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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Perspectives
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1970-12-19, Collections de BAnQ.

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[" 19dMmbrt WQ Vol 11, No 11 lirossi Contes et chansons del\u2019Acadie page 4 W 0 ill la.i - \t W l£ Ca5toK DC noei Nos comédiens roulent-ils sur Tor?page 15 .4 -' ¦ - U '!£.' » v* A>> 'JT.f > A' %*»* CàStoR noei par J.-Armand Tremblay POUR BIEN comprendre cette histoire, il me faut rappeler un événement, insignifiant en apparence, mais qui devait & la fois assurer la survie du castor au Québec et changer radicalement les conditions de vie des Indiens.C\u2019était en 1927.On ne pouvait plus compter que quelques rares familles de castors dans toute la baie James, région d\u2019où provenaient les peaux les plus belles et les plus riches.Les Indiens, pour qui la chair du castor a encore plus de valeur que sa peau, vivaient dans la détresse et une pauvreté abjecte.C\u2019est alors qu\u2019un Indien, Andrew Weskeychon, se présenta à Rupert House et déclara au directeur de la compagnie de la Baie d\u2019Hudson.M.J.S.Watt, qu\u2019il avait découvert une cabane de castors \u2014 c\u2019est-à-dire une famille \u2014 sur son territoire tie chasse.Il demanda donc qu\u2019on lui fournisse un canot, un fusil et des provisions de bouche pour aller les tuer.M.Watt fit une contreproposition à l\u2019Indien: \"Ainsi, dit-il, tu as découvert une famille de castors sur ton terrain.Eh bien, je t\u2019achète les castors si tu veux les laisser en paix et me faire rapport chaque année.\" Le marché fut conclu séance tenante et les castors payés à même les économies personnelles de M.Watt.La même transaction devait se répéter avec d\u2019autres Indiens par la suite, et le bruit se répandit chez ces derniers que les castors se reproduisent rapidement (au moins quatre petits paf année) lorsqu\u2019ils ne sont pas chassés.Dix ans après la création de la réserve de Rupert House, une certaine prospérité revint dans la région.Les Indiens de la tribu voisine du Grand Lac Mistassini, ayant constaté la multiplication du castor dans cette première réserve, demandèrent d\u2019eux-mêmes l\u2019application du même système chez eux, malgré les sacrifices que cela leur demandait, vu leur extrême pauvreté.Par la suite, les réserves se sont multipliées dans tout le nord du Québec.C\u2019est en 1943 que le Québec, par le ministère de la Chasse et de la Pêche, décida d\u2019imposer sa présence au lac Mistassini en y érigeant un poste permanent.Il fallait démontrer aux Indiens que le grand, le plus grand des manitous, était le Gouvernement du Québec.Les fourrures de Rupert House étaient alors a-cheminées par la province d'Ontario et les Indiens ne voyaient que des représentants de la compagnie de la Baie d'Hudson ou du Service des Affaires indiennes du gouvernement fédéral.Depuis, le Québec y a bien assis son autorité.Pendant la construction du poste, je dus, à titre d\u2019inspecteur du Service des fourrures, faire plusieurs voyages et é-tablir une surveillance dans la réserve.Selon les termes de l'entente entre les Indiens et le ministère, personne ne devait capturer de castors avant d\u2019avoir 10 cabanes sur son terrain, soit 10 familles.C\u2019est ainsi qu\u2019on m\u2019apprit.un jour, par l'entremise d\u2019un interprète, que l'un des plus vieux trappeurs de la réserve désirait me parler.Jos.Mata-washis devait bien avoir 75 ans, peut-être même plus de 80.L\u2019âge de ces vieux Indiens n\u2019était pas encore très bien établi à cette époque, et le savoir était aussi difficile que de connaître le nombre exact et l'âge de leurs enfants ou de ceux qu'ils avaient adoptés.Jos.avait 9 cabanes de castors sur son terrain.Il lui en manquait donc une.On l\u2019avait tellement convaincu de la valeur du projet qu\u2019il ne pouvait pas se permettre de déroger au règlement \u2014 à moins d\u2019obtenir un permis spécial du grand manitou de Québec.\"Moi vieux, de faire répéter Jos.par l\u2019interprète, moi mourir avant d\u2019avoir dix cabanes, pas manger viande de jeune castor.\" Comme il aurait fallu étendre la même permission à d\u2019autres trappeurs dans le même cas, ma réponse ne se fit pas attendre: cet fut NON.et je retournai à Québec.Sur le coup, je ne réalisai pas très bien qu'à son âge Jos.pouvait bien mourir a-vant d\u2019avoir eu la chance de savourer la chair d'un jeune castor.Et il en avait été privé pendant de si longues années! Une fois à Québec, mon attitude fut différente.Mon refus me hantait.Un castor de plus ou de moins .et qngls remords si j'apprenais sa mort?Je retournai sur-le-champ au lac Mistassini.Sitôt hors de l'hydravion, j'eus la satisfaction de reconnaître mon trappeur au premier rang \u2014 l'arrivée d'un avion, à cette époque, constituait un événement auquel tout le monde voulait assister.Sans mot dire, nos yeux se sont croisés.Je fis signe à Jos.de me suivre à ma tente, car cette fois c\u2019est moi qui désirais lui parler.J\u2019avais un message important pour lui, de la part du grand manitou de Québec qui m'autorisait à lui délivrer un permis spécial pour la capture d'un petit castor pour Noël.Illustration Elizabeth Cleaver Les Indiens ne sont pas démonstratifs! Jos.reçut le précieux permis dans ses deux mains, comme s'il avait eu peur de le perdre, et il prit la direction de sa tente en trottinant comme un ours que l'on fait danser à la corde.Et il émettait l'étemel grognement HIN-HIN, qui peut aussi bien vouloir dire oui ou non selon l\u2019interprétation que vous lui donnez.Cette dernière visite de l'année avait eu lieu en septembre, et je ne devais pas retourner à la réserve avant le mois de juin suivant, après le départ des glaces.Et c'est à ce raoment-ià que j'appris que Jos.Matawashis était mort dans le cours de l\u2019hiver, après avoir capturé et mangé la chair de son petit castor de Noël.Ma surprise fut aussi grande que mon émotion lorsqu\u2019on me remit un petit paquet de sa part, enroulé dans de l\u2019écorce de bouleau, et contenant la preuve de l'événement: la peau du jeune castor .# < S* £ \\t-m 4'«Nsu \u2022>-¦V\" Le Dr Dominique Gauthier en a recueilli près de 900qui A PEINE obtenait-il son doctorat qu\u2019il s\u2019enrôlait dans l'Armée impériale des Indes à titre d\u2019officicr-médçcin.C\u2019était le programme d\u2019avenir que s\u2019était tracé Dominique Gauthier.Qu\u2019aura-t-il rapporté de son séjour en Extrême-Orient?Une vaste expérience de la misère qui sévissait dans ces pays et probablement, en guise de souvenirs, une collection d'objets exotiques.U en a été autrement de sa carrière.mais ce qu\u2019il est advenu de lui par In suite n*a pas tellement dérogé à ses premières aspirations.A la différence qu\u2019il n\u2019est pas resté officier et n\u2019a eu qu\u2019à faire un voyage entre son village natal \u2014 Saint-Théodore d\u2019Acton \u2014 et le Nouveau-Brunswick, où il s\u2019est donné corps et âme à une population qui était dans une telle misère que la moitié des nouveaux-nés mouraient.A la différence également qu\u2019il a occupé ses rares loisirs à collectionner près de 900 contes, fabliaux et chansons du folklore acadien.\u201cComme j\u2019avais fait mes deux années de philosophie au collège Saint-Joseph de Memramcook \u2014 près de Moncton \u2014, j\u2019étais le .seul finissant en médecine à Laval qui connaissait un peu les Acadiens et, par conséquent, j'ai été le candidat choisi pour répondre à un urgent besoin dans cette région.Sur les insistances du curé Chiasson, de Shippegan, qui était venu faire du recrutement dans notre faculté.j\u2019ai abandonné rêves d\u2019étudiant et bourse de spécialisation en Europe pour venir ici parce que je savais que les gens étaient dans la misère.Je suis arrivé en 1938.un peu comme un chien dans un jeu de quilles.C\u2019était l\u2019époque de la médecine populaire; certains en étaient encore à se mettre des harengs sous la gorge et les pieds, pour combattre la fièvre, et de l\u2019urine chaude dans les oreilles pour apaiser les douleurs locales.Ma femme, qui était infirmière et qui m\u2019a assisté pendant huit ans comme sage-femme, se heurtait continuellement à de vieilles méthodes, telle que la purge à 1* \u201chuile de castor\u201d à tout bébé naissant ou cet- te manie que les vieux avaient d'cmmaillottcr les poupons dans des langes, et qui compromettaient et nos efforts et les règles hygiéniques fondamentales.C\u2019était aussi la période la plus sombre de la crise économique: le poisson ne se vendait pas.les patates coûtaient cher, et de l\u2019ouvrage, il n\u2019y en avait nulle part.J'étais content d\u2019avoir 25 ou 50 cents pour une consultation.Il y a des gens qui réussissaient à me payer un accouchement par miettes de 50 cents à tous les mois.Pour compenser ces maigres revenus, j\u2019ai multiplié à outrance la clientèle.Ce que je fais encore aujourd'hui puisque 70 p.c.de mes malades sont des assistés sociaux.\u201d Douze années passèrent.Un jour qu\u2019il était à son bureau chez lui.sa femme vint lui dire que deux hommes étaient à la porte et demandaient à le voir.L\u2019un avait les cheveux longs et tous racontent les joies et surtout les misères des anciens Acadiens Texte et photos Cari Mailhot 4-19 décembre 1970 ; - - ,* *-,¥ - I J Cinq produits jeunes issus d'une vieille famille H / Quatre sont nouveau/ et somme leur aîné Beau Geste font honneur à l\u2019e-':, de n a tres.distV ite ¦ chez r ouR Produits conçus au Québec avec les ressources du Quebec pour répondre au/ goûts exigeants du Quebec.r>> ¥__ Jfv y rn: ' BON VIVANT r/i un* vr-'Y- r Diyi ij i.,\\i lyns m iji i.m < i mi. 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Pour les chansons, on m\u2019avait dit: \u201cQuand une chanson a des rimes trop riches, c\u2019est du moderne; par contre, si une chanson n\u2019a pas de rimes ou rime plus ou moins, par exemple un vers de douze pieds qui ne sera pas assez long pour finir la phrase musicale et qui empiétera sur le début du vers suivant, ça c\u2019est vieux.\u201d J\u2019ai eu la chance d\u2019en trouver une comme ça: elle date du Xlle siècle.\u201d Fatigué des longues heures du bureau ou des nombreuses visites aux malades, le docteur Gauthier allait se réfugier auprès d\u2019un couple de vieux et les faisaient raconter ou chanter une autre époque en prenant bien soin de fout enregistrer sur son appareil.En dix ans, il a recueilli 450 contes et autant de chansons.Il s\u2019ensuivait généralement un travail de transcription long et fastidieux.Chaque bobine é-tait envoyée au département des Archives de folklore de l\u2019université Laval et nécessitait des heures et des heures d\u2019écoute pour transcrire ce langage oral en langage écrit, pour identifier des.archaïsmes ou déchiffrer des expressions qui n\u2019avaient plus cours et auxquelles il fallait donner une signification plus accessible afin de faciliter la compréhension.Paul de Marge-rie et Gilles Vigneault.alors étudiants à la faculté des Lettres de Laval, ont travaillé au relevé littéraire des contes et chansons, tandis que Roger Matton s'occupait de la transcription musicale.Le tout était ensuite catalogué selon l\u2019index universel des contes et chansons.Une publication universitaire contenant une vingtaine de contes et plus de 70 chansons et qui s\u2019intitulerait le Romancero Acadien aurait dû effectivement paraître depuis 1967 mais est toujours retardée par des problèmes d\u2019ordre technique.\u201cBeaucoup de chansons sont des complaintes et racontent des malheurs réels ou imaginaires; par exemple cet accident ferroviaire qui a donné la Complainte du pont de Curaquet.Les contes sont en général assez longs; ils peuvent durer 30 minutes, voire une heure et relatent des aventures où les héros, souvent des enfants rejetés par leurs proches ou persécutés par des frères jaloux, connaissent des dénouements heureux aux bras de princesses sorties dç je ne sais quel château étincelant.Quoi de plus normal lorsqu\u2019on est pauvre et mal logé que de rêver de richesses et de châteaux; ces contes, qui pour la plupart tiennent du merveilleux, comblaient, bien entendu, un vide crée par l'absence de distraction \u2014il n'y avait ni radio, ni journaux \u2014 , mais faisaient également office de soupape au milieu d\u2019une misère ambiante.Et, pour de braves gens qui sont confinés durant toute une vie dans les limites de leur patelin, cet échappatoire sc trouvait au bout de la route, dans un pays très loin, assez loin pour qu\u2019il y ait un roi et des princesses à marier.Venus des vieux pays et d\u2019aussi loin que du XIIc ou du XVc siècle, ces contes confèrent à la monarchie tous les honneurs et tous les pouvoirs imaginables, cela va de soi.Alors Ti-Jean, qui vient d'avoir douze ans et qui est en quelque sorte l\u2019archétype du héros national, sc lève un bon matin et, devant le favoritisme de son père à l\u2019endroit de ses deux frères hypocrites et mesquins qui sc sont partagés les terres, décide d\u2019aller gagner sa vie ailleurs.Entre-temps il avait lu dans les journaux qu\u2019il y avait un roi qui avait une fille qui n\u2019avait jamais ri; à celui-là qui pourrait la faire rire, le roi donnerait son château et tout ce qu\u2019il voudrait.U demande à sa mère de lui fai- re des galettes d\u2019un pouce d\u2019épais, \u201cy boudiné ça dans un sac pis en bretelles sur le dos pis y lève le pied\".Vers midi, il s\u2019arrête sous un pont pour prendre une bouchée: là une vieille femme qui semble sortir de la source lui apparaît.Ti-Jean, qui a bon coeur, partage ses galettes, et la sorcière, en retour, lui dicte les paroles\t*i qui feront rire la princesse.Comme au cinéma, ses aventures n'en finissent pas là; ce serait trop court.D\u2019autres embûches surgiront qui mettront son courage et sa valeur à rude épreuve.Ti-Jean finira bien par mériter la fille du roi, il ne saurait en être autrement, et ses deux frères subiront un châtiment égal à leur méchanceté.\"Ma profession m\u2019a beaucoup aidé dans mon rôle de collectionneur; après une quainzainc d\u2019années de pratique, j\u2019étais allé dans chaque maison et j\u2019avais rendu service à peu près à tout ce monde-là soit en soignant à moitié prix ou pour rien du tout.J\u2019arrivais chez des vieux et je leur disais; Pépère et Mémère, je vous avais dit que je viendrais.Ils disaient: \"Oui docteur, ça fait trois soirs qu\u2019on vous attend.\u201d Il y a un endroit où Luc Lacourcière s'était rendu pour recueillir des contes et le mari l\u2019a quasiment sorti à coups de pied; scs contes, il les gardait pour le docteur Gauthier et pour personne d\u2019autre.Ces gens-là m\u2019ont appris énormément.Quand Ti-Jean, dans un conte, rêve de château et de princesse, le plus grand honneur qu\u2019il recherche est celui de garder les vaches du roi.Toute leur sagesse est là: une vie meilleure mais une vie toujours simple.\u201d Tournez la page et Usez le conte de la Misère Le Dr Gauthier que nous voyons aussi en page 4 en train de raconter une histoire à une petite voisine.Jacqueline Couteau, 8 ans. ¦amaammuaBm# yqgS.* Wrv \u2022 Contes et chansons de fÂeadie La Misère, racontée par Théophile Brisson Ben, mes chers amis, il y avait une fois un homme pis une femme qui restions dans un pays ben loin.Ça icitte, ça fait ben longtemps.Ils avions assez d'enfants qu'ils savions plus où trouver un parrain pour baptiser le dernier qu'a venu.La Misère a dit: \"J'vais aller t\u2019chercher un parrain, mon garçon.\" Pis là, il se greye et part.Quant il eut marché un bon bout d'temps, il rencontre un vieillard, un grand homme avec une grande barbe blanche.\u2014 Bonjour la Misère, qu'est-ce que tu cherches?\u2014 Je cherche un parrain pour le dernier de mes enfants.\u2014 Ah! mais j\u2019ai un parrain pour toi! \u2014 Ouais! qui est-ce que vous êtes?\u2014 Moi, fsuis saint Pierre.\u2014 Non merci! vous avez renié Notre Seigneur trois fois; moi, je veux un parrain honnête.\u2014 Eh ben! marche.La Misère marche, nuirche, marche; betôt a rencontré un autre homme, un bel homme.\u2014 Bonjour, la Misère! \u2014 Bonjour .mais j\u2019vous connais pas moi.\u2014 Ah! mais nous autres on connaît tout l'monde; qu'est-ce que tu cherches?\u2014 Je cherche un parrain pour le dernier de mes garçons.\u2014 Tiens, j'ai un parrain pour loi.\u2014 Ça dépend qui ce que vous êtes.\u2014 Moi.j'suis Notre Seigneur.\u2014 Non, j'veux pas de ça pour parrain; quand vous êtes mort vous avez sauvé le larron qui était à côté d'vous et foutre vous l\u2019avez abandonné.Moi, j'veux un homme juste.\u2014 Bon ben, continue à marcher.Après avoir marché pas mal longtemps, il voit venir un p\u2019tit homme noir, les yeux clairs dans la tête.\u2014 Bonjour la Misère! \u2014 Bonjour .mais tout l'monde me connaît; moi /\"connais pas l'monde.\u2014 Qu'est-ce que tu cherches?\u2014 Je cherche un parrain pour mon dernier de mes garçons.\u2014 Eh ben! fsuis juste f homme que tu cherches; j'suis la Mort.\u2014 C'est vrai, toi fes juste; les p'tits, les grands, les jeunes, les vieux, tout y passe; viens-t-en.Ils partons tous les deux et vont mener l\u2019enfant au baptême.Quant ils s\u2019en revenions, la Mort dit à la Misère: \"Comme fai été parrain cfton garçon, j'vais te donner un don avant d'partir: tu pourras guérir les malades partout où tu iras, mais à une condition.Quand tu rentreras dans la chambre du malade, tu me ver- ras là; si tu peux le guérir, je serai à la tête du malade.Mais quand tu me verras aux pieds du malade, tu pourras pas l'guérir; j'aurai venu le chercher.\"\t¦» La Mort s'en va pis la Misère reste dans sa p\u2019tite cahute, ah! et pas ben grande! Betôt il a pensé à ce que la Mort lui avait donné.Chez le voisin, il y avait une femme qui était malade depuis cinq ou six ans.Il a dit à sa femme: \"Je vais essayer le truc de la Mort.\" Il se rend chez le voisin pis quand il rentre dans la chambre d\u2019là malade, la Mort était à la tête.Là, il y a pensé.Il s'approche, inet sa main sous sa tête et dit: \u201cLevez-vous, vous êtes guérie.\" Ça passa parmi f monde que la Misère faisait des miracles.Ils en ont tellement entendu parler que.s'il y avait une personne de malade, on allait voir la Misère.C\u2019était la bonté par- plivous offre J} MOLSON 8 - T9 décembre 1970 mi t monde.Ça s'esl passé pendant plusieurs années.La Misère a commencé par ramasser d'targent pis il est devenu riche, a élevé ses enfants et les a tous instruits.Ça faisait une escousse que la Misère faisait beaucoup d argent.Dans un pays ben loin, il y avait un roi qui était ben malade.Ils avions là toutes sortes de docteurs et ils pouvaient pas fguérir: il avait une maladie incurable.Il avait entendu parler que la Misère guérissait tout l\u2019inonde: ben il a dit à son monde: \"Il faut que vous alliez au pays d\u2019t a Misère pis que vous l'apportiez icitte, voir s'il va m\u2019guérir.\" Ali! ben ils se sont grevés pis ils sont partis.Quand ils sont arrivés au pays d'Ia Misère, ils ont demandé où c\u2019quc la Misère restait.Les gens ont dit: \"Dans une p\u2019tite cabane, il a tout /'temps resté It), tout l\u2019temps en guenilles \" La Misère, c\u2019était la misère.Ils vont voir là: \"Y a pas moyen que ça soit ça! qu'ils ont dit.\" \u2014 C'est loi qui guérit l\u2019monde1 \u2014 Ouais! \u2014 Ben il faut qu'tu viennes avec nous autres; le roi te veut.Il est malade pis il veut qu'tu viennes le guérir.\u2014 Ben d'accord, f vais y aller.\u2014 Alors, greye-toi la Misère, pis on part.\u2014 Ali! mais fsuis grevé! j'ai jamais porté dautres choses que des guénilles pis fen porterai presque tant que f mourrai si januiis j\u2019mourre.Si vous voulez pas que j'y aille de même, j'y va pas pantoute.Ils sont partis pareil avec la Misère.Quant ils sont arrivés chez le roi, les docteurs pis les hommes dEtat qui étions là et qui ont vu cette p\u2019tile affaire-là rentrer, ils se sont mis à rire vous savez, hi! hi! hi! La Misère, lui, a pas rien dit; a rentré dans la chambre, la Mort était aux pieds du roi.Pas cupable de Tguérir.Eli! ben là.ils ont commencé u rire ben mieux: ç'a choqué la Misère.\"On va ben voir, qu'il u dit\" \"Je veux les quatre hommes les plus forts que vous avez duns votre armée.S\u2019ils pourrions faire ce que j'Ieur dirai, j\u2019vous guérirai.'' Bêlât ils sont arrivés, quatre gros hommes, résolus, forts et viles.\"Mettez-vous deux de chaque bord du lit et si vous pouvez virer le roi bout pour bout aussi vite comme /'pourrai claquer des doigts, j'Ie guérirai.\" Comme ça, la Mort se trouverait à la tête du lit.Alors ils ont r'vire le roi assez vite qu\u2019la Misère a pas perdu d temps, a fourre sa main sous la tête du roi: \"Levez-vous, vous êtes guéri.\" Ah! ben la.ça riait plus \"Astlieure, faut récompenser la Misère, qu ils ont dit \" \"Moi, j'veux rien; cque je lais, j\u2019Ie fais par charité.Ceux qui veulent me donner quelque chose, qu'ils le donnent a ma femme ou à mes enfants.\" Ça fait qu\u2019ils ont ramené la Misère chez lui et ont rapporté toutes sortes d affaires pour sa famille Après un bout d temps, la Misère u pris une maladie; le v'ià couché dans son lit Betôt, toc! toc! toc! qui est-ce qui rentre?la Mort \u2014 Bonjour la Misère! \u2014 Bonjour la Mort\u2019 fcre ben que tes venu m\u2019chercher.\u2014 Ouais' ça fail longtemps assez, la Misère; tu m ai déjà joué un tour, f veux pas tfpe lu m'en joue d autres.j \u2014 Oh! mais lu sais fuis qu'la Mivére est fine mouche?, \u2014 Celle fois-icitle la biiserr y a pas de r venez-y; prépare-toi.f ai v\u2019nn t'chercher.\u2014 Bon ben f suis paré.mais avant d mourir j'aurais une dernière faveur d te demander la Mort.\u2014 Qu'est-ce que c'est?\u2014 Tu vou.U y a trou pommes dans un plateau, la, sur la table; veux-tu me donner r temps de les manger! \u2014 A h1 oui.f veux ben \u2014 Ça v est, f viens de t'prendre encore en défaut \u2014 Comment çaT \u2014 Y ois-tu.la Misère a pâmais mangé d pommes ru jamais qu'elle en mangera Ça fan qu\u2019la Misere a pas mange d pommes pis la Mort Ta pas emporté Pis la Misère a reste sur la terre Moi, Théophile Brtsson.y mont donné un coup d pied dans T derrière pis y m\u2019ont dit de venir vous conter ça Coottwr.TVofbfle Mu, Il «m*, trytrmbn 1991; raog Fox Creek, purtilunc SoloI-A nri«r, comté de Westntorrtaod, Soo-rrao - Brooswtri.( oOrrtkm Domküqoe C.autkirr, Mtifpe- i i HENNESSY .«.\u2018BCMNEirriC*.COGNAC V.S.OP.dele plut Hennessy Brts Armé grande réserve de mou du monde très vieux Au Que comme \"Les personnalités puissantes, organisées pour la lutte, l'épreuve, les grands événements, ne présentent pas toujours ces avantages faciles, cette séduction de surface qui plaisent dans le cours de la vie ordinaire.Les caractères accusés sont, d'habitude, âpres, incommodes, voire farouches.Si la masse convient, tout bas, de leur supériorité et leur rend une obscure justice, il est rare qu'on les aime, et par la suite, qu'on les favorise.Le choix qui administre les carrières se porte plus volontiers sur ce qui plaît que sur ce qui mérite.\" Charles de Gauiie (Le fh de rEpée, 1932) -.fi.* 288-0075 /\"N +.70 * 19 décembre 1970 a- JZïz \\jù.z m r&m ¦y .'.-fi*! Z»\t»w 1 -ï.W* r \\ sfcjv h »Tî jit.\" (\u2022 «1.' \u2022¦ /- \u2022' Charles de Gaulle (1890-1970) vers son dernier repos.Page de g., le cercueil, monté sur un char et recouvert du tricolore, traverse le village de Colombey vers lequel converge le peuple de France (photo du haut).Ci-dessus, à g., l\u2019arrivée au cimetière.A dr.Mme de Gaulle et son fils Philippe.Au-dessous, des compagnons de la libération (dont Malraux); à g., un Québécois anonyme a déployé le fleurdelysé.n d**r *,*'
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