La presse, 29 janvier 1971, Page(s) corrigée(s)
[" Rose: deux nouvelles requêtes de \"mistrial\" par Léopold LIZOTTE Paul Rose a présenté, ce matin, au juge Marcel Nichols, deux nouvelles requêtes visant à faire annuler son procès pour \u201cmistrial\u201d.L\u2019intervention de l\u2019accusé (fait suite au rejet, par le môme juge, de deux requêtes antérieures dont le but était d\u2019obtenir la récusation de tous les jurés et le renvoi de l\u2019accusation portée contre lui.La première des deux requêtes formulées ce matin par Paul Rose, s\u2019appuie sur une prétendue violation du secret professionnel existant entre son conseiller juridique et lui-même, par des agents de la Sûreté du Québec.La seconde porte sur une présumée \u201ccoalition\u201d entre le tribunal lui-même et les deux avocats spé- ciaux de la poursuite, Mes Jacques Ducfos et Jean-Guy Boilard.Dans le premier cas, il a demandé de faire entendre immédiatement Mtjs Robert Lemieux et Pierre Cloutier, ainsi que les policiers Leduc, Boilard, et Sainte-Marie.L\u2019accusé a également demandé qu\u2019un expert puisse examiner l\u2019enveloppe qui aurait été ouverte.par le mauvais bout.Quant à la \u201ccoalition\u201d entre la Cour et les procureurs de la Couronne, il dit en trouver la preuve dans le fait qu'à la suite d\u2019un ajournement, les trois personnes concernées étaient sorties de la cour par la même porte et étaient revenus par la même porte.A ce moment-là, dit-il, c\u2019est le Voir ROSE en page A 6 L'impasse Leblanc: coupable d'un chef par Conrad BERNIER Le présumé felquiste Côme Leblanc, qui subissait son prôcès en première division des Assises sous trois chefs d\u2019accusation, a été1 acquitté, hier soir, vers 21 h.30 par un jury de langue française des accusations de s'être déclaré membre du FLQ et d\u2019avoir distribué de la propagande fcl-quiste.Le même jury l\u2019a cependant trouvé coupable sur le troisième chef d\u2019accusation, à savoir celui d\u2019avoir préconisé et encouragé les desseins et objectifs du FLQ.Les jurés ont délibéré pendant six heures avant de revenir devant la cour pour rendre leurs verdicts.Le juge Roger Ouimet prononcera sa sentence le 12 février.Hier matin, le procureur de l\u2019accusé.Me Michel Lamarre, a été le premier à s\u2019adresser aux jurés.Au cours de sa plaidoirie, le jeune procureur a particulièrement insisté sur la date du IG octobre.\"Le IG octobre, a d\u2019abord déclaré Me Lamarre, une loi d\u2019exception a été proclamée qui faisait soudainement un crime de ce qui, la veille, n\u2019en était pas un.Or, selon les accusations portées contre mon client, celui-ci, entre le 16 et le 25 octobre 1970, se serait déclaré membre d\u2019une association illé- gale, à savoir le FLQ, en aurait distribué le manifeste et encouragé les méthodes d\u2019action et les objectifs.\u201d \u201cAucune preuve, marre, n\u2019a été apportée MM.les jurés, que l\u2019accusé Côme Le- poursuit Me La-devant vous, blanc, entre le 16 et le 25 octobre, s\u2019est déclaré membre du FLQ, qu\u2019il a distribué son manifeste et encouragé de quelque façon que ce soit ses moyens d\u2019action.De plus, le savant Voir LEBLANC en page A 6 Le plus grand quotidien français d\u2019Amérique la presse risque ?lot Montréal, vendredi 29 janvier 1971, 87e année, no 2.4, 44 pages, 4 cahiers retard le revenu minimum garanti par Marcel DUPRE envoyé spécial de LA PRESSE OTTAWA \u2014 Les Québécois ne sauront vraisemblablement pas avant quelques mois s\u2019ils auront finalement leur propre régime de revenu minimum annuel.La question a en effet soulevé une impasse, hier, dès la première journée de la conférence fédérale-provin-ciale des ministres du Bien-être.Si cette première étape nécessaire à la réalisation du projet n\u2019a pas été franchie avec succès, c\u2019est que le gouvernement d'Ottawa et celui de Qué- bec n'ont même pas réussi à s\u2019entendre sur la façon de discuter la question.Le ministre fédéral de la Santé nationale et du Bien-être social, M.John Munro, a proposé de poursuivre des entretiens au niveau politique, ce que n'a pas accepté le ministre québécois des Affaires sociales, M.Claude Cas-tonguay.Plusieurs participants à la conférence, qui se déroule à huis c'os, ont confirmé les bruits selon lesquels le ministre Castonguay avait cessé de discuter après avoir expliqué qu\u2019il se devait d\u2019abord de faire rapport à son gouvernement avant de s\u2019engager.Quelques mois Quelle que soit la décision du Québec, les citoyens de la \u201cBelle Province\u201d attendront des mois avant de savoir si leur \u2018 gouvernement pourra leur garantir un revenu minimum annuel, soit, par exemple, $3,408 pour un ctuple ou $4,061 pour une famille de quatre personnes.Le ministre fédéral.M.Munro, a en effet expliqué qu\u2019il était prêt à entreprendre une discussion détaillée avec des ministres, discussion qui, de son propre aveu, pourrait durer quelques mois.Si le Québec rejette la proposition fédérale, la discussion passera du niveau des ministres de Bien-être à celui de la conférence constitutionnelle et l\u2019on connaît la rapidité de ce genre d- travaux.Le ministre Castonguay ayant toujours dit fondamentale la priorité du Québec dans le domaine de la juridiction sur les Affaires sociales, il est fort probable que la province choisira d'entreprendre de vider la question dès la prochaine conférence constitutionnelle qui aura lieu à Ottawa les 8 et 9 février prochain.Le Québec aimerait en effet que la question de la sécurité du revenu se poursuivre à partir d\u2019une politique globale comme le recommande la dernière tranche de sa commission d'enquête sur la santé et le bien-être social.P a, contre, le gouvernement fédéral aimerait continuer la discussion, comme le prévoit ses dernier:, livres blancs, à partir de différents éléments d\u2019une sécurité du revenu: allocations familiales, pensions de vieillesse, assurance-chômage, etc.Des différences Le ministre Castonguay, qui a accordé une conférence de presse avant même la fin de la séance d\u2019hier après-midi sous prétexte d\u2019un rendez- vous antérieur, n'a pas été aussi explicite, mais il n\u2019a rien dit peur laisser croire à la possibilité d\u2019une entente au niveau de la conférence fédé-rale-provinciale des ministres du Bien-être.Québec et Ottawa poursuivent-ils les mêmes objectifs?Il faut essayer d\u2019être optimiste, mais il y a des 'différences assez fondamentales\u201d, a-t-il fait remarquer avec ses gants de velours habituels.Le fossé s'est-il rétréci au cours Je l\u2019après-midi?M.Munro poursuit des d'ètre optimiste, mais il y a des \u201cdif- Voir L'IMPASSE en page A 6 Lévesque aura de l'opposition par Pierre SAINT-GERMAIN La plupart des dirigeants du Parti québécois que\" l\u2019on a pu joindre ce matin se sont déclarés surpris que M.André Larocque, conseiller au programme, ait décidé de faire la lutte à M.René Lévesque au poste de président de cette formation, lors du congrès national qui aura lieu à Québec du 26 au 29 février.\t> Interrogé à Québec, M.Larocque a toutefois souligné que sa candidature, déposée mercredi juste avant le délai statutaire, ne vise nullement à provoquer au sein du PQ un affrontement entre les tendances\" socialiste et nationaliste.\tt \u2014 La lutte que je mènerai au congrès, a-t-il dit en substance, ne portera pas sur le contenu du programme, mais plutôt sur ce que doit être le PQ: un parti de cadres ou un parti de membres.\t1 Srion M.Larocque, le PQ demeure un parti qui n\u2019est pas comme les autres, mais il a connu, depuis la campagne électorale d\u2019avril 1970, notamment, une déviation tendant à le transformer en parti traditionnel.Différents facteurs co.tribuent à cette Voir LEVESQUE en page A 6 ommair Annonces classées / C7 à Cil, D 2 à D 8 Arts et Spectacles / B 8 à Bit Bandes dessinées / C 6 Cinéma / B 9 Décès, naissances, etc./ D 9 Economie / C t à C 4 Editorial / A4 Etes-vous observateurs ?/ D 4 Horoscope / A 9 Informations étrangères /CS Informations nationales / A 2 et B 1 Loisirs et récréation / C 6 Loto-Presse / B 6 Mots croisés / Cil \"Mot-mystère\" / D 3 Radio et télévision / B 9 Sports / B 2 à B 5 Tribunaux / A 7 Vivre aujourd'hui / A 8 \u2022 A 9 Votre médecin / A 9 !uter*lo(o*2 0 PREMIER PRIX \u2019125,000.220 GAGNANTS *325,000 EN PRIX ^ >g- 5 ««Kgwægf iliiiil HH li@I \u2022 y MwÊfr üÉÜli ¦ |.ÿ% Autos-taxis décapitées photo Pierre McCann, LA PRESSE A 5 h.ce matin, au centre de communications de la compagnie Diamond, 3600, rue Hôtel-de-Ville, le comptoir était déjà plein d'enseignes lumineuses et de clés d'autos-taxis rapportées par les chauffeurs solidaires des opérateurs-radio, en grève depuis 7 h.45 hier soir.On ne pouvait cependant pas déterminer combien de ces ensei-nes avaient été rapportées sans le consentement de chauffeurs dissidents.Tout était redevenu normal à 9 h.15 ce matin.\t\u2014Nos informations, page A3 USA: un budget expansionniste WASHINGTON (AFP) \u2014 Le président Nixon a transmis aujourd\u2019hui au Congrès un budget expansionniste dont le déficit sera cependant, selon ses prévisions, inférieur à celui de l'année en cours et qui prévoit par ailleurs la première augmentation des dépenses militaires depuis 1969.M.Nixon déclare dans le message qui accompagne ce budget qu'il vise à \u201ccréer une prospérité sans guerre et sans inflation galopante\u201d.Il affirme qu\u2019il est nécessaire d'augmenter les dépenses militaires \u201cafin de mener à bien la stratégie du pays pour la-paix\u201d.Mais souligne qu'en dépit de cette augmentation, le budget du Pentagone ne représentera que 34 pour cent des dépenses fédérales au lieu de 36 pour cent pour l\u2019année en cours, tandis que la part des programmes \u201chumains\u201d passera à 42 pour cent du total.Le budget 1972, c'est-à-dire l'année fiscale qui commencera en juillet pro- Saulnier continue d'espérer I\tpar Gilles DAOUST Rentré à Montréal, hier soir, le président de l\u2019exécutif de la Communauté urbaine de Montréal (CUM), M.Lucien Saulnier, n'avait pas abandonné lout espoir d'obtenir \u201cquelque chose\u201d ¦ de Québec concernant le financement , de l\u2019organisme régional.! Du côté de Québec, les observateurs jugent évident ou presque que M.Saulnier a retrouvé vides les filets qu'il avait lancés, il y a deux jours, dans les eaux fiscales du gouvernement provincial, afin de trouver une solution au problème du financement de la CUM.M.Saulnier s\u2019est entretenu durant quatre heures, hier, avec le ministre des Finances du gouvernement Bour rassa, M.Raymond Garneau.Joint par téléphone, ce matin, le président Voir SAULNIER en page A 6 chain, prévoit un déficit de 11.6 milliards de dollars comparé à une dernière estimation de 13.6 milliards pour l\u2019année en cours, alors que le prési- Voir USA en page A 6 o Table ronde des pharmaciens à LA PRESSE \u2014\tpage A 5 o La police rend visite à la CSN \u2014\tpage A 3 o JJSS devient collaborateur à LA PRESSE \u2014\tpage A 2 metêo Froid avec quelques périodes nuageuses et de légères chutes de neige, Max.0° Min.\u201415° « Détails à la page A 6 POLLUTION 1 Les grèves tournantes durent La pollution de l'air à Monfréal r 0.08 partie par million d\u2019anhydride sulfureux.Niveau tolérable : 0.10.par Lysiane GAGNON et Daniel MARSOLAIS Aujourd\u2019hui, pour la quatrième journée consécutive, les enseignants de la Commission des Ecoles catholiques de Montréal (de concert, cette fois, avec les 1,500 membres de l\u2019Association des enseignants de Maisonneuve, à Laval) poursuivent leur série de débrayages tournants., C\u2019est la région I (L\u2019ouest de Montréal) qui se trouve maintenant touchée, le centre de ralliement des enseignants protestataires étant l\u2019école Saint-Luc.Leurs confrères de Laval h \u2014 plus précisément les enseignants de la régionale Maisonneuve et des commissions scolaires de Pont-Viau, Cho-medey, Laval-des-Rapides etSte-Doro-thée \u2014 sont à leur tour embarqués dans la ronde.et hier, en fin de soirée, on apprenait que les enseignants des régionales Duvemay et des Mille-Iles participeraient peut-être à ce qui est en train de devenir un front commun contre le problème de la déclassification des enseignants.C\u2019est en des termes laconiques que le conseil d\u2019administration de l\u2019Alliance des professeurs a rejeté hier soir la proposition que lui faisait quel- î i ques heures auparavant la présidente de la CECM, Mme Thérèse Roux.\u201cLe conseil d\u2019administration de l\u2019Alliance refuse d\u2019ordonner à ses membres de mettre fin à leurs journées d\u2019étude et à l\u2019occupation du centre administratif de la CECM.\u201d Les dirigeants du syndicat doivent expliciter leur position aujourd\u2019hui dans une conférence de presse, alors qu\u2019à Québec, le président de la Corporation des enseignants du Québec, M.Yvon Charbonneau, doit lui aussi donner une conférence de presse à midi.Au nom des commissaires, Mme Roux a proposé-à l\u2019Alliance de parti- L» ciper à la mise sur pied d\u2019un comité conjoint de travail \"qui aura pour mission d\u2019identifier les problèmes de classification dans le but d\u2019aider l\u2019Alliance et la CECM à faire parallèlement des représentations aux parties à la table de négociations\u201d.Cette proposition était assortie d\u2019une Condition: le retour au travail des enseignants, c\u2019est-à-dire l\u2019arrêt des débrayages tournants et de l\u2019occupation de la salle des délibérations du siège social de la CECM, qui dure depuis lundi matin.(Les occupants ont refusé, hier midi, de céder la place aux Voir LES GREVES en page A 6 5 descend bien.VICHY CEltSTIIÇ A\\2 LA PRESSE, MONTREAL, VENDREDI 29 JANVIER 1971 Le voyage tire à sa fin; Trudeau fait du tourisme t'UNION NATIONALE\u2019.U O oar Pierre O'NEIL envoy ^spécial de LA PRESSE TEHERAN, Iran \u2014 Une journée de grippe asiatique, c'est le cas de le dire \u2014 et des communications difficiles ont brisé la régularité de ces rapports.Ils reprennent aujourd'hui mais nous avons fait un grand saut dans l\u2019espace.\t: Nous sommes à Téhéran, l\u2019une dès grandes capitales des pays de l\u2019or noir.Le premier ministre y est arrivé hier soir, jeudi, et il a eu ce matin un entretien de plus d\u2019une heure avec le Shah.Mais l\u2019arrêt de Téhéran sur la route qui nous ramène au Canada, n\u2019est qu\u2019une visite de courtoisie d\u2019environ dix-huit heures au cours de laquelle on a réussi «à organiser ces entretiens entre les premiers ministres du Canada et de l\u2019Iran ainsi qu\u2019entre M.Trudeau et l\u2019Empereur.Depuis lundi soir d'ailleurs \u2014 on sent que le voyage tire à sa fin, que ce qui reste à faire a un peu moms d'importance, les changements soudains d\u2019horaire sont un peu plus fréquents et peutrêtre perçoit-on chez les voyageurs une certaine hâte d\u2019en finir.Que s\u2019est-il passé mardi matin ?Le premier ministre a partagé son temps entre les entretiens de caractère politique et le grand tourisme.Toute la journée de mardi a été consacrée à la politique : rencontre avec le gouverneur général, discussion avec des étudiants de Colombo, entretiens bilatéraux entre M.Trudeau et le premier ministre de Ceyian, Madame Bandaranaike.Les entretiens bilatéraux n'ont pas été spectaculaires : pas de grands tours d'horizon, pas de finasseries protocolaires.Us n\u2019ont porté que sur des problèmes d\u2019intérêt commun.Comme on le sait maintenant, le Canada a fait un prêt de $4.6 millions au Ccylan pour lui permett-e de mécaniser certains travaux forestiers.Cette somme s'ajoute à toutes celles qui ont fait que Ccylan est aujourd'hui un des pays de concentration de l'aide du Canada.Les deux chefs de gouvernement ont également discuté de pêche commerciale, de juridiction sur les eaux côtières et finalement de textile car la politique canadienne de rationnali-sation de l\u2019industrie des textiles heurte de front les intérêts de Ccv-lan qui produit des chemises à très bon marché.Les journalistes de Ceyian dont la prose extrêmement flatteuse à l'égard du premier ministre n'oubliait aucun des clichés habituels, n'ont guère paru intéressés par ces entretiens et comme les conférences de presse sont en général *ce que les journalistes les font, celle que le premier ministre a donnée jeudi à son départ de Colombo n\u2019aura fait manchette ni au Ceyian, ni au Canada.Mercredi et jeudi, le premier ministre a fait du tourisme.Puisque, paraît-il, le tourisme est un élément essentiel de la connaissance d\u2019un pays, on lui avait donc préparé un voyage dans les montagnes du Kandy, région par excellence du tourisme au Ceyian.Il mit trois heures à aller de Colombo à Kandy dans un train spécial tiré par une locomotive fraîchement décorée portant les drapeaux du Canada et de Ceyian, et le nom de \u201cQuébec\u201d ( locomotive qui fait partie des contributions du Canada au plan de Colombo à Kandy), sous un soleil de plomb, par un climat torride et au rythme étourdissant exigé par l'horaire.On mit à dure épreuve son intérêt pour les temples des religions anciennes.Il en visita trois ou quatre, dont celui dit de la dent sacrée de Boudha.A chaque endroit, il se recueillit et fit des offrandes dans des attitudes qui soulevèrent l\u2019admiration des dirigeants spirituels qui l\u2019avaient invité.Il visita aussi un centre d'art, une exposition d\u2019orchidées et escalada une montagne pour y visiter les ruines d\u2019une ancienne cité.Plus tôt, dans la journée de mercredi, il avait fait un petit tour à dos d'éléphant au cours d\u2019une démonstration de l\u2019utilité du pachi-derme dans les travaux d'exploitation de la forêt.-Les vieilles bêtes créèrent d\u2019ailleurs tout un émoi lorsqu'elles se mirent à barrir et à piétiner sur place.Ce fut un sauve-qui-peut général, les cornacs eux-mêmes se déplaçaient à vive allure mais on sut plus tard qu\u2019ils cherchaient seu\u2019ement dans la foule pour recevoir leurs roupies des touristes qu\u2019ils avaient fait monter.Pendant-que le premier ministre escaladait la montagne, ceux des journalistes qui n'avaient pas voulu ou qui n'avaient pu le suivre, découvrirent soudainement ce que peut être la passion du commerce des bijoux.Ceyian est un pays extrêmement riche en pierres précieuses.Le saphir, le rub's, le topaze v ruissellent entre les mains des bijoutiers qui peuvent en outre faire miroiter des prix avantageux.Mais tout pays de pierres précieuses est aussi pays de marché noir et de contrebande.Vous vous installez devant la table de l'un de ces artisans pour négocier un bijou! Les affaires vont bon train.Mais soudain, au bout d\u2019une quinzaine de minutes, le bijoutier vous interrompt pour vous dire que si vous aviez des lames Wilkinson \u2014 celles qu\u2019on fabrique au Ceyian ne sont pas très bonnes \u2014 vous pourrez avoir un meilleur prix.Dans un autre cas, on vous demandera l\u2019objet que vous trouvez le plus banal, en retour d\u2019un bon prix sur un rubis.Quelquefois, on vous suggérera de payer en dollars non déclarés aux douanes à votre entrée dans le pays.Vous perdez confiance et vous quittez les lieux en mettant en -doute la qualité de toute la ravissante marchandise du joaillier qui est aussi le plus souvent celui qui vend les pierres.L\u2019histoire des lames est étonnante, mais ce n\u2019est qu\u2019une des facettes de la vie de touriste dans les vieux hôtels de l\u2019époque coloniale, parsemés un peu partout et dont l\u2019authenticité est vérifiée par ces éventails, à trois larges palettes et qui font du mouvement dans l'espèce de nacelle que devient votre lit lorsque vous l\u2019avez entouré du moustiquaire qui est à la fois cocon et ciel de lit.Un jour de tourisme dans un de ces vieux hôtels est un souvenir bien ancré.Des nuées de boys, pieds nus et sourire aux lèvres vous entourent constamment et dorment à votre porte.S'il vous arrive de vous lever vers 5 heures pour une raison quelconque, ils frappent discrètement pour vous vendre un journal.S\u2019ils vous voient distribuant des petits\u2018insignes portant le drapeau du Canada ou une inscription quelconque, ils en veulent un pour eux, un pour chacun des enfants, les amis, les cousins.Si vous ne les tende pas sur-le-champ.ils vous poursuivront avec la ténacité des changeurs clandestins qui profitent d\u2019une crise de changes au Ceyian.De sorte qu'au Ceyian, la politique de la main tendue que pratiquent les boys avec énergie finit par vous coûter plus cher que le boire et le manger.Mais au Hilton de Téhéran, le tourisme a moins de charme, si ce n\u2019est à cause de la ville qui grimpe dans la montagne et dont on eut dit hier que ses lumières essayaient d\u2019atteindre un plateau où brillent les feux de ce que doit être une villa des monarques de l'endroit.Droits réserves! Goldbioom reconnaît la juridiction internationale d'Ottawa en matière de contrôle sur l'environnement par Cilles RACINE Le Dr Victor Goldbioom a reconnu, hier après-midi, la juridiction Internationale du gouvernement fédéral en matière de contrôle de la qualité de l'environnement.M.Goldbioom, qui est ministre d'Etat dans le cabinet Bourassa et responsable de la qualité de l'environnement, a expliqué qu'à la conférence internationale sur la pollution, qui aura lieu en 1972 à Stockholm, les provinces canadiennes.après avoir été consultées, seront représentées par le gouvernement central à cette conférence qui cherchera à créer un consensus international sur les normes et standards en matière de pollution de même que sur les moyens d'endiguer ce fléau de la société moderne.Tel que l'expliquait le ministre, la pollution étant u.) mal international et intercontinental, il est primordial que les standards en cette matière fassent l'accord d\u2019ententes internationales.Et comme les provinces, dans la constitution canadienne, n\u2019ont pas de prolongement international reconnu de leurs juridictions même exclusives, il est quasi inévitable que dans le domaine de la pollution, qui est de juridiction concurrente avec le fédéral de par ses attaches à différents secteurs d\u2019activité gouvernementale, ce soit le gouvernement fédéral qui soit chargé, en collaboration avec les provinces, de l'élaboration d\u2019une politique en ce domaine.Mais le ministre, qui était interrogé par les journalistes au sortir d\u2019un di-ncr-causerie au Lyon\u2019s Club, au Sheraton Mont-Royal, n\u2019a pas voulu dire, qui du provincial ou du fédéral, a priorité de juridiction en matière de pollution, se contentant de mentionner qu'il en discuterait prochainement avec son homologue fédéral.Dans un même ordre d\u2019idées, M.Goldbioom a fait part de négociations prochaines entre le Québec et le gouvernement fédéral sur le partage des responsabilités dans le domaine du contrôle de la qualité de l\u2019environnement.Mais, a-t-il laissé entendre, il ne devrait pas y avoir de conflit majeur en ce domaine.Chose certaine, le Québec aimerait s\u2019approprier l\u2019administration de ce contrôle sur son territoire et participer à l'élaboration des normes et méthodes d'endiguement du problème.Dans ce domaine du contrôle de la qualité de l'environnement, avait déclaré le ministre devant les membres dt.Lyon's Club, une province, tout comme un pays indépendant, ne peut agir seule.\u201cAvant d\u2019imposer des amendes et des peines aux industries, il faut s'assurer que les pays voisins font de même sinon on risque de perdre ces industries au profit de voisins plus souples à leur endroit, ür.le Québec, s\u2019il ne peut se permettre'de s'asphyxier lentement mais sûrement, ne peut non plus se permettre d'augmenter le chômage et de restreindre son développement économique.\" Après avoir dressé un bilan pour le moins désagréable de la pollution et de ses effets sur l\u2019ètre humain, le ministre a dit espérer pouvoir compter sur l'appui de la population et des industriels pour trouver les solutions qui conviennent.\"Le gouvernement n'a pas l'intention de se croiser les bras devant le problème, mais il veut agir avec circonspection en tenant compte de toutes les composantes de la question.Le citoyen a lui aussi sa part à accomplir en surveillant son utilisation des déchets qui polluent à la fois l\u2019eau et l'atmosphère.\u201d Il a enfin annoncé qu'il rencontrerait tout prochainement son homologue ontarien pour discuter des méthodes à employer pour parer au problème des contenants en plastique dont la société ne peut se défaire à cause des gaz nocifs qu\u2019ils dégagent en brûlant.Munro trébuche sur lé -bilinguisme et le chômage de notre correspondant d'Ottawa OTTAWA \u2014 Le ministre de la Santé nationale et du Bien-Etre social, M.John Munro, a trouvé le moyen, hier de trébucher sur le bilinguisme et le chômage, deux sujets qui donnent passablement de fil à retordre au gouvernement Trudeau en ce moment.L\u2019incident, qui s'est produit à la conference fédérale-provincialc des ministres du'Bien-Etre à Ottawa, a été mis tantôt sur le dos d\u2019un traducteur tantôt sur les frêles épaules d'une sténo.L\u2019une ou l\u2019autre de ces personnes a fait dire à M.Munro dans la version française de son discours inaugural (il n\u2019y a rien de trop pour la classe ouvrière) que et je cite: \u201cLe fait que le chômage ait atteint un niveau admissible est reconnu depuis un certain temps par le gouvernement du Cahada et c\u2019est précisément la conscience de cette situation qui a induit le gouvernement au début de 1970 à opter pour des politiques expansionnistes sur le plan fiscal et monétaire.\u201d Un fonctionnaire du service d\u2019information du ministère a relevé l\u2019impair.Il a expliqué qu\u2019il s'agissait d'un lapsus qui n\u2019était assurément pas du ministre.Il s'est d'ailleurs empressé d'afficher une mise au point, ou il était dit: \u201cVous aurez sans doute comparé cette opinion avec la version anglaise où Ton a employé le mot \u201cunnacceptably\u201d.On ignore si c\u2019est le faif d\u2019avoir mal commencé la journée, .lujours est-il que les membres du service d\u2019informatiqn du ministère de la Santé n\u2019ont cessé de s\u2019agiter le reste de la journée pour essayer de convaincre les journalistes de se séparer selon leur ethnie, \u201canglophones\u201d et \u201cfranco- phones\u201d, pour travailler dans des salles différentes.Lorsqu\u2019un scribe dissident a protesté un fonctionnaire du même service d\u2019information- a hoché la tête et sur-un ton découragé a laissé tomber ce qui a semblé être un autre lapsus à son auditoire: \u201cHeureusement qu\u2019il s\u2019en trouve encore quelques-uns parmi pour croire à ce pays.\u201d Chômage: les étudiants libéraux attaqueront OTTAWA.(PC) \u2014 Les étudiants libéraux, qui n\u2019hésitent jamais à bousculer leurs grands frères du parti, doivent publier une déclaration capitale sur le chômage qui, selon eux, ne sera pas très flatteuse pour le gouvernement libéral fédéral.L'association publiera sa déclaration jeudi prochain.Selon un communiqué remis à la presse, elle soulignera l\u2019aspect tragique de la crise actuelle et Tfncapacité du gouvernement fédéral à fournir des solutions à long terme qui soient adéquates.Il y a plus d\u2019un mois que les étudiants libéraux préparent ce texte.Depuis, certains membres de l\u2019association ainéc ont essayé de les convaincre d\u2019abandonner leur projet.Jeudi, le président des étudiants libéraux, M.John Varley, a dévoilé qu'on avait indiqué au groupement qu\u2019il était préférable qu\u2019il n\u2019aille pas plus loin.\u2022Mais, à-t-il précisé, on a dû comprendre que malgré tout c'est ce que font les étudiants libéraux.J.-J.Servan-Schreiber devient collaborateur spécial à LA PRESSE A .compter de demain, LA PRESSE publiera régulièrement, au titre de la collaboration spéciale, des articles signés par M.Jean-Jacques Servan-Schreiber, personnalité française qui s'est taillé une réputation internationale comme journaliste-écrivain, chef d\u2019entreprise et homme politique.Ces textes, qui s\u2019intituleront \u201cLe bloc-notes de Jean-Jacques Servan-Schreiber\u201d, seront ceux que l'auteur publie chaque semaine dans le grand magazine français L'EXPRESS, sous le titre \"Le bloc-notes'de J.J.S.S.\u201d.Les articles de notre nouveau collaborateur paraîtront dans LA PRESSE en exclusivité pour le Québec et en exclusivité, en français, pour le Canada.Par ailleurs, nos lecteurs pourront en prendre connaissance avant la mise en vente de L'EXPRESS au Canada.Agé de 46 ans, J.J.S.S.\u2014 comme on l'appelle familièrement en France \u2014 s'est d'abord imposé par ses articles retentissants dans L\u2019EXPRESS, dont il fut le fondateur.Il a connu la célébrité en publiant \u201cle Défi américain\u201d.Dans ce livre, paru il y a trois ans, il décrit la pénétration de l\u2019économie américaine en Europe et suggère au vieux continent la reprise en main de son propre destin.Après ses succès dans le journalisme, J.J S.S.fit, en octobre 1970, une fulgurante entrée sur la scène politique en devenant secrétaire général du parti radical-socialiste français et en publiant \u201cle Manifeste\u201d.Menant campa- gne pour présenter à la France une alternative de gauche fondée sur des réalités, sa victoire à l'élection législative de Nancy (Lorraine i, en juin 1969, prit une importance nationale.Tout en conservant son siège de Nancy, il fut candidat de principe, en septembre dernier, à l\u2019élection de Bordeaux, mais le premier ministre français, M.Jacques Chaban-Delmas, l\u2019emporta après une campagne qui eut des échos à travers le monde.M.Servan-Schreiber a réceinmen* démissionné de son poste de président du conseil de surveillance du \u201cGroupe Express\u201d, lequel publie notamment des revues spécialisées, mais il poursuit à L\u2019EXPRESS sa carrière journalistique comme auteur du bloc-notes.\u2018 X-V » .0 V \u2022 v;,' V': '.''W\u2022¦¦Ci photo Pierre McCann, LA PRESSE M.Jean-Jacques Servan-Schreiber (à droite) photographié lors de son passage à nos bureaux, cette semaine, alors qu'il étudie avec M.Roger Mathieu, directeur de l'information à LA PRESSE, les modalités de sa collaboration à notre journal.¦ y ï.i?\t¦¦ J \u2022\u2022\t.\tv;t- ».
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