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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
samedi 1 octobre 1887
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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Références

L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1887-10, Collections de BAnQ.

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?Mfî ÂNNÈË 1er OCTOBRE 1887 Numéro 15 ïï FSIÜIM JOURNAL D’EDUCATION ET D’INSTRUCTION PARAISSANT LE 1er ET LE 15 DE CHAQUE MOIS, LES VACANCES EXCEPTEES CïiOUTIEK, Bédacteur«propriétaire AIDÉ PAR UN COMITÉ DE COLLABORATION Prix de l’abonnement : UN DOLLAR par an, irp- p'A' Tent payable d’avance Toute correspondance, réclamation, etc., concernant la réA ^^vO^Tire .dressée à J.-B.Cloutier, professeur à l’école normale Laval ; celles concernant , vyCVc, a L.J.Demers & Frère, imprimeurs-éditeurs, no.30, rue de la Fabrique, Québec.-Q T* SOMMAIRE_____Actes officiels :—Nomination de commissaires et syndics d’écoles-—Compte rendu deola dernière réunion du comité catholique du Conseil de l’Instruction Publique.— Méthodologie : Premières notions intuitives de géographie — L’orientation.— Biblksgra-phie : Appréciation dé la vie et des œuvres de Frédéric Ozanam, par M.Pierre Chauveau.— Pédagogie : Causerie pédagogique, par Roger Liquier.—Rapport de M.l’inspecteur Lippens___La langue maternelle par M.J.O.Magnan.—Partie tratiquè : I, Leçon orale— II Dictée.—Le chien de Brisquet.—III Dictée.—Le parcage.—Arithmétique.—Problèmes.— Algèbre.—Divers : Poésie.—L’ange à l’enfant.—Etude littéraire:—Boilenu,—Despréau et son art poétique.—Annonces.Actes Officiels Département de l’Instruction pfelique 11 a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un ordre en conseil, en date du 27 août dernier, (1887), de faire les nominations suivantes, savoir : Commissaires d'écoles.Comté de Bagot, village Saint-Bom inique.— MM.Antoine Casavant, fils, Michel Archambault, Victor Vachon, Joseph Houle et Joseph Tétreau.Comté de Charlevoix, Petite Rivière Saint-François-Xavier—M.Paul?Bouchard, en remplacement de M.Edmond Bouchard, sorti de charge.Comté de Terrebonne, ville de Terrebonne.— M.Thomas Lapointe, en remplacement de M.Absalon Sauvé, qui a quitté la municipalité.Comté de Yamaska, village de Pierreville,— Révd.Thomas Quinn, prêtre, curé, Wencesla3 Smith, écuyer, M.D., et MM.Alphonse Gill, Israël Gendron et Henri Descheneaux, municipalité nouvelle.Syndics d'écoles.Comté des Deux-Montagnes, Saint-Canut No.1.—M.William Miller, aucune élection n’ayant eu lieu en juillet dernier.o-0-o Comité catïioliqae du conseil de Pïnstr fiction puMiqtie Procès verbal de la séance du 13 septembre 1887 Présents : Le surintendant, président ; Son Eminence le cardinal Taschereau ; Mgr T Archevêque d’Ottawa; Mgr l’Evêque de Rimouski ; “ de Sherbrooke ; “ de St-Hyacinths ; “ de Nicoiet ; Mgr le vicaire apostolique de Pontiac.Le très révérend M.Maréchal, G.-V., représentant Mgr l’archevêque de Montréal ; Le très révérend M.Caron, V.-G., représentant Mgr l’évêque de Trois-Rivières ; L’honorable P.J.O.Chauveau ; M.Eugène Crépeau, G.B.; M.P.S.Murphy.Lecture et adoption du procès verbal de la dernière séance. Lecture d’une lettre da Mgr l’archevêque de Montréal, par laquelle Sa Grandeur délègue ses pouvoirs pour assister à la présente séance au très révérend M.Maréchal, pour cause d’absence.Lecture d’une lettre de Mgr.l’évêque de Trois-Rivières par laquelle Sa Grandeur délègue se3 pouvoirs pour assister à la présente séance, au très révérend M.Caron, pour cause d’absence.Lecture d’une lettre de M.le docteur Pain-chaud, informant le surintendant qu’il a donné sa démission comme membre du conseil de i’in-struetion publique.«.Lecture d’une lettre de l’honorable juge Jetté, informant le comité que ses occupations ne lui permettront pas d’assister à la présente séance.Lecture et adoption du rapport du sous-comité chargé de l’examen des livres qui suit : Le sous-comité des livres assemblé le 13 septembre 1887.Présents : Son Eminence le cardinal Taschereau, président ; Mgr l’évêque de Rimouski, Mgr l’évêque de Sherbrooke et l’honorable P.J.O.Chauveau, a l’honneur de faire le rapport suivant : “ 1.Abrégé complet de l’Histoire Sainte, par M.l’abbé David Gosselin.“2.Abrégé de l’Histoire Sainte—deuxième cours—par le même.“ Le sous-comité est d’avis de ne pas recommander l’approbation de ces deux ouvrages.“ 3.Tablettes chronologiques et alphabétiques des principaux événement de l’Histoire du Canada,” par le même, même rapport.E.A.Card.Taschereau, Areh.de Québec.Il est résolu, sur proposition de Son Eminence le eardinal Taschereau, secondé par i’ho-narable P.J.O.Chauveau que M.P.S.Murphy remplace l’honorable M.Ryan comme membre du sous-comité chargé de l’examen des livres.Son Eminence le cardinal Tarchereau ayant manifesté son intention de ne plus faire partie du sous-comité chargé de l’examen d’un programme d’études et d’un tableau de l’emploi du temps pour les écoles catholiques ; Mgr l’évêque de iNIcolet propose secondé par M.Eugène Cré-peau et il est résolu : “ Que Mgr l’évêque de Serbrooke remplace Son Eminence le cardinal Taschereau comme membre de ce comité.” Il est résolu que l’examen du programme d’études et du tableau de l’emploi du temps soit remis à la prochaine séance et qu’en conséquence le sous-comité chargé de cet examen devra se réunir deux jours avant l’ouverture de la réunion du comité du mois de mai prochain.Le comité recommande au Lieutenant-Gouverneur en conseil, après les avoir adoptées, les résolutions qui suivent : “ Sur proposition de Son Eminence le Cardinal Taschereau, secondé par Mgr.l’évêque de Chicoutimi, u qu’un bureau d’examinateurs soit établi à la Pointe aux Esquimaux, comté de Saguenay, avec pouvoir d’accorder des diplômes d’instituteurs et institutrices pour écoles élémentaires valables dans les limites de la préfecture apostolique de la côte nord et que les membres de ce bureau d’examinateurs soient : Mgr.Bossé, préfet apostolique, la Révérend Eusèbe LeBlanc, vice préfet apostolique, le missionnaire de la rivière Maggie et le missionnaire de la rivière Pentecôte.” Sur proposition de Son Eminence le cardinal Taschereau,secondé par Mgr l’évêque de Rimouski.“ 1.Que M.l’inspecteur George Stanislas Vieil, soit transféré au district d’inspection laissé vacant par le décès de M l’inspecteur Carrier, comprenant les comtés de Lévis et Dorchester, avec traitement de mille piastres ($1000.00) par année ; “2.Que M.Amédée Tanguay, soit nommé inspecteur d’écoles pour le district d’inspection qui deviendra vacant par le transfert de M.l’inspecteur Vien, lequel district comprend le : comté de Beauce (moins les municipalités de Lambton, St, Sébastien, Ste.Agnès et St.Samuel) ; les municipalités de St.Patrice et St.Sylvestre, dans le comté de Lotbinière ; la municipalité du Sacré-Cœur de Mario, dans le comté de Mégantic, au traitement de huit cent cinquante piastres ($850.00) par année.“3.Que M.l’inspecteur Céiestin Bouchard soit transféré au district d’inspection laissé .vacant par la destitution de M.Joseph Phidime Simard, comprenant les comtés de Belleohasse, Montmagny et 1’Islet, au traitement de mille ($1000.00) par année ; u 4.Que M.Théophile Beaulieu soit nommé inspecteur d’écoles pour le district d’inspection ÎÆftSÈiaNEMENÎ PRIMAIRE 227 qui deviendra vacant par le transfert de M.l’inspecteur Bouchard, lequel district comprend les comtés de Kamouraska et Témiscouata, au traitements de huit cents piastres ($800,00) par année.“ Que la résolution du mois de mai^ dernier relative aux nominations des MM.Ruel et Tanguay soit annulée.” Sur recommandation de Son Eminence le cardinal Taschereau, secondé par Mgr l’évêque de Rimouski : “ Que le Révérend Hermile Baril, ptre remplace M.le Docteur Badeaux, décédé, comme membre du bureau d’examinateurs de Trois-Rivières ; “¦ Que A.Morency, écr., avocat, remplace H.J.Duchesnay, écr., M.D.décédé, comme membre du bureau d’examinateurs de la Beauce ; “ Que M.l’inspecteur Joseph Prémont remplace M.l’inspecteur Félix E.Jumeau, décédé, comme membre du bureau d’examinateurs catholiques de la cité de Québec.” Lecture d’une lettre de M.l’inspecteur M.Tremblay (de Charlevoix) au sujet des difficultés que les inspecteurs d’écoles rencontrent dans l’exercice de leurs fonctions en raison des vacances qui sont données à des époques différentes dans les municipalités de leurs districts d’inspection.Le comité recommande qu’une circulaire soit adressée à tous les inspecteurs d’écoles leur demandant ce qui a lieu à ce sujet dans leurs districts respectifs et les priant de suggérer le mode le plus convenable pour obvier à ces inconvénients.Communication est faite au comité de la nomination de MM.Paul de Cases et Elson I.Rex-ford, secrétaires du département|de l’instruction publique, comme secrétaires-conjoints du conseil de l’instruction publique, sans appointment.Le comité recommande que le titre d’académie soit donné aux couvents de Eraserviile et de St-Charles de Bellechasse et à l’école modèle des garçons d’Iberville.Il est résolu que l’allocation du collège de Ricolet sera de quatorze cents piastres ($1,400) tant que celle des autres collèges qui ont actuellement deux milles piastres ($2,000) sera maintenue.Il est résolu qu’une somme de seize cents piastres $1,600 soit prise sur le fonds de l’éducation supérieure mise au crédit du comité catholique et distribuée entre les collèges classiques (moins le collège de bTicolet) qui ont eu une augmentation d’allocation sur le dit fonds l’année dernière, et ce, en proportion de ce que les dits collèges ont eu alors sur la somme qui a été divisée entre eux.Il est résolu que sur la balance du fonds de l’éducation supérieure mise au crédit du comité catholique une somme de mille piastres ($1,000.00), soit payée aux institutions qui ont fait des demandes nouvelles.Le comité procède à la distribution du fonds de l’éducation supérieure.Mgr l’évêque de Sherbrooke, secondé par l’honorable M.Chauveau propose,et il est résolu : Que le comité s’ajourne au jeudi,.15 du courant, à dix heures A.M.Séance du 15 sept.1887.Présents les mêmes, moins Sa Grandeur Mgr.l’évêque de Nieolet et Eugène Crépeau, écr.Lecture d’une lettre de Mgr.l’évêque de bTico-let, par lequelle Sa Grandeur délègue ses pou voirs, pour assister à la présente séance, au très Révérend M.Gélinas, pour cause d’absence.Le comité recommande que le surintendant adresse des circulaires à tous les bureaux d'examinateurs catholiques de la Province leur demandant les changements qu’ ils peuvent avoir à suggérer dans les règlements qui les régit.Le comité refuse d’accorder le titre de collège à l’académie de garçons d6 Sorel et d’augmenter l’allocation qui est actuellement de cent cinquante piastres.Le comité termine la distribution des fonds de l’éducation supérieure, et il est résolu que la liste des allocations accordées sur le dit fonds soit adoptée, et que recommandation soit faite au gouvernement de l’approuver.Le comité procède ensuite à la distribution du fonds : des municipalités pauvres, et recommande que la liste des allocations accordées sur ce fonds soit adoptée et que recommendation soit faite au gouvernement de l’approuver.Le comité s’ajourne. 228 L’ENSEïG-NEMENT PRIMAIRE Méthodologie Premières notions intuitives de géographie Il ne faut pas croire que pour commencer à enseigner la géographie à de jeunes enfants, il faille avoir un manuel, un globe et des cartes, choses qui manquent assez souvent dans nos écoles de la campagne.Un maître habile saura toujours suppléer à ce défaut de matériel scolaire.Car après tout, qu’est-ce qu’enseigner la géographie aux enfants ?C’est leur donner d’abord des notions justes et exactes sur les lois qui régissent notre planète, et ensuite de la leur faire connaître en détail à fur et à mesure que leur intelligence se développe.Pour atteindre ce but il n’est pas nécessaire au début d’avoir un matériel bien considérable.Un tableau noir, une ardoise et un crayon suffisent.Les notions préliminaires que l’on trouve au commencement de tous les manuels, et par lesquelles on débute avec les commençants, sont presque toujours des hors-d'œuvre qui sont autant d9 lettres mortes pour eux.On peut et l’on doit enseigner cette branche à tous les enfants, même à ceux qui ne savent pas lire.Comment doit-on s’y prendre avec ces derniers 1 La chose est très facile pour celui qui sait tirer profit des leçons d’intuition.Voyons un peu comment il faut procéder dans ce cas.Je suppose que la maison d'école est située de manière à ce que la porte d’entrée soit au sud.Nous commencerons par l'orientation.M.—Mes enfants, comment nomme-t-on le bâtiment dans lequel nous nous trouvons actuellement ?E.—Monsieur, le bâtiment dans lequel nous nous trouvons se nomme la maison d'école.M.—Lorsque vous sortez de l’école le midi, oil se trouve le soleil ?E.—Il se trouve en face de nous.M.—Le point où se trouve le soleil alors s’appelle le midi ou sud.Placez-vous de manière à ce que vous ayez le sud derrière vous.(Les élèves obéissent), à droite, en face, à gauche.M.—Quels sont les élèves qui, en retournant de l’école chez eux l’après-midi, ont le soleil en face 1 E.—Ceux qui en sortant ont à tourner à droite.M.—Quels sont les élèves qui ont alors le soleil derrière eux 1 E.—Ceux qui tournent à gauche.M.—Très-Bien.Lorsque le soleil paraît le matin, de quel côté se trouve-t-il ?(Tous les enfant montrent le côté du levant.) Quels sont ceux d’entre vous qui ont le soleil en face lorsqu’ils viennent à l’école ?Qu’ils lèvent la main.(Tous ceux qui demeurent en haut de l’école lèvent la main., —Port bien ! Maintenant, que tous ceux qui ont le soleil derrière eux en venant à l’école le matin fassent la même chose.(Ceux qui demeurent en bas de l’écocole en font autant.) — C’est bien ! Le point où le soleil paraît le matin se nomme-Est ou levant ; celui où il disparaît le soir se nomme Ouest ou couchant.Si vous tournez le dos au soleil, à midi, vous aurez devant vous le nord.—Qu’avez-vous à votre droite ?E.—Nous avons V est ?M.—Et à votre gauche ?E.—Nous avons l’ouest.M.—Begardez le nord.Tournez jusqu’à ce que vous ayez l’est devant vous.(Les elèves se tournent la face à l’est.)—Tournez encore dans le même sens jusqu’à ce que vous ayez le midi devant vous.(Les élèves obéissent).Bien.—Mes enfants, les quatre points que nous venons d’étudier 3e nomment les quatre points cardinaux.— Nommez les quatre points cardinaux et dites comment on les distingue l’un de l’autre.E.—Les quatre points cardinaux sont : l’est, l'ouest, le nord et le sud.On les distingue de la manière suivante : Lorsque le midi on se tourne la face vers le soleil, on a le sud devant soi, le nord, derrière, l’est à gauche et l’ouest a droite.M.—Pouvez-vous me dire maintenant, quelle est la position de l’école par rapport aux points cardinaux ?E.—Oui, monsieur, la façade de l’école est au sud , le derrière de la maison est au nord.Le pignon à notre droite, lorsque nous sortons, est à Y ouest et celui à notre gauche est à Vest.M.—Bien, mes enfants, pour vous rendre L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 229 encore plus famillières les notions que je viens de vous donner sur les points cardinaux, nous allons sortir dehors, et continuer le même exercice.(Le maître et les élèves sortent.) —Nous allons prendre comme point de repère la maison d’école.Quelle est la position de l’église par rapport à l’école ?E.—Elle est à Vest.M.-—Et le couvent 1 E.—Il est à Y ouest.M.—La maison du maire 1 E.—Elle est au sud.M.—Le fleuve St.Laurent ?E.—Il est au nord.M.—Ainsi, mes enfants, tâchez de bien retenir tout ce que nous venons de dire sur les points cardinaux.Dans une prochaine leçon, nous étudierons la géographie de la maison d’école.¦-o-O-o - BIBLIOGRAPHIE Nous accusons réception d’un nouveau livre intitulé ‘ Frédéric Ozanam, sa vie et ses œuvres, par M.Pierre Chauveau, fils.Cet ouvrage ne peut manquer de rencontrer un accueil favorable de la.part du public canadien, mais surtout des membres de la Société de Saint Vincent de Paul, auxquels il fait connaître tous les détails de la vie intime et publique du grand écrivain catholique, fondateur de leur admirable Société.Ce travail de longue haleine, puisqu’il renferme six cents pages, accuse chez l’auteur une étude sérieuse et profonde de son sujet, des recherches aussi pénibles que laborieuses dans les ouvrages où il a puisé.La matière est disposée de manière à tenir le lecteur sous ie charme d’un intérêt toujours croissant, et les heures que l’on passe à suivre Ozanam dans les différentes phases de sa vie paraissent toujours trop courtes.Nous félicitons bien sincèrement M.P.Chauveau d’avoir eu l’heureuse idée de faire connaître à ses compatriotes un homme dont la trop courte vie à été uniquement employée au service de|la religion.Nous n’hé- sitons pas à lui dire que cette œuvre seule le place à un rang distingué parmi les auteurs canadiens.D’ailleurs il est déjà avantageusement conun comme écrivain, puisqu’il a rédigé pendant plusieurs années le Journal /’ Instruction publique.Le livre est présenté au lecteur par une introduction du père de l’auteur, l’Honorable P.J.O.Chauveau, dont l’éloge littéraire n’est plus à faire.Il suffit du reste de lire ce petit chef-d’œuvre de style pour reconnaître, à ne pas s’y tromper, ce vaillant vétéran des lettres canadiennes.Sa plume est aussi fine, aussi délicate, aussi coulante qu’elle l’était il y a vingt-cinq ans, avec cette seule différence qu’on sent, dans ses écrits d’aujourd’hui, plus d’études, de connaissances et d’érudition.En fait de typographie, c’est un des plus beaux volumes qui soient sortis des presses canadiennes.Tout en remerciant l’auteur de la délicate attention qu’il a eue pour nous, en nous envoyant son ouvrage, nous lui souhaitons tout le succès que méritent ses précieux labeurs.- o—O—o- CAUSERIE PÉDAGOGIQUE LE TACT Andrieux parlait un jour, en faisant son cours de littérature au Collège de France, de la rhétorique d’Aristote.Il disait que le Stagyrite semblait avoir eu pour objet de mettre l’art de la parole à la portée de tout le monde ; de rendre tous les hommes, sinon éloquents, au moins suffisamment diserts ; puis il cita de mémoire quelques vers de la fable du Charlatan de La Fontaine : Ce charlatan se vantait d’être En éloquence un si grand maître Qu’il rendait disert un badaud, Un manant, un rustre, un lourdaud : — “ Oui, messieurs, un lourdaud, un animal, un [âne ; Que l’on m’amène un âne, un âne renforcé Je le rendrai maître passé.; Il aperçut à ce moment dans son auditoire deux ecclésiastiques ; il s’arrêta aussitôt, et, 230 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE crainte de les embarrasser, s’obstint de dire le vers suivant : “ Et veux qu’il porte la soutane.” C’était faire preuve de tact.Cette anecdote en dit plus long qu’une définition, pour faire comprendre au juste en quoi consiste la qualité délicate à laquelle, par une image naturelle et vraie, on a donné le nom d’un de nos cinq sens.Une des raisons qui font que les chats se dirigent adroitement, même dans l’obscurité, sans rien heurter, à travers les meubles d’une chambre, les ustensiles placés sur la table de la cuisine ou les bibelots frêles de la cheminée, c’est que les longues moustaches dont ils sont pourvus les avertissent de la présence et de la distance de ces divers objets.Il y a quelque chose d’analogue dans l’espèce de sens intellectuel dont je veux parler.Mais je n’ai point à servir à mes lecteurs une étude psychologique dont ils n’ont que faire.Je dois, comme toujours, en évitant de prendre un ton de professeur et sutout de professeur de philosophie, arriver à des considérations et des conseils pédagogiques.Je m’adresserai donc cette fois aux jeunes, aux débutants, à ceux que le mouvement qui s’élaborera au moment où paraîtront ces lignes va appeler pour la première fois aux fonctions d’instituteurs.De toutes les qualités requises pour se faire bien venir des personnes nouvelles avec qui l’on doit entrer en relations, pour se faire bien juger dans le milieu où l’on doit s’établir, il n’en est peut-être pas de plus importante que le tact.Or, il est vrai que le tact a quelque chose d’instinctif, il est vrai aussi que cet instinct ne se développe qu’avec une certaine expérience de la vie.C’est dire que les jeunes gens en général sont exposés à en manquer à l’occasion—et il n’y a pas, hélas ! sur ce point, de grâce d’état pour ceux qui se destinent à l’enseignement.L’élève-maître d’hier, frais émoulu de l’école normale, qui rapporte dans son petit village un brevet supérieur et qui peut soutenir sans trop de désavantage la conversation avec le percepteur ou le notaire du chef-lieu du canton, est aisément j-pris pour un docteur par les popula- tions naïves qui l’admirent.Je ne lui ferai pas un crime d’être un peu grisé des fumées de vanité qui peuvent lui monter à la tête.Comme dit le vieux Térence : Je suis homme ; je comprends et partage tout sentiment humain.Mais il me sera permis à son entrée dans la carrière, de lui crier : Casse-cou ! Le directeur de sa future école est peut-être un instituteur d’autrefois : excellent homme ayant plus d’expérience que de savoir proprement dit.Que notre jeune adjoint se garde bien de vouloir affirmer dès le premier jour la supériorité de ses lumières.Il blesserait de la sorte un homme à qui il doit l’obéissance et le respect, et qui a le droit d’être susceptible, (or nous le sommes tous sur ce point délicat !) Qu’il sache bien, d’ailleurs, que l’avantage intellectuel dont il se targue se trouve compensé, et bien au delà, par l’absence de certaines qualités générales ou professionnelles qui lui manquent encore, à commencer par ce défaut de jugement, qui lui a fait commettre une première maladresse.Je lui recommanderai la même réserve à l’égard du maire de la paroisse, des parents de ses élèves.Et que d’exemples je pourrais citer, qui montreraient combien il est utile que de tels conseils pénètrent dans les jeunes cervelles ! Un élève-maître à qui ses parents reprochaient son peu de progrès essaya, pour se justifier, de les éblouir en leur écrivant une mirifique lettre toute débordante d’érudition.Pour voir clair dans ce factum, il fallut le communiquer au fils aîné, déjà instituteur.Celui-ci répondit à son cadet de la belle manière ; “ Qu’est-ce que tu nous chantes là, disait-il en substance, avec infiniment de sens et de cœur, que vas-tu parler de Mithridate à nos parents ! Us n’ont que faire de Mithridate ! Mais si ce roi de Pont leur est étranger, ils ont su, ce qui est infiniment mieux, élever honnêtement, dans leur •pauvreté, une nombreuse famille, et faire de toi ce que tu seras un jour.” C’est de ce sentiment profond, qu’il y a dans le monde et dans la vie des hommes mille sortes de mérites bien supérieurs à celui que peuvent nous donner nos connaissances, que nos jeunes instituteurs devront s’inspirer dans les relations nouvelles qui les attendent. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 231 Mais fout manque de tact ne se traduit pas nécessairement par une atteinte à l’amour-propre d’autrui, Sans parler davantage des pédants, ceux-là manquent encore de tact, qui, suivant l’expression proverbiale, parlent de corde dans la.maison d’un pendu, ou qui dans des circonstances délicates, mettent, comme on dit “ les pieds dans le plat.” Il y a enfin, en mille choses, une mesure à garder, que le tact seul enseigne à ne pas dépasser.Quand l’inspecteur primaire visite votre école, ne poussez pas la politesse et les égards jusqu’à cette obséquiosité fatigante et importune dont l’excès semble toujours hypocrite, et qui a, en tout cas, pour effet certain de lasser votre visiteur et de lui déplaire.Il me souvient d’un certain hôtel où j’étais obligé de m’arrêter au temps de mes tournées scolaires.Mon hôtesse se campait devant moi, les mains sur les hanches, et, depuis les hors-d’œuvre jusqu’au dessert, se croyait obligée de me tenir conversation.C’étaient des racontars assommants, entrecoupés de : “ Vous ne mangez rien.—Allons, revenez-y.—Ce n’est peut-être pas tendre.” Et je ne tendais pas la main vers la salière, sans qu’elle se précipitât la première pour me l’avancer, au risque d’amener, suivant sa croyance, un cataclysme prochain en la renversant.La brave femme ne se doutait pas combien je détestais ses attentions excessives, et, si j’eusse changé d’hôtel, elle n’eût pas manqué de crier à l’ingratitude ! D’autres fois, il arrive, dans une lettre ou dans un entretien, qu’on insiste sur des points qu’il n’eût fallu qu’effleurer ; c’est un éloge trop lourd qui se change en pavé; c’est une mauvaise nouvelle qui, annoncée sans ménagemênt, risque de produire de trop brusques et de trop douloureuses surprises.Une observation maladroitement présentée, au lieu de paraître un avertissement salutaire qui fait naître la reconnaissance, devient un reproche qui blesse et qui aigrit.Mais revenons à nos jeunes maîtres.Uon seulement au dehors, mais dans la classe, que de tact exigent les fonctions d’instituteur ! U doit prendre garde, dans les réprimandes qu’il adresse à ses élèves, que le blâme n’en retombe pas, même indirectement, sur leurs familles.Gardez-vous de dire, par exemple, à un enfant malpropre : “ On ne vous lave donc jamais chez vous ?” Abstenez-vous de toute allusion désobligeante à la profession des parents.Gardez-vous de toute plaisanterie, de tout jeu de mots déplacé sur les noms, parfois cocasses, que vos écoliers tiennent de leur père.Apportez le contrôle le plus scrupuleux au choix des morceaux de récitation.—Uos lecteurs ne croiraient jamais qu’on puisse faire chanter dans une école (et il s’agit, dans l’espèce, d’une école publique de chef-lieu de canton !) certaine chanson qu’un inspecteur primaire me communique : durant quatorze couplets Satan promène de par le monde sa fameuse chaudière et y plonge successivement les gens de diverses professions, avec cette apostrophe lyrique à la fin de chaque verset : “ Monte dans la machine à vapeur ! ”—Quelle sottise et quelle aberration ! Les ouvrages de polémique, de propagande étroite et passionnée, doivent également être exclus des distributions de prix.Enfin, ce n’est pas tout d’avoir soi-même du tact, il faudrait tâcher de développer cette qualité chez nos élèves.La plupart en manquent étrangement.Voici un sujet de composition française donné dans la dernière session d’examens : Un de vos amis vient de s’ engager dans V infanterie de marine.Vous lui écrivez pour le féliciter.La plupart des copies n’étaient que des variations sur ce thème : Bravo, mon ami, tu vas verser ton sang pour la France, t’exposer aux fureurs de l’océan, ou devenir victime des épidémies permanentes des pays chauds.—Ah ça ! mais, pourrait s’écrier notre marin, comme Péponet, des Faux Bonshommes, à la lecture du contrat de mariage de sa fille, on ne parle que de ma mort, là dedans ! Singulière manière d’encourager les gens ?Fous exerçons souvent nos bambins à développer des proverbes et des maximes qui n’offrent pas matière à un développement bien facile.Ce n’en est pas moins un excellent exercice.Mais ne pensez-vous pas qu’on pourrait aussi mettre de temps en temps à l’épreuve, au même titre que la rectitude de leur jugement, la délicatesse de leurs sentiments et de leurs pensées ?Roger Liquier. 232 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE M.Uppesas < Yarennes, 1 septembre 1886.Monsieur le Surintendant, J’ai F honneur de vous soumettre mon rapport annuel pour l’exercice 1885-86.La situation générale des écoles a été peu satisfaisante cette année.Voici en quelques mots les principales causes qui ont contribué à ce résultat regrettable : La petite vérole à exercé ses ravages dans mon district d’inspection, et l’assistance des élèves à beaucoup souffert de la présence de ce terrible fléau.Beaucoup de personnes négligent, d’envoyer leurs enfants régulièrement à l’école, et de leur procurer les effets classiques nécessaires.Dans trois municipalités seulement — à Contrecœur, à St-Antoine et à St-Marc, — les commissions scolaires fournissent aux élèves les livres et les autres objets de classe.Les intéressés sont enchantés de ce système, qui est de beaucoup le plus économique et le plus avantageux.Si le gouvernement accordait une prime spéciale à ceux qui suivent cet exemple, voilà un moyen qui conduirait plus sûrement au but que tous nos conseils et toutes nos instances.Les trois quarts des établissements scolaires de ma division sont des écoles élémentaires tenues par des institutrices laïques.Pas une seule de celles-là n’a passé par une école normale.C’est assez dire que le besoin d’un enseignement spécial pour préparer les jeunes filles qui se destinent à la carrière de l’enseignement, se fait vivement sentir dans cette partie du pays.On ne trouve aucune trace de plan d’études dans la plupart de nos écoles.Le temps ne serait-il pas venu d’adopter un programme détaillé, ainsi qu’un tableau de la distribution du temps et une division mensuelle des matières pour chaque année ?11 y a plusieurs branches que les instituteurs doivent enseigner et qu’ils ne sont pas obligés de savoir.Elles font partie du programme d’études, mais dans le programme d’examen pour l’obtention du diplôme, il n’en est pas môme question.Voilà une anomalie et une source de difficultés.Je compte une demi-douzaine de soi-disant institutrices qui sont complètement incompétentes pour tenir une école.Si je réussis à les renvoyer quelque part, je les retrouve ailleurs l’année suivante.En s’offrant au rabais elles éloignent les personnes capables.Elles sont la plaie du corps enseignant et la cause principale de ces déplacements continuels si préjudiciables aux succès de nos écoles.Ce qui est plus grave, c’est qu’elles sont munies de brevets, et que c’est au moyen de ces documents officiels, mais trompeurs, qu’elles en imposent au public et l’exploitent sans scrupule.Sur ce chapitre, j’aurais à raconter des histoires fort curieuses, mais passons.Les connaissances méthodologiques sont faibles ou nulles chez la plupart des ins-tutitrices de nos compagnes, mais elles font généralement preuve de zèle et de bonne volonté.Elles se plaignent avec raison de ne pas recevoir une direction suffisante, et elles ne demanderaient pas mieux que de profiter des occasions qui leur seraient offertes de s’instruire et de se mettre à la hauteur de leur position, Une simple inspection ne suffit pas pour cela dans les circonstances actuelles.Voilà, je crois, un point qui mérite un sérieux examen de la part de l’autorité.Il est pénible d’avoir à constater qu’une partie considérable de l’argent payé chaque année par le gouvernemnet et par les contribuées, est dépensé en pure perte, parce qu’on accepte les services d’un trop grand nombre de personnes qui ne peuvent être d’aucune utilité, et parce qu’on ne donne pas à celles qui ont des dispositions plus heureuses, l’occasion de s’instruire et de se perfectionner.Le moyen le plus efficace et le plus économique pour arriver à un meilleur résultat, L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 233 a déjà été signalé plusieurs fois par vous-même, par un grand nombre de mes confrères et par moi-même ; ce sont les conférences pedagogiques.Je ne m’étendrai pas longuement sur ce point, mais je ferai plus, je mettrai l’idée à exécution dès le mois de septembre prochain.Mon plan est entièrement tracé à l’heure qu’il est, et tous mes arrangements sont complétés pour le com mencement de l’année scolaire 1886-87.J’ai envoyé à tous ceux que la chose concerne, une circulaire dont voici les principaux passages : “ Dans le courant des mois de septembre “ et d’octobre prochains, je me propose de “ réunir en conférence les institutrices de “ chacune des municipalités de mon district “ d’inspection, afin de les entretenir sur les “ méthodes d’enseignement et sur la ma-“ nière de diriger leurs écoles.“ Je leur fournirai ainsi l’occasion de se “ perfectionner dans la science pédagogique, u et de travailler à leur propre avancement.“ Je dois ajouter qu’il ne s’agit pas de leur “ faire passer d’examen.Je n’interrogerai “ personne, je donnerai moi-même les expli-u cations, et on sera libre de me poser autant de questions que l’on voudra.Mes “ services seront entièrement gratuits.“ Les jeunes personnes qui se proposent “ de se destiner à l’enseignement seront ad-“ mises à ces conférances.“ Messieurs les Curés et les Commissaires “ d’écoles sont spécialement invités à les “ honorer de leur présence et je compte sur u leur concours pour le succès de ce projet, “ qui m’a paru rencontrer l’approbation “ générale.“ Ces conférences dureront deux jours u dans chaque paroisse, et on aura deux u séances par jour, le matin et l’après-“ midi.” Le lieu et la date de ces réunions ont été communiqués aux intéressés quelques jours plus tard.Un des journaux publiés dans mon dis- trict d’inspection a accueilli ce plan dans les termes que voici : “ Les conférences, voilà certainement le u moyen le plus pratique et le moins coû-u teux de vulgariser les bonnes méthodes.“ Ces entretiens ne manqueront pas d’être u féconds en résultats : ils fourniront aux “ institutrices l’occasion de se renseigner u sur une foule de questions qui ont rapport u à la profession qu’elles exercent.Elles u contribueront à mettre plus d’ordre, plus u d’uniformité dans la manière de diriger “ les écoles.” Je n’en dirai pas davantage pour le moment, mais je vous ferai un compte rendu détaillé de mes opérations.Je me permets de revenir sur une idée que j’ai exprimée déjà : il me ferait bien plaisir de faire personnellement la connaissance de tous mes confrères.Si nous pouvions nous réunir périodiquement, nous aurions l’avantage de nous communiquer les fruits de nos études et de notre expérience, nous pourrions nous consulter sur la meilleure organisation à adopter pour populariser les bonnes méthodes d’enseignement.L’unité de vues, d’actions et de moyens contribueraient grandement au succès de notre mission.Je crois devoir appeler votre attention sur un dernier point.D’après la législation actuelle, l’octroi du gouvernement,ainsi que la contribution foncière, doit être distribuée à chaque arrondissement au prorata du nombre d’enfants de sept à quatorze ans, de tel arrondissement.Cette loi est à peu près lettre morte.Dans plusieurs municipalités, tout le monde est sur pied d’égalité, et on donne à chacun ses besoins.Ailleurs, chaque arrondissement jouit de ses revenus et paie ses dépenses.Il ne m’appartient pas de juger s’il ne serait pas à propos d’amender la loi actuelle et de régulariser la position des commissions scolaires en leur permettant d’opter entre l’un et l’autre de ces deux systèmes, mais je crois que ce serait le moyen le plus simple de prévenir des difficultés comme il en surgit assez souvent.Deux instituteurs et une instutitrice ont 284 RENSEIGNEMENT PRIMAIRE dirigé leurs écoles respectivement avec un succès remarquable, et ils ont envoyé d’excellents travaux classiques à l’exposition de Londres.Je leur offre ici mes félicitations.Ce sont MM.Médard Emard, de St Hubert, M.Joseph H.Morin, de Ste Julie, et Mlle Marie-Hose Hubertin, de Boucherville.Je dois aussi reconnaître ici que de nombreux amis de l’éducation m’ont généreusement secondé dans l’accomplissement de mes devoirs.J’ai l’honneur d’être, etc., B.LIPPENS, Inspecteur d'écoles.o- o—o NOTES PÉDAGOGIQUES Avant de mettre une grammaire entre les mains des enfants, il importe de les préparer à l’étudier avec fruit.Les exercices préparatoires et Iq petit cours de langue que nous donnerons dans la suite, sont une préparation à l’étude de la grammaire dans le livre.Cette marche est en tout point conforme à l’axiome de Herder : “ Il faut enseigner la grammaire par la langue et non la langue par la grammaire.” Ces exercices doivent commencer aussitôt que les élèves savent lire couramment et écrire lisiblement.La parole du maître, le tableau noir et la craie, l’attention des écoliers, l’ardoise et le crayon : voilà les matériaux nécessaires aux exercices du petit cours de langue.Lemaître se servira d’un langage simple et attrayant.L’attention des enfants sera facilement captivée en se servant de mots et de termes dont l’idée de l’objet qu’ils désignent se présente immédiatement à leur imagination.L’école, la maison paternelle, la basse-cour, les champs, les forêts, les montagnes, etc., etc., fourniront amplement, à l’esprit de l’instituteur, des mots et des phrases qui conviendront parfaitement à T intelligence de jeunes élèves.Durant ces exercices-oraux et écrits—l’intuition jouera le plus grand rôle.Cet enseignement intuitif est pour ainsi dire la continuation de celui que la mère donne à ses enfants.Dans ces leçons, le développement des facultés et la formation du cceur, voilà la fin ; la science, voilà le moyen.La science, pour se frayer facilement une voie à travers ces jeunes intelligences non cultivées aura besoin d’éléments indispensables.Ces éléments sont, chez le maître : une connaissance parfaite, du cœur et de l’intelligence de ses élèves; une science solide, une imagination vive, un langage simple et imagé : c’est là le secret d’intéresser les enfants— ; une grande douceur accompagnée de beaucoup de fermeté, et une bonne dose de patience ; il devra aussi posséder à un haut degré, l’esprit de gradation.Chez l’élève : l’attention, l’observation, l’intelligence, la mémoire et de la bonne volonté.C’est durant les leçons que s’opère le développement des diverses opérations et facultés— nommées ci-dessus—mises en action chez l’écolier.C’est aussi le temps de les équilibrer.He jamais séparer l’idée du mot.Ecrire un mot au tableau noir, en exprimer l’orthographe et en donner immédiatement le sens ; puis faire copier ce mot.En enseignant une matière quelconque, rappelons-nous qu’il faut toujours chercher à atteindre un double but : 1° d’apprendre aux élèves la branche qu’ils étudient ; 2° de développer par tous les moyens possibles leur intelligence.A cet effet, souvenons-nous de cette maxime du Père Girard : “ Les mots pour les pensées, et les pensées pour le cœur et la vie." Ainsi, dans chaque leçon, tous les mots sont expliqués d’une manière simple, claire et facile, les expressions sont à la portée des jeunes intelligences qu’on veut former.Tous les points do la leçon qui peuvent développer le sentiment moral, sont mis à profit.C.J.Magnan.-o-o-o- : ï* A L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 235 PARTIE PRATIQUE I LEÇON ORALE EXERCICES PRÉPARATOIRES AU COURS DE LANGUE MATERNELLE.M.—Mes petits amis, vous n’êtes pas sans savoir que c’est le bon Dieu qui a créé le ciel, la terre et tout ce qu’ils renferment.La terre que nous habitons renferme des créatures de toutes sortes.Par exemple, vous, mes enfants, vos parents, M.le curé, les montagnes, les forêts, les champs, les animaux, etc., etc., sont des créatures.Et Dieu en est le créateur.—Paul, quand tu regardes autour de toi, dans cette classe, que romarques-tu 1 Paul.—Je vous vois, monsieur, ainsi que mes camarades.J6 remarque aussi le crucifix, le tableau, les cartes, les tables, les livres, les bancs, et les pupitres.M.—Bien, mon ami.A ton tour Joseph.Quand tu visites la basse-cour, chez-vous, qu’est-ce qui frappe tes regards t Joseph.—Bien, d’abord ce sont les oies et les petits canards, que j’aime beaucoup à voir s’abattre dans de jolis lacs que papa a creusé exprès pour eux.Puis, j’aime beaucoup le petit poulain brun qui court lestement dans la prairie.Mais ce que j’affectionne surtout, ce sent les petits moutons ; ils sont si doux et si gentils ! Un jeune élève.—Moi j’aime bien la vache blanche, car elle nous donne du lait.M.—C’est très bien, Charles, ,tu es un petit garçon reconnaissant.Les enfants doivent avoir de la reconnaissance pour tous ceux qui leur fout du bien.Jean-Baptiste, as-tu déjà regardé, quand tu étais dehors, au-dessus de ta tête ?Jean-Baptiste.—Oui, monsieur, j’ai vu le ciel, M.—Oui, c’est-à-dire cette grande voûte bleue que l’on appelle le firmament.Jean-Baptiste.—Au firmament se trouvent le soleil, la lune et les étoiles.M.—Le soleil, la lune, les étoiles sont appelés astres—corps célestes—parce qu’ils se trouvent placés dans le ciel, Le bon Dieu a créé les astres pour réchauffer et éclairer la terre, et pour guider les hommes dans leurs voyages.Mes enfants, nous venons de parler de beaucoup de créatures qui 'se trouvent à l’école, à la basse-cour, au firmament, etc.; maintenant, êtes-vous capables de me dire quel nom nous donnons à tout ce que Dieu a créé ?Silence.M.—Ecoutez-moi, je vais vous le dire.Tout ce que Dieu a créé, et qui tombe sur nos sens, c’est-à-dire, que nous pouvons voir, sentir, goûter, entendre et toucher, s’appelle être matériel.Le maître écrit au tableau la définition suivante : On appelle être matériel tout ce que nous pouvons voir, sentir, goûter, entendre et toucher.Il faut faire apprendre par cœur cette définition à chaque enfant, puis la faire copier sur l’ardoise.Pour exercice écrit, faire nommer des êtres matériels, écrire les mots au tableau, en expliquer l’orthographe, en donner l’explication et les faire copier.C.J.Magnan, -o -o- o—- II DICTÉE LE CHIEN DE BRISQUET Il y avait un bonhomme, bûcheron de son état, qui s’appelait Brisquet, ou autrement le fendeur à la bonne hache, et qui vivait pauvrement du produit de ses fagots, avec sa femme qui s’appelait Brisquette.Le bon Dieu leur avait donné deux jolis petits enfants, un garçon de sept ans qui était brun et qui s’appelait Biscotin, et une blondine de six ans, qui s’appelait Bis-cotine.Outre cela, ils avaient un chien bâtard, à poil frisé, noir partout le corps, si ce n’est au museau, qu’il avait couleur de feu ; et c’était bien le meilleur chien du pays pour son attachement à ses maîtres.Vous souvenez-vous du temps où il vint tant de loups dans la forêt de Lyons ?C’était dans l’année des grandes neiges que les pauvres gens eurent si grand'peine à vivre.Ce fut une terri- 236 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 61e désolation dans le pays.Brisquet, qui all i it toujours à sa besogne et qui ne craignait pas s loups, à cause de sa bonne hache, dit un matin à Brisquette : “ Femme, je vous prie de ne laisser courir ni Biscotin, ni Biscotine, tant que M.le grand louvetier ne sera pas venu.Il y aurait du danger pour eux.Ils ont assez de quoi marcher entre la butte et l’étang, depuis que j’ai planté des piquets le long de l’étang pour les préserver d’accident.Charles Nodier (1780-1814.) QUESTIONS ET EXPLICATIONS Forêt de Lyons, grande forêt de Normandie, —Grand’peine ; élision de Ve.Autres cas de cette élision après l’adjectif grand ?(grand'mère, grand'messe, grand'tante, mere-grand).Grand louvetier, officier chargé de détruire le3 loups.Exercicss et devoirs.— 1° Formation de phrases dans lesquelles on placera les verbes employés à trois temps simples différents.—2° Tableau des temps primitifs ; séparer les verbes irréguliers des verbes réguliers et mettre en tête du tableau le verbe-modèle qui sert à la conjugaison.—3° Conjugaison orale des temps composés.—4° Souligner deux fois les verbes dont l’emploi à certains temps donne lieu à des remarques.Ex.appeler (doublement de la consonne l devant un e muetT.— 5° Former des phrases d’application, y faire entrer ces derniers verbes employés à différents temps.-o-o-o- III DICTÉE LE PARCAGE Le parcage consiste dans le séjour des moutons ou des autres animaux dans une enceinte fermée de barrières mobiles et appelée parc, où ils passent la nuit.Un excellent moyen de multiplier les bons effets du parcage et d’en abréger la durée, c’est de faire consommer les fourrages sur place, ou de nounir les animaux dans le paie, en leur distribuant leur nourriture dans des rate tiers1 ou des auges2 mobiles.Toutes les déjections^ profitent ainsi au terrain, qui se trouve avoir reçu bien plus tôt4 la dose d’engrais5 qu’on veut donner.Lorsque la place où ont parqué les animaux est engraissée, on porte le parc plus loin, et l’on continue ainsi jusqu’à ce que le champ entier ait été parqué.Les agriculteurs soigneux ne manquent pas de donner le parcage dans le sens où la terre doit être labourée, afin que le labour6 suive le parcage aussi immédiatement que possible, pour que les sucs nourriciers dont il enrichit le sol ne soient pas desséchés par le soleil ou les vents, ou entraînés par les pluies, et soient, au contraire, le plus tôt possible incorporés7 à la terre par un labour superficiel8.EXPLICATIONS 1.Râtelier, s.m., sorte d’échelle attachée au-dessus de la mangeoire pour contenir le foin, la paille que mangent les chevaux, les bœufs, etc ; au figuré, les deux rangées de dents : il a un bon râtelier (expression familière.) — Mots de la même famille : râteau (latin rastellutn), s.m,, instrument d’agriculture et de jardinage ;—râte-lage, s.m., action de râteler ;—râtelée, s.f, ce que l'on ramasse en un seul coup de râteau ;— dire sa râtelée, vieille expression : dire tout ce que l’on sait ;—râteler, verbe actif ou transitif, nettoyer, amasser avec le râteau ; au figuré : amoncelor ;—râdeleur, râteleuse, subst,, celui ou celle qui râtelle.2.Auge (du latin alveus, cavité), s.fém., pierre ou pièce de bois creusée où boivent et mangent les bestiaux, vaisseau de bois dont se servent les maçons pour délayer le plâtre ; au plur., rigoles qui conduisent l’eau sur la roue d’un moulin; — augée, s.f., contenu d’une auge ;—auget, s.m., petite auge où l’on met la graine des oiseaux dans une cage.—Rapprocher de ce mot l’expres- , sion : nettoyer les écuries d'Augias, qui siguifie faire un travail désagréable et difficile.Augias, roi des Epéens en Elide et l’un des Argonautes.Ses étables, qui contenaient 3000 bœufs, n’ayant pas été nettoyées pendant trente ans, Hercule détourna le fleuve Alphée et le fit passer à travers (mythologie).—On appelle aussi pays d'Auge une partie de la Normandie remarquable par sa RENSEIGNEMENT PRIMAIRE 237 * fertilité et comprise dans le Calvados ; mais ici le mot à’Auge est dérivé du celtique augia, qui signifie pâturage.3.Déjection, s.t.(du latin de, hors, jacere, jeter), évacuation d’excréments;—au pluriel, matières évacuées, rejetées.4.Plus tôt, loc.adverbiale, s’écrit en deux mots, opposée à plus tard.Cette locution de temps se construit, tantôt sans l’article, tantôt avec l’article, suivant qu’elle joue le role de comparatif ou celui de superlatif p-au plus tôt, loc.adv., signifie au plus vite.5.Engrais, s.m., tout ce qui sert à engraisser la terre, pâturages où F on met le bétail pour l’engraisser ; pâture pour les volailles ;—engraissement, s.m., action d’engraisser, état de celui qui engraisse ;—engraisser, verbe actif ou transitif, faire devenir gras : engraisser des bœufs ; amender, fertiliser, faire produire : engraisser la terre, verbe neutre : devenir gras : il engraisse à vue d’œil;—s'engraisser, v.pron., prendre de l’embonpoint; au figuré il signifie s’enrichir : s’engraisser du travail des autres.6.Lzleur (de laborare, latin, travailler) ;— terre de labour (Italie : Ceserte, Capoue), n.p„ ; labourable, adj.:—labourage, s.m.;—labourer, v.a.: retourner la terre avec la charrue, la bêche ; au figuré sillonner : le boulet a labouré le champ ; —laboureur ; — laborieux, laborieuse, adj., qui travaille ; pénible, lent et fatigant : enfant laborieux, entreprise laborieuse, digestion laborieuse ; —laborieusement, adv.;—laboratoire, s.m., local disposé pour des travaux de chimie, de physique, de pharmacie.7.Incorporer, v.act.: réunir une chose à une autre: incorporer un peuple ; —s'incorporer, v.pron., se mêler ensemble ;—incorporé, ée, adj., qui est réuni à;—incorporation, s.f., action d’incorporer,état d’une chose incorporée ;—incorporel, elle, adj , qui n’a point de corps : Dieu est incorporel : qui ne tombe £oint sous les sens : tous les droits sont incorporels (terme d9 jurisprudence) ;—incorporaliié, s.f., qualité des êtres incorporels: F incorporalité des anges.8.Superficie (du latin superficies), s.f., étendus d’un corps solide considéré par rapport à sa longueur et à sa largeur, sans considérer sa profondeur: la superficie de la terre ; au figuré, con- naissance légère et imparfaite des choses ; il n’a que de la superficie ;— superficiel, elle, adj.; blessure superficielle, peu profonde ; esprit superficiel, qui s’arrête à l’intérieur, qui n’approfondit pas ;—superficiellement, adv.de manière.-o-O-o- ARITHMÉTIQUE PROBLÈMES 1.Un boucher a acheté 6 veaux $4.25 la pièce ; 5 bœufs à $75.50 la paire et 21 moutons à $3.75 la pièce.Combien a-t il dépensé?Solution : Yeaux $ 4.25x6 = $ 25.50 Boeufs 75.50 x 21- 188.75 Moutons 2.75 + 21— 78.75 Rép.— $293.00 * 2.Un meublier a vendu 204 chaises $153.00, Combien a-t-il vendu la douzaine '?Combien chaque chaise ?Solution : ~r^-~ 17 douz.Vt" = $9, prix de la douz.ff — 0.75, “ a “ chaise.3.Un marchand de grain a acheté 2396 minots de blé pour $2276.20.Combien a-t-il payé le minot 1 Combien gagnera-t-il en le revendant $1.05 le minot ?Solution : ~ $9-95 le minot.1.05 - 95 =$0.10, gain par minot.0.10 cts x 2396 =$239.60 gain total.4.J’ai acheté une pièce de coton de 53 verges à $0.23 la verge, d’un marchand qui me doit 35 minots de pommes de terre à $0.42 le minot.Lequel de nous deux doit à l’autre, et combien ?Solution : 0.42 cts.x 35 = $14.70 0.23 cts.x 53 = 12.19, soustrayez Il me doit $ 2.51 ta '
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