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Titre :
Gazette de Sorel
Éditeur :
  • Sorel :[Gazette de Sorel],1857-1900
Contenu spécifique :
samedi 19 avril 1879
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Gazette de Sorel, 1879-04-19, Collections de BAnQ.

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22èine ANNEK.SOREL (PROVtNCTÏS DE QUÉBEC), SAMEDI, 19 AVRIL 18T9.No.89.iloutual fU-piMtHttadaitc folttiquc, Commercial.Agricole et Bitteraire.g.i.Marthe, propriétaire.}• PUBLIÉ DANS LES INTÉRÊTS DU DISTRICT DE RICHELIEU.¦{ Ls.BALllîERTE, Imprimeur.» feuilleton de“la Gazette de Soier 8 Le Comte Eostia.VII.{Suite.) —Ce sont ces mêmes savants, dit Gilbert, qui considèrent le génie comme une névrose.Grand bien leur fasse ! Ce no sont pas mes hommes.—Vous traitez légèrement la science ; mais répondez de bonne foi à ma question : ne trouvez-vous pas qu’entre ces deux personnages vêtus de non et à la face rougeâtre, il y a certaines analogies ?.—Mon opinion, interrompit Gilbert impatienté, c’est que Solon est fort laid et le père Alexis très-beau.—Votre réponse m’embarrasse, repartit le comte, et je ne sais si je dois vous remercier dn compliment que vous faites à mon pope ou me fâcher des duretés que vous dites à mon singe.Ce qui est certain, ajouta-t-il, c’est que mon singe et mon pope,.je me trompe, mon pope et mon singe se ressemblent sur un point ; ils ont tous deux un goût passionné pour les truffes.Voyez plutôt.” On venait de servir une coquille aux truffes.Solon dévora sa portion en un cliu-d’œil, et comme il était sujet à convoiter le bien d’autrui, il arrêta sur l’assiette de son voisin des regards pleins d’amoureuse concupiscence.Agile, adroit et attentif aux occasions, il saisit le moment où le pope portait son verre à ses lèvres, et allonger la patte, enlever une truffe, l’avaler, fut pour lui l’allaire d’une demi-seconde.Outré d’indignation, le saint homme se retourna vivement et regarda son voleur avec des yeux fulminants.Le sapajou s’affecta peu de cette grande colère, et pour célébrer l’heureux succès de sa friponnerie, se cramponnant de scs quatre mains au dossier de sa chaise, il se livra à nés trémoussements désordonnés et frénétiques.Le bon père hocha tristement la tête, éloigna son assiette et se remit à manger, non sans surveiller du coin do l’œil les mouvements de l’ennemi.Il eut beau se tenir en garde : en dépit de ses précautions, nouvelle attaque, nouveau larcin, nouveaux trépignements de joie du sapajou.Le père Alexis cette fois perdit patience, et le singe reçut en plein museau une vigoureuse uasarde qui lui arracha une plainte aiguë ; mais au même instant ie pope sentit deux rangées de dents s’enfoncer dans sa joue gauche.Il eut peine à retenir un cri; il abandonna la partie, et, laissant Solon se gorger de son bien à sa barbe, il ne s’occupa que d’étancher sa blessure, d’où le sang jaillisait en abondance.Le comte affecta d’ignorer tout ce qui venait de se passer ; mais il avait dans les yeux connue un pétillement de gaieté qui témoignait que pas un détail de celte tragi-comédie 11e lui avait échappé.—Vous avez l’air de vous défier de Solon, mou père, dit il en voyant que le pope reculait sa chaise et se tenait à distance du sapajou.Vous avez tort.Il a les moeurs fort douces ; il est incapable d’un mauvais procédé.11 a seulement l'humeur un peu triste, mais dans ses mélancolies il observe toutes les règles du savoir-vivre,.ce qui n’est pas le cas de tous les mélancoliques, " ajouta-t-il en jetant un regard du travers sur Stéphane, qui, pris d’un subit accès de tristesse, venait de s’accouder sur la table et se faisait de sa main droite un écran pour dérobera sou père la vue de ses larmes.Gilbert se sentait lui-même près d’é-louffer, et le plus tôt qu’il put il sortit de table.Heureusement, personne ne le suivit sur la terrasse.Stéphane n’avait plus de Heurs à cultiver, et il alla s'enfermer dans sa grande tour.De son côté, le père Alexis se hâta d’aller panser sa blessure ; quant à M.Leminof, il était mécontent de l’air froid et, selon lui, composé dont Gilbert avait écoulé ses plaisanteries, et il regagna son cabinet en se promettant de donner à monsieur son secrétaire, dont il faisait du reste le* plus grand cas, ce dernier degré de souplesse et de liant qui lui manquait encore.Le comte Kostia était à un âge où l’âme la mieux trempée éprouve par moments le besoin de se détendre; aussi eùt-i) été bien aise d’avoir auprès de lui un complaisant, et il aurait été ravi de faire accepter cet emploi à son secrétaire.Gilbert traversa la terrasse à grands pas, et, s’accoudant sur le parapet, il contempla quelque temps la grande route dans un religieux silence.-— Encore dix mois I se dit-il, et, fronçant le sourcil, il tourna ses regards vers l’odieux château où sa destinée l’avait êcroué.il semblait que le vieux manoir voulût se venger de sa mauvaise humeur : jamais il n’avait revêtu un aspect aussi riant.Un rayon du soleil couchant prenait ses larges toitures en écharpe ; les briques avaient iu ton chaud de l’ambre, les combles se baignaient dans une poussière d’or, les pignons et les girouettes jetaient des étincelles.L’air était embaumé ; le lilas, la citronnelle, le jasmin et le chèvre-feuille entremêlaient leurs parfums, que le souffle presque insensible du vent du nord épandait à petites ondes aux quatre coins do la terrasse, et ces parfums errants s’imprégnaient en passant d’autres senteurs plus délicates et plus subtiles; de chaque feuille, do chaque pétale, de chaque brin d’herbe s’exhalaient de secrets arômes, paroles muettes que les plantes échangeaient entre elles, et qui révélaient au coeur de Gilbert le grand mystère de félicité dont frémissait l’âme des choses.Enivré par tous ses sens, il se félicita de pouvoir savourer encore ces joies contemplatives qui l’avaient rendu si heureux dans les deux premières semaines de son séjour au Geierfels.11 se dirigea vers le rond-point de la terrasse.Là, entre un acacia an feuillage élégamment découpé et un caial-pa aux feuilles d’un vert pâle, s’arrondissait un bassin de marbre dont les margelles fendillées ôtaient recouvertes de mousse et de cresson sauvage.Une eau limpide remplissait cette coupe en.châssée dans le gazon velouté d'une pelouse.Au milieu, sur un socle de porphyre, s’élevait une statue jaunie eL rongée par les années, et qui représentait un faune en gaieté.Sur ses lèvres écumait un rire olympien.Le dieu encorné se penchait sur son piédestal pour regarder dans l’eau son image tremblotante, à laquelle les nénufars qui bordaient le bassin formaient un cadre verdoyant.Il semblait se complaire à voir sa joie démuselée se ré-flèler dans le liquide miroir qui, se plissant pqr intervalles, multipliait son rire et l’éparpillait en tous sens.Eu même temps,le goulot du canal souterrain qui amenait l’eau dans le bassin, se dêgor-geanlà petit bruit, prêtait une voix à celte âme d’ironie silencieuse que lu sculpteur avait enfermée dans lu suin du marbre de sa statue.Gilbert, adossé contre le tronc du catalpa, contemplait ce frais et charmant tableau ; mais l’allégresse railleuse du faune ne disait rien à son cœur, et ses regards s’attachaient de préférence sur une magnifique fleur de nymphæe qui, soulevée sur son long pédoncule, s’étalait à la surface de l'eau.Cette corolle d’une blancheur éclatante lui semblante symbole des joies pures et profondes qui entrent dans le cœur de l’homme quand Dieu consent à descendre du ciel pour l’habiter, et par instants il se répétait à demi-voix la devise sacré du boudhis-me : Là paix éternelle dans le loins!.Comme il traversait la pelouse qui entourait le bassin, ses regards tombèrent sur quelque chose qui faisait tache au milieu de ce parterre en fête.C’éta.t un coin de terre inculte, une place morne, désolée .le pauvre jardin dévasté de Stéphane.A cette vue, son coeur se serra ; il se hâta de s’éloigner et se réfugia à l’extrémité nord do la terrasse.Là croissait un fièue pleureur de belle venue, dont les branches, retombant jusqu’à terre, formaient un berceau charmant.Au milieu de ce cabinet de ramée, un cytise voisin faisait pendre comme des girandoles quelques-unes de ses grap- pes d'un jaune d’or, qui exhalaient une senteur exquise.Un banc circulaire entourait le tronc du frêne.Gilbert s’installa sur ce banc.11 se fâcha contre lui-même, quand il s’aperçut que l’image éplorée du Stéphane le poursuivait de nouveau de ses obsessions.“ Eh bien 1 oui, se dit-il, cet enfant a eu tout à l’heure un nouvel accès do désespoir, et il est possible qu’on cet instant il pleure encore, enfermé dans sa tour,accoudé sur sa table seul, livré à lui-même, sans un ami qui l’interroge sur sa poine, qui le console, le plaigne et le réconforte.“Mais je 11c puis sécher ses larmes.A quoi bon m’en occuper I Foin d’une inutile pitié qui gâte ma vie sans profit pour personne.” Gilbert était décidé à noyer ce soir-là ses chagrins dans les divines harmonies do la nature.Pour y mieux réussir, il appela la poésie à son aide, car les grands poètes sont les éternels médiateurs entre l’Ame dos choses et nos faibles cœurs d’argile et de limon.Il récita les distiques où Goethe a raconté dans une langue digne d’Homère et de Lucrèce les métamorphoses des plantes.Ce morceau se trouvait placé en manière de préambule à la tôle de ce volume qu’il portait avec lui dans ses promenades, et >1 l’avait appris par cœur peu de jours auparavant.Pour mieux pénétrée le sens de ces admirables distiques, il essaya de tes traduire en alexandrins français, car il en faisait queiquerois.Cet essai de traduction lui parut bientôt au-dessus de scs forces ; tous les vocables français lui semblaient trop bruyants, trop éclatants et tour à tour trop vulgairés ou trop solennels pour rendre ces accents sourds,ces intonations voilées et comme enveloppées d’un religieux mystère, par lesquels l’auteur de Faust s'entend à exprimer les bruits secrets et le silence même de la nature.On le sait, ce n’est que dans la poésie allemande qu’011 entend pousser l’herbe dune le sein de la terre et circuler dans l’espace les sphères célestes.Chaque langue a ses pédales cl ses registres particuliers; la nuise ludesqne peut seule exécuter ces airs graves qu’il faut jouer avec des sourdines.Gilbert, pen- dant plus d'une heure, s’épuisa eu vaines tentatives, et enfin, se rebutant, il se contenta de réciter de nouveau à haute voix le poème qu’il désespérait de traduire.Il en débita la première moitié avec le feu de l'enthousiasme ; mais sa voix se ralentit en prononçant le passage suivant: “ Chaque lleur, ma bien-aimée, le parle d’iino voix nette ut distincte, chaque plante t’annonce clairement les lois éternelles do la vie ; mais ces hiéroglyphes sacrés de la déesse que tu déchiffres sur leur front parfumé, tu les retrouves partout cachés sous d'au lies emblèmes.Que la chenille su traîne eu rampant, et bientôt, papillon léger, s’élance rapidement dans l’air! et que l’homme aussi, se façonnant de ses mains, fasse parcourir à son âme le cercle de ses métamorphoses I Oh ! qu’il te souvienne seulement comme la liaison qui se fit entre nos esprits fut 1111 germe d'où naquit avec le temps une douce et charmante habitude, et bientôt l'amitié à son tour révéla sa puissance à 110s cœurs, jusqu'à ce que l’amour, venant le dernier, la couronna de fleurs et de fruits.” A cet endroit, un léger nuage de tristesse passa sur le front de Gilbert ; il éprouvait un secret dépit d'avoir rencontré dans les vers de son poète favori un passage dont il ne pouvait se faire l’application.“ Apparemment, sedit-ii après avoir pris la peine d’y réfléchir, jusqu’à ce jour je n’ai pas rencontré l’âme, sœur jumelle de la mienne, que Dieu destinait à mes tendresses, ou bien, si je l'ai rencontrée, elle 11e m’a pas donné le temps de la reconnaître.En fait de passion, je 11e suis pas de ceux qui brusquent les dénoùments.Mes sentiments sont soumis à la loi du progrès insensible; ils 11e connaissent pastes éclosions subites et miraculeuses.Oui, une simple liaison pour commencer.puis l’habilude, puis l’amitié.et enfin l’amour, c’est-à-dire le dénoù-ment, la chenille devenue papillon et déployant sos ailes azurées, l’arbre se couvrant de fleurs ot de fruits.Quelque jour peut-être.dans mon pè- lerinage d’Italie Chi lo sa ?” Cependant la nuit s’était faite, nuit pareille à un jour adouci ot rafraîchi.Ln lune radieuse brillait au zénith ; elle inondait de molles blancheurs les campagnes du ciel, ello secouait son flambeau sur le Rhin et faisait scintiller la crête de ses ondes frissounantes, ello épanchait sur la cime des aibres une pluie de clartés argentées ; elle suspendait à leurs branches des coliers de saphirs ol de diamants bleuâtres que la brise froissait en se jouant.Les grands bois endormis frémissaient au contact do cette rosée de lumière qui baignait leurs fronts superbes ; ils sentaient quelque chose de divin s’insinuer dans l'horreur de leurs sombres retraites.Par instants, un rossignol jetait au vont quelqnes notes sonores et soutenues : on croyait entendre la voix de la forêt qui parlait en dormant, ot dont l’âme, ravie en extase, exhalait son ivresse par un long soupir d’amour, Gilbert avait veillé très-tard les nuits piôcédentes; depuis qu’il était décidé à ne passer que peu de temps au Geior-fols, il pâlissait sur les Byzantins dans l'espérance d’avancer si bien la besogne que le comte Kostia consentirait plus facilement à son départ.Si robuste que fût sa constitution il avait fini par se fatiguer, et, la nature revendiquant ses droits, lo somtnuil s'empara do lui au moment où il songeait à quitter son banc pour aller fairo dans sa chambre un bout do causerie nocturne avec Agalias et Procope.Lorsqu’il se réveilla, la lune avait fait du chemin et déclinait déjà vers l’horizon.Il 011 fut surpris ; il pensait n’avoir dormi que quelques instants.Il se leva et secoua ses membres engourdis par l’humidité.En ce moment, Phorlogedii château sonna deux coups.Heureusement, il était le seul des habitants du Geierfels qui eût ses entrées et scs sorties libios ; la tourelle qu’il habitait communiquait avec la terrasse par 1111 escalier dérobé et une petite porte de dégagement dont il avait la clef.Meureu sèment aussi,les bouledogues avaient appris à le connaître, et ne songèrent pas à inquiéter sa retraite.Il gagna la petite porte sans inalencontre, l’ouvrit, cl, après avoir allumé une bougie qu’il lira dosa poche, i! s'engagea avec précaution dans l’escalier tournant dont les marches gironuées étaient rompues en plus d’un endroit.Il venait d’atteindre le premier palier, auquel aboutissait le vaste corridor qui régnait le long de la façade principale parallèle à la terrasse, et il se disposait à le franchir, quand il entendit tout à coup un long soupir qui partait des profondeurs de la galerie.11 tressaillit et demeura quelques instant, immobile, le cdn tendu, l’oreille aux écoutes, sondant du regard l’obscurité d’où il s’attendait à vo!r sort h* quelque funèbre apparition ; mais presque aussitôt une bouffée de vont, pénétrant par le carreau d’une lucarne, la fit grincer sur ses gonds et rendit un son plaintif, que répercutèrent les echos du corridor.Gilbert se dit que ce qu’il avait pris pour un soupir n’était que le gémissement du vent, contrefaisant dans sus mélancoliques ébats la voix des douleurs humaines.Il se remit en marche, et il avait déjà gravi quelques degrés du second étage, lorsqu’un second soupir, pins lugubre encore que le premier, vint f,-apper son oreille et lui glacer le sang dans les veines.11 11’y avait pas à s'y tromper, le vent n’a pas de pareils accents : c’était une plainte âpre, stridente, déchirante, qui semblait sortir des entrailles d’un speclie.Mille suppositions sinistres assaillirent l’esprit de Gilbert, il ne se donna pas le temps de les approfondir.Emu, palpitant, la tête en feu,il s’élança d'un bond sur le palier, et, se portant à l’entrée de la galerie, il s’écria d’une voix frémissante et sans trop savoir ce qu’il disait : Qui est là ?quia besoin de so-cours 1 Moi, Gilbert, je suis prêt à lui venir eu aide." Sa voix s’engouffra et se perdit sous les sombres voûtes du corridor.Point de réponse ; les ténèbres demeurèrent muettes.Dans la vivacité do son action, Gilbert avait éteint sa bougio; il s’apprêtait à la rallumer, quand une chauve-souris, se jetant brusquement sur lui.lui fouetta lo front de son aile.Le tressaillement que lui causa cette attaque imprévuo fut cause qu’il laissa échapper la bougio ; il se baissa pour la ramasser, il 110 la put retrouver.En dépit de co contre-temps, il no laissa pas de marcher en avant.Un faible rayon de lune, qui pénétrait par la lucarne et projetait à l’outrée du corridor un long flirt de lumière bleuâtre, lui servit à assurer ses premies pas.Ensuite il s’achemina à lAlons, les mains étendues et rasant la muraille.A tous les trois pas, il s’arrêtait en prêtant l’oreille, et répétait d’une voix élrangleé par l’émotion : “ Qui est là?Vous qui vous plaignez, 11e puis-jo rien faire pour votre service?." .Rien ne lui répondait que les battements do son coeur et le murmure du vent, qui continuait de tourmenter les gonds do la lucarne.La galerie où Gilbert s’était engagé était interrompue au milieu de sa longue !"• par deux marclms au lias (lesquelles se trouvait une grande porto de for qu’on tenait ouverte pondant le jou", et qu’011 fcuiait à double tour à l'eutrée de la nuit.En approchant, Gilbert entrevit nno faible lueur qui passait par-dessous la porte.Il descendit lo degré, et quand il eut appliqué son oeil à la serrure, dont ou avait retiré la clef, ce qu’il apo|,ç.iii transforma l’affreuse angoisse qu'il venait d'éprouver eu une surprise mêlée de terreur.A vingt pas de lui se d"essail l'effrayante ligure d'un fantôme.Il était enveloppé d’un grand drap blanc enroulé plnsicii''sfois autour de son corps olqtii, passant sons son Ivas gauche, retombait par-dessus sou épaule droite.D'une main il tenait un flambeau et 11.iu épée, de l'autre nu cadre d’ébèue, de forme ovale, don L Gilbert ne voyait quo le dos et qui devait renfermer un portrait.Lu face de ce fantôme était hâve, mais d’une longueur démesurée; sa peau lllétric ni desséchée semblait s’incruster dans sos os, son teint était blême; une sueur abondante ruisselait sur son fioul et collait ses cheveux à ses tempes.Rien ne pourrait exprimer l’é pouvante de son regard.Il semblait à Gilbert que ces deux prunelles ardentes venaient le chercher jusque derrière la porte, ut cependant elles ne voyaient rien du ce qui lus entourait, lo "a you visuel était tourné eu dedans, l’invisible objet où s’acharnait eu regard était un couur habité par dus spectres.Tout à coup les lèvres du nocliirnu rôdeur s’oiitr'ouvriruiil, et il laissa échapper 1111 nouveau soupir uncoro plus terri bio quo les doux autres.On eût dit que sa poitrine opprosséo voulût secouer, par un effort violent, une montagne d'umiiiis dont le poids 1*6-crasuit, ou, pour mieux d're, c’était son âme elle-même qu’il cherchait à exhaler dans ce gémissement désespéré.Gilbert ft.t saisi d'un trouble inexprimable, sus cliuvuux su dressèrent sur sa tête, il voulut s’enfuir; mais une curiosité plus forte que sa terreur l'empêcha de quitter la place et le cloua contre la porte.A ses sourcils, à ses pommettes, malgré le désordre de sa figure, il avait reconnu le comte Kostia.Enfin lu sinistre somnambule sortit de son immobilité, il s’avança à pas lents ; sa démarche était celle d’un automate.Après avoir fait dix pas, il s’arrêta, promena ses yeux autour de lui, et s’inclina légèrement.Ses traits allongés reprirent leurs proportions naturelles, la vie se ranima^nr son front, l’inértie cadavéreuse de sa figme fit place à une expression do mélancolie et d’abattement ; pendant quelques secondes, il remua les lèvres sans mot dire, comme pour les assouplir et les façonner de nouveau à l’usage de h parole ; puis, d’une voix douce que Gilbert ne lui connaissait pas et avec l’accent plaintif d’un enfant qui souffre : “ Que ce portrait est pesant I inur- m ura-t-il.lune puis plus le porter, Otez-le de mes mains, il les brûle.De grâce, éteignez ce feu, éteignez ce fou.«l'ai un tison dans la poitrine.Il faut le couvrir tie cendres ; quand je no lo verrai pins, je sou fl rirai moins.C’est aux yeux que je souffre.Si j’étais aveugle, je pourrais retourner à Moscou.’’ Et d’une voix plus sourde : “ Je pourrais bien détruire co portrait; mais l'autre, jo 110 poux pas lo tuer.Malédiction sur moi 1 C’est le plus ressemblant des deux.Ce sont ses cheveux, c'est sa bouche, c'est sou sourire.Ah I Dieu soit loué I j'ai tué le soin ire.Le sourire n’exislo plus.J'ai enterré lu sourire.Mais au com de la bouche il y a un grain de beauté.Je l’ai baisé mille fois ; ôtez lo grain de beauté, il me fait mal.Sans le grain île beauté, je souffrirais moins.M'séricorde divine I il est toujours là.Mais j’ai enterré le sourire.Le sourire n’est plus.le l'ai enfoui au fond d’un cercueil de plomb.Il n’en sortira pas.” Puis changeant soudain d'accent, et d’une voix tranquille, mais creuse, les yeux attachés soi la grande épée fouillée qu'il tenait dans sa main droite : “ La tache ne s’eu va pas, dit-il.Lo fer 11e veut pas la boire.Ce n’est pas de ce sang qu’il avait soif, .l’on trouverai de l'autre.Il le boira.Ah I vous verrez comme il le boira ! ” I.à-dessus, il rentra dans le silence ol parut réfléchir " émeut, jus qu’à ce que, redressant, la tête, il s’écria avec des intonations fortes et vibra 11 les qui lircul iruinhler la porto do fer sur ses gonds : “Morlof, ce n’était donc nas loi V All I mon cher compagnon, je uie suis trompé.Va, ne rog.-olto pas la vie.Ge n’est que le rêve d’un elial-luiant.Ami, cois-inoi, je voudrais bien mourir: mais je nu puis pas.Il faut que je sache.il faut que je découvre.Ali ! Mo"lof.Morlof, laisse les mains dans les miumes, ou je croirai que lu ne inc pardonne pas.Dieu I que cos iiiams sont froides.froides.froides.” Et à ces mots, un frisson parcourut tout sou corps; sa tète s’agita convulsivement sur ses épaules, scs dents claquèrent ; mais bientôt se calmant: “ Je veux savoir lu nom, mur.iiura-t-il, je saurai ce nom 1 N'y aura i il personne qui me dise ce nom ?” El ou parlant ainsi il éleva lo poitrail à la bailleur de son visage, et la tôle penchée, le cou tendu, ou eût dit qu'il cherchait à déchiffrer sur colle toile une écriture microscopique ou d'obscurs hiéroglyphes.“ Lu nom est là I d:saiL-il, il est écrit à l’endroit du coeur, an fond du cœur, mais je ne poux pas lire, l’écriture est trop lino, c'est une écriture de femme ; je no sais pas lire les écritures du femme.Elles oui un chiffra dont Satan seul a lu clef.J'ai la vue trouble, j'ai des mouches volantes dans la tête.Il y eu a toujours mie qui me cache ce nom.Oh I du grâce, par pitié, ôtez la mouche et apporlez-moi des tenailles .Avec de bonnes tenailles, j’i- rai chercher co nom jusque dans lus dernières libres de ce cœur qui 110 bat plus.” Et il ajouta d'un air (eiriblu : “ las morts lie desserrent pas les dents.Celui qui vil parlera.Vous verrez q 11 e je le ferai parler.Arra- che/,-lui sa roou noire, ooiicliez-le sur culte planche.Les brodequms ! les brodequins 1 serrez les brodequins 1 ” l’ms, s’interrompant b-tisquemoiil, il leva les yeux et les tint fixes sur iu porte.Uneexoruss'on de fureur mêlée d'épouvante parut sur son visage, comme s'il venait d'apercevoir.soudain quelque objet hideux ot alarmant.a figure su décomposa, sa bouche se tordit ut su couvrit d'écume, sus prunullus, démesurément dilatées, jetèrent dus flammes; il poussa un sourd rugissement, fit quelques pas à reculons, et tout à coup, laissant tomber à terre son flambeau qui s'éteignit, il s’écria d’une voix effroyable ; “ Il y a des yeux derrière la porte !.il y a dos veux !.il y a des yeux !.’’ (A continuer.) 09 LA GAZETTE DE SOREL.! ! AVIS AU COMMERCE FRANÇAIS.Monsieur H.Mailler, IG, ruo dolaGrnm'o Batelière, Paris, est notre soul agent pour Paris et la France.Il est exclusivement autorisé à recevoir les abonnements et les annonces pour G.I.Barthe, Ed.propriétaire de la Gazette tic Sorti.ÿn tefttt il» JfoïtI, " SAMEDI, 19 AVRIL 1879.Ii» Nltmitioii tircc au «Inlr.I Voici l’opinion de M.Gladstone, homme politique qui fait autorité on Angleterre.On dirait qu’il ti voulu juger l'affaire-Lelellier : Mous traduisons de l'anglais: Sur tous les sujets venant devant lo cabinet.le souverain a droit de communication et de discussion, et ce droit n'est limité que par la poussée irrésistible des affaires.Bien que les décisions doivent en fin de compte être d’accord avec le sentiment do ceux qui en doivent être responsables, cependant l'affaire de ceux-ci, c’est de renseigner et île persuader le souverain, et non de le mener.S’il était compatible avec les forces et le temps qu'un homme a it sa disposition de sc niGJer activement à toutes les transactions publiques, le Souverain aurait parfaitement droit de le l'aire.Ce qu'on lui soumet aetuelleiîîOut est censé être la partie la plus fructueuse et la pi'il" importante, ia crème des affaires, dans la discussion desquelles le monarque a plus d'un avantage sur ses aviseurs.C’est ainsi qu’il peut avoir du poids dans les délibérations d’Etat.Chaque bévue découverte par lo Souverain, grâce à ses recherches dans le domaine des affaires, grandit son pouvoir et relève son autorité.Il est donc clair qu’il y a une ressource abondante d'activité mentale sous lus robes de la royauté.Ayant un droit non conditionnel de renvoyer ses ministres, le Souverain peut.comme de raison choisir son moment.U peut provoquer le IJnr/cmeiit, s'il a des ruinons île compter sur le peuple.Voilà pour la démission dos ministres par le LieuUmant-Gotivormmr Lokl-lier.II Une autre question importante est celle-ci.Si le Parlement Fédéral peut intervenir dans nos affaires particulières, que devient l'in dépendance provinciale ?Celle intervention équivaudrait, pratiquement, à l’Union législative, le lève de tiirJolin que M.Cartier ne lui a pas permis do réaliser.Ça serait dire aux ministres provinciaux : ‘-Vons existe/, par la volonté du peuple, mais nous allons décapiter votre gouverneur et briser ainsi votre gouvernement provincial, qui n’existe que par tolérance.” De sorte que nos législatures provinciales, nos ministres locaux seraient *ies automates entre les mains îles divers ministres fédéraux qui se suivent et qui no se ressemblent pas ! III Une troisième question importante est celle-ci : Le ministère fédéral intervenant, et son avis étant dédaigné par le Gouverneur-Général ou munie référé au Btt-reati Colonial, le gouvernement responsable devient tnt leurre.C’est le mot.C’est ainsi que, à tous les points de vue, la mission de M.Langeviu, perdu de réputation comme homme public, sinon en Canada, an moins en Angle-toi re où l’honneur n’est pas mi vain mot, allant intercéder auprès du Bureau Colonial pour que lo Gouverneur-Général accepte l’avis de ses ministres, est une mission pitoyable pour le ministère qui nous régit à Ottawa et on ne peut plus humiliante pour lo peuple de tout le Dominion qui, a plus de souci du pays que du parti ou plutôt des factious politiques ! ‘ 7 25 t our cuiif.Au-dessous dit PitIX COUTANT- V t Voila lo Printemps Ou a entendu chauler lo rossignol, le temps tics sucres lira sur la lin, les chemins se défont rapidement, la glace sorti bientôt mauvaise, tons les jours la neige fond à vue-d’œil et l’eau coule plain los chemins : mitant d’avant-coureurs du P 11 1 IN T 15 M P S ! ! I Lo lumps est donc vomi de melli'o do côté les lourdes chaussures d’hiver.Uotlines de drap, Pardessus eu feutre, voire temps est passé I A votre loin, élégant.s cl légères UI,.W|UlàN en caoutchouc, GIIAA'IH-'.S IIOTTCM moulantes qui protégez si bien la jumbo contre 1rs humidités do la saison.Puis ensuite il faudra se procurer la légère llO't'TI.\l-:, le NOUI.IUIC juste nu pied, pour les dimanches et la belle saison.Un avant donc, acheteurs ! 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moyen lu plus économique do satisfaire son go'-t pour la lecture,tout en faisant lu connaissance dea auteurs lus Meilleurs et les plus en vogue du jour.M.les Commissaires Mes pourront se pourvoir dans cet ébiblisscmiiet do tout co dont ils peuvent avoir besoin pont les municipalités rcolalres eux inéuiCH coudi • lions et prix q-i'au dépôt du gouvernement.Facilité sera donnèo du thniigcr les livres qui pourraient ne pua être en usage dans les écoles pour lesquelles ils auraient été achetés.M.Hardy se chargera du faire venir d’Europe tous les livres quu l’on pourrait lui commander et qu ne se trouveraient pasdaug son magasin Il tiendra toujours un bel assortiment de Tapisserie, Papeteries, Fournitures de bureaux, etc.On trouvern un magnifique u-soit.ment de CUROMOS, chez M.HARDY, qui se chargera do l’encadrement du toutes gravures 4 des prix très-réduita.Espérant, par les bons soins et la promptitude avec luquellu il exécutera lus commandes qui seront fuites, mériter l'encouragement du public, il sollicito humblement une visite a son magasin.Car.Hardy, 20, Roe Accosta, f.n tack du mabcu*, SOREL, 1 mars 1879.—ua.17, RELIEUR, 1 tnt; Groove, 17 SOKEL.i tel Depuis ( | un t n-n ns.M.Jacques est établi à Suivi, et dopuisipiali-onns.il a donné la plus complète salisliicliim A ses nombreuses pinli.qilUS.Il a tenu limgli-mps hi direction de l’atelier do reliure à lu llnzelle tie Surri, ol cola, do ninnièro à Ihiro progi essor considérahlomonl cotélablissomnnl.• Depuis lu cmiiiiioiiitumeiil du 1878, il a ouvert l'ulolior à son prupra compte cl lo public, a géiioroiisnnieiit imoouragé son iiiduslrio.Il on est iiiniiilumint lo propriétaire.Une visite Au No.17, Hue Georges, Sohkl, convaincra lo public, do la qmililé Hiipcricnro du travail et des conditions faciles auxquelles M- Jacques exécute les relmres do toutes sortes.IIELIUItE SOLIDE ET ELEGANTE.Les ouvrages do luxe, les livres blancs, les brnublircs, log journaux, les revues, les magasins do modes, les livres do musique, enfin Imite espèce do livres, reliés à bref délai ot « 15 p.e.à meilleur marché qu'à Muni féal.Ne laissez jiîis vos livres sa détruire quand vous avez à voire disposition un moyen de les coimurvor.Les lii'oclmros siirloul se déléi'ioi'onL rapidement.Du lunmcnl que les Ibiiillcls commencent à se iléliiolioi', quo lus fils uonmioncunl à se disjoindre, ou quu lus couvertures sont tléchWes, POItTEZ-LES CHEZ LE RELIEUR.Si vous ave* du vieux bouquins, précieux souvenirs quo vous teniez à conserver, plutôt que de du lus laisser moisir dans leur coin, l’OHTEZ-LKS CHEZ LE RELIEUR, qui on fera de véritables ornomunls pour voire Tnblo eu votre llihliolhèqiio.'l'ont lo monde reçoit îles journaux ; or un journal,c'est un fidèle record des évènements ; plus tard, vus enfants vous los demanderont.Nu lus jetez donc point nu l'eu, niais l’ORTEZ-LKS AU RELIEUR.Et plus tunl, votis-inènic lus relirez avec délices., N'OURLIEZ PAS L’ADRESSE: 17, Rue Usurpes, - NOKIOI,.1er Mars 1879.A VIi!V Dit»;.Une lcrro du la conluunnco du 80 arpents, dont la moitié en bois debout et l'milrc moitié en culture,ci-devant la proprlètée du J.R.Que- »y.Golte terre ci t h un mille du marcliéilc Sorel, sur la Rivière Richelieu, voisin du clics M.James Sheppard.Il y a dessus maison et grange, —AUSSI : — Deux terres a lads dans lo Ifawbtnj L'os terres sont entrées dans le Cadastre.Titr e parfait ot conditions lucilos.JAMES SHERPA RI).Sorel, 1 uinrs 1879.—3m.ÎIAGANIX A IJXJCK.(A doux étages un Iniques.) avec léguaient et dépendances an cola de la rue Charlotte et Marcha St Laurent, nvoc do bonnes conditions.S'adresser ù Sorel, 1 nuira 1879.Win.LA.MERK.A «K IV TM, a.lMKE«;E€l.Nous paierons eux agents un salaire do $100 p.'ir mois ot le.ms frais, ou leur alloiio-rons une forte commission pour la vente de nos nouvelles cl merveilleuses inventions.Ce que nous disons, nous le pensons.Echantillons franco.S'adresser ù SHERMAN i CO , Marshall, Micb.12 Mars 1879.—3m. LA GAZETTE DE SOREL.'l Discours de l’Hon.M.Laurier sur la question Lttellier.Je ne me lève pus duns le bul de répondre A l'honorable député de Lincoln, purée que je ne vois rien duns ses paroles qui mériiu une réponse.Lorsque l’iiouorublc monsieur n commencé son discours, j'ai pris une feuille de papier et une plume pour noter les points saillants qu’il pourrait faire valoir contre l’opposition, mais je n’ai pas eu l'occasion de m’en servir.Lu première partie de son tiis cours u roulé sur des matières qui n’ont aucun rapport il la motion, et qualité la seconde partie qui avait trait à celte motion, l’on y a déjè répondu mainte et mainte fois.J'ai aussi attendu quelque temps pour voir si quelqu'un des ministres su lèverait pour nous dire quelle sera sur ce point la politique du gouvernement.Le fait que la motion actuellement soumise a été présentée, l'année dernière, par le chef de (’opposition—devenu depuis le chef du cubinct- -et n’est pas faite de nouveau par lui, peut-être regardé comme preuve que la Chambre n’aurait pas été saisie de l’affaire, une fois de plus, si l’on avait suivi la politique de l'honorable premier ministre, quelle puisse être l'attitude du gouvernement.Lu Chambre se rappelle que la motion faite A la dernière scsion, la même que celle de ce jour, a été repoussée par une grande majorité, et je déclare, dès le début, que la majorité de la Chambre, eu rejetant la proposition dont, il s’agit, n’a pas affirmé que le pritteipo était faux pas plus qu’elle n’a affirmé qu’il fût vrai ; elle n’a pas affirmé, d’auire part, que la conduite de monsieur Letcllicr était sage, pas plus quelle ti’a affirmé que cette conduite fut imprudente, qu'elle était constitutionnelle ou qu'elle ne l’était pas.Non, le parlement s’est .soigneusement et positivement abstenu de se prononcer sur l'acte do monsieur Letcllicr.iMais elle décida alors y avait pas raison d’intervenir dans ce cas, et que sous le système qui nous régit-, les provinces sont libres et indépendantes non-scplcnicnt lo< unes des autres, mais aussi du pouvoir ecu* tral : elle déclara que tous les différends ou conflits provinciaux qui pouvaient surgir devaient être réglés par l’application des principes du gouvernement responsable dont, est dotée chaque province; elle prétendit, enfin, que cette question n’inféress'il que la province de Québec, et qu’à elle seule nppniellait le droit de juger si, oui on non, l'acte île monsieur Letcllicr était sage et constitutionnel.A cotte époque, la population de Québec, n’avait pas donné sa décision, elle venait seulement d’être saisie de la question.Lus élections n'avaient pas encore eu lieu, mais elles approchaient.Mlles sc sont faites depuis, et quoique puissent prétendre les honorables membres de la droite, le tésul tat a été favorable à mousicur Lctellicr.Plusieurs députés : Non, non ! Al.Laurier : Pourquoi en agir ainsi, si vous dites non ?Si votre cabinet n’avait pas été défait, pourquoi vous adresseriez-vous A la Chambre?Votre motion est la meilleure preuve de ce que j'avance.Si votre conduite avait reçu l’approbation du peuple, vous no demanderiez pas Ace parlement de vous venger.Je maintiens ee que j’ai déjà dit, c’est-A-diiC que la population de la province de Québec, seule intéicsséc dans cette question, a décidé que, dans son opinion,;—bien ou mal fondée,—l'actc do monsieur Letcllicr était juste et constitutionnel.Or, s'il en est.ainsi, si cette question a déjà été soumise une lois A la Chambre, si celle-ci a refusé d’intervenir, et u résolu de s’en rapporter aux électeurs do la province de Québec, et si ces derniers l’ont décidée, n’est pas A propos pour nous de uc plus s’en occuper ?Je n’hésite pas A dite, en effet, qu'elle n'aurait plus été soulevée dans la Chambre si un autre événement ne s'était passé depuis lors, c'est-à-dire les élections fédérales.Nous en avons l’aveu des honorables représentants de la droite.Le 17 septembre dernier a transféré la majorité des libéraux aux conservateurs; et aujourd’hui qu’un nouvel élément est entré dans la Chambre, l’on tente encore un effort pour obtenir de la majorité actuelle qu’elle fasse ce que l’ancienne n’a pas voulu faire : substituer la volonté du pouvoir fédéral A celle de la province de Québco.Mémo sans les paroles tombées des lèvres de quelques messieurs de la droite, j’aurais envisagé celte motion comme un blême jeté A la majorité du précédent parlement.L’idée qu’elle fait naître,—non dans les termes, il est vrai, mais aussi clairement quo si elle était exprimée dans le texte,-est que la majorité libérale qui siégeait, l'année dernière, do l'autre côté de la Chambre, avait délibérément refusé do rendre justice, et qu’elle avait ainsi laissé inllitencer son jugement par ses prédilections politiques, parce qu’il s’est trouvé que le poli '¦ chassé du pouvoir A Québec était conserva- ' teur, et que le parti appelé A la direction des affaires était libéral.Comme l'un dr-membres de la majorité qui gouvernait à la session dernière, jo no m'objecte pas A eu qu’on nous lance cette accusation, pourvu que l’on applique ia même mesure à nos adversaires.Et si celte motion doit être adoptée, si la majorité conservatrice doit faire aujourd'hui ce que la majorité libérale n’a pas voulu faire l'au •dernier, si elle doit s’upposcr aux provinces, si i’unc ou l’autre dos deux majorités,—soit celle qui insistait, l’année dernière, pour faire respecter le droit qu’ont les provinces de sc gouverner elles-mêmes, ou celle qui, cette uunéc, veut empiéter sur ce privilège,—doit être dénoncée contmo étant animée de motifs suspects, jo n’y ai pas d'objection, et j'attend^l sans cruinto le jugement des hommes justes et de l'histoire impartiale.Mais avant d’aller plus loin, qu’on me permette de faire une observation.Les élections do l'an dernier dans la province de Qtté.hcc ont eu lieu sur l’acte de AI.Letcllicr, et sur rien autre chose.A l'ouverture même de la campagne, monsieur Clmplcau, le 1 chef actuel do l’opposition A Québec, déclara, dans un discours prononcé à Lévis, que cette question du renvoi du ministère par le lieutenant-gouverneur étuit la seule qui devait être considérée par lo peuple.Et il s’est servi A cette occasion d'un lungage très-énergique.Je n’ai pas ce discours bous la main, mais j’cu ai les expressions dans ma mémoire, qui ne inc fait pas défaut.Ainsi monsieur Clmplcau disait que, —quelles que pussent- être leurs fautes comme ministres, et lors même qu'ils auraient été des défalcataircs ut des voleurs publics,—ils avaient été renvoyés injustement et illégalement, que le devoir du peuple était do les réinstaller dans les fonctions dont ils avaient été démis.D'un autre NOUVEAU SOREL.s l,c* soussignées, modistes, informent rcspcc-tneiirement le public do la ville de .Son I et dus paroi-ses environnantes qu'elles viennent d'ouvrir an iionvoui magasin contenant un assortiment générnl d’étoffes de toutes sortes pour Dames et Messieurs.Elles tiennent aussi toutes les garnitures et fournitures nécessaires convenables A n'importe quelle étoffe, de quelque valeur qu’elle soit Domine pur le passé, les soussignées reçoivent chaque semaine les livres do inodes les plas nouvelles et elles so chnr-tcntde tailler et de confectionner les toilettes do toutes sortes pour les Dames.m l’IUX SH.YÏ üOHEKKS.Une visite est sollicitée au nouvel établissement situé EN FACE Dü MARCHE Voisin de M.JantCB Morgan, SOItllI, Pt,LES.LUSSIER, Modistss.t mars 1879.—Cm.ADRESSES D’AFFAIRES.C.I.BARTHE, Avocat et tonsei! lié ia (teins, SOREL.No.17.Itlll'l UEO!t»E, Au.lossus dos Bureaux .le La Gazette de Sorel.Suivra régulièrement les Cours A Sorel cl la Cour do Révision cl d’Appel A Monti-al.M.liarlhc remercie ses amis du patrouago qu'ils lui ont accordé, depuis quelques mois surtout, et il féru tout en son pouvoir pour mériter lu conllauee générale dans l’exercice de sa profession.Il sera régulièrement A son bureau de 10 heures A.M.it I heure 1‘.M.et de 2 heures ù 1 heures I* M., tous les Jours.Sorel, i mars 1879.—en.-A.a-A.GKtNrOLT, AVOCAT, Informe le public, qu'ayant dissout la société q dit avait avec M.Mathieu, i! a établi son bureau au Xo.48, One
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