Le soleil, 3 novembre 1979, Perspectives
[" Moém CES NOUVEAUX FOUS VOLANTS RAGE 12 ¦ ** » V?UN HOMME QUI A RÉUSSI RAGES- VjisHf EDUCANIMA, « DE DÉMYSTIFIER LART LA FEMME ET L\u2019ORIGNAL JLVJjU l \tHE i w^ÊÈÊÈÈÊ\t! K^jBr j |§'\t& ill\tV Puts: Santé et Bien-être social Canada considère que le danger pour la santé croit avec l'usage-éviter d\u2019inhaler Moyenne par cigarette-Format King Sue; \"goudron\" 16 mg.nicotine 11 mg Format régulier, \"goudron\" 14 mg nicotine 0.9 mg.* vkucap fi*.4**'4*.Player's Une Players x>ur ¦:on temps Régulier et King size êry- r, r jrt, V4 PAR RAYMONDE BERGERON____________________ Bien sûr, il est coiffé d'un titre tout à fait ronflant, celui de «fondateur et président directeur général» Et les étiquettes qui visent à le définir officiellement éclaboussent, au départ, les pauvres profanes que nous sommes.Parce qu'on a beau dire, un spécialiste en technologie photographique, ingénieur en construction mécanique et électronique, inventeur dans le domaine optique de la machine reproductrice de microfilms la plus précise au monde, tout ça doublé d'un génie des affaires, ça invite au respect! Mais (ô joie débortande!) la barbe blonde qu'il porte magnifiquement n'a rien d'une «vieille barbe».Les 35 millions de dollars qu'il fait mijoter annuellement au profit de l'entreprise Direct Film n'ont pas terni non plus l'éclat de ses yeux bleus qui pétillent d'humour à la première occasion.Communicateur, Adrien Castegnier l'est de toute évidence.Avec cette audace positive d'un homme qui a une certaine habitude du succès, mais en contrepartie, avec une prudence lucide qui s'acharne à garder contact avec la vie quotidienne, la famille et les aspirations réelles de l'ensemble des Québécois.D'autant plus que la réussite de son entreprise se trouve essentiellement redevable à l'efficacité du service démocratique qu'il a lui-même mis sur pieds, il y a près de vingt ans.C'est en conciliant les intérêts de la masse (aux dépens des amateurs sophistiqués de photographie) et ceux de l'entreprise qu'il a pu affirmer la rentabilité de Direct Film contre vents et marées.Aussi se doit-il de considérer sans relâche les mouvements de foule et les grands courants d'évolution technologique.INVENTEUR INTARISSABLE D'origine belge, ayant vécu en France et en Allemagne au moment de ses études Adrien Castegnier s'est amené comme un cheveu sur la soupe au Canada en 1957 avec 25 dollars en poche pour tout capital En fait, il aurait aussi bien pu rebondir au Brésil, mais le service canadien chargé d'émettre les permis d'immigration devait gagner le marathon.Dans sa tête, à l'époque, ferraillaient une rigueur scientifique, des élans d'aventurier, le désir d'une carrière de cinéaste, un goût de réussite et une soif de liberté, d'indépendance.«)'ai cherché du boulot dans le film, se souvient-il.Mais l'industrie cinématographique se trouvait à l'état embryonnaire, en ce temps-là l'ai essayé, comme tout le monde, de me brancher sur la vache à lait que représentait Radio-Canada, mais ils n'ont pas voulu de moi.Alors je suis retourné dans les laboratoires de photographie que je connaissais bien à titre de directeur de production Mais, après quelque temps, j'ai compris qu'ils n'avaient pas le concept du marché de la photocouleur comme cela existait en Europe depuis plusieurs années.Alors là, ç'a été la piqûre, j'ai décidé qu'il me fallait démarrer un labo!» «Pas d'argent, pas de suisse», affirme le dicton.Mais avec un ami ingénieur chimiste, Patrick Le Gall, il allait convaincre Robert Vachon, chef d'entreprise, de plonger dans le bain d'acide et d'investir d'abord dans la fabrication d'équipement photographique avant de lancer l'opération «camera shop» via les pharmacies et tout le tralala.«La plupart des opérations, en photographie, se déroulaient manuellement, en 1961, explique Adrien Castegnier.Il s'agissait donc de former une chaîne automatisée si on voulait atteindre la rentabilité, l'ai alors fabriqué dix-sept types différents d'équipement.On n'a rien acheté.Agrandisseuses, machines à développer automatiques, tireuses, tout a été fabriqué ici.On s'est inspiré de machines qui existaient déjà aux Etats-Unis et en Europe mais on a également perfectionné et créé plusieurs machines originales assez formidables qui nous servent encore aujourd'hui.«L'invention a toujours été et demeure mon principal centre d'intérêt.Bien sûr, avec le temps, j'ai perdu de Photos Pierre Gaudard vue mes ambitions initiales et je me suis laissé coincer dans les rouages de l'administration et du marketing.Obligatoirement.Mais je me propose de revenir à la création sur une base industrielle.Et au plus vite!» Selon Adrien Castegnier, le génie inventif, c'est une question d\u2019hérédité\u2019 Son père, qui était dentiste, avait fabriqué une fronde destinée à couler l'or, en rapport avec les prothèses dentaires.A l'âge de 12 ans, fiston fabriquait lui aussi sa propre agrandisseuse de photos et son frère, Guy, aujourd'hui directeur du Service d'électronique à Direct Film, s'est illustré de façon remarquable dans l'application électronique et la mise au point technologique.\u2014\tEt le sens des affaires, c'est aussi héréditaire?\u2014\tÇa n'est pas héréditaire.Dans ma famille, il n'y avait pas de commerçants et mon père rêvait de me voir dans la peau d'un dentiste.Mais je crois que la perception du commerce, c'est inné.|e l'ai toujours eue.Pour gagner mes études, je vendais des photos de reportage; j\u2019ai fait de la photo industrielle et j'avais le sens de la vente.Et je dis que ça ne s'apprend pas, c'est un instinct.En tout cas, je n'ai jamais vu quelqu\u2019un dépourvu du sens des affaires l'acquérir par la suite Moi, je peux très rapidement sentir quand un produit va susciter ou non une demande |e ne sais pas pourquoi et comment, c'est comme ça.BAGARREUR CORIACE \u2014\tVous n'avez jamais essuyé d'échecs de ce côté-là?\u2014\tDes échecs irrémédiables, non.Mais j'ai dû me réorienter plusieurs fois.Dans la fabrication d'équipement, dans la recherche, j'ai connu des échecs très souvent, dans ce sens que l'idée de base est bonne mais les moyens pour parvenir aux fins sont multiples II faut parfois essayer vingt-cinq chemins différents avant de trouver le bon.Mais il ne faut pas s'entêter quand on Suite page 4 3 novembre 1979 - 3 Quand le grand patron s'arrête à l'un des 250 magasins Direct Film sent qu'on vient de commettre une erreur.On doit rebrousser chemin rapidement.Par exemple, au tout début, Direct Film est allé chercher sa clientèle dans les pharmacies.On a connu une réaction extraordinaire, violente.Cependant, les grandes compagnies qui détenaient jusque-là le monopole ont sorti leur artillerie lourde pour nous combattre.Ce fut la «guerre du pourcentage au pharmacien», une escalade qui, à la fin, lui apportait 55 p.c.d'escompte.On allait y laisser notre chemise, mieux valait lâcher On a changé de cap et offert 50 p.c.d'escompte à la clientèle plutôt qu'au pharmacien en lançant notre fameux système postal à l'ensemble du Canada.C\u2019était en 1963.On a connu de nouveau un résultat formidable.Mais en 1968, c'était l'interminable grève des postes qui nous démolissait à zéro.Il fallait encore se retourner.C'est là qu'on a ouvert la chaîne des magasins et notre propre système de livraison Alors vous voyez.\u2014\tVous êtes un bagarreur coriace?\u2014\tLes luttes commerciales que j'ai connues ici ne rejoindront ïamais les difficultés qu'on a dû vivre en Europe au moment de la guerre parce que là, la guerre démolissait les individus.D'ailleurs, ces difficultés que j'ai connues après la guerre ont fait en sorte que j'ai développé ce sens des affaires dont on parlait tantôt le l'avais de façon innée.Mais encore fallait-il une bonne raison pour m'inciter à puiser dans ce réservoir.Si j'avais vécu une enfance plus ouatée, je me serais probablement contenté de réussir dans la recherche fondamentale, au creux d'un laboratoire.Mais l'acharnement ou la volonté de se sortir d'un bourbier aiguise l'esprit d'entreprise Parce que je regarde mes enfants, à l'heure actuelle, et je constate qu'ils n'ont pas du tout ce même esprit de bagarre que j'entretenais à leur âge Ils n'ont pas besoin de faire appel à cette agressivité puisqu'ils vivent confortablement.TRAVAILLEUR ACHARNÉ \u2014\tQuand on parie des «horreurs» de la guerre.\u2014\tC'est vrai Ma famille a été impliquée dans des situations politico-sociales qui ont très mal tourné.On a été bardassé complètement, on a tout perdu, la chemise y compris l\u2019avais dix ans à la fin de la guerre et je n'at pas revu mon père avant l'âge de 17 ans.C'est là que |e me suis pris en main, je n'avais pas le choix D'ailleurs, toute cette génération a dû inventer des façons de s'en sortir.Après la guerre, il s'est développé deux types de mentalité, ceux qui ont nourri l'esprit de révolte et ceux qui ont développé l'esprit d'entreprise l'ai opté pour la seconde solution Peut-être parce qu'il y avait aussi au fond rie moi cette image positive et honorable du commerce.L'environnement, en Belgique, est beaucoup plus commerçant que dans la plupart des pays du monde, te commerce est une institution sacrée en Belgique et les gens ont les deux pieds sur terre.Le commerce n'est pas perçu d'une manière négative comme ça l'est en France et même ici au Québec encore aujourd'hui \u2014\tMettre une entreprise sur pied, c'est travailler comme un forçat?CAItlŒ! !.onnement le pilote.Comme si de rien n'était.l'acquiesce par un «ah bon!» qui se veut le plus neutre possibles Car je n'ose regarder vers le bas, le moins possible en tout cas.Le pilote: je l'appelle intérieurement mon ange gardien car il n'est pas question de lui envoyer des vibrations antipathiques au moment même où je partage avec lui, depuis moins de dix minutes, un plancher d'osier de quatre pieds sur quatre.Je vous jure que mon imagination fonctionne vite! Mes rêves d'antan, je les vis, et d'une tout autre façon que je les avais imaginés Le tapis magique dans les contes des Mille et Une Nuits, le cerf-volant qui vous fait voler haut mais uniquement par procuration, l'idée d'imiter Iules Verne et de faire le tour du monde en ballon, Icare s'approchant trop près du soleil et y perdant ses ailes.Et nous n'avons même pas de parachute! Pendant que le soleil joue à cache-cache avec les nuages avant d'aller se coucher tout en feu, j'ai droit à un tour d'horizon de la part du pilote.\u2014 Regardez là-bas, le sommet du mont Mégantic.\u2014 Ah oui! l'observatoire astronomique, j'y suis monté le mois dernier.le parle Un petit truc pour me détendre.\u2014 Les trois lacs, que vous voyez là-bas: le Massawippi, le petit lac Magog et le grand Memphrémagog.Plus près, c'est le mont Orford.\u2014 Ouf! quelle vue! Et la rivière en bas?\u2014 C'est la Saint-François, qui traverse Sherbrooke UNE GROSSE BOULE DE NOEL A 5 000 pieds d'altitude, I eau de la rivière ne semble pas bouger d'un pouce le tente de repérer notre point de départ, le centre commercial, mais nous sommes déjà loin le survole la ferme expérimentale de Lennoxville à bord d'une vraie montgolfière en compagnie de Gé-rald Hémond, aérostier.Dans cette aventure, nous ne sommes pas les seuls.D'autres hurluberlus, tout autour de notre nacelle, sont suspendus dans le ciel à des immenses ballons de cirque à la merci de la chorégraphie du vent.En septembre dernier avait lieu à Sherbrooke un festival de montgolfières, et c'est déjà presque une vision familière que de voir ces curieux engins survoler la Reine des Cantons de l'Est.Mais il y eut quand même cette première fois, alors que vous étiez en train de déjeu- ner, où vous avez vu apparaître à la fenêtre cette grosse boule de Noël qui fait dans les cinq étages! C'est une question d'habitude mais il y a de quoi se frotter les yeux, vous en conviendrez.Faire un tour de montgolfière demeure un privilège.En posséder une dans sa cour, encore plus.Parmi la dizaine d'heureux propriétaires de ballons au Québec, la majorité sont de l'Estrie.La raison en est fort simple: les tout premiers as du ballon y vivent.Vous voulez d'autres chiffres: une cinquantaine au pays et, à travers le monde, un peu plus de 3000 dont près de 2 500 chez nos voisins du Sud.C'est Peter Deutsch, en charge des relations publiques de l'Association des montgolfières du Québec, qui me l'apprend lors de cette toute première grande rencontre de ce genre d'aérostats au Québec.Ce festival de trois jours se voulait une suite à celui qui s'était tenu auparavant au cours de l'été à Grande-Prairie, petit village d'Alberta.\"SAUTE, C'EST LE TEMPS !\" Pour que le ballon s'élève, il suffit de chauffer l'air à l'intérieur de l'enveloppe Comme chacun sait, l'air chaud étant moins dense que l'air ambiant, il cherche donc à s'élever.Pour descendre, on coupe le chauffage et, l'air à l'intérieur de l'enveloppe se refroidissant, l'ensemble devient plus lourd que l'air extérieur.Le ballon descend donc jusqu'au moment où un nouvel équilibre dans une atmosphère plus dense soit atteint.On veut descendre plus vite: on n'a qu'à ouvrir en plus une soupape (sorte de volet fixé à même l'enveloppe) qui fait fuir l'air chaud accumulé dans l'enveloppe du ballon.On chauffe comment ?A l'aide d'un brûleur qui utilise le gaz propane comme carburant.La puissance pouvant être développée équivaut à 110 installations de chauffage domestique.« N'allez pas croire pour autant qu'il en coûte une fortune pour voler, m'affirme l'aérostier Tout au plus 20 dollars l'heure, tout compris » Plus l\u2019air ambiant est froid, plus le temps de vol s'allonge.Si, en plus, on a le maximum de bonbonnes allouées dans la nacelle (environ trois), on est bon pour se tirer en l'air pour quelques heures.On aura compris pourquoi l'hiver constitue un temps plus qu'idéal pour voler.Si vous n'aimez pas la compagnie, pensez à autre chose comme sport En effet, si en plein vol vous êtes en mesure de manoeuvrer seul le ballon, il vous faudra de l'aide au décollage et à l'atterrissage Pour pouvoir gonfler le ballon et lors de l'opération atterrissage, il vous faut une petite équipe au sol (au moins trois personnes) Le gonflement débute en poussant de l'air dans l'enveloppe au moyen d'une soufflerie portative mue par un moteur à essence.Aussitôt que l'enveloppe est à moitié gonflée, le brûleur est allumé et l'air est réchauffé jusqu'à ce que le ballon prenne sa forme et sa position de décollage.«Saute, c'est le temps!» La nacelle s'agite fébrilement.Hésitation, une jambe, deux jambes.Pas question de changer d'idée.C'est parti.A bord, l'équipement est réduit à son minimum: un altimètre, un variomètre, un thermomètre pour la température de l'enveloppe qui ne doit pas dépasser les 120°C, de l'oxygène si le vol est prévu à plus de 3000 m, une solide ligne d'attache, un extincteur et, facultative, une bouteille de champagne.La ferme expérimentale est maintenant loin derrière nous.Soleil de minuit, notre ballon, porte bien son nom, car le soleil est maintenant disparu à l'horizon, mais il fait encore assez clair pour voir déguerpir un renard.Quant aux vaches, c'est la débandade: le bruit strident du brûleur les rend folles.Hémond me taquine au sujet de mes appréhensions du début, j'ai eu le temps de m'y faire depuis près de deux heures qu'on se balade.Fleur de nuit et Nébuleuse ardente, on les reconnaît à leurs couleurs, s'apprêtent aussi à se poser tels des nénuphars sur un étang Tout près de la route, entre une grange et une maison près d'un jardin, le terrain d'atterrissage est repéré.Une dernière manoeuvre: le pilote tire sur une corde qui ouvre le volet de dégonflement au faîte du ballon, la couronne.C'est à peine si on perçoit le choc.Un tracteur, les phares braqués, fonce sur nous.Le fermier n'en croit pas ses yeux.Le comité de réception grossit grâce au téléphone arabe La petite route de (ohnville, à une trentaine de kilomètres de notre point de départ, est littéralement envahie par une ribambelle d\u2019enfants surexcités et de curieux qui veulent en savoir plus long En moins de 15 minutes, tout est rangé dans le camion des poursuiveurs qui a failli ne pas nous retrouver dans le dédale des routes de campagne.Ça se passe presque toujours ainsi.Sauf cette fois où un cultivateur apeuré a pris le ballon pour un ovni et il s'en fallut de peu que la montgolfière reçoive une volée de plombs dans la jupe Vous comprenez maintenant pourquoi la bouteille de champagne fait partie de l'équipement standard sécuritaire.Avant de monter dans ce sympathique petit panier d\u2019osier accroché à une grosse «baloune» dont le coût oscille entre $8000et $15000 (la copropriété est intéressante à plus d'un point de vue, vous verrez), j'ai voulu savoir si c'était risqué.«C'est plus sécuritaire que votre véhicule » Voilà le commentaire laconique que je reçois en guise d'explicatior* Si j'avais besoin d'une bonne raison de monter en ballon, en voilà bien une qui fait mon affaire puisque ce n'est sûrement pas dans mon camion que je me sens le mieux.Avant de mettre le pieif\u2019' dans la nacelle, j'ai le temps de me faire rappeler qu'il y a deux siècles l'homme réussissait sa première envolée grâce à un ballon gonflé d'air chaud.En pleine Révolution française ou presque (1783), les deux frères Montgolfier conçoivent le premier ballon à air chaud en s'inspirant de sacs de papier remplis d'air.Plus lard, la même année, deux autres Français, Pilâtre de Rozieret le marquis d'Ar-landes, réussissaient les premiers à s'élever dans les airs de cette façon pour la moins originale.Le vieux rêve de l'homme, celui de pouvoir librement échapper à l'attraction terrestre, commença alors à se réaliser.Depuis, de nombreux ballons furent fabriqués et il y eut bien des améliorations quant aux formes et aux moyens de propulsion.Il y a deux sortes de ballons ou aérostats: à gaz (hélium pour les connaisseurs) et le non moins prosaïque ballon à air chaud qui a adopté le léger nom de montgolfière Au Québec, faire de la montgolfière est une activité sportive assez récente, bien que certains d'entre nous puissent se rappeler des ballons à fumée qui constituaient une attraction spéciale lors de foires régionales d'antan En 76, l'année des extravagances, le premier des hurluberlus, lacques Codère, s'achète un ballon et devient le tout pre- mier pilote licencié au Québec.La même année (l'histoire se répète).Gary Brady, un Américain, s'installe à Sherbrooke et, en compagnie de Roger La-brecque, ouvre la première école de pilotage de montgolfière au Canada: les Aventures en montgolfières du Québec.Les débuts sont modestes mais il y a actuellement un tel engouement pour ce nouveau sport que les deux promoteurs font la vente et la promotion de la montgolfière à travers la Belle Province.Faudrait pas s'étonner de voir apparaître un de ces jours une montgolfière autour du mont Royal ou de Place Ville-Marie en plein coeur de Montréal! Ça nous changerait des hélicoptères et c'est moins bruyant, sans pour autant passer inaperçu.Faire un tour de montgolfière demeure un privilège étant donné la capacité d'accueil de l'engin, soit le maximum de trois personnes dans la nacelle.Poui en piloter une, il faut être détenteur d\u2019une «licence de pilote de ballon libre» du ministère fédéral des Transports.Ça implique de passer un examen médical, obtenir un permis d'élève-pi-lote, réussir les examens du ministère et accomplir une moyenne de 25 heures de vol dont 16 exigées par le ministère.A LA GRÂCE DU VENT.Les conditions de vol sont en fonction de la météo: la température idéale oscille entre 10 et 20°C avec un ciel nuageux et plafond élevé.Le soleil de midi est dangereux à cause des turbulences thermiques qui peuvent faire perdre momentanément le contrôle du ballon.Par une journée ensoleillée, vous ne verrez voler une montgolfière que très tôt le matin ou le soir avant le coucher du soleil.Quant au vol de nuit, il est à déconseiller tout au moins à cause d'un fil électrique qui, en deux temps trois mouvements, vous crève un ballon dans le temps de le dire.A moins, bien sûr, que vous ayez à traverser le rideau de fer.C'est une autre histoire.Voler en français ne semble pas créer d'ennuis, du moins pas à ma connaissance, d'autant plus si le pilote partage cette qualité avec son passager.Dans ma grande naïveté, je demande à mon hôte de m'indiquer où il a l'intention de m'amener.¦ Nous savons d'où nous sommes partis, quant à savoir de façon certaine où nous allons nous poser, c'est une autre paire de manches!» l'ai compris.La montgolfière suit le vent qui, lui, varie comme bon lui semble selon l'altitude.La seule façon d'atteindre une destination visée (et ce n'est pas si simple) consiste à dénicher l'altitude qui fournira le vent désiré.A 500 mètres, vous vous dirigez vers le nord, un peu plus haut, c'est vers le sud, voire même vous pouvez frapper une altitude où c'est l'immobilité totale.12 - 3 novembre 1979 3 novembre 1979- 13 S jH «^5 !:>*« « ¦*' -»,*« ïBè.v«S?\t \u2022R'* -**, miriiMii Il a assez flâné.Un peu de travail ne le fera pas mourir.Depuis des siècles, l\u2019homme cherche à transformer le rayonnement solaire en énergie utilisable.A l\u2019occasion, il a obtenu certains succès.Mais, la plupart des projets n\u2019ont pu être exploités commercialement pour trois raisons.Le rendement, la fiabilité, le coût.La bonne marche d\u2019un système à énergie solaire dépend de facteurs aussi capricieux que les conditions climatiques, la demande thermique et la méthode de captage et d\u2019entreposage de la chaleur.Ce qui rend problématique l'évaluation de son rendement avant l\u2019installation d\u2019un tel système.Et puisqu\u2019on possède peu de données sur son fonctionnement au pays, il est également difficile d\u2019en évaluer la fiabilité.Tests de laboratoire.Divers produits sont mis à 1\u2018essai à notre laboratoire de recherche de Sarma en vue d'identifier des matériaux pouvant servir a entreposer économiquement la chaleur Capteurs solaires.On étudié l'efficacité et le rendement general de différents types de capteurs solaires Illustration un capteur autoguidé sur le soleil Il s\u2019ensuit que le coût de la transformation de l\u2019énergie solaire pour usage domestique demeurera élevé tant qu\u2019on n\u2019aura pas résolu ces différents problèmes.C\u2019est pourquoi l\u2019Impériale applique ses connaissances à un projet de recherche axé sur la découverte de nouvelles techniques permettant de domestiquer le soleil pour que vous puissiez, un jour, bénéficier de l\u2019énergie solaire dans votre foyer.f (tsso) Compagnie Pétrolière Impériale Ltée PAR JACQUELYN COSSETTE La chasse à l\u2019orignal, c'est sérieux.Si vous connaissez un «vrai, chasseur, vous savez de quoi je parle Quand arrive l'automne, l'énorme roi de nos forêts qu'on a souvent vu à l'eau durant l'été disparaît.Il ne sort guère que pour les femelles.Il n'est pas facile à dénicher.Ni à abattre, lorsqu'on a pu l'approcher.Le pourcentage de chasseurs d'orignaux qui tuent n'est pas élevé.Ceux qui rapportent un panache le promènent partout pendant des semaines.Et s'il le faut, plusieurs saisons de suite Les chasseurs qui n'ont tiré que sur des bouteilles racontent ces vieilles histoires de chasse qu'ils ont entendues, racontées, rêvées et re-racon-tées.Seuls ne parlent pas ceux qui ont connu cette maladie aigue qu\u2019on appelle le buck fever.Vous avez entendu parler de ce qui arrive à certains chasseurs devant un buek?Il s'agit de ce tremblement grossier qui produit de grandes secousses dans des bras et des jambes qui ne se contrôlent pas On a beau essayer de cacher cette espèce de danse de Saint-Cuy, ça vous fait cogner les genoux et la carabine, branler le canot, claquer des dents, et ça n'arrête pas quand vous voulez! La chasse à l'orignal, ce n'est pas pour n'importe qui Ça prend de la dé- termination, un courage viril et de la préparation.Il faut avoir choisi un endroit sauvage, l'avoir exploré, à pied et en canot, y connaître les allées et venues de l'animal selon les saisons.Il faut avoir prévu l'équipement essentiel pour loger et nourrir les chasseurs-coureurs-de-bois parce que, moi, je vous parle des «vrais» chasseurs qui vont très loin en forêt, dans un endroit qu'on choisit inaccessible pour n'avoir pas la compétition des chasseurs de deuxième classe qui font fuir les orignaux.Bref, il faut une préparation matérielle qui se répartit parfoir sur toute l'année II n'y a pas de misère qui nous retient quand il s'agit de l'orignal Voyez plutôt notre journal de fiord: NOUS AVONS AMENÉ NOS FEMMES \"Quel plaisir, ce soir, de nous retrouver dans notre camp en bois rond La petite fournaise en fonte pète et souffle en digérant son épinette noire.Il fait bon siroter un gin hollandais Nous apprécions la douceur de vivre dans des culottes de laine chaude que nous laissons presque griller par la truie ronflante.alors qu'il pleut et vente dehors Devant nous, des tablettes bien remplies: vins de France et d'Espagne, vodka russe, cognac français, noix du Brésil, fromages du Danemark, etc La bière canadienne est sur la galerie, au frais.Ah! La douceur de vivre en forêt loin de la civilisation moderne! «Nos laveuses à vaisselle terminent leur dernier cycle dans un tintamarre de chaudrons.Eh oui! Nous avons amené nos femmes! À la chasse! Cette chasse gardée des hommes! Comment avons-nous pu abandonner le dernier moyen d'échapper aux femmes et d'avoir un peu de tranquillité?Voilà que nous avons renoncé à ce privilège, un des derniers dans un monde où la femme libérée revendique tout ce qui était réservé au sexe fort.Suite page 16 14-3 novembre 1979 3 novembre 1979 - 15 Le minimum vital est de mieux en mieux assure par l\u2019Etat ¦4
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