L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 février 1885, lundi 16 février 1885
5me Année 16 FEVRIER 1885 JN UMÉRO 4 OIM I!0 Wf p | JOURNAL D’EDUCATION ET D’INSTRUCTION PARAISSANT LE 1er ET ^E 15 DE CHAQUE MOIS, LES VACANCES EXCEPTÉES ol.-iSc CLOUTIER, î&édaeteiis*-propriétaire Prix de l’abonnement : UN DOLLAR par an, invaria/biement payable d’avance Toute correspondance, réclamation, etc., concernant la rédaction, devriêtre adressée à J.-B; Clout il'.R, professeur à l’école normale Laval ; celles concernant l’administration, à L.J.Demers & Frère, imprimeurs-éditeurs, no.30, rue de la Fabrique, Québec.SOMMAIRE : —Errata.—Actes officiels.—Nominations de commissaires d’écoles, etc., etc., -Délimitation de municipalités scolaires.— Pédagogie : Réunion d'instituteurs.—Compte rendu de la quatre-vingt-troisième conférence dfs instituteurs de la circonscription de l’école normale Lava1.—Lecture expressive —La mort de Marceau.—Partie pratique.— i I, Dictée.—II, Dictée—Le Corbeau et lo Renard.—III, Dictée—Lettre.—Arithmétiqu e Problèmes — Toisé — Algèbre.— Leçon de choses—Les plumes —Annonces.ERRATA Voici quelques erreurs qui se sont glissées dans la traduction que nous avons faite de la série de transactions que nous a transmise M.l’Abbé D.,numéro du 15 décembre.1° ICO bris, fleurs à $6,50=$650.00 2° Le 8 mai, au lieu de Robert L.lisez Albert.3° Le 15 mai, la transaction doit se lire comme suit : Acheté de Peter Scott, 600 mts.blé d’Inde @ $0.40=$ 240.00 200 bris, fleur @ 6.55= 1310.00 $1550.00 Donné en payement : En argent.$1000.00 Mon billet pour bal.550.00 $1550.00 Actes Officiels Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Horanaur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR par un ordre en conseil en date du 23 janvier courant, de faire les nominations suivantes, savoir : Commissaires d'écoles.Comté de Beauce, Les Saints Anges.—M.Basile Picard, en remplacement de M.Ferdinand Perreault.Comté de Beauce, Saint-Joseph.— M.Thomas Caret, en remplacement de M.Elzéar Nadeau.Comté de Bertbier, Canton Brassard.— MM.Norbert Provost et James Racine.Comté de Montcalm, Saint-Liguori.—M.Jacques Latour, en remplacement de M.François Forest, qui a quitté la municipalité.Département de l’Instruction publique -Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un ordre en conseil, en date du 23 janvier courant (1885), de nommer le Rév.M.Louis Nazaire Bégin, prêtre, de Québec, comme principal de l’école normale Laval de Québec, en remplacement de feu M.Pierre Lagacê, prêtre.Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un ordre en conseil en date du 23 janvier courant (1885), de nommer le Révd. 42 RENSEIGNEMENT PRIMAIRE M.P.Jutras, curé de Saint-Patrice de Tingwick, membre dubureau d’examinateurs del< Danville,” en remplacement du Révd.M.Th.Quinn, qui a résigné.Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un ordre en conseil en date du 23 janvier courant (1885), de détacher de la municipalité de “ Saint-Constant”, dans le comté de Laprairie, pour les annexer à la municipalité de “ Saint-Philippe ”, dans le même comté, les terrains décrits aux cadastres et plans officiels de renvoi pour la dite municipalité de “ Saint-Cons.tant ”, sous les Nos.30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, et ce, pour les fins scolaires seulement.-o-o-o- CONFERENCE D’INSTITUTEURS Quatre-vingt-troisième conférence des j instituteurs de la circonscription de j l’école normale Laval, tenue le 31 de j janvier 1885.Présents : M.l’abbé L.N.Bégin, Principal de l’école normale Laval, M.l’abbé T.G.Rouleau, assistant-principal, M.l’abbé Lasfargues, Supérieur du Patronage, MM.Tardé et Cointepas, Frères de St-Vincent de Paul ; F.E.Juneau, Ed.Carrier, J.Prémont, P.Ruel, écrs., inspecteurs d’écoles ; MM.Jules Cloutier, président, F.X.Toussaint, N.Laçasse, J.B Cloutier» D.McSweeney, M.O’Ryan, J.E.Roy, C.Lefèvre, D.Frève, F.Lêtourneau, Ths.Fournier, Frs.Pagé, J.E.Aubé, Z.Dubean, Jos.Magnan, P.Dutil, A.Vallée, J.Lêtourneau, MM.T.Marcoux et E.Paquet, ecclésiastiques, et les élèves-maîtres de l’école normale.Les minutes de la dernière assemblée sont lues et adoptées.M.C.Lefèvre donne un intéressant entretien sur la photographie, et captive son auditoire pendant plus d’une heure.Voici un résumé succinct de ce qu’il a dit : A la vue de toutes les merveilles de l’art j et de la nature, regrets, pour ceux qui voudraient an garder un souvenir tangible, de ! ne point savoir dessiner on photographier.Importance et applications de la photo-; graphie.Les sciences, les arts, l'industrie, le commerce, l’art militaire, les expéditions, la police, ne peuvent plus s’en passer aujourd’hui; et par suite, il est indispensable à tout homme du monde d’en avoir au moins une idée précise.Ce qu’est la photographie.Son histoire depuis les temps les plus reculés jusqu’à Daguerre et Niepce de Châlons.Daguerre fait connaître au monde sa découverte.Son procédé.Les changements et les améliorations apportés au nouvel art par une multitude de savants et de praticiens de tous les pays.Malgré ses perfectionnements, la photographie, jusqu’à 1878 était impossible à l’amateur.Découverte des plaques instantanées au gé la tino- From ure.Désormais, pourra photographier qui voudra ; plus de manipulations difficiles; plus de bagages encombrants, plus de liquides dangereux ou désagréables à emporter.Description détaillée du nouveau procédé.Pratique jointe à la théorie pour mieux intéresser l’auditoire et lui prouver la facilité de la chose.Les savants n’ont pas encore pu donner tous les pourquoi des phénomènes observés en photographie.La photographie est un métier pour quelques-uns ; elle est un art pour d’autres.Description de l’atelier photographique; c’est une vraie école de mœurs pour l’observateur.Applicatious multiples de la photographie.Les impressions sans sels d’argent ; le procédé au charbon et aux poudres.L’Héliochromie et la Photochromie.L’Hélioplastie et la photoglyplie. L’ENSEIG-NEMENT PRIMAIRE 43 La Photogravure, Phéliotypie, la photolithographie, etc.Les services que toutes ces applications de la photographie rendent aux arts, à l’industrie, à tous.L’eramagasinement de la lumière ; découverte due à la photographie ; son application probable dans l’avenir.¦ La photographie sur émail ou porcelaine ; l’agrandissement des clichés et épreuves ; la copie des manuscrits, des plans, des anciennes photographies, etc.Tous les voyageurs ont maintenant leur caméra pour compagnon ; les scientistes en avaient tous un.C’est en effet un instrument qui joint l’utile à l’agréable, l’étude à la récréation, et qui permettant à tout le monde d’avoir des collections intimes de vues, paysages, portraits d’amis et de parents séparés ou disparus, etc., est peut-être le meilleur ami qu’un jeune homme studieux puisse avoir.M.Lefèvre donne en même temps la description de la chambre noire, des lentilles, et autres accessoires employés en photographie ; il indique la manière défaire les différentes opérations, en accompagnant ses explications d’expériences convainquantes.Il ajoute, que tout homme intelligent, avec quelques leçons et un traité sur la matière, peut réussir à prendre d’excellentes photographies.Il montre ensuite plusieurs vues de Québec et des environs, ainsi que plusieurs groupes parfaitement réussis, entre autres, celui des élèves de l’école normale.Le sujet suivant est alors soumis à la discussion : Quelles sont les branches auxquelles on doit donner plus d'attention a V école primaire ?M.J.B.Cloutier ouvre les débats.Il dit que les matières à enseiguer dans les écoles élémentaires, modèles et académiques sont déterminées par le programme officiel, mais qu’une grande latitude est laissée à l’instituteur quant au temps à consacrer à chaque branche ; que la religion doit occuper le premier rang, cependant la langue maternelle ne doit pas non plus être négligée, puisqu’elle prête un puissant secours à l’enseignement de toutes les autres branches.Il parle ensuite de la manière dont chaque matière doit être enseignée.M.Toussaint est d’avis qu’on s’attache trop aux définitions et pas assez aux exercices pratiques.Il faut, dit-il, tenir les enfants dans le syllabaire jusqu’à ce qu’ils le sachent pour ainsi dire par cœur, ce n’est pas du temps perdu.Le second livre de lecture devra être gradué et facile à lire et à comprendre.Quant aux exercices orthographiques, on pourra avec avantage faire traduire de l’anglais en français; en corrigeant ces traductions,on donnera toutes les explications grammaticales requises.De plus, l'élève sera obligé, en traduisant, de faire lui-même des phrases françaises, ce qui l’accoutumera en même temps à la composition.Plusieurs autres membres parlent ensuite sur le sujet, après quoi on adopte les conclusions suivantes : 1° Vu l’importance qu’il y a pour tout chrétien de bien connaître sa religion afin de pouvoir la pratiquer, l’enseignement religieux doit primer tous les autres, non seulement à l’école primaire, mais dans toutes, les écoles.2° La connaissance de la langue maternelle et celle de l’arithmétique étant aussi indispensables l’une que l’autre,.ces deux branches devront être mises sur le même pied et occuper une large place dans le programme de l’école primaire.Les devoirs faits à la maison auront toujours pour but le français ou le calcul.3° Les leçons d’histoire sainte et d’histoire nationale, seront données oralement en classe ; si le maître juge à propos de mettre un manuel entre les mains de ses élèves, il n’exigera pas le mot à mot, mais-la substance des faits relatés.Le livre ne servira à l’enfant que pour lui apprendre à bien dire les choses qui lui ont été enseignées en classe.On suivra la même marche pour la géographie ; la carte et la baguette y joueront le plus grand rôle. 44 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Quant à l'agriculture et au dessin, le temps à y consacrer devra être bien moindre que celui destiné aux autres branches.On passe ensuite les résolutions suivantes : Proposé par M.l’inspecteur F.E.Juneau, secondé par M.l’inspecteur J.Prémont, et Résolu — Que cette association a appris avec la plus vive douleur la mort de M.l’abbé P.Lagacé, depuis quatorze ans principal de l’école normale Laval; que ce digne prêtre, par ses vertus, ses hautes connaissances et surtout par.son dévouement à la classe enseignante, s’était acquis l’estime et la reconnaissance des membres de cette association.Proposé par M.l’inspecteur Ed.Carrier, j secondé par M.M.O’Ryan, et Résolu — Que cette association est heureuse de présenter à M.l’abbé L.N.Régin, le digne successeur de M.Lagacé, ses plus respectueuses salutations de bienvenue ; que le choix d’un prêtre aussi éminent par ses vertus et ses hautes capacités est une preuve du grand intérêt que portent aux écoles normales et le Conseil de l’instruction publique et le gouvernement provincial.Cette association exprime aussi l'espoir que M.le principal voudra bien l’aider de ses lumières et de son expérience.M.le Principal remercie l'association de | l’accueil bienveillant qu’elle lui fait et l’assure de son entier dévouement aux intérêts de la classe enseignante.Il sera heureux de prendre part aux travaux des instituteurs et de les aider à promouvoir les intérêts de la grande cause de l’instruction de la* jeunesse.Proposé par M.J.-B.Cloutier, secondé par M.F.X.Toussaint, et Résolu — Que les membres de cette association sont très honorés de la présence, à cette réunion, des Frères de St.Vincent de Paul ; que ces bons religieux, non contents de quitter leurs parents, leurs amis, leur patrie même, pour venir se dévouer à l’instruction des petits pauvres du Canada, veulent bien encore prendre part aux assises de la famille enseignante.Que les membres de cette association apprécient hautement cet honneur et leur souhaitent la bienvenue la plus cordiale.A la prochaine séance MM.D.Frèves et J- C.Magnan traiteront chacun un sujet.Le sujet suivant sera discuté : Quels sont les meilleurs moypns de promouvoir f émulation dans les écoles ?La séance est ajournée au dernier samedi de mai prochain, à 9F heures A.M.J.Letourneau, Secrétaire.-cr-O-o- LECTURE EXPRESSIVE LA MORT DE MARCEAU La page que nous donnons sur la mort de Marceau, extraite de Y Excursion sur les bords du Rhin, est une des plus belles d’Alexandre Dumas.Il faut dire ce morceau avec âme, et tout en employant le ton du récit, avoir la voix chaude et bien timbrée.(Commencez fort simplement.) A l’ouverture de la campagne de 1794, 'Marceau fut envoyé dans les Ardennes, pour prendre le commandement d’une division ; il passa de là à l’armée de Sambre-et-Meuse, resta deux ans dans le Hundsruck et le Palatinat sous les ordres du général Jourdan, (Appuyez un peu plus sur la fin de la phrase.) enfin il était occupé au siège de la forteresse d’Ehreinbrestein, lorsqu’il reçut du général Jourdan l’ordre de venir le rejoindre.Voici ce qui se passait Jourdan j était en pleine retraite, et se trouvait acculé aux défilés d’Altenkirken ; (Dites d’un ton ferme.) Il fallait donc arrêter l’ennemi, afin do donner à l’armée | le temps de traverser les défilés ; (Dites très simplement.) ce fut Marceau que le général en chef chargea de cette dangereuse mission. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 45 Dès qu'il en eût rem V ordre Marceau prit le commandement de l’arrière-garde : il était adoré des soldats ; aussi | à sa vue | le mouvement rétrograde s’arrêta.(Dites avec importance.) L’archiduc Charles | crut qu’il était arrivé un renfort aux Français, et s’arrêta de son côté: (Dites d’un ton quelque peu ironique.) Le soir même il apprit que ce n’était qu’un seul homme.(Expliquez bien ce qui suit.) Pendant cette halte, Marceau avait eu le temps de prendre toutes ses dispositions ?et à compter de cette heure, l’armée ne - recula plus que pied à pied, et sans que l’archiduc Charles pût l’entamer une seule fois.(Reprenez en pressant un peu le débit.) Ce fut ainsi qu’ils traversèrent la forêt de Bossembach ; mais arrivés de l’autre côté de la forêt, un aide-de-camp de Jourdan | vint annoncer à Marceau | que l’armée française n’avait point encore achevé de franchir le défilé, et qu’il était nécessaire qu’il s’arrêtât [ et fit tête aux Autrichiens.(Dites plu3 lentement et d’un ton plus ferme.) Le mot : halte ! retentit aussitôt sur toute la ligne, et l’arrière-garde française | présenta à l’ennemi | un mur de fer ; puis aussitôt, ayant jeté les yeux autour de lui | pour voir quel parti il peut tirer du terrain, il aperçoit deux mamelons qui dominent la sortie de la forêt ; Il n'hésite pas, il comprend /’import auce de ces deux points stratégiques il ordonne de mettra en batterie six pièces d’artillerie légère, fait avancer le gros de ses troupes | pour soutenir son arrière-garde, et pour mieux examiner l’ennemi qui s’avance, part au galop | accompagné du capitaine de génie Souhait, du lieutenant-colonel Billy, et de deux ordonnances.(Dites d’un ton plus grave et en accentuant [fortement.) Arrivé presque à la lisière de la forêt-, Marceau s’arrête.En ce moment un coup de carabine part | à une vingtaine de pas de distance.(Dites avec peu de voix et d’un ton ému.) Marceau vient d’être frappé.Il fait machinale- ment quelques pas en avant, la main sur sa poitrine.(Dites assez rapidement et avec beaucoup [d’émotion.) Le lieutenant-colonel Billy s’aperçoit qu’il chancelle ; il court à lui [ et le reçoit dans ses bra«.(Dites d’une voix mourante.) —Ah ! c’est toi, Billy, lui dit Marceau ; je crois que je suis blessé à mort.(Dites d’un ton agité.) Jourdan accourt bientôt | et se jette en pleurant sur le corps de Marceau ; mais Marceau lui dit avec un sourire doux et triste : (D’une voix peu timbrée mais fortement | accentuée.) —Tuns quelque chose de plus important à faire | que de pleurer ma mort ; tu as à sauver l’armée.(Dites d’un ton grave et soutenu.) Jourdan fait de la tête un signe affirmatif, car il ne peut parler ; il prend le commandement de l’arrière-garde, et ordonne de transporter Marceau à Altenkirken.(Débitez plus simplement ce qui suit.) L’armée passa le défilé sans être atteinte.Le soir Jourdan rentra à Altenkirken ; il fit appeler les chirugiens, (Ditos avec un ton ému et grave.) et apprit d’eux j que non seulement il n’y avait aucun espoir de sauver Marceau, mais encore que le moindre mouvement hâterait sa mort.Fort troublé par cette nouvelle Il entra dans la chambre du blessé, et, en le voyant, pâle et mourant qu’il était, calme et souriant comme d'habitude, (Dites avec un ton de grande affliction.) il ne put s’empêcher de pleurer, lui, vieux soldat des premières guerres, qui avait tant vu d’hommes tomber autour de lui.En voyant son chagrin, Marceau fit un effort [ et tendit la main à ceux qui l’entouraient.(Avec une voix douce et résignée.) Mes amis, leur dit-il, je suis trop regretté. 46 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Pourquoi donc me plaindra ?Ne suis-je pas heureux ?Je meurs pour mon pays.(Reprenez le ton du récit, mais triste et lent.) Le lendemain matin il fallut quitter Altenkir-ken ; ce fut l’heure terrible.Il en coûtait à Jourdan [ de laisser Marceau au pouvoir de l’ennemi; mais il était très évident qu’aucun secours humain | ne pouvait le rappeler à la vie.(Dites d’un ton grave.) Jourdan écrivit aux généraux autrichiens pour leur recommander Marceau.Puis l’armée française se retira, laissant près du lit mortuaire •deux officiers de l'état major, deux chirugiens et deux hussards d’ordonnance.(Relevez un peu le débit.) Deux heures après, on annonça le général Haddirk.Puis vint le général Kranz, le vétéran de l’armée ennemie.Enfin, pour qu’aucun honneur ne manquât à l’agonie du jeune officier républicain, apparut l’archiduc Charles lui-même.(Dites avec un ton d’intérêt.) Il amenait son propre chirurgien afin qu’il .unît ses effoTts à ceux des chirurgiens français.(Dites avec un ton désolé.) Tout fut inutile.Marceau expira le 27 septembre 1796, pleuré par les officiers ennemis | comme il l’avait été la veille par ses compagnons.(Avec un ton de vive sollicitude.) A peine Marceau fut il mort, que les officiers ¦qui étaient restés près de lui | demandèrent à l’archiduc | que son corps fût rendu à ses compagnons d’armes ; et non seulement l’archiduc y consentit, mais encore il ordonna que le •cadavre fût escorté jusqu’à Neuwied par un nombreux détachement de cavalerie autrichienne.(Avec un ton de gravité»,) Puis il demanda comme une faveur | qu’on lui fît connaître le jour où Marceau serait enterré, afin que l’armée impériale | pût se réunir à l’armée républicaine | dans les honneurs qui lui seraient rendus.(Dites avec beaucoup de dignité et d’ampleur [la conclusion.) Quatre jours après, l’archiduc Charles fut -averti que l’enterrement de Marceau | aurait lieu le lendemain.Alors l’armée impériale occupait la rive droite du Rhin, en même temps que l’armée républicaine occupait la rive gauche ; mais pour toute la journée, les hostilités furent suspendues.Français et Autrichiens j renversèrent leurs armes, et les canons ennemis répondirent par des salves égales aux canons français | pendant tout le temps que dura la funèbre cérémonie.Alexandre Dumas, Impressions de Voyage.Alexandre Dumas est né à Yillers-Cotterets en 1803.Ilmourut à Puys, près Dieppe, à soixante sept ans.PARTIE PRATIQUE I DICTEE Trois petits enfants jouaient accroupis le long d’un mur.Une vieille femme s’est avancée.Elle marchait avec peine et s’appuyait contre le mur.Vite les trois enfants se levèrent, se rangèrent pour la laisser passer, et ôtèrent poliment leur casquette en disant bonjour.Pour plaire à tout le monde, un enfant doit être poli et respectueux envers les personnes âgées.EXPLICATIONS Accroupis /Assis sur ses talons.—Qu’appelle-t-on croupe d’un cheval ?—C’est la partie postérieure qui s’étend depuis les reins jusqu’à l’origine de la queue.— Casquette ; Sorte de coiffure avec visière, petit casque.Exercice sur les mots.—Trois : Articulation composée tr, diphtongue oi, lettre nulle s.—Enfants : deux fois le son en, le premier avec e, le second avec a.Accroupis : deux c, articulation composée cr, voyelle composée ou.—Long : voyelle composée on, lettre nulle g.—Pourquoi la femme s’appuyait-elle contre le mur 1—Parce qu’elle était vieille et peut-être infirme.— Pourquoi les enfants se rangèrent-ils 1 Pour la laisser passer 1 Que pouvez-vous dire de ces enfants ?—Qu’ils étaient polis et bien élevés.Faire trouver tous les noms communs du morceau. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 47 II DICTÉE LE CORBEAU ET LE RENARD.Un corbeau emporta dans ses serres un morceau de viande empoisonnée qu’un jardinier avait jeté pour se défaire des chats d’un voisin.Il allait le manger, quand un renard, s’approchant doucement, lui dit; “ Je te salue, oiseau de Jupiter ! —Pour qui me prends-tu, demanda le corbeau ?—N’es-tu pas l’aigle qui chaque jour descend de la droite de Jupiter pour soulager ma misère 1 Ne vois-je pas dans ta serre victorieuse la nourriture que ton dieu veut bien m’envoyer par ton ministère ?Le corbeau, charmé d’être pris pour un aigle, ne tira point le renard de son erreur.Dans sa sotte générosité, il laissa tomber sa proie, et prit fièrement son vol.Le renard mangea la viande avec une joie maligne.Mais cette joie bientôt se changea en douleur ; après d’affreuses souffrances, il creva.Lessing.QUESTIONS ET EXPLICATIONS S erres : on désigne ainsi les pieds des oiseaux de proie, armés d’ongles puissants.—Qu’est-ce encore qu’une serre 1—Empoisonnée : s’accorde, le sens l’indique clairement, non avec morceau, mais avec viande.— Oiseau de Jupiter : l’aigle était en effet, dans la mythologie grecque, l’oiseau de Jupiter, le maître des dieux ; il portait sa foudre.—De la droite : droite s’emploie poétiquement comme synonyme de main.—Dieu : ce mot ne prend pas ici de majuscule, pourquoi ?—Par ton ministère : par ton entremise, par ton intermédiaire.—Que désigne-t-on encore par un ministère ?le ministère ?—Ne le sera point : n’essaya point de le détromper.—Sa sotte qéné-rosité : ce bon sentiment ne lui était en effet inspiré que par la vanité.—Maligne : mauvaise dans son mobile, inspirée par la pensée méchante d’avoir trompé,—malicieuse se prend en meilleure part,—même différence à signaler entre maligne et malignité.—Il creva : crever se dit pour mourir en parlant des bête3.EXERCICES ÉCRITS Chercher dans la dictée trois verbes actifs ; les conjuguer à l’imparfait de l'indicatif en donnant à chaque personne plusieurs sujets et plusieurs compléments différents.—Conjuguer de même trois verbes neutres ; varier, pour chaque personne, la préposition reliant au verbe le complément indirect.—Donner des exemples de plusieurs verbes ayant le même sujet, le même complément.—Quelle est la double morale de cette fable ?la rapprocher de celle de La Fontaine qui porte le même titre,—en quoi la complète-t-elle ?-ooo- III DICTÉE LETTRE.—Il faut que je vous conte une petite historiette, qui est très vraie, et qui vous divertira.Le roi se mêle, depuis peu, de faire des vers ; messieurs de Saint - Aignant 'et Dangeau lui apprennent comment il faut s’y prendre.Il fit l’autre jour un petit madrigal que lui-même ne trouva pas trop joli.Un matin, il dit au maréchal de Grammont : u Monsieur le maréchal, je vous prie, lisez ce petit madrigal, et voyez si vous en avez jamais lu un si impertinent.Parce qu'on s ait que depuis peu j’aime les vers, on m’en apporte de toutes les façons.” Le maréchal, après avoir lu, dit au roi : “ Sire, Votre Majesté juge divinement bien de toutes choses ; il est vrai que voilà le plus sot et le plus ridicule madrigal que j’ai jamais lu.” Le roi se mit à rire et lui dit : “ N’est-il pas vrai que celui qui l’a fait est un fat ?—Sire, il n’y a pas moyen de lui donner un autre nom.—Eh bien ! dit le roi je suis ravi que vous m’en ayez parlé si bonnement ; c’est moi qui l’ai fait.—Ah ! sire, quelle trahison ! que Votre Majesté me le rende : je l’ai lu brusquement.—Non, Monsieur le maréchal, les premiers sentiments sont toujours les plus naturels.” Le roi a fort ri de cette folie, et tout le monde trouve que voilà la plus cruelle petite chose que l’on puisse faire à un vieux courtisan. 48 L’ENSEIQNEMENT PRIMAIRE Pour moi, qui aime à faire clés réflexions, je voudrais que le roi en fît là-clessus, et qu’il jugeât par là combien il est loin de connaître la vérité.Madame de Sévigné.QUESTION ET EXPLICATIONS.Hùtoriette : diminutif de histoire.Diminuée encore par l’adjectif petite, cette expression signifie un .récit court et amusant.Famille de mots: historien, historique, etc.—Le roi se mêle de.c’est-à dire qu’il ne se livre pas d’habitude à ce genre d’occupation qui exige des aptitudes spéciales.—Messieurs de Saint-Aignant et Dangeau.gentilshommes de la co.ur de Louis XIV, dont le dernier a écrit des mémoires.Monsieur forme son pluriel régulièrement.— Madrigal, pièce de poésie courte, spirituelle et galante.—Impertinent, qui n’est pas conforme aux bonnes règles de l’éducation ; ici, cet adjectif signifie que le madrigal n’est pas assez bien fait au point de vue des règles de la poésie, pour être présenté au roi.—Par ce (pie s’écrit en trois mots quand il signifie par la chose que ; dans tous les autres cas, il s’écrit en deux mots.—Fat, c’est-à-dire prétentieux, sans jugement et plein d’admiration pour soi-même; cet adjectif n’a pas de féminin.—Bonnement signifie textuellement d'une maniéré bonne, il est pris ici dans un sens particulier et veut dire ! avec franchise.— Brusquement, trop vite.— Vieux se change en vieille devant une voyelle ou un h muet (un vieil homme) ; féminin irrégulier : vieille.— Courtisan : celui qui fait partie de l’entourage du roi; ce mot vient du latin comme courtois, cortège et cour, qui s’écrivait autrefois avec un t (court).—Pour moi qui aime à faire.Faire observer que cette tournure de phrase entraîne l’emploi du subjonctif, et attirer l’attention de l’élève sur l’accent circonflexe que prend la troisième personne.—L’auteur nous raconte par cette lettre que le roi a connu la véritable opinion du maréchal, en ne lui disent pas que le madrigal était de lui.Madame de Sêvigné : Une femme des plus distinguées du XVIIe siècle, célèbre par les lettres qu’elle écrivit à sa fille, madame de Gri-gnan.Les qualités particulières de son style sont la simplicité et la naïveté, qui n’excluent ni l’élégance de la phrase, ni la profondeur des pensées (1626-1696).EXERCICES ÉCRITS.1.Former une liste de dix noms abstraits et placer chacun d’eux dans une phrase ayant un sens complet.2.Trouver dix noms collectifs de formation différente et indiquer en regard la règle à laquelle ils sont soumis.3.Exercice de définition.Au moyen d’une périphrase définir les termes suivants : bouteille, marmite, cloche, église, arc-en-ciel, soleil, tombe mer, lion, âne.ARITHMETIQUE PROBLÈMES 1.Lin père de famille, actif et raDgé, lient un journal de toutes ses recettes et dépenses.Voici pour trois mois : Recettes : 75 jours de travail à $1.75 nar jour.Dépenses : 3 douzaines de pains à $2.06 la doz.; 3 cordes de bois à $3.60 la corde; autres dépenses $35.Combien a-t-il gagné et dépensé?Combien a-t-il déposé d’argent à la Caisse d’Economie ?Solution : Dépense?.3 doz.pains à $2.06 .$ 6.18 Divers .35.00 3 cordes de bois à $3.60.10.80 Total.$131.25 Total.$51.98 Rép : Gains, $131.25; Dépenses, $51.98; Déposées à la Caisse d’Economie, $79.27.2.On veut border une allée de 427 vgs de longueur avec de jeunes érables ; si on espace les arbres de 7 verges, combien en faudra-t-il?Recettes.75 jours à $1.75.$131.25 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 49 Solution : 427 4-7 — 61 pour un côté, 122 en tout.Rép.3.On demande quelle serait la part de chacun des cinq fils d’un riche testateur qui partagerait sa fortune de §90,000 comme suit : Aux pauvres §5.000, aux hospices de charité §10,000, aux maisons d’éducation §25,000 ?Solution : § 5,000 10,000 25,000 §40,000 §90,000 - §40,000 = §50,000 §50,000 4-5 =§10,000.Rép.4.J’avais demandé une pièce de vin de 55 gallons ; on m’en a envoyé une ne contenant que les f- de cette quantité.Combien ai-je reçu de gallons de vin % Solution : Le J de 55 = 11.J’en ai reçu les f, par conséquent 33 gallons.Rép.5.L’intérêt de §2525 pour 1 an, à 5%.Solution : =§126.25.Rép.6.Une somme m’a rapporté un montant de §5800 à 5% pour 5 ans.Quels sont les intérêts ?Solution : Si §125 donnent §25, §1 donnera 125 fois moins, (-fÿC) et, §5800 donneront 5800 fois plus que §1 ; d’où —££-§-—• Par contraction —-5°- = §1160, Rép.7.Un capital de §850 a produit §204 d’intérêt pendant 4 ans.Quel est le taux ?Solution : 2 04X10 0 _ 04.S 5 O — Si dans 4 ans, je reçois §24 d’intérêt, dans un ans je recevrai 4 fois moins ; d’où -2qt = 6.Rép.6%.TOISÉ 1.Une personne achète un terrain en forme de triangle dont la hase mesure 145 pds 6 pcs et la perpendiculaire, 98 pds 9 pcs, qu’elle paya .15 cts le pied carré.Combien doit-elle payer! Solution : pds pcs pds j es 145” 6 x 98” 9 = 14373 ”1’'6 pds c lASLia^.i_2_n = 7186 ” 6 ” 9 pds carrés.7186 ” 6 ” 9 à 15 cts = $1177.98.Rép.2.On veut faire fendre quatre solives dans le sers le plus large d’une pièce de bois de 25 pds de long, 15 pcs, 4 lignes de largeur et 20 pouces d’épaisseur.Quelle sera l’épaisseur de chaque planche et le prix du sciage à raison de 5 cts ld pied carré.Explications Chaque trait de scie représente une surface de 25 pds x par 20 pouces = 41 pds 8 pcs carrés ; les quatre traits formeront 41 pds 8 pcs x 4 = 166 ” 8 pds carrés ; ce nombre x par 5 cts = §8.40.Rép.En retranchant 4 lignes pour les 4 traits de scie, il reste 15 pcs 4-4 = 3f- pcs, épaisseur de chaque morceau.ALGEBRE 1.Un jardin rectangulaire dont ies dimensions sont œlies que s’il était 20 verges plus long et 24 verges plus large, il contiendrait 4180 verges carrées de plus que sa surface présente ; mais s’il était 24 verges plus long et 20 verges plus large,sa surface présente ne serait augmentée que de 3860.Quelle est sa surface présente.Solid ion : Soient a; la longueur et y la largeur ; Alors xy =la surface.(1) (a:+ 20) .(y + 2±)=zy+ 4180, (2) (oc+ 24) .(y + 20)=xy + 3860 (1 ) xy + 24 x + 20 y + 480 = xy + 4180 50 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Par transposition : Solution : 24z + 20y=3700 divisez par 4 (3) .6z + 5y + =925 (2) xy + 20.e + 24y + 480 =xy + 3860 trunsposez 20^ + 24y = 3380 divisez par 4 5x + 6y = 845 (3) 6x + 5y = 925 additionnez lire+11 y= 1770 divisez par 11 x + y= 160^- x - y — 80 additionnez et soustrayez 2x — 240^- x— 120 -A larg.du jardin.% — V = 402h largeur.Preuve Soient x le prix du foin en centr par tonne et y celui de chaque minot d’avoine.(1) 8æ+140?/ = $176, et p = le prix réduit de chaque min.d’avoine.-4+ = le prix aug.de chaque tonne de foin.Alors, -S+* + 112y = $204.80, Dégagez les fractions 32a; + 336y = 614.40; mult.la Ire équation par 4 32,£ + 560y = 704.00; soustrayez 224y = 89.60, et y = 40 cts prix coûtant du minot d’avoine.S.i’+ 140y, ou Sa?-f- 56.00 = 176.00 8a; = 120.00 .'.x= $15.00, prix coûtant de la tonne de foin.Preuve 120+ x 40A 1325 X 445 _ 589625 121 = 4872+ vgs carrées il il surface du jardin.120+ + 20 = 140+ longueur augmentée 40+ + 24 = 64+ largeur augmentée 140ifX^ 8 tonnes à $15.00 $120.00 140 minots à .40 = $ 56.00 $120 + 56=$176 prix coûtant des 2articles.Ou bien : $120 x 4 + 3 = 160.00 prix de vente du foin.$ 56 x 4 + 5 = 44.80 £‘ de l’avoine.$160 + $44.80 = 204.80
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