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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
C. Arts et lettres
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1972-09-30, Collections de BAnQ.

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Je ne répondrai pas.Il est pourtant des oeuvres qu\u2019après coup, nous ne pouvons lire ou aborder de la même façon que si.\u201cLa marée du soir\u201d en est une, comme sont de la toute fin d\u2019une vie \u2014 et cela sc sent \u2014 des créations telles que les premières parties du \u201cRequiem\u2019\u2019 de Mozart, l\u2019\u201cAndante religioso\u201d d u Concerto no ?pour piano de Bartok, la sonate en do mineur de Beethoven et cc lableau de Borduas \u201cL'étoile noire\u201d.Des oeuvres décantées, à la texture très ténue, fruit d\u2019un suprême effort de simplification des moyens, de sincérité, de vérité.comme ce moment du livre où, à trois heures du matin, pendant un \u201clong malaise\u201d, Montherlant écrit que \"voici venu le moment de cesser toute plaisanterie\u201d.Quelque part en 1953: \u201cAutour de moi, quand je serai pour mourir, pas de fleurs bourgeoises.Mais que les fleurs soient tous ces visages que j\u2019ai eus, qu\u2019ils soient sur ma bouche, sur ma poitrine, sur mon lit: étouffé de visages.Sur ma bouche, le dernier connu d\u2019entre eux, le nouveau, avec, comme certaine fois, son noir regard brillant.\u201d (p.31).Plus tard, en 1970: \u201cReste lé dernier visage que je me représenterai, avant que mes yeux ne se vitrifient.Grande curiosité: de qui sera ce visage?Visage possédé?Non possédé?Mais peut-être qu\u2019on ne peut se souvenir de visages, à ce moment-là\u201d (p.102).La marche de la vie fait-elle ralentir le rythme de l\u2019écriture?Il y a 44 pages de \u201cCarnets\u201d pour 1968, 22 pages pour 1969.18 pour 1970 et 56 pour 1971.Mais c\u2019est dans cette dernière année que semblent se faire plus nombreuses les quelques corrections de tir fil n\u2019y a pas de grandes revisions).Ainsi, \u201cLe goût de la justice est peut-être le sentiment le plus robuste et le plus constant qui ait été et qui soit en moi\u201d (p.116).Puis: \u201cJe n\u2019emploierai plus jamais le mot amour, mais les mots désir tendre\u201d (p.138).Puis: \u201cIl n\u2019y a que deux vertus: la justice et le la charité\u201d (p.153, dix avant ia fin du livre).Puis, peu à peu, le détachement.Quelque part en 1971, sans date, une liste des ouvrages qu\u2019il aurait écrits, \u201csi j\u2019avais consacré un plus de temps à mon oeuvre, au lieu de le consacrer «à la vie privée\u201d.(Une vie de Malatesta, un livre sur \u201cla bestialité: amour (quelquefois partagé) de l\u2019homme pour un animal.\u201d, un autre sur les chansons de geste françaises, une pièce sur saint Louis et, \u201cplutôt une thèse\u201d, un livre \u201crelativement court\u201d sur \u201cle sentiment chevaleresque chez les anciens Romains\" et enfin, un livre sur les samouraïs).Un tel détachement que Montherlant nous donne la source de maintes réparties contenues dans son théâtre, et qui lui ont été fournies non par l\u2019inspiration mais par la vie réelle.De là à donner maintenant dans ces Carnets la parole à beaucoup d\u2019a u t r e s êtres anonymes.C\u2019est ici que Montherlant révèle le nombre de lettres qu\u2019il reçoit de jeunes gens de moins de 25 ans, par rapport à ses correspondants plus âgés, l\u2019autre extrême les faisant classer parmi les.grand\u2019mères.\u201cOn leur a retiré toutes leurs raisons de vivre; depuis combien d\u2019années?Ni \".beaucoup d'amour\" Q.\t\u2014\"Quelle conception vous faites-vous de votre métier d\u2019écrivain\" ?R.\t\u2014\u201cMes romans et mes pièces sont basés sur une seule conception: voir la nature humaine aussi profondément que je le puis, et la décrire telle, sans parti pris ni d'artiste ni d\u2019homme, je veux dire: sans noircir mes personnages ni les embellir mais en les faisant étroitement \"mêlés\u201d et contradictoires comme ils le sont d\u2019ordinaire dans la vie\u201d.Q .\u2014\u201cC e 11 e conception semble c o ïn c i d e r avec celle des grands auteurs classiques: Corneille, Racine, Shakespeare.Pensez-vous être un auteur classique\u201d ?R\u2014\u201cEn vérité, je ne me suis jamais demandé si une telle conception était \"classique\u201d ! Je n'ai même jamais arrêté mon esprit cinq minutes sur le mot \u201cclassique\u201d pour lui trouver une définition .\u201d Q.\u2014\u201cOn a appelé votre théâtre: \u201cle théâtre de la grandeur\u201d \u2014 D\u2019aucuns cependant lui reprochent sa \u201cdureté quasi inhumaine\u201d.Que pensez-vous de ces deux jugements\u201d?R.\u2014\u201cEn effet, le public a vu presque uniquement, ou de la dureté ou de la grandeur chez mes personnages.parce que ces sentiments sont peu exposés dans l'oeuvre de fiction contemporaine : la grandeur n'est pas à la mode, et la dureté, un autetn-iiïP site à la mettre trop âpre dans un de ses personnages, de crainte que le public ne confonde ce personnage avec lui.Cependant, dans mon oeuvre, l\u2019homme est montré dans ses petitesses autant que dans sa grandeur, dans sa faiblesse autant que dans sa dureté, et passant souvent de l\u2019une à l\u2019autre avec une rapidité déconcertante .Q.\u20141\u201cLes sujets de vos romans sont pris dans le monde contemporain, ceux de vos pièces la plupart du temps, dans le passé.Pourquoi cette différence\"?R\u2014\u201cEn fait, il n\u2019y a pas de différence, sinon superficielle entre ces deux sortes de pièces.Toutes deux ne visent-elles pas à montrer par les mêmes moyens des mou- vements de l\u2019âme humaine.La véritable actualité est ce qui est éternel\u201d.Q.\t-\u201cVous dites avoir voulu peindre l\u2019homme dans sa grandeur comme dans sa faiblesse.Mais la sensibilité ne vous semble-t-elle pas secondaire\"?R.\t\u2014\u201cAu contraire: je ne crois pas en effet qu\u2019aucun auteur français contemporain n\u2019ait mis plus de sensibilité que moi dans ses rornans-ou ùtius-ses pieces.Aussi mon oeuvre de fiction me parait-elle une oeuvre essentiellement humaine.\u201cMais une oeuvre humaine n'est pas une oeuvre où l'on prêche l'amour de l'humanité ! Elle est celle qui montre le plus de sentiments humains sur une échelle allant du meilleur au pire, et qui montre d\u2019autre part que cette échelle se retrouve presque toujours dans le même être, qui ainsi se trouve finalement \"sauvé\" au sens religieux du terme.\u201cEn vérité, pour écrire cette oeuvre, croyez-moi, il a fallu à l\u2019auteur beaucoup d\u2019amour pour ses personnages.Il lui a fallu aussi beaucoup de respect pour son public\u201d.Propos recueillis par Régine PHILIPPE-BAILY nos Beaux Dimanches Miroir de Gilles Vigneault (en couleur) éWNapv'rt sa»**», ¦ '' .-.-\u2022 ¦'-H?; Consacrée à l\u2019un de nos plus grands poètes de la chanson, cette emission nous racontera la vie et la carrière de Gilles Vigneault.Il tnterpretra onze chansons et de nombreuses personnalités lui rendront hommage.Une realisation de Roger houmier.Le dimanche 1er octobre a 19h30 on regarde ierïlbeaùx imarîcH^S?- -\u201cY HHK \u2022i* * H «k ' » B.E 4*X *¦3 tri J *¦* \u2022* ^ M instruits, ni élevés, toujours bernés, toujours exploités, toujours dirigés en tout vers le pire, et lemeilleur à leurs yeux discrédité.Et eux-mêmes sans défense, bien sûr, fors quelques-uns\u201d, écrit-il en 1971 (p.123 et suiv.).Un Français de 15 ans écrit du sud-est de l\u2019Asie : \u201c.Je fais part de mes résultats scolaires à tous les professeurs que j\u2019ai eu en France durant le premier trimestre.Je me permets donc de vous écrire car je vous considère comme un de mes professeurs\u201d.Un autre, même âge, dit : \u201c.J\u2019ai déjà perdu beaucoup de temps de ma vie à ne pas apprendre à mourir.\u201d Montherlant commente: \u201cJ e pourrais lui répondre que.deux jours après avoir reçu sa lettre, sans penser à elle, sans la moindre réminiscence, du moins consciente, j\u2019écrivais ceci: \u201cJe ne vais pas perdre mon temps à regretter de devoir mourir.\u201d Puis, toujours en 1971.le moment est venu, à partir du \u201cmot\u201d d\u2019un enfant passé dans \u201cLa ville dont le prince est un enfant\": (\u201cQuand j\u2019entends dire du mal de toi, je ne le crois jamais\u201d) de faire lin florilège des \"paroles qui m\u2019ont le plus touché au long de ma vie\u201d.L\u2019une est attribuée à un étudiant de 24 ans et remonte à deux ans auparavant: \u201cDe combien de souffrances il nous faudra payer l\u2019avènement d\u2019une société inférieure\u201d et l\u2019autre est la parole de Lyautey rv.nn.-qnt ¦\t\u201c P m p u r F de la France\u201d \"T77.me-me si le hasard fait que mon oeuvre s\u2019arrête pour toujours sur d\u2019autres mots, ce sont ceux-là qui, moralement en auront été les derniers.(14 janvier 1971)\u201d).Non, je n\u2019avais guère, jusqu\u2019ici, analysé ce qui me porte vers l\u2019homme et l\u2019oeuvre.Or c\u2019est la lettre à Montherlant d\u2019un garçon de 15 ans qui, merveille, m\u2019aide à comprendre: L\u2019homme lui est un modèle, un \u201cgardien\u201d, un \u201cexemple\u201d \u2014 cc à quoi Montherlant répond: \u201cVous vous récriez, mais cela vous porte à vouloir être ce qu\u2019il pense que vous êtes.11 y a endosmose.Vous le faites, dit-il, devenir meilleur.Et lui, il vous fait devenir meilleur.\u201d C\u2019est à ce garçon exemplaire (le même qui considérait avoir perdu trop de temps à ne pas apprendre à mourir) que le courrier apportera une lettre de Montherlant \u2014 un bonheur par ailleurs refusé à une lectrice de Bruxelles qui rapplique cinq fois pour un autographe ! Une lettre où, après avoir cité Socrate (\u201cJe ne sais qu'aimer\u201d).Montherlant différenciera ainsi la mort des égoïstes et l\u2019autre: \u201cLa mort de celui qui aime un seul être, et en mourant le laisse plus ou moins abandonné : mm m m*- wM Été'?; - \u2022:.V.« ¦ o- Montherlant et l'alchimie do théâtre Montherlant est mort.Son suicide le rapproche des stoïciens de l\u2019Antiquité qu\u2019il avait tant étudiés et admirés.Fin tragique, serait-on tenté d\u2019écrire, en employant une expression consacrée mais -rtrSrTrhtcn niuucqucUC, pUlSljUU cette fin se situe au-delà de toute tragédie dans la logique d\u2019une pensée et d\u2019une vie.Du reste, l\u2019oeuvre littéraire de Montherlant est assez considérable pour assurer sa postérité et nous dispenser des considérations funèbres moralisantes.\u2022 Son oeuvre théâtrale, pour une, quand on veut bien l\u2019examiner sans passion et ni préjugés, contient quelques joyaux de première grandeur qui resteront sûrement au répertoire.Personnellement je tiens \"La Ville dont le prince est un enfant\u201d (pièce écrite en 1951 et jouce au théâtre Michel en 1968) pour un pur chef-d\u2019oeuvre et pour l\u2019une des cinq ou six grandes pièces écrites au cours des 50 dernières années.Représentant d\u2019un courant théâtral axé sur les composantes littéraires plutôt que \u2014 car nous sommes tous plus ou moins abandonnés \u2014 est la mort ia plus cruelle.On souffre d\u2019abandonner, et on souffre de sa crainte pour ce qu\u2019on abandonne.\u201d Après quoi peut partir cette boutade sur le suicide: \u201cTous les suicidés (qui ne se sont pas ratési sont d\u2019accord là-dessus.Nous avons fait ça trop tôt\u201d (p.119).D\u2019accord moi aussi.sur la théâüté, l\u2019auteur de \"Port - Royal\u201d, du \"Maître de Santiago\u201d, du \u201cCardinal d\u2019Espagne\u201d, de \"La Guerre civile\u201d, de \u201cFils de per-soiuie\u201d et de \"Celles qu\u2019on prend dans ses bras\u201d, Mon- meriani aura etc u une con- stante fidélité à son crédo stylistique (clarté, précision, simplicité) et à ses interrogations intérieures.Ces deux aspects de son oeuvre théâtrale apparaissent en pleine lumière dans un livre publié cette a n n é q chez Gallimard.\"La tragédie sans masque\" contient des notes inédites de Montherlant sur le théâtre en général et sur le sien en particulier.C\u2019est une sorte de testament théâtral.Pourquoi parler encore de ses ouvrages?Montherlant s\u2019en explique dans une petite note imprimée sur le rabat de la page couverture: \"Mais, entre la gestation, la création, les reprises sur la scène ou à la télévision, un auteur a de multiples occasions de repenser à ses personnages et de réfléchir sur eux.surtout s\u2019il a créé les principaux d\u2019entre eux de sa chair et de son sang.S\u2019ils supportent la réflexion, c\u2019est qu\u2019il a mis en eux de quoi la supporter.(.) L\u2019autocritique des auteurs, même quand ils sc trompent en jugeant leurs oeuvres, a une importance égale à celle de ces oeuvres\u201d.Cette autocritique poursuivie pendant plusieurs années apporte un éclairage nouveau sur les messages que l\u2019auteur a voulu ou espéré faire entendre de même que sur les êtres sortis de son imagination et chargés de les véhiculer.\t\">\u2022: Et au hasard d\u2019une série de notules, dans le chapitre consacré à \u201cPortRoyal\u201d, Montherlant livre peut-être un résumé frappant de son théâtre: \u201cJe suis arrivé à créer l \u2019émotion avec des problèmes ihéologiques.une langue surannée, et de la litote\u201d, (p.165)\".C\u2019est la même admirable lucidité qui lui fait écrire en réponse à la question de savoir pourquoi lui.un écrivain athée, s'obstine à écrire des pièces à sujet catholique: \"Un sentiment très fort, obsédant.de l'inanité, de l'Inutilité et de l\u2019absurdité de presque tout m'a dominé depuis ma jeunesse: je l\u2019ai es-orinn\u2019' à vingt-trois ans dans certaine page du \"Songe\u201d, puis dans \u201cAux fontaines du désir\u201d, puis dans \u201cService inutile\u201d.(.) Ce n\u2019est pas une vue du monde bien originale: c\u2019est celle de l\u2019Ecclé-siaste: seulement, je la vis.J\u2019aime mettre en scène des gens qui sont morts au siècle.ou qui aspirent à l\u2019être: (.) Cette dispositon est appelée par les chrétiens le \u201cmépris du monde\u201d, et elle est essentielle chez tout chrétien digne de ce nom\u201d, (p.92).\"Créer l\u2019émotion\", voilà bien le secret de la dramaturgie de Montherlant.Même les gens les plus prévenus contre une certaine forme de rhétorique et de littérature ne peuvent pas être insensibles à cette qualité d'émotion à laquelle on atteint dans les scènes capitales de \u201cPort-Royal\u201d ou de \u201cLa Ville dent le prince est un enfant\u201d.A une époque qui supporte mal les grands débats intérieurs, qui s\u2019accroche au baroque comme à une bouée de sauvetage et qui cultive pour eux-mêmes l\u2019obscurité, le farfelu et la dérision, Monther- | lant aura retrouvé envers cl contre tout l\u2019alchimie mystérieuse qui est le fondement de l\u2019acte théâtral, laquelle précède et dépasse toutes les écoles, les théories, les anathèmes et les exclusives.Martial DASSYLVA livres québécois Glossaire de la critique littéraire contemporaine, par Marc A n g e n o t, 117 pages.Editions HMH.L'anticléricalisme dans le roman québécois ) 1940-1965).par Claude Racine, 233 pages, Editions HMH.La vie sexuelle des adolescents, par Nicole Sen-tilhes.préface de Jean-Yves Desjardins, illustrations.192 pages.Editions La Presse.Prix: $3.95.La dernière bataille, par Reggie C h a r t r a n d.262 pages.Editions Parti Pris Prix: $3.25 Le bison ravi, par Patrick Straram.250 pages.Editions L\u2019Hexagone.La Scouine, par Albert I,aberge.roman.131 pages.Editions l\u2019Actuelle.Hervé Filion : millionnaire du sport, par André Tru-d e 11 e.illustrations.176 pages.Editions La Presse.Fischer-Spassky 1972 (les 21 parties de Reykjavik) commentées par Jacques libelle et Gilles Brodeur, 128 pages.Editions Guérin.La démocratie à mon.tréal ou le vaisseau do»\", par Marcel A dam.270 pages.Editions du Jout Pm $3 50.Trudeau, le paradoxe, par \\nthony Westell.X3 pages Editions de l\u2019Homme.Prix: $5.00.La dyslexie, par Lucie de Vienne, 204 pages.Editions Leméac.A l'indienne, par Bernard Assiniwi, 207 pages.Editions Leméac.Mythes et rites chez les Indiens montagnais, par Yvette Barriault, 165 pages.La Société Historique de la Côte Nord.livres pour enfants Ma chambre à \"noos\", par Quentin Deletaille.images d\u2019Albcrtine Deletaille, Editions Flammarion.Au - delà du soleil, par Jacques de Roussan, gravures de Luc Benoit, I,cs livres Toundra.Les silences de la Croix-du-Sud, par Daniel Pilon, 77 pages Editions l\u2019Ac-tuelle.Prix: $1.09.La terreur bleue, par Lucie Gingras, 91 pages.Editions L\u2019Actuelle.divers Harrap't New Standard French and English Dictionary, par J E Mansion.E.iiions Clarke.Irwin et t.\u2018¦ l.r.ued.Toronto Prix *24 « Irving, préface de George Bailey, 386 pages.Popular Library, New York.Tout compte fait, par Simone de B c a u v o i r, 513 pages.Editions Gallimard.Watchers of the Pond, par Franklin Russell, dessins de Robert W.Arnold.265 pages.McClelland and Stewart Limited.La guerre révolutionnaire, par Général Beaufre, 305 pages.Editions Fayard.La nuit d'où je viens, par Gustave Santer, 200 pages.Editions Fayard.Le manuel de l'analyste en informatique et de l'organisateur, par Hubert de Fays, 150 pages.Editions.loma.Masques et visages du spiritualisme contemporain, par Juiius Evola, traduit de l\u2019italien par Pierre Pascal, 307 pages.Editions de l\u2019Homme.Prix: $5.00.The Barn, par Eric Arthur et Dudley Witney, illustrations.256 pages, McClelland and Stewart Limited.DAWSON COLLEGE CAMPUS ViGER 535 est, rue Viger COURS DU SOIR Programme d\u2019études de SCIENCES OCCULTES EN FRANÇAIS Lundi; 7 a 10h p.m.\u2022 salle 3056 Etudes théoriques et pratiques DE L\u2019HYPNOTISME ET DU MAGNETISME HUMAIN Mercredi: 7 a 10h p.m.- salle 5050 Introduction a l\u2019étude des SCIENCES OCCULTES ET A L\u2019ESOTERISME Pnt du murs S 61 INSCRIPTIONS ET DEBUT DES COURS Lundi J.octobre a / p m S 3056 Vrrcrcd' 4 octobre A 7 p m.S 5050 Renseignements: 931-8731 1 Service, pur !)a\\ id LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 30 SEPTEMBRE 1972 C 3 Eh ben?Hum».¦ Ouais! par Réginald 'Martel L'EMMANUSCRIT DE LA MERE MORTE, roman, par Emmanuel Cocke, 236 pages.Editions du Jour, Montréal, 1972.\t.\t.\t.ET DIEUBLE DIT : \u201cJe ne suis pas un héros des tragédies antiques, j\u2019ai la netteté des choses sans passé.\u201d En page quatre-vingt-cinq, le personnage principal révèle sa parenté d\u2019ailleurs avouée avec Emmanuel Cocke venu d\u2019où?Je ne me rappelle plus trè3 bien: à la fois des Etats-Unis et d\u2019Europe, je pense, d\u2019ici aussi et certainement du bar le plus près.Ce Dieùble de Cocke ferait partie de ces errants, hommes orbitant autour d\u2019une planète qu\u2019ils semblent tenir dans le creux de la main, qui choisissent la Terre-Québec ou que celle-ci choisit et tout cela devient une assez belle histoire d\u2019amour qui sans doute se terminera mal, au moment où les amis et les amantes dormiront, ou penseront à autre chose, et se ressaisissant on verra ensuite, plus tard, que la bohème n\u2019est joyeuse que par choix, qu\u2019elle ne tripote pas le bonheur à sa guise et que le plus souvent elle n\u2019a de chantant que son chant très beau, très gratuit et très pur qui encore et toujours fait rigoler les salauds, sérieux ou très très sérieux, qui croient agir sur cette même planète qu\u2019un poète tient au creux de sa main et caresse, quand il pourrait bien la bouffer, pomme véreuse pour faim pas regardante.Dieuble dit encore: \u201cUn écrivain véritable c\u2019est quelqu\u2019un ou quelqu\u2019une dont l\u2019écriture est un cocktail explosif, dont chaque mot est un siège éjecta-ble pour le regard, et qui respiré avec des accents graves, aigus, ou circonflexes.Je ne suis pas un écrivain véritable mais plutôt un melting-pot ambulant de sensations audiovisuelles, sorte d\u2019espace extra-terrestre contrôlant tout.Je n\u2019écris plus, je fil-mécris, et seule la littérature totale me capte.Mais ceci est un secret entre moi et moi, je suis le centre d\u2019un cercle dont le diamètre est élastique.\u201d Le credo littéraire de Cocke tolère toute ambiguïté, l\u2019exige même, puisque rien dans ce roman n\u2019est linéaire, puisque tout se présente plutôt comme une mer minée, aux contours indéterminés, aux profondeurs variables; les mots sont les pièges qui attrapent le filmécrivain puis le relâchent dans la vague où il sera piégé un moment encore, séduit et cherchant à séduire mais sans insister, comme si l\u2019essentiel était ailleurs, dans l\u2019ambiguïté enfin devenue totale et singulière.\"Filmécrire\" : une intention \"L'Emmanuscrit de la mère morte\u201d appartient à l\u2019écriture-action.C\u2019est un livre sans avenir, sans guère de passé, conçu comme création immédiate pour consommation immédiate.Malgré les apparences du fantastique, les aventures extraordinaires de Dieuble ressemblent beaucoup aux gestes ordinaires de la vie ordinaire, en ce sens que cause et conséquence échappent à toute analyse logique.La conti- EMMANUEL COCKE Un melting-pot ambulant.nuité est par définition absente et les personnages apparaissent et disparaissent au gré de Dieuble, héros et auteur, maître de tous ces destins suscité par la seule magie d\u2019un jeu verbal qui, au-delà du jeu de mots, devient un grand jeu fou aux rites bizarres, empruntés à la fois aux actualités, à la réclame, aux écrits des autres et, bien sûr, au hasard: \u201cJe con- photo Anfeln» Défiler* trôle tout ce qui vous semble contrôlable et surtout ce qui est incontrôlable.Si jamais je rencontre des dieux ou des déesses travaillant dans la même optique, je jure de fonder la première Ecole de la Tendresse, mais je jure en crachant, n\u2019étant pas un politicien en mal d\u2019être élu, et préférant être président-directeur-général et seul membre des associations d\u2019idées de mon moi.\u201d L\u2019écriture-action, qui est une expression exacerbée de la sensibilité contemporaine, trouve pourtant assez difficilement son cheminement heureux dans la conscience des lecteurs, qui acceptent mal, semble-t-il, qu\u2019un moyen d\u2019expression généralement aussi rassurant que l\u2019écriture se prête à autre chose qu\u2019à la répétition des oeuvres du passé ou, aussi bien, à l\u2019expérimentation littéraire pour elle-même.On craint l\u2019impossible, c'est-à-dire l'éclatement des formes les plus intimes de l\u2019expression.Cet éclatement n\u2019est en réalité qu\u2019une intention et le mot \u201cfilmécrire\u201d, comme d\u2019autres néologismes du genre, rend plus compte d\u2019une attitude ouverte vis-à-vis des formes générales qui sont celles du roman, par exemple, que d\u2019une révolution artistique qui prétendrait réunir simultanément tous les arts pour enfin les dépasser.Le travail de Cocke est un peu celui d\u2019un artificier qui ne préjugerait pas du spectacle qu\u2019offriront ses pyrotechnies.On y trouve beaucoup d\u2019automatismes, nés d\u2019une machine que rien en particulier ne vient régler, que tout affecte et qui est par conséquent presque toujours imprévisible.L\u2019écriture immédiate est une sorte d\u2019ersatz de la vie immédiate.Quand Dieuble se fait homme Les limites de la réalité étant ce qu\u2019elles sont, ce sont les limites admises du rêve que l\u2019écriture de Cocke tend à étendre.En fait, cette démarche est essentiellement poétique, même si le réalisme oc \u201cl\u2019Emmanus-crit de la mère morte\u201d est poussé aussi loin que le fantastique qui l'enveloppe.Parce qu\u2019il présente peu d\u2019évidences rassurantes, ce genre de livre ne peut séduire qu\u2019une fois, et encore.Je constate pour ma part que toute image, s\u2019use et que la relecture de ce t ¦è'- -44-,i p -
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