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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
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  • En son nom
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La vie des communautés religieuses /, 1970-11, Collections de BAnQ.

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9 NOVEMBRE 1970 la VM© des communautés religieuses ADMINISTRATION La Vie des Communautés religieuses est publiée par les Franciscains de la Province Saint-Joseph au Canada.La Direction est assurée par le R.P.Laurent Boisvert, o.f.m., assisté des RR.PP.^éonce Hamelin, o.f.m.et René Baril, o.f.m.Chaque auteur porte la responsabilité de ses articles.Responsable du secrétariat : Sr Thérèse Léger, s.s.a.On souscrit directement à la revue, sans l’intermédiaire des librairies ou des agences.Tout ce qui concerne la revue (envoi de manuscrits, consultations, service bibliographique, administration) doit être adressé à : La Vie des Communautés Religieuses 5750, boul.Rosemont Montréal 410, Canada Souscription : $4.00 Tél.259-6911 La VIE des communautés religieuses Yves St-Arnaud, s.j.Benoît-M.LACROIX, o.p.Yves La Fontaine, c.m.m.NOVEMBRE 1970 Vol.28 — N° 9 La dynamique des groupes, école d'authenticité.258 L’authenticité est l’aptitude d’une personne à devenir elle-même, à développer son « je conscient » et à se mettre de plus en plus à l’écoute de son « je caché ».La dynamique des groupes est un moyen de développer cette aptitude à devenir soi-même, ce qui est d’ailleurs le travail de toute une vie.Le défi du Christ, un défi à l'Église 275 L’A.pose aux contemplatives la question de leur raison d’être dans la société et dans l’Eglise.Utilisant un style oral et imagé, une logique plus poétique que déductive, il répond qu’elles sont un défi de Dieu et du Christ au monde, et un défi public et vivant à l’Eglise elle-même.Une urgence : l'éducation à la responsabilité.285 Les livres LA DYNAMIQUE DES GROUPES ÉCOLE D'AUTHENTICITÉ Le terme authenticité est très à la mode aujourd’hui.Souvent on l’emploie pour désigner une valeur ; mais souvent aussi il véhicule des ambiguïtés que j’aimerais dissiper.Je décrirai donc dans une première partie ce qu’est l’authenticité ; puis je présenterai, dans une deuxième partie, la dynamique des groupes comme un moyen de développer l’authenticité.! - L'AUTHENTICITÉ On me rapportait récemment le fait d’une jeune fille qui, au retour d’un stage d’entraînement en relations humaines, avait développé l’habitude de dire à ses compagnes de travail tout ce quelle pensait d’elles.Interrogée sur son attitude qui crée beaucoup de tension dans son milieu elle répondait : « j’ai fini d’endurer les défauts des autres sans rien dire, désormais je veux qu’il y ait plus d’authenticité entre nous ».Je ne veux pas analyser pour l’instant l’effet d’une telle attitude sur les relations interpersonnelles.Je veux seulement souligner que le terme authenticité est employé de façon équivoque ; le fait de dire à quelqu’un ce que je pense de lui n’est pas une preuve d’authenticité.Il peut témoigner d’un souci de plus grande vérité dans mes relations interpersonnelles mais sans lien nécessaire avec l’authenticité.Une autre ambiguïté vient souvent de ce qu’on emploie le terme pour revendiquer quelque chose ou pour justifier un comportement.Depuis des années, par exemple, Gérard songe à quitter le foyer paternel pour faire sa vie comme il l’entend.Un jour il se décide et quitte sans dire un mot.A son frère qui lui reproche d avoir heurté ses parents il répond : « j’en ai assez de toujours faire des compromis, ma façon de vivre ça me regarde : je veux 258 être authentique et désormais j’envoie promener ceux qui ne sont pas contents ».Gérard veut être lui-même ; en ce sens il exprime un désir d’authenticité.Quant à savoir si le fait de quitter le foyer paternel est un chemin vers l’authenticité cela est possible, mais seulement possible.Ici non plus il n’y a pas de lien nécessaire entre l’authenticité et le fait de suivre ses goûts.Devenir soi-même Qu’est-ce donc que l’authenticité ?Dans une première approximation je dirai qu’elle est l’aptitude d'une personne à devenir elle-même.Je rapporte une anecdote que j'utiliserai ensuite pour expliciter cette notion d'authenticité.Un jour M.Pigeon rapporte le fait suivant à son collègue de bureau : « ma femme, dit-il, essaie, depuis quelques jours, de me montrer que l’on a scientifiquement prouvé que les aliments en conserves sont plus nutritifs que les aliments naturels ».M.Denis, le collègue de M.Pigeon, lui répond spontanément : « ma femme non plus n’aime pas faire la cuisine ».Essayons de comprendre ce qui se passe entre M.Pigeon et M.Denis, puis entre M.et Mme Pigeon.Lorsque M.Denis entend ce que lui rapporte M.Pigeon il perçoit ce qu’on pourrait appeler un double message de la part de Mme Pigeon.Le premier message est que les recherches scientifiques encouragent une femme de maison à utiliser les aliments en conserves.Le second message n’est pas exprimé comme tel mais il fait l’objet d’une interprétation de la part de M.Denis ; on pourrait le formuler comme suit : « je n’aime pas faire la cuisine ».Supposons pour l’instant que l’interprétation de M.Denis est juste et essayons de comprendre ce qui se passe entre M.et Mme Pigeon.A un premier niveau que j’appellerai le je conscient, Mme Pigeon a retenu avec beaucoup d’attention tel article de revue qui concerne les aliments en conserves.En toute bonne foi elle se rappelle les quelques occasions où son mari s’est plaint des nourritures en conserves.Elle entreprend alors une campagne auprès de celui-ci pour lui montrer qu’il n’a aucune raison de se plaindre.259 A un deuxième niveau, je le désignerai en parlant du je caché, Mme Pigeon vit une autre expérience : sachant que son mari est un gourmet et qu'il aime la bonne cuisine elle ressent un malaise du fait qu’elle n’éprouve aucune aptitude ni aucun goût pour devenir cordon bleu.L’expérience vécue par Mme Pigeon au niveau de son je caché peut se traduire dans le message suivant : « je n’aime pas faire la cuisine ».Lorsque Mme Pigeon se lance dans une démonstration scientifique auprès de son mari il est probable qu’elle est tout à fait sincère : elle croit vraiment ce qu’elle dit et elle ne cache rien de ce qui apparaît au niveau du je conscient.Elle dit vraiment ce qu’elle pense, et tout ce qu’elle pense, sans rien déformer.Le problème vient du fait qu’elle ne perçoit pas clairement tout ce qu’elle vit à ce moment-là.Le fait de l’authenticité est tout à fait différent et indépendant de la sincérité d'une personne.Supposons que Mme Pigeon est une personne de grande sincérité et essayons de voir comment se pose le problème de l’authenticité.L’authenticité consiste pour Mme Pigeon à entendre le message qui vient de son je caché.Lorsqu’elle se plaît à lire l’article sur les aliments en conserves elle ne fait sans doute pas le lien avec son déplaisir à faire la cuisine.Mais si son mari attire son attention là-dessus il se peut que Mme Pigeon fasse le lien et comprenne suffisamment son intérêt pour l’article en question.Nous dirons alors que Mme Pigeon fait preuve d’authenticité : elle augmente son aptitude à devenir davantage elle-même.Non pas qu’elle n’était pas déjà elle-même lorsque le je conscient prenait la parole ; mais l’accès au je caché, la rend plus personnelle.Ayant perçu le message de son je caché elle sera plus apte à se prendre en charge et à s'orienter dans la vie, en tenant compte de ce qu'elle est vraiment, en l’occurrence une personne qui n’aime pas faire la cuisine.Si par contre Mme Pigeon manque d'authenticité, elle sera incapable d’entendre le message de son je caché.Peut-être ne pourra-t-elle pas reconnaître même la présence en elle du je caché.Si son mari lui souligne gentiment qu’il comprend son intérêt scientifique, compte tenu de son manque d’attrait pour l’art culinaire, il est possible qu’elle se révolte alors, lui disant avec colère qu’il ne comprend rien et qu’il n’y a aucun rapport entre les deux.Elle augmente ainsi la distance entre son je conscient et son je caché.260 Ce dernier continuera à influencer son comportement, à son insu, et les difficultés iront en augmentant.L’authenticité consiste donc à développer le je conscient et à se mettre de plus en plus à l’écoute de son je caché.Je me permets d’insister encore sur la distinction que j’ai déjà faite entre sincérité et authenticité.Comme on l’a vu dans l’échange entre M.Denis et M.Pigeon, un observateur de l’extérieur peut vraiment percevoir les doubles messages de l’interlocuteur.Il peut sentir alors qu’il y a quelque chose de faux chez ce dernier.Très souvent il accuse cette personne de manquer de sincérité.Or je fais l’hypothèse que dans la grande majorité des cas nous sommes en présence d’un manque d’authenticité, qui peut coïncider avec la plus grande sincérité.J’ai constaté des centaines de fois que des personnes accusées d’un manque de sincérité ne comprennent absolument pas d’où vient une telle accusation.La personne qui n’est pas sincère sait très bien pourtant qu’elle cache une partie de son je conscient ; la personne qui manque d’authenticité, n’en sait rien.C’est ce qui rend le dialogue tellement difficile.L'idéal ambigu Pour comprendre toute la difficulté de l’authenticité il faut encore ajouter un élément.En plus de son je caché et de son je conscient Mme Pigeon est aussi aux prises avec ce que j’appellerai cette fois le je idéal.Dans l’exemple déjà cité on pourrait percevoir un troisième message qui n’a pas été relevé par M.Denis, il pourrait se formuler comme suit : « je veux être une bonne épouse, et prendre soin de mon mari ».Le je conscient qui s’intéresse à la diététique, apparaît alors comme un agent de conciliation entre le je caché et le je idéal.Si Mme Pigeon était consciente des trois messages simultanément, elle pourrait s’exprimer ainsi : « malgré que je ne sois pas une bonne cuisinière, je peux quand même être une bonne épouse, en préparant pour mon mari des repas de grande qualité nutritive ».Le je idéal est ambigu.Très souvent il est imposé à Mme Pigeon par des normes extérieures, des lois, ou des pressions sociales : il prend alors la forme d’un absolu auquel Mme Pigeon se soumet, sans avoir la possibilité de le critiquer.Si, par exemple, le groupe d’amies de Mme Pigeon est composé de cordons bleus réputés, il 261 peut facilement entretenir une image de l’épouse idéale qui exclut toute possibilité de ne pas aimer la cuisine.Il sera d autant plus difficile pour Mme Pigeon de suivre le chemin de l'authenticité et de se mettre à l’écoute de son je caché.Si, par ailleurs, Mme Pigeon est une personne déjà autonome elle pourra se permettre de critiquer l’idéal qu'on lui propose ; de le modifier même en tenant compte de ce qu’elle est vraiment.Si pour elle, par exemple, la bonne épouse est d’abord une prsonne qui aime son mari, partage avec lui, et s’associe à lui pour construire un foyer, l’aptitude à faire la cuisine peut passer au second plan.Malgré les critiques et même le mépris occasionnel de son cercle d’amies elle peut reconnaître sans culpabilité et sans honte le message de son je caché.L'aptitude à dire je La difficulté à devenir soi-même qui s’explicitait déjà dans la rencontre du je conscient et du je caché, apparaît donc plus nettement encore dans les conflits que peut créer le je idéal.Si on admet que l’authenticité est l’aptitude à devenir soi-même, et si la personne est composée d'un je caché, d’un je conscient, et d’un je idéal, on peut se poser la question : où vais-je découvrir ce que je suis moi-même.Lequel de ces trois je correspond le plus à ce que je suis moi-même ?D'un certain point de vue la question est fausse, parce que les trois font partie de soi comme des éléments indissociables.Mais on peut quand même établir une hiérarchie, car en pratique chacun privilégie tel ou tel aspect de lui-même ; et l’authenticité varie selon que l’accent est mis sur telle ou telle dimension.Dans l’éducation que nous avons reçue, et je pense en particulier à l’éducation religieuse, je crois que l’on privilégiait surtout l’idéal moral, sans toujours veiller à ce qu’il devienne un je idéal.On dit à l’enfant : voici ce que tu es, et compte tenu de ce que tu es, voici ce qu’il faut que tu fasses.L’enfant est un être qui a surtout besoin de se sentir aimé par ses parents et par ses éducateurs.Il y met donc le prix et accepte sans le critiquer l’idéal qu’on lui propose.Il le fait sien et commence à filtrer ce qui vient de son je caché.Il apprend à nier des aspects de lui, de crainte que, s'il les accepte au niveau du je conscient, il lui fasse poser des gestes qui entraîneront une perte d’amour.262 Plus tard il arrive que l’adolescent sort de cette impasse en se révoltant contre les normes et les valeurs qu’on lui a imposées.Et l’adolescent auquel je pense ici n’a pas nécessairement quinze ans ; il peut avoir vingt, trente, ou cinquante ans.Il n'y a pas d’âge pour commencer à devenir soi-même.Règle générale cette révolte est saine : elle permet au je conscient de s'affermir et de relativiser l’idéal moral.Si plus tard les normes et les valeurs en question sont réévaluées et intégrées dans le je conscient, à la suite d’une décision libre, elles pourront cette fois devenir un véritable je idéal qui soit au service de l’autonomie.Tous ne se révoltent pas cependant.Les uns parviennent à relativiser les normes extérieures de façon plus progressive.Ils sont alors à leur façon en marche vers l’authenticité.D’autres cependant semblent perdre progressivement tout sens critique et deviennent incapables d’autonomie.Ils prennent la voie de l’aliénation et l’idéal moral s’installe en maître dans leur subjectivité : il n'y a pas à proprement parler de je idéal car le je est trop faible pour assumer l’idéal moral proposé.Celui-ci demeure un corps étranger ; il envahit le je conscient qui diminue et se soumet docilement.On dit de ces personnes qu’elles n’ont pas de personnalité.Je préfère dire quelles ont tout ce qu’il faut au niveau de leur je caché pour développer une personnalité, mais à la condition de se soustraire d’abord à l'emprise de l’idéal moral et d'augmenter leur capacité de dire je.Le risque d'aliénation n’élimine pas cependant l’intérêt de l’idéal moral.Un être libre peut y trouver des jalons très utiles qui l’aideront à devenir lui-même, mais à la condition toujours que le je conscient prenne de la force et devienne le maître.Quelle que soit la façon d’assumer l’idéal moral, je ne crois pas que ce soit d’abord à ce niveau que quelqu’un peut découvrir ce qu’il est lui-même.Tout au plus peut-il découvrir intellectuellement ce qu’il sera lorsqu’il aura appris à devenir lui-même.Le je conscient, pour sa part, peut apparaître comme le lieu où l’individu se sent vraiment lui-même.Dès que quelqu’un est sincère, on l’a vu, il a le sentiment d’être vraiment lui-même lorsqu’il traduit son je conscient.Mme Pigeon est elle-même lorsqu’elle prouve que les aliments en conserves sont nutritifs.Si par hypothèse, le je conscient rendait compte de tout ce qu’est Mme Pigeon il ne serait même pas question d’authenticité.Sincérité et authen- 263 ticité deviendraient synonymes.Telle n’est pas la réalité cependant.On l’a vu chez Mme Pigeon et on peut généraliser le phénomène.Il y a toujours au fond de soi-même un je caché qui échappe au je conscient.Et c’est le je caché qui constitue le mystère même de la personne.C’est lui qui contient à la fois ce qu’il y a de plus universel chez l’être humain et ce qu’il y a de plus personnel et d’unique chez chacun.Devenir soi-même est donc une entreprise beaucoup plus complexe que la simple ouverture du je conscient à laquelle conduit la sincérité.L’authenticité consiste vraiment à se mettre à l’écoute de son je caché pour y découvrir ce que l’on est profondément.Devenir soi-même, en d’autres termes, c’est prendre conscience de plus en plus de tout ce qui surgit de son je caché, en filtrant le moins possible ses sentiments, ses émotions, et tout ce qui surgit de « la marmite bouillante des émotions ».C’est une entreprise délicate, parfois menaçante, et souvent pleine d’embûches.C’est pourquoi il nous reste maintenant à expliciter les conditions psychologiques qui permettront de suivre le chemin de l’authenticité.Le chemin de l'authenticité Je présenterai, plus loin, la dynamique des groupes comme un moyen qui peut aider une personne à se mettre sur le chemin de l’authenticité.J’aimerais cependant terminer cette première partie en formulant brièvement ce qui m’apparaît comme la première condition pour devenir de plus en plus soi-même.Jusqu’à présent l’aptitude à devenir soi-même est apparue comme une aptitude à se mettre à l’écoute de son je caché, de même qu’une aptitude à formuler un je idéal qui respecte le je caché ; pour développer l’authenticité et se trouver soi-même il faut donc opter résolument pour le je caché et lui faire vraiment confiance.Si je perçois mon je caché comme un ennemi qui me conduit à ma perte, si je me vois comme un être foncièrement égoïste qui doit sans cesse se contrôler pour réaliser l’idéal moral qui lui est proposé, si je ne crois pas que le je caché me conduit spontanément au respect d’autrui et à l’amour ; je ne pense pas qu’il me soit possible de me mettre à l’écoute de mon je caché sans ressentir de la culpabilité ou de l’anxiété.264 La question clé me semble la suivante : jusqu’où puis-je me faire confiance ?Si des sentiments négatifs apparaissent lorsque je me mets à l’écoute de mon je caché, si je découvre, par exemple, la présence en moi de sentiments et d’émotions que je combats depuis des années et que je croyais à tout jamais disparus, si j’éveille des pulsions et des désirs qui vont à l’encontre des valeurs que j’ai choisies, aurais-je le courage de demeurer à l’écoute de mon je caché ; si le prix de l’authenticité, par exemple, est de rompre avec mon passé et de bouleverser des centaines de personnes que j’estime, aurais-je le courage d’aller jusqu’au bout ?Il est vrai que le chemin de l'authenticité comporte ses difficultés et ses insécurités, mais il peut conduire aussi à la sérénité.Celui qui s'enracine vraiment dans son je caché devient capable de trouver son propre chemin.Il n’a plus besoin d’y être précédé par des gens prestigieux qui garantissent aux yeux des autres la validité de son engagement.Je me permets de formuler en termes religieux la confiance que l’on peut avoir en son je caché, en disant que « c’est là que chacun trouve la volonté de Dieu sur lui ».En se mettant à l’écoute de son je caché chacun se livre à une entreprise de discernement spirituel qui lui apporte paix et sérénité.Il-LA DYNAMIQUE DES GROUPES Avant de présenter la dynamique des groupes comme un moyen de développer cette aptitude à devenir soi-même, je crois qu’il faut d’abord nettoyer le terrain.Comme je l’ai fait déjà pour le terme authencité, j’essaierai de dissiper quelques ambiguïtés que véhicule le terme « dynamique des groupes ».Les images de la dynamique des groupes Pour bien des gens de notre milieu, la dynamique des groupes est une technique un peu mystérieuse.Une quarantaine de personnes se réunissent pendant quinze jours dans un endroit retiré.Là ils se divisent en petits groupes de dix ou douze.Dans ces groupes, il se passe « toutes sortes de choses », et au bout de la ligne on observe des résultats pas toujours rassurants.Il y a d’abord les gens qui ne terminent pas car « il paraît que c’est très dur ».On dit même que des gens ont quitté la session 265 pour l’hôpital.Puis il y a ceux qui sortent désaxés : « ça leur prend des mois à s’en remettre, et parfois ils se retrouvent sous les soins d un psychiatre ».Enfin, il y a tous ceux qui défroquent ou qui divorcent.Quand on veut savoir ce qui se passe dans ces groupes, on interroge ceux qui en sont sortis vivants.Leurs réponses ne sont pas faites pour atténuer le mystère.Ils nous disent : « c’est quelque chose d’extraordinaire mais ça ne se raconte pas ; il faut le vivre pour le comprendre ».Ou, ce qui est pire, ils racontent quelques anecdotes qui, sorties du contexte, sont étranges voire même insolites.Ces images mystérieuses et peu rassurantes, se sont propagées depuis quelques années déjà.Je crois qu’elles sont en voie de disparaître progressivement mais des échos récents me montrent qu’elles sont encore d actualité.C’est pourquoi je me permets de les mentionner avant de présenter la dynamique des groupes dans ses aspects positifs.J’aimerais d'abord expliciter certains faits avant de vous donner ma propre façon de voir la dynamique des groupes.L’image que j’ai décrite plus haut, pour exagérée quelques fois, s’alimente certes dans des faits concrets.Il est vrai que des personnes ont connu des difficultés psychologiques à l occasion de sessions en dynamique des groupes.Les responsables de sessions admettent que leurs activités attirent beaucoup de gens qui ont des difficultés psychologiques.Je pense, par exemple, à quelques participants, que j’ai connus personnellement, qui avaient déjà fait des stages d’internement dans des hôpitaux psychiatriques avant de s’inscrire à une session.Le problème est qu’ils ne le disent pas au moment de s’inscrire, par crainte d être refusés.Il y a donc ici un sérieux problème de sélection et depuis plusieurs années déjà les responsables de sessions cherchent à le résoudre.J’avoue que les solutions qu’on a trouvées laissent encore à désirer.On a, par ailleurs, commencé à établir des statistiques au sujet de ce qu’on appelle les cas problèmes.Il ne semble pas que la proportion des gens qui ont eu de graves difficultés psychologiques à l’occasion de sessions en dynamique des groupes soit tellement plus élevée que dans la population générale.Je crois que c’est plutôt le caractère mystérieux des sessions qui incite les gens à dramatiser ces situations.266 Il est vrai aussi que de nombreuses personnes ont pris des décisions concernant leur état de vie, à la suite de sessions en dynamique des groupes.Ce qui est rarement dit, c’est que la majorité de ces personnes étaient déjà en recherche et que leur participation à une session en dynamique des groupes était souvent perçue par eux comme le dernier chaînon d’une longue démarche qui les conduisait déjà à une rupture avec leur état de vie antérieur.A ce sujet, si je voulais faire l’apologie de la dynamique des groupes, je devrais citer de nombreux cas où des personnes ont trouvé dans la dynamique des groupes des éléments nouveaux qui les ont amenées à reviser la décision qu’elles allaient prendre de quitter leur femme, leur mari, le sacerdoce ou la vie religieuse.Enfin comme dernier élément qui peut expliquer en partie les craintes à l’égard de la dynamique des groupes, je mentionne l’amateurisme.Depuis quelques années plusieurs personnes se sont improvisées moniteurs de groupes sans avoir la préparation voulue.Je crois qu’elles ont contribué, à leur insu sans doute, à créer des tensions psychologiques chez leurs participants sans pouvoir leur donner les moyens de les résoudre.Cela aussi est versé au dossier de la dynamique des groupes sans distinction de compétence.Description de la dynamique des groupes Je laisse maintenant de côté ces images négatives, et j’essaie de vous donner ma façon personnelle de voir la dynamique des groupes.J’insiste sur le caractère personnel de la description que je fais car les objectifs poursuivis et les façons de procéder varient beaucoup d’un professionnel à l’autre.Voyons d’abord, d’un point de vue extérieur, ce qui se passe à l’intérieur d’une session en dynamique des groupes.Dix à douze personnes qui, le plus souvent ne se connaissent pas, se réunissent pendant une trentaine d’heures, avec une personne de ressource qui a le titre de moniteur.Il n’y a, ni ordre du jour, ni animateur au plan du contenu, ni objectif préétabli.On pourrait transposer ici le titre d’une pièce de Pirandello : « Douze personnages en quête d’un auteur ».Ces douze personnes vont vivre une expérience de groupe mais sans que personne ne sache au point de départ le scénario et les rôles que chacun va jouer.D’une part chacun est libre de jouer les rôles qu’il désire jouer et de proposer un scénario.26 7 La diversité des personnes, cependant, rend la tâche difficile.Ce n'est que progressivement, par la mise en commun des attentes de chacun, que le scénario se dessine et que les rôles se précisent.Le moniteur pour sa part refuse d’être l’auteur ou le metteur en scène.Il se définit comme un agent de communication : il aide les personnes présentes à se comprendre et à créer le groupe qu’ils veulent créer.Le moniteur parle très peu, au début surtout, car l’insécurité vécue par les participants les incite le plus souvent à lui remettre spontanément le rôle de metteur en scène.Au début on cherche dans le groupe la direction qu’il faut prendre ou les critères pour évaluer si ce qu’on fait est correct ou non.On se tourne alors vers celui qui est supposé savoir tout cela : le moniteur.Or le problème du moniteur c’est qu’il ignore lui-même le scénario qui va surgir de ce groupe nouveau qui est devant lui.Il ignore aussi ce qui est bon ou mauvais pour ce groupe-ci.Il refuse donc de comparer le groupe à d’autres groupes auxquels il a déjà participé.Malgré les frustations qu’il impose alors aux participants et malgré son refus de faire la mise en scène, il essaie de se faire accepter comme personne et de faire accepter le rôle qu’il veut jouer.Il y réussit normalement après quelques heures.Peut-être qu’en lisant ce qui précède on peut se demander à quoi sert tout ce décor ?Pourquoi produire chez les participants un tel dépaysement ?On pourrait expliciter de bien des façons les visées d’une session en dynamique des groupes.Je choisis aujourd’hui de la présenter comme une école d’authenticité.C’est là un de ses objectifs qui me paraît important car c’est dans la mesure où les participants progressent sur le chemin de l’authenticité, qu’ils apprennent en même temps à communiquer et à perfectionner leurs relations interpersonnelles.La confiance en soi-même Dans la première partie, je proposais comme condition d’authenticité, l’aptitude à se faire confiance à soi-même.Dans le dépaysement que crée la situation de groupe où les gens ne se connaissent pas, une des sources d’anxiété porte précisément là-dessus.Allons-nous réussir à faire quelque chose de bon ?Malgré le désarroi que crée au début l’absence de structure, le moniteur communique au groupe sa propre attitude de confiance.Refusant le rôle 268 de metteur en scène, il amène le groupe à chercher en lui-même les réponses aux questions qu’il se pose.Qu’allons-nous faire ?De quoi va-t-on parler ?Est-ce qu’on va se regarder comme ça pendant trente heures ?Le moniteur n’en sait rien, mais il est convaincu que le groupe peut répondre adéquatement aux questions qu il se pose.Il cherche à communiquer cette conviction qu’il a.A mesure que le groupe accepte de se prendre en charge, il commence à relativiser les normes extérieures.De même que l’idéal moral pouvait être une source d’aliénation pour le je conscient, de même l’image du groupe idéal pourrait paralyser la démarche du groupe.En refusant de comparer le groupe aux autres groupes qu’il a connus, le moniteur invite les participants à chercher leur sécurité non pas dans l’approbation d’une autorité mais dans les choix qu’ils feront de prendre telle ou telle orientation.Voici une séquence qui illustre cette phase de prise en charge.Un premier participant s’adresse au groupe en faisant appel à un critère extérieur : « dans le groupe X ils ont décidé de se tutoyer ; pensez-vous qu'on devrait faire la même chose ?» Un deuxième participant : « oui, il faut faire tomber les barrières entre nous et le vous, ça crée une distance ».Un troisième participant : « je propose qu’on se tutoie ».Un silence incertain suit cette proposition et quelques regards se tournent vers le moniteur.Celui-ci prend la parole : « j ai 1 impression que vous vous demandez si je suis d’accord ».Plusieurs signes d'acquiescement suivent et un participant verbalise le sentiment de plusieurs : « oui je crois que vous pourriez donner votre avis.Croyez-vous qu’on aurait avantage à se tutoyer ?» Le moniteur répond avec un sourire sympathique : « vous venez d’employer le vous en vous adressant à moi et je n’ai pas l’impression que cela crée une distance plus grande entre vous et moi, que si vous m’aviez tutoyé ».Quelques rires de détente et la discussion reprend.Après quinze ou vingt minutes on conclut : « que chacun se sente libre de tutoyer ou de vouvoyer ».Le moniteur n’a pas tranché la question.Il aurait pu simplement s’abstenir de répondre et profiter de l’occasion pour répéter une fois de plus que le critère ici c’est le groupe lui-même.Par son intervention il apporte cependant un élément nouveau.269 L/ici et maintenant Par sa façon de répondre le moniteur interrompt la discussion qui conduisait à l’établissement d’une norme générale.Est-il mieux de se vouvoyer ou de se tutoyer ?Cela ne l’intéresse pas pour l’instant ; il préfère dire comment lui-même vit la situation ici et maintenant.Une façon pour le groupe de faciliter l’apprentissage de l’authenticité, est de se centrer sur ce qui se passe ici et maintenant.Quel que soit mon je idéal et même si je vis une expérience désagréable à l’occasion, j’essaie, comme participant, d’indentifier ce qui se passe ici et maintenant en moi-même et chez les autres.Le dépaysement que je vis éveille en moi toutes sortes de réactions nouvelles.Avec l’aide du groupe et du moniteur je peux prendre le temps de les identifier et d’y faire face, ce que la vie de tous les jours me permet rarement.Je me mets ainsi à l’écoute de mon je caché.Si, par exemple, j’ai ordinairement une difficulté à prendre la parole dans un groupe, je revis sans doute ici et maintenant cette difficulté avec peut-être plus d'acuité encore.Je peux me mettre alors à l'écoute de mon je caché et découvrir peut-être ce qui se passe réellement lorsque je suis dans une telle situation.Prenant conscience de ma difficulté et parvenant peut-être à l’exprimer avec l’aide du groupe, je peux, sinon m’en libérer totalement, apprendre au moins à y faire face.J’ai connu plusieurs personnes qui ont découvert des aspects tout à fait nouveaux d’elles-mêmes, après avoir parlé pendant plus d’une heure de leur difficulté à s’exprimer en groupe.Les unes se sont complètement libérées de leur handicap.J’ajoute cependant que cela n’est pas automatique.Il ne suffit pas que je parle de moi pour vivre une expérience d’authenticité.Il faut aussi que je sois vraiment à l’écoute de mon je caché.Il faut que je puisse me laisser vivre spontanément sans filtrer les sentiments et les émotions qui me viennent.Cela suppose d’autres conditions d'apprentissage que je vais maintenant expliciter en soulevant le problème individu-groupe.Individu-groupe Un des obstacles à l’authenticité, lorsqu’on est en groupe, vient des pressions qui se créent vers l’uniformité.270 Il ne semble pas facile en effet de maintenir la cohésion d’un groupe lorsque chacun se met à l’écoute de ce qu’il est vraiment.C’est d’ailleurs un problème que rencontre aussi la communauté : comment concilier le respect de chaque individu avec le bien commun ?Les pressions vers l’uniformité sont souvent inspirées par la crainte et la méfiance à l’égard du groupe.Les gens étant tellement différents les uns des autres, ne va-t-on pas rendre la vie en groupe impossible, si on permet à chacun de s’exprimer librement ?Au cours d’une session en dynamique des groupes chacun est encouragé à relever le défi en se mettant résolument à l’écoute de son monde intérieur et en communiquant ses besoins personnels, même si cela complique effectivement la vie du groupe.Le groupe qui se construit découvre alors progressivement que dans la mesure où chacun partage simplement ce qu’il ressent, on arrive à des solutions qui tiennent compte de l’ensemble.On découvre aussi qu il y a moyen de cheminer comme groupe tout en respectant les valeurs et les particularités de chacun.Le groupe qui progresse apprend ainsi à se prémunir des pressions vers l'uniformité en permettant toujours à ses membres de remettre en question l’équilibre établi.Dans la mesure où chacun peut se faire confiance, il développe aussi la confiance en l’autre et la confiance au groupe.Voici une autre séquence observée dans un groupe qui a déjà fait cet apprentissage de la confiance en lui-même.Un participant propose une activité de groupe.Il rallie une bonne majorité des participants et après quelques minutes de discussion à peine on se donne rendez-vous pour le souper à tel restaurant.Pierre, un des participants qui a peu parlé depuis le début prend alors la parole : « écoutez, dit-il, je me sens un peu mal à l’aise de vous dire cela mais actuellement je ne ressens aucun goût pour aller au restaurant avec vous.Pour des raisons strictement personnelles qui ne dépendent pas de vous, je ressens plutôt le besoin d’être seul ».Quelqu’un réagit rapidement en disant : « tu n’as pas le droit de te désolidariser du groupe ».Un autre le reprend aussitôt : « je ne suis pas d’accord avec ce que Jean-Paul vient de dire.Si Pierre a besoin d’être seul je préfère personnellement qu’on le laisse tout à fait libre ».271 Un autre s’adresse à Pierre : « écoute, c’est à toi de décider ; je crois que j’aurais été malheureux si tu t’étais abstenu de venir avec nous sans rien dire.Maintenant je te fais confiance, je suis d accord avec le choix que tu feras ».Plusieurs participants endossent cette position.Pierre se détend.Un participant fait une dernière intervention ; il s’adresse à Pierre : « moi aussi, dit-il, je respecte ton choix, mais j’aimerais encore ajouter un mot.Si jamais tu éprouves le goût de parler, dans le groupe, de ce qui te préoccupe, j’aimerais que tu te sentes libre de le faire ».Pierre sourit aimablement et on se quitte là-dessus.Le groupe qui permet une telle liberté est un groupe qui a déjà franchi bien des obstacles.Non seulement il permet à chacun de se dire tel qu’il est mais il accepte d’être bousculé par les besoins d’un participant.La dernière intervention d’un participant montre cependant que le groupe veut aller beaucoup plus loin dans sa quête d authenticité ; en invitant Pierre à partager ses préoccupations il lui ouvre un chemin qui peut l’amener très loin dans sa recherche d’authenticité.Pierre est aux prises avec quelque chose qui le préoccupe.Si le climat de confiance lui paraît suffisamment établi il se peut qu’il choisisse alors de s’engager dans une communication beaucoup plus significative.S’il se sent vraiment accepté comme personne il peut prendre le risque de se laisser vivre devant les autres, se mettant à l’écoute, en présence des autres participants, de ce qui émerge de son je caché.Le groupe sert alors de cataliseur et d’amplificateur : les messages du je caché peuvent devenir beaucoup plus explicites et Pierre peut apprendre beaucoup de choses sur ce qu’il est vraiment.Une telle démarche suppose cependant que le groupe soit vraiment en mesure d’accueillir ce que Pierre est en train d’explorer.S’il était menacé par son expérience, il l’empêcherait probablement d explorer davantage son je caché.La recherche de l’authenticité s’orienterait peut-être alors vers l’explicitation des craintes et des anxiétés vécues par d’autres participants.L'ignorance face à l'autre J’aimerais terminer en formulant une dernière condition qui me semble faciliter l’apprentissage de l’authenticité.C’est une atti- 272 tude que je peux adopter face à un interlocuteur.Elle n est d ailleurs pas spécifique à la dynamique des groupes et peut s appliquer à toute relation interpersonnelle.Je décris cette attitude en disant qu’elle consiste à cultiver l’ignorance face à l’autre.Elle consiste à communiquer à mon interlocuteur le message suivant : « je ne sais rien de ce que tu es ; si tu veux te découvrir et te prendre en charge, mets-toi plutôt à l’écoute de toi-même.Pour ma part, je peux essayer de t’accompagner, en me mettant moi aussi à la recherche de ce que tu éveilles en moi.Je ne sais rien de toi, mais ensemble nous pouvons peut-être apprendre ce que nous sommes 1 un et l’autre ».Bien des gens se sentent inutiles et malhabiles dans leurs relations interpersonnelles parce qu'ils sont démunis et incapables de donner des conseils lorsqu’un individu s’ouvre à eux.Ils sont pourtant dans la situation idéale pour accompagner leur interlocuteur sur le chemin de l’authenticité.Si quelqu’un se laisse vivre devant moi il est en voie de se mettre à l’écoute de son je caché.Si j’entreprends d évaluer ce qu’il me dit, de le confronter à des normes extérieures, de le rassurer à l’occasion, je le distrais de ce qui se passe au plus profond de lui.Si par ailleurs je cultive 1 ignorance face à lui, je ne chercherai pas à expliquer ou à comprendre.Je me mettrai plutôt à l’écoute de mon propre je caché en essayant de faire écho à ce qu’il vit.Si les échos qui me viennent ne paraissent pas de nature à aider mon interlocuteur je les retiendrai ; mais si ce que je vis fait vraiment écho à son expérience je pourrai lui communiquer ce qui l’aidera à poursuivre sa propre démarche d’authenticité.Le dialogue s’engagera alors dans une ligne très personnelle où chacun progressera dans la découverte de ce qu il est face à l’autre.Il se créera un lien de solidarité qui ne sera pas basé sur une connaissance intellectuelle de l’autre, mais sur l’acceptation inconditionnelle de ce que chacun vit, ici et maintenant.En terminant sur ce thème de l’acceptation totale de l'autre, je ferme la boucle qui relie étroitement l’authenticité à l’amour.On devient soi-même dans la mesure où l’on se sent accepté tel qu’on est, présentement ; et l’on accepte l’autre dans la mesure où l’on s’accepte soi-même.La dynamique des groupes n’est qu’une technique parmi d’autres ; elle est limitée et peut être contestable à certains points de vue.Elle peut devenir pour certains une école d’authenticité ; mais ce qui importe le plus c’est qu’elle débouche 273 sur la vie quotidienne.Car en définitive l’attention que l’on porte aux relations interpersonnelles de la vie quotidienne peut nous engager beaucoup plus profondément sur le chemin qui conduit à l’authenticité.A l’école de l’authenticité on n’apprend pas, une fois pour toutes, ce qu’est l’authenticité ; on y apprend seulement à repérer les jalons du chemin qui conduit à l’authenticité.Devenir soi-même, c’est l’entreprise de toute une vie, car le je caché, qui renferme le mystère de chaque personne, échappe toujours en partie au je conscient, même si celui-ci ne cesse jamais de s’accroître.Yves St-Arnaud, s.j.Centre Interdisciplinaire de Montréal, 5055 rue Gatineau.274 LE DÉFI DU CHRIST UN DÉFI À L'ÉGLISE Contemplatives, qui êtes-vous ?Que représentez-vous dans la société contemporaine ?Qui êtes-vous pour le Christ, dans l’Eglise, dans la communauté chrétienne d’après-concile ?A quoi servez-vous ?On dirait bien que personne n’a besoin de vous.Le grand monde officiel vous ignore.On vous juge comme les dernières survivantes d’institutions appelées à disparaître.Eh oui ! vous représentez ce qu’il y a de plus inutile et de moins efficace au monde.Pour une majorité de jeunes, vous ne représentez plus rien.Le vrai consacré d’aujourd’hui est celui qui vit et meurt pour son pays, pour sa race, pour sa politique, pour son usine, pour le progrès de la science.(L’héroïsme aujourd’hui, qui existe, est sollicité pour d’autres causes que celles d’une moniale contemplative.Même notre Eglise ! Notre Eglise est orientée vers une pastorale immédiate, vers la rencontre des autres, vers l'œcuménisme.Notre chère Eglise depuis le Concile nous parle de rejoindre le monde, d’être à 1 écoute, de partager le sort difficile de l’homme au travail.Un immense courant de fraternité et de dialogue circule dans les livres de spiritualité et la vie d’union personnelle à Dieu trouve moins d’auteurs que jamais pour en parler.Les Moniales resteront-elles seules ?Sont-elles les dernières contemplatives ?Vont-elles, doivent-elles disparaître ?Questions terribles et difficiles.Alors, il devient important autant qu’urgent d’y réfléchir ensemble, comme il est nécessaire à chacune et à chaque communauté de bien s’identifier pour mieux se situer dans l’univers temporel et spirituel de notre temps.Ensemble avec l’aide de l’Esprit de Dieu, essayons paisiblement et sans crainte de penser à ce que représente aujourd hui la présence des Moniales devant Dieu, devant 1 Eglise et dans le monde.Si nous réussissons cela, nous aurons été, à notre tour, efficaces.275 Le défi du Christ Ce que vous êtes ?Vous êtes le défi de Dieu, défi personnel et intime à chacune.« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n est pas digne de moi .Personne ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre » h Notre Dieu c’est un Dieu vivant, un Dieu qui parle et qui aime.Un jour à chacune Dieu a demandé, à la manière d’un époux exclusif qui choisit sa fiancée parmi des milliers d autres femmes, appel personnel de l’ordre de l’amour : Mon bien-aimé est à moi Et moi je suis à lui.Les torrents ne peuvent éteindre l’amour Les fleuves ne l’emportent pas 1 2.Dans la liberté du choix le plus absolu et dans la gratuité la plus déconcertante, le Seigneur lui-même a posé ce défi : Si tu veux, si tu acceptes, si tu n as pas trop peur, si tu veux être à moi .viens et suis-moi.« Je suis la lumière du monde.Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres ; il aura lumière et vie 3.— Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi ! Qu’il boive, celui qui croit en moi.Des fleuves d'eau vive s’écouleront de son sein 4.— Si quelqu’un veut suivre derrière moi, qu’il se renonce, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive ! Qui voudra perdre son âme à cause de moi la sauvera .Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas, n’est pas digne de moi5.— Celui qui aura trouvé sa vie, la perdra ; et celui qui aura perdu sa vie à cause de moi, la trouvera 6.— Qui aime son âme la perd 7.—- Une seule chose te manque.Va ! tout ce que tu possèdes, vends-le et donne-le aux pauvres.Tu auras un trésor dans le ciel.Et viens et suis-moi 8.1.Mt.10, 37 ; 6, 24.2.Ct 2, 16.3.Jn 8, 12.4.Jn 7, 37.5.Le 9, 23 ; Mt.10, 38.6.Mt.10, 39.7.Jn 12, 25.8.Mc 10, 21.276 — En vérité, je vous le dis : nul n’aura quitté maison, frères, sœurs, mère, père, enfants ou champs à cause de moi et à cause de l’Evangile, qui ne reçoive le centuple dès maintenant, en ce temps, en maison, frères, sœurs, mères, enfants et champs, et dans le siècle à venir, la vie éternelle » 9.Parce que vous êtes le défi même de Dieu et que vous êtes venues au cloître à la suite d’un appel personnel, qui n’a rien de charnel, vous devenez en même temps, un défi terrible à 1 opinion publique, à sa manière de penser, à sa façon de vivre, de se reposer, de se fatiguer et de concevoir l’amour, humain et même divin.Il y a là une gageure évidente.Votre porte apparaît comme une porte étroite « et resserrée est la route qui mène à votre vie » 10.Ce défi que vous êtes n’est pas sorti de votre imagination, ou parce que vous aurez eu peur du monde, ou parce que vous vous ennnuyiez à la maison, ou parce que vous refusiez les responsabilités du mariage.Au contraire ! Le Dieu que vous aimez est Celui qui bénit vos parents et le mariage et les familles.Le même Dieu est votre époux.Mais comme un époux jaloux, Dieu vous demandera l’impossible.Vous êtes vraiment des femmes impossibles ! Dans une société de richesses où tout s’achète et tout se vend, vous vous donnez au monde gratuitement ; vous offrez votre vie, vous adorez.Votre joie est ailleurs que dans l’argent et les sorties et les voyages.Un jour Jésus « regardant autour de lui.dit à ses disciples : Comme il sera difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles.Mais Jésus reprit et leur dit >: Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le Royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou de l’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu ! Ils restèrent interdits à l’excès et se demandaient les uns aux autres : Mais alors qui peut être sauvé ?Jésus fixant son regard sur eux, leur dit : Pour les hommes, impossible, mais non pour Dieu, car tout est possible pour Dieu » 'n.Qui êtes-vous en ce monde-ci ?Filles de Dieu, vous épousez les paroles les plus radicales qui soient.Vous identifiez Dieu, vous identifiez ces paroles.Vous êtes par vous-mêmes un événement de 9.Le 18, 29.10.Cf.Mt.7, 14.11.Mc 10, 23-27.277 salut.Devant nous vous montrez Dieu et son amour dans ce qu il y a de plus noble, de plus intime mais aussi de plus absolu.Par vous nous apprenons la puissance du Seigneur qui ose en demander autant et trouve des personnes pour relever le défi de son Amour jaloux.Autre point.Vous entretenez publiquement et sociologiquement et juridiquement presque, avec notre Dieu une relation vivante de fille à père.Comme et avec le Christ vous montrez le Père.En étant ses filles consacrées, vous aussi habitez parmi nous et nous apprenons que Dieu est vraiment, et qu’il est un Père vivant.Non ! vous n’êtes plus uniquement les filles de vos parents, ni de simples créatures ; vous êtes les filles vivantes du Dieu vivant.« Tous ceux qui le reçurent, il leur donna pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, qui ne sont nés ni du sang, ni d’un vouloir charnel, ni d’un vouloir d’homme mais de Dieu » 12.Au moment où l’on nie Dieu, votre vie même proclame par elle-même que Dieu est encore le Père présent à son humanité.Votre fonction étant d adorer, d admirer, de louer, vous devenez forcément une démonstration visible à tous ceux qui ont besoin de signes.Par vous « il n y a rien de caché qui ne devienne manifeste, rien de secret qui ne doive être connu et venir au grand jour » 13.De même, publiquement encore, et affectivement même, votre vie ne s explique et ne vous identifie dans la communauté des croyants que si, étant les Filles de Dieu, vous devenez en même temps un peu plus chaque jour les épouses du Christ vivant et ressuscité.C est un autre défi que vous adressez au monde : celui du mariage mystique dans la virginité consacrée.Ceci est insupportable dans un monde qui croie à la fatalité de la chair.Vous êtes grandes et belles et merveilleuses dans votre manière d’être physiquement autant que mystiquement consacrées.Ceci nous rappelle que vous êtes les héritières d’un passé difficile mais quand même glorieux.Dans l’histoire de l’Eglise vous succédez à la génération des martyrs chrétiens.Votre noblesse tient aussi à cela, autant qu à votre alliance au Christ.Bien sûr, ce qui est essentiel pour vous, c’est moins le martyr d’une chasteté consacrée (car il en est un) que Celui à qui vous vous offrez jusqu’à la mort.Mais on sait bien — même si vous ne parlez pas souvent — que « l’ami de l’é- 12.Jn 1, 12-13.13.Le 8, 17 278 poux qui se tient là et qui l’entend, éprouve la joie la plus vive, à cause de la joie de l’époux.C’est bien là votre joie qui est à son comble » 14.Vous êtes en outre les témoins les plus directs qui soient en ce monde de l’espérance chrétienne.Vous proclamez la résurrection, la vie à venir.Il vous l’a dit et promis d’ailleurs à chacune : « Mes brebis entendent ma voix.Je les connais.Elles me suivent.Je leur donne une vie éternelle.Elles ne périront jamais.Personne ne les ravira de ma main » 1S.Vous criez cela par votre silence, comme vous criez que le péché mourra, que la mort est vaincue à l’avance, que la vie est immortelle, que nous ressusciterons, que le Seigneur s’en vient et qu’il approche comme un époux et un ami pour un rendez-vous éternel.Bref, vous êtes des prophétesses qui proclamez Pâques.Tandis que le monde tend de plus en plus à limiter ses regards à ce monde-ci, votre vision, elle, est celle de la durée et de la permanence.Vous proclamez chaque jour un monde à venir.Votre vie prophétise.Elle crie.Elle crie et annonce que « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » lb.Votre vie bâtie sur la fidélité quotidienne, sur la durée, la régularité astrale, est un merveilleux présage d’éternité.Votre vie toute quotidienne et simple proclame que l’histoire, la vraie histoire de l’humanité, ne se termine pas à ce monde-ci ni à ce siècle.En ce sens vous jugez le monde et vous l’énervez .« Celui qui naît d’en-haut est au-dessus de tous.Celui qui est de la terre appartient à la terre et parle à la façon de la terre.Celui qui vient du ciel témoigne de ce qu’il a vu et entendu.Et personne n’accepte son témoignage .» 17.Si votre présence pose un tel défi, si on n’accepte pas votre vie et qu’on le dise et qu’on vous humilie, peut-être que c’est bon signe ! « Ne t’étonne pas si je t’ai dit, il faut renaître d’en-haut .Nul, s’il ne naît d’en-haut ne peut voir le royaume de Dieu » 18.Jamais comme aujourd’hui l’humanité n a tant aspiré à durer, à se prolonger, à se créer un nouveau monde plus viable que 14.Jn 3, 29.15.Jn 10, 27-28.16.Jn 3, 16.17.Jn 3, 31-32.18.Jn 4, 34.279 celui-ci.« Levez les yeux et contemplez les champs qui déjà blanchissent pour la moisson » 19.Eh oui ! ce besoin d'agir, ces moyens de communication, ces techniques d’évasion, cette manière d’éviter de penser à la mort inévitable, vous proclamez la mort qui est pas-sage à la résurrection.Vous ne voulez pas d une seule vie ; vous voulez deux vies ! Votre Dieu, votre Père du Ciel, vous voulez le contempler à jamais.Le Christ, votre époux, vous voulez le rencontrer, le voir, lui parler.Vous voulez ressusciter et vous êtes de ce point de vue comme les Premiers Apôtres de la Bonne Nouvelle, un cri dans le désert, mais un cri : le cri de Dieu, le cri du Père qui appelle ses enfants à l’amour.Un défi à l'Église Défi de Dieu et du Christ au monde qui se transfigure et qui veut absolument bâtir sa tente sur terre, les Moniales sont un événement par elles-mêmes : elles témoignent que Dieu est notre Père ; elles témoignent et affirment la présence fraternelle du Christ qui a épousé 1 humanité jusqu'à mourir pour la sauver ; elles annoncent la résurrection et le royaume à venir.Mais il y a plus.Vous êtes aussi un défi public et vivant à l’Eglise elle-même.Croyez-le ou non, vous les filles par excellence de l’Eglise, vous lui tenez parfois tête.On dirait bien en tout cas que vous tenez tête aux plus engagés de ses enfants, les prêtres, en particulier.Expliquons-nous : c’est urgent ! Depuis quelques années, la mystique catholique est noyée d appels à la fraternité et au dialogue.Or vous êtes là, vous, silencieuses, solitaires, spécialistes de la relation filiale et intime avec le Père, vivant à l’intérieur des mêmes maisons toute votre vie, cloîtrées, bien enracinées.Ce n’est pas que vous êtes contre la fraternité ni contre les rencontres — vous en donnez parfois la preuve et cette preuve est nécessaire — mais vous donnez et donnerez toujours la priorité à la vie intérieure, à sa relation d’amour personnel avec le Père comme à sa relation fraternelle avec le Fils.Comme des muettes qui ne parleraient que par signes, mais qui se comprendraient bien, vous dites à l’Eglise qu’elle n’obtiendra la vraie fraternité que si elle s’enveloppe d'abord de fidélité et de silence dans l’amour du Père.Vous êtes vous aussi de l’Eglise militante, mais 19.Jn 4, 34.280 vous êtes désarmées et .désarmantes.V otre mode de vie, votre claustration, vos manières de raisonner font appel d abord et avant tout à Dieu, à ce qu’on appelle la dimension verticale d’union à Dieu.La dimension horizontale du dialogue avec les autres est pour vous comme une conséquence de votre dialogue avec le Seigneur.L’Eglise tend à valoriser les valeurs terrestres ; l’Eglise tend à se faire toute à tous et prend davantage les routes de Galilée et de la Judée ; mais, vous lui rappelez à votre manière la priorité de Nazareth, la priorité du désert, de la route solitaire de la Montagne, de la Pentecôte entre quatre murs.Parce que l’Eglise se fait facilement militante et pastorale au sens actif du mot, vous lui rappelez sa tâche d’adoratrice et de contemplative.Marie vient ralentir la trop grande hâte de Marthe ! Au moment où 1 on met la lumière sur le candélabre pour que le témoignage soit plus évident, vous dites à l’Eglise active qu’elle est aussi grain de sénevé, sel de la terre, levain dans la pâte.Au moment où 1 action et le dialogue tendent à supplanter tous les autres moyens de vie apostolique, vous traduisez en prière et en pénitence, en silence surtout, les grandes causes de l’Eglise.Au lieu de donner la priorité au dialogue avec les humains, vous la donnez au dialogue avec Dieu.Au lieu de parler, vous vous taisez.Au lieu des réunions et des comités permanents, vous avez le silence de vos cloîtres.Vous nous contredisez quotidiennement et ouvertement.C’est d’autant plus agaçant que votre témoignage est entouré de silence.Le silence, la réponse des sages ! A nous prêtres bousculés trop souvent par l’action pastorale et par toutes sortes d’amitiés masculines et féminines parfois envahissantes, vous nous dites .sans paroles, que vous êtes mariées à l’Epoux unique et que nous aussi devons être mariés et fidèlement mariés à notre unique épousé qui est 1 Eglise du Christ.Quel défi vous êtes ! En tant que groupements humains vous défiez aussi les manières d’aimer et d agir du monde.Tandis que les hommes de notre temps sont portés à se grouper par affinité de sang et de tempérament, tandis que le monde crée des familles naturelles et que le mariage semble l’institution-clef et comme inévitable pour créer la stabilité d’une société, les religieux et les religieuses vont un peu à contre-courant en créant des petites communautés fraternelles basées non plus sur 1 affinité naturelle mais sur 1 amour de Dieu.281 Vous, contemplatives, cloîtrées, vous créez devant nous la fraternité la plus difficile qui soit, la fraternité monastique, qui proclame par elle-même et par sa durée même que l’amour de Dieu peut aussi créer des communautés stables et créer des amours humains difficiles mais réels.Le fait que vous restiez ensemble, que vous cherchiez ensemble à vous comprendre, à vous pardonner, à vous accepter 77 fois 7 fois, à fraterniser à cause du Seigneur, cela est un rare témoignage rendu à l’amour et un immense défi à la nature.Un élément nouveau s’est introduit dans la mentalité chrétienne du XXe siècle et contre lequel vous êtes sans le vouloir un défi encore .c est 1 idée de fatalisme.L homme subit la souffrance, la mort, les contrariétés comme une fatalité.Or voici que vous êtes, à 1 image du Christ qui monte de plein gré à Jérusalem, la souffrance préméditée, volontaire et sans évasion.Ce qu’il y a de merveilleux et de vrai dans votre vie, c’est qu elle soit volontaire, consacrée, toute en offrande.Il n y a chez vous ni fatalité, ni détour : vous offrez, vous donnez sans arrière-pensée.De ce point de vue encore, vous nous contredisez : d’abord parce que nous ne savons plus quoi faire de nos souffrances, sinon les guérir et les soulager , en second lieu, parce que nous oublions que la souffrance sauve le monde, dès qu elle est reliée à celle du Christ, autant que ses découvertes.Puisque nous parlons de fatalité, il faudrait peut-être nous souvenir un instant que le monde persiste à croire que les gens qui font pénitence et qui ne se marient pas, surtout les femmes, sont anormales et masochistes.De ce point de vue votre virginité consacrée comme votre joie sont un immense défi à une certaine mentalité qui peut aller loin.Vous proclamez par votre présence une vérité humaine et divine fort importante : ce qui équilibre une vie, une amitié, quelle qu elle soit, est moins ce que j’en reçois que ce que je lui donne.D ailleurs, votre solidarité à 1 égard même de l’humanité qui vous rejette et des jeunes qui vous ignorent est elle aussi un défi.Votre témoignage de solidarité est immense.Qui aime plus aimablement les autres, 1 Eglise, votre famille, les jeunes, les « autres » que vous ?Vous ne pensez qu’à eux.Votre prière est remplie de leurs besoins.Vous êtes les vraies mères de l’humanité.Et au moment où la dévotion mariale elle-même a été quelque peu mise en retrait, vous apparaissez dans l'Eglise, comme Marie à côté du 282 Christ, présente, discrète, fidèle.Partout où va l agneau _0, on est certain de vous retrouver.Cela aussi est un défi.Mais c est un défi si aimable qu’il n'a pas le caractère contradictoire des autres.De toute manière, pour l’Eglise du Christ, la présence de ses Moniales est un grand facteur de réconfort et nous avons presque envie de vous dire merci d ette là.Tous savent comment vous avez prié pour le dernier Concile et il en est plusieurs qui vous considéraient présentes à ce Concile un peu comme Marie était présente à la Pentecôte et à l’Eglise primitive.Enfin, votre indigence même, votre inefficacité, vos gaucheries devant les réclamations du monde, devant la technique, devant vos propres changements : tout cela témoigne étrangement que vous représentez un royaume qui n’est pas de ce monde et que là où est votre trésor, là est votre cœur 21, c’est-à-dire ailleurs que pour ce monde-ci ! Votre manière même de vivre et de donner juge nos systèmes économiques et politiques à base d’intérêt et de profit.Le monde pourra dire encore : « A quoi bon ce gaspillage ?Car cela aurait pu être vendu très cher et donné aux pauvres » 22.Mais vous répondez inlassablement : « A quoi sert à 1 homme d avoir gagné le monde entier s’il égare son âme ?» 23 Vous êtes cette admirable page d’évangile vivante devant nous.Et je la cite en entier, telle que Marc l’a codifiée parce que c’est telle aussi que vous la vivez : « Et s’étant assis en face du Trésor, il regardait comment la foule jetait de la petite monnaie dans le Trésor.Et beaucoup de riches en jetaient.Et une pauvre veuve, survenant, jeta deux petites pièces, la valeur d un quart d as.Et ayant appelé ses disciples, il leur dit : En vérité, je vous le dis .la pauvre veuve que voici a jeté plus que tous ceux qui ont jeté dans le Trésor.Car tous ont jeté de leur superflu ; mais elle, elle a jeté de son indigence tout ce qu elle avait, toute sa subsistance » 24.Une dernière fois, reprenons : qui êtes-vous dans l’univers des êtres et des choses, et de Dieu et de l’Eglise ?Votre vie est comparable à celle des artistes, des philosophes, et des vieux sages antiques.On dirait de ces gens qu’ils ne faisaient rien .parce 20.Cf.Apoc.21.Mt.6, 21.22.Mt.26, 8.23.Le 9, 23.24.Mc 12, 41.283 qu’ils ne faisaient pas comme les autres.Votre fonction dans l’univers de Dieu est comparable en outre à la fonction des fleurs, des papillons, des oiseaux, des couleurs et de la musique.Vous êtes la beauté de l’inutile ; vous êtes la fantaisie, la joie, la perfection finale de l’Oeuvre.Aussi votre fonction est-elle de louer, de rendre grâces, de remercier, de prier, d’adorer.Vous êtes tout cela : signes de Dieu, signes du Christ, signes de l’Eglise, signes de contradiction en plus.Il aurait fallu ajouter qu au seul point de vue humain, — point de vue auquel nos contemporains sont sensibles — vous représentez des valeurs naturelles de premier ordre : don de soi, fidélité, gratuité, liberté.Oui, vous êtes des êtres libres.Affranchies des goûts éphémères de l’actualité, le quotidien seul vous intéresse.On se moque de vos horaires mais je les trouve plus souples que ceux des usines et des bureaux.Vous êtes les témoins vivants du surplus, de la gratuité et de l’humilité.Pour la jeunesse vous restez une valeur humaine de premier ordre : vous êtes les signes et les exemples permanents du don absolu.Enfin, vous me faites penser à ces mamans des hivers d’autrefois qui se levaient très tôt le matin pour attiser le feu et mettre du bois au poêle.A cause d’elles la maison se réchauffait et toute la journée les enfants pouvaient aller et venir du chaud au froid, et du froid au chaud sans inconvénients.Vous êtes le feu du matin dans l’Eglise.A votre manière vous pouvez dire et redire : « Je suis venu jeter un feu sur la terre, et combien je voudrais qu’il fût déjà allumé » 25.Comme dirait Paul VI : à Vheure de Dieu, à 1 heure historique de Dieu, « expertes de choses invisibles, veilleurs du crépuscule de cette vie, vous annoncez l’aurore ».Que ferait-on sans vous ?Et qui allumerait le feu si vous n’étiez pas toujours là ?C est pourquoi vous serez toujours là : parce que vous êtes non seulement un exemple, mais aussi une fonction essentielle et permanente de l’Eglise de Dieu, celle de l’adoration.« Je te remercie Père, Seigneur du Ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux habiles et de l’avoir révélé aux tout-petits.Oui, Père, tel a été ton bon plaisir » 26.Benoît-M.Lacroix, o.P.2715 Côte Ste-Catherine, Montréal 250.25.Le 12, 49.26.Mt.11, 25.284 UNE URGENCE: L’ÉDUCATION À LA RESPONSABILITÉ On entend dire que la rigidité des cadres et la fixité des structures ont risqué fort, dans le passé, d’étouffer la liberté individuelle et d’empêcher l’expression de la spontanéité au profit d une unité factice de la communauté — uniformité plus qu unité profonde.Si cela est vrai, grâce à Dieu, ce temps est révolu.S il est arrivé, comme on se plaît à le répéter, qu on a tué dans 1 œuf des initiatives valables et susceptibles de favoriser le bien réel de toute une communauté, actuellement, je crois, ce n est pas monnaie courante.La considération, le respect, voire le culte qu on porte parfois au caractère individuel des personnes et la souplesse dans les structures caractérisent d’ores et déjà notre vie en société et en Eglise.Incontestablement, on a enregistré un progrès et l’avenir est prometteur.Mais l’avenir ne se construit pas seul : l’homme se fait son propre avenir sur la base de la réflexion s achevant dans la maîtrise et la direction lucide et consciente des événements de la vie.Or dans un monde marqué par le péché, cette exaltation de 1 individu et de la liberté de conscience est ambivalente : elle devient bonne ou mauvaise selon qu’elle s’enferme ou non dans la limite des normes objectives ou des valeurs qui la mesurent ou la transcendent.Alors l’exaltation peut devenir une surexaltation, le culte, de l’idolâtrie.Notre société moderne, tout comme 1 Eglise d ailleurs, est précisément en train de laisser se développer en son sein — pour un trop grand nombre encore, de façon inconsciente — ce mal rongeur qu’est le culte outré mais surtout mal compris de la liberté et de la conscience individuelles.On appelle liberté ce qui, souvent, n est en fait que l’affirmation du moi égoïste.On confond, on réduit même le charisme au goût personnel, d’ailleurs indéfinissable et inconditionnel, de chacun.Sous le couvert de l’objectivité la plus pure, on cache des projets parfois mesquins, au moins intéressés.La conscience personnelle de certains se sent cruellement atteinte quand l'autorité intervient pour « structurer » la vie de la communauté.285 Ce sentiment de frustration dénote évidemment une conception tout à fait minimisante de l’autorité.En caricaturant, on pourrait dire que les humeurs et les caprices de chacun font loi.On ne se rend malheureusement pas compte qu au fond, c’est son immaturité qu on affiche ainsi aux yeux de tous.On comprend que sur ce terrain puissent se développer librement et sans gêne la contestation et le murmure.La contestation est, elle aussi, ambivalente.Elle n’est pas en soi mauvaise ; on ne peut guère plus prétendre quelle soit en elle-même anti-chrétienne.En tant qu elle est un appel qui trouve sa réponse dans une attitude chrétienne, on pourrait même la qualifier de chrétienne.Cependant une autre possibilité existe : c'est qu’elle soit 1 expression d un besoin, celui de l’expansion anarchique de chacun ; c est qu elle prétende être une réponse et qu’elle trouve sa justification en elle-même.C’est la contestation pour elle-même.Et alors le christianisme, coupé de son regard initial de foi, se trouve être tout simplement assimilé au marxisme : l’opposition systématique est la loi fondamentale et nécessaire du progrès et de l’évolution.De cette contestation-fin, il n y a qu’un pas à faire pour passer au murmure.Elle développe des durcissements de position de part et d autre, et facilement on tombe dans le culte du mécontentement et dans la critique corrosive.La contestation est ambivalente, le murmure, non.Un peu de réflexion nous fait vite découvrir 1 infantilisme qu il manifeste.Nos critiques ne viennent-elles pas de ce que nous n’avons pas accepté la place où nous nous trouvons ?Est-ce autre chose qu’un refus d’objectivité devant un sevrage nécessaire (cf.Loew J., Comme s’il voyait l’invisible, p.195).Il importe surtout de prendre conscience que c’est là une attitude purement destructrice, et stérile du reste.L’autocritique est bonne jusqu au moment où elle devient de l’autodestruction.Dernièrement, Paul VI a justement dénoncé avec force ce cancer qui menace 1 Eglise.Le P.Chevrier disait :« Un démolisseur en une matinée fait plus d’ouvrage que cent maçons en une journée ».En somme, la contestation globale et le murmure sont peut-être la marque des impuissants.Il est plus difficile de se remettre soi-même en question et d’y trouver le tremplin pour un dépassement personnel et un service plus désintéressé, mais combien plus efficace et constructif pour le bien commun réel de sa communauté civile ou ecclésiale.286 Nous vivons à un moment de l’histoire où des changements profonds et rapides modifient les structures traditionnelles de la société : un nouveau type de société s’installe peu à peu.Or nous avons le type de société que nous voulons avoir et dont nous avons besoin.Il ne faudrait donc pas avoir la naïveté de croire que la transformation des cadres va automatiquement créer du soir au lendemain un milieu pour ainsi dire naturel où tout le monde respirera à l’aise.Les personnes ne se changent pas aussi vite, aussi facilement et aussi simplement que les structures.Pour le chrétien, le respect des personnes est une valeur primordiale ; selon lui, la société est ordonnée au bonheur des individus.Est-ce à dire qu au nom de ce respect, il faille renoncer au progrès social ?Bien sûr, le progrès et l’évolution sont nécessaires ; il y a même des urgences qui ne souffrent aucun délai.La phobie du risque et de l’éventualité n’est pas le fait des forts, que je sache.L’avenir est fait de risques assumés dans la lucidité et la conscience.S il faut oser risquer, il faut néanmoins le faire pour ce qui en vaut le prix.Le nouveau type de société civile et ecclésiale qui prend forme commande un nouveau type de citoyen et de catholique.Une urgence s impose, celle d’éduquer des citoyens et des fidèles capables de vivre dans une société beaucoup moins structurée, et par conséquent, celle d'éduquer au sens de la responsabilité sociale et ecclésiale.Le monde moderne a besoin d’hommes et de femmes qui sachent être responsables.« Etre responsable, c’est sentir qu’en posant sa pierre on contribue à bâtir le monde », disait saint Exupéry.Le catholique d’aujourd’hui doit savoir que sa liberté finit là où commence celle des autres ; il doit pouvoir sacrifier lui-même ses vues personnelles au bien réel de toute la communauté ecclésiale.C’est à travers ce bien commun qu’il trouvera le sien propre en définitive.Il lui est demandé d’avoir une action réfléchie et objective pour construire l’Eglise dans un dialogue véritable.Il lui est demandé de cultiver un dynamisme positif et joyeux, celui qui naît de la louange de Dieu et d’une vision optimiste du monde, et qui est le fruit de la docilité à l’Esprit et de la foi éprouvée.Yves La Fontaine, c.m.m.Résidence Mariannhill, Cap-Rouge, P.Q.287 LES LIVRES Fries, Heinrich, La foi contestée (Christianisme en mouvement, 12).Trad, de l’allemand par Henri Rochais.Tournai — Paris, Cas-termanfi 1970 ; 224 pp., 135 FB.Aujourd’hui, peut-être plus que jamais, les questions théologiques retiennent l’attention.Cet intérêt s’exprime souvent sous la forme de la discussion, du doute, de la contestation.Ce dont il s’agit le plus fréquemment n’est pas tel ou tel point particulier de doctrine, mais la foi elle-même.Celle-ci est interpelée de multiples façons.L’A.relève ce défi multiforme au bénéfice des croyants cultivés, comme les professeurs de religion, afin qu’ils puissent répondre « à quiconque leur demande raison de l’espérance qui est en eux ».Raguin, Yves, S.J., Chemins de la contemplation.Eléments de vie spirituelle (Christus, No 29), Bruges, Desclée de Brouwer, 1969 ; 168 pp., $5.95.Voici une publication fort opportune.La civilisation activiste de l’Occident menace de faire dévier l’homme de sa vraie destinée.La contemplation ne saurait être mise au rancart comme une discipline surannée et inutile.L'A.présente son ouvrage non comme un traité systématique de vie spirituelle mais comme un guide sur les « chemins de la contemplation ».Ces courts chapitres — rations quotidiennes — sont « bien plus le reflet des expériences spirituelles d’un grand nombre d’âmes rencontrées .que l’expression d’une science acquise dans les livres ».Hormis la préface, ces « éléments de vie spirituelle » sont d’une lecture facile.Sa connaissance des mystiques orientales, attirantes pour certaines âmes de l’Occident, permet à l’A.d’en faire cas, tout en se gardant bien de verser dans un syncrétisme de mauvais aloi.I Saix-Arnaud, Yves, s.j., Essai sur les fondements psychologiques de la communauté.Montréal, Ed.du Centre Interdisciplinaire de Montréal, 1970, 136 pp.Ce petit volume cherche à établir les bases psychologiques qui fondent une communauté.Il contient six exposés que l’auteur a développés au cours de nombreuses sessions.Un tel volume ne se résume pas.On ne peut que mentionner les divers éléments qui le composent.Après avoir établi un modèle descriptif de la personne : dynamisme de croissance, conscience psychologique et comportement, l’auteur, adepte de la psychologie perceptuelle, en expose les postulats.Puis vient l’étude de la communauté qui se construit d’après les besoins fondamentaux de la personne.Cette communauté est faite de relations interpersonnelles : c’est le sujet du troisième exposé.Dans les trois exposés qui suivent, l’A.s’intéresse davantage à la communauté religieuse.Partant des trois vœux traditionnels, il essaie successivement d’en dégager les fondements psychologiques.Dans le quatrième exposé, l’A.esquisse une description de l’amour humain pour dégager le type d’amour qui convient à l’engagement de chasteté dans le contexte communautaire.Ce chapitre sur l’amour contient des analyses fines et détaillées sur ce problème de première importance.Le cinquième exposé a rapport au vœu d’obéissance envisagé sous le biais de l’autorité.Enfin, la sixième partie traite longuement des besoins psychologiques de la personne et invite à une attitude de relativisation de ces besoins.C’est une attitude très importante, surtout quand il s’agit du vœu de pauvreté.Le «sens du relatif» est une composante de première valeur dans la vie communautaire.Voilà donc un livre très dense qui rendra de grands services.Ceux qui n’ont 288 pas suivi les sessions y puiseront des idées éclairantes.Quant à ceux qui les ont suivies, ils voudront revenir à ce texte.Rappelons en terminant que l’A.avait déjà exposé plusieurs de ces idées dans le volume Réalités psychologiques et vie religieuse publié dans la coll.Vita Evangelica, n.3, p.97-141.Il sera très utile de s’y référer, de même qu’aux autres articles du même volume.Saint-Arnaud, Yves, s.j., La consultation pastorale d’orientation ro-gérienne.Biblioth.d’études psycho-religieuses.Ed.Desclée de Brouwer 1969, 222 pp.Dans ce bref aperçu, il est impossible d’analyser en détail un volume aussi dense.Il s’agit d’une étude conduite en rapport avec une enquête menée auprès de 62 prêtres de Montréal.On voulait savoir jusqu’à quel point les conseillers spirituels utilisaient les attitudes et les techniques dites rogériennes.La consultation d’orientation rogé-rienne se définit au mieux en disant qu’elle est non-directive.Partant de ce postulat que le consultant est le principal expert dans les solutions à trouver, Rogers propose au conseiller une attitude empathique, i.e.« qui cherche à entrer dans le monde subjectif de son interlocuteur, essayant de voir les choses comme l’autre les voit, sans rien y ajouter» (p.181).Selon l’A.l’attitude directive a été privilégiée dans la tradition catholique.S’agit-il là d’une valeur théologique qu’il faudrait retenir à l’encontre de la tendance rogérienne ?L’A.souhaiterait qu’un dialogue s’instaure entre théologiens et psychologues à ce sujet (p.92).Toujours est-il que la mentalité rogérienne peut être d’une très grande fécondité puisqu’elle privilégie des valeurs exceptionnelles comme l’authenticité, la considération positive inconditionnelle du consultant et surtout l’empathie qui consiste à entrer dans la subjectivité de l’autre tel qu’il est et non pas tel qu’on le voudrait.La lecture de ce livre exercera sans doute une influence bénéfique sur tous les directeurs spirituels', surtout s’ils sont trop directifs.AVIS 1971 : SEPT RETRAITES INTERCOMMUNAUTAIRES POUR RELIGIEUSES.10-17 janvier, P.Bruno Duplessis, s.j.; 7-14 mars, P.Jacques Lewis, s.j., ; 2-9 mai, P.Bernard Laperrière, s.j.N.B.— Ces TROIS retraites auront pour thème : « Pour une meilleure connaissance de J.-C.».27 juin au 4 juillet ; 4-11 juillet ; 22-29 août ; 19-26 septembre.N.B.— Ces QUATRE retraites seront données «en équipe», c’est-à-dire que les différents membres de l’Equipe de la Villa se partageront les étapes de cette rencontre spirituelle d’une semaine dont le thème sera : « Prière liturgique : Office divin et Eucharistie ».Renseignements ou réservations : La Villa Saint-Martin, 9451 boul.Gouin ouest, Pierrefonds, Roxboro 910, P.Q.— Tél.: 684-2311. la VI© des communautés religieuses 5750, boulevard ROSEMONT MONTRÉAL 410, Qué., Canada FRAIS DE RETOU R GARANTIS PORT PAYÉ À BEAUCEVILLE SS.fi £ STE->5 JASPER S ILLE MONT-MONTREAL CROIX POYAL M S O 4 — I ENREGISTREMENT NO OSZ8
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