La presse, 3 novembre 1973, C. Vivre aujourd'hui
[" vivre aujourdhui MONTREAL, SAMEDI 3 NOVEMBRE 1973 89e ANNEE - No 263 pgpi .V ^ C était I bon temps La disparition du Capitol est celle de toute une époque: le temps où une soirée au cinéma était un événement culturel d'une grande variété.En plus des films, muets, mais accompagnés de musique, jusqu'à l'apparition de la première bande sonore, \"Le chanteur de jazz\" avec Al Jolson, en 1928, le programme offrait du théâtre, du ballet et un spectacle de variété.Sans compter une ouverture jouée par un orchestre symphonique! Ainsi, le Capitol, durant sa semaine inaugurale, présentait, côté cinéma, les actualités, un film touristique sur Québec et un long métrage de Cecil B.De Mille intitulé \"Le fruit défendu.\" A cela s'ajoutait, sur scène, un extrait de Roméo et Juliette, un autre du ballet \"Le casse-noisette\" de Tchaïkowsky, et enfin un numéro comique de Buster Keaton.C'était le bon temps pour M.Tom Cleary, pilier de l'industrie du cinéma pendant un demi-siècle, qui était placier, en uniforme bleu et rouge à l'âge de 17 ans, quand le Capitol a ouvert ses portes et qui a gravi les échelons jusqu'à devenir directeur de Consolidated Theatres.\"Les gens payaient SO.75 en soirée et $0.25 en matinée, en 1921,\" raconte M.Cleary, qui ne gagnait, lui-même, qu'un dollar pour une longue journée de travail.\"Le soir, nous devions changer les lumières, c'est-à-dire remplacer les ampoules blanches par d'autres peintes en vert l'été et couleur ambre l'hiver,\" se souvient l'ancien placier qui se chargeait de peindre les lampes pour gagner quelques sous de plus.\"Le spectacle au complet était renouvelé toutes les semaines.Le public n'était jamais pressé: les gens pouvaient attendre près d'une heure dans les salons luxueux, en causant avec leurs amis, jusqu'à ce que des places se vident,\" poursuit M.Cleary.Ce dernier est grand collectionneur de photos de vedettes, depuis l'époque des films muets, et de programmes de cinéma et de théâtre, dont certains remontent au siècle dernier.La disparition du Capitol est un crève-coeur pour Tom Cleary, comme du reste pour tous les pionniers du cinéma qui ont travaillé longtemps pour un salaire minime quand les avantages sociaux étaient inconnus.La soirée d'adieu leur rendra hommage; ils le méritent bien.Lily TASSO '¦ mm -r.\u2022K-?-*'- m» 'O 'M ¦
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.