La presse, 1 avril 1972, E. Arts et lettres
[" CAHIER E AMEDI L i er, 197: '4 0 CAHIER E B,'., Ÿ\"+x~- : ' y\t\u2022 p!ü® - ' '' : V- ,\u2022\t4,\u2022.\u2022\u2022\u2022;.¦wt;.'*;' *«&«*& y* y* '*Î4*æ«t3 lllliiglgfg .-\u2022r- ;>\u2022\u2022 V*>«.szr&t ¦v\"v?*t£^.; ^\u2022.V-C.'\u2022¦y.¦ V i f %!$&% r >¦>.iÜFW'?v ¦\u2019 ^0|gjg8|£th v-fc-sgv flYp| iS«» f\u2019 iÉlll 1 *«-««!«* -«RM m-\\ :v\\/y& À New York, Louis-Bernard R obitaiIle a rencontré Marc Lepage sous le signe de la nouvelle culture Des gonflables et des hommes \\ LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 1er AVRIL 1972 E 2 L'art de la quotidienneté LES ENFANTS ET LE PARACHUTE : UN JEU DE MARC LEPAGE 7'», y mSÈ v.hV-K: & m*/ ^-x.-r WwM 'sgSg$ L'idée d'une participation réelle du spectateur.par Louis-Bernard Robifaille CE N\u2019ICST PAS d\u2019hier que les artistes veulent en finir avec l\u2019art.Parfois ce fut pour des raisons politiques: on voulait jeter par terre l\u2019ensemble des normes \"mystificatrices\u201d de l\u2019art bourgeois et en construire un autre qui soit plus uttadhc à faire apparaître les contradictions de la société qu\u2019à satisfaire au bon goût.Dans d\u2019autre cas.ce fut davantage au nom d\u2019une certaine idée de l\u2019art : Duchamp exposa son bidet ou une roue de bicyclette, le pop\u2019art mit à l\u2019honneur les hamburgers en plastique et des agrandissements de comic.Ce qu\u2019on voulait mettre en évidence, c\u2019était l\u2019absurdité d\u2019un art de \u201cspécialistes\u201d, et la nécessité de faire de l\u2019art l\u2019affaire de chacun, une activité quotidienne.Au fond, les deux façons de remettre l\u2019art en question ne sont pas tellement éloignées: si, dans le premier cas, on veut construire un art qui soit directement \u201cpolitique\u201d, c\u2019est pour qu'un jour, dans une société libre, chacun puisse être artiste comme il l\u2019entend.Dans l\u2019autre cas, on est plus optimiste: on croit possible de faire du domaine artistique un premier territoire libéré, même dans une société qui ne l'est pas.Ces deux courants, et le débat qui les a fréquemment opposés \u2014 qu'on songe par exemple au conflit qui a opposé les communistes français aux Surréalistes à la fin des années '20 \u2014 occupent une bonne place dans l\u2019histoire artistique du 20e siècle.Mais que ce soit au nom d\u2019un idéal politique ou d'une certaine idée de l\u2019art, la nlupart des tentatives de \u201csubversion\" de l\u2019art ont fait long feu.La roue de bicyclette de Dû-champ et les hamburgers de plastique prennent place dans les collections permanentes des musées à côté des personnages de Giacometti: on en a .fait des objets d'art.Pendant ce \u201c-lerpps l\u2019art politique, trop lié \u2014 et de Mfaçon trop immédiate \u2014 aux im-2'pératifs des luttes révolutionnaires, a rarement pris le temps de se définir -'de-façon autonome: le plus souvent, il $\u2019e$t cantonné dans quelque variante ¦il djun \u201créalisme socialiste\" sans ave-! \u2022 nir.Ici et là après de courtes période::.'de ferveur, l\u2019art conventionnel reprenait ses droits, d\u2019une manière ou d\u2019un'c autre L'art se meurt à New-York *.\u2019 New-York, à l\u2019heure actuelle, semble 2j>rts d\u2019une de ces ferveurs.Et, s\u2019il * fallait en croire certains, l\u2019oeuvre -S\u2019-art.l\u2019oeuvre d\u2019auteur, l\u2019art \u201cpré-leicux\u201d.sont en train de mourir de leur \u2022belle mort: bientôt, il n\u2019y aura plus à [I mettre au Guggenheim et au Muséum rôflModcrn Art que les oeuvres du -\tpasse.! - 1AU mois de février, le Guggenheim -donnait précisément une illustration ! éloquente de ce courant: la plus \u2022grande partie de l\u2019espace étaitconsa-2 rûcp2 à une exposition des carrosseries ;â>ùtos broyées de John Chamberlain.-Çelsont des oeuvres qui datent des Isûnêes 60 à 70 pour la plupart: en les -voyant, on se rendait compte qu\u2019on Savait vraiment affaire à une rétro-ifjéstive.Ces tôles multicolores et tor- -\t(ltiÇs qui.à l\u2019époque, pouvait avoir ; quelque chose de \u201csubversif\u201d, elles venaient de passer à l\u2019histoire et de se transformer en sculptures.Aux étages supérieurs, on trouvait quelques oeuvres récentes de jeunes artistes: du mauvais pop'art, des imitations de Chagall etc.Au rez-de-chaussée, enfin, la clef de l'énigme: un téléviseur, où apparaissait une mauvaise émission.11 s'agissait d\u2019un film sur vidéo réalisé par Chamberlain: comme bien d\u2019autres, Chamberlain a abandonné son domaine pour passer à la télévision portative.Car, à New-York, s\u2019il fallait donner un nom au \u201cmal\u201d qui ronge l\u2019oeuvre d\u2019art, ce serait celui du vidéo qui viendrait en tête.Est-ce une mode passagère?peut-être.Mais elle a pris, en tout cas, une ampleur phénoménale.Dans une confusion qui, après tout, est peut-être créatrice, des artistes ont abandonné leur art pour la Sony, des groupes politiques ont découvert les merveilles de la technologie, des partisans très apolitiques de la nouvelle culture se sont mis à l\u2019écoute des problèmes sociaux.Le cas de Marc Lepage, un jeune artiste québécois qui vit à New-York depuis trois ans, est assez caractéristique de ce courant qui veut mettre \"l\u2019oeuvre d\u2019art\u201d au tombeau et semble avoir d\u2019autant plus de vigueur qu\u2019il s\u2019appuie sur cette immense vague de \u201cnouvelle culture\u201d \u2014 vraie ou fausse \u2014 qui déferle depuis des années sur les Etats-Unis.Depuis environ cinq ans, à Paris, à Providence et à New-York, Marc Lc-page travaillait dans un domaine qui n\u2019était pas très éloigné, au moins en Ihéories.de ses préoccupations actuelles ci] vidéo: les structures gonflables.Des cerfs-volants au labyrinthe A partir de simples cerfs-volants coloriés, Lepage avait eu l\u2019idée de sculptures avec lesquelles les gens pourraient jouer, des sculptures aussi pratiques et peu encombrantes que des cerfs-volants que Ton plie et que Ton apporte à la plage.Ses premières oeuvres dans cette voie ont été de simples ballons rectangulaires de différentes couleurs: ballons qui peuvent flotter dans l\u2019eau ou, gonflés d\u2019hélium, dans l\u2019air.Des ballons, il est ensuite passé à des gonflables plus élaborés.La plupart de ces gonflables faisaient partie de son exposition, en janvier 1971, au Musée d\u2019art contemporain de Montréal.Il y avait d\u2019abord une section de cette immense sculpture \u201chabitable\" de plastique, appelée \u201cLabyrinthe\u201d et exécutée au Rhode Island School of Design.Puis, une douche pliable et transportable et des séchoirs consistant en deux demi-sphères de tissu-éponge gonflable à volonté.Il y avait enfin les gonflables lumineux: des demi-sphères en toile de nylon, les unes au mur, les autres montées sur une énorme perche.En plongeant sa tête dans le tissu et en manoeuvrant la poignée, on pouvait obtenir à son gré des effets de lumière divers.It faut également mentionner les lampes gonflables de toutes dimensions, dont Lepage vient de vendre le dessin à la maison Knoll, qui compte les produire en série.En travaillant dans le domaine des gonflables.Lepage voulait déjà prendre ses distances, jusqu'à un certain point, vis à vis de ce qu\u2019il appelle l\u2019art précieux.Cet art précieux, c'est pour lui tous ces objets d\u2019art que Ton retrouve dans les musées: objets à regarder et à admirer, mais qu'il ne faut surtout pas toucher ni palper.Objets intimidants par leur fini, leur précision.Avec les gonflables, Lepage tentait de supprimer cette distance qui sépare l\u2019objet d\u2019art du spectateur.Ses gonflables, selon lui, ne prennent de sens que si le spectateur les touche, fait corps avec eux: le \u201cLabyrinthe\u201d est fait pour qu\u2019on s\u2019y promène, les sphère des séchoirs ne se gonflent que si Ton monte sur le plate-forme, les gonflables lumineux ne changent de lumière que si Ton s\u2019amuse avec la poignée.Le corps humain comme sculpture L\u2019idée d\u2019une participation réelle du spectateur était donc déjà là.Mais, depuis près d\u2019un an déjà, Lepage a abandonné les gonflables: après avoir soutenu que le corps humain fait partie intégrante de la sculpture, pourquoi s'arrêter en chemin?Pour Lepage, désormais, la vraie sculpture, c'est le corps humain lui-même; \u201cQuand on commence à étudier le yoga, dit-il, et qu'on connaît 50 positions différentes, on se rend compte que le corps humain est à lui seul une véritable sculpture en mouve-neut.\u201d L'art qui impose ses objets est intimidant et terrorisant: c\u2019est un art de spécialistes \u2014 d'un côté quelque individus \u201cdoués\u201d qui produisent, et de l\u2019autre, la foule de ceux qui regardent et subissent.Le contraire de cet art terrorisant, pour Lepage \u2014 comme d\u2019ailleurs pour de nombreux tenants de la \u201cnouvelle culture\u201d \u2014 c\u2019est un art collectif, où tout le monde peut être à son gré producteur et créateur, sans que soient imposées les normes de beauté et de bon goût.Pour Marc Lepage, le vidéo permet à cet art de naître: il ne s\u2019agit plus d'une participation théorique, mais au contraire éminemment réelle e! pratique.D'abord un équipement en vidéo pour bandes magnétiques d'un demi-pouce ne coûte que $1,500.\u2014 caméra avec micro incorporé et appareil pour transmettre l'émission sur n\u2019importe quel appareil de lélévision.Les bandes [jour une émission d\u2019une demi-heure ne coûtent que $15., et on peut les effacer et les réutiliser à volonté Ensuite il y a un minimum de teci nique à assimiler: on est loin de l'équipement lourd du cinéma ou même de la télévision sur bandes de deux pouces.Le \u201cdemi-pouce\u201d est tout ie contraire d\u2019un art de spécialistes: n\u2019importe qui peut apprendre à s'en servir correctement en un minimum de temps.C'est d'ailleurs conforme à son esprit: le \u201cdemi-pouce\u201d est la télévision portative par excellence, qui sert à capter des réalités instantanées et changeant, n'importe où, sur la rue, à la ville ou à la campagne.En \"demi-pouce\u201d, on peut à la rigueur prendre son temps, préparer ses plans et son cadrage comme on le fait au cinéma, mais on ne le fait à peu près jamais: la plupart des émissions qui se font en demi-pouce sont des reportages, où ce qui est capté par caméra est plus imprtant que la façon dont c'est capté.Pour Marc Lepage, c\u2019est une sorte d'aboutissement: le spectateur devient l'acteur principal.Dans son appartement, les vidéotapes s'accumulent: les interviews avec des gens de sa rue (il vit près de Columbia, dans le quartier porto-ricain), ou devant une vieille maison qu'on démolit.Plusieurs émissions sur le surf à Long Island.Vidéomanes et nouvelle culture Dans tous les cas.explique-t-il.ce qui importe, c'est moins le fini de l\u2019émission que son contenu.El le contenu.ce sont les gens qui y apparaissent qui le font.Le cinéma, avec son appareil technique, ses coûts de pro duc!ion élevés, parvient rarement a s'effacer devant son sujet: qu\u2019on se souvienne du \"cinéma-vérité\".Au fond, le \"demi-pouce\u201d pourrait être l\u2019équivalent du film 3 mm.Le seule différence, c\u2019est qu\u2019on peut l\u2019utiliser sur une plus grande échelle: à New-York, il y a les salles où on projette les tapes (comme, à Montréal, le Vidéographc de la rue Saint-Denis), il y a les stations par câble qui sont fort nombreuses dont le réseau couvre toute la ville.Lepage va peut-être s\u2019occuper des émissions d\u2019une de ces stations.Que contiennent ces émissions?Il y a deux tendances qui semblent se dégager: d\u2019une part des équipés qui travaillent en étroite collaboration avec des groupes politiques (des comités de quartiers, les Young Lords chez les Porto-Ricains ctc.L et d\u2019autre paît, les \"vidéomane.T\u201d nettement apolitiques qui se contentent de faire apparaître la réalité et dont les préoccupations vont de la psychanalyse à l\u2019esthétisme pur et simple en passant par la religion.Pour ces derniers \u2014 et c\u2019est là un des crédos de base de cette \"nouvelle culture\u201d aux 200 visage \u2014 l\u2019important consiste d\u2019abord à se connaître, à connaître son entourage.Avant de vouloir changer le monde, il faut se changer soi-même.Communes, vie au grand air, méditation.yoga et vidéo: autant de moyens pour parvenir à cette connaissance indispensable et à la communication avec les autres.Il n\u2019est pas tout à fait étonnant que la télévision portative ait été récupérée par ce courant: mettant l\u2019accent sur ce que les gens ont à dire, le \"demi-pouce\u201d est utilisé le plus souvent au sein de groupes restreints i quartiers.groupes politiques ou culturels e e.i.C\u2019est un moyeu de cominiitjica-\u2019ioit efficace, mais qui demeure collé ie plus s.iuven: à la réalité quotidienne.à l'expérience immediate.Marc Lepage .s'inscrit lotit naturellement dans ce dernier courant.Invoquant des arguments un peu naïfs à l\u2019appui de ses thèses îles tenants de la nouvelle culture sont rarement de grands théoriciensi.il soutient que les gens doivent d'abord être amènes à se connaître avant de pouvoir agir politiquement sur la société.C'est pourquoi scs émissions en vidéo sont d\u2019abord marqués par des préoccupations d'ordre psychologique.Tout cela est-il voué à un grand avenir?Il est difficile de le dire.Le problème, avec de nombreuses émissions en vidéo qui traitent de la \"vie quotidienne\u201d et des \"gens ordinaires\u201d c'est qu'elles sont souvent fort ennuyeuses.A cela.Lepage répond que ce sont des émissions \u2014¦ celles du surf par exemple \u2014 qui s\u2019adressent seulement à ceux qui sont directement intéressés par le problème.Pour l\u2019instant.Marc I.epagc se trouve en France où il représente le Canada au festival de Royan .Il doit y organiser des happenings.Dans ses bagages, il apporte un \"parachute\" (une immense toile de nylon circulaire.très légère), et quelques ballons dégonflés.Et.bien sûr, son vidéo.Il n'a pas de projets d\u2019avenir.Tout au plus commence-t-il à se poser des questions au sujet du vidéo.Peut-être au fond est-ce un gadjet de plus: l\u2019art véritable ne consiste-t-il pas, pour tout le monde, à vivre 'de façon heureuse et à pouvoir communiquer, sans caméra.sans oeuvre d\u2019art ?Trouver un art de vivre: c'est sans doute le sens de cette nouvelle culture qui pousse dans les rues sales de New-York, au milieu des ordures.\u2022Ç'eôfance d'yeux suivi de 2 Interstice, par Roger Des ; lîpches, préface de Fran-2 {ôi$ 2 Çharron.poèmes.118 2pàg de bouche à l'oreille dans les chantiers du Québec, de l\u2019Ontario, du Nouveau-Brunswick ou des Etats-Unis.Ce grand artiste ignorait tout à fait l'ethnographie traditionnelle et il aurait été bien étonné d'apprendre que les éléments de contes qu\u2019il aboutait, selon le temps dont il disposait et selon l'intérêt des auditeurs, étaient tous numérotés dans des catalogues savants.La tradition orale a été figée dans les archives et peu d'écrivains québécois ont eu le goût, ou ressenti le besoin, de l\u2019intégrer dans une certaine mesure à leurs oeuvres de création.Notre première littérature, sauf remarquables exceptions (Philippe Aubert de Gaspé père, par exemple), fut une littérature \u201cfrançaise\u2019\u2019.Heureux temps de la peste Quant à la littérature d'anticipation, je n'en connais pas d'exemples ici; aucun, en tout cas.ne me vient spontanément à la mémoire, si ce n'est le récent \u201cPatience et Firlipon\u201d de Jacques Benoit, qui n\u2019anticipait sur le présent que très peu, et seulement parce que le romancier avait besoin d\u2019une ceinture volante.Je sais que plusieurs écrivains québécois sont pourtant passionnés de romans d'anticipation : ils bouffent du Bradbury comme d'autres du Stendhal et semblent y trouver une aussi agréable digestion.Je me dis, sans avoir pris le temps d\u2019y réfléchir vraiment, que nous sommes sortis brusquement de notre univers rural et traditionnel pour nous apercevoir que le monde urbain et technologique, dont nous sommes des pions utiles, ne nous appartient pas du tout.Ce monde n'est pas le nôtre, qui est dirigé par les empereurs de ce temps, et nos écrivains sont plus sensibles à \"évolution des moeurs et de la sensibilité contemporaines qu'aux monstres dangereux et attirants dont se sert la technologie pour asseoir les nouveaux impérialismes.Dans cette perspective, la parution des \u201cTours de Babvlone\", roman d'an- \u2022-CMC»; y*\u2019 agi ticipation de Maurice Gagnon, présente un intérêt certain.Il est, en passant, assez ironique que le prix du roman de L'Actuelle soit attribué à un écrivain de cinquante-neuf ans qui situe l'action de son livre au 24e siècle.On s'attendrait plutôt qu'un tel livre fût écrit par un tout jeune écrivain.Je reconnaîtrai tout de suite que les romans d'anticipation ne m\u2019intéressent pas beaucoup: ceux que j\u2019ai lus n'apportaient que des gadgets le plus souvent ridicules et reprenaient pour la plupart le thème éternel de la lutte entre deux grandes puissances, celle des bons, issue d'une sorte d\u2019humanisme bien occidental, et celle des mauvais qui, au nom d'une idée grandiose ou grotesque, ne demandent qu'à écraser les valeurs les plus profondes de ia condition humaine: aspiration à la liberté, à l'amour, à la création.On dirait que les écrivains d'anticipation gardent une nostalgie incurable de la grande peste.Il leur faut beaucoup de destruction pour situer les coordonnées d'un monde à rebâtir.Ceci dit, \u201cles Tours de Ba-bylonc\" m'apparait comme un livre décevant.Mythologie héroïque Si Maurice Gagnon a évité complètement le piège des gadgets, il n'a pas résisté à la tentation de fonder son histoire sur une grande catastrophe, nucléaire évidemment, qui aurait détruit à peu près la moitié de la planète.Il arrive que les survivants se retrouvent en deux groupes: ceux qui possèdent encore les moyens technologiques.ceux qui ne les possèdent pas.Les uns et les autres se feront la guerre pendant quelques siècles, jus- qu'à ce que les premiers, abusant de leur pouvoir, s'écroulent dans leur splendeur factice.Si on l'ignorait, on devinerait que Maurice Gagnon est un militaire retraité.Son litre ressemble à ce que doit être un traité de stratégie militaire: comment, en tenant compte des effectifs humains, de l'équipement militaire, de letat du champ des opérations et de la psychologie de l\u2019ennemi, s'assurer que la guerre sera gagnée.A cela se greffe, pour finalement constituer l'élément principal du récit, une sorte de mythologie du chef, laquelle, .selon que vos tendances sont vers l'ordre ou l'anarchie, vous impressionnera ou vous fera sourire.L'auteur des \u201cTours de Babvlone\", au fond, est un moraliste; on peut partager ou non sa vision de l'homme et de la société: il conçoit que cette dernière ne peut accéder à l'apogée que si elle est dirigée par des hommes et des femmes d\u2019élite, capables de penser et d\u2019agir, tout en demeurant \u201chumains\".Du moralisme a l\u2019idéalisme, il n'y a qu'un pas que l\u2019auteur ne manque pas de faire.Son héros, Sévère (quel nom ! ), ressemble à une sorte de demi-dieu grec et l'anticipation me semble un peu anachronique.J'avoue ne pas avoir le goût de m\u2019identifier à ce genre de héros, conquérant invétéré, si ce n'est pour le plaisir de faire un enfant à une belle et puissante princesse orientale ! Il y a en effet, dans ce roman, un romantisme naïf qui est somme toute assez rafraîchissant.Le héros des uns est sans doute toujours l'antihéros des autres et \u201cles Tour de Baby-lone\u201d est un livre qui pourrait bien séduire plusieurs genres de lecteurs.D'autant plus qu'il est écrit très proprement, par un écrivain dont la langue est souple, claire, précise.Pour cela seulement, qui est beaucoup, le roman de Maurice Gagnon méritait sans doute le prix du roman de L'Actuelle.Une certaine histoire Jacques Ferron, mon notable préféré (la littérature québécoise a ses seigneurs, certes, mais aussi ses bourgeois), ne remporte pas de prix littéraires.Cela tient peut-être au fait que son oeuvre ne ressemble à aucune autre: elle n'est pas pour autant facile à définir en quelques mots, au contraire.On ne sait jamais ce qui va se produire d'un livre à l'autre, entre, par exemple, ce chef-d\u2019oeuvre de tendresse émue quest \"l'Amélanchicr\" et le petit dernier qui s\u2019intitule \u201cla Chaise du maréchal-ferrant\u201d.Ce qui parait certain, c'est que Jacques Ferron, sans pour autant piller et stériliser la tradition orale, emprunte à cette dernière son style et ses objectifs.L'universitaire Jean Marcel a d'ailleurs brilamment défini l\u2019écrivain-conteur, en explorant parfaitement son esthétique.Dans \"la Chaise du maréchal-ferrant\", le conte est mis au service de l'histoire, disons, d'une certaine histoire, celle qui n\u2019a peut-être pas été mais qui aurait pu ou dû être.Ce que j'en dis ne simplifie rien, je m'en rends compte, puisque ce dernier livre, comme \"le Ciel de Québec\u201d, pourrait aussi bien être perçu comme une oeuvre polémique.Malheureusement, nos derniers polémistes sont morts, ou pas très vivants, et il est raie que quiconque prétende JACQUES FERRON Son compte ou diable rétablir les faits que Jacques Ferron organise selon son humeur, qui est généralement bonne.Trop occupés à écrire la grande, les historiens ne s'attardent pas à écrire la pelite histoire.Si Jacques Ferron a choisi, sans concurrence.d'écrire cette dernière, on ne peut tout de même pas le lui repro- -cher.Cette fois-ci, il règle son compte au diable et s'en explique ainsi: \u201cDans la mythologie québécoise le diable n'a rien de catholique ou s'il l'est, on peut affirmer, sans se tromper, qu'il n'a pas obtenu son diplôme au Collège canadien de Rome.Il serait alors un cancre incapable de réussir une damnation.Dans les chantiers, on l'utilise pour aller danser avec les filles à ses dépens sans jamais le rembourser du mal que lui donne la chasse-galerie.A-t-on une église à bâtir, il devient le cheval noir sans le concours duquel on n'y par-viendait pas.Bref, qu'il soit catholique on non, il est toujours dupe d'un Québécois plus malin que lui.\" Je cite ce texte très sérieux à dessein: il ré- sume la verve joyeuse et souvent méchante avec laquelle Jacques Ferron, dans \"la Chaise du maréchal-ferrant\", luit la chronique de notre passé récent.La conversion au diable Ce qui fait de ce long conte une lecture passionnante (aussi longtemps qu'on ne reçoit pas soi-même, je suppose, un coup de griffe douloureux), c'est que le merveilleux, représenté par la chaise magique du diable, chaise qui permet de se déplacer instantanément d\u2019un endroit à l'autre, sc mélo tout naturellement à ce qui n\u2019est pas merveilleux mais amusant, c\u2019est-à-dire l'ascension des chefs québécois, à propos desquels le parti pris de Jacques Ferron ne sc dément jamais.Cet écrivain aime les Québécois ordinaires, qui sont évidemment extraordinaires.Impossible de les nommer tous \u2014 et inutile.il suffit de nommer les autres, qu'ils s\u2019appellent Lesage, Taschereau, Duplessis, Rower et tant d\u2019autres, et do les confronter avec les Québécois ordinaires qui, avec des moyens pourtant très limités, ont raison d'eux avec autant de facilité qu'ils ont raison du diable.Ce dernier, incidemment, devra finalement se convertir, las d'être dupé.11 deviendra, dit Jacques Ferron, \"mon oncle Emile, vétéran de la guerre des Boers\".11 est possible que l'insistance sur la chronique condamne une partie de l\u2019oeuvre de Jacques Ferron à l'oubli des lecteurs de demain.Pour nous, cette partie est une partie de plaisir.Elle nous apprend la géographie du pays, en tout cas, car je vous jure que la chaise du maréchal-ferrant se promène sans cesse : depuis Cap-Chat jusqu'à Québec, jusqu'aux ruines que construit Mackenzie King dans la banlieue d'Ottawa.jusqu\u2019au fin fond du comté de Dorchester et même, fantaisie extrême, jusqu'aux Antilles.Elle nous apprend aussi à mieux connaître ces aventuriers exceptionnels, dont le premier Jean Goupil du conte, qui conquit fortune et respectabilité en se faisant trafiquant au service du grand saint Pierre de Miquelon ; ou même le deuxième Jean Goupil, orphelin sauvé de la mort, c'est-à-dire de la Crèche, et qui deviendra.tout illettré qu'il est, avec la connivence imprudente du diable, pensionnaire d'une autre crèche, le Sénat canadien ; ou encore de Jean Goupille, fille du précédent, qui sera heureuse avec un Boulé \"des Hauts\" dans le faux manoir de Saint-Dsnys Garneau.Ça va, je n'en dirai pas plus.Une ville est un organisme vivant L'HOMME DANS LA VILLE ET LA CONQUETE DE SA LIBERTE, par Bernard de La Rochefoucauld et collaborateurs.VU pages.Dunod éditeur.Baris.COMME les villes, l\u2019urbanisme traverse une crise de croissance.La plupart des formes modernes d\u2019urbanisation sont remises en question:\tvilles-dortoirs, centres commerciaux, concentration contre circula- tion, reconstruction des quartiers anciens, villes modèles à industrie unique, etc.Sans compter les modes d'administration et de financement, où s'affrontent l\u2019autonomie locale et ia centralisation gouvernementale.Malgré son titre, cet ouvrage ne devrait pas intéresser seulement les planificateurs plus ou moins maniaques des structures ni les promoteurs d'habi- tats collectifs mais encore plus, sans doute, ceux qui ont vraiment les pouvoirs de décision et ceux qui ont quelque souci des classes moyennes.Car il est temps que les techniques ne restent plus une fin en soi.Les auteurs prennent grand soin de démontrer que toute réforme d'urbanisation doit être en premier lieu la responsabilité de la municipalité, la collectivité le plus proche du citadin, celle qui peut en respecter les droits à la liberté.En centralisant les budgets, les Etats modernes ont créé l'inflation bureaucratique, multiplié les réglementations abusives, planifié à partir de normes incompatibles avec les responsabilités locales: tout se fait par des technocrates qui, imbus de leur puissance, veulent à tout prix rationaliser l'habitat urbain: c'est à prendre ou à laisser car le budget est au sommet de la pyramide étatique.On oublie ou feint d'oublier que le citadin doit avoir la liberté de choisir son emploi; il est un consommateur, qui doit avoir la liberté de choisir entre les biens dont il a besoin.Deux libertés devenues fondamentales à notre époque.Ces conquêtes, disent les auteurs, il faut les préser- VIVE ifàÊii?® /ft VERNE (HARGKX Prix spécial $51 le volume (plus 30* de port) Gratis: les 13e, 25e, 37e et 50e volumes (le port seulement à payer) Enfin, toute l\u2019oeuvre du génial précurseur est disponible: 50 volumes reliés Skinez bleu dos et plats gaufrés or, illustrés des célèbres gravures sur bois des éditions originales.Jules Verne est plus vivant que jamais.bon pour un\\ examen gratuit \\ I de 8 jours, \\l sans engage- \\ ment ni frais./ I Editions Eurcpéerçpes Liée 850, rue de la Reine, case postale 1617.Québec 2.P.Q.Veuillez m'envoyer à l'examen, sans engagement, le premier volume et le bulletin de presentation Après 8 jours je vous le retournerai ou m\u2019engagerai à accepter les conditions de souscription spécifiées dans ce bulletin.M 'Mme Mlle Prénom Adresse Profession Signature Age HAUTE FIDÉLITÉ Yves^ROALEN Jacques LEFEBVRE^ Guy CHARBÏÏNNÉAU Bernard MICHAUD Carl G RI FO 6334 rue ST HUBERT ' 8343 rue.LAJEUNESSE ¦ !.PLACE LONGUEUJT \u2019-.258) est.HenrFBimrassa HAUTE FIDÉLITÉ Témoignage de quatre ans de lutte incessante qui devait faire surgir l une des plus belles.expositions de.tous les temps.\u2022 Témoignage dés souffrances morales, des soucis su-bis par un-grand diplomate qui dut maintes fois .avlDir re.cours à ses ressources ultimes pour redresser-de difficiles'situations.¦\tUn témoignage: qu'il faut tire - 238 pages - nombreuses photos v- \u2019 Une nouvelle \u2022publication.En vente chen! ¦ 'otr-s v ¦ ¦ ' ¦A les éditions ¦ w ia presse ¦ \u2022 - forgées par Alain §taoKr ver en restant maîtres de notre destin.Dans la plupart des Etats modernes, la municipalité est à la merci de l\u2019Etat subventionneur.Il en résulte la plupart du temps une inflation évidente- au lieu de faire un plan correspondant aux besoins, on gonfle le plus possible le projet car, pour obtenir les subventions, il faut des déni a r c h e s nombreuses et compliquées, et l'on sait d'expérience qu'une demande modeste, mais suffisante, risque fort de dormir dans les dossiers d'un ministère.La centralisation est non moins néfaste à l\u2019habitat.L'ouvrage cite l'exemple de la France et de la Suède où, comme dans l\u2019administration centralisée de type soviétique, l\u2019Etat subventionne presque en entier la construction des logements mais où le degré de salis-farcon est beaucoup moins élevé qu'en Allemagne où l'Etat ne subventionne qu\u2019à 30 pour cent: soumises à de fortes pressions, les administrations régionales doivent, évidemment jouer le jeu \u201cd'en haut\u201d.Là comme ailleurs, l'ordinateur a le dernier mol: lire l'étude récente de l'OCDE: L'information numérique et la protection des libertés individuelles.Roland PREVOST (collaboration spécialeJ Dès pages historiques écrites par Pierre Dupuy peu de temps avant sa mort.* 1 j i « c * U-* rixcjjt, /viwt.iOMjvtcui 1er AVKIL iV/v.'.m&M J -t SALLE WILFRID-PEy_ETIER ACE DfS ARTS, Montreal lü (QiiôbcC).\"Tél; 842 DU 16 MARS AU 8 AVRIL SUR SEMAINE : Jî 50 À J5.00 \u2022 SAMEDI.S2 50 A J5 50 /noitméAL mnm oleïel trtabUy c< truçois denjM tiliatranlt kmiie lorwtler dénias ^A^flmtmonneT [èi firli «t In boy» de john stanzel andré brassard THEATRE MAISONNEUVE IpiACEDESAR^^onlféa^^Quêbe^ç^M [TOUS LES fllMAW1 vvÉtv' mm BILLETS: Semaine S2.50 à 5.50 L-J X.\u2022 puttfn MIN! GOLf INTER1LU.R 2 PARCOURS \u2019\u2018s ^ ACCEPTS 12Æ6.2^54f- 7.00.9-0°P'm- 18a^s Adultes C'était uneEMFANT de u-aw»oub- S?;C\u2019CnÔ.s\u201d00.'7,.Ô0- EM COVJl^OR EN COUi-£UP 1® pour' TOUS Une fois de plus, les Cinemas Unis vous présentent/\tt.SheibrnoiA Mardi 4 avril a 20 h 30 CINEMA ONF 550 uiif\\l ru* Sh*i D'ooVr* Jeudi 6 avril * 19 »t ?0 L UNIVERSITE DE MONTREAL 90 r».«.n .Belhnçjli^.POUR TOUS AU PROGRAMME ' SUR VIVRE\" de Y vr» Oron ' LA MAISON FAMILIALE\" d» Lauren.e Hvd* \"L'HOMME NOUVEAU\" rte v ves Andre -t Claude PHoqum ET POURQUOI PAS7\" Une équipe de i ONF r-itie?libre nr,.\u201e (.emenla 2R3 4.»S3 GRANADA: 2e film \"CALLOWAY, LE TRAPPEUR\u201d en couleurs DOLLARD: 2e film \"LE PLUS HEUREUX DES MILLIONNAIRES\" en couleurs A L'AFFICHE! TRANS CANADA SORTIE 36 Some nord «ur Montée des Sources jusqu'A I ev# nue Brunswick liter vers l oues! |usqu eu an* parc GRANADA: représentation complete a 1.00, 4 20 et 7.40 p.m.DOLLARD: tous les soirs programme complet à 6.40 et 8.55 p.m.Portes ouvrent à 6.00 p.m.C\u2019eSt extraordinaire! AUSSI REMARQUABLE QUE Z\u2019 fj- Q ,rd Di.è*/.' GARNE1 Î NÉWS- SERVICE POUR TOUS UN TRIOMPHE ! Sacc.ojEr Vànzettl vous fascinera VI ,Vw\tI fr\\M.vriUït\u2019 K À\tMI LA MARCHE DE SACCO ET VANZETTI ( paroles de Geortjes Moustaki ) Maintenant Nicolas et Bart Vous dormez au fond de nos coeurs Vous étiez tout seuls dans la mort Mais par elle vous vaincrez\" GINE-ART présente GROUPE EXPLOSIF.LES CHAR iP couleur UN FILM DE CLAUDE ZIDI 4v,c MARION GAME .COUES SELLER LES BIDASSES : 11.05- 1.1C)- 3.15 - 5.30-7.45 -10 00 Dcrniirt Représentation Complète 9.20 .PARISIEN \"\touest St.e.Catherine Tel B6I-'2.697 WfÇGILL .-NY TIMES Le GODFATHER est aussi sombre et inquiétant qu\u2019une .reflection de\u201d certains aspects de laTvIe^américaine à jamais avoir été présentée dans ur.film tourné pourtant seulement qu\u2019en vue de divertir.Le jeu de Brando donne le ton à toute la production, qui est vivante et flamboyante et à des moments inattendus, très émouvants.nous sommes en face d'un remarquable cojnédién;ayjant un talent extraordinaire.\"THE GODFATHER\u201d décfîr-ùlr rêve américain mélancolique comme un mélodrame de gangster sentimental, bf(gèque.le scénario se développe si rapidement en une série bien suivie et organisée de séquences qui s'enclenchent, que le film n'a guère lejemps d'ètre introspectif.le film ressemble beaucoup au roman que Coppola et Ouzo ont adapté avec une fidélité extraordinaire.\u201d\t__ .j\t\u2014 Vincent Can.byJVLY\u2014Times \"'THE GODFATHER\u2019 est un film qui semble avoir toutes les qualités! Chaleur, violence, nostalgie et lé charisme de Marlon Brando ^ans une de ses .plus remarquables performances et le succès d'un \u2019\u2019AUTANT EN EMPORTE LE VENT\u201d italo-américain\u2019\u2019! Le résultat est un film qui en dépit des voies de fait et du sang versé \u2014 est beaucoup plus qu'un mélodrame plein d'actions \u2014 en fait bèaucoup-plus qu'un très bon film.C'est un film qui démontré la grandeur, de la tradition d'Hollywood et place Francis Ford Coppola au tout premier rang des artistes cinématographiques américains.\t\u2014 Ttrfte M-ign/.inç \"Il n'y a'qü'un seul Brando.C'est le GODFATHER, le point de mire de ce qui promeï être I\u2019\"AUTANT EN EMPORTE LE VENT\u201d des films de gangsters.-\t.\t.\u2022\t:\tPaul D Zirmnerman.Newsweek Les films Paramount.présentent EN VEDETTE AUSSI MOOuCtO»» O^CCUOBr\tSC\"(t*ftAY Br jMSMf taùWlp* HnPIn^.liaNsMBpb illll! Pl!5Lo.Jl! Mtf scoklo î.taki [ÉfUccÉ item ten LUNDI A SAMEDI 9b30 du matin.12.30, 3b30, 7b, «t 10hl 5.DIMANCHE 1b30, 5h et 3b30.2 SEMAINE! Prix pour cette reoréjentation seulement MATINÉES\tLun.à Ven.$2.50 Sam., dim.et\tcongés.$3.50 SOIRÉES:\tLun a jeudi.$3.00 Ven.sam, dim.et congés .$3.50 LAISSptl.PA&SFR fis 00186672 -A PRESSE, SAM t ) -'-'¦¦OÙ.\u2019i-Sxï * T&iSv \"$ÿï0 ¦$&êm m % \u2022y-vV: S8&K >v '?»\u2022: m .11111 &*Jfc5S >; £ ULYSSE COMTOIS: \"Couple d'oiseau\", 1972.photos Antoine Dcsilets, LA PRESSE Une sculpture cinématographique par Gilles Toupin (collaboration spéciale) Sculptures récentes d'ULYSSE COMTOIS, à la galerie Marlborough Godard.FILS d\u2019une famille ouvrière de Granby, Ulysse Comtois a toujours été peintre.Très tôt, à i\u2019àge de six ans, il travaillait.Encouragé par ses parents, chose étonnante pour l\u2019époque, il suivit des cours de dessin et de peinture d\u2019une religieuse dans un couvent de sa ville natatle.Il avait pour modèles les peintres de l\u2019école de Barbizon.Une peu plus tard, au collège de St-Ilvacinthe, un de ses professeurs sera le beau-frère de Paul-Emile Borduas dont il parlait constamment.Le jeune Ulysse s\u2019éveillait à l\u2019art de son temps.L'automatisme Il fut attiré par les peintres automa-tisîes surtout à cause de leur ascendance surréaliste.A l\u2019époque, vers 1950, il avait vu très peu de vrais tableaux.L\u2019oeuvre des automatistes lui insuffle donc une direction artistique qui lui permettra de faire la synthèse de diverses influences.Comtois ne croiera jamais à la génération spontanée du génie.Selon lui, toute évolution de l\u2019art s\u2019accomplit à l\u2019intérieur d\u2019une conscience historique très lucide.Les quelques tableaux présentés à son exposition témoignent de sa période automatique des années soixante.A la différence de tout le groupe de Borduas, le résultat chez Comtois soustend une volonté de structuration aigue.Ses signes verticaux, parfois horizontaux, élaborent des séries plus ou moins voulus qui annoncent \\aguement ce passage vers l'état actuel de ses travaux.Je ne sais pas si Comtois avait envisagé de loin de devenir un jour sculpteur mais c\u2019est probablement cette transposition du signe automatique, à l'origine issu du coup de pinceau, de la toile à scs petites pièces en bois, disposée par terre à la galerie, qui fit découvrir à l\u2019artiste son goût pour le travail à trois dimensions.Ces petites sculptures aux formes vitalistes, qui nous rappellent tantôt l'amibe, 'antôt la forme d'un oeuf, sont composées à partir d'une machine à découper le bois qui remplace l\u2019instrument habituel du peintre.Technologie et art L\u2019usage de la machine, rapprochant Comtois de ses origines sociales et de son environnement quotidien, devient dès lors intimement liée à la signiii-cation de son oeuvre.Il est évident que l'influence des matériaux et de ses moyens de traitement est déterminante pour le résultat de l\u2019oeuvre; mais au même degré que l'usage du pinceau l'est pour une huile.Ce qui doit primer chez tout artiste, c\u2019est l\u2019importance accordée à la maîtrise de ses techniques.Ce sont elles qui sont génératrices des libertés d'expression.Les sculptures de Ulysse Comtois sont composées d\u2019éléments modulaires ou plus précisément de cellules empilées les unes sur les autres.La manipulation simple, dùe à la légèreté de l\u2019aluminium et à la précision du mécanisme, permet des variantes d'organisation qui traduiront le style du manipulateur.Le style de l'auteur réside dans le fait que les manipulations sont permises.Chaque cellule suit habituellement le principe des quatre barres, notion de mécanique très classique dans les milieux spécialisés qui repose sur un principe aléatoire.Si le lecteur me permet une dernière remarque sur ce principe, précisons qu'il est un irrationnel, comme le tpi) en géométrie, et qu\u2019il est impossible de prévoir empiriquement les trajectoires de chaque cellule.Ainsi, pour Comtois, l'usag de ces notions mécaniques remplit la même fonction que 1 usage de la couleur chez le peintre.Refus de l'aliénation Les deux dernières sculptures de Comtois, Couple d'oiseaux (système à cinq pivots) et Oiseau à trois ailes (Bidule à deux pivots) de 1972 sont composées de cellules isolées identiques aux sculptures précédentes.L\u2019ir-rationnalité du fonctionnement de la cellule s\u2019oppose à son caractère mécanique.Plutôt que de voir là une parodie de la machine, le participant (car ici l'idée de spectateur est périmée) établit une relation familière provoquée par l\u2019analyse de cellules mécaniques, type fondamental, conformes à tous les mécanismes qui nous entourent quotidiennement.L\u2019environnement est un problème éminemment humain.C'est d\u2019ailleurs pour cela que les sculptures de Comtois ont un caractère profondément didactique.Cette aliénation quotidienne face aux produits de la technologie moderne, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, devient pour Comtois, artiste, une situation à enrayer.Au fond de tout cela il y a une aspiration à un nouvel humanisme: celui de l\u2019homme maître de son environnement.D'ailleurs Ulysse Comtois aime bien citer cette phrase de McLu-han: \"Le poisson ne s'intéresse pas à l'eau parce qu'il est dedans.\u201d L'échelle humaine est déterminante dans les sculptures de Comtois.Cette dimension normale de confrontation établit une relation de théâtralité avec le participant grâce aux phénomènes d'action et de reaction engendrés.C'est une sculpture pour l\u2019homme; a la mesure de l'homme.Elle sert de catalyseur qui donne l'impulsion première à tous nos processus analytiques et associatifs.Elle ne signifie rien sinon, encore une fois, son aspect didactique.Cette fonction, avouée pu non, a toujours été importante dans l'histoire de l'art.Un monde de Z~\u2018.l'artificiel Comtois tente d'atteindre à une coherence globale des idées, des procèdes, des matériaux, des traitements de surface etc.dans une simultanéité d'action propre à tout créateur.Nulle dichotomie n\u2019existe entre la théorie et la pratique de son art et de la vie.N'épouse-t-il pas le point de vue des cybernéticiens qui, abolissant le règne animal et végétal, connaissent le règne biologique, minéral et artifice).L'artificiel nous entoure de plus en plus depuis les temps historiques.Comment le nier?\t! Quinze ans de réflexion, de travail et d'expérience ont conduit UlySSe Comtois, depuis ses premiers montages cinématographiques au service des nouvelles de Radio-Canada, à se développer des facultés d'analyse où le mouvement et l\u2019organisation du temps étaient déterminants.Il dira: \u201cJ'ai l'impression avec mes sculptures, de faire du cinéma.\u201d On voit bien ce rapport avec le cinéma.N\u2019est-il pas une synthèse d'images fixes, de formats identiques, modulaires, mis en action par le mécanisme de la caméra au moment de la prise de vue?Le spectateur en fait une synthèse physique et psychologique.Le mouvement est donc entièrement une fabrication cortico-cérébralc du spectateur.La sculpture de Comtois est un cinéma en direct.Le spectateur devient son propre temps et non celui d'un mécanisme extérieur qui fonctionnerait à 24 images seconde.Ulysse Comtois est un de nos artistes méconnus.Il faudrait réparer celte injutiec.La portée de son oeuvre est trop étendue pour qu'on l'oublie.Fête et séduction \u2022 f .v ' Lise Gervais à la Galerie de Montréal.v ?f^.LiA LIGNE de rupture qui existe entre *~'les différents peintres abstraits de 7 \u2022 notre époque se situe à l\u2019intérieur \u2019 \u201cmême de leur peinture.On a toujours F \u2019 tendance à vouloir classifier sous le même attribut d'abstrait les oeuvres ; » de la plupart des peintres d\u2019au-'.* jôurd\u2019hui.S\u2019il y a abstraction ce n\u2019est certainement pas en art.Ce serait plutôt au niveau des structures mentales établies selon des critères reconnus par l\u2019histoire de l\u2019art traditionnelle.C\u2019est un grand malentendu de notre temps que de croire que la peinture s appréhende, dans sa totalité immédiate, sans aucune préparation.Toute forme plastique est une donnée bien concrète.De là tout est possible.Lise Gervais joue avec ces possibilités.Son actuelle exposition à la Galerie de Montréal ne manque pas d\u2019au-(lace.Elle s'est donné là toute une lètc! La couleur vive est la grande caractéristique de ses récentes oeuvres.Elle exerce un pouvoir de séduction dont il faudrait cependant se méfier.Le tableau est une grande architecture de taches et de coulées de pâte.Le dynamisme des oeuvres repose sur des oppositions et des rappels chromatiques variés qui vivent par les incessantes brisures qu\u2019occasionne le passage d\u2019un ton à l'autre.Il y a toujours une zone dominante dont la grande superficie crée une régie n de référence qui sert de lieu de départ vers tous les phénomènes accidentés du tableau.Cette zone est habituellement blanche ou rouge.La net- teté colorée des taches et des coulées soustend une volonté de structuration qui part d'un certain degré de conscience.On ne peut donc parler d'automatisme ou de gestuel pur.Les petits ilôts de couleur attirent davantage l\u2019oeil.Ils sont cernés de toutes parts et leurs relatives agglomérations s\u2019effritent, en rupture avec le tout.Les oeuvres de 1969, dont les gammes de couleurs étaient beaucoup plus limitées, nous démontrent clairement que l'oeuvre actuelle de Lise Gervais est au même point.Les articulations de base de ces anciens tableaux sont les mômes que celles d\u2019aujourd\u2019hui.Les variantes formelles n\u2019apportent guère de nouveau.La couleur, outre ce pouvoir de séduction facile (parce qu\u2019elle n'a aucune causalité provenant des structurations formelles de l\u2019ensemble), est une tempête honnête pour faire évoluer son oeuvre.Malheureusement celle-ci piétine sur piace.Attendons donc sa prochaine exposition.U n retour en arrière Lillian Freiman à la Galerie Dominion.POUR CEUX qui ne peuvent absolument pas entendre parler d'art non figuratif, je leur suggère une petite exposition qui se tient à la Galerie Dominion.C\u2019est la première exposition solo de Freiman au Canada depuis vingt ans.On sait qu\u2019elle est représentée par la galerie Knoedlcr à New York, Paris et Londres.Il s'agit là d\u2019un art extrêmement traditionnel qui s\u2019inscrit dans le style d'un Degas et d\u2019un Toulouse-Lautrec.LISE GERVAIS: \"Mon pays ce r.est pas l'hiver\".\u2019 ,s o'-ri.' Lillian Freiman Cette artiste de soixante-quatre ans s\u2019intéresse surtout aux scènes des salles de concert (avis aux mélomanes), des cirques et des familles chinoises de New York avec lesquelles elle eut de nombreux contacts.Même si certaines compositions sont très habiles, il n'en reste pas moins que l\u2019art de Freiman est anecdotique et dépassé.Art et laboratoire te Collège d'Art de la Nouvelle-Ecosse au Musée d'art contemporain.LE Collège d'Art et de Design de la Nou-elle-Ecosse nous présente, au Musée d\u2019art contemporain, les travaux de son atelier de lithographie.L\u2019amateur non averti risque d'être désemparé devant les recherches de ces jeunes artistes.La diversité des oeuvres exposées nous transporte d\u2019un univers à l\u2019autre.De l\u2019art figuratif d'un Philip Pearstein au plasticisme de Gene Davis, on parcourt les maintes tendances qui s\u2019épanouissent au sein du groupie.Art conceptuel, lyrisme, plasticisme, minimalisme, nouvelle figuration, tout y passe.C'est là une preuve de richesse et d\u2019ouverture d\u2019esprit du collège.Les oeuvres vraiment intéressantes et originales ne sont pas très nombreuses.Même si certaines pièces en soi ont un intérêt, on s'aperçoit que beaucoup de ces recherches ne sont pas nouvelles.Un John Baldessari, par exemple, écrit: je ne ferai plus d'art ennuyeux dix-sept fois.Cela constitue l\u2019oeuvre.Comment ne pas faire le rapprochement avec le Tout est art même l'espace qu'il y a entre vos orteils de l\u2019artiste Ben.Les nombreuses redites de l\u2019exposition, dans le sens d\u2019une conscience historique, n\u2019emp>êchent pas un Sol LeWitt, par la simplicité de ses travaux, d'attirer notre attention.Cet important artiste américain, minimaliste et par la suite un des j)ères de l\u2019art conceptuel, en juxtaposant la description de scs procédés de création avec l\u2019exécution, pose le phénomène de la création en tant que problématique: un effort pour arriver à cerner méthodiquement les infinies possibilités de l\u2019artiste.On a l'impression, avec le Collège d\u2019Art et de Design de la Nouvelle-Ecosse, d'ètrc en présence d'un grand laboratoire d'art.A quand une telle entreprise au Québec?Vivre une expérience Oeuvres de Michel Labbé au Musée d'Art Contemporain.DEUX ANNEES d'étude à Londres, de 1968 à 1970, ont permis à Michel Labbé de Taire connaissance avec un milieu très dynamique de l'art actuel.C'est d'ailleurs là-bas qu'il commença à peindre ses tableaux découpés de grand format.La grande dimension des oeuvres est nécessaire pour la création d'envi- ronnements qui soulignent une des préoccupations fondamentales d u jeune artiste de Québec: la communication avec le public.L'idée n\u2019est pas nouvelle, bien sûr, mais la griffe (passez-moi le terme) de Labbé apporte un langage tout à fait saisissant.L'ensemble des oeuvres exposées forme un tout, grâce aux liens qu'établissent entre elles les formes intérieures et extérieures des toiles.Une couleur tout à fait liée à la vie moderne, presque commerciale.Cette entreprise de démystification des oeuvres passées qui remet en question l'idée du tableau unique crée un type de relation avec le public qui tend à simplifier les choses.\"Les gens ont encore peur de la peinture\u201d, me dit Michel Labbé.Il voudrait en quelque sorte tenter de résoudre ce problème de communication.C\u2019est un peu une réaction contre l\u2019abstraction lyrique qui est un art un peu trop intérieur pour Labbé et qui, toujours selon lui, fait obstacle à la communication.Son oeuvre, c'est ce que nous voyofîs, pas plus.Il y a autant d'appréhensions possibles que de spectateurs.Pour Labbé, deux mois de vacances en Grèce ont marqué son être.Il ne refuse pas que l\u2019on associe les formes inscrites sur les temples à ses motifs picturaux, mais à condition de ne iras y chercher là le sens profond de son oeuvre.Ajoutons que ces inscriptions l'ont bouleversé et qu'elles constituent l'élément de mystère de son oeuvre, provenant des temps anciens de l'iju-manité.Tout cela semble vouloir débouclîer vers une certaine forme d'art conceptuel que Michel Labbé pressent mais dont il ne sait encore rien.C'est ,\u2018sâ grande disponibilité qui lui permettra d'aller plus loin et de relever ce défi de rendre l'art presque utile pour qjie l\u2019on puisse s'en servir dans le sens d'une expérience quotidienne vécue.«-.' G.;T: Exposition de peintures chinoises de la Dynastie Ching du XVIe siècle, et de Byng Lee et Wong Shiu Chang.Jusqu\u2019au samedi 15 avril.EATON KSâsi fiTON FOYER DES EXCEPTIONNEL » Grandes enchères de toiles sélectionnées en Italie auront lieu mercredi soir le 5 avril à 20 , h.à la mezzanine des appartements \"Les Dauphins\", 3535/rue'Papineau.\u2014 Place.limitéeTConfirmé prësènce des lundi entre 9 h et 1 7 h, 282-4525 CONDITIONS: ARGENT COMPTANT pÉÈJ\t \t EXPOSITION ULYSSE COMTOIS DU MARDI AU SAMED110 A B 1 490 fbtookc Ouosl Menuëal'109.' 931 5p41 ESTAMPES CONTEMPORAINES DU 4 AU 22 AVRIL \u2014^\t.Ado,r Appel.B.issieté.Feito H.utunqJVT\u201css«\tv iMbraüRëàl» c&pucaLe de gastronomie en -AmëRioue I ?99 "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.