L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 septembre 1885, mardi 15 septembre 1885
me Année 15 SEPTEMBRE 1885 JNuméro 14 JÜL JOURNAL D’EDUCATION ET D’INSTRUCTION PARAISSANT LE 1er ET LE 15 DE CHAQUE MOIS, LES VACANCES E^'^ÉES # .J.-B.CIL ©U TI 13 IS 9 SSêdaeteiar » ps*ops»iétaii AIDÉ PAR UN COMITÉ DE COLLABORATION Prix de l’abonnement : UN DONLiAB par an, invariablement payabl p o ance S-0 >t Toute correspondance, réclamation, etc., concernant la rédaction, devra être adressée à J.~B.Cl ® “ professeur à l’école normale Laval ; celles concernant l’administration, à L.J.Demers & Frère, ir.rs-éditeurs, no.30, rue de la Fabrique, Québec., SOMMAIRE :—Actes officiels : Nominations de commissaires et syndics d’écoles, etc___Péda- gogie : Dispositions intellectuelles des enfants, par F.Liénard—Rapport de M.l’Inspecteur Lippens, (Suite.)—Compte rendu d’une séance du bureau des examinateurs de Montréal.—Partie pratique : I, Dictée—Un bon petit coeur, par Aimé Martin, Explications et exercices écrits— II, Dictée—Les Arabes nomades—III, Dictée-Puissance et richesse de l’Angleterre.—Lecture expressive—La douceur et la modestie.—Le vieillard et l’âne.—Annonces.Actes Officiels DépaPvTement de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR par un ordre en conseil en date du huit août courant, (1885), de faire les nominations suivantes, savoir : Commissaires d'écoles.Comté de Chicoutimi, Ouiatchouan.—M.Joseph Villeneuve, père, en remplacement de M.Joseph J.E.Guertin, absent.Comté de Lévis, Saint-Nicolas.— M.Joseph Méthot, en remplacement de M.Benjamin Villers.Comté d’Ottawa, l’Ange Gardien.—MM.Paul A.Mongeon et Augustin Bélanger, l’élection ayant été nulle.Syndics d'écoles.Banlieue de la cité de Québec.—MM.John Cook Thompson, William Lee et Alexander Pope.Departement de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un ordre en Conseil, en date du 15 août courant (1885), do faire les nominations suivantes, savoir : Commissaires d'écoles.Comté d’Hoehelaga, Hochelaga.— Le Révd.Louis Tancrède Adam.Comté de l’Islet, Sainte-Perpétue.—M.Lazare LeBel.Comté de Montmorency, “ Les Crans ”.—M.Napoléon St.Hilaire.Comté de Montmorency, Saint-François, (Ile d’Orléans).—MM.Joseph Dampierre et François-Xavier Lepage.Comté de Nicolet, Sainte-Eulalie.—M.Johnny Trudel, fils de Jean-Baptiste Trudel.Comté d’Ottawa, canton Egan.— MM.Louis Auguste Hubert et Joseph Sylvain.Comté d’Ottawa, Saint-Edouard de Wakefield.—^.M.Onésime St.Amand.Comté de Rimouski, Mont-Joly.—MM.George Beaulieu et Thomas Pelletier.Comté de Vaudreuil, Sainte-Justine de Newton.—MM.Maxime Hêtu et Hyacinthe Lacombe.Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR par un orr e en conseil, en date du 15 août courant (1885), le nommer le Dr.Thomas Christie, le Révd.John Mackie, MM.F.C.Ireland, Joseph Palliser et Peter Cruise, comme commissaires d’écoles pour la municipalité de la ville de L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE u Lachute ”, dans le comté d’Argenteuil, vu qu’il existe des doutes sur la légalité de l’élection qui a eu lieu en juillet derniei Département de l’Instruction publique Avis de demande d'érection de municipalités.Diviser la municipalité scolaire de Belceil, dans le comté de Verchères, en deux municipalités, dont l’une comprendra le village et la première concession, et les propriétaires de terrains de la deuxième concession faisant partie des arrondissements Nos.I et 2.Et l’autre comprendra la deuxième concession, moins les propriétaires de terrains de la dite 2me concession faisant actuellement partie des arrondissements Nos.I et 2, et les terrains des 3me, 4me, 5me et 6me, concession de Belœil, etc., pour les fins scolaires.GÉDÉON OUIMET, Surintendant.6 juillet 1885.Département de l’Instruction publique AVIS Attendu que les syndics des écoles dissidentes de la municipalité de Laprairie, dans le comté de Laprairie, ont laissé passer une année sans avoir d’écola dans leur dite municipalité, qu’ils ne mettent pas la loi scolaire à exécution, et ne prennent aucune mesure pour avoir des écoles, conformément à la loi ; en conséquence, je donne avis qu’après trois publications consécutives dans 3a Gazette Officielle de Québec, je recommanderai au Lieutenant-Gouverneur en Conseil, que la corporation des syndics des dites écoles dissidentes pour la dite municipalité soit déclarée dissoute dans le délai indiqué par la loi.GEDEON OUIMET, Surintendant.Québec, 11 juillet 1885.mettent pas .la loi scolaire à exécution, et ne prennent aucune mesure pour avoir des écoles, conformément à la loi ; en conséquence, je donne avis qu’après trois publications consécutives dans la Gazette Officielle de Québec, je recommanderai au Lieutenant-Gouverneur en conseil, que la corporation des syndics des dites écoles dissidentes pour la dite municipalité soit déclarée dissoute, dans le délai indiqué par la loi.GEDEON OUIMET, Surintendant.Québec, 4 juillet, 1885.AVIS DE DEMANDE D’ÉRECTION DE MUNICIPALITÉ Détacher de la municipalité de Saint-Médard de Warwick, dans le comté d’Arthabaska, les Nos.13, 14, 15, 16, 17 et 18, du sixième rang du canton de Warwick, et les annexer à celle du township de Warwick, pour les fins scolaires.GEDEON OUIMET, Surintendant.Département de l’Instruction publique Demande d'érection de municipalité.Eriger la paio;3S8 de Saint-Jacques des Piles, en municipalité pour les fins scolaires, dans le comté de Champlain, avec les limites qu’elle a comme paroisse.GEDEON OUIMET, Surintendant.Avis de demande d'annexion.Détacher les lots 26, 27 et 28, du 6ème rang, dans Saint-Victor de Tring, comté de Beauce, et le quart nord-ouest du lot 25, les lots 26, 27 et 28, du 7ème rang, et 27 et 28, du Sème rang, dans Saint-Ephrem de Tring, même comté, et les annexer pour les fins scolaires à la municipalité du Sacré-Cœur de Jésus, aussi dans le comté de Beauce.Département de l’Instructson publique Departement de l’Instruction publique AVIS.Attendu que les syndics des écoles dissidentes de la municipalité de Beauport, dans le comté de Ont iftlesê passe?une année sans avoir Avis de demande d'érection en municipalité scolaire Séparer la partie de la paroisse de Sainte-Cécile, dans le comté de Beauharnois, de la ville de Sala-burry d© Vallsyôeld, dane le même oomtê> et l» ite te t4.lt© dnuâieipftUiS} qiGils as î former m satire cüslifâete» L’ENSEIG-NEMENT PRIMAIRE m coles, cor- Wjl Département de l’Instruction publique Avis de demande d’annexion.Détacher la partie du rang 9, depuis le lot No.1 jusqu’au lot No.10, tous deux inclusivement, dans la municipalité de Sainte-Adèle, comté de Terre-bonne, et la partie du rang 8, depuis le lot No.1, jusqu’au lot No.10, tous deux inclusivement, dans la municipalité de Saint-Hippolyte, même comté, et les annexer à la municipalité de Sainte-Marguerite, aussi dans le comté de Terrebonne, pour les fins scolaires.Département de l’Instruction publique Avis de demande d’érection de municipalité scolaire, (41 Viet., chap.6, Sect.5.) De détacher les lots 26, 27 et 28, dans le 4e rang de Litchfield, et 3 du lot No.25, dans le même rang, lot 28, dans le 5e rang, et ^ du lot No.3, dans le 1er rang, aussi ^ du lot No.1, dans le 1er rang, de la municipalité de Litchfield, comté de Pontiac, et les annexer à la municipalité de Clarendon, comté de Pontiac, pour les fins scolaires.Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR par un ordre en conseil, en date du 17 de juillet courant (1885), de détacher de la municipalité de “Saint-Honoré de Shenley”, dans le comté de Beauce.1° Les lots A, B, 1, 2, 3, 4, du 10e rang ; 2° Les lots depuis et y compris le No.6 jusqu’à et y compris le No.12, du lie rang; 3° Les lots depuis et y compris le No.13 jusqu’à et y compris le No.33, du 12e rang, et de les annexer, pour les fins scolaires, à la municipalité de “ Saiüt-Evariste de Forsyth ”, dans le même comté.Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR par un ordre en conseil, en date du 17 de juillet courant (1885), de détacher de la municipalité de “ Saint-Pacôme ”, dans le comté de Kamouraska, la propriété immobilière de Cha les Gagnon et de l’annexer, pour les fins scolaires, à la municipalité de la 4< Rivière Quelle, ” dans le même comté.PÉDAGOGIE Dispositions intellectuelles des enfants D.Les enfants diffèrent-ils entre eux sous le rapport des dispositions intellectuelles î R.Les enfants sont aussi variés que les caractères et les physionomies.D.A quoi faut-il arrêter son attention pour apprécier les dispositions intellectuelles des enfants ?Quels sont les divers types principaux qu i se rencontrent ordinairement ?—Comment cultiver ces esp>rits 1 R.On rencontre certains enfants éveillés et intelligents, mais d’une mobilité excessive, souvent cette mobilité n’a d’autre cause que le désir de savoir.Si l’instituteur parvient à captiver leur attention, à les impressionner fortement, à leur faire examiner les choses de près et en détail, il' peut attendre beaucoup d’une nature si riche et si féconde.Certains esprits retiennent beaucoup et facilement ; si cette disposition porte sur les idées et leur enchaînement, elle annonce une activité intellectuelle fort puissante.L’instituteur doit s’efforcer de lui fournir une nourriture substantielle.D’autres ont une imagination vive.On les reconnaît à la promptitude avec laquelle ils passent de la joie à la tristesse i et de la triste; se à la joie ; ils sont sujets aux fréquentes distractions etc.Il faut voir de près ces enfants et cultiver leur imagination d’après les règles qui ont été données lorsque j’ai traité cette faculté dans un précédent numéro de “ l’Enseignement primaire ”.Il existe aussi des esprits qui saisissent avec une subtilité étonnante le3 idées et les rapports qui les unissent et ils les combinent avec une sagacité au-dessus de leur âge.Ces enfants observent généralement peu et ne se rendent pas compte de ce qui se passe autour d’eux dans la vie pratique.Pour eux tout doit être expliqué et démontré, car ils reviennent dans l’agitation jusqu’à ce qu’ils aient trouvé le dernier mot.Il faut aussi appeler leur attention sur ce qui se passe autour d’eux dans la vie pratique.Mais il existe aussi des enfants pratiques,qui,presque sans aucunes connaissances, apprécient saine? 168 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ment les hommes et les choses et font ainsi à leur insu une heureuse application des règles qu’on n’a jamais su leur faire entendre.C’est aux hommes doués de telles dispositions qu’est souvent réservé le succès dans les affaires.Tels font preuve d’un esprit prodigieux à cinq ans, qui seront des médiocretés à dix-huit, et vice versa.Assez souvent il en est ainsi.On ne doit donc pas négliger ces jeunes intelligences qui semblent dormir et ne point fonder de trop hautes espérances sur ces esprits précoces.Frs.Liénard Napierville Instituteurs.- o—O—o RAPPORT DE M.L’INSPECTEUR LIPPE NS (Suite) Il existe une corrélation étroite entre la lecture mécanique et la dictée, entre la lecture raisonnée et la composition littéraire.Quand on lit, les lettres rappellent les sons ; dans la dictée, les sons rappellent les lettres.Un commençant qui partage son temps entre la lecture et la dictée fait plus de progrès que celui qui ne fait que lire, parce qu’il fait un travail simultané de synthèse et d’analyse.Dans la lecture raisonnée les mots conduisent à la recherche des idées ; dans la composition littéraire, on fournit les idées et l’élève cherche les mots pour les exprimer.La leçon de lecture est une mine féconde d’entretiens instructifs, d’exercices, soit de vive voix, soit écrits, de grammaire et de langage.Malheureusement ceux qui savent l’exploiter ne sont pas légion.L’histoire et la géographie du pays sont encore deux branches inséparables.Un de nos confrères est-il sérieux quand il dit qu’une de ces matières est mieux enseignée que l’autre ?La géographie est l’histoire du temps présent, comme l’histoire est en quelque sorte la géographie du passé.C’est parce qu’on ignore cela que des questions comme les suivantes restent quelquefois sans réponse : u De quel pays venait Jacques-Cartier ?Quelle mer a-t-il traversée pour aller à la découverte du Canada ?Indiquez sur la carte les endroits qu’il a visités.” Les modèles d’écriture sont très utiles, mais ils ne dispensent pas l instituteur de donner des explications sur le tableau noir, ni d’écrire dans les cahiers sous les yeux des élèves.J’ai vu des cahiers qui ne portaient pas la moindre correction ; les mômes défauts s’y retrouvaient d’un bout à l’autre, avec la seule différence que la première page était mieux écrite que la dernière.Il est bien difficile de faire donner un cours de dessin dans la plupart de nos écoles.Il y a ici trois collèges industriels, cinq académies, plusieurs écoles modèles et un très grand nombre d’écoles élémentaires où le dessin n’est pas enseigné.Ailleurs il ne figure généralement sur le programme que pour les besoins de la statistique.Voilà la vérité toute nue.Le dessin devrait venir au secours de la lecture, de la géographie et du calcul.En imitant les caractères imprimés, l’enfant s’exerce la main et en grave mieux la forme dans la mémoire.Ajoutez à cela quelques figures faciles, et voilà de suite une petite série d’exercices.Tout en faisant du dessin, on peut initier i’èlève aux premières notions de la géographie, et rendre cette étude attrayante et facile.On trace sous ses yeux et on lui fait imiter une série de cartes bien simples, représentant une étendue de territoire qu’il connaît.On commence par la maison d’école et on étend successivement le cercle aux habitations voisines, aux chemins, à toute la localité, aux localités voisines On indique la position respective de l’église, du moulin, de la rivière, du chemin de fer, des églises voisines, etc.J’ai vu enseigner avec beaucoup de succès la table de multiplication et de division au moyen de rectangles divisés en petits carrés, que non seulement on faisait imiter, mais qu’on dictait jnêqie aux élèves.La figure t’ËNSElQNEMENT PRIMAIRE 169 uivante montrait que 2x3=6 ; que 2x3= 3x2 ; que ®=3 et que ®=2; qu’une surface de 2 pieds sur 3=6 pieds carrés ; que 6 est divisible par 2 et pa r 3 ; que *=£ et que jj-= que dans 1 il y a g, ».«.De la môme manière on faisait toutes les opérations sur les fractions, et cela avec de jeunes enfants.Le chant est négligé dans plusieurs écoles.Au moins devrait-on apprendre quelques cantiques pour le mois de Marie et les grandes fêtes.Le piano est enseigné à 249 élèves.Soixante-trois pianistes par comté, c’est trop.D’après les rapports de plusieurs confrères, le nombre des élèves qui apprennent l’agriculture diminue ; les parents s’opposent à cet enseignement ; les institutrices ne sont pas aptes à le donner ; il ne figure sur le programme que pour la forme ; enfin, il ne faut pas se faire illusion sur le résultat pratique.Un bon maître enseigne toujours l’agriculture, môme quand elle ne figure pas sur le programme.En causant avec ses élèves il leur donne des connaissances usuelles sur cette science, sur l’industrie, le commerce, l’hygiène, etc.Ce sont là des leçons d’occasion qu’il vaut mieux laisser à sa propre initiative.“ L’instituteur doit travailler à se rendre inutile.” Ce paradoxe, qui est de Joseph Payne, contient une grande vérité.On doit accoutumer l’élève à chercher, à réfléchir, à vaincre les difficultés, à coordonner la science acquise, en un mot, à travailler de la tête et à se tirer d'affaire tout seul.C’est pourquoi le maître doit avoir de l’activité, un fonds personnel, sa méthode à lui.Il doit se soustraire au joug du livre, avoir confiance dans ses propres forces et dans l’intelligence des enfants.Il doit savoir captiver l’attention des élèves par l’ordre, la clarté, la vie qui règne dans son enseignement, et stimuler leur activité par des exercices d’invention et d’application bien choisis et bien gradués.Voilà en quoi consiste l'art d'enseigner.Celui qui est l’esclave du livre, qui suit aveuglément une routine dont il ne s’écarte jamais, qui ne s’occupe que de faire apprendre des leçons et remplir des cahiers* Celui-là n’est qu’un vulgaire homme de métier.Le rôle dominant du livre et le système à la perroquet sont le delenda Carthago des hommes d’école et des journaux d’éducation qui sont à la hauteur de leur tâche.“ Le livre qu’il faut, dit l'Ecole et la Famille, dans le No.du 15 décembre 1883, c’est un livre vivant, qui sache s’animer à propos, prendre tous les tons, s’interposer lui-même au besoin, tenir l’attention en éveil par des interrogations, parler à la vue et aux autres sens (enseignement par l’aspect) ; un livre universel prêt à parler de toutes choses accessibles à un auditoire de petits enfants ; un livre intelligent, capable de discerner ce qu’il faut dire et la manière de le dire.Ce livre, c’est le maître; c’est la maîtresse.” Voilà des paroles qui provoquent de graves réflexions.Certaines personnes s’imaginent que les partisans de la méthode dite orale, rationnelle, euristique, expérimentale (peu importe le nom) veulent supprimer les livres.Il n’est pas question de cela.Ils reconnaissent volontiers que le livre est d’une incontestable utilité quand on s’en sert à propos.Il habitue l’élève au langage de convention qui appartient aux différentes sciences, il lui permet de repasser ses matières sans le secours du maître ; il fournit une quantité de besogne taillée d’avance dont la préparation exigerait trop de temps de la part de l’instituteur.Mais le livre doit rester dans son rôle.C’est le maître qui doit montrer, expliquer, faire comprendre.Le travail de l’intelligence doit primer les exercices de mémoire, l’esprit des choses doit être mis au-dessus de la lettre, le sens doit dominer le mot-à-mot.Il n’ est pas plus question d’exclure les exer- 170 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE cices mnémoniques que de supprimer les livres.On aurait tort de négliger la mémoire verbale, mais elle ne doit être que l’auxiliaire de l’intelligence, comme le livre est l’auxiliaire du maître.Le maître fait comprendre, le livre aide à faire retenir.Le premier fournit les idées, le second fournit les mots et aide l’élève dans son travail individuel.L’un fait surtout appel à l’intelligence, l’autre à la mémoire.Un enseignement qui ne se repose que sur le livrent la mémoire des mots est donc défectueux et incomplet.11 est faux quant au principe, et l’expérience prouve qu’il est nul quant au résultat.Les interminables pages d’histoires de toutes sortes, de nomenclatures, de définitions et de règles partent de la mémoire à mesure que l’élève les apprend.Les mots entrent par les yeux, sortent par la bouche et ne laissent rien dans la tête.L’enfant n’est qu’un perroquet plus ou moins dressé.(.4 suivre.) -o-o-o- Bureau des examinateurs catholiques de Montréal Membres du bureau : MM.l’abbé L.W.Leclair, président ; U.E.Archambault, vice-président; l’abbé S.Rouleau, l’abbé I.Hogan, E.X.Yalade, W.Fahay, A.D.Lacroix, secrétaire.Séance du 3 février 1885.CANDIDATS BREVETÉS Académie 1ère classe Delle Angèle Groulx,—français et anglais.Ecole modèle 1 ère elasse Dlle Alma Picher,—français.Ecole élémentaire 1 ère dasse M.Ricardo de la Cueva,—français et anglais.Déliés Marie-Louise Marguerite Lécuyer,frança Cornélie Scheiïer, do École élémentaire 2 e dasse Déliés Valérie Perrault, français.Anna-Ada Gaindon, do Joséphine Corbeil, anglais.Victorine Pepin, français.Marie-Louise Marion, do Marie-Cordélia Martel, do Marie-Emma Gauvreau, do Marie-Eduilda Ethier, do Pâmé!a Facette, do Marie-Louise Séguin, français et anglaij Annie Murphy, anglais.Candidats qui ont réussi.Candidats qui ont failli.TI- 1 •Fhox Àp.nflpmiA 1 1 1 4 modèle 3 Ecole élémentaire 14 12 26 Totaux 16 15 31 Epreuves écrites Ecoles élémentaires Dictée française Ancien aspect de la vallée de Geneve La lune se lève lentement ; assise sur un larg banc de nuages lourds et noirs, dont elle argen les capricieuses volutes, elle semble observer 1 magique spectacle que crée sa royale présence.Dans le vaste et beau bassin que baigne le lac de Genève, on voit à distance les profils flottants d’une ville dont les angles, nettement accusés par les reflets de l’astre, annoncent d’imposante^ fortifications.Les toits aigus, dessinant de folles L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE m figures, et les faces des maisons, brillantes à leur faîte et ombrées à leur base, offrent de fantastiques images.Comme des géants au repos, se dressent à distance, des môles, des flèches aiguës, des minarets aux découpures fouillées à jour ; puis, ainsi que de dévoués satellites, des tourelles élégantes de massifs donjons.Au loin, une trainée d’argent, droite, contournée, s’élargissant, se courbant, dorée en amont, blanche en aval, partout frisonnante et partout babillarde, miroitant ici, brumeuse là, perce la cité endormie, comme une flèche d’acier le cœur d’un guerrier : c’est le lac aux ondes frémissantes, au croissant effilé ; c’est son fleuve, tantôt lent dans ses sinuosités, tantôt rapide quand ses rives s’alignent sans courbures.A droite et à gauche, l’horizon est fermé par les pics silencieux, les monts gigantesques et les collines inégales entourant ce bassin d’une haute bordure.Les croupes dentelées aux rives du lac et le sol tourmenté par mille accidents, font fleurir des bouquets d’arbres couverts de la neige odorante du printemps, ou lustrés de leur éternelle verdure.Sous leur feuillage, s’abritent en cent endroits mystérieux des demeures s’élevant ça et là.Parfois des notes vives, légères, mélancoliques, percent le silence de la nuit, qui interrompent à peine les brises du soir.A ce chant sublime du rossignol se mêlent pourtant, à de rares intervalles, quelques plaintes d’engoulevents.Des nuages transparents, éparpillés comme de riches lambeaux de guipure, voilent parfois les brillantes étoiles scintillant aux cieux.-o-O-o -— DICTÉE ANGLAISE The Bee-Hive Nature affords but few more striking evidences of the wisdom and the goodness of the Creator, than may be observed in the labors of bees.The observer is at a loss which to admire most, the wonderful manner in which these insects are adapted to their circumstances, or the unity, industry, loyalty, and sagacity which prevail among them.When they begin to work in their hives, they divide themselves into four companies ; one of which roves the fields in search of materials : another employs itself in laying out the bottom and partitions of their cells ; a third is employed in smoothing the walls ; and the fourth company brings food for the rest, or relieves those who return with their respective burdens.But they are not kept constantly at one employment ; they often change the tasks, assigned them : those that have been at work, beincr permitted to go abroad, and those that have been in the fields take their places.They seem even to have signs by which they understand each other ; for when any of them wants food, he holds out his trunk towards the bee from which he expects it.The latter, understanding the desire of his companion, immediately deposits for his use a small quantity of honey.Their diligence and labor are so great that in a few days they are enabled to make cells sufficient for several thousand bees.In the plan and for mation of these cells they display a wonderful sagacity.-0-0-0- ARITHMÉTIQUE I.—Trouvez la valeur de ; Eép.Bit.Opération 4.5.7 =4x5x7 = 140 140 v2xl= 70 140-^4x3 = 105 140-^5x4 = 112 -287 140-7x6= 120 —= m 1 G.7.JL 3 — 1 G.7 _ K2 7 Ï4 0 • i o ts" ^stt* II.—Divisez les § de 7f, par les f- de 1 lT4r.Opération f de 3 1 4' 3 I ±de-\y =i^o 31 -i- i.00 — 34 1 T>Zn - 11 — G oir -nnp« s ÉCOLE MODÈLE DICTEE SYNTAXIQUE Education des jeunes filles à Port-Royal Une chose qui rendait cette maison une des plus recommandables qu’il y ait jamais eu, et qui peut-être lai a attiré ia plus grande partie de la jalousie qu’elle a encourue, c’est l’excellente éducation qu’on y donnait à la jeunesse.Il n’y a jamais eu d’asile où l’innocence et la pureté aient été plus à l’abri de l'air contagieux du siècle?ni d’école où les vérités du christianisme aient été plus solidement enseignées.Les leçons de piété que j’y ai entendu donner aux jeunes filles faisaient d’autant plus d’impression sur leur esprit, qu’elles les voyaient appuyées, non-seulement de l’exemple de leurs maîtresses, mais encore de celui de toute une grande communauté uniquement occupée à louer et à servir Dieu.Mais on ne se contentait pas de les élever à la piété, on prenait un très grand som de leur former l’esprit et la raison, et l’on travaillait à les rendre également capables d’être un jour de parfaites religieuses ou d’excellentes mères de famille.On pourrait citer un grand nombre de jeunes filles élevées dans ce monastère qui ont depuis édifié le monde par leur sagesse et par leur vertu.On sait avec quels sentiments d'ai-miration et de reconnaissance elles ont toujours parlé de l’éducation qu’elles y avaient reçue, et il s’en est trouvé qui ont conservé au milieu du monde et de la cour, pour les restes do cette maison affligée, cet amour que les anciens Juifs avaient gardé, dans leur captivité, pour les ruines de la ville qui les avait vus naître.Cependant quelque sainte que fût cette maison, une prospé rité plus longue y aurait peut-être à la fin intro duit le relâchement ; et Dieu, qui voulait non-seulement raffermir dans le bien, mais la porter encore à un plus haut degré de sainteté, a permis qu’elle fût exercée par les plus grandes tribulations qu’ait jamais éprouvées aucune maison religieuse.ARITHMÉTIQUE I.Deux hommes peuvent faucher une pièce d’avoine, l’un en 5 heures et l’autre en 9 heures.Quelle portion restera-t-il à faucher, si les deux hommes travaillent ensemble pendant une heure 1 A?Rép.Opération Le 1er fera J de l’ouvrage en 1 heure.Le 2e fera l- de l’ouvrage en 1 heure.Les deux feront 4- + ^- de l’ouvrage en 1 heure • 1 4.JL = 9 JL 5 _ J.4 X ' 9 lô 1 XX 4 A JL5_ J.4 = 31 pU,, 4 5 4 5 4 5‘ -LteF- IL Quel est l’intérêt de $72.30 à 7§ % pour 64- jours 1 Rép.$0.98 Opération $72.30 •07f U bis ci 5.0610 .3615 .18075 5.60325 5.60325 -7- 365 = .01535 x 64 = $0.98.o-O-o o-0-o ALGÈBRE I.Trouvez la valeur à’x dans l’équation suivante : 2*-(±*-a) = 202 - 8.x + 4-= 15.c - 5 20x - Sx - 15x= -5-4 - 3x = - 9 35 = 3 II.Divisez x5 + 32y5 par x + 2y. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 1YS Opération 4- 32y5 | x + 2y + 2x*y x4 - 2xty + 4x2?/2 - 8xy3 4- 16y4 - 2xAy + 32?/5 - 2x*y - 4X3?/2 4X3?/2 + 32y° 4x3//2 + 8x2y$ - 8 x2;/3 + 32 y5 - 8a:2?/3 - 16xy4 16xy4 4- 32?/5 16x;/4 + 32 ÿ5 Opération 2002 = 40000 x .7854 = 314160000 3T4Î60000 = 314160000 B ou 200 x .8862269 = 177 245.A, D.Lacroix, Sociétaire.-o-o-o-— PARTIE PRATIQUE DICTÉE 1 UN BON PETIT CŒUR Rép.x4 - 2xhy 4- 4x2y2 - 8x^ 4-16 y4.o-o-o TOISÉ I.Trouvez la surface d’un triangle dont les trois côtés sont 30, 40 et 50 pieds.Rép.600 pieds.Opération 50 40 30 |j!20 60 x 10 x 20 x 30 10 600 20 12000 30 \/360000 =; 600 pieds.II.Le diamètre d’un cercle est de 200 pieds.Quel sera le côté d’un carré égal en superficie à j ce cercle ?Un jour Bernardin de Sanit-Pierre, encore enfant, trouva un malheureux chat près d’expirer dans l’égoût d’un ruisseau ; il était percé d’un coup de broche et poussait des cris effrayants.Eunr de pitié, il le cache dans son habit, le porte furtivement au grenier, lui fait un lit de foin et vient lui donner à boire et à manger à toutes les heures du jour, partageant avec lui son déjeuner et son goûter, et lui tenant fidèle compagnie.Au bout de quelques semaines le pauvre animal avait recouvré la santé ; il devint alors un excellent chasseur de souris, mais si sauvage qu’il ne se montrait plus qu'à la voix de son ami, sans jamais cependant le laisser approcher.Aimé Martin.QUESTIONS ET EXPLICATIONS M.—De quoi est-il question dans ce petit récit 1 E.—D'un chat blessé qu’un enfant charitable a recueil! et soigné.M.—Comment s’appelait cet enfant ?E.—Bernardin de Saint-Pierre.M.—Oui, mes enfants, et il est devenu plus tard un grand écrivain français ; il a vécu da 1737 à 1814.De quelle opération de l’arithmétique vous servirez-vous pour me dire à quel âge il oit mort ?E.—De la soustraction.En retranchant 1737 de 1814, on trouve 77, âge auquel il est mort.M.—Que feriez-vous, si comme le jeune Ber- Rép.177.245. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 114 nardin, vous trouviez quelque part un chat blessé et mourant ?Un élève.—Je le laisserais là de peur de m’en faire griffer.M.-—Vous êtes franc, mais vous n’êtos pas brave.— Que pouvez-vous dire de Bernardin de Saint-Pierre ?E.—Que c’était un brave, et qu’il avait un bon cœur.M.—Que fit le chat après sa guérison?E.—11 devint bon chasseur de souris, mais il était si craintif qu’il n’osait plus se laisser appro cher par personne, pas même par son sauveur.M.—Connaissez-vous un proverbe qui explique la crainte excessive de ce chat ?E.— ' monsieur : Chat échaudé craint Veau froide.M.—Imitez, mes enfants, la bonté de Bernardin, et sans être aussi défiants que le chat, ne vous confiez pas au premier venu qui peut abuser de votre faiblesse EXERCICES ÉCRITS 1.Faire écrire en deux colonnes tous les noms de la dictée précédente ; le singulier à gauche, le pluriel à droite.Faire donner les règles des noms en eu, au, eau et en al.2.Faire relever tous les articles en faisant rendre compte des cas où l’on remplace e dans le et a dans la par une apostrophe.3.Faire composer de petites phrases avec les mots suivants : ardoise, encre, ivoire, homme, hasard, humilité, argent, en faisant précéder chaque mot d’un article élidé.— Exemple : U ardoise est utile.—U encre sert pour écrire, etc.•-o-O-o- II DICTÉE Les arabes nomades L’Arabe pur sang est grave, mince, élancé, musculeux ; il offre up mélange remarquable d’élé- gance et de vigueur ; les extrémités sont fines ; les menbres allongés, souples et fort.La figure est d’un ovale un peu tiré avec des traits réguliers ; l’œil vif, les dents éclatantes ; seul, le front étroit et fuyant, manque de noblesse.Le grand air, la poussière, le soleil tannent la peau et lui donnent cette belle teinte bronzée qui se marie si bien au dessin énergique du visage.C’est surtout parmi les nomades que ce type se retrouve dans toute sa beauté : on voit réellement.un magnifique spécimen de l’espèce quand un homme de grande tente apparaît drapé dans | ses houmous.Le vêtement au larges plis, sans gê-I ner les mouvements, les enveloppe d’une I ampleur majestueuse.On a beaucoup vanté les cavaliers arabes ; mais les piétons, il faut les voir marcher sur quelque route poudreuse, en plein soleil, de leur pas allongé, égal, infatigable.QUE .NS ET EXPLICATIONS Pur sang : de pure race, sans mélange de sang turc ou nègne,=Muscideux : ses muscles sont forts et apparents.=Les extrémités ; ici, les pieds et les mains.:=2Y>'é : légèrement allongé.—Qu’entend-on encore par visage tiré ?= Fuyant : déprimé, comme aplati, s’inclinant beaucoup en arrière.—Se marie : marier est souvent employer comme ici, pour allier, unir ; — les homonymes de marie ?=.Les nomades : ceux qui n'ont pas de demeure fixes, qui se déplacent suivant les besoins de leurs troupe aux.=Un spécimen : un échantillon, une figure pouvant être prise comme type —Ses hournous : ces grands manteaux de laine, blancs le plus souvent, dans lesquels ils se drapent, s’enveloppent.=Infati-gable : quel remarque y a-t-il à leur faire sur l’orthographe de cet adjectif ?EXERCICES ÉCRITS Citer plusieurs adjectifs en cant, cable, gant, gable, dérivés de verbes en guer, guer.Qu’apel-le-t-on complément logique ?Analyser logiquement la première phrase.—Citer cinq exemples de sujets, d’attributs complexes.—Quels sont les mots variables qui sont le plus souvent employés çomipe adverbes ?donner des exemples. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 175 %ure V il, le fu S3 ’pfl S3 réelle-! Hand t les III DICTÉE PUISSANCE ET RICHESSE DE L’ANGLETERRE en» P lire Rués dans jà sur ijiifi- pies ties ntk Les Iles Britanniques, très découpées, fortement accidentées, bien arrosées, mais nébuleuses, froides humides, abondantes seulement en métaux et en pâturages, sont le pays où l’activité humaine se déploie sur la plus vaste échelle.L’homme y a out créé : des canaux, des routes, des ports.Profitant de son existance insulaire qui, en le resserrant chez lui le forçait à répandre à l’extérieure son activité, il s’est fait une puissance tout artificielle, celle de ses vaisseaux, avec laquelle il remue le monde, Entrepôt de toutes les productions du globe, ce pays les distribue à tous les autres, après que l’insdustrie a centuplé leur valeur ; puissance la plus colonisante qui fût jamais, il a porté sa langue et son pavillon sur tous les points de la terre.Maître de l’océan Atlantique par sa position sur le flanc occidental de l’Europe,il menace les puissances continentales, et tranquille derrière son grand fossé maritime, et sa ceinture mouvante de navires, il n’a rien à craindre de leurs armées.Enfin, il tient aux abords de tous les continents des poste avancés qui, selon sa fortune, sont tour à tour des points d’appui pour la conquête, des centres de refuge pour la retraite, et toujours dos foyers d’entreprise pour son commerce qui brave tous les périls et ne connaît aucun repos.Th.Lavalée v QUESTIONS ET EXPLICAONS Accidentées : le sol présente des reliefs importants surtout dans le pays de Galles et en Ecosse.Nébuleuse : le ciel y est le plus souvent couvert de nuages, les brouillards y sont fréquents (de nebula, nuage).= Sur la plus vaste échelle : dans les plus grandes proportions.—Comment échelle a-t-il pu devenir synonyme de mesure l=Insu-laire : sur une île (insularis, de insula, ile).= Tout ; qu’est ici ce mot 1 Quand tout adverbe varie-t-il?donner des exemple?.— Centuplé ; rendu cent fois plus grande.—-Citer d’autres Verbes dinvés aüsei d’un, nom de nombre.&&11 ç Hî subatàatif es ftïüiîsm tisat-il la placé I appeler l’attention sur cette phrase.=Colonisan-te : inusité ; on dit plutôt colonisatrice.=Son pavillon : son drapeau, emblème de sa puissance.—Aux abords : aux environs, à proximité.= Des postes avancés : citer Gilbraltar, Malte, Chypre.—Aden, le Cap, etc._Brave : ne craint aucun péril, les affronte, semble les défier.EXERCICE ÉCRITS Citer et expliquer quelques locutions dans lesquelles entre le mot abord (d'abord, tout d'abord, de prime abord.=Citer plusieurs mots formés par simple apposition de mots existants {abord entreposer).—Revision des règles particulières d’abord du participe passé (précédé d’un infinitif, de en, de le peu, placé entre deux que, etc.), donner des exemples pour chaque cas.L.S.-000- LECTURE EXPRESSIVE La douceur et la modestie Ce petit apologue n’est pas signé, mais il donne une excellente leçon sous une forme élégante et concise.Il faut le détailler avec soin.Lorsque, pour orner la beauté, Le ciel eut rassemblé les grâces, la jeunesse, Les charmes de l’esprit, le sel de la finesse Et le vernis de la gaieté, On assure J et l’on m’a conté — Que pour être de la partie (Appuyez bien sur les deux termes du vers suivant.) La douceur et la modestie Vinrent se présenter à la divinité.(Avec un ton dédaigneux.) “Qu’est-ce encore dit quelqu’un?de chaque [qualité.— La part | n’est-elle pas lotie ?Renvoyons celles-ci.(D’un ton d’autorité et de blâme.) —Je/vous le défends bien, Dit le maître absolu de la troupe céleste ; Les vertus ont de quoi remplacer tout le reste, (D’un ton simple mais affirmatif.) Et sân* elle», messieurs» tout le reste n’est rien.” £ * h.Riftüisn. 176 L’ENSEIONEMENT PRIMAIRE Lecture expressive Le vieillard et l’ane Les fables en vers de Fénelon sont moins connues que ses fables en prose.Quelques-unes pourtant sont dignes du grand écrivain et peuvent être comparées même à celles de La Fontaine.Dans le Vieillard et V Ane,traités par les deux fabulistes, et dont le sujet est tiré du recueil de Phèdre, la même idée philosophique apparaît: l’indifférence de l’esclave pour le maître qui le tient en servitude ; mais je ne sais si elle n’est pas plus saisissante dans le court apologue de Fénelon.(Commencez avec le ton d’un homme qui donne un [cons.il .Croyez-moi ! Qui change de gouvernement Sans nul profit { change de maître.En voulez-vous¦ un exemple ?Un timide vieillard, dans un pré faisait [paître — Son âne, (D’un ton effrayé.) L’ennemi donne l’alarme au camp.(Avec un ton d’agitation et de crainte,) “ Fuyons, s’écrie-t-il à la bête, Nous n'avons que le temps,car autrement— Nous serons pris.— (Changez de voix et d’un ton calme.; Pourquoi nous enfuir de la sorte ?Dit l’animal | fourrageant en repos; Et pourquoi donc m'en irais-je ?Le vainqueur j mettra-t-il double faix sur [mon dos ?Un peu surpris de cette question, —Non, dit l’homme.(Avec un ton de brusquerie et d’indifférence.) Eh bien, que m’importe, Reprit l’âne,par qui le bât est sur mon dos?” Cela m'est bien égal! Fénelon, 1651-1715.L.Riquier.RECUEIL DE LEÇONS DI CHOSES L’USAGE DES ÉCOLES PRIMAIRES, MODÈLES ET ACADÉMIQUES, DES COLLÈGES, COUVENTS, ETC., ETC.r, JL S.CLOUTIER, Professeur à l'école normal Laval et Rédacteur de “ L'Enseignement primaire ”.Ce livre est indisDensable à tous les institu- X.teurs et institutrices qui ont à cœur de se conformer au désir du Conseil de l’Instruction publique au sujet des leçons de choses.En vente chez tous les libraires de Québec et chez MM.Cadieux et Derome, et Beauchemin et Valois, à Montréal.LA GRAMMAIRE LEYESQU approuvée et recommandée par le Conseil de T Instruction Publique, LE 19 OCTOBRE 1881.Prix à la douzaine.•$0.S4.En vente chez tous lés libraires, à Québec et à Montréal.h l\ LIVRES CLASSIQUES GRAMMAIRE DË JHOMOND AVEC SYNTAXE REVUE PAR J.B.CLOUTIER DEVOIRS GRAMMATICAUX PÂÀ LE MÊME Tous ces livres ont- été approuvés par le Conseil de l’Instruction publique et sont en vente chez tous les libraires de Québec et de Montréal.
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