La presse, 29 juillet 1967, Supplément 1
[" r L fé^S T-rrs.'-i' ¦kSïir.5: mmW : Wmm!~ sSSsBaB* le magazine de I_\\ PRESSE LA PRESSE, 29 JUILLET 1967 le magazine de r Le rugby n'est pas un sport de spectateurs.mais les joueurs, eux, ne s\u2019en plaignent pas.Ce sport, qui existait à l'état de somnolence chez nous, redevient populaire.Les équipes canadiennes peuvent maintenant rivaliser avec celles du monde entier.NOS PHOTOS ANTOINE DESUETS: 3 i S; 12 J 15; 18 à 21 ARCHIVES LA PRESSE: 8 à 11 et 18; 22 et 23 À PROPOS Le Québec et l'étranger U fut un temps où beaucoup de Québécois réclamaient l'ouverture d\u2019une maison du Québec à Paris pour des raisons sentimentales.Ces raisons du coeur n\u2019ont évidemment rien d\u2019illicite, mais elles n\u2019auraient pas été suffisantes pour ouvrir une délégation générale en France.Il fallait surtout établir des liens économiques et culturels pratiques qui profiteraient aux citoyens du Québec autant qu\u2019à ceux de la France.Effectivement, la délégation générale du Québec à Paris n\u2019est qu\u2019un des moyens dont se sert le Québec actuel pour établir des liens avec l\u2019étranger.L\u2019article que nous publions cette semaine sur le ministère des Affaires intergouvemementales démontre ce fait.Dans cet article, l\u2019on peut lire que le nouveau ministère québécois sert à coordonner la politique des différents ministères lorsqu\u2019il s\u2019agit des relations avec l\u2019étranger.La multiplication des relations avec l\u2019extérieur a sans doute rendu ce rôle de coordination nécessaire.L\u2019exécution de la politique d\u2019ensemble est toutefois laissée aux autres ministères.C\u2019est ainsi que le ministère de l'Industrie et du Commerce a créé un comité d\u2019accueil des hommes d\u2019affaires étrangers à l\u2019occasion de l\u2019Exposition universelle.Son président, M.Gilles Chatel, nous a souligné le fait que les délégués économiques des différentes délégations générales sont en rapport constant avec ce comité d\u2019accueil et qu\u2019ainsi des résultats ont déjà été obtenus en matière d\u2019échanges commerciaux et d\u2019implantation industrielle.Cela devait arriver.Le comité d\u2019accueil du ministère de l\u2019Industrie et du Commerce, depuis l\u2019ouverture de l\u2019Expo et au moment où nous écrivons ces lignes, a mis 300 hommes d\u2019affaires étrangers en rapport avec leurs correspondants québécois.D est aussi entré en contact avec 3000 autres personnes dont 60 p.cent venaient des Etats-Unis, 30 p.cent d\u2019Europe et le reste des autres parties du monde.L\u2019exposition universelle a donc cet avantage d\u2019établir des liens avec l\u2019étranger, liens qui deviendront permanents et auront une influence à long terme sur l\u2019économie du Québec.Peut-être cela permettra-t-il aussi de réaliser cette diversification souhaitable des sources de capitaux.Pour les gens qui voudraient rencontrer ces hommes d\u2019affaires en visite, le Bureau d\u2019Expan-sion économique de l\u2019Expo en possède la liste.Cette liste est alimentée de plusieurs façons mais principalement par les conseillers commerciaux du gouvernement fédéral qui sont en poste dans 80 pays.Comme on peut le voir, l\u2019intérêt du Québec pour l\u2019étranger, surtout en cette année de l'Expo, pourra avoir des effets bénéfiques pratiques, peut-être même à Saint-Jérôme, ville qui fait l\u2019objet d\u2019un reportage dans nos pages.JEAN-PIERRE BONHOMME VIEILLES MISERES ET NOUVEAUX ESPOIRS DE SAINT-JEROME En avril dernier, Saint-Jérôme battait tous les records de chômage.Aujourd'hui, quelques jeunes leaders surgis de divers milieux amorcent la reprise économique.La ville est devenue le lieu d'une sorte de miracle sociologique.PAR ANDRE BËLIVEAU N NE VA peut-être vraiment jamais au fond du malheur.On s'en approche.Mais il arrive aussi qu\u2019on tente de sortir du trou \u2014 et qu\u2019on y parvienne.Cela peut s'appeler un miracle.Il est à une trentaine de milles de Montréal une petite ville \u2014 30,000 habitants \u2014 qui avait fait un bon bout de chemin sur la pente raide qui mène au désespoir, et qui, aujourd'hui, vit une aventure sans doute unique jusqu\u2019ici au Québec : l\u2019éveil spontané d\u2019une conscience collective qui pourrait bien être le prélude d\u2019une renaissance au bonheur de vivre.Il y a près de 40 ans que Saint-Jérôme végète dans un état grave de stagnation, accrochée à une vocation touristique mythique, à une infrastructure agricole sans avenir et à quelques rares industries de moyenne importance appartenant, pour la plupart, à des secteurs faibles.La situation s\u2019était encore aggravée ces dernières années.Par suite de la fermeture d'une usine et d\u2019importantes réductions dans le personnel de quelques autres, le taux du chômage y était en avril dernier le plus élevé au Canada (30 p.100).Selon le \u2019\u20191966-67 Survey of Market and Business Year Book\u201d du Financial Post, le revenu hebdomadaire moyen s\u2019y établissait en 1966 à $69.59, soit 24 p.100 de moins que la moyenne canadienne.Il était le plus bas au Canada.Bref, la situation était telle qu'on a pu la comparer à celle qui existait au pays au plus profond de la crise économique des années \u201930.L'originalité du phénomène Aujourd\u2019hui, en vérité, les choses ne se sont pas encore considérablement améliorées sur le plan économique, mais Saint-Jérôme est devenue le lieu d\u2019une sorte de miracle sociologique.Aiguillonnés, consciemment ou non, par le bouillonnement d\u2019une masse ouvrière excédée, quelques jeunes leaders surgis de-divers milieux ont entrepris d\u2019assainir le climat social et d\u2019amorcer la reprise économique en édifiant des structures d\u2019accueil valables pour les nouvelles industries qu\u2019ils tentent d\u2019attirer chez eux.Ce qui constitue l\u2019originalité du phénomène qui se déroule présentement à Saint-Jérôme, c\u2019est le fait qu\u2019une population défavorisée, mal dirigée par des chefs politiques sans envergure et abandonnée par ses élites traditionnelles, ait soudainement décidé de prendre elle-même son destin en main et, presque sans aucun apport de l\u2019extérieur, d\u2019entrer enfin de plain-pied dans cette seconde partie du 20e siècle où d\u2019autres l\u2019avaient précédée.C\u2019est cette spontanéité qui le différencie, par exemple, d\u2019une expérience comme celle du Bureau d\u2019aménagement de l\u2019est du Quebec, où l\u2019éveil est survenu à la suite du parachutage d\u2019une forte équipe de spécialistes venus de l\u2019extérieur.La prise de conscience collective des Jé-rômiens s\u2019est accompagnée d\u2019un glissement marqué des citoyens pensants vers la gauche \u2014 aussi bien chez les nantis que chez les prolétaires \u2014 et d\u2019un mouvement de maturation des travailleurs comme d\u2019un certain nombre de possédants en ce qui a trait aux relations ouvrières-patronalcs.Concentration industrielle excessive Tapie dans une poche de pauvreté entre Montréal, métropole du Canada, et les Laurcntides, centre touristique de haute renommée, Saint-Jérôme a longtemps cru posséder une vocation de \"ville de servi ces\".Somnolant dans une douce béatitude à l\u2019ombre de la statue du bon gros curé Labcllc, se gorgeant de mots (\"Saint-Jérô me.Mesdames et Messieurs, est la Heine des Laurcntides, la Heine du Nord, le Seuil des Laurcntides, la plus belle ville de la prrovancc de Québec.!\"), ses politiciens ont oublié de planifier son avenir, de di- Los militants Ha Moavomoat dos travaillants cfcrétions ont jsti on r£la actif la raaaavaaa Ha SsisUlifioa.tps IA PRESSE, 29 JUILLET 1967 / 3 4 / LA PRESSE, 29 JUILLET 1967 .I milMI\u2014» versifier son économie dans des secteurs industriels rentables, de la dotep d'un équipement moderne, de former stTjeunesse, et ils n'ont pas vu à temps qu\u2019elle devenait de plus en plus un centre de repli pour toute cette population de manoeuvres que sécrétait le Nord \u2014 l\u2019Abitibi \u2014 incapable de taire vivre ses fils Avant les récentes mises à pied qui ont touché près de 15 p.1U0 de la main-d\u2019oeu-vre de la ville, trois travailleurs sur qua tre, à Saint Jérôme, étaient à l\u2019emploi de la Compagnie de papier Rolland, de la fila lure Regent Knitting Mills ou de la Dominion Rubber \u2014 qui s\u2019appelle maintenant \"Uniroyal\u201d.Cette concentration excessive ne pouvait qu\u2019entraîner une grande instabilité économique pour la main-d'oeuvre locale et la vitalité de la ville en général.Instabilité d\u2019autant plus aigue que deux de ces entreprises \u2014 la Regent Knitting et l\u2019Uniroyal appartenaient à des secteurs largement affectés par la concurrence internationale, le textile et la chaussure de caoutchouc, et que leurs dirigeants, de l\u2019avis général, n\u2019ont pas toujours su manifester le plus grand dynamisme dans la conduite de leurs affaires Ces jeunes turcs qui ont entrepris de faire de Saint-Jérôme une ville \u201cvivable'' sont donc partis de loin L'élan L\u2019élan initial est venu de plusieurs mi lieux à la fois : les syndicats ouvriers, le Mouvement des travailleurs chrétiens (an cienne Ligue ouvrière catholique), certains éléments du clergé, quelques hommes d\u2019af faires et quelques fonctionnaires munici paux, provinciaux et fédéraux.Mais c\u2019est au sein de la commission industrielle loca le, réunion des individus les plus actifs dices milieux, que le miracle semble vérita hlement en voie de se cristalliser La formule du commissariat ou de la commission industrielle n\u2019a rien de nouveau.L\u2019Ontario avait déjà ses commissaires en 1875, et les Etats-Unis ont leurs \u201ccommunity action groups\" depuis fort longtemps.Et bien que le Québec n\u2019ait commencé à s\u2019y intéresser systématiquement qu\u2019en 1962, la municipalité de Saint-Romuald possède son commissaire industriel depuis 22 ans, Drummondville depuis 15 ans et Joliette depuis 12 ans.Déjà, en 1959, Saint-Jérôme avait embauché un premier commissaire industriel, qui mourut cependant deux ans plus tard sans avoir pu accomplir grand-chose.On ne jugea pas nécessaire de le remplacer avant 1964.Cette année-là.le maire Hubert Murray.libéral inconditionnel qui fut défait comme candidat créditiste à Ottawa avant de réussir à se faire élire comme député de l\u2019Union nationale à Québec, alla visiter Oshawa, en Ontario, et en revint résolu à engager un nouveau commissaire.On retint à titre de conseiller les services d\u2019un ancien fonctionnaire de Montréal, M Val more Gratton, qui accomplissait le même travail pour le compte de plusieurs autres municipalités.Ce fut un demi-succèi^^M Gratton, put-on lire à l\u2019époque dantrun journal local, est un homme bien vu partout au Québec, mais on ne le voit pas souvent à Saint-Jérôme.\" En mai 1965, plutôt que de renouveler le contrat de M.Gratton, la Ville embaucha comme commissaire industriel l\u2019un de ses administrés, M.Gérard Bruneau, homme d\u2019affaires de 36 ans qui était propriétaire du Bureau de crédit Laurentides et secrétaire de la Chambre de commerce locale.Naissance de la commission industrielle Cette nomination coïncida avec l\u2019arrivée à Saint-Jérôme du premier délégué du ministère québécois de l\u2019Industrie et du Commerce, M Guy Brassard, qui avait justement pour mission de stimuler l\u2019im plantation industrielle dans la région Dans la trentaine, celui-ci était diplômé en ad ministration de l\u2019Ecole des hautes études commerciales de Montréal et de l\u2019Ecole La Salle de Chicago, et il avait acquis une solide formation pratique dans l\u2019industrie privée aux Etats-Unis et au Canada avant de s'orienter vers la fonction publique.Il devait devenir l'un des principaux moteurs de l\u2019éveil de Saint Jérôme Travaillant de concert, les deux hommes recrutèrent un premier noyau de citoyens de bonne volonté qui avaient déjà manifesté quelque inquiétude face à la situation : un riche notaire, un ingénieur, un propriétaire d\u2019hôtel, un conseiller municipal et surtout un pharmacien alors âgé de 36 ans.M Aimé Thibault Saint-Jérôme était à ce moment-la a se remettre d'une série de grèves qui avaient gravement détérioré son climat social Une première tentative de nos notables en vue d'assainir ce climat aboutit a un échec : on avait naïvement créé un comité de relations patronales-ouvrières qui ne comprenait ni un seul patron, ni un seul ouvrier \u2019 L\u2019expérience ne fut toutefois pas totalement vaine.\"C'est elle qui m'a vraiment sensibilisé à nos problèmes, admet au jourd'hui Aimé Thibault, et je ne suis pale seul dans ce cas Sous l\u2019impulsion de Bruneau et de Bras sard, le conseil municipal créa peu après une première commission industrielle dont Thibault assuma la présidence Un animateur exceptionnel Quelque temps auparavant, le Mouve ment des travailleurs chrétiens, inspiré par un jeune prêtre du nom de Jacques Grand'Maison.avait entrepris une étude socio-économique dans les industries de la \\ille L\u2019enquête devait révéler que 30 p 100 des pères de famille gagnaient moins de $60 par semaine, que 20 p 100 travail latent plus de 55 heures par semaine et que 70 p.100 des travailleurs ne jouissaient d\u2019aucune forme de sécurité d\u2019emploi et pouvaient être renvoyés pour la moin dre peccadille, au gré du patron.Ce chanoine Grand\u2019Maison.qui n\u2019avait que 32 ans.a lui aussi joué un rôle consi dérable dans l'évolution de la conscience communautaire des Jérômiens.Sociologue et professeur de thc-ologie à l\u2019Université de Montréal, conférencier et auteur de plusieurs volumes sur le renouveau dans l'Eglise, ayant l'oreille de son évêque.Mgr Emilien Frenette, et exerçant un grand ascendant sur le clergé diocésain, il s'est constamment rangé du côté des ouvriers.insistant pour qu'ils puissent participer à la prise des décisions les concernant et prenant la parole en leur faveur au cours de manifestations populaires.Certains le considèrent aujourd'hui comme l-évêquc officieux\u201d du diocèse, et on af firme que les journaux locaux, à la suite de démêlés qu'il a eus avec le maire-député Murray, n'ont qu'à publier sa photo pour voir leur tirage monter en flèche Une ville à bâtir.Pendant que la commission industrielle dressait son plan de bataille, les dirigeants municipaux continuaient de tourner en rond Problèmes, suggestions et dénoneia lions surgissaient de partout.Saint-Jérôme était aux prises avec un grave problème d\u2019alimentation en eau potable ; un juge condamnait l'état lamentable du Palais de justice et de la prison : la Jeune Chambre de commerce proposait d\u2019annexer les municipalités avoisinantes afin delargir le parc industriel ; un conseiller municipal proposait de léguer le vieil hôtel de ville à la Société historique et d\u2019en construire un neuf : on suggérait de rénover les vieux quartiers et de réaménager le centre commercial : le conseil municipal interdisait 1p port du maillot de bain ailleurs qu'aux endroits servant de bains publics ; la construction domiciliaire fléchissait, l\u2019impôt foncier montait et des syndicats accusaient le conseil de mauvaise administration ; Mgr Frenette réclamait une répartition plus équitable des richesses ; le maire déclarait que l\u2019expansion industrielle de Saint-Jérôme était bloquée à cause du manque de collaboration des municipalités voisines ; le député provincial \u2014 libéral \u2014 Denis Hardy rétorquait que plusieurs in dustriels locaux avaient aussi leur part de responsabilité : une semaine plus tard.Murray battait Hardy aux élections gène raies et le comté passait ainsi dans le camp de l\u2019Union nationale Effervescence populaire Sur le front ouvrier, une grève éclatait à la Dominion Rubber, où 1.200 employés -sans l'accord de leurs chefs syndicaux \u2014 débrayaient pour protester contre des sanctions infligées à 67 d'entre eux.Frenant la parole au cours d\u2019une assemblée syndicale, le chanoine Grand\u2019Maison dénonçait \"la démission des puissants du jour qui n'ont rien fait jusqu'à mainte nant.particulièrement à Saint-Jérôme, en vue d'améliorer le sort des petits\u201d.\"Cette grève, disait il.est la conséquence d'une situation économique qu'on a lais sée pourrir depuis 1914 dans cette ville.(.> II ne s\u2019est pas établi une seule usine d\u2019envergure chez nous depuis 1913 et.depuis SalnMMm ne veut pim être qu'un paysage bucolique se mirant dam les eaux paisibles de la rivière du Nord.Elle vient de se découvrir une vocation industrielle .5 P E ?l ¦ ; i une cinquantaine d'années, les structures économiques n\u2019y ont presque pas été modifiées.(.) On a trop souvent caché la situation réelle.Il s\u2019est établi un réseau de peur les uns vis-à-vis les autres.C\u2019est contre tout cela qu\u2019il faut lutter.Il faut sortir de la peur, faire face au vrai problème.\" Peu après, Mgr Frenette approuva publiquement l'action du Mouvement des travailleurs chrétiens et du chanoine Grand'Maison en milieu ouvrier.Sans faire précisément allusion au mécontentement soulevé chez certains par les déclarations de l'ecclésiastique, il affirma que \u201cles ouvriers doivent lutter pour avoir droit au respect\u201d.Survenant dans une société à 99.1 p.100 catholique, cette intervention eut son importance.Elle contribua à sensibiliser davantage la population au problème de l'injustice sociale et, sans aucun doute, à la confirmer dans l\u2019option dans laquelle elle avait déjà commencé de s\u2019engager.Trois mois après la grève à la Dominion Rubber, en mai 1966, négligeant les avis contraires de leurs chefs syndicaux, 400 employés de la compagnie Rolland débrayaient à leur tour.Cet arrêt de travail fut suivi, trois mois plus tard, d\u2019une autre grève : 1,500 employés de la Dominion Rubber sortaient de nouveau dans la rue en réclamant de meilleurs salaires.Peu après, leurs camarades de la Regent Knitting leur emboîtaient le pas.Toute la région était en effervescence.Il y avait grève à l\u2019Hôtel-Dieu, grève à la Dominion Ayers, à Lachute, grève à la General Motors à Sainte-Thérèse, grève à la Coronation Food, où 600 personnes attaquaient les immeubles de la compagnie.\"Comme nos frères noirs aux Etats-Unis.\" C'est dans ce bouillonnement de revendications que le prolétariat de la région conçut l\u2019idée d\u2019organiser une manifestation monstre afin d\u2019attirer l\u2019attention de l\u2019opinion et des pouvoirs publics sur sa condition.Se rappelant les explosions de violence qui, en 19S3, avaient marqué le conflit à la Regent Knitting, le conseil municipal de Saint-Jérôme prit des mesures pour éviter le pire.Le maire-député tenta, sans succès, de faire contremander la marche, et il n\u2019est pas du tout certain que l\u2019abstention des centrales ouvrières n'ait pas été le fruit de démarches de la part des autorités supérieures.La manifestation, organisée par les militants locaux des syndicats, du Mouvement des travailleurs chrétiens et du Parti socialiste du Québec, eut donc lieu le 4 octobre dernier, en dépit d\u2019une pluie froide et sous les yeux d\u2019une centaine de policiers.Il n\u2019y eut aucune violence \u2014 sauf verbale.Les 800 participants, brandissant des pan- cartes où ils clamaient \u2018\u2018Patrons, descendez de votre piédestal !\u2019\u2019 et \u201cC.de C., lais-sez-nous vivre !\u201d huèrent copieusement leur maire-député Hubert Murray qui, la veille, au cours d\u2019une séance du conseil, avait déclaré : \u201cSi les travailleurs ne sont pas contents des conditions de travail à Saint-Jérôme, ils n\u2019ont qu\u2019à aller ailleurs !\u201d Ils écoutèrent cependant avec respect le chanoine Grand\u2019Maison qui disait : \"La manifestation de ce soir ressemble à celles de nos frères noirs aux Etats-Unis.\u201d Accélération du chômage Puis survinrent les élections municipales.Murray, nouveau député, après avoir menacé de se retirer de la scène municipale, était encore candidat à la mairie, tout comme l'ancien conseilleur Hubert Piché.Les syndiqués les accusèrent tous deux d'antisyndicalisme et leur refusèrent leur appui.Murray fut réélu.L* chanoine Grand'Maison i \"Av lia» d'ens-borquar les fi a ni dam mi affairai, atn bar-quo ni dam lai loan .\" Après la période des grèves, ce fut la période des congédiements: ralentissement de la production et congédiements massifs à la Regent Knitting ; arrivée de nouveaux appareils et une vingtaine de congédiements à la Diva, manufacture de chaussures ; en mars, le personnel de l\u2019Uniroyal, qui avait déjà été de 3,000 employés et qui était de 1,200 un an plus tôt.passait à 200 employés, et l\u2019usine, cessant de fabriquer des chaussures, se lançait dans la production des tableaux de bord et des réservoirs d\u2019avions.En avril, sur un potentiel de main-d\u2019oeuvre global de 9,500 travailleurs, Saint-Jérôme comptait quelque 3,000 chômeurs.Les spécialistes du gouvernement soutinrent que les entreprises en question ne pouvaient pas ne pas avoir prévu ces mouvements de personnel.Elles n\u2019avaient \t' m \tB * Doux dm principaux responsables de l'éveil : la pharmacien Aimé Thibault, président da la commission industrielle, et M.Gérard Brvneau, commissaire industrial.pourtant à peu près rien fait pour en diminuer l\u2019impact.Dans la plupart des cas, les hommes n\u2019en avaient même pas été avisés à l\u2019avance \"C'est le patron qui fait l'employé.\" Le chanoine Grand'Maison, lui, poursuivait son oeuvre et soulignait à la population la nécessité d'un engagement collectif.Prêchant d\u2019exemple, il invitait aussi le clergé à s\u2019intégrer davantage à la vie du milieu social, à sortir de ses presbytères, à remplacer les retraites paroissiales par l'animation sociale, à partager les problèmes de ses ouailles.\u201cAu lieu d\u2019embarquer les gens dans nos affaires, embarquons dans les leurs.\u201d Le pharmacien Aimé Thibault, s'adressant à un auditoire de prêtres, leur lança la même invitation, en d'autres mots: \u201cCessez d\u2019applaudir en regardant passer la parade et embarquez dans la parade vous autres aussi !.\u201d L'attitude de M.Grand\u2019Maison ne pouvait plaire à tout le monde.Elle indisposa notamment le gérant de l\u2019Uniroyal, M.Andy Hurtubise, qui trouvait que ses propos \u201cn\u2019étaient pas propres à favoriser le progrès industriel à Saint-Jérôme\u201d.Le maire-député déclarait de son côté devant la Chambre de commerce que la détérioration de la situation était partiellement due à l\u2019activité du chanoine, qui, selon lui.\"devrait se contenter de la pratique religieuse et laisser les questions syndicales à d\u2019autres.\" Ces déclarations devaient provoquer de vives réactions de la part des syndicats et du Mouvement des travailleurs chrétiens.l LE QUEBEC ri» et L\u2019ETRANGER r«N \u2022o o UJ OC O.5 « tuilo de la page 11 Coordonner le travail de différents ministères en fonction d'une ligne politique établie par le gouvernement n\u2019est pas nécessairement une tâche facile.Le ministre des Affaires intergouvemementales et, par voie de conséquence, son sous-ministre pourraient certes imposer une ligne de conduite aux autres ministères, mais il est des manières plus habiles de procéder.Ce qui fait dire à M.Morin que ce ministère, qui aurait pu devenir un véritable nid à chicane, fonctionne au contraire très bien.\u2018v'-.f -\t\t\t\t\t S 3 IA PgESSI.29 joatfcî 190/ -O O' O' C'* OC a.o « compliquée.Elle remonte au début de l\u2019automne \u201865.En septembre de cette année-là, la direction de l\u2019Expo annonce aux journalistes la mise au point d\u2019un manège \u201cde conception révolutionnaire, qui sera le clou du parc d\u2019attraction\u201d, et qui \"offrira au public des expériences uniques\u201d.Le mois suivant, le gérant général de l\u2019Expo dit de ce manège que ce sera le symbole publicitaire de l\u2019Expo.Le 4 novembre, les plans du manège sont révélés aux journalistes, lors d\u2019une conférence de presse à Toronto.C\u2019est ici que s\u2019amorce un grand roulis d\u2019envolées pseudo-lyriques qui vont donner au gyrotron une auréole qui lui coûtera cher.On parle de \"soumettre l\u2019être humain à une suite d\u2019expériences de mouvements, d\u2019humour, de peur et de rire\u201d (sic).Mais en janvier \u201966, le bruit court que le gyroîbon \u201cest tombé à l\u2019eau\u201d, et le commissaire adjoint, M.Robert Shaw, déclare que sa réalisation coûterait trop cher.Quelques jours après, on annonce la revision des devis, et les commentateurs soulignent que les dirigeants de l\u2019Expo tiennent mordicus à ce que le gyrotron soit construit, pour des raisons de prestige.Le directeur de l\u2019aménagement, le colonel Churchill, affirme qu\u2019il s\u2019agira d\u201d\u2018un manège fantastique extrêmement spectaculaire\u201d.M.Kenny, qui en est le concepteur, n\u2019y va pas de main morte lui non plus: \u201cJe veux, dit-il à cette époque, donner une idée de l\u2019homme, du monde, et de l\u2019avenir .\u201d Dans une conférence devant un groupe d\u2019architectes, son associé, M.George Djur-kovic, s\u2019exalte, et décrit l\u2019effet que produira le gyrotron sur le public en ces termes difficilement traduisibles: \u201cpure, gothic horror\u201d (l\u2019horreur à l\u2019état pur, l\u2019horreur monumentale).Et de s\u2019inquiéter: \u201cPeut-être, dit-il, sera-ce même trop terrifiant.\u201d Quelque chose d'imposant.mais quoi?Mais dans les coulisses, c\u2019était beaucoup moins romantique.Des réunions nombreuses et harassantes se poursuivaient, depuis le jour où les responsables de la Ronde s\u2019étaient dit qu\u2019il fallait, pour attirer les visiteurs dans ce secteur qui avait le double handicap d\u2019être payant et séparé de l\u2019Expo par la masse du pont Jacques-Cartier, qu\u2019il y fallait, donc, une attraction ultra-spéciale de grande envergure.On était prêt à y consacrer la moitié du budget de $5 millions alloué à la construction des manèges, soit $2,400,000.\u201cOn pensait vaguement, dit M.Dubois, à une représentation quelconque de l\u2019espace, ou encore à un voyage dans la lune.Bref, il nous fallait quelque chose de grand, de haut, d\u2019imposant, dans lequel les gens se sentent impliqués, et qui puisse convenir à toute la famille.Mais quoi ?Le designer Sean Kenny, rejoint par l\u2019organisateur du festival mondial à l\u2019Expo, M.Gordon Hilker, devait apporter une réponse plus précise à cette question.\u201cLe principe du gyrotron, rappelle M.Dubois, est né le 29 mars 1965, à la fin de l\u2019après-midi.\u2014Vous avez bonne mémoire! \u2014C\u2019était le jour de mon anniversaire.Le projet de Kenny comporte quatre éléments: l\u2019embarcadère du manège est une plate-forme tournante située à l\u2019endroit où se trouve aujourd\u2019hui la \u201cLatema magi-ka\u201d.Les passagers traversent la pyramide interplanétaire, plongent dans le volcan, puis passent à travers un tunnel où sont prévues diverses sortes d\u2019expériences plus ou moins humoristiques, et replongent dans une chambre sous-marine, aménagée dans le lac des Dauphins, pour en remonter par la gueule d\u2019un monstre, et revenir au point de départ.C\u2019est ce projet qui devait être d\u2019abord annoncé au public, en septembre \u201865.Mais à l\u2019étude, on y voit quatre désavantages sérieux: 1\u2014\tLe budget est défoncé: ce projet coûterait aux environs de huit millions.2\u2014\tLe manège comporte un gigantesque anneau de fer qui, encerclant les autres manèges de la Ronde, donnerait aux gens l\u2019impression d\u2019être enfermés.C\u2019est justement ce qu\u2019il faut éviter dans n\u2019importe quel parc d\u2019amusement.3\u2014\tLe projet comporte des difficultés techniques, particulièrement en ce qui concerne la cabine sous-marine.Les ingénieurs-conseils doutent qu\u2019elle puisse être réalisée à temps.4\u2014\t-Le tunnel n\u2019est peut-être pas indispensable.Le gyrotron a changé plusieurs fois de forme On demande finalement à Sean Kenny de réviser ses projets.C\u2019est vers cette époque que l\u2019on parle de l\u2019abandon du gyrotron.\u201cEn fait, note M.Dubois, le gyrotron n\u2019est jamais disparu de la carte de la Ronde.Mais il a changé plusieurs fois de forme.\u201d Le tout nécessitait des réunions nombreuses et harassantes, des voyages-éclair de Sean Kenny, de longues discussions où ingénieurs et techniciens conseil devaient modérer l\u2019enthousiasme des designers, et d\u2019où les responsables du budget sortaient en sueur.Enfin, on finit par se mettre d\u2019accord.Le gyrotron coûtera $2,800,000 \u201cet des poussières\u201d (c\u2019est-à-dire, précise M.Dubois, $3 millions).Il comportera les deux premiers éléments, pyramide interplanétaire et volcan, plus le monstre géant.Le contrat de construction générale est accordé à la compagnie Bremner.La firme de Sean Kenny met au point les \u201ceffets spéciaux\u201d, c\u2019est-à-dire les éléments d\u2019exposition.Le système de transport est conçu par une compagnie britannique et réalisé par une compagnie américaine, et c\u2019est l\u2019Alcan qui se charge de la structure d\u2019aluminium.On a peut-être trop parlé de l\u2019intérieur du manège, et pas assez de sa structure extérieure, qui, en termes d\u2019architecture, représente une sorte de tour de force, et qui n\u2019aurait pu être réalisée sans le travail de calculateurs électroniques: 7,050 tubes d\u2019aluminium de même longueur et de même diamètre assemblés triangulaire-ment selon un calcul extrêmement compliqué (que seule l\u2019électronique pouvait mettre au point, effectuant en deux jours un travail équivalent à ce qu\u2019auraient dû fournir 30,000 hommes pendant toute leur vie.selon les méthodes ordinaires de calcul!).De l\u2019avis de plusieurs, cette structure est, avec le pavillon allemand et la boule géodésiaue du pavillon américain, Tune des plus belles conceptions architecturales de l\u2019Expo.Dans deux ans, le gyrotron deviendra propriété de la Ville de Montréal, en même temps que le parc d\u2019amusement de la Ronde.Ce qu\u2019on en fera alors, personne ne le sait au juste.Il est à peu près certain qu\u2019on en changera le contenu.M.Kenny, pour sa part, verrait très bien une représentation audio-visuelle de l\u2019histoire du Canada.En attendant qu\u2019on finisse par trouver à quoi cette belle structure pourrait bien servir, les visiteurs s\u2019enfournent dans le gyrotron et en ressortent avec l\u2019expression placide de vieux habitués du métro.Pour une déception qui dure sept minutes, on a dépensé un nombre incalculable d\u2019heures de réflexion, de travail et de pourparlers, et beaucoup de dollars qui se répartissent comme suit: $265,000 pour les reliés à ipres .a .\t\u2019 :j£Aû iiÊàti AJ1A 'I T) T ~~ v 4 ML: æ y.\u2019.BIP BIP par robrrf PLAGIAT/ honoraires des dessinateurs, $900,000 pour le système de transport, $900,000 pour la structure métallique, $450,000 pour les \u201ceffets spéciaux\u201d, $500,000 pour les travaux de construction generale.La descente dons le volcan : elle se fait à la verticale, mais les sièges restent stables et horizontaux.mois et demi l'inauguration de l'Expo, personnes avaient visité le gyrotron.tenu de sa capacité maximum, peu.A l'intérieur de la pyramide interplanétaire.des vaisseaux spatiaux et des satellite» gravitent autour du convoyeur qui charrie les passagers à travers la représentation impressionniste de l'espace.Les cosmonautes sont par des cordons rigides auxquels des moteurs impriment un mouvement de rotation.L'inventeur du gyrotron, M.Sean Kenny, designer britannique réputé.Pourtant, sur papier, c'était bien fascinant le gyrotron.Et l'on se demandait même s'il ne serait pas \"trop terrifiant\" .I LA PRESS!, 2V JUILLET 19o7 / 21 22 / LA PRESSE, 29 JUILLET 196?RÉGULIÈRES ET \u201cKING K.*$?CIGARETTES BOUT UNI ou FILTRE 1» &i2£ St»3# :mm '\u2022quip* ii'v.r ifc'tiilSWS- !*-4 .\u2022\"*.-\t- f: W*>» ¦WVi SS®?\u2019 ¦A>-A>vy >V»v; V V-.T -wV' t#£ r4*MT^ ' :\u2018/\" a*âfe® * >hvî4:â^ rfàpaüttà PAR GUY PINARD Québec.roi# pionniers qui 1966.Ce Was DURANT un match de hockey, dans la ligue Nationale, un arbitre siffle un hors-jeu, et dit gentiment \"Allons, messieurs, veuillez s\u2019il vous plaît me remettre la rondelle\u201d.Et les joueurs de s\u2019exécuter, un large sourire aux lèvres.Après la rencontre, le capitaine Jean Béliveau, du Canadien, amène le capitaine de l'équipe adverse dans une boîte de nuit, et lui paie un repas dans le restaurant le plus sélect de Montréal.Vous aurer.constaté, du moins je l'espère, que ces remarques tiennent du domai ne de la fiction Et vous allez conclure que ce serait impensable.Pourtant c\u2019est l\u2019apanage du rugby.Ou rugger, appelez-le comme vous voudrez.Le rugby (tel est son nom le mieux connu sur la scène internationale) ne date pas d'hier.Dès 1823, un élève du collège de Hugby, William Webb Ellis, donnait naissance au rugby.Plus près de chez-nous, le rugby existe depuis longtemps, mais dans un état de somnolence.On rapporte par exemple qu\u2019en 1920, l'équipe du MAAA (Montreal Amateur Athletic Association) disputait ses matchs au parc Westmount.Mais ce n\u2019est que tout récemment, soit depuis 1955-56 qu'il a commencé à gagner la faveur du sportif au Québec.Qu'est-ce que le rugby?Disons en premier lieu qu\u2019il est l\u2019ancêtre de notre football canadien.Du football moins stylisé, moins rigoureux, plus impulsif.C\u2019est un sport qui peut difficilement gagner la faveur du public spectateur.Trop souvent les meilleurs jeux ne sont que le fruit de l\u2019impulsion du moment.Comme le spectateur ne peut s'improviser \"instructeur d'estrade\", il n\u2019apprécie guère le rugby.Une équipe comprend 15 joueurs.Aucun remplaçant n'est utile puisqu\u2019aucune substitution n\u2019est permise durant un match.Peu importe la situation, blessure, expul sion ou autre.Une équipe ne peut commencer un match à moins qu\u2019elle ne compte 11 joueurs au minimum.Contrairement au football américain, la passe avant n\u2019est pas admise.Le jeu se développe latéralement pendant que se dessine un essai, première façon de compter des points, et qui en vaut trois.La transformation d'un essai, effectuée en bottant le hallon comme nous le faisons au football, vaut deux points.Une autre façon de compter, le but sur coup de pied tombé, nous fait penser au placement du football canadien.Tout comme ce dernier, il vaut trois points.La dernière façon d\u2019accumuler des points durant les 80 minutes de jeu (deux demies de 40 minutes, coupées par un repos de 5 minutes) est le résultat des pénalisations imposées à l\u2019adversaire.L'équipe ainsi punie pour une des infractions prévues au code du jeu doit su- un but sur coup de pied de pénalité.équipe qui le tente pourra ajouter trois à son total si elle le réussit.Ajoutez à cela que le porteur du ballon toujours être le plus avancé en terri-ennemi, que les blocs ne sont pas et que le ballon doit constamment déplacer.V\u2019ous êtes prêts à assister à votre premier match de rugger.Car ainsi l\u2019appelle-t-iin au Canada.\"Nous avons changé le nom de rugby à rugger au pays pour ne pas créer de confusion chez les amateurs de sports, car la >ù Bit la ballon dam cetta vaqua humain# T Un# quaitlon de $64,000 .Le but tur coup de pied tombé, seul# ressemblaik# du rugger ave* la football américain.août, pour terminer notre calendrier de quelque 25 matches à la mi-octobre \"Mais que faire contre le froid rigou reux de l\u2019hiver\u2019 Que faire pour résoudre le problème des terrains\u2019 Rien de prati que.Nous n'avons qu'à nous incliner .\u201d Le rugby n'atteindra jamais l'ampleur du football ou du hockey au Canada Même le soccer progressera plus rapide ment que lui Mais pour ceux qui le pratiquent, c\u2019est le meilleur sport qui soit.Sport où la gen tilhommerie est de mise, gcntilhommerie quasi chevaleresque.Où le respect de l'arbitre est incomparable Où l'adversaire mérite toutes les considérations possibles En guise de conclusion, je crois que je pourrais difficilement trouver une meilleu re définition que celle d'un confrère aîné ricain, Dick Hyland, ex-membre de l'équipe olympique de l'oncle Sam.membre de l'équipe \"Ali America\": \"Le rugby, c'est la diligence, le dilettan tisme et le sport réunis sous un même toit\"\tmuSU» \u201cCanadian Rugby Union\" régimente le football canadien, et non le rugby ou rugger,\u201d disait récemment Mike Hainsworth, publicitaire du club Westmount.Il aurait pu ajouter que la chose n\u2019est pas si bête, puisqu'un joueur de rugby dans les pays anglophones, c\u2019est un \u201crugger\".Hainsworth souligne que la France aligne présentement la meilleure équipe de rugby au monde.Elle vient de remporter le championnat de sa ligne, après avoir eu le meilleur sur les équipes anglaise, écossaise, irlandaise et galloise.Même si la France n\u2019a pas rencontré la Nouvelle-Zélande, c\u2019est la ferme impression de Mike que les Français s\u2019imposeraient dans une série de matches contre les Néo-Zélandais.Au Canada, les progrès sont assez rapides.Surtout en Colombie britannique, château fort du rugger au Canada.\u201cL\u2019an dernier, une équipe canadienne a effectué une tournée et elle s'est fort bien tirée d\u2019affaire contre les pays européens.Je crois que le rugger canadien a fait des progrès immenses sur le plan international.Le jour n\u2019est pas loin où le Canada pourra lancer un défi aux grands du rugby.\u201d Quand Hainsworth parle des progrès du Canada, il fait surtout allusion à la Colombie britannique, puisqu\u2019on y trouve 45 pour cent des quelque 3,500 joueurs de rugger canadiens (joueurs universitaires non compris).\u201cLa dernière équipe internationale formée au Canada, en 1966, comprenait 14 joueurs de la Colombie britannique, et un joueur du Québec, un Européen,\" a-t-il dit pour expliquer son raisonnement.Puis il souligne qu\u2019alors qu\u2019en Colombie britannique, les joueurs de rugger sont des Canadiens, en Ontario et au Québec, par exemple, 70 pour cent des joueurs sont des Européens, qui ont déjà pratiqué le rugger dans leur pays d\u2019origine et veulent continuer à le faire dans leur pays d\u2019adoption.Mais il refuse de lancer l\u2019éponge.Loin de là.Le rugger grandit au Québec.Tant chez les Canadiens français que chez les Canadiens anglais \"Présentement on compte 13 clubs dans l'association provinciale,\" a souligne Hainsworth en rappelant qu'un \"club\" pouvait grouper plusieurs \"équipés\" cha cun.\"A Montréal, le Rugby-Club est devenu le premier groupe de joueurs de langue française.On trouve également de vos compatriotes à Granby, Québec.Tracy.\u201d Les autres clubs sont de la région de Montréal (cinq), de celle d\u2019Ottawa (trois), le dernier, de Deep River, Ontario.Le seul obstacle qui se dresse devant les progrès du rugby, et qu'on ne saura d\u2019ailleurs pas surmonter, c\u2019est le climat Et la difficulté d\u2019obtenir des terrains, qui force la ligue à abandonner ses activités de la mi-juin à la mi-août.\u201cPartout où on pratique le rugby, la saison normale s'étend de septembre à avril.\"Nous, à cause de la chaleur, et des dif ficultés à obtenir des terrains, nous devons commencer à la mi-avril, cesser temporairement à la mi-juin, reprendre à la mi- Pai quaiti## d'un# vlilt# au v#iti#lr# è la mi>t#mpi.C\u2019ait tur I# tarraln d#i k#iHlliit qu\u2019#n dégusta sa llquaur doue#.RUGBY, PORT DE GENTILHOMME LA PRESSE, 29 fuiLLET 196?/ 23 mm ¦r&Tf *£83 SâÉSï! 4 pm ¦J VAlU.J.Le papier du Canada, source de bien-être «a $?è§»ï Sur le papier sont consignés dix mille ans d\u2019histoire.Toute la science.Les plus grands textes de l\u2019humanité.Les nouvelles du jour.L'avenir même sous forme de projets, de programmes, d'agendas, de pronostics.Toute notre civilisation a pour support le papier.Et si l\u2019on peut faire du papier une bible, on peut en faire aussi un gobelet, un bonnet, un napperon, une tenture, un sac, un emballage.L\u2019industrie du papier est l'une des grandes industries du Canada.Et l\u2019un de ses principaux moyens Expédition rapide et sûre\tde transport, c\u2019est le CN."]
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