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Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
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  • En son nom
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La vie des communautés religieuses /, 1978-12, Collections de BAnQ.

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DÉCEMBRE l»7« la VI© des communautés religieuses lavle des communautés religieuses publiée par les Franciscains de la Province Saint-Joseph du Canada Directeur : Laurent Boisvert, o.f.m.Comité de rédaction : René Bacon, o.f.m., René Baril, o.f.m., Pierre Bisaillon, o.f.m., Laurent Boisvert, o.f.m., Odoric Bouffard, o.f.m.Responsable du secrétariat : Rita Jacques, s.p.Rédaction et administration : LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES 5750, boulevard Rosemont Montréal HIT 2H2 Canada Téléphone : 259-6911 La revue paraît dix fois l'an Abonnement : de surface : $ 7.00 (32 FF) par avion : $10.00 (45 FF) Impression : Imprimerie L'Éclaireur Ltée, Beauceville, P.Q.Courrier de la deuxième classe — Enregistrement n° 0828 Suzanne Gaulin o.s.c.Rolande Lamarre, o.s.c.René Baril, o.f.m.la VI© des communautés religieuses DÉCEMBRE 1978 Vol.36 — No 10 Oser vivre la promesse comme vocation .290 La religieuse contemplative, fait des options décisives et vitales concernant sa vie personnelle et communautaire.Son influence dans la société et dans l’Eglise se situe aux niveaux de son engagement personnel et de sa fraternité.Sans chercher directement à influencer son milieu, elle collabore à sa transformation dans le sens de l’Évangile.Le spirituel le plus pur a toujours un impact dans le temporel.Prière et vie.301 La prière engage toute la vie.Elle est beaucoup plus liée à ce qu’on est qu’à ce qu’on dit.Mais on ne devient pas prière d’un jour à l’autre ; il faut graduellement retrouver sa liberté d’enfant de Dieu et son unité intérieure par la voie de la simplicité, de l’humilité et de la pauvreté.Un pèlerinage au cœur s’impose si on veut habiter son être, vivre sous l’emprise du Mystère de Dieu et prier.Le repas de Dieu.312 L’Eucharistie est le sacrifice du Christ et de l’Église, un repas, une action de grâces, une Alliance.Elle tend à unir plus intimement l’homme à Dieu, à le rendre plus amour, plus obéissant, plus serviteur.En mangeant le Christ, l’homme devient graduellement un peu plus comme lui.Tables de l’année 318 OSER VIVRE LA PROMESSE COMME UNE VOCATION Face au thème proposé, la femme contemplative comme agent de transformation sociale et ecclésiale, une profonde certitude et une immense question m’habitent.C’est de cette certitude et de cette question que je voudrais vous parler en toute simplicité, au risque bien conscient de laisser dans l’ombre plusieurs aspects importants, lesquels seront probablement abordés dans les deux autres exposés *.Je vous fais partager d’abord ma certitude.Si la vie contemplative comporte une part de mystère, irréductible aux justifications que l’on pourrait en donner au nom d’une efficacité quelconque, son dynamisme interne, par une sorte de paradoxe, en privilégiant les valeurs gratuites, lui confère un impact vigoureux dans le devenir le plus concret de l’homme et l’organisation pratique de son existence.Parler de la femme contemplative comme agent de transformation sociale et ecclésiale ne nous amène donc pas sur une fausse piste de justification opportuniste.Nous n’aurons pas à échanger sur un thème étranger, artificiellement greffé sur l’engagement de la femme contemplative.C’est de l’authenticité même et de la réalité profonde de cet engagement dont il s’agit.C’est parce que la contemplative est amenée à des options décisives et vitales au coeur de sa vie personnelle et communautaire, et dans cette seule mesure, qu’elle devient agent de transformation dans la société et l’Église qui sont son lieu d’exister, son point d’ancrage.1.Conférence donnée à l’occasion de l’Assemblée générale de l’Union Canadienne des Religieuses Contemplatives, à Rougemont, en septembre 1978.Elle interpelle toutes les personnes qui ont choisi de suivre le Christ, dans la vie religieuse.290 Mais on voit du même coup surgir la question : dans un monde en pleine mutation culturelle, quel est concrètement ce point d’ancrage, ce lieu d’exister?Parler de la femme contemplative comme agent de transformation de la société et de l’Église, c’est parler aussi du rôle de la société et de l’Église dans le devenir contemplatif de cette femme.La relation n’est pas à sens unique.La vie contemplative n’est pas une réalité à côté des autres réalités; elle scrute la profondeur même de ces réalités.Il y a réciprocité vitale entre la prière et le devenir historique de l’homme.Il y a exigence fondamentale pour la contemplative d’épouser les aspirations profondes de son temps qui correspondent à la percée de l’Esprit à travers l’histoire vers la plénitude du Règne de Dieu.Nulle question ici d’opportunisme, mais accueil viscéral qui transforme le cœur dans ses dimensions les plus profondes et lui donne d’exprimer pour ses frères la sainte espérance du Royaume.C’est l’humble et ardente patience de l’homme en communion avec la douce pitié de Dieu, comme dirait Bernanos, au creux d’un cœur lucide et fort, qui se laisse buriner par les réalités vitales, les tensions et les complexités de la vie, laquelle chemine lentement, laborieusement vers ses expressions vraies et jaillissantes.On voit donc le lien organique, vital, entre vie contemplative et devenir historique, humain et spirituel, de l’homme2.Mais en même temps se pose pour nous le terrible défi : nous situer de façon telle que nous puissions nous laisser interpeller jusqu’en nos racines les plus profondes par les mouvements de l’Esprit au cœur de notre histoire contemporaine.Ce qui veut dire, en termes plus concrets, établir des solidarités, créer des liens qui nous mettent en contact vital avec les valeurs montantes.Non pas pour perdre notre identité propre, mais pour la nourrir, la vivifier au Souffle toujours renaissant de l’Esprit « qui poursuit son œuvre dans le monde et achève toute sanctification ».Ce que l’on appelle couramment, en un langage bien inapproprié, adaptation de la vie contemplative au monde d’aujourd’hui, recouvre en fait une réalité très profonde : le devenir même de la vie contemplative en ses dimensions les plus spirituelles.Il y a là toute 2.Je n’entends pas par là minimiser les dimensions supra-temporelles ou trans-histo-riques de la prière.Mais la dimension trans-historique de la prière ne se situe pas hors de l’histoire, elle se situe au-delà d’une histoire assumée dans toute sa densité.Le Salut apporté en Jésus-Christ transcende l’histoire tout en se situant en un point historique bien précis qui le marque de son empreinte.291 une œuvre de discernement, de rupture et de communion.Discernement des « signes » de la Présence en œuvre de Salut, dans un devenir historique bien concret; critique et rupture des complicités et compromissions avec tout ce qui vient obscurcir ces « signes » ; communion, au-delà de la perte des anciennes sécurités, à Celui qui vient sans cesse.Quand on parle d’adaptation, il me semble qu’on ne scrute pas suffisamment cette dimension.Ce devenir n’est pas recherché dans la solitude d’un questionnement abstrait, il est « discerné » dans la Présence qui «fait signe», qui prévient, qui recrée sans cesse dans l’Amour.« L’Esprit-Saint recrée dans la joie tout ce qu’il touche», comme dit si bien saint Séraphim de Sarov.À la base même de l’option contemplative, il y a un choix radical de pauvreté au sens le plus profond du terme, c’est-à-dire une option décisive du cœur de respect de la Vie, ce respect qui vient de l’amour, respect de la Vie dans ses formes les plus gratuites.Il y a une sorte de parti-pris pour la Vie dans ses dimensions humbles, cachées, souvent méprisées par l’agressivité et la convoitise des hommes.C’est la peur vaincue de l’homme face aux puissances de la Vie qui l’entraîne au-delà de lui-même, au cœur de la gratuité et de la tendresse, de la lucidité et de la simple vérité.C’est un désir profond, irrésistible, indomptable, de faire « advenir» dès maintenant, dans le monde de la présence perçue, les forces vitales, cachées, qui fondent le véritable avenir de l’homme.Cette option entraîne et fonde un style de vie bien particulier.On pourrait en faire une approche à trois niveaux différents, voir en chacun d’eux les impacts possibles de la vie contemplative sur le devenir de la société et de l’Église, et réciproquement.Voyons ces trois niveaux : niveau personnel d’engagement de la femme contemplative ; niveau de la fraternité contemplative dans ses dimensions internes ; retentissements possibles au cœur de l’Église et de la société de l’engagement de la fraternité contemplative comme telle.1.Niveau personnel d’engagement de la femme contemplative Au niveau personnel de l’engagement, la vie contemplative tend à orienter graduellement toutes les forces vitales vers une libération profonde du cœur.Peu à peu, les instincts fondamentaux de « sécurité », « d’affectivité », de « quête du sens », sont évangélisés dans leur 292 racine et, dans un processus de lente transfiguration, émergent dans le monde de la « confiance », de la « tendresse du cœur », de la « sagesse».Il s’agit d’un «devenir» personnel qui intègre, assume toutes les forces vitales de l’être.Il s’agit donc plus qu’une simple liberté intérieure, plus ou moins artificielle, plus qu’une liberté de s’élever au-dessus du monde quotidien « ordinaire » et de l’abandonner sous prétexte de fidélité aux valeurs absolues.C’est une véritable percée vers le mystère profond de l’être de l’homme qui le rend peu à peu transparent à la Vie qui est en lui et qui tend, à travers son identité personnelle, à se manifester en ce monde.C’est le besoin irrésistible, sous la poussée de l’Esprit, de rendre perceptible, ici et maintenant, dans ce monde limité, imparfait, la Présence cachée, le grand mystère de la Vie, le véritable devenir de l’homme.« Oser vivre la promesse comme une vocation » selon la très belle formule de Durckheim.Sur ce chemin laborieux, de nombreux écueils, de subtiles tentations se dressent.Demeurer fidèle à la Vie suppose une remise en route constante.Toute découverte, tout « devenu », tout concept objectif, risquent de cacher « ce qui vient », lequel ne peut s’épanouir que dans un renouvellement créateur et libérateur, parfois tâtonnant, parfois douloureux.C’est tout le devenir de l’équilibre de l’autonomie et de la communion, de l’identité et de l’accueil, la découverte dans l’Esprit, du lieu juste de la dépossession sans démission ni hypocrisie.Ceci suppose l’accueil de toute la réalité, telle qu’elle est, dans sa complexité et ses tensions.Ceci suppose le refus de toute harmonie douteuse, de toute fidélité périphérique.Libérer l’homme en libérant son propre cœur, opérer l’œuvre de Salut au cœur de son existence, faire «advenir» le Règne, selon l’ardent désir des premiers chrétiens, le rendre manifeste, opérant, c’est de tout cela dont il s’agit quand nous parlons d’ascèse monastique.Pour remplir ce rôle dynamique, les observances monastiques doivent être sans cesse revivifiées, retrouvée constamment la transparence de leur signification au contact de la réalité et du contexte historique dans lequel plonge la vie contemplative.Dans de telles conditions, on devine facilement l’impact que peut avoir une telle option vitale.« Avoir le droit d’être dans le monde ce que l’on est vraiment est l’aspiration humaine fondamentale.Cet “être-ce-que-l’on-est” exige plus qu’un savoir et un pouvoir étendus, plus qu’une morale sûre.293 Elle implique une transformation de tout l’être humain, grâce à un enracinement conscient dans l’Être, vécu en personne responsable.»3 Le témoignage d’une vie centrée sur les valeurs de l’être, sur le sens de l’action envisagée non seulement dans son but et son résultat, mais dans son « comment », dans son influence sur le devenir de l’homme, peut exercer un rôle bienfaisant en notre monde qui cache souvent, sous son froid rationalisme, ses conventions impersonnelles, sa surestimation de l’efficience, la nostalgie anxieuse de ses véritables profondeurs.Cet enracinement dans l’être peut aussi ouvrir des perspectives dans la relation entre générations différentes.Devenir pleinement soi-même, comme adulte, sans projeter subtilement ses problèmes sur les jeunes en prétendant leur ouvrir des routes, faire face aux exigences de l’authenticité de son être humain et spirituel dans une très grande rigueur et lucidité, suscite et crée des libertés.Le jeune, renvoyé à ses propres forces vitales, dans un contexte et avec l’appui favorables à l’apprentissage d’une vraie liberté et d’une créativité responsable, trouvera lui-même, peu à peu, son propre chemin et les voies nouvelles qui s’imposent.Tout un style de formation est sous-jacent à ce type de devenir.Il pourrait y avoir des pistes intéressantes pour l’avenir de l’éducation actuellement en pleine recherche et mutation.Intégration de la connaissance et de l’expérience profonde, au service d’une maturation et d’une transformation progressive de tout l’être.Libérer la fausse dualité « connaissance - expérience » par l’acceptation courageuse des tensions vitales, la reconnaissance des puissances unifiantes au coeur de l’homme.Une certaine attitude face aux défis rencontrés, attitude enracinée dans un contact vital avec la réalité, pourrait aussi faire sentir son impact en notre monde en pleine crise de civilisation et de recherche d’un nouvel équilibre.La profondeur des racines permet de dépasser l’immobilisme et la rigidité qu’engendre l’insécurité.Elle permet cette sérénité et ce sens juste du risque qui voient dans ce qui vient non un «futur» menaçant, entièrement conditionné par les conjonctures du présent, mais un «avenir» qu’il s’agit de libérer dès maintenant, en consentant aux ruptures radicales de cette partie de l’être toujours à la recherche d’une existence sans danger et protégée de la douleur.Le véritable devenir passe par l’insécurité et ne porte 3.K.Graf Dürckheim, L'homme et sa double origine, Paris 1977, p.55 294 son fruit que dans un continuel dépassement.Seule cette expérience ravive la connaissance « originelle » des conditions qui libèrent « l’à-venir».C’est de cette sève que les jeunes ont secrètement soif pour faire face aux défis qui s’offrent à eux et vaincre cette sorte de langueur, de désintéressement ou de dégoût qu’ils éprouvent trop souvent devant la société qui leur est présentée.2.Niveau de la fraternité contemplative dans ses dimensions internes La dynamique d’une libération évangélique est l’élément de base qui est à la source des projets, des buts, des structures que se donne une fraternité contemplative.Dans l’organisation de la vie fraternelle, certaines valeurs seront privilégiées : le respect de la vie dans l’autre, le respect de son cheminement, le refus de solutions rapides qui violentent la vie, le refus de sacrifier le véritable devenir au bon fonctionnement apparent, un style de vie où les personnes sont assez près les unes des autres pour expérimenter des interdépendances qui atteignent au vif le système personnel de protection, d’auto-défense, les façades, les «personnages», qui suscite des relations interpersonnelles profondes acculant à un climat de vérité.L’équilibre le plus délicat de la vie contemplative dans ses dimensions internes, est ce respect du «devenir» de chacun à l’intérieur du «devenir» de la communauté.Ceci suppose l’acceptation d’une double insécurité.D’une part, l’insécurité constante du «devenir» de la communauté qui ne repose pas sur la rigidité des cadres, la force des structures, le rendement efficace de ses membres, mais sur la qualité et le rythme de croissance des personnes qui la composent.D’autre part, il y a aussi l’insécurité du «devenir» de chacun qui accepte les grandes tensions de la véritable maturation.Celle-ci se réalise dans l’intégration progressive de l’appel des profondeurs et dans la perception responsable de son lieu d’exister, comme le lieu de progression, d’expression et de témoignage de son être véritable.L’acceptation de cette double insécurité est la condition de l’authenticité d’une communauté, dont la vérité la dépasse sans cesse et l’entraîne dans un au-delà constant d’elle-même, la condition aussi de l’authenticité de chacun de ses membres qui doit faire face aux exigences objectives, non comme des «à-côtés» ou des obstacles, mais comme des occasions, des lieux de croissance et d’expression de la 295 personnalité la plus profonde.Ce qui suppose la nécessité fondamentale de faire face aux exigences d’une vérité et d’une justice qui s’interrogent sans cesse dans un réel quotidien mouvant.A l’intérieur de tout groupe stable, certaines forces aveugles ont toujours tendance à se dessiner.Si on n’y prend garde, les personnes peuvent être peu à peu classées d’après des valeurs privilégiées qui s’imposent insensiblement au groupe, soit par les circonstances, soit par la force des tempéraments.La communauté perd alors cette souplesse des profondeurs qui lui permet une transformation constante en relation avec ses forces vitales.On voit un peu l’impact que peut avoir une communauté qui intègre loyalement en son sein le sens de la personne et de la justice propre à notre monde -actuel.On a pu définir ainsi, et avec raison, le grand malaise de notre temps: « Dans la mesure où la vie se réduit à une structure que l’on peut connaître et organiser rationnellement et où tout bien dépend du bon fonctionnement de cette structure, l’homme en devient le fonctionnaire.Les expressions de la personnalité sont sacrifiées au “rôle” qu’il faut jouer.Cette exclusion de l’élément personnel engendre le mépris de la personnalité profonde.L’homme contemporain adopte en face d’un monde foncièrement contraire à l’Être un comportement passe-partout qui lui assure une certaine sécurité, l’absence de conflits et de souffrances.Dans la mesure où ce comportement s’automatise, il engendre la névrose, et on en vient à parler, après la “mort de Dieu”, de la “mort de l’homme”.» 4 En face d’un drame aussi profond, la plus belle apologétique devient non seulement indéchiffrable mais injuste et cruelle.Seul l’humble et audacieux témoignage de l’Être et de la Vie au cœur de cellules, de noyaux humains, peut être perçu comme une douce lumière d’espérance et un projet possible d’avenir.3.Troisième niveau : les retentissements au cœur de l’Église et de la société de l’engagement de la fraternité contemplative comme telle Le choix radical de pauvreté au sens fort du terme (c’est-à-dire ce respect de la vie dans ses formes gratuites, humbles, cachées, mais non moins profondes et réelles) qui est à la base de l’option de la fraternité contemplative, devrait normalement l’entraîner au refus 4.Id., p.33 296 catégorique de certaines complicités ou compromissions, et lui donner ainsi, indirectement, un impact bien particulier au cœur de l’Église et de la société.Mais cette option de pauvreté est elle-même nourrie de la voix profonde qui retentit au cœur de l’humanité actuelle, voix profonde du pauvre qui réclame, dans les gémissements de l’Esprit, que l’Évangile lui soit rendu.La faim, l’injustice, ne sont pas seulement des questions économiques et sociales, plus profondément , elles interpellent notre foi et le vécu historique du don de notre filiation divine.La libération apportée en Jésus-Christ est une libération totale qui va à la racine dernière de toute injustice et de toute exploitation.Un monde d’oppression et de répression interroge le vécu d’une prière qui est au cœur du Salut apporté en Jésus-Christ.Question déchirante qui aiguillonne la prière vers son véritable devenir mais qui, en retour, peut en recevoir une lumière et une espérance qui lui révèlent sa véritable profondeur.Par la gratuité même de son orientation fondamentale, par sa perspective propre et ses horizons qui sont ceux du désert et de l’exil, la fraternité contemplative peut jouer un rôle déterminant dans le processus de libération de l’homme qui est au cœur des aspirations actuelles les plus profondes.Dans la mesure où elle discerne « ce signe » de la Présence, et l’épouse en toute vérité et pure simplicité, elle peut devenir l’humble rappel de valeurs fragiles, facilement laissées pour compte dans le dédale des urgences concrètes.« Église des pauvres », « Église pauvre », cette formule double et unique exprime l’un des traits du visage que l’Église, au Concile du Vatican, a voulu se donner pour être fidèle à elle-même, dans la vive prise de conscience de sa nature5.Église des pauvres, c’est-à-dire Église qui, en mettant entre les mains du pauvre, l’Évangile qui lui appartient, contemple en lui le mystère du Christ et discerne son véritable devenir; Église qui, dans la démarche même où elle annonce l’Évangile au pauvre, reçoit de lui une compréhension plus vive du message qu’elle annonce.Il y a là tout un mystère « d’écoute », de «discernement», de «contemplation», qui est un dynamisme interne du Royaume et source de conversion, conversion qui remet sur les chemins d’une adhésion radicale à la Parole du Seigneur qui interpelle le cœur profond de l’homme.Au niveau du cœur, c’est le passage de tout un monde (univers mental, sociologique, culturel) à un autre, 5.M.-D.Chenu, o.p., «L’Eglise des pauvres» à Vatican II, dans Concilium, n.124, 1977, p.75.297 qui entraîne les grands retournements, lesquels sont à la source d’un véritable devenir de l’humanité.Profondément nourrie de ce mystère, la fraternité contemplative peut être l’humble présence qui rappelle au plus vif des débats que les luttes sociales et politiques de notre monde actuel sont plus profondément des enjeux spirituels.C’est un véritable défi pour celui qui est engagé dans la praxis de lâ libération de respecter le long cheminement où l’opprimé devient le principal agent de sa propre libération, non au prix d’une idéologie ou d’une praxis qui lui arrache subtilement une adhésion infantile en exploitant ses passions et ses pulsions, ses besoins et ses rêves, lui laissant croire qu’il choisit librement- ce qui en réalité lui est imposé, sacrifiant ainsi son devenir le plus profond.L’avenir véritablement « humain » de la personne exploitée ne peut se construire « par procuration », au prix de l’aliénation profonde de l’esprit et du cœur.Il y a dans l’homme des dimensions gratuites que l’engagement pratique n’est pas porté à rejoindre spontanément, à moins d’être lui-même nourri du grand mystère de « l’Écoute », du « Discernement de la Présence » qui vient sans cesse au cœur de l’histoire et rend possible jusqu’au bout la liberté et l’amour.En raison des exigences et des urgences pratiques, le type de libération peut devenir oppressif de ces valeurs gratuites qui font pourtant partie de la réalité profonde de l’homme.Seule une conversion du cœur et du regard, au creux de l’engagement, peut sauver l’aventure humaine elle-même, l’ouvrant à toutes les dimensions de l’homme dont l’accomplissement ne peut se réaliser que dans sa communion libre à l’Absolu, qui est une Présence au cœur même de l’histoire.Dans la mesure où la fraternité contemplative exerce au sein de l’Église ce ministère de l’Écoute, du Discernement de la Présence, il lui appartient d’éveiller sans cesse à cette dimension.Du même coup, elle lève l’ambiguïté qui pèse si lourdement parfois sur la béatitude de la Pauvreté, la resituant à son véritable niveau : non pas en-deça de la liberté humaine, dans un conditionnement ou une fatalité contre lesquels l’humanité doit lutter sans cesse, mais comme une décision, une option du cœur, de la liberté la plus profonde, qui fait éclater le devenir de l’homme au-delà des frontières de l’avoir, du savoir et du pouvoir, l’ouvrant à l’Avenir Absolu qui vient dans une Présence.A sa façon, l’option contemplative dénonce vigoureusement la fausse sacralisation de la misère qui est souvent le plus lourd fardeau à surmonter pour engager une lutte sérieuse et planifiée contre l’injustice et l’exploitation.Mais la fraternité contemplative ne peut remplir 298 ce rôle, avec crédibilité et transparence, que si elle se laisse transformer, interpeller, jusqu’en ses racines les plus profondes, par les impacts concrets de l’exploitation de l’homme par l’homme.C’est dire que cette option commande tout un style de partage et de consommation.Les horizons propres de la fraternité contemplative devraient lui procurer le recul nécessaire où puiser le courage des choix décisifs et prophétiques.Mais nous ne pouvons faire abstraction du fait que les communautés contemplatives du Québec d’aujourd’hui s’enracinent dans ce qu’il est convenu d’appeler « les classes moyennes».Tout un comportement psychologique et une conscience collective sont sous-jacents à cette appartenance (individualisme, faible sens de la solidarité, instinct de sécurité, tendance à s’allier aux pouvoirs établis pour se protéger).Il faut être conscientes de ce poids qui pèse lourdement sur nos monastères, veiller à ce que des mécanismes psychologiques de pression sociale ne viennent fausser le devenir de la prière et sa mission.A mon avis, nous touchons là à un terrible défi, lequel s’il était bien relevé, pourrait revivifier, en relation avec la grande tradition, la réalité profonde de la «séparation du monde » qui a perdu beaucoup de sa consistance et de sa substance premières.Une piste me semble intéressante.Il faut dire que je crois beaucoup aux réalités spirituelles que permet de vivre un monastère de type classique et qu’il me semble primordial de conserver au sein de l’Église, en communion avec les modalités nouvelles qui surgiront.Forcément, un monastère de ce type nécessite un appareil un peu lourd qui ne le met pas spontanément en relation directe avec le monde des pauvres.Mais ce lien vital peut être créé, et d’une manière tout aussi féconde, avec autant de bénéfices réciproques et pour les uns et pour les autres, avec aussi des impacts bien particuliers qui peuvent être irremplaçables.Il s’agit de repérer de petites communautés-liens, profondément engagées dans le monde des défavorisés, qui communiquent sans cesse au monastère le grand souffle prophétique, à la racine d’options de plus en plus conscientisées et adaptées, et en reçoivent pour leur part, appui, soutien, souffle missionnaire.Cela m’apparaît comme les deux battements vivants d’une même respiration dont il ne faut jamais délaisser un pôle sous peine de voir s’échapper la vie.On touche ici au dynamisme profond de la vie contemplative, de la vie religieuse en général, de la vie chrétienne, de la vie tout court.Les tâtonnements vers une plus grande fidélité ne sont pas à chercher dans une auto-analyse ou le repliement abstrait, 299 mais dans un enracinement plus profond au coeur du mystère de l’être et du devenir, dans une attente active, scrutatrice, humble et passionnée de Celui qui vient sans cesse.Conclusion Parler de la femme contemplative comme agent de transformation dans l’Église et la société, ce n’est pas dire qu’elle vise directement ce résultat.Dans la mesure où elle le ferait, elle serait infidèle à ce qu’elle est profondément, une «voyante», une «discernante », une « écoutante ».« Discernante » non d’un « ailleurs » mais d’un « au-delà».Comme nous l’avons dit, la vie contemplative n’est pas une réalité à côté des autres réalités, elle scrute la profondeur, l’au-delà dernier de ces mêmes réalités.Au coeur de la création et de l’histoire, elle discerne les « signes » de la Présence, cette Présence qui révèle à l'homme son véritable visage.Car « Dieu est plus grand que notre cœur», notre véritable visage au-delà de notre désir, visage visible seulement dans le Visage du Dieu Vivant qui rend possible jusqu’au bout la liberté et l’Amour.Par des approches tâtonnantes, j’ai tenté de rejoindre quelque peu la réalité vitale qui se cache sous les formules conciliaires de « fécondité mystérieuse de la vie contemplative », de « présence aux hommes dans le Cœur du Christ», de repérer quelques impacts üe notre fidélité plus ou moins grande à l’Appel qui sous-tend notre vocation.Car « le spirituel le plus pur a un impact dans le temporel et il appelle, pour se vérifier, certains présupposés de nature économique, sociale et culturelle».La réalité profonde de la foi appelle une expérience au sens fort du terme, expérience de tendresse et d’amour, qui engage à une profonde responsabilité celui qu’elle comble.« Prier, c’est donner le sang de son cœur», comme le dit si bien le moine Silouane.En somme, je n’aurais pu dire, en toute sobriété, qu’une seule phrase qui est le cœur même de la vie de Claire et de François: « Jésus-Christ pour nous s’est fait pauvre », Lui notre Sagesse.Suzanne Gaulin, o.s.c.55, rue S te-Cia ire, Valleyfield, Qué.300 PRIERE ET VIE C’est dans la ligne du « retour au cœur», jamais achevé, que je situe ces quelques réflexions sur la prière.Tout au long de leur préparation, je percevais davantage la grandeur de cette voie merveilleuse sur laquelle nous sommes engagés à la suite de Jésus, de François et de Claire.C’est la voie que François nous enseigne quand il nous demande avec insistance: « Priez avec un cœur pur».Cette voie, dit-il, conduit à la prière véritable, à l’adoration en esprit et en vérité l.Je l’appellerai la voie de la «pure simplicité».J’aime ces mots qui chantent comme une source, un appel et une promesse de Vie.François serait ici l’écho d’une longue et vénérable tradition.Dom Jean Leclerc a très justement défini cette « sainte simplicité » d’après les mystiques cisterciens, comme « une liberté de l’âme qui purifie le cœur; elle est diponibilité à Dieu.elle est un avec Dieu.Par là, elle ouvre le chemin de la Sagesse.Elle en est la voie et le moyen de la posséder »2.François se situe très bien dans cet esprit des grands moines qui l’ont précédé.Nous en percevons les traces dans la Première Salutation des Vertus : « Salut, Reine Sagesse, que le Seigneur te garde avec ta sœur, sainte et pure Simplicité.Pure et sainte Simplicité confond toute sagesse de ce monde et toute sagesse de la chair.»3 1.Lettre à tous les fidèles, 19.Les Écrits de Saint François, éd.Franciscaines, p.69.2.Cité dans L’Expérience franciscaine par Louis Antoine, capucin, éd.Franciscaines, 1972, p.71.3.Salutation des Vertus, 1, 10.Les Écrits de Saint François, éd.Franciscaines, p.98.301 En disciple fidèle, sainte Claire exhorte fortement ses sœurs présentes et futures dans son Testament : « J’avertis toutes mes sœurs et je les exhorte en notre Seigneur Jésus-Christ d’avoir à suivre toujours la voie de la sainte simplicité, de l’humilité et de la pauvreté.selon les enseignements que, dès le début de notre conversion au Christ, nous a prodigués notre bienheureux Père François.»4 Nous sommes donc en bonne compagnie pour parler de pure simplicité.Mais pourquoi la simplicité alors qu’il est question ici de prière et du cœur pur?Prière et vie Je crois que la prière ne s’enseigne pas.On n’apprend pas la prière.On peut, certes, apprendre des formules de prière.On peut être initié à des techniques de prière, de méditation.Ce n’est pas là la vraie prière.On accède à la vraie prière, on découvre la prière quand on s’y trouve préparé par ce qu’on est, qu’on y est comme provoqué par ce qu’on vit.On engage toute sa vie dans sa prière.Nous exprimons dans le silence ou la louange ce que nous sommes profondément, ce que nous sommes en voie de devenir.Rien d’autre.« L’essentiel de la prière est lié à ce qu’on est beaucoup plus qu’à ce qu’on dit.»5 Cela est possible dans la mesure où nous savons accueillir ce qui monte en nous de par l’action de l’Esprit.Cela est possible à mesure que nous devenons disponibles, plus libres, donc plus fidèles à notre appel, à notre tâche propre dans le monde, à notre raison d’être.Voilà ce qui fait exister notre prière devant Dieu.François nous ramène au «cœur».Il n’est pas de prière vraie qui ne rejoigne ce «cœur» de nous-mêmes.L’adoration de Dieu est un très grand mystère qui prend tout l’être.Pour entrer dans ce mystère, il s’agit de reprendre le chemin de son être profond, quitter la périphérie, l’apparence, se délivrer peu à peu de la multiplicité, pour devenir un être simple, petit, unifié, silencieux.Tenir le regard du « cœur » dans la rectitude en direction de Dieu.A la fois ouverture et accueil, amour et désir qui l’unit à la Source.La simplicité et l’unité sont un don de Dieu.Et ce don est en nous.Nous avons à le découvrir.« Si tu savais le Don de Dieu », disait Jésus.Nous ne savons pas, ou si peu et si mal.Cet être de 4.Testament de Sainte Claire, 17.Sainte Claire d’Assise, trad.P.Damien Vorreux, éd.Franciscaines, 1953, p.94.5.Marcel Légaut, Intériorité et Engagement, éd.Aubier Montaigne, 1977, p.79.302 «pure simplicité» est en nous et nous le connaissons très peu.Nous avons pourtant en nous une vie secrète, intense, une présence qui nous habite, insondable il est vrai, inexprimable, insaisissable, qui nous attire comme une eau vive et dont, pourtant, nous redoutons obscurément le mystère.C’est une énigme pour nous et, en même temps, nous gardons le sentiment profond d’une unité qui nous fonde.Cet inconnu qui nous habite est notre être véritable.Noyau et centre, point d’ancrage qui nous situe dans le monde, donne sens à toute notre vie, qui nous fait « un » avec nous-mêmes et avec tout.Il est notre vérité, notre promesse, notre tâche (au sens de vocation) et, par lui, nous sommes reliés à la Vie qui nous engendre toujours, à notre Source, à notre «Origine».Je dis que nous « savons » cela.Mais nous le savons très peu en réalité.Il y a là comme un seuil à franchir.Nous savons de façon abstraite, tant que nous n’avons pas franchi un certain seuil.Nous nous contentons, comme la Samaritaine, d’une certaine eau toute matérielle, à condition qu’elle étanche notre soif immédiate.Cette femme est là pour une action efficace.Il faut puiser l’eau nécessaire.Rien de plus.Mais ce n’est pas assez pour Jésus qui propose, lui, une telle eau vive, une telle source jaillissant en vie éternelle ! Cela me rappelle l’histoire du moine bouddhiste qui habitait une petite hutte au sommet d’une montagne dans une pauvreté absolue.En son absence, un voleur entre dans sa hutte et en ressort bredouille, lorsqu’il rencontre le moine qui lui dit : « Pauvre homme, tu as fait un long chemin et tu n’as rien trouvé.Je ne te laisse pas repartir les mains vides.Accepte la seule chose que je possède, mes vêtements.Je te les donne.» Il se dépouille de ses vêtements et les donne au voleur qui s’enfuit.Le moine, désormais nu, se remet en posture de méditation.Une belle lune brille dans le ciel.Et le moine soupire: «Et moi qui aurais tant voulu lui donner cette lune magnifique ! » Oui, Jésus dut être triste lui aussi et doit soupirer encore maintenant de nos courtes vues, de la lourdeur de nos désirs, de nos attentes futiles, de nos petites soifs ! Vous sentez à quel changement total des perspectives, nous sommes appelés?Un niveau est atteint qui est celui d’un mystère.Celui même de l’Esprit de Dieu qui est la Vie de tout être, Présence qui parle et qui appelle, qui forme en chacun le centre secret, son être essentiel, autour duquel tout gravite et dont tout émane, et qui n’a de repos qu’il ne soit manifesté.Ce qui est proposé c’est d’entrer en contact avec notre propre réalité, là où Dieu nous joint, nous saisit et 303 nous fait devenir.N’est-ce pas la fidélité en acte que de nous atteindre ainsi, de nous épouser en quelque sorte dans notre réalité propre, selon laquelle Dieu agit en nous pour nous faire progresser dans l’Être?Chacun est ainsi appelé à faire l’approche de son propre mystère et à s’approcher du même coup du Mystère de Dieu.Ce Mystère de Dieu qui est au cœur du mystère de l’homme.C’est tout un.Marcel Légaut le rappelle fort justement : « Chacun crée son humanité, chemine vers elle et du même mouvement vers Dieu, sous l’appel et l’action de Dieu.»6 Uni à la Vie universelle, chacun est appelé à entrer dans un mouvement de transformation incessante et à manifester à travers lui dans une sorte de transparence, l’accord fondamental de son être avec cette force pleine de promesses qui le porte et le nourrit.Consciemment ou non, chacun fonde sa vie sur cette grande espérance.Espérance de l’être essentiel qui est en nous, qui s’annonce timidement, qui est perçu comme un éclair à certains moments privilégiés de notre vie, comme l’annonce de notre véritable et authentique vérité.C’est la révélation, dont nous prenons alors conscience avec une évidence indiscutable, de la Vie de Dieu qui traverse, à notre insu mais constamment, la trame de notre vécu le plus quotidien.Voilà ce qu’obscurément nous cherchons: notre être véritable, notre être de simplicité, qui aspire à sa manifestation en nous.Nous ne pouvons y renoncer sans nous renier nous-mêmes.C’est notre unité retrouvée à travers même nos multiplicités et nos dispersions, les manques fondamentaux qui pèsent si lourdement sur nos vies sans que nous en connaissions jamais exactement toute la portée, toutes les conséquences.C’est de toute la force de notre attente, de tout l’élan de notre foi que nous aspirons au jaillissement de notre réalité dans sa pureté toute simple, coïncidant absolument avec la pensée éternelle de Dieu sur nous, avec l’Être même de Dieu.« Croire en Dieu, écrit Maurice Blondel, désirer Dieu, l’appeler, le prier, n’a de raison pour nous qu’autant que nous attendons de Lui ce que nous ne sommes pas, ce que nous ne pouvons être ni faire seuls.Où donc le trouver, sinon où la volonté, par une sorte de dépossession, est poussée au-dessus d’elle-même?» Et Blondel d’ajouter: «C’est seulement dans le vide du cœur, c’est dans les âmes de silence qu’une révélation (de ce 6.Idem.304 genre) se fait utilement écouter du dehors.L’homme de désir est rare (j’ajouterais, l’homme attentif est rare); et c’est le seul qui soit à la mesure de la vérité ainsi donnée, le seul qui ait la compétence et le discernement de son origine.Pour la reconnaître, il faut s’attendre qu’elle soit, non telle qu’on la voudrait, mais telle qu’elle est.»7 Nous essayons de saisir comment la prière est tout autre chose qu’une affaire de mots et de formules à répéter, tout autre chose qu’une technique à assimiler, si respectable qu’elle soit.La prière n’est pas séparable de l’être que nous sommes et que nous devenons lentement.Inséparable de la «merveille que je suis» (ps.139), que je deviens entre les mains de Dieu, don de Dieu, révélation de Dieu à qui veut l’accueillir dans la pureté de son cœur.Nous essayons de nous sensibiliser à la démarche exigeante de dégagement, d’intériorité qui seule permet d’atteindre le face à face avec soi-même dans la radicalité et, en même temps, le face à face avec le Mystère de Dieu.En général, nous sommes trop extérieurs à nous-mêmes, trop engagés dans les circonstances diverses dont est tissé notre quotidien, trop influencés et subjugués par de multiples impressions pour pouvoir nous livrer à cette approche, à cette disponibilité et à cette attente de ce que nous sommes véritablement, de ce que Dieu est.« Nous sommes rendus capables d’être saisis par Dieu au niveau où nous le recevons, où nous nous accueillons et où nous devenons.»8 François, l’homme nouveau Il n’est rien d’aussi émouvant et suggestif que de voir à Assise et ses environs les lieux solitaires, cavernes et grottes des montagnes où, nous dit-on, François se retirait dans le silence et la prière.« Ce-lano raconte comment, dès le début de sa conversion, il cherchait les retraites favorables au recueillement et recevait alors la visite et les instructions de l’Esprit dont la douceur suprême fit ses délices jusqu’à la fin de sa vie.»9 « Il fréquentait les endroits écartés pour s’y livrer plus facilement à sa recherche et à des gémissements ineffables tant et si bien que ses longues et instantes prières furent exaucées du Seigneur.»10 7.L’Action (1893), P.U.F., Paris 1950, pp.397-398.8.Marcel Légaut, op.rit., p.83.9.Vita Secunda, ch.9.Saint François d’Assise, Documents, par PP.Desbonnets et Vorreux, éd.Franciscaines, 1968, p.353.10.Legenda Major de St-Bonaventure, ch.5, dans Documents, p.591.305 Un jour, François est devenu un homme nouveau.Il est apparu à tous un homme transformé.Une expérience lui a été donnée de son « origine » et par là, s’est éclairée pour lui la signification de sa vie dans le monde, de sa place unique au coeur du monde.En le touchant, cette expérience a soulevé pour lui un voile qui lui cachait une réalité entièrement nouvelle.Une nouvelle forme de connaissance de lui-même, du monde et des choses lui est donnée qui le rend capable, soudain, de percevoir cette haute réalité.Connaissance qui ne repose en aucune'façon sur l’effort de l’homme pour s’élever ou pour étendre son horizon.Il y a un type de connaissance qui n’est qu’un savoir limité dans des catégories de temps et d’espace, enfermant tout dans ses définitions, réfléchissant tout par rapport à soi, classant, ordonnant, expliquant.Rien de commun ici avec- la science, le raisonnement.Non pas que le monde n’existe plus pour François.Au contraire.Il lui est plus intimement proche que jamais.Son mode de connaissance repose sur tout autre chose que des concepts et des analyses.Il repose sur l’Amour.Un sens intime lui fait saisir le Centre, la Vie présente partout et qui transcende tout.Les plus humbles parmi les choses ordinaires du monde lui paraissent neuves car sous le voile du déjà connu, se révèle pour lui le mystère de « l’éter-nellement inconnu ».C’est qu’il a d’abord été saisi lui-même.Il est devenu « transparent » à la lumière et capable de « voir » avec des yeux nouveaux la lumière qui est la Vie de toutes choses.Il vibre en accord avec elle et avec tout ce qu’elle anime.En Celano, nous trouvons ces lignes magnifiques traduisant si bien ce qui se passe en François: « Tout être recevait le nom de frère.L’intuition pénétrante de son coeur arrivait à découvrir d’une manière extraordinaire et inconnue d’autrui le mystère des créatures, puisqu’il jouissait déjà de la glorieuse liberté des enfants de Dieu.»11 Même avant sa transformation, on peut dire que François était un homme déjà naturellement accordé à la Vie.Celano vante « ses belles manières, sa courtoisie, sa grandeur d’âme, son tempérament vif et audacieux, ruisselant de générosité et comment, en grandissant il conquit la faveur universelle par son cœur d’or.»12 Et saint Bonaventure note « son charme, sa douceur, son affabilité plus qu’humaine, sa libéralité.autant d’indices de sa nature privilégiée, présageant pour la suite une effusion plus abondante de la grâce divine en lui.»13 11.Vita Prima, ch.81,5.Documents, p.286.12.Vita Secunda, ch.3.Documents, p.347.13.Legenda Major, ch.1.Documents, p.588.306 Une phrase de Celano nous indique le changement survenu : « François vit peu à peu se transformer son monde intérieur.»14 La flamme qui commence à briller en lui éclaire tout différemment le paysage de sa vie.Par cet embrasement de l’infini, il commence à mourir et à renaître sans cesse à quelque chose d’absolument nouveau.Lui-même le révèle aux toutes premières lignes du Testament: « Voici comment le Seigneur me donna, à moi frère François, la grâce de commencer à faire pénitence.Quant j’étais encore dans les péchés, la vue des lépreux m’était insupportable.Mais le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux et je les soignai de tout mon cœur.Et quand je les quittai, ce qui m’avait semblé amer s’était changé pour moi en douceur pour l’esprit et pour le corps.»15 Cette lumière et cette joie qui montent en lui, François ne peut que les recevoir sans pouvoir les susciter ou les maîtriser à volonté.Tout cela jaillit de son être même et pourtant il reconnaît en lui une action radicalement autre et transcendante : « Le Seigneur me donna de commencer.le Seigneur me conduisit.Après que le Seigneur m’eut donné des frères.Le Seigneur m’a donné de dire et d’écrire la Règle et ces paroles.Le Seigneur seul me montra ce que je devais faire.»16 Expérience vitale d’être visité dans ses profondeurs, conduit par Quelqu’un et soulevé au-dessus de lui-même.C’est une certitude qui lui vient non pas de ce qu’il sait mais de ce qu’il est devenu grâce à cette présence qui opère en lui de façon mystérieuse mais si évidente.Il y découvre la réalisation patiemment espérée de ce qu’il y a de plus intime en lui, cette vocation qui transcende son existence et qui sera comme un défi jeté à toutes les sagesses et à toutes les forces de ce monde.La voie franciscaine Je me demande si nous réalisons quelle sorte d’exigence fondamentale se manifeste au cœur de cette marche vers la lente et difficile découverte de l’être dans sa simple vérité, en communion avec le 14.Vita Secunda, ch.3,7.Documents, p.351.Aussi, Vita Prima, ch.3,6, Documents, pp.219-220.15.Les Écrits de Saint François, p.60.« Faire pénitence», c’est-à-dire au sens de saint François, se transformer, se convertir.16.Idem.307 Tout et avec toutes choses.Non pas que je pense qu’on puisse jamais y arriver par ses pauvres moyens, comme si on pouvait forcer la porte derrière laquelle on pressent la présence du Tout-Autre.Comme s’il s’agissait d’un droit, est-ce qu’on peut s’attendre à voir cette porte s’ouvrir complaisamment simplement parce qu’on le veut?Il ne s’agit ni d’un droit, ni d’une conquête, ni d’un accomplissement réalisé par la force de sa volonté.Mais il s’agit plutôt de soumission, de dessaisissement de soi, de détachement, de renoncement, d’abandon.La victoire totale appartient ici à qui voudra s’engager résolument dans « la voie de la sainte simplicité, de l’humilité et de la pauvreté »17.Que cette voie est étrange en ce temps du monde où nous vivons ! Tant de gens aujourd’hui, pleins de bonne volonté pourtant, sont possédés par cette illusion qui leur fait considérer la réussite et le rendement efficace comme la seule façon d’exister en ce monde et de faire face à leurs responsabilités.J’en connais qui se sentent réduits à l’état de bête de somme pris dans le harnais des obligations d’une carrière à assurer, des conventions mondaines qui sont de véritables esclavages, etc.Obligés de négliger, de refouler toute vie profonde, ils existent dans d’étroites limites où ils se sentent étouffés.De là d’inexplicables sentiments d’angoisse, de vide, alors même que ces gens arrivent au comble d’une réussite apparente.Nous n’allons pas entreprendre le procès de ce monde.Nous ne pouvons pourtant ignorer les multiples réactions qui se manifestent actuellement contre un état de fait aliénant et profondément frustrant pour l’homme d’aujourd’hui.La vie ne peut pas se réduire à une structure à organiser avec sa raison et sa puissance de domination.C’est une limite terrible, même si tout cela est mis au service de « valeurs supérieures » ou même de la communauté.Peut-être avons-nous à nous laisser interroger et interpeller pour ne pas nous contenter trop facilement et nous rassurer en pensant à notre statut de religieuses au service de l’Église.Là aussi on peut être fonctionnaire, ayant des activités évaluables et mesurables sous le mode de la quantité et de l’efficience.Le niveau de la prière est plus subtil, mais n’échappe aucunement à ce danger.La jeune génération nous interpelle avec vigueur à ce propos.Sa résolution de non-participation à un mode d’existence qui semble nier, et non seulement nier, mais combattre la dimension essentielle 17.Testament de Sainte Claire, voir la note 4.308 de l’homme devrait nous en dire long.Elle cherche le Souffle qui fait vivre, l’autre dimension qui n’est pas de ce monde.Autre par rapport à la réalité d’un univers matériel tangible devenu inhumain à force de structures et d’institutions soumettant l’homme à des impératifs rigides, à des rythmes de vie destructeurs.Le message de François et de Claire est précisément celui de cette autre dimension, de cette autre réalité qui est celle de l’être opposé à l’avoir, au savoir et au pouvoir.Nous engager avec eux dans la voie de « la pure simplicité, de l’humilité et de la pauvreté », c’est plonger dans un univers de gratuité, de tendresse.C’est ouvrir au cœur de ce monde de peur et de dureté, un espace de liberté au sens de saint Paul: « Là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté» (2 Co 3,17), et au sens de François: liberté de tout désir égoïste, de toute attache qui lie le cœur et l’empêche de se laisser soulever par l’Esprit et emporter là où tout est jugé selon la vérité.Là où il devient possible de reconnaître Dieu et d’adorer sa présence en tout être, en tout temps et en tout événement.Le pèlerinage au cœur, selon une très belle expression de la tradition monastique, c’est de retrouver la liberté des enfants de Dieu par le chemin du silence, c’est de retrouver son unité intérieure par la voie de la « pure simplicité ».Dans ce monde où tout disperse, divise, la rencontre d’un être purifié, unifié, a la douceur et la fraîcheur d’une source.Si nos communautés franciscaines ont une mission aujourd’hui, ne serait-ce pas d’ouvrir de tels espaces de gratuité, de devenir le lieu d’une rencontre qui fait vivre parce qu’on peut y entendre la parole désintéressée, la parole d’amitié qui ne cherche pas à capturer ni à exploiter.Parce que là, on croit à la réalité de l’amour, parce que là, on a mis sa raison d’être ailleurs que dans la possession, la réussite et la domination, parce qu’on n’a rien à défendre, parce qu’on a trouvé son sens et qu’on y est fidèle, on peut partager sans peur le meilleur de son être comme un signe de la Tendresse de Dieu.La vie de la famille franciscaine devrait être exemplaire dans le monde, dans la société où nous vivons.Comment le serait-elle si elle ne fait que reproduire ce type de société avec ses normes et ses modes de vie?Ne sommes-nous pas trop bien immergés dans l’histoire, trop bien supportés par la société parce que conformes?Comment notre vie franciscaine peut-elle devenir ainsi agent de changement et de transformation, comme nous voyons François et Claire contester, par leur vie même, toute la société de leur temps?Notre vie à nous, en ce 309 temps où nous vivons, ne risque-t-elle pas plutôt de ne plus signifier grand’chose?« La parole de gens qui ont trouvé moyen de s’asseoir, on ne sait comment, confortablement sur la croix, ne peut plus avoir aucune résonnance dans un siècle déchiré par des réalités essentiellement tragiques.»18 Je crois qu’il nous est nécessaire de réfléchir sérieusement et concrètement à toutes les formes d’aliénation qui nous asservissent, qui empêchent notre coeur d’être libre et sont des obstacles à notre vie en simplicité.Nous pouvons être possédés par une infinité de choses et ne plus être libres pour une présence à Dieu et un partage signifiant avec nos frères.Car, je le dis avec conviction : l’engagement franciscain aujourd’hui n’a aucun sens, sans un choix profond, effectif et radical pour une vie «de sainte simplicité, d’humilité et de pauvreté ».L’engagement à la suite de François consiste en un retournement de l’être en profondeur.Autrement, il n’a aucune signification.Il atteint jusqu’au centre, jusqu’au cœur; il est un engagement total.Nos communautés doivent être des lieux où se vit une expérience spirituelle authentique.Nous avons à témoigner que l’absolu du Mystère de Dieu habite nos cœurs, que nous habitons ce Mystère et que là est la source d’une infinie tendresse pour les hommes.« Existez d’abord, écrit Jean Sulivan, apprenez à croître en dedans, mesurez-vous avec la vérité.Le reste est de surcroît»19.Pour que le monde soit humain, d’une humanité concrète de vérité et d’amour, nous savons que nous ne pouvons mieux faire que de nous laisser prendre dans le Mystère de Dieu.Plus fortement que jamais, avec François, confessez que le Seigneur est grand ! «Tu es seul saint, Seigneur Dieu, toi qui fais des merveilles ! Tu es fort, Tu es grand, 18.Marcel Moré.19.Jean Sulivan, Dieu au-delà de Dieu.310 Tu es le Très-Haut, Tu es le Tout-Puissant, Toi, Père saint, Roi du ciel et de la terre Tu es notre espérance, Tu es notre foi, Tu es notre grande douceur, Tu es notre vie éternelle, grand et admirable Seigneur, Dieu tout-puissant, doux Sauveur miséricordieux.»20 Rolande Lamarre, o.s.c.55, rue Sle-Claire, Valleyfield, Qué.20.Louanges de Dieu.Les Écrits de Saint François, p.102, LE REPAS DE DIEU La bible nous présente le sacrifice eucharistique comme le résumé de l’histoire du salut, comme le sacrifice du Christ et de l’Eglise, comme un repas, une action de grâces, la Pâque du Christ et de l’Église, une Alliance, une communion, etc.Tout cela est vrai, mais il serait sans doute possible de trouver un axe central qui rendrait compte de tous ces aspects, qui serait leur centre d’unité.Sans entrer dans tous les détails, disons que le sacrifice comporte la part de l’homme et la part de Dieu.On y trouve deux mouvements: ce que Dieu fait pour l’homme et ce que l’homme fait par rapport à Dieu.Cela signifie qu’il y a rencontre.Cet aspect est très important.Dans l’Ancien Testament, on remarque surtout la part de l’homme.On le voit apporter plusieurs éléments dans son approche de Dieu.On peut être porté à se dire : c’est l’homme qui est en train de faire quelque chose pour Dieu.A y regarder de près toutefois, on se rend compte que c’est Dieu qui a la part principale.Cette double action fait que les partenaires se rencontrent.On en a un exemple frappant dans le sacrifice de l’Alliance où l’on voit les deux partenaires, Dieu et l’homme, s’unir dans le même sang, symbole de la vie.Le signe Dans l’eucharistie, cette rencontre se fait à travers le signe d’un repas.C’est le repas lui-même qui est sacrifice, comme autrefois le repas pascal des juifs.Le Christ n’a fait que donner un nouveau sens au repas pascal de l’Ancien Testament.Il faut donc dire que le sacrifice de la messe est un repas.Cela aussi est important, car en admettant ce fait, on arrive encore à dire que le sacrifice de la messe est l’union (toujours l’idée de rencontre) de deux partenaires dans un 312 repas.C’est donc le banquet lui-même qui est sacrifice.Ici, comme dans le sacrifice de l’Alliance, il s’agit de la rencontre de deux partenaires.Pour bien comprendre notre eucharistie, il faut se reporter à l’histoire, même celle qui précède Israël.L’idée de repas sacré remonte du fond des âges.Le signe du repas a toujours existé.Il consistait à inviter à sa table quelqu’un qu’on voulait honorer de son amitié.Une excellente marque d’estime était d’inviter à prendre un bon repas.En fraternisant dans l’amitié, on réalisait l’union des convives.C’est pourquoi le repas a toujours été considéré comme un signe d’unité.La bible à son tour voit dans le repas sacré pris au temple d’un dieu le signe d’une union, d’une communion du fidèle avec la divinité.L’aspect d’union, de rencontre, est donc fondamental dans tout repas sacré, préfiguration lointaine de notre repas sacrificiel eucharistique.En Israël, on a justement ce qu’on appelle des sacrifices de communion.Ce sont des repas de fête pris avec Yahveh.Dieu C’est Dieu lui-même qui invite et c’est à lui qu’appartient l’offrande.Quand les juifs préparent un repas sacré, il faut dire que c’est Dieu qui invite à sa table.Il dresse pour son peuple une bonne table afin de le nourrir et de lui communiquer tous les dons de la vie.Par là, il s’unit étroitement à son peuple.Le sacrifice ne veut donc pas dire avant tout nous offrir à Dieu, ce qui par ailleurs a du sens, mais cette offrande n’est qu’une conséquence.Si Dieu vient à ma rencontre, il est normal que je m’offre à lui, mais ce n’est qu’une réponse à l’initiative de Dieu.Ce n’est qu’une partie de la rencontre elle-même.La rencontre elle-même, sous l’initiative de Dieu, voilà l’essentiel.Cette idée de rencontre pour définir le sacrifice n’est pas une invention nouvelle.S.Augustin au 5e siècle définissait le sacrifice non pas comme une offrande, non pas comme un renoncement, mais comme ceci : « Tout sacrifice est une action qui fait entrer en communion avec la divinité».Il faut à tout prix revenir à cette idée.Mon offrande entre dans le sacrifice, mais elle n’est que ma réponse à l’offre de rencontre que Dieu me fait.N’oublions pas qu’à la messe, nous allons recevoir les bienfaits de Dieu.Les païens pouvaient penser qu’ils nourrissaient leurs dieux, mais le peuple juif a su comprendre que c’était Dieu qui nourrissait l’homme.Cependant, parfois ils se sont imaginé qu’ils pouvaient rendre service à Dieu par leurs 313 offrandes comme si on pouvait apporter à Dieu quelque chose qu’il n’a pas déjà.Dieu, à ce moment-là, réagissait et disait à son peuple: « Vos boucheries ne m’intéressent pas.Des animaux, j’en ai plein la forêt ».« Ce que je veux, semblait ajouter Dieu, c’est que vous répondiez avec reconnaissance à tous les bienfaits que je vous donne.Les offrandes que vous me faites peuvent bien être le symbole de votre volonté de répondre à mes offres, mais ne prétendez pas par là m’apporter quelque chose, m’enrichir de quelque façon».Notre liturgie est expressive à ce sujet.Q^iand nous apportons le pain à l’autel, ce n’est pas pour combler Dieu, mais c’est pour qu’il nous prépare un bon repas.Le pain que nous apportons, c’est Dieu qui nous le donne (« Toi qui nous donnes ce pain »).C’est vrai que Dieu nous a fait l’honneur de participer à la confection de ce pain (« fruit de la terre et du travail des hommes »), mais il nous est fondamentalement donné et nous souhaitons qu’il devienne pour nous un pain de qualité supérieure, encore donné, « le pain de la Vie ».Ce pain va nous nourrir de Dieu et donc, nous unir intimement à Lui.Il n’est donc pas question ici de combler Dieu par mes dons.La part de l’homme On dit souvent que le sacrifice est une expression des devoirs qu’on doit rendre à Dieu.On s’exprime à peu près comme ceci : « Dieu a tant fait pour nous qu’il a bien le droit d’exiger de nous qu’on aille lui rendre hommage, que nous accomplissions envers lui nos devoirs ».Réfléchir en termes de droits et de devoirs n’a pas beaucoup de sens.Dieu n’est pas un maître exigeant qui réclame des droits.Il a tellement peu besoin de nous ! Mais la tendresse de Dieu, sa gratuité, sa générosité font en sorte qu’il se penche vers nous pour nous combler de ses bienfaits.Dieu cherche sa gloire, c’est vrai, mais elle ne consiste pas à exiger de l’homme des devoirs à remplir; elle cherche plutôt le bien de l’homme.Comme le disait déjà S.Irénée, « La gloire de Dieu, c’est le bien de l’homme».Il est vrai que nous avons à rendre hommage à Dieu, mais le meilleur moyen de le faire, c’est d’accueillir ses dons le mieux possible et de les faire fructifier.Pour bien comprendre cette part de l’homme et aussi la part de Dieu, il est bon de voir le contenu du repas pascal.314 Le repas pascal juif Ce repas a été pris à l’occasion de la grande délivrance d’Égypte.Si les Hébreux mangeaient l’agneau pascal que Dieu leur avait donné, ils étaient délivrés.Cette Pâque célébrera aussi l’Alliance qui a été contractée au Mont Sinaï pour sceller l’amitié proposée par Dieu à son peuple.Les juifs revivaient ces grands événements tous les ans.On chante alors ce Dieu bienveillant qui vient au secours de son peuple pour le faire passer à une situation meilleure (Pâque) et se l’unir intimement à lui (Alliance).A l’initiative de Dieu, les hommes ont répondu.Ils ont compris que l’attitude première, fondamentale en face de Dieu, c’est l’action de grâces.Ce sera plus tard le nom même donné au repas sacrificiel du Christ : l’eucharistie.Cette attitude est sœur de la pauvreté qui consiste à reconnaître que de nous-mêmes nous n’avons rien.C’est ce qui se passe dans la Pâque juive.Elle est remplie d’action de grâces, elle déborde de remerciements.Elle est, selon une autre expression, située dans un climat de bénédiction.Ce qui revient à dire que la bénédiction de Dieu ou encore les dons qu’il fait à l’homme ont pour correspondant, pour réponse, la bénédiction de l’homme ou encore l’action de grâces.C’est pourquoi dans la Pâque juive, on énumère tous les bienfaits divins, on en fait mémoire, à partir de la création elle-même en passant par tous les faits de l’histoire sainte.On veut en avoir la tête pleine et le cœur plein.Durant le repas, il y avait quatre coupes de vin, symbole de la joie et de l’action de grâces.Quand le repas est servi, on boit la troisième coupe qui s’accompagne d’une merveilleuse bénédiction pour tous les bienfaits de Dieu.Le repas se termine par une quatrième coupe.On pense que c’est à l’occasion de la troisième coupe que le Seigneur a transformé le vin en son sang.Quant au pain transformé en son corps, la chose eut lieu auparavant.Ce qui est important, c’est que ce corps et ce sang viennent mettre le comble aux bienfaits divins.Par eux, Dieu non seulement nous comble de bienfaits, mais il se donne lui-même pour s’unir à nous.Il en résultera que nous aurons à « laisser s’exprimer en nous et par nous l’action incomparable de Dieu dans tous les gestes de notre existence, afin de devenir toujours plus la visibilité du Dieu invisible»1.En résumé, le repas pascal juif a pour but de nous unir à Dieu qui est la Vie.Ce repas continue l’histoire du salut.Chaque fois que 1.R.Johanny, L’eucharistie, chemin de résurrection, Desclée 1974, p.94.315 les juifs le célébraient, ils entraient dans la longue marche historique de libération et d’Alliance.Par là, Dieu faisait entrer toujours plus avant dans son héritage ; il nourrissait et affermissait continuellement l’espérance de son peuple.Il le conduisait lentement vers le repas définitif où le Messie prendrait le banquet éternel avec tous ses frères en Dieu.C’est à cela que les juifs tendaient sans avoir la fin exacte de leur histoire.Le repas pascal chrétien Jésus-Christ va prendre ce signe de la Pâque juive, le transformer pour qu’il devienne le mémorial de l’événement final de l’histoire du salut, c’est-à-dire pour que ce repas pascal juif s’augmente de sa Pâque à lui, la merveille finale qui vient s’ajouter à toutes les merveilles des temps anciens pour les porter à leur perfection.À la Pâque juive, le Christ a ajouté sa mort.Il passait par là de ce monde à son Père, au monde de la Résurrection.Cette Résurrection le conduisait à la plénitude de Dieu.L’Agneau pascal que l’on mangeait en signe de libération, de passage à une terre meilleure (Pâque), va être remplacé par l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.Le sang de l’agneau rappelait le sang de l’Alliance.Le sang de Jésus deviendra le sang de la nouvelle èt éternelle Alliance où seront réunis Dieu et l’homme.Cependant, dans le culte eucharistique, on n’aura pas à immoler un agneau.Il suffira que l’Agneau de Dieu se donne en nourriture sous forme de pain.En somme, ce pain continue de procurer notre libération et de nous nourrir de Dieu.Le sang devient un merveilleux breuvage qui étanche la soif, réjouit le cœur et scelle l’Alliance.Quand je reçois le corps et le sang du Christ, j’accueille la plus grande merveille de Dieu, Jésus-Christ m’entraînant avec lui dans sa Pâque et dans son Alliance éternelle.Le Christ a dit en instituant l’eucharistie: «Vous ferez ceci en “mémorial” de moi ».Il instituait par là un rite liturgique qui rappelle toutes les merveilles de Dieu réalisées dans le passé, toutes les merveilles actuelles et qui annonce les merveilles futures, jusqu’à ce qu’il revienne.En recevant l’eucharistie, nous vivons déjà dans l’ère eschatologique, dans le monde final.Recevant Jésus ressuscité, je suis sûr que je ressusciterai avec lui.Cette merveille future que j’attends, je la possède déjà et elle appelle en moi une immense action de grâces.S.Justin décrit les eucharisties primitives et mentionne que le président de l’assemblée « remercie Dieu de toutes ses forces ».Les pre- 316 miers chrétiens étaient plus conscients que nous de la tendresse de Dieu.Trop souvent nous en avons fait un grand Seigneur réclamant ses droits à l’adoration.Conclusion L’eucharistie est un repas offert par Dieu aux hommes pour se les unir le plus intimement possible.Il n’y a donc pas à distinguer entre repas et sacrifice, même si on reste libre de mettre dans ce dernier terme la part de l’homme.Cette part, c’est d’abord l’action de grâces, mais c’est aussi la réponse amoureuse de celui qui tâche de rendre amour pour amour.Cela se traduit en obéissance au plan divin, en engagement amoureux et généreux au service du Père, comme le Serviteur de Dieu qui n’a pas hésité à se laisser tuer par ceux qu’il aimait.Rendre gloire à Dieu, ce n’est pas d’abord accomplir un devoir pénible pour rendre à Dieu ce qui lui est dû, mais c’est avant tout reconnaître ses dons en sachant que le plus splendide est encore Lui-même.Ceci entraînera louange, admiration, engagement total.Après avoir nourri le Christ de tous ses dons, le Père nous le donne en nourriture comme la somme de tous les bienfaits divins.Ainsi le Christ, après avoir été proclamé le Fils bien-aimé, comble de bénédictions tout son Corps Mystique jusqu’au jour où « Dieu sera tout en tous».En attendant, il fait passer ses fidèles de la mort à la résurrection.Recevant le Christ avec toute sa destinée, nous l’assimilant dans le repas eucharistique, nous passons de jour en jour vers un monde nouveau.De communion en communion la Vie grandit en nous et le désir de la répandre.C’est ainsi que l’Esprit du Ressuscité transforme le monde et le prépare à la Rencontre inexprimable et définitive.René Baril, o.f.m.5750, Rosemont Montréal, Qué.317 TABLES DE L’ANNEE 1978 1.Auteurs et articles ARCHAMBAULT, J.-M., s.j., L’engagement .46 Être fidèle.162 BARIL, René, o.f.m., Le repas de Dieu.312 BÉLANGER, Jacques, o.f.m., cap., Pour une adoration à trois dimensions (en coII.).16 BLAIS, Edith, s.s.j., Pour une adoration à trois dimensions (en co II.).16 BOISVERT, Laurent, o.f.m., Le pauvre, un frère dans le besoin 98 BOUFFARD, Odoric, o.f.m., En marge d’un congrès national des religieux.258 BOURDEAU, Gilles, o.f.m., L’homme de la prière cosmique .57 L'homme de la prière évangélique.153 CLARISSE, (une), Ma vie consacrée : une alliance fondée sur la fidélité de Dieu.237 CÔTÉ, Louise, c.n.d., La vie religieuse et notre contribution à son a-venir.2 DUMOUCHEL, Claire, s.c.i.m., Pour une adoration à trois dimensions (en coll.).16 GALOT, Jean, s.j., Suivre le Christ.194 GAULIN, Suzanne, o.s.c., Oser vivre la promesse comme une vocation.290 HOLSTEIN, Henri, s.j., Être ce que l’on est.277 LAMARRE, Rolande, o.s.c., Prière et vie.301 LECLERCQ, Jean, o.s.b., Prière et louange.66 Jésus et les opprimés.130 La dimension pénitente dans la vie religieuse .211 MALATESTA, E., s.j., Jésus et l'isolement.182 MATURA, Thaddée, o.f.m., Travail et vie en fraternité.172 PARENTEAU, André, f.i.c., Charisme des fondateurs et charisme de l’Institut.270 SANTANER, M.-Abdon, o.f.m.cap., Vie religieuse chrétienne et appartenance .118 TILLARD, J.M.-R., o.p., Le lion et le rat.34 VEILLEUX, Armand, o.c.s.o., Pour une adoration à trois dimensions (en coll.).16 318 La liturgie dans la vie du peuple de Dieu.22 La liturgie d’une communauté locale et ses exigences.83 Méditations sur l’obéissance.226 VOILLAUME, René, Obéissance et chasteté pour l'amour du Royaume.144 2.Sujets Adoration : et globalité de l’expérience humaine : 16; son écologie : 17 ; et engagement: 18; et communion: 19 Aliénation : et liturgie : 26 Alliance: et appartenance: 120 et 125; et vie religieuse: 120, 125, 237; et eucharistie: 312 Amour : son éblouissement : 238 Appartenance: et vie religieuse: 117; selon les Écritures : 118 ; dans la vie concrète des communautés: 122 Appel : réservé à certains : 205 Ascèse : et liturgie : 28 Baptême: et vie religieuse: 212 Charisme: des fondateurs: 270, 271; de l’Institut: 270, 272 Chasteté: pour le Royaume, 144 Christ : (voir Jésus) : sa place centrale : 4 ; source d’engagement : 49 ; prière dans le Christ : 156 Claire : son message : 309 Classes moyennes : et vie religieuse : 259 ; leur évangélisation : 265 ; leur conversion : 267 Communauté : et liturgie : 87 ; et appartenance : 117 Communion : épanouissement dans : 247 Consécration : et vie religieuse : 206 ; alliance fondée sur fidélité de Dieu : 237 Contemplation: de Jésus: 142; et impact social : 290 ; et pauvreté : 292 ; et vie fraternelle: 295; retentissement sur l’Église : 296 ; retentissement sur la société : 296 Contemplative: niveau personnel d’engagement : 292 Culture: et liturgie: 23 Dialogue : et liturgie : 29 Dieu : rencontre spirit, avec : 40 ; source d’engagement : 42 ; relation avec l’homme: 155; sa fidélité: 168; son appel: 203; union à Dieu par la pénit.: 223 ; croissance dans son mystère : 239 ; son action dans le monde : 240 ; l’accueillir : 243 ; Parole et œuvres de Dieu assurent la vie relig.: 248 ; et le pauvre : 262; source de vie religieuse: 279; source de la prière: 312; et l’eucharistie : 313 Discernement : dans la prière : 76 ; par le discernement des esprits : 76 ; par la psychologie : 77 ; par le Magistère : 79 ; des vocations : 234 Dynamisme: et fidélité: 170 Église: et vie contemplative 290 Engagement : et personne humaine : 46 ; difficile : 47 ; appuyé sur le Christ : 49 ; exigences : ouverture à l’avenir, 50, inconditionnalité, 50, cause commune, 52, approfondissement, 53, lucidité, 54 ; toujours à refaire : 54 ; et louange : 71; et demande: 71; de Jésus: 142; et fidélité: 167 Espérance: et prière cosmique: 62; et prière : 304 319 Eucharistie: repas de Dieu: 312; le signe: 312; la part de Dieu: 313; la part de l’homme: 314; repas: 315 Fécondité: épanouissement dans: 247 ; de la vie religieuse: 251 Fidélité: et changement: 162; remise en question: 165; et engagement: 167; de Dieu et de l’homme: 168; et foi: 169; et dynamisme: 170; de Dieu dans la vie consacrée : 237 Foi: et prière: 8; rupture: 153; et prière cosmique: 61; et fidélité: 169 Formation: des religieux: 234 Franciscanisme : sa nature : 307 François : et la prière : 305 ; l’homme nouveau : 305 ; son message : 309 Fraternité: et travail: 172; leur tension dialectique: 175 Homme: de la prière cosmique: 57; en relation avec l’univers : 60 ; de la prière évangélique: 153; en relation avec l’Être ultime: 155; sa fidélité: 168; à la recherche de son cœur : 229 ; risque des choix: 232; et l’eucharistie: 314 Isolement: et Jésus: 182 Jésus : (voir Christ) : et les opprimés : 130 ; et la libération: 136; libérateur: 138; et sa prière libératrice: 140; sa contemplation: 142; et l’isolement: 182; en tant qu’unique: 185; comme solitaire: 187; comme isolé: 190; médiateur de communion: 193; le suivre: 194; Maître unique: 199; son appel: 203 ; institue la vie consacrée : 208 ; libre et obéissant : 227 Liturgie: dans la vie du peuple de Dieu: 22; et culture: 23; et politique: 24; et aliénation : 26 ; et ascèse : 28 ; et dialogue interreligieux : 29 ; d’une communauté locale: 82; et communauté: 85; et créativité: 89 Loi : servitude de : 227 Louange : et prière : 66 ; et demande : 71 ; et engagement: 71 ; évaluation de: 74 Messe : (voir Eucharistie) Monde: et contemplation: 291 Nature : et prière : 57 ; et relation à l’homme : 60 Obéissance: pour le Royaume: 147; méditations sur: 226; et servitude de la loi : 227 ; nature et signification : 230 Pâque: repas chrétien: 316; repas juif: 315 Pauvre: un frère dans le besoin: 98; un privilégié de notre amour: 103; engagements envers les pauvres : être pour eux, 108, être avec eux, 110, être comme eux, 112, être par eux, 114 ; les opprimés: 130; et Dieu: 262; et Jésus: 263 ; et les religieux : 266 Pauvreté : Dieu et pauvres : 3 ; et suite du Christ : 3 ; essence de la vie relig.: 4 ; et renouveau : 8 ; et oppression : 8 ; et Dieu: 35; comme mal et désordre: 98; et contemplation: 292 Pénitence: dimension de la vie religieuse: 211; relig.et son expression: 217; dans l’union à Dieu : 223 Personne : et engagement : 46 ; sa construction : 167 Politique: et liturgie: 24 320 Prière : et foi : 8 ; et adoration : 16 ; et rencontre avec Dieu: 40; cosmique: 57, 61 ; et nature : 57 ; et louange : 66 ; pen-tecostiste : 74; discernement: 76; charismatique : 74 ; et intériorité : 87 ; libératrice de Jésus: 140; évangélique: 153 ; en J.-C.: 156 ; son évangélisation : 157; trinitaire: 158; et vie religieuse: 279 ; et vie : 302 ; possible par l’Esprit : 302; et espérance: 304; de François: 305 Religieux : (voir Vie religieuse) : troisième Conf.amér.des : 2 ; douzième Assemb.génér.de la C.R.C.: 258 ; et défavorisés: 266; être ce que l’on est: 277; hommes de prière et d’union à Dieu: 279 Royaume : chasteté et obéissance pour le : 144 ; annoncé par la Vie relig.: 282 Spiritualité: rencontre avec Dieu: 40 Travail : et vie en fraternité : 172 ; leur tension dialectique : 175 Trinité: et prière: 158 Vie religieuse : (voir Religieux) : et notre contribution à son avenir : 2 ; et pauvreté : 4 ; et contemplation : 4 ; et engagement : 5 ; et libération : 5 ; aspects divers : 6 ; dans la communauté de l’Église : 8 ; et prophétisme : 8 ; et l’après-Concile : 9 ; son avenir : 20,44 ; rencontre spirituelle avec Dieu : 40 ; et appartenance : 117; institution du Christ: 208 ; et consécration : 206 ; dimension pénitente : 211 ; baptême et pénitence : 212; dans l’épreuve de la vie quotidienne : 242 ; se donner dans l’abnégation : 245 ; fondée sur la Parole et l’action de Dieu: 248; sa fécondité: 251 ; et classes moyennes : 259 ; témoignage de charité et de disponibilité : 280 ; annonce du Royaume : 282 Vocation : discernement : 234 MONASTÈRE DES AUGUSTINES 1500, 18 e Rue — St-Georges-Ouest (Beauce) Qué.G5Y 4T8 Tél.: (418) 228-6668 RETRAITE INTERCOMMUNAUTAIRE 1979: ANIMATEUR: Père Jean-Marie Rocheleau, s.j.THÈME: La docilité à l’Esprit-Saint par les Exercices Spirituels de Trente jours de St-Ignace de Loyola.DATE: 19 mai au 19 juin 1979.LIEU: Adresse ci-haut mentionnée. la VIC des communautés religieuses 5750, boulevard Rosemont Montréal HIT 2H2 Qué., Canada FRAIS DE RETOUR GARANTIS - PORT PAYÉ A QUÉBEC COURRIER DE LA DEUXIÈME CLASSE - ENREGISTREMENT N“ 0828
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