Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La vie des communautés religieuses /
Revue publiée à l'intention des membres des communautés religieuses catholiques. Elle aborde amplement les questions théologiques et vocationnelles et les enjeux d'adaptation aux changements sociaux. [...]

À consulter : Site Web de la revue, incluant un index de La vie des communautés religieuses (1942-2006).

Éditeurs :
  • Montréal :RR. PP. Franciscains du Canada,1942-2006,
  • Montréal :RR.PP. Franciscains de la Province St-Joseph au Canada,
  • Montréal, Québec, Canada :La vie des communautés religieuses,
  • Nicolet, Qué., Canada :publiée par un consortium de congrégations religieuses du Québec
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • En son nom
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

La vie des communautés religieuses /, 1982-12, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
10 décembre 1982 La vie des communautés religieuses Directeur : Laurent Boisvert, o.f.m.Comité de rédaction : René Bacon, o.f.m.René Baril, o.f.m.Pierre Bisaillon, o.f.m.Laurent Boisvert, o.f.m.Odoric Bouffard, o.f.m.Secrétariat : Rita Jacques, s.p.Bérard Charlebois, o.f.m Courrier de la deuxième classe Enregistrement n° 0828 Composition: Graphiti Impression: L'Éclaireur Ltée Rédaction et administration : La vie des communautés religieuses 5750 boulevard Rosemont Montréal, Canada H1T 2H2 Tél.: 259-6911 La revue paraît dix fois par an Abonnement : de surface: 9,50$ (45 FF) (300 FB) par avion 13,50$ (65 FF) (425 FB) Sommaire Vol.40 — décembre 1982 Claire Dumouchel, s.c.i.m., L'expérience de Dieu chez la femme consacrée Monique Dumais, o.s.u., Renaissance spirituelle chez les femmes Benoît Lacroix, o.p., Parlons d'espérance Cette expérience de Dieu est une expérience de personnes humaines libres, ayant des qualités et des limites.Elle se vit, non dans l'évasion mais dans le respect du réel, même à travers certaines pathologies.Elle doit toujours se vivre dans la foi et la joie, une joie qui s'harmonise avec la croix.La redécouverte actuelle du monde mystique, de la spiritualité, est en pleine effervescence chez les femmes qui s'affirment comme féministes.À partir de leur expérience de femmes, elles saisissent la profondeur de leur foi, la réalité spirituelle s'inscrivant dans le tangible.Leur expression spirituelle doit trouver sa place dans la tradition chrétienne.Espérer, c'est miser sur l'avenir, anticiper, risquer sa vie.On espère quand on croit en l'avenir et qu'on l'aime.Au bout des sentiers de l'espérance, il y a une terre promise. L'expérience de Dieu chez la femme consacrée Claire Dumouchel, S.C.I.M.* «Tu es mon Fils», dit Dieu à Jésus, dans un mouvement éternel de vie, «Aujourd'hui, Je t'ai engendré.» Expérience au-delà de nous, mais pourtant expérience d'hommes, expérience d'hommes libres, à travers nos limites, à travers même nos tendances névrotiques, jusque dans la prière.Et ce poids de Dieu, nous le portons constamment dans notre recherche contemplative.C'est notre liberté d'homme d'essayer de nous appartenir, le plus réellement et le plus véritablement possible pour nous donner.On ne donne que ce qui nous appartient.C'est notre chemin d'homme que l'Esprit de Jésus éclaire.1.Une expérience incommunicable Dieu demeure éternellement question.Commencer à Le trouver, c'est encore Le chercher.Dieu est Celui qui nous interroge et Le rencontrer c'est être retourné jusqu'en ses racines les plus profondes, c'est vivre une expérience en elle-même quasi incommunicable, presqu'indicible.Dieu se dit dans l'Ancien Testament: «Je suis Celui qui suis», et dans le Nouveau Testament: «Je suis Celui qui aime.» Dieu est Amour.C'est l'Esprit de Jésus qui nous révèle Dieu: «Nous avons reçu un esprit de fils adoptifs qui nous fait nous écrier: Père.L'Esprit en personne se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu» (Rm 8, 15-16).Nul ne peut nommer Dieu comme II est.Dieu ne se nomme pas.Il est insondable.Il reste que Dieu, dans son Amour éternel, appelle progressivement l'homme à travers l'histoire, à travers ses faiblesses.Dieu se révèle à l'homme.Il se donne.Ainsi l'homme peut * 825 Ave Bégin, Québec.Canada.G1S 3H9.290 accueillir Dieu.C'est pourquoi, modestement, il est question de rencontre, de découverte de Dieu.Mais cette découverte de Dieu se vit au-delà de l'homme : Dieu est Dieu.Si Dieu est Dieu, Il n'est pas moi, Il est Autre.Il est «l'Autre».L'expérience de Dieu est donc l'expérience de ce qui échappe absolument à mon expérience, au sens de ce qui constitue mon avoir, mon savoir et mon pouvoir.Ce Dieu est Celui qui me décentre, me dépossède de mes avoirs, Celui qui est plus grand que toutes les représentations que je puis m'en faire.C'est l'inimaginable, l'inconcevable, le transcendant.Mais cette expérience de Dieu, nous la faisons dans notre être d'homme tout entier.Il serait vain d'essayer de classer la part d'humain et la part de divin de notre expérience.Nous recevons, nous accueillons Dieu dans toute la globalité de notre être.D'ailleurs le divin même est toujours incarné.Jésus est le Fils incarne.Et chez le plus grand mystique, on peut discerner l'homme, ses forces biologiques, ses dynamismes psychiques, à travers ses traits de caractère, ses dispositions, ses aptitudes.Il n'existe pas d'expérience de mystique pure chez nous, les hommes.Nous sommes faits de terre séchée.Le cœur de l'expérience de Dieu est dans sa source, la souveraine liberté de Dieu se donnant à sa créature.La vie est le chemin qui nous conduit, par le don de sagesse, enraciné dans la charité, à des profondeurs où Dieu est plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes.Cette présence du Transcendant au fond de l'âme, se teinte de multiples nuances selon la qualité de la liberté humaine qui l'accueille.Il y a maintes demeures dans la Maison du Père, dit saint Jean.L'expérience de Dieu, la rencontre obscure mais certaine avec le mystère du Dieu Vivant est personnelle.C'est pourquoi elle est très diversifiée.Je puis parler de « mon » expérience de Dieu, chacun et chacune peuvent parler de «leur» expérience de Dieu: autant de rencontres de Dieu.L'expérience d'un professeur laïc ne saurait être celle d un moine ou d'une moniale, non seulement parce que leurs conditions de vie sont différentes, mais parce que le chemin où ils recontrent Dieu n'est pas le même.Nos catégories, le sexe, la race, l'éducation, la société, les images culturelles, les symboles influent sur le sens de notre expérience.Une carmélite, une Clarisse, une dominicaine, une mère de famille 291 québécoise, aujourd'hui, ne peuvent vivre l'expérience de Dieu de la même façon que Thérèse d'Avila au 16e siècle ou Mère Térésa aux Indes.J'aimerais dire ici quelques mots des images que nous portons en nous et qui nous aident à aller à Dieu.Notre rencontre de Dieu se situe au-delà des images, mais comme nous sommes des hommes, nous nous aidons de nos représentations pour Le rencontrer.Il est bon de noter que notre représentation de Dieu est subjective.Nous avons chacun et chacune notre propre représentation de Dieu, selon notre éducation, nos médiations sociologiques.Il reste que même si nos images subjectives sont très variées, elles sont réelles.Il peut même arriver qu'une représentation subjective teintée de pathologique puisse conduire à Dieu.Dieu ne dépend pas de la psychologie.2.Notre être de personne libre Quoi qu'il en soit des représentations que nous avons de Dieu, nous vivons l'expérience de Dieu dans notre être d'homme libre.«Voici que je me tiens à la porte et je frappe.Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui et je souperai avec lui » (Ap.3, 20).Dieu ne change pas, ni n'agit contrairement à son Dessein éternel, mais II respecte notre liberté humaine.«Si quelqu'un ouvre la porte.» Nous sommes donc libres de ne pas entendre la voix, de ne pas ouvrir la porte.C'est la grandeur et la misère de la liberté humaine.La foi ne modifie en rien les conditions du vivre et de l'agir de l'homme.J'aimerais vous citer un texte admirable d'Henri LeSaux: «Seul de toutes les créatures terrestres, l'homme a le privilège de prendre conscience de cette Présence divine et d'y répondre personnellement, en offrant à son tour à Dieu le don même que Dieu lui fait de sa Présence.Par sa vocation même d'homme, l'homme est appelé à se rendre présent à Dieu à la façon dont Dieu s'est rendu présent à lui en le créant, à la façon dont au mystère des divines Personnes, le Père est présent au Fils et le Fils au Père.Cette présence mutuelle du Père et du Fils à laquelle participe l’homme dans son être profond, est par surcroît la racine même de la présence de l'homme à ses semblables dans la communion humaine.Jésus ne nous a-t-ll pas 292 confié en effet que nos relations avec Lui et par Lui avec le Père, aussi bien que nos relations d'hommes entre nous sont sur le modèle de Sa relation personnelle avec le Père.» Je crois que cette expression de parallèle entre la relation du Fils au Père et notre relation entre nous, les hommes, est très importante dans la forme de vie que nous avons embrassée.Nous allons à Dieu, par Dieu, mais avec nos frères.Dans une communauté, cette dimension est impossible à esquiver.D'ailleurs l'équilibre, la vertu parfaite, est strictement relationnelle.Ce qui caractérise une personne, c'est une autonomie parfaite dans une ouverture totale, une capacité de vivre à l'intérieur de soi et de s'ouvrir aux hommes d'aujourd'hui.La personne est à la fois possession de soi et don, autant que réciprocité.3.Qualité humaine en expérience de Dieu Les psychologues, les théologiens et les mystiques sont d'accord que l'épanouissement normal d'une affectivité adulte conditionne non seulement la qualité réelle mais l'expression et la valeur de témoignage de l'expérience de Dieu.Une authentique expérience de Dieu, de l'Absolu, suppose des dynamismes psychiques substantiellement sains.Est-ce à dire qu'il faille devenir une personne idéale pour accueillir Dieu?Non, évidemment.L'expérience de Dieu est immuable dans son essence et ses éléments constitutifs.Parce que Dieu est Amour incarné, Il peut habiter tout homme, quelles que soient sa race, sa nation ou sa langue.Dieu peut même, et II le fait, habiter des personnalités déséquilibrées, des psychismes avariés.Et l'expérience spirituelle garde sa valeur.Dieu n'a pas l'étroitesse de nos mesures.Nous n'avons qu'à penser à quelques grands saints, et plus humblement, à nous-mêmes.Il arrive même qu'une authentique expérience de Dieu puisse équilibrer ou redresser des anormalités psychologiques.Saint Jean de la Croix cite quelques faits dans la Nuit obscure.En nous référant à notre propre expérience, nous pouvons constater que Dieu présent au cœur, libère nos agressivités, tempère nos colères, abaisse la hauteur des murs de nos incompatibilités.C'est comme un vent bienveillant au-dedans de nous, le Souffle de l'Esprit.293 Toutefois, il serait téméraire de compter sur l'expérience de Dieu pour rectifier toutes nos pathologies.Dieu nous a faits libres, libres d'accueillir l'Amour créateur.Il nous appartient de devenir de plus en plus conscients de nous-mêmes, de nous garder en bonne santé physique, psychologique et spirituelle afin d'être plus vivants et plus réceptifs à l'écoute de Dieu, Père, Fils, Esprit, à la fine pointe de notre cœur.Dans un de ses sermons sur Le Cantique des Cantiques, saint Bernard recommande : « Que l'âme commence par se connaître elle-même.L'utilité et l'ordre le requièrent.L'ordre, puisque nous sommes à nous-mêmes notre premier objet.L'utilité, parce qu'une telle science n'enfle pas, mais rend humble, nous préparant ainsi à la construction de notre édifice spirituel qui ne pourra jamais tenir sinon posé sur les bases solides de l'humilité» (Sermon 36).Parfois on craint de voir ce qui se vit en soi, de sentir ses dynamismes, ses forces, ses limites.On a peur que ce ne soit pas suffisamment spirituel.On ne veut chercher que Dieu seul.Mais on oublie que pour vivre Dieu seul, il faut que notre être tout entier soit entré dans le mouvement de la recherche.Nous sommes acculés quotidiennement à nos propres limites: maladies, infirmités, défauts de caractère, déviations de nos pulsions, blocages relationnels, péché.C'est chaque jour que nous touchons du doigt notre immaturité.L'immaturité n'est pas une maladie, c'est une manière de ne pas être adulte, c'est un état d'incomplétude, c'est un manque à combler.Je suis immature lorsqu'il y a décalage entre ce qu'est ma personnalité et ce qu'elle devrait être normalement.Nous avons tous et chacun nos anormalités normales.Qui peut se dire parfaitement équilibré?Mais il reste que c'est un signe de normalité que de pouvoir nommer ses immaturités.J'en mentionne quelques-unes: comportements inadéquats, réactions inadaptées aux situations (devant une légère contrariété, réaction explosive qui trahit une accumulation de frustrations successives contenues), carence du sens de ses responsabilités ou inflation du sens de ses responsabilités (vouloir à la place des autres, porter atteinte à leur liberté responsable), manques de jugement (on se plaint rarement de son jugement, on parle beaucoup plus souvent de sa pauvre mémoire.), comportements affectifs insatisfaisants (raideur, ou au contraire accueil chaleureux mais déficient au niveau de la lucidité, 294 du jugement).La nomination à un poste d'autorité n'enlève pas les failles de la personnalité, les difficultés sexuelles, les troubles psychosomatiques.Ce n'est pas toujours le travail qui fatigue.Des relations insatisfaisantes peuvent être à la base de migraines, il peut y avoir un déplacement de l'agressivité du cœur à la tête.Nous devons devenir conscients de nos limites personnelles, cheminer dans la vérité.La vérité délivre.Si nous manquons de lucidité, nos failles de personnalité peuvent nous conduire à des impasses.Des tendances hystériques font régresser et suscitent le goût du merveilleux.La petite fille spirituelle sent le besoin de consolations illuminées, cherche le spécial de l'oraison.Aux écoutes de ses impressions, elle savoure chaque émotion, résonance charnelle de sa vie de prière.Parfois la «petite âme» souhaite une personne à laquelle elle se lie pour « mieux s'attacher à Dieu ».Et il se trouve aussi des mères spirituelles maternalisantes qui encouragent ces faiblesses.4.Évasion ou respect du réel La prière peut même devenir une évasion du réel.Il arrive que l'heure de la prière prenne le sens de : enfin, je vais être seule ! On peut alors faire ce que l'on veut sans être dérangé, sans déroger aux exigences du milieu.C'est l'évasion, l'heure de la rêverie plus ou moins inconsciente.Ce peut être aussi le moment des régressions.On suit la pente de ses instincts dominants ou refoulés, plus ou moins réprimés, la pente des souvenirs ; certaines font et défont la vie quotidienne, d'autres ruminent les petites frustations: Pourquoi n'a-t-on pas pensé à moi pour telle responsabilité.On rumine les circonstances, on se croit victime ou très vertueuse.Que de masochisme inconscient parfois dans la rencontre avec Dieu.Que de coupures malsaines entre le psychologique et le spirituel ! Tous nos mécanismes de défense aveuglent la réalité de nos demandes et des demandes du milieu.Un religieux se parle à lui-même et croit entendre la voix de Dieu.Naissent ainsi de faux mystiques, des illuminés plus ou moins antisociaux et fanatiques.Toute prière saine respecte le réel.Celui qui rêve se trouve souvent sans force et sans moyen devant les problèmes quotidiens.295 C'est la capacité de porter les conflits relationnels et les défis des situations qui font les muscles de la foi.La seule vraie prière, dit Gustave Thibon, c'est la prière qui demande Dieu à Dieu.Prier vraiment c'est laisser l'Esprit de Jésus prier en nous.«L'Esprit vient au secours de notre faiblesse car nous ne savons que demander pour prier comme il faut, mais l'Esprit Lui-même intercède pour nous en des gémissements ineffables» (Rm.8, 26).À certains moments, nous avons des prières enfantines, et c'est merveileux.Mais il nous arrive aussi peut-être d'avoir des prières infantiles et c'est moins merveilleux! La prière enfantine, c'est la prière vraie, authentique, celle de l'enfant.La prière infantile est celle qu'on trouve chez des personnes n'ayant pas l'esprit d'enfance mais qui ont conservé des mots et des gestes enfantins.Il ne s'agit aucunement ici de la véritable enfance spirituelle, complètement dégagée d'infantilisme.La prière infantile est égocentrique, retournée sur soi.Notre narcissisme inconscient oc préconscient revêt plus d'une forme plus ou moins déguisée.Qu'on songe aux dévotions qui s'attachent uniquement à des images, des objets de piété.Saint Jean de la Croix parle de «personnes chargées d'Agnus Dei, de reliques, de liste de saints, comme des enfants de leurs jouets.» Un mode de pensée demeuré infantile fait parfois dégénérer la prière en superstition.D'où l'abus de neuvaines, de formules, de pratiques, au caractère infaillible.Je précise « l'abus».Les pratiques, les images, les habitudes de prière en elles-mêmes sont bonnes, mais tout ce qui est moyen doit être sans cesse dépassé pour pénétrer au cœur de la prière.Les moyens peuvent aider à m'intérioriser, descendre en moi, à la fine pointe de mon cœur, pour au-delà, accueillir la présence de Dieu.Nous sommes souvent dupes de nous-mêmes.Nous sommes loin de cette simplicité d'enfant que loue Jésus.« Si vous ne retournez à l'état des enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux» (Mt.18, 3).Il arrive aussi que le silence, l'arrêt volontaire d'activité extérieure favorise en nous le jeu de mouvements émotifs narcissiques.Notre égocentrisme spirituel infantile rétrécit la Providence de Dieu à nos besoins.La vraie prière nous situe dans la ligne du Pater: la Volonté du Père sur nous, le plan de salut, Jésus.La 296 prière est une vie, c'est mon être tout entier ouvert à l'action de l'Esprit, conscient, engagé pour les hommes d'aujoud'hui dans une mission d'Église.Notre prière révèle ce que nous sommes: des êtres qui éprouvent beaucoup de mal à passer peu a peu de la «prière besoin» à la «prière désir».Nous prions ce que nous sommes et nous sommes des être fragiles, limités.La voie de l'oraison peut devenir le lieu de nos replis narcissiques.C'est le cas de la «prière besoin».Souvent on se parle à soi-même, de soi-même devant Dieu.Jeux de I imagination, utilisation de symboles, images, compensations affectives, projections de nos problèmes devant Dieu, démasquent nos frustrations.«Quand je vois, écrit sainte Thérèse d Avila, des personnes tellement appliquées à examiner leur oraison, et tellement encapuchonnées lorsqu'elles s'y livrent qu'elles semblent ne pas oser bouger pour ne pas en détourner la pensée, dans la crainte de perdre tant soit peu les goûts et la consolation qu'elles y trouvent, et quand je les vois s'imaginer que toute la perfection consiste en cela, je me dis quelles comprennent bien mal ce que doit être le chemin qui mène à l'oraison, à Dieu.» 5.Le poids de Dieu en nous Notre être physique et psychique est fragile.Faire l'expérience de Dieu, c'est vivre le contact du Transcendant avec le fini, le contact de la vie de Dieu avec notre vie d'homme.L'action de Dieu par les dons du Saint-Esprit est tellement dense, forte, prégnante, que notre organisme psychique tout entier en est parfois troublé.Nous sommes trop peu consistants pour porter le poids de Dieu.Un grand maître a écrit : « On n'a jamais fini d'approfondir ces simples mots de l'Apôtre Paul à ses Colossiens: "Le Christ en qui toute chose a sa consistance".» «Toute chose»; par conséquent, toute personne ne peut obtenir une certaine consistance spirituelle, une certaine vigueur d'existence, une sorte de rayonnement, que dans le Christ.Celui qui vit du Christ, celui-là acquiert une dimension de ressuscité, il devient un portefaix du divin.Il sort de sa mesure et entre dans le poids réorbitant de la Gloire que le Père réserve à son Unique, et par Lui jusqu'à nous.Cette action de Dieu par les dons du Saint-Esprit se diffuse normalement dans tout l'organisme.Je 297 cite ici un extrait de Jean-Claude Sagne, au Supplément de la Vie Spirituelle, chronique de psychologie de la religion: « Il arrive en effet que les premières touches d'Amour de l'Esprit-Saint purifiant le cœur soient reçues au prix de troubles somatiques et émois affectifs non dépourvus de retentissements dans la génitalité.Ce ne sont là que des effets secondaires.Il convient de les mettre au compte de la fatigue du corps travaillé et fouillé par la Parole de Dieu.Ces troubles indiquent simplement que la sensibilité n'est pas encore suffisamment purifiée par l'action de l'Esprit-Saint.» 6.Pathologie et action de Dieu Il appartient plus spécialement aux théologiens et aux maîtres spirituels de commenter les différentes étapes de l'expérience mystique.Mais, dans ce domaine, il existe parfois des situations pathologiques: fausses visions, délires, hallucinations, stigmates, possessions.Elles doivent être étudiées individuellement avec une réelle compétence et un authentique discernement.Je me permets de vous raconter le cas d'une religieuse qui a mobilisé les énergies de sa communauté durant un bon trois mois.Le diagnostic final décelait une résonance hystérique somatique avec déplacement dans les genoux.Les médecins avaient passé tous les examens.Elle se plaignait d'un courant froid dans les genoux et ne pouvait pas marcher.C'est un cas dépisté par hasard.Invitée par cette communauté, j'y ai passé près d'une semaine.La veille de mon arrivée, la religieuse avait été guérie subitement par la fondatrice.Elle était à la salle où se trouve un petit oratoire à la fondatrice.Subitement elle se mit à crier: «Je suis guérie, je suis guérie!» Quand on m'a raconté la chose, un aspect m'a vivement frappée: au moment de la guérison, il y avait beaucoup de monde, exactement les personnes qu'il fallait, qui devaient être «impressionnées» par la guérison.Quand les choses sont trop bien orchestrées, il faut se méfier ! On a vite dépisté qu'il ne s'agissait que d'une guérison temporaire.J'ai pu rencontrer la personne, diagnostiquer la vraie cause du mal.Après avoir été suivie durant une période de trois ans, cette personne vit normalement en communauté.Par cet exemple, je veux signaler les ressemblances parfois frappantes entres les conséquences physiques et psychologiques de l'action de Dieu et la pathologie: même état extérieur ou presque, mêmes 298 souffrances.Une différence pourtant: dans les cas pathologiques, la personne rétrograde vers une diminution de réalisation spirituelle; dans le cas de l'action divine les dynamismes de l'être habité par Dieu évoluent dans le sens de la fécondité.C'est une caractéristique importante.On peut aussi remarquer que dans le cas de l'action de Dieu, tout se fait dans la sérénité, la paix, la simplicité.7.S'appartenir pour se donner Pour vivre de Dieu, pour se donner, il faut s'appartenir.Nul ne part à la recherche de Dieu, nul ne peut s'offrir à Dieu et aimer librement, le moins inconsciemment possible, s'il ne s'appartient soi-même, s'il n'est présent à soi-même.Si la vie spirituelle est don et abandon, on ne peut y accéder qu'en se possédant.Avant de pouvoir aimer, l'enfant est aimé, avant de pouvoir connaître, il est connu.Aussi, il n'est pas de recherche du visage de Dieu qui ne porte la marque d'une éducation.Quand l'homme se met en route, d'autres l'ont précédé et lui ont parlé.C'est dans la relation à un autre, la mère, le père, les substituts, les proches, que j'apprends la présence à moi-même.Plus ma relation à l'autre et à moi s'intensifie, plus je suis vivant.La recherche de la présence au centre de soi-même est capitale pour le devenir de l'homme.Une vie entière n'est pas de trop pour mener à bien le cheminement intérieur qui conduit à une offrande, à une donation de plus en plus vraie et durable.C'est la voie vers l'accomplissement progressif de notre être, le chemin de la croissance de l'énergie psychique depuis le stade captatif (celui qui prend) jusqu'au stade oblatif (celui qui donne) qui fait de nous des hommes capables d'offrande.Nous atteignons ainsi jusqu'à la transparence humaine et spirituelle.C'est le chemin qui passe de l'homme psychique à l'homme spirituel dont parle la première lettre aux Corinthiens.Nous sommes invités à forer plus profond, à creuser au-dedans de nous pour rejoindre le centre, l'étincelle de l'âme, la réalité qui emplit tout l'être et le contient tout entier.Vivre une telle expérience c'est parvenir à ses racines où Dieu nous attend toujours.Mais pour donner quelque chose il faut d'abord le connaître, l'accepter, le posséder.Il en est ainsi de mes énergies biologiques, 299 psychiques et spirituelles, de mes forces affectives, de ma sexualité toute entière.Si je puis contenir en moi toutes les puissances de mon être, si je les nomme véritablement sans peur, si je les aime.Je puis les offrir, les donner, en faire l'oblation volontaire et joyeuse.Je puis d'une façon autonome, par choix personnel, appartenir à quelqu'un, à Dieu.Je peux assumer toute ma vie, je peux m'en charger.Si je me marie, j'accepte toutes les conséquences du choix de quelqu'un, j'assume ma vie conjugale.Si je choisis de vivre le célibat consacré, j'accepte aussi toutes les conséquences du choix de «Quelqu'un» et, dans un certain sens aussi, de «non quelqu'un».Assumer le célibat consacré, c'est trouver un certain type d'épanouissement dans des relations sexuées non possessives du fait de la distance qui demeure avec les personnes avec qui j'ai des relations.D'ailleurs, il est peut-être bon de dire qu'il est aussi difficile dans le mariage d'accepter la présence excessive d'un autre, que dans le célibat, d'assumer son absence.La réalisation de l'amour est le lieu possible d'une rencontre interpersonnelle intense ou d'un refus qui rejette toute relation.Je peux accepter d'aimer ou d'être aimé, je peux aussi refuser d'aimer ou d'être aimé.À ce niveau, au niveau de la capacité d'accueil ou de la capacité de refus, sexualité exercée et sexualité non exercée se rejoignent pour témoigner que l'homme n'est pas fait pour le temps mais pour l'éternité.Mariage et célibat consacré à cause de Jésus-Christ n'ont de sens que dans la perspective eschatologique de la non génitalité.À la résurrection en effet, on ne prend ni femme, ni mari, mais on est comme des anges dans le ciel (Mt.22, 30).Le célibat consacré assumé est un mode spécifiquement chrétien d'intégrer le sens eschatologique de la sexualité.Choisir Jésus-Christ, non contre un amour, mais pour un amour, pour le Sien.Nous sommes dans une perspective de foi et non dans un sacré mystérieux et irrationnel.8.Dans la foi et la joie Montrer qu'on a choisi Jésus-Christ pour son Amour dans la foi et la joie.«Joyeusement, j'ai tout donné.» Montrer Dieu aux hommes d'aujourd'hui, Le montrer d'une façon lisible.Pourquoi n'y 300 aurait-il pas davantage dans les monastères, des femmes qui auraient le poids de Dieu, des femmes dont le ministère consisterait à indiquer la voie, à discerner le chemin de Dieu, tout en respectant le chemin de l'autre.S'il y avait de plus en plus dans les monastères, dans la vie des laïcs consacrés, dans la vie de tout chrétien, cette conscience du frère ou de la sœur qui est près de soi, pour lequel on vit à cause de Jésus-Christ, le Nom du Père par l'Esprit de Jésus serait plus connu et mieux aimé.Mais nous sommes des hommes, nous ne sommes que des hommes.Qu'il nous est difficile d'être dépouillés, nus devant Dieu.Nous nous présentons toujours vêtus devant Lui, vêtus de nos représentations, de nos images, de nos prières, de nos justifications et de nos complexités.Nos forces psychiques sont très limitées.Les mouches elles-mêmes ont le dessus sur nous.«La puissance des mouches, a dit Pascal, gagne des batailles, empêche notre âme d'agir, mange notre corps.» Une activité intense, ne serait-ce qu'un éternuement absorbe toutes les fonctions de notre âme.Que nous sommes petits! On peut facilement intuitionner le vide immense de toutes nos facultés quand l'intensité de la lumière obscure de Dieu est infusée dans notre âme.«Cette obscure nuit de contemplation absorbe et imbibe l'âme en soi », écrit saint Jean de la Croix dans la Nuit obscure.«La lumière surnaturelle est tellement puissante, poursuit-il, que non seulement elle excède l'âme, mais aussi l'obscurcit et la prive de l'acte de l'intelligence naturelle.» Après la nuit, après les longs silences, nous prenons un peu conscience de ce que nous avons vécu.«On vit en avant et on comprend en arrière» disait Kierkegaard.La rencontre authentique et sincère de Dieu est toujours la disparition de toutes nos références antérieures sur Dieu.Le chemin du Tout passe par le rien.Nos images habituelles sont écartées.Comme Élie à l'Horeb, tout ce qui défile devant nous se révèle vide de ce Dieu qu'on avait cru connaître, et peu à peu l'Esprit ceint nos reins de vérité.Les reins sont une partie importante de notre constitution anatomique, psychologique et spirituelle.Les reins sont la jointure de l'être, le lieu où se déroule, dans le secret, l'histoire souterraine où l'Esprit agit.Les reins sont la jointure entre l'Esprit et le charnel.Il serait bon de reprendre dans la Bible les expressions où il est question 301 des reins.Ne pensez qu'à Jacob, lorsqu'il a rencontré Dieu, il a été blessé à l'emboîture de la hanche, à la jointure de l'Esprit et du charnel, là où Dieu nous travaille.Dieu, Père, Fils, Esprit, nous rend capables de L'accueillir.C'est la prière instante de Paul : « Que vous receviez la force de l'Esprit pour comprendre ce qu'est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur de l'Amour» (Éph.3, 18).Mais tout ce que nous exprimons de l'expérience de Dieu nous est fourni par la foi, et c'est la foi qui nous donne l'étoffe de l'expérience de Dieu, une foi chrétienne au Dieu Trinité, une foi dans et par l'Église, alimentée à la source des sacrements, l'Eucharistie, cette oblation-qui-dure-toujours-au-Cœur-du-Christ.C'est le quotidien de nos vies qui est le lieu de croissance de notre foi.Elle grandit avec le passé que nous traînons inévitablement, et l'avenir que nous préparons, où Dieu nous précède: «C'est dans tes pas que je chemine avec toi » (Is.48, 17).Lorsqu'on chemine, il n'y a pas de chemin, c'est dans le cheminer que se fait le chemin.Notre foi s'accomplit donc dans le dépouillement de nous-mêmes, dans le mourir à nous-mêmes.Seule la vérité de notre quête de Dieu, la constance de notre regard tourné vers Lui font de nous des témoins de la vérité, même si nous balbutions pour l'exprimer.Moïse demeura quarante jours et quarante nuits avec Yahvé sur la montagne.Il ne savait pas que la peau de son visage rayonnait à la suite de son entretien avec Yahvé.Et saint Paul nous redit: «Le Seigneur est l'Esprit, et là où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté.Et nous tous qui le visage dévoilé reflétons la Gloire du Seigneur, nous sommes métamorphosés en cette ressemblance, de gloire en gloire, par le Seigneur qui est Esprit» (2 Co.3, 1 7-18).C'est ce même Esprit, l'Esprit de Jésus, Fils Unique du Père, qui nous fait murmurer dans nos espaces contemplatifs: «Très Haut, Tout-Puissant, Bon Seigneur, à Toi les louanges, la gloire et l'honneur et toute bénédiction.À Toi seul Très-Haut, ils conviennent, et nul homme n'est digne de te nommer!» 302 Renaissance spirituelle chez les femmes Monique Dumais, o.s.u.* Nous fêtons cette année le quatrième centenaire de la mort de Thérèse d'Avila reconnue comme une grande mystique dans le monde chrétien.Des femmes, en particulier des groupes de féministes, ont célébré cet anniversaire, car elles trouvent en cette sainte une femme qui s'est complètement réalisée comme femme.Mary Giles, dans une toute récente publication, a montré avec une intensité enthousiaste comment Catherine de Sienne et Thérèse d'Avila ont été des femmes très vivantes, amoureuses et créatrices1.Il est intéressant de remarquer qu'une redécouverte du monde mystique, de la spiritualité, est en pleine effervescence chez les femmes qui s'affirment comme féministes.Cette redécouverte, cependant, ne veut pas être de simples retrouvailles, une répétition améliorée, adaptée d'une tradition qui demeure bel et bien dénoncée comme patriarcale, mais elle est plutôt une saisie de tout un potentiel spirituel qui n'a pas été encore exploité, qui recèle des beautés à exprimer, à toucher, à vivre.Sortir du silence En effet, la tradition chrétienne a été véhiculée, transmise à travers les rationalisations, les homélies, les traités de morale faits uniquement par les hommes, à l'exception des témoignages et écrits mystiques de quelques femmes reconnues comme saintes * 66 Notre-Dame est, Rimouski G5L 1Z6.1.Mary Giles, éd„ The Feminist Mystic and Other Essays on Women and Spirituality.New York, Crossroad, 1982, p.30.Mon séjour à Cambridge, Mass., à Toccasion d'un congé sabbatique de TUQAR, me permet de puiser abondamment dans les publications américaines.303 ou bienheureuses par l'Église.La majorité des femmes doivent faire pleinement confiance à l'intelligence, à la sensibilité mâles, sans que leurs propres capacités intellectuelles, affectives, spirituelles puissent contribuer à exprimer leur propre vécu de foi.Certaines femmes, éveillées à leur propre condition de femme dans le monde contemporain, découvrent que les expressions religieuses leur ont été communiquées dans des catégories mâles qui se prétendent universelles, c'est-à-dire pouvant traduire à la fois les expériences des hommes et des femmes.Pourtant elles constatent que toute une re-connaissance des femmes dans la Bible et dans la vie de l'Église n'a pas été déployée, qu'au contraire beaucoup de situations impliquant des femmes n'ont pas été retenues, qu'elles ont été passées sous silence, donc perdues.Des spécialistes s'efforcent actuellement de recoller les morceaux, de trouver les pièces manquantes.Ainsi Elisabeth Shussler Fiorenza a mené une étude passionnante sur le leadership des femmes dans l'Église des premiers siècles, dans cette Église qui doit être perçue comme «un mouvement égalitaire, contreculturel, ayant plusieurs facettes2.» D'autres femmes tentent de relire l'Évangile avec leurs propres yeux, à travers toutes les expériences spécifiques, et non à travers les extrapolations et les projections masculines.Elles saisissent qu'il faut faire disparaître la dichotomie corps/esprit, où le monde de l'esprit a voulu faire taire le corps, créer une césure avec l'irruption de la sexualité dans nos vies, conséquemment garder à distance les femmes définies comme les personnes du sexe.Alors que Jésus n'a pas eu peur de parler à la Samaritaine, de guérir la femme hémorroïsse, de redresser la femme courbée, un jour de sabbat de plus.Et si nous allons dans l'Ancien Testament, le Cantique des Cantiques se présente comme l'expression débordante d'une relation amoureuse bien incarnée, que les mystiques ont généralement commentée, non sans avoir subi auparavant l'exaltation de leurs sens.Marie de l'Incarnation raconte dans son 2.Elisabeth Schüssler Fiorenza, « Word, Spirit and Power : Women in Early Christian Communities», in Rosemary Ruether & Eleanor McLaughlin eds.Women of Spirit, Female Leadership in the Jewish and Christian Traditions.New York, Simon and Schuster, 1979.pp.30-70.304 Témoignage qu'elle perdit conscience de ce qui se passait autour d'elle, quand elle commença à lire devant ses novices la première phrase du Cantique : « Qu'il me baise des baisers de sa bouche.» (Ct 1,1).Dévoiler nos expériences de femmes C'est à partir de sa propre expérience de femme, de mère et d'épouse qu'Andrée Pilon Quiviger veut saisir la profondeur de sa foi chrétienne.Les expériences de la relation amoureuse, de la maternité l'ont mise en contact avec le divin.Elle nous livre avec émerveillement la présence du divin qu'elle a expérimentée pendant la grossesse.La gestation rivée à son ventre met la femme au monde de la vie cosmique.Elle la cheville à la globalité de l'univers.Le sens de la femme faufile les tissus de l'être.La grossesse serait-elle la plus prodigieuse expérience du divin ?La femme porteuse fait se rejoindre transcendance et immanence.La Parole enchâssée dans le Livre prend la vigueur d'une révélation vivante.Dieu se dit là où le verbe se fait chair.La femme participe aux médiations charnelles de Celui qui est3.De telles expressions audacieuses d'une révélation du divin à travers un vécu de femmes sont rares, mais elles sont nécessaires pour faire saisir ce que les femmes peuvent apporter dans la compréhension à la fois intellectuelle et viscérale de la foi en la Parole de Dieu.Cette Parole qui s'est d'abord faite chair, à travers la chair de Marie, la mère de Jésus.La réalité spirituelle s'inscrit dans le monde des réalités tangibles.Le vécu des femmes demeure encore à l'état d'expérience dans le sens d'une découverte d'un vécu in-connu4, d'une naissance à ce qui est gardé à l'état de non-né.Les femmes ne trouvent pas encore beaucoup d'espace pour intégrer les différentes étapes de 3.Andrée Pilon Quiviger, L'Eden éclaté.Montréal, Léméac, 1981, p.60.4 Dietmar Mieth, « Vers une définition du concept d'"expérience": qu'est-ce que l’expérience ?» Concilium 133 (1978), pp.57-59.305 leur croissance physiologique, psychologique dans leur vécu de foi.Si on parle beaucoup de la maternité dans nos églises, nos livres de spiritualité, on n'ose pas aborder les sujets de la menstruation, de la ménopause qui sont encore des tabous5, comme si ce n'était pas des réalités voulues par Dieu.La réappropriation du corps, c'est-à-dire cette acceptation de notre dimension physique, charnelle, après des périodes sociales de négation et de refus, n'a pas encore traversé la plupart de nos liturgies qui préfèrent se maintenir dans le monde des abstractions.Les différentes situations de la vie des femmes méritent aussi d'être reconnues, saisies dans leur densité spirituelle.Vie communautaire, vie célibataire, femme séparée, femme divorcée, veuve, mère célibataire, femme vivant en couple, sont autant de manières de se réaliser comme femmes, et qui comportent chacune leur dynamisme, leur recherche et leur actualisation d'une signification religieuse.Je connais une jeune mère célibataire, qui a deux enfants, qui doit lutter pour son pain quotidien, pour un environnement sain pour ses enfants, pour une acceptation sociale de sa situation.Toutes les peines, les difficultés, avec une part de joie, qu'elle a dû traverser et qu'elle rencontre encore, ont nécessité un approfondissement de sa condition de femme, de sa compréhension de la foi, accrû sa solidarité particulièrement avec de jeunes femmes qui vivent des difficultés similaires.Sa vie de femme et sa vie de foi ne sont pas deux réalités juxtaposées, elles ont été engendrées mutuellement à travers un périple rempli d'obstacles, de préjugés.Son intégration humaine et spirituelle est très signifiante pour moi.Prier Dieu-femme Nous ne cessons de prier Dieu notre père, et pourtant Dieu est aussi une mère, il est aussi une femme.Une mystique du Moyen Âge, Julienne de Norwich considérait Dieu «réellement comme 5.Une théologienne, Penelope Washbourn, a écrit un livre très inspirant sur les différentes phases de la vie d'une femme, Becoming Woman.New York, Harper and Row, 1976.306 notre Mère comme II est notre Père6».À travers les pages de la Bible, nous trouvons les images, les métaphores du sein de la mère, du travail de l'enfantement, par lesquelles Dieu révèle sa compassion, sa tendresse pour ses enfants7.Ainsi le passage d'Isaïe 66, 9-13 rappelle de façon émouvante tout le souci que Yahvé donne à Sion.Ouvrirais-je le sein pour ne pas faire naître?dit Yahvé.Ou bien, moi qui fais naître, le fermerai-je?dit ton Dieu.Réjouis-toi, Jésuralem, jubilez à cause d'elle, vous tous qui l'aimez! Soyez remplis d'allégresse à cause d'elle, vous tous qui portiez son deuil! Afin que vous soyez allaités et rassasiés par son sein de consolation, afin que vous savouriez avec délices sa mamelle de gloire.Car ainsi parle Yahvé: Je vais faire couler vers elle la paix comme un fleuve, et comme un torrent débordant la gloire des nations.Ses nourrissons seront portés sur les bras et caressés sur les genoux.Comme un fils que sa mère console, moi aussi je vous consolerai (Par Jérusalem vous serez consolés) 6.Julian of Norwich, Revelation of Divine Love.Baltimore, Clifton Wolters, 1974, chap.59, p.167.7.Phyiis Trible a montré dans une étude très poussée de critique littéraire de la Bible, God and the Rhetoric of Sexuality.Philadelphia, Fortress Press, 1978, les images féminines de Dieu.307 D'autres allusions à la fonction maternelle de Dieu se trouvent dans Deut 32, 18 : «Tu oublies le Rocher qui t'a mis au monde, Tu ne te souviens plus du Dieu qui t'a engendré!» Job 38, 28-29: «La pluie a-t-elle un père qui engendre la rosée?Quelles entrailles produisent la glace et donnent naissance à la gelée du ciel?» Ps.22, 19-10: «C'est toi qui m'as tiré du ventre, confié aux mamelles de ma mère sur toi je fus jeté au sortir des entrailles.dès le ventre de ma mère, mon Dieu c'est toi.» D'autres passages bibliques pourraient être signalés pour appuyer cette représentation de Dieu comme une femme et particulièrement comme une mère.Il est facile de remarquer que cette vision de Dieu au féminin n'a pas été retenue par le courant majeur d'une tradition valorisant surtout les hommes.Le fait que Jésus ait surtout parlé de son Père a sûrement renforcé la tendance patriarcale, mais a-t-il voulu signifier par là qu'il excluait toute maternité en Dieu?Le Prologue de l'Évangile selon saint Jean nous propulse dans ce Dieu qui engendre, par qui tout est créé et de qui toute plénitude vient (Jean 1, 1-18).En soulignant la nécessité de voir Dieu aussi comme une mère, je n'irai pas jusqu'à recommander le culte de la Grande Déesse qui est remis en vigueur dans certains groupes de féministes8, à travers une revitalisation d'un courant de sorcellerie.8.Charlene Spretnak, ed.The Politics of Women's Spirituality.Essays on the rise of spiritual power within the feminist movement.New York, Anchor Press/ Doubleday, 1982.308 Le retour à la nature entraîne la résurgence de la religion de la Déesse, une perception de la divinité uniquement appréhendée dans son immanence, «à travers la lune, les étoiles, l'océan, la terre, à travers les arbres, les animaux, à travers les êtres humains, à travers nous-mêmes9.» Relire la Bible au féminin Quelle est la femme qui, si elle a dix drachmes et vient à en perdre une, n'allume la lampe, ne balaie la maison et ne cherche avec soin, jusqu'à ce qu'elle l'ait retrouvée?Et quand elle l'a retrouvée, elle assemble amies et voisines et leur dit : «Réjouissez-vous avec moi, car je l'ai retrouvée la drachme que j'avais perdue!» Luc 15, 8-9.Les femmes doivent se remettre à l'ouvrage pour retrouver la richesse perdue de leur héritage féminin qui se trouve cachée dans la Bible.Cette découverte sera comme un levain puissant dans la pâte de leurs recherches.Il dit encore: «À qui puis-je comparer le Royaume de Dieu?Il est semblable à du levain qu'une femme a pris et enfoui dans trois mesures de farine, jusqu'à ce que le tout ait levé.» Luc 13, 20-21.Une relecture de la Bible avec une attention légitime à la condition des femmes permet de découvrir des richesses non exploitées, non utilisées.D'abord nous trouvons dans l'Ancien Testament un grand nombre de femmes ayant joué des rôles divers dans le plan de Salut: Ève, la première femme et mère, les femmes stériles rendues fécondes, Sara, Rachel, Anna, les servantes Agar, Bilha, Zilpa, la liturgiste Miriam, la femme juge Déborah, la prophétesse Houlda, la bien-aimée du Cantique des Cantiques, les femmes publiques Esther et Judith, pour ne citer que les plus connues.Le Nouveau Testament nous présente plusieurs femmes: la mère de Jésus, Marie, ses amies Marthe et Marie, la belle-mère de Pierre, la Samaritaine, la femme adultère, l'amoureuse repentante Marie-Madeleine, la femme courbée, l'hémorroïsse, la fille de Jaïre, la 9.Starhawk (nom originel : Miriam Simos), The Spiral Dance.New York, Harper & Row, 1979, pp.77-78.309 veuve, la Cananéenne, les collaboratrices de saint Paul, la diaconesse Phoebée et quelques autres10.À travers nos expériences de femmes d'aujourd'hui, nous pouvons lire la Bible et saisir des sens nouveaux très stimulants pour la conjoncture où nous sommes actuellement.L'épisode de la femme courbée (Luc 13, 10-17) est un de ces passages qui permet une interprétation vitalisante pour nos luttes en faveur d'une justice sociale pour les femmes.Jésus redonne la position droite à cette femme qui a été courbée pendant dix-huit ans, qui, durant cette période, n'a vu l'univers que dans cette position prostrée, accablante: «elle ne pouvait absolument pas se redresser» (v.11).L'évangéliste saint Luc nous parle surtout de l'infirmité physique de cette femme, mais nous pouvons extrapoler aujourd'hui et inclure l'écrasement psychologique, social des femmes qui subissent le fardeau de la discrimination, de la non-reconnaissance de leur dignité d'être humain, le poids de la pauvreté, la destruction par l'exploitation sexuelle.Jésus veut sûrement redonner aux femmes la posture d'une pleine verticalité, où elles peuvent regarder directement leurs soeurs et leurs frères de la communauté humaine et rendre gloire à Dieu (v.17).Il est à noter que Jésus n'opère pas ce changement d'attitude dans le secret, mais qu'il attire au contraire l'attention sur lui, puisqu'il accomplit cette guérison un jour de sabbat.Le chef de la synagogue, esclave de la loi, lui reproche d'avoir travaillé ce jour-là.Jésus rétorque que le besoin de cette femme était urgent et ne devait pas être empêché par des limites légales.Jésus nous fait saisir dans cet événement que ce n'est pas la loi qui a priorité sur ses actes, mais le besoin des êtres humains, en l'occurrence ici la libération d'une femme et nous comprenons qu'il pourrait bien l'opérer pour toutes les femmes limitées dans leur devenir par tous les impératifs sociaux.10.Quelques bonnes études ont été faites par des femmes sur la présence des femmes dans la Bible : Annie J aubert, Les femmes dans l'Écriture, Supplément à Vie chrétienne, n° 219 (mars 1979); France Quêré, Les femmes de l'Évangile.Paris, Cerf, 1982: Gertrude Giroux, Paroles de femmes.Paroles de Dieu, un Carnet biblique, 2e série publié par SOCABI, Montréal, 1981.310 Utiliser un langage inclusif Nous prions actuellement presque uniquement au masculin, avec la présomption que le genre masculin suffit pour traduire toute la réalité humaine bisexuelle.Dans un monde régi par les hommes, il était aisé d'accepter que le genre masculin fût neutre et qu'il embrassât les deux sexes.À notre époque où les rôles des hommes et des femmes changent et veulent s'établir sur une base d'égalité, de partenariat, il apparaît nécessaire de l'exprimer dans le langage.Les mots reflètent le contexte social dans lequel nous vivons ; par les mots nous voulons aussi marquer des changements d'attitudes.Par exemple, dans les communautés, même si la plupart des constitutions ont gardé le terme «supérieur» ou «supérieure», nous utilisons d'autres termes tels que «responsable» ou «animateur», «animatrice» parce que de fait notre conception de l'obéissance a changé et qu'elle s'établit davantage aujourd'hui sur une base de participation, de coresponsabilité.Il faut avouer que dans cette évolution, nous ne semblons pas avoir trouvé l'appellation qui conviendrait le mieux à ce que nous vivons en communauté.Ainsi, dans cette recherche d'égalité et d'autonomie des femmes, nous voulons être spécifiquement nommées, pour être sûres que nous sommes partie prenante dans cette marche du Peuple de Dieu, car nous avons des indices que nous sommes habituellement laissées pour compte dans une hiérarchie masculine, que notre parole n'a pas ou a peu d'importance dans les prises de décision ecclésiales.Il apparaît aussi important que dans nos communautés religieuses féminines, nous puissions prier pour nous au féminin, et non uniquement au masculin.L'édition de Prière du Temps présent de 1980, tout à fait enrichie par de nouvelles prières et des hymnes splendides continue de nous offrir qu'une alternative masculine à la piété des femmes.Par exemple, devrais-je réciter sans sourciller, le lundi matin 1, dans la louange et la prière d'intercession : « tu nous a donné des frères à aimer», et aussi «des sœurs», ai-je le besoin d’ajouter.Le soir du même jour, l'intercession nous invite en ces termes : « Supplions le Christ, qui appelle tous les hommes à la joie du salut», je modifie par «les êtres humains». Des efforts ont été faits pour déployer un langage inclusif, apte à différencier du langage exclusif, uniquement masculin.Le«Prions en Église», distribué par Novalis se montre attentif à traduire la dimension bisexuelle de l'humanité; l'Église Unie du Canada a produit un guide pour un langage inclusif11.Il ne s'agit pas seulement d'une mode passagère, d'une vague féministe qui finira par s'échouer sur quelque rive prochaine ou lointaine.Notre compréhension de l'humanité dans sa double création masculine et féminine doit être manifestée autant dans nos attitudes que dans notre langage.Créer une tradition de femmes Cette renaissance en vue d'une spiritualité signifiante et significative des expériences et de l'intégration des femmes demeure à côté de l'initiative des femmes.Il nous appartient de travailler de façon consistante et solidaire pour que l'expression spirituelle des femmes trouve toute sa place dans notre tradition chrétienne.Nous sommes déjà héritières d'importants legs par nos sœurs nous ayant précédées dans l'histoire, qui ont été cachés sous le boisseau et devraient maintenant illuminer notre milieu humain et notre témoignage chrétien.Il nous revient d'assumer et d'assurer notre tradition de femmes, de la contempler dans notre méditation, de l'exprimer dans nos prières, de la célébrer dans des rituels.Toute cette procession des femmes dans la Bible, des mystiques, des religieuses, des fondatrices de communautés, de mères de famille, de femmes martyres, de femmes battues, de prostituées, de célibataires, nous entoure et habite nos esprits.C'est ensemble que les femmes doivent se donner la parole, la main et le courage pour que chantent dans la vie chrétienne toute la beauté, l'ampleur et l'énergie de nos ressources et de notre joie humaine.11.Guidelines for Inclusive Language, prepared by the interdivisional task force on the changing roles of women and men in Church and society, as approved by the General Council Executive of the United Church of Canada, November 1981, 28 p.312 Je termine par une prière qui illustrera ce que j'ai voulu exprimer dans cet écrit.À partir des récits évangéliques de la résurrection de Jésus, j'ai pris conscience que ce sont les femmes qui ont été les premières à découvrir le tombeau vide et à trouver Jésus vivant, que ce sont elles qui sont allées annoncer la nouvelle aux disciples apeurés qui ne les crurent pas et pensèrent que leurs propos n'étaient que «pur radotage» (Luc 24, 11 ).Et pourtant nous savons que la tradition a retenu les apôtres comme témoins officiels de cet événement central du christianisme.Il appartient de rendre aux femmes ce qui leur revient.Le premier alléluia, celui des femmes Nous te cherchions dans un tombeau pour t'embaumer de nos aromates Mais tu n'étais pas là.Nous avions déjà oublié que tu avais dit que tu es la vie que tu triomphes toujours de la mort.Tu étais, Seigneur, sur notre route parmi les vivants et les vivantes.Alléluia ! Ton salut nous a transportées de joie et toutes vibrantes, nous sommes allées, les premières annoncer à nos frères et à nos soeurs que tu es toujours là parmi nous.313 Alléluia ! Que la puissance de ta résurrection (Ph.3, 10) nous envahisse et ne nous fasse jamais craindre d'aller t'annoncer les premières sur la route de grand matin Marie, Marie-Madeleine, Marie12 12.Cette prière a été publiée dans L'autre Parole, n° 15 (juin 1981), p.3.On peut s'abonner à cette publication en s'adressant à : L'autre Parole a/s Marie-Andrée Roy, C.P.393, Suce.«C», Montréal H2L 4K3.($4.00 pour un an).314 Parlons d'espérance* Benoît Lacroix, o.p.** Parlons d'espérance comme d'autres parlent de joie et d'amour.Espérer, c'est miser sur l'avenir, c'est anticiper, en un sens c'est risquer sa vie; dans la ténacité, le courage et la force; c'est aussi aimer le défi, c'est savoir se dépayser pour vouloir se dépasser.On espère quand on croit en l'avenir et qu'on l'aime.Ce soir, Diane, vous inaugurez une nouvelle étape de votre vie en compagnie du vieil Abraham sortant de ses habitudes et du jeune Jésus quittant Nazareth pour aller dire le Royaume à qui voudra l'écouter.Au carrefour d'une route déjà sanctifiée par le long «carême du noviciat», vous attendez encore quelque chose de la vie, de votre famille, de vos amis, de votre communauté, de I Église tout entière, de Jésus, Dieu avec nous.Votre espérance est un défi pour vous et pour nous! Cette espérance nous interroge.D'abord, parce qu'elle ne peut s'appuyer fondamentalement que sur une Foi amoureuse.Ensuite, parce qu'elle arrive à un moment incertain de la vie des communautés religieuses, si prestigieuses soient-elles.Considérons le contexte dans lequel s'inscrit votre engagement.Vous êtes ici un peu comme une cadette au milieu d'une majorité d'aînées.Humainement parlant, c'est téméraire: vous risquez votre vie à un moment où beaucoup l'achèvent.Vous partez dans la solitude de l'imprévisible et l'incertitude de l'avenir.Telle est l'espérance dont nous vous félicitons: vraie espérance, celle * Homélie donnée à l'occasion de l'engagement temporaire de Diane L., chez les Soeurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception, 314, Côte-Ste-Catherine, Montréal.** 2715.Chemin Côte Ste-Catherine, Montréal, Qué.H3T 1B6.315 qui ose, qui fonce et qui risque le tout pour le tout; celle qui accroche sa route à une étoile et sa vie à la foi.Ce pas en avant, ce n'est ni l'âge ni les oeuvres qui peuvent vous le permettre.Les lectures de votre choix nous rappellent que seule une grande confiance en Dieu peut vous conduire à tout risquer, à perdre votre vie pour la gagner, dirait Jésus.Il n'y a que la foi pour accepter et expliquer les risques que vous prenez ce soir.De même qu'Abraham septuagénaire, certain que Dieu sera fidèle à ses promesses, est parti dans la foi vers un pays inconnu, ainsi maintenant, quelqu'un peut partir en pleine lucidité parce que Dieu est fidèle.Dieu ne lâche pas, éternel est son amour.Ce Dieu, votre Dieu, notre Dieu, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob est un Dieu vivant, un Dieu amoureux de l'humanité, un Dieu altruiste et, en son style, essentiellement missionnaire.Jamais il ne laisse tomber les siens.C'est lui qui nous a aimés le premier, choisis et précédés dans l'amour.Il est le Dieu de la durée, le Dieu de la fidélité, le Dieu qui tient parole et promesse.Pourquoi Dieu tient-il parole?Parce que la cause qui le motive est l'amour, exactement la même cause qui conditionne votre engagement de ce soir: l'amour.Abraham avait pressenti cela.Jésus, votre ami, aux abords de la trentaine, a risqué sa vie certain d'une chose : la fidélité du Père, celui dont il est dit qu'il est Amour.Eh oui! seul l'amour compte, lui seul assure la durée.Précédée par Dieu, comme le vieil Abraham, à l'horizon de vos pensées, Jésus étant avec vous, vous pouvez en toute lucidité et confiance vous engager, signer l'acte public de votre espérance: «.car rien n'est impossible à Dieu.Tout est possible à celui qui croit».Avec vous, Diane, nous croyons que vous ne serez pas déçue : au bout des sentiers de toute espérance, il y a toujours une terre promise, comme au bout de toute vie, il y a une porte entrouverte à la Maison du Père.316 TABLES DE L'ANNÉE 1982 1.Auteurs et articles BAILLARGEON, Constantin, o.f.m., Déstabilisation sociale et «territoires» religieux.226 BOISVERT, Laurent, o.f.m., Pauvres à cause de Dieu et des malheureux.1 30 et 162 BOLDUC, Jacques, o.s.b.Vers la contemplation.155 COMMISSION DE FORMATION O.F.M.Cap., La formation des jeunes religieux 241 CUNNINGHAM, Agnes, s.s.c.m., La révision des constitutions.et quoi après?.46 DELHOUGNE, Henri, o.s.b., Prier avec l'Église.23 DUMAIS, Monique, o.s.u.Renaissance spirituelle chez les femmes.303 DUMOUCHEL, Claire, s.c.i.m.L'expérience de Dieu chez la femme consacrée.290 GALOT, Jean, s.j., Agir en consacré.273 HOGAN, William F., c.s.c.Le partage spirituel.53 Les Frères dans l'Église.250 LACELLE, Élisabeth J., L’engagement des femmes pour une humanité nouvelle selon l'Évangile.66 LACROIX, Benoît, o.p., Parlons d'espérance.315 LAPLACE, Jean, s.j.Vie spirituelle et Eucharistie .34 LEWIS, Jacques, s.j., Spiritualité du discernement___ 2 PARENTEAU, André, f.i.c.Baptême et vie religieuse.186 PERTUISET, Dorothy, Les religieuses et la condition féminine: des femmes pour accompagner les femmes.125 QUESNEL, Roger, La prière de Marie.1 72 et 209 RICHARD, Fernande, c.n.d., Les femmes en transition .145 ROY, Louis, o.p., À quelles conditions le célibat évangélique favorise-t-il l'authenticité ?.98 SANTANER, M.-Abdon, o.f.m.cap., Quel avenir pour la vie religieuse?.194 et 258 VEILLEUX, Armand, o.c.s.o., La malédiction de la pauvreté et la béatitude du pauvre.116 VOILLAUME, René, L’importance de la contemplation 83 2.Sujets Authenticité: et célibat: 98 et 108 317 Baptême: et vie religieuse: 186; consécration: 273 Bible : à relire au féminin : 309 Célibat: conditions d'authenticité : 98; contexte psycho-socio-religieux du problème: 99; et insertion sociale: 100; possibilité: 102; exigences excessives ?: 102 et 109 ; et prudence : 103 ; et exercice de la sexualité : 103 ; et maturité: 105; et compensations: 108; et révision des interdits: 110; et amitié vraie: 110; et fécondité sociale: 110; et expérience religieuse : 112; école de communication et de connaissance de soi : 113 ; et abandon total à Dieu : 114; exemple de Jésus, de Marie et d'autres témoins: 115 Chair: réalité de notre condition terrestre: 37; le Verbe fait chair: 37; don de la chair et condition terrestre : 41 Chasteté: en crise: 101; et prière: 102 Chrétien : existence chrétienne, témoin d'une humanité vivante: 78 Christianisme: et religion: 92 Cité: besoin des contemplatifs: 86 Cœur: conversion et contemplation: 155 Communauté: et renoncement à la famille: 278; une nouvelle famille: 278 Consécration : agir en consacré : 273 ; religieuse, distincte de la baptismale : 273; ses engagements: 276; et les vœux traditionnels : 276 ; et vie commune: 278; et engagement envers l'Église: 279; prise de possession par le Christ: 282; et engagement dans le monde: 284; expérience de Dieu chez la femme consacrée : 290 Constitutions: révision: 46; une nouvelle période: 46; un plan simple: 47; l'interpellation personnelle et théologique: 49; le but visé: 51 Contemplation: importance: 83; mission prophétique: 83; contemplatifs dans la Cité: 86; témoignage nécessaire : 87; et science : 89 ; et foi : 89 ; et résurrection: 91; et monde des esprits: 91 et religion : 92; et eucharistie : 93; et conversion du cœur: 155; dispositions: 157; et qualité humaine: 293; et liberté: 292 Déstabilisation: sociale et «territoires» religieux: 226 Dieu : pauvres à cause de : 130, 1 62 ; et pauvreté: 138, 139; monde sans Dieu: 195; expérience de Dieu chez la femme consacrée : 290 ; expérience incommunicable: 290; et personne libre: 292; qualité humaine et expérience de Dieu: 293; expérience de Dieu et respect du réel: 295; son poids en nous: 297; et pathologie: 298; Dieu-femme: 306; sa fidélité: 316 Discernement: et spiritualité: 2; présupposés fondamentaux : 3 ; urgence : 7 ; nature : 10; un esprit de sagesse : 11 ; et souffle de l'Esprit: 15; conditions: 17; ses avantages: 21 Église : prier avec : 23 ; et les « Frères » : 250; et vie religieuse : 265; au milieu du monde: 265 Engagement: des femmes pour une humanité nouvelle selon l'Évangile: 66 Environnement: et vie religieuse: 260 Espérance: aspects divers.315 Eucharistie : et vie spirituelle : 34 ; et le don de la chair: 37, 39; et contemplation : 93 318 Expérience: de Dieu chez la femme consacrée: 290 Fécondité: sociale et célibat: 110 Femme: son engagement pour une humanité nouvelle selon l'Évangile: 66; figures féminines de l'humanité dans l'Apoc.: 69; eschatologique : 71 ; en situation historique actuelle: 75; en situation historique de non-vivante : 75; et la situation historique actuelle : 75 ; et la religieuse : 1 25 ; et ses détresses: 125; en transition: 145; exigences envers la femme en transition: 152; expérience de Dieu chez la femme consacrée: 290; et renaissance spirituelle: 303; doit sortir du silence : 303 ; exprimée dans des catégories mâles : 303 et 304 ; dévoiler ses expériences: 305; Dieu-femme: 306; et décisions ecclésiales: 311; créer une tradition de femmes: 312 Foi: et contemplation : 89; et science : 89; et joie : 300 Formation: des jeunes religieux: 241 ; commission de formation: 241 ; objectif: 242; chez les Capucins: 242; à la vie religieuse dans notre monde : 246; permanente: 247 Fraternité: formation à la vie fraternelle: 244 Frères: dans l'Église: 250; des laïcs: 250; leur témoignage par les vœux: 252; leur présence parmi les laïcs: 252; source de fécondité dans l'Église : 253; au service de l'Église: 254 Heures: leur résurrection: 24; prédilection de l'Église: 27; et prière du Christ : 27 ; et construction du peuple de Dieu: 28; et présence réelle du Christ: 28 Humanité: nouvelle par engagement des femmes: 66; des non-vivants sous la figure de la grande prostituée : 69; des vivants sous la figure de la femme eschatologique : 71 ; existence chrétienne, témoin d'une humanité vivante : 78 Jésus: et la pauvreté: 117 Joie : et foi : 300 Malheureux: pauvres à cause des: 130, 162; leur priorité: 141 ; option préférentielle: 162; option pour eux suppose formation : 1 66 ; option pour eux suppose mystère de mort et de vie: 169 Marie : modèle de la femme : 81 ; icône de l'Église: 81 ; sa prière: 172; son éducation à la prière: 174; ses pratiques de prière : 175 ; femme pieuse : 177; attitude foncièrement priante : 178; comblée de grâce: 179; mère de Jésus : 183 ; ses prières explicites : 209; sa prière après l'Ascension: 212; et le Magnificat: 215 Paganisation: et vie religieuse: 100; et célibat: 100; et prière: 102 Partage spirituel: réalité.53; et vie commune: 53; perception réaliste: 54; seul et avec d'autres : 55; importance : 57 Pauvreté : sa malédiction et la béatitude du pauvre : 11 6 ; comme conséquence du péché : 116 ; et richesse : 117 ; sa malédiction assumée par Jésus : 117 ; assumée librement à la suite du Christ: 118; et spiritualité: 118; et détachement du cœur : 119 ; et détachement matériel: 119; dimension sociologique: 120; dimension politique : 122 ; et le vœu : 123 ; à cause de Dieu et des malheureux: 130, 162; forces et faiblesses: 131 ; présentation plus précise : 1 31 ; centrée sur le théologal et le fraternel: 132; dans le monde: 133; assimilation 319 insuffisante de la théologie de la pauvreté : 134; solidarité insuffisante avec les pauvres: 136; une perspective à double dimension : 137 ; dimension mystique: 137; rencontre de Dieu : 138 ; recherche de Dieu : 1 39 ; dimension sociale : 140 ; option préférentielle pour les malheureux: 162; conditions d'une action: 165; solidarité avec les pauvres, objectif de formation: 242 Prière : avec l'Église : 23 ; la liturgie des heures: 24; du Christ: 27; et construction du peuple de Dieu: 28; et présence réelle du Christ: 28; en crise : 101 ; et célibat : 113 ; de Marie : 1 72 ; chrétienne : 179 ; objectif de la formation: 242; et contemplation: 290 ; au féminin : 311 Prophétie: et contemplation: 83 Religieuse : et promotion de la femme : 81 ; des femmes pour accompagner les femmes : 125 : expérience de Dieu chez la femme consacrée: 290 Religieux: et déstabilisation sociale: 226; et «territoires» religieux: 226; et atomisation sociale : 227 ; leur statut en chrétienté: 228; et travail en milieu laïc: 229; travaillant « intra muros»: 232; et le phénomène des fiefs: 234 et 235; propension au conservatisme: 236; rôle des supérieurs dans le domaine des fiefs: 238; la formation des jeunes religieux: 241 ; aspirations des jeunes: 248.Religion: et christianisme: 92; son sens: 206 Richesse: et lutte entre les hommes: 119 Royaume: vie religieuse, témoin du: 191 Science : et contemplation : 89; et foi : 89 Sexualité: son exercice: 103; et géni-talité: 103; besoin à combler: 104; besoin psychique: 104 Société: et pauvreté: 140; besoin des contemplatifs : 86 Solitude: et célibat: 113 Spiritualité: (voir Vie spirituelle): et discernement: 2; présupposés fondamentaux: 3 ; et le souffle de l'Esprit : 15 ; et eucharistie : 34; et réponse de l'homme: 43; et partage spirituel: 53 ; et pauvreté : 118 Témoignage : par la contemplation : 87 Transition : femmes en : 145 ; qu'est-ce qui se vit?: 147; facteur de croissance : 150 : femmes en transition et exigences pour nous: 152 Verbe: fait chair: 37; et eucharistie: 37; et vie spirituelle: 37 Vérité: la faire à trois niveaux: psychique, social, religieux: 107 Vie chrétienne: spécificité: 189 Vie religieuse: et insertion dans la société: 100; et paganisation: 100; et baptême: 186; une modalité de vie chrétienne: 187; supériorité?: 188 ; spécificité : 189 ; témoin de l'eschatologie: 191 ; son avenir: 194 et 267; et environnement social: 195, 196, 259; et l'histoire: 198; monastique: 199; mendiante: 199; chrétienne militante : 199 ; appel de Dieu : 202 ; et amour pour l'homme : 202 et 203 ; réponse au besoin des hommes : 205 et 206; et imaginaire collectif: 259; et retour sur le passé récent: 259; et Sacré: 260; dans le temps présent : 265 ; et vie de l'Église : 265 ; 320 en plein monde: 266; pas une «réserve»: 267; un vivre-ensemble: 268; au cœur de l'actualité: 269; et information : 270; une consécration : 273; et amour fraternel: 279; et engagement au service de l'Église: 279; engagement au sacrifice: 280 Vie spirituelle: (voir Spiritualité): et eucharistie: 34; faite de deux éléments : 35 ; et le don de la chair : 37 ; et réponse de l'homme: 43; et partage spirituel : 53 Vœux: traditionnels: 276 Retraites 1982-1983 Décembre Janv.-fév.Fév.-mars Mars Mars-avril Avril 1982 1983 26-31 Achille Ledent, o.m.i.«La Prière».31-7 Réginald Tardif, c.ss.r.«L'essentiel de notre foi: Dieu nous aime».28- 7 Léo Hébert, o.f.m.«Tout miser sur Dieu pour révéler l'amour du Père».7-14 Germain Côté, i.v.d.«La Communauté évangélique», (charismatique).26- 2 Jean-Marie Rocheleau, s.j.«Parole de vie, expérience religieuse».15-22 René Bacon, o.f.m.« Pour vivre et célébrer dans la reconnaissance notre communion en Jésus-Christ».Maison rivier 999, rue Conseil Sherbrooke, Qué.J1G 1M1 — (819) 569-9306 la vie 5750, boulevard Rosemont des communautés Montréal, Québec, religieuses Canada H1T 2H2
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.