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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
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  • En son nom
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La vie des communautés religieuses /, 1972-04, Collections de BAnQ.

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AVRIL 1972 ia vie des communautés religieuses ADMINISTRATION La Vie des Communautés religieuses est publiée par les Franciscains de la Province Saint-Joseph au Canada.La Direction est assurée par Laurent Boisvert, o.f.m., assisté de Léonce Hamelin, o.f.m.et René Baril, o.f.m.Chaque auteur porte la responsabilité de ses articles.Responsable du secrétariat : Thérèse Léger, s.s.a.On souscrit directement à la revue, sans l’intermédiaire des librairies ou des agences.Tout ce qui concerne la revue (envoi de manuscrits, consultations, service bibliographique, administration) doit être adressé à : La Vie des Communautés Religieuses 5750, boul.Rosemont Montréal 410, Canada Tél.259-6911 La VIE des communautés religieuses R.VOILLAUME, J.Galot, S.j.AVRIL 1972 Vol.30 — N° 4 Fidélité et engagement.98 La mentalité moderne accepte difficilement la valeur d’un engagement perpétuel.Cependant une loi fondamentale veut que tout amour ait une dimension d’éternité.La vie religieuse, engagement perpétuel à un mode de vie évangélique, implique un choix fait par amour.L’A.signale les exigences d’un tel choix.Il ajoute que le respect de la dimension contemplative garantit la fidélité.Il énumère enfin les conditions nécessaires à cette qualité contemplative.L'avenir du célibat religieux.115 Le célibat religieux a un avenir assuré si on le considère comme un état de vie où s’épanouit la personnalité et dont les exigences sont librement choisies « à cause du Royaume des deux ».Cette perspective élargit les horizons du célibat.Le religieux trouve les meilleures conditions d’équilibre et d’épanouissement de ses forces affectives dans une communauté fraternelle authentique.Les livres FIDÉLITÉ ET ENGAGEMENT1 11 Je suis profondément touché de votre accueil ; vous venez de l’exprimer en des termes qui m’ont ému.Et je suis en même temps quelque peu inquiet, parce que je me rends compte d’être devant une tâche difficile : vous exposer en quelques instants ce qu’est l’engagement d’une vie religieuse et ce qu’est la fidélité d’une vie religieuse.Je vous demande donc de m’excuser s’il y a des points trop rapidement traités.Qu'est-ce qu'être religieuse, de nos jours ?Il y a des siècles et des siècles qu’en imitation de la vie des premiers disciples groupés autour du Seigneur et en prolongement de l’esprit et du style de vie de la première communauté chrétienne de Jérusalem, des milliers d’hommes et de femmes ont vécu, dans la paix et l’amour, cette vie consacrée au Seigneur.Et cette vie a toujours été considérée comme quelque chose d’essentiel, comme le levain dans la pâte de la chrétienté.Certes, les conseils évangéliques, la vie qu’on appelle vie évangélique s’adresse à tous les chrétiens.Et il est heureux que la chrétienté et les théologiens aient redécouvert, ou plutôt souligné davantage cet état de fait.Tous les chrétiens sont des témoins du Christ, ou du moins devraient l’être.Tous les chrétiens sont appelés à ce surcroît d’amour, à ce dépassement du Décalogue qu’expriment les béatitudes et les conseils de Jésus.Cependant, certains chrétiens et certaines chrétiennes se sont réunis en communauté pour réaliser d’une manière plus concrète, plus totale, un certain style de vie évangélique.Non contents de vivre en communauté, ils ont voulu s’y consacrer par des 1.Conférence donnée à Sherbrooke, le 28 octobre 1971, et transcrite par les Sœurs Clarisses de Lennoxville.98 vœux — et des vœux perpétuels.Est-ce que cela signifie encore quelque chose ?Nous avons des textes de Vatican II, repris par Paul VI dans son exhortation sur la vie religieuse, qui nous attestent que l’Église continue d’attribuer une grande importance et voit une valeur propre au fait qu’on s’engage à la suite de Jésus dans la vie évangélique vécue en communauté, sous des vœux reçus par l’Église.Difficultés devant du monde Je n’ai pas besoin de vous dire que nous vivons une époque exceptionnelle et que l’Église est mise en demeure d’être plus que jamais fidèle à son Fondateur et de retrouver, à travers toutes les réalisations relatives, son message essentiel.Les difficultés que rencontrent les instituts religieux de par le monde, vous les connaissez.Ce sont des difficultés qui, pour une part, viennent du monde lui-même.Mentionnons cette prise de conscience de l’humanité de son indépendance par rapport aux Églises, à toutes les Églises, à toute religion.Il y a aussi la découverte que fait l’homme d’être maître de son destin et la prétention qu’il nourrit de pouvoir, à l’aide des sciences, les sciences de l’homme en particulier, définir sa propre morale, les lois de son comportement, dans une totale indépendance par rapport à toute religion.La sexualité est un des aspects le plus souvent mis en cause.Investigué par les sciences biologiques et psychologiques, cet aspect devient comme une sorte de facteur qui conditionne de plus en plus la vie humaine.Parallèlement, le milieu ambiant développe une mentalité athéistique qui se fait de plus en plus envahissante.Et en même temps, des tâches exaltantes sont proposées à tous les hommes pour construire le monde.Face à cela, nos pauvres communautés religieuses font piètre figure.L’Église elle-même est considérée comme désormais inutile au progrès des hommes, même au plan d’une dimension spirituelle.Les tâches auxquelles les congrégations religieuses s’étaient consacrées sont maintenant ,ou terminées, ou prises en charge par d’autres organismes.Difficultés venant du milieu religieux Et puis, il y a des difficultés plus intérieures.Le milieu religieux clos apparaît bien étroit, marqué par des coutumues et des mentalités de siècles passés.Cet isolement, qui d’ailleurs n’atteint pas seulement 99 la vie religieuse, mais a marqué aussi le monde ecclésiastique, a provoqué des sursauts.Les prêtres ouvriers ont été les premiers antagonistes.L’Église cherche une ouverture pour être présente au monde, tout en restant elle-même.Et alors que durant des siècles les religieux et les religieuses avaient été soutenus par le milieu que constituait leur communauté ou leur congrégation, maintenant, ce milieu est comme rompu, il est dissous.Et la disparition de ce milieu provoque aussi le désarroi de la vie intérieure.Le renouveau de l’Église a provoqué dans l’ensemble de la chrétienté un admirable approfondissement des exigences de la vie chrétienne dans le laïcat.Ce renouveau a aussi favorisé le développement des mouvements d’action catholique, lesquels engendraient une spiritualité plus adaptée aux hommes de notre temps.Il y a maintenant le renouveau liturgique qui, lui, fait apparaître comme périmées certaines spiritualités, certains exercices, certaines dévotions qui marquaient cependant ces communautés religieuses.C’est un point que, quelquefois, les religieux éprouvent comme un complexe d’infériorité par rapport aux laïcs.De plus, les mutations de l’apostolat, mutations qui affectent les œuvres de beaucoup de congrégations religieuses font qu’à présent c’est le milieu ou les milieux professionnels qui prennent le pas sur le milieu religieux.Ils sont plus importants, plus exigeants, humainement plus attirants.Difficultés venant de la contestation de la valeur de tout engagement Il y a aussi de nouveaux et multiples courants à l’intérieur de la chrétienté, même des courants théologiques.Il existe une sorte de recherche, souvent dans des sens différents.On conteste la valeur du sacré, ce qui attaque directement la vie religieuse.On conteste la valeur des vœux, des engagements pris devant l’Église.Les institutions ecclésiales sont remises en cause ; or, les congrégations religieuses sont des institutions.Le célibat des prêtres est ébranlé.Même le mariage, en beaucoup de milieux de la chrétienté, est mis en question.On dit maintenant : Pourquoi l’indissolubilité ?alors qu’il n’y a pas si longtemps, on parlait des liens sacrés et indissolubles du mariage et de la profession religieuse perpétuelle.Ces liens étaient respectés par la chrétienté, ce qui donnait aux religieux et 100 aux religieuses une haute idée de leur vocation et un encouragement à être fidèles.Ce qui est remis en cause d’une manière plus particulière dans la notion d’engagement, c’est qu’on en conteste la valeur, je dis bien de tout engagement, et à plus forte raison de tout engagement perpétuel.L’homme responsable de lui-même, qui doit prendre ses propres décisions, ne peut le faire qu’en connaissance de cause, et pour une situation présente.Nul ne saurait s’engager pour l’avenir.Si je juge que telle forme de vie religieuse, et même le célibat, est bon pour moi pour le moment, comment pourrais-je prévoir qu’il en sera ainsi dans quelques années ?Est-ce que ma propre situation, celle du monde et celle de ma congrégation ne seront pas tellement changées que ce qui me paraît meilleur maintenant me paraîtra moins bon dans quelques années ?Ce sentiment de la responsabilité personnelle et du devoir de juger de ses options suivant sa propre conscience fait que les jeunes voient une valeur, précisément à ne pas s’engager, pour rester libres de faire toujours ce qui leur paraîtra le mieux.Et il leur est difficile de conserver des valeurs suffisamment absolues pour rester valables et pour s’imposer dans le changement des situations relatives.C’est particulièrement visible dans la manière dont on envisage le mariage.Et cela va loin.On pense que définir les conditions les meilleures pour un homme et une femme qui se sont mariés ne peut se faire que dans l’instant présent.Pourquoi maintenir une union qui se révèle difficile, dure ?Pourquoi vouloir s’entêter lorsqu’il y a incompatibilité d’humeur ?Pourquoi ?Est-ce que le bien de l’un et de l’autre ne demande pas qu’on se sépare ?Et alors, au milieu de cette remise en question de la validité des liens, on doit et on prétend maintenir le message chrétien auquel on voudrait maintenant faire dire qu’il ne conserve que l’annonce de la Bonne Nouvelle.Quant à la morale, c’est à l’homme de la déterminer.Je lis dans une interview qui a été adressée à Jean-Claude Barreau, ce prêtre qui fait de son mariage un acte prophétique et qui lui confère ainsi un certain éclat : « La vraie question qui se pose n’est pas une question morale.Il s’agit de savoir si les chrétiens sont plus heureux que les autres.Jésus nous a annoncé une Bonne Nouvelle : que la vie a vaincu la mort et que nous sommes destinés à un monde meilleur.Mais quand à savoir la manière dont nous devons vivre ici-bas, Jésus ne nous en dit rien ; c’est à nous à le définir.» Et il va 101 jusqu’à dire : « Ce n’est pas à la hiérarchie ou à l’Église de donner ces réponses morales ; c’est aux gens de les inventer.Chaque communauté humaine, chaque individu doit inventer ce qu’il doit faire en fonction de la Nouvelle qu’il a entendue et de sa situation.» C’est exactement cette attitude — tout à fait connaturelle à la mentalité moderne — qui fait qu’on ne peut plus comprendre la valeur d’un engagement.Si on n’admet plus l’indissolubilité du mariage, ce n’est pas seulement qu’on en conteste la possibilité humaine, mais on en conteste même la valeur.Et cela s’applique naturellement à l’engagement religieux.D’ailleurs, cette relativité de la valeur de l’engagement va si loin qu’on trouve en des milieux de chrétienté, crez les théologiens, une certaine facilité à remettre en cause jusqu’à la virginité perpétuelle de Marie.Elle était vierge au moment de l’Annonciation et de la Nativité du Seigneur, certes, mais ensuite, cette fidélité ne semble plus tellement nécessaire.Difficultés venant de la contestation de Tétât juridique Une autre raison pour laquelle on conteste la valeur de l’engagement perpétuel, c’est qu’on voit là un état juridique et on se demande à quoi cela peut servir.Si un homme et une femme s’unissent, l’essentiel est qu’ils arrivent à s’aimer et qu’ils soient fidèles à faire effort tous les jours pour répondre à cet amour.Mais l’état juridique du mariage est inutile.Et alors, en fonction d’une vie évangélique, pourquoi se mettre dans un état de vie ?Est-ce qu’il ne suffit pas de généreusement vivre au jour le jour la pauvreté, d’être fidèle à la chasteté tant qu’on jugera y être appelé et de vivre loyalement dans l’obéissance à une communauté dont on a choisi de partager la vie ?Pourquoi des vœux ?On a perdu cette notion qu’une certaine situation stable crée des devoirs auxquels il importe d’être fidèle.Mais je ne continue pas cette analyse de la situation ; vous la connaissez mieux que moi.Ces préalables étaient cependant nécessaires pour situer le problème.La nécessaire option de Ta mour Je me demande si, dans tout cela, on n’a pas minimisé les exigences de l’amour, et d’un amour digne de l’homme, car il faut toujours en revenir là.C’est une loi fondamentale de la vie de 102 l’homme et de ses activités que d’être habité par un grand amour.Nul ne contestera l’importance de l’amour dans la vie humaine.Nul ne niera que, pour un homme et une femme, une vie sans amour est une vie tronquée, inféconde, une vie qui n’est pas épanouie et n’est donc pas une vie humaine dans la plénitude du terme.Nous savons bien que le meilleur de l’homme ne peut être exigé de lui que par l’amour.Et c’est une option nécessaire pour tout être humain, pour une jeune fille et un jeune homme arrivés à la fin de l’adolescence, que de choisir sa vie.Que fera-t-on de sa vie ?Il y a une première option qui est celle du mariage ou du célibat, et ensuite une autre option pour les activités auxquelles on se croit appelé, soit sur le plan professionnel dans le mariage, soit sur le plan de la participation à l’apostolat de l’Église dans la vie religieuse.En tout cas, qu’il s’agisse du mariage ou de la vie religieuse, c’est bien d’une orientation de l’amour qu’il est question, et de la réalisation d’un grand amour.Essayez donc de définir l’amour, cette réalité si diverse.Aucun mot, en effet, ne désigne des réalités aussi différentes que la recherche du plaisir, l’amour conjugal, les amitiés les plus profondes et l’amour spirituel que nous devons à Dieu.On appelle tout cela l’amour.Et c’est un grand mystère que l’amour.Je dis bien un mystère, et un mystère naturel, parce que toutes les sciences de l’homme — de la théologie à la psychologie — n’arriveront jamais à définir son secret.Il y a dans l’amour, même dans celui qui ne se réfère pas à Dieu, même dans l’amour passionnel le plus spontané, une dimension d’éternité que rien ne vient expliquer.À plus forte raison en est-il ainsi lorsque cette aptitude à l’amour, ce besoin de l’homme est comme dilaté par l’Incarnation du Verbe et qu’il est orienté positivement, dans la lumière de la foi, vers une dimension éternelle.Oui, il y a un mystère dans l’amour.Et si l’on veut bâtir une vie rumaine, qu’il s’agisse de la vie naturelle, de la vie du mariage, qu’il s’agisse d’une vie surnaturelle à la suite du Christ, c’est toujours l’amour qui en est le centre.Ce sera toujours la réalisation de ce double précepte du Seigneur : l’amour de Dieu et l’amour de nos frères comme le Christ les a aimés.Nous le savons : nous serons jugés sur l’amour.Notre destin sera conforme à la grandeur, à la pureté et à la valeur de notre amour pour Dieu et pour les hommes.Ces deux amours sont inséparables.Et il ne s’agit pas de n’importe quel amour.Bien sûr, il y a des vies humaines qui vont d’un amour 103 à un autre, mais nous savons bien qu’un grand amour est un amour qui se veut unique et définitif, c’est-à-dire perpétuel.Sans doute, les vicissitudes de la condition humaine font que cela est souvent bien difficile et que l’amour humain risque des échecs.Mais on ne peut éliminer cette exigence de l’homme comme étant vraiment le signe de sa grandeur et de sa perfection la plus élevée.Notre réponse d'amour à l'amour du Christ Quant à l’amour révélé en Jésus, cet amour qui fait dire à saint Jean que Dieu est amour, il est évident que nous ne pouvons pas nous approcher de Dieu ni du Christ, ni engager notre vie à sa suite sans qu’elle soit pénétrée de cet amour.Lorsqu’il s’agit de la vie religieuse, de la vie évangélique, il faut alors nous poser cette question : Avons-nous simplement, dans la fidélité aux commandements du Seigneur et en fidélité à son Esprit, à réaliser un certain style de vie pauvre, chaste, dans une communauté fraternelle et dans le dévouement à l’Église et aux hommes ?N’y a-t-il pour nous qu’un message à réaliser ?Ou bien y a-t-il en même temps, et d’une manière nécessaire, une personne à aimer ?Si nous avions pu interroger les premiers apôtres et disciples, nous aurions compris que, pour eux, ce qui comptait était vraiment « Jésus à aimer ».A tel point que le message est inséparable de cet amour et que vouloir vivre les Béatitudes et comprendre le sens des conseils évangéliques sans un grand amour du Christ et sans vivre cet amour, c’est se condamner à ne pas comprendre le message, se condamner à l’incapacité de vivre les conseils.Et cet amour, il faudrait ici non seulement en définir la grandeur, mais en dire aussi les difficultés et la nature propre.L’amour du Christ donne sa chair à manger et à boire à tout chrétien pour lui communiquer la vie éternelle.Sans cet amour du Christ, nous ne pouvons pas découvrir les exigences de l’amour que nous devons à nos frères ni connaître jusqu’où nous devons les aimer.Il y a en effet une qualité de l’amour pour les hommes, un extrémisme de cet amour que nous ne pouvons découvrir que dans le cœur du Christ.Il nous faut aimer comme Lui a aimé.Et je pense que c’est là un sujet inépuisable de réflexion et de méditation, car pour aimer comme le Christ, il faudrait voir les hommes avec les yeux du Christ, il faudrait comprendre la destinée de l’homme comme 104 le Christ la comprend et savoir combien l’homme est grand lorsqu’il est racheté par le Christ et promu par Lui à la filiation éternelle.C’est donc à la lumière de cet amour de Jésus que je voudrais maintenant éclairer l’engagement religieux.Bien sûr, vous pouvez vivre une vie évangélique, une vie de total dévouement à vos frères et toute consacrée à l’amour, sans faire de vœux.Aussi, cet engagement par des vœux est-il une possibilité libre : « Si tu veux », dit le Seigneur.Et il le dit de chaque vocation, car une vocation est très personnalisée.Il n’y a pas deux chrétiens, il n’y a pas deux hommes, pas deux religieux qui sont appelés par Jésus à vivre de la même manière.Donc, si nous voulons, c’est-à-dire si le Seigneur nous découvre la valeur de cet engagement religieux, celui-ci doit nous apparaître comme une exigence de l’amour.Tout amour — je parle d’un grand amour unique qui se veut supérieur — un tel amour, dis-je, tend à s’engager.Engagement et don de soi dans l'amour Les amants et les fiancés qui envisagent le mariage, ou même ceux qui ne l’envisagent pas, s’ils s’aiment passionnément l’un l’autre, se font des promesses éternelles.L’amour tend à solidifier, à éterniser sa propre durée.D’ailleurs, il était dans la ligne de la perspective chrétienne du mariage d’être fidèle à un unique amour au-delà de la mort.C’était une perfection — je ne dis pas une obligation — mais une perfcetion de l’amour que de rester fidèle, dans le veuvage, à celui qui continuait à vivre dans l’au-delà.Il y a encore de nos jours des veuves chrétiennes qui font vœu de chasteté en fidélité à cet unique amour.C’est là la dimension de l’amour dans l’homme.Et si c’est explicite dans le christianisme, c’est latent dans tous les hommes, même dans ceux qui n’ont pas encore connu le Christ.L’amour tend à éterniser le temps.L’amour veut aussi tout donner.Comment un amour profond et total pourrait-il ne pas vouloir tout donner ?Car s’il nous est difficile de définir l’amour en termes raisonnables, nous savons bien qu’aimer, c’est se donner à quelqu’un au point de lui appartenir totalement.Et comment peut-on tout donner ?Faire l’offrande de tout son être, de toute sa vie à celui qu’on aime ?Comment peut-on le faire alors que nous ne possédons jamais notre vie tout entière ?Elle nous est donnée minute par minute, instant par instant.Elle est 105 fragile, nous ne savons pas sa durée, elle s’écoule.Et l’amour qui se veut durable veut tout donner ! Et il le peut en s’engageant, c’est-à-dire en faisant une promesse perpétuelle qui exprime l’offrande et la volonté d’une offrande totale.Cela n’a pas besoin d’être expliqué.Et si c’est contesté, je dirais : Laissez un cœur libre, séduit par l’amour, sentir que c’est nécessaire à l’expression authentique de son amour.Voilà pourquoi on peut donner sa vie d’un seul coup en la livrant perpétuellement dans une promesse solennelle à celui qu’on aime.Amour et consécration en Église Le mariage a un sens ; ce n’est pas seulement une union libre.La promesse perpétuelle de chasteté, de fidélité à Dieu dans la vie évangélique a également un sens, l’Église nous le rappelle.Elle nous rappelle aussi qu’elle y voit une valeur de consécration.Le monde est désacralisé ; c’est un fait.Il est assez normal que le profane soit désacralisé, mais le monde entier est tout de même sacré parce qu’il est royaume du Christ.Notre vie est sacrée parce qu’elle est au Christ.Et ce que nous voulons, unis au Christ, doit être considéré comme consacré.Le chrétien est consacré par le baptême, et dans cette consécration il reçoit ce qu’on appelle le sacerdoce commun des fidèles, lequel se définit très exactement comme l’aptitude propre à chaque fidèle de s’offrir lui-même en oblation spirituelle et totale en union au Christ, unique prêtre et unique victime.Voilà le sacerdoce des fidèles.Et c’est ce qui fait que le fidèle participe, comme avec un pouvoir d’offrande de soi-même, au sacrifice eucharistique.C’est pourquoi le fait de s’engager à la suite du Seigneur et de vouer sa vie au Christ est un acte du sacerdoce commun des fidèles.La profession religieuse est ainsi, dans le prolongement et dans l’accomplissement du baptême, comme un acte du sacerdoce dont vous portez la marque au fond de vous-mêmes.N’oublions pas non plus qu’entre Dieu et les hommes — et ceci, ce n’est pas nous qui l’inventons, c’est une initiative divine — n’oublions pas qu’entre Dieu et les hommes il a toujours été question d’alliance, d’un contrat dont Dieu a l’initiative.Dans l’Ancien Testament, toute l’histoire du salut nous le montre ; et dans le Nouveau, tout est consommé dans le cœur du Christ.Et c’est dans cette perspective d’alliance que s’effectue le contrat de la vie religieuse.Il y a 106 une alliance entre nous et Jésus, entre tout chrétien et le Seigneur.Et parce que le Seigneur suggère lui-même, par son Esprit, à tel ou tel chrétien de se consacrer davantage au Royaume de Dieu, c’est là une alliance.Le Seigneur a pris l’initiative et nous répondons.Enfin, c’est dans l’Église qu’un religieux donne sa vie, et le Concile nous rappelle que toute profession religieuse lie au service de l’Église.C’est une des valeurs que la chrétienté redécouvre actuellement, valeur essentielle que celle de l’importance de la communauté dans la vie chrétienne.Le christianisme, de lui-même, spontanément, s’engendre en vie de communauté.Cela se produit depuis que Jésus a réuni autour de lui ses disciples et depuis qu’après le départ du Seigneur les disciples ont compris que là où plusieurs étaient réunis au nom du Christ, le Seigneur était au milieu d’eux, suivant sa promesse.C’est donc à la fois au service de l’Église et dans une communauté d’Église que se réalise la profession religieuse.Il est important de le rappeler, parce que c’est là un aspect souvent bien déroutant.Amour vécu dans la pauvreté de la condition terrestre Jusqu’ici, nous avons parlé de l’amour, cet absolu dans le cœur de l’homme.Et nous n’avons pas de peine à comprendre que ce soit un absolu.Mais qu’il s’agisse du mariage ou de la réalisation de cet amour dans la vie religieuse, nous voyons bien qu’il s’y joint tout un aspect relatif.Ce grand amour qui fonde un foyer va se heurter à des difficultés continuelles, à des souffrances, à des incompatibilités d’humeur, à des échecs peut-être.Et voyez ce qu’il en est de la vie d’une communauté : on se plaint de l’étroitesse des supérieures, des difficultés de relations, des imperfections de la Règle .Comme tout cela est humain ! Et comme tout cela est relatif ! Évidemment, qu’il s’agisse du mariage ou de la vie religieuse, donc d’un grand amour dans les deux cas, il faut dire que l’homme, dans la pauvreté et la faiblesse de sa condition terrestre, a beaucoup de peine à vivre les exigences de cet amour dans le concret.Cela n’empêche pas que l’amour soit grand et que soit grande aussi l’ambition d’aimer.D’ailleurs, nous voyons comment Jésus est à la fois absolu et infiniment compréhensif, lui qui, naturellement, avait la vision la plus absolue qui soit de la destinée de l’homme et de l’amour auquel il appelait les hommes, et qui en même temps savait 107 ce qu’il y avait au fond du cœur de chacun.Jésus nous dira que nous devons être parfaits comme notre Père céleste est parfait, et il est exigeant dans cette loi ; il ne faut pas de demi-mesures : « Si ton œil te scandalise, arrache-le ; si ta main ou ton pied te scandalise, coupe-le, jette-le loin de toi.» Et en même temps, Jésus sait bien que ce grand amour se réalise dans de pauvres conditions.Voyez son attitude envers le publicain, envers la femme pécheresse, envers la femme adultère et tant d’autres.Il sait bien que le but qu’il nous propose est infini et que nous avons à tendre vers ce but par un chemin terrestre qui est plein de misères.Nous ne comprendrons rien à la vie religieuse si nous ne maintenons pas à la fois qu’il y a dans la consécration religieuse un grand absolu et un grand amour qui a sa source dans le cœur de Dieu et qui nous est transmis à travers le Christ, et qu’en même temps c’est une vie soumise à toutes les recherches, à tous les tâtonnements, à toute la relativité des hommes et des communautés humaines.Si on n’admet pas cela, on risque de réduire la vie religieuse à une recherche inquiète de perfectionnement humain.Pour y arriver, pour trouver la communauté idéale, il faudra alors mettre en œuvre toutes les dernières découvertes de la psychologie, de la dynamique de groupe.Afin de se libérer des difficultés dans lesquelles on se trouve, on fera appel à la psychanalyse.Je veux bien, mais ce chemin ne nous mène nulle part, parce que c’est au-delà que se situe le problème.Je n’ai pas le temps de m’étendre ici sur les conséquences de cette relativité dans la vie humaine car, bien sûr, il y a des échecs apparents de la vie religieuse.Bien sûr, il y a des questions qu’on se pose.Et les supérieures savent combien il est dramatique quelquefois de prendre une décision pour savoir si ce grand amour qu’on voit dans une belle pureté d’intention et une très grande générosité dans le cœur d’une jeune religieuse, est capable d’arriver à cette réalisation concrète, difficile, dans telle communauté donnée.Ce n’est d’ailleurs pas plus facile dans le mariage.C’est la condition humaine.Je veux dire qu’il est aussi grave de perdre de vue les exigences de la condition humaine dans l’humilité que de prétendre donner à la vie religieuse je ne sais quel idéalisme impossible.Mieux vaut que les religieux et les religieuses soient de pauvres publicains : « Seigneur, je ne suis pas digne même de m’avancer dans le temple et de lever les yeux vers toi.» Oui, l’idéalisme est aussi dangereux qu’un réalisme sans amour.108 Dimension contemplative et eschatologique de la vie religieuse Enfin, il y a dans l’engagement religieux une double conséquence : c’est que nous avons donné notre vie et que nous l’avons donnée dans toutes ses activités.Nous l’avons donnée à l’Église, nous l’avons donnée au Christ pour qu’à travers nos activités et notre état de vie quelque chose soit exprimé du mystère du Christ dans l’humanité, quelle que soit la nature humaine de ces activités, qu’il ne m’appartient pas ici de déterminer.Mais ce que je voudrais dire, c’est que même lorsque des religieux et des religieuses se livrent à des activités que des laïcs pourraient faire aussi bien qu’eux, et parfois mieux qu’eux, ils doivent avoir conscience d’y apporter quelque chose de spécifique.Ici encore, je vous renvoie au Concile qui a souligné comme jamais peut-être on ne l’avait fait, ce qu’on appelle le caractère eschatologique de la vie religieuse.C’est à tel point qu’on peut dire que la vie religieuse n’aurait pas de signification, pas de raison d’être sans cette perspective de l’autre vie.Les valeurs qui doivent être signifiées dans toute vie religieuse comprennent d’abord celle d’une présence de Jésus.Et il ne s’agit pas simplement de cette vague présence générale qu’on a trop tendance à considérer comme l’unique à l’heure actuelle.On voit le Christ dans les événements, le Christ dans les frères.C’est très bien, mais nous oublions que Jésus est une personne, que Jésus se donne à nous avec son corps et son sang dans l’Eucharistie.Ce n’est pas une vague abstraction, ce n’est pas une fusion avec les hommes.Tout cela fonde — et je ne peux que le mentionner ici en passant — tout cela fonde la légitimité et la possibilité d’une intimité avec le Christ, intimité qui s’exprime dans la vie contemplative et qui engendre une certaine forme de prière et d’union à Jésus-Christ.La vie religieuse doit attester cette présence personnelle et mystérieuse du Christ dans toute vie humaine et dans toute vie chrétienne.Je dois donc témoigner à un titre particulier de la prière et de cette dimension contemplative de l’homme dont nos contemporains auront de plus en plus soif.Si j’avais le temps, je vous en donnerais maints témoignages.Enfin, les religieux et les religieuses envisagent la chasteté comme le fruit d’un amour de Jésus, comme une attente du retour du Christ et une anticipation de l’avènement de son règne.Oui, la mort a une signification, je dis bien une signification.C’est pourquoi le 109 religieux doit apprendre à mourir, car c’est là aussi une valeur du Royaume de Dieu.En effet, si on s’engage dans la pauvreté, la chasteté et l’obéissance, c’est pour mieux être disponible aux biens du Royaume de Dieu et pour les incarner dans sa propre vie.Qu’est-ce que ces valeurs du Royaume de Dieu ?Ce sont toutes les valeurs chrétiennes.C’est la répercussion du message de l’Évangile dans l’humanité, avec ses exigences profondes.C’est le mystère de la Croix avec sa fécondité.C’est le mystère pascal, cet appel à faire jaillir la vie de la mort.Notre propre mort est remise, si j’ose dire, à travers la mort du Christ, entre les mains de Jésus ressuscité, dans l’espérance que nous serons associés à cette vie éternelle bien difficile à imaginer.Beaucoup de nos contemporains, de fait, n’arrivent pas à y croire.La pauvreté est aussi une valeur, un reflet du Royaume de Dieu.Non pas simplement la pauvreté financière, la pauvreté de budget, mais un certain regard sur toutes les choses et toutes les valeurs humaines, un regard qui nous les fait situer dans une perspective d’avenir de l’humanité, un avenir sur terre, dans le le Royaume du ciel également.C’est tout un sens de la vie.C’est aussi une certaine qualité de l’amour de l’homme le plus pauvre et le plus petit.Tout cela, ce sont des valeurs du Royaume de Dieu.La vie religieuse doit donc témoigner, non pas que nous sommes meilleurs que les autres, mais que ces choses doivent être signifiées dans une forme et un état de vie librement choisi.Fidélité soutenue par un milieu propice Comment être fidèle ?Cette question est la seule conclusion à laquelle nous puissions arriver.Ce que je vais vous dire mériterait un long développement, mais je devrai être bref.Comment un homme peut-il vraiment se développer et jouir de certaines exigences de sa vie sans un milieu favorable ?C’est une loi importante et on étudie de plus en plus ses composantes aujourd’hui.Oui, l’homme a besoin d’un milieu favorable pour son épanouissement.Nous savons les drames causés par la destruction du milieu familial, puis les difficultés d’adaptation de l’adolescent qui ne trouve pas le milieu qui lui convient, enfin nous connaissons le milieu que crée la civilisation actuelle.Peut-on se développer, s’épanouir dans une vie intellectuelle sans un milieu propice ?De même pour l’âme.Je 110 dirais que toute vie de l’esprit exige des conditions particulières.Et c’est pourquoi la vie chrétienne ne peut pas être menée sans le milieu favorable qu’est l’Église, la communauté fraternelle chrétienne.Ce besoin explose un peu partout dans la chrétienté.Les laïcs le découvrent et les plus généreux commencent à réaliser qu’on ne peut pas vivre chrétiennement sans créer un milieu chrétien.Le chrétien ne peut pas être fidèle à sa foi, ne peut pas développer sa conscience suivant les exigences de la prière s’il n’est pas lié à une communauté, et une communauté qui soit une véritable communauté à échelle humaine.C’est l’un des points les plus importants de la pastorale.Vous ne pouvez donc pas mener la vie religieuse sans un milieu religieux ; impossible de vous en passer.Si on cherche les causes de la crise actuelle du clergé en ce qui concerne le célibat, en ce qui concerne les dimensions de sa vocation, on ne peut pas répondre facilement, parce que la situation est complexe.Cependant, il est facile de remarquer que le prêtre souffre actuellement, dans le clergé diocésain, de ne pas avoir de milieu favorable.Autrefois, il y avait le milieu sacerdotal, le milieu ecclésiastique qui, comme le milieu religieux dont je vous parlais, s’est trouvé mal adapté, trop isolé, trop clos sur lui-même, si bien que maintenant il est rompu.Et les exigences mêmes de l’apostolat qui poussent certains prêtres à se mêler aux hommes font que ces prêtres n’ont pas de milieu de vie propre, que leur milieu devient la communauté laïque.Comment alors rester fidèle dans l’ambiance d’un monde athée, d’un monde dominé par une conception païenne de la sexualité et de l’amour ?La vie s’affadit ; nous ne sommes pas des anges ! Voici ce que dit encore l’abbé Barreau, dans cette interview dont je parlais : « Quand un prêtre de trente ans vit au milieu des ouvriers et des ouvrières, il travaille comme eux, il est habillé comme eux, il les tutoie.Il est inévitable que des problèmes se posent.Et alors, on ne peut pas lui demander l’héroïsme du célibat.C’est inhumain.» Comment croire maintenant que nous puissions, sans un milieu favorable, rester fidèles à la prière, à une dimension contemplative de notre engagement évangélique ?Comment nous serait-il possible d’être fidèles à la chasteté, non pas simplement en vivant vaille que vaille dans le céübat, mais en en comprenant la signification et en approfondissant les exigences d’amour de Dieu et des autres qu’il 111 signifie ?Le drame, c’est précisément que le milieu religieux est rompu et que beaucoup de religieux et de religieuses sont davantage pris par leur milieu professionnel que par le milieu religieux.Ce milieu religieux, je voudrais en souligner deux dimensions.Il doit d’abord être constitué par une communauté fraternelle, amicale, profondément unie et où le partage va profondément, jusqu’au partage des valeurs spirituelles.Cette communauté doit être telle qu’elle soit aimée, qu’on lui appartienne et qu’on se sente porté à être fidèle aux engagements qu’on a pris.Ensuite, il faut que cette communauté crée un climat propice à la prière.Tout ce que je viens de dire de la vie religieuse pour réaliser un grand amour du Christ nous montre bien qu’il faut entretenir en nous cette connaissance du Christ qui rende l’amour possible.Conditions favorables à la prière Je vous citerai ici ce que me disaient des laïcs qui, précisément, parlaient de ce milieu dont ils sentaient la nécessité pour eux-mêmes afin d’être aidés dans la prière, d’être aidés à vivre chrétiennement.Si j’en avais le temps, je vous donnerais aussi bien des exemples de cette soif qu’ont les laïcs, et surtout les jeunes, d’une vie d’oraison profonde, et non seulement d’une vie liturgique, d’assemblée.Et je suis surpris de voir que ce besoin s’approfondit, s’étend, donne naissance à des groupes spontanés de jeunes qui s’unissent pour la prière, alors que les religieux, les religieuses et les prêtres cherchent dans l’apostolat d’autres types d’activités et se rendent de moins en moins capables d’apprendre aux hommes à prier.Ces laïcs me disaient donc : « Nous avons besoin de cinq conditions pour la prière.» Je cite ces conditions, parce qu’elles me semblent marquées des exigences d’un milieu religieux.« Nous avons besoin tout d’abord d’une communauté.Nous avons besoin deuxièmement d’un lieu favorable à la prière.» Ils parlaient ici de lieux favorisant la prière recueillie, prolongée, non pas des lieux d’assemblée liturgique.« Nous avons besoin aussi de la Présence eucharistique.» Actuellement, je vois beaucoup de laïcs exprimer le désir d’avoir le Saint-Sacrement chez eux, dans leur foyer.Cela commence à se faire.Certains évêques s’engagent dans cette ligne, surtout lorsqu’il s’agit de foyers unis dans une communauté : groupement 112 évangélique ou autre, prenant l’allure de cette communauté chrétienne dont je parlais .Sur ce point, j’ai un peu l’impression que les religieuses sont en retard sur le mouvement de l’Esprit Saint dans l’Église en négligeant la valeur et l’importance de la Présence eucharistique comme soutien d’une vie de prière.Ensuite, me disaient ces laïcs, « il faut être décidé à consacrer du temps à la prière.» C’est une option importante sur la valeur des espaces contemplatifs dans la vie humaine.Des prêtres et des religieux me disent : « Pourquoi consacrer du temps à la prière alors que le monde a tellement besoin de nous au point de vue de l’apostolat et des activités ?» Et je réponds : « Mais enfin, de quoi le monde a-t-il besoin ?De quoi l’humanité a-t-elle besoin ?que vous pensiez sans valeur pour vous-mêmes et comme témoignage, le fait de consacrer du temps à la prière?Ne pensez-vous pas que le monde a besoin d’espaces contemplatifs ?» La culture humaine est-elle spirituelle ou non?C’est vider l’apostolat de sa signification ultime d’une certaine manière.Il importe donc d’établir en nous une conviction.Beaucoup d’hommes, beaucoup de religieux, de religieuses ne prient plus parce qu’ils ne croient plus à la valeur de la prière face aux activités.Et comme on a un dernier scrupule d’avouer qu’on ne prie plus, on appelle prière ses activités apostoliques.C’est autre chose.Fasse le ciel que le souvenir du Seigneur et l’amour du Seigneur soient présents dans vos activités ! Mais Jesus fuyait la foule pour trouver des instants de solitude avec Dieu.« Enfin, disaient les laïcs, il faut prendre des rendez-vous avec la prière.» Ces rendez-vous, c’est ce qu’un milieu religieux doit favoriser et c’est ce que chacun doit s’imposer pour sa vie personnelle suivant ses besoins et les appels de l’Esprit Saint.Et qu’on ne dise pas que c’est artificiel, qu’on ne dise pas qu’il est mieux de ne prier que lorsqu’on en a le goût.Je répondrais : « Si vous attendez le goût naturel de la prière, vous ne prierez plus, car le goût de la prière vient à la fin et non au début de la prière.» Et vous n’allez pas dire non plus que pour servir votre prochain et pour aimer les hommes vous devez attendre d’en avoir le goût.L’exigence de l’union à Dieu et de la prière est d’une nature aussi impérative dans la vie chrétienne que l’exigence de la charité au service des hommes.Nous n’avons pas à attendre d’en avoir le goût.Et étant donné la surcharge de la vie humaine, il y a une question de rythme, de prévision, d’orga- 113 nisation qui est indispensable si on veut faire passer dans le concret cette décision de consacrer du temps à la prière.Conclusion Où que vous soyez, quoi que vous fassiez, au nom de l’Église et en collaboration avec l’Évêque, vous le faites avec votre spécificité religieuse, sinon ce n’est pas la peine d’être religieuses.Il est illogique et il n’est certainement pas dans le sens de la mission de l’Église que la vie religieuse soit faible, que personne ne la remarque, qu’on fasse tous ses efforts pour passer incognito, pour ne pas apparaître religieuse.Je sais que des problèmes se posent dans tous les domaines, mais il y a tout de même quelque chose qui fait que, au-delà des incertitudes actuelles, des recherches, des ruptures quelquefois nécessaires, il faut savoir dans quel sens on va.On peut dire que la vie religieuse souffre dans sa visibilité des mêmes incertitudes et des mêmes recherches que celles qui affectent la visibilité de l’Église.Ce n’est pas facile à l’Église de s’incarner dans les réalités humaines de telle manière qu’elle signifie ce qu’elle est.Mais la solution n’est pas pour elle de disparaître.Il n’est pas question qu’elle se fonde mystérieusement et invisiblement aux yeux des hommes.Ce n’est pas ce que Dieu a voulu.Je ne minimise pas du tout les difficultés.Je sais parfaitement que les situations concrètes sont très difficiles, surtout dans le cas de vos communautés du Canada, étant donné la mutation profonde des œuvres qui a entraîné peut-être plus qu’ailleurs cette transformation ou cette disparition du milieu religieux.Il y a aussi les incertitudes que cela crée, et en même temps les souffrances entre les membres d’une même communauté d’âges différents.Je ne minimise rien de cela, mais il vous faut à travers tout retrouver votre raison d’être profonde et essentielle : l’appel du Christ.Il vous faut avoir la joie profonde et l’amour de votre vocation, l’aimer dans ses exigences essentielles.En effet, lorsqu’on ne sait trop que faire, lorsqu’on est incertain de la physionomie concrète que prendra l’avenir ou l’apostolat, il faut s’appuyer solidement sur l’essentiel dont la dimension contemplative me paraît fondamentale.René VOILLAUME 22, rue Tapis-Vert, Marseille.114 L’AVENIR DU CÉLIBAT RELIGIEUX Où en est la situation du célibat religieux à la suite du débat sur le célibat sacerdotal et de la position prise par le Synode ?En principe, le célibat religieux n’est pas concerné directement par la question du célibat sacerdotal, car celle-ci engage le problème plus particulier des liens entre sacerdoce et célibat.Alors que le célibat a toujours été considéré comme un élément essentiel de la vie religieuse, il n’est pas impliqué nécessairement dans le sacerdoce, n’ayant avec celui-ci qu’un rapport de convenance.On peut contester le célibat sacerdotal, par exemple en réclamant la suppression du régime en vigueur dans l’Église occidentale et la généralisation de la discipline propre à l’Église orientale, qui ordonne des hommes mariés ; le célibat religieux constitue un domaine à part, qui en principe n’est pas affecté par ces changements.Cependant, même si la controverse actuelle porte sur l’association ou la dissociation du sacerdoce et du célibat, le religieux ne peut s’y sentir complètement étranger.Car il y a une solidarité évidente de toutes les formes du célibat consacré : c’est un unique célibat qui a été inauguré par le Christ, et qui se vérifie chez les prêtres comme chez les religieux.Il est incontestable par exemple que la décision prise par le Synode en faveur du maintien du célibat sacerdotal est de nature à confirmer, aux yeux des religieux, la valeur de leur propre célibat.L’engagement des religieux dans les problèmes du célibat sacerdotal s’est encore manifesté d’une autre manière, assez surprenante.Bien souvent, des religieux ont joué le rôle d’initiateurs dans la contestation du célibat sacerdotal ; en bon nombre de cas ils ont été les plus ardents à réclamer l’abolition de la loi du célibat, et même certains ont lancé une véritable campagne à cet effet.On pourrait 115 difficilement penser qu’en souhaitant l’existence de prêtres mariés, les religieux visaient uniquement la situation du clergé diocésain et qu’ils n’en tiraient aucune conséquence pour leur propre état.On a d’ailleurs observé chez les religieux prêtres un nombre de départs plus élevés que chez les prêtres séculiers.En fait, la valeur du célibat religieux était mise en cause en même temps que celle du célibat sacerdotal.Ainsi, par exemple, l’année sabbatique proposée par Dom Bernard Besret comme année de réflexion permettant la revision du choix de l’état de vie aurait valu pour les prêtres et les religieux.L’essentiel du débat ne résidait pas dans l’adoption d’une discipline pour le clergé ; il était dominé par des idées de sécularisation qui visaient à éliminer le célibat comme état de vie moins approprié à la condition actuelle de la société.Le droit de l’homme de se marier et de s’épanouir dans le mariage était posé comme un droit fondamental qui aux yeux de quelques-uns l’emportait sur des obligations prises en sens contraire.La position adoptée par plusieurs religieux nous laisse également supposer que chez eux comme chez un certain nombre de prêtres, l’engagement au célibat avait été subi plus que volontairement assumé, qu’il avait été reçu comme une nécessité traditionnelle, qu’on n’en avait pas compris suffisamment la portée et qu’il n’avait pas fait l’objet d’une option mûre et délibérée.C’est ainsi que l’idée d’une libération a pu si aisément pénétrer dans certains esprits : une libération suppose une contrainte, un joug, alors que le célibat devrait être toute autre chose, une voie librement choisie en vertu d’un amour plus élevé, voie que l’on est heureux de suivre même si ses exigences sont coûteuses.La controverse récente a fait apparaître que le célibat n’avait pas été tenu suffisamment par certains comme un idéal vers lequel on est attiré, qu’il n’avait pas été vraiment assimilé comme un état de vie où s’épanouit la personnalité.Pour ceux qui croient que par le Synode l’Esprit Saint a continué à guider l’Église, les résolutions votées par rassemblée et notamment celles qui regardent le célibat, demandent un effort sympathique d’accueil et de réflexion.Elles réclament surtout d’être considérées non comme une survivance du passé, mais comme une orientation d’avenir, pleine de promesses.Le célibat religieux doit être repensé en même temps que le célibat sacerdotal : il doit être vécu d’une façon différente, plus lucide et plus conforme à l’Évangile.116 Recentration du vœu sur son véritable objet Le nom traditionnel du vœu de chasteté indiquait une conception bien déterminée de ce vœu.L’engagement apparaissait comme une extension du commandement général de chasteté.Pour distinguer la chasteté religieuse, on l’appelait souvent « chasteté parfaite », et cette expression n’était pas moins significative : elle sous-entendait que dans la vie religieuse on était tenu à une observation parfaite de la loi de chasteté.Le vœu était conçu comme l’obligation de la loi poussée à l’extrême.De ce principe découlaient un certain nombre de conséquences.La pratique du vœu se modelait sur celle du commandement.On continuait à garder dans la vie religieuse, de façon encore plus stricte, ce que l’on avait déjà dû garder auparavant.Les prohibitions qui caractérisaient la chasteté étaient amplifiées et multipliées ; la règle détaillait les précautions et les mesures de préservation qui devaient mettre le religieux à l’abri.Parmi elles, le régime de clôture occupait une grande place.La difficulté de vocabulaire pour désigner le vœu s’est manifestée dans la rédaction des textes conciliaires.Un projet parlait de « chasteté » ; certains ont objecté que le terme ne suffit pas à spécifier la vie religieuse, vu qu’il y a une chasteté conjugale.Le Concile a adopté l’expression « chasteté consacrée» .Mais si nous voulons définir avec plus d’exactitude en quoi consiste cette chasteté consacrée, nous devons parler de célibat.C’est l’état de célibat qui forme proprement l’objet de l’engagement.Par le vœu, on s’engage à renoncer au mariage, et cet objet de rengagement est tout à fait différent de celui qui consisterait dans l’extension d’un précepte de loi.Il faut absolument rompre avec le légalisme : le célibat n’est pas une loi plus complète ou plus sévère de chasteté.Il est un état de vie qu’on adopte librement, qui a certes son mode propre de chasteté mais qu’on ne pourrait concevoir comme le renforcement d’une loi.On peut reprocher au célibat religieux d’avoir été trop souvent vécu comme une ascèse plutôt que comme une mystique.Les règles de préservation et de prohibition étaient le signe d’une rigueur ascétique prédominante.La théorie du double péché exprimait juridiquement comment le vœu venait doubler la vertu et ajouter au commandement une obligation parallèle.Le religieux qui commettait 117 une faute contre la chasteté se rendait coupable d’un double péché, l’un contre la vertu et l’autre contre le vœu.Toute cette manière de considérer les choses est à reviser.Le vœu ne peut prendre pour objet ce qui est déjà obligatoire à titre de commandement, et il n’y a nul besoin de s’obliger à faire ce que l’on est déjà tenu d’observer en vertu d’un précepte général.Le vœu concerne ce qui ne tombe pas sous le précepte.Aussi celui qui viole la loi générale de chasteté ne commet-il pas nécessairement de faute contre le vœu, et il n’y a pas lieu de parler de double péché.Surtout, il convient d’insister sur l’option consciente et libre du célibat, option qui ne peut pas être la simple continuation de la pratique de la chasteté et qui porte sur un objectif nouveau.On sort de l’orbite du sixième commandement.En s’engageant dans le célibat, le religieux choisit une forme d’amour différente de celle qui caractérise le mariage.Motivation surnaturelle du célibat Une option délibérée implique une perception claire des motifs qui la justifient.Auparavant, le peu de soin qu’on avait mis à favoriser une option libre entraînait la négligence à présenter la motivation de l’engagement.La controverse actuelle sur le célibat sacerdotal a provoqué une recherche plus précise de cette motivation.Certains ont tenté de donner une justification du célibat par des motifs naturels, d’ordre psychologique et social.Le Synode a fait allusion à cette possibilité : « Le célibat, comme option personnelle, pour quelque bien de grande importance sur le plan naturel, peut favoriser la pleine maturité et l’intégration de la personnalité humaine.» (4-b, p.23).Cependant, il faut reconnaître qu’un célibat volontairement adopté pour des motifs purement naturels est peu fréquent.Et de toute manière, le célibat fondé par le Christ ne prétend pas se justifier par des considérations psychologiques ou sociales : c’est un célibat choisi « à cause du royaume des cieux » (Mt 19, 12).Disons même que dans la façon de présenter ce célibat, l’Évangile souligne le sacrifice qu’il impose à la nature.En effet, Jésus parle des « eunuques qui se sont rendus eunuques eux-mêmes ».Le célibat comporte une privation profondément ressentie par l’homme.La forme de l’image fournit d’ailleurs un indice qu’il s’agit bien du 118 célibat, et non du simple cas de l’homme séparé de sa femme, qui refuserait d’en épouser une auture.1 En raison de la complémentarité de l’homme et de la femme, le célibat apparaît comme un renoncement douloureux pour la nature humaine.Mais il est pleinement justifié à un niveau plus élevé, surnaturel, celui du royaume.La présentation du célibat volontaire faite par Jésus garde sa valeur éclairante à notre époque : même du point de vue pédagogique, elle reste intéressante.Le Christ n’a pas cherché à adoucir ni à voiler l’opposition du célibat à certaines tendances naturelles de l’homme.En parlant d’eunuques volontaires, il souligne cette opposition, au point que cet état apparaît comme un défi : méprisée dans le judaïsme, la qualité d’eunuque est assuumée ici volontairement Pour que cet état soit vraiment adopté par un choix conscient, il faut qu’on saisisse le renoncement profond qu’il implique.Le présenter comme un état qui même naturellement serait désirable ne correspondrait pas à la perspective évangélique.Jésus observe d’ailleurs que le sens du célibat ne peut être perçu par tous ; s’il pouvait se justifier par des motifs naturels, par des conditionnements psychologiques et sociaux, il pourrait être apprécié par tout homme.Tel n’est pas le cas.Tous ne comprennent pas qu’« il vaut mieux ne pas se marier » mais, uniquement « ceux à qui c’est donné ».Un don d’en haut est nécessaire parce que le célibat est motivé d’en haut.« Que celui qui est capable de comprendre comprenne.» On est donc placé sur un terrain surnaturel, et le célibat appartient à l’ordre du mystère.C’est dans cette réalité surnaturelle qu’il doit être proposé à celui qui s’engage dans la vie religieuse.On doit noter que Jésus, par l’éloge du célibat volontaire, n’a nullement suggéré quelque mépris du mariage.Il n’exalte pas l’un aux dépens de l’autre, et il est loin de dévaloriser l’union conjugale pour affirmer la valeur de la virginité.Au contraire, en indiquant la privation ou mutilation que constitue l’état « d’eunuque », il laisse supposer la valeur importante que constitue le mariage pour l’homme.Il ne s’agit nullement de rabaisser ce à quoi on renonce.1.D’autres raisons encore excluent l’interprétation qui verrait dans le logion sur les eunuques non une recommandation du célibat mais une exhortation à ne pas se remarier pour les hommes qui ont répudié leur femme : le caractère définitif de l’état d’eunuque, et le mobile formé par le « royaume des cieux » (cf.notre ouvrage : Visage nouveau du prêtre, Gembloux-Paris, 1970, 176-7).119 On en reconnaît le prix, et c’est ainsi qu’on peut faire l’option d’une façon plus lucide et plus ferme.Le mariage est un grand bien pour la vie humaine, mais une personne peut s’en abstenir pour des raisons supérieures.Il n’est pas un bien suprême, tandis que « le royaume des deux » a une valeur plus absolue.L'emprise du royaume « À cause du royaume des deux » ne signifie pas qu’on s’engage dans la voie du célibat afin d’avoir accès au royaume.Le royaume est ouvert aussi bien à ceux qui vivent dans l’état du mariage qu’à ceux qui y ont renoncé.La déclaration : « se rendre eunuque soi-même à cause du royaume des cieux » doit s’entendre de la situation de Jésus et de ses disciples qui, pour vouer toutes leurs forces à l’extension du royaume, renonçaient à toute vie de famille.Le célibat ne se justifie donc pas par une simple ascèse de perfection individuelle.Il est, pour le religieux comme pour le prêtre, un engagement plus complet de ses ressources personnelles au service des tâches du royaume.Il a une valeur essentielle de disponibilité apostolique.Cette valeur n’est pas absente dans la vie religieuse contemplative : dans ce cas, les tâches du royaume consistent dans la prière, service d’Église d’importance primordiale.Tout célibat volontaire, dans la perspective chrétienne, est un célibat d’Église.Il faut reconnaître que cet aspect ecclésial n’a pas toujours été suffisamment souligné, et que la chasteté religieuse a été trop souvent envisagée d’un point de vue strictement individualiste.Cette manière de la concevoir avait l’inconvénient de concentrer le regard sur soi-même, parfois jusqu’à l’obsession, au lieu de l’élargir aux dimensions de l’Église.Néanmoins, que l’on comprenne bien cette perspective ecclésiale.On pourrait être tenté de regarder le célibat comme une disposition fonctionnelle pour un plus grand service.Il n’en va pas ainsi.Le « royaume des cieux » n’est pas simplement un but, mais une cause, une réalité fondamentale qui s’empare de la personne.Le célibat est une expression de cette prise de possession de l’individu par le royaume.On ne peut perdre de vue que l’emprise du royaume sur l’individu est une emprise de Dieu lui-même.En effet, « royaume des cieux > signifie « royaume de Dieu ».L’évangéliste Matthieu préfère 120 l’expression « royaume des cieux » parce qu’il évite, selon la coutume juive, de prononcer le nom de Dieu.Le royaume est le domaine dont Dieu est le maître.Le célibat témoigne de la puissance exercée par Dieu sur le cœur humain.H n’y a donc pas à laisser dans l’ombre la perspective verticale du célibat volontaire.Certains auteurs ont manifesté récemment une certaine répugnance à admettre dans le célibat une relation verticale avec Dieu ; ils ont cherché à lui donner une dimension simplement horizontale.Il est arrivé également qu’on attribue à l’engagement du célibat pris envers Dieu une force d’obligation moins grande qu’à l’engagement pris dans le mariage à l’égard d’une femme.En fait la relation à Dieu est essentielle, et le lien contracté avec lui n’a pas moins de vigueur que celui qui se noue avec une personne humaine.Le célibat est une adhésion plus directe à Dieu, un don d’amour qui se porte vers l’absolu divin.Concrètement, l’emprise exercée par Dieu sur le cœur humain est celle du Christ qui appelle certains à tout abandonner pour le suivre.Il s’agit de se laisser prendre si profondément, si totalement, par le Christ, qu’on le tient pour le grand amour de sa vie et qu’on renonce à la fondation d’un foyer.Valeur eschatologique En suscitant le célibat, le « royaume des cieux » lui assure une valeur eschatologique.D’une façon caractéristique, le célibat contribue à faire comprendre, dans la vie actuelle de celui qui y est appelé, ce que sera la destinée étemelle de l’homme.Il atteste que Dieu mérite de prendre tout le cœur de l’homme, et que seule sa possession peut donner le bonheur.Il rappelle que l’amour de l’homme et de la femme, si noble soit-il, n’est pas l’unique amour qui puisse combler la soif humaine, et qu’il y a un mystérieux amour, plus fort encore, qui lie Dieu et l’être humain.Valeur eschatologique ne signifie pas valeur angélique du célibat.L’état d’eunuque volontaire ne pourrait s’identifier aux conditions de vie d’un ange.Ce qui fait le prix du célibat, c’est qu’il réalise dans la chair humaine et dans la vie terrestre, l’adhésion de la personne au Seigneur.Il s’agit d’une eschatologie qui a commencé 121 à s’accomplir dans le temps présent, et non d’un pur symbole d’avenir, ni d’une existence qui s’efforcerait d’être purement spirituelle.Il y a dans le célibat un attachement immédiat à Dieu, qui anticipe la possession immédiate en laquelle consistera la vision béatifique.Dans le mariage, c’est par la médiation d’un conjoint humain qu’on veut aller vers le Seigneur.Ici, c’est directement, sans cette médiation, par une sorte de saut qui atteint l’Absolu, du fait qu’on a déjà été saisi par lui.Par là, Dieu ou, de façon plus précise, le Christ, prend son visage d’Époux.Encore faut-il bien déterminer la portée de cette qualité.Certains se défient d’une image qu’ils jugent trop sentimentale, mais l’image est biblique : elle a servi à exprimer les relations de Yahvé avec son peuple, et elle a été employée à plusieurs reprises par Jésus.Si le Christ s’est présenté comme l’Époux, on voit difficilement comment on pourrait condamner cette représentation.Le Concile en a fait l’application à la vie religieuse.Dans Lumen gentium, il déclare que « la consécration est d’autant plus parfaite que par des liens plus fermes et plus stables le Christ y est davantage représenté dans son union indissoluble avec l’Église son épouse » (44).Selon Perfectae caritatis, les religieux, par leur chasteté, « évoquent aux yeux de tous les fidèles cette admirable union établie par Dieu, destinée à une pleine manifestation dans le siècle futur, par laquelle l’Église possède le Christ comme unique Époux » (12).Il y a dans la vie consacrée un accomplissement des noces de l’Église et du Christ.Le mariage aussi est un mystère qui, selon le mot de saint Paul, doit être compris par rapport au Christ et à l’Église (Ép.5, 31).Mais la note distinctive du célibat consacré est que le Christ y est regardé comme Époux sans l’intermédiaire d’un conjoint humain ; aussi l’union de l’Église épouse avec le Christ s’y manifeste-t-elle plus clairement.On doit reconnaître que l’image des épousailles s’applique mieux à la femme consacrée.La vierge chrétienne a été traditionnellement considérée comme épouse du Christ, tandis que l’homme qui voue le célibat est plus porté à voir dans le Christ l’Ami par excellence.Sous les représentations différentes, la réalité fondamentale est identique : l’adhésion de toute la personne au Christ.La perspective des noces du Christ et de l’Église montre que même dans le lien d’intimité qu’il forme avec le Christ, le célibat 122 religieux a une valeur essentiellement ecclésiale.Il exprime l’union de l’Église au Christ.Il tend à actualiser la relation d’époux qui est une caractéristique essentielle de l’Église.Peut-être avait-on trop confiné à une perspective individualiste la qualité d’épouse du Christ attribuée à la vierge chrétienne.Pour en percevoir toute la valeur, il faut y reconnaître un mystère ecclésial.Un regard positif Le célibat religieux n’est pas avant tout un refus, et par conséquent il ne doit pas être dominé par une attitude négative.Étant l’engagement dans un plus grand amour, il doit se signaler par un regard positif sur la valeur qu’il comporte.Nous avons déjà observé qu’il ne pourrait être réaction contre le mariage, et que tout au contraire il implique une estime profonde de l’union de l’homme et de la femme.Il a conscience de développer l’amour du Christ, fondement de cette union, et de pouvoir soutenir ainsi la sainteté des foyers chrétiens.Le célibat religieux ne devrait pas non plus être présenté comme une digue opposée au déferlement des passions charnelles, comme un radicalisme destiné à combattre les excès de la sexualité, ou à expier pour eux.Car sa première signification n’est pas d’être contre quelque chose.Le mobile qui le suscite n’est pas quelque obsession des licences sexuelles.Dans le passé, on peut regretter que le vœu de chasteté ait été souvent envisagé dans une perspective de fuite de l’impureté.On considérait même parfois que pour certaines personnes il était la seule planche de salut, le seul moyen d’éviter le péché.Le célibat devenait un refuge, une protection contre les dangers du monde.Telle n’était pas la mentalité du Christ lorsqu’il appelait ses disciples à renoncer à leur famille pour le suivre.Il n’était pas spécialement hanté par la pensée des fautes sexuelles ; il attribuait plus de gravité au refus de croire, à l’hypocrisie, à l’attachement égoïste aux richesses, aux violations de la charité.Il proposait comme motif du célibat volontaire non des moeurs à réformer mais le royaume de Dieu à promouvoir.Concevoir ce célibat comme une plus grande pureté pour lutter contre l’impureté, ce serait en restreindre singulièrement l’horizon et méconnaître l’intention qui le commande, intention de don total plutôt que conformité à une loi de pureté.123 Un autre regard négatif consiste à motiver le vœu de chasteté par la volonté d’écarter des obstacles à l’union au Seigneur et au dévouement apostolique.Il est certain que le célibat comporte une plus grande disponibilité du coeur et de l’activité, et qu’il permet, comme le dit saint Paul, un attachement sans partage au Christ et à son Eglise.Mais il n’a pas pour objectif essentiel d’écarter des obstacles : il vise directement à une appartenance plus complète au Seigneur et à son royaume.Il n’est pas choisi pour éviter le mariage, qui d’ailleurs pourrait être difficilement défini en soi comme un obstacle à l’union au Seigneur, vu qu’il est un sacrement et comporte un effet sanctifiant.Le célibat est avant tout l’expression d’un amour qui veut adhérer plus immédiatement au Christ.C’est cet amour, et non une opération de déblaiement ou de libération, qui crée la disponibilité : un amour qui se veut plus complet offre toutes ses forces à l’oeuvre du royaume.Cela nous amène à formuler ce qui est essentiel au regard positif : reconnaître dans le célibat une attitude fondamentale d’amour, et ne pas mettre au premier rang de la visée le renoncement.Ce n’est pas parce que l’engagement est pris à l’égard de l’Ami ou de l’Epoux invisible qu’on doit le caractériser d’abord par l’abstention d’un amour visible.S’engager dans le célibat, ce n’est pas pri-mordialement reculer devant le mariage ; selon la formule remarquable de Tertullien, c’est « préférer se marier à Dieu » {De exhorta-tione castitatis, 13, PL 2, 930).Un regard franchement positif évite précisément les comparaisons irritantes.Celui qui suit l’appel du Christ au célibat ne choisit pas cet état de vie en le comparant au mariage et en attribuant moindre valeur à celui-ci.Il discerne dans le célibat une possibilité de don total et cherche à la réaliser.Loin de déprécier le mariage, il a conscience du lien de solidarité que son célibat volontaire établit avec les foyers chrétiens.Il ne s’agit donc pas d’opposer une voie à l’autre, mais de comprendre qu’elles doivent s’entr’aider, et que le célibat est destiné à promouvoir la sainteté du mariage.Célibat’ et communauté Le célibat religieux est vécu en communauté.Il répond ainsi à la condition première du célibat évangélique, vécu en groupe par Jésus et ses disciples.Nous constatons dans l’Evangile que le célibat de 124 « ceux qui se sont rendus eunuques eux-mêmes à cause du royaume des deux » n’est pas un célibat simplement individuel, solitaire.Il débouche sur une nouvelle fraternité.Le renoncement à la vie de famille permet aux disciples non seulement de s’attacher plus exclusivement au Christ, en le suivant partout où il va, mais aussi de former entre eux des liens d’amitié fraternelle.Dans la vie religieuse, on peut dire qu’il y a une relation réciproque de soutien entre célibat et vie de communauté.Le célibat permet d’entrer davantage dans une vie communautaire, sans interférence avec des liens de famille.La vie de communauté, lorsqu’elle est faite d’une authentique fraternité, aide le religieux à dominer la privation inhérente au célibat, et à parvenir à un équilibre de ses forces affectives.Le célibat sacerdotal s’est établi indépendamment de l’organisation d’une vie communautaire.Mais l’expérience a montré que souvent l’isolement constituait pour lui une menace, soit en le rendant trop pesant et en favorisant certaines évasions ou compensations, soit en provoquant un repliement sur soi.Pour remédier à cet isolement, diverses formes de fraternité sacerdotale ont été tentées, et le Synode a encore exprimé son encouragement au principe d’une certaine communauté de vie, ou au moins d’un partage de vie entre prêtres.Dans la vie religieuse également, se manifeste une recherche de formes plus intenses de vie communautaire.Cette recherche ne peut que fournir au célibat de meilleures conditions d’épanouissement.La perspective du royaume qui motive l’engagement du célibat implique un remarquable élargissement d’horizon.Le célibat évangélique est essentiellement ouvert : il permet à l’individu de nouer un plus grand nombre de relations personnelles.Loin de séparer quelqu’un de la société ou du monde, il l’y fait entrer plus profondément.C’est ainsi que Jésus a vécu son célibat.Il a renoncé à une famille particulière pour se donner à une famille plus vaste : « Voici ma mère et mes frères, dit-il en regardant ses auditeurs.Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère et ma soeur et ma mère » (Mc 3, 34-35).Nous constatons que le célibat permet à Jésus une multiplication de liens affectifs.Il développe des relations d’amitié avec ses 125 disciples, il se porte avec une sympathie agissante vers les malades et vers tous ceux qui souffrent ; il vit très proche de tous les hommes de toutes les femmes, de tous les enfants.Son célibat ne met aucune distance entre lui et d’autres personnes : il se traduit par une riche diversité de contacts.Cette orientation de plus grand amour est essentielle au célibat religieux.Le témoignage évangélique nous aide à mieux nous libérer de certaines étroitesses du passé dans la pratique du célibat.Ainsi la préoccupation d’éviter le plus possible les contacts avec les personnes de l’autre sexe, qui avait inspiré bon nombre de règles religieuses, ne peut se réclamer de l’Evangile, puisque Jésus ne témoigne d’aucune réticence à l’égard des femmes, et qu’il aborde celles-ci de la façon la plus naturelle, avec non moins d’aisance aimable que les hommes.En réalité, le célibat pose de façon plus vive le problème de la complémentarité des sexes.Il renonce à une forme de complémentarité, celle qui s’accomplit dans le mariage, mais non à d’autres formes ; et il réclame, pour le sain équilibre et le développement des ressources personnelles, certains contacts avec les personnes de l’autre sexe.Faute de ces contacts, il exposerait à une masculinisation ou à une féminisation excessive.Dans le domaine de la vie spirituelle, ces contacts ont été le plus souvent assurés grâce au ministère sacerdotal qui s’est exercé dans les communautés religieuses féminines.Bon nombre de religieux ont communiqué leur doctrine spirituelle à des religieuses, mais l’influence a joué également en sens inverse, comme le montre l’ascendant de sainte Thérèse d’Avila sur saint Jean de la Croix.Lorsque le prêtre accomplit son ministère, il jouit certes de l’autorité qui fait de lui le représentant du Christ, mais il ne fait pas que donner : il reçoit, et les réactions féminines qu’il rencontre produisent sur lui un effet salutaire.Dans le domaine de l’activité apostolique, la coopération de l’homme et de la femme est une nécessité.Le célibat permet aux religieux et aux religieuses une collaboration franche, sans équivoque, qui, gouvernée par l’attachement total au Christ, évite les complications d’intrigues affectives.En appelant à sa suite un certain nombre de femmes qui rendaient des services au groupe des disciples, 126 Jésus a inauguré cette coopération, qui peut prendre les formes les plus diverses selon les circonstances.Très fréquemment dans le passé, on a insisté sur les mesures de prudence à garder, sur les distances à assurer par crainte des abus.Mais s’il est vrai que des contacts avec les personnes de l’autre sexe ne sont pas sans danger, l’obsession des abus n’est pas heureuse non plus et elle risque de paralyser.La meilleure sauvegarde est l’attitude fondamentale du consacré qui a conscience d’appartenir au Seigneur et qui veut maintenir cette apartenance.Dans ces dispositions, il se comportera en consacré dans ses relations avec les personnes de l’autre sexe, y trouvant une coopération efficace et un enrichissement mutuel.Les problèmes que pose le célibat doivent se résoudre en fonction de son intention foncière : celle d’un plus grand amour.Finalement, c’est la charité qui juge l’authenticité de la chasteté.Si le célibat n’est pas une charité élargie, il n’est qu’une forme diminuée, appauvrie, de l’existence humaine, et il ne prend pas les dimensions que lui confère l’Évangile.Conclusion Le célibat religieux devra être vécu dans l’avenir autrement que dans le passé.L’option par laquelle on l’adopte devra être mieux préparée ; sa motivation devra être plus clairement aperçue et son objet plus spécifiquement défini ; il a besoin d’être présenté de façon positive, et on doit y sentir le souffle d’un plus grand amour pour le Christ et pour l’humanité.Célibat ouvert, il engage le religieux plus profondément dans la société humaine et les relations interpersonnelles.La crise actuelle du célibat sacerdotal et la prise de position du Synode demandent une réflexion plus poussée sur le célibat religieux et un retour à la source de l’Evangile.Jean Galot, s.J.Piazza della Pilotta, 4 00187 Roma.127 LES LIVRES Boutin, L.-N., o.m.i., Un magnanime au service de l’Eglise.Montréal, Rayonnement (2585 Létoumeux, Montréal 403), 1971 ; 143 pp., $2.50 ($2.75, par la poste).Ce « magnanime au service de l’Eglise », c’est le vénérable Mgr Charles-Eugène de Mazenod, fondateur des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée et évêque de Marseille.L’A.nous livre une très belle étude de la personnalité de ce fervent apôtre et de ce sage évêque.Dès le premier chapitre, il résume en quelque sorte son analyse en écrivant : Mgr de Mazenod fut « un humain extraordinairement épris des choses divines ».C’est donc une remarquable figure de l’Eglise que ce volume dessine sous nos yeux pour notre information et pour notre édification.Assez récemment, soit le 19 novembre 1970, rapporte l’A., S.S.Paul VI compara ce « magnanime » à saint Martin de tours, appelant l’un et l’autre « la gloire des prêtres, la perle des pontifes et le modèle des clercs ».Lepage, Laurette, Les communautés, sectes ou ferments ?(Communauté humaine).Ottawa, Novalis, Paris, Fleurus, 1972 ; 145 pp.$3.00.Si le monde occidental moderne accuse d’indéniables progrès scientifiques et technologiques, il engendre aussi des méfaits.Nous assistons à une dépersonalisation et une massification des hommes.Quand ceux-ci en prennent conscience ils cherchent à y remédier.De là la multiplication de ce qu’ils dénomment « communautés de base ».Il en surgit même dans l’Eglise.Que faut-il penser de ces regroupements au sein des grands ensembles ?Par une étude sociologique et historique l’A.répond à cette question.Elle démontre qu’il n’y a pas là recul aux temps primitifs de la société ou de l’Eglise.Il s’agit plutôt de ressourcement social, d’association à la taille de l’homme.Cette démarche a même valeur de ferment, ferment nécessaire à une structure humaine de la société civile ainsi qu’à ce rajeunissement de l’Eglise préconisé par Vatican II.L’ouvrage est une thèse soutenue à l’université Laval par une pédagogue qui a vécu cinq ans au service de « communautés de base » au Brésil.Loew, Jacques, Ce Jésus qu’on appelle Christ (Retraite au Vatican).Fayard 1970, 320pp.Cette retraite du P.Loew a été demandée à l’auteur par Paul VI lui-même.C’est dire déjà son intérêt.Elle est toute centrée sur le Christ et veut répondre à cette question fondamentale : « qui est Jésus-Christ ?» La première condition pour y arriver, c’est d’écouter Dieu dans sa Parole inspirée.Puis, l’A.scrute les Ecritures à la façon des Apôtres et contemple les préfigurations du Messie avant de le présenter lui-même dans son humanité « si humaine » selon l’expression même du P.Loew.Vient ensuite l’Eglise, envisagée comme la trajectoire du Christ et vivant de sa résurrection.La dernière conférence est une hymne d’action de grâces pour la bonne nouvelle de l’évangile, nouvelle reçue d’abord dans le cœur de Marie que l’ange a salué par ces mots : « réjouis-toi ».L’A.énumère les nombreux motifs d’eucharistie qui sont l’expression de notre joie débordante devant les merveilles de Dieu envers ceux qu’il aime.Rendre grâces, c’est là « la grande attitude ».Le livre se termine par le discours final de Paul VI exaltant l’Eglise qui « se transfigure devant nos yeux».Ce livre à la fois profond et simple constitue une nourriture spirituelle très adaptée à notre temps.128 Renard, cardinal A.C., Seule compte la foi.Paris, Desolée de Brouwer, 1971 ; 184 p., 205 FB.(Agent général : Paul Nancel, 11.590 rue Pasteur, Montréal 356).Dès les premières lignes de la préface, l’éminent A.complète le texte emprunté à saint Paul : « Dans le Christ-J ésus .seule compte la foi qui agit par la charité ».Compte tenu, bien entendu, de la troisième vertu théologale, l’espérance, il voit dans cette affirmation « une sorte de synthèse de toute la richesse de l’Evangile ».Cette publication « s’en inspire comme d’une lumière indispensable pour éclairer et nourrir et orienter le chrétien dans toute sa vie ».C’est un ouvrage de vulgarisation qui veut aider le fidèle à prier et à vivre en vrai disciple du Christ, disciple engagé à répandre le règne du Père.Ces « notes spirituelles et apostoliques » — certaines déjà parues dans diverses revues — espèrent atteindre le chrétien d’aujourd’hui, désireux de mieux comprendre sa foi, d’en renouveler l’expression, de la trouver et de l’exercer dans la réalité quotidienne.Procédant par petites touches de vérité, ces notes finissent par composer un commentaire du Credo.Le point théologique (Recherches actuelles, I).En collaboration.Paris, Beauchesne, 197lî; 128p., 18 F.« Eglise que dis-tu de toi-même ?La grande guestion conciliaire ne cesse de se répercuter dans les institutions où la vie en Eglise se pense et se transforme dans la mouvance de Vatican II.Présenter la réalité de cette recherche, avec ses limites et ses incertitudes mais aussi ses promesses d’avenir », tel est le propos de ce premier volume de la collection Le Point théologique, dirigée par Charles Kan-nengiesser.Les conférences que nous apporte ce volume sont d’inégale valeur.Elles n’en posent pas moins, avec beaucoup d’actualité, le problème de renseignement théologique aujourd’hui.AVIS Session d’été- 1972 — Université Saint-Paul, Ottawa.L’Université Saint-Paul offre cet été un choix de cours de théologie préparant au baccalauréat.Cours donnés Théologie fondamentale Le Christ La littérature sapientielle de l’A.-Test.— Word of God and Christian Revelation — Johannine Literature — Christian View of Man Pour tous renseignements, prière de s'adresser au Secrétariat, Faculté de Théologie, Université Saint-Paul, 223, rue Main, Ottawa — KIS 1C4, tél : (613) 235-1421.Session biblique intercommunautaire : Thème : saint Paul, par le Rév.P.René Feuillet, P.S.S.exégète diplômé de l’Ecole de Jérusalem.Du 6 au 14 août 1972.— Renseignements : Religieuses Servites de Marie, 630 rue Galt-est, Sherbrooke, P.Q. la VI© des communautés religieuses 5750, boulevard ROSEMONT MONTRÉAL 410, Qué., Canada FRAIS DE R ETC) U R GARANTIS COURRIER DE LA DEUXIÈME CLASSE P DRT PAYÉ À BEAUCEVILLE aTL iV.c'aU *54 ENREGISTREMENT NO OB2B
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