La vie des communautés religieuses /, 1 octobre 1968, Octobre
OCTOBRE 1968 a vie des communautés religieuses ADMINISTRATION La Vie des Communautés religieuses est publiée par les Franciscains de la Province Saint-Joseph au Canada.La Direction est assurée par le R.P.Laurent Boisvert, o.f.m., assisté d’une équipe de théologiens de diverses communautés religieuses.Chaque auteur porte la responsabilité de ses articles.Secrétaire et administrateur : V.F.Réal Prévost, o.f.m.On souscrit directement à la revue, sans l’intermédiaire des librairies ou des agences.Tout ce qui concerne la revue (envoi de manuscrits, consultations, service bibliographique, administration) doit être adressé à : La Vie des Communautés Religieuses 5750, boul.Rosemont Montréal 410, Canada Souscription : $4.00 Tél.259-6911 La VIE des communautés religieuses OCTOBRE 1968 Vol.26 - n° 8 Mgr Lettre d'un Pasteur aux religieuses de H.L.Martensen, 3on diocèse_______________________________ 226 s.j.Dans cette lettre, M£>r H.L.Martensen souligne que la vie religieuse est, de nos jours, d’une extrême actualité, même si les religieuses sont une énigme surtout par leur chasteté consacrée.Les graves problèmes qui se posent actuellement aux religieuses les obligent à repenser leur forme de vie et à la renouveler en refaisant ce que leurs fondatrices ont voulu pour leur temps.Jacques Gervais, La consécration religieuse- 240 o.m.i.L’A.dégage deux aspects de la consécration, à savoir le renoncement à des valeurs de ce monde, la présence et l’action bienfaisantes dans ce monde.Il développe sa pensée en explicitant la nature de cette consécration, sa justification, ses fruits.Il note en terminant que la présence des religieux au monde n’est efficace et rayonnante que s’ils demeurent authentiquement religieux.Livres reçus LETTRE D’UN PASTEUR AUX RELIGIEUSES DE SON DIOCÈSE En pensant à vous, mes sœurs, j’éprouve de la reconnaissance et de la joie.Ce que saint Paul écrivit à la communauté de Philippes qui lui était particulièrement chère, je vous le dis : « je rends grâces à mon Dieu chaque fois que je fais mémoire de vous, en tout temps, dans toutes mes prières pour vous », parce que, depuis le jour où vos couvents ont été fondés, vous avez travaillé pour l’Evangile ; « j’en suis sûr, Celui qui a commencé en vous cette œuvre excellente en poursuivra l’accomplissement jusqu’au jour du Christ Jésus» (Phil.1, 3-4).IMPORTANCE DES RELIGIEUSES DANS LE MONDE MODERNE Dieu seul connaît la valeur et l’importance des services que les religieuses ont rendus et continuent de rendre dans l’édification de nos communautés paroissiales et de nos institutions.Il aurait été impossible que cela se fasse sans le concours désintéressé des religieuses.On aurait peine à concevoir le catholicisme danois sans les religieuses.Il est clair que notre efficacité serait diminuée de moitié, sinon davantage, s’il arrivait un jour que nous ne puissions plus nous appuyer sur les religieuses et leurs institutions.Il est évident que le concours des religieuses dans le passé a été important et indispensable.Toutefois l’on entend dire de temps à autre que les communautés religieuses perdent de leur nécessité à notre époque et que l’on doit envisager un avenir où les tâches 1.Nous publions ici un extrait de la Lettre que Mgr Hans L.Martensen, évêque de Copenhague, envoya aux religieuses de son diocèse le 26 juillet 1965.Les réflexions de ce Pasteur gardent encore toute leur actualité.226 des religieuses seront prises en charge par des laïcs.Sans nier qu’il faille trouver de nouvelles structures pour le catholicisme de demain, qu’il soit indispensable que les laïcs prennent en charge certaines tâches actuellement confiées aux sœurs, je veux souligner de toutes mes forces que notre époque, plus que toute autre peut-être, a besoin des communautés religieuses, et que la vocation religieuse est de nos jours plus que jamais d’une suprême actualité.Je pense ici aux différentes congrégations, dans lesquelles des femmes, vivant en commun et poursuivant un même idéal, vouant à Dieu leur existence entière en renonçant, pour le Royaume des cieux, au droit de propriété, à la libre disposition de soi-même, au mariage et aux enfants.Dans les considérations qui vont suivre, je m’adresse à toutes les sœurs, bien qu’il soit évident que toutes les parties de cette lettre ne les concernent pas toutes également, étant donné que les congrégations diffèrent entre elles, qu’elles assument des tâches particulières et rencontrent des problèmes divers.Les religieuses, signe pour le monde A une époque qui tend à devenir de plus en plus matérialiste, les religieuses sont, tout spécialement par leur virginité, une énigme pour les hommes et souvent même un scandale.Elles témoignent, par leur existence, que la figure de ce monde passe (I Cor.7, 31), et qu’il existe une valeur plus grande que toute joie terrestre.Elles manifestent que le but dernier du christianisme ne peut jamais être de s’installer dans ce monde, mais qu ’au contraire nous vivons dans la foi et l’espérance en Celui qui viendra un jour tout accomplir.Tandis que le monde moderne, avec peut-être plus de force que jamais, proclame que le bonheur de la vie se trouve dans la richesse, la jouissance et l’épanouissement érotique, les communautés religieuses sont aux yeux de tous comme un rappel et un signe en faveur d’une autre échelle de valeurs reconnue par l’Evangile.Ce dernier, en effet, béatifie le pauvre, le méprisé, celle qui n’a pas d’enfants.Il loue la faible servante qui a faim et soif non de jouissance, mais de la justice de Dieu.Il loue celle qui, sans connaître les joies de la maternité, s’établit tout entière dans la foi en ce 227 Dieu qui, dans sa puissance, est capable « de rendre la stérile, mère heureuse » en ses fils (Ps.113, 9).La double vocation des religieuses Puisque les religieuses, par leur vie en commun, sont établies au milieu du monde comme un signe voulu par Dieu, elles sont appelées à servir Jésus-Christ sans partage et à l’annoncer jusqu’à ce qu’il vienne.Au cours de son existence terrestre, le Fils de Dieu accepte d’être servi par des femmes.De même qu’il reçut son corps d’une femme et se laissa nourrir et élever par elle, ainsi il y eut des femmes qui le suivirent et le servirent dans sa vie publique.Il accepte l’onction d’une pécheresse ; il prit même sa défense contre ceux que son geste indignait, et promit que partout où serait proclamée la Bonne Nouvelle, dans le monde entier, on redirait, à sa mémoire, ce qu’elle venait de faire.La boisson calmante de vin mêlé de myrrhe, qui fut offerte à Jésus avant sa crucifixion, avait été vraisemblablement préparée par des femmes juives (cf.Mc.15, 23).Aujourd’hui encore on confie d’une manière toute spéciale aux femmes vouées à Dieu la tâche de soigner et de servir le Corps du Christ.Ces femmes continuent d’entendre les paroles du Seigneur : « ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt.25, 40).Elles comprennent qu’elles trouvent et servent le Christ en chaque homme souffrant et nécessiteux.Elles ont la fonction, incomparablement belle et féminine, de prendre soin du Corps du Christ, de le nourrir et de le faire grandir, comme la sainte Vierge elle-même prit soin du Christ pendant sa croissance.A côté de cette mission de servir le Christ dans le prochain, les sœurs ont encore une autre mission essentielle : annoncer Jésus-Christ aux hommes qui ne connaissent pas encore son Evangile ou qui ne le connaissent pas assez bien.C’est à toutes les femmes sans doute que s’adresse cet ordre de mission (cf.Mt.28 et Mc.16) d’annoncer Jésus-Christ aux hommes ; mais il est évident que celles qui se sont consacrées à Dieu, tout spécialement dans les Instituts dits actifs, participent d’une manière spéciale à cette vocation missionnaire.228 Déjà dans la communauté du Nouveau Testament il se trouvait des prophétesses dont le rôle était de publier aux hommes telle ou telle parole de Dieu.L’on sait que la Samaritaine annonça Jésus comme Messie à tous ses voisins.L’on sait aussi comment Marie-Madeleine, après la résurrection, fut envoyée pour apporter la nouvelle aux disciples.Si les femmes, même dans cette existence assujettie et privée de liberté qu’elles menaient au temps du Nouveau Testament, furent choisies pour porter aux autres hommes le message du salut, une telle mission est bien plus nécessaire et convient davantage à la femme de notre époque.Telle est la mission que les sœurs doivent toujours garder présente à l’esprit.Suivant leur vocation et les dons que Dieu a départis à chaque congrégation ou à chaque sœur, elles doivent travailler à l’annonce de l’Evangile et à ce que le Seigneur soit connu et honoré parmi les hommes.Deux champs d'activité illustrant l'actualité des religieuses Dans l’état moderne socialisé, les services hospitaliers sont de plus en plus spécialisés.Les hôpitaux deviennent des machines colossales et efficaces où les gens, en un temps record, sont libérés de leurs infirmités.Tout ce mécanisme hospitalier tend à prendre un caractère purement technique et impersonnel.Les patients s’en trouvent bien, puisque le but d’un séjour à l’hôpital n’est pas d’entrer en communion intime avec le personnel hospitalier, mais de guérir le plus vite possible.Dans l’organisation hospitalière actuelle, ce sont les incurables et les vieillards qui deviennent tout particulièrement « les mal partagés » de la société.Il n ’y a personne qui s’intéresse vraiment à eux.Ils souffrent de cette mécanisation et de cette technicité ; ils souffrent de prendre conscience que l’intérêt primordial du personnel infirmier est de gagner un salaire ; ils souffrent de n ’avoir personne qui établisse avec eux un contact vraiment humain, qui les aiderait à envisager la mort qui approche lentement.En face de ces « mal partagés » du monde moderne, il devient indispensable de créer une nouvelle organisation charitable de personnes qui, en commun, consacreront leur vie à ceux qui souffrent et qui sont abandonnés.Il ne suffit pas que des dévouements 229 spontanés cherchent un emploi dans un établissement de bienfaisance.Une personne ne peut à elle seule transformer l’atmosphère et l’ambiance de tout un établissement.Il est nécessaire de créer pour les incurables et les vieillards de nouveaux « milieux » et de nouveaux établissements où il n’y aura pas seulement une infirmière isolée, animée de l’esprit du Christ, mais où la maison toute entière sera imprégnée de profonde charité chrétienne.Une observation semblable peut être faite au sujet du monde scolaire.Il existe dans ce domaine une spécialisation toujours plus poussée du personnel enseignant, de sorte qu’un grand nombre de cours, même dans les écoles catholiques, peuvent être donnés aussi bien par des laïcs que par des religieux.Il faut bien reconnaître, de manière générale, que des secteurs toujours plus larges du domaine scolaire passeront graduellement aux mains des laïcs.Il n’en demeure pas moins que dans l’oeuvre de l’éducation les sœurs seront à l’avenir tout aussi nécessaires que par le passé.Elles resteront tout spécialement qualifiées pour enseigner la religion aux enfants.Espérons qu’il s’en trouvera parmi elles qui, ayant reçu une formation religieuse plus approfondie, pourront enseigner aux adultes, prêter assistance à la formation d’autres professeurs de religion et donner l’enseignement aux convertis.Je voudrais notamment attirer leur attention sur le problème que pose le perfectionnement de l’éducation religieuse des 18-25 ans.Les sœurs pourraient peut-être fournir un effort spécial en faveur de ces jeunes.En outre, plus la morale sexuelle de notre société se dégradera, plus des personnes, mariées ou célibataires, chercheront aide et conseil auprès de celles qui, à cause du royaume de Dieu, ont renoncé au mariage, et chez qui elles percevront une maturité et une pureté particulièrement sereines.Que les sœurs soient ou non requises comme conseillères et guides spirituels, il reste que leur vie virginale est de la plus haute importance pour l’éducation et le progrès religieux des autres, du fait que leur forme de vie incite au renoncement et à la foi.PROBLÈMES PARTICULIERS DES RELIGIEUSES À NOTRE ÉPOQUE Même en reconnaissant que la vocation religieuse dans la société moderne est plus actuelle que jamais, on doit admettre cependant que les religieuses traversent une période qui leur pose de graves 230 et délicats problèmes.Ces problèmes sont liés d’une part à une tendance au conservatisme exagéré dans les institutions religieuses, et d’autre part au développement rapide et démesuré s’effectuant dans la société civile et dans l’Eglise.Beaucoup de congrégations ont été fondées à une époque de l’histoire où la vie était menée dans des cadres tout à fait différents de ceux d’aujourd’hui et où, en particulier, la situation sociale de la femme était inférieure à celle de maintenant.Alors que, dans le passé, il était difficile à la femme célibataire d’assurer sa subsistance, il est actuellement facile à une jeune femme d’obtenir un emploi bien rémunéré, de sorte que même si elle ne se marie pas, elle n’a pas à se préoccuper de sa vieillesse.Non seulement au niveau de l’autonomie économique, mais dans tous les domaines de la vie, la situation de la femme dans la société moderne est profondément différente de ce qu’elle était il y a cinquante, cent ou deux cents ans.Et il est inévitable que la situation antérieure des femmes dans la société ait eu des répercussions dans les congrégations religieuses, suivant l’époque où elles ont été fondées.Il est clair cependant que les congrégations vont à la ruine, si elles se renferment dans les manières de faire qui correspondent à une époque depuis longtemps révolue, tandis que le monde, autour d’elles, se transforme avec toujours plus de rapidité.Les congrégations se condamnent elles-mêmes, si elles deviennent des musées dans lesquels on peut contempler les us et coutumes des temps anciens.Ce n’est certes pas ma pensée d’affirmer que tout ce qui est moderne est bien, ni que l’évolution de notre époque doit être approuvée sans restrictions.A beaucoup de points de vue nous sommes tous incertains et déconcertés en face de notre temps.Cette incertitude fait partie, pour nous, de l’appel de Dieu.L’espérance signifie toujours une espérance contre toute espérance, une espérance de ce qui n’est pas visible.Notre époque n’a pas seulement transformé la situation de la femme dans la société ; elle a même remis en question la nature propre de la femme et sa vocation dans l'Eglise aussi bien que dans la société civile.On a souvent eu tendance à défendre la condition de la femme en faisant d’elle, autant que possible, l’égale de l’homme.Le vrai me semble plutôt que la femme possède certaines qualités et des droits que l’homme n’a pas, alors que l’homme possède 231 des qualités et des droits que la femme n’a pas.Je ne soulève pas ces problèmes dans le but de les résoudre, mais uniquement pour souligner que nous vivons à une époque où tout est remis en cause et où les questions posées atteignent une profondeur particulière.C’est à la condition d’être totalement ouvertes à notre temps et à ses problèmes, que les religieuses peuvent contribuer à y répondre et à les résoudre.C’est à la condition d’être intégralement féminines et de vraiment appartenir à notre temps, qu’elles peuvent contribuer à solutionner les questions que pose notre époque concernant la nature de la femme et son rôle dans l’Eglise.Ce n’est pas seulement dans la société civile que se produisent des changements rapides et radicaux, mais aussi à l’intérieur de l’Eglise qui, sous la poussée de Vatican II, cherche à se renouveler intérieurement et à s’adapter aux nécessités de la mission moderne.Si les religieuses ne s’ouvrent pas à cette évolution qui se produit à l’intérieur de l’Eglise, qu’il s’agisse de liturgie, de théologie ou de nouvelles méthodes pastorales et missionnaires, elles manquent à leur vocation, puisqu’elles devraient être une force vive dans le renouvellement de toute l’Eglise.Les religieuses ne doivent pas être dix pas en arrière, mais vingt pas en avant des autres quand il s’agit d’ouvrir de nouvelles possibilités à l’extension de l’Eglise, à la modernisation des méthodes de travail apostolique, au renouvellement et à l’approfondissement de la prière, aussi bien liturgique et communautaire que privée et contemplative.Les divers problèmes fondamentaux que pose notre temps aux congrégations religieuses révèlent leur acuité dans la question délicate du recrutement.C ’est le problème le plus urgent et le plus vital, dont tous les autres dépendent.Il s’agit en somme de savoir si chaque congrégation survivra et continuera de jouer un rôle dans la société future.Il faut dire tout d’abord que le royaume de Dieu ne consiste pas dans le nombre.Une maison religieuse qui disparait ou une communauté qui s’éteint peuvent rendre à Dieu plus d’honneur et de gloire que des centaines de couvents qui peut-être envisagent pour l’avenir une activité pleine de succès.Si donc l’une ou l’autre communauté religieuse entrevoit avec réalisme son extinction, parce qu’elle n’a plus de recrutement, qu’elle accepte une telle situation dans une confiance profonde et illimitée envers Dieu, dont les voies sont insondables.Dieu en effet peut trouver sa 232 gloire aussi bien dans le recul numérique que dans le progrès, aussi bien dans le déclin d’une société que dans sa survivance.Ceci doit être une source de grande consolation car, en fin de compte, les religieuses ne tendent que vers cet unique but : glorifier Dieu, que ce soit par la vie ou par la mort (Phil.1, 20).Néanmoins, chaque congrégation doit autant que possible travailler à glorifier Dieu, non par sa mort et sa suppression, mais en survivant et en se rénovant pour les tâches nouvelles d’un monde nouveau.Il ne manque pas aujourd’hui de jeunes filles et de femmes dévouées qui veulent consacrer leur vie au service du Christ et à la transmission de son message.Mais chaque congrégation est-elle en mesure de se renouveler au point d’éclairer et d’attirer ces jeunes filles ?N’y a-t-il pas lieu de se demander loyalement si l’un ou l’autre noviciat n’est pas de telle nature, qu’il serait impossible à une jeune fille actuelle normale de s’y trouver à l’aise, quels que soient par ailleurs sa ferveur et son dévouement.Lorsque, dans ce qui suit, j’exposerai certaines considérations ayant trait au renouvellement de la vie religieuse, il faudra les envisager toutes dans la perspective ci-dessus mentionnée, à savoir : est-il possible à chaque congrégation de trouver en elle-même la force nécessaire pour survivre à l’avenir et, peut-elle compter sur des personnes qui reçoivent l’appel de Dieu pour accomplir son œuvre ?LE RENOUVELLEMENT DES RELIGIEUSES Si je parle d’un renouvellement qui, je l’espère, s’effectuera chez nos religieuses, il ne faut pas croire que je suis incapable d’apprécier ou même d’admirer les différentes congrégations, telles qu’elles ont vécu et travaillé depuis les générations précédentes jusqu’à nos jours.Je dois au contraire admettre que j’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de communautés religieuses et que pour chacune je peux affirmer sans restriction avoir éprouvé une grande estime.Le mot « renouvellement » a une tout autre résonance que le mot «réforme».Renouvellement ne suggère pas qu’il y a une situation scandaleuse à changer et, encore moins, qu’on veuille rompre avec son propre passé.Se renouveler signifie, au contraire, que les religieuses doivent repenser et refaire ce que leurs fonda- 233 trices ont originellement voulu pour leur propre temps.Les religieuses doivent essayer de se représenter l’aspect que prendrait leur congrégation si elle était fondée maintenant et si leur fondatrice était actuellement une femme jeune et active dont Dieu se serait emparé et sur laquelle il aurait répandu son Esprit avec une plénitude spéciale.Se renouveler signifie que l’on rassemble toutes les ressources de son cœur, de son intelligence, de ses facultés, pour se mettre en état de recevoir l’Esprit divin toujours recréateur.Les règles religieuses et l'attitude des soeurs à leur égard Le renouvellement qui, je l’espère, se produira chez les religieuses doit en effet exercer une influence sur les constitutions et sur l’attitude des sœurs à leur égard.Les règles des différentes congrégations sont, sans aucun doute, dignes de respect ; approuvées par l’Eglise, elles traduisent beaucoup de sagesse et d’expérience humaines.On ne peut nier cependant que ces règles soient fortement marquées par l’époque de leur rédaction et requièrent des changements radicaux, si les congrégations veulent continuer à vivre en accord avec notre époque.Par ailleurs je me rends parfaitement compte qu’il n’est possible ni à une sœur, ni à une communauté locale, ni même à toute une province, de modifier la règle.Voilà pourquoi je m’adresse spécialement aux supérieures et les invite à tout faire ce qui est en leur pouvoir pour encourager une revision de leur règle et son adaptation au rôle des religieuses à notre époque.Néanmoins, un renouvellement constant de l’attitude des sœurs à l’égard de leur règle importe plus encore que les modifications apportées à celle-ci.Pour autant qu’il s’agisse de préceptes qui ne sont pas tombés en désuétude, les religieuses doivent les observer en toute simplicité et droiture.Dans l’observance de la règle, elles agiront d’ailleurs comme des personnes mûres et de bon sens, conscientes que le Christ nous a délivrés de l’esclavage de la loi et fait de nous de libres fils et filles du Père.Elles comprendront qu’il y a des situations qui délient de l’une ou l’autre règle, et que tout doit être jugé d’après la loi de la charité.234 Les constitutions ne doivent pas devenir une sorte de nouvelle loi mosaïque qui pèse sur les chrétiens.On ne peut jamais rédiger une règle qui embrasse toutes les situations de la vie quotidienne.La règle doit être considérée comme un soutien qui donne aux religieuses plus de facilité pour vivre en accord avec l’esprit des vœux.La maxime paulinienne : «La lettre tue, mais l’esprit vivifie », vaut également pour les règles religieuses.Ainsi il est possible qu’une sœur observe la règle et ne lèse aucun précepte de la pauvreté, mais en même temps qu’elle manque au plus haut point à l’esprit de pauvreté.Songeons au cas d’une religieuse qui se munit fidèlement de la permission de l’autorité et reste ainsi dans les limites de la règle, mais qui se procure un confort inutile.Peut-être observe-t-elle les règles de la pauvreté ; elle est malgré tout dépourvue de l’esprit de pauvreté.Si la règle est comprise et observée, non pas en conformité à la lettre qui tue mais à l’esprit qui vivifie, alors seulement elle peut conduire à la sainteté.Quant aux préceptes qui concernent Vobéissance, il convient d’en faire un commentaire spécial.L'obéissance tient une place de choix dans la vie des religieuses et elle est nécessaire à l’épanouissement de la vie communautaire.L’œuvre des sœurs, servir le Christ et l’annoncer, ne peut s’effectuer que dans le cadre de l’obéissance.Pourtant, devant certaines explications étroites de l’obéissance, on doit affirmer que celle-ci ne vise pas à éteindre le besoin naturel d’action qui est en l’homme, puisque le Christ n’est pas venu pour anéantir la nature humaine mais pour la racheter.De même ce n ’est pas le but de l’obéissance de tuer l’initiative personnelle.Au contraire, les supérieures ont le devoir d’écouter les inférieures, et celles-ci de manifester aux supérieures les travaux et les tâches qu’elles croient pouvoir mener à bien, et pour lesquels elles éprouvent de l’attrait.Enfin l’obéissance ne signifie absolument pas la suppression de la responsabilité personnelle dans les actes que l’on pose.En dehors du fait qu’il n’est jamais permis d’accomplir une action peccamineuse au nom de l’obéissance, on peut être obligé parfois de faire remarquer aux supérieures les conséquences malheureuses de leur commandement.Si malgré tout les supérieures le maintiennent, on doit alors obéir.Il est donc possible qu’une sœur pratique plus parfaitement l’obéissance en exprimant son opinion aux supé- 235 rieures, qu’en se taisant par respect humain et en accomplissant un ordre dans le silence.En somme, les rapports d’obéissance qui lient les religieuses aux décisions de leurs supérieures doivent être compris comme des rapports existant entre des êtres humains, mûrs et conscients de leurs responsabilités, de sorte que l’obéissance ne soit nullement confondue avec l’infantilisme.L’une des fonctions les plus importantes de l’obéissance est de créer l’ordre et l’harmonie dans la vie commune et dans le travail des sœurs.Ceci exige des rapports de confiance entre supérieures et inférieures, et aussi que les sœurs puissent facilement et librement s’exprimer devant leurs supérieures.On entend dire parfois que ce n’est qu’à la veille de la retraite annuelle qu’une sœur apprend le nom du prédicateur, ou encore qu’elle n’est informée qu’à la veille de son changement, de la nouvelle tâche qu’on lui confie.En règle générale il est de beaucoup préférable que les supérieures informent à temps les inférieures et, autant que possible, tiennent compte de leurs opinions.La supérieure devrait elle-même faire son possible pour stimuler chez l’inférieure une obéissance intelligente et responsable, une adhésion entière de l’intelligence et de la volonté.En conséquence, dans beaucoup de cas, il serait bon que les supérieures consultent directement leurs inférieures.Les premières chrétiennes, déjà au temps des Apôtres et bien avant la fondation proprement dite des ordres religieux, consacraient leur vie à Dieu par la seule virginité, sans faire expressément vœu de pauvreté ou d’obéissance.Aujourd’hui encore, le vœu de chasteté virginale résume et contient d’une certaine manière les deux autres, manifeste pleinement cet oubli de soi et cette donation qui seuls confèrent un sens à la vie religieuse.Le renoncement des sœurs à l’amour conjugal et aux enfants les rend particulièrement pauvres, puisqu’il est plus exigeant de renoncer à la fondation d’un foyer qu’à la possession des biens matériels.Pauvres d’une famille qu’elles auraient pu fonder, privées des joies de la maternité, elles sont, dans la foi, soumises à Dieu qui donne la vie aux morts et appelle le néant à l’existence (Rom.4, 17).C’est de Dieu seul qu’elles attendent l’accomplissement de toutes les promesses et la réalisation de la béatitude promise aux cœurs purs.236 La formation des religieuses La jeune fille, qui désire entrer au couvent, s’attend à y recevoir une formation qui, en durée et en intensité, corresponde en gros à la formation sacerdotale.Même si la religieuse ne requiert pas une formation aussi philosophique et théologique que celle du prêtre, compte tenu toutefois des tâches spécifiques auxquelles la congrégation veut l’employer, elle doit pouvoir compter sur une formation spécialisée qui soit de première valeur.Voulant engager toute sa vie, elle doit avoir le sentiment que sa vie sera utilisée aussi totalement que possible au service de l’Eglise, et que l’Eglise n’estime pas moins sa valeur et ses aptitudes personnelles parce qu’elle est femme que si elle était homme.Il existe beaucoup d’autres raisons qui rendent souhaitables et même nécessaires une révision et un renouvellement continuels de la formation des religieuses.C’est une évidence pour tous que le monde entier se développe avec une rapidité toujours croissante.En beaucoup de domaines, il s’est produit au cours des cinquante dernières années plus de changements que pendant les cinq millénaires précédents.Le monde change aujourd’hui plus profondément en l’espace d’une seule année qu’il ne le faisait autrefois en une génération.Dans de telles conditions, une révision continuelle est nécessaire, si l’on ne veut pas, en peu de temps, perdre contact avec le monde qui nous entoure.Ce n’est pas seulement dans le domaine profane, comme la médecine ou la technique, qu ’il s’est produit de grands changements et d’incroyables progrès au cours de ces dernières années ; à l’intérieur même des cadres de l’Eglise il y eut aussi de profonds changements, à la suite surtout de Vatican II.De nouveaux courants d’idées sont apparus dans la théologie et en général dans toute la pensée catholique.Beaucoup de problèmes et de questions sont traités autrement aujourd’hui qu’ils ne l’étaient il y a dix ou vingt ans.Dans ces conditions, il est évident que les sœurs doivent, en tous domaines, se tenir au courant des idées nouvelles qui s’imposent dans l’Eglise.Il faut louer ici l’initiative des communautés qui organisent des cours de culture générale pour les religieuses et des cours de religion pour les jeunes sœurs.Le renouvellement de la formation pose de sérieux problèmes dès le noviciat.Ayant pour but d’introduire la jeune fille dans 237 la vie religieuse, le noviciat exige un certain retrait du monde, qui permet à l’Esprit de Dieu d’agir dans le silence et la vie cachée.Ce n’est cependant pas le rôle du noviciat de parfaire l’œuvre de l'Esprit en un ou deux ans ; i 1 vise à poser un fondement sur lequel on bâtira ensuite.Ce n’est pas le but du noviciat que, en peu de temps et en serre chaude, on produise des fruits de perfection, mais plutôt qu’on sème la parole de Dieu comme au printemps, sans précipiter la maturation de l’été ni la récolte des fruits de l’automne.Il est souhaitable que le noviciat rayonne d’espoir printannier et de cette liberté d’esprit louée par le Nouveau Testament, qu’il soit ouvert à cette vie nouvelle qui croît dans le cœur de chaque novice et dans l’Eglise entière.Toute concentration sur soi, tout effort crispé de sanctification volontariste, tout ce qui d’une certaine façon est contre nature et inutilement compliqué, doit être banni du noviciat.Même dans le retrait du monde doit régner une ouverture joyeuse et confiante au monde et à l’Eglise, que les novices par leur consécration désintéressée au Christ, désirent servir.La première introduction des sœurs à la vie religieuse doit être, non unilatéralement ascétique, mais fondée sur une saine exégèse de la Parole du Nouveau Testament et sur une théologie qui soit en harmonie avec une ascèse traditionnelle et une dogmatique saine et moderne.En conséquence, il est nécessaire que le noviciat possède une bibliothèque munie des principaux ouvrages théologiques et bibliques, que les sœurs, dès la première année du noviciat, assistent à des conférences qui les introduisent à l’étude de la Sainte Ecriture et les initient aux nouveaux modes de pensée théologique et liturgique.Il est même souhaitable que ces conférences ne soient pas données par un seul prêtre, mais par différents prêtres et religieuses, afin que dès le début les novices acquièrent une saine largeur de vue sur tout ce qui est neuf dans l’Eglise.Il n’y a aucun inconvénient à ce que les sœurs remarquent de légères divergences dans l’optique théologique ou biblique de leurs différents professeurs.Cela fait partie de notre temps de ne pouvoir apporter de réponse claire à toute question, et cela ne doit pas être dissimulé aux novices.On doit les traiter en chrétiennes mûres et capables de réflexion personnelle, pouvant discuter ensemble de sujets qui prêtent à diverses interprétations.Ainsi pourront-elles grandir dans la charité mutuelle et développer leur responsabilité collective.238 Après le noviciat, les soeurs devraient avoir l’occasion de poursuivre leur formation religieuse et professionnelle.En face du manque actuel de jeunes recrues, les supérieures auront la tentation de diriger immédiatement les novices vers 1 activité, sans formation préparatoire ou du moins sans formation adéquate.Même si la pénurie de religieuses est très grande, l’espoir de vocations nouvelles réside dans le renouvellement et l’accentuation de la formation des religieuses.La congrégation qui, à cause du manque actuel de sœurs, précipite et abrège la formation des jeunes sujets, doit se résigner à mourir dans un bref délai.Les sœurs devraient, après le noviciat, recevoir une formation correspondant à la profession qu’on désire leur assigner.Qu’elles deviennent infirmières, enseignantes, jardinières d’enfants, catéchistes, assistantes sociales, etc., leur formation doit correspondre à celle que reçoivent les laïques qui œuvrent dans ces professions.Il est même souhaitable que beaucoup de sœurs reçoivent une formation spécialisée, de sorte qu’elles puissent éventuellement contribuer à former d’autres religieuses ainsi que des laïques.De façon générale, les sœurs ont à se préparer à une action directement apostolique et à des tâches spéciales immédiatement orientées au soin des âmes.Après le noviciat on devrait également octroyer aux sœurs une solide formation religieuse.Il serait normal que leurs connaissances de la Sainte Ecriture, de la théologie, de la liturgie, des méthodes pastorales, des arts religieux, dépassent largement celles du laïc moyen.Quant aux jeunes sœurs, il est insuffisant de limiter leur formation, après le noviciat, à l’assistance occasionnelle à des conférences bibliques ou théologiques ; il leur faudrait suivre des cours systématiquement organisés.Aux religieuses plus âgées, il serait bon de donner des cours sur des thèmes bibliques, théologiques, catéchétiques et autres.Même si elles ont reçu une formation religieuse solide il y a dix ou vingt ans, cette formation a besoin d’être complétée, vu le riche développement de ces sciences au cours des dernières années .Mgr Hans L.Martensen s.j., évêque de Copenhague Frederiksgaden - 7, Kôpenhavn - K.Danmark.239 LA CONSÉCRATION RELIGIEUSE On tend aujourd’hui à désigner la vie religieuse comme une vie consacrée.A bon droit, puisqu’on touche là son assise essentielle.Le paragraphe 5 du décret Perfectœ Caritatis l’a fortement souligné : « Que les membres de tout institut repassent en esprit cette idée primordiale : leur profession des conseils évangéliques est réponse à une vocation divine; plus que mourir au péché, ils renoncent au monde pour ne plus vivre que pour Dieu seul.Ils vouent toute leur vie à son service, et cela constitue une consécration spéciale, enracinée en celle du baptême et destinée à l’épanouir plus complètement, » Ces quelques lignes, où affleure le vocabulaire de saint Paul, condensent toute l’idée biblique et théologique de consécration en l’appliquant à la vie religieuse.A l’encontre de certains qui flairent dans le sacré je ne sais quelle contamination indésirable, le décret conciliaire justifie la consécration et en dégage les deux aspects essentiels: renoncement à des valeurs bonnes de ce monde pour en faire le signe et le moyen d’une affectation spéciale au service de Dieu.C’est alors que sera bienfaisante au monde la présence des consacrés.Aussi bien le Concile, après avoir requis le renoncement au monde, n’a-t-il vu aucune contradiction à recommander aux religieux l’action et la présence dans le monde.C’est pour rendre justice à ces données conciliaires que vont s’organiser les réflexions suivantes sur la consécration religieuse: ce qu’elle est, ce qui la justifie, ce qu’elle donne.En quoi consiste la consécration religieuse J’appelle consécration religieuse un acte par lequel un chrétien s’engage volontairement dans un genre de vie sacrée.Il faut sans plus se demander ce qu’est le sacré.Si je veux le définir d’un mot, est sacré tout ce qui est mis à part du reste de la création pour être réservé au service de Dieu.La définition est sans doute trop 240 condensée pour révéler son sens.Procédons plutôt par voie d’induction, si sommaire soit-elle.Toutes les civilisations et toutes les religions connaissent le sacré et son antonyme : le profane.Limitons-nous au sacré que nous connaissons dans l’Eglise.Il y a des lieux sacrés.Certes, Dieu habite partout; la terre est son temple, le ciel est son sanctuaire ; partout on peut le rencontrer.Il y a pourtant des lieux sacrés, des lieux où la présence de Dieu est plus clairement affirmée, où l’on vient pour le rencontrer, que l’on doit respecter, comme la demeure du Seigneur, d’où on écartera les occupations non religieuses ou profanes.Pensez à l’injonction adressée à Moïse du buisson ardent: «N’approche pas d’ici.Ote tes sandales de tes pieds, car le lieu que tu foules est une terre sainte » (Exode, 3, 5).Pensez à Jésus chassant les vendeurs du Temple: «Otez cela d’ici.Ne faites plus de la maison de mon Père une maison de commerce » (Jean, 2,16).C’est ainsi que les chrétiens se construisent et consacrent des églises pour y célébrer l’Eucharistie et y trouver leur Seigneur.Il y a des temps sacrés.Certes, tous les temps appartiennent au Seigneur: « Le Christ hier, aujourd’hui et dans les siècles », disons-nous à la bénédiction du cierge pascal ; tous les temps sont opportuns pour prier Dieu; tous les temps sont remplis d’éternité et y conduisent.Et pourtant, il y a des temps sacrés : la vigile pascale est une nuit très sainte, elle est le sommet de la semaine sainte par excellence.La célébration de Pâques se reproduit ensuite de semaine en semaine le jour du Seigneur : jour de prière, de louange, de participation plus intense au mystère du salut, jour aussi de repos, de cessation des travaux de la semaine, à l’exemple du Créateur qui se reposa le septième jour après avoir achevé l’œuvre de la création.Il y a des objets sacrés.Certes, tout objet, qu’il soit naturel ou fabriqué, porte un reflet de la main créatrice ; tout ce monde est à notre usage, et c’est la munificence de Dieu qui le met à notre disposition pour en jouir et en profiter.Il y a pourtant des objets qui ont un usage sacré.Parmi bien d’autres, pensons au calice et à l’eau baptismale.Un calice est consacré quand il est soustrait à l’usage courant et ordinaire d’un vase de table pour être réservé à contenir le Précieux Sang.L’eau baptismale n’est 241 que de l’eau ordinaire, de celle qui coule dans la rivière ou est canalisée dans l’aqueduc, et pourtant elle ne sert pas aux usages de la vie humaine, ni à boire, ni à laver; consacrée solennellement en la nuit pascale, elle sera employée uniquement à un usage sacramentel: coulant sur le front d’un enfant, elle lavera son état de péché et l’enfantera à la lumière divine.Lieux, temps et objets supposent des occupations.Il y a des occupations sacrées.Encore une fois, répétons-le, toute l’activité humaine doit concourir à la gloire de Dieu : « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, et quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu» (I Cor.10, 31).Pas de compartiment entre service de Dieu et activité humaine.Tout au service de Dieu, tout selon sa volonté, en exécution de ses plans, tout pour refléter sa beauté et conduire à sa rencontre.Il y a pourtant des occupations proprement sacrées, qui n’ont pas d’autre raison d’être que de se rapporter uniquement à Dieu ; différentes de toutes les autres occupations, parce qu’elles se reflètent exclusivement à Dieu.On met de côté les autres soucis, intentions et exécutions; on tourne vers Dieu les mains et l’esprit; on lui consacre son attention et son esprit et son cœur pour adhérer à Lui, vivre avec Lui et en Lui; c’est la prière prise au sens général.Au sommet de l’activité sacrée, nous célébrons le sacrifice, l’acte sacré par excellence, qui consiste à offrir à Dieu, en la consacrant, une victime sainte.Certes, tout ce que nous avons appartient au Souverain Seigneur et nous devons tout lui remettre ; en ce sens toute vie est sacrifice.Pourtant, il y a un acte bien spécifique qui s’appelle le sacrifice.Pensons à celui de Jésus sur la croix: Il prend sa vie entre ses mains et, très librement, Il la remet à son Père en acceptant de se conformer aux dispositions mystérieuses de celui-ci.Séparation suprême qui arrache a Jesus sa vie humaine pour la faire passer en pure propriété divine.Nous rencontrons ici le sacré en ce qu’il a de plus pur.Il y a, enfin, des personnes consacrées.Des personnes qui appartiennent à Dieu et sont marquées par Dieu d’une façon spéciale.Serait-ce à dire que les autres n’ont aucun rapport à Dieu ?Loin de là.Tous et chacun des humains portent l’image de Dieu, sont appelés à devenir fils de Dieu.Tous doivent le servir, tous doivent l’honorer, tous doivent le chercher.Mais il y en a qui sont marqués d’une appartenance spéciale à Dieu; dans la 242 masse de l’humanité, ils sont comme mis à part pour être spécialement les serviteurs de Dieu.Ce sont les chrétiens qui constituent le peuple de Dieu, le peuple saint, le peuple des saints, sanctifies et marqués par les caractères sacramentels.C’est ainsi que les premiers chrétiens se désignaient et se définissaient (I Pet.2, 5, 9 ; Act.9, 13; voir Bible de Jérusalem, en note à ce dernier texte).A l’intérieur même du peuple chrétien, quelques-uns de ses membres sont encore plus exclusivement mis à part et affectés au culte et aux choses de Dieu.C’est pour les apôtres que Jésus prie: « Pour eux.je me consacre moi-même afin qu’ils soient eux-mêmes consacrés en vérité» (Jean, 17, 19), c’est-à-dire pour qu’ils soient mis à part et voués à Dieu pour le culte en esprit et en vérité.C’est à tous les ministres sacrés, ordonnés par le sacrement de 1 Ordre, qu’on appliquera la fonction de grand-prêtre que l’épître aux Hébreux applique au Christ: «Pris d’entre les hommes, établi pour intervenir pour les hommes dans leurs relations avec Dieu » (Héb.5,1).C’est ici finalement que nous pouvons situer la consécration personnelle d’autres membres du peuple de Dieu, je veux dire les religieux.Nous y viendrons, mais auparavant essayons de dégager de la revue précédente une idée d’ensemble de la consécration.Partout le sacré — qu’il s’agisse de personnes, d’occupations ou de choses — nous est apparu comme une catégorie spéciale, distincte de ce qui, d’un autre côté, s’appelle le profane.En contrastant ainsi sacré et non-sacré, c ’est-à-dire profane, on comprendra mieux le sacré.Ecartons quelques fausses idées.D’abord, il faut noter que la différence entre sacré et profane ne tient pas à la nature substantielle des êtres, comme si d’avance le Créateur avait réparti tous les êtres d’une façon absolue en deux sortes: sacrés et profanes.D’une façon générale, cette distinction ne provient pas de la substance des êtres, mais de leur destination et de leur vocation ; nous y reviendrons.Il faut bien se dire en outre que la différence entre sacré et profane n’équivaut pas a bon et mauvais, comme si seulement le sacré était bon et comme si le profane était condamné et condamnable.C’est clair, mais il faudra toujours s’en souvenir pour ne pas mépriser ou rejeter ce qu’on qualifie de profane.Allons plus loin: il ne faut pas comprendre sacré et profane comme si seulement le sacré pouvait nous conduire à Dieu, tandis 243 que le profane n’aurait pas de valeur ni d’intérêt pour la sanctification de la vie.Il faut dire et redire que le profane est bon, est sanctifiant, qu’il vient de Dieu et conduit à Dieu.Travailler à la promotion du monde glorifie Dieu.Jouir des beautés de ce monde est capable de nous sanctifier.D’où vient donc la vraie différence entre sacré et profane ?Elle vient de la destination que l’on donne ou que Dieu donne aux êtres.Je veux dire leur destination immédiate et spécifique.Chaque être, en effet, chose ou personne, a une destination ; chacun occupe une place, chacun a des énergies, chacun exerce une activité, chacun remplit un rôle, un usage si c’est une chose, une fonction si c’est une personne.Voilà ce qui fait la valeur des choses et des personnes.Toutes ces valeurs se rencontrent, se croisent, se complètent.Les personnes utilisent les choses; par l’intermédiaire des choses, elles dominent le monde, l’explorent, le transforment; elles se connaissent, communiquent entre elles, s’aident, se servent, s’aiment.Il se forme ainsi un réseau infini de rapports, et c’est tout cela qui constitue l’univers cosmique et le monde humain.Vous avez là le tableau de ce qui s’appelle le profane: c est la valeur qu’ont les créatures en elles-mêmes et les unes par rapport aux autres.Voilà la définition profonde du profane.On comprend pourquoi le profane a de la valeur, pourquoi il est bon : il n’est pas autre que l’expression de cette exclamation du Créateur à la vue de son œuvre : « Et Dieu vit que cela était bon ».Le profane, c est la creature considérée en elle-même et dans ses relations avec les autres créatures.En ce sens, le profane équivaut à ce qu’on appelle le monde ou encore le siècle ou encore l’humain.Mais en dehors du monde, il y a Dieu; en outre des rapports des créatures entre elles, il y a leur rapport à Dieu.C ’est pourquoi il existe dans la creature une dimension qui s’appelle religieuse.C’est la créature prise dans son rapport à Dieu.Or, parmi les créatures, il y en a dont la destination spécifique est de se rapporter à Dieu.Leur valeur propre, parmi toutes les créatures, sera de vivre et de signifier ce rapport à Dieu.Comment cela ?Comment, en d’autres termes, une créature devient-elle consacrée ?Certes pas, je le redis, en changeant de nature.L’onction consécratoire ne transmue pas le métal du calice: d’or il reste, s’il a été façonné en or, et d’étain, si on l’a confectionne en étain.Il poura être du même métal que les autres vases 244 qui servent sur nos tables de tous les jours.Il reste soumis à toutes les lois de la physique ou de la chimie: si on l’échappe, il se brise, il subit la corrosion des acides, il ternit ou il reluit selon le cas.Ainsi d’une personne consacrée: elle n’est pas d’une autre race ni d’un autre tempérament que le reste de l’humanité, elle n’échappe pas aux lois communes ni physiques ni psychiques.D’où vient alors le caractère spécifiquement sacré ?Il vient d’une destination divine: la personne ou la chose, tout en étant en ce monde, n’appartiennent plus au réseau des valeurs et des rapports de ce monde, elles appartiennent au culte et au service de Dieu.Vous l’avez remarqué, le caractère sacré comporte en même temps un retrait du monde et une appartenance à Dieu.Ce qui est sacré est séparé, mis à part, retiré des valeurs terrestres, des usages et des rapports humains, non que ceux-ci soient mauvais, loin de là, mais pour marquer l’appartenance à un autre, à l’Autre par excellence, à celui qui est le Saint et le Séparé, le Dieu créateur, souverain et transcendant.Je ne fais que mettre en formules ramassées ce que nous avons constaté en repassant les principales formes du sacré.Partout le sacré se présente comme séparé (à des titres et selon des mesures variables), tant dans la vie de l’Eglise que dans la Bible.L’usage d’une chose consacrée n’est plus l’usage courant, commun, ordinaire, humain; elle en est retirée, elle ne sert plus aux hommes, elle sert à Dieu, ou mieux au culte de Dieu.On la soustrait justement à l’usage humain pour signifier qu’elle est réservée à Dieu, qu’elle lui appartient comme sa chose propre.Appartenir à Dieu en propre, voilà l’autre aspect du sacré.La consécration est une mainmise de Dieu sur une creature ; Il la fait sienne à un titre particulier.Sa raison d’être, c’est Dieu.S’il s’agit d’une chose, c’est de servir au culte de Dieu, de faire penser à Dieu.S’il s’agit de personne, c’est de s’occuper de Dieu, de le louer, de le prier, de le représenter, en un mot, de le servir.Non seulement, encore une fois, comme toutes les créatures doivent le servir, mais en réservant au service de Dieu toutes les forces, toutes les ressources, toutes les occupations dont on dispose.Comme d’autres s’occupent à bâtir le monde, ainsi les consacrés s’occupent à servir Dieu.Après nous être ainsi formé une idée de ee qu’est la consécration, nous pouvons revenir à la vie religieuse; il sera facile de 245 comprendre comment elle est une vie consacrée.Si nous prenons la vie religieuse telle qu’elle est, il est clair qu’elle ne va pas sans une séparation du monde (adieux au monde d’autrefois !) et une application particulière au service de Dieu.Au fond, au commencement et à la fin, domine une donation volontaire de soi à Dieu, pour se réserver et se mettre à son emploi.Cette donation se traduit par un renoncement à certaines valeurs du monde et par une application à des oeuvres divines et religieuses.L’étendue de ce renoncement et de cette application peut et doit varier, mais il n’y a pas de vie religieuse sans consécration, et pas de consécration sans une séparation du monde et une réservation à Dieu.Ce qui justifie de se consacrer à Dieu Jusqu’à présent, j’ai essayé de donner une idée de la consécration religieuse.Ici ou là, j’ai insinué les raisons qui la justifient, mais maintenant il faut aborder directement la question : pourquoi se séparer ainsi du monde pour se mettre au service de Dieu ?Je ne parle pas ici de la vocation individuelle d’une personne, mais de 1 existence même dans l’Eglise d’instituts de vie consacrée.Sans vouloir trop simplifier, on pourrait faire valoir deux justifications qui se répondent symétriquement : la première, la gratuité même du service de Dieu; la seconde, l’utilité que nous en retirons.Il importe qu ’il y ait dans l ’Eglise des chrétiens spécifiquement réservés au service de Dieu.De tout temps, les hommes éprouvent la tentation de se passer de Dieu, comme si la main créatrice leur pesait, comme si à force de génie et de sueurs, en conquérant la maîtrise de l’univers et de soi-même, on se soustrayait d’autant à la sagesse et à la puissance d un créateur devenu inutile, donc tyrannique.La technique moderne assure tellement de puissance à l’homme qu’il croit pouvoir proclamer sa totale indépendance et pourvoir seul à son destin.Par conséquent, tout ce qui importe, c’est de s’employer tout entier à promouvoir la société et à bâtir le monde.Il faut se mettre au service de l’humain.Il faut du rendement, il faut produire.Voilà l’explication du mouvement dit de sécularisation.Il pénètre le christianisme : ses promoteurs, consciemment ou inconsciemment, veulent dépouiller le christianisme de sa dimension reli- 246 gieuse pour le tourner exclusivement en service de l’homme.On cherche à « désacraliser » la vie chrétienne : non service de Dieu mais service des hommes, ou ce qui revient au même: pas d’autre forme de service de Dieu que le service de l'homme.Le royaume de Dieu n’est plus une réalité hors de ce monde, il coïncide avec l’univers spatial et social que l’homme bâtit et où il s’accomplit en une montée sans cesse projetée en avant.Il ne reste rien d’autre que les valeurs profanes et tout ce qu’elles représentent.Qu’il faille reconnaître, exploiter et promouvoir les valeurs profanes, nous l’avons assez dit plus haut.Mais est-ce à dire que nous avons embrassé ainsi toutes les dimensions de l’existence ?S’il est vrai que servir les hommes c’est une façon de servir Dieu, il ne faut pas conclure qu’il n’y a pas lieu d’accorder à Dieu un culte distinct et premier: Dieu doit être premier servi.Dieu n’est pas identifié au monde, Il est autre que le monde, séparé du monde, transcendant en même temps qu’immanent, C’est pourquoi il faut lui offrir un culte distinct, qui reconnaisse ce qu’il est.Il ne faut pas seulement bâtir le monde, il faut l’offrir et s’offrir soi-même à Dieu.Il ne suffit pas de coopérer à l’œuvre de Dieu, il faut aussi reconnaître que Dieu est infiniment au-dessus de son œuvre.En d’autres termes, en plus des valeurs profanes, il faut faire place à des valeurs religieuses.Or, ce qui caractérise ces valeurs religieuses, c’est d’être gratuites.Elles ne sont rien d’autre qu’une reconnaissance: la religion, c’est essentiellement de reconnaître Dieu pour ce qu’il est.Le service essentiel de Dieu, ce n’est pas de produire, de créer, de bâtir, c’est de reconnaître ce qu’il est, simplement parce qu II est.Voilà ce que j’appelle gratuit.Et ce gratuit s’impose comme le plus nécessaire.Mais, on dira: cet acte de reconnaissance et d’offrande, c’est un acte intérieur, dans l’intime du cœur et de l’esprit.Voilà le culte en esprit et en vérité que Dieu demande.Ceci étant accordé, ne convient-il pas d’employer toutes ses ressources et tout son temps aux œuvres de service utile à l’humanité ?A cette question, il faut répondre que sans doute le culte intérieur est l’âme de toute religion, mais l’âme ne vit que dans le corps.En d’autres termes, le culte de Dieu doit s’exprimer dans des actes extérieurs, des signes corporels, des attitudes vécues, des engagements qui modifient la vie.C’est ainsi qu’il y a des occupations proprement 247 religieuses, des lieux affectés au culte, des objets qui y sont employés, des temps réservés, des personnes qui vaquent à ces occupations.Voilà qui justifie le sacré, tel que nous l’avons défini au commencement de cet exposé.C’est ici que se place l’état religieux ou de vie consacrée.Il est parfaitement justifié que des chrétiens désirent consacrer leur vie au service de Dieu, simplement parce qu’il est bon que des chrétiens en fassent la préoccupation majeure de leur vie.Intérieurement, tous les chrétiens, tous les hommes doivent offrir leur vie à Dieu: ce n est pas en cela que consiste la consécration des religieux.Ce qui justifie ceux-ci, c’est de traduire l’offrande intérieure en un état de vie ; un état de vie qui comporte un renoncement à certaines valeurs profanes, une séparation du monde pour être dévoué aux choses de Dieu, employé à son service.Un tel état de vie se justifie par lui-même, comme se justifie le fait qu’il y ait des créatures séparées des autres pour être réservées à Dieu.De là, je tire une conclusion.La consécration religieuse comporte une séparation du monde.Or, en pratique, parmi les instituts de vie consacrée, nous trouvons trois degrés de séparation: d une part les instituts monastiques et cloîtrés, d’autre part les instituts séculiers, dont les membres continuent de vivre dans le siècle, et enfin les instituts religieux « actifs », situés entre les deux, plus sépares du siecle que les instituts séculiers, plus mêlés au monde que les instituts monastiques.Ces trois degrés sont clairement marqués par le décret Perfectœ Caritatis.Or, il me paraît bon que l’état mitoyen, qui est l’immense majorité des religieux, garde sa caractéristique, c’est -à-dire une séparation visible et vecue par rapport au monde.Si les religieux en général adoptaient le genre de vie des instituts séculiers, c’est toute la vie consacrée qui perdrait de son relief dans l’Eglise.La consécration religieuse s’avère des plus utile pour le bien de l’humanité.On ne se consacre pas à Dieu pour l’utilité qu’on en retire, ce serait contredire l’idée même de consécration.Et pourtant, le sacre nous procure de multiples avantages : « Les dons apportés à la gloire de Dieu servent au salut de tous » (Prière sur les offrandes, 5e dimanche après la Pentecôte).Le premier avantage consiste à créer un climat plus favorable à l’épanouissement de la charité.Le sacré en lui-même n’est pas 248 la perfection de la charité ; mais il peut la favoriser.Particulièrement quand il s’agit de la consécration religieuse.Celle-ci, en effet, consiste dans la profession des conseils de perfection, tels qu’énoncés dans l’Evangile et reconnus par l’Eglise.Les conseils de perfection ne sont pas la perfection de la charité ; on n ’est pas automatiquement plus parfait parce qu’on pratique ou qu’on s’est engagé à pratiquer les conseils de perfection.Mais les conseils de perfection sont garantis par le Christ et l’Eglise comme capables de favoriser l’épanouissement de la charité.En effet, les conseils consistent dans le renoncement effectif à certaines valeurs humaines ou profanes.Des valeurs bonnes et capables d être sanctifiées et sanctifiantes, mais capables aussi de devenir obstacles à la croissance de la charité.L’être humain risque facilement d’ambitionner les possessions, de s’engluer le cœur et de suivre ses quatre volontés, au point de diviser le cœur, de refuser les volontés divines et d’être pris aux soucis de l’existence.La profession et la pratique des conseils peuvent aider à écarter ces obstacles et par conséquent favoriser le développement de la perfection chrétienne.A titre d’exemple, voici quelques réflexions sur la liberté que devrait contribuer à procurer le conseil de pauvreté.La pauvreté vise à opérer une libération.Il faut ici faire attention de quelle liberté il s’agit.Elle ne consiste pas dans une sorte de béate insouciance ou naïve indifférence, mais dans une plus pure maîtrise du cœur et une discipline de vie plus ferme et plus souple.L’idéal de la pauvreté religieuse ne consiste pas à être délivré de tout embarras d’argent, pour avoir tout à point nommé, sans trouble ni gêne, sans avoir à s’occuper ou à tenir compte de ces affaires d’ordre économique; peut-être bien qu’on ne jouit pas de luxe ou même de vanités frivoles, mais on ne s’expose pas à jamais manquer de rien.Les renoncements effectifs de la pauvreté doivent certes conduire, acheminer, préparer à une liberté, non celle de l’insouciance, mais celle du cœur, d’un cœur purifié et discipliné, capable d’entrer dans la paix intérieure et de se donner à Dieu et au prochain plus entièrement.On veut en arriver à voir et a utiliser tous les biens materiels, sans ambition de gain, sans crainte de perte, sans fièvre de soucis, sans avidité d’accumulation, avec la sérénité d’une simple confiance en Dieu, avec la prudence de qui pourvoit à ses affaires avec ordre, avec la modération du détachement, avec la générosité de qui partage largement, avec le courage du labeur humain, avec la soumission aux humbles realites de la vie terrestre, avec le sentiment de solidarité avec ses frères.C est pourquoi on devra s’attendre à éprouver des contrariétés économiques, à passer par des embarras d’argent, à subir des ennuis, des échecs, des privations et des humiliations.Mais, dans la mesure où grâce à ces renoncements et à ces difficultés le cœur se purifie et se libère au sens décrit plus haut, on se laisse moins distraire par les soucis, moins abattre par les difficultés, moins étourdir par les ambitions, moins enivrer par les succès.On apprend comment se servir de ce monde, librement, non comme ses esclaves, mais comme les serviteurs de celui qui est le Seigneur du ciel et de la terre et qui a créé l’homme roi de la terre.Alors le cœur est libre de se donner à Dieu.Alors la pauvreté devient témoignage.De là découle un second avantage de la consécration.Elle doit rendre plus disponible au service et à l’amour du prochain.Si la charité pour Dieu se développe, nécessairement l’amour des auties aussi se développe.Si on se met au service de Dieu, Dieu met ses serviteurs au service du monde.La consécration à Dieu est aussi consécration à l’Eglise (Perfectœ Caritatis, 5).Normalement, si on a le cœur et les mains plus dégagés de ce monde, on devrait être plus libre de les mieux employer au service du monde.On ne se retire pas pour se reposer égoïstement, mais pour être plus disponible.Parce qu’on appartient à Dieu, on peut mieux se donner à tous ceux que Dieu aime.Par conséquent, il ne faut pas voir et mettre d’opposition entre service de Dieu et service de 1 Eglise.Le premier prime mais exige le second.Même les vies les plus strictement cloîtrées doivent s’intéresser à l’Eglise et à ses œuvres.Le service extérieur pourra et devra varier considérablement selon la variété des vocations.Dans un cas, le service extérieur sera réduit ; dans un autre, il sera plus étendu.Les instituts cloîtrés servent 1 Eglise par leur clôture, en témoignant de leur séparation pour Dieu.Les instituts actifs servent l’Eglise par leurs œuvres.Ceux-ci doivent savoir intégrer service de Dieu et service des autres dans le tissu de leur vie, éviter ce qui ressemblerait à un divorce latent ou déclaré entre apostolat et consécra- 250 tion.Il faut essayer de concevoir les observances de façon à favoriser, soutenir, animer harmonieusement les travaux et les services apostoliques.Mais ceci pose une question a laquelle il faut maintenant s’arrêter.Consécration à Dieu et présence au monde Comment servir le monde sans y être présent ?Comment y être présent si la consécration en sépare ?L’Eglise veut se rendre plus présente au monde.Elle veut que les instituts qui sont à la pointe avancée de l’Eglise aillent aussi au monde.Encore une fois, comment le faire, si on est séparé, si on ne va pas à la rencontre des autres, si on n’entre pas en contact, si on ne sait pas communiquer, si on ne partage pas les pensées, les aspirations, les mouvements de ce monde?Comment servir, si on reste loin ?Comment aimer, si on ne se fait pas semblable et proche de ceux qu’on aime?Il faut savoir parler la langue de ses contemporains, si on veut leur faire entendre le message.Il faut vibrer avec eux, si on veut les toucher.Il faut les fréquenter, si on veut les connaître et se faire accepter.A cette question, qui n’est point si neuve qu il paraît, apportons quelques éléments de réponse tirés de l’idée même de consécration.La vie religieuse est principalement réservation à Dieu et non pas fuite peureuse des créatures de Dieu; mais elle est aussi préservation contre une certaine contamination.Car, il faut bien le constater, si notre monde se compose foncièrement de valeurs bonnes, il est aussi traversé de déformations pernicieuses.Ceci permet immédiatement de noter qu’en aucune façon il ne peut être question d’accepter, d’approuver, de partager ce qui est mauvais dans le monde.Tous doivent se garder du mal.Mais la vie religieuse aide ceux qui la professent à se prémunir contre la contamination.Il est bon que les constitutions prévoient certaines pie-cautions pour défendre notre faiblesse contre des attraits plus ou moins dangereux.A noter que les dangers du monde ne consistent pas seulement dans la licence des mœurs, mais encore davantage dans la confusion et le désordre des idées.La vie consacrée devra nourrir une foi saine, ferme et claire.251 C’est done sans pactiser avec le péché qu’il faut s’approcher du monde.Oui, s’approcher, non s’assimiler; se mêler au monde, non s’y fondre.Ce n’est pas en s’assimilant au monde et en se délayant en lui qu’on lui rendra le service qu’on veut lui rendre et qu'il a droit d’attendre des religieux.Ce service, en définitive, ce n’est pas tant de l’aider à développer les valeurs profanes.C’est plutôt de donner à ces valeurs un sens religieux.A moins d’être soi-même détaché de ces valeurs profanes, comment aider les hommes à leur donner cette destination religieuse ?Pour apporter la lumière et le sel de l’Evangile, il faut être autre que le monde (c/.discours de Paul VI aux Jésuites, 16 novembre 1966).Même pour rendre service dans l’ordre profane, la séparation du monde a sa bienfaisance.En effet, cette séparation n’a de sens, on l’a assez dit, que si elle permet de mieux participer à I amour de Dieu.Or, quoi de plus bienfaisant que l’amour de Dieu pour le monde ?Toutes les valeurs réelles, même les plus humbles, même les plus profanes, Dieu les veut et les aime.L’amour de Dieu embrasse tout; c’est un amour attentif à tout, un amour qui ne veut et ne fait que du bien; un amour très donnant, très désintéressé.La consécration qui renonce au monde devrait développer dans le cœur un amour inspiré de celui de Dieu pour le monde.Par conséquent un amour bienfaisant, actif, ingénieux, plein de sympathie et de compréhension, désintéressé, aimant toutes les parcelles de beauté, toutes les valeurs de bien, cherchant à les développer, à les promouvoir.La séparation, bien loin d’éloigner, rapproche du monde.C’est une méditation qui rapproche Dieu et le monde, un levain qui s’insère de la part de Dieu dans le monde pour le faire lever.L’exemple des saints et surtout celui du Christ nous aideront à comprendre ce genre de présence.On nous dit : voyez le Christ : II s’est rapproché des hommes, Il s’est fait en tout semblable à eux ; Il se mêle à tout le monde, parle la langue commune, mange et boit comme la foule, souffre et meurt comme nous tous.En le suivant, il faut donc, pense-t-on, supprimer tout ce qui nous mettrait à part des autres.Qui voudrait nier la merveilleuse humanité du Sauveur?Mais qu’est-ce donc qui rend si merveilleuse cette plongée du Christ en pleine humanité?C’est qu’en devenant chair, Il reste le Verbe; en se faisant semblable, Il est différent.Homme comme pas un, mais sans péché à la différence de tous; 252 plein de grâce et de vérité, maître des éléments et des démons; né petit enfant, mais d’une Vierge; mêlé à tons, mais non marié; parlant an nom et avec l’autorité de Dieu; consacré par le Père (Jean, 6,27), le «Saint» de Dieu (Marc, 1,24), Il s’offre lui-même en sacrifice, afin que ses apôtres soient aussi consacrés, voués au culte de Dieu en vérité.Il est Sauveur du monde non seulement parce qu’il est venu dans le monde, mais parce qu’il vient du monde céleste et qu’il y reconduit : « Personne ne monte au ciel, hormis Celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est au ciel » (Jean 3,13).Les paroles qu’il prononce sont esprit et vie, non parce qu’elles parlent une langue terrestre, mais parce qu’elles parlent de Dieu en langage humain.Ce qui rend sa mort rédemptrice, ce n’est pas parce que c’est une mort d’homme, mais la mort de l’Agneau de Dieu immolé.Elle est donc plus mystérieuse qu’il n’y paraît, cette présence du Christ au monde, si humble qu’elle semble se cacher, si radicalement différente qu’elle manifeste très fort l’absolu de Dieu.Telle est aussi la présence de l’Eglise dans le monde.Telle devrait être celle des consacrés.A la lumière de cet exemple et des principes plus haut exposés, essayons de passer à quelques applications.Dans le passé, la séparation et la présence pouvaient s’exprimer en quelques règles précises qui réglementaient correspondances, sorties, parloirs, visites, lectures.Nous verrons comment aujourd’hui les formes de présence se sont multipliées, comment elles doivent être plus souples, mais elles ne doivent pas moins être soutenues et animées par une consécration.Etre .présent au monde veut dire, entre autres, être informé de ce qui se passe dans le monde.Le flot d’informations qui se répand partout et pénètre partout emporte avec lui des modes passagères, des sensations futilement grossies, des amusements captivants mais superficiels.Il faut évidemment dominer ce flot, laisser passer modes, sensations, futilités, discerner les aspirations profondes, les espérances, les mobiles, les anxiétés de l’humanité.Il faut freiner la curiosité, discipliner son imagination.C est ici que la discipline religieuse du silence — de tous les silences — est bienfaisante.Bienfaisante discipline qui arrête ou canalise les bruits et répand dans la maison des nappes de silence studieux, recueilli, priant.253 Etre présent au monde, c’est dialoguer avec ceux du dehors.Il faut participer, beaucoup plus que par le passé, à tout genre de réunions où l’on cherche soit à nouer des relations humaines, soit à élaborer ensemble une pensée et une action communes.Il faut évidemment y participer sans réticences, apporter un esprit attentif, une collaboration franche, des manières cordiales, un cœur ouvert, de la sincérité sans artifice, bref tout ce qu’il faut pour faire naître de vraies relations et produire du bon travail.Tout cela suppose la maîtrise de son caractère et la réserve de son cœur ; il faut savoir se présenter, mais aussi.se retirer.Il faut juger ce qui convient à des personnes dans le siècle et ce qui ne convient pas à ceux qui, tout en étant volontiers communicatifs, ont voulu se réserver à Dieu.Il faut évidemment un cœur fixé sur Dieu, mais aussi des yeux et des mains et une bouche qui sachent pratiquer la séparation.Le dialogue ne sera pas fructueux s’il n’est pas religieux, non seulement en renonçant à ce qui est déshonnête, mais à ce qui est honnêtement mondain.Etre présent au monde, c’est souvent travailler dans les milieux professionnels et techniques.Il faut évidemment que le religieux y apporte, autant et plus que les autres, la compétence, l’amour de la profession, la solidarité avec confrères et consœurs.La vie religieuse ne viendra pas contrarier cette participation à la vie professionnelle.Elle aidera à la vivre en profondeur et à la situer en de justes perspectives.Parce que consacré, on voudra travailler pour le Seigneur, on devra y mettre encore plus de conscience professionnelle.Parce qu’on travaille pour le Seigneur, on essaiera de se dégager des soucis et des complexes, des désirs de se faire valoir, des ambitions de succès.La solidarité professionnelle sera réelle et sincère, mais sera assez désintéressée pour n’être pas aveugle ou oublieuse des exigences supérieures du bien commun.En conclusion, retenons que, pour que la présence des religieux au monde soit efficace et rayonnante, il faut qu’ils soient religieux à fond, pratiquant le renoncement au monde et l’union à Dieu.Partout leur consécration de cœur et de corps les aidera eux-mêmes et aidera les autres à rendre pleinement service, service profane comme service religieux; la consécration les aidera à donner à tout leur travail un sens sacré, de façon discrète, comme l’action de Dieu, mais aussi, le cas échéant, comme dans la vie du 254 Christ, en portant un témoignage clair et ferme.La vie religieuse soutiendra cette consécration et ses effets bienfaisants par le secours de la vie commune dans une même maison et par la pratique d’une prière sérieuse et assidue.Tout cela permet d’entrevoir le nouveau style des constitutions qui veulent maintenir tout le sens du sacré dans une vie de service actif dans le monde.Jacques Gervais, o.m.i.Université Saint-Paul Ottawa, Canada LIVRES Bagot, Jean-Pierre, Pastorale et réflexion.Les mouvements ont-ils encore leur chance ?Bruges, Desclée de B., 1968 ; 190 p.Bardy, Gustave, La vie spirituelle d'après les Pères des trois premiers siècles.Ed.revue et remise à jour par A.Hamman.T.I -les deux premiers siècles, 248 pp.; T.II - le 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destinées aux Supérieures peuvent aussi s’adresser aux religieuses que les Supérieures Majeures désirent inscrire.Du 24 février 1969 au 4 mars 1969 : Retraite Générale, par le Rév.Père Jean-Marie Rocheleau, s.j.Du 7 au 15 mars : Pour Supérieures, par le Rév.Père Jacques Beaupré, s.j.Du 18 au 26 avril : Retraite Générale, par le Rév.Père Roland Osti-guy, o.m.i.Du 15 mai au 15 juin : Retraite de 30 jours, par le Rév.Père Grégoire Roy, s.j.Du 8 au 16 août : Retraite Générale, par le Rév.Père Albert Rivard, s.j.Du 19 au 25 août (6 jours) : Retraite Générale, par le Rév.Père Paul Hotte, c.s.c.Du 15 septembre au 16 octobre : Retraite de 30 jours, par le Rév.Père Grégoire Roy, s.j.Du 24 octobre au 1er novembre : Retraite Générale, par le Rév.Père Jacques Beaupré, s.j.Du 4 au 11 novembre : Pour Supérieures, par le Rév.Père Roland Ostiguy, o.m.i.Du 17 au 21 novembre : Tridium, par le Rév.Père Jacques Beaupré, s.j.Du 21 au 29 novembre : Retraite Générale, par le Rév.Père Jacques Beaupré, s.j.Du 27 décembre 1969 au 6 janvier 1970 : Retraite Générale, par le Rév.Père Jean-Charles Waddell, s.j.Renseignements : Monastère de l’Hôtel-Dieu de Saint-Georges de Beauce, 1500, 18e Rue, Saint-Georges-Ouest, comté de Beauce, Québec.Téléphone : 228-4831, code régional : 418. laVM© des communautés religieuses 5750, boulevard ROSEMONT MONTRÉAL 36, Que., Canada FRAIS DE RETGUR GARANTIS PORT PAYÉ À BEAUCEVILLE c .soo s t - OU B°n 0 0 N S 3 ' *" t PO- [ 29 5 -S3 LE MINISTÈRE DES POSTES ET L’ENVOI COMME OBJET À OTTAWA A AUTORISÉ L’AFFRANCHISSEMENT DE LA DEUXIÈME CLASSE DE LA PRÉSENTE EN NUMÉRAIRE PUBLICATION
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