Le soleil, 23 août 1975, Cahier D
[" LE SOLEIL QUEBEC, SAMEDI 23 AOUT 1975 IpgppMMM rm ¦ \\ v %,*.mm C« film bénéficie de la stupéfiante nouvelle technique multidimensionnelle du Les FILMS MUTUELS présentent le chef d'oeuvre de INGMAR BERGMAN LA TOUR d IRWIN ALLEN INFERNALE Version Française de THE TOWERING INFERNO FAYE WILLIAM DUNAWAY HOLDEN HORAIRE: 12.30 - 4.00 - 7.50.interprété par LIV ULLMANN et ERLAND JOSEPHSON avec BIBI ANDERSSON écrit produit et réalisé par INGMAR BERGMAN, \u201e\timages SVEN NYKVÎST RICHARD JENNIFER SUSAN FRED ASTAIRE BLAKELY CHAMBERLAIN JONES ROBERT ROBERT HOtAIMi TVIMBUMINT DC THMIt 2.00 - 4.30 SIMPSON VAUGHN WAGNER LES CINEMAS ODEON LE DAUPHIN FRONTENAC II FRONTENAC I PARC-AUTO PAOUET & LAUBERTE DU PONT & BOUl CHAREST v IN^.5299745 STATIONNEMENT INTERIEUR SATIES CLIMATISÉES \t\t \t\tP 70288746 GRAND THEATRE DE QUÉBEC .SALLE OCT/NÆ CHÉmŒ' \u20227 'gNPjjl \u2022y* ' Populoira louriar GRAND THEATRE DE QUEBEC SALLE LOWS-FRECHETTE,-TÉL:\u20ac43 8131 chnc AMM FM LIS P TUS BALS OU GRAND THEATRE NE CHERCHEZ PLUS DANSES POPULAIRES de midi à 14h.DE MOSCOU ! BEKIOZKA Lundi 25 août (Relâche) Congru du Barreau du Canada Mardi 2C août Folklore international o.' ^Tr b \u201d** L ORCHESTRE DE ROLAND MARTEL Mercredi 27 août Special musiguo *-*'\u2022\u201c» * wx enregiihee anciwno\tProofti »o« w pioœ Les 11 et 12 septembre à 20h30 Jeudi 20 aeût Folklore du Quebec r+akhmm»* Vendredi 2S «eût dira d epérettee DU 4 août au S teptonRpe 0\tvenir: le 30 aeût: 1\tOrchestre de Roland Martel le 6 septembre: Danses québécoises M.Pointu et Les Danseurs Du roc her 100 ( ' .-a Mhora**-C$v et CfV-A* DANSEURS CHANTEURS A r ENTREE LIBRE MUSICIENS le spectacle nouveau YVON DESCHAMPS ot LOCATION $10.00 $4 00 guider Grand 13 I au 21 septembre septembre, 18H30 20H30 20 22H00 et location CnMU 20h30 $2.50 GRAND THEATRE DE QUEBEC SALLE lûmS-FRECHETTE.TÉL 6*3 8131 , GRAND THEATRE DE QUEBEC SALLE OCTAVE CREMAZt.TEL 643 8131 I enema Réflexions par Claude Daigneault Curieusement.Ingmar Bergman, 1 enfant chéri de la critique internationale.n\u2019est parvenu à intéresser ses compatriotes en grand nombre qu'avec ' Scènes de la vie conjugale\", une oeuvre qui affirme définitivement son passage de l'expression abstraite au réalisme, à l'opposé de films antérieurs très connus comme \"Personna\" ou \"Le septième sceau\", par exemple.\"Scènes de la vie conjugale\" est issu de six émissions de télévision d une durée de 50 minutes chacune, qui, lors de leur diffusion l'année dernière, provoquèrent des répercussions imprévisibles non seulement en Suède, mais dans toute la Scandinavie.Le silence envahissait les rues désertes des villes suédoises chaque mercredi soir et Bergman, dans une rare interview au magazine \"Oui\" il y a quelques mois, révéla que le pourcentage des divorces dans toute la Scandinavie fit un bond prodigieux.C'est réfugié dans l\u2019ile de Farô,où il travaille désormais à l\u2019abri du tapage des grandes villes qu'il abhorre, que'Bergman écrivit en trois mois le scénario des six émissions.11 intéressa immédiatement ses comédiens préférés à son projet, soit Liv Uil-mann.Erland Josephson et Bibi An-derrson.et le tournage se fit en 45 jours, avec la collaboration de son caméraman habituel, Sven Nykvist, l\u2019un des plus talentueux sans doute de toute l\u2019histoire du cinéma.Depuis qu\u2019à la demande des distributeurs américains.Bergman a réduit son oeuvre à trois heures environ, \"Scènes de la vie conjugale\", tourné en 16 mm puis gonflé en 35 mm.a atteint des records d'assistance partout dans le monde et conquis la critique.A point nommé Le choc ressenti à la vision du film est tributaire de la question contemporaine fondamentale que pose Bergman, qu'est-ce que le mariage et a-t-il encore sa raison d\u2019ètre?En faisant le récit, par dialogues interposés, de la relation d'un couple marié depuis dix ans.de son divorce, et finalement de la redécouverte mutuelle (des deux partenaires), Bergman stigmatise sans rémission une forme d'association matrimoniale basée sur la notion d\u2019obligation et d'absence de liberté.Le réalisateur, qui reconnaît être littéralement horrifié par une forme d éducation qui conditionne la femme au \"bonheur\u201d domestique sans ouverture sur le monde, met carrément en évidence l'esprit sécurisé de Marianne (Liv Ullmann).qui a cessé de s'interroger sur la valeur de son union à Johan (Erland Josephson), gagnée à tel point par le confort d une vie matérialiste si douillet qu elle ne s\u2019inquiète plus de la faillite de sa vie sexuelle.Lui à 42 ans et elle à 35 ans représentent le modèle parfait du couple bourgeois de la classe moyenne, endormi dans ses habitudes et ses mensonges.Conséquence peut-être des coupures faites par Bergman pour ramener ses six émissions à une proportion cinématograhique acceptable le spectateur n'est confronté que quelques secondes à la présence des enfants au tout début et jamais à celle des grands-parents, qui, pourtant, jouent un rôle déterminant sur la désagrégation du couple par l'emprise des habitudes qu'ils le forcent à respecter.Cette absence de points de repère extérieurs au couple nous Qdbec, U Soleil, tomedi 23 août 1975 de Bergman sur le mariage.amene à penser que les decisions qu il prend ne pourront être modifiées, en fin de compte, par les autres.Débâcle et reconstruction Rompu aux exigences de la mise en scène à effets grandissants, Bergman commence par situer ses deux personnages, puis à les remettre en question en les confrontant à un couple d\u2019invités qui se déchirent comme le couple de \"Qui a peur de Virginia Wolf\".Les deux personnages principaux nous étant ensuite montrés simultanément dans leur activité individuelle, certains mensonges et certaines préoccupations inavouées ou refoulées se révèlent et préparent le spectateur à l'insoutenable vérité de la séquence de rupture.Cette longue séquence met d\u2019ailleurs en évidence l\u2019imcomparable talent de Sven Nykvist, qui oblige le spectateur à un rôle de témoin honteux tant les très gros pl?ns, filmés avec une économie de mouvements, sont impressionnants: nous sommes littéralement assaillis par l'énormité des deux visages que le cadrage ne parvient pas a contenir.La prépondérance des couleurs pastel contribue au surplus à donner un ton d'amertume à l'ensemble.Une fois les époux séparés, Bergman entreprend de faire comprendre leur évolution personnelle, bien que son amour des femmes en général le porte à peindre Marianne sous un jour meilleur.Elle évolue, prend les moyens de s'en sortir, cherche à s'affirmer, embellit, acquiert un vrai sens de l\u2019humour, tandis que son ex mari demeure un peu goujat (il s'endort pendant qu\u2019elle lui lit son journal intime où elle note ses préoccupations les plus profondes), et toujours en proie à des rêveries gauches de réussite matérielle.Mais ce faisant, et par le détour d'unê tentative de reprise des liens qui les unissaient, Bergman continue d \u2019illustrer l'échec de la vie en commun selon des normes traditionnelles.La transformation des deux êtres se poursuit de façon accélérée.Johan, soudainement mis devant l'obligation d\u2019accepter ses limites intellectuelles et la venue d'un âge moins glorieux se lamente sur lui-mème et réagit mal au tempérament devenu racoleur de Marianne (il va jusqu\u2019à la frapper).Celle-ci, enfin à l'aube d'une nouvelle liberté, a poursuivi un chemin en sens inverse: avec une pointe d'humour, elle accepte la difficulté de s adapter.La nouvelle orientation donnée à leur vie personnelle (divorce et remariage) les oblige à une nouvelle appréciation d'eux-mèmes.L\u2019idée fondamentale de Bergman (qui s\u2019est lui-méme marié cinq fois et a été l\u2019amant de la plupart de ses interprètes féminines) se révèle clairement: le mariage siphonne littéralement l\u2019amour hors des êtres et les prive d'une spontanéité créatrice.Mais alors que l\u2019échec parait évident, il insère une conception révolutionnaire des rapports entre gens de sexe opposé: une amitié amoureuse, tendre et pimentée par la complicité dans l'interdit, fait se retrouver sept ans après leur divorce les deux exépoux.Leur attitude est un aveu qu'il leur a fallu parcourir un dur chemin pour comprendre que leur relation était valable, mais qu elle n'avait pas besoin d'un support conventionnel pour s'épanouir.Véritable chef-d\u2019œuvre du cinéma contemporain, \"Scène J la vie conjugale\" doit beaucoup à l'interprétation éblouissante des comédiens, à la sensibilité du caméraman, et à la portée dynamique du scénario II redonne au réalisme sa véritable fonction: celle de donner à la réalité sociale un ton d'authenticité que seule une réflexion sentie peut engendrer sans les aléas du \"direct\", qui, lui.est soumis à la qualité discutable des gens qu'il amène à se révéler.liv Ullmann et Erland Josephson, dans \"Scènes de b vie conjugale' Scènes de la vie conjugale Film suédois de 1974.Réalisation.scénario et dialogues: Ingmar Bergman.Images: Sven Nykvist et Lars Karlsson.Son et mixage: Owe Svensson.Interprètes: Liv Ullmann, Erland Josepson.Bibi Anderson.Jan Maimsjo, Barbro Hiort Af Ornas et Gunnel Lindblom.Au cinéma Odéon, salle Frontenac L Une passion Film suédois de 1969.Scénario et réalisation: Ingmar Bergman.Images: Sven Nyk-vist Interprètes: Max von Sy-dow, Liv Ullmann, Bibi Anderson.Erland Josephson, Erik Hell.Au cinéma 2 de Place Québec.Ingmar Bergman au côté de Liv Ullmann, durant le tournage de \"Une passion\".et la solitude On ne peut hésiter longtemps devant l'attitude des distributeurs: ressortir à l'heure actuelle le film \"Une passion\" indique que la passion des clochettes du tiroir-caisse imposait cette mesure face au phénomène de locomotive qui caractérise présentement 1a carrière de \"Scènes de la vie conjugale\".Mais pour le cinéphile, peu importe au fond, d'abord parce que le film était pour tout dire inconnu, et ensuite parce qu'il permet de poser un jalon important dans une tentative de mieux connaître la route suivie par Bergman jusqu'à \"Cris et chuchotements\" et maintenant \"Scènes de la vie conjugale\".C'est ainsi que cet excellent film du grand réalisateur suédois se voit comme une prémonition des deux derniers.Sur le plan formel apparaît la couleur rouge, discrètement ou non selon les scènes, mais significative d\u2019un repli des êtres sur eux.La caméra se montre étonnamment nerveuse, suit les gestes et la démarche des personnages, fonce sur eux en gros plans pour ensuite s'éloigner et enfin se reposer en plans moyens.La trame sonore accorde beaucoup d\u2019importance aux bruits (horloge, vent, grincements, coups) pour intensifier l'effet de vide.Dans révocation du thème fondamental, on relève une préoccupation amère de Bergman pour ces couples enchaînés au conventionnalisme du mariage ou de i'union pure et simple.Il n'y a pas encore de solution qui se fait jour Bergman poursuit encore l'expression d'un désespoir acidulé où les gens se font mal san s croire à une quelconque délivrance.On peut croire en Dieu (mollement comme Eve), mais sans cette profondeur qui stimulerait peut-être la volonté d\u2019un changement Un lien Dans un lieu insolite (une ile de pécheurs battue par le vent), quatre êtres tentent d'établir des rapports qui viendront rompre la monotonie douloureuse du vide intérieur.Andreas (Max von Sydow) est un peintre raté, comme le sont sa vie et son mariage; à 48 ans, il apprécie l'isolement pour peu qu'il ait comme soupape le contact avec d\u2019autres gens de son espèce intellectuelle.Anna (Liv Ullmann) viendra le rejoindre: elle personnifie le mensonge, mais proteste constamment de son attachement à la vérité (de magnifiques éclairages soulignent d'ailleurs cette constante dichotomie de tout son être).(Bibi Anderson), Eva, c'est l\u2019inquiétude faite femme: incapable de dormir, elle recherche constamment la chaleur sécurisante d'une présence, s'interroge sur son apparence aux yeux des autres et souffre profondément de ne trouver personne qui accepte de recevoir son don d'amour.Quant à Elis (Erland Josephsson), le mari-architecte d\u2019Eva, c'est un être qui a élevé le cynisme au niveau de l'art: il collectionne les photos avec une boulimie ahurissante, comme l'intellectuel de \"La nausée\" de Jean-Paul Sartre collectionnait la connaissance en lisant tous les livres par ordre alphabétique.Le trait d'union du quatuor porte un nom: la solitude.Celle qu'Eva appréhende dans cette question à Andreas: \"Quel est ce poison qui ronge le meilleur de nous-mêmes et ne laisse que la carapace?\" \"C'est un cancer de l\u2019âme\", se répondra plus tard à lui-même Andreas quand il aura fini par comprendre qu\u2019aucune panacée n'est efficace pour enrayer le mal du désabusement.La solitude (entendons l'inhabilité fondamentale à communiquer) peut entraîner un dérèglement horrible du fonctionnement: dans cette ile, un (ou une?) inconnu prend plaisir à tuer des bétes de façon atroce (chien pendu, moutons égorgés).Mais, au-delà de la violence purement physique (assassinat du vieux Johan), elle peut susciter une violence morale plus lénifiante encore parce qu'elle s'accompagne de la peur viscérale de l'inconnu.Cette violence morale aboutit à l'échec: chacun s'efforce constamment de reconstruire sa vie sur les ruines de l\u2019instant d'avant, sans aucun amour véritable, sans recherche désintéressée de l'autre.Ces quatre êtres sont quatre paquets de noeuds.Plus ils tentent de se rejoindre, plus ils se blessent et plus ils se rapprochent de l'instant où il leur faudra admettre que leur lutte est sans espoir (le désespoir se percevant comme une absence d'imagination créa-trice).( Claude Oalgneault chrc AM ÊfH Une présentation de »V*e »\u2022 V i i i i .! '!: \u2022 ¦\t' .\u2018 * * A V . Quebec Le Soleil, somedi 23 oout 1975\tD 3 -spectacles La chanson québécoise a besoin d' un coup de fouet Guy l.atravrrse es! mêlé aux milieux de la chanson et du spertarle au Québec depuis 15 ans.Guy l.atraverse.c'est Kebec Spec.Kebec film, et une foule d autres entreprises qui tournent autour de la chanson québécoise.Il était membre du conseil d administration de la Chant août.Il était l ame dirigeante de la Chant août.Nous l'avons, avec sa permission, assis dans I herbe des Plaines et nous lui avons posé quelques questions.Propos recueillis par Louis-Guy LEMIEUX Question: Guy Latraverse.vous êtes très connu dans le milieu du spectacle et de la chanson.Voulez-vous vous présenter?Réponse: Je suis un producteur de spectacles depi is 15 ans.plus récemment un producteur de télévision et prochainement un producteur de disques.Par rapport à ce métier, j'existe depuis 1960 J\u2019ai commencé avec Lé-veillée et travaillé avec des gars comme Ferland, Charlebois, Deschamps, et bien d'autres.Je suis peut-être ce qu'on pourrait appeler l'un des participants au leadership de la chanson avec d'autres personnes.Q.Tout cela a commencé de quelle façon?R.J\u2019étais étudiant à Saint-Laurent.Je faisais du théâtre comme n'importe quel étudiant.Et puis vers la philo, je me suis rendu compte que j'étais plus heureux derrière la scène que sur les planches.Spontanément, je me suis mis à monter des revues étudiantes.J'aimais m'occuper de l'organisation, de la musique, de l'éclairage; par nature, je suis un promoteur, un organisateur.Q.Depuis vos débuts, il vous est arrivé toutes sortes d'aventures.Des faillites, des succès aussi.Comment résumeriez-vous ces 15 ans?R.Disons tout ce suite que, financièrement, si je n'avais pas vécu ces 15 années, j'en serais au même point qu\u2019aujourd'hui.C'est-à-dire que je n'ai pas plus d'argent dans mes poches que j\u2019en avais à mes débuts.Sauf que j'ai vécu 15 belles années, des moments fantastiques.Ne parlons pas de mes succès, parlons plutôt des échecs.Je vous donne deux exemples, en 1965, je m\u2019étais bâti un petit bureau à Montréal.L'été s'en venait et au niveau des spectacles, il ne se passait rien durant cette saison.J'ai décidé d'ouvrir un théâtre d\u2019été de 700 places dans une Üe du Richelieu.Aujourd'hui, il existe une cinquantaine de théâtres d\u2019été, et la plupart marchent bien.Moi, c\u2019était le premier dans la région de Montréal et ça n'a pas marché.Ca m'a coûté $50.000.J'ai continué à produire des spectacles à Montréal et j'ai payé mes dettes.Le deuxième exemple, c\u2019est celui des Ballets africains.Avec mon frère, nous avions fait venir cette troupe et organisé une grande tournée nord-américaine.Malheureusement, nous sommes tombés sur l'année des grandes émeutes aux Etats-Unis.Là, ça nous a coûté $100,000 Des Québécois ou des Français?Q.Mais vous êtes surtout connu pour vos activités à 1 intérieur de la chanson québécoise?R Oui.il est évident que mon coeur est là avant tout, ce qui m intéresse.c\u2019est de travailler avec des artistes de chez nous Mais n'allez pas croire que c'est un choix dicté par la facilité ou par l'intérêt.Il est à peu près impossible pour un promoteur de gagner sa vie en ne s'occupant que des artistes québécois.On ne peut pas mettre au programme tous les mois un Charlebois ou un Deschamps.Nous prenons des risques avec des chanteurs et des musiciens québécois moins connus, et inévitablement nous subissons des échecs Mais personnellement, je n'abandonnerai jamais la-chanson québécoise pour autant.Parce que les Québécois, je les trouve bons et je voudrais que le public d\u2019ici apprenne à les apprécier.Le truc, c'est de faire venir des vedettes françaises, qui, elles, rapportent à coup sûr dans nos salles.De cette façon, on peut donner leur chance à des jeunes artistes d'ici.Si vous connaissez une autre solution, moi je veux bien.Mal ou bien?Q.La chanson québécoise se porte-t-elle bien ou mal?R.D'un point de vue artistique, je pense qu'elle se porte bien.Nous avons des artistes exceptionnels au Québec.Ce que nous faisons sur disque, en studio, sur scène est d'une qualité remarquable.Nous pouvons nous comparer avantageusement avec ce qui se fait de mieux ailleurs, y compris les Etats-Unis.C'est l'industrie qui est malade.Nous nous rendons compte, depuis un an ou deux, que lindustrie de la chanson réalise $100 millions de chiffre d'affaires au Québec.Des études récentes nous montrent que cette industrie dépend de l'étranger en grande partie.Ce sont des gens de l'extérieur qui en tirent les plus gros revenus.Pensons simplement aux montagnes de disques américains et anglais que nous achetons.En termes de pourcentage, la chanson québécoise est vraiment peu de chose à l\u2019intérieur de ce marché, même si c'est souvent elle qui occupe le plus de notre temps.Je passe plus de temps à m'occuper des Québécois que dtc Français.Pourtant, toute proportion gardée, je devrais travailler quatre fois plus pour les Français, à cause de l'argent qu'ils peuvent me rapporter.Mais que voulez-vous, les Québécois, c'est nous autres; c\u2019est un lien qui dépasse les questions administratives.Q.C'est si dramatique que ça?R.Je crois fermement qu'on peut s'en sortir et c'est là-dessus qu'on travaille.Mais, pour le moment, l'industrie de la chanson québécoise est en très mauvaise santé, et à tous les niveaux Les boites à chansons sont moribondes, quand elles ne sont pas déjà mortes.Les producteurs québé- cois de spectacles a titre individuel sont tous dans une situation précaire.Les producteurs québécois de disques, c'est la même chose Si on fait le tour de l'ensemble de l\u2019industrie au niveau des Québécois, on trouve des problèmes de toutes sortes un peu partout.Il reste les artistes Là encore, nous ne nous faisons pas d'illusions: à part quelques exceptions qui s'appellent Deschamps, Charlebois, Ferland ou Reno, les autres ne font pas d argent.Il y a une dizaine de vedettes au maximum qui vivent confortablement de la chanson Mais je pourrais vous en nommer des centaines qui crèvent de faim.Pourquoi la Chant'août?Q.C'est là qu intervient la Chant'août.Pourquoi Guy Latraverse s'est-il embarqué dans l'organisation de cet événement?R Bien, la chanson, c'est un tout.Il faut des auteurs, des chanteurs, des musiciens.Il faut aussi des promoteurs, des administrateurs, des producteurs, des organisateurs.Ce sont eux qui permettent à l\u2019artiste de se produire sur disques ou sur scène dans les meilleures conditions possibles.La Chant'août est née d'un besoin, parce qu'il y avait des problèmes sérieux dans ce domaine culturel et économique important.A l'origine, il y a eu quelqu'un qui s'appelle Lucien Gagnon, qui, avec l'aide de deux fonctionnaires du service des industries culturelles, Denise Lachance et Yvon Leclerc, a présenté un mémoire au gouvernement.C'était en gros le projet de la Chant'août.Le gouvernement a marché et, comme il investissait pas mal d'argent là-dedans, il a formé un conseil d\u2019administration composé des seules personnes qui pouvaient mener à bien un tel projet, soit les gens du milieu: Stéphane Venne, Denise La-chance.Michel Lerouzès, Michel Rivard et moi Je croyais à 1 importance de ( événement et j\u2019ai voulu avoir plutôt un rôle de conseiller.Ce n est pas en tant que Guy Latraverse de la compagnie Kebec Spec que j'ai travaillé à la Chant'août, mais en tant que Guy Latraverse professionnel de la chanson et du spectacle.Après 15 ans.je pense connaître un peu la question.Q.Est-ce que tous les secteurs de la chanson étaient suffisamment représentés à la Chant\u2019août?R.Non.Je crois qu'elle n'était pas suffisamment représentative des divers métiers de la chanson.Mais elle peut le devenir.Il faudrait que chacun des groupes qui représentent une facette du métier ait son représentant à l'intérieur du conseil qui régirait la Chant'août: les producteurs de spectacles ou de disques, l'édition, les boites à chansons, la relève, etc.Mais il fallait commencer quelque part; il fallait d'abord que la Chant\u2019août existe, qu'on en fasse un événement, un succès, pour qu'ensuite on puisse dire: \"Ben, G.K., faites-en une autre.Culture ou industrie?Q.Au cours des débats dans le cadre de la Chant août, tout le monde s entendait pour dire que la chanson représen- tait un bien, un véhiculé culturel authentique.Parallèlement, on s entend aussi sur son importance comme industrie.Comment réconcilier culture et industrie?R.Pour moi, I aspect culturel de la chanson québécoise, c est qu elle est une image vraie, un miroir de ce que nous sommes Encore faut-il que l'artiste puisse avoir le moyen de se faire entendre II faut faire en sorte qu'il soit à son meilleur dans les meilleures conditions possibles de studio, de spectacle, de scène, à tous points de vue.C\u2019est ça notre rôle et c'est là que l\u2019industrie embarque, n faut favoriser tout ça, il faut créer des canaux de diffusion, il faut organiser la chose.Les définitions autour des mots culture, art, chanson, ça c'est le travail de 1 Etat et des individus-artistes.Moi, j'ai comme travail de promouvoir, de diffuser, de propager.Je n'ai aucune objection à ce qu\u2019on me rappelle constamment que ce que nous voulons vendre n\u2019est pas un produit quelconque.J'en ai toujours été conscient et c\u2019est ce qui rend le travail que je fais intéressant.La solution: l'exportation?Q.Vous avez pense une théorie selon laquelle l'avenir de la chanson québécoise passait par ( exportation?R.Oui: C'est-à-dire que ça ne solutionnerait pas forcément tous les problèmes, mais un des gros problèmes que nous avons, c'est le manque de revenus.Les disques que nous produisons ne réussissent pas, généralement, à faire vivre l'ensemble des gens qui ont travaillé à leur création, de l'artiste au travailleur en studio jusqu'au producteur local.Les chiffres le prouvent.D'abord, notre marché est de cinq millions de personnes.Tout vient de là, parce que c'est un marché insuffisant.Pour l'achat de disques, le Québec a un prorata de 2.84.C'est supérieur à la moyenne des autres pays occidentaux, mais aussi nous avons atteint le point de saturation.Les consommateurs d\u2019ici ne peuvent pas acheter plus que tant de disques.Pourtant, nous avons les mêmes coûts d'équipement et de production que les pays qui ont un marché de 50 millions.Ils sont rares ceux qui vendent chez nous 50,000 copies d'un disque.En moyenne, nos vedettes tournent autour du 20,000 à 25,000.Dans ces chiffres-là, tu fais à peine tes frais et si tu as un produit de qualité.Si on pouvait exporter notre produit, en France, par exemple, et bien nos revenus augmenteraient, tout en ayant les mêmes coûts de production.Il ne s'agit pas d'envahir le marché d\u2019un pays, mais tout simplement de prendre un petit pourcentage du marché.La theone de l'exportation, j'y crois depuis longtemps.Il faudrait l'articuler de façon plus précise, l'organiser de façon plus massive, pour qu elle serve a l ensemble du mener Je suis convaincu, personnellement, que notre.chiffre d affaires qui est de $100 millions, pourrait passer à $150 millions par année avec un effort minime.L'aide de l'Etat?Q.Pour cela, vous solliciterez 1 aide de I Eut?R Entendons-nous bien! Nous ne demandons pas à devenir des subventionnés permanents ou des fonctionnaires de la chanson.Nous voulons un coup de main, parce que personne n'a les moyens d aller s'installer à Paris, d\u2019avoir un bureau, d\u2019engager des gens de promotion, de mettre des annonces dans les journaux.Tout ce qu il faut faire pour lancer quelque chose Moi, je n'ai pas les $400,000 que ça prend.Je ne l\u2019aurai jamais d\u2019ailleurs.Faut pas se faire d'illusions.Alors, on demande à l'Etat s'il veut bien nous aider à franchir cette étape-là.Après cela, on sera capable de se débrouiller tout seul.On croit être capable de \"vendre\u201d la chanson québécoise dans plusieurs pays, mais on a besoin de l'aide du gouvernement.Q.Pour revenir à la Chant août, souhaitez-vous qu'une telle semaine de la chanson québécoise se reproduise?R.Ah oui, définitivement, aucun doute là-dessus! Il y aurait à repenser certaines formules.On a eu des critiques à droite et à gauche.C\u2019est excellent.Il faudrait élargir l'organisation pour la rendre plus représentative.Mais le principe en soi de l'existence de la Chant'août 1976, il est acquis à 100 pour 100, au sein des gens du métier, et j'ai rencontré tous ceux qui sont venus \u2014 ils étaient très nombreux.Où, la Chant'août?Q.Est-ce qu'il ne serait pas préférable que la Chant'août, à l'avenir, se tienne là où ça se passe finalement, c'est-à-dire à Montréal?R.Personnellement, je ne suis pas d'accord.Je pense que c'est important pour nous, les professionnels de la chanson, que nous nous plongions dans le même bain durant une semaine.D'abord.Québec est une ville merveilleuse, qui se prête magnifiquement à ce genre d'événement Si la Chant'août se déroulait à Montréal, tous ceux qui habitent la ville, la très grande majorité, seraient moins disponibles.A Québec, nous habitons à l'hôtel, nous oublions presque nos affaires personnelles, et nous nous rencontrons constamment le matin, l'après-midi et le soir.Nous sommes plus disponibles aussi pour la relève.Il faut que ça se fasse en dehors de Montréal, si possible à Québec.Je trouve que c'est vraiment la ville où il faut faire ça.IwMJJi ¦ \u2022;\u2022\u2022\u2022 f ÆT.\t %\t CE SOIR ET DIMANCHE \t\t\t\t \t\\ \\ M S rapréMntatwns additionnelle*, !\u2022* 2$, 27, », 29 nt 30 août.H! LES FEMMES!\"\t\t\t \tSketches \u2022 Monologues \u2022 Chansons\t\t\t Théâtre de l'Ile Æ.:., DANCING MACHINE la MiiMiiM prochain* commandant lundi jt- Les Fameux Stonebridge \u201e ,mm Du Michigan avec \u2014 Christine Prud'homme \u2014 Denis Chouinard \u2014 Nicole-Marie Rhéault \u2014 Dominic LaVallée \u2014 Denise Gvènette Au piano: Denise Cloutier ou Michel Cloutier Réservations .\u2022 828-9530 N.S.La» billet* reserves doivent être réclamés 30 minuter, avant le spectacle.présente demain (dimanche) 24 août à 20H00 at 22h00 j TEX LECOR Réservations: 828-9530 U.1st Mets mints done* étn rsclusu I A QUEBEC DANSE TOUS LES SOIRS Une présentation de chnc AM ! FM \t \t fa ¦t : ¦ Le théâtre Beaumont St-Michel ! toute 2 ou Route 20.sortie 210) PRESENTE le canard à l'orange DE WILLIAM DOUGLAS HOME VERSION FRANÇAISE MARC GILBERT SAUVAJON EN VEDETTE: JEAN-MARIE LEMIEUX HELENE L0ISELLE JEAN LECLERC ANNE VILLENEUVE LENIE SCOFFIE MINCNFDi.JEUDI, VERME0I I S\" JO U SAMEDI, DEUX FOIS.s m n ion.IE DM MC Kl I IM JD RESERVATIONS: 884 2*3 SILLETS: semaine: $3.50 Samedi «t dimanche: S4JS Etalement ce vente chti Marc lacraie, musique * \\n LE THÉÂTRE DU TRIDENT PRÉSENTE AU PALAIS MONTCALM DU 11 SEPTEMBRE AU 4 OCTOBRE 1975 A 20 h30 DU MARDI AU SAMEDI un texte de ANDRÉ RICARD mise en scène ANDRÉ BRASSARD «UETS EN VENTE AU GUICHET OU PALAIS MONTCALM TOUSLESJOURS DE 12HOO A 21h00 RÉSERVATIONS 6922275 FESTIVAL MONDIAL DE MÀOIE SORCELLERIE .Le 21 sept.\u2022 I8H.30 el 22M0 le 28 sept.\u2022 20H.30 Location: $3.00 à $7.50 Collaboration ihcc St GRAND THEATRE de QUEBEC \u2022 ' lVPf SALLE LOWS PRECHE i TE TEL à*»*?8V SERVICE DE LOCATION PAR LA POSTE DURANT 2 MOIS PRÉCÉDANT LES SPECTACLES PROFITEZ DE L'AVANTAGE DU PREMIER CHOIX - ' VENTE PAR LA POSTE DU 23 AOUT 22 au g octobre a 7ÜHJC Parterre AA-T, corbeille et toutes les loges Parterre U-X Mezzanine Balcon 79 octobre a ?0h3û LOUISE! FORESTIER Parterre AA-P, corbeille loges balcon Parterre Q-X Mezzanine Loges mezzanine Balcon 3M1 octssrs, lier novembre! Parterre AA-T.corbeille, loges balron Parterre U-X Mezzanine Loges mezzanine Balron Dam I .mpov.ibHrié à accéder en tous points à voire dawnd», b Grand Theatre devfo VOLA rntauforr te chèque établir le meilleur choi* en l'occurrence Location au» guchets du Grand Théâtre et à (a Caisse Popdawê Launer débute un mois avant les spectacles Indiquez spéctacle, pro du Miet, vos nom adresse et numéro de téléphone Veuûtez tare votre chèque ou mandat-poste à I ordre du Grand Théâtre de Québec et postez te accompagné d une envetoppe-retour affranchie 9 GUICHETS GRAND THÉÂTRE DE QUÉBEC 2S9 est.bout Semt-Cyrilie.Québec (4e).Québec Renseignements 643 *131 GRAND THÉÂTRE DE QUÉBEC i ¦ '
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.