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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
vendredi 15 mars 1889
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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Références

L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1889-03, Collections de BAnQ.

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JOURNAL D’EDUCATION ET D’INSTRUCTION PARAISSANT LE 1er ET LE 15 DE CHAQUE MOIS, LES VACANCES EXCEPTEES 15 MATS 1889 me Année Numéro hr~ J.-15.CIL OU Tl EH, Hédacteiir-»»* .n\v= «e AIDÉ PAR UN COMITÉ DE COT y V ^ -.- Prix de l’abonnement : UN DOLLAR par an V .mblement payable d’avance Toute correspondance, réclamation, etc., concernant la rédaction, devra être adressée à J.-B.Cloutier, professeur à l’école normale Laval; celles concernant l’administration, à L.J.Demers & Frère, imprimeurs-éditeurs, no.30, rue de la Fabrique, Québec.SOMMAIRE:—Actes officiels: Nominations de commissaires d’écoles.— Délimitation de municipalité scolaire.— Pédagogie : Pédagogie pratique.—Enseignement de la lecture (suite) — Conférence sur l’enseignement du dessin, par M.C.Lefèvre, (suite).—Les maladies de3 instituteurs.— Partie pratique : I, Le petit André.—II, Dictée—L’Avare___III, Dictée— La bonne ménagère.—Divers: Les écoles normales.— Errata.—Poésie.—Le berger et son fils, ou les étoiles qui filent.—Le dessin.— Ventilation__Annonces.Actes officiels Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un ordre en conseil en date du 21 février courant,(1889), de nommer MM.Liguori Morin, Pierre Dancause, Joseph Bernier, fils de Jacques, Joseph Mercier et Anselme Caron, commissaires d’écoles pour la nouvelle municipalité de u Saint-Marcel,” dans le comte de l’Islet.DÉPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un ordre en conseil en date du 15 février courant (1889), de détacher de la municipalité de * 2 * * * * * * 9 * 11 Saint-Donat, ” dans le comté de Rimouski, les lots N03.111,112, 113, 114, 115, 116, 117, 118, 119, 120, 121 et 122, du cadastre de la paroisse de “ Saint-Donat ”, et les annexer à la municipalité de “ Saint-Joseph de Lepage,” dans le même comté, pour les fins scolaires.Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR par un ordre en conseil en date du 15 février courant, (1889), de détacher delà municipalité scolaire de u Wendover et Simpson, ” dans le comté de Drummond, la moitié sud-ouest des lots Nos.1 et 2 du 1er rang du canton de Wendover, et la moitié sud ouest des lots Nos.1, 2 et 3 du 1er rang du canton de Simpson, dans le même comté, de plus, détacher de la municipalité scolaire du canton de Graham, dans le dit comté de Drummond, les lots Nos.1 et 2 du 2ème rang du canton de Graham, et de les annexer, pour les fins scolaires, à la ville de (l Drummondville, ” dans le susdit comté.Département de l’Instruction publique lia plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un ordre en Conseil, en date du 9 février courant (1889), que la municipalité sco- laire composée de3 cantons de Salaberry et de Grandison, comté de Terrebonne, érigée en municipalité scolaire par arrêté en conseil du 2 septembre 1880, de déclarer que la dite municipalité soit connue sous le nom de “ Saint Jovite,” sans que toutefois l’apellation donnée à cette municipalité jusqu’ici, soit illégale. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PEDAGOGIE PRATIQUE (Suite) ENSEIGNEMENT PRATIQUE DE LA LECTURE Q.— Gomment faut-il commencer à enseigner la lecture ?R.—Il faut commencer par les sons et non par les lettres, parce que celles-ci ne sont que des signes conventionnels qui n’ont de valeur qu’autant que la chose signifiée (le son ou l’articulation) est connue.Q.—Expliquez comment vous procéderez dans les premières leçons à des commençants?R.—Pour ne pas jeter la confusion dans l’esprit des débutants, 'ni les embrouiller inutilement, il faut commencer lentement; ne faire apprendre que quelques lettres à chaque leçon, par exemple,, trois voyelles et trois consonnes.Le maître commence par prononcer lui-même plusieurs fois bien distinctement le premier son, a et non â, il le fait prononcer à tous les élèves ensemble, puis à chacun en particulier, pour s’assurer que tous le prononcent correctement.Ensuite il montre sur le tableau de lecture, ou à défaut de tableau de lecture, sur le tableau noir,le signe qui représente ce même son qu’il aura eu soin de dessiner d’avance; il en fait examiner la forme, en fait chercher de semblables dans le syllabaire que les enfants ont à la main.Cet exercice est un véritable devoir d’invention qui familiarise l’œil et l’oreille de l’élève avec la lettre et le son qu’elle représente, de telle sorte que ces deux choses se lient tellement dans son esprit qu’elles n’en forment plus qu’une.On procède de la même manière pour les autres sons ainsi que pour les articulations.Q.—Que faut-il faire lorsque les enfants ont appris de cette manière, six lettres, par exemple a, é, i, b, d, p ?R.—On leur fait unir successivement une articulation à chacun de ces sons, savoir : le-a bd, be-é bé, be-i bi, de-a da, de-é dé, de-i di ; ils répètent ces petites syllabes jusqu’à ce qu’ils les sachent parfaitement, après quoi on en forme les mots bé-bé, da-da, pa-pa, etc.Si l’élève hésite, on le ramène aux éléments primitifs.Q.—Que faut il faire au commencement de chaque leçon ?R.—Il faut faire récapituler la leçon précédente et étudier quatre ou cinq lettres nouvelles de la manière déjà indiquée et avec lesquelles on forme de nouveaux mots.Q.—Sur quels chapitres faut-il le plus insister ?R.—1.Sur les articulations équivalentes; gu, g, g J, c, p, s, etc.2.Sur les articulations composées ; gn,ph, fe, cli, ill, h, bl, cl, etc.- 3.Sur les voyelles composées ; eu, au, ai, in, an, on, ou, oi.4.Sur les diphtongues ia.ié, ieu, ie.-i, ui, etc.Q.—En enseignant les rudiments de la lecture, peut-on apprendre autre chose?R.—Oui, il est indispensable de faire marcher l’écriture de pair avec la lecture, afin de rendre l’enfant, le plus tôt possible, capable de reproduire par écrit les mots qu’il apprend à lire, de copier dans son syllabaire et de faire des petites dictées, etc.(I) Comme exercices d’invention, on pourri aussi, en, l’amusant, lui apprendre à distinguer les voyelles des consonnes, les différentes sortes d’e, etc.Q.—Comment procéderons-nous dans ce dernier travail ?pp—On écrira sur le tableau d’un côté les voyelles et de l’autre, les consonnes; exemple a, e, i, o, u, y.b, c, d, f, g,j, k, l, m, n, p, q, r, s, t, v, x, z.puis on fera lire des mots comme les suivants : La robe de ma mère, Adeline a diné, etc.Le maître fera les questions suivantes : M.—Combien y a-t-il de lettres dans la ?(1) Nous parlerons de l’enseignement de l’écriture dans un autre chapitre. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 83 quoi E.—Deux ; une voyelle, a, une consonne l.etc.ents pré- lires Rt yj.—Dans le mot robe ?g.—Quatre : deux voyelles, o, e , deux msonnes, r, b.et on continuera le môme xercice jusqu’à ce qu’ils sachent bien dis-nguer les voyelles des consonnes.Quand les enfants sauront facilement dis-nguer les voyelles des consonnes, on leur pprendra à connaître les différentes sortes rois, Exemple : îles; A i % e, muet.é, fermé.è, ê, ouvert.M.—Combien d'é dans le mot sévère 1 E.,—Trois: le premier fermé é, le second avert è, le troisième muet e, et ainsi de rite.RANS1TI0N DU PREMIER AU SECOND LIVRE DE s la LECTURE nar- afiû apa-1 lü'if aire m eu,' les- ; te seul- Mi soi- line, îles: 'écii- Q.—Que faut-il faire lorsque la série des xercices du premier livre, ou syllabaire, a té parcourue ?R.—Lorsque l’élève a appris toutes les ombinaisons dont se compose le syllabaire, est en état de déchiffrer, en les décompo-mt, tous les mots de la langue, même les lus difficiles ; mais comme chaque difficulté été apprise isolément, il ne saurait les ésoudre sans l’aide du maître, lorsqu’elles i trouvent réunies dans un môme morceau.Cependant il est temps de le faire passer au écond livre, qu’il tiendra d’une main lie syllabaire de l’autre pour l’aider à Bsoudre les difficultés qu’il rencontrera.Q.—Quelles doivent-être les qualités du Bcond livre ?R.—Le second livre de lecture doit être radué ; à cet effet, les premiers morceaux evront-être composés de phrases courtes et iciles.Q.—Comment doit s’opérer la transition ?R.—La transition doit s’opérer par le tra-ail de la décomposition.Q.—En quoi consiste ce travail ?R.—Il consiste 1° à décomposer en sylla- bes tous les mots que l’enfant ne peut lire à première vue ; 2 à extraire des syllabes les combinaisons de lettres qui offrent des difficultés et recourir aux éléments.Q.—Donnez quelques exemples de ce travail ?R-—Si par exemp'e, on veut faire lire la première leçon du Cours de Lecture à haute voix, par l’abbé Lagacé.Je suis à l’école.Je viens à l’école pour apprendre quelque chose qui me soit utile, etc.L’élève à première vue, ne pourra lire sans faute ces petites phrases si faciles qu’elles soient, car les difficultés qu’elles renferment se trouvent échelonnées à diverses par ties du spllabaire.Il échouera d’abord sur suis.Nous irons à la page 20, chapitre des diphtongues et nous lui ferons lire m, que nous ferons ensuite précéder de s, et il lira sut, ajoutant à la fin s, nous lui dirons que cette lettre est nulle pour la prononciation du mot suis mais qu’elle doit se joindre à la lettre a, page 04, chapitre des liaisons.Le reste de la phrase ne présente plus aucune difficulté.“ Je viens à l’école, etc.” Pour lui apprendre le mot viens, il faudra recourir au chapitre des équivalents, pag?571 et lui rappeler que eu se prononce qu el-quefois in : bien, gardien, mien, etc., pour la liaison, faire la môme chose que dans la phrase précédente : pour, ou, son composé modifié par une articulation finale qui se prononce, page 39 ; apprendre : Les consonnes composées répétées bb, ce, dd, mm, nn, pp, rr, ss, tt, se prononcent comme une consonne simple, page 59 Quand l’élève aura ainsi appris à lire isolément tous les mots des deux phrases ci-dessus, on pourra les écrire sur le tableau, en doubles lignes, de la manière suivante* Je suis à l’école.Je sui za lékol.Je viens à l’école pour apprendre quelque Je vi-in za lékol pou ra prendre kelke chose qui me soit utile, choze ki me soi tutile. 84 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE On rappellera encore à l’enfant que dans la première phrase les difficultés sont la diphtongue ui et la liaison za ; dans la seconde, 1° en =in ; 2° la liaison za l’école ; 3° apprendre, prononcé avec un seul p ; articulation composée pr, en écrit avec e ; 4° chose, articulation composée ch, o devants = z toujours grave ; 5° faire bien prononcer le son oi ; la liaison soi-tutile.Q.—Ce travail mécannique doit-il se continuer longtemps ?R.—Tant que que les élèves hésiteront sur quelques mots ; car le maître doit toujours leur faire chercher eux-mêmes et résoudre les difficultés.Q.—Quels autres soins faut-il encore prendre pour enseigner à bien lire ?R.—Il faut attacher une grande importan ce à la prononciation, faire lire sur le ton de la parole ; donner souvent des exercices spéciaux sur les sons ; attirer l’attention des élèves sur les mots qu’ils prononcent d’une manière défectueuse ; donner la signification des mets et des phrases, afin qu’ils puissent lire avec intérêt et intelligence.-ooo- LE DANS NOS ECOLES PUBLIQUES (Voir l’enseignement primaire du 1er mars.) [Suite.) III 11 est en premier lieu dans une direction effective, autorisée et acceptée, partant de haut et s’étendant à toutes nos écoles.Il est encore, et surtout, dans un cours de dessin répondant, ailleurs que dans une préface ou un prospectus, aux besoins particuliers de notre population scolaire et de notre classe enseignante.À d’études et d’examens viennent de nous la donner très clairement, et nous avons, plus que jamais, raison de croire que le département de l’Instruction publique saura la rendre, avant peu, efficace et réelle.Mais le cours de dessin, que doit-il être pour satisfaire à nos besoins ?que doit-il être pour n’exiger surtout de l’instituteur ordinaire ni connaissances spéciales, ni longue étude préparatoire ?Essayons, Messieurs, d’en tracer une vue d’ensemble, une esquisse rapide.Tout d’abord, le but des écoles élémen- JM11 taires étant de donner une instruction I d’utilité générale, on ne doit pas plus chercher à y former des industriels, des I architectes ou des artistes, que des littéra- teurs,desavocals ou des médecins; autrement, les écoles spéciales ou techniques, les ateliers n’auraient plus leur raison d’être.Notre traité de dessin n’y pensera donc pas, et ses exercices, ses modèles, ses applications devront être choisis en conséquence.Son but sera tout autre : plus modeste, mais plus immédiatement utile.Son objectif principal, j’allais dire unique, devra être — en développant l’intelligence — d’apprendre à lire Il ce iervir Ce [lie li et à écrire un dessin; c’est-à-dire: 1er es h 'fee Desui fret ut p Cette direction, les nouveaux programmes comprendre, interpréter ou appliquer l’idée qu’il représente ; 2ième, exprimer un objet réel, une forme,une conception au moyen de signes figuratifs et conventionnels, comme on lit ou écrit une pensée ou un discours à l’aide des caractères de l’alphabet.De la sorte, quelles que soient les études que nos élèves poursuivront, quelle que soit la carrière ou la profession qu’ils embrasseront au sortir de l’école, ils auront en mains cet instrument universel, indistinctement utile à tous, indispensable au grand in nombre dont M.Brunei de Varenties nous parlait tout à l’heure.Comment y parviendra-t-il ?vp 1er Enbannissant impitoyablement la copie | des t machinale et routinière (calque, treillis, poin fl ra| aiide L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 85 rs > rsa tillé, etc.,) et en lui su bstitliant une copie intelligente et raisonnée, basée sur l’évaluation proportionnelle des lignes et des surfaces, et donnant à l’enfant, avec une sûreté de coup d’œil étonnante, le sentiment juste et rapide, l’exacte appréciation des rapports.2ième En exposant clairement et simplement, en temps opportun, les principes et les règles ; en les expliquant, les commentant au moyen d’exemples bien choisis, de procédés ingénieux, amusants meme, qui captiveront l’attention si mobile de l’élève ; , puis en les appliquant logiquement à la représentation de figures ou déformés simples et connues d’abord, plus compliquées et inconnues ensuite, enfin (car c’est toujours là qu’il faut arrivei) à l’expres-ion géomé-trale, et plus tard perspective des objets réels et en relief.3ième.En amenant graduellement l’élève à interpréter les formes vues et comprises, pour en découvrir de nouvelles ; en les lui faisant de lui-même disposer, combiner, varier de mille façons pour les approprier à des besoins déterminés; et aussi en l’invitant à imaginer, trouver les adaptations multiples et pratiques auxquelles ces formes ou ces objets peuvent être susceptibles de servir.C’est dire, sans entrer dans plus de détails, que tous les genres d’exercices seront judicieusement choisis et classés, s’enchaîneront les uns les autres, habitueront infailliblement l’œil à la justesse, la main à la souplesse et à la fermeté, et réclameront, avec mesure et discernement, une gymnastique continuelle d’observation et de comparaison, de recherche ou d’invention.Et pour que les jeunes intelligences n’aillent pas se heurter à des difficultés insurmontables,la marche suivie sera méthodique et rationnelle ; l’abstraction fatiguante et aride en sera rigoureusement bannie parce qu’elle ne dit rien à l’esprit, et par suite rebute ou décourage les meilleures volontés; et les modèles graphiés ou en relief, leurs applications seront viaiment à la portée des enfants, pleins d’actualité, et surtout d’une utilité bien admise, incontestable.De plus, comme toutes les parties du système éducationnel peuvent se prêter un mutuel secours ; que l’étude d’une science, outre le but particulier qu’elle se propose, doit tendre toujours à cultiver l’intelligence, il faut que le dessin des écoles publiques ne s’isole pas plus longtemps : il faut qu’il comprenne enfin que, faisant désormais partie des notions qui formeront le bagage de l’instruction primaire, il est de toute nécessité qu’il se rallie, qu’il se naturalise.Aussi notre traité se rattachera étroitement aux autres branches de l’enseignement élémentaire, (à la géographie surtout par la cartographie raisonnée,) les aidera toutes et en sera aidé, formera corps avec elles, et saura, non plus seulement former des machines à copier même perfectionnées, mais développer, pour sa part et dans sa sphère, les principales facultés intellectuelles.Ce n’est qu’en suivant la voie large et bien connue des méthodes pédagogiques qu’il y arrivera sûrement: toute autre ne conduisant qu’à des résultats insuffisants, problématiques ou exceptionnels.En résumé, pour satisfaire à nos besoins, ce traité devra se conformer à l’esprit de nos admirables règlements scolaires qui, si je le comprends bien, peut ainsi se traduire : Dans nos écoles publiques, l’enseignement du dessin doit, avant tout, participer des méthodes pédagogiques ; développer les facultés de l’esprit en même temps qu'exercer l'œil et la main; aider clans la limite du possible à l'étude des autres matières du programme, et surtout préparer efficacement tous les élèves.indistinctement, aux carrières diverses qu’ils voudront embrasser plus tard.Une doit, sous aucun prétexte, songer à faire des industriels ou des spécialistes, encore moins des artistes ; c'est aux écoles spéciales ou techniques, ceux ateliers qu'est dévolue cette tâche.Mais ce n’est pas assez, Messieurs, qu’un bon traité entre les mains de nos élèves! autrement, ce problème embarrassant de l’enseignement du dessin dans nos écoles 86 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE aurait, depuis longtemps, trouvé sa solution.Je l’ai déjà dit : “ les bonnes méthodes ne manquent pas”;—les diplômes d’honneur et les médailles d’or accordés à plusieurs aux grandes expositions en sont une preuve,— xnais notre personnel enseignant peut-il actuellement, savoir s’en servir?.Point de faux orgueil, Messieurs, recon-naissons-le franchement : nous avons besoin d'un guide explicite et clair ; et c’est précisément parce que ce guide fait défaut que, dans nos classes, l’application des meilleures méthodes de dessin laisse à désirer.Le “ maître doit professer ” dit la pédagogie, et tout le monde admet “ qu’on ne peut donner que ce qu’on a.” Gomment, alors, nos instituteurs et nos institutrices, qui pour la plupart, ignorent jusqu’aux éléments môme du dessin, pourront-ils l’enseigner ?Pourtant, la loi est formelle.Là est la difficulté, là est le hic.Etre obligé d’enseigner ce qu’on ignore, ne vous paraît-il pas désespérant?Oui, n’est ce pas ?Aussi, les nouveaux règlements scolaires, logiques avec eux-mêmes, exigent-ils maintenant, du candidat au brevet d’instituteur, un examen satisfaisant sur cette matière.“ Règlements scolaires, pages 20-23-27.” Très bien pour l’avenir, et nous applaudissons.Mais pour le présent ?Mais pour ceux qui, aujourd’hui, sont à la tête d'une école, com-ment'faire ?Eux aussi doivent enseigner le dessin ! Gomment le pourront-ils ?Pas d’illusions, ils n’ont qu’un seul moyen.Il faut qu’ils l’étudient.Vous m’arrêtez ! j’ai cru entendre le mot ‘•impossible:” vous me dites qu’ils n’ont pas les aptitudes voulues, et qu’en tout cas, le temps leur manque ! ! ! J’espère, Messieurs, vous prouver le contraire ; je l’espère d’autant mieux qu’une expérience concluante en a été faite devant 11 moi.Qu’ils aient un traité de dessin expresse¦ ment préparé pour eux, et, j’en réponds cinq minutes d’étude avant chaque leçon 1 seront plus que s uffisantes pour les mettre P: en état de bien enseigner cette science.Vous en doutez ?m d Nous allons voir.En premier lieu, un traité de dessin pro cédant des méthodes pédagogiques ne sera-t il pas très vite compris de la classe ensei gnante, puisqu’elle connaît déjà ces métho des, au moins par expérience ?Les exercices dont il se composera devan être vraiment primaires, c’est-à-dire de pro portions simples, aisément analysables et si prêtant très bien à une correction certain et indiscutable, la tâche de l’institut» ordinaire ne sera-t-elle pas singulièremen facilitée ?Mais si de plus (et nous exigerons cela d lui) il s’attache particulièrement à décrir la marche à suivre, les procédés, le mod d’enseignement et d’application; s’ils’expl que sur tout clairement et abondamment s’il prévoit et marque en rouge les difïicu tés, les pierres d’achoppement, les incertiti des, les tâtonnements qui découragent o fatiguent, et qui se rencontrent là où on s’ attend le moins ; s’il indique à temps < convenablement les moyens les plus prat ques et les plus sûrs d’éviter ou de s.rmoi ter les ennuis inséparables de toute étude en un mot, si le travail préparatoire et r recherche, souvent long et fastidieux, est toi fait à l’avance, tout mâché : si les définitioi abstraites, les explications insuffisances i stériles, sont remplacées par une reprodu tion fidèle et complète, sténographiée, c leçons réelles déjà données avec succès, no pas à des élèves imaginaires, mais à di enfants pleins de vie, dites-lennoi, Me sieurs, est-ce que toute personne de bonr volonté ne pourra pas alors, en quelqin instants de lecture et de réflexion, sai grande contention d’esprit, s’assimiler, s’a proprier ces leçons, et se mettre en étatdh S! 1 1 ai lu f s’i s’ à II! CI cc ai le ki fl L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE SI tirer pour elle et ses élèves tout le profit désirable ?J’enregistre votre réponse, Messieurs, en souhaitant qu’elle soit entendue ailleurs qn’ici : “ Avec un pareil guide, d’après une pareille méthode,—la science pédagogique étant universelle,-tout instituteur, digne de ce nom, peut aussi aisément, montrer à lire et à écrire, correctement, le dessein élémentaire, que sa langue maternelle on toute autre matière.” Il le pourra môme plus facilement.—nous en avons des preuves tous les jours-que certains artistes pourtant fort habiles dans leur art, mais ignorant les ressources pédagogiques.Si l’on ne peut donner que ce qu’on a,il ne s’en suit pas qu’on sache toujours donner ce qu’on a.Distinguons.Je.* * Il me reste, pour terminer cette esquisse, à souhaiter que notre traité n’exige ni ameublement spécial, ni appareil démonstratif dispendieux.Certes,(je ne me le dissimule past, pour être acceptable, ce croquis réclame de nombreuses retouches ; mais tel qu’il est,—basé d’ailleurs sur les lumières et l’expérience d’éducateurs distingués qui ont bien voulu m’en fournir l'ébauche,—s’il peut seulement nous aider à trouver la bonne route; s’il nous permet d’apprécier avec plus de con-naissinee de cause les méthodes existantes ; s’il donne une idée du progrès à réaliser, s’il nous prouve que ce progrès est possible à courte échéance : il aura peut-être son utilité, et je serai plus que satisfait d’en avoir crayonné les grandes lignes.D’autres le corrigeront ou le compléteront ; j’ai fait acte de bonne volonté : là est toute ma prétention.Trop heureux si, même sans atteindre le but, je l’ai, au moins, signalé.IV Il nous faudrait maintenant, Messieurs, pour suivre l’Enseignement primaire jus- qu’au bout, examiner impartialement les méthodes de dessin que nous connaissons: pas loin d’une vingtaine.Comme vous le voyez, la quantité 11e fait pas défaut ; je suis heureux de pouvoir ajouter : “ Dans bien des cas, la qualité non plus.” Cet examen motivé,en guidant notre choix, aurait sans doute ici sa très grande utilité ; malheureusement, ou peut être heureusement (car je vous ai déjà trop fatigués) il se fait tard, et d’autres sujets réclament le peu de temps qui nous reste : nous ne pouvons donc, à mon grand regret, faire aujourd’hui même sommairement, cette revue comparative pleine d’intérêt pour des instituteurs.Je me console toutefois en pensant qu’il vous sera désormais facile de la faire seuls à l’occasion.Vous connaissez nos besoins; nous avons maintenant un desideratum qui essaie d’y répondre : à vous de les comparer avec les traités exitsants.A vous de trouver si telle ou telle publication vous agrée; à vous de voir pratiquement, c’est-à-dire sans vous arrêter aux on-dit intéressés ni aux appréciations incompétents, s’il est possible de vous en servir avec fruit : à vous surtout, dans vos classes, de juger des études préparatoires qu’elle pourrait exiger de l’instituteur ordinaire ! Et si dans vos recherches vous découvrez cette méthode espérée, ce guide indispensable, présentez-nous les en.mai prochain : nos bras leur seront ouverts ! En attendant, à moins d’avis contraire, imitons l’abeille: il y a beauco’ p de bon dans bien des méthodes, butinons un peu partout, et avec nos connaissances pédagogiques, selon 110s aptitudes et les circonstances, formons un tout profitable à nos élèves.Vous 11’en avez peut être ras le temps ni les moyens ; alors .ne pouvant dénouer le nœud gordien, je laisse à d’autres de le trancher.V Je termine, Messieurs, par où j’aurais dû commencer: “Le dessin doit-il être enseigné 88 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE aux enfants des écoles primaires et pourquoi ?A tout seigneur, honneur.Je lis dans nos règlements scolaires, page 40: “Il faut commencer par enseigner le dessin aux petits enfants d’une école, et non pas se borner à enseigner cette matière, comme cela arrive trop souvent, à la classe la plus avancée.” Donc Messieurs, puisque l’autorité nous le recommande, enseignons le dessin aux petits enfants.Puisque le dessin, bien dirigé, peut et doit tant concourir au développement des facultés de l’esprit; puisque, bien compris il peut être d’un si grand secours dans L’enseignement des matières élémentaires : enseignons le dessin aux petits enfants.Puisque le dessin, par ses applications de toutes sortes et de tous les moments, entre, autant et même plus que certaines matières réputées obligatoires, dans les nécessités quotidiennes de l’homme, tout le monde doit le posséder au môme titre que L’écriture.Et comme il n’est jamais trop tôt pour commencer : enseignons le dessin aux petits enfants.Puisque 80 pour 100 de notre population scolaire nous quitte à 1 l ou 12 ans, donnons tout de suite à ces enfants,— àeux surtout,qui vraisemblablement ne sont pas les privilégiés de la fortune, et qui probablement auront à vivre du travail de leurs mains, —donnons leur cet instrument, ce précieux outil qui les aidera à devenir de bons ouvriers.Et si nous n’en avons pas le temps, parce qu’ils s’en vont trop tôt, indiquons-leur au moins comment et où, plus tard,, ils pourront se le procurer ou le perfectionner : enseignons le dessin aux petits enfants.Vous avez sans doute remarqué, Messieurs, avec quel goût, quelle joie, quelle patience le petit enfant, en possession d’un crayon et d’une ardoise, essaie d’imiter ce qu’il voit, de dessiner les idées qui traversent son jeune cerveau.Ses essais sont crayonnés avec une maladresse naïve, mais ils attestent une tendance réelle, un besoin naturel qui le porte, jusque dans ses jeux, à tracer toutes espèces de lignes partout où il en trouve l’occasion.Cet instinct, cette faculté si naturelle à l’enfance, utilisons-les, gui-dons-les en les faisant adroitement tourner à son profit : enseignons le dessin aux petits enfants.Vous comprenez qu’un exercice amusant, qui développe dès l’abord, et fait acquérir à ; l’élève la justesse du coup-d’ceiL et la sûreté : de la main, ne peut qu’être excellent au point de vue de l’enseignement de l’écriture : enseignons le dessin aux petits enfants.La main de l’enfant est souple, son œil n’est pas faussé ; c’est surtout le temps d’affiner son œil, de lui apprendre à voir juste, à observer, à juger ; c’est surtout le temps, d’affermir sa main: enseignons le dessin aux petits enfants.Qui peut apprendre à écrire peut apprendre à dessiner.Le dessin est une écriture non abstraite, une écriture qu’on sait lire avant de savoir distinguer ses lettres; et l’enfant si rebelle à tracer des jambages qui ne représentent rien à son esprit, le serait moins à tracer des formes d’objets qu’il connaît, et qui ne se composent après tout, comme l’écriture ordinaire, que de droites et de courbes : enseignons le dessin aux petits enfants.Le dessin, la lecture, l’écriture et les leçons de choses s’appellent et se soutiennent, dit M.Rendu.Mettez à profit cette heureuse combinaison qui produira d’éton-nants résultats : enseignons le dessin, la lecture et l’écriture aux petits enfants.Donnons-leur beaucoup de leçons de choses.Bien souvent dit M.Gréard, au lieu d’attirer l’enfant à l’école par des leçons amusantes, variées et appropriées à son âge, on fatigue son esprit et rebute son attention par la monotonie ou l’abstraction ; montrez-lui le dessin, et vous constaterez combien plus il aimera le chemin de l’école : ensei- : gnons le dessin aux petits enfants.* * * Nous venons de le voir, Messieurs, ils ont mille fois raison, les gouvernements sages L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 89 et prévoyants, les grands éducateurs qui enseignent le dessin à tous, aux enfants de l’école maternelle aussi bien qu’aux adultes des’écoles du soir.Nous, Canadiens,— que la Providence a doués de talents exceptionnels,—puissions-nous les suivre sérieusement dans cette voie, et le plus tôt possible, si nous voulons partager leurs victoires industrielles et, par suite, leur prospérité matérielle.C.A.Lefèvre, Professeur de dessin à l'école normale Laval.-O—û- - LES MAI APIES DES INSTITUTEURS Sous ce titre, le Btrmrschulblatt du 20 octobre emprunte des observation; très intéressantes à l’expérience de M.le Docteur et Médecin de ville Richtcr-Erfeld.Nous lui empruntons à notre tour les remarques qui suivent et dont nous donnons la traduction à nos lecteurs : “ Bien que la profession d’instituteur demande t à désirer o: partout où le nombre des élèves le réclame.IV.Il doit y avoir des moments de repos j entre les leçons.V.Le chauffage et la ventilation doivent être n organisés de manière à procurer à la classe une pi température convenable.VI.Les salles d’école doivent être nettoyées chaque jour et entretenues dans la plus grande propreté.VII.Un soin particulier doit être donné aux latrines- VIII.L’instituteur doit veiller avec sollicitude au maintien de ses organes.La gymnastique, les promenades, les travaux du jardin sont nécessaires à l’homme d’école pour maintenir l’équilibre entre ses forces physiques et ses travaux intellectuels.Le service militaire est recommandé aussi comme un utile et salutaire contrepoids aux fatigues et soucis de l’enseignement par M.Ritcher-Erfeld auquel le corps enseignant doit être reconnais=ant de sa sympathie et de sa sollicitude éclairées.Alexandre Daguet.-o-o-o- PARTIE PRATIQUE ï DICTÉE LE PETIT ANDRÉ André n’était pas bon : il tourmentait ses camarades, désobéissait à son père et jouait de méchants tours aux voisins.Aussi personne ne l’aimait.André avait des habits sales et déchirés, des cheveux ébouriffés que jamais le peigne ne touchait et qui tombaient sur ses yeux noirs.Non content de ne rmn faire à l’école, il empêchait les aufix s de travailler; il était une cause continuelle de L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 91 désordre et de tumulte.Son maître fut forcé de le chasser.I EXERCICE Qu’est le mot méchant?Celui qui est porté à faire le mal, qui fait des actions contraires à la justice.— Quel est le féminin?méchante.— Faire donner la règle.Que signi- i fie sale 1 Malpropre, dégoûtant, adjectif des deux genres.Donnez la règle.— Qu’est-ce qu’un voisin ?Celui qui demeure auprès de | nous — qui est proche.— Le féminin de ce mot.— Pourquoi va-t-il un s h.habits, sales, déchirés, ébouriffés 1 En faire donner les règles.Pourquoi x à cheveux, ?Que veut dire ébouriffés ?(en désordre).Qu’est-ce qu'un peigne ?C’est un instrument à dents pour démêler les cheveux, pour nettoyer la tête.Quand faut-il s’en servir?Tous les matins sans y manquer, et pendant le jour, chaque fois que lesclieveux se mêlent.Avec quelle matière les fait-on ?Avec de la corne, du caoutchou ou de l’ivoire.-o-o-o- de dessus la tête, la prenant pour du foin, tandis qu’il avait chez lui et souliers et chapeaux et perruques et habits à choisir.La rigueur de la saison ne changeait rien à son costume ; aussi essuyait-il souvent des rhumes affreux.Mais ne croyez pas qu’il y apportât quelque remède ; il aimait mieux tousser jour et nuit à se déchirer la poitrine que d’acheter la moindre chose pour se soulager.On le voyait quelquefois tout gelé ; il se réchauffait au soleil, ou bien en montant et en descendant l’escalier du galetas ou il s’était conhné, et il épargnait ainsi son bois.Pour épargner pareillement son lin:e.il n'en portait jamais, quoique ses armoires en fussent pleines.1! était maigre, sec, hâve à faire peur, parce qu’il se laissait mourir de faim.Il couchait toutes les nuits sur la paille, pour ménager un très bon lit et de très beaux draps qu'il avait.Il ne s’assayait jamais sur ses chaises de peur de les user.La vie misérable qu'il menait lui avait causé des places et des ulcères dont il était fort incommodé, mais il n’avait garde d’y remédier : il lui en aurait coûté de l’argent.II DICTÉE l’avare Il y avait dans une certaine ville un fameux avare qui donnait tous les jours au public les scènes les plus révo'tantes.Il avait été marié, et sa femme, qui détestait l’avarice, avait eu soin de bien monter la garde-robe de son époux.Mais bientôt elle mourut.Dès qu’elle eut les yeux fermés, ce misérable se livra sans contrainte à sa passion.Il voulut d’abord se défaire de tous ses habits et de tousses meubles; mais comme on ne lui offrit pas assez au gré de sa cupidité, il prit le parti de serrer tout bien soigneusement, en attendant l’occasion d’une vente plus avantageuse, et il se promit bien de ne pas s’en s°rvir, de peur d'en diminuer la valeur.En effet, on le voyait parcourir la ville avec une souquenille sale et déchirée, des bas troués, des souliers percés, un vieux feutre jadis noir, une perruque qu'un cheval lui arracha un jour! EXPLICATIONS Public : nom commun.Ce mot désigne le peuple pris en général, ou bien un nombre pins ou moins considérable de personnes réunies pour assister à un spectacle, à une cérémonie, à une réunion, etc.—Garde-robe : chambre destinée à enfermer les habits, le linge ; grande armoire oû l’on suspend des habits, des robes, sans les plier ; et, par extension, tous les habits à l’usage d’une personne.— Au gré de : suivant le désir, la volonté de .— Cupidité : dans un sens général, vif désir quelconque.En particulier, désir immodéré de fortune d’argent.— Souquenille', méchant habit en général.Proprement, c’est un long surtout en grosse toile dont se servent les cochers et les palfreniers quand ils pansent leurs chevaux.—Feutre : le feutre est proprement une sorte d’étoffe faite avec de la laine ou du poil, dont les filaments, par suite du foulage et des ingrédients employés, sont tellement agglutinés 92 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE qu’ils forment, ensemble un corps presque imperméable.Par métonymie, ce mot se dit de la matière pour la chose qui en est faite, d’un chapeau de feutre, et même par dérision, de tout chapeau, surtout d’un vieux chapeau mal retapé.Explications de .mots Essuyait-il : ce verbe a le sens ici de subir, supporter, souffrir.— A se déchirer : de manière à se déchirer.— Galetas: logement pratiqué, sous les combles et en général tout logement misérable.— Ou il s'était confiné : où il s’était retiré.Se confiner dit plus que se retirer.Se confiner, c’est se retirer dans un endroit écarté pour y vivre dans la retraite.— Hâve : pâle, maigre et défiguré.EXERCICES ET ANALYSES Fameux : comment les adjectifs ternîmes par un a; forment-ils leur féminin et leur pluriel ?-— Qui donnait : analyser qui.— Révoltantes : pourquoi ce mot au féminin pluriel ?— Ce misérable : qu’est-ce que misérablel ¦—Se livra: analyser se.Quelle diffén nce entre se et ce ?— Ses habits : qu’est-ce que ses! Quelle différence entre ses et ces ?— Lui offrit : lui, quel complément?—Serrer tout : analyser tout.—Il se promit : analyser il et se.— S’en servir : qu’est-ce que en ?Ce mot peut-il être autre chose ?(préposition).—D'en dimfi nner la valeur : le pronom en est-il complé.ment du veibe ou du nom?— On le voyait parcourir : analyser on, le.Pourquoi le second verbe est-il à l’infinitif?— Souquenil'e sale et dichirée : justifier l’orthographe des adjectifs et dire comment s’accordent les adjectifs qualificatifs.— Un vieux feutre : quand emploie-t-on vieil au lieu de vieux ?— Que veut dire jadis l — Qu’un cheval lui arracha : analyser grammaticalement cette phrase.— La prenant : qu’est-ce que la ?Souligner tous les verbes et en indiquer les ’ sujets.Rigueur: former un adjectif [Rigoureux).— Changeait : pourquoi écrit-on changeait avec un e muet après le g et non chancjail sans e ?— Qu’il y apportât : analyser y.A quel mode et à quel temps est employé le verbe ?— Quelque remède : analyser quelque.— A se déchirer : se, quelle espèce de-complément?— Poitrine: comment nomme-t-on celui qui a la poitrine attaquée ?(Poitrinaire).—¦ On le voyait : le est-il article ?— Tout gelé : tout, quelle espèce de mot?—Quelle différence entre ou, avec un accent et ou sans accent?— Il n'en portait : de quel mote?» tient-il la place?— En ' fussent pleines : analyser en et justifier l’ortliographe de pleines.— Sec : le féminin ?Former un nom et un verbe.—Ménager: conjuguer et épeler ce verbe à l’indicatif présent et imparfait — Qu'il avait : analyser qu'• — De peur de les user : qu’est-ce que les ?Construire une autre phrase où les ne sera pas pronom ?— La vie qu’il menait lui avait causé des plaies et des ulcères : analyser grammaticalement cette phrase.— Il n'avait garde d'y remédier : qu’est-ce que y ?S i fonction dans la phrase?Ce mot peut-il être autre chose?(adverbe).- O-0-0- Ht DICTÉE LA BONNE MÉNAGÈRE De la femme de ménage dépendent la propreté intérieure, la sauté des enfants, le bien-être du mari.Elle s’occupe du beau comme du bon, car l’arrangement de sa demeure, est comme une œuvre d’art qu’elle crée et qu’elle renouvelle chaque jour.La bonne femme de ménage a besoin de toutes les qualités féminines : l’ordre, la finesse, la bonté, la vigilance, la douceur.File répare les fortunes ébranlées ; elle sait transformer l'aisance en richesses, le strict nécessaire en aisance.Par elle, les meubles sont toujours propres, le linge toujours blanc.Son esprit ¦emplit cette demeure, la façonne à son gré et rien ne manque à ce gouvernement domestique, pas même le charme idéal.Qui de nous, passant le soir dans un village, devant quelqueî demeure de paysan, et apercevant à tra- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 93 vers les vitres le foyer flambant, le couvert mis sur une nappe rude mais sans taclie, et la soupe fumante sur la table, n’a point pensé à ce pauvre ouvrier, bientôt de retour, qui, après un long jour employé à remuer la terre ou le plâtre et à frissonner sous la pluie, allait rentrer dans cette petite chambre si nette et reposer ses yeux et sou cœur fatigués de tant de travaux rebutants.(Iægouvé).Lexique et remarques : Aisance, avoir en suffisance pour vivre.Souvent synonyme de aise, satisfaction, plaisir, suffisance: être à l’aise, à son aise, mettre quelqu’un à l’aise.A l’aise, loc.adv., commodément, Famille : aise, aisé, aisance, aisément, malaise, malaisé, etc.—Strict, adj , on prononce le t.Sens propre : rigoureux, sévère, exact.Ici, sens figuré : ce dont on ne peut absolument pas se passer pour vivre.Dérivé : strictement.— Idéal, de idée, parfait, qui n’existe que dans l'imagination.Subs.masc,ce mot indique la perfection que l’on conçoit sans pouvoir la réaliser : l’idéal du bonheur.Famille : idée, idéal, idéalement, idéalité, idéaliser, idéalisation, idéalisme, idéaliste, idéographie, idéographique, idéogramme (signe qui n’exprime ni une lettre, ni un son, mais une idée, exemple : les chiffres arabes), idéologie, etc.— La demeure d’un paysan quelconque.— Couvert, ce dont on garnit une table à manger, les objets dont chacun se sert pour manger.Synonymes : couvert, logement : avoir le vivre et le couvert ;massif d’arbres qui donne de l’ombre : se mettre sous le couvert ; part, passé du v.couvrir, dans ces différentes acceptions : marmite couverte, arbre couvert de fruits, chemin couvert, pays couvert, ennemi couvert (caché, dissimulé), etc.Ne pas confondre couvert avec couvercle : le couvercle de la soupière, de la boîte.Famille : couvrir, couvert, couverte, couverture, couverturier, couvertement, couve; cle.— •Faire une leçon semblable pour tous les mots soulignés dans la dictée suivante.LES ECOLES NORMALES De temps en temps on entend des députés exprimer leur opinion sur le résultat des écoles normales.Hier, à la chambre, un député a affirme sérieusement qu’il n’y avait guère plus de dix élèves sur cent, formés, aux écoles normales, qui se livraient à l’enseignement.Qu’il me soit permis de contredire cette assertion, Pour cela je n’ai qu’à citer les tableaux suivants qui se trouvent aux pages 60,61,62,63 du livre de C.J.Magnan sur Y Enseignement primaire : Voici ce que dit M.Magnan : u Depuis l'établissement de l’école normale Laval, 1847 diplômes ont été accordés, savoir : 107 pour académie, 830 pour éco'e modèle; 910 pour école élémentaire.Grand total, 1847.Plusieurs élèves reçoivent successivement les trois brevets: élémentaire, modèle académique.Faute de ce renseignement, on courrait le risque de doubler et quelquefois de tripler le nombre des élèves qui ont fait leur cours normal.Maintenant, une question très importmte se pose tout naturellement : y a t-il un nombre satifaisant d’élèves diplômés à l’école normale Laval qui se soient livrés à l’enseignement ?Les deux petits tableaux suivants ms paraissent répondre affirmativement : 1.—De 1857 à 1867.“ Sur les 518 élèves qui ont fréquenté l’école norm île jusqu’à la fin de la dernière année scolaire, 318 diplômes ont été octroyés à 281 élèves, savoir : 137 pour école élémentaire, 168 t: modèle, et 13 u “ académie.A part les 281 élèves, dont 97 instituteurs et 184 institutrices qui ont obtenu des diplômes de l’école normale, 47 en ont eu de quelques bureaux d’examinateurs.Sur ce nombre 24 diplômés n’ont pas enseigné.De ces 24 anciens élèves, il n’y en a que 7 qui, sans raison apparente, aient négligé d’enseigner.La mort, la maladie, le manque de situation ont empêché les autres de satisfaire à la loi.— U Educateur. 94 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Il faut conclure de là que les dix-onzième des élèves munis de diplômes se sont livrés à l’enseignement : 5 instituteurs 4 Ci et 9 institutr 4 Ci 12 Ci 3 Ci 16 a 5 a 20 Ci 6 Ci 27 Ci 15 iC 40 Ci 17 U 27 Ci 14 Ci 23 a pendant 9 années a 00 a Ci / 7 Ci a 6 a a 5 a u 4 a a CO a a 2 Ci a 9 Ci En 1867, 172 élèves de l’école normale Laval étaient employés dans l’enseignement.Tel est le bilan, des dix premières années de cette institution.(1) 2.—De 1870 à 1884.“ L’école normale Laval a donné des diplômes à 187 élèves maîtres.Ce nombre comprend les élèves qui sont sortis immédiatement après l’obtention du diplôme élémentaire.Sur les 187 diplômés, 4 sont morts avant d’avoir pu satisfaire à la loi, 16 étaient encore à l’école normale en 1884.Au moins 110 se sont livrés à l’enseignement.Ils ont presque tous enseigné trois ans ou plus.Voici quelques raisons qui ont empêché les autres élèves de se livrer à l'enseignement : la mort, la maladie, le manque d’écoles.A la connaissance des autorités, aucun élève diplômé n’a refusé une école qui donnait un salaire raisonnable.Il y a parmi ces élèves 8 prêtres qui, tous moins un, ont enseigné les trois ans prescrits, soit en faisant leur grand séminaire, soit comme laïques ; 3 notaires, 4 médecins, 5 avocats.Sept de ceux qui sont entrés dans les professions libérales ont enseigné ; et sur ces sept, cinq, au moins trois ans.Pour résumer : 187 diplômés, 4 morts avant d’avoir pu satisfaire à la loi, 16 encore à l’école.Donc la proportion est 110/187 c’est-à-dire les § environ des diplômés out enseigné.C’est un résultat des plus satisfaisants.Les écoles normales de Belgique et de France atteignent rarement cette proportion.(1) Souvenir décennal.En 1867,48 maîtres diplômés à l’école normale Laval étaient dans l’enseignement.En 1884, il y en avait au moins 60, sans compter ceux qui sont allés exercer leur profession aux Etats Unis, à Ontario et au Manitoba.En 1888 nous en trouvons au moins (l) 90.“ Depuis 1884, l’école norma’e Laval a fourni 6 prêtres, dont trois docteurs en théologie qui ont été successivement professeurs au Grand Séminaire de Québec ; 7 ecclésiastiques.De 1857 à 1887, un nombre relativement considérable des élèves-maîtresses sont entrées comme religieuses dans nos couvents.Dans ces saintes retraites ces pieuses filles mettent en pratique les leçons de saine pédagogie qu’elles ont reçues durant leur cours normal.” Ces statistiques sont frappantes de vérité.D’ailleurs, M.Magnan a puisé ces renseignements dans les registres mêmes de l’école normale Laval, registres tenus en premier lieu par Mgr Horan, puis successivement par Nos S.S.les évêques Langevin et Bégin et MM.les abbés Lagacé et Rouleau.Tous ce3 distingiés personnages ont été préposés au principalat de l’école normale Laval et méritent d’être crus.Pour la période s’étendant de 1887 a 1888 au moins 65o/o des élèves sortis de l’école normale Laval se sont livrés à l’enseignement.Un ami de l’éducation.-o—o—o- ERRATA Nous regrettons que dans notre dernier numéro deux malheureuses fautes typographiques aient déparé la fin de l’excellente épître de l’Hon.P.J.O.Chauveau à M.Peadergast, que nous avons reproduite, Ceux de nos lecteurs qui conservent la file de notre journal pourront les corriger en biffant à, la sixième ligne le mit éternelle, et en le remplaçant par étincelle, et à la ligne vingt-neuvième, le mot souffrir, par s'offrir.Nous prions M.Chauveau de vouloir bien nous pardonner cette erreur qui nous est échappée.( 1 ) Le n ombre des élèves-maîtresses diplômées à l’école normale Laval qui se sont livrées à l’enseignement est environ le triple de celui de3 élèves maîtres. 95 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE POESI E LE BERGER ET SON FILS, OU LES ÉTOILES QUI FILENT ; îerger, tu dis que notre étoile IRègle nos jours et brille aux cieux ?—Oui, mon enfant, mais dans son voile La nuit la dérobe à nos yeux.—Berger, sur cet azur tranquille, De lire on te croit le secret : Quelle est cette étoile qui file, Qui file, file et disparaît ?Mon fils, c’est l’étoile rapide D’un très grand seigneur nouveau-né ; Le berceau qu’il a laissé vide, D’or et de pourpre était orné ; Des poisons qu’un flatteur distille C’était à qui le nourrirait.—Encore une étoile qui file, Qui file, file et disparaît.Mon enfant, quel éclair sinistre 1 C’était l’astre d’un favori Qui se croyait un grand ministre Quand de nos maux il avait ri.Ceux qui servaient ce dieu fragile Ont déjà caché son portrait.—Encore une étoile qui file, Qui file, file et disparaît.Men fils, quels pleurs seront les nôtres ! D’un riche, nous perdons l’appui : L’indigence glane chez d’autres, Mais elle moissonnait chez lui.Ce soir même, sûr d’un asile, A son loit le pauvre accourait.—Encore une étoile qui file, Qui file, file et disparaît.» —Voici celle d’un grand monarque ! j.Va, mon fils, garde ta candeur, Et que ton étoile ne marque Par l’éclat ni par la grandeur.Si tu brillais sans être utile, A ton dernier jour on dirait : “ Ce n’est qu’une étoile qui file, Qui file, file et disparaît.” Béranger.o-0-o LE DESSIN L’ouvrier attentif regarde d’un œil de pitié le jeune garçon qui, sortant de l’école, vient s’asseoir sur le banc de l’ouvrier, et devant lequel on place un dessin qu’il ne peut le lire—il sait le latin, le grec, peut-être le français et l’allemand, mais devant un simple dessin, il reste muet ; il peut réciter des morceaux de poésie, écrire convenablement, cependant il n’a aucun temps pour ces choses dans l’atelier.Je me rappelle deux homm s qui ont grandi côte à côte sous mes yeux.Quand ils furent en âge de gagner leur vie, tous les deux se mirent à travailler avec le même courage, et aujourd’hui, l'un est un homme riche et influent, et l’autre n’est encore qu’un ouvrier inférieur.Le premier avait reçu dans sa jeunesse des connaissances en rapport avec l’état qu’il devait embrasser,il connaissait le dessin et les lignes les plus compliquées, tandis que le second, qui avait fait un cours classique, im pouvait, au sortir du collège, lire le moindre dessin.Continuerons-nous encore longtemps à faire perdre le temps de nos élèves et briser leur avenir, en leur enseignant des choses qui ne leur serviront nullement dans les luttes de la vie et en négligeant celles qui leur seraient les plus utiles.J.A.Price.-o-o-o- VENTILATION Ventilez avant la classe ! Ventilez pendant la classe, en ayant soin de ne pas laisser les enfants dans les courants d’air ! Vous serez plus à l’aise pour donner vos leçons, et vos élèves seront mieux disposés à vous écouter et à profiter de vos explications dans une atmosphère pure que dans un air vicié.Le mauvais air est l’un des plus grands maux de l’école.Voyez à ce que votre salle d’école soit convenablement et fréquemment aérée.American Teacher. 96 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PE LEÇONS DE CHOSES à Vusage des Écoles Primaires, Modèles et Académiques, des Collèges, Couvents, etc.i etc , e/c.Par J.B.CLOUTIER, Projesseur à l'école normale Laval et Rédacteur de “ l'Enseignement Primaire d Ce livre est indispensable à tons les instituteurs et institutrices qui ont à coeur de se conformer au désir du Conseil de l’Instruction publique au sujet des leçons de choses.En vente chez tous les libraires de Québec et chez MM.Cadieux et Derome J.B.Rolland, Beauchemin et Yalois, à Montréal.LIVRES CLASSIQUES GRAMMAIRE DE LHOMOND AVEC SVXTAXK Revue par J.B.CLOUTIER vTiiiii-mju m.¦~gTi DEVOIRS GRAMMATICAUX PAR LE MEME K €, IL-JBILSTUI W: h i à OU LE raiania Mwm bis inrAitn PAR LE MÊME Tous ces livres ont été approuvés par le Conseil de l’Instruction publique, et sont en vente chez tous les libraires de Québec et de Montréal.« ."P1 ai
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