L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 février 1882, mercredi 15 février 1882
2me Année 15 FÉVRIER 1S82 Numébo 4 JOURNAL D’ÉDUCATION ET D’INSTRUCTION PARAISSANT LE 1er ET LE 15 DE CHAQUE MOIS, UES VACANCES EXCEPTÉES J.-B.CLOUTIER, Rédacteur-propriétaire.Prix de l’abonnement*: UN DOLLAR par an, invariablement payable d’avanee.Toute correspondance, réclamation, etc., concernant la rédaction devra être adressée a J.-B.Clootibr, professeur à l’école normale Laval ; celles concernant 1 administration, à A.Côté et C“ éditeurs-imprimeurs, Québec.SOMMAIRE.— Partie officielle : Avis de demande d’annexion de municipalité scolaire — Soixante-quatorzième conférence des instituteurs de la cire inscription de l’école normale Laval.—Pédagogie : Les conférences pédagogiques.— La méthode, par Paul Bousselol— Méthodologie: De l’enseignement du style.— Partie pkatique: I, Devoir d’invention.—II, Dictée.—Accroissement de Londres, explications.—III, Dictée.—L’établissement du Christianisme, questions, explications.— Devoir d’élèves —Au retour des vacances.—Arithmétique,—Problèmes.—Toisé.—Algèbre.-Annonce.Partie officielle DÉPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PDBLIQOE Québec, 19 janvier 1882.Avis de demande d’annexion et de délimitation de municipalité scolaire en vertu de la 5ème section, 41 Vict.cbap.6.Eriger en municipalité scolaire la mission de Saint-Marcelin, dans le comté de Rimouski, avec les limites qui lui sont actuellement données.CONFÉRENCE D’INSTITUTEURS Soixante-quatorzième conférence des instituteurs de la circonscription de l’école normale Laval, tenue le 28 janvier 1882.Présents:—M.l’abbé P.Lagacé, principal de l’école normale Laval ; Ed.Carrier, I.E.Juneau écrs, inspecteurs d’écoles, MM.F.X.Toussaint, J.B.Cloutier, D.MeSweeney, G.Labonté, B.Lippens, P.Ruel, M.O’Ryan, Frs.Pagé, Jules Cloutier, I*.Provençal, A.Tanguay, C.Lefèvre, D.Brève, T.Fournier, F.X.Lyndsay, A.Tremblay, A.Chabot,J.E.Aubé,T.Gagnon, D.Bélanger, F.Létourneau, J Létourneau, M.Ls.Tremblay, ecclésiastique, et les élèves-maîtres de l’école normale.M.le président et le vice-président étant absents, M.G.Labonté est appelé au fauteuil.Les minutes de la dernière séance sont lues et adoptées.M.B.Lippens parle sur l’agriculture.Il traite des engraisnaturels,réservantla question des engrais artificiels et végétaux pour la prochaine séance.La mauvaise manière d’employer les engrais, dit M.Lippens, cause chaque année, une perte considérable dans la province de Québec ; les cultivateurs feraient produire le double et même le triple à leurs terres avec les mêmes moyens, s’ils savaient conserver les engrais et les employer judicieusement, Il dit que les instituteurs peuvent rendre d’importants services dans les campagnes, en donnant aux cultivateurs, des conseils à ce sujet.M.U.E.Archambault, Acad, du Plateau, Montréal. 38 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE M.Toussaint félicite M.Lippens sur l’importante conférences qu’il vient de faire.Il dit qu’il a pris des notes sur les calculs que ce monsieur a faits des pertes faites par suite du mauvais entretien des engrais.Il profite de l’ocasion pour annoncer un nouvel ouvrage qu’il publie actuellement « série de problèmes pratiques à l’usage des instituteurs» et qu’il profitera des observations de M.Lippens pour y insérer plusieurs problèmes dont la solution démontrerait aux cultivateurs les profits qu’ils peuvent réaliser par une ^culture plus raisonnée.On passe ensuite au sujet de discussion: Quels'/sont les meilleurs moyens de propager l’enseignement intuitif dans les écoles primaires ?M.Cloutier, appelé par l’assemblée à ouvrir les débats, s’en excusa en disant qu’il n’était pas piéparéet qu’un sujet aussi important et aussi difficile que l’intuition ne pouvait être traité dans une improvisation.Il ajoute cependant les quelques remarques suivantes : Dans la pratique, l’intuition, c’est la culture intellectuelle au moyen d’objets sensibles.Ce mode d’instruire l’enfance date de très loin; les grands maîtres de la péda.gogie, tels que jComéniv.s, Pestalozzi, le Père Girard et beaucoup d’autres en ont hautement proclamé l’efficacité.Les leçons de choses, si en vogue aujourd’hui, tant en Europe qu’aux Etats-Unis, ne sont rien autre chose que la mise en pratique des principes posés par ces grands réformateurs de ^’enseignement.On peut et l’on doit enseigner, d après la méthode intuitive, toutes les branches du programme officiel,"savoir : la grammaire, la géographie, l’histoire, l’arithmétique, etc.Pour la grammaire, par exemple, faites écrire aux commençants les noms des objets qu’ils ont sous les yeux, montrez leur en plusieurs de mémo espèce quand il s’agira de leur apprendre à distinguer le singulier du pluriel, etc.Il en sera ainsi de la géographie et des autres branches.M.l’abbé Lagacé parla ensuite à peu près en ces termes : Pour bien comprendre ce que c’est que l’intuition, il faut remonter à la philosophie, parce que la pédagogie a sa racine, son fondement dans la philosophie.Qu’est-ce en effet que la pédagogie?c’est la science de l’éducation, et qu’est-ce que l’éducation, si ce n’est le développement des facultés, et comment développer les facultés, si on ne les connaît pas ?Or, la connaissance des facultés nous conduit dans le domaine de la philosophie ; c’est cette partie de la psychologie qu’on appelledyna-milogie, et que l’on devrait étudier dans toutes les institutions enseignantes.Mais pour acquérir une juste connaissance des*facultés, il faut les étudier.dans la philosophie scolastique, ou la philosophie de St.Thomas.Pour ne nous arrê er qu’aux facultés, c’est-à dire celles qui seules doivent nous occupper aujourd’hui, St.Thomas nous dit qu’elles sont de deux sortes : les sens et l’intellect.Les facultés sensitives sont les premières dans l’ordre chronologique que nous devions mettre en opération chez l’enfant : ce sont les sens externes : la vue, Y ouïe, etc., et les sens internes ; le sens commun, Y imaginative la mémoire^ t Y estimative.Par l’exercice multiplié des sens externes, l’imaginative s’enrichît de nombreux fantômes qu’on appelle espèces sensibles.C’est sur ce fond fourni par les sens que l’intellect s’exerce, travaille pour produire l’abstraction ou l’idée, ou encore la notion L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 39 ou connaissance inteliective.Sans ces fantômes fournis par les sens, l’intellect ne pourrait se développer en aucune manière, et l’enfant n’aurait jamais d’idées.Comment, en effet, avoir l’idée de la couleur, si l’on n’a pas vu des couleurs avec ses yeux ?l’aveugle n’a pas l’idée de la couleur.Comment avoir l’idée du son, de l’harmonie, si l’on n’a jamais rien entendu?de la pesanteur, si on n’ajamais rien pesé ?L'enseigne" ment intuitif veut donc dire l’enseignement qui s’adresse aux sens.Il faut donc montrer aux enfants les objets ou du moins les images des objets dont on veut leur donner la notion.De là, la nécessité pour l’instituteur de savoir le dessin.C’est un art qu’il pourra tous les jours mettre en pratique dans les leçons de choses qu’il aura à donner à ses élèves ; de là encore l’importance des musées pédagogiques , des excursions scolaires, etc., etc.En un mot, l’enseignement intuitif, dont on parle tant aujourd’hui en pédagogie, n’est autre chose que l’application journalière de ce principe de la scolastique.Il n'y a rien dans l'intellect qui n'ait passé par les sens.Les sens externes sont les portes de l’âme, les sens internes en sont le vestibule.L’instituteur doit pénétrer dans l’âme des enfants qui lui sont confiés en entrant par les portes naturelles, mais il doit bien se garder de rester dans le vestibule, il faut qu’il arrive jusqu’à l’intelligence et au cœur.M.Toussaint fait de nouveau appel aux instituteurs, les pressant d’assister aux con férences, de préparer des essais et de prendre part aux discussions.C’est par des études constanteset journalières qu’un jeune homme fait sa marque dans la carrière qu’il a embrassée et nos conférences leur offrent un excellent moyen d’émulation.M.l’inspecteur F.-E.Juneau demande de substituer à son nom celui de M.J.-A.Manseau, comme devant donner une conférence à la prochaine séance sur l’enseignement de la sténographie dans les écoles normales.A la prochaine séance, M.Lippens continuera son cours d’agriculture, M.D.Bélanger traitera un sujet, et la discussion sur l’enseignement intuitif sera continuée.La séance est ajournée au dernier samedi de mai prochain, à neuf heures a.m.J.Létourneau, Secrétaire.-ooo- Les conférences pédagogiques Dans un article publié dans notre dernier numéro, un de nos collaborateurs, M.J.L.fait voir l’importance des conférences pédagogiques et la nécessité pour les instituteurs de les fréquenter.Nous sommes parfaitement d’accord avec notre ami sur ce point, car il n’y a pas, selon nous, de moyen plus efficace do s’instruire, de s’habituer à l’art de la parole, que l’assistance régulière à ce3 assisses scolaires.Dans certains pays de l’Europe, on attache tant de prix aux avantages que peuvent retirer les instituteurs de ces réunions que, non seulement on leur fait un devoir d’y assister, mais encore on les oblige d’en donner un compte rendu h un comité, qui a pour mission d’examiner le travail do chacun et de choisir le meilleur pour la publication officielle des délibérations.Afin d’obtenir l’honneur de la publication, chaque instituteur fait des efforts inouïs pour fournir un travail aussi parfait que possible.Il suit les discussions avec la plus rigoureuse attention, prend des notes de tout ce qui se passo sans perdre une seule syllabe. 40 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE On conçoit facilement l’excellence d’un tel système et les précieux résultats qu’il produit.Mais il n’est pas qu’en Europe où les instituteurs sentent le besoin dose rencontrer; les instituteurs canadiens savent aussi apprécier les avantages que produisent les discussions pédagogiques, (.'eux do Montréal surtout ne se contentent pas d’assister aux réunions réglementaire de leur asso* eiation, mais ils se réunissent encore plusieurs fois par année pour discuter diverses questions d’enseignement.Nous les félicitons de ce zèle qui leur fait certainement honneur.C’est ainsi, par exemple, que le dernier numéro du Journal de VInstruction publique nous a donné le compte rendu de l’une de ces assemblées de famille qui a eu lieu dernièrement à l’école normale 'Jacques-Cartier.Le sujet discuté a été le suivant: « Afin d’exciter l’émulation chez les élè-"ves, serait-il préférable de faire plusieu) s -distributions de prix échelonnées à diverses époques de l’année scolaire, ou de n’en faire qu’une à la fin de l’année?» Ont pris part à la discussion, MM.Ahern, Demers, O’Donnoughue, Durocher, Brennan, Boulay, Primeau, Gervais, Dorais, le Dr.Mousseau et M.l’abbé Terreau qui a clos les débats.Nous regrettons de no pouvoir, faute d’espace, reproduire les différentes opinions émises par les orateurs ci-dessus sur cette intéressante question.Elle a dû être discutée de nouveau à la conférence générale des instituteurs qui a eu lieu [le 26 et le 27 du mois dernier, à l’école normalejJacques-Cartier.-ooo-• LA MÉTHODE Le travail attrayant Au seuil de la question de la méthode se présente celle du travail attrayant.Depuis Rabelais et Montaigne jusqu’à )M.Herbert Spencer, en passant indifféremment par Fénelon, Rousseau.Pestalozzi, Frœbel, les Jésuites et les saints-simoniens, c’est le cri universel.A peine quelque protestation isolée, comme celle de Kant, trouble l’unanimité de ce concert.S’il s’agissait de transformer le travail en jeu et l’étude en amusement, je serais de l’avis de Kant contre tous les autres.L’entreprise est irréalisable ; on a beau déguiser aux yeux du petit enfant les lettres de l’alphabet sous d’alléchantes images, le moment vient où l’image s’évanouit : le masque tombe et l’alphabet reste, à moins d’abolir purement et simplement l’effort, la discipline et du même coup l’éducation.Singulier apprentissage de la vie que la suppression , au profit de l’enfance, de la loi du travail, première condition de la vio 1 ! Ce n’est pas là ce que demandaient les maîtres de la pédagogie moderne, surtout les maîtres français.Si l’on se reporte aux traditions de la scolastique, on s’explique les protestations véhémentes des réformateurs du xvie siècle, et les plaintes encore trop justifiées de ceux qui vinrent après eux.L’étude est par elle-même assez pénible pour qu’on n’aille pas comme à plaisir la rendre encore plus rebutante.Il faut au contraire chercher à en adoucir 1 amertume, à lui enlover tout ce qu’il est possible de 1 Un utopiste célèbre dans la première moitié de ce siècle, Cabet, voulait que le code des écoles fût rédigé par les écolit rs eux-mêmes.Un autre abolissait tout simplement l’obéissance et la discipline (Voy.Considérant, Thècria de Cè> ucalion na-lurellle et allrcyante, dédiée aux mères; Paris, 1844.) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 41 eon aridité, mais bien plus en agissant sur l’esprit de l’enfant qu’en s’efforçant de modifier la nature même de l’étude.L'intelligence n’agit que sous l’infiiience de quelque mobile ; le plus efficace est sans con tredit le plaisir causé par faction elle-même: toute la force dont l’esprit dispose à un moment donné se porte vers l’exercice qui castse le plaisir.Mais ce plaisir ne doit être ni tumultueux ni trop intense, sous peine de produire un résultat tout opposé à celui que l’on poursuit et do détourner l’esprit de son objet.((S’il est de nature à augmenter peu à peu, il n’en vaudra que mieux; un faible commencement avec un accroissement régulier, qui n’absorbe jamais trop l’esprit, est le meilleur stimulant pour les facultés intellectuelles.Pour agrandir encore davantage le champ de la stimulation, sans risquer d’arriver à un excès nuisible, nous pourrions commencer du côté négatif, c’est a dire par la douleur ou la privation, que nous ferions peu à peu décroître dans le cours du travail, jusqu’à ce qu’elle fût enfin remplacée par la joie que cause un plaisir croissant.Nous exprimons ordinairement cette loi en disant qu’un élève a du goût pour son travail, qu'il y va de tout cœur, qu’il apprend cum amove.Ce fait est bien connu; mais l’erreur qui s’y attache consiste à conseiller ou à vouloir imposer cette disposition à tous les élèves et dans tous les cas, comme si elle pouvait se commander et qu’elle ne fût pas elle-même une cause de dépense de forces intellectuelles b » L’excitation agréable, dans la mesure où elle est désirable et utile, doit être au service de 1.M.Bain, La science de Véducation, liv I, ch.ni, p.21 et suiv.Il y a dans ces pages une analyse très f’ne de l’action du plaisir et de la douleur au point de vue intellectuel.l’attention, aider à la concentration de l’esprit sur un travail, objet auquel elle est limitée ; si elle ne sert pas à fixer l’esprit et qu’elle le dissipe, elle est dangeureuse et produit un effet tout opposé à celui qu’on en attend.«La véritable excitation qui convient à un sujet donné est celle qui naît de ce sujet même, s’y attache et s’y borne.Or, la recette pour produire ce genre d’excitation consiste dans une application continue de l’esprit au millieu d’un calme extérieur parfait.Bornez autant que possible toute autre action des sens, fixez l’attention uniquement sur l’action qu’ii s’agit d’apprendre, et, en vertu de la loi de persistance nerveuse et intellectuelle, les courants cérébraux prendront graduellement plus de force, jusqu’à ce qu’ils aient atteint le point où ils ne sont plus utiles pour le moment. • Jules n’est plus jeune ; il a une belle figure et il est bien vêtu.Sa famille est très riche, aussi a-t-il de l’argent dans sa poche, mais rien dans la tête.Quand il était petit, il jouait toujours et n’étudiait jamais.Maintenant il est grand ; il ne sait ni lire, ni écrire, ni com; tor.Il ne connaît pas l’histoire, ni la géographie, il sait à peine écrire son nom.Quand il parle, il se trompe souvent, car il ne sait pas un mot de la grammaire; il devient tout rouge quand on se moque de lui à cause des fautes qu’il fait pendant la conversation.Corrigé LA FILLE IGNORANTE.Julie n’est plus jeune ; elle [a une belle figure, et elle est bien vêtue.Sa famille est très riche, aussi a-t elle de l’argent dans la poche, mais rien dans la tête.Quand elle était petite, elle jouait toujours et 44 \ L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE n’étudiait jamais.Maintenant elle est grande; elle ne sait ni lire, ni écrire, ni compter.Elle ne connaît pas l’histoire, ni la géographie ; elle sait à peine écrire son nom.Quand elle parle, elle se trompe souvent, car elle ne sait pas un mot de la grammaire ; elle devient toute rouge quand on se moque d’elle à cause des fautes qu’elle fait pendant la conversation.If ïlietéc ACCROISSEMENT DE LONDRES La population de Londres, qui dépassait un demi-million d’hommes au commencement du dix huitième siècle, était de près d’un million cent ansaprès; et, depuis cette époque, elle a quadrupelé.L’accroissement normal, qui pendant la dernière décade était de 45,000 personnes, est maintenant au moins de 6*0,000 habitants chaque année; l’augmentation est la même que si un village peuplé de 240 personnes surgissait tous les jouis pour s’ajouter à l’immense agglomération; en moyenne plus d’une maison par heure vient se dresser autour dos 530,000 maisons que comprend déjà la métropole.Les empiètements de Londres sur la campagne ressemblent, par four marche inexorable, à un phénomène de la nature : la mer de « briques et de mortier* s’agrandit sans cesse comme la surface d’un lac qui vient de rompre ses digues.Et tandis que Londres augmente en étendue, par des faubourgs comparables à ces nœuds de racines traçantes que certaines plantes projettent autour d’elles, les villages de la banlieue s’accroissent aussi; ils deviennent des villes et bientôt se trouvent englobés dans la cité qui déborde; de même qu’il y a trois cents ans, Londres et Westminster, .autrefois distinctes, se sont fondues en une seule capitale, de même Greenwich et Wolwich se soudont avec leur puissante voisine par des isthmes de maçonnerie.Actuellement la longueur développéo des rues de Londres, au nombre de 23,000, suffirait pour atteindre et dépasser, à travers toute l’Europe et lLAsie intérieure, l’extrémité méridionale de KHindoustan.E.Reclus.QUESTIONS ET EXPLICATIONS.Normal (lat.norma, règle), qui est conforme à la règle.— Décade (grec deçà, dix), dizaine.Espace de dix jours.— Mots de cette famille: décamètre, décalitre, décagone, décadi.= Rappeler les règles relatives à cent, mille.— Métropole (grec mêtêr, métros, mère ; polis, ville), autrefois ville principale d’une province.Se dit do la capitale d’un Etat, et de l'Etat lui-même, considéré par rapport à ses colonies.= Qu’appelle-t-on complément ?— Définir le complément direct ?indirect ?circonstanciel f— Moyen pratique pour reconnaître, par une question, le complément indirect ?= Faubourg (de fors, hors, préposition qu’on retrouve dans la phrase: «tout est perdu fors l’honneur,» attribuée à François Ier ; et bourg), partie d’une ville située en dehors de son enceinte.— Projeter.Quelle remarque est à faire sur les verbes en eler e ten eterl = Westminster.A l’O.de la cité de Londres ; c’est là que réside la reine et que sont installées les diverses administrations.— L’abbaye, de style ogival, est célébré comme lieu de couronnement; elle renferme les tombesde beaucoup de grands hommes.—Greenwich au S.-E.de Londres.Les Anglais so servent du méridien qui passe par l’observatoire de cette ville (à 2° 20’ 15” O.environ du méridien de Paris).= Wolwich, arsenal de la marine,— isthme.Définition?Qu’y a-t-il à dire sur les isthmes de Suez et de Panama? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 45 Nota.— 1° Distinguer par un trait (—) les compléments directs, par deux traits (=) les compléments indirects, par un trait pointé (.) les compléments circonstanciels.— 2° Donner ia signification de : accroissement, agglomération, inexorable,phénomène,.—3° Faire un tableau de toutes les grandes villes du monde dont la population dépasse 500,000 habitants.—-L'Instruction primaire.l’orthographe de ce mot ?Quels sont ses homonymes ?—4° De graves cérémonies, des menaces terribles, de redoutables mystères.Expliquez quand on doit employer de seulement et quand on met des devant un nom pris dans un sens partitif.—5° C’est là tout ce.Quels sont le sujet et l’attribut de cette , ^ III “Dictée l’établissement du christianisme.Armé d’une croix de hoist, on le voit tout à coup s’avancer au milieu des joies enivrantes et des religions dissolues d’un monde vieilli dans la corruption.Aux fêtes brillantes du paganisme, aux gracieuses images d’une mythologie enchanteresse2’ à la commode licence de la morale philosophique, à toutes les séductions des arts3 et des plaisirs, il oppose les pompes de la douleur, de4 graves et lugubres cérémonies, les pleurs de la pénitence, des4 menaces terribles, de4 redoutables mystères, le faste effrayant de la pauvreté, le sac, la cendre et tous les symboles d’un dépouillement absolu et d’une consternation profonde; car c’est là tout ce5 que l’univers pain aperçut d’abord dans le christianisme.Aussitôt les passions s’élancent avec fureur contre l’ennemi qui se présente pour disputer l’empire.Les peuples, à grands flots, se précipitent sous leurs bannières : l’avarice y conduit les prêtres des idoles ; l'orgueil y amène6 les sages, et la politique, les empereurs7.QUESTIONS 1° Croix de bois.Pourquoi l’article est-il supprimé devant bois 1 Quels sont les homonymes de croix ?—2° Enchanteresse.Comment ce mot fait-il au masculin ?La formation du féminin est-elle conforme à la règle?—3° Arts.Comment reconnaît-on proposition ?Comment l’adverbe là entre-t-il dans le pronom cela, et l’adverbe ci ou ici dans le pronom ceci ?Quel est l’usage différent de ces deux pronoms ?—6° Amène.Quand ce verbe change-t-il Yè ouvert en e muet?—7° La politique, lesemperturs.Qu’y-a-t-il de sous-entendu entre ces deux noms?Quel est le féminin d’empereur 1 RÉPONSES.1° Croix de bois.L’article est supprimé devant bois, parce que, étant complément d’un nom, il exprime d’une manière générale la matière dont une chose est faite.— Croix, nom féminin, a pour homonymes crois, croit du verbe croire, et croîs, croît, du verbe croître.2° Enchanteresse est le féminin del’adjeetif ou du nom qualificatif enchanteur.Cette formation du féminin fait exception au principe d’après lequel les adjectifs venant d’un participe présent par le changement de ant on eur forment leur féminin en euse; les mots vengeur et bailleur sont compris dans la même exception.3° Art.On voit que ce mot se termine par t, parce que cette lettre se trouve dans son dérivé artiste.—Il a pour homonymes, arrhes, nom féminin plur., gage d’un marché; are, nom masculin, mesure agraire; hart, nom féminin, lien d’osier, corde pour pendre; et ars, hard, moins usités.4° De graves ceremonies, des menaces terribles, de redoutables mystères.Ces trois expressions offrent des exemples de l’emploi du mot de et du mot des devant un nom 46 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE pris dans un sens partitif.On emploie de seulement quand le nom est précédé d’un qualificatif ou d’un verbe accompagné d’une négation, et des quand il n'y a ni négation ni qualificatif devant le nom pris dans un sens partitif 5° C'est là tout ce.Le premier ce auquel il faut joindre là pour former le pronom cela rappelant ce qui a été dit préc édemment, est sujet de cette proposition, qui a pour attribut tout ce.Le pronom cela est formé de l’adverbe ci ou ici.Ce dernier s’emploie?pour désigner l’objet le plus proche (qui est ici), ou celui qui a été nommé en dernier lieu; cela sert à désigner l’objet le plus éloigné (qui est là), ou dont on a parlé en premier lieu.Ceci s’emploie encore pour annoncer ce que l’on va dire, et cela pour rappeler ce qui a été dit.6° Amène prend un accent grave, parce que Ve est suivi d’une syllabe muette, mais autrement ce verbe ne prend pas d’accent ainsi : amener, nous amenons, il amena.7° La politique, les empereurs'.Entre ces deux noms e6t sous-entendu y amène.—Le féminin du nom empereur est impératrice.-ooo- Devoir d’élèves AU RETOUR DES VACANCES Ma chère Clothilde, Pourquoi faut-il donc que le temps yasse si vite ?Pourquoi les jours où l’on semble goûter quelque plaisir légitime, s’enfuient-ils avec tant de rapidité ?C’est là sans doute un effet de la volonté divine, me répondras-tu ; Dieu veut ainsi nous montrer que nous ne sommes pas faits pour les choses passagères, mais bien pour celles qui ne doivent point finir.A quelle occasion ce sérieux préambule, s’il te plait ?Ah ! ma Clothilde, c’est que je pense à mes vacances du jour de l’an, ce soir, et malgré moi, je me sens toute triste en me rappelant les parents chéris que j’ai laissés pour revenir m’enfermer dans mon pensionnat.Cependant je ne veux pas que ma lettre soit toute noire, et c’est pour cela que je viens y placer un point tout brillant, tout lumineux : je veux parler de mon arrivée dans ma famille.Depuis longtemps j’y étais attendue ; aussi dès que la voiture fit son entrée dans la cour, j’aperçus deux petits êtres que l’on avait probablement placés en sentinelles, s’élancer du lieu de leur observation, franchir en un instant la distance qui les séparait de la maison, et entrer, en criant de toute la force de leurs poumons de huit ans.« La voilà ! La voilà ! » Je compris qu’il s’agissait de moi, car en deux secondes je fus entourée et pour ainsi dire étouffée par les embrassements de tout un petit peuple d’enfants.Enfin, je me dégageai de leur étreinte, et je courus me jeter dans les bras de ma petite mère chérie, que la maladie l’etenait dans son lit.Il y avait quatre mois que je n’avais embrassée cette bonne mère, et ces quatre mois m’avaient paru autant de siècles; mais dans ce moment, je fus complète ment dédommagée de ma longue privation en recevant des baisers si doux et si affectueusement maternels.Aussi, ce jour mcriterait-il d’être marqué de la pierre blanche ainsi que les sept autres qui leur succédèrent.Mais, hélas ! tout finit, les beaux jours comme les mauvais, et je crois que les beaux passent encore plus vite que les autres.Après une semaine remplie des joies pures de la famille, il fallut leur dire un cruel adieu, et revenir au couvent pour y reprendre des études quelque temps interrompues.Je ne dirai pas tout ce que j’ai souffert pour cacher à ma mère, encore malade, la dou- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 47 leur que je ressentais de lu quitter ] je simulai une espèce de joie, qui mo faisait mal et je m’éloignai.En entrant, je retrouvai mes bonnes com ¦ pagnes, mais rien ne m’enpêcha de trouver le temps horriblement long ; enfin le soir arriva, et lorsque je me vis seule, je donnai un libre cours à mes larmes, ce qui soulagea si bien mon pauvre cœur oppressé, que je me retrouvai toute joyeuse et pleine de courage pour reprendre mes travaux.Aussi ne t’étonne donc pas si je me dis encore et pour toujours.Ton heureuse OCTAVIE.•-000- Arithmétique PROBLÈMES 1.14 qnts, 64 Ibs, 8 onces coûtent $145.60’ combien vaut la livre?A 100 Ibs le quintal, 14 qnts, 64 Ibs, 8 one.= 1464.5 $ 1464.5 ) 14560.0 j $0.099 13180 5 - 137950 131805 6045 Eép.$0.099, ou .10 cts en compensant, comme on le fait dans la pratique.2.Si une livre avoir du poids vaut $19.3085, combien vaudront 7 onces?19.3085 7 4 ) 135.1595 4 ) 33.7898.75 $8.447468 Rép.$8.45 3.Un lot de pièces d’argent pèse 6 Ibs, 15 onces, 8 drgs ( ivoir-du-poids).Quelle en est la valeur ?La livre av.-du-p.vaut $19.3085.8 ocs =• ^ 19.3085 6 115.8510 4 = £ 9.6542 2 = £ 4.8271 1 = b 2.4135 — 1.2067 8drgs—4 .6033 Rép.134.5558 4.§ coûtent $5.20, combien les Opération.—En réduisant les deux fractions au même dénominateur au § = f?et \ — ff.Si if coûtent $5.20, -/< coûtera 16 fois moins, et fi 21 fois plus.5.20 -x 21 = $6.825 Rép 16 5.I d’une maison valent $2600.00, combien les ,i)-?(Faites comme dans le cas précédent.) $2600 -x 3 = $975.00 Rép.8 -ooo- Toisé 11 y a dans une cour un petit étang en forme d’ellipse, dont le petit diamètre est 15 pieds et le grand 25.On veut en faire boiser le contour d’une largeur de 5 pds 6 pcs, à raison de 7|- cts le pied carré.Combien faudra-t-il payer?OPÉRATION.25 -f 11= 36 grand diamètre.15 -P 11 = 26 petit » 36 x 26 = 936 produitdesdiarn.delagrandeell.25 x 15 = 375 » > petite » 561 diff.des produits.561 x .7854 = 440 60 -4 surf, de l’anneau.440.6094 à 7£ cts = $33 05 près.Explication.—La boiserie à faire est un anneau ellipsoïde dont on trouvera la surface de la manière suivante : Puisqu’il faut une boiserie de 5’ 6” autour de l’étang, il L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 48 faut ajouter 5' 6” aux deux extrémités des diamètres connus, c’est à dire, ¦25 + (5’ 6” x 2)= 36’, et 15 + (5’ 6” x 2)= 26’* Règle jour trouver la surface d'un anneau ellipsoïde.—Du produit des deux diamètres de ]a grande ellipse, retranchez celui des deux diamètres de la petite, multipliez le reste par .7854, et le produit sera la surface de l’anneau.Ou bien, soustrayez la surface de la petite de celle de la grande, et vous obtiendrez le même résultat.-ooo- Algèbre IJn marchand a vendu pour $121.60 de tabac, une partie à 20 ets la livre et le reste à 25 cts.Le premier lot vendu est au second comme § est à §.Combien de livres de chaque sorte a-t-il vendu?| : f :: 9 : 8 Soit 9x = le nombre de lbs du premier lot.et 8x = » » deuxième » 9x x 20 + 8x x 25 = 121.60 ISOx + 200x = 121.60 380x = 121.60 .-.x = 32 9x = 288 lbs le premier lot.8x = 256 lbs le dernier.Preuve.288 x § = 192 256 x | = 192 Je suppose ensuite 360 et 320.320 à 25 cts = 80.00 360 à 20 cts - 72.00 152.00 Ce devrait être 121.60 Deuxième erreur +30.40 Les erreurs 7.60 et 30.40 sont dans la proportion de 1 : 4.Je multiplie les premiers nombres supposés par la deuxième erreur, et les deux I -derniers supposés par la première erreur.j Comme les erreurs sont dissemblables, je I ^ divise la somme des produits par la somme des erreurs.270 v 4 — 1080, 240 x 4 = 9G0 3G0 x l — 360, 320 x 1 = 320 Somme des erreurs 5 ) 1440 5 ) 1280 288 lbs 256 lbs Le même problème par les proportions.9 lbs à 20 cts = 1.80 8 lbs à 25 cts = 200 11 est évident que le prix de chaque lot sera dans la proportion de $1.80 est à $2.00, ou de 9:10.¦ = 9 + 10 = 19 19 : 121.60 :: 9 : 57.60 prix du l*r lot.19 : 121.60 :: 10 : 64.00 « « 2e « 57.60 -+ 20 = 288 lbs premier lot.64.00 -+ 25 = 256 lbs deuxième h 288 à 20 cts - $ 57.60 256 à 25 cts = 64.00 $121.60 Le même problème par la fausse position double.Je suppose deux nombres qui soient dans la proportion de f : §, ou de 9 : 8.Soient par exemple 270 et 240 : 240 à 25 cts = 60.00 270 à 20 cts = 54.00 114.00 Ce devrait être 121.60 Première erreur —7.60 LIVRES CLASSIQUES U GRAMMAIRE DE LH0MM0ND l! AVEC SYNTAXE, | REVUE PAR J.B.CLOUTIER.DEVOIRS GRAMMATICAUX J Par le même : Méthode Rationnelle de Lecture, I « ou LE J 4 Premier Livre des Enfants, Par le même : Tous ces livres ont été approuvés par le Conseil de l’Instruction publique et sont en vente chez tous les libraires de Québec.
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