L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 avril 1893, samedi 15 avril 1893
.Ime Année 15 A VEIL 1893 Numéro 16 - J ’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE JOURNAL D'EDUCATION ET D’INSTRUCTION “ Rendre le peuple meilleur ” PARAISSANT LE 1er ET LE 15 DE CHAQUE MOIS, LES VACANCES EXCEPTÉES J.-B.CLOUTIER, Rédacteur-propriétaire C.-J MAGNAN, Assistant-rédacteur Prix de l’abonnement: UN DOLLAR paran, Invariablement payable d’avanee Toute correspondance, réclamation, etc., concernant la rédaction ou l’administration, devra être adressée à J.-B.Cloutier, 148, rue St.Olivier, Québec.Mgr, D’ESGLIS, 8ième évêaue de Québec.Notice biographique - : Mgr.Louis- find f hlLIPPE Ma-j iauchea u ;• Esglis, lmi- •i| .# v1 une évêque e l’ancienne t ¦I V -, , ."V - v-î-.-c; 'VU; f ,T .v' > :a f'f » v- U- * ’> ^ r**' ':,V .-'‘• - »v.v Vit K» « :.U"vVÙ Ism?mm: mm capitale, naquit en 1710.Il fut sacré évêque en 1772 et mourut en 1784.C’est le premier Canadien-français q u i fut élevé à l’épiscopat.A ¦#< 1 242 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE S O M TML AIRE.iii Portrait et notice biographique de Mgr.d’Esglis.—Actes officiels : Nominations de commissaires d’écoles.—Délimitations de municipalités scolaires.— Erections de municipalités scolaires.— £ Cinquantenaire.—Pédagogie: Le travail manuel dans les écoles de filles.—Enseignement M agricole.—Payons mieux les instituteurs et les institutrices.—Rendons l’étude agréable.— k Education : portrait d’une jeune tille.—Le congrès des instituteurs d’Avignon et l’enseignement agricole.— Les écoles de Montréal.—Partie pratique: I, Dictée : Un mauvais élève.— S( II, Dictée : Le bec des oiseaux.—III, Dictée : Bons conseils.—Exercice de rédaction.—Guerre à l’anglicisme.—Fable en prose : La belette entrée dans un grenier.—Version anglaise.— Arithmétique: problèmes.—Petite histoire des Etats-Unis (tin).—Echos du recensement (fin), —Divers: Poésies : L’oie et l’âne—Le miroir.—Petite revue.—Les bibliothèques aux Etats-Unis.—D’où viennent les noms donnés aux notes de la gamme musicale.—Courage militaire d’une Canadienne au 17e siècle.—Géographie pratique : La frontière du Canada et des Etats-Unis.—N écrologie.—Annonces.ACTES OFFICIEL,» Département de l’Instruction publique Nominations de commissaires d’écoles Il a plu à Son Honneur l’Administrateur de la province, en date du 28 mars dernier (1893), de faire les nominations suivantes, savoir : Comté de Bonaventure, Saint-Laurent de Méta-pédiac :—Le rév.M.Louis Hormisdas Langlois, en remplacement du rév.M.Alphonse Belles-Isles, qui a quitté définitivement la municipalité.Comté de Vaudreuil, Ile Perrot :—M.Orphir Legault, en remplacement de M.Amédée Daoust, qui a quitté définitivement la municipalité.Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, en date du 18 mars courant (1893), de nommer M.Arthur Gibeault, commissaire d’écoles pour la municipalité d’Hochelaga, comté d’Hoche-laga, en remplacement de M.Joseph Versailles, décédé.Délimitations de municipalités Détacher de la municipalité de Saint-Urbain, comté de Charlevoix, les lots suivants, depuis et y compris le No.84 jusqu’au No.95 inclusivement, du cadastre de la paroisse de Saint-Urbain, et les annexer, pour les fins scolaires, à la municipalité de Saint-Hilarion, dans le même comté.Cette annexion ne prendra effet que le 1er juillet prochain (1893).Détacher de la municipalité scolaire de Saint-ZotiqueUdans le comté de Soulanges, et ériger en municipalité scolaire séparée sous le nom de ‘4 La rivière Beaudette,” tout le territoire compris et borné comme suit : “au nord-ouest par la paroisse de Saint-Télesphore, au nord partie par la paroisse de Saint-Polycarpe, partie par le No.761, du cadastre de la paroisse de Saint-Zotique et le chemin Royal, au nord-est par la concession Saint-Thomas ouest dans la paroisse de Saint-Zotique, et le lot No.768, du cadastre, au sud-est et sud par le lac Saint-François, et au sud-ouest par la province d’Ontario.” Pour prendre effet au premier de juillet prochain.Erections de municipalités Eriger en municipalité scolaire distincte, sous le nom de “ Saint-André ”, dans le comté du Lac Saint-Jean, le territoire suivant, savoir : 1° Les rangs V et VI,-à l’est de la rivière Méta-betchouan, dans le canton Mëtabetchouan ; bornés par la ligne qui sépare le dit canton Métabetchouan du canton Caron ; 2° Les rangs I, II, III, IV, V, VI, VII, du canton Saint-Hilaire, ou tous les rangs du dit canton Saint-Hilaire : 3° Partie ouest de la rivière Métabetchouan, savoir : partie du susdit canton Métabetchouan, bornée par la ligne qui sépare le 34e du 35e lot du VI et du VII rangs ; 4° Partie ouest de la rivière Métabetchouan, dans le canton Dequen ; bornée par la ligne qui sépare le 29e et 30e lot du I, II, III et IV rangs, du dit canton Dequen, et au sud par les numéros 1er des VII, VIII, IX et Xe rangs du même canton.Cette érection ne devra compter qu’à partir du 1er juillet prochain (1893).Eriger en municipalité scolaire distincte, sous le nom de “ Saint-Gédéon de Marlow ”, comté de Beauce, le territoire suivant, savoir : 1° A l’est de la Rivière Chaudière, la dite municipalité devra être bornée, (de la Rivière Chaudière courant vers l’est), par la ligne qui sépare les cantons de Jersey et Marlow, jusqu’à la ligne qui sépare le 3e rang du 4e rang de Marlow ; de là, par la ligne qui sépare le 3e du 4e rang de Marlow jusqu’à la ligne qui sépare le canton de Marlow de celui de Risborough ; de là par la ligne qui sépare le canton de Marlow de celui de Risborough jusqu’à la ligne qui sépare le 10e du lie rang de Marlow ; de la, par la ligne qui sépare le 10e du lie rang de Marlow jusqu’à la Rivière Chaudière. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 243 2° A l’ouest de la Rivière Chaudière, (au sud partant de la Rivière Chaudière courant vers l’ouest), par la ligne qui sépare le 6e du 7e lot du canton de Dorset jiuqu’à la ligne qui sépare la 3e du 4e rang de Dorset ; de là par la ligne qui sépare le 3e du 4e rang de Dorset jusqu’à la ligne qui sépare le 20e du 21e lot de Dorset ; de là par la ligne qui sépare le 20e et 21e lot de Dorset jusqu’à la Rivière Chaudière.Cette érection ne prendra effet que le 1er iuillet prochain (1893).1513-2 Cinquantenaire Les anciens et anciennes élèves de l’école normale Laval qui désirent assister aux noces d’or d’enseignement de MM.F.-X.Toussaint et N.Laçasse, sont priés de me faire parvenir l’adresse de leur résidence aussitôt que possible.C.J.Magnan, Secrétaire du comité d’organisation, Ecole Normale-Laval, Québec.Le travail manuel clans les écoles de filles Personne ne saurait nier que le travail manuel est une des principales occupations de la femme de ménage.La mère de famille qui ne pourrait faire un point, serait loin d’être jugée favorablement.Celle qui ignore la coupe des vêtements les plus simples, qui ne sait comment marquer le linge, qui ne peut apprêter les viandes avec goût et économie, possède une éducation bien imparfaite et ne sera jamais une aide véritable pour le mari.Il faut donc de toute nécessité que l’école primaire, qui est l’école du plus grand nombre, s’occupe des travaux manuels, une des parties fondamentales de l’éducation domestique.En même temps qu’une jeune fille orne son esprit de notions utiles et agréables, elle doit se former aux connaissances nécessaires qui en feront une excellente ménagère.Une bonne ménagère ! Tout le bonheur du foyer est dans cette phrase.En effet, la bonne ménagère est loin d’être une femme comme toutes les autres femmes.C’est la compagne fidèle de celui qui l’a choisie pour épouse, la mère instruite et dévouée qui saura donner une sage direction aux petites intelligences qui lui sont confiées, l’économe habile qui épargnera sur les revenus du mari tout en donnant le confort et l’aisance même à la famille.Ses doigts ingénieux prendront plaisir à confectionner à la maison de doux et chauds vêtements destinés aux êtres qu’elle aime ; grâce à l’instruction pratique qu’elle a reçue, elle enregistre scrupuleusement les recettes et les dépenses et peut dire, à la fin du mois, la situation financière du ménage.Avec cela bonne chrétienne et causeuse spirituelle, voilà le type de la vraie dame, de la femme indispensable à la famille et à la société.Pour jouer ce grand rôle, la jeune personne doit s’y préparer dès ses plus tendres années.Dirigeons donc les aptitudes et les goûts naissants des filles vers ce noble but “ de bonne ménagère ” que toute femme est appelée à atteindre, si la Providence ne l’à d’avance destinée à la vie religieuse.Plus il y aura de véritables mères de familles, moins on verra de mauvais ménages, de naufrages domestiques, d’époux et d’épouses désillusionnés.C.J.Magnan.Enseignement agricole Depuis quelques mois on tourne sérieusement les yeux vers l'agriculture et on espère trouver dans l’exploitation intelligente du sol le remède aux maux qui affligent notre province.Parfait.Naguère, un grand congrès agricole avait lieu dans les murs de Québec.A cette réu- 244 L’ENSEIGNEMENT PKIMAIKE nion on adopta des résolutions concernant l’enseignement de l’agriculture à l’école.Voilà qui est encore très bien.Mais s’est-on demandé un seul instant : qui donnera cet enseignement agricole si nécessaire au développement de nos campagnes ?—Est-ce que l’on ignore que les cinq sixièmesde nosécoles élémentaires sont tenues par des institutrices.Est-on bien sûr qu’une jeune fille soit apte à former des générations d’hommes virils, à faire aimer la vie des champs aux petits garçons qu’elle dirige, à pousser habilement la génération qui se prépare vers l’agriculture et la colonisation ?Si les institutrices, à qui nous sommes loin de vouloir faire le moindre tort et dont nous avons maintes fois défendu les intérêts, n’avaient à instruire que des enfants en bas âge, nous ne reprocherions pas aux autorités l’absence d’instituteurs à la tête de nos écoles de garçons.Mais tout le monde sait que les enfants de nos campagnes fréquentent la classe jusqu’à l’âge de treize, quatorze et très souvent quinze ans et plus.Alors, comment concevoir qu’une institutrice de dix-huit à vingt-cinq ans, avec la meilleure volonté du monde, puisse facilement instruire des jeunes gens arrivés à l’âge précaire qui sépare l’enfance de l’adolescence ?Ajoutons à cela l’éducation agricole que l’on réclame aujourd’hui, avec raison, pour les fils de cultivateurs, la formation civique qui manque à tant d’électeurs canadiens et nous aurons une idée de l’inconséquence dont on fait preuve en négligant de pourvoir au placement des instituteurs qui sortent chaque année de nos écoles normales.Tout le monde désire la réforme de l’agriculture, chacun proclame que l’école primaire est indispensable à cette réforme, mais chose pénible à dire, peu, bien peu de personnes songent au moyen pratique de réaliser ce rêve patriotique ; ce qui arrivera le jour où l’on placera un ben maître, raisonnablement payé, à la tête de chacune des écoles de garçons de la province de Québec.Tant vaut le maître, tant vaut l’école.C.J.M.Payons mieux les instituteurs et les institutrices “Quant aux écoles primaires, elles sont généralement tout ce qui peut attirer le mépris sur la vie de la campagne.Les bâtisses sont insalubres et sans attraction, tandis que les instituteurs et institutrices sont maigrement payés et n’ont aucun goût pour leur art.“ L’attention du gouvernement est attirée sur l’importance d’avoir, dans les campagnes, des instituteurs et institutrices capables d’enseigner aux élèves la connaissance et l’amour de l’agriculture.Sans entrer dans l’enseignement pratique de l’agriculture, les personnes qui sont en charge des écoles de campagnes devraient, au moins, se faire un devoir d’inculquer à leurs élèves le goût et l’appréciation de l’industrie agricole.” Nous empruntons les lignes ci-dessus au rapport publié par la commission chargée de s’enquérir des causes de l’émigration de la population de nos campagnes.C’est absolument ce que nous prônons depuis plusieurs années.Jamais on ne réussira à améliorer l’instruction primaire dans la province si l’on ne se décide une bonne fois à commencer par le commencement : payer convenablement ceux qui font une profession de l’enseignement et bâtir des écoles dignes d’un pays civilisés.C.-J.M. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 245 Rendons l’etude agréable “ Tant qu’on rendra l’étude pénible, il y aura tendance chez l’enfant à la discontinuer aussitôt que cessera la coercition des parents et des maîtres.Quand on la rendra agréable il y aura tendance à continuer sans guide la culture spontanée commencée avec des guides.Ces résultats sont inévitables.Aussi longtemps que les lois de l’association des idées resteront vraies ; aussi longtemps que l’homme aura du dégoût pour les choses et les lieux qui lui rappelleront des souvenirs pénibles et du goût pour les choses et les lieux qui remettront devant son esprit les plaisirs passés, les leçons accompagnées de peine lui rendront répulsive l’acquisition des connaissances, les leçons agréables la lui rendront attrayante.Des hommes auxquels la science est venue dans leur jeunesse sous la forme de devoirs pénibles, escortée de menaces et de punitions, des hommes auxquels on n’a pas donné l’habitude de la libre recherche, n’aimeront probablement jamais l’étude ; tandis que les hommes qui ont acquis la science dans des conditions naturelles, dans le temps voulu et qui se souviennent des faits qu’elle leur a apportés, non-seulement comme intéressant en eux-mêmes, mais comme l’occassion d’une longue suite de succès pleins de charmes, ces hommes-là continueront toute leur vie à s’instruire d’eux-mêmes comme ils l’ont fait dans leur jeunesse.Spencer.elle est à toute heure occupée ; elle ne s’embarrasse jamais,parce qu’elle fait chaque chose à propos.Le bon ordre de la maison de son père est sa gloire ; elle en est plus ornée que de sa beauté.Quoiqu’elle ait soin de tout et qu’elle soit chargée de corriger, de refuser, d’épargner, choses qui font haïr presque toutes les femmes, elle s’est rendue aimable à toute la maison ; c’est qu’on ne trouve en elle ni passion, ni entêtement, ni légèreté, ni humeur, comme dans toutes les autres femmes ; d’un seul regard elle se fait entendre, et on craint de lui déplaire.Elle donne des ordres précis ; elle n’ordonne que ce que l’on peut exécuter ; elle reprend avec bonté, et en reprenant elle encourage.Le cœur de son père se repose sur elle, comme le voyageur abattu par les ardeurs du soleil se repose à l’ombre, sur l’herbe tendre.Antiope est un trésor digne d’être recherché dans les terres les plus éloignées.Son esprit, pas plus que son corps, ne se pare jamais de vains ornements.Son imagination, quoique vive, est retenue par sa discrétion ; elle ne parle que pour la nécessité, et si elle ouvre la bouche, la douce persuasion et les grâces naïves coulent de ses lèvres.Dès qu’elle parle tout le monde se tait, et elle en rougit ; peut s’en faut qu’elle ne supprime ce qu’elle a voulu dire, quand elle s’aperçoit qu’on l’écoute si attentivement.A peine l’avons-nous entendue parler.Fénelon.(1) Le congrès des instituteurs d’Avignon et l’enseignement agricole Education PORTRAIT D’UNE JEUNE FILLE Antiope est douce, simple et sage.Ses mains ne méprisent point le travail ; elle prévoit de loin ; elle pourvoit à tout ; elle sait se taire et agir de suite, sans empressement ; Le 9 août 1892, un grand congrès d’instituteurs avait lieu à Avignon, France.A cette réunion importante, les résolutions suivantes ont été adoptées : (1) Né en 1651, mort en 1715.Fénelon à écrit un grand nombre d’ouvrages, entre’autres Tdémaqu*, VEducation des filles.Fénelon n’a pas eu d’égale pouj le charme du style et l’onction. 246 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ENSEIGNEMENT AGRICOLE - -¦— — i PARTIE PRATIQUE 1° Dans nos écoles primaires élémentaires de la campagne, considérer l'agriculture comme une des matières les plus importantes du programme.2° Avoir pour but, dans cet enseignement, de développer l’esprit d’observation ; de diminuer la crédulité ; de rendre les enfants moins accessibles aux préjugés et aux superstitions ; de faire aimer la terre aux enfants des champs ; de donner aux cultivateurs de l’avenir la confiance aux améliorations apportées par la science, et les moyens de comprendre les ouvrages que les vulgarisateurs écrivent pour eux.3.Baser l’enseignement agricole sur des notions de sciences expérimentales ; associer les élèves à ces expériences ; rechercher les manipulations simples, surtout celles dont les résultats peuvent parfaitement s’interpréter.4° S’en tenir à démontrer expérimentalement comment un végétal naît, vit, se multiplie ; donner .quelques notions sur la machine animale.Ce minimum, comme programme, sera complété par chaque maître suivant les ressources de la localité et ses aptitudes personnelles.5° Constituer un musée agricole et faire acquérir par la mairie un matériel très élémentaire de chimie.6" Considérer comme travaux manuels les travaux pratiques agricoles, ainsi que les démonstrations expérimentales.Ees écoles de Montréal Nous avons reçu avec plaisir une intéressante brochure intitulée : Notice sur les écoles relevant du bureau des commissaires catholiques romains de Montréal.C’est un hommage des commissaires d’écoles de Montréal à l’exposition colombienne.Nos remerciements à qui de droit.I DICTÉE UN MAUVAIS ÉLÈVE Lorsque Jules se lève le matin, il promet à ses parents d’être bien docile et bien laborieux.Mais à peine a-t-il franchi le seuil de la classe qu’il oublie ses bonnes résolutions.Il est distrait, il passe dans l’oisiveté des heures précieuses, et devient naturellement bavard ai turbulent.Il se montre même » ingrat et injuste à l’égard de son maître qu’il ose accuser de malveillance.QUESTIONS ET EXPLICATIONS ¦ Jules : tous les verbes ayant pour sujet le nom de l’élève dont on parle, ou des pronoms tenant la place de ce nom, sont à la troisième personne.=D’être docile : d’obéir sans murmurer à tous ordres qu’on lui donnera.= Laborieux : travaillant ;—on dit qu’un travail est laborieux, quand il^ coûte beaucoup de labeur, de fatigues.=Franchi : franchir c’est passer par-dessus, dépasser.—Seuil: la pièce de bois ou de pierre qui traverse le bas de l’ouverture d’une porte.=Dans l’oisiveté : à ne rien faire ; il reste oisif .^Turbulent : il s’agite beaucoup, est très bruyant.= Ingrat : on est ingrat quand on ne montre pas pour les bienfaits qu’on reçoit de la reconnaissance.de la gratitude—Malveillance: il est malveillant, est mal disposé, le voit et le juge plus mauvais qu’il n’est, et le punit à tort.EXERCICES .Soulignez les pronoms=Epeler le masculin pluriel et le féminin singulier de tous les adjectifs qualificatifs.= Lire la dictée: 1° à la lre personne du pluriel (Lorsque je me lève) ; à la 2e personne du singulier (Lorsque tu te lèves) ; à la lere.personne du pluriel (Lorsque nous nous levons) ; à la 3eme.personne, sujet féminin (.Lorsque Louise se lève, elle, etc.=Relever sous l’une ou l’autre de ces formes. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE II DICTÉE LE BEC DES OISEAUX Tous ont un bec, mais chacun a le sien, jrganisé tout exprès en vue du genre de nour-iture de son propriétaire Le bec de l’aigle qui ïéchiquète des proies vivantes est aigu,recourbé et dur comme l’acier ; celui du canard qui 'upe dans les mares est mou et aplati comme i me spatule.Le bec du pic qui perfore les ( .icorces à la forme d’une pioche; celui du 3olibri qui pompe le nectar au fond des corolles est efflé comme une aiguille.L’hirondelle qui happe les insectes au vol a un bec débile, mais béant comme un petit four ; et celui du moineau qui vit surtout de grains difficiles à briser est trapu, ramassé et bombé pour plus de solidité.J.Macé.I QUESTIONS ET EXPLICATIONS ;:3C En vue de : dans des conditions telles qu’il convient au.;— être en vue, c’est être placé de manière à être' vue.=Déchi-quète : déchire, arrache par lambeaux (Littré redouble le t.)=Lape ; laper, c’est boire, comme le chien, en tirant la langue ; le canard en barbottant fait entendre le même bruit que le chien qui lape.=Spatule : une petite pelle, une cuiller plate.=Perfore : perce des trous dans les arbres pour découvrir les insectes qui y sont cachés.=Nectar : ce suc mielleux que secrète certaine parties de la fleur :— dans le sens propre désigne ce breuvage délicieux des dieux qui donnait l’immorta-hté.—Effilé : aminci, allongé en pointe fine ; —un autre sens d’effiler ?un effilé ?= Happe : attrape, saisit d’un seul mouvement brusque.=Débile : peu robuste, sans force= Béant : largement ouvert ;—ancien participe de béer ou bayer, tenir la bouche ouverte.= Trapu : gros et court, peu développé, mais solide effort.247 EXERCICES Soulignez tous les pronoms.=Relever les pronoms personnels, les analyser, indiquer le nom dont ils tiennent la place.=Donner trois exemples de pronoms personnels sujets, com-pléments.=Conjuguer aux temps simples le verbe aller ; donner un complément indirect.III DICTÉE BONS CONSEILS Si vous étiez au service d’un bon maître, ne seriez-vous pas honteux qu’il vous surprît les bras croisés ?N’êtes-vous pas votre propre maître ?Rougissez donc de vous surprendre les bras croisés quand il y a tant à faire pour vous-même, pour votre famille et pour votre pays.Pour manier vos outils, ne prenez point de mitaines ; souvenez-vous que chat ganté n’attrape pas de souris, comme dit le bonhomme Richard.Il est vrai qu’il y a beaucoup à faire et peut-être n’avez-vous pas les bras forts.Mais allez ferme et vous verrez des merveilles.Goutte à goutte l’eau use la pierre ; et avec du travail et de la patience une souris coupe un câble ; et à force de petits coups on abat les grands chênes.Il me semble que j’entends quelqu’un qui dit : “ Il faut bien se donner un peu de loisir.” Mon ami, je répondrai ce que dit le bonhomme Richard ; si tu veux gagner du loisir, emploie bien ton temps, et, puisque tu n’es pas sûr d’une minute, ne perds pas une heure.Le loisir est du temps pour faire quel-q ue chosed’utile ; ce loisir, l’homme actif le trouvera, le fainéant jamais ; car une vie de loisir et une vie de fainéantise sont deux.Franklin (La science du bonhomme Richard). 248 L’ENSEIGNEMENT PEIMAIEE QUESTIONS ET EXPLICATIONS Honteux.Quelle est l’idée éveillée par la suffixe eux ?Exemples (peureux, monstrueux, belliqueux, boueux).=Qu’il vous surprît.Indiquer le temps, le mode et les irrégularités du verbe surprendre.Citer les autres verbes de la famille de prendre : apprendre, désappi 'endre, rappren dre, comprendre, déprendre, reprendre.— Mitaine (radical mit, qui se trouve dans mitié, moitié ; demi-gant), gant sans séparation pour les quatre doigts, avec une séparation pour le pouce.— Prendre des mitaines pour faire une chose : prendre des précautions, des soins exagérés.=Bonhomme.Pluriel de ce mot ?Sa signification ?= Beaucoup.Cet adverbe de quantité est formé des deux mots beau et coup.Il signifie proprement un beau coup, c’est-à-dire un grand coup, un coup heureux et, par suite, une quantité considérable.= Goutte à goutte.Eapprocher de cette locution adverbiale d’autres expressions analogues (petit à petit, pas à pas, sou à sou, peu à peu).— Le substantif force se prend comme adverbe avec le sens de beaucoup : J’ai dévoré force moutons.(La Fontaine.) Force sots, force flatteurs.(Id.)—Il sert encore à former de nombreuses locutions adverbiales : à force, beaucoup (travailler à force) ; à toute force, de toute façon (ils voulaient m’emmener à toute force) ; de force, avec effort (arbres rapprochés deforce) ; par force, à force ouverte, de vive force, en employant la force, la violence (prendre une ville de force), et la locution prépositive à force de, par beaucoup de.Nota.—1° Indiquer les temps auxquels sont employés les verbes.—2° Expliquer : manier, voir des merveilles, loisir, n’être pas sûr cl’une minute, fainéant.—3° Trouver plusieurs des proverbes qui peuvent servir de règle de conduite au travailleur (Aide-toi, le ciel t’aidera, etc,).Exercice de rédaction UN COMPLIMENT Canevas.—Vos camarades vous chargent de rédiger un compliment à l’adresse de votre maître (ou de votre maîtresse) à propos de sa fête : acquittez-vous de cette tâche.développement Chère maîtresse, Il y a longtemps que nous attendions avec; impatience cet heureux jour, pour pouvoii vous présenter nos sentiments de reconnaissance.Oui, chère maîtresse, vous qui vous donnez tant de mal pour nous, qui sacrifiez votre vie à nous instruire, en un mot, qui êtes pour nous une seconde mère, ce serait bien ingrat de laisser passer ce jour sans vous exprimer notre reconnaissance.Bien des fois, nous vous avons désobéi, nous n’avons pas écouté vos conseils si sages et si utiles ; combien de fois aussi avons-nous murmurer contre vous, à cause de vos justes réprimandes! et peut-être même,nous vous avons manqué de respect.Eh bien, chère maîtresse, nous venons toutes à vos pieds vous demander pardon, et vous promettre qu’à l’avenir, nous ferons tous nos efforts pour vous être agréables, et pour pouvoir vous entendre dire : “ Mes élèves sont bien sages et bien dociles.” Guerre à l’anglicisme (1) Préjugé (prejudiced), pour “ prévenir ” : on n’est pas préjugé, mais on est “ prévenu ” contre quelqu’un.On peut préjuger quelqu’un, mais on n’est pas préjugé contre lui.Consolidé, consolidated.On dit en français qu’une dette est “ capitalisée ”, et non pas qu’elle est consolidée.Opposer, to oppose.On oppose un homme à un autre homme, mais on n’oppose pas quelqu’un dans le sens de lui faire opposition.Ne dites pas : adresser une assemblée, mais “ s’adresser à une assemblée ”, ou bien “ adresser, porter la parole à une assemblée (1) En commençant la publication de Guerre à l’angliscisme nous avons déclaré “ que ces notes étaient tirées de l’excellente et spirituelle brochure de M.Buies, intitulée : Anglicismes et canadianismes.” C.-J.M. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 249 Donner crédit à quelqu'un pour.(1) au lieu de dire “ approuver quelqu’un” d’avoir fait telle ou telle chose.Associé pour “compagnon Correct pour “ exact Ex.: “ Ce que vous dites là est correct ”.—Non, pas du tout, ce que je dis là est exact.' Cette ligne de chemin de fer est en opération.Cela n’a aucun sens en français.On 3 dit qu’une ligne “ fonctionne ”, qu’elle est “ en exploitation ”.Fable à mettre en prose LA BELETTE ENTRÉE DANS UN GRENIER Demoiselle belette, au corps long et fluet, Entra dans un grenier par un trou fort étroit : Elle sortait de maladie.Là, vivant à discrétion, La galande fit chère lie, Mangea, rongea : Dieu sait la vie Et le lard qui périt dans cette occasion ! La voilà pour conclusion, Grasse, mafllue et rebondie.Au bout de la semaine, ayant dîné son saoûl, Elle entend quelque bruit, veut sortir par le trou Ne peut plus repasser, et croit s’être méprise : Après avoir fait quelques tours, C’est, dit-elle, l’endroit ; me voilà bien surprise : J’ai passé par ici depuis cinq ou six jours.Un rat qui la voyait en peine [pleine.Lui dit : Vous aviez lors la panse un peu moins Vous êtes maigre entrée, il faut maigre sortir.Ce que je vous dis là, l’on le dit à bien d’autres ; Mais ne confondons point, par trop approfondir, Leurs affaires avec les nôtres.M.—De quoi s’agit-il dans cette fable ?E.—D’une belette maigre et faible entrée dans un grenier.M.Qu’est-ce qu’une belette ?E.C’est un petit animal carnassier qui s’introduit souvent dans les poulaillers et y étrangle les volailles.M.Pourquoi était-elle maigre ?E.Parce qu’elle sortait de maladie.M.Que fit-elle dans le grenier ?E.Elle mangea en abondance de toutes les provisions qui s’y trouvaient.(1) To credit one for.M.Que lui arriva-t-il ?E.Elle engraissa si vite qu’au bout d’une semaine elle voulut sortir et ne put repasser par le trou par lequel elle était entrée.M.Que veulent dire les expressions mafflue et rebondie ?E.—Qui a de grosses joues, joufflu a aussi la même signification.Iiii même fable en prose Une belette fort maigre, chancelante, piteuse, n’en pouvant plus, entra dans un grenier par un tout petit trou ; elle sortait de maladie.Là, trouvant des provisions en abondance, elle en profita pour se remplumer.Elle mangea, rongea, grignota tout ce qui lui tomba sous la dent, et profita si largement de sa bonne aubaine, qu’elle engraissait à vue d’œil; au bout d’une semaine, elle était déjà méconnaissable, tant elle était grosse, mafflue et rebondie.A la fin, elle fut troublée par uu léger bruit.Elle court vite vers le trou par lequel elle était entrée, n’y peut plus repasser ; elle croit s’être méprise, court à droite, à gauche, ne trouve pas d’autre issue pour s’échapper et revient sans cesse au même point.C’est bien surprenant, dit-elle, car voilà bien l’endroit par où je suis entrée il y a cinq ou six jours.Un rat témoin de son trouble lui cria : Eh, la commère ! vous aviez alors la panse un peu moins pleine ; si vous voulez sortir d’ici, jeûnez, car vous êtes maigre entrée, il faut sortir de même.La fable ne dit pas si le conseil du rat fut suivi, ni ce qu’il advint de la belette.Version anglaise I said to a fashionable English lady : “ The toilette is more showy with you than in France.She replied “ But my dresses come from Paris.'’ I took care to answer : “ you choose them.” In all except the higher classes they are badly arranged.One divines 250 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE the healthy, well built body, sometimes beautiful but you must devine it.The phy-sionomy is often pure, and also often monotonous.Many are simple babies, wax-work dolls, with glass eyes, that appear perfectly empty of ideas.Other faces remind one of a raw beefsteak.Some are very ugly and grotesque in the extreme ; and in revenge, others are extremely beautiful.(:Traduction) Je disais à une anglaise à la mode : “ La toilette est plus élégante chez vous qu’en France.” Mais, repartit-elle, “ c’est de Paris que viennent mes robes.” Je me suis bien gardé de répondre : “ C’est vous qui les choisissez.” Sauf dans la plus haute classe elles se fagottent à plaisir.On devine des corps robustes, bien bâtis, parfois beaux, mais il faut les inventer.La physionomie est souvent pure, mais aussi souvent monotone.Beaucoup sont de simples bébés, poupées de cire neuve, avec des yeux de verre, et qui donnent aucun signe d’intelligence.D’autres figures ont rougi et tournent au bifteck cru.Quelques unes sont très laides et grotesques ; en revanche,d’autres sont extrêmement belles.Explications Fashionable—à la mode.Dresses—robes, habillements.Higher classes—les plus hautes classes.One devines—On devine.Raw beefsteak—bifteck cru.ARITHMÉTIQUE Problèmes bien reste-t-il de verges et combien chacun a-t-il payé 1 Solution : 4-i+3|-=Ce que ^ et B ont achété ; c’est-à-dire 7.7 verges.L’opération démontre qne la pièce ne contenait plus que 10 verges au moment de la vente.Or il restait : 10 verges—7.7 verges= 2.3 verges.A a eu t7ô de verges de plus que B, et 11 a payé $1.05 en plus.ü^Q5=$o.15.Si T+ de verge coûte $0.15 ; 1 verge coûtera $1.50 ; 10 verges coûteront $3 5.05.11 résulte de là que : A a acheté 4i de vgs à $1.50=$6.30 B “ 3£ “ 1.50= 5.25 $1.05 3° Trois personnes, A, B et C se sont partagé une certaine somme.A a eu les | plus $6 ; B le du reste plus $9 ; C a eu la balance qui se montait à $31.On demande quelle somme a été partagée et quelle a été la part de A et celle de B ! Solution : Supposons que la somme fût de $120 : A en aurait —f-+6=54.Il reste 120—54 = 66.B aura donc -6-g6-+9=22 + 9=31.Il reste 66 — 31 = 35 au lieu de 31.1° Trois ouvriers font 168 verges d’une maçonnerie en 8 jours.Combien 17 ouvriers feraient-ils de verges en 5 jours ?Solution : En un jour un ouvrier fera : 168-T-(3 x S) =24=7 verges.17 x 7 x 5=595 verges.—Rép.2° A achète 41 d’une pièce d’étoffe, et B3|; A paie $1.05 de plus que B.Com- Donc le nombre supposé est trop grand de 4.Supposons maintenant 130.A en aurait +6=58 130 — 58=72.Il en resterait 72.B en prend A+ 9 ou 24 + 9=33 72-33 = 39.Le deuxième nombre supposé est trop grand de 8. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 251 Multiplions maintenant la différence des nombres par la différence des erreurs dont nous diviserons le résultat d’après la règle ordinaire.120x8=960 130x4=520 4 | 440 1 110.—Rép.La somme à partager était de $110.Preuve : A up + 6= $50 B le | du reste+ 9= 29 C 31 $110.—Rép.N.B.—Bien que nos méthodes modernes nous fournissent des moyens de résoudre des problèmes de ce genre d’une manière plus courte, nous aimons à ramener nos lecteurs de temps à autre dans le passé.Solution algébrique : Soit 5æ la somme à partager : A prend 2x + 6 et il reste 3a:—6.B prend le | plus 9 ou x—2-f9=;r—7.Il reste $31 pour C.D’où l’on tire l’équation suivante : 5æ=2aî+6 + aH-7 + 31.En transposant on a : 2x = 44 x= 22 5æ=110 Petite histoire des Etats-Unis APPENDICE Nombre d’états aux Etats-Unis, 45.Population, 64,000,000.Les villes les plus importantes des Etats-Unis, à part celles déjà mentionnées, sont Washington, la capitale, Boston, Baltimore, Nouvelle-Orléans, St-Louis, San Francisco et Chicago.Le gouvernement est composé du Sénat et de la chambre des représentants, lesquels constituent le Congrès.A part cela, il y a le président, le cabinet et la cour suprême ; chacune de ces branches de la législature est indépendante Tune de l’autre, et exerce contrôle sur l’une ou sur l’autre.La juridiction de Mgr de Laval, 1er évêque de Québec, comprenait autrefois cette immense étendue de contrées, tant au Canada qu’aux Etats-Unis ; et, aujourd’hui, cet ancien diocèse de Québec se trouve divisé en pas moins de cent diocèses.H.L.Echos du recensement de 1891 LES SAUVAGES (jSuite et fin) A l’heure qu’il est, les sauvages des diverses provinces et ceux du district de Keewatin sont, pour la plupart, capables de subvenir à leurs propres besoins sans l’aide du gouvernement, si on en excepte les malades et les vieillards.Les plus énergiques, les plus industrieux et ceux qui possèdent le plus de ressources sont incontestablement les sauvages de la Colombie Anglaise.Il n’y a pas que les Canadiens-français qui soient inférieurs dans la province de Québec.S’il faut en croire le rapport du ministre, les sauvages de Québec ne progresseraient pas aussi rapidement que ceux d’Ontario.Pourquoi cela ?Le rapport ne le dit pas plus qu’il ne mentionne les faits sur lesquels il s’appuie pour constater cet état de choses.Il est dit à un certain endroit du rapport que les sauvages ont réussi à vivre pour la plupart sans l’aide du gouvernement pendant la -52 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE dernière année.Il est possible Qu’on soit habitué à Ottawa àj ger du degré de civilisation des gens par les sommes qu’ils soutirent au trésor public.C’est peut-être pour cette raison que les Anglais se croient plus avancés que nous et considèrent leurs sauvages plus avancés que les nôtres.La population sauvage du Canada est de 121,638 repartie comme suit : Ontario.17,915 Québec.13,361 Nouvelle-Ecosse.2,076 Nouveau-Brunswick.1,521 Ile du Prince-Edouard .314 Manitoba et T.N.-O.25,195 District de la riv.à la Paix.2,038 District d’Athabaska.8,000 District McKenzie.7,000 Terre de Rupert de l’Est.4,016 Labrador .1,000 Côte Arctique.4,000 Colombie Anglaise.35,202 121,638 POÉSIES l’oie et l’ane L’oie à l’âne disait : “ Vraiment tes deux oreilles Sont trop longues : jamais on n’en vit de pareilles.Et puis ta voix est fausse et tu sautes très mal L’âne lui répondit : “ Pauvre sot animal, Tu ne vois pas ton cou qui passe la mesure ; Puis ta voix n’est pas juste et tu sautes très faux.” Ainsi chacun de nous fait sa propre censure : La plupart des défauts Que nous critiquons chez les autres Ne sont le phbs souvent que le pendant des nôtres.Frédéric Bataille.(Choix de poésies.) LE MIROIR La petite Laura s’admirait dans la glace.Sa mère dit : “ Remets ce miroir à sa place.” — “Je veux me voir ! ” Répond l’enfant En pleurant, criant, trépignant.—“Tu le veux ?Eh bien ! tiens, regarde ta grimace.” Et Laura vit dans le miroir Un enfant en cqjère, épouvantable à voir.L.Ratisbonxe.PETITE REVUE LA VIE HUMAINE La moyenne de la vie humaine, au xviie g siècle, était de treize ans; au xviii6, de vingt ans, et au xix®, de trente-six ans, d’où il res-sort que par des mesures hygiéniques, bien appliquées, l’homme est parvenu à augmenter la durée moyenne de son existence.LA FRANCE AU CANADA Quelles que soient les causes auxquelles on attribue la dépopulation en France : régime politique, irréligion, etc., il faut se garder d’en accuser la race française qui a fait vaillamment ses preuves ailleurs, dit une revue parisienne.Quoi que fassent les Anglais au Canada l’élément français y domine toujours et tend à augmenter encore.—C’est ce qui ressort du dernier recensement de Montréal.Sur 208, 000 habitants, on compte 120,121 Franco-Canadiens.En 1851, il n’y en avait que 26, 020 sur une population de 57,715.La proportion est donc montée de 451 par 1,000 à 576 par 1,000.—Des œuvres chrétiennes de colonisation s’y sont fondées et ce sont des missionnaires canadiens-frauçais qui les dirigent.—La plupart des familles canadiennes-françaises qui font partie de ces villages chrétiens comptent 10, 15 et 20 enfants.LA LANGUE FRANÇAISE L’Observatore Romano de Rome vient de publier en français (langue dans laquelle ils ont été prononcés) tous les discours échangés entre le Souverain Pontife et les Envoyés extraordinaires des souverains à l’occasion du jubilé.Au mois de mars dernier le cardinal Gibbons, archevêque de Baltimore, a écrit une longue lettre à N.-S.-P.le Pape, relativement à la question scolaire ; jusque là rien d’étrange L’ENSEIGNEMENT I RIMAIKE 253 ais ce qui est digne de remarque, c’est que e cardinal Gibbons s’est servi de la langue ancaise en cette circonstance.Avis aux Canadiens-français qui abandon-ent lâchement leur langue maternelle.Les anglomanes viennent de subir un échec dans l’île Jersey.Ils ont demandé que disparût officiellement dans l’île la trace de ’origine française, et que notre langue cessât ’être la seule langue légale.Ils ont échoué.ISur trente-trois députés présents, vingt-sept 3e sont prononcés pour le maintien de l’usage traditionnel.La loi et les arrêts de justice continueront comme par le passé à porter publiquement la vieille estampille française, exclusivement maintenue.3 7 l’institution des sourdes-muettes Du 1er juillet 1891 à la même date 1892 l’Institution des sourdes-muettes de Mont-tréal, dirigée par les sœurs de la Providence, a compté 287 élèves, plus 49 pauvres internes.,Les subventions reçues du gouvernement et les contributions des pensionnaires ont formé un montant qui réalise les conditions du prospectus de la maison pour 78 internes seulement.Les 209 autres, plus les 49 pauvres mentionnées plus haut, sont donc restées à la charge de la maison.tes bibliothèques aux 'Etats-Unis Si l’Angleterre est la nation qui montre le plus d’amour-propre pour ses musées et consacre le plus de soins et d’argent à leur formation et à leur entretien, les Etats-Unis n’ont pas de rivaux pour la grandeur, l’éclat, la magnificence de leurs bibliothèques.Une revue étrangère constate qu’il n’y a pas moins de soixante mille bibliothèques scolaires sur toute l’étendue du territoire, et qui contiennent quarante-cinq millions de volumes, c’est-à-dire douze millions de plus que toutes les bibliothèques de l’Europe réunies.D’autres établissements d’instruction augmentent ce nombre de deux millions et demi d’ouvrages et les bibliothèques de chacun des trente-huit Etats de la confération nous donnent un million de plus.La bibliothèque Astor de New-York, celles de Boston et de Philadelphie, différentes bibliothèques des chambres de commerce, la Walkinson Reference en Hartford, et plu sieurs autres encore, élèvent l’énorme total des livies à beaucoup plus de cinquante millions, ce qui fait presque un volume pour chaque homme, femme et enfant de la grande république.Plus de trois cents bibliothèques contiennent chacune dix mille volumes, douze près de cinquante mille, et deux seulement, quatre cent mille.Cette énumération des livres et écrits périodiques publiés aux Etats-Unis ne démontre pas seulement que l’Américain est un grand lecteur, mais encore qu’il est le plus grand amateur, le plus grand collectionneur de livres de tous les peuples.En revanche, les bibliothèques scolaires ne sont nulle part ailleurs d’un usage aussi répandu et aussi général qu’en Espagne.{JJInstruction primaire de Paris.) D’où Tiennent les noms donnés aux notes de la gamme musicale ?Pour retrouver la trace des notes avec leurs noms, il faut remonter aux manuscrits du xie siècle.Il est possible cependant que cette invention soit plus ancienne encore.Quoi qu’il en soit, on s’accorde généralement à attribuer l’invention des syllabes ut, ré, mi, fa, sol, la, à un moine italien, Gui 254 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE d’Arezzo, vers l’an 1000.Il les tirade l’hymne à saint Jean-Baptiste, dont la première strophe porte ces mots : Ut queant Iaxis resonare fibris Mira, gestorum /amuli tuorum Solvv polluti Inbii reatum Sancte Joannes.Cinq siècles plus tard, un flamand ajouta le si aux six premières notes et compléta la gamme.Les italiens trouvant le mot ut peu harmonieux l’ont remplacé par do qui facilite davantage la vocalisation.Pepin le Bref.*** Lorsque le célèbre bénédictin Gu1 d’Arezzo (mort en 1050) eut immortalisé son nom en donnant à la gamme ses six premières notes, des fausses conclusions théoriques, basées sur cette nomenclature incomplète, donnèrent naissance à un instrument bâtard et inharmonique, l’hexacorde, qui ne tarda pas à être condamné lorsqu’on créa la septième note qu’on désigna d’abord par B avant la dénomination de si qui fut plus tardive.La Petite RevueParisienne.Courage militaire d’une Canadienne au 17ième siècle (histoire du canada) A cette époque de notre histoire où chaque colon devait être soldat, la femme sut, au besoin, prendre sa part dans la défense.Ainsi on cite avec admiration le dévouement de Mme.de la Tour en Acadie, de Mme.Duclos à Montréal, de Mme.Drucourt à Louisbourg ; mais c’est Mlle de Yerchères, surtout, dont le courage mérite de fixer l’attention.C’était en l’année 1686.Grande était, à cette époque, la consternation que répandaient en tout lieu les bandes des perfides Iroquois.Ces barbares vinrent un jour attaquer à leur ordinaire, par surprise, le fort de Yerchères, M.et Mme.de Yerchères étaient absents.Mlle, de Yerchères, leur fille, se trouvait à quelques arpents du fort, quand elle entendit siffler les balles des Iroquois ; ils étaient au nombre de 45 et faisaient feu sur les habitants.Bientôt ils la visèrent elle-même.Ayant été : J assez heureuse pour parer le coup, Mlle, de Yerchères court vert le fort, en se recommandant à la Ste.Yierge.Elle s’y renferme avec deux jeunes frères, un domestique, un vieillard de 80 ans, deux soldats tellement effrayés qu’ils s’étaient cachés dans la redoute, et quelques femmes, qui pleuraient leurs maris que les sauvages venaient de massacrer.Mlle, de Yerchères n’avait alors que 14 ans ; mais si elle était jeune d’âge, elle ne l’était pas en courage et en dévouement : “ Battons-nous jusqu’à la mort, ” disait-elle à ses jeunes frères ; “ nous combattons pour notre patrie et pour la religion ; songez que mon père vous a appris que des gentilshommes sont nés pour le service de Dieu et du 3 I | I ^ IL 1 i Roi !” Mlle, de Yerchères répare aussitôt les brèches du fort, place ces deux frères, âgées à peu près de 12 ans, sur deux bastions, le vieillard sur un troisième, et elle-même se charge du quatrième, disant que tant qu’elle aurait la vie, elle combattrait pour Dieu et la patrie.C’est ainsi que, malgré un vent d’octobre accompagné de grêle et de neige, qui dura toute la nuit, elle passa deux jours entiers sans manger ni dormir, toujours en présence des Iroquois.Ceux-ci, entendant toute la nuit crier “ Bon quart ”, de la redoute au fort et du fort à la redoute, crurent qu’il y avait une forte garnison, et n’osèrent faire une attaque décisive.Ce ne fut qu’après huit jours de continuelles alarmes que parut du secours : c’était M.de la Monnerie, lieutenant détaché de M.de Callières, qui venait avec 40 hommes—Je vous rends les armes”, dit Mlle, de Yerchères, allant au devant de M.de la Monnerie.—“ Elles sont en bonnes mains, Mlle, repartit celui-ci, tout étonné de trouver le fort encore debout,—“ Meilleures que vous ne pensez,” reprit agréablement la jeune héroïne.“ Mais je vous en prie, P: L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 255 Monsieur, faite relever nos sentinelles, il y a 8 jours que nous ne sommes pas descendus de nos bastions.” Les Iroquois furent bientôt dispersés ; mais ces barbares avaient détruit les habitations, et massacré une grande partie de la petite population de Verchères.(1) Géographie pratique LA FRONTIÈRE DU CANADA ET DES ETATS-UNIS La note qui suit a fait le tour de la presse canadienne : Quelque chose qu’on ignore, c’est que la frontière américaine, en ce qui concerne le province de Québec au moins, n’est pas une ligne imaginaire.Commençant à l’extrémité nord-ouest de l’Etat du New-Hampshire, à un point où le Maine et le Canada se rejoignent, ce qui est connu, la ligne passe à travers une forêt sur un parcours de près de quatre cents milles.A un mille de distance les uns des autres sont fichés, à quatre pieds en terre avec quatre pieds au dehors, des poteaux en fer à quatre faces, sur lesquelles, en guise de relater les faits historiques, ont ont été gravés des contes de fée sur l’amour fraternel et les relations amicales qui existent entre l’Angleterre et les Etats-Unis.Ces poteaux marquent la ligne frontière entre le Canada et le Maine, et sur un espace de cent pieds de chaque côté est un terrain neutre, sur lequel, aux termes d’un ancien traité, aucun gouvernement n’a juridiction.Cette étendue de terre, de 400 milles de long et 200 pieds de large, sur laquelle errent à l’aventure toutes sortes d’animaux, ours, cari-boux, daims, etc, et contenant des parties de canaux, lacs, étangs, est un terrain où toutes lois sont impuissantes et où les criminels de (1) Notes fournies par les Ursulines de Québec.toutes dénominations n’ont pas à craindre les lois d’extradition.Commençant à l’endroit en question, la ligne frontière se dirige vers le nord, inclinant légèrement à l’est sur une distance d’environ cent cinquante milles.Ici la ligne frontière et la solitude sont rompues deux fois, par les convois du Pacifique Canadien entrant sur le domaine de l’oucle Sam, et par le vieux chemin militaire du Maine Central.Elle se dirige ensuite vers l’est durant soixante-dix milles, suivant pendant quelque temps la rivière St-Jean, puis s’inclinant vers le sud-sud-est se jette dans l’Océan Atlantique.Nous avons le regret d’annoncer la mort de M.Nerée Eugène Gagné, élève-maître de l’école normale Laval, arrivée à la Baie St.Paul le 26 mars dernier.M.Gagné était en troisième année du cours normal, c’est-à-dire académicien ; il n’était âgé que de vingt-deux ans.Doué d’un talent solide et d’une conduite exemplaire, le succès l’attendait à la fin de ses études.Depuis son entrée à l’école normale, il n’a cessé d’être un modèle parfait de l’élève-maître accompli.L.a librairie Notre-Dame des Victoires Nous recommandons à nos lecteurs l’excellente librairie Notre-Dame des Victoires, située aux Nos.9 et 10, de la rue Notre-Dame, Basse-Ville, Québec.C’est une maison florissante qui date déjà de loin et que son propriétaire, M.N.S.Hardy, tient sur un haut pied.A cette librairie on trouve toujours un choix considérable de livres d’école et de littérature, ainsi qu’un grand nombre d’objets pour églises, couvents, etc., etc., et des cierges de très bonne qualité. 256 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE EDITEURS DE MUSIQUE ASSORTIMENT VARIE DE PIANOS ET HARMONIUMS AMERICAINS ET CANADIENS, INSTRUMENTS DE MUSIQUE DE TOUTES ESPECES Seule agence à Québec de la machine à coudre, hors de concours, dite la DOMESTIC de New-York.Accords et réparations de RI A NOS, HA II MO NI UMS, ORGUES d’églises etc., promptement exécutés d’après les règles de l’art, ainsi que réparations de Machines ci coudre Nos.185 & 137, rue St-Jean, H.-V,, Québec.DAVID OUELLET !* Membre de P Association des Architectes de la province de Québec Bureau: 113, rueSUeai»; Atelier: 87, rue d’Aiguillon, Québec.Le seul tenant un atelier d’exécution dans Vart architectural et décoratif.Inventeur et manufacturier des louvelles targettes à levier.122 .GAUVREATJ T .11»; A IRE PIED DE ï a LAMONTAGNE-122 BASSI J9!,XlSdU EBEC.Grand assortiment de Cartes Gréographiques.—Livres de prix.—Livres classiques, etc., etc., etc.CORRESPONDANCE SOEEICITEE.Imprimé par L.-J.DEMERS & FRÈRE, No.30, rue de la Fabrique, Québec.
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