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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Supplément 3
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1967-01-07, Collections de BAnQ.

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PAGES 18-19, Archives La Presse; les photos des PAGES 20 à 23 sont de l'Office du film du Québec.Y YV-V y* Jhjë- x-acr.; La photo do promloro pogo roprôsonto la folkloriste acadienne Edith Butler >ur la plage près de Caroquet dans le nord du Nouveau-ftrunswick.Cette photo a été prise lors du tournage du film de l'ONF sur l'Acsdie contemporaine.'M U.' ?S$Ss- ?ÎKltâK:- I ON VA LEUR EN FAIRE UNE MINORITÉ\tUic FIERTE A l\u2019été de 1965, il y avait le congrès quinquennal acadien à Cara-quet, dans le nord du Nouvcau-llrunswick.Le signataire de ces lignes, un peu par tourisme, un peu par curiosité, s'y est rendu.Et U en a gardé des impressions qui ne sont pas près de le quitter.11 a vu un peuple encore timide qui faisait les efforts exceptionnels pour vaincre cette timidité et pour se faire connaître.Dans la bouche d\u2019un orateur acadien respecté par les congressistes, cela se traduisait par la phrase suivante : \u201cLes Acadiens sont en passe de vivre une révolution tranquille, mais c\u2019est une revolution un peu plus tranquille que celle du Québec.\u201d L\u2019on voit que lorsque les Acadiens ont à se définir, c\u2019est au Québec qu\u2019ils fon! référence.L\u2019on voit aussi que les Acadiens veulent bouger.Au congrès, nous avons eu l'occasion de rencontrer un cinéaste de l\u2019Office du Film du Canada, M.Léonard Forest, qui commençait a tourner un film sur l'Acadie contemporaine.Nous avons demandé à M Forest de raconter son expérience pour les lecteurs du magazine de \u201cLa Presse\u201d.L\u2019idée en resta là.Mais un bon jour, le mois dernier, t\u2019ONF nous demanda si le magazine de \u201cLa Presse\u201d ne serait pas intéressé à envoyer un reporter à Moncton pour assister aux dernières séances du tournage du film où l'on demanderait justement aux jeunes Acadiens comment ils entrevoient leur avenir.L\u2019occasion ne pouvait être plus belle d\u2019aller enfin savoir ce que pensent les jeunes Acadiens ; d\u2019aller voir aussi quelles sont les chances de survie de ce qu'on pourrait peut-être appeler la nation acadienne.Notre reporter 1.-Claude Paquet s\u2019est donc rendu à Moncton et il a écouté ce que les Acadiens ont à dire pendant neuf jours.Il livre dans nos pages le résultat de cette enquête.Nous avons aussi demandé à nouveau au cinéaste Forest de raconter son unique expérience cinématographique pour les lecteurs du magazine II a consenti Mais le film de l\u2019ONF, qui devrait être présenté au printemps pro chain, n\u2019insistait apparemment pa; sur les relations du Québec avci l'Acadie.Nous avons donc demande à un autre Acadien, M.Emery i Blanc, de nous parler de ce sujet On trouvera cet article dans nos pages.On lira aussi des textes sur la cuisine acadienne et sur la dis persion contemporaine des Ara diens.Il se dégage de tous ccs articles, que la survie acadienne est assurée ; que les Acadiens commencent à rattraper certains re tards, et qu\u2019ils prennent de l\u2019assu rance.Le magazine de \u201cLa Presse' est fier de le raconter.JEAN-PIERRE BONHOMMu hors-texte/expo Le pavillon de* province* de l'Atlantique à l'Expo, présentera un exhibit *ur l'histoire des Maritimes.On peut donc s'attendre à ce que l'histoire acadienne y ait sa petit» part.Le pavillon des provinces Atlantiques, érigé au coût d'environ deux millions de dollars, est situé, sur le site de l'Expo, à proximité du pavillon du gouvernement canadien.\tphotos = amtoine desilvts I IA PRESSE.7 JANVIER 1967 / 3 mmm K .Avec le mouvement d'urbanisation et d'accessibilité à l'éducation, en Acadie comme au Québec, les valeurs traditionnelles sont remises en question par les générations nouvelles.PAR J.-CLAUDE PAQUET l\u2019ACADIE serait-elle, un peu corn me l\u2019Atlantide, une manière de _______ pays légendaire, une sorte de contrée qui se serait au cours des siècles, enfouie au fond de la mer ?Il y a pourtant des gens qui continuent à se définir comme Acadiens.Louis Robi chaud, par exemple, est Acadien.Mais pour nous, du Québec, cela ne veut-il pas plutôt dire qu\u2019il est le premier ministre canadien-français du Nouveau-Brunswick?Et ce nom d\u2019Acadien n'est-il pas dans notre for intérieur un titre sentimental, donné à des gens qui ont encore la nostalgie du passé?Enfin, les Acadiens sont-ils pour nous autre chose que des Canadiens d'expression française vivant hors du Québec, et ayant résisté mieux que d'autres, au phénomène de l\u2019assimilation?L'Acadie d'antan groupait les provinces maritimes, et une petite partie du territoi- LES ACADI re américain et de la péninsule gaspésier.ne Aujourd'hui, les Acadiens sont surtout cantonnes au Nouveau-Brunswick, et semblent parfaitement décidés de continuer à vivre en français.Ils ont commencé à se donner des structures qui leur sont pro pres, comme un système d'éducation fran çais, une université française; ils devien nent de plus en plus actifs sur le plan économique, au point qu'on peut se demander s'ils ne sont pas en train de se redonner les caractéristiques d'une nation Ont-ils raison de résister à l'assimilation0 Quels sont leurs motifs d'espoir, et que pensent les jeunes de l\u2019avenir de l\u2019Acadie\u2019 Voilà ce que nous allons tenter de découvrir Les Acadiens ne sont pas des Canadiens français Quand, pour la première fois, entende tes-vous parler de l'Acadie?Ce fut.comme moi sans doute, à la petite école alors qu'on nous racontait dans l'histoire du Ca nada, la \"déportation des Acadiens\" On nous raconta en effet qu'un méchant gouverneur anglais, du nom de Charles Lawrence, avait réuni de force près de la moitié de la population acadienne dans le petit village de Grand-Pré.et après avoir séparé hommes, femmes et enfants, les fit monter sur des navires, qui hissèrent les voiles pour des destinations inconnues et différentes Mais en dehors de ce fait historique ma jeur.il se pourrait bien que peu d\u2019entre nous puissent disserter bien longuement sur l'histoire acadienne Il est donc relativement normal, dans ces circonstances, que beaucoup de gens du Québec considèrent les Acadiens tout simplement comme des Canadiens d\u2019e.\\ pression française vivant hors du Québec noyés dans un milieu anglophone, et irro vocablement soumis au processus d une as similation lente mais certain» Quel ne fut pas pourtant mon étonne ment, lorsque, au cours d'un recent voyage au Nouveau-Brunswick, je contatai que les Acadiens ne se considèrent pas comme des Canadiens français, et à peine comme des Canadiens d\u2019expression française Ils sont tout simplement des Acadiens, avec tout ce que cela implique de mentalité et même d\u2019aspirations différentes des nôtres Quelques données historiques Historiquement, il faut bien It reconnai tre.les Acadiens ont été marques d une manière bien particulière par leur histoi re, qui n\u2019a pas de commune mesure avec celle des Canadiens français Bien que la découverte de l\u2019Acadie re monte aux expéditions de Jean Verrazano, en 1524.ce n\u2019est pas avant 1605 que les premiers colons français \u2014 des Huguenots \u2014 vinrent s\u2019y établir.Quelques années plus tard.Samuel de Champlain qui avait séjourné en Acadie, alla fonder Québec Mais il s\u2019agissait là de deux colonies bien distinctes, ayant chacune leur propre gou verneur et leurs propres institutions Si la Nouvelle-France a subi à quatre re prises l'assaut des navires Anglais depuis sa fondation en 1608.ce n'est pas avant 1763 qu'elle est officiellement devenue une colonie anglaise, tel que ratifié par le trai- l\u201d\tdltril e*t M oslivM tri» répeudue cia» la» Acad»a ns.Or an trouve dans preK)N.toute» les écoles, et il y en du Mascaret, da le cathédrale de Meocton.Sur la photo, la chorale des filles de l'école Beausé|aur.de Moncton.o même qui ont acquis uae certaine célébrité, comme la chorale ! Her- NS S\u2019INTERROGENT té de Paris.Mais il en fut tout autrement de l\u2019Acadie, qui, entre 1610 et 1713, fut constamment ballottée entre la France et l\u2019Angleterre, changeant de mains au moins neuf fois en un siècle.De là, bien sûr, un sentiment d'insécurité chez l\u2019Acadien, que n\u2019a pas aidé la cession définitive de l\u2019Aea-die à l\u2019Angleterre en 1713, devenue alors la Nouvelle-Ecosse (territoire qui comprenait aussi l\u2019actuel Nouveau-Brunswick).Il y eut enfin la dispersion des Acadiens, en 1755, qui a marqué les Acadiens comme peu de citoyens francophones de la Nouvelle-France.Si un peu moins de la moitié des quelque 14,000 Acadiens de l\u2019époque ont été victimes de la dispersion, on peut dire par contre que tous ont été directement touchés par ce qui est ni plus ni moins qu\u2019une tentative de génocide.Le gouverneur Charles Lawrence a harcelé sans répit les Acadiens demeurés sur le territoire en organisant, avec l\u2019aide de chiens policiers, des chasses aux fugitifs réfugiés dans les bois.A peine trois mille Acadiens ont survécu aux massacres dont ils ont fait l\u2019objet.Ainsi donc, les Acadiens déportés en Louisiane, en Virginie, dans les Carolines, aux Antilles, en France et même en Angleterre, ne pouvaient que se référer à leur Acadie natale, ex-colonie française dont sont issus les Québécois, et qui n\u2019a quand même pas connu un sort aussi malheureux que celui de l\u2019Acadie.Après la signature du Traité de paix signé à Paris entre la France et l'Angleterre en 1763, le bruit s\u2019était répandu parmi les Acadiens déportés que l\u2019Angleterre serait maintenant moin cruelle à leur égard.Et graduellement, un grand nombre d\u2019Aca-diens sont retournés à leur terre natale, l\u2019Acadie.Et pendant que l\u2019Acte de Québec, signé en 1774, faisait de nous ni plus ni moins que des Canadiens français, en nous accordant le droit à la langue, à la religion, au droit commun français, etc., ces mêmes droits n\u2019étaient pas accordés aux Acadiens, dans leur colonie devenue anglaise, comment s\u2019étonner, dans ces conditions, que les Acadiens ne se définissent pas comme des Canadiens français, et comment s\u2019étonner aussi qu\u2019ils aient développé dans leur milieu, une mentalité qui leur soit propre.Pourquoi résister à l'assimilation?Les étrangers s\u2019étonnent parfois de l\u2019entêtement qu\u2019ont dû manifester les Canadiens français, pour conserver leur identité dans cette mer anglo-saxonne qu\u2019est l\u2019Amérique du Nord.Mais que penser alors des Acadiens, qui se retrouvaient en minorité sur leur territoire, qui n\u2019avaient pas droit à leurs écoles françaises et à tous les autres avantages que l\u2019Acte de Québec garantissait aux Canadiens français Certes, le clergé canadien a joue un très grand rôle dans ce phénomène de survivance.On refusait l\u2019assimilation pour con tinuer de pratiquer sa religion.Une telle motivation peut suffire sans doute pour un peuple qui vit d\u2019agriculture et de pêche.Mais l\u2019histoire démontre qu\u2019elle perd amplement de sa valeur devant le phénomène de l\u2019industrialisation et partant, de l\u2019urba- nisation.La question qui se pose est donc simple ; Les Acadiens ont-ils raison de résister à l\u2019assimilation ?En d\u2019autres termes, ont-ils des raisons d\u2019espérer qu\u2019ils pourront, dans la société industrielle de demain, conti nuer de vivre en français \u2019 On conçoit mal que dix Canadiens français établis ci Bavière pourraient songer un jour à refuser l\u2019assimilation, de manière à faire rayonner leur propre culture.Tout simplement parce que le nombre n\u2019y est pas.Ce qui revient à dire que le facteur démographique est d\u2019importance primordiale.Quelle est, démographiquement, la position des Acadiens dans les Maritimes ?Une étude récente, publiée par M.Jean Cadieux, directeur de l\u2019Ecole de commerce de l\u2019université de Moncton, et publiée dans la Revue économique de cette université en janvier 1965.nous fournit les données suivantes : Au Nouveau-Brunswick, la population d\u2019origine française représente 38.81 p.cent de la population, dont 97.1 p.cent ont conservé leur langue.A Terre-Neuve, 3.7 p.cent de la population est d\u2019origine française, dont 33.3 p.cent seulement ont conservé leur langue.A l\u2019Ile du Prince-Edouard, la population d\u2019origine française représente 16.6 p.cent, qui a conservé sa langue dans une proportion de 52.5 p.cent et en Nouvelle-Ecosse, 11.9 p.cent sont d\u2019origine française, dont 57.93 p.cent ont conservé leur langue.Que peut-on déduire de ces chiffres ?Première constatation, c\u2019est que plus la minorité française est importante, moins elle s'assimile.Or au Nouveau-Brunswick, la population d\u2019expression française repré- sente près de 40 pour 100 de la population, et elle a conservé sa langue dans la proportion de 97.1 p.cent.Une étude détaillée du tableau démontre que sur 15 comtés du Nouveau-Brunswick, les Acadiens sont en majorité dans quatre comtés, et dans lesquels, précisément, ils ont même assimilé une petite partie de l\u2019ethnie anglo-saxonne.POPULATION PAR COMTE Nouveau-Brunswick E o VJ\t3 O a.\t.?c Om\t°o\tm *->¦ \u2014 c m \u2022 a.\t% V.acJdAdskd\t38,983\t36.578\t91.3\t37,749\t103 2 douces »f r\t66 343\t56 543\t85.2\t58 410\t103 3 Kent\t26.667\t21.865\t81 99\t22 329\t102.1 Rpstigouche\t40.973\t28.0C3\t68.3\t27 535\t98 3 Westmorland\t93.679\t40.955\t43.7\t41.020\t100.1 V ctoria\t19.712\t8.333\t42 3\t8.051\t96 6 Northumberland\t50 035\t15.697\t31 6\t14.414\t91 r Sunbury\t22.796\t3 948\t17 3\t2 909\t73 6 Saint-Jean\t89 251\t12,275\t13 7\t7 777\t63 3 Queero\t11.640\t991\t8 5\t669\t67 4 Charlotte\t23.285\t1.493\t6 4\t964\t63 9 York\t52.950\t3.295\t6 2\t2.313\t70.2 K.ngs\t25 908\t9?1\t3 5\t661\t71 7 Carlefon\t23.507\t828\t3 5\t426\t56 6 Albert\t12 455\t402\t3 2\t310\t77 3 Mais ce ne sont pas là les seuls facteurs démographiques intéressants à' observer.Il y a également l\u2019évolution démographique des Acadiens qui importe Là-dessus, les statistiques sont moins explicites, mais elles nous apprennent au moins qu'en 1870, les Acadiens représentaient 16'; seulement de la population et que le pourcenta ge est passé aujourd'hui à 38.81.On sait d\u2019autre part que la population acadienne s\u2019accroît au rythme de 2 pour 100 environ par année, ce taux de natalité étant légèrement supérieur à celui de l\u2019ethnie anglo- le* universitaire» discutent du notonolisme acadien.De gauche à droite, le R.P.Roger Savoie, professeur do philisophie; Soeur houchard, directrice de l'école de nursing: M- Marc-Antoine Richard, professeur de sociologie; M.Harold McKirnin.fonctionnaire fédéral à Moncton j le journaliste de LA PRESSE et Me Adélard Savoie, homme actif dans les mouvel men fs nationalistes acadiens.üÉyi IA PRESSE, 7 JANVIER 1967 / 5 I* PBESSE 7 JANVIEB RESriCfOUCHE GLOUCESTER 85.2 VICTORIA Nl -a' I H-JMbERLAND KEN\u2019 \\ WEST MORI IËENS |Nj 3WS%.«?j&V -1-5 Cuisinez en un clin d\u2019oeil SOUPE MULLIGATAWNY Mélanger 54 t.d'oignon haché avec 2 bâtons de céleri, en dés et 1 carotte moyenne, en dés.Faire sauter dans 14 t.de beurre.LE NOUVEAU-BRUNSWICK OXO\u2014le faible des forts COMME ON PEUT LE CONSTATER, C'EST SURTOUT AU NORD ET SUR LA CÔTE NORD-EST DU NOUVEAU-BRUNSWICK OUE SONT SURTOUT CANTONNES LES ACADIENS - MAIS LEUR NOMBRE DEPASSE AUSSI LES 40,000 DANS LE COMTE DE WESTMORLAND.EN RAISON BIEN SÛR DE L'IMPORTANTE PRESENCE ACADIENNE A MONCTON (ENVIRON 48% DE LA POPULATION).OUI EST DEVENUE EN OUELOUE SORTE LA CAPITALE DES ACADIENS.LÉGENDE: b lettres «oj«sc*J»s: mm 4o cwrté CUffm en neir: pepdrtien fritephent dons le cenrté Chiffres en blanc: pnnrcentng» fcs fruncephones, par rapport à la papalatiea du cenrté Boni une boîte à chantons qu'ils sont c de définir le nationalisme acadirn.Ils d'Acadien, pour favoriser au contraire.phone* des Maritimes.Une projection permet donc au moins de supposer que dan* un avenir plus ou moins rapproché, les francophones seront en majorité au Nou veau Brunswick Voilà donc un motif valable, pour les Acadiens, de résister à l\u2019assimilation Incorporer 114 c.à table de farine et 114 c.à thé de poudre de cari.Cuire de nouveau cinq minutes.Préparer un bouillon avec 4 cubes de poulet Oxo et 4 tasses dieau bouillante.Ajouter au mélange.Laisser mijoter 30 minutes.Aiouter 541.de pommes à cuire, pelées et coupées en dés, 541.de riz cuit.54 t.de poulet cuit ou en boite et coupé en dés.1 c.à rhé de sel.14 c.à thé de poivre et 14 c.à thé de thym.Laisser mijoter 15 minutes.Au moment de servir, incorporer 14 t.de crème chaude.Environ 6 portions.Le nom \"Mulligatawny \" vient de deux mots de l'Inoa orientale, qui signifient \"eau de poivre\" et le cari est l'ingrédient particulier qui caractérise cette délicieuse soupe.IL ¦ till m.a Le nouveau nationalisme acadien Pourtant, l\u2019aspect démographique n\u2019est pas le seul important facteur de survie.Il faut qu\u2019il soit aussi accompagne d\u2019une volonté de survivre.Volonté qui se manifeste forcément sous la forme du nationalisme.Comment s\u2019est exprimé le nationalisme acadien?Par le truchement des institutions qu\u2019ils se sont données à eet effet Et notamment.la Société nationale des Aca diens La Société nationale des Acadiens, c\u2019est l\u2019organisme qui a toujours revendiqué les droits pour les Acadiens.Droit à l\u2019enseignement du français dans les écoles, etc., lesquels, souvent, ont été obtenus de haute lutte.Cette SNA a toujours été dirigée par ce qu\u2019il conviendrait d\u2019appeler l\u2019élite tra ditionnelle acadienne, c'est-à-dire des notaires, des avocats, des médecins, etc.Un peu comme ce fut le cas de la SSJB.au Québec.C'est la SNA, par exemple, qui a fait adopter l\u2019Ave Maris Stella comme hymne national des Acadiens, le 15 août.(fête de l\u2019Assomption) comme fête nationale, et le tricolore avec étoile mariale dans le bleu, comme drapeau des Acadiens Pour schématiser un peu grossièrement, on pourrait dire que les principales valeurs défendues par la SNA piétinaient au tour des valeurs traditionnelles de la sur vivance française en Amérique, soit la lan gue et la religion, ainsi que l'attachement à la terre (et à la mer pour les populations côtières).Mais le mouvement industriel du XXc siècle n\u2019a nas épargné les Acadiens, et l'on sent, avec le mouvement d'urbanisation et d'accessibilité à l\u2019éducation, qu'en Acadie comme au Québec, les valeurs traditionnelles sont remises en question par les générations nouvelles.Il convient de souligner que pendant de décorer, un groupe d'étudiants de l'université de Moncton ont tenté nf assez carrément les positions traditionnelles, y compris même le statut pprochement ovec le Québec.mon bref séjour a Moncton, j'ai rencontré peu de gens qui puissent être considérés comme des |iorte-paroics de lYlitc traditionnelle acadienne.Et l\u2019on dit même, là bas, en certains milieux, que même ceux qui pourraient être considérés comme des représentants d< celte elite traditionnelle, sont passablement disposes à remettre en question certaines des valeurs qu\u2019ils ont déjà défendues.En revanche, j\u2019ai eu l\u2019occasion do ren contrer.plusieurs etudiants de l\u2019université, et un certain nombre aussi de jeunes professeurs de l'université, dont ou peut dire que les vues ne sont j>as en parfait accord avec la pensée traditionnelle.En dépit de son nom.M.J.Harold Mc-Kiniin est Acadien, il |>arle un excellent français.Il explique, au cours d'une entrevue, que l'Acadie est une société qui se cherche, mais qui n'a pas encore réussi à définir ses concepts Tout d'abord, dit-il.les Acadiens sont des gens fermés, qui expriment mal leurs sentiments.C'est là un trait de caractère acquis au cours d\u2019une longue histoire de domination.D'un autre côté, dit M.McKir-nin.l\u2019élite acadienne n'a pas de plans définis, elle marche a l'aveuglette.On a le désir de s\u2019épanouir, mais aucune stratégie d\u2019action.Il soutient cependant que la prise de conscience qui a maintenant commencé à se manifester au niveau de la jeunesse acadienne, pourrait bien donner une impulsion nouvelle au nationalisme acadien En premier lieu, les jeunes se soucient énormément de l'importance de l'éducation, ainsi que de la participation active des Acadiens sur le plan économique.On retrouve d'autre part chez les jeunes et même chez des moins jeunes, un désir relativement nouveau de rapprochement avec le Québec, plutôt que de perpétuer une identification qui repose sur des valeurs historiques, mais qui offre peu de garanties pour l'avenir.Ecoutons plutôt, à ce sujet, un groupe de jeunes étudiants qui s\u2019interrogent sur l\u2019identité acadienne.La scène se passe dans un local que l\u2019on est en train de transformer en boite à chansons.Quelques bouts de planches, des caisses vides, avec lesquels les étudiants se sont fabriqués des 12 Cubes lie Mob au grift à perieî Les nouveaux cubes de bouillon de poulet Oxo se servent en breuvage chaud ou consom.V Vous pouvez aussi les utiliser dans des sauces, des plats en casserole ou encore des soupes exotiques comme la \"Mulligatawny\".Vous les trouverez très pratiques.Si vous aviez une recette personnelle faite avec des cubes de bouillon de poulet Oxo.nous serions heureux de la connaître.Notre adresse est la suivante: Dept.3L, Oxo.Don Mills, Ontario.Si votre recette est utilisée dans notre chronique \"Cuisinez en un coup d'oeil\" vous recevrez un chèque de $25 00. t / IA PRESSE, 7 JANVIER 1967 chaises d\u2019occasion.Je leur demande de me définir l'Acadien d\u2019aujourd\u2019hui.Hésitation.Puis l'un d\u2019eux répond : \u2014Je suis bien embêté pour définir ce qu'est un Acadien, parce que c\u2019est pour moi un concept dépassé, qui n\u2019existe plus.Je préfère dire \"jeunesse francophone des provinces maritimes\".Un autre reprend : \u2014C\u2019est peut-être parce qu\u2019on a tendance à en faire un complexe qu\u2019on hésite à se définir comme acadien.Le premier ajoute: \u2014Quand je refuse de me définir comme Acadien, ce n\u2019est pas par complexe, mais parce que c'est un terme qui n'existe plus.Il a disparu.D\u2019autres affirment : \u2014Je pense qu'on devrait plutôt se définir comme des jeunes de langue française, des jeunes Canadiens français.\u2014Je suis d\u2019accord sur le fait qu\u2019on devrait plutôt nous considérer comme des Canadiens, et Canadiens français.\u2014Quand on se dit Acadien, on est ré-gionnaliste, on se limite aux provinces Maritimes.Etre Acadien, c'est se souvenir de la dispersion.Tous n\u2019ont pas la même attitude quant à l'emploi ci'j mot Acadien, mais on sent chez tous ces jeunes, un désir réel de ne plus s\u2019apitoyer sur leur passé pour songer à l\u2019avenir.Et l\u2019avenir, pour les jeunes, c\u2019est l\u2019accessibilité à l\u2019éducation ainsi que leur partici- pation à la vie économique.La question leur est posée: Quels seraient les symboles d\u2019un patriotisme moderne, chez les Acadiens ?\u2014La jeunesse essaie de soulever des questions que les anciens ne soulevaient pas.C\u2019est une remise en question, si l\u2019on veut, du système.\u2014Remettre en question, oui.Les aînés aussi ont fait des remises en question, mais dans le contexte religieux.Nous aussi remettons nos valeurs en question, mais dans un contexte économique, politique, culturel.\u2014Le vrai symbole de notre avenir, c\u2019est l\u2019éducation.Nous avons à l\u2019heure actuelle l\u2019Université de Moncton (université française) qui est très jeune, dynamique, et qui oeuvre dans le bon sens.Nous sortons des nuages de la religion pour parler d\u2019économie.de sciences.Les jeunes Acadiens sont nationalistes certes, mais pas de ce nationalisme exacerbé qui ne sait trouver son expression que dans un déploiement de drapeau et d\u2019hymne national.S\u2019il faut absolument un hymne national, ils chanteront l\u2019O Canada, et qu\u2019on n\u2019en parle plus.Au sein de la nouvelle élite acadienne, on retrouve sensiblement cette même conception, bien que mieux définie.A l\u2019université de Moncton, on a réuni un soir quelques personnes pour discuter du nationalisme acadien.Ce groupe comprenait: le Père Roger Savoie, c.s.c., professeur de philosophie à l\u2019université de Moncton, M.Marc Antoine Richard, professeur de sociologie à l\u2019université, Soeur Bouchard, directrice de l\u2019école de nursing de l\u2019Université, Me Adélard Savoie, avocat et personnalité représentative de l\u2019élite acadienne traditionnelle, ainsi que M.Harold McKir-nin.Question brutale: Pourquoi continuez-vous de vivre en français au Nouveau-Brunswick ?Me Savoie: Je ne me suis jamais posé la question.Je suis né dans la langue française, toute ma pensée et toute ma vie se font en français.Et j\u2019ai pleinement confiance en la possibilité pour nous de vivre en français, même si nous avons énormément de progrès à faire.Il y a d\u2019ailleurs des éléments d\u2019espoir très réconfortants.Nous sommes une minorité importante, et nous avons des cadres dans tous les domaines, qui continuent de se développer.L'université de Moncton en est une manifestation: dans le domaine économique, il y a une prise de conscience de plus en plus marquée; notre présence se manifeste très clairement dans le domaine politique (Ro-bichaud au pouvoir, avec la moitié des ministres et des députés d\u2019expression française).Bref, nous commençons à prendre notre place.Quant au rapprochement avec le Québec, que préconisent les nouvelles générations, Me Savoie exprime ainsi son opinion : \u2014Ce qui importe pour nous, c'est de nous exprimer en français, dau., un français qui soit de plus en plus U français international, et d\u2019aller \"piger\u2019\u2019 , ur cela à la culture française là où elle ,e trouve Au Québec d\u2019abord, parce que est plus près, et ensuite en France.Le particularisme acadien s\u2019explique hist quement, mais qu\u2019on insiste pour le perpétuer, si les jeunes n\u2019en veulent plus, moi.n'y tiens pas plus que cela.H.McKimin: Si on me prouvait que le fait français n\u2019est pas viable h.rs du Qué bec, à l\u2019heure actuelle, je deviendrais sé paratiste.Je suis convaincu vu.nous de vons travailler avec le Québec réparé ou non.Je crois, en définitive, qu'ii n\u2019y a au cune possibilité, à l\u2019heure actuelle, que nous survivions ici, en Acad sans le Québec.Analysant le rôle des institutions natio nales acadiennes, le père Roger Savoie ex prime une opinion assez généralement par tagée par les jeunes : Nous avons affaire ici à une société qu a offert une résistance fantastique ai monde; une société qui, en fait, devai disparaître, mais qui a su résister.Nou: sommes partis d\u2019à peu près rien, il y a 8( ans, et nous avons réussi à construire de institutions.Or, paradoxalement, ce fac teur d j résistance, qui est représenté à 1; fois par nos élites et par nos institutions par nos traditions, nous empêche à l\u2019heur actuelle de progresser au rythme où nou le devrions.Par exemple, le sentiment r« Um tradition KsdiMM qvl m porpétnn, In fabrication artisanal* dti tapit crochetée.La |ean»tsa acadienne n'est pat aioiet A gogo qua la nôtre, partant mini-|vpe et autrei attirail d'époque.Malt ce a'ett pat la teule différence avec l'élite traditionnelle acadienne.Let jeunes remettent en question let concepts mêmes du nationalisme acadien.en Nonuollo Rcntte, eite de 1*1 lit po l'être ****** dernier.Village presqa* entièrement français, Cfcéticoaij) groupe mmrnm m ligieux qui a été dans le passé une force de cohésion fantastique, un facteur d\u2019intégration très grand, joue aujourd\u2019hui un rôle de mystification qui nous empêche de progresser.On a insisté sur la vie rurale, et développé une certaine crainte du commerce, des affaires et de la vie économique.Tous ces facteurs nous empêchent: aujourd\u2019hui de progresser, et je prétends que nos élites traditionnelles, qui s\u2019occupent des mouvements nationalistes, éprouvent énormément de difficultés à se renouveler.Pour résumer ce long entretien sur le nationalisme acadien, disons que tous manifestent un ardent désir non plus de survivre, mais de vivre en français dans une province où ils représentent une importante minorité, et qu\u2019ils sont prêts à se donner les moyens d\u2019atteindre cet objectif, même si les plans d\u2019action ne sont pas encore très bien arrêtés.L'aspect économique du problème Un fait demeure certain, c\u2019est que la nouvelle élite acadienne est consciente de 1 importance du rôle qu\u2019ils doivent jouer sur le plan économique, pour résister définitivement à l\u2019assimilation.Et de ce côté-là, peut-être les Acadiens sont-ils mieux avantagés que les citoyens du Québec.Non pas tant parce que les Acadiens sont très actifs sur le plan économique, mais surtout parce que les provin- ces Maritimes sont économiquement sous-développées, et que de ce fait, le décalage de la participation à l\u2019économie est moins grand entre les deux groupes ethniques.D\u2019une part, on peut observer l\u2019existence d\u2019un certain nombre d\u2019entreprises acadiennes florissantes, bien que de dimensions encore modestes, et d\u2019autre part, des entreprises financières acadiennes relativement importantes, comme la Société l\u2019Assomption, les Caisses populaires, et la Société de Gestion.Ces trois sociétés contrôlent plus de 50 millions de dollars, ce qui n\u2019est tout de même pas négligeable dans une province sous-développée, et dont la population totale atteint à peine le quart de la seule région métropolitaine de Montréal.Un chauffeur de taxi de Moncton exprime cette réalité de façon différente : Si l\u2019on prend les 20 ou 25 plus belles résidences de Moncton, près de la moitié appartiennent à des Acadiens.Si l\u2019affirmation n\u2019a rien de scientifique, elle tend au moins à démontrer qu\u2019on sent beaucoup moins qu\u2019au Québec, la domination économique d\u2019un groupe sur l\u2019autre.Pour résumer l\u2019aspect économique, rappelons que le Nouveau-Brunswick est une province sous-développée, mais qu\u2019elle dispose de ressources naturelles considérables, comme les mines, le bois de pulpe, la pêche et l\u2019agriculture, et que d\u2019un autre côté, les Acadiens ont quelques réservoirs de capitaux qui leur permettent de pren- A Carnquet, lur la côte nord-est du Nouveau-Brunswick, un groupa d'Acadiens regardent poster, devant leur maison, la parade du Festival de Caraquet.En 1965, ce festival coïncidait avec la tenue du Congrès quinquennal de la Société nationale des Acadiens.Pendant la saison chaude, les Acadiens ont beau jeu de s'offrir en bain de mer, cantonnés qe'ils sent sur les côtes du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse.t^ LU O < CL < < LU K Z3 «/> void tequeypus devriez faire: 1, Gordezle fit .~ .t Bbv#z beaucoup de liquides 3.PrenerAspirîn \u201e \u2019 pour soulager les douleurs MÎT èt faire baisser fa fièvre A0 I *10?*\t10-\t\u2022* . .mssm.On trouve un certain «bre d'Acadiens en France, partie «lié reoient dans ce village de telle-Jsl iS-Mer.en Bretagne \u2018 ** 3E \u2019* >**A ['IL EST possible de parler de la France, de l'Angleterre, et même de beaucoup d'autres pays, sans évoquer pour autant leur histoire, il n'en va pas de même pour l'Acadie.L'Acadie, qu\u2019est-ce que c\u2019est ?Un pays, ou plutôt une colonie du passé.L'Acadie, dirait le poète, c\u2019est un peu l\u2019Evangéline.C'est l\u2019histoire d\u2019un peuple heureux, qui vivait dans la paix et l\u2019harmonie, et qui a ensuite connu les pires tribulations.Parce que l'Acadie, c\u2019est aussi l\u2019histoire d'une dispersion.Et l'histoire en même temps d'un peuple entêté, qui a survécu à toutes les infamies qu\u2019on lui a infligées.Aujourd'hui, l'Acadie ne figure plus sur les cartes géographiques.Et pourtant, plus de 200 ans après la triste nuit de Grand-Pré, des centaines de milliers de gens que l\u2019on retrouve notamment au Canada, aux Etats-Unis et en France, se réclament de la nationalité acadienne.Au nombre d\u2019environ 300,000 dans les seules provinces maritimes, les descendants d'Acadiens seraient plus nombreux encore aux Etats-Unis, cantonnés surtout en Louisiane.Mais on en trouve également un certain nombre en France, et plus particulièrement à Belle-Isle-en Mer, sur les côtes de la basse Bretagne.Pour souligner justement l\u2019aspect historique de l'Acadie, M.Léonard Forest, réalisateur de l\u2019ONF, a effectué des séances de tournage en France et en Louisiane.Reconnus pour être de fidèles sujets de Sa Majesté le roi de France, les Acadiens qui ont pu gagner le sol de la mère patrie après la dispersion de 1755, avaient obtenu du roi à cette époque, le rare privilège d\u2019être propriétaires de leurs lopins de terre, contrairement au régime seigneurial qui prévalait dans la France d'alors.C\u2019est dire que les Acadiens victimes de la dispersion avaient fait l'objet d'une grande sollicitude de la part des pays qui les ont accueillis.Etablis sur des fermes de la basse Bretagne, les descendants d'Acadiens forment ce qu'il est convenu d'appeler là-bas la ligne acadienne, bien que parfaitement intégrés à la vie française.Dans son film temporairement intitulé \u201cAcadie contemporaine\u201d, M.Forest a d\u2019ailleurs voulu aller à la recherche du pays d\u2019origine des Acadiens, soit notamment le Poitou et la Lorraine, où l\u2019on retrouve encore beaucoup de noms semblables à ceux des grandes familles acadiennes, comme les Landry, les Arseneault, les LeBlanc, etc.Mais c'est peut-être en Louisiane, finalement, que s'est retrouvée la pous grande concentration des Acadiens dispersés.Ils ont pris racines à la Nouvelle-Orléans, à Bâton Rouge, et dans ces dizaines de petits villages aux noms français, dont notamment la ville de Lafayette, qui est en quelque sorte, la petite capitale des Acadiens en Louisiane.Réinstallés sur des terres fertiles, le long du Mississippi, les Acadiens ont réussi à reprendre en terre étrangère, la vie heureuse et paisible de leur Acadie natale.Avec le temps, ils ont progressé et aussi implanté leurs us et coutumes.Aujourd\u2019hui, après deux cents ans de vie en terre louisianaise, les Acadiens, ont certes été bien intégrés à la vie américaine, mais ils continuent de parler français, d\u2019être fidèles à certaines traditions, et surtout de se réclamer de la nationalité acadienne.-2J?*££ .Une jolie petite Acodienne, de race noire, vivant en Louisiane.Descendante sans doute des anciens esclaves des Acadiens, elle pourrait fort bien s'appeler Leblanc, comme c'est le cas de certains noirs acadiens de la Louisiane.Une reconstitution, en Louisiane, de la maison acadienne typique.L'escalier extérieur conduisait au grenier, qui traditionnellement chez les Acadiens, servait de chambre des garçons. 12 / LA PRESSE, 7 JANVIER 1967 r Om retrouve eecere dont le Poitou, lieu d'erigiee «Pue grand nombre d'Atadiens, de* noms rencontré* f, iqueement en Acadie.^Cc/c >ncb ncodlen de lo région do Lofoyette.leoiilen*, got fait contro*ti lo pauvreté proverbial) .fpSr- dC-w; ' \u2019v.ite-dyst du collège d*ogricuhur do rUnrvunity o< Soutira eiterv Il est même amusant de constater que des Noirs, descendants des esclaves des Acadiens, se réclament eux aussi de la nationalité acadienne, et poussent même le contraste jusqu\u2019à parler français et à s\u2019appeler LeBlanc.Qui dira jamais l\u2019influence qu\u2019aura pu avoir le poème de Longfellow, pour entretenir le mythe ou la réalité acadienne ?Quoi qu\u2019il en soit, beaucoup d'entre eux ont regagné leur Acadie natale après le règne de terreur qui avait caractérisé l'époque de la dispersion.Et leur nombre dépasse aujourd\u2019hui les 300,000 dans les provinces maritimes.Mais il en est d\u2019autres qui ont choisi de s\u2019établir au Québec ou dans le sud de l\u2019Ontario.Mais on les reconnaît toujours parmi les étrangers, parce qu'ils ont un petit quelque chose de pas comme les autres, peut-être l\u2019accent, mais surtout cette volonté de conserver l\u2019âme acadienne.En définitive, peut-être y a-t-il du vrai dans cette boutade d'un Acadien, à qui l\u2019on demandait justement de nous dire ce que c\u2019était qu'un Acadien.Etre Acadien, dit-il, c\u2019est un peu comme une grâce.On l\u2019a ou on ne l\u2019a pas, mais si on ne l\u2019a pas.on ne peut l'acquérir .\t*\u2022¦¦**' Mme Joan Ananoault, belle-fille de M.Sono Arseneault, a fait une brève poie ?ou* le fameux chêne llvangéline, à Sl-Martinville, en Louisiane.Selon la version loumanaite de la légende de Longfellow, c'ei» tout ce vieux chêne qu'Evangéliae aurait retrouvé Gabriel.CÉRÉALE MIXTE ET BANANE 6 nouveaux délices pour votre bébé.Gerber est le seul *»;;\u2022 ï à vous les offrir! 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Aliments Gerber Pour Bébés NIAGARA FALLS, CANADA \u2022 ¦¦¦¦¦¦ dféHÜM 14 / LA PRESSt, 7 JANVIER 1967 ÊTRE ACADIEN, C\u2019EST PARTAGER UN SOUVENIR LE CINÉASTE DE L'ONF LEONARD FOREST, UN ACADIEN, QUI ACHÈVE LA RÉALISATION D'UN LONG MÉTRAGE SUR L'ACADIE CONTEMPORAINE VA DÉ-TRUIRE LE MYTHE D'UNE ACADIE SILENCIEUSE.PAR LÉONARD FOREST ACHEVE le tournage d'un film qui s'intitule, provisoirement, ______ ACADIE CONTEMPORAINE.Peut-être se nommera-t-il autrement quand il sera terminé.On n'est jamais sûr du nom d'un film avant qu il ne soit fini.Son titre est de l'ordre des choses secrètes qui font qu'un film cherche et trouve, en se faisant, sa forme et son identité.Je sais que ce film est une recherche.Je suis Acadien et je fais un film sur l'Acadie.Sûrement, je suis parti à la recherche de l'Acadie, et peut-être aussi de moi-même.Pourquoi ai-je voulu revoir, revisiter, interroger une Acadie que j'avais quit-.tée depuis plusieurs années ?Je n'en sais rien.Je ne connais bien que les justifications raisonnables, officielles de la mise en oeuvre du projet.Bien sûr qu'il paraissait utile, en cette période que nous traversons en terre canadienne, d'essayer de donner une image plus fouillée, plus compréhensive, plus \"proche\" de la réalité acadienne.Bien sûr qu'il semblait urgent de remplacer par une connaissance plus directe les stéréotypes qui s'emparent de l'opinion publique dès qu'elle entend prononcer le mot acadien.Mais je crois qu'il y avait d'autres raisons que je n'ai pas encore saisies moi-même.Il y avait peut-être l'espèce de provocation de la prise de conscience québécoise.J'entendais autour de moi ce nouveau discours canadien-français, où il était question d'ethnie, de francité, d'identité.Je voyais autour de moi des collègues et amis se réclamer de ces valeurs et s'affirmer à partir d'un orgueil et d'un espoir collectifs.Peut-être me suis-je interrogé, à mon tour, sur la signification de mes origines acadiennes.lî y avait une autre provocation : l'opinion trop facile et trop répandue qui fait passer l'Acadie moderne pour un lambeau du Canada français, un reste de la nation canadienne-française, et hors les murs.Cette opinion qui fait dire à telle speakerine de la Télévision, s'adressant à des Acadiens, que le Québec (dont la capitale est Montréal !) est leur mère patrie ! Non, quelque chose ne marchait pas là-dedans.Il y avait une histoire et des faits à rétablir.Et puis, il y avait sûrement des souvenirs à revoir, une mémoire à inventorier Il y avait le pressentiment d'une Acadie plus riche, plus diverse que son histoire connue.Et l'intuition d'une Acadie qui se continuait, qui se réinventait avec une calme certitude, avec une patience et une pudeur typiques, et dans le sens d'une authentique vitalité, d'une présence à aujourd'hui.Mais par où commencer ?Par quel bout reprendre possession de l'Acadie ?Car, évidemment, il n'y a pas, non plus, d'Etat acadien.Tout au plus y a-t-il ce que j'appellerais l'état d'Acadien ! Seul un Acadien peut l'avoir.C'est ce que j'expliquais un jour à des camarades trop anxieux de définitions, et qui mfe demandaient : \"Mais qu'est-ce que c'est, au juste, un Acadien ?\" Je leur répondis que, tout simplement, on est Acadien ou on ne Test pas.C'est un état qu'on a ou qu'on n'a pas, comme la grâce.Si on Ta, on est Acadien.Si on ne Ta pas, on ne peut l'acquérir.Ce qui, je m'en excuse, n'était pas une très bonne réponse.Ils ne m'ont plus reposé la question.Etre Acadien, en réalité, ce n'est pas malin.C'est être descendant d'une grande famille (il n'y a pas d'autre expression adéquate) qui a connu, dans ses premiers temps, une extraordinaire homogénéité, une extraordinaire cohésion, un extraordinaire bien-être, et qui j gardé d'elle, à travers les temps et les intempéries, une image de solidarité filiale et de bonheur collectif.Etre Acadien, c'est partager un souvenir.Etre Acadien, c'est une complicité durable et pacifique.L'Acadie, donc, c'est une grande famille dispersée, c'est une fidélité, c'est une mémoire partagée et c'est, en un certain coin de l'Est canadien, un fait actuel et indubitable.C'est un fait que les interprétations lointaines ou distraites ne modifient point.C'est un fait que les abandons ou les méprises ne pourraient nier dans sa réalité.C'est un fait, pour ainsi dire, autodéterminé ! J'allais donc essayer de raconter le fait acadien.L'histoire acadienne, celle que Ton raconte, s'arrête habituellement à la Dispersion.Et Ton ne voit plus de cette dispersion que les aspects négatifs et morbides.C'est une image figée.Pourtant, les Acadiens ont continué d'avoir des histoires et une histoire, jusqu'aujourd'hui.C'est une histoire faite de retours, de regroupements, de réimplantations.C'est une histoire faite de fierté et d'obstination.C'est une histoire jalonnée non seulement d'obstacles et d'humiliations, mais aussi de succès et de modes nouveaux de prospérité.Non, ce n'est pas l'histoire d'un Etat.C'est l'histoire d'une famille dont les membres, même dispersés, se reconnaissent entre eux ainsi qu'ils reconnaissent les traits et le tempérament qu'une histoire intimement vécue leur a imprimés.Il y avait ce fait-là à raconter.Il y avait une histoire positive de la dispersion à raconter.Il faut dire que le premier à faire valoir clairement cette image positive de la dispersion acadienne, ce fut mon- sieur Bona Arsenault, dans son livre : Histoire et Généalogie des Acadiens.Alors que l'auteur ne se proposait que d'offrir un compte rendu factuel et scrupuleusement documenté de l'histoire acadienne, pour situer ses recherches généalogiques, il fit valoir implicitement les aspects les plus positifs du Grand Dérangement qui fut une catastrophe, bien sûr, mais aussi l'occasion de recommencements réussis et de nouveaux départs obstinés.Ses études généalogiques elles-mêmes racontent à la fois la dispersion et l'unité.La dispersion, c'est qu'il y ait des Acadiens en Louisiane et au Nouveau-Brunswick.L'unité, c'est que l'ancêtre d'un Arceneaux ou d'un Thériot de la Louisiane ait été le frère ou le cousin d'un Arsenault ou d'un Thériault du Nouveau-Brunswick, et qu'ils aient vécu, à deux mille milles de distance, une expérience différente mais fraternelle de continuité historique.Il y avait aussi le mythe d'une malédiction permanente, d'un destin du malheur, d'un mariage à la misère.Pourtant, toute l'histoire de la Louisiane acadienne est une histoire de prospérité, dès les premières heures.Pourtant, les colons acadiens réinstallés dans le Québec y connurent le succès de leurs entreprises, et une nombreuse progéniture.Et s'il est vrai que ceux qui revinrent dans l'ancienne Acadie, aux provinces Maritimes, y revinrent dans la peur et l'abjection, ils forment aujourd'hui un groupe humain qui s'identifie par sa vitalité et qui accède rapidement à une véritable expression culturelle.C'était donc une espèce de grand recensement qu'il fallait faire.Un inventaire de famille.Un inventaire humain.Non pas, bien sûr, un catalogue exhaustif de noms et de lieux, mais une grande \"visite\" aux noyaux épars de la famille.Il fallait surtout écouter parler la famille et l'entendre se raconter.Puisque certains parlaient encore, à son sujet, de \"survie\", il fallait la voir et l'entendre vivre.Il n'y avait rien à prouver, rien à démontrer, rien à dire sinon ce que les Acadiens eux-mêmes diraient.Voilà ce que j'ai essayé de faire.Je n'ai pas voulu exprimer l'Acadie, mais plutôt laisser l'Acadie s'exprimer.J'ai sollicité l'Acadie à l'expression de soi, dans son discours le plus immédiat, le plus quotidien, le plus mouvant.Je reviens maintenant avec un bagage fait de visages, de lieux, d'amitiés.Et tout cela parle et chante.Et tout cela prendra au montage une forme que je ne sais pas encore.Je ne sais pas ce que le film dira.Mais je sais qu'il détruira au moins un mythe : celui d'une Acadie silencieuse. Le réelisotevr Léonard Forest, analyse l'aspect visuel d'une séquence,\tML Léonard Fores», réalisateur du film de l'ONF qui constitue une sorte d'analyse sociologique de l'Acodie tournée à l'université de Moncton.A gauche, le caméraman Jack Long.\tcontemporaine, tient ici la daq uette, au cours d'une séance de tournage qui eut lieu à Moncton.Il est accom- pagné de l'ingénieur du son, M.Champagne, également de l'ONF, et du caméraman Jack Long, de Vancouver. 16 / la PRESSE.7 JANVIER 1967 LA CUISINE CONNAISSEZ-VOUS LA POUTINE RÂPÉE ACADIENNE?|USQU\u2019A ce jour la cuisine acadienne n'avait pas vraiment attiré notre attention.Nous pouvions supposer que ce pays côtier se nourrissait de poisson, mais de là à lui reconnaitre une cuisine authentique, ni vu ni connu.Ainsi le homard, plus populaire parce que plus accessible là-bas qu\u2019ici, se mange le plus souvent dans la coquille, sans l\u2019apprêt des sauces Thermidor ou Newburg.De même, les huitres Malpeck, dont la réputation a franchi les frontières, se mangent sans prétention, parfumées d'un goutte de citron et arrosées d\u2019un choppe de bière.Mais quel est dont le plat national acadien ?On nous révèle que la pomme de terre râpée sert de base à certains plats régionaux.Et peut-être que si vous avez visité les Maritimes, vous avez déjà goûté à la poutine râpée ou au pâté à la râpure, selon que vous passiez par Monction ou le sud-est du Nouveau-Brunswick, pour ce qui est de la poutine, alors que au sud-ouest de la Nouvelle-Ecosse on vous offrait du pâté à la râpure.En fait, ces deux plats contiennent sensiblement les mêmes ingrédients.A une différence près.Ici, la volaille remplace le lard et le pâté est cuit au four, tandis que la poutine est bouillie.Quoi qu'il en soit, ces plats ont pris la couleur nationale.Jusqu'à figurer noblement sur la table familiale du Premier de l'An, à l'instar de notre dinde farcie.Selon la région, la poutine râpée ou le pâté à la râpure honorera le visiteur de marque.En Nouvelle-Ecosse, par exemple, lors du grand banquet qui clôture la semaine acadienne, célébrée à la mi-août, et qui se termine le jour de la fête de l\u2019Assomption, l'invité d'honneur se régalera de pâté à la râpure, qui sera d\u2019ailleurs le seul plat au menu.On y ajoutera des fruits pour le dessert.A Moncton, les petits restaurants ser- vent des poutines râpées.Les consommateurs étant la plupart du temps des résidents de cette ville.Quant à ceux de la Nouvelle-Ecosse, ils réclament leur pâté à la râpure.Le râpé sert aussi à faire de succulents beignets.C\u2019est-à-dire des crêpes.Mets populaire, quoique moins recherché que les jt'+J f S.deux précédents.Il est pourtant plus facile à préparer, et de ce fait il arrivera souvent qu\u2019il compose le menu ordinaire du souper.Les deux autres exigeant de longs préparatifs voilà pourquoi on les destine à des occasions spéciales.Tout le long des côtes, on utilise en outre énormément de fruits de mer : les coques, les palourdes, et certains poissons qui entrent dans les recettes de potages, genre bouillabaise.On peut dire que chaque ménagère possède sa recette.Nous vous en donnons une qui vient de la Nouvelle-Ecosse, de même que celle de la poutine, du pâté, et des beignets.POUTINE RAPEE Ingrédients : 15 grosses patates bien cuites et écrasées 25 grosses patates râpées et égouttées lü Ib de lard (gras et maigre) coupé en dés.Mélanger les patates écrasées et les patates râpées.Former des boules avec ce mélange, en mettant du lard au centre, à l\u2019intérieur.Ces boules auront environ 3 pouces de diamètre.Faire bouillir dans l\u2019eau environ trois heures.PATE A LA RAPURE Ingrédients : Volaille de 5 ou 6 Ib % de seau de grosses patates 2 oignons moyens, hachés finement sel et poivre Découper en morceaux une volaille bien grasse.Couvrir avec de l\u2019eau.Ajouter les oignons, le sel et le poivre.Cuire.Peler, laver et râper les patates (en notant la quantité).Epurer dans un sac (2 tasses à la fois) jusqu'à ce que la préparation soit sèche.Placer dans un bol.Quand les patates sont complètement épurées, les défaire avec les mains dans un grand bol.Ajouter le bouillon chaud de la volaille, en brassant bien.Si le bouillon ne donne pas la même quantité de mélange qu'avant l'épuration des patates, ajouter de l\u2019eau bouillante.Sel et poivre au goût.Graisser un moule de 17 po.x 12 po.Etendre la moitié du mélange.Distribuer la volaille.Couvrir de l'autre moitié du mélange.Cuire à 400 degrée F.durant 2 heures, pour obtenir une croûte bien dorée.(Si la volaille n'est pas suffisamment grasse faire fondre un morceau de lard et ajouter au mélange).Il arrive que l\u2019on remplace la volaille par un lièvre, ou des coques (clams) ou du homard.BEIGNETS A LA RAPURE Ingrédients : 6 grosses patates 1 c.à table d\u2019échalotes salées 1\toignon haché finement 2\tc.à table de farine à crêpes Vs boite de boeuf salé en conserve ( déchiqueté ) sel et poivre au goût Râper les patates.Ne pas extraire l\u2019eau.Incorporer le reste des ingrédients et bien opérer le mélange.Cuire comme des crêpes dans du saindoux ou de l\u2019huile végétale.Tous les mets à la râpure se mangent avec de la cassonnade.Il y a des gens qui préfèrent le sucre.D'autres le sel seulement.Il y en a même qui les mangent avec de la mélasse.CHOWDER AU POISSON ET AUX MOLLUSQUES Mettre dans une casserole V< de tasse de beurre, 'à tasse de porc coupé en 'dés, 1 oignon moyen haché.Cuire lentement jusqu\u2019à ce que l\u2019oignon soit doré.Ajouter 1 pinte d'eau, 1 c.à table de sel, 1 c.à table de poivre.I feuille de laurier, % tasse de morue salée cuite et coupée en morceaux, 6 patates assez grosses, coupées en morceaux.Cuire pendant 10 minutes ou jusqu\u2019à ce que les patates soient partiellement cuites.Ajouter lx lb de pétoncles, 4 lb d\u2019aiglefin, 1 tasse de palourdes ou coques, 3 homards assis* gros (ou 2 grandes boites de homard congelé).Laisser cuire à feu bas pendant 2 heures.Avant de servir, ajouter 1 tasse de lait, ht tasse de crème, du sel au goût et du paprika.\tami» I S (SUITE DE LA PAGE 9) une part active dans le développement ( l'économie.Il est donc logique de penser que sur le plan économique, les Acadiens peuvent voir là un autre motif d'espoir L'éducation au Nouveau-Brunswick Les statistiques démontrent assez claire ment que le niveau d\u2019éducation a une in fluence directe sur le niveau du revenu II est donc bon de se demander où en sont les Acadiens, sur le plan de l\u2019éducation.il y a moins de 20 ans, les élèves du niveau primaire pouvaient étudier en français dans des écoles séparées, un peu comme c\u2019est le cas de tous les Canadiens français situés hors du Québec, qui sont assez nombreux pour financer eux mêmes ces écoles séparées.Mais de la part du gouvernement, aucune assistance dans ce domaine, de sorte que les Acadiens devaient en définitive s\u2019envoyer une double taxation, pour supporter le coût des écoles séparées.Après le stade primaire, les élèves devaient s\u2019intégrer aux High Schools et poursuivre leurs études en anglais, à moins que ies parents n\u2019aient les moyens d\u2019envoyer leurs enfants étudier dans les collèges français des régions urbaines, ou encore dans les collèges du Québec.Seule une minorité avait accès à ces collèges non subventionnés par l\u2019Etat, avant 1951.C\u2019est dire que la plupart des jeunes Acadiens qui se rendaient au niveau secondaire, devaient s\u2019inscrire dans les High Schools.Mais les Acadiens qui prenaient une importance numérique au Nouveau Brunswick, ont fini par rouspéter.A compter de 195!.le gouvernement commença a fournir de maigres subventions à cinq collèges français du Nouveau-Brunswick, s'assurant ainsi à chaque fois, la \"bienveillante considération\u201d du gouvernement, et quelques minimes subventions.Mais sous l\u2019effet des pressions croissantes, les événements changèrent à compter de 1960.Institution par le nouveau premier ministre Louis Robiehaud (élu le 27 juin 1960), d\u2019une commission royale d\u2019enquête sur les problèmes de l\u2019enseignement supérieur au Nouveau-Brunswick.Conclusion de l\u2019enquête; création d'une université française dans la province, financée par l\u2019Etat.Cette dernière, l\u2019université de Moncton, est devenue entité légale, a compter du 19 juin 1963.Et depuis ce temps, la révolution tranquille du Nouveau-Brunswick a poursuivi son chemin.L\u2019équipe libérale a mis au point ce qu\u2019il est convenu d'appeler là-bas le \"plan Robiehaud\u201d, qui, sur le plan de l\u2019éducation, donne un sérieux coup de pouce aux Acadiens.Parmi les nombreux objectifs que vise ce programme d\u2019égalité sociale, on retrouve le suivant, concernant l\u2019éducation : \u201cLa langue scolaire sera celle de la majorité des habitants du district scolaire.Ces districts dans toute la mesure du possible, seront tracés en fonction du facteur linguistique.Pour favoriser le regroupement des élèves suivant la langue, des améliorations considérables seront apportées au réseau de transport écolier\u201d.Parce que le plan Robiehaud n'entrera pas en vigueur avant le mois de janvier, ce texte, évidemment, parle au futur.Mais on a déjà commencé à structurer le système en fonction du plan.C\u2019est pourquoi, à Moncton par exemple, on aperçoit de beaux édifices scolaires tout neufs, qui s'appellent l\u2019école secondaire Général Va-nier, et où les cours sont donnés en français.De sorte qu'il est aujourd\u2019hui possible à presque tous les- Acadiens de poursuivre leurs études en français, et cela jusqu\u2019au niveau universitaire.Il va sans dire que le \u201cplan Robiehaud\u201d ne plaît pas à tout le monde.Comme l'a dit le journaliste Jean-V Dufresne dans une série d\u2019articles sur le \u201cPlan Robi chaud \", \"Il est une accusation que ses adversaires les plus farouches n\u2019oseraient jamais porter publiquement contre le pre mier ministre Louis Robiehaud, mais elle leur brûle les lèvres : le programme pour 1 égalité sociale est une conspiration aca dienne.' a plan for the French by the French\u2019\u2019, comme on dit à Fredericton.\" Autrement dit.on rouspète mais à voix basse, sans doute parce que l'on doit tenir compte d\u2019un facteur important : l\u2019impor tance de la population acadienne.Cette accessibilité généralisée à l\u2019enseignement fait que l'université de Moncton compte aujourd\u2019hui environ 1.000 étudiants.Sans doute convient il de se demander quelles possibilités leur sont offertes, une fois terminées les études universitaires.Les Acadiens connaissent à l\u2019heure actuel le un problème qui n\u2019a pas épargné la société québécoise à son heure, savoir, l\u2019émi gration des compétences formées dans les universités.Mais il faut préciser que ladite révolu tion tranquille du Nouveau Brunswick fait, elle aussi, plus de place à l\u2019utilisation de ces compétences, de sorte que les Acadiens observent ce phénomène nouveau d\u2019un rapatriement assez considérable do cette élite.Aujourd'hui plus qu\u2019hier, et demain plus qu\u2019aujourd\u2019hui, peuvent ils of frir une place à leurs gradués.D\u2019abord au niveau du fonctionnarisme, et ensuite dans l'industrie qui se développe L'expression de la culture acadienne Les Acadiens sont les premiers à soutenir qu\u2019ils ne constituent pas une nation, puisqu\u2019il leur manque cette importante caractéristique, comme le disent le père Roger Savoie, Harold McKirnin, Marc-Antoine Richard et les autres que nous avons rencontrés, d\u2019un territoire qui leur soit commun et propre.Si I on analyse d\u2019autre part les interventions des personnes précitées, on constatera en outre, qu\u2019ils ne se réclament pas d\u2019une culture qui leur soit propre, mais d\u2019une culture étroitement liée à celle de la communauté canadienne-française.Interrogés par exemple, sur les revendications séparatistes qui se manifestent au Québec, les Acadiens s\u2019accordent à peu près tous pour dire que si cela devait conduire à une rupture des relations entre le Québec et les Acadiens, il y seraient certainement opposés.Quoi qu\u2019il en soit, les jeunes Acadiens expriment aujourd\u2019hui de nouveaux besoins pour une vie culturelle plus intense.Ce phénomène n\u2019est d\u2019ailleurs pas indépendant de cette accessibilité plus généralisée à l\u2019éducation.Les jeunes veulent avoir du théâtre, du cinéma, et même leurs boites à chansons.Peut-être en sont-ils encore au stage des tâtonnements, mais il y a là un début d\u2019activité assez représentatif de cette nouvelle prise de conscience chez les Acadiens.Peuple minoritaire, constamment bafoué tout au long de son histoire, il est cependant aujourd\u2019hui beaucoup moins minoritaire, et ce fait se manifeste dans des revendications qu\u2019il n\u2019aurait osé formuler il n\u2019y a pas si longtemps.Le Nouveau-Brunswick est-il en passe de devenir la deuxième province française du Canada 7 Personne ne peut l\u2019affirmer de manière certaine.Il faut cependant reconnaître que les Acadiens sont déterminés à continuer de vivre en français, qu\u2019ils se donnent graduellement les structures dont ils ont besoin, y compris celles dont ils ont besoin pour s\u2019intégrer dans le mouvement industriel.Ce sont là, diraient sans doute les sociologues, d\u2019encourageants indices de la survie des Acadiens.\t\u2014 LA GASTRONOMIE PAR ROGER CHAMPOUX Le bon \u201cchowder\u201d .à l\u2019acadienne Nos amis acadiens \u2014 le présent cahier leur consacre plusieurs pages \u2014 n\u2019ont jamais eu l\u2019outrecuidance d\u2019affirmer que la soupe de poissons dont ils sont si friands était une \"bouillabaisse\" Sachant toute la différence qui existe entre la Méditerranée et l\u2019Atlantique, jamais ils n\u2019ont osé commettre d\u2019hérésies culinaires en servant \u201cà la marseillaise\" une soupe typiquement acadienne dont le mérite est grand.Imiter, en cuisine, ne donne rien qui vaille.Il est donc un certain \"chowder\" acadien au poisson et aux mollusques, tout à (ait unique dans sa catégorie.On y trouve du homard, de la morue, des pétoncles, de l\u2019aiglefin, des palourdes et.tenez-vous bien, du porc en dés Enfin, histoire de donner plus ample consistance à une soupe qui doit être une soupe, le cordon-bleu acadien n\u2019hésite aucunement à recourir à la pomme de terre.Reconnaissez que le tout est assez costaud Au pays du soleil, une soupe de ce genre imoins le porc, moins la pomme de terre) serait traitée à l\u2019huile d\u2019olive et au vin blanc et, l\u2019Italie n\u2019étant pas loin, la tomate écrasée serait de la fête.Dans la recette acadienne, c\u2019est le gras du porc qui fait fonction d\u2019huile.Quant au vin, bah ! on l\u2019oublie sans pour autant s\u2019en porter plus mal.Le homard des Maritimes étant le meilleur du monde, et cela je l\u2019affirmerai tant que je vivrai, les pommes de terre de la région étant incomparables et la morue étant un poisson aux qualités méconnues (il faut dire que nous, Montréalais, le préparons le plus mal possible mais que l\u2019Acadien sait le traiter avec raffinement' .ces ingrédients de base du \"chowder à l\u2019Acadienne\" font ici merveille.Pour calmer les violences de la faim et effacer les fatigues du jour, ce \"chowder\" île mot n\u2019est pas français mais Prosper Montagné l\u2019inscrit à son dictionnaire gastronomique1 vaut la sou De à l\u2019oignon dont, à lort.on chante trop les vertus.La présence du porc et de la pomme de terre dans ce \"chowder\" ne vous rappelle rien ?Pensez un peu.Eh oui ! U s\u2019agit des deux mêmes éléments de la classique soupe aux choux, la plus québécoise de toutes les soupes.Mets familial au premier titre, le \u201cchowder\u201d du Nouveau-Brunswick n\u2019a pas encore atteint le palier gastronomique pas plus, du reste, que notre soupe aux choux.Aucune honte à être modeste.La gastronomie, c\u2019est pour le dimanche et les soirées de grande fête.Lorsque la famille acadienne fait cercle autour de la table où trône la soupière pleine du coulis brûlant des fruits de la mer et des pommes de la terre, les soucis du gris-gris quotidien disparaissent.Des forces nouvelles i faut-il préciser qu\u2019en matière de calories une pareille soupe est de première!) seront acquises; le labeur des jours à venir n\u2019effaiera plus les femmes et les hommes acadiens, ces vaillants dont l\u2019alimentation est aussi saine que copieuse.Ce n\u2019est pas à manger des choux .à la crème que .Vous avez compris.IA PRESSE, 7 JANVIER 1967 / 17 AUJOURD\u2019HUI, L'ACADIEN SE RANGE \"LE VIEUX NATIONALISME ACADIEN EST DEPASSE, MAIS IL LES A BIEN SERVIS.IL LES A UNIS ET LEUR A DONNE UN SENTIMENT DE FIERTÉ\".PAR EMERY LEBLANC ¦MBRT LIBLANC MT DIRECTEUR DM RELATIONS PUBLIQUES OU CANADIEN NATIONAL POUR LA REOION OU SAINT-LAURENT QUX PROVINCES maritimes, les termes Canadien français et Aca dien ont une signification bien precise.Le Canadien français, c'est le francophone du Québec.Celui des Maritimes.c\u2019est un A'cadien.L'histoire explique facilement cette distinction.Au début, il y avait deux colonies bien distinctes : la Nouvelle-France, qui est devenue le Québec, et l'Acadie.Et pendant plus de deux siècles et demi, ces deux colonies ont gardé leur identité propre.Ce n'est qu'avec la Confédération, en 1867, que les Provinces maritimes sont devenues partie du Canada.Depuis cent ans.on croirait que ces gens des Maritimes avaient perdu l'habitude de s\u2019appeler Acadiens.C'est le contraire qui est arrivé.r.Au moment de la Confédération, les ?Acadiens, qui vivaient isolés dans les quant tre coins des Provinces maritimes, n'a- Ui > voient aucune organisation nationale.Us < dont joué aucun rôle dans l\u2019élaboration ^ des projets de Confédération et le fail \u2022 - qu'à partir du premier juillet 1867, ils de-v> venaient des Canadiens, ne les a pas im-g pressionnes outre impure.« En 1874, la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal voulut donner un éclat parti-s culier à ses manifestations.De nombreuses T délégations de l'extérieur, y compris 18,000 Franco-Américains, participèrent à cette fête.Il y vint aussi quelques Acadiens; ils furent placés parmi les invités de nationalité étrangère, comme les Anglais ou les Irlandais.Six ans plus tard, la Société Saint Jean Baptiste de Québec organise à son tour de grandes manifestations.Et cette fois, les Acadiens sont invités : \u201cVous viendrez, aussi.Acadiens courageux et fidèles, race indomptable que ni la guerre, ni la proscription n\u2019ont pu courber ni détruire, rameau plein de sève, violemment arraché d'un grand arbre, mais qui renait et réparait au soleil de la liberté.Tous ensemble nous célébrerons la Saint-Jean-Baptiste par des réjouissances dont Québec gardera le souvenir.-\u2019 Ils étaient une quarantaine d'Acadiens aux fêtes de Québec.Et là.pour la première fois, il s ont vu qu'il était bon de se connaître et de travailler ensemble pour le bien de la communauté.De cette rencontre à Québec est née l\u2019idée d'un premier congrès acadien.Ses organisateurs, dans un moment d'optimisme, s'étaient dit qu\u2019il devait y avoir au moins 150 villages acadiens.Et si chaque village envoyait deux délégués, ils seraient 300.Or.au premier congrès acadien qui eut lieu à Memramcook.en 1881, ils étaient 5,000.Comme base des délibérations au con- - i Ce tont d« eghses comme celle-ci, à Barachois, qui onl maintenu l'unité dec Acadien» Aujourd'hui, les Acadien» t'institutionnalisent davantage.avec des \u2022nstitutmn» comme le collège Notre-Dame d'Acadie pour demoiselles à Moncton, que l'on a gardé l'unité acadienne.Mais aujourd'hui, l'université de Moncton exerce une plut gronde influence encore.grès, on avait créé quatre commissions : l'éducation, l\u2019agriculture, la colonisation, la presse.La première de ces commissions devait étudier le \u201cchoix et l\u2019adoption d\u2019une fête nationale générale pour les Acadiens des Provinces maritimes.\u201d Naturellement, il fut question de la Saint-Jean-Baptiste.Mais il fut aussi question d\u2019une fête qui serait distincte de celle des Canadiens français.Après un long débat, qui a duré toute une journée, c\u2019est ce second projet qui l\u2019a emporté.Et depuis ce jour, les Acadiens célèbrent leur fête nationale le 15 août, fête de Notre-Dame de l'Assomption.L'idée qui a alors prévalu était que les Acadiens n'étaient pas un peuple comme les autres.Ils avaient souffert plus que les autres, ils avaient une histoire bien à eux.Et c\u2019est pourquoi il leur fallait une fête distincte.Les quelques Acadiens qui ont réussi à faire adopter l\u2019Assomption comme fête nationale, avaient un projet en tète, et ils ne se sont pas arrêtés là.Jusqu\u2019ici, les Acadiens avaient vécu dans l\u2019isolement, oubliés de tous, s\u2019ignorant les uns les au très. A COTE DE SON FRERE DU QUEDEC Pour changer cela, on a voulu leur créer un patriotisme.Ce ne fut pas facile.Les Acadiens n'avaient rien.Ils n'avaient au cune raison d'être fiers.C\u2019est pourquoi on leur a créé un patriotisme basé sur leur histoire.Plus particulièrement sur la Dispersion.Leur fête nationale les séparait du reste do < .in.iila irançais.Le patriotisme qu'on leur a prêché par la suite n'a fait ou accentuer cette séparation Aujourd'hui, ce patriotisme est dépassé.1 Mais il a bien servi les Acadiens.Il les a ; unis, et leur a donné un sentiment de fier-} le quand cela semblait impossible.De nos jours.l\u2019Acadien veut jouer un { rôle a part entière dans l'entité canadienne française.Il y vient avec son caractère i propre, qui est bien différent de celui du Canadien français.11 est conscient de sa timidité, de sa réserve.Il admire le Canadien français, qui est si sur de lui-même.; qui peut proclamer hautement ses convie tiens L\u2019Acadien n'a jamais été maitre chez lui et n\u2019a jamais pu le faire.L\u2019Acadien sait que lorsqu'il n'avait pas de prêtres, ce sont des prêtres du Québec qui sont venus à lui.Il se souvient que lorsqu'il n'avait pas d'écoles, ce sont des religieux et des religieuses du Québec qui sont venus à son aide.Il n'oublie pas que chaque fois qu'il a dû traverser une crise particulière, il a pu se tourner vers le Qué lier ou il a été bien accueilli.Aujourd\u2019hui, il a l'impression qu\u2019il peut se ranger à côté de son frère du Québec, non pas comme un parent pauvre, qui 'ICC quémander, mais comme un frère, jeune encore, mais qui a une contribution a apporter Il va continuer de s'appeler Acadien : il ne peut oublier trois siècles et demi d'histoire, surtout quand toute sa vie nationale a été basée sur cette histoire.Il ne la renie pas.cette histoire, mais aujourd\u2019hui, il peut tirer un sentiment de fierté de ses réussites et des promesses qu\u2019elles contiennent Il s'est donné les cadres d\u2019une vie française : université, écoles, journaux, radio, télévision.Il est très conscient du fait que ces cadres n'existeraient pas ou seraient bien moins imposants s\u2019il n'avait pas reçu l'aide de ses frères du Québec.Dans son coin du pays, et même dans le pays tout entier, il joue un rôle aujourd'hui.Dans le domaine de la politique, ¦le la finance, de l\u2019industrie, des arts, des sciences, ce rôle est connu.Il peut donc cultiver un sentiment de fierté sans avoir recours uniquement au passé.Le patriotisme qu'on lui a créé le siècle dernier est maintenant dépassé.Aujourd\u2019hui, son patriotisme est aux dimen sions de son pays, le Canada, où il veut lain» cause commune avec les autres Cana- &î?*îS§ leurs.'\"\u2019\"\u2018\u2022«SMP fevv-a; I ¦ .¦>.à # i > LA PRESSE, 7 JANVIER I Connaissez-vous le tabac du Québec î PAR GÊRALD MORIN \u2022\u2022 tau\t\u2014 rata eatta Corinn^ Q/\\fB feortoetsu oc L AJKxnr \u2022 Ptocau tat a * as* \u2022 V \u2022/Xi IA PRESSE.T JANVIER 1967 / 23 Cm coupon »una valour da 50C a prix du dévsloppsmont at i ,________ ________ 3Vi\" x 5\") das films Kodacoior,'dont las prix sont déjà réduits da 50%.FILMS 8 POSES\tFILMS 12 POSES Ord.$2.12\tOrd.$2.88 MOMS:\tMOINS:\t_______ COUPON ^\tCOUPON 50\tCOUPON 50 Nat $1.62\tNat $2.38\tNat $4.00 uniquamont a-JOINT NOTRE ENVELOPPE SPECIALE CONÇUE POUR L'EXPEDITION FACILE MAIS SÛRE DE VOS FILMS UTILISEZ-LA EN TOUTE CONFIANCE EN SUIVANT LES DIRECTIVES INDIQUEES.$4.50 SERVICE PWS DE 50% arwamnaiwB'i VWKWSSiVtViN _______________\u2014AMiViViV.ViVéVi c.Yivivtvmvm- O* * * % * » » * "]
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