L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 septembre 1881, jeudi 1 septembre 1881
1ère Année 1 SEPTEMBRE 1881 Numéro 13 J O U R N AL C ET) U CA TION ET T’INSTRUCTION Paraissant le 1er et le 15 de chaque mois, les vacances exceptées.J.B.CLOUTIER, Rédacteur Prix de l'abonnement: UN DOLLAR par an, invariablement payable d'avance.j 0 Toute correspondance, réclamation, etc., concernant la rédaction ou l’administration devront être adressées a J.B.Cloutier, professeur à l’école normale Lava], Québec.‘turamisiratl0n devront etre SOMMAIRE.—Partie officielle : Conférence d'instituteurs—Pédagogie : La nouvelle année scolaire—Importance et but de renseignement primaire, par F.Liénard.—Méthodo-logte: De la lecture mécanique.—Pau-riE pratique : Devoir I, exercices sur la formation du pluiiel dans les noms en au, eau—II Dictée, la chaussure — III Dictée, le sentiment religieux, par Jules Simon—Exercice d'invention,—vers à mettre en prose—Arithmétique, problèmes.— Divers : Poésie, — Le voyageur recueilli parla religion, — Chimie agricole, par H.LaRue.— Pernicieuse influence des hauts talons sur les yeux.—Londres.-—Annonces.AVIS.Ceux de nos abonnés qui ont changé de localité voudront bien nous faire connaître leur nouvelle résidence.MM.les Inspecteurs sont aussi respectueusement pries de nous faire connaître les changements qui se sont produits dans leurs distinct respectifs.PARTIE OFFICIELLE CONFÉRENCE D'INSTITUTEURS Soixante-quatorzième conférence des instituteurs de la circonscription de Vécole normale Luxai, tenue le 27 août 1881.Présents : M.l’abbé T.G.Bouleau, assistant principal de l’école normale Laval ; F, E.Juneau, Ed.Carrier, G.S.Vien, C.Bouchard, inspecteurs d’écoles ; MM.B.Pelletier, président, E.X.Toussaint, J.B.Cloutier.D.McSweeney, Ls.Tardif, C.Dufresne, Frs.Fortin, G.Labonté, O.Thibault, J.E.Aube, A.La vigne, C.Martineau, J.Cloutier, D.Frève ; D.Bélanger, F.Letourneau, P.Provençal, J.Laberge et Jos.Letourneau.Les minutes de la dernière séance sont lues et adoptées.On procède à l’élection des officiers et les messieurs suivants sont unanimement réélus : Président, M.B.Pelletier, Vice-président, M.J.E.Boy.Secrétaire, M.J.Letourneau, Trésorier, M.G.Labonté.Membres formant le comité de régie : MM.F.X.Toussaint, J.B.Cloutier, Jules Cloutier, L.F.Tardif, B.Lippens, C.Martineau, Frs.Pagé, D.Bélanger, D.Frève.M.David Frève lut un essai sur la nécessité d’enseigner la gymnastique à différents degrés dans toutes les écoles.Il fit voir l’importance de cet enseignement et la bienfaisante influence qu’il exerce sur les élèves au péint de vue hygiénique.L’enfant qui pratique la gymnastique devient fort, agile, courageux, sans compter que sa santé y gagne beaucoup et par suite, le développement de ses facultés intellectuelles marchent en pro- 146 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE portion directe de son développement physique.Il passe ensuite à l’énumération des exercices que l’on devrait pratiquer dans les différentes écoles et indique les moyens que les instituteurs devraient prendre pour se procurer à bon marché le materiel necessaire à ces exercices.M.Cloutier remercie M.Erève au nom de l’association de sa bonne volonté, et le félicité d’avoir préparé un travail aussi soigné quant au fond et à la forme.Il espère que l’exemple de ce jeune professeur, plein de courage et d’avenir, sera suivi par ses confrères et que bientôt on verra toute la jeunesse enseignante prendre une part active aux délibérations.M.Toussaint corrobore ce que vient de dire M.Cloutier et entre dans de longs détails sur la condition précaire des instituteurs.M.l’Inspecteur Juneau informe l’association que ses nombreuses occupations l’ont empêché de préparer la conférence qu’il avait promise sur l’enseignement de la sténographie, et promet de la donner à la prochaine conférence.On passe ensuite à la discussion du sujet suivant : Quelle différence y a-t-il entre Venseignement de la langue maternelle et celui de la grammaire 'proprement dite ?M.Cloutier ouvre les débats et démontre par la comparaison de l’ancien et du nouveau système que l’enseignement de la langue maternelle doit occuper la première place ; que toutes les autres branches doivent s’y rapporter et etre mises a contribution, afin de servir à familiariser l’enfant avec les difficultés de la langue ; que l’on doit s’efforcer de faire parler l’enfant et le faire parler beaucoup, en corrigeant strictement toutes ses expressions impropres ; qu on doit à cet effet lui faire raconter et écrire quand il en sera capable de petites anecdotes faciles, et lui faire résumer les leçons de choses qu’on lui aura données ; que la connaissance des regies de la grammaire sont peu utiles à celui qui ne sait ni penser ni exprimer correctement ce qu’il pense ; que l’étude de la grammaire ne doit pas précéder le développement intellectuel, mais l’accompagner, le suivre à mesure qu’il se produit.M.Dufresne concourt dans ce que vient de dire M.Cloutier et ajoute que l’étude du dictionnaire est un puissant moyen d’enseigner la langue.On fait apprendre, dit-il, aux enfants l’orthographe et la signification d’un certain nombre de mots ; ensuite on exige qu’ils construisent de petites phrases où entrent ces mêmes mots.De cette manière on les accoutume à une phraséologie facile et en même temps correcte, tout en leur apprenant l’usage d’un grand nombre de mots.Selon lui, les comptes rendus par les élèves, dans l’enseignement de l’histoire, sont aussi un excellent moyen d’apprendre la langue.M.Toussaint est du même avis, et prétend qu’on ne devrait jamais refuser aux élèves l’usage du dictionnaire pendant les dictées, parce que, dit-il, l’enfant ne devine pas les mots qu’il ne connaît pas déjà.En le laissant écrire un mot inconnu sans le secours du dictionnaire, on court risque qu’il ne l’écrive mal et ne s’en forme dans l’esprit une orthographe fausse qu’il sera ensuite fort difficile de corriger.A la prochaine conférence, M.B.Lippens commencera un cours élémentaire de chimie.M.l’inspecteur F.E.Juneau, parlera de l’enseignement de la sténographie dans les écoles normales et M.D.Bélanger traitera un sujet.La question suivante sera discutée : Par quels moyens pourrait-on propager Venseignement intuitif dans les écoles primaire ?La conférence est ajournée au dernier samedi de janvier prochain à neuf heures A.M.J.Letourneau, Secrétaire. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 147 PÉDAGOGIE La nouvelle année scolaire Amis lecteurs, voilà les vacances terminées, et tous, tant que nous sommes, membres de la milice enseignante, nous allons nous remettre à l’œuvre avec un nouveau courage, une nouvelle ardeur.Ces jours de loisir nous ont fourni l’occasion de nous reposer de nos fatigues, de nous retremper et d’acquérir de nouvelles connaissances, qui nous permettront de continuer nos labeurs avec plus d’efficacité.Nous allons donc encore une fois nous retrouver en face de nos élèves, pour leur prodiguer tous nos soins, toute notre sollicitude.O Cependant, ffialgré le plaisir que nous éprouvons à revoir ces chers enfants avec lesquels nous avons vécu depuis deux ou trois ans, les premiers jours de l’année scolaire ne manquent pas de produire chez le maître un certain malaise, une certaine tristesse à la pensée de ceux qui ont disparu pour ne plus revenir.En effet, ceux de nos élèves, les mieux doués, les plus avancés, ceux sur lesquêls nous comptions le plus aux examens et à la visite de l’inspecteur, ont laissé l’école, les uns pour continuer ailleurs leurs études, d’autres pour apprendre un métier, d’autres enfin pour aider leurs parents dans leurs travaux respectifs.Les places laissées vacantes sont remplies par des enfants de cinq à sept ans avec lesquels il faut commencer tout à neuf.Cette tâche est bien pénible diront les jeunes instituteurs et toutes les personnes étrangères à l’enseignement.Détrompez-vous leur répondrons-nous.Est-ce que le cultivateur n’éprouve pas une plus grande jouissance à voir pousser une abondante récolte sur une pièce de terre neuve que sur un terrain depuis longtemps en culture ?De même, l’instituteur qui sait son métier, qui a fait une étude approfondie des facultés de l’âme humaine, qui sait mettre à profit ses connaissances psychologiques, suit-il avec le plus vif intérêt le développement intellectuel de ce petit être dont on lui a confié l’éducation.C’est un progrès sensible qu’il peut constater jour par jour.Les yeux, le visage, les gestes, tout enfin indique qu’il s’opère chez l’enfant bien dirigé une transformation graduelle et continue.Mais si le cultivateur traitait tous les terrains de la même manière, il n’obtiendrait que des résultats bien médiocres, car telle culture qui convient à une terre ne conviendrait nullement à une autre.De même aussi, l’instituteur qui emploierait le même procédé, la même méthode pour tous les enfants .manquerait complètement son but.De là, nécessité absolue, indispensable pour le maître d’étudier les caractères, les aptitudes de chacun.Tel élève est d’un tempérament violent, la moindre chose le met en colère ; il ne faut pas l’aigrir, au contraire on lui parlera toujours avec douceur et l’on tâchera de gagner son affection par toutes sortes de bons procédés.Tel autre est apathique, indolent, paresseux ; celui-là, il faut le stimuler, le pousser au travail et tâcher par tous les moyens possibles de le corriger de ces défauts.Voici un enfant doué d’une excellente mémoire, il apprend par cœur avec la plus grande facilité ; un autre a la perception lente, difficile, il faut lui répéter les choses plusieurs fois, et encore, ne les comprend-il qu’à demi ; pour celui-là la patience, et une persévérance sans bornes seront indispensables.Mais il ne faut pas conclure de là qu’il manque de talents.Le défaut d’expérience fie la part du maître pourrait avoir dans ce cas les plus graves conséquences.( Combien d’enfants, parce qu’ils ont été mal 148 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE jugés à l’école primaire, ont été retirés par leurs parents, et qui cependant auraient fait des sujets brillants et auraient rendu de grands services à la société.Nous citerons un exemple entre mille.Nous avons eu autrefois un élève qui, jusqu’à l’âge de treize ans, ne comprenait les explications qu’avec la plus grande difficulté.Il fallait lui expliquer les choses quatre, cinq et six fois, et encore, avec la meilleure volonté du monde, ne parvenait-il pas toujours à les comprendre.A force de travail et de persévérance de sa part, la lumière s’est faite enfin dans son intelligence.Il a fait ensuite de bonnes études, a suivi le cours universitaire avec le plus grand succès et a obtenu le titre de docteur en médecine.Ainsi, chers lecteurs, faisons tout notre possible pour bien connaître nos élèves afin de ne faire manquer à aucun la mission que la providence lui destine, et de donner à cha-1 cun la culture intellectuelle qui lui convient.Importance et but de l’enseignement primaire.D.Quel but se propose Venseignement primaire ?R.L’éducation populaire a pour but de former les classes ouvrières et agricoles à la connaissance, au goût et à la pratique de leurs devoirs comme hommes, comme citoyens et comme chrétiens.L’instituteur y continue sur un plan plus large et mieux réfléchi l’œuvre de la mère, seulement il s’attache surtout à élever l’homme raisonnable.D.Montrez Vimportance de Venseignement primaire ?R.Il est important au plus haut point à cause des services qu’il est appelé à rendre à l’individu, à la famille, à la Société et à l’Église.Il donne à l’individu avec les éléments usuels de la science, la pleine possession de ses facultés.Il le rend capable de bien remplir tous ses devoirs et de s’avancer au sortir de l’école dans la carrière qu’il se choisira.C’est l’école qui nourrit et fortifie les premières affections de famille, qui maintient et fait grandir les sentiments religieux puisés au cœur de la mère, développe le patriotisme et fait circuler dans les masses les principes d’ordre qui sont une forte garantie de prospérité et d’indépendance pour le pays.L’école primaire prépare aussi aux études plus élevées ; il n’y a même pas à proprement parler d’étude à l’école primaire : ce n’est qu’un essai : elle enseigne à apprendre.Si les enfants néanmoins manquent de cette préparation, on aura beau leur ouvrir les collèges et les universités, prodiguer au succès des encouragements et des récompenses, on bâtira toujours en l’air.F.Liénakd,* Instituteur.MÉTHODOLOGIE De la lecture mécanique Qu’entend-on par lecture mécanique ?Yoilà une question que doivent nécessairement se poser tous ceux qui désirent obtenir quelque succès dans l’enseignement de la lecture.Dans la lecture mécannique l’esprit de l’enfant ne se porte que sur des signes ou des combinaisons de signes représentant des sons, des syllabes, dont la réunion forme des mots.Lorsque l’élève sait lire passablement les mots, il faut prendre une voie inverse, c’est à dire décomposer ces mêmes mots en leurs éléments constitutifs.On procède alors par analyse, et c’est ce qu’on appelle en pédagogie, travail de décomposition.Les opérations qu’il nécessite doivent être faites d’abord au tableau noir par le maître et ensuite reproduites sur les ardoises par les élèves.Par ce moyen ceux-ci apprennent l’écriture en même temps que la lecture, et s’exercent à démêler d’un coup d’œil sur et rapide, les groupes de lettres qui forment les différentes syllabes d’un même mot.La ré pétition constante de ce travail dans le commencement facilite l’étude de l’orthographe absolue.Ces exercices bien qu’en apparence très faciles, présentent cependant, vu les circonstances, de grandes difficultés, et demandent de la part du maître beaucoup de prudence, de tact et surtout de patience.Pourquoi les enfants éprouvent-ils tant de difficulté à passer de la syllabation à la lecture courante ?C’est parce que, accoutumés à considérer les syllabes isolément, ils se trouvent complètement déroutés lorsqu’ils les voient réunies dans le corps d’un mot, ils en confondent les éléments, les mêlent ensemble et de là naît leur embarras.S’ils ont à lire par exemple les mots inodore, (1) inconstant, ils ne feront aucune distinction entre les syllabes initiales de ces deux mots et diront : in-o-do-re, comme ils disent in-constant, des-ti-na-tion etc.Ceux qui enseignent la lecture se trouvent tous les jours en face de ces difficultés.Il n’y a que le travail de décomposition qui puisse fixer l’esprit des enfants sur ce point.Pour leur faire comprendre où doit se faire la séparation des syllabes dans les mots ci-dessus, le maître écrit sur le tableau et fait lire en même temps : i-no-do-re, in-constant, des-ti-née, dis-t%n-guer, etc.Ce serait s’exposer à jeter la confusion dans leur esprit que d’essayer pendant ce travail à leur apprendre la signification de tous les mots qu’on leur donne à lire, car leur intelligence, incapable de s’étendre encore sur plusieurs choses a la fois, a besoin de se concentrer sur une seule pour la bien saisir et la retenir.Ce n’est que plus tard, lorsque l’œil, l’oreille et l’organe vocal seront suffisamment exercés qu’il faudra commencer sérieusement ce second travail, c’est à dire leur apprendre la signification des mots.PARTIE PRATIQUE I Exercices sur les noms en au, eau L’élève écrira au pluriel les phrases suivantes.(1) Le bateau du pêcheur.—Le carreau de la fenêtre.—Le manche du marteau.—Le poteau du télégraphe.—Le tuyau du poêle.— Le noyau de la prune.—Le couteau du boucher.—Le fuseau de la fileuse.—Le manteau de / la dame.—Le chameau du désert.—Le jeu de l’enfant.—Le vœu de la mère.—Le neveu du rentier.—Le ciseau du sculpteur.—La tour du château.—Le cri du chevreau.—La voile du vaisseau.—Le nid de l’étourneau.— La flamme du hameau.—L’étau du forgeron.— Le chapeau du garçon.—Le fourneau de la manufacture.—Le râteau du moissonneur.-Les carreaux Modèle Les bateaux des pêcheur s.-desfenêtres, etc.L’élève copiera en colonnes tous les noms eu au, eau de l’exercice précédent et mettra le pluriel à côté du singulier.II DICTÉE (1) Il faut faire comprendre à l’enfant que le son inné n’existe pas en français comme son simple, que lorsqu’il se produit dans la prononciation, c est la lettre i qu’il faut prononcer seule et faire liaison avec le n suivant.T , É* Chaussures Les chaussures sont ceux de nos vêtements qui servent à couvrir le pied.Il y a les bas, et les chaussettes, qui touchent immédiatement la peau.Par dessus sont les chaussons et dans certains pays les sabots, qui ne /iépassent pas • généralement la cheville du pied.Ici les sabots ne servent que pour p^é- (1) Voir nos devoirs grammaticaux, page, 8. 150 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE server les chaussures de ceux qui travaillent dans les étables ou dans la boue.La chaussure la plus commode et la plus économique pour le cultivateur est le soulier que l’on fait avec de la peau de bœuf auquel on adapte une jambière de peau de veau ou de mouton.Les autres chaussures en usage sont les bottes, les bottines, ou bien encore les pantoufles, les escarpins et même les savates.Certains religieux portent des sandales ; les Orientaux ont des babouches.Explications.— Les bas : anciennement, on appelait chaussures une espèce de caleçon ; on les appelait haut-de-chausses quand elles n’atteignaient que le genou ; la partie qui continuait s’appelait bas-de-chausses, et plus simplement, bas ; le pied se nommait chausson.—Chaussettes : petit chausson.La cheville du pied : faire remarquer qu’il s’agit ici de la sallie osseuse que nous avons à l’articulation du pied, et qui ressemble à une cheville.—Sabots : chaussure en bois.—Bottines : petites bottes.—Religieux : ce mot désigne ici une personne qui fait partie d’un ordre monàstique.—Les Orientauz : les peuples de l’Orient, comme les Turcs, les Persans, etc.III DICTÉE Le sentiment religieux Le sentiment religieux est le plus puissant 1 de tous les hens sociaux.Il ne faut 2 pas dire que la famille est plus puissante 3 encore, car la piété filiale n’est qu’une forme de la piété.C’est la pensée|de Dieu 4 qui achève 5 de sanctifier le foyer domestique, ce centre béni 6 de toutes les affections douces et sociale.s.Otez 7 cette pensée du milieu d’un peuple, il n’est plus réuni en corps de nation que par l’intérêt et par la crainte 8.La loi civile n’est plus pour lui qu’un contrat social, où il donne à condition de recevoir ; il donne toujours et ne reçoit jamais, il devient 9 dupe à ses propres yeux.Ce qu’on appelle pompeusement 10 de la fraternité, ou la religion de la patrie, n’a pour lui aucune signification.Les citoyens ne sont que des associés, et non des frères 11.Jamais le dévouement et le sacrifice n’auront de place 12 dans un état ainsi conçu ; jamais ce lien fondé sur de telles bases ne sera regardé comme 13 indissoluble pour celui qui en souffre.Si l’on veut créer une grande famille qui ait 14 son unité morale, ses traditions, son honneur ; dont tous les membres se reconnaissent 14 solidaires les uns des autres 15, dont la loi soit 14 comprise et aimée, même .lorsqu’elle frappe, il faut 16 que le nom de la patrie éveille 17 des idées religieuses, que chaque citoyen se croie 17 attaché à elle par une volonté divine, que la transmission d’une morale reçue de père en fils établisse 17 une parenté entre tous ceux qui foulent le même sol et parlent la même langue, que les lois s’appuient 17 non sur la balance des intérêts, mais sur l’éternel idéal de la justice, et qu’en signe de cette origine elles soient 17 promulguées au nom de Dieu 18.Jules Simon.Questions 1.Qu’est-ce que marque l’expression le plus puissant ?—2.Qu’est il faut et quel est le sujet réel de ce verbe ?—3.Quel est le second terme de comparaison après plus puissante ?—4.Quel est le sujet et quel est l’attribut dans c’est la pensée de Dieu ?— 5.Pourquoi achève est-il écrit ainsi et quel est son complément direct ?—6.Quelle est la fonction de l’expression ce centre béni ?Quand écrit-on béni et quand bénit ?—7.Otez a-t-il ici le sens d’un impératif %—8.Dans cette phrase, ôtez cette pensée, etc., quelle est la proposition principale et quelle est la subordonnée ?qu’est la construction de cette phrase ?—9.Qu’est le verbe devenir de quel mot doit-il être suivi et quelles en sont les irrégularités?—10.Le mot sen- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 151 il ' :-il complément de appelle?—11.M ' que dans cette phrase il y a deux prou : é ions.—12.Quelle est la fonction du n : on p' 'et3 ?—13.Qu’est ici le mot place ?— M.Pourquoi ait, reconnaisse et soit scoL-ib au subjonctif ?—15.A quoi se rap-r o' o les uns et de quoi le pronom les autres t complément ?—16.Quel est le sujet r o 1 du verbe falloir ?—17.Pourquoi éveille, er, 3, établissent, s’appuient, soient, sont-ils au subjonctif ?—18.Quelle est, dans cette 1 hrase, la proposition principale, et pourquoi la i hrase est-elle inverse ?Explication du devoir 1— Le plus puissant forme un superlatif ; le plus exprime une idée d’excellence par comparaison avec tous les objets ou avec plusieurs objets semblables.2— Il faut, verbe impersonnel, ayant pour sujet réel ne pas dire ; ainsi : ne pas dire que etc., est nécessaire.3— Plus puissant forme un comparatif; pour exprimer une comparaison il faut deux termes ; après plus, moins, aussi, autant, le second terme se joint au premier par la conjonction que ; ici le second terme sous-entendu est : que le sentiment religieux.4— Dans c’est la pensée de Lieu, le sujet est la pensée de Dieu et l’attribut ce.5— L’s muet de achever prend un accent grave pour devenir è ouvert devant une syllabe muette.6— Ce centre béni fait fonction de qualificatif, se rapportant à foyer domestique.Le participe de bénir est béni ; le mot bénit, qui se dit seulement d’une chose consacrée par une cérémonie religieuse, est un adjectif.7— Otez signifie si vous ôtez, supposé que vous ôtiez.8— La construction de cette phrase est inverse, la première proposition, la proposition principale, est : un peuple n’est plus réuni, etc., et la seconde, subordonnée à la pre- mière, est : si vous ôtez cette pensée du milieu du peuple.9— Devenir est verbe neutre et demande comme le verbe être à être suivi d’un qualificatif, faisant partie de l’attribut.Ce verbe est irrégulier dans les dérivés du présent de l’infinitif : je deviendrai, je deviendrais, et dans les dérivés du participe présent qui ont un e muet après le radical : ils deviennent, que je devienne, etc.10— Sentiment se rapporte à que, en qualité d’explicatif; il a de plus rapport au verbe appelle, après lequel il répond à la question comment, et auquel il sert de complément modificatif.11— Dans cette phrase il y a deux propositions ; la première, affirmative : Les citoyens sont seulement des associés; la seconde, négative : Et ne sont pas des frères.12— Place est complément direct ; la préposition de avec la négative a le sens de aucune.13— Comme, après regarder, être regardé, et suivi d’un qualificatif, est adverbe.14— Ait, reconnaissent et soit sont au subjonctif, parce que le relatif qui est précédé de l’adjectif numéral un et en même temps d’un verbe exprimant la volonté.15— Les uns, relatifs au sujet les nombres, est sujet pléonasme, et des autres est complément de solidaires ; le sens est : les uns se reconnaissent solidaires des autres.Ces deux pronoms marquent la réciprocité.16— Falloir a pour sujet réel toutes les propositions suivantes commençant par la conjonction que.17— Ces cinq verbes sont au subjonctif, parce qu’ils dépendent de l’impersonnel il faut.18— Dans cette phrase la proposition prin-pale est il faut.La phrase est inverse, parce qu’elle commence par une subordonnée. t 152 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE VERS A METTRE EN PROSE LE LION DE FLORENCE Près des murs de Florence,une coutume antique, Consacrait tous les ans une fête rustique, [tour, Le peuple des hameaux, dausles champs d’alen-Eu chœur vient du printemps saluer le retour ; Mille groupes joyeux précipitent leur danse, Fidèles aux plaisir plutôt qu’à la cadence ; Tout à coup, ô terreur ! un formidable accent Perce la profondeur du bois retentissant.Un lion, l’œil en feu, se présente à sa vue : Tout fuit.Dans ce désordre une mère éperdue Emporte son enfant____Dieu ! ce fardeau chérie, De ses bras échappé, tombe : elle jette un cri, S’arrête.Il est déjà sous la dent dévorante.Elle le voit j frémit, reste pâle, mourante, Immobile, l’œil fixe et les bras étendus.Elle reprend ses sens un moment suspendus ; La frayeur l’accablait, la frayeur la ranime.O prodige d’amour ! ô délire sublime! [mon fils !” Elle tombe à genoux : “ Eends-moi, rends-moi Ce lion si farouche est ému par ses cris, La regarde, s’arrête et la regarde encore : Il semble deviner qu’une mère l’implore.Il attache sur elle un œil tranquille et doux, Lui rend ce bien si cher, le pose à ses genoux, Contemple de l’enfant le paisible sourire ; Et, dans le fond des bois lentement se retire, Millevoye.TRADUCTION EN PROSE DES VERS PRÉCÉDENTS Une fête cliampetre réunit tous les ans sous les murs de Florence les villageois des environs.C’est une ancienne coutume : le peuple des campagnes vient célébrer le retour du printemps ; mille groupes ivres de plaisir se livrent à des danses joyeuses.Tout à coup un rugissement horrible perce la profondeur dubois.Un bon d’une stature énorme apparaît l’œil en feu.Tout le monde est glacé d’épouvante ; en un clin d’œil, un tumulte, un sauve-qui-peut général remplace les cris joyeux et les pas cadencés des danseurs.Dans ce désordre affreux une mère éperdue emporte son jeune enfant.Grand Dieu ! ce précieux fardeau s’échappe de ses bras ! elle jette un cri de désespoir, s’arrête.l’enfant est déjà sous la gueule du lion i Pâle, immobile, mourante, l’œil fixe et les bras tendus, la pauvre mère reprend bientôt ses sens : la terreur qui l’avait d’abord accablée la ranime.O prodige d’amour maternel ! ô sublime délire ! Elle tombe à genoux devant l’animal féroce : “ Eends-moi mon fils ! ” s’écrie-t-elle.Le lion paraît ému par ses cris déchirants : il la regarde, s’arrête, la regarde de nouveau et semble deviner que c’est une mère qui l’implore.Il attache sur elle un œil doux et tranquille, vient doucement déposer son fils à ses genoux, contemple le paisible sourire de l’enfant et se retire à pas lents dans le fond des bois.ARITHMETIQUE PROBLÈMES 1.Lorsque le sirop se vend $0.72 le gall., combien Charles en donnera-t-il à Albert pour 4| cordes de bois à $1.27 la corde ?Eép.'8 galls.0 pot, 1 pinte, 1 chop 2.A raison de $1.45 de l’arpent, combien coûtera un fossé mesurant 7 arps.8 pchs.9 pds.?Eép.$11.38.3.14 ouvriers ont gagné $239.40 en 3 semaines.1° Quelle est la part de chacun ?2° quel est le prix de la journée ?1° $17.10 2° $ 0.95 4.Un commis, ayant un salaire annuel de $260.00, a reçu pendant le cours de l’année les montants suivants : sa pension à $8.00 par mois, 7f vgs.de Tweed à $1.47, 3f vgs.de drap à $2.24, 17| vgs.de toile fine à $0.42, 9f vgs.de flanelle à $0.48, et en argent $65.50.Combien lui revient-il sür son salaire de l’année?Eép.$67.08 Elz.Ouellet. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 153 POÉSIE LE VOYAGEUR RECUEILLI PAR LA RELIGION La neige, au loin accumulée, A torrents épaissis tombe du haut des airs, Et, sans relâche amoncelée, Couvre du Saint-Bernard les vieux sommets déserts.Plus de route : tout est barrière.L’ombre accourt : et déjà, pour la dernière fois, Sur la cime inliospitalièi;e, Dans les vents de la nuit l’aigle a jeté sa voix.A ce cri d’effroyable augure, Le voyageur transi n’ose plus faire un pas ; Mourant et vaincu de froidure, Au bord d’un précipice il attend le trépas.Là, dans sa dernière pensée, Il songe à son épouse, il songe à ses enfants j Sur sa couche affreuse et glacée, Cette image a doublé l’horreur de ses tourments.C’en est fait, son heure dernière Se mesure pour lui dans ces terribles lieux, Et, couvrant sa froide paupière, Un funeste sommeil déjà ferme ses yeux.Soudain, ô surprise ! ô merveille ! D’une cloche il a cru reconnaître le bruit.Le bruit augmente à son oreille : Une clarté subite a brillé dans la nuit.Tandis qu’avec peine il écoute, A travers la tempête un autre bruit s’entend : Un chien jappe, et, s’ouvraut la route, Suivi d’un solitaire, approche au même instant.Le chien, en aboyant de joie, Frappe du voyageur les regards éperdus : La mort laisse échapper sa proie, Et la charité compte un miracle de plus.Chênedollé.Eléments de chimie et de physique agricole par le Dr.H.LaRue (*;.DES ENGRAIS.Les engrais dont on peut faire usage économiquement en Canada sont les suivants : 1° engrais de ferme, ou fumiers ordinaires ; 2° engrais verts ; 3° terreau ; 4° chaux ; 5° plâtre ; 6° cendres.1° engrais de ferme.—Le fumier d’étable contient tous les sels nécessaires à la nutri-rion des plantes.En effet, il renferme, dans sa composition, les substances azotées en grande quantité, les sels de potasse, de chaux, de soude, la silice, etc.Le cultivateur doit donc faire tous ses efforts pour augmenter le plus possible la masse de ce précieux engrais.On parvient à ce résultat, surtout, par l’usage des litières.litières.—Comme litières on emploie, en premier lieu, les pailles des divers céréales.On doit utiliser encore comme litière, les balles de grains, les mauvaises herbes provenant des sarclages, les fougères, la terre de savane, les feuilles d’arbres, et, à défaut de toutes ces substances, la terre ordinaire.Les litières agissent de deux manières : 1° Elles retiennent et conservent les sucs du fumier (le purin) et les urines ; ces dernières sont une des parties les plus actives de l’engrais de ferme, à cause de la grande quantité de sels et de principes azotés qu’elles contiennent._ 2° Des litières de paille, de terreau, de feuilles, de fougères, etc., une fois imprégnées du suc des fumiers et des urines, se putréfient aisément.En se décomposant, elles cèdent à la terre non seulement les divers sels provenant des urines et du purin dont (1.) Ouvrage enrégistré.Permission bienveillante de l’auteur de reproduire. 154 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE elles sont imprégnées, mais encore les composés de potasse, de chaux, de soude, etc., qui entrent dans la composition de ces litières elles-mêmes.engrais verts.—On donne le nom à’engrais verts à certaines plantes que l’on sème et que l’on enfouit ensuite dans la terre par le labour, lorsqu’elles ont acquis assez de développement.Le sarrazin est un engrais vert excellent.Il est facile de comprendre comment les engrais verts enrichissent la terre.En effet, pour se développer et s’accroître, le sarrazin, comme toutes les autres plantes, est obligé de puiser sa nourriture non seulement dans l’atmosphèie mais même dans le sol.Au sol il enlève les divers sels qu’il renferme ; à l’air et à l’eau il prend le carbonne, hydrogène» l’oxygène et l’azote.Ces plantes, une fois enfouies, se décomposent, et remettent à la terre non-seulement les sels qu’elles lui ont enlevés, mais encore les composés de carbonne, d’azote, d’hydrogène qu’elles ont pris à l’air.Le sol se trouve donc enrichi d’autant.C’est de la même manière qu’agissent les friches.terreau, humus.—Les feuilles qui tombent des arbres tous les ans, les plantes, les herbes, qui ne sont pas récoltées, ainsi que leurs racine, atc., se décomposent peu à peu sous l’influence de l’air et de la chaleur, et finissent par se réduire en une substance noirâtre.C’est à cette substance qu’on donne le nom de terreau ou d’humus.Ce terreau se trouve en très grande quantité dans certaines terres basses désignées sous le nom de savanes.On donne alors à ce terreau le nom de terre de savane.Nous avons déjà vu que ce terreau forme une excellente litière pour les animaux ; de même, enfoui dans le sol, tel qu’il sort de la savane, et sans avoir passé par la litière, il se décompose à la longue, cède au sol les sels et les principes qu’il renferme, et l’enrichit.La décomposition du terreau, et, par conséquent, ses bons effets, sont grandement accélérés et augmentés si on le mêle à une certaine quantité de chaux avant de le répandre sur la terre.On donne à ces mélanges le nom de composts.chaux.—Les effets bienfaisants de la chaux sont dus à un grand nombre de causes qu’il serait trop long d’énumérer ici.“ Cette substance, disent Girardin et Dubreuil, est devenue peu à peu la base de la culture dans toutes les régions de l’Europe où l’agriculture est en progrès, et son usage ne cesse de s’étendre.” Il suffit de songer que le prix de la chaux en Canada, rendue sur les beux, est d’une piastres à une piastre et demie la barrique ; il suffit de se rappeler que deux à trois barriques par arpent ont toujours pour effet de doubler et même de tripler le rendement d’un lopin de terre, pour comprendre quels services immenses la chaux est appelée à rendre aux agriculteurs de ce pays.Plâtre,—Son action se fait sentir tout spécialement sur certaines plantes, telles que le trèfle, la vesce, le pois, le tabac, les choux, le bn, le chanvre, le sarrazin, et quelques autres.Cendres.—Les cendres, tous les cultivateurs le savent, sont un des meilleurs engrais à employer.Dans la composition des cendres il entre des sels de potasse, de soude, de chaux, de la silice etc.Les habitants des campagnes qui avoisinent les vibes achètent à grand prix les cendres lessivées des fabricants de savon.Les cendres lessivées portent, en Europe, le nom de charrée.La charrée contient beaucoup plus de chaux que la cendre ordinaire.DIVERS AUTRES ENGRAIS.— Enfin, il est une foule de substances, qui, utilisées à propos, ont l’effet d’enrichir la terre et d’augmenter le rendement des récoltes ; il suffira d’en énumérer quelques-unes ; ce sont les L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 155 excréments humains, la suie, les diverses eaux de lavage, les déchets de laine, les poils et carcasses d’animaux, le crépi de demolition, le varech, etc., etc.QUELQUES PROVERBES Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée.(1) —Il vaut mieux jouir d’une bonne renommée que d’être riche.C’est le baiser de Judas.—C’est le baiser d’un hypocrite qui caresse, qui flatte pour mieux tromper.C’est le ton qui fait la musique.—C’est le ton, c’est la manière dont on dit les choses qui dénote l’intention de celui qui les dit.Tirer à quelqu’un les vers du nez.—Faire dire à quelqu’un ce que l’on veut savoir, en le questionnant adroitement.Tuer le veau gras.—Paire quelque régal, quelque fête extraordinaire, pour marquer la joie qu’on a du retour de quelqu’un, (Songez à l’enfant prodigue.) Il ne faut qu’une brebis galeuse pour gâter tout le troupeau.—Un homme vicieux est capable de corrompre toute une société d’hommes vertueux.(1) Proverbe de Salomon : Melius est nomen bonum quam multœ divitie.(Mieux vaut une bonne réputation qu'une grande fortune.) Le mot ceinture, introduit dans le proverbe français, rappelle que nos ancêtres avaient coutume de porter leur bourse dans leur ceinture.Pernicieuse influence des hauts talons sur les yeux.On croit difficilement que les talons de bottines puissent avoir une influence sur les yeux.C’est d’Amérique que nous vient cette nouvelle.Un journal de Boston rapporte qu’un oculiste de cette ville a découvert que les hauts talons de bottines sont une cause de faiblesse et de maladie des yeux.“ Une jeune dame vint un jour le consulter sur l’affaiblissement de sa vue ; elle avait tenté, mais sans résultats, divers remèdes ; cette myopie passagère était pour elle un perpétuel tourment.L’oculiste l’examina attentivement, lui posa diverses questions, et lui demanda à voir son pied.Elle était chaussée d’une petite botte en chevreau avec talon très élevé, le pied serré et touchant le bout de la chaussure.“ Rentrez chez vous, dit l’ocuhste, et à l’avenir mettez d’autres talons ; vos yeux iront très bien.” Deux mois après?la jeune malade était complètement guérie.La complète harmonie entre les divers muscles du corps explique le rapport qu’ont entre eux les nerfs du pied et ceux des yeux.Que l’on partage ou non l’avis de notre confrère d’outre-mer, nos élégantes peuvent être assurées, que, si les hauts talons des bottines n’ont aucune influence sur les yeux, ils ont toujours le désavantage de donner à leur marche une allure disgracieuse dont on serait aisé de les voir se débarrasser.—La Gymnastique Scolaire.f 156 L'ENSEIGNEMENT PEIMAIEE Londres.Le 16 juin a eu lieu la principale couse (TAscot dont le prix était une coupe d’or valant 25000 francs! Est-ce bien pour le perfectionnement de la race chevaline qu’on affecte de pareilles sommes aux courses ?N’est-ce pas plutôt pour procurer à un monde blasé les émotions qui résultent des chûtes malheureuses des jockys, des paris, ou encore .pour satisfaire les élégantes qui en font l’objet de leur Longchamps?VINGT-CINQ MILLE francs pour voir courir un cheval ! En donnerait-on autant s’il s’agissait d’une œuvre utile à l’humanité, à la santé publique ?Hélas ! Nous sommes loin de ces temps où des ‘généraux romains et même des empereurs ambitionnaient la direction des gymnases et considéraient le perfectionnement de l’homme comme la chose la'plus noble et la plus sainte ! ! —La Gymnastique Scolaire.LIVRES CLASSIQUES GRAMMAIRE DE LHOMMOND Avec, syntaxe, REVUE PAR J.B.CLOUTIER.Devoirs Grammaticaux Par le même : MÉTHODE RATIONNELLE DE LECTURE, Ou le PREMIER LIVRE DES ENFANTS, Par le même : Tous ces livres ont été approuvés par le Conseil de l'Instruction publique et sont en vente chez tous les libraires de Québec.Librairie du bon Marché ( VJ VRE ET L A ISS ER VIVRE) 46, RUE DE DA FABRIQUE, 46.HAUTE-VILLE, QUEBEC.Avis à MM.les Secréta res-Trésoriers des écoles, à MM.les Instituteurs et Institutrices, à MM les marchands, etc., etc.Le gouvernement ayant aboli le Dépôt de Livres, M.Augustin Raymond, qui y a été employé durant trois ans, a pris la direction de la Librairie A.O.Raymond.La satisfaction qu’il a donnée à tous ceux qui ont eu affaire à lui au Dépôt le porte à croire que cette clientèle le suivra au nouvel établissement qui a été ouvert le II Août dernier, au No.46, rue de la Fabrique, en face de l’emplacement des anciennes Casernes des Jésuites.Les commissaires d’école trouveront à cette librairie tout ce dont ils peuvent avoir besoin—livres, cahiers, papier, plumes, la meilleure encre et poudre à encre française noire, etc., livres de comptabilité pour les secrétaires trésoriers, cartes géographiques, globes, etc., et de plus remarquez que mes prix sont les plus bas possibles et que j'offre les mêmes avantages pour payement etc., etc., qu'a l'ex-Dépôt de livres du gouvernement.La librairie À.U.Raymond se tiendra, aussi au courant des ouvrages de littérature française les plus rrécnts, tels que ceux d’Alphonse Daudet, d’Henri Gréviile, de Maxime Du Camp, de Victor Tissot, d’Octave Feuillet et de tous les meilleurs écrivains du jour.Lnfm l’on trouvera à cet établissement un assortiment complet de papeterie, imagerie, articles de fantaisie, etc., et le public y sera accueilli avec tous les égards et toute la politesse possible.{jA=* Une visite est respectueusement sollicitée.A.O.RAYMOND.COURS DE LECHEE A HAUTE VOIX ou Leçons pratiques de lecture française et de prononciation préparées spécialement pour les écoles canadiennes.PAR L’ABBÉ P.LAGACÉ.Cours complet à l’usage des écoles normales et des pensionnats.Abrégé à l’usage des écoles modèles et élémentaires.Ouvrage approuvé par le Conseil de 1 Instruction publique.
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