L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 mars 1881, mardi 15 mars 1881
1ère Année 15 MARS 1881 Numéro 6 J O U RNAL fi’ED U CAT 10 JJ ET T)’ I JJ S T T UC T10 JJ Paraissant le 1er et le 15 de chaque mois, les vacances exceptées.J.B.CLOÜTIEB, Rédacteur Prïxde l’abonnement : UN DOLLAR par an, invariablement payable d’avance Toute correspondance, réclamation, etc., adressées à J.B.Cloutier, professeur à l’école concernant la rédaction ou l’administration devront être normale Laval, Québec.SOMMAIRE.— Actes officiels—Nominations de commissaires d’écoles.— Pédagogie: Discipline scolaire.—Le cours triennal dans les écoles élémentaires, par M.A.Tremblay.—Méthodologie : De la comparaison.—Partie pratique: 1, Devoir d’invention.—II, Dectée.— Les jouets.—Devoir d’inven-tion.—III, Dictée, la neige.—Etude des contraires.— Protdêmes pratiques d’arithmétique.— Toisé.—Divers : Poésie.—La Vierge a la crèche, par A.Daudet.—Eléments de physique et de chimie agricoles, par H.LaRue.—Géographie, Afrique centrale_____ Une amusante scène d’hôpital.—Distractions utiles.—A n nonces.ACTES OFFICIELS NOMINATIONS Departement de l'Instruction publique._Nomi- nations de Commissaires d'écoles.Il a plu à Son Honneur le Lieutenant-Gouverneur par Ordre en Conseil en date du 15 lévrier courant (1881), de faire les nominations suivantes, savoir : Comté de Rimouski, Saint-Damase deMcNider.— MM.Zéphirin Boucher, Ignace Desjardins, Elzéar Lavoie, Régis Roy etAlphon.-e Normand.Municipalité nouvelle.Comté de Lotbinière, Sainte-Agathe.No.1_M.John McGreen.en remplacement de M.John Ryan.Comté de Mégantic, Inverness___M.Donald D.McKenzie, en remplacement de M.J nies Orr.Comté de Kainouraska, Saint-Onédme.— M Pierre Chouinard, en remplacement de M.Alphonse Pelletier.PÉDAGOGIE DISCIPLINE SCOLAIRE (Suite.) La vie de l’instituteur est donc une vie de dévouement.L’âme mercenaire n’atteindra jamais Je but de l’école, ne développera jamais droitement l’intelligence et le cœur des enfants confiés à ses soins, L éducation, comme toutes les grandes œuvres, est lente et difficille.Personne ne fait moins sa volonté que celui qui suit commander : vérité pour tous les dépositaires de l’autorité, mais surtout pour ceux qui sont chargés de l’enfance.Ici, l’étendue des devoirs est celle des besoins, et cette dernière est en quelque sorte infinie.II iant éclairér l’enfant et cette lumière doit être pure, limpide et incessante comme celle de la lampe du sanctuaire.L’instituteur doit donc consumer sa vie pour ses élèves, fl doit profiter de tour: un fait d histoire, une phrase, une règle, un mot quelquefois renferme des flots de lumière morale qui, répandue sur l’intel-ligence d’un enfant, peut décider de l’avenir de ce petit être.[Jne circonstance quelconque, une fête, le passage d’un convoi funèbre, un accident fournit à 1 instituteur véritable des commentaires qui, donnes à propos et brièvement, forment graduellement l’esprit deç élèves et leur apprennent n juger sainement de L’ENSEIGfNEMENT PRIMAIRE 62 toutes choses.Ainsi guidés pas a pas, les enfants apprécient chaque événement a sa valeur.Mais pour tout cela, il faut du dévouement.Que dirai-je donc des difficulté» ayant pour cause le manque d’intelligence ou de travail ?Ee maître doit se rapetisser en quelque sorte, arriver aux plus faibles intelligences, inventer des moyens divers pour faire pénétrer la lumière jusqu’aux esprits les plus lourds, car la science, comme la lumière pour les yeux du corps, doit être proportionnée à la capacité d’un chacun ; sans cette qualité elle aveugle.Ensuite il faut inspirer l’amour de l’étude, car sans travail, il est impossible de s’instruire.Mais pour arriver à tous ces résultats, l’instituteur doit lui-même se livrer à un travail constant et énergique qui ne peut guère exister sans le dévouement.Il faut de l’abnégation, et cette vertu ne se trouve que dans les âmes dévouées.Il faut aussi former les enfants.La vérité ne suffit pas, la contrainte est nécessaire ; mais cette contrainte doit être morale plutôt que physique.Les sabots dont les parents chinois se servent pour empêcher de grossir les pieds de leuis enfants est une barbarie qu’il ne faudrait pas établir sous d’autres formes à l’école.R.Gb T., ptre.DU COURS ÉLÉMENTAIRE TRIENNAL Ce n’est pas sans espérance dans l’avenir que l’instituteur voit le travail immense qui s’opère en faveur de l’enseignement.Jusqu’ici,l’on peut dire que le corps enseignant manquait d’un lien nécessaire à toute société, puisqu’il n’avait pas d organe où chacun pût exprimer ses idées, où les plus faibles pussent profiter de l’expérience des hommes d’étude.Cet état de chose a cessé.Leux journaux i pédagogiques, dirigés par des hommes du métier, rivalisent de zèle et de savoir pour faire connaître à la classe ensei* «niante les bonnes méthodes, sans les-quelles il est impossible de rien entreprendre de sérieux dans aucun genre.L’un de ces journaux “ Le Journal de l Instruction publique ” propose, comme moyen de stimuler le goût de l’étude chez les instituteurs, une série de concours sur des sujets pédagogiques.Le plus, grâce à la libéralité de M.Rolland, une récompense de dix piastres sera accordée à l’heureux concurrent.L’idée est magnifique.Comme complément, ne serait-il pas bien de stipuler que celte récompense se composât de livres pédagogiques?Quel immense avantage pour ie candidat vainqueur que de recevoir pour prix de son travail assidu une petite bibliothèque pédagogique où il pourrait puiser, comme dans une pharmacie, ies médicaments nécessaires pour agir efficacement sur le cœur et l’intelligence des enfants conliés à ses soins ! Si j’ai bien compris le sens du premier sujet mis au concours, voici quelle en serait la substance : résoudre la meilleure méthode â adopter pour faire faire un cours élémentaire, à la campagne, en trois années.Celte question est des plus importantes, et prouve que celui qui i’a choisie connaît toute l’importance qu’il y a dans le choix d’une bonne méthode; de la nécessité de déterminer d’avance quelle route il faut suivre pour arriver sûrement au but proposé.Ce sujet, je u’en doute pas, a attiré l’attention de tous ceux qui s’occupent d’éducation et d’instruction.Mais avant de résoudre cette question, chacun ne s est-il pas demande, si réellement il est possible de faire faire un cour élémentaire, à la campagne, en trois années.J’avoue pour ma part que cette objection m’a passablement embarrassé, et avant que d’y répondre, il est L’ENSEIGfNEM EXT TRI M AIRE nécessaire de s’entendre sur la valeur des mots ; Cours élémentaire.D’abord, en quoi consiste le cours élémentaire?Dans la connaissance suffisante de toutes les branches exigées par la loi: telles que lecture, catéchisme, français, arithmétique, géographie, agriculture, dessin, histoire, etc.Cette seule énumération montre toute l’étendue du cadre des études élémentaires.11 va sans dire que l’étude de ces branches doit être suffisante pour que l’élève puisse s’en servir avec avantage dans les circonstances nombreuses qui se présenteront dans la vie.Car, à quoi servirait le cours élémentaire, s’il ne pouvait être utile à celui qui l’a suivi ?Pour atteindre cette fin, tout instituteur doit rejeter le faux système qui consiste à cultiver la mémoire comme faculté principale, et bien se convaincre que son travail ne sera fructueux que s’il ne développé convenablement l’intelligence de ses élèves.Pour cela il faut que l'enseignement soit objectif, c’est à dire qu’il soit fondé sur la réalité ; que toute connaissance ait passé par les sens avant d’arriver à l’intelligence.De plus, il faut que le cœur soit formé, car à quoi servirait rintelligence la mieux cultivée si l’homme n’a pas un cœur qui tende à diriger sa volonté vers le bien?Voyons à présent quels sont les élèves qui suivent les cours élémentaire.Généralement les enfants commencent à fréquenter nos écoles à l’âge de cinq ans ; ils n’ont alors d’autre éducation que celle qu’ils ont puisée sur les genoux de leur mère, et toute précieuse quelle est, il n’est pas déplacé de dire que la tâche du maître est encore bien grande ; tout est à faire chez ces petits enfants.Iis ont une intelligence, mais l’on peut dire qu’elle n’existe qu’en puissance ; son cœur n’est pas formé : en un mot tout est à faire chez eux.Ne faut-il que du 63 travail de la part du maître pour réussir ?Oh non ! il lui faut une antre qualité bien plus importante ; c’est, la prudence pour ne développer que graduellement, et selon leurs forces, les facultés de l’enfant.Je me rappelle avoir pris soin d’une plante qu’un fleuriste m’avait confiée.Je l’arrosais bien et souvent.Elle croissait si rapidement que je me flattais de surpasser le fleuriste en habileré.Mais mon illusion fut de courte durée; quelques jours plus tard les feuilles se fanaient, les principales tiges mouraient et bientôt il ne me restait plus que quelques faibles rejetons ; tout cela pour avoir voulu hâter outre mesure son développement ; pour l’avoir trop arrosée.N’arriverait-il pas la même, chose à l’instituteur qui voudrait trop hâter le développement des facultés de l’enfant ?Ne courrait-il pas risque de ruiner la santé de ses élèves par un travail excessif, ou ce qui n’est pas moins à craindre, de briser son intelligence, si je puis m’exprimer ainsi, en lui servant des aliments qui ne seraient pas proportionnés à ses forces ?Une autre considération et qui mérite d’être examinée.Ce cours se faisant â la campagne, il me semble qu’il n’en doit être que plus solide, puisque la grande majorité des élèves qui fréquentent nos écoles rurales ne recevront d’autre instruction que celle qu’ils acquerront sur les bancs de l’humble école de leur village.La considération de tous ces motifs suffit, à mon humble avis, pour nous faire conclure qu’une telle tâche ne peut-être accomplie en trois années, et lût elle possible, dans les grands centres, elle ne pourrait l’être à la campagne, où les écoles se composent d’élèves de cinq à douze ans, et dont les puissances intellectuelles sont si variées.A.Tremblay, Instituteur de Pierreville 64 L’ENSEIGN EM EXT PE I MAI RE MÉTHODOLOGIE DE LA COMPARAISON Lorsque les enfants commencent à discerner les objets qui se.présentent à leurs yeux, il se fait, dans leur esprit si novice, un travail de comparaison dont le résultat est une espèce de classification générale, fondée sur les caractères les plus apparents qui distinguent ces objets.C’est ainsi qu’ils rangent dans la catégorie des arbres et qu’ils appellent indifféremment de ce nom tous les végétaux qui élèvent dans l’air un tronc couvert de ramaux; c’esl ainsi que, pour eux, toute espèce d’habitation se nomme indifféremment une maison.L’expérience-, en leur donnant une notion plus exacte et plus complète de tout ce qu’ils ne voient encore que superficiellement, leur permettra plus tard de fonder leurs comparaisons sur des ressemblances moins vagues et moms générales, en attendant que l’étude approfondie des caractères qui distinguent absolument les objets les plus ressemblants en apparence, leur permette de rendre leurs classifications véritablement scientifiques.ün peut préparer les enfants, dès qu’ils ¦ savent écrire, à ce travail de comparaison.Rien n’est plus propre à fortifier leur jugement ; rien ne les habitue mieux a réfléchir; rien ne pique plus vivement leur curiosité et ne tient plus facilement leur attention en éveil.Pour procéder méthodiquement, on écrira au tableau, que l’on aum partagé en deux colonnes, quelques noms choisis parmi ceux qui sont les plus familiers aux enfants, en évitant avec soin de réunir dans un même exercice des mots qui désigneraient des objets de même espèce.Cette précaution est absolument indispensab'e si l’on veut éviter de jeter de.la confusion ou de l’incertitude dans l’esprit des jeunes élèves.Je suppose donc que l’on ait placé, dans la colonne de gauche du tableau, les noms suivants : Chien— moineau—c h a u mi ère—viol elle— sabre.Cinq mots suffisent largement au début de ces exercices ; on pourrait même à la rigueur se contenter de trois.En même temps que le maître écrit au tableau ces cinq mots, l’élève, dont il ne faut jamais laisser sommeiller l’attention, copiera ces mots sur son ardoise ou sur son cahier.Cela fait, le maître écrira, dans la colonne de droite du tableau, les cinq mots suivants, qui sont liés aux premieis par un rapport étroit, comme nous le verrons bientôt ; mais il aura soin d’en contrarier i ordre, alin que l’élève soit obligé de chercher parmi eux celui dont il aura besoin pour établir le rapport de îesseui-biance et compléter sa proposition.Je suppose que les cinq mots qui indiquent la nature des premiers, aient été écrits dans cet ordre : Habitation — arme — animal — oiseau—-fleur.Voici comment le maître procédera aux premières leçons, alin de lamilianser ses élèves avec ces exercices, qui sont tout à tait nouveaux pour lui.fi indiquera le premier mot de la colonne de gauche, qui est chien et les élèves devront chercher dans la colonne de droite, le mot qui indique ce que c’est qu’un chien, et peut former avec lui une proposition.Ce mot — animal—étant trouvé, l’élève devra écrire sur son cahier : Le chien est un animal ”.—Soumettant successivement chacun des autres mots au même examen, il arrivera ù former et à écrire les propositions suivantes : Le moineau est un oiseau.La chaumière est une habitation.La violette est une fleur.Le sabre est une arme. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 65 Lorsque le maître en aura le temps, jien ne l’empêchera de transformer ces exercices de jugement en leçons de choses-Comme il a mis le plus grand soin à ne choisir que les mots les plus familiers à son jeune auditoire, et que les objets dont il a écrit les* noms, se trouvent tous les jours sous les yeux de ses petits élèves, il pourra leur faire compléter sans peine les propositions toutes rudimentaires que nous avons écrites plus haut #.Sollicités par les questions qu’il leur posera avec méthode, les petits écoliers lui diront ce que c’est qu’un moineau ; quelle est la couleur de son plumage, qui ressemble à la robe de bure des moines ; ils lui diront de quelles graines il se nourrit, lui parleront de sa familiarité, de ses habitudes.s Voilà les véritables leçons de choses, celles qui concentrent sur un objet superficiellement connu l’attention de l'élève, et le forcent à regarder ce qu’il s’était jusque-là contenté de voir d’un œil indifférent ou distrait.Nous pensons avoir été les premiers à introduire dans les exercices de crram-maire, ces devoirs où le jugement est constamment mis à l’épreuve et où l’attention est sans cesse tenue en éveil.Les résultats que nous avons vu obtenir autour de nous de ces exercices tout à fait nouveaux, nous ont déterminé à en parler aux lecteurs de VInstruction grimoire.Ils voudront bien nous pardonner de les en avoir entretenus si longuement : il est si difficile d’être court quand on parle de -ce qu’on aime! — D’après l'Inst,action pi imaire.C.R, * On trouvera une quantité considérable de mots pouvant fournir des exercices de ce genre dans nos Devoirs grammaticaux.PARTIS PRATIQUE 1 DEVOIR dTnVENTION-Le maître et l’élève procéderont de la manière indiquée dans le modèle de l’article qui précè le.Table — cheval — vache— chien — rose, habit Vêtement— fleur —béte à cornes—animal, gardien fidèle—meuble.CORRIGÉ La table est un meuble.Le cheval est un animal La vache est une bêle à cornes.Le.ch ien est un gardien fidèle.La rose est une fleur L'habit est un vêtement.Chou—froment—arbre—fer—ours—poule hache—tabac — charrue.Plante — instrument aratoire — outil — oiseau de basse-cour —animal sauvage— O •minéral—légume—grain-végétal.Corrigé Le chou est un végétal.I & Le froment est un grain.Un (o bre est un végétal.Le fer est un minerai.L'ours est un animal sauvage.La poule est un oiseau de basse-cour.La hache est un outil.Le tabac est une plante.La charrue est un instrument aratoire.II Dictée les JOUETS La petite tille s’amuse avec sa poupée, son ménage, son volant et sa raquette.Le petit garçon, plus remuant, fait sauter son polichinelle, mais il préfère encore sa pelotle, (paume) sa toupie, ses marbres, son ballon, son cerf-volant et ses quilles qui le font courir ; sa traîne sauvage, son traîneau et ses patins qui lui procurent tant d’amusements.Il aime aussi son tambour et sa trompette avec lesquels il 66 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE fait du bruit.S’il a un bon cœur, il les prête volontiers à ses camarades moins heureux qui manquent de joujoux, et il sait surtout s’en priver quand le tapage gêne ses parents.L’enfant canadien, pour rompre la monotonie, sait mettre de la variété dans ses jeux ; chacun a son temps et sa saison.C’est ainsi que la neige et la glace de décembre amènent les glissades et les ébats sur les patins; en février commence lejeu de marbres qui se prolonge jusqu’en avril ; vient ensuite la toupie, le jeu de pelotte, puis enfin le cerl'-volant, en été.Le maître devrait toujours présider aux jeux de ses élèves, atin de veiller à ce qu’ils n’y compromettent pas leur santé.Explications.— Poupée : rapprocher poupon.— Volant : rapprocher vol, voler, etc.; faire indiquer par l’élève pourquoi on a appelé volant l’objet de jeu qu'il connaît sous ce nom — Fait sauter ; plus loin, font courir : remarquer l’emploi du verbe faire suivi d’un infinitif, dans un sens général équivalent à peu près a être cause que : fait sauter son polichinelle, agite sou polichinelle, fait qu’il saute, est-cause qu’il saute.JDemandei\»A l’élève d’indiquer d’autres locutions dans lesquelles faire est ainsi suivi d’un infinitif.—Pelotte (paume) : petite balle que l’on reçoit dans la paume de la main—Traîne sauvage : espèce de planche très mince de bouleau fortement recourbée par un bout, et dont on se sert pour glisser sur la neige.C’est principalement par les sauvages de Lorette qu’elles sont fabriquées : Avec lesquels pourquoi lesquels est-il au pluriel masculin?— Joujou : réduplication à la manière des enfants, du radicalyo?/ qui se trouve dans jouer {bobo, lolo, dodo, etc.) ; remarquer l’a; du pluriel.— Tapage': rapprocher tape, taper.DEVOIR D'INVENTION L’élève formera deux proverbes avec chacun des mots suivants : Poisson—roue— sien.III Règles générales et remarques particulières sur Taccord du participe passé.(Les élèves souligneront tous les participes contenus dans la dictée et motiveront l’orthographe de chacun d’eux.) LA NEIGE La neige est due à l’eau atmosphérique qui se congèle au moment de sa condensation.Rien n’est plus varié que la forme qu’affectent les flocons, mais, tous se cristallisent régulièrement et forment de jolies étoiles ; cette cristallisation 11e pourrait avoir lieu si les gouttes d’eau se solidifiaient, quelque fines qu’elles fussent.Rien de plus charmant que les ligures de la neige, examinées au microscope.Un de ces hardis navigateurs qui se sont aventurés juscinnwx.régions polaires, en a fait une étude spéciale.Il en a décrit plus de quatre-vingts dans son ouvrage, et il existe certainement plus de formes qu’il n’en a observé.La grâce ties combinaisons, quelque variées qu’elles soient, s’y allie toujours à un ordre parfait ; on peut les ramener à cinq types principaux.Quelques-unes de ces formes sont fréquentes, d’autres très rares.Quand deux averses de neige se sont succédé à court intervalle, on observe dans la seconde averse des formes qu’on 11’avait pas remarquées dans la première, quoique ces formes soient toujours ressemblantes entre elles.C’est par un temps calme el sans brouillard que ces formes peuvent être admirées dans toute leur beauté.O11 rencontre quelquefois de la neige ronge dans les régions polaires : cette couleur est due à un petit champignon qui a la propriété de végéter dans la neige.En hiver, la neige, comme un épais manteau, recouvre et protège la terre.Le rayon- L’E NSET G-N E M EN T PRIMAIRE 67 nement s’opérant par la surface, c’est la couche superficielle qui se refroidit et le sol se trouve garanti ; il faudrait une longue gelée pour qu’un froid même intense pénétrât une couche de neige d’une certaine épaisseur.QUESTIONS ET EXPLICATIONS jEst due à : est formée par.— Atmosphérique : le nom correspondant?Décomposez le mot atmosphère (atmos, vapeur et sphère).— Congèle ; rappelez les principaux verbes en eler et en eter qui suivent la règle des verbes ayant un e fermé à l’avant dernière syllable {acheter, racheter, becqueter, bourreler, celer, colleter, geler, harceler, modeler, etc )—Examinées : comment s’accorde le participe passé employé sans auxiliaire ?—Microscope: instrument qui sert à observer (grec, skopeô, voir) les objets trop petits (miZeros, petit) pour être examinés à l’œil nu.— Se sont aventurés ; règle d’accord des participes passés des verbes réfléchis ?—1/ en a décrit : le pronom en est une sorte de pronom neutre signifiant de cela, qui ne détermine aucun accord avec le participe.Ici le pronom en est le complément déterminatif du complément direct plus de quatre-vingts, placé après le participe.(Il a décrit plus de quatre-vingts formes de celles-là.) Dans la dernière proposition de cette même phrase, qui est conjonction et e# est complément déterminatif du complément direct plus sous-entendu- Quelquefois, cependant, l’accord se fait syllepti-queunmt [plus Alexandre a eu d'ennemis, plus il en a vaincus).— Pénétrât : justifiez l’emploi de l’imparfait du subjonctif.—D’après i’Instruction primaire.ÉTUDE DES CONTRAIRES (Suite, (1) Originel récité) actuel ïSangu inaire h umaiu Lâche brave (1) Voir VEcole primaire p.192.Tendre (pain) Impie Imbécile Agile Infirme Antipathie Effrayer Consoler Echouer Commencer Fortifier La clarté La lumière rassis religieux spirituel lourd valide sympathie rassurer désoler réussir linir affaiblir l’obscurité les ténèbres ARITHMÉTIQUE PROBLÈMES PRATIQUES 1.98 ouvriers ont fait un ouvrage, chaque ouvrier a fait 7f vgs.d’ouvrage à $4.50 la verge.Combien a-t-on fait d’ouvrage et coml.ien a-t-on dépensé ?Rép.759J vgs., l’on a dépensé $3417.75.2.On a payé 10 billets de $10.24 chacun pour 124 vgs.de drap; à combien revient la verge ?Rép.$0.82.58.3.Un marchand reçoit 28 pièces de drap, contenant 27f vgs.chacune pour $419.58, quel est le prix de la verge?Rép.$10.54.4.58 vgs.coûtent $280.72, quel est le piix de la verge ?Rép.14.84, 5.J’ai donné un billet de $25.32 pour 14f vgs.de tapis à $1.19 la verge, combien me revient-il ?Rép.$7.76|.6.J’ai acheté 120 lbs.de sucre à $18.30, combien revient la livre ?I3ép.$0.15|.7.On a payé $2872 50 à 250 ouvriers, quelle a été la part de chacun?Rép.$11.49.8.A $14.50 les cent livres de casson-nade, à combien revient la livre ?Rép.$0.14£.Ed.Savard. 68 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PROBLÈMES DE TOISÉ 1.Quel sera le prix de 6 piliers de pierre, de forme carrée, dont le côté est de 1 pied 9 pouces, et la hauteu” de 7 pieds G pouces, à raison de $1.15 le pied cube ?Opération par les fractions ordinaires.pd.pl.pd.i|x J 5 x x 6 x $1.15 $5071.50 4- 32 = $158.484.Opération par les Jradions décimales.1.75 1.75 3.0625 7.5 22.96875 6 137.81 250 $1.15 Rép.$158.484375 2.On demande combien coûtera la couverture en ardoise d’une maison à $0.55 la verge carrée.La longueur étant de 28 pds.4 pcs.; chaque côté du toit 12 pds.3 pcs., plus un larmier de 18 pcs., en déduisant pour les lucarnes 10 pds.8 pcs.sur 6 pds.9 pcs.d’un côté, et 6 pds.10 pcs.sur 5 pds.6 pcs.de l’autre ?pds.pcs.12 3 2 pds.pcs.28 4 27 6 pds.pcs.10 8 6 9 24 6 3 0 pour21ar- - miers.27 6 765 0 64 0 14 2 8 0 env.r ilp 1 ti , _____ 779 Ol1 I >1 .UC if* 2 couverture.72 0 109 7 les lucarnes.surface de tout le toit.Je soustrais la surface des lucarnes, 109 pieds 7 pouces carrés, et je trouve pour lasurfacea couvrir 669 pieds 7 pieds-pouces, que je divise par 9 pour avoir des verges, et je trouve 74 verges, 3 pieds, 7 pouces que je multiplie par 55 cents, ce qui donne pour réponse $40.918.POÉSIE LA VIERGE A LA CRECHE.Dans ses langes blancs fraîchement cousus, La Vierge berçait son enfant Jésus.Lui, gazouillait comme un nid de mésanges 1 Elle, le berçait et chantait tout bas Ce que nous chantons à nos petits anges- Mais l’enlant Jésus ne s’endormait pas.“ Doux Jésus, lui dit la mère en tremblant, *< Dormez, mon agneau, mon bel agneau blanc.“ Dormez ; il est.tard, la lampe est éteinte ! ‘‘ Votre front est rouge et vos membres las.a Dormez, mon amour, et dormez sans crainte.Mais l’enfant Jésus ne s’endormait pas.“ Il fait froid, le vent souffle, point de feu, u Dormez : c’est la nuit, la nuit du bon Dieu ; • ‘ C’est la nuit d’amour des chastes épouses! “ Vite, ami, cachons ces yeux sous nos draps ; “ Les étoiles d’or en seraient jalouses.” Maisd’enfaut Jésus ne les1cachait pas.a Si quelques instants vous vous endormiez, “ Les songes viendraient en vols de ramiers, “ Et feraient leurs nids sur vos deux paup ères; “ Ils viendront : dormez, doux Jésus.” Hélas! Inutiles chants et vaines prières, Le petit Jésus ne s’endormait pas.9) 669 7 vers.74.3.7 00 3 pds.— ^ 6 = i 1 =i 40.70 18.3 3.0 0.5 Rép.$40.918 pds.pcs.6 10 5 6 34 2 3 5 37 7 72 0 109 7 surf, des lucarnes.Et Marie, alors, le regard voilé, Pencha sur son Fils son front désolé.Vous ne dormez pas, votre mère pleure, “ Votre mère pleure, ô mon bel ami! .” Des larmes coulaient de ses yeux ; sur l’heure, Le petit Jésus s’était endormi.Alph.Daudet.— .— ¦— Opération.—Je multiplie la longueur 28 pieds 4 pouces par le double de la largeur du toit, en ajou-4ant 3 pieds, largeur des 2 larmiers = 27 pieds 6 pouces,et je trouve 779 pieds carrés 2 pieds-pouces, L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 69 Éléments de chimie et de physique agricoles, par le Br H.LaRue (*) NUTRITION DES PLANTES Les corps que nous venons d’étudier se rencontrent tous, bien que dans des proportions variables, dans les plantes.Les plantes puisent leur nourriture à deux sources différentes : 1° dans la terre, 2° dans l’air.Dans la terre, les plantes trouvent les composés de potasse, de soude, de silice, de chaux, d’azote, etc.; l’air leur fournit surtout le carhone ou charbon, et une certaine proportion d’azote ; et, dans l’air, aussi bien que dans la terre, elles trouvent l’eau (Hü) qui, décomposée par les plantes, leur fournit la plus grande partie de l’hydrogène et de l’oxygène qui entrent dans leur composition.Une terre fertile est donc celle qui contient en de justes proportions les composés de potasse, de soude, de chaux, de siiiee, d’azote, etc., nécessaires à la nutrition des plantes.Or, il est au pouvoir du cultivateur de donner à la terre ces divers éléments, quand elle en a été privée par une longue suite de récoltes.En effet, à chaque récolte, les plantes, comme le blé, l’orge, le seigle, l’avoine, les pois, les légumes, enlèvent au sol une certaine proportion de ces composés ; et loisqu une terre a été ainsi cultivée pendant une longue suite d’années, il vient un temps où elle ne possède plus ces éléments nécessaires à la production des ,plantes, et alors elle devient infertile, iin productive.La seule différence qui existe entre une tene neu\ e et une terre ancienne est donc la suivante : une terre neuve con- (*) Ouvrage enregistré.Permission bienveillante de 1 auteur de reproduire.tient tous les sels nécessaires à la nutrition des plantes, tandis qu’une terre qui a vieilli ne les contient pins, ou ne les contient qu’en de trop faibles proportions.Le seul moyen possible de rajeunir les vieilles terres, est de leur redonner les divers composés nécessaires à la nutrition des plantes ; c’est ce que l’on obtient à l’aide des engrais.(A Suivre.) GÉOGRAPHIE Afrique Centrale et Équatoriale bornes.—Du Sahara à l’Afrique australe s’étend une immense contrée connue sous le nom d’Afrique centrale et équatoriale.Elle est située à l’O.de l’Abyssinie, du Somâl, du Zungucbar et du Mozambique et à l’E.des deux Guinées et de la Sénégambie.étendue.— Cette contrée s’étend du 15° de latitude nord au 7° de latitude sud.Son étendue est d’environ 3,100,000 milles carrés, ou près d’un septième de moins que celle de la Puissance du Canada.divisions ET VILLES.—Cette région peut être divisée en deux parties : la Nigritio septentrionale, Soudan ou Takrour, au N.et l’Afrique équatoriale ou Nigritie méridionale, au S.Le Soudan se divise en un grand nombre de petits états.Les plus puissants sont ceux de la vallée du Niger : le Ouassoulo, pays très fertile et riche en or ; le pays des Bambara, dont les villes principales sont Ségo, Sansanding, Djenné, to ites trois au bord du fleuve.Ou trouve plus loin le riche pays de Massina, qu’on nomme encore nouveau royaume de Melli.Au-dessous du lac Dibbie, on rencontre Ten-Bouktou, située à peu de distance de la rive gauche du fleuve sur lequel Kabra lui sert de port.Elle est fort commerçante, mais non aussi grande ni aussi peuplée qu’on l’avait longtemps supposé.j Au centre, se trouve le vaste pays de Haoussa. TO L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE On y remarque, à l’O-, le royaume et la ville de Gando, et la ville de Yaouri, dans le même Etat.Le royaume de Sakatou, avec la ville de ce nom, à l’E.de Niger.Au S., vers la frontière de la Guinée Supérieure, est le royaume de Borgou, dans lequel se trouve la ville de Boussa, où Mungo-Park a péri.Dans le bassin du lac Tchad, on trouve l’empire de Bournou, le royaume de Kanem, celui de Losone, de Mandara, etc.A l’E., on remarque le Darfour etle Kordofan, annexés à la Nubie et sous la dépendance de l’Egypte, ete.Dans l’Afrique équatoriale se trouve aussi un grand nombre de petits états.Les plus remarquables sont situés près des grands lacs et sur la frontière du Z inguebar.Les plus connus sont ceux d’Uganda, d’Onyoro, d’Ougogo, d’Ounyan kembé, de Bemba, d’Ouroua, de Bakongo, etc., etc.Kazeh et Oujiji sont les villes les plus remarquables.montagnes.—Le Soudan a un sol moins élevé que l’Afrique équatoriale où se trouve un grand plateau, élevé de 3 à 5 mille pieds au-dessus de la mer.Ce plateau est couronné au N.par les monts Kong et les montagnes de la Lune, à l’E., par la grande arête africaine et à l’O-, par une chaîne à laquelle on ne connaît pas de nom.Ce plateau forme les trois versants principaux de l’Afrique : celui de la Méditerranée, celui de l’Atlantique et celui de la mer des Indes.fleuves.—Vers la Méditerranée coule le Nil, le plus grand fleuve de l’Afrique : ce fleuve forme une ligne d’eau continue depuis le 1U° latitude.Le Zambèse coule vers la mer des Indes, le Niger, le Livingstone ou Congo, et le Couanza se jettent dans l’Atlantique.LAOS.—C’est ici qu’on trouve des lacs qui peuvent être comparés à ceux du Canada : Albert Nyanza, Victoria-Nyanza, Tanganyka, Nyassa, Alexandra, tous dans l’Afrique équatoriale.Le lac Tchad, qui reçoit un grand nombre de rivières, est le lac le plus remarquable du Soudan.climat sol et productions.— Le Soudan ©st exposé à des chaleurs très fortes durant huit ou neuf mois ; les parties peu arrosées sont alors de la plus grande stérilité ; mais, dès que la laison des pluies commence, à la mi-juin, elles se couvrent d’une brillante végétation.Les productions végétales sont le maïs, le riz, le millet, le dourah, les fèves, les bananes, les ignames, les patat s douces, l’herbe à beurre, le coton, l’acacia-gommier, le baobab, les noix du Soudan, etc.L’Afrique équatoriale jouit d’un climat moins chaud que ne l’annonce sa latitude, à cause de l’élévation de son sol qui est ici très riche.Les pro* ductions sont les mêmes que celles du Soudan.faune.—On trouve ici : lions, rhinocéros, panthères, zèbres, giraffes, éléphants, hippopotames, crocodiles.Les bœufs et les vaches, dont le lait est le principal aliment des nègres, les chèvres, la gazelle, sont en grand nombre surtout dans l’Afrique équatoriale.Les grands lacs et les fleuves sont remplis d’excellents poissons.commerce.—L’ivoire est le principal article de commerce de ces contrées.On y fait encore le commerce honteux des esclaves.Population.—Il est difficile de donner le chiffre de la population de l’Afrique centrale et équatoriale.On peutdiresans exagération qu’elle n’est pas au-dessous de 50,000,000 d'habitants.Ethnographie et religion.— La plupart des habitants sont nègres, on compte un grand nombre d’Arabes dans le Soudan.Un grapier fétéchisme est la religion des nègres, les Arabes sont mahométans.Les habitants du Soudan sont plus civilisés que ceux de l’Afrique équatoriale.Leur commerce avec l’Egypte, Tripoli, Tunis, l’Algérie et le Maroc est assez actif.Les nègres de l’Afrique équatoriale sont très peu civilisés, polygammes et cannibales.Ils sont cependant d’un caractère assez doux.S’ils font la chasse aux étrangers, c’est sans haine et uniq renient pour se procurer une viande très estimée de ces barbares; Comme dans le Nord-Ouest, nos indiens poursuivent le buffle pour se nourrir de sa chair.Gouvernement.— La forme des gouvernements est absolue et plus régulière dansle Soudan que dans l’Afrique équatoriale où les despotes de> centaines de petits états de cette contiée sont des tyrans de la pire espèce.Us disposent de la vie de leurs sujets comme nous disposons de celle d’un animal domestique.Stanley rapporte qu’il ne s’icouie pas de jour sans que le roi d’Uganda ne livre au bourreau, un des principaux officiers de son royaume, une, deux et même trois dès L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE trois ou quatre cents malheureuses femmes qu1 composent son sérail.SUPPLÉMENT Géographie iiistoriqih .—Le Soudan occupe une partie de Y Ethiopie intérieure des anciens, qui n’avaient sur ce vaste pays que des données très incertaines.Les Portugais dans le quinzième siècle, furent les premiers Européens qui fournirent des notions directes sur Ten-Buuktou, Dans le siècle suivant, un géographe célèbre, Léon l’Afiicain, donna sur cette contrée de précieux renseignements.Mais surtout depuis 60 ans que les voyageurs européens ont cherché à explorer le Soudan.Malheureusement la plupart ont péri victimes du climat, ou de la férocité des populations africaines.Parmi ces explorateurs intrépides, il faut citer Browne, Frédérick Horne-iminn, Mungo-Paik, Oudney, Clapperton, Denham, Laing, Caillié, les deux frères Lander, Richardson, Overweg, Barth, Vogel, Cuny, Beur mann, Baikie, Mme.Tinné, Steudner, Schubert, les frères Poucet, Hcuglin, le docteur Livingstone, etc.Les observations faites par le docteur Livingstone et Stanley dans ses contrées nous permettra bientôt de donner des notions plus étendues sur l’Afrique équatoriale.Les missionnaires Krapf, Rebmann, Erhardt, les capitaines Burton, Speke, Grant, le Baron de Deeken, ont visité les parties septentrionales.Une amusante scène d’hôpital Le chef de service entre dans la salle No.11 et demande à un infirmier comment le malade du quinzième lit a passé la nuit.—Mal, monsieur : il a vomi trois corbeaux ! —Comment ! que dites-vous ?Il a vomi.—Trois corbeaux ! oui, monsieur.Le chef de service n’en croit pas ses oreilles ; les internes qui le suivent éclatent de rire.71 — Et ils étaient vivants, ces corbeaux, demande le docteur.—Je n’en sais rien, monsieur ; c’est Isidore qui m’a rapporté ça.—Faites venir Isidore.Isidore s’empressa d’accourir.— Eh bien ! infirmier, lui dit le chef de service, vous avez dit que le 15 avait vomi trois corbeaux ?—Moi, monsieur ! Pas du tout : c’est deux corbeaux que j’ai dit.—Deux.Et vous les avez vus ?—Oh ! non ; ce n'est pas moi qui étais de garde : c’était Augustin, et c’est de lui que je tiens la chose.—Amenez-moi Augustin.—Voilà, voilà, monsieur le docteur ! répond aussitôt une bonne grosse voix.—C’est vous, Augustin, qui avez dit à Isidore que le 15 avait vomi deux corbeaux ?— Pas deux, non, monsieur : un corbeau, un seul.J’ai dit la vérité, monsieur.—Ah ! s’écria l’Esculape, il n’y en a déjà plus qu’un, à quoi avez-vous reconnu que c’était nu corbeau, Aiigustiu V —Je ne l’ai pas vu, moi, monsieur, je n’ai pas dit que je l’avais vu, mais seulement que la Sœur Saint-Jean-Baptiste m’avait dit que ie 15 avait vo mi un cor* beau.—Priez la Sœur Saint-Jean-Baptistë de venir dit alors le chef de service, en contenant d’un signe l’hilarité croissante des élèves.— Bonjour, ma sœur ; vous avez donc dit à l’infirmier Augustin que le 15 avait vomi un corbeau ?—Pas tout à fait, monsieur, répond la sainte femme en souriant ; j’ai dit que le pauvre 15 avait vomi dans la nuit, et T2 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE que ce qu’il avait vomi était noir comme un corbeau.Voilà tout Hilarité formidable du chef de service, de la sœur, des internes, des infirmiers et des malades.DISTRACTIONS UTILES 1.—Pourquoi lorsqu’on vide une bouteille pleine d’eau, le liquide sort-il difficilement ?2.—Pourquoi un verre se brise-t il lorsqu’on y verse de l’eau bouillante ?3.—Pourquoi le bois sec brûle-t-il mieux que le bois vert ?4.—Pourquoi est-il assez difficile d’allumer du feu sur le sommet d’une montagne ?5___11 est à craindre que, lorsqu’il par- lera, ce sera pour dire des sottises.(Phrase à corriger.) 6.—En disant que l’agriculture est le principal élément de la richesse du pays, nous n’avons pas voulu dire qu’elle est la seule ressource.[Idem) 7.—Quel est l’auteur des vers suivants ; Aux petits des oiseaux il donne la pâture, Et sa bonté s’étend sur toute la nature.Errata.M.l’Inspecteur Savardnous prie de rectifier quelques erreurs typographiques qui se sont glissées dans les problèmes qu’il nous a transmis.Ecole primaire, page 234, problème 4; au lieu de $297, lisez $5457.00.No.6, au lieu de $11.31 lisez $10.71.Dans le No.1 de VEnseignement primaire, quelques numéros donnent pour réponse au problème No.1 $25.50, au lieu de $22.50; mais l’erreur a été corrigée pour600numéros.Le 15 février, problème 1, au lieu de $8055 lisez $201625; problème 6 an lieu de $7.46f lisez $2.46-$.Cette erreur ne change rien dans la réponse qui est correcte.LIVRES CLASSIQUES GRAMMAIRE DE LHOMMOND Avec syntaxe, REVUE PAR J.B.CLOUTIER.Devoirs Grammaticaux Par le même : MÉTHODE RATIONNELLE DE LECTURE, Ou le PREMIER LIVRE DES ENFANTS, Par le même : Tous ces livres ont été approuvés par le Conseil de l'Instruction publique et sont eu vente chez tous les libraires de Québec.Librairie du bon Marcha ( VIVR E ET LA ISS ER VIVRE) 46, RUE DE LA FABRIQUE, 46.HAUTE-VILLE, QUEBEC.Avis à MM.les Secréta res-Tréso iers des écoles, à MM.les Instituteurs et Institutrices, à MM les marchands, etc., etc.Le gouvernement ayant aboli le Dépôt de Livres, M.Augustin Raymond, qui y a été employé durant trois ans, a pris ia direction de la Librairie A.O.Raymond.La satisfaction qu’il a donnée à tous ceux qui ont eu affaire à lui au Dépôt le porte à croire que cette clientèle le suivra au nouvel établissement qui a été ouvert le If Août dernier, au No.46, rue de la Fabrique, en lace de l’emplacement des anciennes Casernçs des Jésuites.Les commissaires d’école trouveront à cette librairie tout ce dont ils peuvent avoir besoin—livres, cahiers, papier, plumes, la meilleure encre et poudre à encre française noire, etc., livres de comptabilité pour les secrétaires trésoriers, cartes géographiques, globes, etc., et de plus remarquez que mes prix sont les plus bas passibles et que j'offre les mêmes avantages pour payement etc., etc., qu'a Vex-Dépôt de livres du gouvernement.La librairie A.O.Raymond se tiendra aussi au courant des ouvrages de littérature française les plus rréents, tels que ceux d’Alphonse Daudet, d’Henri Gréviile, de Maxime Du Camp, de Victor Tissot, d'Octave Feuillet et de tous les meilleurs écrivains du jour.Fnfin l’on trouvera à cet établissement un assortiment complet de papeterie, imagerie, articles de fantaisie, etc., et le public y sera accueilli avec tous les égards et toute la politesse possible.Une visite est respectueusement sollicitée.A.O.RAYMOND.Imprimé par C 1>ARVEAU, rue de la Montagne Québeo.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.