L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 janvier 1890, jeudi 2 janvier 1890
IviE Année I - ¦,— 2 JANVIER 1890 Numéro 1 1 ill iji .^ m .ni L’ENSEIGNEMENT PRIMA il JOURNAL D’EDUCATION ET D’INSTRUCTION .m PARAISSANT LE 1er ET LE 15 DE CHAQUE MOIS, LES VACANCES EXCEPTEES .1 • 1 - .J .-B.€L«CT1EK, Bédaete»-' ^ -°N Ve Aire AIDE PAR UN COMU Prix de l’abonnement : UN DOLLAR par xnvariablement payable d’avance 1|0 ajoute correspondance, réclamation, etc., concernant la rédaction, devra être adressée à J.-B.Cloutier, professeur à l’école normale Laval ; celles concernant l’administration, à L.-J.Demers & Frère, imprimeurs-éditeurs, no.30, rue de la Fabrique, Québec.ertss mire le, ai io, i jopi« ’4» lire ci ja ireÿ M le la da< lJi jOMMAIRE : —A nos lecteurs.— Actes officiels : Nomination de commissaires d’ecole.—Péda-l gogie : Intuitien.— Hygiène, la vue.— Comment doivent être organisées les écoles du soir.—Partie Pratique : I, Dictée.— Sur la formation du pluriel et du féminin dans les adjectifs.—II, Dictée, L’obéissance.—III, Dictée - Le réveil des oiseaux.—Fable expliquée.— Poesies : Le curé.—Devoir d’élève_Arith- métique.—Problèmes.—Algèbre.— Petite Revue.—Divers : Le chameau du désert—Statistique.— Catéchisme unique.— Le Brésil.— Pensées —Almanach utile.A LECTEURS Avec le présent numéro commence le onzième volume de notre journal.C’est une rès grande satisfaction pour nous d’avoir pu utter pendant dix années contre des obsta-les innombrables pour faire subsister une uiblicitioii pédagogique, dans un pays i-'omn.e le nôtre, où les instituteurs sont si maigrement payés.L’empressement et la bonne volonté avec lesquels ils nous ont accueilli, les sacrifices qu’ils se sont imposés pour souscrire à VEnseignement primaire, us recommandent autant qu’ils les liono->'eiit.On conçoit qu’un instituteur ou une ûstitutrice qui 11e reçoit en salaire, que usfe ce qui lui est nécessaire pour subvenir ses besoins les plus pressants, doit néces-!|j£foirement s’imposer des privations relativement considérables pour en détacher la moindre parcelle.Néanmoins, plusieurs centaines d’enlre eux, n’écoutant que leur zèle, le désir de s’instruire et de suivre les progrès journaliers de l’enseignement, n’ont pas hésité à faire le sacrifice d’une piastre par année, pour se tenir au courant de toutes les améliorations du jour.Aussi, n’avons-nous rien négligé pour foui nir à nos lecteurs tous les renseignements miles que nous avons pu glaner dans le champ si fertile du monde pédagogique.Ceux qui nous ont suivi depuis notre début peuvent rendre témoignage de notre bonne volonté.Mais quelquefois la tâche a été dure et difficile.N’oublions pas que, lorsque nous avons commencé cette entreprise, nous n’àvions pour toute ressource que noire expérience et notre désir de servir la cause de l’éducation.Nous n’avions alors aucun espoir d’obtenir une aide du gouvernement, puisque la somme dont il pouvait disposer avait été promise à un autre.D’un autre côté, nous savions que la classe enseignante désirait depuis longtemps avoir un journal qui lui parlât le langage de l’école, qui lui indiquât la marche à suivre dans son travail journalier.A cet offet, nous avons rédigé notre partie partique de manière à ce que chacun pût s’en servir dans sa classe de tous les jours.Nous avons donc reproduit intégralement les leçons que.nous donnions nous-mêmes à nos élèves avec tous les commentaires et les explications que nous avons L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE jugés nécessaires.Le bon accueil que nous ont fait les instituteurs et les institutrices nous a prouvé que nous avions trouvé la corde sensible, que notre travail leur était utile et qu’ils savaient l’apprécier.L’encouragement que nous avons reçu de nos confrères nous a donc permis de traverser la période la plus difficile sous le rapport pécuniaire, et plus tard, le gouvernement étant venu à notre secours, nous avons pu faire certaines améliorations qui étaient devenues indispensables.Bien que nous portions aujourd’hui sur nos épaules le poids de dix années de plus qu’à notre début, nous sommes encore plein de santé, de force, de vigueur, et pouvons continuer notre œuvre avec autant d’ardeur et de vivacité que dans les commencements, pouvant offrir en plus le fruit de nombreuses études et d’une plus grande expérience.Lorsque le présent numéro vous arrivera, chers lecteurs, l’année mil huit cent quatre-vingt neuf aura fait place à une autre ; comme ses dévancières, elle sera entrée dans le domaine du passé.Li nouvelle année est l’époque des réjouissances, des visites, des bons souhaits.Laissez-nous vous souhaiter santé, longue vie, prospérité et bonheur.Soyez heureux, bons instituteurs,généreuses institutrices ; que vos écoles prospèrent, que vos élèves progressent et profitent de vos excellentes leçons ; qu’ils sachent reconnaître les éminents services que vous leur rendez, et surtout qu’ils s’habituent à pratiquer les vertues ch.étiennes, à bien remplir tous leurs devoirs envers Dieu, envers leurs supérieurs et envers la patrie ; qu’ils sachent apprécier les sacrifices que simpose le gouvernement pour leur procurer une publication qui leur fournit les moyens de s’instruire d’après les règles de la plus saine pédagogie.Des circonstances particulières et exceptionnelles nous ayant obligé, après notre première année de publication, de changer notre titre (¥Ecole primaire en celui de Y Enseignement primaire * pour conserver la propriété de notre journal, nous rétablirons cette année l’ordre chinologique de notre exis- tence et in binerons le présent vqlume, onzième année, car.Y Ecole primaire et Y Em geignementprimaire ne sont qu'une seul^et pleine chose.o-o-o — Actes officiels Département ce l'Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTfîNAN'T-VERNECR, par un ordre en conseil, en dite du 14 décembre courant (1889), de nommer M.Dol-’ phis Dupuis, commissaire d’écoles pour la municipalité de Chester Est, dans le comté d’Artha-baska, en remplacement de M.Pierre BoutFard qui a quitté la municipalité.Département de l’Instruction publique 11 a plu à Son Honneur le LIEUXENANT-GJU-VERNEUR, par un ordre en Conseil, en date du 12 décembre courant (1889), de nommer MM.Louis Sansfaçon et Pierre Rousseau, comahssaires d’écobs pour la municipalité de Stoneha a, dans le comté de Québec; le premier en remp’ace-ment de M.Patrick Joseph Pageau, aucune élection n’ayant eu lieu en juillet dernier.Département de l’instruction publique Dsp «cei Un Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GüU» VERNEUR, par un ordre en Conseil, en date du 12 décembre courant (1889), de détacher delà municipalité de Saint-Germain de Grantham, dans le comté de Drummond, les quatre premiers lois des sixième et septième rangs du canton le Grantham, et les annexer à la municipalité de Wickham Ouest., dans le même comté, pour les fins scolaires.AVI S Il a plu à Son Honneur le LIEUTE n'AN' L’-G)U-VERNEUR, par un ordre en Conseil, en date du 18 décembre courant (1889), de détacher le lot du cadastre No.35 de L paroisse d’Henry ville, dans le comté d Iberville, et l’annexer, pour les fins scolaires, à la municipalité de Clarenceville, dans le comté de Missisquoi.'Sês 3 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE % ni) «eti’l Département du l’Jnstruction publique ! H a plu à Son Honneur le LIEUTENANI’-GOU-VBpELTR, par un ordre en conseil, en date du 12 décembre courant (1889), de détacher delà imunicipalité scolaire de Notre-Dame-des-Anges deStanbridge, comté de Missisquoî, les lots suivants appartenant à des catholiques romains, por- KlS lits :ril.j la rwi 'l’Art! B Ou tant les numéros suivants du cadastre du township de Stanbridge, savoir : 103, 104, 118, 119, 121, 130,132, 133, 138, 139, 140, 141, 142, 143, 146, 147, 148, 149, 150,151, 152, 153,155 et 156, dans le dixième rang, et les numéros 79, 80, 81, 82, 83, 84, 85, 86, 77, 88, 89, 90, 91, 92, 95, 96 et 97, dans le onzième rang du dit township, et les lots suivants portant les numéros du cadastre de la seigneurie deNoyan: 162,163, 161, 358 et 359 et de les annexer à Saint-Damien de Bedford, dans le même co~ té de Missisquoi, pour les fins scolaires.3)55 Dé PARTEMENT de l'Instruction publique 'Mjj laie» 1er II s sàiir j, lu "fai me éle p Ifei'J (laie ( if de ai, Ja :er- lo Il a plu à Son Honneur le LIEUTEN ANT-GOU-VERNEUfi, par un ordre en Conseil, en date ’u 12 décembre courant (1889), de détacher delà municipalité de Saint-Albert, dans le comte d’Ar-thabaska, les lots numéros un, deux et rrois du septième rang de Warwick ; de la municipalité de Stanfold, même comté, les numéros seize, dix sept, dix-huit, dix-neuf, vingt, vingt et un, vingt-deux, vingt-trois, vingt-quatre, vingt-cinq et vingt-six du douzième rang de-Stamfold ; de la municipalité de Saint-Norbert, même comté, les lots numéros neuf, dix, onze et douze du sixième rang d’Artha-baska, et les lots numéros neuf, dix et onze du septième rang d’Arthabaska, et annexer les lots ci-dessus mentionnés à la municipalité de Victo-riaville, même comté, pour les fins scolaires.o -o—o — .INTUITION Durant les leçons d’intuition, le maître ne devra pas perdre de vue les préceptes suivantes : j W lo.Aller du connu à l’inconnu.iM les w », lit 2o.Il exigera souvent pour réponses des phrases entières, autant que possible simples et courtes.3o.Son langage sera à la portée des enfants et les disposera à se livrer avec joie et animation à ces exercices.4o.il fera répéter, tantôt individuellement.tantôt simultanément, ce qui a été dit précédemment en faisant changer très souvent le ton de voix.5o.Il veillera soigneusement à ce que les enfants prononcent bien et à ce qu’ils s’énoncent d’une manière claire et précise.Go.Il présentera l’objet aux enfants sous l’aspect le plus usuel possible.7o.Il dirigera les réponses des enfants de manière à les habituer à suivre un ordre logique.8o.Il exercera leur mémoire en leur don-' nant à apprendre de petites pièces, soit en prose, soit en vers, en rapport avec la matière qu’il vient de traiter.9o.II agira sur l’attention des plus rebelles en les habituant à certains signes muets, ou en leur faisant comparer deux ou plusieurs objets mis on non en présence l’un de l’autre.lOo.Il habituera, par différents moyens, les enfants à l'expression orale.llo.Il exercei a le sens des enfants et plus particulièrement la vue et l’oum.Les exercices par intuition seront, d’autant plus par fai ts, que l’on aura egard à un plus grand nombre des points récemment indiqués.Adéfaut d’une préparation consciencieuse, il sera difficile, impossible même d’atteindre le but que l’on doit se proposer par cette partie si importante de l’enseignement.-ooo- HYGIENE Pour conserver la vue, il faut éviter l’excès de la lumière, soit directe (comme les éclairs, le soleil qu’on regarde en face), soit réfléchie ou réflétée par des surface blanches, comme la neige, la craie, les murs blancs, lus maisons neuves, les sables brillants.Quand on a les yeux sensibles^ il faut les protéger par des conserves à verres 4 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE enfumés.Il faul également éviter l’excès de lumière dans l’éclairage artificiel.En effet, une lumière trop vive irrite ies yeux et même le cerveau ; elle provoque des migraines, des congestions du cerveau, des fièvres cérébrales.L’éclairage au gaz ou au pétrole fatigue rapidement la vue, quand on ne l’adoucit pas au moyen de réflecteurs convenables, l’éclairage à la lam pe est le meilleur, mais toujours avec un réflecteur qui préserve les yeux de la lumière directe.L’éclairage à la bougie est encore plus doux ; mais il est parfois un peu faible, même aveç, un abat-jour.Cependant une lumière trop faible est préférable à' une lumière trop forte.En effet, dit JBuffon, on ne peut tout au plus que fatiguer l’œil en diminuant la quantité de lumière, tandis qu’on ne peut manquer de le blesser en la multipliant.En tout cas, on doit ne pas abuser du travail prolongé sur de petits objets, comme la lecture ou l’écriture le soir à la lumière, surtout quand les yeux sont déjà fatigués, malades, compromis.Eu cela comme en tout, il ne faut jamais aller au delà de la première fatigue.On doit surtout éviter ces imprudences quand le cerveau est souffrant, qu’on a la migraine, qu’on a le sang à la tête (congestion cérébrale), qu’on sort d’une maUdie grave, comme la fièvre typhoïde.Quand la vue baisse, il ne faut abuser ni des conserves, ni des lunettes, dont l’usage excessif augmente le mal auquel on veut re médier.Le mieux est alors de ménager la vue, en vue, en évitant la trop grande lumière et le travail sur de petits objets ou les lectures prolongées.On prendra garde également de recevoir la nuit, pendant le sommeil, un courant d’air froid sur les yeux.Il faudra craindre aussi les coups à la tête et les blessures du sourcil ; soigner les ophtalmies, qui peuvent amener la perte de l'œil, éviter les causes qui entr’ouvent le globe de l’œil, font écouler son liquide, et produisent une cécité incurable ; être très prudent dans le maniement des canifs et des couteaux pointus (qu’on interdit avec beau- pi f P coup de raison aux enfants), et prendre garde à tou tes les substances qui sautent aux, yeux comme la graisse bouilante ou le plomb fondu quand on y jette quelques gouttes d’eau.Un coup de pouce ou un coup de fouet peuvent même faire sortir le globe de l’œil de l’orbite ; i! est bon de le savoir, pour y prendre garde.Quand aux substances qui affaiblissent la IL vue, comme l’alcool, le tabac, l’usage de l’ail |jfo dans la nourriture, il est prudent de n’en pas abuser.tt o-o-c COMMENT DOIVENT ETRE ORGANISÉES LES ECOLES D’ADULTES Nous croyons devoir, vu sa grande actualité, reproduire l’article suivant que nous empruntons au Moniteur des instituteurs de Bruxelles.Kl U “A distinguer les écoles créées pour des individus dont l’instruction est nulle et.celles où l’on développe l’instruction reçue dans une école primaire.Ces écoles ont-elles produit des résultats satisfaisants ?Quel doit être le programme d’études?Comment ces écoles peuvent-elles concourir à la moralisation et à l’éducation politi-P que du peuple ?Dans une étude sur les cours d’adultes, il paraît juste de se préoccuper d’abord delà j catégorie la plus nombreuse (la seule - • UN CATÉCHISME UNIQUE On a étudié au Vatican la question du catéchisme unique, et sans vouloir imposer au monde catholique la rédaction adoptée, on a néanmoins fait tirer des exemplaires dans toutes les langues.Ce traité élémentaire de la religion catholique est fait en partie double.Une édition est faite pour les jeunes enfants et ne comprend que dix pages.La seconde édition est plus complète : elle est destinée aux écoles.Approuvé par le Pape, ce travail est destiné à avoir un grand relentissement dans le monde catholique.Sans varier, quant au fond, les catéchismes des divers diocèses présentaient des lacunes ou des différences que la cour de Rome trouvait regrettables.C’est pour unifier davantage l’enseignement religieux qu’elle a adopte un type unique etv’est chargée des i traductions.L’adoption de ce catéchisme ¦ Romain dans le monde entier pourra tarder I quelques années encore, mais finira par J s’imposer à tous les diocèses.-o-o-o- LE BRESIL Dans notre Petite Revue, nous annonçons 7 5 la grande révolution politique qui vient, d’a/oir lieu au Brésil.L’ex eiupn iû rte aujourd’hui le nom d’Etats-Unis du Brésil.Voici quelques notes trèsiniéressantes sur ce pays : Le Brésil fut d’abord un lien de déportation ; mais en 1549, Jean III y envoya Thomas de Souza, qui fonda San Salvador, dont ffls Hollandais s'emparèrent en 1624.Le Portugal était tombe à cette époque sous la domination espagnole.Les Hollandais ayant été expulsé en 1654, le Portugal, commença à apprécier le Brésil.En 1698, on y découvrit de l’or, et en 1728 des diamants.Les Français s’étant emparés du Portugal, Jean VI transféra au Brésil, en -1808, le siège de son empire.Profitant du retour de Jean an Portugal, les Brésiliens proclamèrent leur indépendance le 7 septembre 1821.et nommèrent empereur le régent dom Pedro, fils ainé du roi, qui c'ait resté à Rio-de-Janeiro.Il donna au Brésil une chartre constitutionnelle le 25 mars 1844, et Jean VI reconnut le nouvel Etat par le traité du 29 août 1825.Aorès avoir lutté contre les républicains fédéralistes, dom Pedro se voua à la défense de la cause de sa fille, dona Maria, au Portugal, et abdiqua en faveur de son fils, dom Pedro II, en 1831, sous lequel les institutions cons titutionndles, l’industrie, le commerce, la civilisation ont pris un rapide et heureux développements.L’esclavage a été aboli au Brésil en 1871. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 15 ¦s- |_____________________ 11% «il 1er Mois ALMANACH UTILE .IANVIEU, 1890 ill Jours lent jjjll, Lî 1 6 ______B ^ 6 '05 5 6 i O m O 2 e la semaine.FÊTES ET PATRONS Pour Montréal, Québec et la région des fleuves St.Laurent et Ottawa.] Pour Toronto et la pro-1 vince d’Ontario, entre f les grands lacs. ° to co i—1 CO 05 I — ^ CO CO 05 O CO —T 3 5 6 3 to to ^ ,- r o 4- ür bO CJt O ^ *— 4^ CO CO o C5 co
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