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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
samedi 15 octobre 1887
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1887-10, Collections de BAnQ.

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7me Année 15 OCTOBRE 1887 Numéro 16 L'ENSEIGNEMENT PEI JOURNAL D’EDUCATION ET D’INSTRUCTION PARAISSANT LE 1er ET LE ^ DE CHAQUE MOIS, LES VACANCES EXCEPTEES 55* J.-IS.Tl IE IS, Kéclacteur- propriétaire ' PAR UN COMITE DE COLLABORATION Prix de l’abonneme^ > UN DOLLAR par an, invariablement payable d’avance O Toute correspondance, réc ation, etc., concernant la rédaction, devra être adressée à J.-B.Cloutier, professeur •à l’école normale La\al ; celles concernant l'administration, à L.J.Demers & Frère, imprimeurs-éditeurs, no.30, rue de la Fabrique, Québec.SOMMAIRE______Actes officiels :—Nomination de commissaires et syndics d’écoles*—Délimitation de municipalités scolaires.—Pédagogie: Discipline.—Conduite de l’école, par J.O.Girarci.-L’agriculture au point de vue scolaire, par J.C, Magnan___Rapport de M.l’Inspecteur Savard.—Lettre pédagogique______Partie pratique : I, Cours de langue maternelle.— II, Dictée.— La taupe.-—ill, Dictée.— La toilette.—Composition d’élève.- Aîithmétîque — Problèmes — Algèbre—Divers : Poésie— Peau d’âne, par Sophie Hue.—Pour rire.— Annonces.Actes Officiels Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur l’Administrateur de la Province, par ordre en Conseil en date du 17 septembre dernier (1387), de faire les nominations suivantes, savoir : Sigouin et Hercule Lavoie, en remplacement de MM.Damase Brisson et du Révérend M.J.C.Lachapelle.Comté de Montmorency, La concession des “ Crans.”—MM.Flavien Fontaine et Alfred Fontaine, en remplacement de MM.Joseph Paré et Théodule Paré.Comté d’Ottawa, Sainte-Valérie.—MM.Léon Tessier, Narcisse Ü.Coursolles, Isidore Larose, Eugène Ippersiel et James Shea.(Il n’y a pas eu d’élection depuis juillet 1884).Comté de Rouville, Saint-Michel de Rougemont.—MAI.Moïse Alix Alfred Frégeau, Ephrem Charron, Simon Noiseux et Joseph Barsalou.(Municipalité nouvelle.) Comté de Témiscouata, Notre-Dame du Portage.—M.Octave St.Pierre, en remplacement de M.Hormidas Dionne.Comté de Wolfe, village du Lac Weedon.—MM.Joseph Magnan et Michel Côté, en remplacement de MM.Joseph Lucier et Onégime Savard.Commissaires d’écoles.Département de l’Instruction publique Comté de l’Assomption, Saint-Lin.—M.Félix Archambault, en remplacement du Révérend M.Charles Collin.Comté de Beauce, Saint-Côme.—MM.Télesphore Paquet et Joseph Veilleux, en remplacement de MM.Charles Rodrigue et Joseph Bélanger.Comté de Chicoutimi, Bagotville, (village),—M.Peter McLean, en remplacement de M.Agésilas Lepage.Comté de Chicoutimi, Saint-Bruno.—MM.Anicet Tremblay et Théodule Lavoie, en remplacement de MM.Anicet Tremblay et François Tremblay.Comté de Montcalm,Saint-Denat.—MM .Philéas Il a plu à Son Honneur l’Administrateur de 1*, Province, par un ordre en Conseil, en date du 22 de septembre dernier 11887), de faire les nominations suivantes, savoir : Commissaires décoles.Comté de Drummond, Saint-Pierre de Durham.—M.Louis Emilien Dionne, eu remplacement de M.Léon Raiche, quia quitté la municipalité.Comté de Terrebonne, ville de Saint-Jérôme.— M, Louis de G.Lachaîne, en remplacement de lui-même, aucune élection n’ayant eu lieu en juillet dernier. 242 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Département dh l’Instruction publique 11 a plu à Son Honneur l’Administrateur de la Province, par un ordre en conseil en date du 25 septembre dernier, (1887), défaire les nominations suivantes, savoir : Commissaires d'écoles.Comté de l’Assomption, ville des Laurentides —Le Révd.M.Charles Collin, prêtre, curé, et MM.Charlemagne Laurier, Gilbert Gauvreau, Urgel Pauzé et Emile Pichette.(Municipalité nouvelle).Comté de Chicoutimi, Sainte-Anne.-MM.Octave Gravel et Louis Morissette, le premier en remplacement de lui-même et le second en remplacement de M.Joseph Tremblay.Departement de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur l’Administrateur, par un ordre en Conseil en date du 26 septembre dernier, (1887), de nommer MM.Hévé Montigny et Dominique Chiasson, commissaires d’écoles pour la municipalité des “ Sept Isles, ” comté de Saguenay, le premier en remplacement de M.P.E.Vigneau, et le second en remplacement de M.Cyrille Chiasson, aucune élection n’ayant eu lieu en juillet dernier.Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur l’Administrateur de la Province, par un ordre en Conseil en date du 23 septembre dernier, (1887), de nommer M.Joseph Prémont, inspecteur d’écoles, membre du bureau des examinateurs, section catholique, de la ville de Québec, en remplacement de feu Félix E.J uneau.Departement be l’Instruction publique Il a plu à Son Hoeneur l’Administrateur de la Province, par un ordre en conseil en date du 23 septembre dernier, (1887),de nommer le Révérend M.Hermile Baril, de la ville des Trois-Rivières, membre du bureau des examinateurs de Trois-Rivières, en remplacement de teu Stanislas Badeaux.Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur l’Administrateur de la province, par un ordre en conseil en date du 17 septembre dernier, (1887), de détacher tout le territoire depuis et y comprise la propriété de William Mooney, jusqu’à l’établissement du Dr.L.A.Fortier, de la municipalité de Saint-Colum-ban, comté des Deux Montagnes, et l’annexer à celle de Saint-Canut No.1, pour les fins scolaires.Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur 1 Administrateur de la province, par un ordre en Conseil en date du 17 septembre dernier, (1887), d’ériger le village de Weedon-Centre, dans le comté de Wolfe, en municipalité scolaire, sous le nom de “ municipalité de Weedon-Centre, ” telle qu’érigée en municipalité rurale, en vertu de l’acte 50 V., c.23.-o -o-o- PÉDAGOGIE Discipline.—Conduite de l'école.Section troisième Résumé des principes sur les punitions et les récompenses.I.Puisque ce qui est bien doit être fait parce que c’est bien, sans égard aux punitions ni aux récompenses, concluons qu’en général, il ne faut employer les punitions et les récompenses que lorsque d’autres considérations ne suffisent plus pour retenir les élèves dans la voie du devoir.II.Dans tout le cours de l’éducation et de l’instruction, le maître, en encourageant l’obéissance, l’activité, le développement des facultés, l'amour de l’ordie, parviendra à faire disparaître les occasions d’insubordination et de révolte, et par suite les punitions.III.C’est seulement le mérite, le zèle, l’application soutenue et non pas les talents et les dons de la nature, qui peuvent donner des droits à des récompenses.En aucune circonstance, il ne doit y avoir de punitions pour l’incapacité et la faiblesse d’esprit.“ Rien ne peut justifier un maître qui se laisse aller à punir un élève, auquel il n’a à reprocher autre chose qu’une intelligence naturellement bornée, ” (J.Wood).Il n’y a qne la négligence, la légèreté, l’indolence et les autres effets d’une volonté mauvaise, qui doivent être punis.* IV.Les récompenses ne doivent pas plaire, L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 243 exciter et amuser, sans faire naître la vanité, l’orgueil, l’amour propre.Les châtiments, de leur côté, doivent détourner le mal, mais ils ne doivent jamais être de nature à détruire le ressort et l’énergie de l’âme.Le maître les infligera toujours comme une pénible nécessité.V.Les récompenses et les punitions seront mises en usage avec réserve et discrétion, ou elles perdront entièrement leur heureuse influence ; leur emploi trop fréquent rend l’esprit insensible aux émotions qu’elles doivent produire, ou bien il établit cette fausse idée que les hommes, dans toutes leurs actions, ne sont jamais guidés que par la considération de ce qui leur est personnelle ment utile ou nuisible.VI.Plus l’homme vit pour le présent et pour lui-même, plus il est jeune et soumis à l’empire des sens, et plus il faut que le châtiment ou la récompense suivent de près ses actions, si non leur effet est manqué.Au contraire, à mesure que l’enfant avance en âge, il faut l’habituer à attendre la récompense ou la punition, il faut lui enseigner à espérer ou à craindre les conséquences éloignées de ses actions.VII.L’instituteur ne doit jamais accorder une récompense ou infliger un châtiment avant d’avoir pesé toutes les circonstances avec un esprit exempt de passion et une impartialité entière.Toute méprise, toute erreur, et surtout toute apparence de faveur pour un seul, détruisent dans le cœur des autres enfants le bien que peuvent produire les punitions et les récompenses ; c’est-à-dire, la conscience de leur nécessité et de leur justice.L’homme passionné est sujet à des erreurs continuelles ; il se m’éprend sur le bien, et la récompense d’une manière exagérée ; il ne juge pas mieux ce qui est mauvais, il l’attribue aux plus détestables motifs, et le punit avec une excessive sévérité.La punition ne doit jamais être infligée dans la colère, ni surtout avec un air de raillerie ou de triomphe ; elle ne doit être accompagnée que de marques de compassion pour l’enfant coupable.Il faut faire sentir aux élèves que le maître est forcé à une mesure qui lui est désagréable.S’il punit imprudemment, il s’aliène le cœur des enfants, il fait naître en eux des dispositions à la turbu- lence et à la révolte.Quand le châtiment est convenablement appliqué, il laisse une impression bonne et permanente, et l’instituteur est estimé et chéri comme un père.En règle générale, l’approbation du maître est une récompense suffisante pour la bonne conduite morale.VIII.“ On ne peut arriver au maximum du progrès que quand on est arrivé au minimum de punitions” (Bell).Une marque certaine d’incapacité dans un maître, c’est la nécessité où il se trouve d’employer plus de moyens de correction qu’un autre pour obtenir le même résultat.C’est, au contraire, pour un instituteur, un beau titre de recommandation que de maintenir son autorité aussi bien que ses confrères, en punissant moins.uDiminuer les châtiments sans nuire à la clisci-pline de Cécole, tel est le problème que chaque maître doit s’efforcer de résoudre.” (J.Wood).Quant à l’application de ces différentes règles sur lês récompenses et les punitions, avons-nous besoin de dire qu’elle doit être constamment inspirée par un véritable esprit de charité et d’humanité chrétienne, qui tempérera la sévérité la plus juste par la commisération, qui apprendra au maître à reconnaître la part qu’il doit s’attribuer presque toujours daus les fautes de ses élèves.U’exigez donc que ce que vous pouvez raisonnablement attendre des êtres si faibles et si légers qui sont confiés à vos soins ; mais surtout, soyez rigoureux envers vous-mêmes autant que patients à l’égard des autres.C’est à nous-mêmes qu’il faut presque toujours demander compte du mal qui se fait autour de nous.Si quelque désordre à lieu dans mon école, dit Salzman, je m’examine moi-même, et je trouve souvent que c’est par ma propre faute que l’enfant à manqué à son devoir.Sans aller peut-être aussi loin nous devons toutefois nous persuader que les enfants, essentiellement portés par nature à l’imitation, se conforment, sans s’en douter, à la conduite de ceux qui le dirigent.L’attention sur soi-même est absolument nécessaire dans l’école, où les maîtres ont autant de surveillants que d’écoliers ; ceux-ci reçoivent et gardent toutes les impressions de la conduite du maître avec d’autant plus de facilité qu’ils sont plus attentifs à l’observer.Un maître doit donc 244 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE placer au rang de ses principales obligations celle d’édifier ses élèves ; rien n’est plus puissant sur l’esprit des enfants, comme sur celui des hommes faits que l’exemple.Un instituteur ne doit jamais se permettre une parole qui ne soit une leçon, une démarche qui ne soit un modèle ; et malheur à celui qui, par ses discours ou ses mœurs, serait pour ses écoliers un sujet de scandale.J.O.Girard, Instituteur.St.Cyprien, Rapierville, septembre 1887.(A suivre) -o-o-o- ' L’AGRICIJLTIIKE Conférence donnée devant les instituteurs de la circonscription de V école normale Laval, le 28 mai 1887.I DIGNITÉ DU TRAVAIL DES CHAMPS “ Heureux les cultivateurs s’ils savent apprécier les avantages de leur condition.” (Virgile.) M.le Président, Messieurs, L’agriculture possède de vieux titres de noblesse insciits à la première page de F histoire de l’homme, et dignes de fixer l’attention du législateur, du philosophe et de l’économiste.De tous les métiers exercés par le bras de l’homme, de tous les arts et de toutes les sciences cultivés par le génie, l’agriculture seule a été divinement imposée au roi de l’univers.(1) Adam et Eve, après la création, furent placés dans le Paradis Terrestre pour le cultiver et le garder.Ce travail leur était donné comme une jouissance ; ce n’est qu’après leur péché qu’il devint un châtiment.Ainsi, le cultivateur tient sa mission de Dieu.Elle est, par consé- (1; Après avoir créé l’homme, Dieu le plaça dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder : Ut operaretur et custodir et ilium.(Genèse, 11, 15.) quent, la plus belle, la plus noble et la plus digne d’être accomplie.Dès l’origine du monde, le travail des champs paarît tellement en harmonie avec les besoins, les goûts et les facultés de l’homme qu’il devient la condition indispensable de l’existence.A l’agriculteur seul a été confié le noble soin de nourrir le genre humain tout entier.L’ouvrier, le financier, l’homme de profession, l’artiste lui adresse cette prière que lui-même n’adresse qu’à lui seul : Donnez-nous notre pain de chaque jour.Quand donc le cultivateur entre dans nos villes, et qu’il aperçoit les merveilles de l’industrie et les chefs-d’œuvre de l’art exposés à ses regards, il peut les admirer, mais qu’il se souvienne que les riches possesseurs de ces trésors, que les personnages illustres qui remplissent les palais de l’éclat de leur éloquence, les bibliothèques des lumières de leur science, les musées des inventions de leur génie sont obligés de descendre de ces hauteurs, et de venir dans l’humilité de la faim et de la faiblesse lui demander à lui, humble serviteur de la glèbe, les secours nécessaires pour conserver en eux cette lampe mystérieuse qu’on appelle la vie.Ah ! que les cultivateurs seraient heureux s’ils savaient apprécier les avantages de leur condition ! Qu’ils seraient loin de convoiter l’obscur atelier de l’artisan, l’étroit bureau de l’homme de lettres ! Dans cet atelier, dans ce bureau, qu’il fait sombre ! L’air pur du bon Dieu n’y entre que difficilement.Combien les honnêtes forçats que la nécessité, le commerce, les études, les affaires retiennent là du matin au soir ne sont-ils pas à la gêne ! La boutique, l’atelier, le bureau de l’homme des champs, c’est l’immensité des campagnes ! Qui pourrait décrire, messieurs, combien cet air pur, cette imposante grandeur des scènes qui se déroulent sous les yeux du campagnard, ces tableaux majestueux qui s’offrent à chaque instant à son imagination doivent élever l’esprit et ennoblir le cœur de l’homme ?Cependant il arrive que le cultivateur se dégoûte de son état.Le soir, de retour à son foyer, se reposant des fatigues de la journée, il dit à son épouse, en regardant leurs enfants qui RENSEIGNEMENT PRIMAIRE 245 s’amusent autour d’eux : Ya, ma femme, si Dieu me conserve la santé, mes garçons ne seront pas des esclaves comme moi.Je vais les faire instruire.Ils deviendront commis, homme de bureau, et qui sait, peut-être aurons-nous un de no3 fils médecin ou avocat ! Ah ! que cette ambition fait de ravages parmi notre classe agricole ! Combien de pères de famille n’ont-ils pas ruiné leur santé et leur bien ?combien de braves mères n’ont-elles pas épuisé leurs forces pour procurer à leur fils une haute instruction qui le détournera de la voie de ses ancêtres ?Ce malheureux cultivateur n’aura probablement pas la suprême consolation de laisser à ses enfants tout ce que lui a laissé son père : l’air natal, le toit, le champ, le travail, des goûts simples, l’amour de Dieu et la paix du cœur! Et ce qui est encore bien plus triste, ce fils, instruit bien souvent au détriment des autres membres de la famille, sera peut-être la cause que ses frères déshérités quitteront leur pays pour aller épuiser leurs forces et leur courage sur un sol étranger.Traversons la ligne 45ème, plongeons nos regards dans les manufactures de la grande République américaine, et nous y compterons nos compatriotes par milliers.Comment se fait-il que ces libres descendants des habitants du St-Laurent—que la patrie canadienne pleure et regrette—aient abandonné le foyer paternel, l’air pur de leur champ, le clocher de leur village pour aller s’emprisonner dans un milieu nauséabond, malsain, et se faire esclave des Américains ?Les causes de l’émigration de nos compatriotes aux Etats-Unis sont diverses.Cependant, il est certain qu’un grand nombre de cultivateurs sont obligés de vendre leur terre et de s’expatrier parce qu’ils ont voulu faire sortir leurs enfants de leur condition.A Dieu ne plaise que je veuille blâmer ici les nobles sacrifices que font des parents pour procurer une bonne éducation à leurs enfants.Je veux simplement démontrer combien il est peu sage de faire sortir les fils de cultivateur de leur état pour les lancer dans les professions libérales pu dans la carrière du commerce.Nous sommes dans un jeune pays où les carrières sont en si petit nombre qu’elles sont déjà encombrées.L’expérience de tous les jours est là pour prouver cette assertion.Les avocats qui attendent les plaideurs et les médecins qui sont à se créer des malades ne sont pas rares.Les bureaux et les comptoirs regorgent d’employés ; de sorte que plusieurs jeunes gens, malgré leur capacité et leurs talents, attendent, végètent et finissent par se décourager.Us passent une vie malheureuse et infructueuse ; ce sont des nullités dans la société.S’ils n’avaient point été jetés hors la voie suivie par leurs ancêtres, ils seraient de braves cultivateurs, vivant librement et honorablement sur leur terre.C’est un triste état de choses qui existe.Tous les vrais amis de notre province déplorent amèrement ce courant funeste qui entraîne en trop grand nombre, les gens dos campagnes vers les professions libérales et le commerce.Notre jeune société canadienne est menacée dans sa base.C’est une plaie qui la ronge et l’affaiblit.Si nous consultons les pages de notre histoire, nous y découvrirons facilement que c’est à l’agriculture que la nationalité française doit sa conservation comme peuple distinct sur ce continent d’Amérique ; que c’est l’attachement au sol, qu’ils avaient arrosé de leur sang et de leurs sueurs, qui a fait de tout temps la force de nos pères.Si donc l’agriculture à été notre force dans le passé, comment ne pas prévoir qu’elle sera notre sauvegarde dans l’avenir.Nous devons donc nous y cramponner comme à notre meilleure planche de salut, prendre tous les moyens possibles pour diriger notre jeune génération vers l’agriculture.(A suivre.) C.J.Magkan.-o-o- o- 246 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE M.SAVARD Chicoutimi, 10 juillet 1887.Monsieur le Surintendant, J’ai l’honneur de vous transmettre le rapport de mes visites dans mon district d’inspection pour l’exercice de 1885-86.Je vous expédie en môme temps le grand tableau statistique que j’ai rempli avec tout le soin et l’exactitude possible.Les chiffres de mon grand tableau statistique qui accompagnent ce rapport accusent une diminution dans le nombre des enfants fréquentant les écoles ; je n’en suis pas surpris, car il est à ma connaissance que l’automne dernier, plusieurs familles du lac St-Jean, ont abandonné leurs propriétés à la suite de la mauvaise récolte, pour aller se réfugier dans les centres manufacturiers et se soustraire à la disette.De plus, trois écoles ont été fermées pour l’année à Roberval et une à Normandin.La maladie (coqueluche) dans certains endroits, a été aussi cause que bien des élèves n’ont pu fréquenter l’école cette année.D’un autre côté, les instituteurs et institut!ices ont amélioré beaucoup leur méthode d’enseignement, donné une éducation plus pratique et rationnelle, ce qui est une preuve évidente qu’il y a progrès constant et que le corps enseignant de ma circonscription est toujours à la hauteur de sa position.Une autre preuve incontestable des progrès opérés, c’est que sur le nombre d’instituteurs et d’institutrices que je compte dans mon district d’inspection, il n’y en a que huit, cette année, dont les résultats ne sont pas satisfaisants.Quant aux autres, il montrent toujours beaucoup.de zèle, de dévouement et une grande aptitude# pour l’enseignement.Le mode uniforme d’enseignement adopté et suivi est des plus recommandables.On se sert aussi dans toutes les écoles du comté de livres semblables.En somme, j’ai tout lieu d’être satisfait du zèle et de l’enseignement des instituteurs et institutrices, du travail et des progrès des enfants.Les instituteurs et institutrices des écoles modèles dont les succès sont les plus marquants sont: MM.Elzéar Ouellet, Chs.Martineau, Mad.Ls.Maltais, Melles Denise Coté, et Jos.Elmyre Grenon ; les autres écoles modèles sont aussi tenues sur un bon pied.Les meilleures écoles élémentaires, c’est-à-dire celles où l’on enseigne avec un rare succès toutes ou presque toutes les matières d’une école modèle, sont celles de Melles A.Bergeron et Marie Gauthier dans la ville de Chicoutimi; Marie Tremblay et Anne Savard dans Chicoutimi ; Eléonore Girard, dans St-Alphonse ; Georgiana Larouche dans St-Alexis, Annie Harper, à l’Anse St-Jean; Louise Côté, à Ste-Anne ; Virginie Desbiens, à St-Fulgence ; Dure Vve Alfred Potvin et R.Chamberland, à Hébertville ; Clara Simon, à St-Jérôme ; Eliza Claveau, à St-Souis de Métabétchouan ; Elmyre Lindsay et Marie Tremblay, à St-Prime.Les autres maîtresses, à l’exception des huit ci-dessus indiquées, conduisent leurs écoles à la satisfaction générale.L’ordre et la discipline y sont strictement observés.Le petit séminaire de Chicoutimi, grâce au zèle infatigable de son dévoué et généreux fondateur, Mgr de Chicoutimi, se développe rapidement et donne les plus heureux fruits.Chaque année, près d’une centaine de jeune gens de l’étranger, et des diverses parties du Saguenay et de Charlevoix, confiés aux soins de professeurs instruits et habiles, viennent y puiser une instruction aussi solide que fructueuse, et surtout une excellente éducation morale et religieuse.Déjà plus de quarante-cinq élèves sont heureusement arrivés à la fin du cours complet, qui se divise en deux parties : le cours commercial, Français-Anglais, et le cours classique ; sur ce nombre, 7 sont prêtres,-13 séminaristes, 1 notaire, 10 étudiants à F université Laval, et 3 se préparant, sous la surveillance d’un patron, pour le barreau ou le notariat, et les autres ont embrassé diverses carrières. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 24*7 Depuis son affiliation à l'université Laval, en 1877, le petit séminaire de Chicoutimi compte 4 bacheliers ès-arts, 5 ès lettres, et 6 ès-sciences.Les succès sont certainement des plus encourageants et démontrent assez que le cours d’études n’y est pas inférieur à ceux des autres maisons d’éducation de la province.Cet établissement d’enseignement est placé sur le versant des hauteurs qui entourent Chicoutimi, et domine ainsi toute la ville et le bassin de la rivière Saguenay, dont quelques arpents, à peine, le séparent.Cette position magnifique lui assure les meilleures garanties de salubrité.De vastes dortoirs, des salles et des classes bien aérées ajoutent encore à ces excellentes conditions.Les révérends MM.A.Fafard et Jos.Roy, prêtres, en sont les supérieur et directeur.L’académie des filles de Chicoutimi a été fondée en septembre 1864, par Sa Grandeur Mgr Racine, évêque de Chicoutimi.Le cours d’études embrasse la lecture et l’écriture, la déclamation, la grammaire, la littérature, la composition, la logique, l’arithmétique, la tenue des livres, la géométrie, le toisé, l’algèbre, l’histoire sacrée et l’histoire profane, la géographie, l’histoire naturelle, les notions de physique et de chimie.Les beaux-arts sont cultivés avec soin.La langue anglaise s’y enseigne dans toutes les classes.On comprend, dans cette maison d’éducation, qu’outre l’intérêt que l’on doit porter à donner aux élèves une éducation saine, distinguée, marquée au coin des traditions vraies du bon ton et de la vie sociale dans tous ses détails, on doit aussi s’appliquer à leur donner des habitudes d’ordre, d’économie.Les élèves apprennent à filer, à tisser, à tricoter, à travailler au métier, ainsi que les ouvrages en cire, etc., comme la chose se pratique aux Ursulines du lac St-Jean.Cette académie a, depuis sa fondation, formé un grand nombre d’institutrices capables ; plusieurs ont reçu avec distinction le diplôme gradué, d’autres celui d'école modèle.En somme, les brillants succès obtenus sont aussi satisfaisants pour ceux qui l’encouragent qu’honorables pour celles qui la dirigent.Cette institution compte sept religieuses et est fréquentée, cette année, par 70 élèves.Les élèves dont les succès ont été les plus brillants, sont : Melles Létitia Tessier, Célestine Desjardins, Anna Lapointe, Marie Tremblay, Marie Lavoie, AnnaSavard, Emmélie Tessier et A.Talbot.Le monastère des révérendes Dames Ursulines au lac St-.ïean est fréquenté par 130 élèves.Les jeunes filles qui fréquentent cette maison y reçoivent une instruction des plus complètes et une éducation des plus soignées.Ce couvent jouit d’une grande réputation.Je remarque avec plaisir que les commissaires, à peu d’exceptions près, font preuve de la meilleure volonté dans l’accomplissement de leurs devoirs.Plusieurs, malgré la dureté des temps, n’ont pas craint de doter leurs municipalités de bonnes maisons d’école et de réparer les anciennes.Le matériel des classes est plus complet cette année.Le traitement des institutrices est plus élevé dans certaines municipalités que les années dernières.A St-Jérôme, à St-Louis de Métabetchouan et à St-Fulgence, les salaires accordés aux maîtresses des écoles élémentaires varie de $104.00 à $120.00, plus le logement et le chauffage.Ce résultat est encourageant et montre que l’on commence à comprendre qu’un maître ou une maîtresse peu capable coûte toujours trop, quelque bas que soit son salaire.Les secrétaires-trésoriers tiennent presque tous leurs comptes d’après la méthode officielle.Ceux (deux) qui, lors de ma visite, ne s’étaient pas encore procuré les livres de comptes exigés, m’ont promis de le faire au plus tôt.Tous ces fonctionnaires se sont empressés de me soumettre leurs comptes que j’ai trouvés généralement corrects, grâce à la nouvelle méthode de les tenir. 248 L’ENSEIG-NEMENT PRIMAIRE Il existe dans deux ou trois municipalités certaines difficultés financières qui, j’espère, s’applaniront bientôt.La rareté d’argent, la dureté des temps, les mauvaises récoltes de ces dernières années sont cause qu’il y a beaucoup trop d’arrérages dans plusieurs paroisses.Cependant les maîtres et maîtresses sont généralement assez bien payés.Je suis heureux de constater que les maîtres et maîtresses attachent une grande importance à l’enseignement du catéchisme, surtout pour les enfants qui se préparent à faire leur première communion.La grammaire est enseignée avec plus d’intelligence que parle passé.J’attribue ce progrès au livre intitulé u Leçons de la langue française, ” par les frères de la Doctrine chrétienne, cours élémentaire, livre du maître,” cet ouvrage, destiné spécialement à l’usage des éducateurs et éducatrices est maintenant introduit dans toutes les écoles du comté.Le calculerai et mental, d’après les livres de u Problèmes pratiques, Nos.1 et 2,” par F.-X.Toussaint, s’enseigne avec plus de soin que jamais.Tous les instituteurs et institutrices comprennent aujourd’hui que c’est une branche d’instruction des plus importantes, et une des meilleures gymnastiques de l’intelligence.Tout ce qui s’y rattache est une excellente discipline pour l’esprit, elle lui communique des habitudes qu’aucune autre étude ne saurait lui procurer au môme degré.L’arithmétique (problèmes pratiques, etc., etc.) est enseignée d’une manière très intelligente et raisonnée.Aussi trouve-t-on dans la totalité des écoles, des jeunes enfants de 8, 9 et 10 ans, qui font les calculs avec une exactitude et une rapidité vraiment remarquables.L'écriture est aussi l’objet d’une plus grande attention que les années dernières.Le nouveau cours de calligraphie “ Langlais,” se trouve dans un grand nombre d’écoles et donne les meilleurs résultats ; maismalheu-sement, il y a encore un trop grand nombre d’écoles où l’on enseigne sans méthode, sans principe, simplement en copiant des exemples plus ou moins bien faits par l’instituteur ou l’institutrice.Je travaille à opérer une réforme dans l'enseignement de cette branche, en engageant chaque commission scolaire, quijnejl’a pas déjà fait,à adopter dans ses écoles, le nouveau cours par Langlais ou des cahiers avec modèles.On donne dans presque toutes les écoles des leçons de choses.Rien n’est plus propre à cultiver agréablement l’intelligence des enfants.Rien n’est aussi plus intéressant que de voir dans une école bien tenue, le maître donner sa leçon aux jeunes élèves, surtout lorsqu’il a l’avantage d’avoir des tableaux autour desquels il peut les grouper.Je suis d’opinion que la totalité des maîtres et maîtresses d’écoles de ma circonscription reçoivent VEnseignement primaire ; ils comprennent aujourd’hui que ce journal est pour eux un auxiliaire dans l’enseignement qui contribue beaucoup à hâter les progrès des élèves, par les excellentes leçons de pédagogie qui s’y trouvent.La méthode adoptée de donner tous les vendredis une leçon de politesse et de savoir-vivre a produit d’heureux fruits, et j’ai remarqué que les élèves ont su en bénéficier.Conformément au désir exprimé par votre circulaire No.3, en date du 26 octobre dernier, j’ai engagé fortement, lors de ma visite, tous les maîtres et maîtresses des écoles supérieures et des écoles élémentaires, à préparer des cahiers, devoirs, etc., pour l’exposition coloniale de Londres; j’espère qu’un grand nombre vous ont adressé ces objets, au commencement de mars dernier.Je compte encore cette année dix-sept maîtresses non diplômées ; plusieurs d’entre elles sont très capables, mais elles n’ont pas l’âge requis par la loi.Au risque de vous importuner, je renouvelle la demande que je vous ai déjà faite l’année dernière, d’octroyer, à l’avenir, des brevets élémentaires à l’âge de dix-sept ans.J’ai averti toutes les commissions scolaires, à l’exception de Bourget, St-Bruno et St-Méthode, trois municipalités pauvres, qu’on L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 249 ne tolérerait plus à l’avenir l’emploi de maîtresses non diplômées et ce pour aucune considération.Je ne crois pas, monsieur le Surintendant, devoir entrer dans plus de détails, mes bulletins d’inspection vous ayant fourni tous les renseignements exigés.J’ai l’honneur d’être, etc., J.En.Savard, Inspecteur cVécoles.-o-o- o- ILe&ti’e ï*é
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