 Et ne faut-il pas croire que cette tendance est irréversible ?On ne pourra jamais revenir à une conception autoritaire du supériorat, ni à l’attachement à des prescriptions minutieuses et multiples, ni à la pratique fréquente du commandement.Les constitutions des familles religieuses formuleront de la haute spiritualité, pour s’en tenir à un minimum de règlements, et de règlements souples, laissés autant que possible, dans leur application, aux supérieurs subalternes, l’esprit de l'institut et l'essentiel d’une structure étant saufs.Alors, nous pourrons avoir d’authentiques communautés, et nous ne retomberons plus dans le pharisaïsme condamné par le Christ et tant combattu par saint Paul.La nette déclaration du Nouveau Testament aura toute chance d’être comprise: «La loi n’a jamais rien mené à la perfection » (He.7 :19).La communauté religieuse est un rassemblement, ajoutions-nous, de personnes consacrées.Etre consacré signifie, en bref, qu’avec le Christ, animé par l’Esprit-Saint, on se livre entièrement au Père et que, par le fait même, on entre sous une forme spéciale dans la vie des Personnes divines, dans la vie trinitaire que le Seigneur nous apporte.« Pour eux je me consacre moi-même, afin qu’ils soient eux aussi consacrés en vérité» (Jn 17:19).Comme on est religieux d’abord par le vœu de chasteté parfaite, de même Jésus est consacré d’abord parce qu’il est Fils vierge, c’est-à-dire un amour sans intermédiaire et intégral envers le Père, amour qui déclenche son obéissance : « Il faut que le monde sache que j’aime le Père et que j’agis comme le Père me l’a ordonné » (Jn 14:30).De l’amour virginal dérive nécessairement l’obéissance.Notons, cependant, que l’obéissance du Christ s’adresse au Père.Professer, en religion, le troisième vœu, c’est obéir à la volonté du 262 Père, non pas à la simple volonté d’un être humain en autorité.Aussi un supérieur doit-il prendre tous les moyens de connaître la véritable volonté de Dieu sur ses sujets.Il est certain que le Christ s’est soumis à des autorités humaines, tout en manifestant qu’il les transcendait: il s’est soumis à ses parents (Le 2:51), à la Loi proclamée par les chefs religieux d’Israël (Jn 19:7), à Pilate (Jn 19:11).Cependant, c’était toujours à son Père qu’il se soumettait en obéissant à des humains, et quand la volonté de ceux-ci contredisait celle de son Père, il s’y soustrayait, comme on peut le voir dans les évangiles, surtout le quatrième.Au fond, le Père seul a autorité sur nous, comme sur Jésus-Christ: «Je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé» (Jn 6:38).Ainsi devons-nous obéir au Père.Est-ce à dire que Jésus obéissait toujours à son Père en passant par des autorités terrestres et que nos actes à nous sont d’autant plus agréables à Dieu qu’ils sont commandés de l’extérieur, par une loi ou par une autorité ?Je ne le crois pas.Jésus s’est laissé conduire par l'Esprit, et il l’a répandu en nous pour qu’il soit notre maître de vie, et pas seulement par l’intermédiaire des autorités d’ici-bas.(Est-il vraiment bon que, dans nos communautés religieuses, on ait à rendre compte de tout et fréquemment ?) Le Christ obéissait à son Père.Une formule traditionnelle dit que le supérieur tient la place du Christ et qu’en lui obéissant, c’est au Christ qu’on obéit.Voilà qui est sûrement juste, car Jésus s’est acquis une seigneurie universelle et il demeure toujours « le pasteur et le gardien de nos âmes» (I Pi.2:25).Toutefois, ne sommes-nous pas là dans l’ordre hiérarchique, alors que la vie religieuse relève de l’ordre charismatique ?Parlant de l’obéissance, Lumen Gentium voit dans le Christ un exemplaire plutôt qu’un maître.Il s’agit de posséder en nous « les mêmes sentiments qui furent en Jésus-Christ, lequel s'est anéanti lui-même.en se faisant obéissant jusqu’à la mort.Notre Mère l’Eglise se réjouit de constater qu’on son sein beaucoup d'hommes et de femmes suivent de plus près cet anéantissement du Sauveur et le manifestent de façon plus éclatante.en renonçant à leur propre volonté ; en d’autres termes, que des chrétiens se soumettent à un homme pour l’amour de Dieu, en ce qui regarde la perfection, au delà de l’étroite mesure du précepte, afin de se conformer davantage au Christ obéissant » (no 42).Un religieux, comme tel, se consacre au Christ 263 obéissant plutôt qu’au Christ chef; il s’unit à son obéissance envers le Père.Alors, on est à l’aise pour dire, avec les auteurs spirituels, que l’exercice de l’autorité religieuse doit être paternel (dans une communauté féminine, l’autorité sera dite maternelle, par référence à l’Eglise qui, elle aussi, se soumet au Père, avec le Christ son époux).Enfin, une communauté religieuse se définit par une activité qui la dédie aux humains, quand il s’agit d’un institut de vie active ou professionnelle.Cet élément, avons-nous précisé, est secondaire.Le religieux, sans doute, s’engage à une œuvre, et il sait que sa consécration implique un amour qui le voue au Christ et du même coup à autrui.Cependant, ce qui prime, ce n’est pas l’œuvre, c’est la consécration au Seigneur.Il est clair qu’une tension peut surgir entre les exigences de l’œuvre et le bien de tel ou tel religieux; mais on n’a pas le droit de sacrifier à une œuvre un religieux ou une religieuse, à moins que lui-même ou elle-même ne se sentent appelés à une telle immolation, dans des cas particuliers et importants.De même, la prédominance de la consécration sur l’œuvre doit nous amener à beaucoup d’égards envers les religieux ou les religieuses qui ne sont plus aptes à fournir de l’action.Ils demeurent des consacrés, et, suivant l’émouvante formule du Concile, « même si parfois les religieux n’apportent pas une aide directe à leurs contemporains, ils leur sont présents d’une manière plus profonde dans la tendresse du Christ » (LG.no 46).On croira peut-être que par mes conceptions j’abolis la croix, qui est pourtant au cœur de la vie chrétienne et bien expressément de la vie religieuse.A cette objection je répondrais que la croix est dans la consécration elle-même, dans le sacrifice attaché aux vœux, à une observance normale, à la vie en commun, aux occupations.Un supérieur n’a pas à faire souffrir ses sujets, à prendre sur lui-même — passez-moi ce mot brutal — de les crucifier, par exemple en leur donnant des ordres qui dépassent leurs forces morales ou en leur assignant des postes trop difficiles pour eux.La croix est le domaine de Dieu seul, et le supérieur est là, non pour imposer des croix, mais pour aider quand elles surviennent : disposer le sujet, si possible, à une pénible obédience, encourager ceux qui connaissent des malheurs: échecs dans l’action, conflits de personnalités, maladies, épreuves venant de l’extérieur, difficultés psychiques, problème de foi ou de vie spirituelle.264 2.LE SUPÉRIORAT Il est temps de nous demander en quoi consiste le rôle du supérieur, ou la nature du supériorat.Le supérieur religieux remplit une fonction de gérance, à l’égard de la marche ordinaire de sa communauté, sans toutefois s’occuper de tout directement : il s’entoure d’officiers subalternes, auxquels il confie de véritables responsabilités, au lieu de les traiter comme de simples exécutants, quitte à se réserver un contrôle général.Il dirige « selon les constitutions » de son institut (qui sont toujours sujettes à révision) et conformément à l’esprit du fondateur (qui est toujours à maintenir, même si des adaptations viennent à s’imposer).De la sorte — et ceci est primordial — le supérieur est, dans sa communauté, un agent de communion; il rassemble, dans l’unité, les volontés et les coeurs.Plus spécifiquement, je dirais que le supérieur est un interprète situé à un carrefour.Il se trouve au milieu d’un ensemble complexe : chacun de ses religieux, le groupe de sa communauté, les constitutions de l’institut, les directives de l’Eglise, les signes du temps.Il tient compte de tout cela.Après beaucoup de prière et d’attention intérieure, et dans un grand esprit de pauvreté spirituelle, il interprète la situation en tâchant d’y percevoir le dessein de l’Esprit, et il arrête une décision, qui ne relève que de lui seul et à laquelle les religieux doivent se soumettre.En d’autres termes, sa fonction est charismatique.Alors, l’inférieur peut se dire: J’ai toutes les garanties, quand mon supérieur se prononce, que c’est la volonté de Dieu qu’il exprime, même si je n’y vois pas trop clair, et c’est précisément la volonté de Dieu que je suis venu chercher dans ma vie religieuse.Mon supérieur a pris tous les moyens normaux de connaître la volonté divine: le dialogue avec l’inférieur, la consultation de la communauté, un regard sérieux sur les courants de vie qui sont des signes que nous fait le Seigneur, une compréhension profonde de l’état religieux, de la dignité humaine, de l’esprit du fondateur de son institut, et des grandes tendances contemporaines de l’Eglise qu’insuffle l’Esprit-Saint.Il s’agit donc de discernement spirituel, tant de la part du sujet que du supérieur.C’est œuvre de « caritas discreta », c’est-à-dire d’amour spirituel qui perçoit, à point nommé et avec justesse, 265 le dessein du Seigneur dans un sujet ou dans la communauté.1 Inutile de dire que ce discernement est bien plus difficile, plus exigeant, plus théologal que la conformité aveugle à un règlement ou à un ordre commun venu de plus haut.Et cela, de la part autant du sujet que du supérieur.Le Seigneur est celui qui parle, qui conduit par son Esprit-Saint et le sujet et le supérieur et la communauté, qui nous désinstalle, nous mobilise, nous renouvelle en nous amenant par ses voies.On peut s’en tenir à la règle et aux commandements des autorités, qui sont aussi une indication de la volonté divine ; mais alors, si l’on en fait des absolus, qui ne souffrent aucune dispense (un bon supérieur non seulement donne volontiers, judicieusement des permissions, mais il les prévient), on risque de tourner les sujets en robots, on les prive de la liberté des enfants de Dieu, on les expose à une générosité mécanique contrecarrant la vie, voire l’Evangile.S’accrocher aux prescriptions c’est très sécurisant, mais peut-être fort peu selon l’Esprit, qui souffle où il veut, comme il veut, quand il veut.Dans la vie religieuse, il ne faut pas mettre l’accent sur la règle — bien que celle-ci ne doive être ni dévaluée, ni réduite à néant — mais sur la vraie vie des sujets et de la communauté, sur la consécration épanouissante et sur l’action de l’Esprit en tous, comme personnes individuelles et comme communauté.Etre aux écoutes de l’Esprit, puis interpréter son intention avec autorité, voilà, pour un supérieur, la façon la plus profonde de servir ses religieux, d’accomplir sa fonction, qui en est une de gouvernement non pas d’enrégimentation.Quoiqu’ils ne soient pas des pasteurs, au sens propre de ce mot, les supérieurs religieux ont l’honneur de pouvoir vivre l’enseignement que le Seigneur donna aux futurs chefs de son Eglise.«Pour vous, ne vous faites pas appeler ‘Kabbi’; car vous n’avez qu’un Maître, et tous vous êtes des frères » (Mt.23:8).Les ayant appelés près de lui, Jésus leur dit: «Vous savez que les chefs des nations leur commandent en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir.Il n’en doit pas être ainsi parmi vous: au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous se fera votre serviteur, et celui qui voudra être le premier d’entre vous se fera 1 Cf.saint Paul : « Voici ma prière : que votre charité croissant toujours de plus en plus s’épanche en cette vraie science et ce tact affiné qui vous donneront de discerner le meilleur» (Ph.1:9s).266 votre esclave.C’est ainsi que le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude » (Mt.20:25-28).« Eh bien ! moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert» (Le 22:27).Il l’a bien montré le soir du Jeudi Saint, et il a annoncé qu’il servirait à table éternellement les enfants du Royaume (Le 12:35-37).A-t-on suffisamment remarqué que, dans l’allégorie du Bon Pasteur, rapportée par saint Jean (Jn 10), Jésus dit qu’il connaît chacune de ses.brebis par son nom, c’est-à-dire selon son être et sa destinée propres ?Jésus est celui qui est Seigneur en nourrissant chacun et en unissant ses brebis.Il ne régit pas, il paît.Le supérieur est fait pour connaître le « nom » de chacun de ses religieux, pour les rassembler tous dans l’unité, pour les amener à de gras pâturages qui donnent la vie, et en abondance.Il demeure que les religieux doivent à leurs supérieurs respect et obéissance.Ils sont tenus de se soumettre à eux.Comment justifier un tel mode de vie et une telle obligation ?Sur quoi s’appuie le Concile pour se féliciter de ce que « beaucoup d’hommes et de femmes renoncent à leur propre volonté en se subordonnant à un humain » (cf.LG, no 42) ?Bref, quel est le fondement du supé-riorat ?Il importe d’autant plus de poser la question que l’Ecriture, on l’a vu, n’a pas un mot sur ce sujet et qu’il existe aujourd’hui, dit-on partout, une crise de l’obéissance, voire des tendances à l’abolition du gouvernement religieux, qu’on remplacerait par une entente charitable entre des personnes consacrées formant une association.La réponse, à mon avis, réside dans la Tradition, qui constitue avec l’Écriture un unique dépôt sacré de la parole de Dieu, confié à l’Église (cf.Dei Verbum, no 10).L’Église est un être vivant.Sa Tradition qui vient des Apôtres passe, sous l’assistance du Saint-Esprit, par des progrès; la perception des choses aussi bien que des paroles transmises s’accroît en elle (cf, DV, no 8).C’est ce qui s’est produit au sujet de l’obéissance et du supériorat.La Tradition a compris que le tout du christianisme, et d’une façon particulière, de la vie religieuse était de suivre Jésus.Or Jésus s’était montré obéissant non seulement dans sa relation directe avec son Père, mais aussi par l’intermédiaire d’êtres humains.Et il a enseigné cette obéissance par médiation, à l’égard de la Loi (Mt.5:19), des chefs religieux d’Israël (Mt.23:3), de César 267 (Mt.22:21).Son message contenait l'obéissance aux autorités ¦comme l’ont bien vu saint Pierre (I Pi.2:13-15) et saint Paul (Km.13 : Is ; Tit.3:1).On se soumet «à cause du Seigneur », dit Pierre; parce que « l’autorité vient de Dieu », écrit Paul.Obéir à l’autorité, c’est donc obéir à Dieu.Cette obéissance à l’autorité s’introduisit dans la vie monastique.Sous la pression des circonstances : abus parmi les premiers ermites, risques de la vie solitaire, avantages reconnus de l’existence en commun, les grands initiateurs du cénobitisme, de plus en plus conscients du sens qu’avaient le groupement des Apôtres autour de -Jésus2 et la communion des chrétiens de l’Eglise primitive, comprirent — et ils seront en cela confirmés par les Pères — que l’état religieux comportait l’obéissance à un abbé, qui ne fût pas seulement maître spirituel, mais encore supérieur officiellement reconnu comme tel.Ils saisirent que l’enseignement comme la vie du Christ impliquait le renoncement, entre les mains d’un supérieur, à la volonté propre, pour que le sacrifice de soi fût entier et la conformité au Christ parfaite.La volonté n’échappe pas à la consécration.Et l’Église a reconnu là un élément essentiel de son mystère (LG, no 42).Après la naissance charismatique et avec l’expansion prodigieuse de l’institution cénobitique, elle a accueilli, loué, pris en charge la vie d’obéissance dans l’état religieux, comme une expression authentique de l’existence selon l’Evangile et selon l’anéantissement du Sauveur.Le développement de sa Tradition avait dégagé une composante de l’état religieux, qui était implicite dans l’Ecriture.Dès lors, le Magistère, à travers les siècles, a approuvé la vie selon les trois conseils évangéliques, et aujourd’hui le second Concile du Vatican l’entérine de nouveau solennellement (LG,'no 42, par.4 et no 43).Assistée par l’Esprit, l’Eglise a découvert dans la Révélation le conseil d’obéissance et, par conséquent, la validité du supériorat.Bien entendu, cette ébauche d’explication théologique n’enlève rien des considérations faites plus haut sur la conception et le mode d’exercice du supériorat.Si la constitution dogmatique 2 Jésus considère les Apôtres comme ses «compagnons» (Mc 3:14), ses «amis» (Jn 15:15), ses «frères» (Mt.28:10), «ceux qu’il connaît» (Jn 13:18), que le Père lui a «donnés» (Jn 17:12), le «petit troupeau» qu’il aime (Le 12:32).268 Lumen Gentium justifie l'obéissance et le supériorat, le décret Perfectœ caritatis indique comment il faut les entendre.* * * Qu’on me permette de terminer en citant un paragraphe de Guardini, qui me paraît rempli d’une haute signification par rapport à notre sujet : Comment Jésus peut-il être le Seigneur lorsque le sens entier de son existence réside en ceci: il est l’envoyé du Père pour accomplir la volonté de celui-ci.Cette seigneurie du Père ne s’exprime pas par un ordre — pas plus que cette obéissance du fils ne signifie servitude.Le Fils obéit, non pas en tant que créature mais en tant que Fils, de même que ce Père 11e commande pas en tant que créateur, mais en tant que père.Son obéissance est un acte divin et.comme tel, elle fait corps, avec le commandement.Jésus est le Dieu obéissant comme son Père est le Dieu exigeant.Son obéissance est la réponse de l’amour à la volonté du Père.Elle repose sur cet ‘aller vers le Père’, sur cet ‘être dans le sein du Père’ dont parle l’Évangile de saint Jean (1 :1-18).3 Jésus est Fils, c’est-à-dire en relation immédiate avec son Père ; d’où, en sa vie terrestre, son choix de l’état virginal qui reflète cette immédiateté.Le religieux, par sa consécration, se met tout entier en relation à Dieu, laquelle relation s’exprime d’abord par le vœu de chasteté parfaite.4 Il se conforme le plus possible au Fils.Alors, son obéissance traduit sa filiation divine, elle est marquée par l’amour, et elle exprime la plus haute liberté.Et le rôle suprême du supérieur est d’exercer un discernement tel, à la faveur du dialogue et de la vision des événements, qu’il amène ses sujets et sa communauté à « faire corps avec le commandement » qu’il lui revient de donner.Jacques Lewis, s.j.Villa Saint-Martin, 9Jf51 Gouin-Ouest, Pierrefonds (Montréal).3 R.Guardini, Royaume de Dieu et liberté de l’homme, p.74-75.4 Voir sur ce sujet les excellentes considérations que présente R.Schulte* o.s.b., dans L’Eglise de Vatican II, t.III, éd.du Cerf, 1966, pp.1163-1166.269 LA FORMATION DU DIRECTEUR SPIRITUEL La formation du directeur spirituel est un des sujets les moins souvent traités, même dans les congrès sur la direction spirituelle.A part le P.Jean Laplace, s.j., qui lui a consacré un article dans la revue Christus de janvier 1960 (no 25), je ne connais pas d’auteurs récents qui l’aient étudiée de façon explicite et dans son ensemble.Certes, plusieurs travaux fort valables existent sur l’aide que peuvent apporter au directeur les disciplines psychologiques, mais rarement on s’attardera aux autres aspects plus généraux ou plus spécifiquement surnaturels de la formation du directeur.Dans le présent exposé, notre but est donc de dire simplement comment, de façon concrète, un bon directeur spirituel peut être formé.Probablement, y aura-t-il des lacunes et des oublis ?Il vous appartiendra d’y suppléer par vos recherches personnelles.Ce que nous dirons du directeur s’applique non seulement au prêtre, mais à tout conseiller ou guide chrétien en matière de choses spirituelles : maîtres et maîtresses de novices, supérieurs de communautés, religieux et laïcs responsables d’âmes.Je ne m’attarderai pas aux spécialisations : directeurs d’adolescents ou d’adolescentes, de jeunes religieux, de militants d’Action catholique, etc.Ces spécialisations sont nécessaires, elles s’imposent d’elles-mêmes.Tel qui réussira bien auprès des enfants n’aura peut-être aucun succès avec des adultes.Elles exigent également une formation proportionnée, spécialisée.Ici, cependant, nous nous en tiendrons uniquement aux traits généraux qui doivent caractériser tout bon directeur spirituel.Nous diviserons notre étude en trois parties : Que faut-il assurer chez un bon directeur ?A quelle école faut-il le mettre ! Quels dangers le menacent le plus dans sa formation ?270 1.QUE FAUT-IL ASSURER CHEZ UN BON DIRECTEUR?La direction spirituelle, répète-t-on volontiers, est un « charisme », c’est-à-dire une grâce particulière de Dieu donnée à quelqu’un en vue d’une fonction sociale dans l’Eglise.Dieu donne aux uns d’être prédicateurs, docteurs, prophètes.(I Cor.12); il donne à d’autres d’être de bons guides spirituels.Ce qui veut dire qu’à la racine de tout, il doit exister chez le futur bon directeur un certain nombre de prédispositions tant humaines que surnaturelles.Il y a là un don initial qui existe ou n’existe pas.C’est progressivement que ce don va se manifester et qu’il faudra favoriser son développement.Il est toujours malheureux qu’une personne soit nommée à une fonction impliquant le ministère de la direction spirituelle, tel un poste de maître ou de maîtresse de novices, et que cette personne ne possède pas ce don.Très tôt, on sentira un malaise dans sa communauté.Même avec la meilleure volonté du monde, le contact ne se fera pas ou se fera mal.L’ouverture d’âme sera pénible, la confiance n’existera qu’à moitié; il s’établira de part et d’autre un état de tension nuisible à une éducation spirituelle normale.Comment savoir si quelqu ’un possède ce don ?C ’est par l’expérience seule qu’on peut le savoir; et pour s’en rendre compte, pour le discerner chez les autres — pensez par exemple à un supérieur qui doit nommer un maître des novices, un aumônier de religieuses — il est fort utile qu’on le possède un peu soi-même.La spécialisation hâtive en ce domaine constitue toujours un risque.Ce n’est pas au sortir du grand séminaire ou au lendemain de la profession perpétuelle qu’il faut faire étudier quelqu’un en vue du ministère de la direction.Mieux vaut attendre quelques années pour voir d’abord s’il en possède le don.Ensuite les études spécifiques seront plus sûrement indiquées.Et, du reste, avant des études spécialisées — quand elles sont possibles — toute une formation de base doit être assurée au futur directeur, formation qu’il recevra en partie de ses maîtres, mais aussi formation qu’il devra acquérir, en bonne partie, par lui-même.Cette préparation lointaine comprend plusieurs éléments.Indiquons sommairement les principaux.271 D’abord, une formation humaine et sociale suffisante.Un bon directeur doit être capable d’entrer en contact avec les hommes, maîtriser sa timidité, savoir être à l’aise avec tonte personne qu’il rencontre, être poli, délicat et au fait de l’ensemble des problèmes de l’homme contemporain.Le P.Surin, jésuite du XVIIe siècle, faisait remarquer qu’un bon «spirituel» doit être assez renseigné et assez aimable pour qu’on puisse faire le tour du monde en sa compagnie sans s’ennuyer.Ensuite, une formation doctrinale solide, simple et sans étroitesse.Un bon directeur doit posséder une doctrine théologique sûre ; il n’a pas le droit d’induire ses dirigés en erreur ou de les conduire par des chemins hasardés ou inutilement dangereux.Par ailleurs, cette doctrine doit être simple ; elle aura normalement dépassé aussi bien le langage de la scolastique que celui non moins recherché de certains ouvrages modernes.Elle doit s’exprimer dans le langage ordinaire des bons croyants.En même temps, elle doit éviter toute étroitesse : il n ’est pas bon que le directeur ne soit ouvert qu ’à une seule orientation spirituelle.Il doit être accueillant à tout mouvement qui semble venir de l’Esprit de Dieu, qu’il s’agisse de piété liturgique ou privée, d’orientation contemplative ou apostolique.Egalement, une formation assez complète en spiritualité proprement dite.La formation purement doctrinale ne suffit pas.Un bon directeur connaîtra donc les éléments de la vie spirituelle: grâces, vertus, dons du Saint-Esprit, action de Dieu et action du démon, etc.; il connaîtra également, de façon suffisante, les diverses étapes et les diverses voies par lesquelles Dieu peut faire passer les âmes : voie contemplative et voie commune, état de commençant, de progressant, d’adulte spirituel; il sera initié à l’histoire de la spiritualité et saura comment se sanctifiaient les premiers chrétiens, ceux du Moyen Age, ceux du XVIIe siècle, et quels courants pénètrent la spiritualité moderne.De plus, la maîtrise de soi et l’habitude acquise du discernement spirituel.Un bon directeur doit se bien posséder lui-même ; il doit être capable de s’asseoir, et de rester assis pendant longtemps, et d’écouter sans parler ni bouger, mais avec beaucoup de sympathie et d’attention.Il doit être capable de saisir l’âme de la personne sous ses mots, et ses silences et ses maladresses, capable d’y découvrir ce qui vient de Dieu et ce qui vient de la nature ou du démon, et capable de l’orienter selon la volonté de Dieu.272 Lui-même, dans cette œuvre, ne compte que comme instrument de Dieu.Il doit être assez purifié, assez mort à son propre moi, pour ne pas s’y rechercher, mais essayer uniquement de mettre les âmes en relation avec l’Esprit-Saint et les aider à vivre dans la vérité.L’histoire enseigne que certains directeurs sont loin d’atteindre à ce degré de détachement.Par exemple, on rapporte ce trait dans la vie de sainte Jeanne de Chantel: «La pauvre jeune veuve dans la trentaine se laissa lier par un bon Père, lequel étant bien aise d’avoir cette sainte brebis entre ses mains, l’attacha à sa direction par quatre vœux: le premier, qu’elle lui obéirait; le second, qu’elle ne le changerait jamais; le troisième, de lui garder la fidélité du secret en ce qu’il lui dirait; le quatrième, de ne conférer de son intérieur qu’avec lui.» Enfin, une initiation psychologique suffisante.Enfin, le directeur spirituel ne peut se dispenser d’une initiation psychologique suffisante.Les personnes qu’il aidera sont des personnes individuelles, avec un tempérament, une sensibilité, des tendances qui leur sont propres.Leur vie spirituelle est incarnée ; elle évoluera selon les conditions concrètes de tout leur être.Le directeur doit le savoir et, dans les cas ordinaires, être capable par lui-même, sans le secours de spécialistes, de juger correctement et de prendre les attitudes les plus favorables au bien de la personne.Ces éléments seront présents, à divers degrés, en tout bon directeur.Mais, et c’est là une question qui nous intéresse surtout, à quelle école faut-il aller pour acquérir cet ensemble d’éléments et de qualités qui constituent un bon directeur ?2 À QUELLE ÉCOLE FAUT-IL ALLER?D’école précise, il n’y en a pas.Toutefois, étant présupposée une suffisante formation humaine, doctrinale et spirituelle, on peut parler des écoles suivantes: l’école de la vie, l’école des maîtres spirituels, les écoles d’initiation psycho-religieuse.Il y a premièrement l’école de la vie.Pour devenir bon directeur, il faut être capable d’acquérir beaucoup d’expérience dans les choses spirituelles, et ce qui compte ici, ce n’est pas d’abord le nombre ou l’importance des « cas » rencontrés, mais bien la capacité personnelle de réaction, d’observation et de réflexion.Cer- 273 taines personnes connaissent de grandes misères spirituelles ; il leur arrive des aventures fantastiques, et elles en sortent aussi superficielles et aussi puériles que si rien n’était arrivé; elles semblent incapables de mûrir, d’acquérir de l’expérience.D’autres, par contre, telle une Thérèse de Lisieux, auront aux yeux du monde une vie banale, sans aventure et sans péché, et elles en sortiront riches d’une expérience très vaste.Ces personnes possèdent la capacité intérieure de réaction et se donnent la peine de réfléchir sur la vie.Se mettre à l’école de la vie, c’est d’abord se mettre à l’école de sa propre vie, prendre conscience des divers mouvements qui nous agitent intérieurement à l’occasion des moindres événements; s’habituer à y discerner ce qui est conforme à la vérité, selon Dieu, et ce qui est mauvais, ce qui est mouvement de l’instinct, ou de l’égoïsme, ou de la sensualité.Il est dit dans l’Evangile que Jésus savait «ce qu’il y a dans l’homme » (Jean, 2,25) ; il n’était pas nécessaire qu’on le lui enseignât.Le bon directeur doit apprendre ce qu’il y a dans l’homme, et c’est en vivant lui-même, de façon consciente, sa propre vie intérieure qu’il l’apprendra.Il n’a pas à se poser comme pur observateur, face à lui-même : ce serait mauvais.Il doit essayer de vivre le plus intégralement possible sa propre vie spirituelle, il doit s’engager résolument dans le combat chrétien qui lui est demandé au fond de lui-même — mourir à soi pour vivre à Dieu une vie nouvelle dans le Christ; mais cette vie intérieure personnelle, il doit la vivre éveillé, prenant conscience et notant par écrit, au besoin, ce qui se passe en son âme.S’il fait ainsi durant les années de sa formation, il se rendra compte un jour que, sans le savoir et sans y penser, il a acquis une grande expérience de la vie intérieure.Se mettre à l’école de la vie, ce sera encore se mettre à l’école des autres, de toute personne avec qui on entre en contact, et plus spécialement des personnes qui viennent se confier à vous.En elles, le même combat chrétien se poursuit, mais selon des modes et avec des attitudes et des réactions différentes.Ces personnes, elles viennent à nous pour être aidées, et ce que nous voulons, e ’est de les aider, les aider à pénétrer de plus en plus dans le Koyaume de la Vérité, et à se laisser guider par l’Esprit du Christ; mais si nous avons les yeux ouverts, nous ne pouvons pas ne pas découvrir en elles des merveilles de grâce, et des générosités, et des illusions, 274 et des ruses humaines, que nous n’avions peut-être pas soupçonnées dans notre propre vie.Il est possible même que Dieu, qui veut former en nous le directeur, mette sur notre chemin telle personne plus profondément enfoncée dans l’illusion, ou telle autre très élevée dans la grâce, et qu’il leur donne de s’ouvrir à nous avec une facilité et une confiance qui les étonnent elles-mêmes.A ce moment, le directeur ou l’aspirant directeur reçoit beaucoup plus qu’il ne donne.C’est Dieu qui l’instruit à l’école de la vie.Il peut regarder et prendre en note ce que Dieu lui révèle à travers l’âme des autres; cependant, il doit éviter toute curiosité humaine devant ce monde nouveau qui se découvre à lui et s’efforcer de garder son cœur pur, n’aimant ces personnes que pour Dieu, pour qu’elles soient davantage à Dieu.Comme seconde école, avons-nous dit, il y a Vécole des maîtres spirituels.Il est certain qu’au début du ministère de la direction, c’est une aide fort appréciable d’avoir près de soi un homme vraiment spirituel et qui peut être consulté facilement et qui peut revoir avec nous, étant sauve la discrétion, nos attitudes et nos solutions des problèmes, comme jeune directeur.Toutefois, même si nous ne possédons pas cet avantage d’un maître près de nous, il reste que l’Eglise nous offre, en ce domaine, toute une pléiade de maîtres.Quelqu’un qui veut devenir bon directeur doit, je croirais, se mettre à l’école des Saints, analyser en détail la vie de certains d’entre eux, essayer de voir comment la grâce a grandi chez eux, quels obstacles elle y a rencontrés, et comment, à la fin, elle a atteint un sommet dans leur âme.Ces analyses de la vie des saints ou des grands serviteurs de Dieu, comme une Thérèse de l’Enfant-Jésus ou un Père de Foucault, apportent à l’aspirant directeur une grande expérience.Il en est de même pour la lecture et l’étude de la correspondance des grands directeurs: sainte Thérèse d’Avila, Bossuet, Fénelon, saint François de Sales, M.Olier, M.de Bernière, le Père de Caussade, Dom Marmion.ce sont là des maîtres.A voir comment eux ont procédé, quels conseils ils donnaient en telle situation, le jeune directeur apprend beaucoup.Je pense, par exemple, à telle lettre de Bossuet à Madame de la Maisonfort (no 2075, 29 mai 1701; Correspondance, t.XIII, pp.76-85) sur les amitiés particulières; cette religieuse lui pose 41 questions et l’évêque répond point par point.Même s’il n’a jamais fréquenté les maisons religieuses, après avoir lu cette lettre, 275 le jeune directeur sait déjà pas mal quelles petites misères peuvent s’y cacher.Avant de terminer ce paragraphe sur l’école des maîtres, je m'en voudrais de ne pas mentionner les Exercices de 30 jours selon la méthode de S.Ignace.Bien faits, avec une direction spirituelle fréquente et une initiation concrète au discernement des esprits, ces exercices peuvent aider beaucoup à la formation du directeur.Comme troisième école, enfin, il faut mentionner les écoles d’initiation psycho-religieuses ou de formation à la psychologie pastorale.Quelques-unes existent en Europe, dont une à Paris (Cf.P.Daman, s.j., Un centre de formation à la psychologie pastorale, dans Christus, no 44, oct.1964, pp.544-556; A.Plé, o.p., L’Association médico-psychologique cl’Aide aux Religieux, dans La Vie spirituelle, Supplément, no 72, fév.1965, pp.101-112).Au Canada, il n’en existe pas.Durant une année, une quinzaine de prêtres ou de religieux, responsables du ministère de la direction des âmes, sont initiés d’une façon théorique et pratique, sous la conduite de maîtres (théologiens, psychologues, psychiatres) aux disciplines spirituelles et psychologiques plus liées à ce ministère.On s’y arrête à des questions comme celles-ci : Comment le directeur doit se comporter dans l’entretien pastoral ?Comment il peut discerner les troubles psychiques d’un dirigé ?Comment saisir le langage spirituel d ’une personne ?Comment lire et comprendre ses écrits?.L’initiative est excellente.Elle mériterait de voir jour aussi au Canada, mais peut-être en insistant plus sur l’aspect spirituel que psychologique.Toutefois, même si aujourd ’hui les moyens ne manquent pas pour aider à la formation du directeur, il faut dire qu’aussi les dangers existent, qui peuvent nuire à cette formation, ou la faire dévier.3.DANGERS QUI MENACENT LA FORMATION DU DIRECTEUR SPIRITUEL Personnellement, j’en vois deux.Il est délicat d’en traiter, puisque tous deux sont liés à des choses excellentes: l’excès dans une spiritualité qui se veut exclusivement communautaire et l’excès dans la psychologie.On peut remarquer ceci, par exemple, en certains milieux de formation ecclésiastique ou religieuse : une désaffection profonde 276 pour les maîtres spirituels, y compris parfois les Fondateurs de l’Ordre dans lequel on vit.On ne veut plus lire ces maîtres, et on ne les lit plus, parce que, dit-on, leur spiritualité est trop « individualiste » ; et en même temps, on ne réalise pas que toute une expérience, et même une dimension de la vie chrétienne, est en train d’échapper.Sous prétexte d’acquérir une spiritualité liturgique, biblique ou communautaire — ce qui s’impose — il n’est pas permis d’oublier l’aspect personnel de toute vie intérieure.Ces jeunes, quand ils seront prêtres ou religieux, découvriront peut-être que quelque chose leur manque : ils seront désemparés devant certaines âmes qui viendront se confier à leur ministère.Ils n’auront pas la connaissance des âmes individuelles, et peut-être n’auront-ils pas non plus la maturité, la solidité personnelle pour devenir de bons directeurs.La poussée extrême vers tout ce qui est communautaire, dans la formation cléricale actuelle, ne va pas sans danger.Il est bon de vouloir prier en équipe, étudier en équipe, examiner sa vie en équipe, étudier en équipe, mais ce serait une grande faiblesse que de ne pouvoir plus prier seul, étudier seul, examiner sa conscience seul devant Dieu.Déjà, en 1959, le Père Karl Rahner, s.j., signalait ce danger: «La disparition très marquée d’une action de grâce individuelle après la communion, par exemple, écrivait-il, n’est-elle pas un tel signe d’une collectivisation des cœurs, qui se mettent aussitôt à étouffer spirituellement lorsqu’ils sont religieusement laissés seuls ?Et si quelqu’un devait ne plus savoir que faire d’une messe silencieuse privée, cela pourrait bien constituer aussi un signe de même nature » (Dangers dans le catholicisme d’aujourd’hui, Desclée, 1959, p.47).Ce ne serait plus là la vraie vie communautaire chrétienne : ce serait du « collectivisme ecclésial », une autre sorte de conformisme qui cacherait et révélerait en même temps une grande pauvreté intérieure.La vraie communauté chrétienne, une communauté de charité, est composée de personnes adultes, autonomes et libres, qui vont ensemble vers Dieu non par peur d’être seuls ou par incapacité d’être seuls, mais par vraie charité mutuelle, par un choix, par une élection libre et voulue, fondée sur l’amour.Et toujours dans leur vie ces personnes vont garder des zones secrètes, 277 où Dieu seul pénétrera, et parfois peut-être un ami plus intime à qui Dieu les aura unies.Si, durant les années de formation dans un séminaire ou une maison religieuse, presque tout est organisé sur un plan exclusivement communautaire, il peut y avoir là un danger, le danger qu’intérieurement les jeunes ne mûrissent pas.Ils aimeront beaucoup leur temps de formation, mais peut-être ces années les auront-elles entretenus dans l’adolescence?Il faut trouver ici un juste équilibre; c’est nécessaire à la formation générale du jeune prêtre et du religieux, et ce n’est pas moins nécessaire à sa formation comme futur directeur spirituel.Le second danger, avons-nous dit, en est un de « psychologisme ».Un certain nombre de ceux qui commencent comme directeurs spirituels finissent comme psychiatres ou psychologues.Un bon directeur, aujourd’hui, doit être suffisamment renseigné sur les réalités psychologiques; il doit même posséder un certain flair ou « sens » psychologique ; mais, d’autre part, il ne doit pas se laisser fasciner, éblouir, par le monde de la psychologie.Nous pourrions ici répéter la prière du P.Teilhard de Chardin : « Expliquez-nous, Seigneur, comment nous pouvons, sans nous laisser séduire, regarder le Sphinx» (Hymne de l’Univers, Paris, 1961, p.93).Beaucoup d’éléments psychologiques vont s’inscrire dans la direction.Si, par exemple, un jeune religieux vient nous dire qu’il est révolté contre ses Supérieurs, on ne conclura pas immédiatement : « Il manque d’obéissance ».Non.On l’invitera à nous parler de son passé, de son milieu familial, de ses relations avec son père : « Etait-il à l’aise avec lui ?Pouvait-il lui parler simplement, se confier à lui ?.» Ces questions, on les posera comme directeur, pour essayer de voir sur quels fondements humains se bâtit la vie spirituelle de ce jeune ; et peu à peu, en l’aidant à mettre de l’ordre dans ses idées, en ses sentiments, en sa vie, on le conduira à découvrir ce qu’est l’authentique obéissance religieuse et à la choisir librement, par amour, s’il en est capable.On tiendra compte et des forces naturelles et des forces de la grâce, mais toujours à la lumière de Dieu, pour essayer de découvrir avec le dirigé ce qu’est la volonté de Dieu sur lui et l’aider à se livrer pleinement à cette divine volonté.278 Si, de fait, le directeur jugeait qu’il se trouve devant un véritable malade, alors, pour cet aspect psychologique, il l’enverrait au spécialiste.Ce n’est plus son domaine.Il doit donc connaître suffisamment la psychologie, mais en même temps en être vraiment détaché.Son monde à lui est celui de la grâce, de la grâce qui pénètre partout, qui se sert de tout, même des faiblesses et des tares psychologiques, pour sauver et sanctifier les hommes.Et, dans ce monde de la grâce, il doit avoir une foi inébranlable qui lui fasse comprendre et goûter les choses de Dieu ; c ’est ce qui lui permettra de résister toujours à la tentation « psychologique ».Voilà donc ce que nous voulions exposer sur la formation du directeur.Au fond, c’est Dieu d’abord qui le forme, en vue des personnes qu’il lui enverra; il se sert de tout pour le former et ne cesse jamais de le former.Le bon directeur est continuellement en état de formation.Qu’il utilise les techniques humaines, quand il le peut, c ’est nécessaire ; mais que, par-dessus tout, il accepte humblement de se laisser former par Dieu, c’est encore plus nécessaire.P.Fernand Jette, o.m.i.Scolasticat Saint-Joseph, Avenue des Obïats, Ottawa-Est.279 LA CONSÉCRATION RELIGIEUSE Nombreux sont actuellement les religieux et les religieuses qui s'interrogent non seulement sur la nature mais sur l’existence même de leur consécration religieuse.Ballotés par les diverses opinions théologiques qui, surtout depuis le Concile, tentent de la préciser, ils oublient peut-être un peu l’enseignement de Vatican II sur cette question.Bien qu’il faille prêter une grande attention à l’effort des théologiens qui approfondissent la vie religieuse, il ne faut quand même pas accorder la même importance à leurs exposés qu’à la teneur d’une Constitution dogmatique telle que Lumen Gentium.Sans avoir la présomption de me faire l’interprète officiel de ce texte conciliaire, je crois pouvoir en dégager deux éléments fondamentaux qui ont trait à la consécration religieuse.1.CONSÉCRATION - RÉPONSE PERSONNELLE Toute réponse suppose un appel, et la nature de la réponse doit normalement correspondre à la nature de l’appel.Il existe d’abord un appel, une vocation générale à la sainteté qui s’enracine dans l’initiative que Dieu a prise, non seulement de créer le monde, mais d’élever les hommes à la participation de sa vie divine, et de convoquer tous ceux qui croient au Christ à former la sainte Eglise.Le fait d’être agrégé à cette Eglise par le baptême constitue un appel à la plénitude de la vie chrétienne, à la perfection de la charité.En effet, le baptême nous incorpore à la communauté des saints, au peuple des élus.Non qu’il s’agisse d’une sainteté morale, mais d’une rénovation de notre être, d’une renaissance; non qu’il s’agisse d’une élection inamissible (celle du ciel), mais de cette élection divine qui postule notre ratification personnelle.En d’autres mots, le baptême nous unit si intimement au Christ que nous formons avec Lui un seul Corps, participons à sa propre 280 sainteté, devenons fils de Dien avec Lui et en Lui.Etant son Corps, nous ne sommes plus à nous, mais à Lui ; nous Lui appartenons.Nous sommes réellement des êtres consacrés, puisque nous participons à la consécration du Christ; nous sommes tout entier ordonnés, comme le Christ, au service de Dieu.On ne peut en conséquence distinguer les religieux des simples fidèles en affirmant que les premiers sont des êtres consacrés et que les autres ne le sont pas.Le fait de devenir par le baptême des êtres consacrés, des fils du Père, des membres du Christ, des temples de l’Esprit, entraîne pour nous cette exigence fondamentale qui est de vivre comme des êtres consacrés, comme des fils du Père, comme des temples de l’Esprit.Cette exigence baptismale de sainteté, Paul VI l’a rappelée le 23 mai 1964 dans ses directives sur la vie religieuse : « Il faut reconnaître, affirme-t-il, que la doctrine de l’universelle vocation à la sainteté, pour les fidèles de tout ordre et de toute condition, est aujourd’hui bien mise en valeur, et cela à juste titre: elle s’appuie sur ce fait qu’ils sont consacrés à Dieu au titre fondamental de leur baptême » (cf.NETh 86, 1964, p.744).La plupart d’entre nous, en fait, n’a pas choisi d’être baptisé; nous avons reçu le premier sacrement alors que nous étions incapables d’option personnelle.Et pourtant cette consécration baptismale reste définitive; nous ne sommes plus libres d’être chrétiens ou non, d’appartenir ou non à l’Eglise.Si nous refusons de vivre en consacrés, nous n ’en demeurons pas moins des consacrés ; notre infidélité aux exigences de notre baptême ne saurait détruire les droits du Christ sur nous, mais seulement les trahir.Si à la consécration sacramentelle nous refusons de joindre la consécration-réponse de vie, notre agir est en désaccord avec notre être, et nous sommes intérieurement divisés.Si au contraire nous ratifions le choix qu’on a fait pour nous à notre baptême, cette ratification devient un engagement personnel au Christ, dans le mystère de son être et de sa vie, l’engagement d’une personne à une personne dans la foi vivante.En d’autres termes, la ratification de notre baptême est notre réponse existentielle à la prise de possession de tout notre être par le Christ.Il s’agit bien d’une réponse, car dans l’affaire de notre salut c’est toujours Dieu qui a l’initiative, comme nous l’affirme saint Jean: 281 «aimons Dieu puisqu’il nous a aimés le premier» (I Jn 4, 14).« Au don de Dieu doit répondre le don de l’homme, pour que se renoue l’échange d’amour en quoi se résume tout le dessein de Dieu » (P.Y.Emery, Le vœu, sacrifice cTaction de grâces, dans Verbum Caro, no 68, 1963, p.471).Mais cette réponse, tous les chrétiens peuvent et doivent la donner, quels que soient leur état et leur forme de vie, car tous sont appelés par Dieu à « une sainteté dont la perfectioh est celle même du Père» (L.Gentium, no 11).Il serait illogique en effet de croire que Dieu appelle les hommes à la perfection de la charité sans leur donner, à tous, les secours nécessaires pour y parvenir.Ce n’est pas à dire que tous reçoivent les mêmes dons surnaturels et que la perfection chrétienne doive prendre chez tous la même physionomie; au contraire c’est dans sa ligne propre, suivant ses dons personnels, que chaque baptisé tendra à cette unique sainteté qui est plénitude de vie chrétienne.L’histoire nous montre d’ailleurs que des chrétiens de toutes conditions sont effectivement parvenus à la sainteté, en donnant à l’appel du Christ une réponse totale, à la mesure des dons reçus.Au nombre de ces chrétiens, il y eut toujours, depuis les premiers siècles de l’Eglise, des hommes et des femmes qui, pour répondre à une vocation particulière, observèrent les conseils évangéliques.Ils ne pratiquaient pas la pauvreté par mépris des biens de ce monde, ni la virginité ou la chasteté par mésestime du mariage.Ils voulaient tout simplement suivre la voie que le Christ a suivie et qu’il a proposée à ses disciples.Non contents d’épouser ses sentiments intérieurs, ils Limitèrent jusque dans sa forme extérieure de vie.Le renoncement volontaire à un certain nombre de biens réels leur semblait un excellent moyen de libération intérieure, et à l’égard de Dieu une preuve d’amour, un don gratuit, un hommage; c’était leur réponse à son appel.Ainsi en est-il de ceux qui aujourd’hui encore choisissent la voie des conseils évangéliques.Ils ne désirent aucunement jouer aux saints, se constituer en réformateurs de leurs frères, mais simplement répondre à un appel spécial de Dieu, en suivant un chemin qui traduit leur amour pour lui, et les stimule dans la charité.La pratique des conseils évangéliques favorise le développement de la grâce baptismale, et devient un signe du Royaume.Elle constitue 282 une manière particulière de vivre sa consécration baptismale, de ratifier personnellement les engagements de son baptême ; elle situe le chrétien qui s’y adonne, non à la périphérie, mais au cœur du mystère de l’Eglise, car elle est un amour rendu correspondant à un amour reçu, une réponse humaine à un appel divin.2.CONSÉCRATION - ENGAGEMENT PERSONNEL Le baptisé, qui désire faire de sa vie une réponse parfaite d’amour, ne se contente pas d’un don transitoire, si généreux soit-il, mais inclut la totalité de son être et de sa vie dans son offrande.Il offre le présent, actions, pensées, vouloirs; il hypothèque l’avenir, en remettant au Seigneur ce qu’il ne pourra lui donner effectivement que peu à peu.Les années lui permettront de parachever son offrande en la concrétisant.Mais déjà la totalité de son amour, l’intensité de son don, porte un caractère de pérennité.Un amour total engage toujours l’avenir, comme le prouvent les expressions les plus universelles de l’amour humain.De même un amour surnaturel, qui est total en intensité, en profondeur, inclut nécessairement au moins le désir d’une totalité en extension temporelle.Cette pérennité à son tour commande et fonde l’engagement, qui est à la fois le point d’aboutissement d’une décision définitive de la volonté, et le début d’une vie toute offerte.Il traduit l’aspect temporel du don total, qui ne peut actuellement et instantanément atteindre sa plénitude de réalisation, comme cela se produit dans la cas du martyre, où le chrétien redonne librement et subitement à Dieu toute sa vie : « il n ’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».L’engagement à pratiquer les conseils évangéliques s’enracine dans la volonté d’un don total et sans repentance, et suppose une profonde conviction spirituelle, du fait que son objet est un idéal qui n’exerce pas ou peu d’attrait sur la nature.Cet engagement revêt cependant des formes différentes.Le baptisé peut émettre devant Dieu seul la promesse de pratiquer sa vie entière un ou plusieurs conseils évangéliques.Cette promesse privée l’engage en conscience devant Dieu.Si par contre le chrétien désire s’engager à la fois devant Dieu et devant l’Eglise à la pratique des conseils évangéliques, l’autorité ecclésiale limitera sa pratique aux trois conseils de chasteté, de pauvreté et d’obéissance qui, depuis le XIIe 283 siècle, servent de base à la vie consacrée.Son engagement à les observer se fera sous forme de vœux publics, de promesse ou de serment, dont la teneur et l’interprétation relèvent de l’autorité de l’Eglise.Cet engagement le liera de façon spéciale à Dieu et à l’Eglise, comme l’affirme la Constitution Lumen Gentium: «par les vœux ou par d’autres liens sacrés, assimilés aux vœux selon leur mode propre, par lesquels le chrétien s’oblige aux trois conseils susdits, il se donne totalement à Dieu aimé par-dessus tout, de sorte que lui-même et tous ses biens sont rapportés à un titre nouveau et particulier au service et à l’honneur de Dieu.Les conseils évangéliques, par la charité à laquelle ils conduisent, unissent leurs disciples d’une façon plus spéciale à l’Eglise et à son mystère » (no 44).L’engagement d’un baptisé par vœu, promesse ou serment à l’observance des trois conseils évangéliques, bien qu’il traduise une générosité non transitoire et constitue une réponse définitive à l’appel divin, pose cependant le problème de la fidélité.Celle-ci manifeste dans la succession du temps la qualité du vouloir qui a suscité rengagement, le degré vrai du don, car elle exige d’autres forces que l’idéalisme et l’audace de la jeunesse.Il ne s’agit pas d’une prétendue fidélité, décrite par Gustave Thibon comme « une croûte rigide d’observances extérieures, qui est de l’éternel figé, et sous cette écorce de fidélité littérale, un grouillement passionnel marécageux, qui est du changement pourri » (La Foi catholique, 28 avril 1950) ; ni de cette fidélité crispée qui fait dire à La Kochefou-cauld : « La violence que l’on se fait pour demeurer fidèle ne vaut pas mieux que l’infidélité».Il s’agit d’une fidélité vivante, basée sur la grâce de Dieu et la générosité de l’homme, qui trouve dans la sincérité son perpétuel renouveau.Nous savons tous très bien que la trahison est possible; que nous entonnons le Te Deum au jour de l’engagement, comme les Hébreux chantèrent les merveilles de Dieu après la traversée de la mer Kouge, mais qu’il nous est difficile, vu le poids du temps, d’éterniser notre chant de louange, non par nos paroles, mais par notre vie.Il serait téméraire et présomptueux de prétendre garder cette fidélité et nous appuyant sur nous mêmes, comme si elle était le résultat normal de l’effort personnel.Celui-là seul honorera son engagement qui s’appuiera, dans la foi, sur la parole du Christ qui ne trompe pas, parole qui lui assure les secours surnaturels 284 indispensables pour vaincre les difficultés quotidiennes lui venant et de l’extérieur et des variations de son propre cœur.C’est donc en définitive sur l’indéfectible fidélité de Dieu que nous devons fonder notre fidélité personnelle, et même, s’il y a lieu, notre retour à la fidélité après l’infidélité.« La chair est comme l’herbe » nous affirme Isaïe (40, 6), elle est faible (Mt 26, 41) : rien d’étonnant qu’il y ait des faiblesses.Le plus grave n’est pas de faiblir, mais de refuser la main divine qui cherche à nous relever ; l’irréparable est de perdre espoir en la fidélité de Dieu.La forme particulière de vie, dans laquelle le religieux traduit son engagement, ne tend pas à étouffer la spontanéité de la réponse personnelle à l’Esprit, mais à la favoriser, en protégeant l’individu contre sa propre faiblesse, en stimulant sa générosité par l’imposition de certaines exigences, car on n’est pas tous les jours à la hauteur de son idéal.De plus, la dimension communautaire de cette forme de vie donne à l’Eglise elle-même et au monde un témoignage de cette fraternité déjà effectuée dans le Corps Mystique du Christ, et qui se réalisera en plénitude dans l’Eglise céleste.« L’état religieux, affirme la Constitution Lumen Gentium, qui assure aux siens une liberté plus grande à l’égard des charges terrestres, manifeste aussi davantage aux yeux de tous les crojmnts les biens célestes déjà présents en ce temps, il atteste l’existence d’une vie nouvelle et éternelle acquise par la rédemption du Christ, il annonce enfin la résurrection à venir et la gloire du royaume des cieux » (no 44).* * * La consécration religieuse traduit d’abord le mouvement intérieur d’une personne qui veut faire de sa vie et de ses biens une perpétuelle action de grâces, et qui dans ce but imite le genre de vie que le Christ a adopté en venant parmi nous.Sa volonté de don total l’incline à s’engager par rapport à l’avenir, afin que rien ne soit soustrait à la totalité de son offrande, et à choisir une forme de vie approuvée et garantie par l’Eglise, qui sera pour elle une voie de perfection et manifestera au monde les richesses invisibles du Royaume.Loin de s’opposer à la consécration baptismale, la consécration religieuse la complète et la perfectionne, en ce sens qu’elle est une réponse totale, au moins dans l’intention, à l’appel de 285 Dieu inscrit dans la grâce baptismale.Le désir d’une réponse parfaite entraîne cette exigence première et fondamentale qui est de vivre entièrement pour Dieu, voués à son service et à sa gloire.Supprimer cette tendance ferait de la consécration religieuse un non-sens, un amas de formalités tenant beaucoup plus du phari-saïsme que d’un sain christianisme.Plût à Dieu que la recherche d’une parfaite union au Seigneur soit toujours l’âme de notre vie consacrée, c’est-à-dire ce qui la réchauffe, l’illumine, l’unifie.Fr.Laurent Boisvert, o.f.m.Les Franciscains, 5750 boni.Rosemont, Montréal 36.« Il est clair que je ne devrais pas prier des paroles ou des pensées ou des résolutions : je devrais me prier moi-même.» K.Rahner CANONISATION Béatifié par le Pape Pie XII, le 4 avril 1948, le frère Béiiilcle, des frères des Ecoles chrétiennes, vient d’être canonisé par le Pape Paul VI, le 29 octobre 1967.En rendant un hommage officiel à ce frère instituteur, l’Autorité de l’Eglise le donne en modèle à tous les religieux et religieuses qui assument dans le monde actuel le service de l’enseignement, afin qu’à son exemple ils fassent de leur tâche apostolique un sacrement (moyen et signe) de la charité du Christ.?RETRAITES POUR RELIGIEUSES Les Soeurs Augustines de Saint-Georges de Beauce organisent des retraites pour les religieuses des diverses communautés.Douze prêtres assumeront la prédication, chacun selon sa spécialité.Les religieuses qui désirent des informations sur ces retraites voudront bien s’adresser à : Monastère de l’Hôtel-Dieu Notre-Dame-de-Beauce, 1500, 18e Rue, Saint-Georges-Ouest, comté de Beauce, Québec, tél.228-4831; après 21 heures: 228-2178, code régional: 418.XEOROLOlilE.— Les Franciscains : Père Vincent (Rosaire Bélanger).— Les Frères de Sainte-Croix ; Frère Théophane Girouard.— Les Sœurs de la Charité de Montréal : Sr Marguerite Dulude, Sr Claudia Landry, Sr Caroline Mead, Sr Marie-Ange Paquette, Sr Gracia Régnier.— Les Servantes du Cœur I.-M.: Sr Marie-de-Ste-Jeanne-de-Valois (Albertine Bédard), Sr Marie-Louis-Henri (Marie-Ange Blanchet), Sr Marie-de-Sainte-Praxède (Albertine Drolet, Sr Marie-de-Sainte-Sabine, (Mariette Malouin).— Les Sœurs des SS.1VN.J.M.: Sr Marie-des-Martyrs (Bernadette Martin), Sr M.-Marguerite-Françoise (Noëlla Rousseau), Sr M.-Claire-du-St-Sacrement (Mary Ann Tierney).-— Les Sœurs de Sainte-Anne : Sr Marie-Ladislas (Ernestine Lamarche), Sr Marie-Claude Bernard (Emélie Lepage).— Les Franciscaines Missionnaires de Marie : Sr Marie Calminius (Angéline Beaumont).— Les Petites Franciscaines de Marie : Sr Marie-Edmond-du-Saint-Nom-de-Jésus (Alice Deslauriers).— Les Sœurs de J.-M.: Sr Marie-Saint-Elphège (Albertine Gagnon).— Les Sœurs de la Charité de Saint-Hyacinthe : Sr Clara (Thaïs Poisson).— Les Sœurs de la Providence : Sr Joseph-du-Bon-Pasteur (Mariette Bolduc).— Les Sœurs de l’Assomption de S.-V.: Sr Marie-Eustelle (Virginie Baribeau).— Les Sœurs Miss.N.-D.-des-Anges : Sr Saint-Philippe (Emila Allard).— Les Sœurs X.-l).-du-Perpétuel-Secours : Sr Marie-de-Fatima (Altagracia Flavia Martinez).287 LES LIVRES Roche, Jean, s.j., Eglise et liberté religieuse.Coll.Questions actuelles: théologie, pastorale, catéchèse.Edit.Desclée et Cie, Paris, 1967.187pp.La liberté de conscience est à l’ordre du jour.Depuis plusieurs années, elle préoccupe à juste titre des milieux très divers, tout particulièrement les chrétiens; les seuls à s’y intéresser vraiment.Mais la liberté religieuse, comme toute liberté, n’est pas un acquis définitif et inamissible.Elle est aussi une construction qui ne cesse de s’élever.La liberté religieuse est dynamique.Elle est une conquête perpétuelle.On ne cesse de se libérer et de devenir libre ou on ne cesse d’être esclave et de s’asservir toujours plus.On le constate dans les sociétés comme chez les individus.Ce sont des leçons que voudraient dégager les pages de ce volume.Gareau, Maurice, ptre, Volontairement optimiste.La découverte de la miséricorde.Nouvel accent, 1.Edit.Champigny, Montréal, 1967.132pp.Ce livre suscitera l’optimisme; vous y trouverez réunies les raisons que nous avons d’espérer.Vous y découvrirez combien l’aventure humaine, la vôtre aussi bien que la mienne, est magnifique.Votre enthousiasme ne sera ni artificiel ni sentimental.Au contraire, un optimisme réfléchi, volontaire et dynamique illuminera votre existence, malgré les misères petites et grandes de cette vie.Récemment, Paul VI disait : « Le Concile nous exhorte à regarder le monde d’un regard neuf, non pas indulgent mais optimiste.» C’est le message que porte ce livre, message de joie pour ceux surtout qui seraient enclins à désespérer du monde et d’eux-mêmes, au milieu des profonds bouleversements d’aujourd’hui.Marlé, René, Dietrich bonhoeffer, témoin de Jésus-Christ parmi ses frères.Coll.Christianisme en mouvement, 1.Edit.Casterman, Paris, 1967.164pp.Richardson, Alan, Le procès de la religion.Coll.Christianisme en mouvement, 2.Edit.Casterman, Paris, 1967.130pp.Newbigin, Lesslie, Une religion pour un monde séculier.Coll.Christianisme en mouvement, 3.Edit.Casterman, Paris, 1967.176pp.Dans le monde dont la « figure » est en train de se transformer radicalement, les chrétiens cherchent à préciser le sens de leur foi et le mode concret du témoignage qu’ils ont à rendre.Cette recherche est menée à l’intérieur de toutes les églises, rapprochées par le même affrontement de l’incroyance.Christianisme en mouvement rassemble des études ainsi provoquées par la rencontre de la foi et du monde nouveau à la naissance duquel nous assistons.Del Lago, Gerardo, Psychologie et grâce.Coll.Psychologie pour notre temps.Edit.Salvator, Mulhouse, 1967.420pp.Théologien et psychologue, l’A.s’efforce d’intégrer la doctrine de la grâce et les acquisitions de la psychologie moderne.La grâce intervient-elle dans le psychisme ?Favorise-t-elle la maturation affective et l’épanouissement humain ?Comment s’insère-t-elle dans notre existence concrète ?L’homme décrit par les psychologues est-il orienté vers Dieu ?Divers philosophes, théologiens, psychologues et psycha-nalistes se sont interrogés sur ces questions.Tout homme conscient de sa foi en arrive à se les poser à son tour.288 La violence.Compte rendu intégral de la XIXe semaine des Intellectuels catholiques.Coll.Recherches et débats, 59.Edit.Desclée de Brouwer, 1967.224pp.La violence est partout, sous toutes les formes, et si elle est aussi vieille que l’humanité elle-même, il semble qu’elle soit aujourd’hui plus omniprésente que jamais.Suivant la formule déjà en vigueur, les deux années précédentes, les orateurs qui ont animé cette semaine des Intellectuels catholiques proviennent d’horizons spirituels et politiques divers.Il n’est pas trop du concours de tous les hommes pour apporter un commencement de réponse aux multiples questions que provoque la violence.Muller, Alïs, Orientations pédagogiques vers l’Eglise nouvelle.Coll.Perspectives.Edit.Salvator, Mulhouse, 1967.104pp.La Constitution sur l’Eglise promulguée par Vatican II a donné une orientation nouvelle à la pensée théologique relative au mystère de l’Eglise, à ses aspects essentiels.Or, il ne s’agit pas seulement de redécouvrir une pensée, une doctrine.Celle-ci commande des attitudes, tout un nouveau style de vie chrétienne.Il y a par conséquent une éducation à faire, notamment chez les jeunes, une orientation à donner à tous ceux qui se disent chrétiens, pour les aider à devenir de vrais adeptes de la nouvelle Eglise.Leclercq, Jacques, Croire en Jésus-Christ.Coll.Vivre et croire.Edit.Casterman, Paris, 1967.132pp.On parle d’une crise de la foi aujourd’hui.Mais tous ces chrétiens qui perdent la foi comme on perd son porte-monnaie ont-ils jamais eu la foi ?Les idées reçues et les habitudes qui leur paraissent soudain anachroniques, qu’ont-elles à voir avec la foi, qui est adhésion existentielle au Christ?Car, avoir la foi, c’est essentiellement croire à Celui qui a dit : « Je suis la Vérité, la Voie, la Vie ».Pour bien le com- prendre, il vaut mieux laisser de côté les définitions classiques de la théologie, trop abstraites et, pour tout dire, trop médiévales.Le comportement de ceux qui disent croire est autrement éclairant, surtout lorsqu’il est scruté par un observateur aussi lucide que Mgr Leclercq.Thiry, André, s.j., Liberté religieuse et liberté chrétienne.Coll.« Museum Lessianum », sect, ascétique et mystique, no 57.Edit.Desclée de Brouwer, 1967.254p.$3.20.La déclaration de Vatican II sur la liberté religieuse a provoqué en son temps des mouvements de sens divers.Dans ce livre l’auteur entreprend d’abord l’analyse du document conciliaire.Il le situe dans son contexte et dans la tradition.Il tente de répondre aux questions qu’il suscite.Le Père Thiry montre ensuite que la liberté religieuse ne se confond pas avec la liberté chrétienne mais que, bien qu’indispensable, elle n’en est encore qu’une condition lointaine.C’est dans la foi seule que le chrétien naît à l’authentique liberté, celle des fils de Dieu.Estienn, Yvonne, Dans le rayonnement de l’immaculée.Edit.« Marie Médiatrice », Château-Richer, 1967.142p.Ce volume nous parle de la «médaille miraculeuse ».Il ne faut pas oublier que c’est Marie Elle-même qui en donna le modèle, et que les prodiges commencèrent aussitôt : ainsi, l’extraordinaire conversion d’Alphonse Ratisbonne.Mais il est une autre merveille : Sœur Catherine, si bien cachée que ses Sœurs ignoraient qu’elle était la Voyante, prodige d’humilité, de charité, de fidélité.Vertus aujourd’hui bien méconnues, qui pourtant rénoveraient le monde.Dans le dernier chapitre, sommet du livre, l’auteur nous fait méditer le message de Marie et l’exemple de sainte Catherine Labouré. LE MINISTÈRE DES POSTES À OTTAWA A AUTORISÉ L’AFFRANCHISSEMENT EN NUMÉRAIRE ET L’ENVOI COMME OBJET DE LA DEUXIÈME CLASSE DE LA PRÉSENTE PUBLICATION
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